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Approche socio-anthropologique des institutions d'intégration des personnes àĘgées¬†: le cas de l'êbeb chez les Odjukru (côte d?ivoire)

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par Fato Patrice KACOU
Université Félix Houphouet Boigny de Cocody-Abidjan - Thèse Unique de Doctorat en Sociologie 2013
  

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7.4- Nature des rapports avec la famille

Tableau 38 : Qualité des rapports entre les personnes âgées et la famille

Visite aux parents

Nature des

rapports familiaux

Oui

Non

Oui pour enfants

Total

VA

VR

VA

VR

VA

VR

VA

VR

Entente

223

67,2

67

20,2

01

0,3

291

87,7

Conflictuel

12

3,6

21

06,3

03

0,9

36

10,8

Pas de famille (tous morts)

01

0,3

01

0,3

00

00

02

0 ,6

Entente-conflit

03

0,9

00

00

00

00

03

0,9

Total

239

72

89

26,8

04

1,2

332

100

Source : enquête personnelle, 2010.

Chez les Odjukru, à l'intérieur du village, nous observons deux groupes d'appartenance. La génération au sein de laquelle l'homme s'épanouit pour participer à la gestion et au développement du village et la famille. Cette dernière reste la cellule de base qui accepte, présente et introduit son membre à la classe d'âge. A preuve, toutes les cérémonies d'initiation et d'investiture demandent le concours de la famille. Traditionnellement, le patrimoine économique (adja) est entre les mains du doyen de la famille. Cette importance de la famille, les enquêtés l'ont affirmée en déclarant qu'ils avaient des relations harmonieuses avec la leur, soit une proportion de 87,7% contre 10,8% qui entretiennent des rapports tumultueux avec leur famille. Lorsque nous lisons le tableau qui se réfère aux visites, nous constatons que 26,8% des enquêtés sont distants de leurs parents.

Deux raisons204(*) expliquent le manque de visites entre les membres âgés de la famille. La première cause qui limite les visites est la maladie qui compte pour 19,6% et la deuxième est liée à des différends sociaux, soit 5,1%. Ces différends sociaux se déclinent à leur tour en deux: accusation pour pratique de sorcellerie et gestion opaque des legs.

Il y a une féminisation des différends sociaux, en ce sens que plus de femmes sont accusées205(*) de pratiques de sorcellerie et ce sont elles qui se plaignent le plus de ne pas jouir des biens acquis grâce à l'héritage. Nous avons 3,9% de femmes qui évoquent des différends sociaux contre 1,2% des hommes. Elles auraient voulu bénéficier d'une partie de l'héritage pour scolariser leurs jeunes enfants ou avoir des terres cultivables. Or, dans tradition, elles n'ont pas droit à la propriété foncière.

Nous constatons aussi que 0,6% des femmes âgées ont tous les membres de leur famille décédés. En fait, dans une famille il y a toujours les aînés (personnes âgées) et les cadets (les jeunes et adultes). Et ce sont les aînés qui parlent au nom de la famille et la représentent. Dire qu'elles n'ont plus de famille est entendu comme ayant perdu les répondants qui sont les personnes âgées. La présence des aînés sociaux comme nous le dit une femme âgée de 60 ans, membre de la classe d'âge des Mborman-bago, est un facteur de valorisation de la famille.

Les différends sociaux opposent aussi bien les personnes âgées et les autres membres de la famille que les frères ou soeurs consanguins. La baisse de solidarité traduit que la famille traditionnelle Odjukru subit des transformations. Une femme âgée de 60 ans membre de la classe d'âge des Mborman-boman et mère de cinq enfants, nous a relaté que ses parents s'éloignent d'elle parce qu'elle devenue une charge et ses enfants n'ont pas réussi socialement.

* 204Voir tableau annexe II: Raisons explicatives des manques de visite aux parents.

* 205Voir tableau annexe III: Répartition des raisons d'absence de visite en fonction du sexe.

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