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Transition démocratique en Guinée: perceptions de la diaspora vivant au Bénin

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par Pierre Pévé BAVOGUI
Université d'Abomey Calavi - Diplôme d'Etudes Approfondies  2012
  

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VI- SITUATION DU DIALOGUE POLITIQUE

Depuis la prise de fonction du nouveau président le 21 décembre 2010, la tension reste vive entre pouvoir et opposition. Celle-ci ne reconnait pas la victoire du président et accuse les autorités de la transition de partialité et de soutien au président élu11. Les tractations entre les deux parties donnent l'impression que les campagnes électorales continuent : l'interview de l'un suscite la réaction de l'autre. Dans ce chapitre, sont abordé deux sections principales : l'état du dialogue politique et les conséquences que cela entraine sur la tenue des élections législatives.

6.1. L'état actuel du dialogue politique

Au moment des enquêtes de terrain, aucun dialogue n'était engagé entre l'opposition et la majorité présidentielle.Mais depuis le 15 novembre 2011, le président a reçu des leaders de l'opposition et s'est excusé auprès d'eux pour n'avoir pas entamé très tôt le dialogue. Tout en promettant de les consulter désormais sur toutes les questions d'intérêt national. (KONAN, 2011 ; En ligne). Le 22 décembre 2011, l'opposition avait accepté d'aller au dialogue avec le pouvoir car, ses deux revendications à savoir : la libération de tous les détenus suite à la manifestation du 27 septembre et l'arrêt de toutes les activités de la CENI avaient été satisfaites. Trois semaines après, elle manifeste de nouveau des doutes quant à la régularité des élections et promet qu'elle fera de sorte que ces élections ne se tiennent pas au lieu de les boycotter12.Face à l'état du dialogue, les enquêtés sont divisés en trois tendances :

La première tendance est celle des enquêtés (48 % de la taille de l'échantillon) qui rejettent la responsabilité sur le pouvoir et l'opposition. Ils estiment que les deux parties ne veulent pas aller au dialogue et que cela exprime le mépris qu'ils ont à l'égard du peuple car, pour eux, on ne peut pas conditionner les affaires du pays à la réalisation d'intérêts personnels. Pour ces enquêtés, le pouvoir et l'opposition mettent l'intérêt personnel au dessus

11 Comme en témoigne cette déclarations du président du PEDN, Lansana Kouyaté aux sage de la Haute Guinée : « C'est Cellou Dalein Diallo qui a remporté le premier et le second tour de la présidentielle. Mais si Alpha Condé a réussi à voler les élections sous la complicité de Jean Marie et de Sékouba Konaté c'est parce que

je l'ai rejoint autrement ça aurait été impossible », consultable à l'URL :
http://africatime.com/guinee/nouvelle.asp?no_nouvelle=647276&no_categorie=, consulté le 20/01/12 à 00h 42

12 A cet effet, le leader de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo affirmait : "Si les conditions ne sont pas réunies pour un scrutin propre, il ne sera pas question d'aller aux élections. Mais il ne sera pas non plus question de rester à la maison, mais de s'assurer qu'il n'y ait pas du tout d'élection". Pour renchérir, Dr Faya Millimono, porte-parole du collectif pour la Finalisation de la Transition, membre du bureau politique de la Nouvelle Génération pour la République (NGR) affirme à son tour : « Nous ne boycotterons pas les élections, elles n'auront pas lieu », consultable à l'URL : http://africatime.com/guinee/nouvelle.asp?no_nouvelle=647146&no_categorie=, consulté le 20/01/12 à 00h 50

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de l'intérêt du pays si non ils auraient accepté de dialoguer pour le bien de la nation sans conditions préalables. Ces enquêtés sont issus de toutes les catégories socioculturelles interrogées. Leur position de neutralité s'explique par les conditions posées par les deux parties pour aller au dialogue et surtout le manque d'acte concret de la part de l'opposition et de la majorité présidentielle. Depuis l'élection de Alpha Condé, la classe politique est fortement divisée et a du mal à aller à la table de négociation. Ce qui explique en grande partie l'immensité de la méfiance créée par le scrutin présidentiel de 2010.

Une seconde tendance accuse le pouvoir de n'avoir pas prouvé sa volonté manifeste de dialoguer avec ses opposants. Pour les tenants de cette tendance (36 % des personnes interrogées), le manque de dialogue politique s'explique par le manque de volonté du pouvoir et son incapacité à gérer les problèmes de la société. Pour ces enquêtés, le pouvoir doit être le premier à tendre la main à l'opposition puisque les affaires sont tenues par lui. Dès que le pouvoir fera preuve de volonté, l'opposition ne refusera pas de saisir l'occasion puisqu'elle n'attend que cela. Cette position s'explique par l'appartenance politique de ses tenants qui sont partisans de l'opposition et qui pensent que le gouvernement ne fait rien pour satisfaire leurs exigences.

La troisième tendance est celle des enquêtés (16 %) qui accusent l'opposition de n'avoir pas eu la volonté de travailler avec le président élu. Pour eux, le gouvernement est celui de tous les citoyens guinéens mais c'est l'opposition qui ne veut pas le bien du pays. C'est ce qui explique les conditions qu'elle pose pour tout dialogue. Si elle pose des conditions, c'est parce que le pouvoir lui a tendu la main. Ces enquêtés qui adoptent une telle position sont essentiellement de la mouvance présidentielle. Pour eux, le président fait son mieux mais l'opposition refuse de participer à un dialogue franc. Ce manque de dialogue contribue à ralentir la marche du peuple de Guinée vers le développement et se répercute sur la tenue des élections législatives.

6.2.Les répercussions sur les élections législatives 6.2.1. Le retard des élections législatives

Les élections législatives prévues six mois après l'investiture du président de la république n'ont pas encore eu lieu. Mais les personnes interrogées n'ont pas la même position quant à la responsabilité de ce retard. Pour la majorité (52 % des enquêtés), ce retard est le reflet du manque de volonté des acteurs politiques qui ne veulent pas discuter ensemble des problèmes majeurs auxquels le pays est confronté. Ils estiment que l'opposition souhaite

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la tenue rapide des élections tandis que la majorité présidentielle demande du temps pour la bonne organisation du scrutin. Un autre aspect qui divise les deux parties est le fichier électoral. La majorité présidentielle veut procéder à une reprise du fichier tandis que l'opposition exige une simple révision de ce fichier qui, selon elle, a d'ailleurs servi à l'élection du président actuel et par ricochet mérite d'être maintenu et révisé. Pour ces enquêtés, pouvoir et opposition affichent la volonté de garder la main mise sur les activités de la CENI. Ils pensent que la seule solution à ce problème est le rétablissement du dialogue entre les acteurs politiques. Ces enquêtés sont à la fois des partisans de l'opposition et de la majorité présidentielle qui ne tiennent pas compte de leur appartenance politique ou socioculturelle. Ce qui traduit clairement leur volonté de voir s'opérer en Guinée, un dialogue politique franc et sincère pour le bien être du pays.

Cette lutte des acteurs politiques s'explique par le souci de chaque leader politique d'être significativement représenté au parlement afin d'influer sur les décisions politiques nationales. L'opposition est convaincue que la reprise du fichier électoral est une mascarade du pouvoir pour se donner la majorité à l'Assemblée Nationale. Pour d'autres, essentiellement des peuls (24 % des enquêtés), le retard de la tenue du scrutin est le reflet du manque de volonté de la majorité présidentielle qui ne cherche qu'a contrôler le parlement. Pour ces enquêtés, le pouvoir est certain que les élections ne lui seront pas favorables et donc il faut créer des obstacles pour retarder l'organisation des élections. Cette position se justifie par l'appartenance politique de ses tenants qui sont des partisans de l'opposition.

Une autre tendance moins forte (16 % des enquêtés), soutient que le retard de la tenue du scrutin est lié à des difficultés budgétaires et organisationnelles. Ils évoquent le manque de moyens financiers pouvant permettre d'organiser le scrutin. Ces enquêtés sont des malinkés, leur position s'explique par leur appartenance socioculturelle et politique. Etant membre du parti du président élu, ils justifient le retard du scrutin par le manque de moyens financiers. Mais il y a lieu de préciser que les élections passées ont été financées par des partenaires étrangers du gouvernement guinéen qui, apporteront leur soutien quant il s'agira d'organiser des élections transparentes. La démocratie dont il est question dans ces élections est sponsorisée par ces partenaires étrangers qui ne ménagent aucun effort pour soutenir de telles élections. Il est nécessaire que les élections législatives se tiennent en Guinée au risque d'entrainer de possibles conséquences sur la marche du pays vers la démocratie.

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo