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Risque environnementaux et ajustement d'un modèle numérique de terrain pour la maà®trise des risques d'inondation à  Ouagadougou : cas du quartier Gounghin


par Abdoulaye RABDO
Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne - Master 2 2010
  

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II - LES ACTIONS AVANT COUREUR DES CRISES D'INONDATION

À Ouagadougou et plus singulièrement à Gounghin, la cause des inondations est très souvent liée à l'installation d'habitations, de services ou de commerces à proximité des canaux. L'installation et/ou l'occupation de ces zones amène à se poser la question du mode d'occupation et d'accès au sol.

II.1. L'occupation du sol dans le processus de risque d'inondation

L'insuffisance de la production foncière publique est à l'évidence un des facteurs de la formation d'aires urbanisées hors lotissement légal, mais elle n'en explique nullement les formes. La dévolution des droits d'usage relevait, à l'origine, exclusivement des chefs de terre, descendants des premiers occupants du sol, mais elle est, au moins depuis les années 70 si l'on en croit Marcel Poussy, une prérogative de tous les chefs coutumiers sans distinction, voire même de certains chefs de famille qui, en raison de leur établissement ancien dans un quartier et de leur autorité sociale, se sont arrogés ce droit (Poussy, 1975).

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À Ouagadougou, on distingue de nos jours deux types d'occupations:

- l'occupation régulière dans le cadre des aménagements légaux. Elle est régie par des cadres juridiques et réglementaires en matière d'urbanisme.

- l'occupation irrégulière dans les quartiers non lotis insalubres, aménagements non planifiés qui échappent à toute réglementation17.

Avant la RAF (Réorganisation Administrative et Foncière)18, l'occupation des terres était assurée par le régime foncier coutumier en vertu du caractère inaliénable de la terre et le régime réglementaire dont les garanties étaient l'immatriculation, le certificat administratif et le livret foncier. Avec la RAF, la sécurité d'occupation est garantie par l'un des titres suivants : le permis d'habiter, le permis d'exploiter, l'arrêté d'affectation, l'arrêté de mise à disposition, le bail, le titre de propriété et le titre foncier.

L'attribution des terrains est le premier mode d'accès au terrain, ensuite viennent l'achat, l'héritage et le don. Le système d'accession aux parcelles est tel que malgré le nombre de parcelles existantes, la demande reste insatisfaite. Cela encourage parfois certaines personnes à l'acquisition de parcelle par des pratiques souvent douteuses.

II.1.2. Les pratiques d'acquisition de parcelles

La difficulté d'accès des pauvres à la terre urbaine est de plus en plus accentuée par des pratiques anormales dans le foncier. Les pratiques anormales dans le cadre des lotissements et d'attribution de permis de construire causent aujourd'hui le problème d'installation anarchique des populations dans les zones inondables. En effet, le constat sur le terrain témoigne d'une installation d'habitats, de commerces, de services, dans le lit supérieur du canal du Moro Naba. Selon le code de l'urbanisme et de la construction au Burkina Faso19 (Titre V : chapitre II ; Titre VI : chapitre I, II, et III), ces installations démontrent le manque de rigueur et de fermeté, et des anomalies dans les processus de lotissements et d'attribution des permis de construire. Ces comportements posent également le problème d'assainissement et d'environnement dans ces zones d'installations anarchiques.

17 Parfois dans les quartiers lotis, on constate des installations illégales dans des surfaces hors zone de lotissement. C'est le cas à Gounghin où nous avons constaté l'installation d'habitat et d'infrastructures commerciaux dans les servitudes des cours d'eaux.

18 Loi 014 /96/ADP du 23 mai 1996 portant Réorganisation Agraire et Foncière et son décret d'application du 06 février 1997. (RAF 1984, RAF 1991, RAF 1996).

19 Loi N°017-2006/AN du 18 mai 2006.

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II.2. L'environnement et l'assainissement urbain à Gounghin

L'assainissement de la commune de Ouagadougou comprend trois volets : le drainage des eaux pluviales, l'évacuation des eaux usées et la gestion des ordures ménagères.

II.2.1. Le réseau de drainage des eaux pluviales

Le réseau de drainage des eaux pluviales (tableau n°3) est concentré au centre de la ville.

Tableau n°3 : Répartition des ouvrages hydrauliques dans les différents arrondissements

Caniveaux longueur (m)

Bétonnés

Terre

collecteurs

Total

Pourcentage

(%)

Baskuy

124 286

4 307

5 514

134 107

41,04

Bogodogo

44 403

663

4 923

49 989

15,30

Boulmiougou

29 477

72673

0

102150

31,26

Nongremassom

39 217

900

0

40 117

12,27

Sig-Nonghin

218

135

0

353

0,11

Total

237 601

78678

10 437

326 716

100

Source: Mairie de Ouagadougou, DGSTM, 2004

L'évacuation des eaux pluviales se caractérise par la faiblesse du réseau par rapport aux besoins. Généralement construits à ciel ouvert, les ouvrages de drainage sont rarement entretenus, et souvent encombrés par divers matériaux solides et liquides jetés par les riverains, empêchant l'écoulement correct des eaux de pluie. Dans le quartier Gounghin nous avons constaté, un non dallage et un bouchage de certains canaux par les ordures ménagères. Les ouvrages réalisés n'ont pas été entretenus alors que les populations urbaines n'ont cessé de croître. Aujourd'hui, l'état défectueux de la plupart des ouvrages (canaux, routes, réseaux d'égouts...) créent des problèmes environnementaux et de santé publique.

En plus des rejets des eaux usées dans ces canaux, le lessivage des murs construits en terre crue entraîne dans les canaux une charge très élevée en sables et argiles qui les obstruent (Compaoré, 1993). Ces actes d'incivisme s'accroissent au jour le jour malgré leur interdiction par l'alinéa 4 de l'article 3 du chapitre I, de l'arrêté municipal N° 2008-150/CO/SG/DP portant interdiction de déverser des déchets sur le territoire de la commune de Ouagadougou. Les observations de terrain révèlent que certains canaux disparaissent sous les dépôts et d'autres sont colonisés par la végétation qui pousse sur les apports terreux non évacués.

Le réseau dans une proportion de 31,6% présente un minimum de deux points d'obstructions par canal. Le constat sur le terrain a montré des records de treize points d'obstructions sur l'Avenue Josèphe Ouédraogo et de dix points sur la rue de l'Olympisme et celle de Grenoble. Les obstructions sont le plus souvent le résultat des ordures déposées par les ménages voisins et les riverains (cf. planche photographique n°2). D'après les entretiens et observations de

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terrain, 36,6% du curage des canaux sont effectués à intervalle de 3 et 5 mois. Le plus récent date de moins d'un mois et a eu lieu sur la rue "Kon deng wondbo" situé dans la zone de Gandin au secteur 8.

Planche photographique n°2 : Présence d'ordures dans des canaux sur la rue Kon deng Rogom Source : RABDO A. Avril 2011

Le manque d'entretien et de nettoyage régulier des canaux rend de plus en plus difficile le passage des eaux de pluie. Cette difficulté est aussi liée aux dimensionnements du réseau. En effet, les caniveaux sont souvent sous dimensionnés pour des événements plus rares mais le deviennent aussi au fil du temps avec l'urbanisation progressive du milieu ou de la zone

(Maksimovic, 1993 cité par Hingray, 1999). Le réseau d'évacuation des eaux pluviales dans ces conditions déborde au sein de la ville du fait d'un dépassement local de sa capacité. De fait, les ouvrages d'évacuation des eaux pluviales deviennent une autre source d'inondation (Dupuy et al, 1987 cité par Garry et al, 1996).

Selon les responsables municipaux chargés de l'assainissement, l'entretien a lieu chaque année. Cet entretien se fait en régie par les services municipaux, et en entreprise par des services et structures externes exerçant dans le domaine (cf. planche photographique n°3). Le curage en régie signifie que l'entretien se fait tout au long de l'année par une équipe permanente de la municipalité. En revanche le curage en entreprise est ponctuel et se fait à l'approche de l'hivernage, par des entreprises recrutées par la municipalité. Il faut noter cependant, qu'une priorité est accordée aux canaux primaires. Dans la commune urbaine de Ouagadougou, le curage des canaux est effectué par l'Association des Jeunes Sans Frontière du Burkina (AJSFB) située dans le quartier Gounghin. Cette tâche est faite en partenariat avec le service d'hygiène de la municipalité qui accompagne l'association en matériel et équipement d'assainissement.

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Planche photographique n°3 : Processus de curage de canal sur l'avenu Naba Zombré

Source : AJSFB

Malgré le curage des canaux, lors de la saison des pluies (3 à 4 mois par an), les inondations sont fréquentes et peuvent entraîner des pertes aussi bien matérielles (habitations, routes, ponts, infrastructures publiques et privées, etc.) qu'humaines !

II.2.2. Processus d'évacuation des eaux usées

Les marigots (réseau hydrographique) cités plus haut constituent l'exutoire naturel. Ils coïncident avec ceux des eaux usées, car le réseau est unitaire à Ouagadougou.

Le marigot du Moro Naba évacue les eaux de la zone industrielle de Gounghin et celle des secteurs environnant vers le barrage n°2. Toutes les eaux usées du centre ville et de la zone industrielle sont en réalité déversées dans le parc Bangré Wéogo.

II.2.3. Les aspects de la gestion des ordures

La production de déchets solides dans la ville de Ouagadougou est estimée à plus de 300 000 tonnes par an depuis l'an 2000. Seulement 50% de ces quantités sont évacuées dont 35% par les services techniques municipaux, 10% par le secteur privé et 5% par les groupements associatifs. Les déchets non évacués s'entassent sur des terrains vagues ou dans des décharges non contrôlés (Mairie de Ouagadougou, 2006).

Sur la base d'une production d'ordures ménagères de 0,65 kg/habitant/jour, 0,24 tonnes/habitant/an et 0,24 m3/habitant/an en 1993, et tenant compte de la croissance de la population, les productions globales attendues sont : (tableaux n°4)

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Tableau n°4 : Productions d'ordures ménagères attendues

Année

Production (tonnes)

1995

225

862

2000

316

729

2005

444

227

2010

623

018

Source : DGSTM, 1998.

La gestion des ordures dans la commune de Ouagadougou reste préoccupante face à leur présence massive dans les canaux d'évacuation des eaux pluviales.

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