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Externalisation des politiques migratoires européennes au Niger: reconfigurations des lieux et des trajectoires des migrants


par Bachirou AYOUBA TINNI
Université Abdou Moumouni de Niamey - These de Doctorat  2021
  

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8.3.1.6 Entre usage abusif de la note verbale et mauvaise coordination

Tout au long du trajet Niamey-Dakar, on note un abus de l'usage du sauf-conduit qui est fait. Ainsi, à chaque passage de douane ou autre poste de contrôle les chauffeurs du bus ou le convoyeur tentent d'user de ce document pour soustraire les candidats au retour volontaire à tous contrôles. La coordination entre les équipes nationales de l'OIM pour l'organisation du retour est aussi faible. Ainsi, au Burkina Faso par exemple les rapatriés arrivés un weekend à Ouagadougou sont contraints de passer la nuit dans cette ville avant de rejoindre leur village. Or, aucune disposition en matière d'hébergement n'est prévue à cette fin.

À toutes les étapes, la mauvaise organisation impose aux rapatriés des dépenses inutiles et du temps perdu. Ils sont obligés d'aller jusqu'à la capitale pour être profilés par l'OIM du pays et recevoir les frais d'installation. En effet, du Burkina Faso au Sénégal en passant par le Mali, de nombreux rapatriés n'ont pas nécessairement besoin d'aller à la capitale : quelqu'un de Ségou au Mali que l'on dépose à Bamako doit payer encore 6000 FCFA dans ces 52 000 FCFA pour retourner dans cette ville, que le bus traverse pourtant lors du voyage. Il en est de même des gens de Kolda au Sénégal qui sont déposés à Dakar. En outre, la mauvaise coordination fait qu'aucun dispositif d'accueil n'est prévu pour les migrants sénégalais arrivés au cours de la nuit. Ils sont contraints d'improviser leur hébergement, tout comme l'agent de l'OIM.

L'autre constat général que l'on peut faire de l'itinéraire Niamey-Dakar c'est la persistance des tracasseries routières et l'ampleur des « faux frais » qu'on impose aux passagers. Ainsi, le Niger et le Burkina Faso s'illustrent par la soustraction des fonctionnaires et scolaires au paiement de ces « faux frais » hormis à la frontière Burkina Faso-Mali.

Le Burkina Faso se particularise par le nombre de postes de contrôle, la juxtaposition des postes de police et de gendarmerie, le contrôle des pièces d'identité par la gendarmerie qui n'hésite pas à imposer des « faux frais » aux passagers. Cette situation fait du pays des hommes intègres l'espace où les passagers souffrent le plus tout au long de leur itinéraire. Au Mali, les mêmes pratiques corruptives existent. Cependant, elles sont l'apanage de la police uniquement. Les gendarmes ne contrôlent pas les pièces d'identité. Le Sénégal semble être un grand boulevard de la libre circulation. De Guidara à Dakar un seul contrôle des pièces d'identité au poste de police frontalier a été sanctionné par le paiement de 1000 FCFA ; aucun contrôle n'a lieu pendant tout le reste du voyage. Les passagers ayant préalablement dédouané leurs bagages à la frontière doivent se contenter d'un cachet au fil des postes de douane, ce qui ne prend en

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général que quelques minutes. L'autre constat est le respect tout au long de l'itinéraire des sauf-conduits par les agents de contrôle.

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