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La commission internationale des frontières et des eaux (IBWC) face aux enjeux de la préservation de l'environnement


par Clémence Léger
Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 - Master Etudes Européennes et Internationales - Aire anglophone 2022
  

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L'émergence de la question environnementale

Mon projet consiste donc à interpréter le concept d'hydro-diplomatie, tel qu'il sera défini dans la première partie du travail, et d'observer l'efficacité et la durabilité de l'IBWC pour lutter contre les problèmes environnementaux à la frontière. Il s'agira d'évaluer dans quelle mesure l'institution créée au milieu du XXe siècle a été capable de prendre en charge des questions hydriques plus globales que celles pour lesquelles elle avait été imaginée, en prenant en compte notamment les nouveaux enjeux environnementaux.

Ce travail contribue à la recherche dans le domaine de la diplomatie de l'eau à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. La plupart des recherches portant sur l'eau à la frontière et l'hydro-diplomatie rapportent que les relations asymétriques entre les deux pays jouent un rôle prépondérant, que ce soit au XXe ou au XXIe siècle, dans la mise en place de projets binationaux pour la résolution de problèmes hydriques. De plus, les institutions binationales demeurent essentielles pour la mise en oeuvre de projets communs de préservation de l'environnement et d'une gouvernance adaptative permettant d'adopter, petit à petit, une gouvernance de plus en plus écologique. Toutefois, l'importance, le pouvoir et le poids de ces institutions pourraient être accrus. Par ailleurs, même si beaucoup de ces études portent sur l'alliance et l'entente entre les institutions, ainsi que sur les populations et les gouvernements des deux pays, un grand nombre d'entre elles se focalisent sur la frontière, les problèmes hydriques et leur impact aux États-Unis, davantage qu'au Mexique.

Dans ce contexte, ma recherche viendra apporter une perspective environnementale à l'analyse des projets binationaux de l'IBWC, en particulier. Ce travail s'inscrit dans une dynamique d'analyse environnementale des relations internationales et de l'évolution de l'environnement dans la mise en place de projets binationaux et dans la volonté de résolution des problèmes hydriques. Les articles scientifiques de Stephen Mumme et de Margaret O. Wilder, entre autres, ont également permis de comprendre la place de l'asymétrie dans les relations entre les États-Unis et le Mexique et la manière dont l'IBWC travaille à la réduire dans la résolution des problèmes hydriques binationaux pour répondre aux attentes environnementales de manière optimale.

Ainsi, dans un premier temps, il s'agira de définir l'hydro-diplomatie et d'appliquer cette définition au contexte de la frontière mexicano-étatsunienne.

Pour ce faire, ce travail s'appuiera notamment sur l'ouvrage Hydro-diplomacy: Sharing Water Across Border, dirigé par Ganesh Pangare, qui pose la question de l'hydro-diplomatie comme acteur et vecteur de coopération dans des régions plus ou moins stables. Il pose les bases et concepts liés à l'hydro-diplomatie et particulièrement les organisations internationales, telles que l'ONU, et les accords internationaux comme la Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux (Vega Cárdenas 2020, 31) qui vise à protéger les ressources et à garantir une quantité et une qualité d'eau suffisante. J'utilise également des articles scientifiques et des interviews de Fadi Comair, dans la mesure où il explique sa propre vision du concept d'un point de vue global et dans le contexte régional particulier du Moyen-Orient qu'il est possible de comparer avec la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Il est nécessaire, dès lors, de mettre en lumière la particularité des relations hydriques entre les États-Unis et le Mexique qui n'ont jamais ratifié un quelconque instrument international, en dehors de l'IBWC, lié à la conservation de l'eau. Ils n'ont pas, non plus, ratifié la Convention citée au-dessus, mais préfèrent leurs instruments régionaux, tels que l'IBWC, pour gérer et préserver l'eau à leur frontière. Dans cette dynamique, et puisque les deux nations semblent se détacher de la question du dérèglement climatique à l'échelle internationale, comment leur coopération peut-elle persister dans le temps pour résoudre les problèmes environnementaux et ceux liés à l'eau ?

L'utilisation d'articles de revues scientifiques sur l'hydro-diplomatie et la diplomatie environnementale permet également de rendre compte de l'importance grandissante de ce concept dans les régions du monde, et notamment à la frontière États-Unis-Mexique, où une stabilité des relations est nécessaire à tous les niveaux dans un ordre mondial en évolution.

Une seconde partie reviendra plus en détail sur l'évolution de l'IBWC et de traités depuis celui de 1944 pour la préservation des rivières et de l'environnement. Il s'agit d'analyser l'évolution de l'IBWC au fil du temps pour, aujourd'hui, être capable d'intégrer le concept d'hydro-diplomatie à sa définition. Quels biais permettent, à l'heure actuelle, à la Commission de pouvoir résoudre, plus ou moins efficacement, les problèmes liés à l'eau et de préserver, autant que possible et jusqu'à quel point, les ressources hydriques à la frontière ? L'IBWC parvient-elle à régler l'ensemble des problèmes environnementaux ? Il faut comprendre la manière dont la relation hydrique a évolué entre les deux instances de l'IBWC et comment les ambitions écologiques globales ont changé pour permettre à l'IBWC de se développer en faveur de l'environnement.

Pour répondre à cette question, je prends appui, notamment, sur l'ouvrage The U.S.-Mexican Border Environment: Progress and Challenges for Sustainability, coordonné par Erik Lee et Paul Ganster, qui propose un éventail de points de vue sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique et la relation de chaque État avec cette frontière. Le livre consiste, pour une grande part, à détailler les initiatives des gouvernements fédéraux, voire l'action de la population pour la conservation de la qualité de l'eau à la frontière, des énergies durables dans la région et pour la mise en place d'infrastructures environnementales durables. L'idée principale du livre, comme son nom l'indique, est d'exposer les progrès qui ont été réalisés ces dernières décennies, ainsi que les défis et enjeux qu'il reste à relever concernant la préservation de l'environnement pour le futur.

Enfin, la troisième partie tentera de mettre en évidence le changement de perspective récent de l'IBWC et le changement de son axe de travail, devenu bien plus environnemental. Il sera question, notamment à l'aide des sources secondaires, de constater le nouvel impact et la nouvelle efficacité, plus ou moins constante, de la Commission Internationale des Frontières et des Eaux sur la préservation de l'environnement et la réactivité croissante des ONG au fil du temps dans la mise en oeuvre de nouvelles Minutes et plus globalement dans la résolution de problèmes environnementaux. Les années 1990 et 2000 marquent un tournant notable dans la prise de conscience de l'importance de la protection des écosystèmes et de la biodiversité à la frontière. Les coûts devenant de plus en plus élevés pour résoudre les problèmes hydriques, comme les sécheresses ou la pollution, les États-Unis et le Mexique ont dû améliorer, au moyen de différents traités et accords tout au long de ces dernières décennies, leur coopération en faveur de l'environnement. L'utilisation et l'analyse finale de certaines Minutes permettront de mettre en lumière la capacité et la volonté, de plus en plus marquées, de l'IBWC de préserver l'environnement à la frontière des États-Unis et du Mexique, même si la Commission ne parvient pas à solutionner tous les problèmes environnementaux à la frontière. En effet, les dernières Minutes de l'IBWC sont un exemple concret de ces avancées, avec notamment une mise en oeuvre de pratiques et d'un plan binational pour la préservation et la restauration du fleuve du Colorado.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams