|
Quelques sigles et abréviations usuels.
- ARDL : Auto-Regressive Distributed Lag.
- BAD : Banque Africaine de Développement.
- BC : Banque Centrale.
- BEAC : Banque des Etats de l'Afrique Centrale.
- BIT : Bureau International du Travail.
- BM : Banque Mondiale.
- CAE : Communauté d'Afrique de l'Est.
- CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de
l'Afrique Centrale. - DFE : Dynamic Fixed Effects.
- FMI : Fonds Monétaire International.
- GMM : Generalized Method of Moments.
- MCO : Moindre Carré Ordinaire.
- MG : Mean Group.
- MPRA : Munich Personal RePEc Archive.
- NAIRU : Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment.
- NEC : Nouvelle Economie Classique.
- NEK : Nouvelle Economie Keynésienne.
- NKPC : New Keynesian Phillips Curve.
- OCDE : Organisation pour la Coopération et le
Développement Economiques.
- PMG : Pooled Mean Group.
- PSTR : Panel Smooth Transition Regression.
- PTR : Panel Threshold Regression.
- RDC : République Démocratique du Congo.
- SADC : Southern African Developpement Community.
- UE : Union Européenne.
- UEMOA : Union Economique et Monétaire
Ouest-Africaine.
Liste des tableaux et graphiques.
Tableaux :
Tableau 1 : Variables, notations, signes
attendus des coefficients et sources des
données.....................................................................................................43
Tableau 2 : Identifiant, noms et codes des
pays utilisés dans notre modèle........................44
Tableau 3 : Statistique
descriptive.....................................................................55
Tableau 4 : Analyse de la
multicolinéarité............................................................56
Tableau 5 : Analyse de l'indépendance
interindividuelle...........................................58
Tableau 6 : Analyse de la
stationnarité................................................................58
Tableau 7 : Analyse de la
cointégration...............................................................59
Tableau 8 : Test de spécification
d'Hausman (1978)................................................60
Tableau 9 : Présentation des
résultats des estimations de la dynamique de court et long terme
................................................................................................................61
Tableau 10 : Résultats du test de
linéarité pour les pays de notre
échantillon...................65
Tableau 11: Résultats du test de
linéarité pour les pays non
linéaire..............................65
Tableau 12: Recherche des effets de seuil
dans différents modèles................................66
Tableau 13: Estimation du modèle
à seuil unique.....................................................66
Tableau 14: Estimation de la
régression du modèle à seuil
unique.................................66
Graphiques :
Graphique 1 : Courbe de Phillips
réinterprétée par Samuelson et
Solow.........................10
Graphique 2 : Courbe de Phillips à la
lecture keynésienne..........................................11
Graphique 3 : Courbe de Phillips de long
terme augmentée des anticipations..................14
Graphique 4 : la courbe de Phillips selon la
lecture de la NEC....................................15
Graphique 5 : Evolution croisée de
l'inflation et du chômage dans la CEMAC...................35
Graphique 6 : Evolution de la relation
inflation-chômage dans la CEMAC......................36
Graphique 7 : Analyse graphique de la non
linéarité dans la relation.............................64
Sommaire. INTRODUCTION GENERALE 1
CHOMAGE 6
Section 1 : Revue théorique de la
relation inflation-chômage 7
Section 2 : Etudes empiriques sur la relation
inflation-chômage 21
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA
RECHERCHE 30
Section 1 : Présentation des
modèle 31
Section 2 : Spécification des
modèles de l'étude 35
CHAPITRE III : ESTIMATION DES MODÈLES
ET RESULTATS 45
Section 1 : Estimation des modèles 46
Section 2 : Interprétations des
résultats et recommandations 55
CONCLUSION GENERALE 70
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 71
ANNEXES 79
TABLE DE MATIÈRES 93
CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE DE LA RELATION
INFLATION-
Résumé
En utilisant une double approche économétrique,
à savoir : un modele linéaire dynamique ARDL-MG et un modele
non-linéaire à seuil PTR, ce papier explore la relation entre
l'inflation et le chomage dans les pays de la Communauté Economique et
Monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) sur la période 1994-2022.
Les résultats révèlent, d'une part, l'existence d'une
relation inverse entre l'inflation et le chomage uniquement à
court-terme, lorsqu'on considère
l'hétérogénéité structurelle des pays. En
d'autre part, la présence de non linéarité dans la
relation inflation-chomage, uniquement dans trois pays de l'échantillon,
mais aussi l'existence d'un seuil positif et significatif de 4,80%. Ce seuil
est considéré de critique car, à ce niveau
élevé d'inflation, il n'y a pas de réduction du chomage.
Ces résultats impliquent que la pratique des politiques communes n'est
pas optimale, ils suggèrent ainsi que les dirigeants de la CEMAC doivent
tenir compte des disparités structurelles des pays s'ils veulent mettre
en place des mesures communautaires efficaces. De plus, ces résultats
invitent chacun des dirigeants à repenser le tissu économique de
leurs pays, en augmentant les structures économiques pouvant soutenir
durablement la croissance et créer des emplois durables.
Mots clés : Inflation,
chomage, CEMAC, ARDL, MG, PTR.
Abstract
Using a dual econometric approach, namely: a dynamic
linear ARDL-MG model and a nonlinear PTR threshold model, this paper explores
the relationship between inflation and unemployment in the countries of the
Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) over the period
1994-2022. The results reveal, on the one hand, the existence of an inverse
relationship between inflation and unemployment only in the short term, when
considering the structural heterogeneity of the countries. On the other hand,
the presence of non-linearity in the inflation-unemployment relationship, only
in three countries in the sample, but also the existence of a positive and
significant threshold of 4.80%. This threshold is considered critical because,
at this high level of inflation, there is no reduction in unemployment. These
results imply that the practice of common policies is not optimal, they thus
suggest that CEMAC leaders must take into account the structural disparities of
the countries if they want to put in place effective community measures. In
addition, these results invite each of the leaders to rethink the economic
fabric of their countries, by increasing the economic structures that can
sustainably support growth and create sustainable jobs.
Keywords: Inflation, unemployment, CEMAC, ARDL, MG,
PTR.
INTRODUCTION GENERALE.
La persistance1(*) des phénomènes d'inflation et de
chômage dans la majorité des économies du monde devient de
plus en plus l'une des principales préoccupations des dirigeants de ce
siècle. Cette situation de persistance trouve des éléments
explicatifs dans les facteurs non seulement antérieurs2(*) mais également actuels,
à l'instar de la récente crise sanitaire de Covid-19, les
politiques économiques pratiquées et, la montée des
tensions géopolitiques.
En premier lieu, nous évoquons le choc sismique de la
pandémie de Covid-19 qui s'est abattu en 2020, provoquant une
perturbation généralisée des chaînes
d'approvisionnements mondiales, suivi d'un ralentissement de la production
à qui s'associe une montée du chomage dans de nombreuses
économies du monde3(*).
En second lieu, en réaction à la détresse
économique engendrée par la pandémie, plusieurs Banques
Centrales ont adopté des politiques économiques
accommodantes4(*),
conduisant à une augmentation de la masse monétaire à
l'échelle mondiale, alimentant ainsi les tensions inflationnistes
déjà présentes. Parallèlement, le conflit
géopolitique en cours entre la Russie et l'Ukraine, survenu en 2022, n'a
juste contribué qu'à amplifier l'inflation déjà en
hausse5(*).
Au regard de la conjoncture qui s'est abattue sur
l'économie mondiale, il nous est convenu de réactualiser le
débat de la courbe de Phillips, en particulier, pour le cas des pays de
la CEMAC.
L'inflation vient du mot latin « inflare », qui
signifie « enfler », « gonfler », désignant une
hausse durable et continue du niveau général des prix de biens et
services dans une économie au cours d'une période donnée.
De ce fait, lorsque le prix d'un seul bien ou de quelques biens augmente, il
n'y a pas forcément d'inflation car, les prix de tous les autres biens
peuvent ne pas bouger, voire diminuer.
L'inflation se manifeste, par ailleurs, par une diminution du
pouvoir d'achat de la monnaie, ce qui signifie que les consommateurs doivent
payer plus pour obtenir les mêmes quantités de biens et services
qu'auparavant ; ce qui conduit au phénomène de « vie
chère ».
Cette derniere est mesurée à l'aide
d'indicateurs tels que l'indice des prix à la consommation (IPC), qui
suit l'évolution des prix d'un panier de biens et de services
représentatif de la consommation courante des ménages. L'IPC est
souvent utilisé pour calculer le taux d'inflation, qui représente
la variation en pourcentage des prix par rapport à une période de
référence.
Au niveau de la CEMAC, l'inflation est mesurée par le
taux d'accroissement de l'Indice Harmonisé des Prix à la
Consommation (IHPC), d'indice de base 100 (période de
référence,
2019). Cette harmonisation vise à minimiser le biais du
calcul du taux d'inflation au niveau communautaire, qui pourrait directement
provenir des IPC nationaux.
Selon la définition adoptée en 1982 par le BIT,
le chômage renvoie à une situation sur le marché du travail
caractérisée par l'absence d'emploi, la recherche active d'emploi
et la disponibilité pour occuper un emploi. Ainsi, sont
considérées au chômage (ou chômeurs) au sens du BIT,
les personnes en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus)
qui sont « sans travail », « à la recherche d'un travail
» et « disponibles pour travailler ». (Blanchard O. et D. Cohen,
2004).
Une définition opérationnelle du chômage
consiste ainsi à considérer comme chômeurs tous les
individus qui sont inscrits au sein de l'organe en charge de les recenser, sauf
que cette définition présente certaines limites : (a)
tous les chômeurs ne sont pas inscrits, (b) certains travailleurs au
noir sont inscrits et (c) les systèmes de prise en charge des
chômeurs diffèrent d'un pays à l'autre, ce qui rend
délicates les comparaisons internationales.
Toutefois, pour ce qui est des économies de la CEMAC,
nous avons également ajouté la définition selon laquelle
le chômage résulte d'une inadéquation entre formations et
emplois.
Le chômage se mesure par le taux de chomage qui
désigne le rapport en pourcentage du nombre de chômeurs sur la
population active totale. Cet indicateur est d'une grande importance car il
revêt une dimension à la fois sociale et économique.
D'un point de vue économique, le chômage peut
être considéré comme une sous-utilisation de la
main-d'oeuvre disponible. Cependant, du point de vue social, la montée
du chômage est génératrice de la pauvreté, de
tensions raciales et de crise sécuritaire à l'origine des
importants coûts sociaux et humains (Asseraf-Godrie, 1994 ; Elbaum, 1996
; Jaradat, 2013 ; Moïse, 2015).
Dès lors, il s'impose la nécessité de
créer des emplois car elle constitue l'un des piliers majeurs de la
consolidation de la paix et de la reconstruction d'un pays (Pana, 2002).
La relation inflation-chomage, quant à elle,
suggère une certaine possibilité accordée aux
décideurs publics d'opérer un choix cohérent entre la
réduction du chomage en élevant le niveau d'inflation ou
inversement : c'est la courbe de Phillips.
Cette étude du lien existant entre l'inflation et le
chômage a été au coeur d'une littérature abondante
et controversée, mettant en opposition plusieurs économistes des
différentes écoles de pensées entre autres : les
keynésiens et les libéraux6(*).
Les premiers défendent l'idée de l'existence
d'une relation « inverse » entre l'inflation et le chômage. En
effet, confortés par les données empiriques accumulées
jusque dans les années soixante, de nombreux économistes
keynésiens vont croire à l'existence d'un compromis «
Trade-off » entre l'inflation et le chômage et ce, même
à long-terme. Selon ces derniers, une accélération de
l'inflation semblerait être le prix à payer pour réduire le
taux de chômage (politique de relance), tandis que la désinflation
entraînerait une remontée du taux de chômage (politique de
rigueur).
Les seconds, contrairement aux premiers, se penchent
plutôt sur l'absence d'une relation inverse. En effet, en introduisant
l'hypothèse des « anticipations » et la dynamique temporelle
de l'économie, ces auteurs libéraux vont démontrer qu'il
n'existe aucune relation inverse à court terme sauf, quand les agents
économiques sont trompés par les autorités
monétaires ou quand ils commettent des erreurs d'anticipations des
variations des effets des politiques économiques.
A long terme, les agents ne sont plus victimes des tromperies
et des erreurs d'anticipations, dans cette situation toutes politiques de
relance économique se solderaient en un échec.
L'arbitrage n'est plus possible entre les variables, la
relation devient ainsi « verticale ». C'est le point de vue
défendu par les auteurs du courant monétariste et de la nouvelle
économie classique (NEC).
Toutefois, ces deux (2) écoles de pensées sont
en accord sur la nécessité de lutter contre ces
phénomènes car, la stabilisation d'une économie passe par
le contrôle de ces variables. Sa réussite témoigne de
l'efficacité des politiques appliquées (Kaldor, 1960 ; Okun,
1972).
La situation des économies de la CEMAC fournit un cadre
propice d'analyse à notre sujet. En effet, bien que les pays de la CEMAC
présentent un certain nombre de similitude concernant les
caractéristiques de leurs économies à savoir : une
économie de rente, vulnérable face aux variations du
marché extérieur ainsi qu'une insuffisance des structures pouvant
pérenniser la croissance économique ; ces pays présentent,
cependant, un certain nombre des disparités structurelles qui sont
d'ordres démographique, économique et géographique.
Ces disparités et problemes structurels auxquels sont
sujets les pays de la CEMAC ne leur ont pas épargné des
conséquences des précédents chocs, ils ont, au contraire,
contribué à accroitre les couts socio-économiques dans les
pays. Parmi les couts subits, nous citons entre autres le ralentissement de
l'activité productive7(*) associé à une élévation du
niveau de chômage et, à un accroissement du niveau d'inflation, le
positionnant au-dessus de sa cible de 3%.
Il est à noter, toutefois, que les conséquences
de ces multiples chocs n'ont pas été vécues de
façon homogène dans tous les six pays de la zone. En effet, pour
certaines économies de la zone le cout de ces chocs a été
plus prononcé sur chômage que l'inflation, tandis que pour
d'autres l'effet a été inverse8(*).
C'est au regard des disparités structurelles
présentes dans cette zone que nos regards se sont portés sur ce
champ d'étude, suscitant par la même occasion notre
curiosité sur l'efficacité de la pratique des politiques
économiques communes dans la zone.
Par ailleurs, l'adoption de la politique économique
basée sur le ciblage de l'inflation a augmenté la
nécessité de mieux comprendre la nature de la relation entre
l'inflation et le chômage en zone
CEMAC, du fait que l'estimation de la courbe de Phillips est
considérée comme un outil pertinent dans la mise en place de
cette politique (Tanka et al, 2022). Ainsi, à la lumière de ce
qui précède, nous nous interrogeons sur le(s) type(s) de relation
que pourrait entretenir l'inflation et le chômage dans les
économies de la CEMAC ?
Cette étude se fixe, comme objectif principal,
d'examiner la nature de la relation inflationchomage afin de présenter
aux dirigeants de la CEMAC les possibilités qu'ils ont de lutter contre
la montée de ces fléaux par le moyen d'une politique
conjoncturelle efficace.
En prenant appui sur les critiques libérales
adressées à la courbe de Phillips, en particulier celles
formulées par le courant monétariste, nous posons les
hypothèses de recherche suivantes :
Hypothèse 1 : Il existe une
relation inverse entre l'inflation et le chômage compatible avec la
courbe de Phillips « augmentée », en zone CEMAC.
Hypothèse 2 : En CEMAC, la
relation inflation-chomage est non linéaire et présente des
effets de seuil.
Notre travail est structuré comme suit : revue de
littérature (Chapitre I), cadre méthodologique
de la recherche (Chapitre II) et, estimation des
modèles et résultats (Chapitre III).
CHAPITRE I : REVUE DE LITTERATURE DE LA RELATION
INFLATION-
CHOMAGE.
Il s'agira pour nous ici de présenter, d'une part,
l'analyse théorique autour de la relation inflation-chômage
(section 1) et, les études empiriques qui se sont
investies autour du débat (section 2), d'autre part.
Section 1 : Revue
théorique de la relation inflation-chômage.
Dans le souci de stabiliser le cadre macroéconomique de
l'apres guerre, l'analyse de la relation entre la sphère réelle
et la sphère monétaire de l'économie, reformulée
sous l'appellation de relation entre « l'inflation et le chômage
», a occupé une place prépondérante dans la
littérature économique.
L'étude de la relation entre ces deux variables
économiques a été au coeur de nombreuses controverses
entre deux grands courants de pensées : les libéraux qui sont les
défenseurs de la sphère réelle de l'économie et,
qui soutiennent l'idéologie selon laquelle il existerait une «
dichotomie » entre la sphère réelle et la sphère
monétaire (Smith, 1776 ; Say, 1803). Face à eux, nous avons le
courant keynésien qui, lui, soutient l'idée de l'existence d'un
lien entre ces deux sphères et, se positionne ainsi comme
défenseur de la sphère monétaire de l'économie
(Keynes, 1936). Cette controverse a donné naissance à une
littérature abondante, reposant sur les travaux réalisés
par Phillips dans les années 1950.
Ainsi, ce chapitre de notre étude s'invite à
présenter l'évolution de la pensée économique sur
la question de la nature de relation entre l'inflation9(*) et le chômage10(*). Pour se faire, deux (2)
points sont à explorer : un premier point portant sur l'analyse
traditionnelle de la courbe de Phillips et, un second point portant sur la
révision de la courbe de Phillips et le rôle des «
anticipations ».
1.1- L'analyse traditionnelle de la courbe de Phillips.
Ce sous point prend en compte toutes les analyses
théoriques de la courbe de Phillips n'intégrant pas le concept d'
« anticipations » :
La courbe originelle de Phillips : une étude
statistique.
La courbe de Phillips désigne d'abord une relation
statistique, empirique entre le taux de chômage et la variation des
salaires nominaux, mise en évidence par l'économiste
néozélandais Alban William Phillips dans son article
publié en 1958. Sur la base de cette relation, une courbe
théorique a été élaborée, postulant d'une
relation inverse entre le taux de chômage et le taux d'inflation
salariale, accordant la possibilité aux décideurs publics
d'opérer un arbitrage entre ces deux objectifs contradictoires, pour une
meilleure régulation de la conjoncture. L'équation
spécifique permettant de mettre en évidence cette relation est de
la forme suivante :
???
?? = ?? - ?????? + ????
(1)
Où ? ????
est le taux de croissance du salaire nominal, ???? le taux de
chômage, ???? les résidus de l'estimation et où,
la relation étant présumée décroissante, ce que
l'on traduit par un signe moins devant le paramètre ??,
présumé positif. Comme le montre le graphique 1,
la relation effectivement estimée par Phillips est en fait inverse et
non linéaire.
L'interprétation la plus simple de la courbe de
Phillips repose sur la loi de l'offre et de la demande : le taux de variation
du salaire dépend de la différence entre la demande et l'offre de
travail, différence qui est mesurée par le niveau de
chômage. Ainsi, plus celui-ci est élevé, plus la pression
à la baisse du salaire est importante (Guerrien, 2000). En effet, le
pouvoir de négociation du salaire nominal est d'autant plus fort que le
niveau de pression sur le marché du travail est faible.
Cette courbe a servi de base aux politiques keynésiennes
jusqu'à la fin des années 1960, elle a ensuite été
reformulée avant d'être remise en cause pour absence d'un
fondement théorique de l'étude et pire même,
abandonnée.
Analyse de Lipsey : un fondement théorique
à la courbe de Phillips.
Cette analyse vient répondre à la critique
formulée par Tobin (1972) sur l'absence d'une base théorique
relative à l'étude de la relation « inflation et
chômage ». De ce fait, l'analyse de Richard Lipsey (1960) vient
combler cette omission théorique relative l'étude empirique de
Phillips (Guillaumin, 2020).
En effet, la formulation de Lipsey (1960) à la critique
libérale repose sur la liaison entre sa théorie du marché
du travail et la courbe de Phillips, reposant, celle-ci, sur deux
hypothèses : L'existence d'une relation positive linéaire entre
la variation, en pourcentage, des taux de salaires et la demande
excédentaire définie par l'écart, en pourcentage, entre la
demande et l'offre du travail et, l'existence d'une relation inverse entre la
demande excédentaire d'une main d'oeuvre et le niveau de chômage
présentée dans l'équation suivante :
? ?? = ??
+ ????-1 + ????-2
(2) ??
La conclusion qui se dégage des travaux de Lipsey
(1960) est la suivante :
D'une part, avec un accroissement de l'offre
excédentaire de travail, le chômage augmente de manière
linéaire mais lorsque la demande excédentaire devient positive,
les possibilités d'emploi deviennent plus nombreuses et, les
travailleurs changent le plus souvent d'emploi. Autrement dit, le taux de
croissance des salaires résulte d'un excès de la demande de
travail (Phan, 1971 ; Friboulet, 2001).
D'autre part, la durée de la période qui
sépare deux emplois a tendance à diminuer du fait de la hausse de
la demande de travail. Ainsi, comme le temps de la réduction du
chômage emporte sur le temps d'augmentation de sa fréquence et,
que le chômage ne peut être négatif, cela explique la non
linéarité de la baisse du chômage et donc, celle de la
relation.
Analyse de Solow et Samuelson : un instrument de
politique économique pour les décideurs publics.
La relation de Phillips (1958) n'a pas reçu beaucoup
d'attention sauf après le travail de Robert Solow et Paul Samuelson,
publié en 1960, où ils transforment la relation de Phillips
initiale en compensant le taux de variation des salaires par le taux
d'inflation qui est corrélé positivement avec la croissance des
salaires (Schwarzer, 2013).
En effet, Samuelson et Solow (1960) vont établir une
relation « inflation-chômage » reflétant
l'économie américaine depuis le début des années
vingt jusqu'en 1958. Ils fondent cette relation à partir de l'approche
« Mark-up pricing ». Ils en déduisent alors deux principaux
résultats : il faut accepter un taux de chômage entre 5 et 6% qui
représente le cout à payer pour la stabilité des prix dans
les années à venir et pour avoir un taux de chômage
d'environ 3%, les prix doivent augmenter de 4 à 5%, ce qui
représente le cout à payer pour obtenir un niveau de
chômage à ce taux. C'est ainsi que va naitre la plus
célèbre courbe en macroéconomie.
L'équation ci-dessous met en lumière la relation
négative entre le taux de chômage et l'inflation
: ðt= -â(ut-u*)
(3)
Avec u* le niveau de
chômage naturel, ut le taux actuel du chômage (la
différence entre ut et u*
désigne le chômage conjoncturel) et ??t
le niveau d'inflation a la période t. Avec
â positif, variant de 0 à l'infini, et dont la valeur
mesure l'élasticité des prix aux déséquilibres du
marché, autrement dit la vitesse d'ajustement des prix aux
déséquilibres. En cas de rigidité totale, â
=0 et en cas de flexibilité parfaite, â =+8.On peut
bien remarquer dans cette formulation l'absence du terme de l'inflation
anticipée car ces derniers font l'hypothèse d'une inflation
nulle.
Cette courbe est devenue une arme puissante pour la mise en
oeuvre des politiques économiques puisqu'elle met en évidence une
sorte de « dilemme » entre l'inflation et le chômage, qui sont
deux objectifs contradictoires des politiques conjoncturelles. Une politique de
relance, ou de soutien de l'activité permet de réduire le
chômage, mais risque de conduire à une accélération
de l'inflation, alors qu'une politique de lutte contre l'inflation (politique
monétaire de rigueur par exemple) conduit à une hausse du
chômage (cf. graphique 1).
A cet effet, l'analyse de Samuelson et Solow (1960) invitent
alors à lire la courbe de Phillips comme le fait qu'il y aurait un prix
à payer en termes de chômage pour maintenir une faible inflation
et, inversement, qu'un faible taux de chômage se paie en termes d'une
hausse d'inflation. Le choix entre ces deux objectifs est un choix politique
opéré par les pouvoirs publics. De ce fait, la courbe de Phillips
va alors devenir l'un des instruments importants pour la conduite des
politiques conjoncturelles durant la période des Trente
Glorieuses.
Graphique 1 : Courbe de Phillips
réinterprétée par Samuelson et
Solow.
Source : Paul Samuelson, Robert Solow,
"Analytical aspect of anti-inflation policy". The American economic review, Vol
50, N2, 1960, p192.
Analyse keynésienne : la courbe de Phillips comme
équation manquante du modèle keynésien.
Le positionnement et l'intérêt portés par
les keynésiens à l'égard de la courbe de Phillips
résultent de son adoption comme « équation manquante »
de la relation « salaire-emploi » laissée dans la
théorie générale de Keynes (1936).
Pour les keynésiens, la courbe de Phillips exprime le
fait que les gouvernements disposent d'une marge de manoeuvre quant à
l'objectif à privilégier, entre la lutte contre l'inflation et
celle contre le chômage en fonction de la situation économique qui
prévaut. En effet, quand ces derniers estiment que le taux de
chômage est trop élevé pour des raisons non seulement
économiques mais aussi sociales et politiques, ils mettent en place une
politique dite de « relance » pour stimuler l'activité, ce qui
va certes diminuer le taux de chômage mais également augmenter le
taux d'inflation. Quand le taux d'inflation devient lui-même trop
important, les gouvernements changent de politique en adoptant, a contrario,
une politique dite de « rigueur » visant à freiner la
progression des prix. Cette mesure a pour conséquences un
affaiblissement de la demande globale lié à la baisse de
l'activité et, une dégradation de l'emploi.
Ainsi, les politiques économiques servent à
définir la conjoncture avec ses aléas, puisqu'elles consistent
à faire succéder des phases de stabilisation (Stop) et de relance
(Go), d'où l'appellation de politiques de « stop and go ». En
outre, la mise en évidence d'un arbitrage « inflation-chômage
» fournit un fondement rationnel aux politiques de « fine
tuning11(*) ». La
courbe de Phillips à la lecture keynésienne devient alors :
Graphique 2 : Courbe de Phillips à
la lecture keynésienne.

Graphique 2a : Politique de
rigueur (STOP). Graphique 2b :
Politique de relance (GO).
Source :
https://www.melchior.fr/synthese/courbe-de-phillips
Interprétation graphique : Selon la théorie
keynésienne, les pouvoirs publics font un arbitrage entre la lutte
contre l'inflation ou le chômage. Si l'inflation est
élevée, la priorité sera une politique de stabilisation
des prix (politique de rigueur : « Stop »), ce qui conduit à
une augmentation du chômage (déplacement de A vers B dans le
graphique 2a). Par contre, si le chômage devient important, l'Etat doit
fournir des projets publics (politique relance : « Go ») afin
d'absorber la main d'oeuvre inoccupée au détriment des prix qui
vont s'élever suite à cette politique (déplacement de D
vers C dans le graphique 2b) (Geerolf, 2021).
Pour les tenants de ce courant de pensée, la monnaie
n'est pas neutre, comme le prétendent les auteurs du courant
libéral, elle est endogène au système productif et, elle
engendre des effets positifs à court-terme sur l'économie. C'est
à l'occasion du caractère temporel limité et l'absence du
comportement prédicteur de l'agent économique que présente
cette analyse que vont s'inscrire les critiques suivantes.
1.2- Révision de la courbe de Phillips et le
rôle des anticipations12(*).
Dans ce sous point, il est question de mettre en
lumière les réflexions qui ont contribué à la
révision de la courbe de Phillips traditionnelle en intégrant le
rôle des anticipations de l'agent économique.
Première interprétation : la critique
monétariste.
Vers la fin des années 1960, la validité de la
courbe de Phillips fut contestée, à la fois par des
économistes libéraux, comme les monétariste Milton
Friedman (Nobel 1976), et Edmond
Phelps (Nobel 2006). Ces derniers considèrent, avec des
arguments différents, l'invalidité de la courbe de Phillips
à long terme, car dans cet horizon temporaire il n'y a pas d'arbitrage
entre les phénomènes. Ils prédisent, à cet effet,
une absence de validité durable de cette courbe, comme on va
effectivement le constater avec l'apparition de la «
stagflation13 » des années 1970 aux USA, où les
taux de chômage et d'inflation ne cessaient d'augmenter en plus d'une
croissance économique faible.
En effet, selon Friedman (1968), la demande de travail des
entreprises dépend fondamentalement de l'évolution
comparée des salaires et des prix, de même que l'offre de travail
dépend du pouvoir d'achat des salaires (salaire réel). Ainsi,
l'analyse de ce dernier a pour point de départ, l'existence d'un taux de
chômage naturel appelé : NAIRU13(*). Ce taux de chômage est celui vers lequel
tendrait toute économie en situation d'équilibre
général walrasienne. Si les pouvoirs publics cherchent, par une
politique économique de relance (politique monétaire
expansionniste par exemple), à faire baisser le taux de chômage
au-dessous de son taux naturel, deux types de réactions vont se produire
:
À court terme, les agents économiques sont
victimes d'illusion monétaire et ne vont pas immédiatement
remarquer l'augmentation du niveau général des prix qui en
résulte de la politique de relance. Dès lors, ils ne vont donc
pas réclamer des augmentations de salaires. Dans ces conditions, les
entreprises vont embaucher de la main d'oeuvre supplémentaire pour
pouvoir répondre à l'accroissement de la demande. Le
chômage va donc diminuer à court terme, à cause des
erreurs d'anticipation sur l'évolution des prix et l'illusion
monétaire dont sont victimes les salariés.
À moyen et long terme, ces derniers vont se rendre
compte de la baisse de leur pouvoir d'achat et vont donc renégocier des
augmentations de salaires, qui vont non seulement renforcer les tensions
inflationnistes, mais vont également conduire les entreprises à
licencier la main d'oeuvre récemment embauchée.
Le résultat d'une telle politique est donc une
aggravation de l'inflation alors même que le taux de chômage
revient inexorablement à son niveau naturel et les salaires réels
à leur niveau initial mais pour un niveau des prix élevé.
Friedman (1968) va conclure, à cet effet, à une «
inefficacité » des politiques de relance keynésienne sur le
long terme, du fait qu'elles n'améliorent pas la situation de l'emploi,
car les agents économiques ne sont plus victimes d'« illusion
monétaire » et parviennent ainsi, à adapter leurs
anticipations et, d'une certaine manière, à corriger leurs
erreurs (Gbaguidi, 2012). Selon lui, le chômage ne dépend plus de
l'inflation sur le long terme. Ainsi, la courbe de Phillips devient «
verticale » au taux de chômage naturel d'équilibre du
marché du travail, dépendant des structures de l'économie.
Ce chômage est volontaire et structurel.
Cette critique a conduit l'auteur à revisiter la courbe
de Phillips en l'augmentant des anticipations d'inflation pour analyser la
relation de Phillips de long terme. Cette relation peut être
illustrée par le graphique suivante :
Graphique 3 : Courbe de Phillips de long
terme augmentée des anticipations.
Source :
https://www.melchior.fr/synthese/courbe-de-phillips
De plus, la courbe de Phillips de court terme, a
été au coeur d'une polémique entre les monétaristes
et les keynésiens autours, d'une part, du lien de causalité entre
l'inflation et le chômage : Samuelson et Solow trouvent qu'elle est
orientée du chômage vers l'inflation, tandis que Friedman voit que
c'est plutôt de l'inflation vers le chômage et non l'inverse, et
que ce sont les prix qui poussent les salaires à augmenter et non le
contraire.
Et, d'autre part, sur la pente de la courbe : les
keynésiens voient que la courbe de Phillips est plate à des
niveaux élevés du chômage en raison de la rigidité
des salaires causée par les syndicats, alors la baisse du chômage
est associée à un coût minime d'inflation. De son
côté, Friedman trouve que les syndicats ne sont pas si forts que
ça et que les salaires sont flexibles, alors la courbe de Phillips est
aiguë, et les politiques expansionnistes entrainent un taux significatif
de l'inflation sans fournir de bienfaits considérables en termes de
réduction du chômage.
Deuxieme interprétation : la critique radicale de
la nouvelle économie classique (NEC14(*)).
Certains économistes ont cru pouvoir radicaliser la
position monétariste, en affirmant que l'économie ne peut, en
aucun moment, être en situation de déséquilibre, même
temporairement. Autrement dit, pour ces derniers le chômage est toujours
égal à son niveau naturel. Ainsi, son accroissement,
analysé comme la manifestation d'un déséquilibre, est
toujours analysé par les économistes de la NEC comme un simple
accroissement du seul chômage naturel caractérisant, par
conséquent, un déplacement de la position d'équilibre de
l'économie.
La caractéristique essentielle du raisonnement des
économistes de la NEC, en particulier celui de Robert Lucas (1972) et de
Robert Barro (1974) est l'hypothèse des « anticipations
rationnelles », si bien que la possibilité d'illusion
monétaire, certes temporaire, admise par Friedman (1968), soit
rejetée catégoriquement par les économistes de la NEC.
De ce fait, il n'y a donc plus un laps de temps pendant lequel
la politique de relance réduit le chômage. En effet, dès
que les pouvoirs publics mettent en place des politiques de relance par
injection de liquidité dans le circuit économique, les agents
économiques anticipent déjà une hausse des prix et
revendiquent aussitôt des augmentations de salaires proportionnels
à la hausse des prix. Il y a bien inflation mais comme le coût
réel du travail (salaire réel) reste le même, le taux de
chômage va, lui, demeurer à son niveau naturel.
De même, qu'une politique de relance budgétaire
est inefficace à rehausser la demande globale. En effet, une
augmentation des prestations sociales conduit les agents à
épargner au lieu de consommer, car ils considèrent qu'à
terme, la variation de leur revenu courant sera rattrapée par une
croissance des prélèvements obligatoires («
Théorème d'équivalence Ricardo-Barro »). Ce qui
débouche sur une verticalité de la courbe de Phillips, aussi bien
à court-terme qu'a longterme, à la hauteur du taux de
chômage naturel, comme le présente le graphique suivante :
Graphique 4 : la courbe de Phillips selon
la lecture de la NEC.
Source :
https://finance-heros.fr/courbe-de-phillips/
Les agents étant rationnels, ces derniers vont
parfaitement anticiper les effets inflationnistes des politiques de relance. La
courbe de Phillips devient une droite verticale. La monnaie étant
neutre, le taux de chômage revient toujours à son niveau naturel
quel que soit le niveau d'inflation. La politique économique est par
conséquent, inefficace pour résorber le chômage.
Cette inefficacité des politiques économiques de
relance, à court comme à long terme, a pour cause les
anticipations rationnelles des agents. De ce fait, elles ont pour
conséquences d'être nuisibles puisqu'elles
accélèrent l'inflation sans jamais diminuer le chômage.
C'est en partant du raisonnement fait par Lucas au cours des
années 1970, que deux autres « nouveaux économistes
classiques », Thomas Sargent et Neil Wallace, vont élaborer en 1976
leur propre modèle économique fondé sur le « principe
d'invariance ». Selon ce principe, toute politique monétaire, de
même que toute politique budgétaire sont inefficaces car les
agents anticipent rationnellement les effets de variation de la politique
monétaire. Cependant, seules les variations aléatoires, non
« anticipées », de la masse monétaire peuvent affecter
le volume de la production et par conséquent, le niveau de l'emploi car,
contrairement, ce sont les seules qui peuvent « tromper » les agents.
Le modèle de la NEC rejoint donc celui des Classiques
dans ses principales conclusions puisqu'il affirme tout à la fois la
neutralité de la monnaie, la théorie quantitative, l'ajustement
spontané et instantané des marchés, l'équilibre
macroéconomique de plein emploi et par conséquent
l'inefficacité des interventions publiques, quel que soit l'horizon
temporel. Pour ces économistes, seules des politiques structurelles
peuvent être utiles. Il s'agit essentiellement des mesures tendant
à abaisser le taux de chômage naturel. Mais, il faut aussi une
politique monétaire délibérément restrictive pour
lutter contre l'inflation puisque celle-ci est considérée comme
d'origine monétaire et la stabilité des prix comme une
nécessité absolue.
Réinterprétation de courbe de Phillips par
la nouvelle économie keynésienne (NEK).
Le point de départ de la naissance de la NEK est la
critique15(*)
formulée par R. Lucas sur la courbe de Phillips mais plus
généralement, sur l'inefficacité des politiques
économiques de relance liée aux anticipations rationnelles des
agents.
Partant de cette critique, trois (3) hypothèses sont
formulées pour définir le cadre d'analyse de cette nouvelle
école de pensée, à savoir : (i)
L'entreprise évolue dans un environnement de concurrence monopolistique
et dispose, de ce fait, d'un pouvoir de fixation des prix ;
(ii) L'entreprise ne peut ajuster les prix au niveau
désiré à toutes les dates car ils sont rigides. Ainsi,
l'ajustement des prix se fait de manière non fréquente et non
simultanée dans l'économie ; (iii) Les
entreprises fondent leurs décisions sur des anticipations rationnelles.
Partant de ces hypothèses, les nouveaux
économistes keynésiens vont actualiser la courbe de Phillips
à la lumière des critiques de la nouvelle économie
classique (NEC) : la Courbe de Phillips Néo-Keynésienne (NKPC).
Cette courbe traduit une relation décroissante entre « l'inflation
et d'une part, une variable réelle (l'écart de production par
exemple) et, d'autre part, l'inflation anticipée », renseignant sur
le comportement des agents, à l'égard des modes de fixation des
prix par les entreprises dans un contexte inter-temporel (Gali et Gertler, 1999
; Le Bihan, 2009).
Selon Lacker et Weinberg (2007), cette « courbe de
Phillips conventionnelle de court-terme indique que l'inflation actuelle
augmente à mesure que le chômage actuel diminue par rapport
à son taux naturel ».
Autrement dit, la NKPC met en évidence un compromis
inflation-chômage à court terme, malgré la validité
de l'hypothèse d'une attente rationnelle. De ce fait, La NKPC prend en
compte différentes questions, allant de la détermination du
niveau des prix par l'optimisation du comportement des entreprises aux effets
dynamiques de la politique monétaire en fonction des arguments
microéconomiques. C'est pourquoi on parle de « fondements
microéconomiques de la macroéconomie ».
Pour répondre aux critiques qui leur sont
adressées, les nouveaux économistes keynésiens vont
utiliser un raisonnement en deux temps : premièrement, ils vont
démontrer que les comportements rationnels sont au coeur de la formation
des rigidités et par conséquent, renforcent l'efficacité
des politiques économiques et deuxièmement, en apportant des
éléments d'explications à la stagflation des années
1970.
Les rigidités comme conséquences des
comportements rationnels :
Dans « Enjeux Les Échos » de décembre
2009, R. Shiller et G. Akerlof ont écrit un ouvrage intitulé
« les esprits animaux », dans lequel ils affirment que « le
chômage est une conséquence des anticipations inflationnistes et
non pas de l'inflation elle-même ».
Les nouveaux keynésiens distinguent deux sortes de
rigidités, les rigidités nominales et les rigidités
réelles. Les rigidités nominales sont celles qui affectent les
prix et les salaires exprimés en valeur nominale, en prix absolus. Les
rigidités réelles sont les rigidités qui concernent non
les valeurs mais les quantités, sur les marchés des biens, du
capital et du travail, et qui touchent donc les prix relatifs. Sur le
marché du travail, il est possible de mettre en évidence le jeu
des deux types de rigidités en envisageant la formation du salaire
nominal de la manière suivante : ?? = -???? + ???? + ??
(4)
Avec ?? ; , U le taux de
chômage, P le niveau général des prix et c une constante.
Où á est une élasticité qui mesure
l'impact des rigidités réelles (chômage) sur le salaire.
Plus á est élevé, moins les rigidités
réelles sont fortes, puisque le salaire s'ajuste très vite au
déséquilibre du marché du travail. Et inversement quand
á est petit. Où â est une élasticité qui
mesure l'impact des rigidités nominales (inflation) sur le salaire, le
degré d'indexation du salaire sur le P. Plus â est proche de 1,
moins les rigidités nominales sont fortes puisque le salaire est alors
parfaitement indexé à l'évolution des prix. Et inversement
quand â est proche de 0.
Cette équation traduit que le niveau du taux de salaire
nominal W réagit essentiellement à deux facteurs :
négativement, au niveau du taux de chômage U, donc à la
situation du marché du travail et positivement au niveau des prix P.
Pour les économistes de la NEC, la courbe de Phillips
est verticale dans le court terme comme dans le long terme, parce qu'ils
considèrent que les agents sont rationnels et que les marchés
sont parfaits, ce qui traduit que les prix sont totalement flexibles et que les
salaires sont parfaitement indexés. Cette courbe ne serait pour eux
décroissante que si ces derniers sont trompés ou si ils
anticipent mal les effets de la variation des politiques monétaire.
En admettant l'hypothèse des anticipations
rationnelles, les économistes de la NEK considèrent que la courbe
de Phillips à court terme est décroissante parce qu'il n'y a pas
de flexibilité suffisante des salaires et des prix ; l'imperfection des
marchés donne forme aux rigidités. Et, ces rigidités sont
rationnelles du point de vue des agents.
Premièrement, la rigidité des prix (nominale) :
Elle est liée au fort cout d'ajustement qu'elle engendre. En effet, en
CPP, le problème ne se pose pas puisque par définition les
entreprises sont « Price taker » cependant, en concurrence imparfaite
elles sont au contraire « Price maker
» et il y a, à cet effet, des coûts
d'ajustement. En considérant qu'elles sont rationnelles, elles se posent
la question de savoir s'il est judicieux ou non de modifier le prix, c'est un
calcul du type « coût-avantage » qui doit permettre de le dire.
Ces rigidités nominales trouvent leurs explications,
d'abord, dans la mise en place des contrats salariaux de longue durée,
conduisant à éviter les couts liés aux négociations
à répétition et aux ajustements automatiques (Phelps,
1990).
Ensuite, la concurrence imparfaite mettant les entreprises en
interdépendances stratégiques, les obligeant d'observer et
d'anticiper les comportements des concurrents tout en gardant le cap qu'elles
se sont fixées. Ainsi, elles ne sont pas incitées à
réagir trop vite ni trop brutale par des modifications des prix ou des
salaires, ce qui explique le fait que les élasticités des prix
à la baisse comme à la hausse ne soient pas les mêmes,
comme dans le modèle d'oligopole16(*) de Paul Sweezy (1930).
Et enfin, l'existence des couts de catalogue ou couts
liés à la refonte des catalogues et autres menus conduisant les
entreprises à procéder par un ajustement des quantités
avant d'envisager par la suite des ajustements des prix. Ces ajustements sont
vecteurs des couts et ces couts sont à l'origine des rigidités
des prix.
Secondement, les rigidités réelles, quant
à elles, peuvent s'expliquer d'une part, par la théorie du
salaire qui stipule que l'entreprise verse des salaires supérieurs au
salaire d'équilibre pour inciter les employés à être
productifs, limitant de leurs parts des comportements opportunistes,
plutôt que d'embaucher la main d'oeuvre supplémentaire. Cette
décision de l'employeur conduit à un rationnement de la demande
de travail sur ce marché. Soulignons au passage que pour les
libéraux, le salaire est surtout vu comme un coût, le baisser est
une solution pour résorber le chômage. Par contre, pour les
keynésiens, pour qui le salaire est surtout vu comme un revenu, baisser
le taux de salaire diminue à la fois la demande et la
productivité, ce qui aggrave doublement la situation.
D'autre part, le phénomène d'asymétrie
d'information. Se trouvant dans les domaines de la banque, ce
phénomène conduit au rationnement quantitatif du crédit.
En effet, Stiglitz et Weiss vont montrer en 1981, qu'en présence
d'asymétrie d'information, il est préférable de rationner
le crédit plutôt que le taux d'intérêt qui, lui,
constitue le prix. Ce rationnement du crédit est la cause des
rigidités réelles sur les marchés des capitaux.
Toutefois, les rigidités nominales du salaire sont
amenées à se réduire sur le long terme, il est loin d'en
être de même pour les rigidités réelles : le
chômage persiste donc quel que soit le niveau du salaire réel. Ce
qui en fait l'une des causes de la persistance à la hausse du
chômage des années 1970.
Explications de la NEK au sujet de la stagflation des
années 1970 :
Pour répondre aux accusations des libéraux au
sujet de l'inefficacité politiques économiques qui seraient
à l'origine des déséquilibres, plus
particulièrement celui de la stagflation des années
1970, les économistes de la NEK vont formuler des
explications loin de l'action des autorités publiques.
En effet, pour ces derniers, la stagflation s'explique dans un
premier temps par un choc17(*) d'offre, notamment le fameux choc pétrolier de
1973, qui constitue l'une des sources importantes d'inflation importée
et qui amplifie considérablement la spirale prix-salaires, en même
temps qu'il nuit à la croissance. De même qu'un choc
démographique, à l'origine d'un accroissement de la population
active explique le fort taux de chômage des années 1970.
Dans un second temps, il y a des évolutions
structurelles qui alimentent à la fois le chômage et l'inflation :
(i) les mutations technologiques qui posent des problèmes de
reconversion aux individus comme aux firmes, et d'adaptation au système
éducatif, problèmes dont la résolution exige beaucoup de
temps et d'efforts ; (ii) les secteurs porteurs et en plein essor, qui, faute
de capacités de production suffisantes, sont générateurs
de hausses de prix, pendant que les secteurs en perte de vitesse ou en
déclin licencient, faute de débouchés et/ou de
rentabilité suffisante, sans que les chômeurs des seconds secteurs
ne puissent pour autant devenir les salariés des premiers secteurs et ;
(iii) le phénomène d'« hystérèse »
expliquant la persistance du chômage. Une période de chômage
prolongée affaiblit les mécanismes concurrentiels en
général et, influe sur l'évolution du salaire réel,
en particulier. Une période de chômage prolongée
accroît les privilèges des « insiders » et réduit
les possibilités d'emplois des « outsiders » et cette
asymétrie entre les deux catégories augmente avec le temps. Il
est de plus en plus difficile de renverser la tendance du chômage. Ainsi,
le chômage qui était initialement conjoncturel se transforme en
chômage structurel.
Section 2 : Etudes
empiriques sur la relation inflation-chômage.
La littérature théorique de la relation
inflation-chômage a été discutée sous deux angles :
d'une part sur l'existence d'une relation négative (ou inverse) entre
l'inflation et le chômage et d'autre part, sur l'absence de relation (ou
verticalité). Discutant de la relation entre les variables
monétaire et d'activité réelle, certains auteurs ont
formulé le débat sur le sens de causalité des variables
(Samuelson-Solow, 1960 ; Friedman, 1968) et, d'autre plutôt se sont
orientés sur la question de l'existence d'effets de seuil dans la
relation entre les variables (Fisher, 1993 ; Tobin, 1965 ; Palley, 2003).
Ainsi, à partir du milieu des années 1990,
plusieurs travaux empiriques ont émergé, cherchant à
examiner la nature de la relation entre les deux variables. Ces travaux ont
été réalisés tant dans les pays
développés que les pays en développement, aussi bien sur
les pays individuels que sur les panels de pays, en utilisant des
méthodes économétriques diverses.
2.1- Nature de la relation et sens de causalité
des variables.
Dans cette première catégorie d'études,
nous avons mis en avant les travaux empiriques récents qui ne traitent
uniquement que du débat sur la nature de la relation et sur le sens de
causalité des variables :
Dans 48 pays d'Afrique subsaharienne, Mah Philippe et al
(2023) ont exploré la relation entre l'inflation et le chômage,
pour une période allant de 2000 à 2019. En utilisant un
modèle de donnée de panel, ils concluent que le chômage et
l'inflation ont une relation significativement négative. Ce
résultat s'expliquerait par le fait que les erreurs des anticipations
influencent négativement l'évolution du taux de chômage.
Ainsi donc, un accroissement du taux d'intérêt entraine une baisse
du chômage.
Suna Korkmaz et al (2020) étudient la relation de cause
à effet entre le chômage et l'inflation dans les pays du G6 sur
une période allant de 2009 à 2017. En ayant recours à un
test de causalité de panel, ils obtiennent les résultats suivant
: selon le test de Granger, il existe une causalité unidirectionnelle
entre le taux d'inflation et le taux de chômage. Les résultats des
estimations font de la maîtrise de l'inflation un objectif prioritaire
dans ces pays. Cependant, les politiques visant à maîtriser
l'inflation entrainent une baisse de la demande des biens et services dans
l'économie. À mesure que la demande globale des biens et services
dans l'économie diminue, la demande de main d'oeuvre diminue
également.
Ayira Korem (2019), dans une étude portant sur les
déterminants macroéconomiques et monétaires du
chômage dans les pays de L'UEMOA entre 1987 et 2017 avec un modèle
autorégressif à retards distribués (modèle ARDL)
associé d'une série de test en panel (tests de
stationnarité et de co-intégration) débouche sur des
conclusions telles qu'à court terme, le taux d'inflation, le taux de
change et la stabilité du gouvernement expliquent le niveau du
chômage dans les pays de l'UEMOA, tandis qu'à long terme, le taux
de chômage est expliqué par la productivité du travail, le
taux d'inflation, les dépenses publiques, la corruption et la
responsabilité démocratique. Ainsi, une réduction du taux
d'inflation de 10% accroît le niveau du taux de chômage total et du
taux de chômage des jeunes respectivement de 1,08% et 0,71%.
Par conséquent, une augmentation du niveau
général des prix dans les pays de l'UEMOA réduirait les
salaires réels en entrainant une augmentation de la demande de travail
et donc une baisse du chômage.
Keshab Bhattarai (2016) examine l'arbitrage entre le
chômage et l'inflation dans les pays de l'OCDE pour la période
1990 à 2014. Pour cette étude, l'auteur utilise les
modèles de données de panel à effets fixes et
aléatoires et un modèle vectoriel autorégressif (VAR) de
panel, associés à des tests de co-intégration et de
causalité de Granger. Les résultats suggèrent l'existence
d'une relation bidirectionnelle et de long terme entre les variables dans les
économies de l'OCDE. Bien que les taux de chômage varient
considérablement d'une économie à l'autre, les taux
d'inflation se sont stabilisés à des taux plus faibles
grâce aux politiques de ciblage de l'inflation adoptées au cours
des deux dernières décennies. La relation de Phillips s'est
montrée empiriquement significative pour 28 des 35 économies de
l'OCDE dans les régressions par pays et, dans le panel de 40
économies avancées.
Marika Karanassou et al (2003) ont examiné la relation
empirique à long terme entre l'inflation et le chômage, à
l'aide d'un modèle structurel dynamique (GMM) couvrant un panel de onze
pays de l'UE. L'analyse s'étend sur une période allant de 1977
à 1998. Il en résulte de cette étude l'existence d'un
arbitrage à long terme entre l'inflation et le chômage dans le cas
des pays de l'union européens. En effet, loin d'être vertical, les
résultats suggèrent qu'une augmentation de 10 % de la croissance
de la monnaie à long terme (l'inflation à long terme) est
associée à une baisse de 3,18 points de pourcentage du taux de
chômage de l'UE. De plus, le modèle implique également que
la convergence vers le long terme est très lente et que, dans
l'intervalle, l'influence de la politique monétaire sur le chômage
est encore plus grande.
Christophe Raoul Besso (2010) étudie les effets de
l'inflation au Cameroun sur la période 1993 à 2003 avec comme
hypothèse que l'inflation a un effet négatif sur le chômage
au Cameroun.
En utilisant un modèle espace-état il trouve
comme résultats que les erreurs d'anticipation influencent
négativement l'évolution du taux de chômage au Cameroun de
telle sorte que, l'accroissement du taux d'inflation entraine la baisse du taux
de chômage. Cette relation négative entre l'inflation et le
chômage est ainsi trouvée au Cameroun comme dans les travaux de
Phillips (1958). Ainsi, les agents économiques s'aperçoivent
difficilement de l'effet de l'inflation sur le chômage. L'estimation de
l'équation donne les valeurs du chômage naturel et du taux
d'inflation potentiel. En ce qui concerne le chômage naturel, il est de
l'ordre de 0.6 % et le taux d'inflation potentiel est estimé à un
taux de 21.25 %. Dans cet état des choses, l'auteur explique que si les
marchés fonctionnent normalement le taux de chômage au Cameroun
sera de 0.6% pour un taux d'inflation de 21.25%.
Umoru et Anyiwe (2013) ont analysé la dynamique de
l'inflation et du chômage au Nigéria sur une période de 27
ans en utilisant un modèle à correction d'erreurs vectorielles
(VECM). L'étude révèle des preuves de stagflation pour
l'économie nigériane au cours de la période
d'étude. En fait, l'économie nigériane gère un taux
d'inflation choquant ainsi qu'une grave récession alors que le taux de
chômage a augmenté de manière astronomique. Par
conséquent, l'économie nigériane est à la
croisée des chemins.
Rim Bahloul (2021), à l'aide d'un modèle
vectoriel autorégressif (VAR), explore la relation
inflation-chômage pour l'économie tunisienne, de 1991 à
2019. Les résultats montrent une absence de la relation de Phillips
à court terme dans l'économie tunisienne. Selon l'auteur, ces
résultats peuvent être qualifiés d'incohérence et,
d'instabilité dans l'économie du pays.
Tandia Senold et al (2021) ont vérifié si la
courbe de Phillips se maintenait en République
Démocratique du Congo pour la période 2001
à 2017. Le modèle retenu pour l'étude est un
autorégressif à retard échelonné (ARDL). Les
résultats trouvés révèlent que le taux d'inflation
et le taux de chômage ne sont pas statistiquement et significativement
liés négativement. Le taux d'inflation est retardé de six
périodes et, influence (tantôt positivement et tantôt
négativement, d'une ou six périodes, et de deux ou cinq
périodes) le taux d'inflation courant. Toute variation d'un point du
taux d'inflation décalé de deux et cinq périodes
entraîne une variation de sens contraire du taux d'inflation de 0.75 et
0.25 points environ, tandis que le taux d'inflation d'une période et six
périodes après entraine une variation du même sens de 1.31
et 0.11 points environ. Ces résultats concluent à une
invalidité de la relation de Phillips en RDC.
Gatot Sasongko et al (2021) ont réexaminé la
courbe de Phillips sur la période 1977-2019 a l'aide d'un modèle
SVAR (Panel Structural Vector Autoregressive) pour les données de
l'économie indonésienne. Les résultats de l'étude
ont révélé un lien négatif entre le chômage
et l'inflation confirmant la relation de Phillips. En plus de ce
résultat, l'étude montre qu'il existe une relation à sens
unique entre le chômage et l'inflation, impliquant que le chômage
entraine l'inflation et pas l'inverse. Ces conclusions rejoignent celles
trouvées trois ans auparavant par Sasongko et Huruta (2019).
Gribi Djamila (2024) a étudié
économétriquement la relation entre l'inflation et le
chômage sur les données de l'économie algérienne
pour la période 1991-2021. L'objectif de l'étude était de
trouver la relation existante et de préciser sa nature. L'étude a
retenue comme méthode d'estimation la régression linéaire
simple (MCO) suivi d'un test de causalité de Granger. Les
résultats de la régression linéaire ont indiqué
l'absence d'une relation entre l'inflation et le chômage en
Algérie. Le test de causalité de Granger a également
confirmé les résultats de la régression. Il a
montré, cependant, que l'inflation ne cause pas le chômage et que
le chômage ne cause pas l'inflation, et donc pas de relation de
causalité entre les deux variables. Ce qui conclue de l'inexistence de
la courbe de Phillips en Algérie.
Florida Veljanoska (2019) a testé empiriquement la
relation entre l'inflation et le chômage en République de
Macédoine pour la période 1993-2018. En utilisant le test de
co-intégration de
Johansen ainsi que le test de causalité de Granger, les
résultats ont montré l'existence d'une cointégration entre
les variables et une absence de causalité de Granger entre les variables
ce qui, selon l'auteur, confirme l'inexistence de la courbe de Phillips en
Macédoine.
Chaido et Melina (2012) font un examen de la relation de
Phillips pour l'économie de la Grèce, sur les données
allant de 1980 à 2010. L'étude a fait recours à un
modèle de correction d'erreur vectorielle (VEC), plusieurs tests dont
celui de co-intégration et celui de causalité ainsi que des
réponses impulsionnelles. Les résultats de leur étude
confirment l'hypothèse que la relation de
Phillips n'existe pas à long terme dans le cas de la
Grèce. Cependant, le test de co-intégration de Johansen ainsi que
les tests de causalité de Granger révèlent une relation
causale à long terme entre le taux d'inflation et le taux de
chômage. Enfin, les réponses impulsionnelles appliquées
pour la prévision à 10 ans suggèrent que les chocs de taux
d'inflation entraînent une réduction du taux de chômage
pendant les premières années, ensuite une légère
hausse pour les années restantes étudiées.
Mori Kogid et al (2011) ont analysé le lien entre
l'inflation et le chômage sur l'économie malaisienne, pour la
période 1975-2007. En ayant recours aux modèles ARDL
(Autoregressive Distributed Lag), les techniques Toda-Yamamoto basées
sur l'ECM (modèle a correction d'erreur) et le test de limites ARDL pour
la co-intégration développée par Pesaran, Shin et
Smith (2001). Les auteurs ont trouvé l'existence d'une
relation de co-intégration entre l'inflation et le chômage, mais
avec un coefficient négatif à long terme non significatif. De
plus, ils constatent que malgré l'évolution vers
l'équilibre à long terme des deux variables, le chômage n'a
pas d'effet significatif sur l'inflation. Néanmoins, les
résultats basés sur l'approche ECM-ARDL et TY pour le test de
causalité ont révélé la relation de
causalité unidirectionnelle allant de l'inflation au chômage, ce
qui implique que l'inflation a influencé le chômage.
L'étude a révélé des preuves de la relation
d'arbitrage entre l'inflation et le chômage en Malaisie.
Odo Stephen et al (2017) ont essayé de comprendre la
relation qui lie l'inflation et le chômage pour l'économie
nigériane, sur la période 1980-2015. Les auteurs ont
utilisé un modèle de correction d'erreur vectorielle (VECM),
suivi des tests de causalité et de co-intégration. Ils se sont
fixés comme objectif de déterminer l'impact de l'inflation sur le
chômage au Nigeria. De ce fait, les résultats montrent que
l'inflation a eu un impact significatif sur le chômage au Nigeria,
à long terme et à court terme au cours de la période
considérée. Cela implique que l'augmentation des dépenses
publiques réduit le chômage, ce qui traduit que les
dépenses publiques créent des emplois dans la mesure où
l'inflation reste dans la limite à un chiffre.
kare et Caporale (2011) analysent la relation à court
et à long terme entre la croissance de l'emploi, l'inflation et la
croissance de la production, dans la tradition de Phillips. Pour ce faire, ils
appliquent les méthodes FMOLS, DOLS, PMGE, MGE, DFE et VECM à un
panel dynamique hétérogène non stationnaire comprenant des
données annuelles pour 119 pays sur la période 1970-2010, et
effectuent également des tests de causalité de Granger
multivariés. Les résultats du test de Granger montrent que la
croissance de l'emploi a un impact positif sur la croissance de la production
à court terme, mais un impact négatif à long terme. La
relation inflation-croissance de la production est sans aucun doute positive
à court terme, c'est-à-dire que l'inflation est
bénéfique pour la croissance. À long terme, au contraire,
la volatilité et l'incertitude des prix semblent nuire à la
croissance de la production. L'inflation cause l'emploi à court terme,
de sorte qu'elle peut stimuler l'emploi temporairement. Cependant, à
long terme, elle a des effets néfastes, entraînant une baisse de
la croissance de la production et de l'emploi, et par conséquent la
relation inflation-croissance de l'emploi devient négative.
Marwa Sahnoun et al (2019) étudient la relation entre
le taux de chômage, la croissance économique et le taux
d'inflation dans quatre pays d'Afrique du Nord entre 1965 et 2016, à
l'aide du modèle de correction d'erreurs vectorielles. Afin de tester la
causalité de Granger, ils ont appliqué le test de racine unitaire
(test de Dickey-Fuller et test de Phillips-Perron) à une donnée
de panel et le test de co-intégration de Johansen. Les résultats
empiriques montrent une causalité unidirectionnelle allant de
l'inflation à la croissance économique, de la croissance
économique au chômage et de l'inflation au chômage.
2.2- Non linéarité et effets de seuil dans
la relation inflation-activité réelle18(*).
Dans cette seconde catégorie d'études
empiriques, nous avons uniquement sélectionné les travaux
récents qui se sont investis dans la recherche des effets de seuil dans
la relation entre l'inflation et une variable d'activité réelle,
sur des panels de pays :
Tanka et Eze Eze (2022) se sont investis sur la cible
d'inflation et l'inefficacité des politiques de lutte contre le
chômage dans les pays de la CEMAC, sur la période 1994 à
2019. L'objectif étant d'évaluer la pertinence de la cible
d'inflation dans les pays membres. La méthodologie retenue pour
l'étude est un modèle basé sur la courbe de Phillips
utilisant les séries chronologiques estimées par la
Méthode des Moments Généralisés (GMM) en panel
dynamique. Il en résulte de leur étude que la cible d'inflation
de 3% rend inefficace les politiques de lutte contre le chômage des pays
membres de la CEMAC. Pour y remédier, il serait judicieux pour
l'autorité monétaire d'adapter les mesures de surveillance
multilatérale à chaque pays de la communauté ou alors
d'ajuster la norme communautaire.
Sin-Yu Ho et Njindan Lyke (2018) ont testé l'effet de
seuil dans la relation de Phillips en utilisant 11 pays de la zone euro pour la
période de janvier 1999 à février 2017. Avec pour
hypothèse de l'existence d'une linéarité entre les
variables, ils vont estimer les courbes de Phillips à court et à
long terme pour ces pays. L'objectif de l'étude visait à
établir le seuil pour lequel la relation entre l'inflation et le
chômage passe de négative à positive dans la zone euro.
L'étude a retenu à des fins d'estimation un modèle de
panel dynamique à décalage distribué
(ARDL). Sur la base de leurs résultats, ils constatent
qu'en supposant l'hypothèse de la linéarité, il existe une
courbe de Phillips à court et à long terme. Ainsi, cette
hypothèse se trouverait être trop forte puisqu'il existe des
preuves d'effets de seuil. En effet, les seuils de chômage étaient
de 5,00 % et 6,54 %. En estimant la courbe de Phillips à l'aide de ces
seuils, ils découvrent que la relation entre l'inflation et le
chômage n'est négative que lorsque le chômage est
inférieur à
5,00 %. La relation négative est devenue positive
lorsque le chômage se situait entre 5,00 % et
6,54 %. L'inflation et le chômage ne sont plus
liés une fois qu'un seuil de 6,54 % est dépassé.
Loubassou et Tendelet (2018) ont traité de la relation
entre inflation et croissance économique dans deux pays de la CEMAC
à savoir au Cameroun et au Congo-Brazzaville, sur la période
1986 à 2015. Les auteurs se sont fixés comme
objectif d'estimer un seuil d'inflation dans la relation entre l'inflation et
la croissance pour ce faire, ils ont utilisé la méthode des
Moindres Carrés Ordinaires (MCO) pour estimer un modèle des
seuils endogènes initialement développé par Hansen (1996).
De plus, l'étude va adopter une approche « semi-loi »
préconisée par Khan et Senhadji (2001) et Drukker et al (2005)
pour éviter de biaiser les résultats. Les auteurs ont tiré
comme conclusion de leur étude l'existence d'une relation non
linéaire entre l'inflation et la croissance économique au
Cameroun et au Congo-Brazzaville, traduisant des seuils d'inflation de 5 % pour
le Cameroun et de 10 % pour le Congo-Brazzaville, en dessous duquel toute
mesure de politique monétaire expansionniste entrainerait la croissance
économique.
Ainsi, l'inflation est négativement
corrélée avec la croissance économique. Selon les auteurs,
ces résultats traduisent que les autorités monétaires de
la CEMAC ont encore une marge de manoeuvre leur permettant de relâcher un
peu les contraintes des règles communautaires du taux d'inflation
fixé à 3%.
Mantsie (2012) a mené une étude sur la recherche
d'un taux d'inflation compatible avec l'objectif de croissance dans les pays de
la CEMAC pour la période 1972-2009, avec pour objectif de
déterminer le taux d'inflation favorable ou non à la croissance
pour les pays de la CEMAC et d'y contribuer à la politique
économique de la zone. Pour ce faire, l'auteur à adopter la
méthode des MCO, comme l'ont suggéré Barro (1991) et Sarel
(1996), appliqué sur le modèle inspiré des travaux
pionniers de Khan et Senhadji (2001). Les résultats de l'étude
débouchent sur des taux d'inflations compris entre 3,81% et 5,36% pour
tous les pays à l'exception du Gabon qui a un taux de 7,3%
(recommandé). Ainsi, selon l'auteur un seuil de 4,75 % peut être
identifié sur la base de cette étude comme le seuil
tolérable pour lequel l'inflation peut être
considérée comme non dommageable. Toutefois, l'auteur tient
à noter que ce taux doit être compris comme un taux moyen de
l'ensemble des pays de la CEMAC.
Yabu et Kessy (2015) se sont investis sur l'étude du
seuil approprié d'inflation pour la croissance économique dans
trois pays fondateurs de la zone CAE dont le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda,
sur la période 1970-2013. Un modèle quadratique non
linéaire sur données de panel a été utilisé
pour estimer le seuil ou le point de retournement au-delà duquel
l'inflation exerce un impact négatif sur la croissance
économique. Afin d'examiner la relation entre l'inflation et la
croissance, les auteurs vont ajouter d'autres variables modératrices
dans le modèle débouchant, à cet effet, sur une
première conclusion : l'impact significatif et positif sur la
croissance, du ratio crédit/PIB, du degré d'ouverture de
l'économie et des flux d'investissements directs étrangers vers
les États membres de la CAE. La deuxieme conclusion quant à elle
porte sur le seuil d'inflation. Selon les résultats de la
régression du modèle à effet aléatoire, il apparait
que le taux d'inflation moyen supérieur à 8,46 % a un impact
négatif et significatif sur la croissance économique. Ainsi, pour
chaque pays, les résultats de la régression, qui traitent chaque
pays séparément, indiquent que les niveaux optimaux d'inflation
pour le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda sont respectivement de 6,77 %, 8,80 %
et 8,41 %, au-delà desquels l'inflation commence à peser sur la
croissance économique.
En utilisant les données de panel sur la période
1987-2008, Bikai et Kamga (2012) ont trouvé un seuil de 6 % au-dessus
duquel la corrélation entre l'inflation et la croissance
économique est négative dans la CEMAC.
Itchoko et Tsopmo (2017), ont également cherché
à déterminer un taux d'inflation optimal en ayant recours au
modèle de seuil PSTR. L'estimation de ce modèle a
été appliquée aux données des six pays de la BEAC
sur la période 1985-2013, conduisant aux principales conclusions
suivantes : les tests de linéarité mettent en évidence
l'existence d'une relation non linéaire entre l'inflation et la
croissance économique dans la BEAC, confirmant l'existence d'un seuil
d'inflation optimal qui est d'environ 4,3 %. Ce seuil expliquerait
significativement la croissance économique dans ce panel.
Dans une étude utilisant des données de panel
pour la période 1980-2008, Seleteng et al (2011) ont examiné le
lien inflation-croissance pour les pays de la Communauté de
Développement de l'Afrique Australe (SADC) et ont trouvé qu'il
existe des effets seuils de l'inflation sur la croissance dans ces
économies. En appliquant un modèle de régression de panel,
les résultats de l'étude ont révélé un seuil
de 18,9% au-dessus duquel l'inflation est préjudiciable à la
croissance économique dans la région de la SADC.
Travaillant sur les données d'un panel de 124 pays
industriels et en développement, Kremer et al (2009) ont
étudié la présence d'effets de seuil de l'inflation sur la
croissance économique à long terme. Leurs résultats
empiriques ont montré que le seuil d'inflation estimé
était d'environ 2,5% pour les pays industrialisés et de 17% pour
les pays en développement. Au-dessus de ces niveaux critiques, le taux
d'inflation conduit à un taux de croissance économique à
long terme plus faible dans les deux cas. En outre, l'étude a
indiqué qu'en deçà de ces seuils, l'effet de l'inflation
sur la croissance économique à long terme était
significativement positif dans les pays développés. En revanche,
il n'y a pas eu d'impact significatif sur la croissance économique dans
les pays en développement lorsque l'inflation était
inférieure à 17%.
Sepehri et Moshiri (2004) ont également testé la
non-linéarité du lien inflation-croissance pour les pays
industrialisés et en développement. En utilisant une
spécification non linéaire et des données provenant de
quatre groupes de pays à différents stades de
développement, ils ont constaté que les tournants variaient
considérablement, allant de 15% pour les pays à revenu
intermédiaire inférieur, à 11% pour les pays à
faible revenu, et 5% pour les pays à revenu intermédiaire de la
tranche supérieure. Aucune relation à long terme statistiquement
significative entre l'inflation et la croissance n'a été
détectée pour les pays de l'Organisation pour la
Coopération et le Développement Economique (OCDE).
Khan (2000) et Senhadji (2001) qui ont étudié
séparément l'interaction inflation-croissance pour les pays en
développement et les pays industrialisés, en appliquant la
technique d'estimation des données de panel de base
développée à l'origine par Hansen (1996,2000). Ils ont
utilisé un panel de 140 pays couvrant la période 1960-1998. Leurs
résultats suggèrent fortement l'existence d'un seuil
au-delà duquel l'inflation exerce un effet négatif sur la
croissance de la production. Le seuil était de 1 à 3% pour les
pays industrialisés et de 7 à 11% pour les pays en
développement, respectivement. La relation négative et
significative entre l'inflation et la croissance au-dessus du seuil
était assez robuste par rapport à la méthode d'estimation
et aux différentes spécifications. Les résultats
suggèrent clairement que le seuil est plus bas pour les pays
industrialisés que pour les pays en développement.
CHAPITRE II : CADRE
METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE.
Il s'agit pour nous ici de présenter le cadre
méthodologique des modèles retenus pour notre étude.
Ainsi, deux (2) sections feront l'objet de notre attention : la section
1 se consacre à présenter les modèles de
l'étude. La section 2 porte, quant à elle, sur
la spécification économétrique des modèles.
Section 1 :
Présentation des modèles.
Dans cette section, nous allons tout d'abord présenter
le champ théorique avant de présenter le modèle empirique
de référence.
1.1- Champ théorique des modèles.
Dans la littérature théorique, la courbe de
Phillips suggère une relation inverse stable et non linéaire
entre l'inflation et le chômage. Les premières preuves empiriques
de cette relation ont été fournies par Phillips (1958)
lui-même, sur l'économie du Royaume-Uni et plus tard par Samuelson
et Solow (1960) sur les données des États-Unis. Cependant,
l'abandon de la courbe de Phillips traditionnelle dans les années 1970 a
laissé la place à un nouveau consensus impulsé par les
critiques libérales reposant sur l'hypothèse des anticipations.
La première vague des critiques nous vient du
monétariste Friedman (1968) et Phelps (1967). Ces derniers vont
critiquer la courbe de Phillips au sujet de son instabilité dans le
temps liée à la notion de révision des anticipations et de
l'existence du chômage naturel (NAIRU). C'est à la lumière
de ces critiques que va naitre une nouvelle courbe de Phillips dite «
augmentée » des anticipations d'inflation, formulée comme
suit :
???? = ?????? - ??(????
- ??*)
(5) Avec ?????? = ??????-1
Où ?????? et ??*
représentent respectivement les anticipations inflationnistes et le taux
de chômage naturel et, è mesurant la sensibilité de
l'anticipation d'inflation à l'inflation passée ????-1
(?? ? [??, ??]). Dans les applications empiriques, les anticipations
inflationnistes et les taux de chômage naturel sont toujours omis parce
qu'ils sont difficiles à observer (Le Bihan, 2009).
De ce fait, notre champ d'investigation théorique se
situe dans le cadre d'analyse libérale, en particulier, dans celle du
courant monétariste de la courbe de Phillips, et ce, pour au moins deux
raisons : Son hypothèse réaliste pour notre champ d'étude
et la dynamique temporelle.
Tout d'abord, l'hypothèse des erreurs d'anticipations
semble etre pertinente dans le cadre de notre champ d'étude. En effet,
les agents économiques de la CEMAC sont dans la majorité des cas
victimes des asymétries d'information leur conduisant à prendre
des décisions sous optimales. Ainsi, selon certaines études de
notre littérature empirique, la vérification de la courbe de
Phillips en Afrique Subsaharien en générale et dans les pays de
la zone CEMAC en particulier, a pu etre possible grâce aux erreurs
d'anticipations que commettent les agents économiques. (Christophe Raoul
Besso, 2010 ; Mah Philippe et al, 2023).
Ensuite, la dynamique temporelle de l'analyse : En effet, dans
l'analyse traditionnelle de la courbe de Phillips, l'horizon temporel
défini était de court-terme (Ball et al, 1988 ; Mankiw, 2000),
cependant la critique formulée sur son horizon temporel a permis de
dynamiser cette analyse en l'inscrivant dans un horizon temporel plus long (Le
Bihan, 2009). En ce qui concerne la situation des pays de la CEMAC, les
insuffisances en matière de structures constituerait un échec de
la mise en oeuvre d'une politique de relance à long terme, pour la
simple raison que l'insuffisance des structures d'emploi contribuera à
ramener le chomage réduit à court terme à la hausse,
à long terme.
Une reformulation appropriée de l'équation
théorique (5) en un modèle avec des décalages et des
premières différences pourrait être utilisé pour
intégrer les notions d'anticipations inflationnistes, de chômage
naturel mais aussi pour dynamiser la relation, ainsi que pour les traitements
des flux de causalité inverse entre l'inflation et le chômage
(King et al, 1995 ; Crosby et Olekalns, 1998 ; Beffy et al, 2004). Une
formulation typique est examinée dans la section suivante.
1.2- Modèle empirique de
référence.
Nous nous appuyons sur le travail de Sin-Yu Ho et Njindan Lyke
(2018) qui ont testé la courbe de Phillips dans la zone Euro sur la
période allant de janvier 1999 à février 2017, avec pour
hypothèse de l'existence d'une linéarité entre les
variables. Cependant, ces auteurs utilisent un modèle en donnée
de panel dynamique à retard distribué (ARDL) auquel ils ont
associé la méthodologie d'effets de seuil (PTR)
développée par Hansen (1999). Afin d'estimer la dynamique dans
relation de Phillips, ils font recours à la méthode d'estimations
de moyennes regroupées (PMG) du modele ARDL.
Les modèles utilisés par ces auteurs se
présentent comme suit :
1) Modèle de décalage distribué pour
estimer la courbe de Phillips à court et à long terme :
p q
Äði,t = öi(ði,t-k - èi'ìi,t) ?
ëi,k Äði,t-k + ? ????,??'Äìi,t-j + ôi +
åi,t (6)
k=1 j=0
Avec,
ï ????,?? et ????,?? respectivement
la variable d'intérêt traduisant le chômage et la variable
dépendante d'inflation ;
ï et sont respectivement les effets fixes individuels et le terme d'erreur
iid ;
ï i,k et i,j
sont respectivement les vecteurs scalaires et coefficients ;
ï ;
ï ;
ï i,k , ???????? j . , p - 1 ;
ï i,j , ???????? j = 1, 2, . . . , q - 1 ;
ï i est le terme de correction d'erreur ; Il s'agit de
la vitesse à laquelle les variables reviennent à
l'équilibre après s'être éloignées à
court terme. Par conséquent, les variables sont
co-intégrées si la valeur estimée de öi
est négative et statistiquement significative.
ï èi' est le vecteur de
co-intégration, indiquant le nombre de relations de
co-intégration dans le modèle.
2) La modélisation de seuil exogène de Hansen
(1999) permettant de tester les effets de seuil dans la courbe de Phillips :
(qi,t ? ?) + åi,t
(7a)
Alternativement, l'équation (7a) peut être
écrite comme suit :

ði,t = {ôi + â1'
'ìi,t + åi,t ; qi,t
(7b)
ôi + â2 ìi,t + åi,t ; qi,t ?
Avec,
ï ????,?? et ? représentent
respectivement la variable de transition et le paramètre de seuil.
Cette variable de transition est la variable
d'intérêt ????,?? .
ï ( ·) représente la fonction de
transition de type indicatrice qui prend la valeur 1 si la condition entre
parenthèse est respectée et 0, sinon.
ï â1' et
â2' représentent le vecteur des coefficients
dans les régimes 1 et 2.
En tenant compte de la situation économique des pays de
la CEMAC, nous avons choisi d'adapter au modèle de base la
spécificité suivante :
Un ajout des variables de contrôle afin de contourner
les problèmes d'endogénéité liés à
une omission de variable influente mais aussi, afin d'augmenter la
qualité du modèle. Ces variables jouent le rôle de
médiateur entre notre variable d'intérêt et la variable
dépendante.
Cet ajout est pris en compte dans notre partie du travail
dédiée à la spécification du modèle.
Section 2 :
Spécification des modèles de l'étude.
Dans cette partie de notre travail, nous présenterons,
d'une part, les variables retenues pour notre étude puis, en d'autre
part, nous présenterons la spécification de nos modèles.
2.1- Choix des variables du modèle
Dans cette section, nous procèderont dans un premier
temps par présenter les faits stylisés de la relation
inflation-chômage en CEMAC avant de présenter les
différentes variables retenues pour l'étude.
Faits stylisés :
i) Evolution comparée entre l'inflation et le
chômage dans les pays de la CEMAC
Depuis janvier 2002, les pays de la CEMAC ont adopté
des critères de surveillances multilatérales sur bon nombre
d'indicateurs économiques parmi lesquels l'inflation, dont l'objectif de
la politique monétaire consiste à veiller à ce que
celle-ci soit inférieure ou égale à la norme de 3%. C'est
l'évolution comparée de cette dernière que nous allons
analyser pour tous les six pays de la CEMAC de 1994 à 2022, dans le
graphique suivante :
Graphique 5 : Evolution croisée de
l'inflation et du chômage dans les six pays de la CEMAC.

Source: L'auteur sur logiciel Eviews13, à
partir des données de la Banque Mondiale et BEAC.
Il apparait globalement de ces graphiques que
l'évolution de l'inflation semble erratique que celle du chômage
dans l'ensemble des pays de la CEMAC, ce qui laisse entrevoir une
évolution non linéaire et non proportionnelle des deux
phénomènes. Dans tous les pays de la zone, le pic de l'inflation
se situe en 1994, sans doute lié à la dévaluation du franc
CFA. En dehors de ce pic, l'inflation a toujours été
modérée.
Quant au chômage dans chacun de ces pays, il
évolue de manière stable. Cependant, dans certains pays,
l'inflation semble plus prononcée que le chômage (Tchad,
Guinée. Eq et RCA) tandis que dans d'autres c'est le chômage qui
semble le plus prononcé (Gabon et Congo), à l'exception du
Cameroun qui se démarque par ses niveaux d'inflation et de chômage
relativement modérés.
ii) Dynamique de la relation inflation-chômage dans les
pays de la CEMAC
Depuis dans la littérature économique, la
relation entre l'inflation et le chômage est sujette à des
controverses. Pour certains auteurs la relation est inverse à court et
à moyen terme tandis que pour d'autres, elle serait uniquement valide
à court terme. Ainsi, à moyen-long terme, les deux
phénomènes évoluent dans le même sens. C'est de ces
deux points de la littérature qu'il s'agit d'analyser dans le graphique
suivante :
Graphique 6 : Evolution de la relation
inflation-chômage dans les six pays de la CEMAC

5.50 5.75 6.00 6.25 6.50 6.75 7.00 3 4 5 6 7 8 9
10
CHOMAGE CHOMAGE

0.6 0.8 1.0 1.2 1.4 1.6 1.8 19 20 21 22 23
CHOMAGE CHOMAGE
GNQ GAB

7.6 8.0 8.4 8.8 9.2 16 17 18 19 20 21 22
CHOMAGE CHOMAGE
Source: L'auteur sur logiciel Eviews13, à
partir des données de la Banque Mondiale et BEAC.
La relation entre l'inflation et le chômage a
été examinée directement à l'aide d'une approche
graphique sur la période allant de 1994 à 2022.
Le graphique 6 montre une instabilité
de la relation inflation-chômage dans l'ensemble des six pays de la
CEMAC. En effet, en regardant la direction et l'allure de la pente des lignes
d'ajustements (ligne rouge), il en ressort de l'ensemble de ces graphiques une
présence insignifiante19(*) de la relation linéaire dans chacun des pays.
Toutefois, il est à noter que dans certains pays il apparait une
relation inverse mais insignifiante entre les variables au cours de la
période d'analyse (Tchad, Guinée Eq, Gabon et Congo), tandis que
dans d'autres pays, la relation est certes insignifiante, mais positive au
cours de la même période (Cameroun et Centre Afrique).
Néanmoins, le graphique 5 montre
clairement qu'il existe dans chaque pays, des périodes courtes où
la relation inflation-chômage est positive, et d'autres périodes
courtes où elle est négative. Cependant, le graphique
6 montre par contre qu'il n'existe pas de courbe unique qui
corresponde aux données à court terme, mais qu'il y aurait, en
outre, de nombreuses périodes courtes montrant des relations positive et
négative de l'inflation et du chômage. Dans l'ensemble, les deux
(2) graphiques concluent à une inexistence des preuves de la
linéarité dans la courbe de Phillips pour le cas des
économies de la zone CEMAC, sur la période globale 1994-2022.
Variables retenues :
Afin de mieux apprécier la relation existante entre
l'inflation et le chômage, plusieurs variables faisant l'objet d'une
littérature économique abondante ont retenu notre attention.
Ainsi, il s'agit d'une part, de présenter la variable expliquée
et, les variables explicatives d'autre part :
i) Variable expliquée :
Le chômage (??????) :
Il s'agit ici du taux de chômage qui est la mesure de la proportion des
chômeurs dans la population active. Son choix comme variable à
expliquer s'inspire des travaux dans lesquels, il sert de mesure du taux
d'employabilité aux rythmes des grandeurs macroéconomiques (Ayira
Korem, 2019 ; Mohamed El Kamli et al, 2021 ; Mah Philippe et al, 2023).
ii) Variables explicatives :
Dans ce sous point, nous allons présenter d'une part
notre variable d'intérêt puis, dans un second temps, nous
présenterons les différentes variables de contrôle
retenues.
ï Variable d'intérêt :
L'inflation (??????) :
Retenue comme variable d'intérêt, elle est
approximée par l'indice des prix à la consommation (IPC), qui est
un indicateur utilisé pour apprécier les performances des pays en
matière d'inflation, il sert également de guide dans la conduite
de la politique monétaire commune de la BEAC (Ondo Ossa, 1989). Pour
notre étude il sera question de son taux qui est désigné
par la variation en pourcentage de l'IPC sur une période
donnée.
ï Les variables de contrôle :
La croissance du PIB (??????)
: Approximé par la variation du PIB réel, cet indicateur
mesure le niveau d'activité économique. Les travaux relatifs aux
déterminants de l'inflation et au lien entre la croissance et
l'inflation semblent indiquer que ce dernier pourrait avoir un impact sur
l'inflation en zone CEMAC (Mantsie, 2003 ; Ntita Ntita et al, 2017). Cependant,
d'autres travaux ont egalement montré que la croissance aurait un impact
sur le chômage (Okun, 1962 ; Umoru et Anyiwe, 2013).
L'investissement (??????) :
Il s'agit du taux d'investissement qui désigne la part de
l'investissement par rapport à la richesse produite,
mathématiquement c'est le ratio de la formation brute du capital fixe
(FBCF) de tous les agents économiques (gouvernements, entreprises,
ménages) rapporté au PIB et exprimé en pourcentage,
permettant de connaitre le pourcentage de la richesse consacré à
l'investissement chaque année. Cependant, les investissements engendrent
l'offre de biens et services et la création de la valeur, ce qui peut
favoriser la diminution de l'inflation et favoriser la croissance
économique, par conséquent l'emploi (Nkwenka Patrick, 2021).
La population active (??????) :
Il est question de son taux de croissance. En effet,
le taux de croissance de la population active est un indicateur qui
mesure l'évolution du nombre de personnes en âge de travailler
(généralement de 15 à 64 ans) qui sont disponibles sur le
marché du travail, que ce soit en emploi ou en recherche d'emploi.
Selon l'OIT, les changements dans la taille de la population
en âge de travailler peuvent avoir un impact significatif sur la
dynamique du marché du travail et les tendances économiques d'un
pays. Une population en âge de travailler en augmentation offre des
opportunités de croissance économique tout en créant des
défis pour la création d'emplois et l'intégration des
nouveaux arrivants sur le marché du travail. À l'inverse, une
diminution de la population en âge de travailler peut créer des
défis pour la croissance économique, la
compétitivité, la dépendance démographique.
Ainsi, plusieurs travaux relatifs au lien entre l'inflation et
les variables d'activité réelle semblent indiquer que le taux de
croissance de la population pourrait avoir un impact sur les deux variables
(Umoru et Anyiwe, 2013 ; Aicha Hamadouche, 2017).
Taux d'intéret (Tint) : Cette
variable est mesurée par le taux d'intérêt des appels
d'offres (taux
BEAC). Les variations du taux d'intérêt ont une
influence ambiguë sur l'activité économique (Nkwenka Nyanda,
2021).
Taux de change (Tch) : Cette
variable est mesurée par le taux de change réel effectif comme
dans les travaux de Dupuy (2013). En régime de change fixe, la hausse du
taux de change devrait réduire l'inflation et booster l'activité
économique.
2.2- Spécification des modèles à
des fins d'estimation.
La spécification des modèles d'estimation
obéit à plusieurs étapes.
Forme du modèle :
i) Forme fonctionnelle du modèle.
CHO= É (Inf, Pib, Inv, Tint, Tch, Pop),
(8)
Description des variables:
ï CHO : Taux de chômage ;
ï Inf : Taux d'inflation ;
ï Pib : Croissance annuelle du PIB ;
ï Inv : Taux d'investissement ;
ï Tint : Taux d'intéret ;
ï Tch : Taux de change ;
ï Pop : Taux de croissance de la population
active.
ii) Choix des modèles économétriques.
Dans le cadre de notre étude, une double
démarche économétrique a été adoptée,
mobilisant à la fois un modèle dynamique linéaire et un
modèle non linéaire :
Choix du modèle dynamique linéaire :
Modèle de panel autorégressif à retard
distribué (ARDL) de Pesaran et al (1999).
La nécessité d'estimer de façon plus
efficace les phénomènes dynamiques de l'économie d'une
part et, d'affiner la qualité de prédiction des modèles
d'autre part, ont conduit à l'implémentation dans ce champ
disciplinaire des modèles plus réalistes appelés :
modèles en données de panel dynamique à retard
distribué (ARDL).
L'utilisation de ce modèle permet de capturer les
dynamiques de court terme et de long terme pour les séries
co-intégrées ou même, celles intégrées
à des ordres différents (Pesaran et al,
1996 ; Pesaran et Shin, 1995). Cette approche ARDL
présente un certain nombre d'avantages :
Elle est utile si les variables ont une co-intégration
au niveau I(0), ou au niveau de la première différence
I(1)20(*); Elle est
également utile pour ajuster les retards dans les modèles et,
fournir des statistiques de Student (t) valides pour les estimations des
modèles à long terme. Selon Harris et Sollis (2003), cette
approche ARDL permet de fournir des conclusions et des résultats
robustes indépendamment de la taille de l'échantillon.
Pour l'atteinte des objectifs de notre étude, cette
approche est la mieux appréciée, non seulement, pour des raisons
structurelles liées à notre échantillon mais egalement
pour des besoins de vérification empirique de nos hypothèses.
D'abord les raisons structurelles : ce modele s'adapte bien
sur les panels de taille N petit et T grand et, permet de contourner les
problemes d'hétérogénéité
structurelle21(*) auxquels
peuvent etre sujets les pays de notre échantillon.
Ensuite les besoins de vérification de nos
hypothèses : ce modele permet de modéliser les relations
dynamiques de court et long terme tout en intégrant les effets
dynamiques passés des variables. Autrement dit, cette approche permet
d'analyser le comportement de nos variables à court terme mais aussi
à long terme tout en ayant un regard rétrospectif sur ces
dernières.
C'est au regard des avantages que présente cette
approche dynamique de l'ARDL que nous l'avons opté dans notre
étude. Ainsi, la modélisation de l'approche ARDL en panel se
présente comme suit :
Yi,t i,k Yi,t-k i,jXi,t-j i,lZi,t-l +
åi,t
(9)
Avec,
ï ái : la constante,
représentant les effets fixes individuels ;
ï ëk=1,.....p : les régresseurs de
la variable endogène retardée Y, mesurant les
élasticités de la variable endogène retardée par
rapport à elle-même ;
ï âj=0,1,.....q : les régresseurs
de la variable exogène X, mesurant les élasticités de la
variable endogène Y par rapport à la variable exogène et
ses retards ;
ï öv,l=0,1,.....r : les
régresseurs des variables de contrôle Z, mesurant les
élasticités de la variable endogène Y par rapport aux
variables de contrôle et leurs retards ;
ï i les Pays et t les périodes : i=1,2,....N;
t=1,2....T ;
ï p, q et r : représentent la longueur du retard
des variables explicatives ;
ï ??? : l'erreur de spécification de moyenne
ì nulle et de variance ??2 égale à 1.
Choix du modèle non linéaire :
Modèle de Panel Threshold Regression (PTR) de Hansen
(1999).
Afin de tester notre hypothèse de non
linéarité dans la relation inflation-chômage en zone CEMAC,
nous avons adopté la méthodologie de seuil
développée par Hansen (1999).
Le modèle PTR de Hansen (2000) est un modèle
à seuil, où la transition s'effectue à l'aide d'une
fonction de transition brutale et d'une variable de transition évoluant
dans la dimension individuelle et temporelle. Ce modèle permet de
déterminer le seuil d'un ratio donné à partir duquel une
variable peut influencer de façon non linéaire une autre variable
économique. Pour déterminer la valeur de ce seuil et estimer les
paramètres de l'équation, nous avons utilisé l'algorithme
de détermination de seuil endogène fourni dans les travaux de
Hansen (1998,1999). Il s'agit d'une procédure de régression
basée sur la technique des moindres carrés séquentiels sur
toutes les valeurs seuils candidates jusqu'à ce que l'on obtienne ?? ^
c'est-à-dire le seuil optimal correspond à la valeur de ?? qui
minimise la somme des carrés des résidus.
Ainsi, nous modélisons le modèle de Panel
Threshold Regression (PTR) à deux régimes comme suit :
Yi,t = ái + â0(1)Xi,t Xi,t(qi,t ??) +
öiZi,t +
åi,t
(10)
Avec,
ï â0(1)et
â0(2) : indiquant les coefficients de la variable
d'intérêt en deux régimes de transition du seuil ;
ï qi,t et ? : représentent
respectivement la variable de transition et le paramètre de seuil ;
ï X, Y et Z sont respectivement le vecteur de la variable
d'intérêt, la variable dépendante et le vecteur des
variables de contrôle ;
ï ( ·) : représente la fonction de
transition de type indicatrice qui prend la valeur 1 si la condition entre
parenthèse est respectée et 0 sinon ;
Ainsi, le premier régime traduit que notre variable de
transition est inférieure au paramètre de seuil et le second,
notre variable de transition est supérieure au paramètre de seuil
(qi,t ? .
Une écriture alternative du seuil en régimes 1
et 2 :
á(1) + â0(1) Xi,t + öi(1) Zi,t + åi,t(1)
; qi,t
Yi,t = { ( ) (2) (2) Zi,t
+ åi,t(2) ; qi,t ?
(10a)
á 2 + â0 Xi,t+ öi

Une écriture équivalente du modèle
à seuil (Eq.10a) est obtenue en introduisant la fonction de transition
de type indicatrice (Hansen, 2000).
Yi,t = á(1) + öi(1) Zi,t + â0(1)Xi,t i Zi,t +
â0(2)Xi,t(qi,t ? ?)
+ åi,t
(10b)
Où Y, X et Z représentent respectivement les
vecteurs des variables expliquée, d'intérêt et de
contrôle.
Les travaux de Hansen (1999) portant sur les modèles
à effets de seuil explicitent comment tester la présence d'effets
de seuil, estimer le paramètre de seuil ? et estimer les
équations (10a) et (10b). De plus, la caractéristique essentielle
du modèle de Hansen (1999) est qu'il permet d'estimer le seuil et non de
l'imposer.
Par ailleurs, étant donné que nous nous
concentrons sur l'établissement d'un seuil potentiel ou d'un point
d'inflexion de l'inflation pour lequel la courbe de Phillips peut exister ou
non, nous utilisons les observations réelles sur les variables
plutôt que leurs premières différences (King et al, 1995).
Signes attendus :
La littérature décrit un impact négatif
de l'inflation sur le chômage. De ce fait, un signe négatif
associé à un coefficient indiquerait une influence
négative de la variable associé à ce coefficient sur le
chômage par contre, un signe positif affecté à un
coefficient indiquerait une influence positive sur le chômage. Le tableau
ci-dessous présente brièvement les différentes variables
explicatives du modèle et les signes attendus desdites variables sur
notre variable expliquée.
Tableau 1 : Variables, notations, signes
attendus des coefficients et sources des données.
|
N°
|
Variables explicatives
|
Acronymes
|
Sources des variables
|
Signes attendus
|
|
1
|
Chômage décalé
|
CHOt-k
|
Banque Mondiale
|
+/-
|
|
2
|
Inflation
|
Inf
|
BEAC
|
-
|
|
3
|
Croissance du PIB
|
Pib
|
BEAC
|
+/-
|
|
4
|
Investissement
|
Inv
|
FMI
|
+/-
|
|
5
|
Taux d'intérêt
|
Tint
|
BEAC
|
+/-
|
|
6
|
Taux de change
|
Tch
|
BEAC
|
+/-
|
|
7
|
Population active
|
Pop
|
Banque Mondiale
|
+/-
|
Source : Par l'auteur à partir de la
littérature.
Le tableau ci-après présente la
numérotation des différents pays de l'échantillon.
Tableau 2 : Identifiant, noms et codes des
pays utilisés dans notre modèle.
|
Identifiant
|
Noms des pays
|
Code des pays
|
|
1
|
R. Centre Afrique
|
RCA
|
|
2
|
Cameroun
|
CAM
|
|
3
|
Tchad
|
TCD
|
|
4
|
Congo
|
COG
|
|
5
|
Guinée Equatoriale
|
GNQ
|
|
6
|
Gabon
|
GAB
|
Source : Elaboration de l'auteur.
CHAPITRE III : ESTIMATION
DES MODÈLES ET RESULTATS.
Ce chapitre se consacre, d'une part à l'estimation des
modèles (section 1), et d'autre part, à la
présentation des résultats (section 2).
Section 1 : Estimation des
modèles.
Dans cette section, il sera question de décliner
brièvement les différents facteurs qui fondent le choix de nos
modèles, les méthodes d'estimation ainsi que les
différents tests, dans un premier temps. Et dans un second temps, nous
exposons la source des données collectées.
1.1- Modèle linéaire dynamique :
Choix de l'estimateur du modèle autorégressif de Pesaran
et al (1999).
Le modele retenu pour notre étude à savoir le
panel dynamique ARDL developpé par Pesaran et al (1999) renferme trois
(3) estimateurs différents : l'estimateur de groupe moyen (MG) de
Pesaran et Smith (1995), l'estimateur de groupe moyen
combiné (PMG) mis au point par Pesaran et al. (1999) et l'estimateur
dynamique à effets fixes (DFE).
Les trois (3) estimateurs tiennent compte de
l'équilibre à long terme et de
l'hétérogénéité du processus d'ajustement
dynamique (Demetriades et Law, 2006) et sont calculés selon le maximum
de vraisemblance. Par ailleurs, Blackburn et Frank (2007) ont souligné
la différence fondamentale entre les techniques d'estimations sus
mentionnées (MG, DFE et PMG).
Selon les deux auteurs, la technique MG estime N
régressions de séries chronologiques et fait la moyenne de leurs
coefficients. Cependant, cet estimateur ne tient pas compte du fait que
certains paramètres peuvent être les mêmes d'un groupe
à l'autre. Tandis que pour la technique DFE, les points à
l'origine peuvent différer d'un groupe à l'autre alors que tous
les autres coefficients et variances d'erreur sont contraints d'être
identiques. Quant à l'estimateur PMG, il implique la fusion de la mise
en commun de la moyenne des coefficients. Cet estimateur permet aux points
d'intersection, aux coefficients à court terme et aux variances d'erreur
de différer librement entre les groupes, mais limite les coefficients
à long terme à être les mêmes.
Cependant, pour opérer le choix entre les
méthodes MG, PMG et DFE, le test de Hausman est utilisé afin de
vérifier s'il existe une différence significative entre ces
estimateurs. Le point nul de ce test c'est que la différence entre
l'estimation de PMG et MG ou celle de PMG et DFE n'est pas significative.
Ainsi, si la valeur nulle n'est pas rejetée, l'estimateur PMG est
recommandé car il est efficace. L'alternative est qu'il existe une
différence significative entre PMG et MG ou PMG et DFE et que la valeur
nulle soit rejetée. S'il y a des valeurs aberrantes, l'estimateur moyen
peut avoir une grande variance et, dans ce cas, le test de Hausman aurait peu
de puissance.
La PMG sera utilisée si la valeur p est non
significative au niveau de 5 %. En d'autre part, s'il se trouve qu'il y'a une
valeur p significative, l'utilisation d'un estimateur MG ou DFE est
appropriée. Une autre question importante est que la structure de
décalage de l'ARDL devrait être déterminée par un
critère d'information cohérent.
Etapes de l'estimation du modèle linéaire.
Afin d'estimer la relation linéaire entre l'inflation
et le chômage à court et à long terme en zone CEMAC, nous
allons procéder en plusieurs étapes :
? Spécification du modèle :
La présente étude contribue au débat sur
la relation entre l'inflation et le chômage en ayant recours à
l'estimateur de panel ARDL. En effet, le choix d'un modèle dynamique
s'expliquerait par la nécessité d'intégrer les effets
dynamiques passés des variables liés aux multiples
évènements qui se seraient produits durant la période
considérée de notre recherche et qui auraient contribué
à la complexité du système économique des pays de
la CEMAC.
Ce modèle est particulièrement attrayant en ce
qu'il tient compte de l'hétérogénéité qui
peut être présent dans le panel (Shin et al, 2014). En effet, les
disparités structurelles des pays de l'échantillon pourraient
justifier l'application des estimateurs du panel ARDL, en ce sens que les pays
de l'échantillon n'ont pas les mêmes caractéristiques
structurelles. Cependant, il nous convient, au regard de la littérature
économique, d'ajouter l'opérateur des premières
différences (??) dans la spécification de notre
modèle :
??CHOi,t i,k ??CHOi,t-k
i,1,l
??Pibi,t-l +
öi,2,l??Invi,t-l + öi,3,l??Tinti,t-l +
öi,4,l??Tchi,t-l + öi,5,l??Popi,t-l ) + èi,1CHOi,t-1 +
èi,2Infi,t-1 +
èi,3Pibi,t-1 +
èi,4Invi,t-1 +
èi,5Tinti,t-1 +
èi,6Tchi,t-l +
????,7Popi,t-l +
??i,t
(11)
Avec,
ï Ä : opérateur de
différence première ;
ï ?? : constante ;
ï ??, ??, ??1, ??2, ... , ??5
: effets à court terme ;
ï ??1, ... , ??7: dynamique de long
terme du modèle ;
ï ?? ~ iid (0, ó) : terme d'erreur (bruit
blanc).
Comme pour tout modèle dynamique, nous nous servirons
des critères d'information (AkaikeAIC, Shwarz-SIC et Hannan-Quin) pour
déterminer les décalages optimaux (p, q, r) du modèle de
panel ARDL, par parcimonie (Jonas Kibala, 2018). De plus, nous retenons
également deux types d'hypothèses à partir de
l'équation (11), représentant la relation de long terme.
La première équation (10) représente
l'hypothèse nulle, pour l'absence de co-intégration (H0)
: ??1 = ??2 = ??3 = ??4
= ??5 = ??6 = ??7 = 0, alors que
l'hypothèse alternative est (H1) : ??1 ? ??2 ?
??3 ? ??4 ? ??5 ? ??6 ? ??7
? 0. Ensuite, la statistique F calculée est évaluée
avec la valeur critique (limite supérieure et inférieure)
donnée par Pesaran et al. (2001).
ï Statistique descriptive des variables :
Elle nous permet d'avoir une vision synoptique sur l'ensemble
de la série. Elle nous renseigne généralement sur les
caractéristiques de tendances centrales (Moyenne, Maximum et minimum)
mais aussi sur les caractéristiques de dispersion (Variance,
écart-type).
ï Matrice de corrélation des variables sur la
période 1994-2022 :
Le teste de corrélation permet de mesurer le
degré de liaison et de dépendance entre deux ou plusieurs
variables.
Test de multi-colinéarité :
La multi-colinéarité est un problème
fondamental dans l'analyse des séries multivariées. Elle apparait
lorsque deux ou plusieurs variables mesurent le même
phénomène. Dans une régression, la
multi-colinéarité est un problème qui survient lorsque
certaines variables de prévision du modèle mesurent le même
phénomène.
La multi-colinéarité est un problème
à ne pas négliger car elle peut augmenter la variance des
coefficients de régression, les rendant plus instables et difficiles
à interpréter. Pour tester la multi-colinéarité
entre nos variables, nous recourons au test de Klein.
Hypothèses :
H0 : présence de multi-colinéarité ;
H1 : absence de multi-colinéarité.
? Test d'homogénéité de Swamy (1970) :
Il est important dans l'analyse des séries en
données de panel de savoir si le processus générateur de
la série suit une spécification homogène ou
hétérogène. Cela revient donc à tester
l'égalité des coefficients dans la dimension individuelle.
Autrement dit, de voir s'il y'a ou non des spécificités
individuelles entre les éléments de l'échantillon. Cela
revient, dans ce cas, à vérifier si l'ensemble des pays de notre
échantillon présentent des caractéristiques identiques ou
au contraire, qu'ils présentent un caractère différent
d'un pays à l'autre. Pour ce faire, nous utilisons le test de Swamy
(1970), développé pour les panels où N est petit par
rapport à T et qui permet une
hétéroscédasticité de la section transversale.
Hypothèses :
H0 : homogénéité des coefficients entre
individus ;
H1 : hétérogénéité des
coefficients entre individus.
La règle de décision est que si la
probabilité de chi-2 est inférieure au seuil de risque de 5%,
cela montre que l'échantillon est hétérogène.
? Test d'endogénéité et de
spécification des effets individuels :
Le test de Hausman (1978) qui est essentiellement un test de
spécification, nous permet de voir quel type de spécification se
prête le mieux à nos données. En effet, ce test nous permet
de savoir si nos données obéissent à une
spécification à effets fixe ou à effets aléatoire.
Il est donc question de déterminer si les coefficients des deux
estimations (fixes et aléatoires) sont statistiquement
différents. De plus, c'est un test qui peut être appliqué
dans le traitement des problèmes d'endogénéité. De
ce fait, nous nous intéressons particulièrement à la
statistique du
Chi-2 ; dans ce cas, si cette statistique est
inférieure à 5% on accepte l'hypothèse nulle ; si par
contre elle est supérieure à 5%, on ne peut accepter cette
hypothèse.
Hypothèses :
H0 : modèle à effets fixe ;
H1 : modèle à effets aléatoire.
ï Test de dépendance interindividuelle :
La dépendance interindividuelle peut etre due à
des effets spatiaux ou pourrait etre due à des facteurs communs non
observés. C'est pourquoi il faut tester l'existence de telle
dépendance des variables et de panel. Puisque le panel
étudié a un N petit et un grand T, les tests de Lagrange
Multiplier de Breusch-Pagan (1980), CD de Pesaran (2004) et LM adj de Pesaran
et al (2004) vont etre mobilisés pour le cadre de cette étude. De
ce fait, si la probabilité Pr?5%, on accepter l'hypothèse nulle
d'indépendance individuelle. Ainsi, nous allons donc recourir aux tests
de première génération pour déterminer la
stationnarité de nos variables, dans le cas contraire les tests de
stationnarités de deuxieme génération seront utiles.
ï Test de stationnarité :
Les problèmes de non stationnarité sont l'un des
problemes fréquemment rencontrés dans l'analyse des séries
chronologiques. Le test de stationnarité ou test de racine unitaire
permet d'évaluer la tendance de chaque variable dans le temps. Son
objectif est de rechercher la présence de racine unitaire dans le but de
minimiser les risques de régressions fallacieuses (Engel et Granger,
1969).
De plus, il permet de définir l'ordre
d'intégration nécessaire avant l'application de toute technique
de co-intégration sur les données. Parmi les tests de
stationnarité, on distingue essentiellement les tests de première
génération (ces derniers supposent que les individus dans le
panel sont indépendants) d'une part, parmi lesquels on retrouve les
tests les plus usuels comme : le test de Levin-Lin-Chu (LLC, 1993), le test de
d'Im-Pesaran-Shin (IPS, 1997), le test de Fisher Chi-carré (ADF Fisher),
le test de Breitung et Das (2005), le test de Phillips et
Perron (PP) et, en d'autre part, les tests de deuxième
générations tels que le test de Bai et Ng (2004), Choi et Chue
(2007), Moon et Perron (2004), Phillips et Sul (2003) et Pesaran (2007).
Le choix du type de génération de test
dépend de l'hypothèse vérifiée dans le test de
dépendance interindividuelle.
ï Détermination du nombre de retards optimaux :
Pour éviter de choisir la mauvaise taille de
modèle, il est essentiel de connaître le nombre de retards du
modèle ARDL. Pour ce faire, nous utiliserons dans cette étude le
nombre minimum de retards pour le critère d'information d'Akaike (AIC)
et le critère d'information Bayesian (BIC).
ï Test de co-intégration :
Le test de co-intégration sert à
détecter s'il y a une ou plusieurs relations de long terme entre deux
ou plusieurs variables pouvant être combinées avec les dynamiques
de court terme du modèle. Dans la littérature, les relations
entre phénomènes sont généralement examinées
à l'aide des méthodes de co-intégration standards telles
que celle d'Enger et Granger (1987) et de Johansen (1988) entre autres.
Toutefois, ces tests de co-intégration usuels préconisent
l'utilisation de variables intégrées de même ordre I(0) ou
I(1). De plus, ils sont adaptés pour les échantillons de grande
taille.
Afin de pallier ces insuffisances, Pesaran et al. (2001) ont
développé une nouvelle approche plus flexible et moins
contraignante que les techniques précédentes appelée
modèle autorégressif à retards échelonnés
(ARDL). Elle est préférée aux méthodes d'Enger et
Granger ou de Johansen du fait de la présence de séries
intégrées à différents ordres, sur petit
échantillon et en présence de variables explicatives
endogènes (Narayan, 2005). Ainsi, l'ARDL donne la possibilité de
traiter simultanément la dynamique de long terme et les ajustements de
court terme. De ce fait, nous utiliserons pour cette étude, les tests de
Pedroni (2004) et de Westerlund (2007).
ï Estimation du modèle linéaire dynamique
à court et à long terme :
Après avoir vérifié que les variables ne
sont pas intégrées d'un ordre égal ou supérieur
à I(2) et que les séries sont co-intégrées,
l'étape suivante consiste à estimer la régression ARDL
linéaire de panel spécifiée par l'équation (12) au
moyen d'une estimation de groupe de moyennes regroupées (PMG), des
estimateurs à effets fixes et aléatoires (DFE) et de l'estimateur
du groupe de moyenne (MG). Ainsi, nous procéderons par une analyse des
résultats des estimations de court terme et de long terme
réalisés à travers les différentes méthodes
susmentionnées. La durée de décalage appropriée est
définie sur la base des critères d'information d'Akaike (AIC) et
d'information Bayesian (BIC).
ï Tests de diagnostic du modèle :
La validation du modèle est une étape cruciale
de l'estimation d'un modèle, car il permet de vérifier s'il n'y a
pas violation d'une des hypothèses de normalité des
résidus, d'autocorrélation des erreurs ou
d'hétéroscédasticité des erreurs. Cependant,
l'estimation du modèle de panel ARDL trouve son intérêt en
présence de violation d'une de ces hypothèses. En effet, ce
modèle est robuste aux problemes d'autocorrélation et
d'hétéroscédasticité ainsi, il permet d'obtenir des
résultats robustes indépendamment de la taille de
l'échantillon (Harris et al, 2003). A cet effet, nous ne
procèderons pas à la vérification de ces
hypothèses. En outre, il sera par contre question de corriger, en cas de
présence, le probleme de dépendance transversale en recourant aux
méthodes d'erreur standard de Driscoll et Kraay (1998).
Par ailleurs, le constat selon lequel la relation entre
l'inflation et le chômage semble être positive en temps normal et
négative pendant les cycles économiques (King et al, 1995 ;
Fisher, 1993) suggère qu'il peut y avoir des effets de seuil dans la
courbe de Phillips. Ainsi, au-delà de l'estimation de la relation
dynamique entre inflation et chômage dans le cas des économies de
la CEMAC, nous avons également tenté d'examiner cette
possibilité d'effets de seuil. Pour ce faire, nous allons utiliser la
régression non-linéaire de seuil à effets fixes
proposée par Hansen (1999).
1.2- Modèle non linéaire à effet de
seuil.
Spécification du modèle non linéaire à
seuil de Hansen (1999).
Le modèle de régression de seuil de panel (PTR)
non dynamique à effet fixe, développé par Hansen (1999) et
promu par Wang (2015), est adopté dans cette étude pour estimer
le seuil d'inflation optimal des pays de la CEMAC sur des données
allant de la période de 1994 à 2022. Le modèle est
implémenté en divisant les données en différents
groupes selon une variable observable qui peut être
considérée comme un paramètre de régime. Si au
moins une valeur seuil est trouvée dans un régime, cela implique
que la relation entre l'inflation et le chômage n'est pas
linéaire. Cela indique également l'exploration de la
possibilité d'autres régimes. Dans ce cas, le modèle
identifie les seuils de manière séquentielle (Manzoor Hussain et
al, 2021).
Ainsi, l'équation (10) est réécrite en un
modèle à seuil unique comme suit :
Yi,t = ???? +
â'Xi,t(?) + öZi,t +
åi,t
(12a)

Avec, Xi,t(?) = { Xi,t et ??' = (â1'
â2')
Xi,t( qi,t ?
Où, Yi,t la variable dépendante qui
est dans le cas de notre étude le chômage, la variable seuil
qi,t , l'inflation, qui représente aussi notre variable
d'intérêt Xi,t , et ? le paramètre de seuil.
Quant à Zi,t, il représente le vecteur des variables
de contrôle (Pib, Inv, Tint, Tch, Pop). L'indice i indexe le
pays individuel tandis que l'indice t indexe l'année.
( ·) est la fonction indicatrice, qui est égale à 1 ou 0,
selon le terme de la condition.
L'équation ci-dessus divise les observations en deux
régimes, en fonction de la valeur relative de la variable de seuil
qi,t par rapport au paramètre de seuil ?. Les régimes
sont identifiés par les paramètres de pente â1 et â2.
Le paramètre åi,t est le terme d'erreur, qui est
supposé indépendant et distribué de manière
identique (iid) avec une moyenne nulle et une variance infinie. Pour des seuils
? donnés, la pente â peut être estimée par les
moindres carrés ordinaires.
La somme résiduelle des carrés (RSS) est
calculée à partir de l'équation estimée ci-dessus,
qui est également fonction du paramètre ?. Le seuil optimal est
obtenu lorsque RSS est minimal. La prochaine étape cruciale consiste
à déterminer la signification statistique du point de seuil dans
un tel modèle non linéaire.
L'équation (12a) ci-dessus peut etre
spécifiée ainsi qu'il suit :
CHOi,t = ???? +
â'infi,t(?) + öZi,t +
åi,t
(12b)
Etapes de l'estimation du modèle non linéaire.
Afin d'analyser la relation non linéaire et de
déterminer les effets de seuil dans la relation entre l'inflation et le
chômage en zone CEMAC, le présent document adopte la
procédure suivante :
Étape 1 : Analyse graphique de non
linéarité entre l'inflation et le chômage dans les pays de
la
CEMAC.
Étape 2 : Un modèle à seuil unique est
ajusté pour tester la signification de l'effet de seuil. Ici, H0,
â1=â2. Sous H0 : il n'y a pas d'effet de
seuil dans le modèle (c'est-à-dire modèle
linéaire). Si H0 est rejeté, cela signifie que le modèle
n'est pas linéaire.
Étape 3 : Le nombre de seuils est
déterminé en estimant les effets de seuil des modèles de
manière séquentielle avec différents seuils. Le processus
de test se poursuit jusqu'à ce que l'hypothèse nulle soit
acceptée.
Etape 4 : Cette étape se consacre à l'estimation
de la régression de seuil dans le modèle de seuil retenu à
l'étape 3.
Etape 5 : Dans cette dernière étape, nous
effectuons des tests post-estimation afin de valider nos estimations. Nous
testons notamment la normalité des résidus,
l'autocorrélation des résidus et
l'hétéroscédasticité des résidus.
Source des données.
Les données utilisées dans cette étude
proviennent des rapports de la BEAC, des sites de la Banque Mondiale et du
FMI. L'étude couvre la période allant de 1994 à 2022 et
porte sur les six (6) pays de la CEMAC, soit un échantillon de taille
174.
Le choix de la période d'étude s'est fait en
tenant compte de la disponibilité des données. Par ailleurs,
l'étude a retenu comme logiciel statistique : Eviews13 et Stata15 pour
la réalisation des tests, des estimations et, des représentations
graphiques.
Nous utiliserons, pour cette étude, une double
démarche économétrique dans laquelle nous analyserons dans
un premier temps, la relation dynamique de court terme et de long terme entre
l'inflation et le chômage dans les économies de la CEMAC, puis
dans un second temps, nous adoptons une analyse non linéaire à
effets de seuil afin d'évaluer le niveau optimal d'inflation
au-delà duquel la relation entre l'inflation et le chômage en zone
CEMAC se détériore.
Section 2 :
Interprétations des résultats et recommandations.
Cette section se consacre à l'interprétation des
résultats et à la formulation des recommandations des politiques
économiques, pour chacun des modèles.
2.1- Modèle linéaire de la dynamique de
l'inflation et du chômage en zone CEMAC.
Il s'agit pour nous d'exposer, dans ce sous point, les
résultats issus de l'estimation de notre modèle linéaire,
de les interpréter et de formuler des recommandations des politiques.
Tableau 3 : Statistique descriptive.
|
Variables
|
Moyenne
|
Ecart-type
|
Minimum
|
Maximum
|
Observation
|
|
CHO
|
9.877236
|
7.291541
|
0.63
|
22.667
|
|
|
Inf
|
4.323189
|
6.791749
|
-8
|
43.7
|
|
Pib
|
4.757779
|
10.99244
|
-36.4
|
95.26215
|
N= 174
|
|
Inv
|
26.11671
|
17.75203
|
2.099
|
115.102
|
n= 6
|
|
Tint
|
5.061767
|
1.779207
|
2.45
|
8.6
|
T=29
|
|
Tch
|
-0.5054564
|
8.004629
|
-36.5306
|
24.2
|
|
|
Pop
|
65.30444
|
9.251472
|
47.494
|
83.184
|
Source: Calculs de l'auteur sur logiciel Stata
15.
Les statistiques descriptives de ces séries montrent
que, en zone CEMAC le pourcentage annuel moyen du chômage est de 9,87%.
Avec un taux de 4,32%, le niveau moyen d'inflation en zone
CEMAC sur la période d'étude se situe au-dessus de la cible
communautaire de 3%. Son niveau minimum atteint est de -8% et son maximum de
43,7%. Ce qui correspond aux taux d'inflation enregistrés au Tchad en
1994 et 1999.
Le niveau moyen de la croissance du Pib est de 4,75% sur notre
période d'étude. Son niveau minimum atteint est de -36,4% et son
niveau maximal est de 95,26%. Ce qui correspond aux taux de croissance du Pib
enregistrés en Centre Afrique en 2013 (-36,4%) et, en Guinée Eq
en 1997 (95,26%).
Le niveau moyen de la population active occupée en zone
CEMAC sur la période d'étude est de 65,30%. Son niveau minimum
atteint est de 47,49% et son maximum de 83,18%. Ce qui correspond au niveau de
la population active occupée enregistrés respectivement au Gabon
en 2020 et au Cameroun en 1994.
Le niveau moyen de l'investissement sur la période
d'étude est de 26,11%. Son niveau minimum atteint est de 2,09% et son
maximum de 115,10%. Ce qui correspond aux niveaux d'investissement
enregistrés respectivement au Tchad en 1995 et, en Guinée Eq en
1996. Le niveau moyen du taux d'intérêt sur la période
d'étude est de 5, 06%. Son niveau minimum atteint est de 2,45% et son
niveau maximum est de 8,6%. Ces niveaux sont respectivement atteints dans tous
les pays de la zone entre 2015-2016 et en 1995.
Pour ce qui est du taux de change, son niveau moyen est de
-0,50%. Son niveau minimum est de -36,53% et son maximum est de 24,2%. Ces
niveaux sont respectivement atteints en Centre Afrique en 1994 et en
Guinée Eq en 1998.
Tableau 4 : Analyse de la
multicolinéarité.
|
Variables
|
CHO
|
Inf
|
Pib
|
Inv
|
Tint
|
Tch
|
Pop
|
|
CHO
|
1.000
|
|
|
|
|
|
|
|
Inf
|
-0.0137
|
1.000
|
|
|
|
|
|
|
Pib
|
-0.1131
|
0.0108
|
1.000
|
|
|
|
|
|
Inv
|
0.4143*
|
0.1205
|
0.4105*
|
1.000
|
|
|
|
|
Tint
|
-0.0073
|
0.3231*
|
0.2376*
|
0.1080
|
1.000
|
|
|
|
Tch
|
-0.0674
|
-0.2867*
|
0.0441
|
0.0725
|
-0.0087
|
1.000
|
|
|
Pop
|
-0.3901*
|
0.0040
|
-0.0706
|
-0.2788*
|
0.1699**
|
0.0576
|
1.000
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1.
Source : Calculs de l'auteur sur logiciel Stata
15.
D'apres les résultats du tableau, il y'a absence de
corrélation entre les variables. En effet, aucune probabilité
n'est supérieure à 0,8. Par conséquent, il y'a de ce fait
une absence de multicolinéarité entre les variables. Dans
l'ensemble, l'analyse de ces différentes statistiques de la
corrélation suggère que les paramètres estimés
seraient cohérents et efficaces.
ï Test d'homogénéité de Swamy
(1970)
Les résultats du test
d'homogénéité de Swamy révèlent la
présence d'hétérogénéité entre les
individus du panel. En effet, la probabilité de chi-2 est
inférieure au seuil du risque de 5%. Ces résultats montrent que
les pays de la CEMAC présentent des disparités dans leurs
structures économiques. Annexe 3.
ï Test d'endogénéité et test de
spécification des effets individuels :
Modele à effets fixes :
Les résultats d'estimation montrent que les
coefficients associés aux variables explicatives ne sont pas tous
statistiquement significatifs, seuls la population active, le taux de change et
le taux d'intérêt qui sont significatifs au seuil de 5%.
Toutefois, l'effet de l'inflation sur le chômage semble négatif
(-0,0138). La statistique de Fisher du test d'effet fixe affiche deux (2)
résultats différents :
- F(6, 162)= 3.78 confirme la présence de la
significativité jointe des variables explicatives, puisque la p-value
< 5% (Prob=0,0015).
- F(5, 162)= 1078.48 indiquant la significativité
jointe des effets fixes. Ce résultat confirme
l'hétérogénéité des individus sous la forme
d'un effet fixe, puisque la p-value < 5% (Prob=0,0000). Ce qui permet de
rejeter l'hypothèse H0.
Modele à effet aléatoire :
Les résultats d'estimation obtenus par le modèle
à erreurs composées se trouvent meilleurs que ceux obtenus par le
modèle à effets fixes. En effet, les coefficients associés
à l'inflation, la croissance du PIB et à l'investissement sont
maintenant significatifs, au seuil conventionnel de 5%, ce qui n'était
pas le cas dans le modèle à effet fixe. Cela laisse penser que
l'hypothèse d'absence de corrélation entre le terme
aléatoire individuel et les variables explicatives du modèle est
vérifiée ainsi, il va s'en suivre des estimations efficaces. Le
test de spécification de Hausman développé à la
suite, devrait confirmer ces présomptions.
Spécification de Hausman (1978) :
Selon le test de Hausman, l'hypothèse d'absence de
corrélation entre le terme aléatoire et les variables
explicatives du modèle est acceptée car en effet, le modele est
significatif au seuil de
5%. Le test de Chi-2 est à 5 degrés de
liberté car il y'a, sous l'hypothèse H0, cinq (5) restrictions
relatives à l'égalité des coefficients des deux
modèles pour les facteurs variables dans le temps (inflation, PIB
réel, investissement, taux d'intérêt, taux de change, pop
active).
Les estimateurs du modèle à erreurs
composées sont efficaces (absence de corrélation entre le terme
aléatoire et les variables explicatives). Cependant, étant
donné que la probabilité de la statistique de Chi-2 est
significative, la règle de décision nous impose le choix de
l'hypothèse H0 qui porte sur les estimateurs du modèle à
effet fixes qui sont sans biais. Annexe 4.
Tableau 5 : Analyse de
l'indépendance interindividuelle.
|
Tests
|
Statistic
|
p-value
|
|
Breush-PaganLM
|
27.87
|
0.022**
|
|
CDPesaran
|
4.247
|
0.000*
|
|
Pesaran et al CDLM.adj
|
4.232
|
0.000*
|
Two-sided test. Note : * p < 0.01, ** p <
0.05, ***p < 0.1.
Les résultats des probabilités du test
d'indépendance de LM de Breusch-Pagan (1980), CD de Pesaran (2004) et LM
adj de Pesaran et al (2004) montent la présence d'une dépendance
entre les individus du panel. En effet, la probabilité des tests est
significative au seuil conventionnel de 5%, ce qui implique que les effets d'un
choc d'offre ou de demande et d'une crise survenant dans l'un des pays de la
CEMAC peuvent se propager dans l'ensemble des pays de la zone.
A cet effet, la dépendance interindividuelle demeure un
probleme à prendre en compte. C'est ainsi que Hoechle (2007)
suggère d'utiliser les méthodes d'erreur standard de Driscoll et
Kraay (1998) afin de corriger ce probleme. Les résultats du test de
Discoll et Kraay seront présentés dans l'annexe
15. Par ailleurs, la prise en compte des résultats du test
d'indépendance interindividuelle nous conduit à l'utilisation des
tests de stationnarité de deuxieme génération.
Le tableau 6 suivant présente les
résultats des tests de stationnarité.
Tableau 6 : Analyse de la
stationnarité.
|
Variables
|
A niveau I(0)
|
En 1e différence I(1)
|
|
Test CIPS
|
Test CADF
|
Test CIPS
|
Test CADF
|
|
Chômage
|
-
|
-
|
-4.152*
|
-4.479*
|
|
Inflation
|
-5.235*
|
-5.247*
|
-
|
-
|
|
Pib réel
|
-3.851*
|
-3.034*
|
-
|
-
|
|
Investissement
|
-3.332*
|
-1.652**
|
-
|
-
|
|
Tx d'intérêt
|
-5.809*
|
-4.229*
|
-
|
-
|
|
Tx de change
|
-5.201*
|
-6.095*
|
-
|
-
|
|
Pop
|
-
|
-
|
-
|
-
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1. Afin de déterminer la stationnarité dans nos variables, nous
avons retenu les tests de deuxieme génération suivant : le test
CADF et le test CIPS de Pesaran (2003, 2007). A cet effet, le nombre de retard
retenu pour le test de stationnarité est de 1.
Source : Calculs de l'auteur sur logiciel Stata
15.
Au regard des résultats du tableau 6
ci-dessus, nous constatons que seule la série pop
n'admet aucune stationnarité sur les deux tests utilisés, que
l'on soit à niveau ou en 1e différence.
La littérature sur le modèle de panel ARDL ne
permet pas d'inclure des séries stationnaires à des ordres
supérieures à un I(1). Car en effet, en présence des
variables intégrées d'ordre deux I(2), l'approche de test des
limites ARDL ne fournit pas de résultats robustes.
Ainsi, les variables stationnaires à l'ordre deux I(2)
doivent être éliminées de l'ensemble de données
(Jonas Kibala, 2018 ; Attard Juergen, 2019). De ce fait, nous procédons
par le retrait de la variable pop pour la suite des
analyses22(*).
Dans le souci de tester une éventuelle relation de long
terme entre les variables, nous avons mobilisé les tests de
co-intégration de Pedroni (1999) et de Westerlund (2007). Le
tableau 7 ci-dessous présente les résultats des
différents tests de co-intégration.
Tableau 7 : Analyse de la
co-intégration.
|
Test de Pedroni
|
Test de Westerlund
|
Cointégration de
l'hétérogénéité du panel
|
|
Trend
|
|
No trend
|
|
Trend
|
No trend
|
|
Modified PhillipsPerron t
|
|
3.163*
|
|
2.975*
|
H0 : No cointegration
H1 : Some panels are cointegrated
|
2.062**
|
1.895**
|
|
Phillips-Perron t
|
|
0.793
|
|
2.099**
|
|
|
|
|
Augmented Dickey-Fuller
|
|
-0.758
|
|
2.097**
|
H0: No cointegration H1: All panels
cointegrated
|
are 1.842**
|
0.243
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1.
D'apres les résultats des tests de Pedroni (1999) et
Westerlund (2007), il existe une relation de co-intégration. On peut
prétendre alors à l'existence d'une relation de long terme entre
le chômage et les variables explicatives.
Cependant, la prise en compte de la présence
d'hétérogénéité du panel, du niveau de
stationnarité des variables (I(0) et I(1)) et de l'existence d'une
relation de co-intégration de long terme, conduit à la validation
de notre modèle de panel ARDL (Jonas Kibala, 2018 ; Ouhmad Malika,
2020).
Une autre question importante est que la structure de
décalage de l'ARDL devrait être déterminée par un
critère d'information cohérent. Sur la base du critère
bayésien de Schwartz (BIC) et d'Akaike (AIC), nous imposons la structure
de décalage suivante (1, 1, 1, 1, 1, 1)23(*) pour le chômage, l'inflation, la croissance du
PIB, l'investissement, le taux d'intérêt réel et le taux de
change réel effectif, respectivement. En effet, selon le test du nombre
de retard optimal, le retard 1 est le retard qui minimise les critères
d'informations (Voir Annexe 8).
? Estimation de la dynamique de long terme et de court
terme dans la relation inflation-chômage en CEMAC.
Le tableau suivant présente les résultats des
différents estimateurs du modèle linéaire
autorégressif (ARDL) :
Tableau 8 : Test de spécification
d'Hausman (1978).
|
MG vs PMG
|
MG vs DFE
|
|
chi2(5)
|
9.55
|
-2.50
|
|
p value
|
0.089***
|
«Fails to meet the asymptotic assumptions of the Hausman
test».
|
|
Décision
|
MG
|
Non concluant
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1. Le test de Hausman indique que l'estimation de MG est cohérente et
efficace par rapport à l'estimation de PMG et n'opère pas de
choix face à l'estimateur DFE.
L'examen du test de Hausman (cf. tableau 8)
confirme que le postulat d'hétérogénéité des
coefficients de long terme ne peut être rejeté. Il ne permet pas
non plus de rejeter le postulat d'homogénéité des
coefficients de long terme. De ce fait, les estimations MG et DFE sont donc
plus consistantes et plus efficientes que l'estimation PMG. Ainsi,
l'interprétation de nos résultats sera basée sur les
estimations MG et DFE.
Cependant, étant donné que les pays de la CEMAC
présentent une structure hétérogène, les
résultats de l'estimateur MG seront considérés de plus
réalistes.
Tableau 9 : Présentation des
résultats des estimations de la dynamique de court et long terme.
|
Variables
Chômage
|
Coef.
|
MG
S.E.
|
Prob.
|
Coef.
|
DFE
S.E.
|
Prob.
|
PMG
|
|
|
Coef.
|
S.E.
|
Prob.
|
|
Long
Run
Inf
|
-0.17
|
0.24
|
0.47
|
-0.01
|
0.11
|
0.90
|
0.18
|
0.11
|
0.10
|
|
Pib
|
0.28
|
0.44
|
0.52
|
-0.06
|
0.05
|
0.24
|
-0.34*
|
0.12
|
0.00
|
|
Inv
|
0.47
|
0.46
|
0.31
|
0.04
|
0.03
|
0.16
|
-0.04
|
0.03
|
0.18
|
|
Tint
|
0.85
|
1.18
|
0.46
|
-0.48***
|
0.25
|
0.06
|
-0.97*
|
0.19
|
0.00
|
|
Tch
Short
Run
|
-0.05
|
0.03
|
0.12
|
-0.06
|
0.08
|
0.41
|
-0.07
|
0.06
|
0.27
|
|
ECT
|
-0.31*
|
0.09
|
0.00
|
-0.09*
|
0.02
|
0.00
|
-0.09**
|
0.04
|
0.04
|
|
ÄInf
|
-0.00*
|
0.00
|
0.01
|
-0.00
|
0.00
|
0.67
|
-0.12***
|
0.00
|
0.09
|
|
ÄPib
|
0.00
|
0.00
|
0.17
|
-0.00
|
0.00
|
0.88
|
-0.00
|
0.00
|
0.23
|
|
ÄInv
|
0.00
|
0.01
|
0.42
|
-0.00***
|
0.00
|
0.09
|
0.00
|
0.00
|
0.41
|
|
ÄTint
|
-0.28**
|
0.12
|
0.02
|
-0.14***
|
0.07
|
0.05
|
-0.25**
|
0.10
|
0.01
|
|
ÄTch
|
0.00**
|
0.00
|
0.03
|
0.00
|
0.00
|
0.20
|
0.00
|
0.00
|
0.29
|
|
Cons
|
4.64**
|
2.17
|
0.03
|
0.99*
|
0.28
|
0.00
|
2.12***
|
1.24
|
0.08
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p
< 0.1. Les résultats sont rapportés avec seulement deux (2)
chiffres après les décimales pour éviter la consommation
d'espace. MG, DFE et PMG, tous contrôlant les effets de pays et de temps.
Le premier panneau (LR) montre des effets à long terme. Le
deuxième panneau signale à la fois les effets à court
terme (SR) et la vitesse d'ajustement (ECT). La structure décalée
est ARDL (1, 1, 1, 1, 1, 1) et l'ordre des variables est :
Inflation, Croissance du PIB, Investissement, Taux d'intérêt et
le Taux de change. Les six(6) pays de la zone CEMAC, données annuelles
1994-2022.
Les résultats de l'estimation du modèle
linéaire (cf. tableau 9) montrent qu'à long
terme, pour l'estimateur DFE, seul le taux d'intérêt agit sur le
chômage tandis que pour le MG, aucune variable n'agit à long terme
sur le chômage.
En effet, le coefficient estimé du taux
d'intérêt, dans le DFE, est négatif et statistiquement
significatif au seuil de 10%, ce qui traduit une relation inverse de long terme
avec le chômage.
Ce résultat montre que le taux d'intérêt
réel a un pouvoir explicatif considérable pour prédire les
variations du taux de chômage dans la CEMAC. A cet effet, si le taux
d'intérêt baisse d'une unité, cela va stimuler
l'économie et favoriser la création d'emplois sur une
période prolongée. Ainsi va s'en suivre une réduction du
chômage de 0.06 unités.
Cela a comme implication que la réduction du taux
d'intérêt réel favorise l'accès au marché du
crédit du secteur privé (PME, PMI) ce qui va conduire à
une augmentation du financement des projets entrainant une forte
création des emplois et donc, une baisse du chômage dans les pays
de la zone CEMAC à long terme.
Ce résultat rejoint celui trouvé par Mah
Philippe et al (2023), montrant qu'en agissant sur les taux
d'intérêt cela pourrait réduire le chômage des pays
de l'Afrique Subsaharienne. Contrairement au résultat de Mah Philippe et
al (2023) qui suggère une augmentation du taux d'intérêt,
celui-ci penche plutôt en faveur d'une baisse.
Le coefficient estimé du terme de correction d'erreur
(ECT) est négatif et inférieur à 1 en valeur absolue et
statistiquement significatif au seuil de 1%, que l'on soit dans un estimateur
MG ou DFE. Cela indique que le système est dynamiquement stable et
converge vers un équilibre à long terme. Cependant, les
coefficients des variables inflation, taux d'intérêt et taux de
change sont statistiquement significatifs à court terme dans
l'estimation MG tandis que dans l'estimation DFE, il s'agit des variables
investissement et taux d'intérêt.
Selon les résultats de court terme de l'estimation DFE,
l'investissement et le taux d'intérêt ont un pouvoir explicatif
considérable sur les variations du taux de chômage dans la zone
CEMAC. En effet, il existe des relations statistiquement significatives et
négatives entre l'investissement et le chômage puis, entre le taux
d'intérêt et le chômage.
A court terme, la baisse du taux d'intérêt
favorise la création d'emplois et contribue ainsi à
réduire le chômage mais de façon indirecte. En effet,
lorsque les taux d'intérêt baissent, les entreprises ont
facilement accès aux crédits et au financement bancaire. Ceci
aura pour conséquence d'accroitre leurs dépenses d'investissement
par le moyen d'une création d'emploi. De ce fait, baisser le taux
d'intérêt d'une unité favorise, indirectement, la
réduction du chomage de 0.14 unités.
Quant à l'investissement, le coefficient négatif
qui lui est assigné traduit une relation inverse avec le chômage.
En effet, la faiblesse des investissements serait en partie responsable du fort
taux de chômage. Il s'agit tout d'abord du secteur privé qui
éprouve des difficultés à se refinancer sur le
marché bancaire pour cause d'une élévation des couts des
crédits au sein de la CEMAC. Ensuite, le secteur public qui peine
à investir dans des secteurs stratégiques pourvoyeurs d'emplois.
De ce fait, la baisse d'une unité d'investissements serait à
l'origine de l'augmentation du chômage de 0.005 unités.
Concernant les résultats de l'estimateur MG, à
court terme, l'inflation, le taux d'intérêt et le taux de change
permettent d'expliquer le chômage des pays de la CEMAC, tout comme dans
les travaux d'Ayira Korem (2019). En effet, les coefficients négatifs et
significatifs associés aux variables inflation et taux
d'intérêt traduisent une relation inverse entre ces variables et
le chômage à court terme, ce qui n'est pas le cas pour la variable
taux de change qui, elle, s'associe un coefficient statistique significatif et
positif.
Tout comme dans l'estimateur DFE, la baisse du taux
d'intérêt entraine la création des emplois et donc la
réduction du chômage. Autrement dit, un cout élevé
du crédit favoriserait une insuffisance de la création des
emplois et donc une hausse du chômage à court terme. Ainsi donc,
une réduction d'une unité du cout de crédit entrainerait
une baisse du chômage de 0.28 unités.
Quant à l'inflation, sa réduction conduit
à une élévation du niveau de chômage à court
terme. Ainsi, une diminution d'une unité d'inflation conduit à
une augmentation de 0.008 unités de chômage en zone CEMAC. Ce
résultat confirme l'existence de la relation de Phillips en CEMAC.
Pour le taux de change, un coefficient positif associé
à cette variable traduirait une appréciation de la monnaie
locale. En effet, il en résulte une relation positive entre
l'appréciation de la monnaie locale et le niveau du chômage en
zone CEMAC. Autrement dit, à court terme, un taux de change
élevé entrave les exportations et occasionne les problemes de
compétitivité prix, ce qui entraine comme conséquences la
stagnation des exportations, la baisse de la production et des revenus. Ainsi
donc, une baisse d'une unité du taux de change conduirait à une
baisse du chomage de 0.004 unités.
Recommandations des politiques économiques
:
Aux vues de ces résultats deux principales
recommandations peuvent être formulées à l'endroit des
autorités publiques :
? Premièrement, l'absence de relation entre l'inflation
et le chômage, dans un contexte
d'homogénéité24(*)structurelle des pays, nous pousse à proscrire
des recommandations d'ordre communautaire. En effet, la pratique de la
politique monétaire commune n'est pas optimale pour l'ensemble des pays
de la zone CEMAC. Ainsi, nous recommandons aux dirigeants de la BEAC de prendre
en compte les spécificités structurelles des pays dans la
pratique de sa politique de surveillance ; la prise en compte de ces
spécificités favorise l'existence d'un arbitrage entre
l'inflation et le chomage propre à chaque pays.
? Deuxièmement, les dirigeants des pays de la CEMAC
doivent entreprendre des vastes projets d'investissement dans les
infrastructures mais également de créer des conditions favorables
au développement du secteur privé. C'est dans ces conditions que
va se créer des emplois. Ainsi, en combinant ces actions nous
parviendrons à lutter efficacement contre le chômage
communautaire.
2.2- Modèle non linéaire de la relation
inflation-chômage en zone CEMAC.
Cette section est consacrée à
l'interprétation de l'estimation du modèle non linéaire,
à l'interprétation des résultats et à la
formulation des recommandations des politiques économiques.
Graphique 7 : Analyse graphique de la non
linéarité dans la relation inflation-chômage.

Source : auteur, à partir des
données de la banque mondiale.
Sur cette image nous pouvons observer la présence de la
non linéarité dans trois (3) pays de l'échantillon, il
s'agit entre autre du Cameroun, Congo et Gabon mais egalement l'existence de la
linéarité dans trois (3) autres pays de l'échantillon,
à savoir : la Centre Afrique, le Tchad et la Guinée Equatoriale.
Nous allons vérifier analytiquement le résultat graphique.
? Test de linéarité et du nombre de
régime
Dans un premier temps, nous ajustons un modèle à
seuil unique pour capturer l'effet de seuil.
Ici, nous testons l'hypothèse nulle d'un modèle
linéaire par rapport à l'hypothèse alternative d'un
modèle à seuil unique.
L'hypothèse nulle de la linéarité est
testée par rapport au modèle de seuil à l'aide de la
statistique F avec amorçage, estimant les valeurs p critiques car, elle
a une distribution asymptotique non standard. Les valeurs p asymptotiques sont
calculées à l'aide de 300 réplications bootstrap.
Les résultats du modèle à seuil unique
sont présentés dans le tableau 10. Ils indiquent
que l'hypothèse nulle du modèle linéaire est
rejetée par rapport à l'autre effet de seuil, car la statistique
F est jugée significative au seuil de 10%.
Tableau 10: Résultats du test de
linéarité pour les pays de l'échantillon
|
Model
|
F-statistic
|
Prob
|
Threshold Estimates (??) %
|
95% Confiance interval
|
|
Single
|
8.41
|
0.0533***
|
4.8576
|
[4.31; 5.00]
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1. Threshold effect test (bootstrap = 300)
Cependant, le résultat du seuil de
significativité (10%) confirme la situation selon
laquelle tous les pays de l'échantillon ne sont pas non
linéaires. Ce résultat vient renforcer le résultat mis en
lumière par le graphique 7. En d'autres
termes, tous les pays de notre échantillon n'admettent pas la non
linéarité dans la relation entre l'inflation et le chômage.
Cette situation rend notre analyse complexe en raison de
l'hétérogénéité qui existe entre les pays de
notre échantillon. Ainsi donc, nous allons procéder par le
retrait des pays qui admettent une relation linéaire, nous allons, de ce
fait, travailler uniquement avec les pays qui présentent la non
linéarité.
Tableau 11: Résultats du test de
linéarité pour les pays non linéaire.
|
Model
|
F-statistic
|
Prob
|
Threshold Estimates (??) %
|
95% Confiance interval
|
|
Single
|
7.58
|
0.0367
|
4.80**
|
[4.70 ; 5.00]
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1. Threshold effect test (bootstrap = 300)
Le seuil d'inflation est estimé à 4,80 %, ce
seuil est pour l'instant considéré de temporaire en raison de la
signification de la statistique F à la valeur p de 0,0367. Cela
nécessite d'ajuster davantage de modèles de seuil pour capturer
correctement les effets non linéaires. Par conséquent, nous
allons plus loin en estimant des modèles PTR à double et à
triple seuils.
Ici, nous choisissons un modèle à triple seuil
comme résultat d'un modèle à double seuil indiquant
l'ajustement de plusieurs modèles de seuil. En allant
séquentiellement, nous ajustons ensuite un modèle à trois
seuils pour tester les effets de seuil et déterminer le nombre de
régime.
L'hypothèse nulle est testée pour le
modèle à seuil unique par rapport à l'hypothèse
alternative du modèle à double seuil, et ainsi de suite. Dans
leur modèle de points de changement multiples, Bai et Perron (1998)
trouvent également que l'estimation séquentielle est
cohérente.
De ce fait, 0 (zéro) est défini pour le
modèle à seuil unique, car nous n'avons pas besoin d'appliquer
à nouveau des réplications bootstrap. De cette façon, nous
supprimons la sortie des réplications bootstrap et la régression
à effet fixe pour un seul seuil. Les résultats de la recherche de
seuil sont présentés au tableau 12.
Tableau 12: Recherche des effets de seuil
dans différents modèles.
|
Threshold
|
F-statistic
|
Prob
|
10%
|
5%
|
1%
|
|
Single
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
|
Double
|
3.20
|
0.7067
|
5.7866
|
6.7507
|
7.0224
|
|
Triple
|
3.49
|
0.7967
|
8.5798
|
10.5857
|
10.8448
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1. Threshold effect test (bootstrap = 0 300 300).
Aucunes statistiques des modèles à double et
triple seuil ne sont significatives. Cela indique qu'il n'est pas
nécessaire d'aller plus loin pour les seuils de chasse.
Sur cette base, nous concluons à l'existence d'un seuil
dans la relation entre l'inflation et le chômage en zone CEMAC. Ainsi,
nous consacrons le reste de l'analyse sur l'estimation d'un modèle
à seuil unique, car les modèles à double et triple seuil
sont jugés non significatifs.
? Estimation des effets de seuil dans la relation
inflation-chômage en zone CEMAC :
Tableau 13: Estimation du modèle
à seuil unique.
|
Model
|
|
Threshold
|
Lower Bound
|
Upper Bound
|
|
??1
|
4.80**
|
4.70
|
5.00
|
Source : Calcul de l'auteur. Note
: * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p < 0.1. Remarque
: Le test de l'effet de seuil révèle que le Single
correspond à H0 (modèle linéaire) et Ha (modèle
à seuil unique).
Les résultats présentent l'existence d'un modele
à seuil unique qui présente une significativité au seuil
conventionnel de 5%. Ce résultat traduit que le modele à seuil
unique est le plus optimal avec une valeur p de 0,0367.
Les résultats de la régression à effets
fixes sont présentés au tableau 14. Les
estimations de régression peuvent être modélisées
comme suit :
CHO???? = 13,966 + 0,265inf????
(inf???? = 4,80) - 0.042inf???? (inf???? >
4,80) -
0,056pibréel???? - 0,002investtotal????
+ 0,110tint???? -
0,049tch????
(13)
Tableau 14: Estimation de la
régression du modèle à seuil unique
|
Dependent: Chômage
|
Coefficients
|
Standard error.
|
t-statistic
|
P-value
|
|
PIB réel
|
-0.056
|
0.048
|
-1.15
|
0.253
|
|
Investissement total
|
-0.002
|
0.018
|
-0.15
|
0.882
|
|
Tx d'intérêt réel
|
0.110
|
0.097
|
1.14
|
0.259
|
|
Tx de change réel
|
-0.049**
|
0.022
|
-2.17
|
0.033
|
|
|
|
|
|
|
Inflation
|
|
|
|
|
|
Infit = 4.80 %
|
0.256**
|
0.101
|
2.61
|
0.011
|
|
infit > 4.80 %
|
-0.042
|
0.031
|
-1.34
|
0.184
|
|
|
|
|
|
|
Constant
|
13.966*
|
0.843
|
16.55
|
0.000
|
|
sigma_u
|
8.408
|
Number of observations
|
87
|
|
|
sigma_e
|
1.409
|
Number of groups
|
3
|
|
|
rho
|
0.972
|
Minimum
|
29
|
|
|
Within
|
0.171
|
Average
|
29
|
|
|
Between
|
0.173
|
Maximum
|
29
|
|
|
Overall
|
0.000
|
F(6, 78)
|
2.70
|
|
|
Breush-Pagan
|
0.516
|
Prob > F
|
0.019
|
|
Note : * p < 0.01, ** p < 0.05, ***p <
0.1.
La statistique F de 558,64 au niveau de la
significativité globale de 1%, avec l'hypothèse nulle de tous
ui=0, confirme que le modèle à effet fixe est
approprié.
Les valeurs p bootstrap du seuil soutient l'existence d'un
effet de seuil au niveau de significativité de 1 %. De plus, le test de
Breush-Pagan affiche une probabilité de 0,516 rejetant
l'hypothèse alternative d'hétéroscédaticité.
Le seuil estimé est de 4,80 %. Techniquement,
infit = 4,80 % et ; infit > 4,80 % désignent,
respectivement, un taux d'inflation faible et élevé.
Les estimations de la pente de régression dans le
modèle PTR indiquent l'effet de l'inflation dans deux (2) régimes
:
ï Lorsque l'inflation = 4,80 %, le coefficient positif de
0,265 suggère que le chomage est positivement lié à
l'inflation. La significativité de ce résultat au seuil
conventionnel de 5% nous impose de l'accepter.
ï Lorsque l'inflation > 4,80 %, l'effet négatif
de l'inflation sur le chômage apparait avec un coefficient non
significatif de -0,042. La non significativité de ce résultat
nous impose de ne pas en tenir compte.
Le coefficient plus fort de l'inflation lorsqu'elle se situe
au premier régime implique une relation plus responsable entre ces deux
variables. Ainsi, les deux variables se dirigent dans la même direction.
Autrement dit, une évolution croissante du chômage entraine
également une évolution dans le même sens de l'inflation.
Nous interprétons le seuil significatif obtenu au
premier régime comme un seuil critique pour les trois (3) pays de la
zone CEMAC car à ce seuil d'inflation atteint, il n'y a pas de
réduction du chomage, juste une élévation du niveau
d'inflation.
Cette situation présentée par les
résultats peut s'interpréter lorsqu'on associe la montée
de la population active et les insuffisances structurelles des pays de la
CEMAC.
En effet, la montée de la population active jeune et
l'insuffisance des structures pour les accueillir sont à l'origine de la
hausse du niveau de chomage. Un chomage qui est en majorité structurel,
c'est-à-dire, lié à une insuffisance des structures
d'emploi qui s'associe à une montée de la population active
jeune.
Dans ce contexte structurel, toute politique monétaire
expansionniste dans le but de réduire ce chomage, va conduire à
une élévation du niveau d'inflation au niveau du seuil sans la
moindre réduction du chomage. C'est ce que montre la relation obtenu au
niveau du seuil d'inflation de
4.80%.
Recommandations des politiques économiques :
Au regard des résultats fournis par l'estimation du
modele non linéaire, nous adressons comme formulation aux dirigeants des
pays de la CEMAC de mettre en places des réelles politiques
structurelles afin de dynamiser le système économique et de
lutter de manière efficace contre ces deux phénomènes
simultanément.
En effet, le résultat du seuil obtenu nous invite
à croire en ce qu'une mise en place des politiques réelles visant
à résorber durablement le chômage pourrait stabiliser la
progression des prix, car les deux phénomènes évoluent
ensembles et dans la même direction.
Nous citons ici quelques politiques réelles
structurelles qui peuvent être appliquées pour la dynamisation du
système économique et la résorption du chomage de la CEMAC
:
Les réformes du marché du travail : il s'agit
particulièrement des mesures visant à dynamiser le marché
du travail et à réduire le chômage, comme les politiques
actives visant à prioriser la main d'oeuvre locale, à faciliter
l'accès à l'emploi en améliorant la formation
professionnelle des chômeurs, les stages et les contrats d'insertion.
L'investissement dans les infrastructures : il s'agit
d'améliorer les infrastructures de transport, de communication et
d'énergie afin de soutenir l'activité économique par le
moyen du développement des nouveaux secteurs d'activité comme le
tourisme et l'agriculture.
Le développement des petites et moyennes entreprises et
industries (PME et PMI) : il s'agit de mettre en place des programmes de
soutien et d'accompagnement pour les PME et PMI locales.
Il s'agit entre autres de l'accès au financement,
l'assistance technique et la formation. Ces mesures auront pour effets
d'encourager l'initiative privée, réduire le chômage en
dynamisant l'économie locale.
L'amélioration de la gouvernance : cette action est
primordiale surtout pour ces pays dont la gouvernance est entachée par
des actes de corruption. Ainsi, nous recommandons aux dirigeants de renforcer
les mécanismes de lutte contre la corruption, d'améliorer
l'environnement des affaires afin d'attirer des investisseurs étrangers.
CONCLUSION GENERALE.
À l'aide d'un panel de six pays de la zone CEMAC pour
la période 1994-2022, la présente étude a examiné
la relation entre l'inflation et le chômage.
Afin de mieux analyser cette relation empirique, nous nous
sommes inscrits dans le champ théorique monétariste de la courbe
de Phillips et, nous nous sommes appuyés sur le travail de
Sin-Yu Ho et al (2018) qui, ont analysé la relation
entre le chômage et l'inflation dans la zone Euro. Tout comme ces
auteurs, nous avons utilisé une double approche
économétrique basée à la fois sur l'utilisation du
modèle dynamique linéaire développé par Pesaran et
al (1999) et du modèle non linéaire de seuil à effet fixe
développé par Hansen (1999).
L'étude de la dynamique de l'inflation et du
chômage nous a permis d'obtenir les preuves d'une relation inverse
à court terme, en tenant compte de
l'hétérogénéité structurelle des pays.
Par ailleurs, sur la base de nos hypothèses, nous avons
également vérifié s'il existait des preuves de non
linéarité dans cette relation pour les économies de la
CEMAC. A cet effet, les résultats obtenus ont non seulement
confirmé la présence de non linéarité dans trois
(3) pays de notre échantillon mais, ils ont aussi montré
l'existence d'effet de seuil dans la relation entre l'inflation et le
chômage.
Toutefois, nous soulignons comme limites à notre
étude le fait d'avoir tiré des conclusions reposant sur les
effets agrégés obtenus en travaillant sur l'ensemble des pays de
notre panel de façon groupée. En effet, l'utilisation de
l'approche dynamique en panel dans cette étude permet certes, de tenir
compte des divergences entre pays mais, ne prend pas en compte les
expériences uniques de manière séparée pour chaque
pays. Ainsi, nous encourageons les études futures à envisager
d'utiliser des méthodes de séries chronologiques afin de mieux
apporter des précisions sur l'implication des effets de seuil dans la
relation inflation-chômage au niveau individuel des pays de la CEMAC.
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ANNEXES
Tests pré-estimation :
Annexe 1 : Statistiques descriptives
. sum chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel popact
|
Variable
|
Obs Mean Std. Dev. Min Max
|
|
chomage
|
174 9.877236 7.291541 .63 22.667
|
|
inflation
|
174 4.323189 6.791749 -8 43.7
|
|
pibreel
|
174 4.757779 10.99244 -36.4 95.26215
|
|
investtotal
|
174 26.11671 17.75203 2.099 115.102
|
|
txinteretr~l
|
174 5.061767 1.779207 2.45 8.6
|
|
txdechange~l
|
174 -.5054564 8.004629 -36.5306 24.2
|
|
popact
|
174 65.30444 9.251472 47.494 83.184
|
Annexe 2 : Test de
multicolinéarité
. corr chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txinteretreel popact (obs=174)
|
chomage inflat~n pibreel invest~l txinte~l txinte~l
popact
|
|
chomage
|
1.0000
|
|
inflation
|
-0.0137 1.0000
|
|
pibreel
|
-0.1131 0.0108 1.0000
|
|
investtotal
|
0.4143 0.1205 0.4105 1.0000
|
|
txinteretr~l
|
-0.0073 0.3231 0.2376 0.1080 1.0000
|
|
txinteretr~l
|
-0.0073 0.3231 0.2376 0.1080 1.0000 1.0000
|
|
popact
|
-0.3901 0.0040 -0.0706 -0.2788 0.1699 0.1699
1.0000
|
Annexe 3 : Test
d'homogénéité
. xtrc chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel popact
Random-coefficients regression Number of obs
= 174
Group variable: id Number of
groups = 6
Obs per
group:
min = 29
avg = 29.0
max = 29
Wald chi2(6)
= 27.76
Prob > chi2
= 0.0001
|
chomage
|
Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
|
|
inflation
|
-.001501 .0083613 -0.18 0.858 -.0178889
.0148868
|
|
pibreel
|
.0070939 .0409496 0.17 0.862 -.0731658
.0873537
|
|
investtotal
|
-.0177077 .0239198 -0.74 0.459 -.0645896
.0291742
|
|
txinteretreel
|
.2268138 .2741482 0.83 0.408 -.3105067
.7641343
|
|
txdechangereel
|
-.0009121 .007137 -0.13 0.898 -.0149003
.0130762
|
|
popact
|
-.5464922 .1661568 -3.29 0.001 -.8721535
-.220831
|
|
_cons
|
44.65348 14.34881 3.11 0.002 16.53032
72.77663
|
Test of parameter constancy: chi2(35) = 65991.87 Prob
> chi2 = 0.0000
Annexe 4 : Test de spécification de Hausman
. xtreg chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel popact, fe
Fixed-effects (within) regression Number of obs
= 174 Group variable: id Number of groups
= 6
R-sq: Obs per group:
within = 0.1229
min = 29 between = 0.1730
avg = 29.0 overall = 0.1488
max = 29
F(6,162)
= 3.78 corr(u_i, Xb) = -0.5424 Prob > F
= 0.0015
|
chomage
|
Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf.
Interval]
|
|
inflation
|
-.0138686 .0131712 -1.05 0.294 -.0398779
.0121408
|
|
pibreel
|
-.002417 .0086742 -0.28 0.781 -.0195461
.0147121
|
|
investtotal
|
-.0015792 .0064148 -0.25 0.806 -.0142467
.0110882
|
|
txinteretreel
|
-.1511477 .0609788 -2.48 0.014 -.2715635
-.0307318
|
|
txdechangereel
|
-.0240256 .0104966 -2.29 0.023 -.0447535
-.0032977
|
|
popact
|
.1606087 .0386909 4.15 0.000 .084205
.2370123
|
|
_cons
|
.254408 2.363055 0.11 0.914 -4.411955
4.920771
|
|
sigma_u
|
8.6508356
|
|
sigma_e
|
1.024694
|
|
rho
|
.98616366 (fraction of variance due to u_i)
|
F test that all u_i=0: F(5, 162) = 1078.46
Prob > F = 0.0000
. xtreg chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel popact, re
Random-effects GLS regression Number of obs
= 174
Group variable: id Number of
groups = 6
R-sq: Obs per
group:
within = 0.0007
min = 29 between = 0.6350
avg = 29.0 overall = 0.3659
max = 29
Wald chi2(6)
= 96.38 corr(u_i, X) = 0 (assumed) Prob > chi2
= 0.0000
|
chomage
|
Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
|
|
inflation
|
-.146962 .0743187 -1.98 0.048 -.2926239
-.0013
|
|
pibreel
|
-.2367551 .046209 -5.12 0.000 -.327323
-.1461872
|
|
investtotal
|
.2017864 .0293602 6.87 0.000 .1442416
.2593313
|
|
txinteretreel
|
.4805302 .2819672 1.70 0.088 -.0721153
1.033176
|
|
txdechangereel
|
-.0990087 .0593879 -1.67 0.095 -.2154069
.0173895
|
|
popact
|
-.2296692 .0519128 -4.42 0.000 -.3314164
-.1279221
|
|
_cons
|
18.88506 3.661218 5.16 0.000 11.7092
26.06091
|
|
sigma_u
|
0
|
|
sigma_e
|
1.024694
|
|
rho
|
0 (fraction of variance due to u_i)
|
. hausman fixed random, sigmamore
Note: the rank of the differenced variance matrix (5) does not
equal the number of coefficients being tested (6); be sure this is what
you expect, or there may be problems computing the test. Examine the output
of your estimators for anything unexpected and possibly consider scaling
your variables so that the coefficients are on a similar scale.
Coefficients
|
(b) (B) (b-B)
sqrt(diag(V_b-V_B)) fixed random Difference S.E.
|
|
inflation
|
-.0138686 -.146962 .1330934 .0157028
|
|
pibreel
|
-.002417 -.2367551 .2343381 .0191634
|
|
investtotal
|
-.0015792 .2017864 -.2033656 .022508
|
|
txinteretr~l
|
-.1511477 .4805302 -.6316779 .2101591
|
|
txdechange~l
|
-.0240256 -.0990087 .0749831 .0117295
|
|
popact
|
.1606087 -.2296692 .3902779 .2170115
|
b = consistent under Ho and Ha; obtained
from xtreg B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained
from xtreg Test: Ho: difference in coefficients not systematic
chi2(5) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 162.13
Prob>chi2 = 0.0000
Annexe 5 : Test d'indépendance interindividuel
. xtcsi chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel popact, trend
Bias-adjusted LM test of error cross-section independence
H0: Cov(uit,ujt) = 0 for all t and i!=j
|
Test
|
Statistic p-value
|
|
LM
|
27.87 0.0224
|
|
LM adj*
|
4.247 0.0000
|
|
LM CD*
|
4.232 0.0000
|
*two-sided test
Annexe 6 : Test de racine unitaire de
2e génération (CIPS et CADF de Pesaran)
Chômage.
. xtcips d.chomage, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for D.chomage Deterministics chosen: constant &
trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS = -4.152 N,T = (6,28)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf d.chomage, lags(1)
Pesaran's CADF test for D.chomage
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,28) Obs = 156 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-3.534 -2.210 -2.330 -2.570 -4.479 0.000
Inflation.
. xtcips inflation, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for inflation Deterministics chosen: constant &
trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
Individual ti were truncated during the aggregation process
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS* = -5.235 N,T = (6,29)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf inflation, lags(1)
Pesaran's CADF test for inflation
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,29) Obs = 162 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-3.838 -2.210 -2.330 -2.570 -5.247 0.000
.
Pibréel.
. xtcips pibreel, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for pibreel Deterministics chosen: constant &
trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS = -3.851 N,T = (6,29)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf pibreel, lags(1)
Pesaran's CADF test for pibreel
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,29) Obs = 162 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-2.962 -2.210 -2.330 -2.570 -3.034 0.001
Investtotal.
. xtcips investtotal, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for investtotal Deterministics chosen: constant &
trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS = -3.332 N,T = (6,29)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf investtotal, lags(1)
Pesaran's CADF test for investtotal
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,29) Obs = 162 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-2.414 -2.210 -2.330 -2.570 -1.652 0.049
Txinteret.
. xtcips txinteretreel, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for txinteretreel Deterministics chosen: constant
& trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
Individual ti were truncated during the aggregation process
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS* = -5.809 N,T = (6,29)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf txinteretreel, lags(1)
Pesaran's CADF test for txinteretreel
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,29) Obs = 162 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-3.435 -2.210 -2.330 -2.570 -4.229 0.000
Txdechange.
. xtcips txdechangereel, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for txdechangereel Deterministics chosen: constant
& trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based
on F joint test
Individual ti were truncated during the aggregation process
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS* = -5.201 N,T = (6,29)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf txdechangereel, lags(1)
Pesaran's CADF test for txdechangereel
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,29) Obs = 162 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-4.174 -2.210 -2.330 -2.570 -6.095 0.000
Popact.
. xtcips d2.popact, maxlags(2) bglag(1) trend
Pesaran Panel Unit Root Test with cross-sectional and first
difference mean included for D2.popact Deterministics chosen: constant &
trend
Dynamics: lags criterion decision General to Particular based on
F joint test
Individual ti were truncated during the aggregation process
H0 (homogeneous non-stationary): bi = 0 for all
i
CIPS* = -4.784 N,T = (6,27)
|
10% 5% 1%
|
|
Critical values at
|
-2.73 -2.86 -3.1
|
. pescadf d2.popact, lags(1)
Pesaran's CADF test for D2.popact
Cross-sectional average in first period extracted and extreme
t-values truncated Deterministics chosen: constant
t-bar test, N,T = (6,27) Obs = 150 Augmented by 1
lags (average)
t-bar cv10 cv5 cv1 Z[t-bar] P-value
-3.070 -2.210 -2.330 -2.570 -3.309 0.000
Annexe 7 : Test de co-intégration
Pedroni :
. xtcointtest pedroni chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel
Pedroni test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6
Ha: All panels are cointegrated Number of periods
= 28
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included Kernel:
Bartlett
Time trend: Not included Lags:
3.00 (Newey-West)
AR parameter: Panel specific Augmented lags: 1
Statistic p-value
Modified Phillips-Perron t 2.9758
0.0015
Phillips-Perron t 2.0991
0.0179
Augmented Dickey-Fuller t 2.0974
0.0180
. xtcointtest pedroni chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel, trend
Pedroni test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6
Ha: All panels are cointegrated Number of periods
= 28
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included Kernel:
Bartlett
Time trend: Included Lags:
3.00 (Newey-West)
AR parameter: Panel specific Augmented lags: 1
Statistic p-value
Modified Phillips-Perron t 3.1634
0.0008
Phillips-Perron t 0.7937
0.2137
Augmented Dickey-Fuller t -0.7588
0.2240
Westerlund :
. xtcointtest westerlund chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel
Westerlund test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6
Ha: Some panels are cointegrated Number of periods
= 29
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included
Time trend: Not included
AR parameter: Panel specific
Statistic p-value
Variance ratio 1.8950
0.0290
. xtcointtest westerlund chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel, trend
Westerlund test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6
Ha: Some panels are cointegrated Number of periods
= 29
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included
Time trend: Included
AR parameter: Panel specific
Statistic
p-value

Variance ratio 2.0625
0.0196
. xtcointtest westerlund chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel, all
Westerlund test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6 Ha: All panels are cointegrated Number of periods =
29
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included
Time trend: Not included
AR parameter: Same
Statistic
p-value

Variance ratio 0.2430
0.4040
. xtcointtest westerlund chomage inflation pibreel investtotal
txinteretreel txdechangereel, trend all
Westerlund test for cointegration
Ho: No cointegration Number of panels
= 6
Ha: All panels are cointegrated Number of periods
= 29
Cointegrating vector: Panel specific
Panel means: Included
Time trend: Included
AR parameter: Same
Statistic
p-value

Variance ratio 1.8422
0.0327
Annexe 8 : Retard optimal
. pvarsoc chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel,
pvaro(instl(1/4)) Running panel VAR lag order selection on estimation sample
....
Selection order criteria
Sample: 1998 - 2021 No. of obs
= 144
No. of panels
= 6
Ave. no. of T
= 24.000
|
lag
|
CD J J pvalue MBIC MAIC MQIC
|
|
1
|
.9999984 87.31236 .1565396 -285.4236 -62.68764
-153.195
|
|
2
|
.9999975 59.15865 .1759214 -189.332 -40.84135
-101.1796
|
|
3
|
.9999979 27.91347 .311852 -96.33186 -22.08653
-52.25564
|
|
4
|
.999988 . . . .
.
|
Estimations :
Annexe 9 : Estimation du modele
linéaire (ARDL) PMG :
. xtpmg d(chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel), lr(l.chomage inflation pibreel
> investtotal txinteretreel txdechangereel)ec(ECT) replace
pmg
Iteration 0: log likelihood = -6.304936 (not concave)
Iteration 1: log likelihood = 5.7469344 (not concave)
Iteration 2: log likelihood = 6.6469746 (not concave)
Iteration 3: log likelihood = 7.8909736 (not concave)
Iteration 4: log likelihood = 9.6600744
Iteration 5: log likelihood = 9.6616443
Iteration 6: log likelihood = 10.315615
Iteration 7: log likelihood = 10.337006
Iteration 8: log likelihood = 10.337042
Iteration 9: log likelihood = 10.337042
Pooled Mean Group Regression
(Estimate results saved as pmg)
Panel Variable (i): id Number of obs
= 168
Time Variable (t): années Number of
groups = 6 Obs per
group: min = 28
avg = 28.0
max = 28
Log Likelihood
= 10.33704
|
D.chomage
|
Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
|
|
ECT inflation
|
.1811211 .1113045 1.63 0.104 -.0370318
.3992739
|
|
pibreel
|
-.3475589 .1209572 -2.87 0.004 -.5846305
-.1104872
|
|
investtotal
|
-.0408306 .0310848 -1.31 0.189 -.1017558
.0200945
|
|
txinteretreel
|
-.9794337 .1903848 -5.14 0.000 -1.352581
-.6062863
|
|
txdechangereel
|
-.0747582 .067806 -1.10 0.270 -.2076555
.0581391
|
|
SR
ECT
|
-.0930544 .0458407 -2.03 0.042 -.1829006
-.0032083
|
|
inflation D1.
|
-.0124101 .0075312 -1.65 0.099 -.027171
.0023509
|
|
pibreel D1.
|
-.009297 .0079019 -1.18 0.239 -.0247844
.0061904
|
|
investtotal D1.
|
.0040269 .0049429 0.81 0.415 -.005661
.0137148
|
|
txinteretreel D1.
|
-.2584055 .1012771 -2.55 0.011 -.456905
-.0599059
|
|
txdechangereel D1.
|
.0021138 .0020191 1.05 0.295 -.0018436
.0060711
|
|
_cons
|
2.124976 1.240025 1.71 0.087 -.3054293
4.555381
|
MG :
. xtpmg d(chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel), lr(l.chomage inflation pibreel
> investtotal txinteretreel txdechangereel)ec(ECT) replace
mg

Mean Group Estimation: Error Correction Form
(Estimate results saved as mg)
|
D.chomage
|
Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
|
|
ECT inflation
|
-.1776513 .2490983 -0.71 0.476 -.6658751
.3105725
|
|
pibreel
|
.2827836 .4475003 0.63 0.527 -.5943009
1.159868
|
|
investtotal
|
.4748828 .467392 1.02 0.310 -.4411886
1.390954
|
|
txinteretreel
|
.8572774 1.182418 0.73 0.468 -1.460219
3.174774
|
|
txdechangereel
|
-.0585267 .0384155 -1.52 0.128 -.1338198
.0167663
|
|
SR
ECT
|
-.3117279 .0952867 -3.27 0.001 -.4984864
-.1249695
|
|
inflation D1.
|
-.0080757 .0033785 -2.39 0.017 -.0146975
-.0014538
|
|
pibreel D1.
|
.009411 .0069415 1.36 0.175 -.004194
.0230161
|
|
investtotal D1.
|
.009742 .0123089 0.79 0.429 -.014383
.033867
|
|
txinteretreel D1.
|
-.2812857 .1266987 -2.22 0.026 -.5296105
-.0329609
|
|
txdechangereel D1.
|
.0044252 .0020939 2.11 0.035 .0003212
.0085293
|
|
_cons
|
4.641298 2.172837 2.14 0.033 .3826158
8.899979
|
DFE :
. xtpmg d(chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel), lr(l.chomage inflation pibreel
> investtotal txinteretreel txdechangereel)ec(ECT) replace
dfe
Dynamic Fixed Effects Regression: Estimated Error Correction
Form

(Estimate results saved as DFE)
|
Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf.
Interval]
|
|
ECT inflation
|
-.0137253 .119145 -0.12 0.908 -.2472452
.2197947
|
|
pibreel
|
-.0606266 .0523745 -1.16 0.247 -.1632788
.0420256
|
|
investtotal
|
.0477423 .0346909 1.38 0.169 -.0202507
.1157352
|
|
txinteretreel
|
-.4821345 .258411 -1.87 0.062 -.9886108
.0243419
|
|
txdechangereel
|
-.0686283 .0838183 -0.82 0.413 -.2329091
.0956524
|
|
SR
ECT
|
-.0903986 .0265186 -3.41 0.001 -.1423741
-.0384231
|
|
inflation D1.
|
-.0021574 .0050822 -0.42 0.671 -.0121183
.0078035
|
|
pibreel D1.
|
-.0004788 .003257 -0.15 0.883 -.0068623
.0059047
|
|
investtotal D1.
|
-.0058804 .0035631 -1.65 0.099 -.0128639
.0011032
|
|
txinteretreel D1.
|
-.1436705 .0754635 -1.90 0.057 -.2915761
.0042352
|
|
txdechangereel D1.
|
.0049131 .0038602 1.27 0.203 -.0026527
.012479
|
|
_cons
|
.9946397 .2858844 3.48 0.001 .4343167
1.554963
|
Annexe 10 : Test de Hausman MG vs PMG :
. hausman mg pmg, sigmamore
Coefficients
|
(b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
mg pmg Difference S.E.
|
|
inflation
|
-.1776513 .1811211 -.3587724 .3420979
|
|
pibreel
|
.2827836 -.3475589 .6303424 .6348628
|
|
investtotal
|
.4748828 -.0408306 .5157134 .6742943
|
|
txinteretr~l
|
.8572774 -.9794337 1.836711 1.697009
|
|
txdechange~l
|
-.0585267 -.0747582 .0162315 .
|
b = consistent under Ho and Ha; obtained
from xtpmg B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained
from xtpmg Test: Ho: difference in coefficients not systematic
chi2(5) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 9.55
Prob>chi2 = 0.0890
(V_b-V_B is not positive definite)
MG vs DFE :
. hausman mg dfe, sigmamore
Coefficients
|
(b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
mg dfe Difference S.E.
|
|
inflation
|
-.1776513 -.0137253 -.163926 3.967301
|
|
pibreel
|
.2827836 -.0606266 .3434102 7.130199
|
|
investtotal
|
.4748828 .0477423 .4271405 7.447262
|
|
txinteretr~l
|
.8572774 -.4821345 1.339412 18.83867
|
|
txdechange~l
|
-.0585267 -.0686283 .0101016 .6063404
|
b = consistent under Ho and Ha; obtained
from xtpmg B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained
from xtpmg Test: Ho: difference in coefficients not systematic
chi2(5) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= -2.50 chi2<0 ==> model
fitted on these data fails to meet the
asymptotic assumptions of the Hausman
test; see suest for a generalized
test

.
DFE vs PMG :
. hausman pmg dfe, sigmamore
Coefficients
|
(b) (B) (b-B) sqrt(diag(V_b-V_B))
pmg dfe Difference S.E.
|
|
inflation
|
.1811211 -.0137253 .1948464 1.222221
|
|
pibreel
|
-.3475589 -.0606266 -.2869323 1.333484
|
|
investtotal
|
-.0408306 .0477423 -.0885729 .3411977
|
|
txinteretr~l
|
-.9794337 -.4821345 -.4972993 2.084546
|
|
txdechange~l
|
-.0747582 -.0686283 -.0061299 .7433882
|
b = consistent under Ho and Ha; obtained
from xtpmg B = inconsistent under Ha, efficient under Ho; obtained
from xtpmg Test: Ho: difference in coefficients not systematic
chi2(5) = (b-B)'[(V_b-V_B)^(-1)](b-B)
= 0.12
Prob>chi2 = 0.9997
Annexe 10 : Test de non
linéarité des pays de l'echantillon.
. xthreg chomage pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel, rx(inflation) qx(inflation) thnum (1) trim(0.1) bs(300 > )
noreg
Estimating the threshold parameters: 1st ...... Done
Boostrap for single threshold
.................................................. + 50
.................................................. + 100
.................................................. + 150
.................................................. + 200
.................................................. + 250
.................................................. + 300
Threshold estimator (level = 95):
|
model
|
Threshold Lower Upper
|
|
Th-1
|
4.8576 4.3100 5.0000
|
Threshold effect test (bootstrap = 300):
|
Threshold
|
RSS MSE Fstat Prob Crit10 Crit5
Crit1
|
|
Single
|
177.8727 1.2267 8.41 0.0533 7.0092 8.4258
12.5828
|
Annexe 11 : Test de non
linéarité des trois (3) pays de l'échantillon.
. xthreg chomage pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel, rx(inflation) qx(inflation)
> thnum (1) trim(0.05) bs(300) noreg
Estimating the threshold parameters: 1st ...... Done
Boostrap for single threshold
.................................................. + 50
.................................................. + 100
.................................................. + 150
.................................................. + 200
.................................................. + 250
.................................................. + 300
Threshold estimator (level = 95):
|
model
|
Threshold Lower Upper
|
|
Th-1
|
4.8000 4.7000 5.0000
|
Threshold effect test (bootstrap = 300):
|
Threshold
|
RSS MSE Fstat Prob Crit10 Crit5
Crit1
|
|
Single
|
155.0703 2.6736 7.58 0.0367 6.6630 6.6994
7.9623
|
Annexe 12 : Test du nombre de régime
dans le modele non linéaire (Méthode séquentielle)
. xthreg chomage pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel, rx(inflation) qx(inflation)
> thnum (3) trim(0.05 0.05 0.05) bs(0 300 300) noreg
Estimating the threshold parameters: 1st ...... 2nd
...... 3rd ...... Done Boostrap for double threshold model:
.................................................. + 50
.................................................. + 100
.................................................. + 150
.................................................. + 200
.................................................. + 250
.................................................. + 300 Boostrap for triple
threshold model:
.................................................. + 50
.................................................. + 100
.................................................. + 150
.................................................. + 200
.................................................. + 250
.................................................. + 300
Threshold estimator (level = 95):
|
model
|
Threshold Lower Upper
|
|
Th-1
|
4.8000 4.7000 5.0000
|
|
Th-21
|
4.6560 4.1000 4.7000
|
|
Th-22
|
2.6790 2.6500 2.7000
|
|
Th-3
|
1.7000 1.5000 1.8000
|
Threshold effect test (bootstrap = 0 300 300):
|
Threshold
|
RSS MSE Fstat Prob Crit10 Crit5
Crit1
|
|
Single
|
. . . . . . .
|
|
Double
|
146.9693 2.5340 3.20 0.7067 5.7866 6.7507
7.0224
|
|
Triple
|
138.6218 2.3900 3.49 0.7967 8.5798 10.5857
10.8448
|
.
Annexe 13 : Estimation des effets de seuil
dans le modele non linéaire (PTR)
. xthreg chomage pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel, rx(inflation) qx(inflation)
> thnum (1) trim(0.05) bs(300)
Estimating the threshold parameters: 1st ...... Done
Boostrap for single threshold
.................................................. + 50
.................................................. + 100
.................................................. + 150
.................................................. + 200
.................................................. + 250
.................................................. + 300
Threshold estimator (level = 95):
|
model
|
Threshold Lower Upper
|
|
Th-1
|
4.8000 4.7000 5.0000
|
Threshold effect test (bootstrap = 300):
|
Threshold
|
RSS MSE Fstat Prob Crit10 Crit5
Crit1
|
|
Single
|
155.0703 2.6736 7.58 0.0233 6.5104 6.6630
7.9623
|
Fixed-effects (within) regression Number of obs
= 87
Group variable: id Number of groups
= 3
R-sq: within = 0.1719 Obs per group:
min = 29 between = 0.1733
avg = 29.0 overall = 0.0003
max = 29
F(6,78)
= 2.70 corr(u_i, Xb) = -0.0723 Prob > F
= 0.0197
|
chomage
|
Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf.
Interval]
|
|
pibreel
|
-.0560309 .0486998 -1.15 0.253 -.1529847
.040923
|
|
investtotal
|
-.0026942 .0181101 -0.15 0.882 -.0387486
.0333603
|
|
txinteretreel
|
.1104411 .0972001 1.14 0.259 -.0830695
.3039517
|
|
txdechangereel
|
-.0498258 .0229604 -2.17 0.033 -.0955364
-.0041152
|
|
_cat#c.inflation
0
|
.2654049 .1016058 2.61 0.011 .0631233
.4676865
|
|
1
|
-.0421471 .0314368 -1.34 0.184 -.1047329
.0204387
|
|
_cons
|
13.96681 .8437679 16.55 0.000 12.287
15.64662
|
|
sigma_u
|
8.4087306
|
|
sigma_e
|
1.4099933
|
|
rho
|
.97265168 (fraction of variance due to u_i)
|
F test that all u_i=0: F(2, 78) = 558.64 Prob
> F = 0.0000
.
Post-estimation :
Annexe 15 : Correction de la dépendance
transversale
. xtreg chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel, fe robust
Fixed-effects (within) regression Number of obs
= 174 Group variable: id Number of groups
= 6
R-sq: Obs per group:
within = 0.0296
min = 29 between = 0.0090
avg = 29.0 overall = 0.0000
max = 29
F(5,5)
= 8.93 corr(u_i, Xb) = -0.0303 Prob > F
= 0.0156
(Std. Err. adjusted for 6
clusters in id)
|
Robust
|
|
chomage
|
Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf.
Interval]
|
|
inflation
|
-.0129706 .0186393 -0.70 0.518 -.0608843
.0349432
|
|
pibreel
|
-.0044811 .0094093 -0.48 0.654 -.0286686
.0197063
|
|
investtotal
|
-.0025566 .0038204 -0.67 0.533 -.0123774
.0072641
|
|
txinteretreel
|
.0031478 .2522139 0.01 0.991 -.6451886
.6514843
|
|
txdechangereel
|
-.0210049 .0110063 -1.91 0.115 -.0492973
.0072876
|
|
_cons
|
9.99485 1.078615 9.27 0.000 7.222183
12.76752
|
|
sigma_u
|
7.8861576
|
|
sigma_e
|
1.0745024
|
|
rho
|
.98177383 (fraction of variance due to u_i)
|
. est store fe_robust
. xtscc chomage inflation pibreel investtotal txinteretreel
txdechangereel,fe lag(4)
Regression with Driscoll-Kraay standard errors Number of obs
= 174
Method: Fixed-effects regression Number of groups
= 6 Group variable (i): id F( 5, 28)
= 7.37 maximum lag: 4 Prob > F
= 0.0002 within R-squared
= 0.0296
|
Drisc/Kraay
|
|
chomage
|
Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf.
Interval]
|
|
inflation
|
-.0129706 .017987 -0.72 0.477 -.0498152
.0238741
|
|
pibreel
|
-.0044811 .0042264 -1.06 0.298 -.0131385
.0041763
|
|
investtotal
|
-.0025566 .0031834 -0.80 0.429 -.0090776
.0039643
|
|
txinteretreel
|
.0031478 .0662986 0.05 0.962 -.1326588
.1389545
|
|
txdechangereel
|
-.0210049 .0107118 -1.96 0.060 -.042947
.0009373
|
|
_cons
|
9.99485 .3708126 26.95 0.000 9.235274
10.75442
|
. est store dris_kraay
Annexe 16 : Modele non linéaire (PTR)
Test d'hétéroscédasticité des
résidus :
. hettest
Breusch-Pagan / Cook-Weisberg test for heteroskedasticity
Ho: Constant variance
Variables: fitted values of residu2
chi2(1) = 0.42
Prob > chi2 = 0.5161
TABLE DE MATIÈRES
DEDICACE.................................................................................................................................i
REMERCIEMENTS
..................................................................................................................ii
SIGLES ET
ABREVIATIONS...................................................................................................v
LISTES DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES
......................................................................vi
SOMMAIRE
...........................................................................................................................viii
RESUME...................................................................................................x
INTRODUCTION
GENERALE.............................................................................................1
CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE DE LA RELATION
INFLATION-
CHOMAGE................................................................................................6
Section 1 : Revue théorique de la relation
inflation-chômage..............................................7
Section 2 : Etudes empiriques sur la relation
inflation-chômage.......................................21
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA
RECHERCHE.......................30
Section 1 : Présentation des
modèle..................................................................31
Section 2 : Spécification des modèles de
l'étude..................................................................
35
CHAPITRE III : ESTIMATION DES MODÈLES ET
RESULTATS........................45
Section 1 : Estimation des
modèles...................................................................46
Section 2 : Interprétations des résultats
et recommandations..................................55
CONCLUSION
GENERALE........................................................................70
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES.............................................................................
71
ANNEXES
...............................................................................................................................79
TABLE DE
MATIÈRES........................................................................................................93
* 1 La persistance de
l'inflation désigne le fait qu'une inflation forte (respectivement
faible) observée sur une période est plus susceptible
d'être suivie d'une inflation également forte (respectivement
faible) à la période suivante.
* 2 La crise économique
de 1970, l'hyperinflation des années 1990, crise financière de
2008, etc.
* 3 L'année 2020 est
marquée par une récession économique mondiale soit une
baisse de 4,9% en 2020 contre une hausse de 2,9% en 2019 (projections de
croissance du FMI). Cette récession n'a pas épargné les
économies africaines, elle a entrainé une réduction du
taux de croissance réel du PIB du continent de 4,8% en 2021 à
3,8% en 2022 (rapport de la BAD).
* 4 La politique
économique accommodante est un ensemble de mesures prises par une
institution, en contradiction avec les objectifs qui lui sont assignés.
* 5 La flambée des
prix des produits alimentaires et énergétiques qui s'est
succédé en 2022 a entrainé une inflation mondiale
d'environ 8,7%, son plus haut niveau (FMI). En 2022, elle s'est située
à 5,6% au niveau CEMAC, audessus de la norme communautaire de 3% (Note
sur l'inflation des pays de la CEMAC 2023).
* 6 Keynésiens :
adjectif qui désigne ceux qui, d'une façon ou d'une autre, se
réclament de la pensée de Keynes. Comme Keynes, ils
défendent l'intervention des pouvoirs publics dans l'économie. On
appelle aussi keynésien les théoriciens qui gardent pour
l'essentiel le cadre d'analyse Néo-Classique tout en insistant sur les
imperfections qui empêchent la réalisation de l'équilibre
au sens walrasien.
Libéraux : adjectif qui désigne toutes les
écoles de pensées qui s'opposent à l'intervention de
l'Etat dans l'économie et qui sont favorables au libre jeu du
marché pour le rétablissement de l'équilibre.
* 7 Dans la zone CEMAC,
l'activité économique a reculé, sous l'effet
conjugué de la crise sanitaire et ses répercussions sur le
secteur productif et la volatilité des cours des matières
premières exportées par l'ensemble des pays de la zone. En effet,
elle a été de -2,9% en 2020, contre +2,0% en 2019.
* 8 Nous dénombrons
des niveaux élevés de chômage durant cette période
dans certaines économies de la zone : au Gabon 28,8% ; 6,1% au Cameroun
; 22,2% au Congo ; 9,1% en Guinée Eq ; 6,5% en RCA et 1,5% au Tchad
(sources : BM et BAD 2021). Sur la même période
l'inflation était de 6,3% pour le Cameroun ; 5,6% pour la RCA ; 5,6%
pour le Tchad ; 3,0% pour le Congo ; 4,9% pour la Guinée Eq et 4,2% pour
le Gabon (source : Note sur l'inflation des pays membre de la CEMAC).
* 9 Les causes de l'inflation
selon la littérature économique : L'inflation par la demande,
l'inflation monétaire, l'inflation par les coûts et l'inflation
structurelle.
Les formes d'inflation : L'inflation rampante (3% à 5%
par an), l'inflation galopante (plus de 5% par an), l'inflation
légère (1% et < 3%), l'hyperinflation est une augmentation
générale et durable des prix des produits chaque jour,
l'inflation importée une inflation dont l'augmentation des prix des
produits provient du commerce avec l'extérieur.
* 10 Le chômage peut
s'expliquer par la rencontre entre l'offre et la demande de travail
(chômage volontaire ou néoclassique), par le niveau de la demande
effective (chômage involontaire ou keynésien).
Les formes de chômage : Le chômage frictionnel est
un chômage incompressible lié aux délais d'ajustement de la
main d'oeuvre d'un emploi à un autre. Autrement, les travailleurs
quittent volontairement un emploi pour en chercher un meilleur. Le
chômage conjoncturel est le chômage lié aux fluctuations de
l'activité économique. La récession en est la cause
directe. Le chômage structurel ou chronique est un chômage
traduisant un déséquilibre profond et durable du marché du
travail. Il est lié aux changements de longue période intervenus
dans les structures démographiques, économiques, sociales et
institutionnelles. C'est donc un chômage de long terme.
* 11 La politique de «
fine tunning » suppose l'existence d'un corridor délimité
sur les côtés par un chômage jugé alarmant et d'un
taux d'inflation jugé inadmissible. Ainsi, lorsque l'économie
atteint une des parois, les pouvoirs publics exercent une action correctrice
afin de contenir les variables à un niveau acceptable. Ce raisonnement
suppose la définition d'un seuil d'inflation et de chômage
tolérable.
* 12 Il s'agit de
l'hypothèse des anticipations rationnelles et adaptatives. L'idée
des « anticipations rationnelles » est due à Muth (1961).
Cette dernière désigne la situation selon laquelle les agents
fondent leurs prévisions sur toute l'information pertinente dont ils
disposent de sorte à ce que les erreurs d'anticipations ne soient pas
systématiques. Les « anticipations adaptatives »
développées par Cagan (1956), désignent le processus par
lequel les agents font des révisions de leurs prévisions à
chaque période en fonction de l'erreur commise à la
période précédente. 13 Stagflation : expression
désignant la coexistence d'un taux d'inflation élevé et
d'un chômage important qui s'associent à un ralentissement de la
croissance économique. Ce scénario était impensable pour
les économistes keynésiens jusqu'à ce qu'il va apparaitre
dans les années 1970, mettant ainsi fin à la pratiques des
politiques économiques keynésiennes.
* 13 NAIRU : désigne
le taux de chômage pour lequel il n'y a pas accélération de
l'inflation. Il s'agit d'un taux de chômage naturel pour lequel toutes
politiques de relance visant à le réduire n'aura pour
conséquence qu'une aggravation du niveau d'inflation. C'est un niveau de
chômage vers lequel tendrait toute économie en situation
d'équilibre.
* 14 La nouvelle
économie classique (NEC) se développe à partir du milieu
des années 1970 aux États-Unis sous l'influence majeure de Robert
Lucas, mais aussi de Thomas Sargent et Neil Wallace ou encore Robert Barro et
Edward Prescott. Elle a pour objet d'expliquer les fluctuations
économiques tout en conservant deux principes fondamentaux
hérités des classiques. En premier lieu, elle suppose que les
agents économiques sont rationnels ; Les consommateurs maximisent leur
utilité et les producteurs maximisent leur profit. En second lieu, elle
admet que, sur les marchés, les prix s'ajustent pour équilibrer
en permanence l'offre et la demande. Du fait de cette hypothèse, les
modèles de la nouvelle économie classique sont des modèles
d'équilibre.
* 15 La critique de Lucas :
« D'une part, Robert Lucas et Thomas Sargent (1978) ont affirmé
dans leur manifeste « After Keynesian Macroeconomics » que la rupture
de la courbe de Phillips simple dans les années 1970 a exposé la
faillite du paradigme keynésien dominant. Selon leurs termes, il
s'agissait d'un « échec économétrique à grande
échelle ». D'autre part, de nombreux économistes
considèrent que la courbe de Phillips augmentée pour inclure les
anticipations adaptatives et les chocs d'offre est une relation remarquablement
stable.
* 16 L'oligopole
désigne une situation de marché imparfait,
caractérisé par un petit nombre d'offreur et une multitude de
demandeurs.
* 17 Un choc
économique désigne une perturbation importante dans le
système productif. Ainsi, on distingue un choc d'offre, qui
désigne une situation dans laquelle un phénomène
exogène modifie les conditions de la production ; à un choc de
demande, qui désigne une situation dans laquelle un
phénomène exogène modifie le comportement de consommation
des agents.
* 18 La courbe de Phillips
Néo-keynésienne est une relation entre « l'inflation et
l'activité réelle » (Le Bihan, 2009).
* 19 Coefficients de
corrélation linéaire : 0.036(RCA), 0.239(CAM), -0.162(TCD),
-0.017(COG), -0.334(GNQ) et 0.125(GAB).
* 20 Notons que le
modèle ARDL n'est pas applicable pour la stationnarité en
deuxième différence I(2) (Pesaran et al, 2001).
* 21 Démographique :
taille de la population active ; Economique : nombre de structures d'emploi ;
Géographique : superficie des terres recouvertes de la faune, flore et
des ressources naturelles.
* 22 Asteriou et Monastiriotis
(2004) indiquent que lorsque certaines variables sont de I(2), les estimations
ne sont pas cohérentes.
* 23 Une structure de
décalage 0 peut également être imposée en fonction
de la limitation des données. En effet, lorsque la dimension temporelle
n'est pas assez longue pour étendre les décalages, on peut
imposer une structure de décalage commune à tous les pays (Loayza
et Rancière, 2006 ; Demetriades et Law, 2006).
* 24 Il s'agit ici des
résultats de l'estimateur DFE, qui prend en compte l'hypothèse
d'homogénéité structurelle des individus de
l'échantillon à court et à long-terme.
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