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Problématique terminologique dans le domaine de l'agroécologie au Venezuela

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par Maria Tovar
Université Lumière Lyon 2 - DEA LTMT 2004
  

Disponible en mode multipage

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Maria Alejandra TOVAR

PROBLEMATIQUE TERMINOLOGIQUE DANS LE DOMAINE DE L'AGROECOLOGIE AU VENEZUELA

Mémoire pour le DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT)

Présentée devant l'Université Lumière Lyon 2

Directeur de recherche : M. le professeur François MANIEZ INTRODUCTION

Le travail qui sera présenté ci-dessous constitue la partie préliminaire d'une recherche terminologique dans le domaine de l'agroécologie. Cette recherche a comme objectif la réalisation d'un glossaire bilingue anglais-espagnol qui servira d'aide terminologique pour les traducteurs, spécialistes et étudiants du domaine d'étude.

L'agroécologie est une science qui étudie le maniement des techniques agricoles adaptées au contexte écologique des communautés où elles sont utilisées. Cette science travaille de manière conjointe avec les éléments biotiques et abiotiques de l'environnement pour augmenter la productivité sans endommager les sols. Au Venezuela, pays dans lequel aura lieu la recherche, l'usage des techniques agricoles a eu en général un impact négatif sur les sols, étant donné que ces techniques sont adaptées aux caractéristiques des sols des régions tempérées. C'est pourquoi les spécialistes de l'agrologie et de l'écologie ont cherché des techniques alternatives à partir des caractéristiques des sols tropicaux.

L'essor de cette discipline a produit une grande quantité de bibliographie presque uniquement en anglais parce que la plupart de recherches dans le domaine ont été faites dans cette langue. Dans les pays de langue espagnole, les spécialistes utilisent beaucoup de termes en espagnol selon leurs critères personnels et parfois les termes en anglais, ce qui explique le besoin de réaliser une recherche terminologique profonde sur ce plan. De plus, l'idée des spécialistes concernant les notions et les termes n'est pas toujours la même, ce qui implique généralement des problèmes de communication entre eux.

La recherche terminologique sur la fertilité des sols tropicaux aura comme but la réalisation d'un glossaire pour établir finalement et avec clarté les notions et les termes en espagnol et leurs équivalents en anglais. De cette façon les utilisateurs du glossaire pourront consulter aussi les abondantes sources en anglais dans la matière.

Le travail terminologique bilingue sera réalisé à partir des postulats des divers auteurs en terminologie. Selon Maria Teresa Cabré la terminologie est une discipline construite à partir de trois théories : une théorie cognitive, une théorie communicative et une théorie linguistique. Ses objets d'étude sont les unités terminologiques (les termes), qui font partie du langage spécialisé et de la grammaire que chaque langue décrit. Les termes sont des unités possédant une forme et un contenu, l'une indivisible de l'autre. Le contenu des termes constitue le concept qui s'encadre dans une structure conceptuelle dans laquelle il a une place déterminée et garde des relations avec tous les autres concepts de la structure.

Dans ce sens, l'objectif de la terminologie est de décrire formellement, sémantiquement et fonctionnellement les unités de valeur terminologique, expliquer leur activation dans le langage et leurs rapports avec les signes du même système ou d'un autre, pour faire progresser la communication spécialisée et les unités en question. La compilation et l'analyse des unités à valeur terminologique ont diverses applications: dictionnaires, glossaires, listes de termes...

L'agroécologie est dérivée de deux sciences qui ont été liées pendant le XXe siècle : l'agrologie et l'écologie. L'agrologie étudie l'application des méthodes agricoles écologiques à l'agriculture. L'écologie étudie le fonctionnement et les rapports entre les éléments des systèmes naturels.

Autrefois, ces deux disciplines étaient assez séparées l'une de l'autre, mais elles ont commencé à se développer conjointement à partir de la naissance de l'agriculture écologique dans les années vingt. Le terme agroécologie est apparu dans les années trente pour désigner l'écologie appliquée à l'agriculture. A partir de ce moment, les agronomes ont été chargés de l'analyse des conditions écologiques qui permettent une meilleure production des cultures.

Maintenant, les études sur le plan agricole envisagent l'optimisation de la production agricole avec le moindre impact écologique possible. Pour atteindre ce but, il faut créer un système de production durable par le biais d'une pratique agricole alternative conçue en tenant compte des processus écologiques dans les champs agricoles et de leur contexte.

Même si l'agriculture traditionnelle peut offrir des modèles et des pratiques importantes pour le développement d'un système durable, elle ne peut pas répondre aux besoins alimentaires des centres urbains parce qu'elle ne comprend que les besoins locaux et à petite échelle. L'augmentation de la population suppose une agriculture durable et hautement productive pour satisfaire les besoins humains et conserver l'environnement qui répond à ces besoins.

L'agroécologie offre les connaissances et les méthodologies nécessaires pour développer ce type d'agriculture qui, de plus, a de très bons bénéfices économiques pour la communauté dans laquelle elle est appliquée.

CHAPITRE 1

1.1. BASES THEORIQUES DE LA TERMINOLOGIE

Pour les effets de ce travail, il faut signaler qu'à cause de la métalangue (variée et rarement consensuelle) utilisée dans la pratique terminologique on a décidé de considérer l'unité lexicale comme une entité composée d'un élément formel, le terme, et d'un élément sémantique, la définition, laquelle exprime des traits constitutionnels correspondant à une abstraction des référents réels, le concept.

Il faut d'abord tenir compte des postulats théoriques de plusieurs auteurs sur la discipline terminologique. Pour Sapir (1970) la langue est référentielle et systématique, elle est une création volontaire et un produit social. Selon le discours utilisé en fonction de communication, les traits sémantiques des termes seront plus ou moins importantes. La terminologie représente un complément à la langue naturelle, elle est née comme un correctif destiné à compenser le caractère flou et imprécis de la langue générale1(*).

Pour les terminologues traditionnels, l'unité de base de la terminologie est le terme, qui pour eux comporte des différences suffisantes pour être considéré comme une unité indépendante du mot, unité de base de la linguistique. En général, ils affirment que la coïncidence entre les éléments composant les termes, une forme et un contenu, avec les éléments constitutifs des mots est seulement apparente. Le signifié du terme est préexistant à la dénomination et sa forme est contrôlée tandis que celle des mots ne l'est pas2(*).

Néanmoins, dans une perspective plus ouverte, le mot n'est pas radicalement différent du terme, il correspond à la même unité abstraite susceptible de se manifester dans le discours à travers des unités superficielles de caractère différent. Les changements des conditions d'exercice des terminologues les ont amenés à remettre en doute les idéaux primaires de la terminologie wüstérienne et les ont poussés à envisager une perspective plus descriptive et linguistique des phénomènes communicatifs réels3(*).

Les termes servent à distinguer des expériences et des éléments de connaissance et à les organiser. L'organisation que le locuteur impose à la réalité dépend de ses objectifs fixés et de la structure préexistante de la langue de la communauté linguistique, laquelle ordonne aussi la réalité concernée4(*).

Parfois, les unités lexicales peuvent fonctionner comme des mots et comme des termes selon le choix d'interprétation du locuteur. L'existence de ces deux types d'unités permet de nouer le dialogue entre les spécialistes et le grand public, ainsi qu'une expression spécialisée à plusieurs niveaux. Ce dynamisme entre les termes et les mots est nécessaire parce que les connaissances humaines, organisées par la terminologie, évoluent constamment et les éléments lexicaux disponibles sont limités5(*).

Pour les besoins de la recherche, des termes nouveaux sont créés pour désigner les éléments nouvellement apparus dans une structure de connaissance. Ces termes spécialisés, lorsque les innovations scientifiques commencent à faire partie du domaine public, peuvent ainsi devenir des mots de la langue générale, par exemple le cas du terme engrais, lequel était originellement entièrement du domaine technique. Ce phénomène est appelé lexicalisation en terminologie6(*).

Même si la lexicalisation a lieu, il est possible de fixer le lien entre le concept et le terme pour un domaine donné, ce qui peut arriver jusqu'à la normalisation du terme et du concept. Dans ce cas là, il se produit une procédure inverse à la dénomination, dans laquelle un terme est donné à un concept déjà existant, parce que la définition part du terme pour établir sa signification.

La méthodologie proposée par María Teresa Cabré expose plusieurs aspects de la théorie de la terminologie, ses fondements et sa méthodologie. Pour la réalisation de ce type de recherche pratique, elle établit trois grandes compétences dans le travail terminologique : la compétence cognitive, la compétence linguistique et la compétence socio-fonctionnelle7(*).

La compétence cognitive se présente dans une situation de communication quand le locuteur utilise un terme et présuppose que son interlocuteur dispose des connaissances nécessaires pour reconnaître et comprendre cette unité lexicale8(*). L'absence de ce type de compétence explique les malentendus qui se produisent dans le discours quand les locuteurs n'ont pas la même connaissance du domaine.

Quant à la compétence linguistique, elle a à voir avec le partage par les participants de la situation communicative du même code linguistique, ce qui permet la compréhension du message.

La compétence socio-fonctionnelle du travail terminologique comporte le caractère pragmatique des termes comme unités lexicales. Nommer ou désigner l'abstraction d'une entité, un fait, etc., est une activité métalinguistique qui permet d'établir un lien entre l'expérience et le besoin de communication linguistique9(*).

Les conditions minimales qui indépendamment du type de travail, contexte et situation doivent être respectées dans le travail terminologique sont les suivantes:

a) Une méthodologie spécifique pour détecter et compiler les termes de spécialité est nécessaire.

b) Le terme est l'association d'une forme et d'un contenu qui correspond aux traits d'un noeud cognitif d'une structure conceptuelle donnée.

c) La forme et le contenu fonctionnent dans un double système, dans la langue générale et la langue de spécialité, et ils obéissent à deux tendances, la structuration et l'économie.

d) Les termes sont thématiquement spécifiques, de sorte qu'il n'y a ni terme sans domaine qui le contienne ni domaine sans terminologie.

e) Les termes de tout domaine gardent différents types de rapports.

f) Tout travail terminologique est descriptif.

g) Les termes compilés ont une source réelle : textes spécialisés, discours oraux ou enquêtes terminologiques.

h) Tous les termes sont associés à une grammaire unique.

i) Tous les termes ont une seule définition qui se détermine avec précision dans le domaine spécifique.

j) Les termes peuvent avoir des valeurs pragmatiques différentes.

k) Un terme peut avoir des variantes dénominatives en relation de synonymie.

l) Le travail terminologique conduit toujours à une application : Une liste de termes, un glossaire, un dictionnaire, la résolution d'une consultation ou une liste normalisée10(*).

Pour aboutir à une application du travail terminologique, il faut appliquer diverses procédures et méthodes. La première démarche proposée par Rey11(*) consiste à déterminer un domaine pour en définir et en décrire la terminologie12(*). Dans la pratique documentaire et bibliographique, il est préférable de présenter le classement conceptuel en arbre, ce qui permet de clarifier la hiérarchie des concepts. Pour déterminer le domaine terminologique, il existe deux possibilités : soit le travail comprend des structures notionnelles et terminologiques repérables par un corpus, soit le travail s'inscrit dans un type d'activité spécifié en général par des paramètres socio-professionnels. Pour le travail proposé ici en agroécologie, il s'agit de la première démarche, dans laquelle la détermination du corpus requiert la définition empirique des besoins. La présentation d'un arbre du domaine suppose une analyse des concepts. Cette analyse permet de construire un modèle notionnel et de déterminer comment la terminologie existante s'articule avec lui.

Deuxièmement, les unités linguistiques utilisées comme termes et leur valeur sont repérées dans un ensemble de textes faisant partie du corpus choisi. Cette analyse documentaire prétend viser des contenus universels exprimables. Pour ce faire, la procédure la plus souhaitable est le dépouillement terminologique plurilingue et comparé13(*), ce qui permet de dépasser le plan formel des unités de travail, en les comparant dans différentes langues, et d'établir de cette façon les concepts qu'elles expriment. Dans un travail bilingue, il est possible de concevoir un triangle composé des termes de chaque langue, et où le concept auquel ils renvoient se trouve dans l'angle supérieur du triangle.

Le choix des unités dans le corpus peut comprendre les unités non décrites ou mal décrites dans une partie du domaine ou la totalité des termes du domaine. Dans le premier cas la sélection des unités est délicate et il est difficile d'établir leur affectation au domaine étudié. Dans le deuxième, la sélection est moins hasardeuse à condition que le corpus soit cohérent et d'une taille conséquente14(*). Dans ce travail, qui essaye de montrer une problématique terminologique, les termes choisis seront ceux qui sont mal décrits, mais il est possible de les encadrer dans un domaine spécifique parce que la plupart des problèmes qu'ils présentent sont de nature formelle et non conceptuelle, et même s'il y a des cas où le rapport terme-concept n'est pas bien défini, les termes en question sont facilement établis comme appartenant au domaine.

Les informations sur les termes choisis peuvent être présentées sous la forme d'une fiche terminologique, dans laquelle le terme constitue l'entrée ou vedette, qui prend en considération les différentes dimensions des termes : linguistique, notionnelle et documentaire. Au niveau linguistique, les informations concernent la forme du terme, sa phonétique, ses caractéristiques morphosyntaxiques, etc. Au niveau notionnel, il y aura le domaine d'affectation, l'analyse du concept par une définition, l'analyse des traits caractéristiques de la définition, la mise en relation avec d'autres termes et les unités terminologiques d'autres langues correspondant au même concept quant il s'agit d'un travail plurilingue. Finalement, le niveau documentaire est constitué par les contextes où les termes ont été trouvés, les auteurs et la date de l'élaboration de la fiche, et le codage de l'entrée dans un ensemble15(*).

En ce qui concerne la définition, elle doit être distinguée de la description, ce qui n'est pas toujours facile. C'est la constitution du système notionnel qui permet de choisir le ou les traits indispensables et définitoires du concept. De plus, les définitions doivent suivre des critères d'économie, de non-circularité et d'homogénéité.

CHAPITRE 2

2.1 DESCRIPTION DE LA PROBLEMATIQUE

Dans la plupart des sciences nouvelles, par exemple l'informatique, en évolution constante et riche en termes nouveaux qui naissent conjointement aux innovations techniques, il existe toujours une langue de base dans laquelle le principe d'une terminologie appliquée aux concepts nouveaux qui n'ont pas de signifié dans la langue est envisageable.

Cependant, pour les autres communautés de langue qui n'ont pas participé à la découverte scientifique, où même pas au baptême terminologique, la situation est loin d'être idéale. Dans le cas de l'informatique, il existe des communautés où les termes en anglais sont utilisés pour des concepts qui parfois n'ont pas d'équivalents dans leur langue.

En général, la création dans ces langues de termes faisant référence à des innovations suit un chemin différent. Au lieu de se baser sur l'application d'une forme linguistique aux concepts nouveaux, les termes de la langue étrangère sont souvent la traduction des termes de la langue d'origine. Parfois la traduction de ces termes est faite dans un cadre contrôlé, avec des terminologues qui travaillent avec les spécialistes de la science en question pour arriver à la solution la plus adéquate. Par contre, dans de nombreux cas, c'est la communauté parlante qui arbitrairement trouve des solutions particulières au vide terminologique, solutions qui parfois se limitent à une quantité restreinte de locuteurs et qui ne suivent aucun principe terminologique.

L'agroécologie est une discipline nouvelle : la terminologie d'origine vient donc de la langue anglaise. Dans les facultés où cette science est enseignée, les textes utilisés sont souvent rédigés en anglais, situation qui évidemment ne cause pas de problèmes dans les pays anglophones.

Le besoin d'une terminologie de l'agroécologie en espagnol se pose lorsque cette science commence à prendre son essor dans des pays tropicaux, qui en Amérique latine possèdent en général l'espagnol comme langue maternelle. Comme il a été expliqué plus haut, les spécialistes, les professeurs et, par conséquent, les étudiants en agroécologie ou en sciences connexes communiquent entre eux avec une terminologie issue de leur propre interprétation des sources en anglais. Parfois cette interprétation se trouve mélangée avec les opinions personnelles de chaque spécialiste, sans qu'aucun consensus ou aucune convention ne soit appliquée.

Dans le cas spécifique du Venezuela, les spécialistes arrivent à bien se comprendre entre eux, étant donné que par la pratique professionnelle il existe une espèce de terminologie extra-officielle mais qui convient à tous. En revanche, dans le cadre pédagogique, chaque enseignant travaille avec sa propre perspective laquelle, doit de plus être assimilée par les étudiants au même titre que la terminologie en anglais des textes d'étude.

Le manque de textes en agroécologie rédigés originellement en espagnol ne fait qu'aggraver le problème, parce que les traductions des textes ne partagent pas tout le temps la même terminologie. Et même si la terminologie ne varie que légèrement entre les traductions, les lecteurs de ces textes se trouvent souvent dans une situation où ils comprennent ce qu'ils lisent mais où ils hésitent entre les possibilités non normalisées données par ces documents au moment de choisir les termes pour s'exprimer.

Le problème s'étend même jusqu'a l'instance conceptuelle car les unités lexicales sont bien définies en anglais et, par conséquent, les concepts correspondent au cadre agroécologique des pays à climat tempéré. Les pays d'Amérique latine, et particulièrement les pays équatoriaux, ont un climat tropical aux caractéristiques naturelles spécifiques et ponctuelles qui souvent ne sont pas les mêmes que celles des pays tempérés. Par exemple, au début et à la fin de la saison des pluies, la culture des espèces végétales hautes peut contribuer au profit de l'humidité résiduelle pendant la saison de sécheresse. De plus, un système de polycultures de maïs et de cacahuètes donne aux sols des nutriments en abondance à la fin de la saison des pluies qui peuvent être utilisables pour la culture d'autres espèces16(*).

Les techniques agroécologiques dans les régions tropicales doivent préparer le sol pour la saison de sécheresse et profiter au maximum de la saison des pluies, démarche qui n'est pas du tout appliquée dans les zones tempérées où il existe un système annuel de quatre saisons.

Dans le contexte régional, les variantes terminologiques entre les pays latino-américains où l'agroécologie est étudiée et appliquée sont encore plus diverses, ce qui supposerait un problème potentiellement plus grave si l'on envisage une conception du développement international de cette discipline.

Même si Internet constitue un outil pour toute la communauté parlante et, en quelque sorte, une entité régulatrice de la terminologie, il souffre de la même maladie que les textes pédagogiques, c'est-à-dire que les sites qui offrent des informations agroécologiques sont souvent des traductions de textes ou d'autres sites présentés originellement en anglais.

L'agroécologie constitue un terrain vierge pour la recherche terminologique, au moins dans les pays d'Amérique latine et cette situation se reflète aussi dans l'absence de produits terminologiques, par exemple un glossaire, contenant les notions et les termes du domaine agroécologique qui serait le résultat d'une recherche sérieuse et profonde.

C'est pour cette raison que le but ce travail est de délimiter ponctuellement le domaine et la problématique que pose la terminologie de l'agroécologie spécifiquement au Venezuela, ainsi que de proposer une perspective d'action méthodologique abordée d'après plusieurs auteurs et adaptée aux caractéristiques particulières de la situation exposée.

Il faut préciser que, pour les effets de ce travail préliminaire, les sources à utiliser pour illustrer la problématique seront les documents trouvés sur Internet car la plupart des sources en anglais et le peu de bibliographie en espagnol qui servent de base à la description du problème se trouvent au Venezuela, endroit où la suite de la recherche aura lieu. Mais, même si les documents utilisés dans ce travail soient des documents en ligne, ils montrent la plupart des caractéristiques des textes imprimés, ce qui suppose que les conclusions achevées à la fin du travail peuvent être également appliquées à ces derniers.

CHAPITRE 3

3.1 L'AGROECOLOGIE

L'agroécologie est une discipline scientifique qui emploie la théorie écologique pour étudier, concevoir, contrôler et évaluer les systèmes agricoles qui sont productifs, ainsi que la conservation des ressources. La recherche agroécologique considère l'importance des interactions biophysiques et des composants socio-économiques pour l'agriculture. Les systèmes agroécologiques sont les unités fondamentales d'étude, où les cycles minéraux, les transformations d'énergie, les processus biologiques et les rapports socio-économiques sont analysés dans leur globalité.

Cette science est concernée par l'entretien d'une agriculture productive qui optimise l'utilisation des ressources locales tout en réduisant au minimum les impacts environnementaux et socio-économiques négatifs des technologies modernes. Dans les pays industrialisés, l'agriculture moderne et l'utilisation des technologies de production intensive qui provoquent des problèmes environnementaux et de santé et qui souvent ne servent pas aux besoins des producteurs et des consommateurs. Dans les pays en voie de développement, outre qu'elles favorisent la dégradation environnementale, les technologies agricoles modernes ont modifié la situation socio-économique d'un grand nombre de petits fermiers.

Les défis contemporains de l'agriculture ont évolué et, maintenant, ils comprennent également les facteurs sociaux, culturels, économiques et, en particulier, environnementaux. Les problèmes de production agricole ne peuvent pas être considérés séparément des problèmes de l'environnement. A la lumière de ces faits, une nouvelle approche technologique et de développement est nécessaire pour prévoir les besoins agricoles des générations présentes et futures sans épuiser notre base de ressources naturelles.

C'est justement ce que propose l'approche agroécologique, parce qu'elle est plus sensible aux complexités de l'agriculture locale et présente de larges critères d'une exécution qui inclut des propriétés de viabilité écologique, sécurité alimentaire, viabilité économique, conservation de ressources et de capitaux, aussi bien que l'accroissement de la production agricole.

Mettre des technologies agroécologiques en pratique exige des innovations techniques, des modifications des politiques agricoles et des changements socio-économiques, parallèlement à une compréhension plus profonde des interactions complexes à long terme parmi les ressources, les personnes et leur environnement. Ce type d'agriculture doit être conçu comme un système écologique aussi bien qu'un système socio-économique dominé par l'homme. C'est indispensable de créer un nouveau cadre interdisciplinaire pour intégrer les sciences biophysiques, l'écologie et d'autres sciences sociales. L'agroécologie fournit un cadre en appliquant la théorie écologique selon la gestion des agroécosystèmes, des ressources spécifiques et des réalités socio-économiques et en proposant une méthodologie définie pour établir les rapports interdisciplinaires exigés17(*).

3.2 PRINCIPES AGROECOLOGIQUES ET STRATEGIES POUR CONCEVOIR DES SYSTEMES AGRICOLES SOUTENABLES

Le concept de l'agriculture soutenable est relativement récent et dû au déclin de la qualité de la base de ressources naturelles lié à l'agriculture moderne. Aujourd'hui, la question de la production agricole a évolué : autrefois purement technique, elle favorise désormais ses dimensions sociales, culturelles, politiques et économiques. Le concept de la soutenabilité, bien que diffus des définitions et des interprétations contradictoires existantes de sa signification, est utile parce qu'il capture un ensemble de soucis concernant l'agriculture, conçue comme résultat de l'évolution conjointe des systèmes socio-économiques et agricoles. Une compréhension plus large du contexte agricole exige l'étude de l'agriculture, l'environnement global et des systèmes sociaux étant donné que le développement agricole résulte de l'interaction complexe entre plusieurs facteurs. Grâce à cette compréhension plus profonde de l'écologie des systèmes agricoles, de nouvelles options de gestion permettront d'achever les objectifs d'une agriculture véritablement soutenable.

Le concept de soutenabilité a incité beaucoup de discussions qui ont montré la nécessité de proposer des ajustements de l'agriculture conventionnelle pour la rendre plus environnementale, sociale et économiquement viable et compatible. On a proposé plusieurs solutions aux problèmes écologiques créés par les systèmes agricoles intensifs et la recherche est actuellement en marche pour évaluer des systèmes alternatifs18(*).

Bien que certains projets de recherche et des tentatives de développement technologique aient été conçus dans le cadre écologique, la poussée est toujours fortement technologique, soulignant la suppression des facteurs limitants et des symptômes qui masquent un agroécosystème producteur malade. La philosophie répandue est que les parasites, les insuffisances nutritives ou d'autres facteurs sont la cause d'une productivité faible, par opposition à la vue que les parasites ou les aliments deviennent seulement limitants si les conditions dans l'agroécosystème ne sont pas en équilibre. Evidemment, il existe encore une perspective étroite sur les causes spécifiques affectant la productivité, dans laquelle surmonter le facteur limitant par l'intermédiaire de nouvelles technologies est le but principal. Cette vue a amené certains agronomes à se rendre compte que la limitation des facteurs représente seulement les symptômes d'une maladie plus systémique inhérente aux déséquilibres de l'agroécosystème. Ils se sont aperçus aussi qu'une appréciation du contexte et de la complexité des processus agroécologiques exprime les causes des limitations agricoles19(*).

D'autre part, la science de l'agroécologie, qui est définie comme application des concepts et des principes écologiques à la conception et à la gestion des agroécosystèmes soutenables, fournit un cadre pour évaluer la complexité des agroécosystèmes. L'idée de l'agroécologie est d'aller au-delà de l'utilisation des pratiques alternatives et de développer d'agroécosystèmes ayant une dépendance minimale aux absorptions agrochimiques et énergétiques externes, soulignant les interactions et la synergie écologique entre les composants biologiques qui rendent aux systèmes agricoles leur propre fertilité, productivité et protection des cultures.20(*)

3.3 PINCIPES AGROECOLOGIQUES

Dans la recherche pour rétablir un raisonnement plus écologique dans la production agricole, les scientifiques ont négligé un point clé dans le développement d'une agriculture plus autosuffisante et plus soutenable: une compréhension profonde de la nature des agroécosystèmes et des principes par lesquels ils fonctionnent. Devant cette limitation, l'agroécologie a émergé comme discipline qui fournit les principes écologiques de base pour étudier, concevoir et contrôler les agroécosystèmes qui sont, à la fois, l'ensemble des ressources naturelles productives et des entités culturellement sensibles, socialement justes et économiquement viables.20(*)

L'agroécologie dépasse la perspective unidimensionnelle des agroécosystèmes (leur génétique, agronomie, édaphologie, etc.) pour embrasser une compréhension des niveaux écologiques et sociaux et de leur interaction, leur structure et leur fonction. Au lieu de se concentrer sur un composant particulier de l'agroécosystème, l'agroécologie souligne l'interdépendance de tous les composants d'un agroécosystème et de la dynamique complexe des processus écologiques.

Les agroécosystèmes sont des communautés de plantes et d'animaux agissant les uns sur les autres dont les environnements physiques et chimiques ont été modifiés par des personnes pour produire la nourriture, la fibre, le carburant et d'autres produits pour la consommation et le traitement humain. L'agroécologie étudie d'une façon holistique les agroécosystèmes, y compris tous leurs éléments environnementaux et humains. Elle se concentre sur la forme, la dynamique et les fonctions de leurs corrélations et des processus dans lesquels ils sont impliqués.

En comprenant ces rapports et processus écologiques, les agroécosystèmes peuvent être arrangés pour améliorer la production et assurer la soutenance, avec peu de conséquences environnementales ou sociales négatives et peu d'entrées externes.

La conception de tels systèmes est basée sur l'application des principes écologiques suivants:

1. Augmenter la réutilisation de la biomasse et l'écoulement nutritif.

2. Etablir des conditions favorables à la fertilité du sol pour la croissance de plantes, en particulier en contrôlant la matière organique et en augmentant l'activité biotique du sol.

3. Minimiser les pertes énergétiques en profitant des sources naturelles comme le soleil, l'air et l'eau dans une gestion de microclimat.

4. Respecter la biodiversité des espèces de l'agroécosystème.

5. Augmenter les interactions et la synergie biologiques parmi des composants de l'agroécosystème, ce qui assure les processus écologiques principaux.

Ces principes peuvent être appliqués à l'aide de diverses techniques et stratégies, qui auront différents effets sur la productivité, la stabilité et l'élasticité du système agricole, selon les conditions locales, les contraintes de ressources et, dans la plupart des cas, le marché. Le but final de la conception agroécologique est d'intégrer les composants de sorte que l'efficacité biologique globale soit améliorée, la biodiversité soit préservée, et la productivité de l'agroécosystème et sa capacité d'auto-entretien soit maintenue. L'objectif est également de concevoir un édredon d'agroécosystèmes dans une unité de paysage, chacun imitant la structure et la fonction des écosystèmes naturels.

3.4 PROCESSUS ECOLOGIQUES

En générale, les principes écologiques se basent sur l'existence de certains processus et cycles naturels et c'est à partir de ceux-là que les plans et les stratégies agroécologiques sont conçus.

Cycle du carbone

Le cycle du carbone est généralement résumé par le cycle du dioxyde de carbone (CO2) sur les continents. On apprend donc que le CO2 présent dans l'air est capturé pendant la photosynthèse des plantes, transformé en matière, consommé par des herbivores, consommé à leurs tours par des carnivores, qui sont décomposés après leur mort et retransformé en CO2. Sachant que toutes ces créatures respirent pendant tout leur cycle de vie. Malheureusement ce cycle est tellement réducteur qu'il en devient faux : d'abord parce que le carbone ne circule pas uniquement via le CO2 et ensuite parce que les continents ne représentent qu'un petit tiers de la surface de la planète et que le reste comporte aussi des échanges.

La planète Terre contient autant de carbone proportionnellement à sa taille que Vénus et Mars mais, au contraire de ces deux planètes, le carbone terrestre ne se trouve pas uniquement dans l'atmosphère. Le carbone peut être stocké dans notre environnement comme gaz carbonique dissous dans l'océan, comme composant de molécules organiques des êtres vivants et de leurs cadavres, comme gaz carbonique présent dans l'atmosphère ou comme composant de minéraux des sols.

Le carbone donc se trouve réparti dans la planète de la manière suivante :
-l'atmosphère renferme actuellement 750 gigatonnes (Gt.) de carbone,
-l'océan intermédiaire (moyen et profond) renferme 50 fois plus de carbone, 38 100Gt.,
-les sols renferment 3770 Gt., alors que la végétation et les animaux qui les recouvrent renferment seulement 610 Gt.

On appelle toutes les zones qui stockent d'une manière plus ou moins durable le carbone, sous une forme ou une autre, puits de carbone. Il y a trois puits absorbant de carbone de l'atmosphère sous forme de CO2, les écosystèmes continentaux, l'océan et les stocks fossiles ou minéraux.

Le sol contient l'essentiel du carbone des écosystèmes terrestres, y compris forestiers. Il s'agit à la fois de parties de plantes ou détritus de plantes et d'organismes vivants.

Or si la température monte, l'activité microbienne du sol va probablement augmenter. Dans un écosystème à maturité, c'est à dire à l'état de climax, les plantes absorbent autant de CO2 que le milieu en produit et produisent autant d'oxygène que le milieu en consomme : le bilan total est stable, il est donc faux de considérer l'Amazonie comme le "poumon de la planète", cette région étant à l'origine recouverte par une forêt primaire mature, d'un point de vue global elle ne produit ni ne consomme de CO2 ou d'oxygène. Les forêts ne fixent plus de carbone qu'elles n'en produisent uniquement pendant leur croissance (en moyenne un siècle), après le carbone est fixé dans le sol et les divers éléments de l'écosystème mais l'absorption globale devient nulle.

Cycle de l'eau

Le cycle de l'eau est constitué par l'ensemble de toutes les étapes de la circulation de l'eau sur la planète. Ce cycle est d'abord provoqué par l'énergie solaire, mais tout au long du processus la biosphère intervient et conditionne le résultat.

Le cycle commence dans la réserve d'eau de l'exutoire : l'océan, la mer ou une autre grande réserve d'eau. Sous l'action du Soleil, l'eau s'échauffe et s'évapore, les molécules d'eau pure se dispersent dans l'atmosphère jusqu'à ce qu'elles se soient suffisamment refroidies pour que l'air ne suffise plus à les porter donc elles tombent, soit sous forme de neige en altitude soit sous forme d'eau. En retombant, l'eau dissout une partie des gaz de l'atmosphère, notamment le CO2, et s'acidifie légèrement. Une fois au sol, elle coule le long des pentes du bassin versant pour retourner à son point de départ. Pendant le processus, l'eau s'est progressivement chargée en sels minéraux d'où la salinité croissante des eaux jusqu'à l'exutoire, très salé car l'eau y abandonne ses minéraux en s'évaporant.

Mais l'eau ne glisse en surface que si le terrain est saturé ou imperméable, en fonction des roches et des terrains qu'elle rencontre, elle peut s'infiltrer et créer une nappe d'eau souterraine qui coulera vers l'exutoire d'une manière beaucoup plus lente que les eaux de surface.

L'eau participe grandement à l'érosion, elle sculpte les paysages et les régions, influe sur la présence ou l'absence de vie et sur la forme qu'elle prendra. Le cycle de l'eau est la mécanique à mouvement perpétuel qui fait vivre la planète.

Cycle de l'azote

Trois phases successives composent ce cycle : l'ammonification, la nitrification, et enfin la nitratation.

 1. L'ammonification :

Il s'agit de la destruction des chaînes carbonées par des bactéries aérobies et anaérobies, les sels ammoniacaux issus de cette première phase peuvent être assimilés par les végétaux mais pas par la faune.

2. La nitrification :

Il s'agit de l'oxydation de l'ammoniaque par des bactéries nitreuses pour arriver au stade des nitrites. Les nitrites peuvent également être assimilés par les végétaux, mais en ce qui concerne les animaux la tolérance varie selon les espèces.

3. La nitratation :

Il s'agit de l'oxydation des nitrites en nitrates par des bactéries aérobies. Les nitrates sont à la base de nombreux engrais pour plantes car il s'agit de la meilleure présentation moléculaire de l'azote pour l'assimilation par les plantes. Mais en général la formation des nitrates étant supérieure à sa consommation par les plantes, il en résulte une accumulation. Si une dose de 100mg/l reste acceptable cette valeur devient critique aux alentours de 200 mg/l. Cette valeur différant d'une espèce à l'autre. En eau de mer notamment pour les invertébrés les nitrates présentent de véritables dangers.

L'azote est un élément essentiel de la photosynthèse qui permet la transformation de la matière minérale en tissu végétal.
Il est présent dans l'air mais les plantes, à l'exception des légumineuses (luzerne, trèfle, pois...), ne peuvent pas l'absorber sous forme gazeuse. Dans le sol, l'azote est sous forme organique ou minérale (ammonium NH4+, nitrate NO3-.) L'azote organique (résidus des récoltes précédentes, engrais organiques...) doit être transformé par les micro-organismes présents dans le sol en nitrates pour être utilisable par les plantes ; c'est la minéralisation. Ce sont essentiellement les nitrates qui assurent la nutrition azotée des plantes.

Le cycle de l'azote dépend des conditions climatiques et de la microbiologie du sol. Les nitrates sont peu retenus par le sol, il faut donc les apporter quand la plante est prête à les absorber afin d'éviter le lessivage vers les nappes phréatiques. L'azote est un facteur de croissance et un facteur de qualité qui influe sur le taux de protéines des végétaux.


Cycle du phosphore

Le phosphore est nécessaire à la croissance des plantes. Il est présent dans le sol sous la forme de phosphates, soit dissous dans l'eau, soit fixés sur les particules du sol, soit dans les minéraux ou encore sous forme organique.

Au fur et à mesure que les racines prélèvent le phosphate dissous dans l'eau, les molécules fixées sont progressivement libérées. Le phosphore sous forme organique est lentement minéralisé. Mais ces échanges sont très lents. Le cycle du phosphore est dépendant des caractéristiques physiques et chimiques du sol. Ce sont les cultures de pommes de terre, de légumes et de betteraves qui ont les plus grands besoins en phosphore.


Cycle de potassium


Le potassium joue un rôle primordial dans la formation et le stockage des sucres, il aide également la plante à résister au froid, à la sécheresse et aux maladies.


Le potassium de la solution du sol est retenu par l'humus ou l'argile ; celui contenu dans les minéraux ne sera libéré que très lentement. Comme pour le phosphore, le cycle du potassium est dépendant des caractéristiques physiques et chimiques du sol.


Toutes les cultures n'ont pas les mêmes besoins en potassium : les pommes de terre, les légumes en général et les betteraves sont plus exigeants que les céréales par exemple. Généralement l'apport en potassium est réalisé avant la plantation.

3.5 BIODIVERSIFICATION DES AGROECOSYSTEMES

Selon une perspective agroécologique, l'objectif est d'équilibrer les environnements, maintenir les rendements, augmenter la fertilité du sol, l'équilibre naturel des parasites, diversifier la conception des agroécosystèmes et utiliser les technologies de bas impact. Les agroécologistes identifient maintenant des méthodes, comme la méthode de culture intercalaire et l'agroforesterie, qui imitent les processus écologiques naturels pour garantir la soutenance des agroécosystèmes complexes. Dans ce type de systèmes agricoles imitant la nature, l'énergie solaire, les nutriments du sol et les précipitations constituent des éléments essentiels21(*).

Ce type de gestion doit mener à la réutilisation optimale des nutriments, de la matière organique, des cycles d'énergie, de l'eau et du sol, ainsi qu'à l'équilibre des populations de parasites ennemies. La stratégie exploite les complémentarités et la synergie qui résultent des diverses combinaisons de récoltes, de végétation et d`animaux dans des arrangements spatiaux et temporels.

Essentiellement, le comportement optimal des agroécosystèmes dépend du niveau des interactions entre les divers composants biotiques et abiotiques du système agricole. Il existe aujourd'hui une grande variété de pratiques et de technologies disponibles, qui varient en efficacité et en valeur stratégique. Les pratiques fondamentales sont celles à caractère préventif qui agissent en renforçant l'immunité de l'agroécosystème par différents mécanismes.

Parmi les diverses stratégies pour reconstituer la diversité agricole, on peut distinguer :

1. La rotation des cultures : La succession végétale incorporée aux systèmes de cultures fournit des nutriments à ces cultures et casse les cycles de vie de plusieurs parasites, maladies, et les cycles de vie des mauvaises herbes.

2. Polycultures : les systèmes complexes de cultures dans lesquels plusieurs espèces végétales sont plantées dans la proximité spatiale permettent que le sol augmente ses nutriments et sa productivité.

3. Systèmes d'agroforesterie : Système agricole où des espèces d'arbres et d'animaux sont développées conjointement aux cultures pour augmenter les relations de complémentarité entre les composants de l'agroécosystème.

4. Cultures de couverture : Utilisation d'espèces légumineuses ou d'autres espèces annuelles sous des arbres fruitiers afin d'améliorer la fertilité du sol, augmenter la maîtrise biologique des parasites et modifier le microclimat du système.

5. Vermiculture : Incorporation de vers de terre pour aider l'agroécosystème à recycler ses nutriments et à utiliser d'une façon optimale sa biomasse.

Tous ces mécanismes ont différents avantages pour l'agroécosystème, particulièrement :

a. Maintenir la couverture végétale du sol et sa conservation.

b. Proportionner une addition constante de matière organique, sous forme d'engrais, compost ou produits résultants de l'activité biotique du sol.

c. Promouvoir les mécanismes de recyclage de nutriments par le biais de l'usage des systèmes de légumineuses, espèces animales, etc.

d. Réguler la présence des parasites et des mauvaise herbes en augmentant les agents de contrôle de l'activité biologique constitués par les ennemis naturels de ces espèces.22(*)

3.6 LA GESTION AGROECOLOGIQUE EN AMERIQUE LATINE

L'agriculture est un processus d'artificialisation de la nature. En général, l'agriculture moderne a impliqué la simplification de la structure de vastes secteurs naturels, remplaçant la diversité de la nature par un nombre restreint de plantes cultivées et d'animaux domestiques. En fait, les paysages agricoles du monde sont plantés de seulement environ 12 espèces de récoltes de grain, 23 espèces végétales de récolte et 35 fruits, qui ne représente pas plus de 70 espèces d'usine réparties sur approximativement 1440 millions d'hectares de terre. Ce type d'agriculture constitue un contraste important avec la diversité d'espèces trouvées à moins d'un hectare de la forêt tropicale, qui contient typiquement plus de 100 espèces d'arbres.

Mais toutes les formes d'agriculture n'ont pas suivi ce processus classique d'artificialisation et d'intensification. En Amérique latine, les systèmes s'étendent de la jachère en basse intensité à la culture permanente d'intensité élevée, où de grands secteurs ont été considérablement modifiés par rapport à leur état naturel et sont dominés par des monocultures. Dans les zones agricoles commerciales, les habitats naturels sont perdus à cause de l'expansion de la production agricole, particulièrement celle du bétail, de la canne à sucre, du coton, du soja, du café et, plus récemment, des récoltes d'exportation non traditionnelles. Les fermes profitent fortement des terres de haute qualité où la rentabilité est assurée par les bas salaires des travailleurs et un système de latifundia. En revanche, les fermes des paysans tendent à s'installer sur des terres écologiquement marginales ou sur des terres récemment ouvertes à l'agriculture. Ainsi, les fermiers de basses ressources manquent d'accès à de bons champs et de capital de production et sont forcés de cultiver des zones écologiquement fragiles, généralement sur des pentes raides, le long des fleuves ou dans la forêt.

Au milieu des systèmes agricoles intensifs modernes, en Méso-Amérique, dans la région andine, et dans le bassin amazonien, il existe des régions cultivées qui suivent les paramètres agricoles traditionnels. En utilisant l'indépendance inventive, la connaissance empirique et les ressources disponibles, les fermiers indigènes ont souvent développé des systèmes de cultures à rendements soutenus. Ces agroécosystèmes ont été utilisés pendant des siècles et sont basés sur les ressources disponibles et les coutumes locales. La diversité des cultures et leur variation dans le temps et l'espace ont permis aux fermiers de maximiser la sécurité des moissons et l'utilisation optimale du paysage avec des incidences limitées sur l'environnement.

De plus en plus, les résultats provenant de l'analyse de l'agriculture traditionnelle et des projets agroécologiques menés par les O.N.G. prouvent que la biodiversité des agroécosystèmes représente une stratégie qui assure des régimes et des sources diverses de revenu, production stable, conservation, utilisation efficace des ressources de la terre et augmentation de l'activité écologique. Ces legs d'agriculture traditionnelle démontrent que la combinaison d`une production stable et diverse, des rapports favorables entre les cycles d'entrée et de sortie de l'énergie et leur articulation avec les besoins de subsistance et de marché comporte une approche efficace pour assurer les nécessités alimentaires, les revenus et la conservation environnementale. Les approches écologiques représentent de multiples stratégies d'utilisation qui augmentent la nature multifonctionnelle de l'agriculture comme dispositif important pour la santé des régions rurales à l'avenir.

3.7 L'AGRICULTURE TRADITIONNELLE : EN VOIE DE DISPARITION

En dépit de l'industrialisation croissante de l'agriculture, la grande majorité des fermiers dans le monde en voie de développement sont des paysans ou de petits producteurs, qui cultivent toujours les vallées et les pentes des paysages ruraux avec des méthodes traditionnelles et de subsistance. En Amérique latine, il y a environ 16 millions d'unités rurales qui occupent près de 160 millions d'hectares et font participer 75 millions de personnes, représentant deux tiers de la population rurale.

Cependant, produit des nouvelles technologies, l'expulsion des paysans latino-américains vers la ville, qui avait commencé pendant les années cinquante et soixante, s'accélère. En 1990, 70 % des 450 millions d'habitants du sous-continent habitaient déjà dans des espaces urbains et, d'après les derniers recensements, qui estiment sa population à 480 millions d'habitants, cette tendance s'approfondit.

La rapide croissance des exportations agricoles va trouver ainsi un complément dans le marché intérieur, mais cette même vitesse de croissance urbaine, unie à une extrême polarisation de la structure de consommation et à l'absence d'une réglementation tributaire efficace, va multiplier les problèmes environnementaux et même urbains.

3.8 ARBRE NOTIONNEL

SOUTENABILITE
BIODIVERSITE

BIOFERTILITE

AGROECOLOGIE

AGRONOMIE

ECOLOGIE

CHAPITRE 4

4.1METHODOLOGIE APPLIQUEE

Dans ce travail préliminaire, plusieurs termes du domaine agroécologique seront décrits pour montrer la problématique terminologique. Dans la mesure où cette première partie de la recherche a lieu en France, même si la situation exposée ci-dessus concerne le Venezuela, les termes problématiques seront présentés avec leurs équivalents en espagnol, en anglais et en français.

Les termes en anglais seront d'abord extraits de plusieurs sites sur Internet traitant de l'agroécologie. Il faut signaler qu'il existe une grande quantité de sites en anglais sur l'agroécologie en comparaison des ouvrages écrits. En revanche, la plupart des sites en espagnol ont été traduits à partir des sites en anglais, ce qui prouve que même sous forme informatique il y a plus d'information publiée en anglais qu'en espagnol, situation similaire à celle qui a été décrite à propos des sources bibliographiques. Il y a certains sites en espagnol qui proposent des glossaires en agroécologie mais, en fait, on ne trouve dans ces glossaires que les termes les plus généraux et, la plupart des temps, la définition est traduite à partir d'une source en anglais. Il y d'autres sites où les glossaires proposés ne suivent pas une démarche terminologique rigoureuse, et ils ne sont donc pas considérés comme des sources fiables. Les paramètres utilisés pour choisir les candidats termes seront, premièrement, l'opinion des spécialistes interrogés sur place, qui a permis d'établir une liste préliminaire de termes problématiques, et, deuxièmement, l'intuition.

Ensuite, les termes choisis en anglais seront comparés aux termes trouvés sur les pages en espagnol, afin d'établir des équivalents et de localiser les termes qui posent des problèmes. Certains termes choisis au début peuvent ne pas être utilisés pour montrer la problématique si, à la suite du travail comparatif avec les termes en espagnol, l'on constate que ces termes ne posent pas trop de difficultés. Par ailleurs, des pages sur l'agroécologie en français et des bases de données seront consultées pour trouver d'autres équivalents. Il faut remarquer que ces équivalents français seront repérés spécifiquement à titre démonstratif et référentiel dans la mesure où ce travail se réalise en France. La problématique sur laquelle se base ce travail s'applique particulièrement au Venezuela et, peut-être, à d'autres pays tropicaux d'Amérique, et les langues principales qui relèvent du problème terminologique à traiter dans la recherche sont l'anglais et l'espagnol.

Finalement, les termes choisis, leurs équivalents et leurs définitions dans chaque langue seront montrés avec une explication des problèmes rencontrés lors de la recherche des équivalents et de l'établissement des définitions. Si l'on ne trouve pas d'équivalents pour certains termes choisis, un équivalent sera proposé à partir d'une traduction du terme d'origine. Pour établir les notions qui permettront de reconnaître aussi les équivalents, les contextes dans lesquels les termes ont été trouvés seront analysés, et, également, on essayera de trouver des glossaires en agroécologie, au moins en anglais. Les définitions des termes en anglais seront comparées avec les contextes des termes en espagnol afin d'établir et de vérifier les définitions et les équivalents.

En outre, il peut arriver que certaines unités lexicales en anglais semblent avoir des équivalents espagnols qui en réalité ne correspondent pas totalement aux mêmes concepts dans chaque langue. Dans ce cas-là, et si l'on ne trouve pas d'équivalent, les termes seront utilisés comme ils ont été extraits, mais il y aura une explication dans les définitions et un autre équivalent sera proposé.

L'obtention des contextes sera réalisée par biais d'un logiciel appelé Monoconc. Ce logiciel permet de trouver et afficher les occurrences d'un terme donné dans un corpus de textes. Il est possible de déterminer, par nombre de mots, la taille du contexte, tant à gauche qu'à droite. De plus, la fréquence d'usage des termes est également affichée par le logiciel. Les contextes des termes contribueront à déterminer des équivalents et des définitions, de même que la fréquence d'usage permettra d'établir des équivalents réels et de repérer les traductions incorrectes et les anglicismes. Evidemment, étant donné la perspective descriptive de ce travail, l'usage le plus fréquent d'un terme est ici considéré comme une indication du fait que le terme a été déjà introduit avec succès dans la langue.

Pour ce logiciel un mot est toute chaîne de caractères précédée et suivie par un espace. Cela veut dire que dans le cas de come, comes et came, par exemple, le logiciel va considérer qu'il s'agit de mots différents. Pour représenter la fréquence des termes dans ce travail, le mot générique ou lemme sera considéré comme l'unité principale à laquelle les autres formes seront assimilées. Come contiendrait donc comes et came23(*).

La présentation de ce petit échantillon de termes, équivalents et définitions a pour but de démontrer la problématique décrite et de signaler le schéma que le travail terminologique suivra.

Dans ce travail on a décidé de prêter la même attention aux définitions qu'aux termes, parce qu'une forme linguistique désigne un concept déterminé par une définition et appartenant à un domaine, dans ce cas l'agroécologie. L'élément central de la terminologie traditionnelle est le terme, les autres éléments étant souvent négligés24(*). Egalement, l'on considère que le principe d'équivalence est fondé sur une confrontation des langues dans une perspective descriptive25(*), ce qui explique la position méthodologique adoptée.

4.2 ECHANTILLON PRELIMINAIRE DE TERMES

1. 1. sustainability.

2. manure

3. organic manure

4. green manure

5. compost

6. standing crop

7. mulch

8. cover cropping

9. organic farming

10. stress

11. tillage

12. no-tillage system

13. conservation tillage

14. conventional tillage

15. minimum tillage

16. primary tillage

17. secondary tillage

18. rotary tillage

19. shallow tillage

20. worm culture

21. mulch

22. limiting nutrient

23. disturbance

24. stubble burn

25. limiting resource

26. agroforestry system

27. vermicomposting

28. rainfed agroecosystem

29. polycultures

30. crop rotation

4.3 DESCRIPTION DU CORPUS DE TEXTES

Le corpus de textes utilisé pour ce travail comprend 33 fichiers texte en espagnol, qui contiennent 33 965 mots, et 34 en anglais, contenant un total de 192 816 mots, trouvés sur plusieurs sites électroniques spécialisés en agroécologie, écologie et agriculture écologique.

Pour accéder aux sites électroniques, on a utilisé le moteur de recherche Google, sur lequel les mots clés employés pour trouver les textes électroniques ont été les termes problématiques de la recherche, par exemple Sustainability. Une fois que le moteur a donné la liste des sites traitant le terme, les textes ont été triés d'une manière manuelle, c'est-à-dire, on a sélectionné les premiers sites proposés par le moteur et ceux qui étaient consacrés principalement à l'agriculture et l'écologie.

Le corpus de textes a été traité avec le concordancier Monopro, qui a permis de compter les mots de tous les textes, trouver les termes faisant partie du travail terminologique et extraire leurs contextes.

4.4 DESCRIPTION DE LA FICHE TERMINOLOGIQUE

Dans le cadre de la méthodologie proposée pour le travail, un modèle de fiche terminologique est présenté ci-dessous. Le champ 1 indique le numéro de la fiche correspondant à chaque terme en anglais, ce qui permettra de trouver facilement des fiches au cas où elles feraient référence à d'autres fiches. Les champs 2 et 3 indiquent le domaine et le sous-domaine auxquels le terme appartient. Le champ 4 est destiné à l'entrée qui représente la forme lexématique du terme en anglais. En 5, il y aura la catégorie grammaticale du terme indiquée par les lettres n, pour les noms, et éventuellement par v. ou adj. quand il s'agit de verbes ou d'adjectifs. Le champ 6 représente la ou les sources où les termes et les définitions ont été trouvés. Le champ 7 indique l'équivalent en espagnol du terme et le champ 8 sa catégorie grammaticale et son genre, m. pour masculin et f. pour féminin. Dans le champ 9, on trouvera la définition en espagnol du terme. Le champ 10 indique les initiales de l'auteur de la fiche, dans ce cas MT pour Maria Tovar. Le champ 11 représente le contexte définitoire du terme complémentant la définition. Le champ 12 est destiné aux synonymes éventuels du terme et le champ 13 à l'équivalent en français, sa catégorie grammaticale, son genre, et la source où il a été trouvé. Le champ 14 indique les observations expliquant les phénomènes comme la synonymie ou toute information supplémentaire importante pouvant concourir à la compréhension des termes et des définitions. Finalement, en 15 il y aura la date de l'élaboration de la fiche ou de la dernière révision.

4.5 MODELE DE FICHE TERMINOLOGIQUE

Sous-domaine

domaine

No.

(1)

entrée

 

(2)

(3)

sources

équivalent

(4) (5)

 

(7) (8)

(6)

définition

(9)

 

contexte

(11)

 

auteur

synonyme

(12)

 

Eq. français

(13)

 

(10)

(14)

(15)

date

observations

4.6 ECHANTILLON FINAL DE TERMES PROBLEMATIQUES

1. Sustainability : Ce terme a trois équivalents apparents en espagnol : sustentabilidad, sostenibilidad, et perdurabilidad. La fréquence de sustentabilidad dans le corpus de textes est de 6 occurrences, deux exemples de ce terme en contexte sont : « Mantener y mejorar la calidad del suelo es uno de los factores más importantes para asegurar la sustentabilidad a largo plazo de la agricultura. », / Préserver et améliorer la qualité du sol est un des facteurs les plus importants pour assurer la soutenabilité à long terme de l'agriculture./, «...el programa obvia de forma inconcebible la sustentabilidad ecológica, en los planes de desarrollo nacional... », / le programme néglige d'une manière inconcevable la soutenabilité écologique dans les projets de développement national.../ Dans ce travail, le terme desarrollo sustentable, avec 11 occurrences dans le corpus, est considéré comme une rétrodérivation de sustentabilidad.

Quant au terme perdurabilidad, il apparaît 5 fois dans le corpus, par exemple : « Esta ultima palabra (perdurabilidad) encierra lo que creo intuimos todos al hablar de la "sostenibilidad,"... », / Ce dernier mot (perdurabilité) contient ce que, à mon avis, nous imaginons tous lors qu'on parle de soutenabilité.../. Le terme desarrollo perdurable, avec 11 occurrences, est ici considéré comme une rétrodérivation de perdurabilidad.

Le terme le plus utilisé est sostenibilidad, qui compte 20 occurrences dans le corpus, par exemple : « Es por esto que se propuso la elaboración de este estudio que responde al siguiente objetivo general: Medir la sostenibilidad de los sistemas de producción... », / Pour cette raison la réalisation d'une étude qui réponde à l'objectif suivant a été proposée : Mesurer la soutenabilité des systèmes de production./. Le terme desarrollo sostenible, avec 9 occurrences, est ici considéré comme une rétrodérivation de sostenibilidad.

Evidemment, en termes de fréquence, sostenibilidad est la forme la plus acceptée pour exprimer le concept de sustainability en anglais. Cependant, un des textes du corpus signale l'interférence idiomatique entre l'anglais, le français et l'espagnol qui a fait introduire les termes sostenibilidad et sustentabilidad comme des calques pour un concept qui peut être bien représenté par le terme perdurabilidad. Etant donné que ce travail a une perspective descriptive, l'on a décidé de prendre le terme le plus fréquent, sostenibilidad, d'abord parce que l'idée de longue durée est aussi exprimée par ce terme et qu'il donne, de surcroît, une idée d'appui externe qui peut activer un autre trait conceptuel, celui qui comprend les techniques permettant un développement à long terme.

Cependant, le choix entre sostenibilidad et sustentabilidad dans la réalité est plus délicat. Certains spécialistes rejettent sostenibilidad parce que c'est un terme qui vient du verbe sostener, lequel exprime l'intervention d'un agent. Sur le plan politique, cet élément peut faire référence à l'intervention d'une puissance externe dans le développement agricole, ce qui s'éloigne du principe auto-performant de l'agroécologie. De sorte qu'il existe une tendance à préférer un terme plus proche de l'anglais débarrassé de ce trait, sustentabilidad. Dans ce cas, l'on considère que l'idée d'intervention peut être interprétée aussi par un agent interne, par exemple, les paysans du pays, ce qui donne à sostenibilidad un élément positif de plus.

Pour le terme anglais sustainability, il y a 47 occurrences dans le corpus qui expriment souvent l'idée de développement à long terme: « improving the match between cropping patterns and the productivity potential and environmental constraints of climate and landscape to ensure long-term sustainability of current production levels... », « Environmental sustainability involves keeping the four ecosystem processes...». Sustainable dévelopment, considéré ici comme dérivé de sustainability, apparaît 1 fois dans le corpus. Par contre, sustainability ne fait pas allusion à la participation d'un agent externe comme sostenibilidad.

2. Green manure : ce terme a deux équivalents en espagnol, abono verde et abono vegetal. Abono verde compte 11 occurrences dans le corpus, par exemple : « El mayor rendimiento se obtuvo con la labranza convencional utilizando frijol como abono verde. », / La meilleure performance a été obtenue au moyen du labour conventionnel en employant le haricot comme engrais vert./

Quant à abono vegetal, il n'apparaît que deux fois dans le corpus : « Abono vegetal : Una mezcla de partes de plantas y tierra que se ha acumulado y mezclado con agua, ... », / Engrais végétal : Mélange des parties de plantes et terre qui ont été compilées et mélangées avec de l'eau.../, « Algunos jardineros usan abono vegetal para mejorar el suelo donde crecen las plantas. », / Certains jardiniers utilisent l'engrais végétal pour améliorer le sol où poussent les plantes./. Au vu de la fréquence de chaque terme, l'on peut conclure que le terme le plus accepté est abono verde. Les occurrences de abono vegetal sont trop peu nombreuses pour considérer que ces deux termes sont en concurrence. Dans le logiciel, l'on a introduit la forme vegetal manure, pour vérifier son existence, mais il n'y a eu aucune occurrence de ce terme.

3. Polycultures : ce terme a deux équivalents en espagnol, policultivos et cultivos multiples. Le premier a 6 occurrences dans le corpus, par exemple : « Las ventajas del diseño correcto de los policultivos son varias. », / Les avantages d'une planification correcte des polycultures sont nombreux./. Le terme cultivos multiples a 5 occurrences dans le corpus, par exemple : «Son los pequeños productores quienes en su mayoría plantan cultivos múltiples, tanto para la venta como para su propio consumo... », /Ce sont plutôt les petits producteurs qui emploient les cultures multiples, tant pour la vente que pour leur propre consommation.../.

L'on peut considérer, à partir des données, que les deux termes sont en concurrence parce qu'ils sont utilisés presque à la même fréquence. Cependant, le concept de policultivo o cultivo multiple est opposé au concept de monocultivo (17 occurrences en corpus), terme bien introduit en espagnol et qui ne pose aucun problème. Le fait de choisir policultivo au lieu de cultivo multiple permet de mettre en relation deux concepts du domaine et, par conséquent, de mieux les classer : la notion de policultivo peut être acquise et comprise d'après la notion de monocultivo et vice- versa.

4. Crop rotation ou shifting cultivation : Ces deux termes en anglais correspondent à rotación de cultivos en espagnol. Crop rotation a 29 occurrences dans le corpus de textes. Quelques exemples de ces occurrences sont: « Tactics employed to control pests include delayed planting dates, crop rotation, altered harvest dates, ... », « Other nematode pests commonly controlled with crop rotation methods include the golden nematode of potato...».

Par contre, il n'y a aucune occurrence de shifting cultivation dans le corpus. Ce terme a été proposé par les spécialistes au Venezuela mais ils ont signalé que ce terme est un peu démodé et que la plupart des publications récentes contiennent le terme crop rotation. Le fait qu'ils travaillent avec des livres un peu anciens explique que shifting cultivation suscite encore des problèmes. Etant donné que ces deux termes ne sont que des synonymes diachroniques, shifting cultivation ne sera pas pris en compte.

5. Rainfed agroecosystem : Apparemment ce terme n'a pas d'équivalent établi en espagnol. Dans le logiciel Monoconc, nous avons essayé différentes formes en espagnol pour rainfed agroecosystem mais aucune forme n'apparaît dans le corpus : agroecosistema alimentado por agua de lluvia, agroecosistema alimentado por precipitaciones, agroecosistema lluvioso, etc., Ce terme a également été recherché dans des bases de données multilingues, comme Eurodicautom, mais il n'y a aucune proposition d'équivalent en espagnol. Pour ce travail, l'on considère pertinent de proposer un équivalent du terme. La traduction littérale des lexèmes composant rainfed agroecosystem est agroecosistema alimentado por agua de lluvia. Ce terme est tout à fait compréhensible en espagnol et englobe tous les traits du terme en anglais, le seul problème étant sa longueur. Il est préférable de perdre un peu en clarté et de gagner en économie pour vendre ce type de termes pour lesquels l'on propose un équivalent. Pour ce faire, agroecosistema lluvioso semble la meilleure option, puisqu'il n'est pas trop long et qu'il maintient le trait principal du concept, la présence de la pluie dans l'agroécosystème.

6. Vermicompost : ce terme anglais a deux équivalents apparents en espagnol, vermicompost et lombricompost. Le premier compte 4 occurrences dans le corpus, par exemple : « Para la separación de las lombrices del vermicompost se vierte nuevo residuo orgánico sobre la geomembrana que cubre las pilas... », / Pour séparer les lombrics du vermicompost, du résidu organique nouveau est ajouté sur la géomembrane recouvrant les piles.../.

D'un autre côté, lombricompost n'a que deux occurrences dans le corpus : «...otras actividades en agricultura orgánica incluyen la certificación, el lombricompost, el compost,... », /...d'autres activités dans l'agriculture organique incluent la certification, le lombricompost, le compost,.../. Il est possible que le corpus ne soit pas d'une taille suffisante pour permettre de tirer des conclusions déterminantes sur ces termes en particulier. Cependant, le terme lombricompost semble plus définitoire en espagnol que vermicompost, car il s'agit d'un mélange de terre et de lombrics de terre appliquée au sol pour augmenter sa matière organique et sa productivité. L'équivalent de lombric en espagnol est lombriz, trait constitutif du terme lombricompost, lequel renvoie immédiatement à l'image de lombric. Par contre, vermicompost, même s'il contient vermis, qui en latin signifie lombric ou ver de terre, exige une compétence cognitive plus vaste pour associer vermis et lombric. Pour cette raison, quoique vermicompost soit plus fréquent dans le corpus, l'on a décidé de prendre lombricompost comme terme principal et vermicompost comme synonyme.

7. Worm culture : Pour ce terme il existe deux équivalents en espagnol qui présentent un problème similaire à celui décrit ci-dessus. Vermicultura compte 8 occurrences dans le corpus, par exemple : « La vermicultura, dentro de un sistema de producción porcina, se convierte en un subsistema que responde totalmente a la necesidad de tratar el suelo de cultivo... », / La vermiculture, dans un système de production porcine, devient un sous-système qui répond totalement au besoin de traiter le sol de culture.../.

Le deuxième terme équivalent de worm culture est lombricultura qui a 9 occurrences dans le corpus. Apparemment ces deux termes sont synonymes, mais pour les mêmes raisons que l'on a choisies lombricompost au lieu de vermicompost, il semble plus clair prendre lombricultura comme terme principal et de signaler vermicultura comme un synonyme. Worm culture est une technique agroécologique qui utilise les lombrics de terre pour améliorer l'état du sol. Même en anglais le terme worm culture contient d'une manière transparente le trait worm, lombric, dans sa composition. De la même manière, une fois choisi lombricompost, il semble logique de choisir par conséquent lombricultura, pour mieux montrer la place de ces concepts dans la structure conceptuelle.

8. Mulch : Il existe deux équivalents en espagnol pour ce terme, cobertura vegetal et cubierta vegetal. Le premier terme, indiqué par les spécialistes, n'a aucune occurrence dans le corpus. Cependant, lorsque les textes électroniques ont été trouvés, les moteurs de recherche suggéraient parfois des pages en langue portugaise. Dans ces sites en portugais, l'on a pu constater que le terme cobertura est utilisé en portugais dans le domaine agroécologique. Il est possible qu'il s'agisse d'une interférence entre l'espagnol et le portugais lorsque le terme cobertura est utilisé au Venezuela. Lexicologiquement, le terme cobertura est acceptable en espagnol, ce qui favorise l'interférence.

En revanche, le terme cubierta vegetal apparaît une fois dans le corpus : « ... a medida que avanza el período de cultivo, los suelos con cubierta vegetal tienen mayor infiltración que el mismo suelo cultivado en forma convencional... », /... au fur et à mesure que la période de culture avance, les sols ayant du paillage profitent d'une meilleure infiltration que les mêmes sols traités de façon conventionnelle.../ . Dans ce travail, et étant donné que cobertura vegetal n'apparaît pas dans le corpus, l'on a décidé de considérer cubierta vegetal comme équivalent de mulch et de ne pas signaler cobertura vegetal comme synonyme.

9. No-tillage system ou zero tillage system: ces deux termes ont pour équivalent en espagnol sistema de labranza cero. Dans le corpus de textes zero tillage a une seule occurrence: « Yields will be equivalent or better under zero tillage systems than with conventional tillage ... ».

Néanmoins, il y a 23 occurrences de zero tillage seeding ou zero tillage seeding system, par exemple: « Zero tillage seeding offers you the benefits of retained surface residues and reduced soil water losses.»

Par contre, pour no-tillage system il y a 11 occurrences: « The researchers looked at the effects of the no-tillage system on yield and earliness of fresh market 'Sunny' tomato. ». Parfois, ce terme se trouve avec d'autres éléments comme collocation: « This article describes a no-tillage vegetable production system that uses winter annual legumes as both cover crop and plant mulch. ».

Il semble que le terme zero tillage corresponde plutôt à une technique appliquée à l'ensemencement (seeding) qu'à un type de labour (tillage.) De sorte qu'il y a, en réalité, deux équivalents en espagnol pour ces termes qui étaient apparemment des synonymes. Le terme zero tillage seeding en anglais correspondrait à siembra directa25(*), qui ne fait référence qu'à la première partie du système de culture, et no-tillage system correpondrait à sistema de labranza cero, lequel décrit tout le système de culture caractérisé par l'absence de labour et qui comprend l'ensemencement.

4.7 PRESENTATION DES RESULTATS

 

CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS

L'agroécologie est une science relativement nouvelle si bien que sa terminologie, du moins en espagnol, n'est pas clairement établie. Divers éléments montrent cette situation, par exemple, les problèmes de communication entre les spécialistes ou l'ambiguïté de plusieurs termes. Dans le cas spécifique du Venezuela, ces problèmes s'expliquent surtout par le manque de références bibliographiques originellement écrites en espagnol.

La pratique terminologique moderne rend possible la résolution de ce type de problématique. Car la plupart des auteurs modernes remarquent le rôle descriptif de la terminologie, ainsi que la logique d'une démarche sémasiologique. Pour la problématique terminologique ponctuelle de l'agroécologie au Venezuela, le processus idéal dans lequel le terminologue travaille de concert avec les scientifiques et met des étiquettes sur les concepts n'est pas viable. Les termes et les concepts sont déjà là, mais il existe une espèce d'entropie entre leurs rapports.

Durant l'éboration de ce travail, plusieurs points de la théorie de la terminologie ont été particulièrement remarqués: les termes présentent une systématicité double, celle de la langue générale et celle de la langue de spécialité, ce qui explique la raison pour laquelle certains termes font partie du langage qui est normalement utilisé par le grand public. Pour établir le sens pragmatique de ces termes dans le domaine de spécialité, il faut établir une structure conceptuelle constituant la matrice du travail terminologique.

Les termes sont également des unités lexicales dont la valeur est déterminée par les conditions d'usage dans lesquelles ils sont employés. Or, la démarche terminologique doit être descriptive, montrant les termes tels qu'ils sont utilisés dans la communication réelle spécialisée et accomplissant une vraie fonction cognitive, linguistique et socio-fonctionnelle.

Il faut noter que dans ce travail une partie infime de la problématique terminologique de l'agroécologie a été montrée. Pendant la recherche des textes, les problèmes terminologiques se manifestaient constamment.

L'Internet est un outil essentiel dans la pratique scientifique actuelle. Il permet de trouver rapidement des informations sur presque tous les sujets et dans toutes les langues. Cependant, au moment de choisir du matériel électronique il faut être attentif à la source, car les sites en ligne peuvent n'être pas forcément rédigés par un spécialiste de la matière en question. En outre et même si au début la problématique décrite faisait principalement référence à la bibliographie, il est intéressant de constater que les pages électroniques consultées présentaient les mêmes caractéristiques que les sources bibliographiques (la plupart qui ont été trouvées en espagnol sont la traduction des pages en anglais), ce qui a permis de les utiliser ici comme exemples.

Dans le domaine de la terminologie moderne il existe des innovations techniques importantes qui permettent d'optimiser le travail terminologique. C'est le cas des concordanciers. Dans ce travail, l'utilisation du logiciel Monoconc a été essentielle pour l'obtention rapide et efficace des contextes ainsi que des fréquences d'usage des termes.

Le domaine de l'agroécologie est très vaste et représente de très nombreux sous-domaines. La recherche terminologique dans ces sous-domaines a été très peu développée, en particulier dans les champs de la soutenabilité et de la biodiversité, qui constituent un terrain presque vierge pour le travail terminologique.

Quant au travail terminologique, la meilleure démarche pour aborder les problématiques, même monolingues, demeure l'approche multilingue, qui permet incontestablement de mieux saisir la structure conceptuelle d'un domaine donné et de comprendre les modèles de conceptualisation différents que chaque langue propose pour la représentation des concepts.

BIBLIOGRAPHIE

· ALTIERI, M. Agroecology. The Scientific Basis of Alternative Agriculture. London: IT Publications. 1987.

· BEJOINT, Henri et THOIRON, Philippe. « Le sens des termes », in Le sens en terminologie. Lyon : Philippe THOIRON et Henri BEJOINT, dir. Presses Universitaires de Lyon. 2000. 280 p.

· BESSE, Bruno de. « Le domaine », in Le sens en terminologie. Lyon : Philippe THOIRON et Henri BEJOINT, dir. Presses Universitaires de Lyon. 2000. 280 p.

· BRADY, N. Nature and Properties of soils. 11e éd. Nueva Jersey: Prentice Hall. 1974.

· CABRE, M. Teresa. La Terminología. Teoría, metodología y aplicaciones. Barcelona, España: Empúries, S. A. 1993.

· ETHERINGTON, J. Environment and Plant Ecology. 2e. éd. London: John Mile & Sons Ltd. 1990.

· GLIESSMAN, S. Agroecology. Ecological Processes in Sustainable Agriculture. USA: Sleeping Bear Press. 1998.

· PICOCHE, J. Dictionnaire étymologique du français. Paris : Les usuels du Robert. 1990.

· REY, Alain. « La terminologie. Noms et notions », Que sais-je ? 2e éd. Paris : Press Universitaire de France. 1992. 127 p.

· SAGER, J.C. « Pour une approche fonctionnelle de la terminologie », in Le sens en terminologie. Lyon : Philippe THOIRON et Henri BEJOINT, dir. Presses Universitaires de Lyon. 2000. 280 p.

· SINCLAIR, John. Corpus, concordance, collocation. Oxford: Oxford University Press. 1991. 179 p.

SITES WEB CONSULTÉS

· www.agr.gr.ca

· www.agroecologia.net

· www.agroécologie.cirad.fr

· www.agroecology.org

· www.attra.ncat.org

· www.cnr.berkeley.edu

· www.corpocaldas.gov.co

· www.cote-azur.com.fr

· www.e-campo.com

· www.ecoportal.net

· www.europe.eu.int

· www.fao.com

· www.inforganic.com

· www.lainsignia.org

· www.u-bourogne.fr

· www.vady.mx

· www.wocat.org/ftp/glosster.pdf

ANNEXESFICHES TERMINOLOGIQUES

1

 

Agroécologie

Biofertilité

Crop rotation n.

Rotación de cultivos n. f.

BN

Técnica agroecológica para mejorar la fertilidad del suelo en la que se alternan las especies cultivadas en un terreno con especies que dejen el terreno más fértil, para evitar que éste se agote con respecto a un cultivo.

« La rotación de cultivos puede ser vista como una sucesión metódica en una misma parcela. »

 

Culture alternée n. f. (Wocat)

MT

 

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2

 

Agroécologie

Biofertilité

Green manure n.

Abono verde n. m.

GL

Abono obtenido normalmente al enterrar leguminosas en estado verde, con el que se enriquece el terreno con sustancias orgánicas y nitrógeno asimilado por micorrizas.

« El abono verde es especialmente efectivo en cultivos polianuales, por su acción lenta. »

 

Engrais vert n. m. (Eurodicautom)

MT

 

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3

 

Agroécologie

Biofertilité

Mulch n.

Cubierta vegetal n. f.

BN

Manto de residuos vegetales, paja, hierba, etc., con el que se cubre la superficie del suelo para protegerlo contra la acción directa de la luz solar y los efectos mecánicos de la lluvia.

« La cubierta vegetal incrementa la penetración de las raíces en las capas superiores del suelo y el aprovechamiento de los nutrientes. »

 

Paillage n. m. (Wocat)

MT

 

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4

 

Agroécologie

Biofertilité

No- tillage system n.

Sistema de labranza cero n. m.

BN

Tipo de labranza en la que se conserva la condición del suelo tal como se encuentra al momento de sembrar y durante todo el proceso agrícola.

« La labranza cero tiene gran importancia conservacionista porque evita el impacto del arado en el suelo. »

 

Système de labour zéro n. m. (FAO)

MT

 

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5

 

Agroécologie

Biofertilité

Polycultures n.

Policultivos n. m.

AG

Sistema de cultivo en el que especies vegetales diferentes son sembradas conjuntamente para que cada especie aproveche los nutrientes que proporciona la otra al suelo.

« Las ventajas del diseño correcto de los policultivos son

diversas. »

 

Polycultures n. f. (Eurodicautom)

MT

 

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6

 

Agroécologie

Biofertilité

Rainfed agroecosystem n.

Agroecosistema lluvioso n. m.

AG

Sistema de cultivo en el que la demanda de agua de la cosecha es satisfecha por las precipitaciones.

« Los agroecosistemas lluviosos son característicos del trópico. »

 

Agroécosystème pluvial n. m. (Wocat)

MT

 

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7

 

Agroécologie

Soutenabilité

Sustainability n.

Sostenibilidad n. f.

CC

Equilibrio que pueden alcanzar la sociedad y la naturaleza, en sus mutuas relaciones, si la acción social sobre los recursos naturales garantiza la continuidad de dichos recursos y la superviviencia de los seres humanos y del planeta.

« La sostenibilidad de la producción agrícola es una preocupación constante, pues la necesidad de proporcionar alimentos sanos a una población creciente sin degradar la base de los recursos naturales es un dilema no resuelto. »

 

Soutenabilité n. f. (Eurodicautom)

MT

 

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8

 

Agroécologie

Biofertilité

Vermicompost n.

Lombricompost n. m.

AG

Sustancia fertilizante rica en nutrientes gracias a la aplicación intensiva de lombrices de tierra en su composición.

« El proyecto sobre abonos orgánicos de la finca didáctica, se ha enfocado en la producción de lombricompost, que es una buena opción para el tratamiento de los desechos orgánicos no tóxicos,... »

Syn. : Vermicompost

Lombricompost n. m. (www.cote-azur.com.fr)

MT

 

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9

 

Agroécologie

Biofertilité

Worm culture n.

Lombricultura n. f.

ETH

Técnica agoecológica basadaen la aplicación de lombrices de tierra al suelo para mejorar su fertilidad.

« La lombricultura aumenta la aereación y el drenaje, mezcla y granula el suelo por arrastre de la materia orgánica no descompuesta y facilita el intercambio catiónico y la asimilación de P y K a través de las funciones enzimáticas de las lombrices. »

Sin. : Vermicultura

Lombriculture n. f. (www.cote-azur.com.fr)

MT

 

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10

 

Agroécologie

Biofertilité

Zero tillage seeding n.

Siembra directa n. f.

AGR

Técnica que forma parte del sistema de labranza cero en la que las semillas y eventualmente los fertilizantes son colocados en un lecho que no ha sido perturbado desde la última cosecha.

« En los sistemas de siembra directa, la resistencia mecánica del suelo y la densidad aparente son altas en comparación con los métodos de labranza convencional. »

 

Ensemencement direct n. m. (www.u-bourogne.fr)

MT

 

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REFERENCES DES FICHES TERMINOLOGIQUES

Brady Nyle = BN

Etherington = ETH

Glosario Corporación Caldas = CC

Gliessman = GL

Site www.agroecology.org = AG

Site www.agr.gr.ca = AGR

MINI-GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE

Crop rotation n.: Técnica agroecológica para mejorar la fertilidad del suelo en la que se alternan las especies cultivadas en un terreno con especies que dejen el terreno más fértil, para evitar que éste se agote con respecto a un cultivo. Esp : Rotación de cultivos

Green manure n. : Abono obtenido normalmente al enterrar leguminosas en estado verde, con el que se enriquece el terreno con sustancias orgánicas y nitrógeno asimilado por micorrizas. Esp : Abono verde.

Mulch n.: Manto de residuos vegetales, paja, hierba, etc., con el que se cubre la superficie del suelo para protegerlo contra la acción directa de la luz solar y los efectos mecánicos de la lluvia. Esp : Cubierta vegetal.

No-tillage system n.: Tipo de labranza en la que se conserva la condición del suelo tal como se encuentra al momento de sembrar y durante todo el proceso agrícola. Esp : Sistema de labranza cero.

Polycultures n.: Sistema de cultivo en el que especies vegetales diferentes son sembradas conjuntamente para que cada especie aproveche los nutrientes que proporciona la otra al suelo. Esp : Policultivos.

Rainfed agroecosistem n.: Sistema de cultivo en el que la demanda de agua de la cosecha es satisfecha por las precipitaciones. Esp : Agroecosistema lluvioso.

Sustainability n.: Equilibrio que pueden alcanzar la sociedad y la naturaleza, en sus mutuas relaciones, si la acción social sobre los recursos naturales garantiza la continuidad de dichos recursos y la superviviencia de los seres humanos y del planeta. Esp : Sostenibilidad.

Vermicompost n.: Sustancia fertilizante rica en nutrientes gracias a la aplicación intensiva de lombrices de tierra en su composición. Esp : Lombricompost.

Worm culture n.: Técnica agoecológica basadaen la aplicación de lombrices de tierra al suelo para mejorar su fertilidad. Esp : Lombricultura.

Zero tillage seeding n.: Técnica que forma parte del sistema de labranza cero en la que las semillas y eventualmente los fertilizantes son colocados en un lecho que no ha sido perturbado desde la última cosecha. Esp : Siembre directa.

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION ........................................................................... 2

1. CHAPITRE 1

1.1BASES THEORIQUES DE LA TERMINOLOGIE.......................... 6

2. CHAPITRE 2

2.1DESCRIPTION DE LA PROBLEMATIQUE................................ 15

3. CHAPITRE 3

3.1L'AGROECOLOGIE...............................................................20

3.2 PRINCIPES AGROECOLOGIQUES ET STRATEGIES POUR CONCEVOIR DES SYSTEMES AGRICOLES SOUTENABLES........................................................................ 22

3.3 PRINCIPES AGROECOLOGIQUES.........................................24

3.4 PROCESSUS ECOLOGIQUES............................................... 27

· Cycle du carbone.............................................................. 27

· Cycle de l'eau................................................................... 30

· Cycle de l'azote................................................................. 31

· Cycle du phosphore...........................................................33

· Cycle du potassium............................................................33

3.5 BIODIVERSIFICATION DES AGROECOSYSTEMES..................34

3.6 LA GESTION AGROECOLOGIQUE EN AMERIQUE LATINE................................................................................... 37

3.7 L'AGRICULTURE TRADITIONNELLE : EN VOIE DE DISPARITION......................................................................... 39

3.8 ARBRE NOTIONNEL...............................................................40

4. CHAPITRE 4

4.1METHODOLOGIE APPLIQUEE................................................41

4.2 ECHANTILLON PRELIMINAIRE DE TERMES........................... 45

4.3 DESCRIPTION DU CORPUS DE TEXTES............................... 46

4.4 DESCRIPTION DE LA FICHE TERMINOLOGIQUE................... 47

4.5 MODELE DE FICHE TERMINOLOGIQUE................................ 48

4.6 ECHANTILLON FINAL DE TERMES PROBLEMATIQUES.......... 49

4.7 PRESENTATION DES RESULTATS....................................... 59

5. CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS.................................. 60

6. BIBLIOGRAPHIE..................................................................... 63

7. ANNEXES............................................................................... 65

§ FICHES TERMINOLOGIQUES.......................................................66

§ REFERENCES DES FICHES TERMINOLOGIQUES.................................................................. 76

§ MINI-GLOSSAIRE TERMINOLOGIQUE.......................................... 77

8. TABLE DES MATIERES..............................................................80

* 1 Sager, J. C. « Pour une approche fonctionnelle de la terminologie ». Le sens en terminologie.

* 2 Cabré. T. La Terminología. Teoría, metodología y aplicaciones

* 3 Béjoint, H. et Thoiron, Ph. « Le sens des termes », Le sens en terminologie

* 4 Ibid.

* 5 Ibid.

* 6 Ibid.

* 7 Cabré, T., La Terminología. Teoría, metodología y aplicaciones.

* 8 Sager, J. C. «  Pour une approche fonctionnelle de la terminologie», Le sens en terminologie.

* 9 Ibid.

* 10 Ibid.

* 11 Rey, A. La terminologie. Noms et notions.

* 12 Parfois la détermination du domaine pose des problèmes parce que les connaissances humaines ne sont pas toujours réparties selon les mêmes critères. La présentation d'un arbre du domaine est moins utilisée aujourd'hui en terminologie q'avant et son efficacité pour la détermination de l'appartenance des termes au domaine a été mise en cause. Il existe aussi un problème structurel, puisqu'une terminologie est censée correspondre à un système notionnel, ce qui n'est pas toujours le cas. Cependant, pour ce travail en particulier il semble facile d'encadrer la terminologie dans un arbre de domaine spécifique qui peut aider à décrire le caractère interdisciplinaire de l'agroécologie et à mieux comprendre les notions agroécologiques et leur hiérarchie.

* 13 Rey. A. La terminologie. Noms et notions.

* 14 Ibid.

* 15 Ibid.

* 16 Altieri, M., Agroecology. The Scientific Basis of Alternative Agriculture.

* 17 Altieri, M., Agroecology. The Scientific Basis of Alternative Agriculture.

* 18 Gliessman, S., Agroecology. Ecological Processes in Sustainable Agriculture.

* 19 Altieri, M., Agroecology. The Scientific Basis of Alternative Agriculture.

20 Ibid

* 20 Ibid

* 21 Gliessman, S., Agroecology. Ecological Processes in Sustainable Agriculture.

* 22 Altieri, M., Agroecology. The Scientific Basis of Alternative Agriculture.

* 23 Sinclair, Corpus, Concordance, Collocation.

* 24 Besse, B, « Le domaine », Le sens en terminologie.

26 Ibid.

* 25 Terme trouvé dans le site Internet de la FAO.











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