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Diagnostic des procédés de conservation et de transformation de la noix de cajou a St Jean du Sud et propositions d'amelioration

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par Ewald ALCINDOR
Universite d'Etat d'Haiti (UEH/FAMV) - Deuxieme cycle 2005
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE D'ETAT D'HAITI

(UEH)

FACULTE D'AGRONOMIE ET DE MEDECINE VETERINAIRE

(FAMV)

Département de Sciences et Technologie Alimentaire

(DSTA)

Diagnostic des procédés de conservation et de transformation de la noix de cajou à St Jean du Sud et propositions d'amélioration

Mémoire

Présenté par ALCINDOR Ewald

Pour l'obtention du diplôme d'Ingénieur Agronome.

Option : Sciences et Technologie Alimentaire

Juillet 2006

Diagnostic des procédés de conservation et de transformation de la noix de cajou

à St Jean du Sud et propositions d'amélioration

Dédicaces

Ce mémoire, je le dédie spécialement à :

Ø Ma très chère petite soeur Bénita ALCINDOR, la personne la plus importante pour moi

Ø Mes chers parents en occurrence Mr Milfrance ALCINDOR et Mme Rosette MARCELIN qui ont consacré leur courage et leur sang pour faire de moi ce que je suis

Ø La fille avec laquelle je partagerai ma vie

Tous mes proches et mes amis qui m'ont soutenu à leur manière

Remerciements

En hommage de ma gratitude, je voudrais remercier Dieu pour m'avoir donné la vie et l'intelligence.

Ce travail n'aurait pas vu le jour sans la collaboration de bon nombre de personnes, ainsi mes remerciements les plus profonds vont à l'endroit de :

Ø Mon conseiller, Ing-Agr, Msc Harold CORANTIN

Ø Mon Ex-conseiller, Ing-Agr, Msc Gérard ROUSSEAU

Ø Mon directeur de STA, Ing.-Agr, Msc Kednal AlEXIS

Ø Tous les professeurs qui ont participé à ma formation

Ø Toute la promotion « Référence 2000-2005 » particulièrement l'option STA

Ø L'Etat Haïtien

Ø La Faculté toute entière

Ø Mes deux proches collaborateurs : FILS AIME Jimmy, un frère adopté et BENECHE Joseph Antoine, un ami fidèle

Ø Mes camarades de promotion spécialement BARTHELUS Jn Diego, AUGUSTIN J L Pradel Mathurin, BENECHE Joseph Antoine, ARMAND Hency, LETANG Gardy, NOEL Verlaine membres de la FAMILIIA ,PAUL Jean Amos, ANDRE Joseph Andrenor, CHERY Anderson, MONROSE Gregory S., JULIEN Herley Richard, BERTRAND Talot.

Résumé

Ce travail réalisé à St Jean du Sud vise à évaluer les procédés de conservation et de transformation de la noix de cajou par l'étude de la filière en vue d'identifier les atouts et les contraintes. Pour atteindre l'objectif fixé dans le cadre de ce travail, des enquêtes préliminaires et approfondies ont été réalisées dans la zone où 67 producteurs, 5 distributeurs de matière première, 83 unités de transformation et 25 consommateurs ont été questionnées aléatoirement selon leur activité dans la filière.

Les résultats trouvés montre que la plus grande part de noix d'acajou produite à St Jean du Sud est vendue soit à des marchandes de tablettes pour la fabrication de tablette et de noix grillée, soit au niveau des usines de noix grillée de la zone pour la fabrication de noix grillée et de calcinée. Par là, deux types d'unités se sont identifiés : les unités de type familial et les unités de type artisanal. Chaque type d'unité est considéré comme un circuit de commercialisation contenant dans leur chaîne plusieurs agents qui obtiennent chacun une marge dans cette activité. Sur un pot de six (6) lbs de noix de cajou en coque, la somme des marges réalisées par les différents agents est évaluée à 179.10 gourdes dans le circuit I qui contient les producteurs, les distributeurs de la matière première, les marchandes de tablettes et à 186.60 gourdes dans le circuit II qui comprend les producteurs, les distributeurs de la matière première, les usines de noix grillée et les supermarchés.

Ces deux types d'unités font face à des problèmes de l'insuffisance et de l'inadéquation des moyens de fonctionnement qui empêchent leur évolution, mais, les unités de type familial sont beaucoup plus affectées car elles ont très peu de structure de base pour mener les opérations. Cependant, en dépit de tous ces problèmes, ces unités arrivent à fabriquer des produits qui gagnent depuis toujours l'attirance de bon nombre de consommateurs haïtiens vivant en Haïti ou à l'étranger.

L'évolution de ce secteur (la transformation de la noix de cajou) pourrait être possible moyennant la mise au point de nouveaux produits tels le beurre de la noix de cajou, la production à grande échelle du vin et de la confiture à partir de la pomme et la valorisation de la coque en CNSL.

Table des matières

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Dédicaces Erreur ! Signet non défini.

Remerciements Erreur ! Signet non défini.

Résumé Erreur ! Signet non défini.

Table des matières..................................................................v

Liste des tableaux................................................................viii

Liste des figures....................................................................ix

Liste des sigles, symboles et abréviations......................................x

Liste des annexes et appendices.................................................xi

I. Introduction 1

1.1.- Généralités 1

1.3.- Objectif du travail 3

1.3.1.- Objectif général 3

1.3.2.- Objectifs spécifiques 3

1.4.- Hypothèse de travail 3

1.5.- Intérêt du travail 3

II. Revue de littérature 4

2.1.- Origine et Histoire 4

2.2.- Botanique de l'anacardier 4

2.3.- Ecologie de l'anacardier 5

2.4.- Rendement 6

2.5.- Premiere transformation 6

2.5.1.- Récolte 6

2.5.2.- Séchage - Triage et Stockage de la noix de cajou 7

2.5.3.- Triage 7

2.5.4.- Stockage 7

2.6.- Marché mondial de la noix de cajou 8

2.6.1.- Evolution de la production 8

2.6.2.- Evolution du prix 9

2.6.3.- Evolution de la part de marché 9

2.6.4.- Evolution des exportations 10

2.6.5.- Evolution des importations 11

2.7.- Qualité de la noix de cajou 11

2.7.1.- Normes et critères 12

2.7.2.- Classement 12

2.8.- Les différentes utilisations de la noix de cajou 13

2.8.1.- Dans l'alimentation humaine 13

2.8.2.- Dans la pharmacopée traditionnelle 14

2.8.3.- Dans l'industrie agro alimentaire 15

2.9.- La transformation de la noix de cajou 15

2.9.1.- Evolution de la transformation 15

2.9.2.- Les différentes opérations 15

2.9.3.- Les produits dérivés 16

2.10.- La noix de cajou en Haïti 16

2.10.1.- Noix dans l'économie paysanne 16

2.10.2.- Zone de production 16

III. Méthodologie 17

3.1.- Cadre physique de la commune 17

3.1.1.- Présentation de la zone 17

3.1.2.- Climat 17

3.1.3.- Agriculture et Elevage 18

3.2.- Cadre socio-économique de la commune 18

3.3.- Méthode 19

3.3.1.- Phase pré-étude 19

3.3.1.1.- Documentation 19

3.3.1.2.- Visite exploratoire 19

3.3.1.3.- Enquête préliminaire 20

3.3.1.4.- Délimitation de l'aire de l'étude 20

3.3.1.5.- Typologie 20

3.3.2.- Phase de diagnostic 20

3.3.2.1. - Echantillonnage 20

3.3.2.1.1.- Choix des localités et des producteurs 21

3.3.2.1.2.- Choix des distributeurs de matières premières 21

3.3.2.1.3.- Choix des unités de transformations 21

3.3.2.1.4.- Choix des consommateurs 21

3.3.2.2.- Enquête formelle 22

3.3.2.3.- Traitement et analyse des données 23

3.3.2.3.1.- Paramètres pris en compte et les procédés de calcul 24

VI. Résultats et discussions 25

4.1.- Production de la noix de cajou à St Jean du Sud 25

4.1.1.- Zone de production 25

4.1.2.- Evolution de la production 25

4.1.3.- Période de récolte 25

4.1.4.- Séchage, Stockage 26

4.1.5.- Coût de production 26

4.2.-Utilisation de la noix de cajou à St Jean du Sud 27

4.3.- Produits dérivés de la noix de cajou et présentation 28

4.3.1.- Produits dérivés 28

4.3.2.- Présentation 28

4.4.- Evolution de la transformation de la noix à St Jean du Sud 29

4.5.-Typologie des unités de transformation 30

4.6.- Présentation des unités de transformation 30

4.6.1.- Les unités de type familial (Type I) 30

4.6.1.1.-Localisation 30

4.6.1.2.- Les locaux 31

4.6.1.3.- Les matériels 31

4.6.1.4.- La matière première 32

4.6.1.5.- Le personnel 32

4.6.1.6.- La méthode 33

4.6.1.7.- Les produits fabriqués 34

4.6.1.8.- Les emballages 35

4.6.1.9.- Destination des produits 36

4.6.1.10.- Qualité des produits 36

4.6.1.11.- Capacité de fonctionnement et de rendement 36

4.6.1.12.- Atouts et contraintes 37

4.6.2.- Les unités de type artisanal (Type II) 37

4.6.2.1.- Localisation 38

4.6.2.2.- Les locaux 38

4.6.2.3.- Les matériels 39

4.6.2.4.- Le personnel 39

4.6.2.5.- La méthode 40

4.6.2.6.- Les produits dérivés 41

4.6.2.7.- Les emballages 42

4.6.2.8.- Destination des produits 42

4.6.2.9.- Hygiène et qualité 42

4.6.2.10.- Capacité de fonctionnement 43

4.6.2.11.- Atouts et contraintes 43

4.7.- Comparaison entre les unités de type familial et celles de type artisanal 44

4.8.- Analyse du circuit de commercialisation 45

4.8.1.- Marché de la noix de cajou à St Jean du Sud 45

4.8.2.- Evolution du prix de la noix de cajou à St Jean du Sud 46

4.8.3.- Présentation et Fonction des différents acteurs du circuit 47

4.8.3.1.- Fonction des Producteurs 47

4.8.3.2.- Fonction des Distributeurs de matière première 47

4.8.3.3.- Fonction des Transformateurs 47

4.8.3.4.- Fonction des Supermarchés 477

4.8.3.5.- Fonction des Consommateurs 47

4.8.4.- Relation entre les différents acteurs 48

4.8.4.1.- Relation de solidarité 48

4.8.4.2.- Relation de concurrence 48

4.8.4.3.- Relation de dépendance 49

4.9.- Coût et marges de commercialisation des différents agents 49

4.9.1.- Présentation du circuit de commercialisation de la noix de cajou 49

4.9.1.1.- Les circuits de commercialisation 49

4.9.1.2.- Marges de commercialisation par pot de six (6) livres pour les différents agents de la filière de la noix à St Jean du Sud. 51

4.9.1.3.- Pourcentage des marges (%MR) réalisées par les différents agents dans le circuit I et II 53

4.9.1.4.- Analyse des marges 53

4.10.- Test d'indépendance entre les variables 55

V. Conclusion et Recommandations 57

VI. Références bibliographiques 60

VII. Annexes et Appendices 65

Liste des tableaux

Tableau 1 : Part de la production mondiale...........................................10

Tableau 2 : Utilisation de la noix dans la pharmacopée traditionnelle............14

Tableau 3 : Répartition des échantillons..............................................22

Tableau 4 : Comparaison entre les deux unités.......................................45

Tableau 5 : Marges réalisées par pot de six lbs.......................................52

Tableau 6 : Comparaison entre les marges........................................... .5 3

Tableau 7 : Pourcentage des marges réalisées........................................54

Tableau 8 : Valeurs observées (Nij)................................................... 56

Tableau 9 : Valeurs espérées (Eij)......................................................57

Liste des figures

Figure 1 : Les différents processus de transformation....................................15

Figure 2 : Coque de noix de cajou après extraction.......................................27

Figure 3 : Noix grillée et tablette du type I.................................................29

Figure 4 : Une unité familiale effectuant une opération de fendage .....................33

Figure 5: Tablette emballée dans des feuilles de bananier séchées et noix grillée

dans de petit sachet en plastic au marché des quatre chemins................35

Figure 6 : Bâtiment d'une unité de transformation : Noix d'élite.........................38 

Figure 7: Un atelier de transformation en fonctionnement : Belle St Jeannaise.........40

Figure 8 : Noix grillée en fin d'opération.....................................................41

Figure 9 : Noix grillée emballée dans des bocaux en plastic................................42

Figure 10 : Evolution du prix de la noix d'acajou............................................48

Figure 11: Les circuits de commercialisation.................................................50

Liste des sigles, symboles et abréviations

CEE/ONU : Communauté Economique Européenne/ Organisation des Nations

Unies

CNSL  : Cashew Nut Shell Liquid

CNUCED : Conférence de Nations Unies sur le Commerce et le Développement

D/E : Dépense effectuée

DFRN : Direction des Forets et des Ressources Naturelles

DSTA : Département de Science et Technologie des Aliments

FAMV : Faculté d'Agronomie et Médecine Vétérinaire

FAO  : Food and Agriculture Organisation

gde : Gourde

IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique

kg /ha : Kilogramme à l'hectare

lb : Livre

MDRB : Ministère de développement Rural du Bénin

MR : Marge réalisée

P/ A : Prix d'achat

P/V : Prix de vente

oC : Degré Celsius

% : Pourcentage

% MR : Pourcentage de marge réalisée

UEH : Université d'Etat d'Haïti

X2 : Chi deux

Liste des annexes et appendices

Annexe A : Schéma de fabrication de tablette

Annexe B : Schéma de fabrication de noix grillée

Annexe C : Schéma de fabrication de la calcinée

Annexe D : Tableau de calcul des valeurs Espérées

Annexe E : Calcul des marges de commercialisation

Annexe F : Structure chimique du CNSL

Annexe G : Composition chimique et physique du CNSL

Annexe H : Fiche d'enquête

I. Introduction

1.1.- Généralités

La transformation des produits agricoles ne date pas d'aujourd'hui, car depuis l'antiquité, les gens ont eu l'habitude de mettre leurs produits sous d'autres formes, soit pour une meilleure alimentation, soit pour une meilleure conservation. C'est une activité d'une importance capitale qui devrait être l'oeuvre de tous les acteurs impliqués dans ce domaine. En plus de ces avantages, elle est créatrice de revenu et contribue pour une bonne partie des emplois crées à travers le monde. En Haïti, ce domaine est peu exploité pour des raisons diverses, cependant, certaines zones du pays sont réputées comme zone à tradition pour la transformation des produits agricoles. Ainsi, on peut citer Cap haïtien, Marmelade, Dondon dans le Nord, Cavaillon, St Jean du Sud, Camp Perrin dans le Sud, la vallée de Jacmel dans le Sud-est qui, pendant longtemps transforment certains produits agricoles comme l'orange, le chadèque, le café, la noix de cajou, l'arachide, le manioc ect. Selon la FAO, la transformation des produits agricoles en Haiti est estimée à 35500 TM pour les agrumes, 450 TM pour le manioc. Les autres produits tels l'arachide, la banane, la mangue, la noix grillée, sont transformés à petite échelle (FAO, 2002). Quand à la noix de cajou, fruit sur lequel porte l'étude, elle est appréciée non seulement pour la beauté de sa pomme et de sa noix mais aussi pour les diverses utilisations et la large gamme de produits qu'on peut obtenir à partir des différents procédés de fabrication.

La noix de cajou joue un rôle économique et alimentaire important dans de nombreux pays. Pour certains pays comme la Tanzanie, le Mozambique, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, les recettes tirées à partir de la noix de cajou s'élèvent à environ 880 millions dollars US/an (ERIC, 1999).

Des produits issus de la noix de cajou comme noix grillée, tablettes, beurre de la noix de cajou etc. sont consommés dans plus de cent vingt cinq (125) pays (LACROIX, 1999). Quant à la pomme de cajou, elle est généralement consommée à l'état frais au niveau local du fait de son caractère périssable qui la rend difficilement transportable.

Très énergétique, digeste et laxative, la noix de cajou contient 49.3 % de lipides, 18.6 % de protéines, 20.5 % de glucides. Elle renferme aussi des vitamines et des oligoéléments (DAVIS, 1999). Elle est utilisée dans plusieurs domaines tels la pharmacologie, la cosmétologie, la cuisine et l'agroalimentaire.

1.2.-Problématique et Justification

En Haïti, les pertes post-récoltes sont énormes à cause de l'insuffisance et l'inadéquation des moyens de transport et l'éloignement des centres de production par rapport aux centres de transformation et de commercialisation. Selon la FAO, en Haïti les pertes postes récoltes s'élèvent jusqu'à environ 30 à 40% dans le domaine des fruits et légumes (FAO, 2002). Faisant partie des fruits et légumes, la noix de cajou n'échappe pas à ce problème, bien qu'elle ne soit pas périssable au même titre que les autres fruits comme la mangue, l'arbre véritable, l'orange et le chadèque.

La transformation de la noix de cajou est une activité rentable, elle permet d'obtenir de très grande valeur ajoutée et de générer de revenu important (BEHRENS, 1996).

La noix de cajou est considérée comme l'une des principales sources de revenu pour les habitants de St Jean du Sud, elle pourrait faire l'objet des exportations importantes au même titre que la mangue francisque. Pourtant la noix de cajou est peu valorisée et parfois mal utilisée dans la commune. Dans la zone, seulement des produits comme noix la grillée, la tablette sucrée et la noix grillée sucrée sont fabriqués à partir de la noix. Et la pomme est parfois utilisée pour la fabrication du vin et de la confiture. La transformation de la noix reste jusqu'à date à l'échelle artisanale. Vu la technique et les matériels utilisés pour transformer la noix de cajou, les produits fabriqués ne peuvent être pas de qualité supérieure ce qui explique la difficulté de les commercialiser à l'extérieur. Et de plus, le manque de personnel qualifié et d'unités de transformation adéquate peut être engendré une mauvaise valorisation de la noix de cajou dans la commune de St Jean du Sud.

Face à ces multiples problèmes, un diagnostic de la transformation de la noix de cajou dans la zone s'avère donc nécessaire afin d'identifier les principales contraintes et de faire des propositions pour son amélioration.

1.3.- Objectif du travail

1.3.1.- Objectif général

Analyser les procédés de transformation de la noix de cajou (anacarde) dans la zone et proposer des solutions d'amélioration.

1.3.2.- Objectifs spécifiques

- Inventorier et caractériser les unités de transformation de la noix de cajou à St Jean du Sud

- Identifier les principales contraintes liées à la transformation de la noix de cajou

- Formuler des propositions en vue d'améliorer les produits dérivés et de diversifier la transformation de la noix de cajou.

1.4.- Hypothèse de travail

H1 : L'évolution de la transformation de la noix de cajou à St Jean du Sud dépend de la structure et des moyens de fonctionnement des unités de transformation.

H2 : Le manque de formation dans le domaine de transformation engendre une mauvaise valorisation de la noix de cajou dans la zone de St Jean du Sud.

1.5.- Intérêt du travail

Tenant compte du manque d'information écrite en Haïti sur la noix de cajou, cette étude a une importance capitale pour le pays et pour la région de St Jean du Sud en particulier car elle constitue une banque de données pour le pays et un outil de développement de ladite zone.

II. Revue de littérature

2.1.- Origine et Histoire

L'anacardier est un arbre originaire de la côte Nord-est du Brésil où il était cultivé par les peuples indigènes bien avant sa découverte par les portugais qui l'avaient introduit plus tard dans certaines de leurs colonies d'Afrique et d'Asie. L'arbre a été mis à jour au cours du XVIe siècle à la suite des grandes découvertes maritimes qui se sont succédés vers le nouveau monde (CITE, 1995). Les premières traces écrites de l'anacardier sont attribuées au français André THEVET (1558). Deux décennies plus tard, soit en 1576 l'écrivain portugais Pero de Magalhaes Gandavo décrit pour la première fois les fruits de l'arbre (ANFANI, 1998 cité par DRAMAN, 1999). D'autres écrits participeront ultérieurement à une meilleure appréhension de celui-ci, tant en ce qui concerne son aspect botanique que sa culture ou ses différentes utilisations. Toutefois, même s'il y avait une grande répartition, l'arbre n'est devenu objet d'un commerce important qu'au début des années 1920. Dans son pays d'origine l'anacarde était employé comme remède pour ses vertus médicinales et aujourd'hui dans de nombreux pays pour le traitement de divers maux comme les coliques, les diarrhées, les infections de la peau, les bronchites ou le diabète par exemple.

Source : Raintree nutrition, Inc, 2000

2.2.- Botanique de l'anacardier

Du nom scientifique Anacardium occidentale L., appartenant à la famille des Anacardiacées, l'anacardier est un arbre qui peut atteindre jusqu'à quinze mètres de hauteur à l'âge adulte. Il possède un feuillage touffu aux feuilles persistantes et ovales, aux fleurs regroupées en grappe, au port hémisphérique reposant sur des branches épaisses, tortueuses très ramifiées, qui touchent fréquemment le sol, occupant par là une superficie importante; son tronc est court. L'anacardier est parfois utilisé pour le reboisement, notamment du fait de sa faculté à prévenir l'érosion des sols grâce à un système radiculaire composé d'une ou de plusieurs racines pivotantes enfoncées profondément dans la terre, et de racines latérales horizontales couvrant une large surface. Il réclame peu d'entretien et peut vivre jusqu'à 20 à 30 ans en culture et jusqu'à un demi siècle à l'état naturel. S'il est mis en culture, il réclame davantage d'attention, il faudra le planter de manière espacée, lui offrir une terre riche (parfois des engrais) et des soins adaptés (AOGOU, 1996).

Le fruit, couramment appelé noix de cajou ou encore anacarde est un fruit akène (fruit sec qui ne s'ouvre pas, mais se détache entièrement de la plante) qui atteint son plein développement en un mois environ. D'une dimension de trois à cinq centimètres, de couleur gris-brunatre, la noix de cajou est constituée d'un péricarpe dont la partie intérieure est très dure et la partie extérieure spongieuse (AOGOU, 1996). Entre ces deux structures, on découvre une partie plus molle en nid d'abeille contenant un liquide visqueux brun foncé qui rend difficile l'extraction de la noix du fait de sa toxicité et de sa haute causticité. Ce produit s'appelle baume de cajou (on utilise le sigle anglais CNSL qui signifie Cashew Nut Shell Liquid, Annexe D & G) est une résine phénolique aux propriétés très particulières qui contient 90% d'acide anacardique et 10% de cardol (DAVIS, 1999).

A l'intérieur de la noix, se trouve le vrai fruit qui s'adhère fortement à la coque. C'est une graine oléagineuse généralement réniforme dont la dimension varie entre deux à trois centimètres selon les catégories, elle est blanchâtre et offre une saveur agréable. Lorsque la noix a atteint sa taille définitive, le pédoncule qui jusque là ne s'était pas développé, grossit rapidement pour prendre la forme d'une poire de 5 à 10 cm de longueur et d'une couleur pouvant s'étaler du jaune vif au rouge éclatant selon la variété, c'est la pomme de cajou couramment appelée faux fruit (AOGOU, 1996).

2.3.- Ecologie de l'anacardier

L'anacardier est un arbre endémique du Brésil. Il est aujourd'hui largement exploité dans de nombreuses régions du globe, comme en Afrique ou en Asie par exemple et s'adapte à presque tous les types de sols. Cependant, il préfère les zones tropicales, en général les terres meubles et profondes. Il peut supporter des périodes de chaleur et de sécheresse (12 - 32oC est l'idéal, mais pas au delà de 40 - 45oC) ; l'arbre dans son entier craint le gel. En effet, les jeunes pousses et les fleurs ont du mal à résister à des températures inférieures à 7oC. Pour donner des récoltes importantes et saines, l'anacardier a besoin de sols bien drainés, riches et bénéficiant d'un apport en eau pendant la saison sèche (pluviométrie de l'ordre de 1000 - 2000 mm/an). Cette saison sèche doit être bien marquée et répartie sur une période de trois à quatre mois (PRF, 2002). C'est un arbre qui supporte aisément les endroits venteux. C'est notamment pour cette raison et sa faculté à limiter l'érosion des sols qu'il est souvent utilisé pour fixer le littoral (DFRN, 1995).

2.4.- Rendement

Selon les pays, le rendement de l'anacardier est différent. Il varie en effet en fonction du climat, mais aussi de la fertilité du sol, des soins qui lui sont prodigués notamment au niveau du choix des semences et de l'entretien des sols. Une connaissance approfondie de l'arbre, de son développement, de sa fructification devrait permettre, en fonction de ses spécificités, de prévoir dès la plantation, le meilleur emplacement pour la disposition des graines ou des plants en vue de l'obtention d'un rendement maximum (D'ALMEIDA, 1995). On estime qu'un arbre produit en moyenne 15 kg de fruits par an sur toute sa vie, avec une pointe vers la dixième année à 30 kg. Certains pays se trouvent bien en deçà de ce chiffre. Tel est le cas du Kenya, du Bénin et d'autres pays par exemple avec seulement 6 kg/arbre. Le rendement mondial moyen est de l'ordre de 550kg/ha (FAO, 2002).

2.5.-Premiere transformation

2.5.1.- Récolte

Planté sans fumure, l'anacardier entre en production à l'age de quatre à cinq ans en moyenne. Il faut atteindre cependant la septième année pour avoir une fructification abondante. La campagne de la noix de cajou commence par la récolte des fruits au cours de la période sèche entre les mois de janvier et d'avril avec la plus grande partie ramassée entre février et mars. C'est une activité qui réclame une importante main d'oeuvre. Une fois les fruits à maturité tombés au sol, ils sont collectés par les ramasseurs qui séparent la pomme de cajou (faux fruit), de la noix par un mouvement manuel rotatif. Plus tard, seront ôtés à l'aide d'un couteau, les résidus de pomme encore présents à la surface des noix (KROLL, 1996).

2.5.2.- Séchage - Triage et Stockage de la noix de cajou

Il est essentiel de récolter les noix de cajou par terre. En effet, cela garantit au producteur une bonne qualité des noix de cajou. Dans le cas contraire, elles risquent fort de ne pas être assez mûres et d'avoir un mauvais comportement pendant le séchage ou pendant le transport, ce qui pourra faire baisser le prix de vente. Pour le séchage, les noix sont placées sur des nattes de bambou ou des feuilles de palmier et sont régulièrement retournées à l'aide de râteaux. Le séchage peut être accéléré en plaçant les noix sur des grilles au-dessus d'une source de chaleur. Avant que la coque ne soit retirée, le CNSL doit être extrait. En Afrique de l'Est, la méthode traditionnelle d'extraction consiste à griller les noix dans des bidons ou des baignoires. Cette étape permet non seulement de sécher les noix, mais également de fragiliser le péricarpe afin d'ouvrir plus aisément les amandes (EIJNATTEN, 1996).

2.5.3.-Triage

Une fois récoltée ou pendant la récolte, on procède au triage des noix de cajou et on les sépare selon leur qualité. La pomme ne doit pas adhérer à la noix de cajou. La noix doit être bien pleine et bien formée. Les noix portant les signes de maladies doivent être séparées des autres. De cette façon, on s'assure un profit maximum pour les noix de cajou de première qualité (CNUCED, 2002).

2.5.4.- Stockage

Le stockage des noix de cajou doit s'opérer dans un endroit frais, ventilé, sec et à l'abri des insectes nuisibles. Il doit être effectué dans des sacs en jutes pour une meilleure conservation dans un hangar adapté et construit spécialement à cet effet. De dimensions de 10 x 8 x 4 mètres de haut, bien aéré avec suffisamment d'ouvertures convient. Pour les ouvertures, on compte un minimum de 10 % de la surface des murs en protégeant chaque ouverture avec du grillage pour empêcher les insectes nuisibles d'y pénétrer. Stockée dans de bonnes conditions, la noix de cajou peut rester saine jusqu'à vingt à vingt quatre mois (EIJNATTEN, 1996).

2.6.- Marché mondial de la noix de cajou

2.6.1.- Evolution de la production

Après une certaine stagnation entre 1961 et le milieu des années 1980, la production mondiale était aux alentours des 400 000 tonnes, elle a progressé de manière très importante passant de près de 505 000 tonnes produites en 1984 à plus de 2 millions de tonnes en 2003 (produites dans une trentaine de pays). Cette hausse de la production a été de près de deux fois supérieure à celle enregistrée lors de la période précédente : 1961-1984 où elle était seulement passée de 288 000 tonnes en 1961 à 505 000 tonnes en 1984 (soit une hausse de 75%) (FAO, 2003).

A partir de 1973, la production mondiale commence à être de plus en plus influencée par la production indienne. Alors que les productions mozambicaine et tanzanienne diminuent de manière fortement, la progression de la production indienne atténue la baisse de la production au niveau mondial. En 1984, la production mondiale a commencé à augmenter de manière très forte, ce qui s'est traduit par un triplement des volumes en l'espace de 17 ans. La production mondiale a été, pour une grande part, influencée pendant plus de vingt ans par deux pays : le Mozambique et la Tanzanie. Le retour en force de la production indienne et sa prédominance actuelle sur l'échiquier mondial sont également des facteurs importants qui influencent ce marché (GONNI, 1997).

2.6.2.- Evolution du prix

Le prix de la noix de cajou dépend très largement de la taille, de la classe et de la composition des noix. Le standard international est la noix entière (W320). Il n'existe encore, notamment du fait de la taille de ce marché et de la spécificité de ce produit, aucune cotation et aucun contrat international qu'il soit à terme ou d'option.

La croissance des prix des noix de cajou W320 échangées sur le marché international a été particulièrement forte entre 1970 et 1981, augmentant de plus de 300% en l'espace d'une décennie. Depuis le début des années 1980 et malgré quelques légères fluctuations d'une année sur l'autre, les prix des noix de ce type sont restés assez stables sur le long terme. Entre 1981 et 2000, la moyenne des prix de ce produit a été de 2,63$/livre atteignant en 1987 un prix plafond de 3,18$/livre (MAPUTO, 2001).

2.6.3.- Evolution de la part de marché

L'Inde détient une place de plus en plus prépondérante parmi les pays producteurs de noix de cajou. Ce pays se classait juste derrière le Mozambique (37% de la production mondiale en 1961) au second rang de la production mondiale en 1961 avec environ 30% de celle-ci. Le troisième pays producteur en terme de part de marché était la Tanzanie avec 17% environ de la production mondiale. Elle a tout d'abord perdu de son influence au cours de la période 1961-1973 atteignant 20% de la production mondiale en 1973, puis a progressivement pris la première place des pays producteurs, jusqu'à représenter entre 30% et 40% de la production mondiale jusqu'aux années 2000, où sa part semble à nouveau baisser légèrement (à 26,5% environ sur la période 2000-2003) (LAKOUSSAN, 2003).

Le Viet Nam dont la production était quasiment inexistante entre 1961 et le début des années 1980 (avec moins de 1% de la production mondiale et une moyenne annuelle de 2 800 tonnes de noix produites sur la période) a connu une progression annuelle de sa production de noix très importante pour atteindre près de 640 000 tonnes en 2003 (soit plus de 30% de la production mondiale). Cette hausse a classé ce pays en tête des pays producteurs de noix de cajou sur les années 2002 et 2003 devant l'Inde (CNUCED, 2003). D'autres productions nationales ont également décollé telle que celle du Nigeria qui est passée de 7 000 tonnes produites en 1961 (soit 2% de la production mondiale) à 186 000 en 2003 (9%) (LAKOUSSAN, 2003).

http: //www.trade-india.com

Avec l'arrivée de nouveaux acteurs sur le marché, la production mondiale a eu tendance à s'atomiser et à se déplacer de l'Afrique vers l'Asie, où existait déjà une très importante zone de transformation : l'Inde. Par continent, les parts de production se sont inversées comme le montre le tableau suivant :

Tableau 1 : Part de la production mondiale de la noix de cajou

Zone géographique

Part dans la production mondiale au cours des années 1970

Part dans la production mondiale au cours des années 2000 2003

Afrique

58.1%

33.8%

Asie

33.5%

57.4%

Amérique

8%

8.4%

Source : (CNUCED, 2003)

2.6.4.-Evolution des exportations

Le commerce annuel mondial de la noix de cajou est d'environ 160 000 tonnes (1961-2002) pour une valeur totale de 91 millions de dollars (soit une moyenne du prix des exportations de 565$ la tonne). Le niveau des exportations de la noix de cajou n'est pas stable. Après avoir connu une période de baisse et d'instabilité assez longue entre 1961 et 1983 passant ainsi de 138 000 tonnes exportées en 1961 à 231 000 en 1974 et finalement 28 000 tonnes en 1983, les exportations de la noix se sont redressées pour atteindre finalement près de 420 000 tonnes échangées en 2002. En 1961, le seul pays à être impliqué de manière importante dans l'exportation de la noix de cajou était la Tanzanie avec environ 30% de celles-ci. Entre 1961 et 2002, une liste de six pays exportateurs principaux s'est dessinée englobant, par ordre d'importance : la Tanzanie (40%), la Guinée Bissau (9%), la Côte d'Ivoire (8%), l'Indonésie (6%), le Bénin et le Nigeria (3,5% chacun). Ces six États ont représenté environ 70% des exportations mondiales sur la période 1961-2002 et plus de 90% entre 1998 et 2002 (FAO, 2003).

2.6.5.- Evolution des importations

Depuis le début des années 1960, les États-Unis importent à eux seuls plus de six tonnes de noix de cajou décortiquées sur dix. Ce pays est traditionnellement le premier importateur de ce type de produit. Son poids a été divisé par deux au niveau des importations mondiales entre 1961 et 2002, malgré un triplement des volumes importés sur la même période. Cette baisse du poids de cet acteur s'explique par une atomisation de la demande et notamment une croissance importante de cette dernière au sein de l'Union européenne (passant ainsi de 1 900 tonnes importées en 1961 à près de 54 500 tonnes au cours de l'année 2002). Les principaux pays importateurs au sein de l'Union européenne, qui sont au nombre de quatre et ont compté pour près de 90% des importations européennes sur la période 1961-2002 sont par ordre d'importance : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France (CNUCED, 2002).

En dehors des États-Unis, l'Union européenne représente une zone d'importation de grande taille avec une moyenne de 18% des importations mondiales de noix décortiquées sur la période 1961-2002. A l'intérieur de cette zone, les principaux pays importateurs de noix décortiquées sont les mêmes que pour les noix brutes, c'est à dire : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France qui ont compté ensemble pour environ 88% des importations européennes de la période soit une moyenne annuelle de 15 400 tonnes (ASSOGBA et al, 2002).

2.7.- Qualité de la noix de cajou

La qualité de la noix de cajou dépend de la propreté. En effet, si un morceau de pomme colle à la noix, on considère que la qualité est inférieure. Si la noix est mal formée ou si sa taille est trop petite, on considère aussi que la qualité est inférieure. Si elle est stockée dans un milieu humide et que l'on constate la présence de champignons, on considère également que la qualité est inférieure. Une étude réalisée à Parakou en 1996 par VAN EIJNATTEN montre que 70% des noix présentaient un morceau de pomme collé à la noix, simplement parce que les noix n'avaient pas été nettoyées avant la mise au marché.

La noix de cajou, pour être mise à l'exportation et prête pour la transformation doit respecter certaines normes et répondre à certains critères.

Source : http : //www.Cashewindia.org

2.7.1.- Normes et critères

La norme a pour objet de définir les qualités exigées par un produit au stade de contrôle à l'exportation après conditionnement et emballage. Pour la noix de cajou, dans toutes les catégories, sous réserves des dispositions particulières, elles doivent être : saines, suffisamment développées, propres, pratiques exemptes de matières et d'odeur indésirable. La teneur en eau de la noix de cajou ne doit pas être supérieure à 5 % (FRANCK, 1998).

2.7.2.- Classement

Les noix de cajou sont classées en trois catégories

a) Catégorie "Extra"

Les noix de cajou classées dans cette catégorie doivent être de qualité supérieure. Elles doivent présenter les caractéristiques de la variété ou du type commercial. Elles doivent être de couleur uniformément blanche, ivoire pâle, gris cendré pâle ou jaune pâle. Elles doivent être exemptes de tout défaut, à l'exception de très légères altérations superficielles, à condition que celles-ci ne portent pas atteinte à l'aspect général du produit, à sa qualité, à sa conservation et à sa présentation dans l'emballage.

b) Catégorie I

Les noix de cajou classées dans cette catégorie doivent être de bonne qualité. Elles doivent présenter les caractéristiques de la variété ou du type commercial. Elles peuvent être de couleur brun clair, ivoire pâle, jaune, gris cendré ou ivoire foncé par suite de surchauffage.

c) Catégorie II

Cette catégorie comprend les noix de cajou qui ne peuvent être classées dans les catégories supérieures mais qui correspondent aux caractéristiques minimales ci-dessus définies. Les amandes insuffisamment développées et mouchetées sont admises à condition de présenter la forme caractéristique de la noix. Elles peuvent être de couleur brun clair ou brun foncé, ambrée, bleu clair ou bleu foncé (CEE/ONU, 2000).

2.8.- Les différentes utilisations de la noix de cajou

Les utilisations de la noix de cajou sont très variées. La majeure partie de l'anacardier est exploitable que ce soit pour son bois, ses fruits, ses amandes, son baume (le CNSL). Les utilisations sont multiples selon la partie de l'arbre utilisée.

2.8.1.- Composition chimique de la pomme et de la noix de cajou

Tableau 3 : Composition moyenne pour 100g de pomme de cajou fraiche

Composants

(g)

Eau

84,4 - 88,7g

Protéines

0,101 - 0,162g

Matières grasses

0,05 - 0,50g

Hydrates de carbone

9,08g - 9,75g

Fibre

0,4 - 1g

Cendre

0,19 - 0,34g

Calcium

0,9 - 5,4mg

Phosphore

6,1 - 21,4mg

Fer

0,19 - 0,71mg

Tableau 2 : Composition moyenne pour 100g de pomme de cajou fraîche (suite)

Carotène

0,03 - 0,742mg

Thiamine

0,023 - 0,03mg

Riboflavine

0,13 - 0,4mg

Niacine

0,13 - 0,539mg

Acide ascorbique

146,6 - 372mg

DAVIS, 1999

Tableau 3 : Composition moyenne de la noix de cajou pour 100 g net

Composants

(g)

Minéraux

(mg)

Vitamines

(mg)

Glucides

20.5

Potassium

668.000

Vitamine B1(thiamine)

0.430

Protides

18.6

Phosphore

466.000

Vitamine B2(riboflavine)

0.160

Lipides

49.3

Calcium

38.000

Vitamine B3 ou

1.800

Eau

4.0

Magnésium

252.000

Vitamine B5

1.600

Fibres alimentaires

3.5

Sodium

14.000

 
 
 
 

Fer

5.200

 
 
 
 

Cuivre

3.700

 
 
 
 

Zinc

2.100

 
 
 
 

Manganèse

0.800

 
 
 
 

Nickel

0.500

 
 
 
 

Molybdène

0.010

 
 
 
 

Fluor

0.140

 
 
 
 

Iode

0.010

 
 

Source : http://www. aprifel.com

2.8.1.- Dans l'alimentation humaine

La noix de cajou, ou plutôt, l'amande, est principalement consommée sous la forme de "grignotises" ou "amuse-gueule" au même titre que les arachides (elle est alors consommée seules, salées, épicées, sucrée, aromatisée ou en assortiment avec d'autres fruits secs). Ce débouché représente la plus grande partie des ventes de noix de cajou, avec six ventes sur dix. Elle est traditionnellement consommée de cette manière en Europe et aux Etats-Unis où elle représente également la première source de débouchés.

Les pommes sont par exemple consommées soit fraîches, tombées de l'arbre, soit sous forme de compotes, de jus, de sirops, ou laissées fermenter pour produire une boisson alcoolisée. C'est sous cette forme qu'elles sont appréciées au Brésil et dans les pays d'Afrique Occidentale (notamment en Guinée Bissau où elles peuvent être consommées sous la forme de vin de cajou) (CNUCED, 2002).

2.8.2.- Dans la pharmacopée traditionnelle

Dans certains pays, l'anacardier rend de grands services à la médecine car il est largement utilisé dans le traitement de certaines maladies comme indiqué au tableau II :

Tableau 2 : Utilisation de la noix dans la pharmacopée traditionnelle

Afrique

Malaria, tatouage

Brésil

Asthme, bronchite, toux, diabète, diurétique, dyspepsie, eczéma, fièvre, colique intestinale, psoriasis, syphilis, ulcères (bouche), maladies urinaires et vénériennes, verrue, blessures

Haïti

Carie, diabète, stomatite, verrue

Malaisie

Constipation, dermatose, diarrhée, nausée

Mexique

Diabète, diarrhée, tache de rousseur, lèpre, gonflement, syphilis, ulcère, verrue

Panama

Asthme, froid, congestion, diabète, diarrhée, hypertension, inflammation

Pérou

Antiseptique, diarrhée, grippe, infections de la peau

Trinidad

Asthme, toux, diarrhée, dysenterie, dyspepsie

Turquie

Diarrhée, fièvre, verrue

Venezuela

Dysenterie, lèpre, maux de gorge

Autres

Asthme, froid, colique, congestion, toux, diabète, diurétique, dysenterie, purgatif, scorbut, verrue

Source : Raintree Nutrition, Inc. 2003

2.8.3.- Dans l'industrie agro alimentaire

Dans l'industrie agroalimentaire de la biscuiterie, de la pâtisserie, des yaourts, les noix peuvent être employées sous forme de poudre, de granulés ou entières. Elles peuvent également être transformées en beurre afin d'être utilisées comme pâte à sandwichs. Dans certains pays, il est de tradition de consommer la noix dans des plats cuisinés, des currys ou des chutneys... (LACROIX, 1999)

2.9.- La transformation de la noix de cajou

2.9.1.- Evolution de la transformation

Malgré l'invention de machines à partir de 1963 pour tenter d'automatiser le processus, l'écossage des noix se fait encore aujourd'hui en grande partie à la main, en frappant à petits coups à un endroit bien précis de la coque pour amorcer une fente et l'élargir ensuite avec précaution pour extraire l'amande. Cette manipulation se fait presque dans tous les pays. Elle est réalisée par des femmes qui se protègent les mains avec des gants ou par le biais de produits tels que la cendre de chaux, l'huile de lin, l'huile d'olive ou de ricin car la coque externe de la noix de cajou contient toujours un peu de CNSL. Une ouvrière peut obtenir en moyenne 6kg à 12kg d'amandes par jour à partir d'une quarantaine de kilos de noix (MRDB, 2002).

2.9.2.- Les différentes opérations

Dans la technologie moderne, les différents processus conduisant à la transformation de la noix de cajou sont présentés dans le schéma suivant dépendamment du produit.

Séchage des noix

Triage

Extraction

Fendage

Noix grillée grillée

Grillage

Grattage

Frottage

Figure 1 : Processus de transformation de la noix de cajou en noix grillée

2.9.3.- Les produits dérivés

Selon le pays, la transformation de la noix de cajou permet d'obtenir des produits comme : tablettes, noix grillée, beurre.

La pomme peut être aussi transformée pour obtenir des produits comme : la confiture, la gelée, la marmelade, le jus, le sirop, le vinaigre, le vin ect. (LACROIX, 1999).

2.10.- La noix de cajou en Haïti

2.10.1.- Noix dans l'économie paysanne

Dans certaines zones du pays, la noix de cajou occupe une place assez importante dans l'économie paysanne. Vu qu'elle est très peu utilisée pour la consommation directe, durant les périodes de récolte, les producteurs qui ne s'intéressent pas à la transformation vendent leur production et tirent de l'argent pour l'achat des denrées alimentaires ou bien pour augmenter leur revenu.

2.10.2.- Zone de production

Introduit en Haïti depuis l'époque précolombienne, l'anacardier est planté pour ses fruits et pour la protection des sols. Actuellement, il est rencontré dans presque tout le pays notamment dans le département du Nord, Nord-est principalement dans les communes de Ouanaminthe, Capotille, Terrier Rouge, Bahon, Plaine du Nord, Trou du Nord, dans le département du Sud plus précisément dans les communes de St Jean du Sud, Aquin, Cavaillon, Iles à vache et dans la Grand'Anse, Les Irois (SEVERIN, 2000). Selon les conditions écologiques, les techniques de plantation et dans les meilleures conditions de sol et d'entretien, le rendement moyen d'un jeune arbre de 7 à 8 ans est de 6 kg (FAO, 2002).

III. Méthodologie

Pour la réalisation de ce travail la méthodologie suivante a été adoptée.

3.1.- Cadre physique de la commune

3.1.1.- Présentation de la zone

La commune de St Jean du Sud se trouve dans le département du Sud à environ 26 km de la ville des Cayes, dans l'arrondissement de Port- Salut.

Elle est bornée:

- Au nord par la commune de Torbeck

- A l'ouest par la commune de Port Salut

- A l'est et au sud par la mer des Antilles

Cette commune est divisée en trois sections communales: Tapion, Trichet et Debouchette. Autrefois la ville de St Jean s'appelait '' Trou de porc''. Elle fut fondée en 1929 et fut élevée au rang de commune à la même année. Le relief dominant est la plaine pour la ville et la troisième section communale, le morne pour les autres. Elle a une superficie de 76.33 km2. En 2003, la population de cette commune était estimée à 19 087 habitants (IHSI, 2003).

3.1.2.- Climat

La commune de St Jean du Sud jouit d'un climat caractérisé par deux saisons pluvieuses et une saison sèche. Les périodes pluvieuses s'étendent de : Avril - Juin et de Septembre - Novembre. La période sèche de quatre mois s'étend de Décembre à Mars. Les alizés et les nordés sont les deux grands types de vent qui soufflent sur la commune. La commune est aussi exposée aux ouragans et aux tempêtes tropicales. Les cyclones Hazel (Octobre 1954), Allen (1980), Cleo (1980) et Gilbert (1990) ont causé de grands dommages à la commune.

La température au niveau de la commune varie d'une saison à l'autre. Elle est comprise entre 20 à 30 degrés Celcius. La pluviométrie annuelle varie entre 1000 à 2000 mm (MPCE, 1997).

3.1.3.- Agriculture et Elevage

Comme dans toutes les communes de la province d'Haïti, l'agriculture est bel et bien présente à St jean du Sud. Les cultures les plus pratiquées sont:

- les céréales (mais, petit mil), le haricot, les pois congo, la patate douce, le manioc, la banane, l'arachide et le vétiver.

Quand aux arbres fruitiers on peut citer par ordre d'importance : l'anacardier, le cocotier, le manguier, l'arbre véritable ect...

L'élevage est pratiqué comme activité secondaire. Les espèces les plus rencontrées sont : les bovins, les caprin, les ovin, les porcin et les volailles.

3.2.- Cadre socio-économique de la commune

Depuis ces dernières années, le secteur agricole connaît une situation de crise au niveau de la production des denrées de consommation de base et de celles destinées à l'écoulement dans les marches locaux. Cette situation se caractérise par un manque d'assistance technique, des problèmes d'infrastructures routières, de gestion des ressources naturelles, la dégradation accélérée de l'environnement et la décapitalisation des activités commerciales. De ce fait, l'agriculture continue à perdre sa vocation de produire des denrées de base. Après l'abattage systématique des porcs créoles dans les années 82, les bovins et les caprins deviennent les deux espèces les plus élevées dans la zone. Cependant, la pauvreté rurale et la taille réduite des parcelles cultivées ajoutées aux difficultés de trouver assez de nourriture pour le bétail, obligent les habitants le plus souvent à vendre leurs animaux avant l'âge de reproduction.

Au point de vue touristique et historique la commune de St Jean n'est pas trop bien représentée, car elle est peu desservie en infrastructures et en services publiques. Les routes sont mauvaises même en plaine. Les secteurs éducatif et sanitaire sont défaillants et confrontent à de problèmes tels : construction inachevée, locaux en ruine, insuffisance de personnels, maîtres non qualifies et manque de mobiliers.

3.3.- Méthode

La méthode suivie pour la réalisation de ce travail est repartie en deux phases. Une phase pré-étude dans laquelle on a planifié l'étude en effectuant des recherches bibliographiques sur le sujet, une visite exploratoire au niveau de la zone d'étude, des rencontres avec des personnes ressources, la délimitation de l'aire de l'étude, des enquêtes préliminaires et la typologie et une phase de diagnostic au cours de laquelle on a effectué l'échantillonnage, l'enquête approfondie et le traitement des données recueillies.

3.3.1.- Phase pré-étude

3.3.1.1.- Documentation

Les recherches bibliographiques ont été effectuées afin d'avoir une meilleure compréhension du sujet à l'étude. A ce niveau des visites ont été effectuées dans divers centres de documentation de la capitale comme ceux de la province pour recueillir des informations relatives à la zone d'étude telles : la zone de production, l'évolution et la transformation de la noix de cajou. Cette étape nous a permis d'avoir des informations précises servant à la suite de l'étude.

3.3.1.2.- Visite exploratoire

Une visite exploratoire a été effectuée dans la commune de St Jean du Sud. Cette visite a été effectuée dans le but de délimiter l'aire de l'étude. Au cours de cette visite, on a parcouru les trois sections communales et on a recensé les localités réputées pour la transformation de la noix de cajou (Balice, Anbouchi, Boyer, Moindre, Nan café, Mergere, Abakou, ect...

Après la visite on a du rencontrer des personnes ressources de la zone pour avoir une idée sur la quantité et la répartition des acteurs impliqués dans la filière.

3.3.1.3.- Enquête préliminaire

Cette enquête nous a permis de recueillir des informations sur les acteurs impliqués et les moyens (matériels) utilisés dans la transformation de la noix de cajou dans la région, de dénombrer les unités de transformation et de déterminer le choix et la taille de l'échantillon. On a pris le soin de questionner les acteurs sur :

- le nombre et la localisation d'unités de transformation

- les différents produits fabriqués

- l'origine de la matière première

- la destination des produits.

Toutes ces informations ont été servies pour la typologie et la préparation des fiches d'enquête utilisées lors des enquêtes de terrain.

3.3.1.4.- Délimitation de l'aire de l'étude

L'étude a été menée au niveau de la deuxième et la troisième section communale sur les quinze localités et au niveau du centre de la ville.

3.3.1.5.-Typologie

A partir des données de l'enquête préliminaire, la typologie des différents acteurs intervenants dans la transformation de la noix a été réalisée ainsi :

a) les producteurs de la matière première (noix de cajou)

b) les distributeurs de matière première

c) les unités de transformation (usine, marchandes de tablette)

d) les consommateurs.

3.3.2.- Phase de diagnostic

3.3.2.1. - Echantillonnage

A partir des données de la typologie pré effectuée, on a choisi à l'intérieur de chaque groupe un échantillon représentatif d'acteurs à enquêter lors de l'enquête formelle (approfondie).

3.3.2.1.1.- Choix des localités et des producteurs

La zone d'étude est composée de trois sections communales. La première a huit (8) localités, la deuxième, trois et la troisième, sept (7). Les deux dernières sont considérées comme les principales zones de production et de transformation de la noix de cajou. Pour cela, au niveau de ces deux dernières on a choisi les huit (8) localités les plus réputées en noix pour la réalisation de l'enquête. Au niveau des huit(8) localités, soixante sept (67) producteurs sur une population de plus de cent vingt (120) recensés lors de l'enquête exploratoire, ont été choisis aléatoirement pour mener l'enquête formelle.

3.3.2.1.2.- Choix des distributeurs de matières premières

Dans cette catégorie, les acteurs sont peu nombreux et sont tous localisés au niveau de la deuxième et la troisième section.  En raison de leur instabilité, cinq (5) sur une population de dix ont été enquêtés.

3.3.2.1.3.- Choix des unités de transformations

Elles se sont tous rencontrées au niveau de la deuxième, de la troisième section communale et au centre de la ville. Sur une population de plus de cent trente (130), un échantillon de quatre vingt trois (83) unités a été choisi pour mener l'enquête.

3.3.2.1.4.- Choix des consommateurs

En raison de leur instabilité un échantillon de 25 consommateurs a été choisi aléatoirement dont dix (10) dans la commune de St Jean, dix (10) dans les stations de quatre chemins (Cayes) et cinq (5) dans un autobus assurant le transport Cayes - Port-au-prince lors des enquêtes approfondies.

Tableau 3 : Répartition des échantillons

Agents

Echantillons

Sections & localités

2 & 8

Producteurs

67

Distributeurs de matières premières

5

Unités de transformation

83

Consommateurs

25

3.3.2.2.- Enquête formelle

Cette enquête a été réalisée à l'aide d'un formulaire d'enquête conçu pour chaque groupe et mise à jour à la suite de l'enquête exploratoire. Au cours de cette enquête des informations ont été collectées pour les producteurs, les distributeurs de matières, les unités de transformation et les consommateurs (voir formulaire en annexe H).

1. Pour les producteurs

Dans le formulaire conçu pour les producteurs, les informations suivantes ont été notées :

- Nombre de pieds d'anacardier

- Niveau de la production

- Rendement

- Opérations post-recoltes

- vente.

2. Les distributeurs de matière première

Dans le formulaire conçu à l'égard des distributeurs de matière première, les informations suivantes ont été prises en compte :

- Origine de la matière première

- Moyens et conditions d'approvisionnement et de transport

- Conditions de séchage, tri et stockage

- Point et mode de vente (gros, détails)

- Les avantages et les inconvénients de cette activité.

3. Les unités de transformation

On a pris en compte dans leur formulaire des informations comme :

- mode de fonctionnement

- Etat et disponibilité des matétiels

- Capacité des unités de transformation

- Disponibilité et qualité de la matière première

- Les différents produits fabriqués

- La destination des produits.

4. Les consommateurs

Pour les consommateurs qui constituent le dernier maillon de la filière, on a tenu compte dans leur formulaire :

- Lieu d'approvisionnement du produit (marché, supermarché, etc.)

- Unité d'achat du produit

- Coût unitaire du produit

- Mode d'utilisation du produit

- Leur appréciation.

3.3.2.3.- Traitement et analyse des données

Une grille de dépouillement a été conçue pour classer les données recueillies. Elle a permis d'une part de caractériser les agents de la filière et d'autre part de décrire et de faire ressortir :

- le niveau de production de la zone

- Les différents types d'unités de transformation et leur mode de fonctionnement

- Les atouts et les contraintes

- Les calculs économiques.

Après dépouillement, les données ont été soumises à une analyse statistique appropriée. Le test X2 a été choisi pour :

- tester la conformité des valeurs observées par rapport aux valeurs espérées

- confirmer ou rejeter les hypothèses de départ.

Région de rejet : X2 Cal > X2 Tab

X2 Cal = Sum (Eij - Nij) 2 / Eij

X2 Tab = X2(á) (dl) á : seuil de confiance

dl = ( Ni - 1) dl : dégré de liberté

3.3.2.3.1.- Paramètres pris en compte et les procédés de calcul

En vu d'évaluer la marge réalisée par les agents intervenant dans la chaîne de commercialisation, on a calculé un ensemble de paramètres économiques tels que le coût de production, le coût de transformation, la marge de commercialisation par pot de six (6) livres entre le producteur et le consommateur.

a) Coût de production

L'ensemble des dépenses effectuées par le producteur pour la production de la matière première.

b) Coût de transformation

L'ensemble de dépenses effectuées par les unités de transformation pour leur fonctionnement et la mise au point des produits

c) Marge réalisée

C'est la différence entre le prix de vente et les coûts (prix d'achat du produit, coût de production, de transport et transformation)

MR = P/V - DE

DE = P/A + CT

VI. Résultats et discussions

4.1.- Production de la noix de cajou à St Jean du Sud

4.1.1.- Zone de production

Malgré la réputation de culture de rente et de fournisseur de matière première pour les unités de transformation à St Jean du sud, la culture de la noix reste jusqu'à présent à l'état traditionnel. En dépit de la bonne adaptation de ces variétés, c'est à dire la noix à pomme rouge et la noix à pomme jaune, il n'existe jusqu'à présent pas de verger au niveau de la zone, cependant il y a dans certaines localités, des producteurs qui ont plus d'une centaine de pieds d'anacardiers dans leur champ. Des pieds d'anacardiers sont rencontrés au niveau de toute la commune mais les grandes plantations, c'est-à-dire les producteurs qui ont environ 100 à 150 pieds sont identifiés dans les localités de Boyer, Abacou, Moindre, Balice. Au niveau de toute la commune, les producteurs se plaignent de leur plantation qui tend à disparaître. Cette disparition qui semble être due suite à l'attaque de l'anthracnose.

4.1.2.- Evolution de la production

Vers les années 85-90, la production totale de la noix de cajou à St Jean du Sud a été évaluée a environ de 120 TM (SEVERIN, 2000). Elle a connu une baisse au cours des années 98 et a été évaluée à 90 TM. Cette baisse de la production est due à l'anthracnose qui attaque certaines plantations. D'après les résultats de l'enquête réalisée en 2006 pour ce travail, la production au cours de ces dernières années est estimée à environ 137 TM. Cette augmentation de la production est le résultat de la rentrée en pleine production des jeunes anacardiers.

4.1.3.- Période de récolte

A St Jean du Sud la campagne de la noix de cajou est divisée en deux périodes. La première s'étend de Février à Avril, couramment appelée la grande saison et l'autre de Mai à Juillet, la petite saison, appelée souvent `` noix d'eau ''  par les agriculteurs à cause de la saison pluvieuse du mois de Mai. Au cours de cette dernière la pomme est mûre mais le fruit n'atteint pas encore sa maturité complète, ce qui provoque des pertes énormes par la pourriture du vrai fruit. Pour éviter le vol et gaspillage par des adolescents, certains producteurs récoltent leur noix immature et les recouvrent de feuilles de bananier séchées pour provoquer la maturation. Deux des quatre usines enquêtées déclarent que cela occasionne deux problèmes :

- rétrécissement de l'amande après séchage

- pourriture du fruit au cours de la maturation.

4.1.4.- Séchage, Stockage

Les noix de cajou, une fois récoltées sont mises au soleil un ou deux jours par les producteurs avant la vente. Les acheteurs, dépendamment de la fonction qu'ils remplissent dans le circuit peuvent décider de continuer le séchage pendant deux ou trois jours avant de faire le stockage ou la transformation. Pour eux, le séchage est terminé quand les ongles sont rayés par la coque. Dans la zone le séchage se fait sur glacis au niveau des usines, à même le sol chez les producteurs et les marchandes de tablette et le stockage dans des sacs en jute dans des endroits secs à l'abri de l'humidité.

4.1.5.- Coût de production

Le coût de production représente l'ensemble des dépenses effectuées par le producteur pour la production de ses denrées. A St Jean du Sud la production de la noix de cajou n'exige pas de très grande dépense. Sur soixante sept (67) producteurs enquêtés, environ 5% utilisent une main d'oeuvre externe pour l'entretien de l'arbre et la récolte du fruit. Les autres l'ont fait indirectement en raison du système d'association des cultures pratiquées sur la parcelle. De ce fait il est difficile de chiffrer d'une manière exacte les dépenses consenties pour l'établissement et l'exploitation de la production de la noix de cajou. En moyenne pour le pot de six (6) livres le coût de production est estimé à environ 0.60 gde.

4.2.- Utilisation de la noix de cajou à St Jean du Sud

A St Jean du Sud, la noix de cajou est très peu utilisée pour la consommation directe comme le cas au Cap haïtien. La plus grande part de la production est utilisée par les marchandes de tablettes et les usines de noix grillée. Le reste est vendu à des ``madan sara'' pour des destinations inconnues. Presque toute la production est commercialisée. Quant à la pomme, le faux fruit, elle est rarement utilisée dans la commercialisation. Certains habitants l'utilisent pour la fabrication de la confiture et du vin, et d'autres la consomment frais. Certaines unités de transformation l'achètent à un prix très bas pour fabriquer de la confiture et du vin. Certains producteurs l'utilisent dans l'alimentation des porcs et des chevaux.

Les sous produits tels que la coque (la partie restante après le fendage), le tégument après le grillage, sont souvent jetés comme déchets comme indiqué dans la figure 2.

Figure 2 : Coque de noix de cajou après extraction de l'amande (mai 2006)

4.3.- Produits dérivés de la noix de cajou et présentation

4.3.1.-Produits dérivés

Dans toutes les localités de la commune, la noix de cajou (le vrai fruit) est utilisée pour la fabrication de :

- tablettes de noix

- noix grillée (voir Figure 3)

- noix calcinée

La pomme est parfois utilisée pour la fabrication du vin et de la confiture.

4.3.2.- Présentation

a) Tablettes

C'est un produit fabriqué à partir de l'amande de noix de cajou après extraction puis cuite dans de l'eau (environ 25% du poids d'amande), du sucre (50% environ), de la cannelle (1 à 2%) et du sirop de canne (2%).

b) Noix grillée

Amande grillée dans un four puis du sel fin y est ajouté à une dose inférieure pas 1% de la quantité grillée.

c) ''Noix calcinée''

C'est un produit obtenu toujours à partir de l'amande de la noix de cajou mais bouillie dans de l'eau (15 à 20%), du sucre (20 à 25% environ) et de la cannelle (1%) puis grillée.

La figure suivante montre les quelques produits fabriqués dans la zone

Figure 3 : Noix grillée à gauche, tablettes emballées dans des feuilles de bananier séchées à droite (mai 2006)

4.4.- Evolution de la transformation de la noix à St Jean du Sud

La commune de St Jean du Sud est reconnue comme zone à tradition pour la transformation de la noix de cajou. D'après les habitants de la zone cette activité a commencé avant les années 60 avec certaines marchandes de tablettes et certains producteurs qui fabriquent des casseroles pour griller la noix. Cette activité devenait tellement intéressante qu'elle attirait en 1982 l'Agronome Torchon qui mettait sur pied la première usine de noix grillée ``EDEN'' dans la zone. Cette usine avait été implantée dans le cadre d'un projet qui distribuait du même coup des plantules d'anacardiers aux producteurs. Ce projet a connu un arrêt durant les années 92 période du coup d'état et cela avait conduit au dysfonctionnement de l'usine. Aujourd'hui, cette activité est bel et bien présente dans la zone avec plus de cent trente (130) marchandes de tablettes et quatre usines de noix grillée connus sous le nom de : Belle St Jeannaise, Noix d'élite, Noix de luxe, Tet ansanm.

4.5.-Typologie des unités de transformation

Considérant la structure des ateliers, les matériels utilisés, le nombre et le type de personnel menant les opérations, les unités de transformation de la commune peuvent être groupées en deux types :

- les unités de transformation de type familial regroupant les marchandes de tablettes

- les unités de transformation de type artisanal regroupant les usines de noix grillée.

4.6.- Présentation des unités de transformation

4.6.1.- Les unités de type familial (Type I)

Ce type est représenté par les marchandes de tablettes avec une population de plus de cent trente (130) personnes éparpillées dans toutes les localités au niveau de la commune. Elles dominent la transformation de la noix dans la zone car elles fonctionnent toute l'année.

4.6.1.1.-Localisation

Sur 79 marchandes de tablettes enquêtées, 36 se trouvent à Moindre, une localité située dans la deuxième section, soit un pourcentage de 45%, 24 de Boyer, soit

30% contre 17 de Abacou qui représente 21%. Et les autres éparpillées au niveau de Gachette, Mergere, Nan zombi, Nan cafe...

La concentration des marchandes de tablettes à Moindre et Abacou s'explique par le fait que ces deux localités ont les plus grandes plantations d'anacardier et se situent à moins de deux kilomètres de Boyer, la localité qui fournit plus d'un tiers de noix dans la zone.

4.6.1.2.- Les locaux

Sur l'ensemble des unités enquêtées, 90 % n'ont pas de locaux proprement dit pour mener les opérations de transformation, ni un nom pour les identifier. Les opérations comme :

Le fendage est effectué sous l'ombre d'un arbre près de la maison ou à défaut sous la galerie de la maison.

Le grillage de l'amande et la cuisson des tablettes sont souvent effectués dans la cuisine sur les foyers traditionnels utilisés pour la cuisson des aliments. L'étalement et le refroidissement se font à même le sol sur du papier en plastic ou sur des feuilles de bananier vertes, ou à défaut sur une table de la maison qui n'est pas spécifiquement présente à cette fin.

L'absence de locaux dans ce groupe est due à :

- un manque de moyen de l'entrepreneur pour construire un bâtiment spécifiquement pour cette activité

- une faible capacité de fonctionnement de l'atelier

- un manque de formation dans le domaine

- la minimisation de la transformation par rapport aux autres activités.

4.6.1.3.- Les matériels

Sur les 79 unités de transformation enquêtées, 70 ont seulement les matériels préliminaires pour leur fonctionnement. Ces matériels sont surtout :

- 2 ou 3 couteaux pour le fendage

- Une ''brioche'' qui est une sorte de fente construite dans une planche ou un tronc d'arbre pour maintenir la graine afin de faciliter le fendage

- Une chaudière pour la cuisson des produits.

Dans la majorité des cas, les matériels ne peuvent pas remplir leur rôle car ils sont souvent en mauvais état.

Le manque et parfois l'absence de matériels dans ce type sont dus :

- surtout à la négligence de l'entrepreneur

- à une faible capacité de fonctionnement

- à un manque de formation dans le domaine.

4.6.1.4.- La matière première

La majorité des noix utilisées pour la transformation est produite au niveau de la commune dans les localités de Boyer, Abakou, Moindre et Anbouchi. Dans des cas de rareté extrême, certaines marchandes de tablettes effectuent des déplacements pour se procurer des noix en provenance de Cavaillon, d'Aquin et d'autres. Les transformateurs ont une grande préférence pour les noix de Boyer et de Abacou que celles venant de la localité de Anbouchi. Les noix de Boyer et d'Abacou sont de meilleure qualité que celles de Anbouchi parce que les plantations d'anacardiers de Anbouchi sont souvent attaquées par l'anthracnose qui laisse des taches noires sur l'amande.

4.6.1.5.- Le personnel

On ne pourrait pas parler de personnel pour ce type d'unité car elles n'ont aucun ouvrier permanent pour les opérations. Dans ce type la main d'oeuvre familiale est utilisée pour toutes les opérations (Figure 4). Cette main d'oeuvre représente un bon atout pour ces unités car elle réduit leur coût de fonctionnement mais elle n'est pas toujours disponible et parfois médiocre.

Cela est dû à :

- l'incapacité de ces unités pour payer les salariés

- l'indisponibilité des personnels.

Figure 4 : une unité familiale effectuant une opération de fendage (mai 2006)

4.6.1.6.- La méthode

Il n'existe pas de grande différence entre la méthode appliquée pour les différentes unités de transformation de ce type. Pour chaque produit, voici le mode d'opératoire:

a) Tablette

C'est le produit le plus fabriqué par ces unités et c'est pour cette raison elles portent toutes le nom de " marchande de tablettes". Pour préparer une tablette, on procède au fendage de la noix de cajou ensuite on extrait l'amande de la coque; une fois extraite, l'amande est mise dans de l'eau chaude pendant 1 à 2 mn afin de faciliter l'enlèvement du tégument et l'élimination des traces de CNSL (traces d'huile provenant de la coque lors du fendage) qui confère au produit fini un arrière goût désagréable (NADIA, 2006, com. Pers). La noix épluchée est mise à cuire dans de l'eau à laquelle on ajoute du sucre, de la cannelle, du sirop de canne à sucre. Après une trentaine de minutes la cuisson est terminée et le mélange obtenu est déposé en de petits morceaux de formes diverses sur une feuille de bananier verte ou une table ou un objet plat quelconque pour permettre au mélange de solidifier et de maintenir sa forme (schéma de fabrication Annexe A).

b) Noix grillée

Après les opérations préliminaires (fendage, extraction), l'amande est lavée dans de l'eau froide avec de l'orange amer pour éliminer les traces de CNSL pouvant conférer un goût désagréable aux produits finis. Après lavage la noix est mise à tremper pendant 10-15 mn dans une solution d'eau contenant du sel (1 à 2%), ensuite grillée sur un foyer traditionnel. Dans d'autres unités, l'amande est grillée après le lavage puis du sel fin est ajouté au moment de l'emballage (Annexe B).

4.6.1.7.- Les produits fabriqués

Sur l'ensemble des 79 unités enquêtées, les produits fabriques sont les mêmes. Par ordre d'importance ces unités fabriquent:

- la tablette

- la noix grillée.

La tablette est le produit principal de toutes les unités de ce type; certaines unités produisent la noix grillée sur demande. Ceci s'explique par le fait qu'on obtient un meilleur rendement pour la tablette par rapport aux autres produits et elle sert aussi un moyen de sauvetage pour les noix piquées et cassées.

Le manque de diversification dans la mise au point des produits est dû a:

- un manque de moyen de fonctionnement

- l'inadéquation des matériels

- un manque de formation des transformateurs et des producteurs dans le domaine.

4.6.1.8.- Les emballages

Sur l'ensemble des 79 unités enquêtées, les matériaux d'emballage sont les mêmes. Les tablettes sont emballées dans de feuilles de bananier séchées; la noix grillée, dans de petits sachet en plastic (Figure 5). D'après les marchandes de tablette, les feuilles de bananier séchées permettent de mieux conserver les tablettes.

Tout ceci est le résultat du manque de formation dans le domaine de transformation des marchandes de tablettes qui ne savent pas vraiment l'importance et le rôle de l'emballage dans l'agroalimentaire. La figure suivante montre des tablettes emballées dans de feuilles de bananier séchées provenant des unités de type familial.

Figure 5 : Tablettes emballées dans des feuilles de bananier séchées au marché des quatre chemins (Cayes) (mai 2006)

4.6.1.9.- Destination des produits

Les tablettes, les noix grillées produits au niveau des différentes unités de transformation ont deux destinations:

- la station quatre chemins de la ville des Cayes ou plus de trois quarts de la production sont vendus

- les marchés communaux absorbent le reste.

Ceci est dû par le fait que les produits ne sont pas de qualité supérieure pour intégrer les supermarchés locaux et les marchés externes.

4.6.1.10.- Qualité des produits

Les produits fabriqués par ces unités sont mis sur le marché sans aucune analyse (de qualité) préalable et sans aucun suivi. L'emballage est fait dans des matériaux non recommandés (feuilles de bananier séchées). La durée de vie de ces produits reste jusqu'à date inconnue. En fait les producteurs ne disposent aucune information en ce qui a trait aux caractéristiques des produits fabriqués, mais cela n'empêche que depuis toujours, ces produits gagnent l'attirance de nombreux consommateurs haïtiens vivant en Haïti comme à l'étranger.

Cela s'explique par:

- un manque de formation de la part des transformateurs et des consommateurs

- le manque d'investissements qui conduit à une faible rentrée.

4.6.1.11.- Capacité de fonctionnement et de rendement

Ces unités ont un mode de fonctionnement particulier et irrégulier. Elles sont en fonctionnement toute l'année mais à un rythme faible. En moyenne, ces unités ont deux ou trois personnes de la famille pour mener les opérations; elles ont la capacité de fendre en moyenne 4 pots de 6 lbs par période de fonctionnement. La période de fonctionnement est de deux jours par batch par semaine soit 8 jours par mois, 72 jours pour l'année. Tous les travaux sont effectués par la main d'oeuvre familiale; la marchande se fait aider par un ou deux enfants où à défaut par son mari à chaque fois qu'elle fonctionne. Le rendement est faible. En moyenne dans ce type d'unités, la quantité de noix transformée par année est environ 1152 lbs soit 96 lbs par mois, 24 par semaine.

La faible capacité de fonctionnement et de rendement est du:

- un niveau d'investissement très faible

- charge trop élevée de l'entrepreneur

- insuffisance de matériels pour mener les opérations

- insuffisance de la production

- la transformation est parfois une activité secondaire.

4.6.1.12.- Atouts et contraintes

Ces unités jouissent certains atouts qui les permettent un meilleur fonctionnement. Ce sont surtout :

- main d'oeuvre de type familiale

- fonctionnement toute l'année sans interruption

- demande élevée pour les produits dérivés

Les principales contraintes sont :

- manque et mauvais état des matériels

- personnels non qualifiés

- produits souvent médiocres.

4.6.2.- Les unités de type artisanal (Type II)

Dans ce type on retrouve les usines de noix grillée qui sont au nombre de quatre, regroupés dans le centre ville. Elles partagent avec le type I (les marchandes de tablette) presque la moitié de la transformation de la noix de cajou de la zone.

4.6.2.1.- Localisation

Ces unités sont toutes situées au niveau du centre ville; elles sont au nombre de quatre. La première portant le nom de ''Noix de luxe", se trouve à l'entrée de la ville; la deuxième, "Noix d'élite" se situe dans la localité de Coteau toujours dans la ville; les deux dernières "Belle St Jeannaise" et `` Tèt ansanm'' près de l'église catholique de la commune.

4.6.2.2.- Les locaux

Ces quatre unités ont chacun un petit espace aménagé pour mener les opérations. Quant aux normes et aux principes de construction des unités de transformation, ces ateliers ne répondent pas du tout à ces exigences. Ces locaux sont pour la plupart une petite salle où toutes les opérations sont effectuées à l'intérieur (Figure 6).

L'inadéquation de la structure des locaux est le reflet d'un manque de formation de la part de l'entrepreneur dans le domaine de la transformation et de cadre technique travaillant dans le domaine d'une part, d'une faible capacité de fonctionnement d'autre part.

Figure 6 : Bâtiment d'une unité de transformation : Noix d'élite (mai 2006)

4.6.2.3.- Les matériels

Dans ces quatre unités enquêtées, les matériels recensés servant à la transformation de la noix sont simples et sont pour la majorité fabriqués par les ateliers locaux. Ils ont surtout :

- une table avec des fentes dessus pour faciliter le fendage

- 5 à 10 couteaux pour le fendage et l'extraction

- cuvette pour le lavage

- four, plateaux, papier en aluminium, bonbonne de gaz propane de 125 lbs pour le grillage de la noix

- bocaux en plastic pour l'emballage

- étiquettes pour une meilleure attraction du produit

4.6.2.4.- Le personnel

Le nombre de personnes travaillant au niveau de ces unités est en moyenne 7. Ces unités n'ont pas d'employés permanents. Elles utilisent pour leurs travaux une main d'oeuvre salariale et temporaire qui est en majorité des femmes. Ces salariés sont des routiniers très habiles dans le domaine, certains ont plus de connaissance que les chefs d'entreprise.

Le recours aux femmes comme salariés s'expliquent par le fait que ces unités n'ont pas la capacité et le moyen d'embaucher des employés et en plus les femmes ont plus de savoir-faire que les hommes pour certaines opérations. La figure suivante montre une unité effectuant des opérations de frottage et grattage.

Figure 7 : un atelier de transformation en fonctionnement : Belle St Jeannaise (mai 2006)

4.6.2.5.- La méthode

Comme dans le type I, la méthode appliquée dans les usines est encore plus simple car certaines opérations comme le lavage, le trempage dans l'eau, le séchage après le lavage ne sont pas pris en compte. Le produit principal de ces unités est la noix grillée, fabriquée de la façon suivante :

On procède au fendage de la noix en mettant la graine dans une fente sur la table conçue à cet effet puis avec un couteau frappé par un bâton, la noix est fendue. Ensuite on extrait l'amande de la coque toujours avec un couteau. Apres l'extraction, la noix fendue est mise à griller au four pendant 25 à 30 minutes (schémas de fabrication Annexe B & C).

4.6.2.6.- Les produits dérivés

Pour les quatre unités enquêtées dans ce type, les produits dérivés sont les mêmes mais les deux principaux sont la noix grillée (noix grillée + sel) et la calcinée (noix grillée + sucre) (Figure 8). C'est pour cette raison que ces unités portent le nom de ``usine de noix grillée''. Quant aux autres produits tels le beurre de la noix de cajou et la tablette, ils sont fabriqués sur demande.

La noix grillée est un produit de luxe très apprécié dans le milieu haïtien, elle réclame moins de temps pour la préparation et peut être conservée jusqu'à six (6) mois sans perdre trop ses caractéristiques physico chimiques.

Figure 8 : noix grillée en fin d'opération dans l'unité Belle St Jeannaise

4.6.2.7.- Les emballages

Dans ces unités, la noix grillée et la calcinée sont emballées dans des bocaux plastics transparents de forme cylindrique de capacité 16 onces. Les bocaux sont bien remplis puis fermés et étiquetés ensuite comme indiqué dans la figue 9.

Figure 9 : noix grillée emballée dans des bocaux en plastic (mai 2006)

4.6.2.8.- Destination des produits

Les produits fabriqués sont destinés à la vente dans les supermarchés de la ville des Cayes, dans certaines épiceries au niveau de la commune et dans les unités de transformations. Il est très difficile de retrouver ces produits dans les marchés locaux de la commune. L'insuffisance de la production et l'inadéquation des produits dérivés constituent une véritable barrière empêchant aux produits d'atteindre le marché international.

4.6.2.9.- Hygiène et qualité

En se referant aux normes CEE/ONU pour le fonctionnement et la fabrication des produits dérivés de la noix de cajou, la transformation de la noix de cajou à St Jean s'effectue dans des conditions hygiéniques très délicates. La structure des locaux n'est pas conforme, certains ont des toits en paille (voir figure 6). La chaîne de production n'est pas respectée, il y a croisement entre les opérations, par exemple une même table est utilisée pour le fendage et l'étalement des produits. Le personnel effectuant les opérations n'est pas qualifié. Le nettoyage n'est pas régulier. Et enfin les produits sont mis sur le marché comme dans le type I sans aucun test de laboratoire et sans aucune information sur sa composition et sa durée de vie. Ce qui rend douteuse la qualité des produits car il y a parfois de taches noires et parfois des brûlures sur certaines amandes. Ce qui semble être dû à un temps de grillage trop prolongé et un surchauffage.

4.6.2.10.- Capacité de fonctionnement

Ces unités ont un mode de fonctionnement plus ou moins régulier. Elles fonctionnent sur une partie de l'année en général de Avril jusqu'à Octobre, du Lundi à Samedi sauf en cas de rareté de matière première. Le nombre de salariés travaillant dans ces unités est en moyenne 6. Ces six personnes ont la capacité de fendre en moyenne 6 pots de six (6) lbs par jour pour produire en moyenne 10 à 12 bocaux de noix grillée de trois cent (300) grammes. Le rendement de ces unités est en moyenne 6 lbs par personne par jour de travail. Ce rendement, comparé au rendement d'une ouvrière indienne qui est de 30 à 40 kg par jour, est faible.

Ce mode de fonctionnement est le reflet:

- d'un niveau d'investissement trop faible

- de l'insuffisance et mauvais état de matériels pour mener les opérations

- de l'insuffisance de la production

- de personnel mal formé.

4.6.2.11.- Atouts et contraintes

Ces types d'unités jouissent de certains atouts permettant leur fonctionnement. On pourrait les énumérer comme suit :

- main d'oeuvre à bon marché

- forte demande pour les produits dérivés.

Les principales contraintes sont les suivantes :

- la production insuffisante

- le manque et le mauvais état des matériels

- le manque de cadre technique.

4.7.- Comparaison entre les unités de type familial et celles de type artisanal

Tableau 4 : Comparaison entre les deux types d'unités

Eléments

Type I

Unité de type familial

Type II

Unité de type artisanal

Localisation

Locaux

Matériels

Main d'oeuvre (personnel)

Produits fabriqués

Hygiène et qualité

Partout dans la commune Ville, Section communale

Sans identification

Sans structure

Foyer de la cuisine utilisé pour les opérations de cuisson

Une chaudière, 2 couteaux en moyenne, mayette

Familiale, 2 personnes en moyenne

Routinier

Tablette, produit principal

Les autres produits sur demande

Produits parfois médiocres

Centre ville

Chacun a un nom

Structure inadéquate pour mener les opérations

Table, 5 couteaux en moyenne, cuvette, four artisanal, gaz propane, papier aluminium, cache nez, gant

Salaries, en moyenne 6

Routinier

Noix grillée, produit principal ensuite Calcinée

Les autres sur demande

Produits appréciables

Tableau 4 : comparaison entre les deux types d'unités (suite)

Eléments

Type I

Unité de type familial

Type

Unité de type artisanal

Emballages

Destination

Capacité de fonctionnement

Feuilles de bananier séchées

Petits sachets en plastic

Vente au marché, station des quatre chemins

4 pots de 6 lbs en moyenne par batch

1 ou 2 fois/ semaine (toute l'année)

Bocal en plastic + étiquette

Vente dans les super marchés (markets) de la ville des Cayes

6 pots de 6 lbs en moyenne par batch

6/7 jours (de Avril -Octobre)

4.8.- Analyse du circuit de commercialisation

Un circuit de commercialisation ou de distribution est une succession d'opérations effectuées à différent niveau dans la commercialisation d'un produit. Chaque type d'agent exerce des fonctions spécifiques dans la chaîne et entretient des relations commerciales clairement définies (MALASSIS, 1992).

Dans cette phase nous présentons la situation du marché de l'anacarde à St Jean du Sud, les différents agents intervenant dans la filière ainsi que leur marge de commercialisation réalisée.

4.8.1.- Marché de la noix de cajou à St Jean du Sud

A St Jean du Sud, le commerce de la noix de cajou se fait en plein air soit chez les producteurs, soit chez les distributeurs de matière première ou au niveau des différents marchés de la commune tels : Anbouchi, Balice, Abacou, St Matin, Boyer et Centre ville ect. Tandis que les produits dérivés (noix grillée, calcinée, tablette) sont généralement vendus soit au centre de la ville, soit au niveau du marché des quatre chemins, soit au niveau des supermarchés de la ville des Cayes. Sur les différents marchés, la demande pour les produits bruts et dérivés est toujours élevée, alors que la quantité offerte est souvent insuffisante. Selon Louis Malassis, cette inadéquation de l'offre par rapport à la demande pourrait être due à :

- l'insuffisance de la production

- un manque de technicité de la part des acteurs

- l'indisponibilité des produits dérivés.

4.8.2.- Evolution du prix de la noix de cajou à St Jean du Sud

Le prix est le facteur essentiel du marché, c'est la base sur laquelle l'entente est faite entre le vendeur et l'acheteur (MALASSIS, 1992). Le prix de la noix à St Jean dépend peu ou presque pas du coût de production mais souvent influencé par l'offre et la demande. Vers les années 90, la livre se vendait trois (3) gourdes et actuellement elle se vend à dix sept (17) gourdes. Le pot de six livres est évalué à cent (100) gourdes chez les producteurs, 125 gourdes chez les distributeurs de matière première. Le pot de ¾ livre de noix grillée se vend à 125 gourdes chez les unités de transformation et 150 gdes dans supermarchés. Cette augmentation du prix est le reflet du coût des différents produits de base (matériels, matière première, ect..) qui ne cessent pas d'augmenter (Figure 9).

Figure 10 : Evolution du prix de la noix de cajou en coque à St Jean du Sud

4.8.3.- Présentation et Fonction des différents acteurs du circuit

4.8.3.1.- Fonction des Producteurs

En plus de certains travaux d'entretien, la fonction des producteurs se résume surtout par la cueillette des fruits. Ils assurent en partie aussi le triage et le séchage de la noix avant la mise sur le marché. Certains producteurs stockent une partie de leur production pour atteindre l'augmentation des prix.

4.8.3.2.- Fonction des Distributeurs de la matière première

Les distributeurs de la matière première se trouvent entre les producteurs et les transformateurs. Ce sont eux qui assurent la distribution de la noix de cajou aux unités de transformation de la zone. Ils s'approvisionnent en noix de cajou, soit chez les producteurs soit sur les marchés locaux de la zone. Certains d'entre eux financent la collecte de la matière première. Ils ont pour fonction d'achever le triage et le séchage de la noix de cajou et de fournir la matière première aux différentes usines.

4.8.3.3.- Fonction des Transformateurs

Les transformateurs sont représentés par les marchandes de tablette éparpillées dans la deuxième et la troisième section et les usines de noix grillée regroupées au centre de la ville. La fonction principale des transformateurs se résume en l'achat des matières premières aux producteurs et aux distributeurs, et la fabrication des produits dérivés.

4.8.3.4.- Fonction des Supermarchés

Les super marchés sont généralement situés dans la ville des Cayes et sont représentés par les Market. Ils s'approvisionnent au près des unités de transformation. La fonction principale est la vente des produits dérivés.

4.8.3.5.- Fonction des Consommateurs

Les consommateurs représentent le dernier maillon de la filière. Ils s'approvisionnent en général des marchandes de tablette, des usines et parfois des super marchés en des paquets de trois tablettes au prix de 25 gourdes, des petits sachets de noix grillée de 100 grammes au prix de 25 gourdes ou des bocaux de noix grillée et de calcinée de 200 grammes au prix de 125 gourdes. Ils ne sont pas très exigeants mais demandent des produits de qualité. D'où les principaux critères se résument ainsi :

- les tablettes doivent être bien sucrées,

- les noix grillées doivent être bien séchées et de couleur jaune blanchâtre

- les tablettes cristallisées (contenant des grains de sucre) et les noix brûlées sont considérées comme mauvais.

4.8.4.- Relation entre les différents acteurs

Entre les acteurs se développent certaines relations de solidarité, de concurrence et de dépendance.

4.8.4.1.- Relation de solidarité

Cette relation se manifeste généralement au niveau des marchandes de tablettes et de noix grillée, qui, malgré toutes les difficultés rencontrées dans cette activité arrivent à s'organiser entre elles. Certaines fois, elles s'approvisionnent ensemble et se réunissent souvent à un même endroit pour prendre le même moyen de transport. A la station des quatre chemins (Cayes), parfois elles se mettent en petit groupe pour mener leurs activités commerciales. Cette solidarité leur permet de se protéger, de maintenir le prix et de réaliser des marges importantes.

4.8.4.2.- Relation de concurrence

Cette relation se manifeste par l'enthousiasme que les acteurs expriment pour la production, l'achat et la vente des produits. Les producteurs veulent distribuer leur production dans un temps court ; les distributeurs disposent à acheter le maximum de matière première et les transformateurs (usines, marchandes de tablette) demandent des noix de bonne qualité à des prix négociés. Cette relation est positive car elle fait augmenter la compétitivité favorisant du même coup l'amélioration de la production et la qualité des produits (MALASSIS, 1992).

4.8.4.3.- Relation de dépendance

Cette relation se manifeste entre les différents acteurs du circuit de commercialisation de l'amont en aval vice versa. Les distributeurs dépendent des producteurs pour l'approvisionnement en matière première et les transformateurs de leur côté, des distributeurs et des producteurs.

4.9.- Coût et marges de commercialisation des différents agents

Au niveau du circuit de commercialisation de la noix de cajou à St Jean, on n'enregistre pas de grand coût au niveau de la production. Les distributeurs de matière première effectuent des dépenses pour le transport et la collecte de la noix. Au niveau des unités de transformation les coûts suivants sont identifiés : l'achat et le transport de la matière, les ingrédients et les salariés payés pour la transformation (Annexe E). Ces frais sont relativement importants et sont supportés par les consommateurs.

4.9.1.- Présentation du circuit de commercialisation de la noix de cajou

La commercialisation de la noix à St Jean chemine à travers les circuits suivants :

a) le circuit I comprend les producteurs, les distributeurs, les marchandes de tablette et les consommateurs

b) le circuit II comprend les producteurs, les distributeurs, les usines de noix grillée, les supermarchés et les consommateurs

c) Le circuit III comprend les producteurs et les ``Madan sara''.

4.9.1.1.- Les circuits de commercialisation

Les trois circuits et les différents agents sont présentés dans le schéma suivant.

Marchandes de tablettes

Producteurs

Distributeurs

Madan sara

Consommateurs

Usines de noix grillée

Supermarchés

Figure 11 : Les circuits de commercialisation

4.9.1.2.- Marges de commercialisation par pot de six (6) livres pour les différents agents de la filière de la noix à St Jean du Sud.

Dans les circuits de commercialisation, chaque agent obtient une marge différente en fonction du rôle qu'il remplit. Le tableau suivant montre la marge réalisée sur un pot de noix de cajou en coque pesant six (6) lbs.

Tableau 5 : Marge de commercialisation en gourdes des différents acteurs pour un pot de 6 lbs de noix de cajou à St Jan du Sud

Agents

P/A

P/V

DE

MR

Producteurs

......

95

2.40

92.60

Distributeurs de la matière première

95

110

6

9

Unité Familiale (Type I)

110

300

222.5

77.5

Total circuit I

 
 
 

179.1

Usine de noix grillée (Type II)

110

250

210

40

Les super marchés

250

300

255

45

Total circuit II

 
 
 

186.6

P/A : Prix d'achat (voir les calculs en Annexe E)

P/V : Prix de Vente

DE : Dépenses effectuées

MR : Marges réalisées

%MR : Pourcentages de marges réalisées

Tableau 6 : Comparaison entre les marges réalisées par une unité de type familial et une unité de type artisanal

Unité

Marge réalisée sur un pot de 6 lbs

Quantité transformée/ mois

Marge realisée/mois

Quantité transforméé/ an

Marge realisée/an

Marchande de tablette

77.5

99.3

1 240

1 1192

14 880

Usine de noix grillée

40

631.6

5 030.3

7 560

60 400

La marge réalisée par les marchandes de tablette est de 77.5 gourdes par pot de six (6) lbs contre 40 gourdes pour les usines, elle est loin supérieure à celle réalisée par les usines. Tandis que la marge annuelle réalisée par les usines est évaluée à 60 400 gourdes, nettement supérieure à celle réalisée par les marchandes de tablettes bien qu'elles fonctionnent toute l'année. Cela s'explique par le fait que :

- les usines ont une plus grande capacité de fonctionnement par rapport aux marchandes de tablettes

- les matériels utilisés sont plus performants

- les produits dérivés sont de meilleure qualité.

4.9.1.3.- Pourcentage des marges (%MR) réalisées par les différents agents dans le circuit I et II

Le tableau suivant présente la structure des prix (% des marges réalisées) par chaque agent dans les deux circuits à partir de la marge réalisée.

Tableau 7 : Pourcentage des marges des différents acteurs (structure des prix)

Agents

Circuit I

Circuit II

Producteurs

51.7

49.62

Distributeurs de matière première

5.02

4.82

Unité familiale (Type I)

43.27

 

Total

100

 

Usine de noix grillée (Type)

 

21.44

Supermarchés

 

24.12

Total

 

100

4.9.1.4.- Analyse des marges

Les producteurs obtiennent des marges de 92.6 gdes par pot de six (6) lbs soit un pourcentage de 51.7% dans le circuit I composé des producteurs, distributeurs et marchandes de tablette ; et ce même marge représente 49.62% dans le circuit II composé de producteurs, distributeurs, usine de noix grillée, supermarchés. La quantité de marge reste la même dans les deux circuits mais le pourcentage diminue du circuit I au circuit II. Cette diminution est due à l'intégration de nouvel agent dans le circuit II.

Les producteurs réalisent 9 gdes par pot de six (6) lbs, ce qui représente 5.02% dans le circuit I et 4.82% dans le circuit II. Tout cela est dû pour la même raison, l'intégration d'un nouvel agent dans le circuit II.

Les marchandes de tablette, le dernier agent du circuit I, réalisent 77.5 gdes par pot de six (6) lbs ce qui représentent 43.27% des marges totales du circuit I. Ce pourcentage met les marchandes de tablettes en deuxième position derrière les producteurs ensuite viennent les distributeurs.

Dans le circuit II, en plus des producteurs et les distributeurs, on trouve les usines de noix grillée et les supermarchés qui réalisent chacun leur marge par pot de six (6) lbs de noix de cajou. Les usines obtiennent 40 gdes par pot de six (6) lbs qui représente 21.44% des marges totales réalisées dans le circuit II tandis que les supermarchés de leur coté obtiennent 45 gdes par pot soit 24.12 % des marges réalisées dans le circuit II. Sur la base d'importance des marges réalisées, les producteurs viennent en première position dans ce circuit, les supermarchés en deuxième, les usines en troisième et en dernier lieu les distributeurs de matière première.

Quant aux producteurs et distributeurs, ils ne s'interessent pas trop à la destination de la production parce qu'ils réalisent toujours les mêmes quantités de marges.

Bien qu'il existe dès fois certaine relation de concurrence entre les deux circuits mais cela n'empêche qu'ils fonctionnent assez bien dans la zone car chacun dispose de leur propre produit. Le circuit I, très court, fabrique surtout la tablette comme produit principal et les autres produits sont fabriqués sur demande  tandis que le circuit II fabrique principalement la noix grillée, la calcinée (noix grillée sucrée) sur demande. Le circuit II est beaucoup plus intéressant que le circuit I parce qu'il fabrique des produits de meilleure qualité et en plus il contient plus d'agents que le circuit I donc plus de personnes participent dans cette activité.

Les marchandes de tablette et les usines qui entretiennent les mêmes activités, la transformation de la noix ne réalisent pas la même quantité de marge. Les marchandes de tablette obtiennent 77.50 gdes par pot presque le double de celles réalisées par les usines de noix grillée mais en un temps cinq (5) fois plus que les usines. Cette grande quantité de marge réalisée par les marchandes de tablette est due à l'absence de rejets disponibles dans la fabrication de tablette, tandis que les noix piquées, brûlées, rétrécies sont considérées comme rejets dans la fabrication de noix grillée.

La proportion des marges réalisées par les producteurs est beaucoup plus importante que celle réalisée par les autres agents dans les deux circuits, et cette supériorité s'explique par le fait que les producteurs de ferme n'effectuent presque pas de dépenses pour leur production, ils ne font que vendre. Certains dépensent seulement 2.40 gourdes par pot de six (6) lbs de noix de cajou pour l'entretien, le nettoyage et la récolte. Les marchandes de tablette et les usines gagnent des marges inférieures car les coûts de production et de commercialisation sont beaucoup plus élevés que les autres agents (producteurs, distributeurs, supermarchés). Les deux grands privilégiés de cette activité sont les super marchés qui ne consentent que le coût de transport (parfois même pas) dans le circuit de commercialisation et les distributeurs de la matière première qui obtiennent leur en un temps très court.

4.10.- Test d'indépendance entre les variables

Les tableaux suivants donnent les résultats des valeurs observés et des valeurs espérées des 83 unités enquêtées en considérant l'état, la structure et les moyens de fonctionnement de ces unités.

Tableau 8 : Valeurs originales (valeurs observées) (Nij)

Structure et moyens de fonctionnement

Insuffisant

Mauvais

Bon

Total

Unité de type familial

30

40

9

79

Unité de type artisanal

0

2

2

4

Total

30

42

11

83

Tableau 9 : Valeurs espérées (Eij)

Structure et moyens de fonctionnement

Mauvais

Bons

Excellents

Total

Unité de type familial

28.55

40

10.45

79

Unité de type artisanal

1.45

2

0.55

4

Total

30

42

11

83

Eij = (ni x n.j)/n (voir les calculs en annexe D)

X= Sum(Nij- Eij) 2 /Eij (voir les calculs en annexe D)

X2 = 7.34

X2 Tab= X2 á (dl) =11.07 á = 0.05

dl = 5 (voir la table de Khi deux en annexe)

X2 Cal < X2 Tab

Donc l'hypothèse de travail est confirmée, c'est-à-dire que l'insuffisance, l'inadéquation et le manque de moyen de fonctionnement empêchent l'évolution de la transformation de la noix de cajou dans la zone de St Jean du Sud.

V. Conclusion et Recommandations

Ce travail de diagnostic permet de comprendre que la transformation de la noix de cajou à St Jean du Sud confronte à de sérieux problèmes. Les producteurs se plaignent de leurs plantations qui tendent à disparaître. Sur quatre vingt trois (83) unités enquêtées, seulement les quatre (4) du type II possédant le minimum de moyens (locaux, matériels, personnel) pour mener les opérations. Les autres du type I qui sont toutes des marchandes de tablette, ont très peu de structure de base pour leur fonctionnement, elles fabriquent des produits parfois médiocres et elles dominent à plus de 50% la transformation de la noix de cajou dans la zone. Malgré les difficultés auxquelles font face ce secteur cela n'empêche pas à ces produits de gagner depuis toujours l'attirance de nombreux consommateurs haïtiens vivant en Haïti ou à l'étranger, et permet aux différents acteurs de générer de revenu assez important. La noix de cajou produite à St Jean du Sud chemine à travers trois circuits de commercialisation. Le circuit I comprend les producteurs, les distributeurs de la matière première, les marchandes de tablettes, les consommateurs ; le circuit II qui est plus long, comprend en plus des producteurs et des distributeurs de la matière première, les usines de noix grillée, les supermarchés et les consommateurs et le circuit III qui comprend seulement les producteurs et les ``madan sara''. Le pot de 6 lbs de noix de cajou est évalué à 179.1 gourdes dans le circuit I et 186.6 gourdes dans le circuit II repartis entre les producteurs, les distributeurs, les transformateurs et les supermarchés. En dépit de toutes ces informations qu'apporte ce travail de diagnostic, il serait intéressant de mener d'autres études dans ce secteur pour en tirer d'avantages informations.

Tenant compte de l'importance économique de ce secteur dans la zone et les limites de ce travail, les recommandations suivantes s'avèrent nécessaire afin de redynamiser ce secteur.

Pour les producteurs :

- mettre des pépinières en place pour permettre aux producteurs de trouver des plantules disponibles

- accompagner les planteurs dans la mise en place de nouvelle plantation afin d'assurer la pérennité de l'espèce en mettant à leur disposition des cadres pour le suivi des plantations.

Pour les marchandes :

- avoir un petit local ou à défaut un endroit fixe pour mener les opérations, autre que le foyer utilisé pour la cuisson des aliments

- aider les marchandes à procurer de matériels adéquats pour mener les opérations

- utiliser le carton ou un emballage standard pour emballer les tablettes en lieu et place des feuilles de bananier séchées

- organiser des séminaires de formation surtout sur le contrôle de qualité pour les marchandes de tablette

- mettre sur pied une organisation de marchandes pour mieux gérer le circuit et pour resserrer les liens entre elles

- mettre un système de micro crédit dans la zone pour aider les marchandes de tablettes

Pour les usines :

- construire des locaux adéquats respectant les normes de transformation

- augmenter la capacité de fonctionnement des usines en les dotant de matériels plus performants

- organiser des séminaires de formation pour les personnels effectuant les opérations

- diversifier la production en fabriquant beurre, vin, confiture, etc.

- faire plus de marketing pour les produits afin de les permettre de d'intégrer d'autres marchés

- mettre en place un petit laboratoire de contrôle qualité au niveau de la zone pour effectuer certaines analyses avant la mise en vente des produits

- valoriser les sous produits en produisant le CNSL.

- mener des essais de fabrication de différents produits en vue d'aboutir à une standardisation pour chaque produit

- conduire l'étude dans d'autres zones du pays.

VI. Références bibliographiques

1.- ANFANI (1998)

Organisation de la filière Anacardier au Bénin Novo TRADE Consult, Cotonou, Bénin. 128p

2.- AOGOU A. S. (1996)

L'arbre du mois, L'anacardier, Anacardium occidentale, famille des Anacardiacées. Le Flamboyant N° 38 -juin 1996, France

3.- ASSOGBA E. BEEKMAN B. et VAN de VIJVER M. (1998)

Proposition pour l'organisation de la filière Anacarde au Bénin NovoTRADE Consult, Cotonou, Bénin. 249p

4. - BEHRENS R. (1996)

Cashew as an agroforestry crop - Prospects and potentials » Tropical Agriculture GTZ, Publisher and distributor : Margraf Verlag P.O. Box 105 97985 Weikersheim Germany. ISBN 3-8236-1257-3

5.- CEE/ONU (Commission économique pour l'Europe auprès des Nations Unies) (2000)

Recommandation CEE/ONU concernant la commercialisation et le contrôle de la qualité commerciale des noix de cajou livrées au trafic international entre les pays membres de la CEE/ONU. Paris - France. 143p

6.- CITE (1995)

L'anacardier. ORSTOM, Madagascar. 415p

7.- CNUCED (2002)

Noix de cajou - Technologie, Paris - France. Vol 2  226p

8.- CNUCED (2003)

Bulletin mensuel des prix des produits de base : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, Paris - France

9.- DAVIS K. (1999)

Compositions physiques et chimiques des noix de cajou, Pays-Bas. 45p

10.- D'ALMEIDA J. (1995)

La culture des espèces fruitières, Anacardier ,Cotonou, Bénin. 32p

11.- DRAMAN T., HAMIDOU SEKO E. (1999)

Rapport de mission sur la commercialisation des noix de cajou par la structure commerciale de l'ONG ANFANI. Projet de Restauration des Ressources Forestières de Bassila, Bassila, Bénin. 114p

12.- ERIC J. 1999

L'anacarde, Orstom, Madagascar. 2é édition. 39p

13.- FAO (2000)

Tendance et perspective de la production mondiale et du commerce international. Rome. Vol. 89 82 p

14.- FAO (2003)

La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture. Rome. Vol 12  329p

15.- FAO (2003)

Rapport sur le commerce des produits agricoles. Rome. Vol 32 246 p

16.- FRANCK Z. (1998)

Caractéristiques physiques et chimiques des noix de cajou sèches et torréfiés ainsi que l'huile d'anacarde. Bénin Vol. 23 231p

17.- GONNI SIME G. (1997)

Le rôle de l'anacardier dans le développement socioéconomique du Sud-Atacora : Bassila, Djougou, Ouaké, Copargo, Rapport de C2, Université Nationale du Bénin, Abomey Calavi, Bénin.

18.- KROLL R. (1996)

Les petits fruits. Le technicien d'agriculture tropicale, N° 35, Edition Maisonneuve et Larose, CTA, Paris, France, ISBN : 2- 7068-1226.5.

19.- LACROIX E. (1999)

Analyse du secteur de l'anacarde : situation actuelle et perspective de développement, Paris, France

20.- LAKOUSSAN G. A. (2003)

Forum européen sur la coopération au développement rural : commercialisation de l'anacarde au Bénin

21.- MALASSIS L. (1992)

Economie de la consommation et de la production Agroalimentaire. Paris France, Vol I 438p

22.- MAPUTO (2001)

Fonds commun pour les produits de base. Mozambique- CFC technical paper N°19

23.- MDRB (2002)

Les anacardiers et les noix de cajou à Bassila : Ministère du Développement Rural du Bénin

24.- MPCE (1997)

Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, le livre blanc. Haiti Vol 1 540p

25.- PPAB (PROGRAMME DE PROFESSIONNALISATION DE L'AGRICULTURE AU BENIN) (1998)

Fiches de vulgarisation sur la culture de l'anacardier destinées aux producteurs et à leurs organisations, PPAB Bénin, BP 273 Natitingou, Bénin.

26.- PRF (PROGRAMME DE RECHERCHES FORESTIERES) ( 2002)

Fiche technique N°1 : Comment produire de jeunes plants d'anacardier en pépinière. PRF, 06 BP 707 Cotonou, Bénin, Tel : 229 55 00 89,

27.- PROGRAMME DE RECHERCHES FORESTIERES (2002)

Fiche technique N°2 : Comment créer et gérer les plantations d'anacardier. PRF,06 BP 707 Cotonou, Bénin

28.- SEVERIN F. (2000)

Plant ak pye bwa tè D'AYITI, édition Quintel, 143p

29.- VAN EIJNATTEN C. (1996)

Perspectives de la culture de l'anacardier et la transformation des noix de cajou au Bénin. Résultat d'une visite - conseil du 17 mai au 4 juin 1996. CARREFOUR en collaboration avec ECOFAIR, Amsterdam, Denneenlaan 5, 5375 KV REEK, Pays-Bas. BP 06-1053 Cotonou, Bénin.

Quelques sites internet

http : //www.Raintree nutriton.com

http : //www.bolacashew.com

http : //www.Cashewbazar.com

http://www. aprifel.com

http : //www.Cashewindia.org

http : //www.trade-india.com

http : //www.ro.unctad.org

http : //www.Google.fr

http : //www.fao.org

VII. Annexes et Appendices

Schéma de fabrication des différents produits fabriqués dans la zone

Annexe A

Tablettes

Noix

Fendage

Extraction

Coque

Jetées comme déchets

Amande

Enlèvement du tégument

Trempage (eau chaude)

Amande sans tégument

Cuisson (60 mn) dans eau+sucre+cannelle

Etalement - Refroidissement

Tablette

Annexe B

Noix grillée (noix grillée + sel)

Noix

Fendage

Coque

Extraction

Amande

Jetées comme déchets

Grillage Frottage

Frottage - Grattage

Noix grillee

Annexe C

Calcinée (noix grillée + sucre)

Noix

Fendage

Coque

Extraction

Amande

Jetees comme dechets

Trempage (eau chaude)

Enlèvement du tégument

Amande sans tégument

Cuisson dans eau+sucre+cannelle (45mn)

Grillage

Calcinée

Annexe D

Tableau de calcul des valeurs espérées (Eij)

Produits dérivés (noix grillée, calcinée, tablettes)

Mauvais

Bons

Excellents

Total (Ni.)

Unité de type familial

79 x 30 / 83

70 x 42 / 83

79 x 11 / 83

79

Unite de type artisanal

4 x 79 / 83

4 x 42 / 83

4 x 11 / 83

4

Total (Nj)

30

42

11

N=83

Eij = (Ni. x N.j)/N

Calcul de X2

X2 Cal = Sum (Eij - Nij)2 / Eij X2 = Ó (Valeurs espérées - valeurs observées)2 / Valeurs espérées

X2 Cal = (28.55 - 30)2 / 28.55 + (1.45 - 0)2 / 1.45 + (40 - 40)2 / 40 + (2 - 2)2 / 2 + (10.45 - 9)2 / 10.45 + (0.55 - 2)2 / 0 .55

X2 Cal = 7.34

X2 Tab = X2 á (dl) dl = Ni - 1

á = 0.05 Seuil de confiance

dl = 6 - 1 = 5 dégrés de liberté

X2 Tab = X20.05 (5) = 11.07

Annexe E

Marges de commercialisation des différents acteurs

Dépenses effectuées en gourdes pour une journée de fonctionnement dans une unité de type artisanal (les usines de noix grillée)

Rubriques

Quantité

Coût unitaire

Total

Achat de matière première

6 pots de 6 lbs

110

660

Ingrédients

1

1

25

Main d'oeuvre

4

65

260

Emballages

12

7

84

Qté de propane brûlé

25 lbs

25

125

Amortissement

--------

--------

100

Dépenses totales

 
 

1254

 
 
 
 
 
 
 
 

ð Dépenses totales effectuées pour une journée de travail : 1254 gourdes

ð Depenses effectuées pour un pot de 6 lbs : 209 gourdes

ð Quantité de noix transformée par jour : 6 pot s de 6 lbs

ð Quantité de noix grillée obtenue : 12 bocaux de 16 onces

ð Prix d'un bocal : 125 gourdes

ð MR = P/V - DE

ð MR = (125 x 12) - 1254 = 240 gourdes pour 6 bocaux de 16 onces

ð Donc sur un pot de 6 lb la marge réalisée par les unités de type familial est de 40 gourdes

Dépenses effectuées pour une semaine de fonctionnement dans une unité de familial ( les marchandes de tablettes)

Rubriques

Quantité

Coût unitaire

Total

Achat de matière première

4 pots de 6 lbs

110

440

Sucre

2 marmites

100

200

Ingrédients

-------

---------

40

Main d'oeuvre

2 ½

65

160

Charbon

½ sac

100

50

Dépenses totales

 
 

890

ð Dépenses totales effectuées par semaine : 890 gourdes

ð Depense effectuées par pot de 6 lbs : 222.5 gourdes

ð Quantité de noix transformée par semaine : 4 pots de 6 lbs

ð Quantité de tablettes obtenues : 48 paquets de trois tablettes de 80 grammes environ

ð Prix d'un paquet : 25 gourdes

ð MR = (25 x 48) - 890 = 310 gourdes pour 4 pots de 6 lbs

ð Donc sur un pot de 6 lbs, la marge réalisée par les marchandes de tablettes est 77.5 gourdes

Marges réalisées par les producteurs

ð Dépenses effectuées pour l'entretien et la récolte de la noix de cajou : 2.40 gdes/ pot de 6lbs

ð Prix de vente d'un pot de 6 lbs chez les produits : 95 gourdes

ð MR = 95 - 2 .40 = 92.60 gourdes par pot de lbs

Marges réalisées par les distributeurs de matière première

ð Depenses effectées pour la collection et le transport : 6 gdes/ pot de 6lbs

ð Achat de matiere premiere : 95 gdes/ pot de 6 lbs

ð Prix de vente d'un pot de 6 lbs chez les distributeurs de matière : 110 gourdes

ð MR = 110 - (95 + 6) = 9 gourdes par pot de 6 lbs

Annexe F

Structure chimique du CNSL

Source : http//www. bolacashew.com

Annexe G

Composition physique et chimique du CNSL

Densité

0,950 à 0,970

Viscosité à 30°C, dans les centipoises

300 (max.)

Humidité (% du poids) au maximum

1.0

Perte dans le poids sur le chauffage (max.)

2,0

Cendre, % poids (max.)

1,0

Teneur en iode,
a) la méthode de Wij
b) la méthode de RK


250
290

Temps de polymérisation en minute (max.)

4

Source: http//www. bolacashew.com

Annexe H

Fiche d'enquête

Date.................... Nom de l'enquêteur...............................

1. - Informations générales

Département du Sud Commune de St Jean du Sud

Section communale .................. Localité........................

Unité no... Nom............................

Type : Familiale [ ] Artisanale [ ] semi-industrielle ou Industrielle [ ]

Nom de l'entrepreneur.......................... Profession.......................

Structure de l'unité

Toiture : Tôle [ ] Béton [ ]

Dimensionnement : Long ........m Largeur..........m

Aération : Bien [ ] Moyen [ ] Médiocre [ ]

Machinerie : Motorisée [ ] Manuelle [ ]

Normes de construction : Respectées [ ] Non respectées [ ]

Enumération des matériels présents

Matériels

Fonctions

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Avez-vous l'habitude de prêter ou de louer certains matériels ? Oui [ ] Non [ ]

Si oui lesquels.......................................................................................................................................................................

2.- Fonctionnement de l'unité de transformation

Nbre de jours/semaine............ Nbre d'heures/jour..........

Nbre de personnes travaillant dans l'atelier ............

Provenance de la main d'oeuvre : Salariale [ ] Familiale [ ]

Y a t- il des employés ? Oui [ ] Non [ ]

Si oui Nom............................ Profession (spécialité)........................

..........................................................................................

..........................................................................................

..........................................................................................

Coût de fonctionnement:

...................gdes/jour

...................gdes/semaine

...................gdes/mois

Y a t - il des périodes où l'atelier ne fonctionne pas ? Oui [ ] Non [ ]

Quand ? ..........................................................................................

Pourquoi ? ................................................................................................................................................................

Approvisionnement en matière première

Quantité de noix de cajou coupée (fendue) ..................kg/jour

...................kg/semaine

..................kg/mois

Provenance ?

1. Au champ [ ]

2. Achat [ ]

3. Autres sources [ ] Précisez [ ]

Achetez-vous de noix de cajou provenant d'autres localités qui ne sont pas dans la commune ? Oui [ ] Non [ ]

Pourquoi ? .....................................................................................................................................................................................................................

Avez- vous effectué des déplacements pour aller acheter de la noix de cajou ?

Oui [ ] Non [ ]

Pourquoi ? .....................................................................................

Moyen d'acheminement dans l'atelier............................................................

Coût .......................................................................................

Avez- vous de préférence pour une noix provenant d'une aire géographique particulière

Oui [ ] Non [ ]

Lesquels ? .......................................................

Pourquoi ? ........................................................

Conditions d'achat

A quelle stade achetez-vous la noix de cajou ?..............................................

Avez - vous fait des exigences aux vendeurs ? Oui [ ] Non [ ]

Lesquels ? ..................................................................................................................................................................................................

Quel récipient utilisez-vous pour acheter la noix de cajou ?

.......................

Prix d'achat de la noix de cajou .................. gdes Unité........

Modalité de paiement : A la livraison [ ] Apres [ ]

Quelle quantité pouvez-vous acheter ?

.............../jour

............../semaine

............../mois

Quelle variété préférez-vous ?

Par ordre de préférence pourquoi ?

1 ....................... .............................

2 ..................... ............................

Les produits issus de cette unité

Produits

Quantité

Unité

Prix moyen

Lieu de vente

Principaux consommateurs

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Aimeriez-vous fabriquer d'autres produits ? Oui [ ] Non [ ]

Pourquoi ? .........................................................................................

Quelles sont les différentes étapes suivies pour la préparation de ces produits ?

....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Avez-vous une idée du temps que nécessite chaque opération ? Oui [ ] Non [ ]

Avez-vous des personnels qualifies pour ces opérations ? Oui [ ] Non [ ]

Avez-vous des formules (recettes) écrites pour la préparation de ces produits ?

Oui [ ] Non [ ]

Avez-vous l'habitude d'effectuer des tests de contrôle de qualité sur les produits ? Oui [ ] Non [ ]

Si oui, préciser les tests que vous avez l'habitude d'effectuer. Où ?

...............................................................................................................................................................................................................

Dans l'atelier [ ] Par qui ? .................

Ailleurs [ ] Précisez.......... .................

Estimation du rendement de la noix de cajou en produits transformés

Produits

Rendement

 
 
 
 
 
 

Utilisation des sous produits:

Jetés [ ] Vendus [ ]

Utilises en production animale [ ] Production végétale [ ] Comme matière première [ ]

Quelle relation que votre unité détient avec le reste de la communauté ?

Prêt au producteur [ ] Création d'emploi [ ]

Appréciation de la production de la noix de cajou

Suffisante [ ] Insuffisante [ ] Moyenne [ ]

Problèmes rencontrés au niveau de l'atelier

Problèmes

Causes

Solutions éventuelles

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Perspectives pour votre atelier

.............................................................................................................................................................................................................

Perspectives pour la transformation de la noix de cajou dans la zone

........................................................................................................................................................................................................................

Pratiquez-vous l'agriculture ? Oui [ ] Non [ ]

Cultures pratiquées (par ordre d'importance)

Cultures

Superficie

But de la production

Niveau de production