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Livre : le katanga pour quel nouveau défis :le phénomène hétérogènite

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par Emile Christophe Professeur Emile MOTA - NDONGO K
UNILU / Katanga - RDC - PHD Sc. ECO 2000
  

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INTRODUCTION

La République Démocratique du Congo traverse depuis plus d'une décennie une crise sans précédent qui a amenuisé les ressources de la nation et par surcroît le revenu des populations. L'économie du Congo qui tournait autour d'une synergie entre les entreprises privées et les entreprises publiques, s'est effondrée très rapidement suite à une déstabilisation politique qu'à connu le pays depuis plus d'une décennie et par les différentes guerres dites de libération qui se sont succédées au cours des cinq dernières années.

Etant premier producteur mondiale du cobalt, premier producteur mondial du diamant industriel, cinquième producteur mondiale du cuivre etc. , la République Démocratique du Congo, est devenu non pas dernier en tout, mais tout simplement absent dans tout. On ne fait même plus allusion à cette dernière dans les grands forums économiques.

Du pays le plus riche «potentiellement» du monde, la République Démocratique du Congo est devenue le pays le plus pauvre de la planète qui demande assistance et aides humanitaires ; elle est même classée parmi les Pays Pauvres Très Endetté (P.P.T.E.). Tout un programme post-conflit d'assistance doit être mis en place pour éviter une calamité et un désastre humanitaire. Le gouvernement, ne pouvant pas à lui seul résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les Congolais, doit recourir au soutien de la communauté Internationale pour stabiliser les agrégats macro-économiques et mettre fin à ces

guerres qui ravagent l'Afrique Centrale. Cette situation de chaos ébranle les perspectives de développement dans tous les pays voisins limitrophes.

Le développement économique du CONG0 et du KATANGA, amorcé dès l'aube du XX ième siècle par la découverte d'importants gisements cuprifères, l'implantation du chemin de fer, le dragage des rivières et du fleuve Congo, a connu depuis les années 1885, jusqu'à ce jour, un parcours très tumultueux.

En effet, le CONGO dut faire face à la première guerre mondiale 1914-1918, à la crise économique mondiale des années 30 et à la seconde guerre mondiale 1940-1945. En ce qui concerne les années avant l'indépendance,  la République Démocratique du Congo a du faire face à :

- Des turbulences politiques qui débouchèrent sur la sécession du KATANGA en juillet 1960 ;

- et des guerres de sécession à partir de 1964 sur l'ensemble du Pays..

Cette situation ne fut pas favorable à l'économie congolaise. Outre l'avènement du Nouveau Régime en 1965, une lueur d'espoir avait régné au Pays avec une certaine reprise de l'économie dévastée depuis 1964. Mais malheureusement, cet effort fut anéanti en 1973-1974 par une politique camouflée de Nationalisation, appelée « ZAIRIANISATION et RADICALISATION ». Le pays dut faire face de nouveau à une impasse économique indescriptible. C'est à cette époque que l'économie congolaise (ex-zaïroise) amorça sa « descente aux enfers ».

Notons par ailleurs qu'une certaine reprise s'était manifestée au cours de l'année 1984, mais cet effort fut également anéanti par la vague de démocratisation de l'espace politique déclenchée en avril 1990.

Cette période a eu pour conséquence une perturbation de l'appareil économique du CONGO en général et du KATANGA en particulier. Déjà enclavé depuis 1975, suite à la fermeture du chemin de fer de BENGUELA, de part la guerre de libération de l'ANGOLA, le KATANGA a été la Province la plus affectée par cette situation.

L'instabilité monétaire issue des différentes réformes monétaires qu'a connues le Congo depuis 1967, l'a plongé dans un marasme économique très accentué. La politique de Zaïrianisation/Rétrocession initiée en 1973-1974 a porté à l'économie congolaise plus de problèmes que des solutions.

Notons aussi que la part du PIB du KATANGA au PIB national a évolué dans les proportions de l'ordre de 34,9 % en 1960 à 31,96 % en 1970 pour atteindre 61,96 en 1984. Depuis les années 1990, le pays a connu une circulation de deux monnaies parallèles ayant une valeur faciale différente, jusqu'au 30 juin 1998. Cet aspect de la monnaie, n'a pas facilité la tâche aux opérateurs économiques, aussi bien du Katanga, mais des autres provinces.

Enfin, pour couronner davantage ce cataclysme monétaire, l'apparition du phénomène « Dollar » n'a fait qu'aggraver le comportement de l'économie congolaise en amenuisant le pouvoir d'achat des populations. La croissance économique, apparue vers les années 1970, a été anéantie par la crise pétrolière mondiale de 1973. Dans le domaine agricole, le CONGO qui fut classé parmi les grands exportateurs des produits tels que : le café, le caoutchouc, l'huile de palme, les agrumes, etc., fut relégué au second plan, suite au `'boom'' industriel provoqué par l'industrie du cuivre et à l'abandon volontaire par les gouvernants de la deuxième République des autres secteurs de production. Cet effort, mal planifié, n'a pas été entretenu, mettant ainsi la République Démocratique du Congo dans une position de mono-exportation. Les pôles de développement du Congo, tel que prônés par le Professeur Jean-Louis LACROIX, n'ont été que des slogans au profit d'une politique de développement sectoriel mal planifiée.

De ce fait, il y a eu une apparition d'îlots isolés d'activités et d'industries n'ayant aucune liaison interindustrielle, tant au niveau horizontal que vertical. Ceci a eu pour conséquence une fuite massive des capitaux vers l'extérieur, surtout dans le domaine des approvisionnements en équipements et en intrants industriels.

Le transfert des Technologies pour lequel la République Démocratique du CONGO et le KATANGA en particulier avait acquis une certaine maîtrise, s'est vu amenuisé par manque des capitaux pour leur maintenance et l'acquisition des nouvelles. La politique de transfert des Technologies « Clés sur portes » a fait son apparition dans l'industrie du KATANGA : de 30.000 tonnes de cuivre produites vers les années 1921-1922, l'industrie du cuivre avait atteint son optimum avec un tonnage de 475.000 tonnes de métal en 1984, pour connaître actuellement une chute vertigineuse jusqu'à moins de 20.000 tonnes à fin 2002.

Tous ces faits réunis démontrent à suffisance la mauvaise préparation de l'homme congolais aux affaires : outre cet attribut, le manque d'une volonté politique et la politique d'imitation, ont fait de la République Démocratique du CONGO un Pays de ressources primaires. Le Pays n'a pas pu intégrer son économie et ses potentialités économiques sont restées au niveau des études.

Le monopole de l'Etat dans la gestion des entités économiques, depuis la nationalisation de grandes unités du production, a défié toutes les théories managériales d'une gestion modernes, ayant pour objectif la maximisation des recettes et la performance, au profit des paramètres sociaux, n'ayant aucun impact sur le développement économique de la Province.

La dynamique du développement économique de la Province a toujours été pour nous un aspect, nécessaire mais non suffisant, pour épauler l'industrie du cuivre qui s'est essoufflée au fil des années, par manque d'une intégration industrielle adéquate et une maîtrise des technologies modernes d'exploitation donnant satisfaction sur le marché et à des coûts de production compétitifs. Une industrie implantée au milieu du désert ne peut apporter à son environnement que les conséquences de sa propre contradiction. C'est pourquoi, une politique de développement ne se veut complète et globalisante que si elle prévoit dans sa conception, des effets en amont et en aval.

L'économie congolaise a connu, comme nous l'avons souligné ci-haut, un certain comportement que nous avions qualifié de tumultueux. En effet, la découverte des gisements de cuivre devrait procurer au Pays un certain degré de développement. Mais, cette découverte, par manque d'une planification concertée, globale et globalisante n'a pas, contrairement aux autres Pays, d'Afrique, tels que le NIGERIA, le GABON et la COTE D'IVOIRE, enregistré une croissance économique soutenue et une intégration industrielle cohérente.

CHAPITRE I : ASPECTS GENERAUX DU CONTEXTE

I . 1 : GÉNÉRALITÉS

La République Démocratique du Congo est le troisième pays d'Afrique par sa taille après le Soudan et le Nigeria, elle a une superficie de plus de 2.345.000 de km². Rapporté à la superficie des Etats-Unis , elle représente le quart et plus des deux tiers de la superficie de l'Union Européenne. Elle est bornée au Nord par la République Centre Africaine et le Soudan, au Sud par l'Angola et la Zambie, à l'Est par l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie, et à l'Ouest par la République du Congo, l'Enclave de Cabinda et l'Océan Atlantique.

Sa population est estimée au 30 juin 2002, avec un taux de croissance de 3,4% l'an, à plus ou moins 60 millions d'habitants dont plus de 8 millions vivent dans la capitale Kinshasa.

La République Démocratique du Congo regroupe en son sein plus de 400 tributs et langues vernaculaires ; à titre d'exemple : la Province Orientale regroupe en son sein tous les groupes ethniques de l'Afrique; à savoir : les Bantous, les Nilotiques, les Hamites, les Soudanais, les Pygmées, etc. Le fleuve Congo qui est classé parmi les plus grands fleuves du monde, après l'Amazone par son débit, soit plus de deux millions de mètres cubes par secondes, couvre plus de 3.500 kilomètres et est navigable sur les trois quarts de sa longueur, soit entre Bukama et Kongolo, Kindu et Ubundu et entre Kisangani jusqu'au port Chanic à Kinshasa au niveau des rapides de Kinsuka.

La République Démocratique du Congo est « potentiellement » riche, et ce dans tous les secteurs, mais les conditions de vie des populations sont de plus en plus précaires. Selon les dernières analyses faites par l'antenne du Fonds Monétaire International en République démocratique du Congo, les indicateurs sociaux sont tombés très bas et sont très faibles; à savoir :

1. le taux de pauvreté est très élevé et est de 70%,  les populations de la Province du Katanga est très jeune et donne des atouts potentiel pour la reprise des activités dans cette partie du Pays.

2. La santé, l'éducation et l'assainissement du milieu posent d'énormes problèmes. Il est à faire remarquer que le taux de scolarisation est faible surtout pour la jeune fille (35%), dans les territoires en dehors de l'hinterland minier.

3. La mortalité infantile, faute de centre de santé équipé et par manque des produits pharmaceutique est de 94 pour mille.

4. Les statistiques moyennes suivantes ont été enregistrées pour les années 2000 à 2008 : (1(*))


· Taux de mortalité maternelle: 1.289%o ;


· Taux de mortalité infantile: 13.5% ;


· Taux de mortalité néonatale: 3.3% ;


· Espérance vie: 48.5 ans;


· Taux de malnutrition globale: 12.2% ;


· Taux de malnutrition aigüe sévère: 6.4% ;

. Taux d'utilisation des services : 31 %2(*)


· Taux de prévalence de VIH/SIDA: 5.4%


· Choléra: 4.460 cas et 91 décès en 2006 ; 5.966 cas et 197 décès en 2007 et 3.453 cas et 63 décès en 20083(*) ;


· Violences sexuelles: 6,388 cas identifiés en 2007 avec complétude de 50% ;

5. Dans le secteur de la sécurité alimentaire en terme de capacité des ménages à subvenir à leurs besoins alimentaires : 13% des ménages vivent en insécurité alimentaire sévère et 18% en insécurité alimentaire modérée4(*) ;

6. Dans le secteur de l'éducation, l'on constate un taux de scolarisation faible soit 45.7*%pour l'année scolaire 2007- 2008 et une amélioration de 18,5%5(*) pour l'année scolaire 2008- 2009 suite à la stabilisation des populations et un repeuplement de ces derniers.

7. Dans le secteur de l'eau et assainissement du milieu, environ 21% de la population du Katanga a un accès à une eau potable et plus de 79% de ménages ruraux en sont dépourvus.

8. Dans le secteur des infrastructures routières - aérienne - lacustre- et la voie ferrée(SNCC) ; l'on constate qu'en dehors de la ville de Lubumbashi : la majorité des voies routières de l'intérieur de la Province est dans un mauvais état surtout pendant la saison de pluies. Certaines zones de santé sont complètement inaccessibles et la population a difficilement accès au service sociaux de base. Le port de Kalemie, ensablé ne reçoit plus les bateaux de grand tonnage et le fleuve Congo n'a plus de balisage sur son bief Bukama- Kongolo.

9. En ce qui concerne la couverture vaccinale ; les résultats suivants ont été enregistré :

 

C.V 2008

Objectifs 2009

Cumulé Janv.-juillet 09

BCG

89,1%

95%

93,6%

VPO3

75,7%

85%

76,3%

DTChep-hib3

89,4%

85%

83,8%

VAR

76,2%

85%

77,9%

VAA

72,6%

85%

78,8%

VAT2+

79,5%

85%

87,5%

10. L'éducation préscolaire est très peu organisée en dehors de villes de Lubumbashi - Likasi et Kolwezi et est suivie que par 0,5% des enfants de 36-59 mois. Par contre au primaire une forte détérioration des infrastructures scolaires est constatée. Seule 10% des structures possèdent des points d'eau et des latrines fonctionnelles.

Sur une population scolarisable de 1. 859. 715 enfants de 5 à 14 ans, seulement 710. 413 enfants sont à l'école ce qui implique un taux de scolarisation brut de 38,27%. Dans ce faible taux brut de scolarisation au niveau primaire ont note 35 % pour les filles et 53 % pour les garçons6(*). L'indice de parité en première année est en moyenne de 75 contre 100 garçons et en deuxième de 70 filles contre 100 garçons. En outre le taux net d'admission en 1ère Année est de 42,6% pour les filles et 57% pour les garçons.

Il est à noter un taux d'abandon reste élevé en 1ère Année à 28%, taux de redoublement à (18%), taux d'abandon (15%) et une très forte déperdition. seulement 18,6% d'élèves de 1ère année atteigne la cinquième année du primaire aux quels problèmes, il faut y ajouter une détérioration généralisée des infrastructures scolaires.

TBS: Taux brut de scolarisation

11. Selon les statistiques de L'ONU/SIDA ; le taux de prévalence de VIH/SIDA a augmenté au cours des dernières années pour atteindre 5% de la population adulte, c'est-à-dire plus de 2 millions de personnes, avec d'importantes disparités entre les régions; à savoir :

- 4,6% à Kinshasa ;

- 0,6% au Kasaï ;

- 8,6% au Katanga ;

- 16% à Goma etc.

Une note plus déplorable est à relever en ce qui concerne la ville de Kinshasa, 15% des enfants âgés entre 15 et 18 ans sont infectés.

L'économie dite de la « Débrouille » ou à la « sauvette » a remplacé l'économie formalisée ne remplissant pas les conditions exigées par la loi. Une grande partie de la population vie de cette forme d'économie. Les villes et les grandes agglomérations pullulent de ce genre de commerçants évoluant à la criée. L'économie qui jadis reposait sur les quatre piliers suivants: l'agriculture, l'exploitation minière, l'industrie manufacturière et les services, est complètement délabrée, que les activités occasionnelles ont pris sa place et que ces piliers sont actuellement brisés.

L'agriculture : ce secteur, qui représentait plus de 58% du PIB et qui employait plus de 68% de la main-d'oeuvre du pays, est tombé à moins de 10% et est resté au niveau de l'agriculture de subsistance. Cette situation a été aggravée par le fait des différentes guerres dont notre pays à été victime. L'infrastructure agricole est devenue tellement délabrée que le pays est devenu demandeur et importateur de tous les produits agricoles et même ceux d'origine animale.

Les produits d'exportations tels que le café, le thé, l'hévéa, le cacao etc., ont sensiblement baissés pour atteindre des exportations minimes à tel enseigne que le pays n'en tire aucun bénéfice. Depuis plus de dix ans, ces produits ont même disparus de la liste des produits agricoles d'exportation congolais. La fraude, la perméabilité ou la fluidité de nos frontières, la corruption généralisée à tous les niveaux, la dilapidation de l'actif, la fraude fiscale, le non-respect des sanctions, le détournement des deniers publique, l'extorsion, la politique des pots-de-vin, ont fait qu'amenuiser les ressources de ce secteur.

Les ressources forestières (Le Congo détient 6% des réserves forestières du monde) ont tellement baissé que le Congo n'en tire plus de bénéfices et sont restées l'apanage de quelques opérateurs économiques qui exportent des grumes au détriment de toutes les normes régissant ce domaine. Il faut signaler que les différentes rébellions ont participé au pillage des forêts congolaises avec le concours de leurs parrains respectifs. Le rapport du Panel des Nations Unies évalue à plus de 320 millions de dollars que le Rwanda a encaissé par année grâce à ses opérations commerciales dans l'Est de la République Démocratique du Congo.

L'exploitation minière: la République Démocratique du Congo possède de considérables ressources minières et ce dans toutes les Provinces, notamment ; le cuivre, le cobalt, les diamants (aussi bien industriel que de joaillerie), l'uranium, l'étain, l'or, l'argent, le charbon, le zinc, le manganèse, le colombo-tentalite, le tungstène, etc. ainsi que du pétrole en mer sur le littoral.

Cette exploitation, qui représentait plus de 65% des recettes d'exportation de la République Démocratique du Congo, est tombée du fait de la vétusté de son outil de production, de la mauvaise gestion de la part des mandataires, du fait de la guerre et de l'instabilité politique.

Les ressources de ce secteur ne représentent plus que 10 % des recettes d'exportation de la République. Actuellement, avec les nouvelles dispositions du Code Minier, l'on assiste à une prolifération des « Small Scales Mining » et des activités artisanales défiant toutes les normes d'exploitation. Et ce au détriment de la grande industrie minière qui se meurt suite à une mauvaise planification minière à moyen et long terme.

L'industrie en général et manufacturière en particulier de la République démocratique du Congo a subi aussi les mêmes soubresauts que ceux enregistrés dans les autres secteurs. La République Démocratique du Congo qui regorgeait une gamme des produits très variée de biens de toute nature se voit aujourd'hui être importatrice de nombreux produits finis et semi-finis. Notez que le secteur manufacturier contribuait encore à concurrence de 5% dans le P.I.B avant les différentes guerres dites de « libération ».

Les principales activités de ce secteur tournaient sur le traitement des minerais et autres hydrocarbures, la fabrication des pneus, des chaussures, des textiles, des cigarettes, des boissons et de diverses préparations alimentaire et agroalimentaire.

A l'heure actuelle, seules les industries tabacicoles, brassicoles et autres minoteries fonctionnent plus ou moins à 20 % de leur capacité de production installée. Le secteur des services reprenant principalement le transport, les postes et les télécommunications fonctionnent aussi en deçà de leurs capacités installées. L'infrastructure routière est tellement délabrée que le pays se retrouve enclavé au niveau de grandes villes, les grands axes routiers inter Provinces et autres villes du Pays se sont dégradés à tel enseigne que la circulation des personnes et des biens devient de plus en plus compliquée voire même impossible. .

L'approvisionnement en diverses denrées alimentaires et autres produits se butte à une grande difficulté de connexion. Les dommages dans le secteur des infrastructures sont également considérables que le manque de maintenance et d'entretient dans ce dernier, provoquent une désarticulation totale du tissu économique.

Le système de transport s'étant effondré et les agriculteurs ne pouvant plus commercialiser leurs excédents, se contentent maintenant à ne produire que pour leurs subsistances, alors que les prix des ces denrées alimentaires dans les centres urbains sont très élevés et rémunérateur.

Par contre, dans le secteur des télécommunications, la révolution du cellulaire et de l'utilisation de l'Internet a connu depuis cinq années un engouement à tel enseigne que le nombre de portables (appareils de communication) pour tous les réseaux de communication installés en République Démocratique du Congo avoisinaient le million d'utilisateurs à fin 2002. Plus de quinze opérateurs fonctionnent dans le secteur et couvrent, à ce jour, les trois quarts du pays, toutes les grandes villes sont desservies. Les plus en vue sont les opérateurs Celtel et Vodacom avec une large couverture du territoire national.

Ce secteur est tellement dispersé et non contrôlé que les ressources sous forme de redevances échappent au Trésor Public. Il découle de cette analyse que ce secteur représente environ 25% du P.I.B. et utilise plus de 20% des emplois rémunérés.

Le tourisme par contre, qui devrait au regard des sites que renferment la République Démocratique du Congo, est complètement négligé et ne rapporte que des redevances au niveau de l'achat des titres de voyages par avion (plus ou moins 50 USD) pour le réseau extérieur et un pourcentage variant entre 2% et 3% du montant des services dans les hôtels et autres restaurants.

Les guerres et les ressources naturelles ont été à la base de diverses interactions. De ce fait, la mauvaise gestion des richesses et en particulier les ressources minières, est l'une des causes des conflits que connaît la République démocratique du Congo actuellement et qui fera encore l'objet de nombreuses prédations. Le népotisme, la corruption et les profondes inégalités au niveau de la distribution des bénéfices dérivés des activités minières créent des tensions sociales et politiques.

L'appropriation des ressources minières, une fois commencée, est devenue l'un des objectifs principaux de certaines des parties impliquées dans le conflit en République Démocratique du Congo. C'est le cas des Ougandais avec la recherche de l'or et des diamants, les Rwandais avec l'exploitation effrénée de la Colombo-Tentalite et autres filons de diamants et de l'or. Le conflit était devenu autofinancé et les groupes armés qui ont accès à des ressources naturelles pouvaient utiliser ces ressources pour financer les troupes, le matériel et ainsi continuer à se battre sans soutien ou financement extérieur.

Cette situation a été le ferment de la criminalisation de l'économie par une élite politique, militaire congolaise et étrangère. L'apparition de réseaux privés en remplacement des structures étatiques et l'intensification de la corruption ont accentué le pillage des richesses naturelles de la R.D.C. En ce sens que ces richesses ne profitent pas ou ne profitent que, dans une mesure très insuffisante, à la population, mais sont au contraire utilisées pour une large mesure au profit des politiciens, des militaires et des particuliers, lesquels y ont également trouvé un motif d'entretenir les situations de conflit et de guerre. L'impact du conflit sur l'administration publique est également important, la désorganisation de celle-ci a permis d'importantes fraudes fiscales, en particulier sur les taxes à l'exportation. Les ressources issues de la partie sous contrôle du gouvernement sont estimés a fin 2002 à 5% du P.I.B. La plupart des secteurs sociaux ne sont plus financés et les salaires des fonctionnaires ont chuté pour atteindre un salaire de moins de 3 USD par mois. Alors que d'après les statistiques et les normes du B.I.T. et de l'O.M.S., un ménage moyen dans le Tiers-monde, utilise 100 USD par mois pour faire face ses besoins de primaire.

Les principaux indicateurs de gestion du pays se présentent, selon le rapport de la Banque Mondiale, comme suit :

- PIB (2001) environ 3,9 milliards de dollars US, comparé à environ 10 milliards de dollars US en 1990 ;

- PIB par habitant (2001) 35 dollars US, comparé à 250 US en 1990 ;

- Taux de croissance du PIB (2001) - 27% à savoir : agriculture - 20%, industrie - 56 %, exploitation minière - 34%, services - 21% etc.

- Balance commerciale (2001) - 158,56 millions de dollars US, comparé à

+ de 700,5 millions de dollars US en 1997 ;

- Exportations (1997-2001) - 54%, à savoir : diamants - 35%, cuivre-cobalt - 80%, pétrole brute - 43 %, café et autres produits forestiers - 80 % ;

- Déficit budgétaire (2001) 175% des recettes, comparé à 50 % en 1998 et

15 % en 1997.

- Le taux d'inflation est supérieur à 300 % en 2000

- Le taux de change (franc congolais pour un dollar US) se situe au alentour de 350 FC (mi-Août -Septembre), comparé à 200 FC à fin mars 2001, 50 FC en juin 2000 et 1,35 FC en 1998.

- La dette de la R.D.C. est estimée à 12,860 millions de dollars US, au 31 décembre 2000, c'est-à-dire plus au moins 225 % du P.I.B. et 900 % des exportations. Il est à noter que 25 % de cette dette est due à des institutions multilatérales, 72 % aux membres du Club de Paris et 3 % aux pays qui ne sont pas membres du Club de Paris et à des créanciers commerciaux.

Par contre les arriérés se situent à 75 % de la dette (y compris 300 millions de dollars US dus à la Banque mondiale, 500 millions de dollars US dus au FMI et 800 millions de dollars dus au groupe de la Banque Africaine de Développement).

* 1 Source Rapport annuel INS/ Katanga

* 2 Source : Rapport du Bureau technique du Ministère Provincial de la Santé, juin 2009

* 3 Idem

* 4 Source : Rapport FSMS (Food Security Monitoring system) PAM, Novembre 2008

* 5 Résultats de la campagne d'inscription massive 2008-2009, section Education UNICEF-Lubumbashi

· En astérisque : données de la province du Katanga, tirées du Plan d'Actions humanitaire, 2009s

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.


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