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Niveau, formation et évolution de la liquidité interne en RDC de 1980 a 2007

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par Jerome MONGA KISUBA
Université de Goma - Licence 2010
  

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I.1.5. LE SEIGNEURIAGE

L'Etat peut financer ses dépenses de trois manières : en se procurant des recettes par l'impôt, en empruntant au près du public et en émettant du papier monnaie. Lorsque l'Etat choisi de financer ses dépenses par la création de monnaie. Cette émission de monnaie leur assure une créance sur les ressources réelles. Cette créance a reçu l'appellation de « seigneuriage ».

Pour Christian de BOISIEU27(*), le seigneuriage évoque le profit exceptionnel de l'émetteur de monnaie, due à la différence entre la valeur faciale des instruments monétaires et leur coût de production (négociable lorsqu'il s'agit de la monnaie fiduciaire ou ce monnaie scripturale).

Le seigneuriage correspond aux recettes que l'Etat tire, par l'intermédiaire de la Banque Centrale, de son droit de battre monnaie28(*). On le calcul selon la formule suivante empruntée à Fischer (1982) : (M1t -M1t--1)PIBt =gt (M1PIB)t

Où M1t représente le stock de monnaie à la fin de la période t ; PIBt est le produit intérieur brut au moment t ; gt est la croissance réelle du PIB.

Présenté de cette manière, le seigneuriage mesure l'effet inflationniste de la création monétaire.

Dans les pays frappés d'hyperinflation, le seigneuriage est souvent la principale source de l'Etat et la nécessité même dans laquelle se trouve celle-ci d'émettre de monnaie pour financer ses dépenses constitue la première cause de l'hyperinflation.

I.1.6. LES THEORIES ECONOMIQUES DE LA MONNAIE

Il existe trois façons principales de concevoir la monnaie en économie. Certains économistes assurent que la monnaie est parfaitement neutre et donc qu'elle ne peut avoir des effets (positifs ou négatifs) sur l'économie réelle. Cette analyse dichotomique de la monnaie est soutenue par la plupart des classiques et des néo-classiques. Les nouveaux économistes classiques ont repris cette thèse. L'analyse non dichotomique de la monnaie assure au contraire que celle-ci n'est pas neutre ; c'est ce que pense Keynes quand il affirme que la quantité de monnaie peut avoir une influence sur les niveaux de la production et de l'emploi, et que la monnaie peut être désirée pour elle-même, il met ainsi en cause la fameuse loi des débouchés de SAY29(*)

D'autres courants se situent dans une position à mi-chemin des deux premières analyses. Ainsi, Friedman et Hayek ne considèrent que la quantité de monnaie ne puisse jamais influencer favorablement le niveau de l'activité (sauf à court terme pour Friedman), mais qu'elle peut être un facteur de déséquilibre et de récession.

I.1.6.1. LA NEUTRALITE DE LA MONNAIE POUR LES CLASSIQUES ET LES NEOCLASSIQUES30(*)

Dans la théorie classique, la monnaie, qui est neutre, est considérée comme un voile : elle est indépendante de la sphère réelle de la production et elle est susceptible de masquer les réalités économiques (une augmentation des prix peut, par exemple, faire croire à une augmentation de la production). Ainsi, dans la loi des débouchés de SAY, «  les produits s'échangent contre les produits », et donc la monnaie n'a pas de rôle réel. Ainsi, la détention de la monnaie par les agents ne se justifie qu'en tant qu'intermédiaire commode dans les échanges ou les transactions courantes. Si les agents désirent conserver des encaisses monétaires oisives, c'est tout au plus pour des raisons de précaution, pour se prémunir contre des risques qui occasionnaient des dépenses imprévues.

Au plan macroéconomique, seule la sphère réelle (marché des produits) est importante, la monnaie servant tout juste à entretenir les rouages de l'économie. D'ailleurs, la théorie quantitative de la monnaie conclut que la variation de la masse monétaire en circulation n'affecte que le niveau général des prix et n'a pas d'incidence, à long terme sur le revenu réel et l'emploi.

I.1.6.2. LA THEORIE QUANTITATIVE DE LA MONNAIE31(*)

La théorie quantitative de la monnaie peut être appréhendée des différentes façons qui apportent chacune, une explication et un éclairage particulier du rôle de la monnaie. Ainsi, on distingue traditionnellement deux expressions importantes de la théorie quantitative de la monnaie selon que l'on s'intéresse à une approche de type transactionnel ou à une approche en termes d'encaisses monétaires. Mais quelle que soit la formulation envisagée, la théorie quantitative de la monnaie relie la quantité de monnaie en circulation, le niveau général des prix et un indicateur de l'activité économique globale.

A. FORMULATION DE FISHER

La théorie quantitative de la monnaie peut être formalisée par l'équation de MILL, reprise par Irving Fisher (1867-1947).

MxV= PxT Dans cette formule, la quantité de monnaie en circulation dans l'économie ou masse monétaire (offre de monnaie émanent des autorités monétaires).

M est la quantité de monnaie en circulation ;

V est la vitesse de circulation de monnaie c'est-à-dire le nombre de fois qu'une unité monétaire est utilisée dans une année ;

P est le niveau général des prix ;

T désigne le volume des transactions effectuées dans l'économie pendant une année.

V et T étant considérés comme des variables indépendantes (sphère réelle), toute augmentation de la quantité de monnaie se traduit par une augmentation des prix.

B. FORMULATION DE MARSHALL ET PIGOU

Cette formulation de la théorie quantitative de la monnaie qui date de 1971, est encore appelée équation de Cambridge par ce que ses auteurs A. MAESHALL et A-C. PIGOU, étaient professeurs à l'école de Cambridge. C'est une équation néo-classique dont les auteurs ont donné une expression en termes d'encaisses monétaires réelles. Le raisonnement économique consiste à dire que les agents économiques désirent conserver une partie de leur revenu sous forme de monnaie pour deux raisons : pouvoir effectuer aisément les transactions courantes et pour motif de précaution.

Les deux motifs de demande de monnaie conduisent à l'écriture et l'équation de Cambridge où la forme suivante : . Où :

- M désigne la masse monétaire nominale st P le niveau général des prix ;

- L'expression représente la quantité réelle de monnaie ;

- Y représente le revenu nominal réel ou pouvoir d'achat des revenus ;

- H est un coefficient qui mesurer la part du revenu réel que les agents souhaitent garder sous forme de monnaie. 

I.1.6.3. LA DEMANDE DE MONNAIE DANS LA THEORIE KEYNESIENNE32(*)

Le modèle keynésien intègre complètement la monnaie dans le système économique, les sphères réelle et monétaire ne sont donc plus dissociées contrairement au modèle néo-classique dans lequel des agents menaient leurs calculs économiques en comparant la valeur d'échange d'un bien en termes d'autre biens (relatifs). Il en résulte que, dans la théorie keynésienne, au niveau microéconomique, les agents faits intervenir la monnaie dans leurs plans et les prix des biens deviennent des prix monétaires. La monnaie n'est donc pas neutre et, contrairement à la théorie néo-classique, les agents économiques peuvent désirer détenir de la monnaie pour elle-même et non pas seulement pour pouvoir régler les transactions courantes.

A. LES TROIS MOTIFS DE PREFERENCE POUR LA LIQUIDITE

Ø Le motif de transaction : les agents économiques (ménages, entreprises) désirent conserver une partie de leurs ressources sous forme de monnaie afin de pouvoir effectuer les règlements de la vie courante ;

Ø Le motif de précaution : il s'agit de faire face aux dépenses inattendues ou des accidents éventuels. Avec ces deux premiers motifs de préférence pour la liquidité (transaction et précaution) Keynes reprend à son compte l'équation néo-classique de l'école de Cambridge établie dans une otique d'encaisses monétaires pour les agents économiques (formulation de Marshall et Pigou). C'est le troisième motif de préférence pour la liquidité qui constitue l'apport le plus original de Keynes à la théorie de la demande de monnaie ;

Ø Le motif de spéculation : qui résulte de la possibilité pour le « Spéculateur » (celui qui serait mieux que le marché, ce que réserve l'avenir) de conserver une partie de son épargne sous forme liquide en attendant le meilleur moment pour la placer en achats des titres du marché : la monnaie joue alors le rôle de réserve de valeur contrairement au néo-classique qui exclut toute constitution d'encaisses liquides oisives autres que pour les échanges transactionnels.

B. LA DEMANDE DE MONNAIE

Les trois motifs de préférence pour la liquidité sont à l'origine de la théorie Keynésienne de la demande de monnaie.

1. La demande totale de monnaie Md se compose :

· D'une demande de monnaie transactionnelle Mt pour satisfaire les motifs de transaction et de précaution ;

· D'une demande de monnaie spéculative Ms destinée à acheter, au moment opportun, des titres du marché financier.

2. la fonction de liquidité

ü La première fonction de liquidité L1 résulte des deux motifs de transaction et de précaution. La demande de monnaie transactionnelle dépend essentiellement du revenu national nominal y. plus précisément, Mt est une fonction croissante de y.

En effet, une augmentation du revenu national c'est-à-dire une croissance économique plus forte, entraînera un nombre de transactions plus élevé nécessitant une plus grande quantité de monnaie pour le réaliser.

On écrira donc : Mt = L1(y) = h.y

En accord avec la pensée  néo-classique, Keynes considère que v (ou h) est constant à court terme. Par suite, la demande de monnaie transactionnelle est approximativement proportionnelle au montant du revenu national dans l'économie.

ü La fonction de liquidité L2 la deuxième reflète le motif de spéculation. La demande de monnaie spéculative Ms dépend :

· Du taux d'intérêt courant i ;

· Des prévisions que font les agents sur l'évolution future des taux d'intérêt.

En résumé, la demande de monnaie spéculative Ms est une fonction décroissante du taux d'intérêt courant «  i ». On écrira : Ms = L2 (i). Ainsi, Ms est plus ou moins élastique (sensible) aux variations de « i ».

3. la fonction de demande de monnaie Md

La demande de monnaie Md est la somme de la demande de monnaie transactionnelle Mt et de la demande de monnaie spéculative Ms ;

Md = Mt + Ms = L1(y) + L2 (i)

Il apparaît donc que la demande de monnaie dépend à la fois du revenu national et du taux d'intérêt : c'est une fonction de « y » et de « i » que l'on pourrait noter Md (y, i).

Ainsi, un niveau de revenu donné engendre un certain niveau de consommation et une certaine épargne (par l'intermédiaire de la propension marginale à épargner) et le taux d'intérêt (déterminé sur le marché de la monnaie) arbitre ente les placements de l'épargne en actifs financiers et la conservation d'actifs monétaires oisifs (Thésaurisation).

I.1.6.4. L'OFFRE DE MONNAIE

Pour la théorie néo-classique, l'offre de monnaie est une donnée exogène qui ne dépend ni de la demande de monnaie, ni de l'activité. Dans le passé, la quantité de monnaie en circulation résultait de la quantité d'or, depuis que celui-ci est démonétisé, elle dépend de la politique des Banques Centrales.33(*)

Dans la théorie Keynésienne, l'offre de monnaie est supposée discrétionnaire c'est-à-dire entièrement contrôlé par le système bancaire qui adopte le montant des moyens de paiement en fonction d'objectifs conjoncturels (politique monétaire expansionniste visant à la baisse des taux d'intérêts, par exemple).

* 27 Chr. BOISIEU, « Principes de politique économique », 2è édition ECONOMICA, Paris, 1980, p585

* 28 S. FISCHER, « Seigniorage and the case for National Money » in: Journal of Political Economy, no90, Avril 1982, Pp295-313

* 29 M. MONTOUSSE, «  Théories économiques », 3è édition BREAL, Paris, 2003, p99

* 30- P. CASTEX, «  Crachez cette monnaie que je ne saurais voir ! théorie générale de la monnaie et du capital. Tome 2 », éd. L'HARMATTAN, Paris, 2003, Pp25-31

- MONTOUSSE , Ibdem

* 31 - C. MENEDIAN, «  Fiches de macroéconomie », 2è édition ELLIPSES, Paris, 2003, Pp65-68

- M. MONTOUSSE, op. cit, p100

* 32 C. MENEDIAN, op. cit, Pp113-117

* 33 M. MONTOUSSE, op. cit, p101

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