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àČlections démocratiques et forces centrifuges en RDC: essai de revisitation des revendications du mouvement politico religieux Bundu Dia Kongo

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par Mahatma Julien TAZI K. TIEN-A-BE
Université de Kinshasa RDC - DES 2010
  

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ELECTIONS DEMOCRATIQUES ET FORCES CENTRIFUGES EN RDC: ESSAI DE REVISITATION DES REVENDICATIONS DU MOUVEMENT POLITICO RELIGIEUX BUNDU DIA KONGO

Par Mahatma Julien Tazi K.Tien-a-be

Mahatmajulien.tazi@unikin.cd julientazi@yahoo.fr

Tel. 243 81 16 42 903 - 243 998 612741 -243 89 89 45 107

Chef de Travaux et diplomé d'études supérieures en Relations Internationales

UNIKIN

Depuis des très longues années coexistent en République Démocraique du Congo deux grandes forces qui participent à la formulation des options politiques: les forces centrifuge et centritède. La première proconise un Congo unitaire et la deuxième est pour un Congo fédéral. Le Bundu dia Kongo est à intéger au rang des forces centripèdes. Cette recherche des Relatiions Internationales qui entre dans le cadre de la refondation des Etats Nations africains post guerre froide, tente de prouver que ce mouvement instrumentalise le fait religieux pour poser des véritables revendications politiques.

Introduction

La République Démocratique du Congo a connu peu après l'organisation des éléctions libres, démocratiques et transparentes de 2006 une série de revendications portées sur des véritables bases sociologiques. A l'origine de ces revendications, on retrouve l'instrumentalisation de l'ethnie et du religieux. Pour s'en rendre compte, il faut remonter à l'origine. En effet, l'espace politique congolais post colonial a été fait autour des élements socio culturels comme la langue, l'ethnie ou la tribu ou encore l'appartenance à une même école confessionnelle.

Avant l'organisation des éléctions de 2006, le plan sécuritaire de la République Démocratique du Congo était bien connu. Le pays était divisé en deux grands blocs. D'un coté, l'est comprenant les provinces Orientale,Maniema, Katanga,Nord et Sud Kivu et de l'autre l'ouest pour qui les provinces comme l'Equateur, les deux Kasai,le Bandundu, la ville de Kinshasa et le Bas Congo sont rangées.

En effet, l'est de la République est, en suivant cette nouvelle géopolitique , la partie utile. Cependant elle est le ventre mou de l'Etat. Toutes les guerres de déstabilisation que la République a connu commence par là. On y a constaté une tentative de déstabilisation chronique. Elle a subi par l'effet de contagion le vent déstabilisateur venu des différentes crises du Rwanda. Cette partie est en outre le point de départ de plusieurs forces négatives. On y trouve des Interhamwe, les Fdlr, les Maimai, des Mbororo et autres. Toutes les analyses qui portent sur la déconstruction de l'Etat congolais sont illustrées par là.

Par rapport à l'est, l'Ouest de la République était consideré comme une partie la plus paisible, il était calme. Guerres et tueries à grande échelle n'y sont arrivées que par exportation et contagion.

Juste après l'organisation des élections de 2006, l'élection du gouverneur et vice gouverneur de la province du Bas Congo précédée par l'installation du Bureau de l'Assemblée Provinciale du Bas Congo avait connu des moments inquiétants. La province a basculé dans une crise politico militaire qu'elle n'a jamais connu depuis le début de la deuxième République.

Cette crise est la résultante d'une contestation de légitimité par le mouvement politico religieux Bundu dia kongo. La cause immédiate est l'échec du candidat Ne Muanda Nsemi à l'élection provinciale comme vice gouverneur de province.

Il est important de constater que toutes les analyses autour de la question ont été politisées. A la télévision comme à la radio ou encore à la presse écrite, les débats ont été très passionnés et même très orientés selon qu'on est du pouvoir ou de l'opposition. Ceux qui soutiennent le pouvoir en place tentent de souligner l'irrégularité des revendications de ce mouvement et son caractère fédéralisant au dépens de l'unité nationale. Les analystes près de l'opposition relèvent uniquement la disproportionnalité des forces utilisées pour reprimer les manifestations.

Il nous semble important de retraiter la question en profitant du recul du temps. L'avantage que nous avons est de percevoir les faits uniquement sur le plan scientifique. Nous avons ainsi l'obligation d'éviter la passion afin de permettre à l'opinion scientifique nationale et internationale de bien comprendre à partir de ce conflit , l'avenir de la République Démocratique du Congo comme Etat de plusieurs peuples.

Dans le cadre de cette étude, nous suivrons la texture suivante:

Le premier point traitera des éléctions démocratique et des forces centrifuges en République Démocratiques du Congo.

Le deuxième présentera le mouvement Bundu dia Kongo. Le troisième ressortira les revendications qu'il a toujours présenté et celles qu'il présente aujourd'hui.

Le quatrième s'exercera à analyser l'avenir de la République Démocratique du Congo au prisme de Bundu dia Kongo .

Une petite conclusion,en terme de perspectives sera proposée.

I. ELÉCTIONS DÉMOCRATIQUES ET FORCES CENTRIFUGES EN RDC

L'expérience démocratique en République Démocratique Congo est très mitigée. Analysant la situation de l'état de la démocratie pendant la première République,Vanderlinden a écrit: au moment ou l'armée prend le pouvoir, le Congo vit dans ce qu'il est convenu d'appeler un regime démocratique, en ce sens que l'exercice de la souvéraineté nationale est confiée à une assemblée élue, représentative, du moins en principe, de l'ensemble des citoyens.(1(*))

Il est important de signaler que l'histoire politique de la République Démocratique Congo est faite de deux grands courants de penser: le courant centrifuge et le courant centripète. Ces deux courants de pensée ont orienté toutes ses luttes de décolonisation, ils ont été la plaque idéologique sur laquelle la formation de l'espace politique a été faite. Ils marquent encore aujourd'hui les esprits des analystes politiques Congolais. Ils forgent certains comportements et revendications des acteurs politiques de ce géant pays.

Pour bien le comprendre, il faut partir de la réalité selon laquelle le colonisateur Belge a voulu faire du Congo une colonie modèle. Il l'a placé loin des revendications politiques. Il lui a appliqué le système administratif du paternalisme. Ce système consiste à considérer le congolais comme un grand enfant à qui on doit tout proposer sans tenir compte de son propre désir et de sa volonté. C'est le colonisateur qui sait bien définir ce qui plait et convient au congolais.

Ce système a fonctionné jusqu'à ce que le vent de la décolonisation internationale sécoue l'Afrique toute entière.

S'étant rendu compte que la décolonisation devenait inéluctable, le colonisateur va monter des mouvements politiques sur des bases culturelles. C'est-à-dire, selon les regroupements ethniques ou culturels . Les élites non formées à la réalité de gestion des urgences politiques et des ambitions ont mordu. La stratégie avait pour objectif de gérer les ambitions au quotidien sans penser à l'avenir.(2(*))

Tous les partis politiques des années 1958 et 1960 étaient rangés.

Ainsi, les partis qui représentent les forces centrifuges sont tous les partis à tendances fédéralistes et ceux du courant centripète sont ceux qui soutiennent l'unitarisme comme forme de l'Etat. Cette réalité a pour conséquence de déconstruire le Congo sur des bases ethniques. Elle a défavorisé l'émergence d'un vouloir vivre collectif. Elle a freiné l'élan de la construction de la Nation congolaise. Traitant de la question combien importante, Mutamba Makombo a décrit avec beaucoup de persipicacité la situation en écrivant:

« le spectre de la balkanisation hanta le sommeil des nationalistes jusqu'à l'indépendance. En 1958, les colons du Katanga incitaient les katangais authentiques à proclammer l'indépendance de la région cuprifère et à la rattacher à la Rhodesie du Nord, l'actuelle Zambie. Trois tentatives de sécession eurent lieu au Katanga avec la Confédération des Associations Ethniques du Katanga (Conakat) en mai-juin 1960. L'alliance des Bakongo, de son côté menaça de proclammer l'indépendance de la République du Congo, car elle se jugeait en avance par rapport aux autres partis soupçonnés de ne pas vouloir l'indépendance. D'autres appréhendant de ne pas se retrouver au pouvoir usèrent du chantage à l'autonomie, voire à la sécession en juin 1960 lors de la formation du gouvernement Lumumba et des gouvernements provinciaux. Tels l'alliance des Bayanzi (Abazi), et le rassemblement démocratique du lac Léopold II et du Kwango Kwilu ( Rdlk) dans la province de Léopoldville, le Parti de l'Unité Nationale (Puna) après l'échec de Bolikango à la présidence de la République et L'union des Mongo(Unimo) dans la province de l'Equateur, les conseillers provinciaux du Maniema au Kivu, le Mouvement National Congolais tendance Kalonji au Kasai, l'Association de Baluba du Katanga( Balubakat) au Katanga. La province orientale ne fut pas à l'abris de ces vélléités de sécession puisque le député Déricoyard du Parti National du Progrès (Pnp) menaça le 23 juin 1960 à la chambre des représentants de reconstituer l'empire Zande»(3(*))

Cette citation semble souligner à suffisance le caractère ethnique de la constitution des partis politiques en République Démocratique Congo. Pour des raisons objectives ou non ces formations ont menacé l'unité du pays en privilégant l'esprit sectaire ou identitaire au dépens de l'unité nationale. Il serait faux de croire que aujourd'hui, les tendances sectaristes et centrifuges ont disparu de la pensée politique de la République Démocratique Congo.

Si elles ne sont pas reprises par les partis eux-mêmes, elles le sont par leur province de prédilection. Il faut constater que l'histoire de notre pays est entrain d'étre lue à la forme cyclique au lieu d'étre linéaire.

Aujourd'hui encore, la situation politique nationale et internationale de la République Démocratique Congo est très favorable à l'application des vélléités centrifuges. Pour s'en rendre compte, il faut s'en remettre seulement au comportement des hommes politiques de la transition. En effet, les partis politiques qui ont participé au système 1+4 ont tout fait pour refaire le dualime politique forces centrifuges-forces centripètes. Nous citons par exemple de l'Unafec ( l'union des nationlistes fédéraliste du Congo) de Kisimba Ngoy qui depuis un certain moment a pris des allures très dangereuses avec Kyungu wa Kumwanza; le Rcd (Rassemblement des Congolais pour la Démocratie) qui, on le sait n'avait juré que sur son repli à Minembwe, l'Abako ( Alliance des Bakongo) qui , durant longtemps, a été le porte étandard des forces centrifuges jusqu'à contaminer toute la Province. C'est sur cette lancée que le mouvement Bundu dia kongo a placé ses activités et surtout ses revendications politiques. Le comprendre autrement serait commettre une erreur de jugement et mal percevoir le problème qu'il constitue et qu'il pôse non seulement à la stabilité de la république démocratique du congo mais à celle de toute la sous région de l'Afrque centrale.

* 1.VANDERLINDEN, J., « La Politique », in Du CONGO Au ZAÏRE, 1960-1980, Essai de Bilan, éd. CRISP, 1980

* 2.Il existe une forte littérature sur cette question, voir par exemple CONGO 1960, Les dossiers du C.R.I.S.P. centre de recherche et d'information sociopolitique

(C.R.I.S.P.- Bruxelles) et institut national d'études politiques (I.N.E.P.-Kinshasa),

* 3.MUTAMBA MAKOMBO, « faut il balkaniser le Zaïre ? », in Fédéralisme, Ethnicité et Intégration nationale au Congo/Zaïre, éd. IFEP, 1997, pp 55-56

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