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Les représentations sociales et pratiques liées à  l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: cas des cotonculteurs de Bossangoa.

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par Arsène Ferrera BINGUIMALET
Université de Bangui - Maà®trise 2010
  

Disponible en mode multipage

    UNIVERSITE DE BANGUI REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

    ************

    Unité - Dignité - Travail

    ************

    FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES
    HUMAINES

    *********

    DEPARTEMENT DES SCIENCES SOCIALES

    **********

    LES REPRESENTATIONS

    SOCIALES ET PRATIQUES LIEES

    A L'UTILISATION DES

    PRODUITS PHYTOSANITAIRES

    EN RCA :

    Cas des cotonculteurs de Bossangoa

    Mémoire de Maîtrise de Sociologie
    Option : Développement Rural

    Présenté et soutenu par :

    Sous la Direction de :

    M. Arsène Ferrera BINGUIMALET
    consultant_afb@yahoo.com
    afbinguimalet@gmail.com

    Dr. Josué NDOLOMBAYE
    Maître-assistant de sociologie à
    l'Université de Bangui

    I

    DEDICACE

    A
    Notre maman, feue Simone ZOUGAPOU

    II

    REMERCIEMENTS

    Au terme de cette phase de notre formation, nous profitons de cette page pour affirmer notre reconnaissance à tous ceux ou celles qui, nous ont permis de mener à bout notre formation. Nous sommes reconnaissant envers tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont assuré disponibilité, collaboration et conseils pour la rédaction de ce mémoire et la réussite de notre formation.

    Nous tenons à manifester nos sincères remerciements au Directeur Josué NDOLOMBAYE, Maître-assistant de sociologie, qui s'est intéressé à notre problématique en acceptant de diriger ce travail. Ses conseils, ses orientations et ses suivis nous ont été de très grande importance.

    Notre reconnaissance va droit à tous les enseignants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines et à ceux du Département de Sociologie de l'Université de Bangui, en particulier cette reconnaissance est témoignée en particulier à Monsieur Anicet GYAMA MASSOGO et Monsieur Noure MOUKADAS, respectivement Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines et Chef du Département des sciences sociales qui ont bien voulu nous accorder une dérogation qui nous a permis de finaliser ce travail.

    Nous rendons hommage aussi à la Coordonnatrice Nationale de la Cellule CPAC-RCA au Ministère de l'Agriculture et du développement rural, Madame Marie-Honorine BRAHIM qui n'a ménagé aucun effort à mettre à notre disposition les informations et les documents officiels qui nous ont aidé dans l'élaboration de notre problématique. Nous profitons de cette page pour témoigner notre gratitude à l'endroit de tous les différents chefs de services de l'ACDA, ceux de la cellule coton de Bangui et ceux de Bossangoa pour la bonne collaboration et le climat d'attente qui a prévalu entre eux et nous lors de nos multiples passages dans leurs services pour des recherches liées à cette étude.

    Nous remercions M. Gédéon KONESSENE Secrétaire Général de la mairie de Bossangoa, M. Luc HOULTEMENE Directeur Régional des Eaux et Forêts et le Chef de Centre ophtalmologique. Nous ne saurions oublier nos parents: ceux de la diaspora et ceux du pays. Notre reconnaissance va également à l'endroit de la famille NGAÏHOURON pour son soutien moral et matériel. Enfin, nous ne pouvons pas oublier nos collègues étudiants et en particulier ceux avec qui nous avons partagé les expériences des travaux académiques et/ou les moments d'épreuves ou de détente pendant notre passage à l'Université de Bangui.

    III

    SIGLES ET ABREVIATIONS

    ACDA : Agence Centrafricaine de Développement Agricole.

    APV : Attestation Provisoire de vente.

    BDPA : Bureau pour le Développement de la Production.

    CEMAC : Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale.

    CFDT : Centre de Formation de Développement Technique.

    CL50 : Concentration Létale 50%

    CPAC : Comité Inter-Etats des Pesticides d'Afrique Centrale.

    CPI : Conseil Phytosanitaire Interafricain.

    CMR : Substances Cancérogènes, Mutagènes et Réprotoxiques.

    CNGP : Comité National de Gestion des Pesticides.

    COTONAF : Société Française des Cotons Africains.

    COTONFRAN : Société Cotonnière Française. DDT: DichloroDiphenylThrichloroéthane. DL50 : Dose Létale à 50%

    DSRP : Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté.

    EC : Concentrées Emulsionnable.

    FAO: Fonds des Nations Unies pour l'Agriculture. FIFO: First In First Out.

    GIR: Groupement d'Intérêt Rural.

    ICRA: Institut Centrafricain de Recherche Agronomique.

    IRCT : Institut de Recherche de Coton et Textile. JC : Jésus Christ.

    LMR : Limites Maximales de Résidus. OMS : Organisation Mondiale de la santé.

    ONG : Organisation Non Gouvernementale.

    ORCCPA : Office de Réglementation de la Commercialisation et du contrôle du Conditionnement des Produits Agricoles.

    ORD : Offices Régionaux de Développement. PIB : Produit Intérieur Brut.

    POPs : Polluants Organiques Persistants. RCA: République Centrafricaine.

    SOCADA : Société Centrafricaine de Développement Agricole.

    SOCOCA : Société Cotonnière Centrafricaine. SOFICA : Société des Fibres et Textiles.

    UA : Union Africaine.

    UCCA: Union Cotonnière Centrafricaine.

    INTRODUCTION GENERALE

    La République Centrafricaine est un vaste territoire de 623.000Km2 qui se situe entre les parallèles 2°15 de latitude Nord et 27° de longitude Est. C'est un pays pauvre dont l'économie est essentiellement agricole. A côté du bois et du café, la RCA exporte aussi du coton. Cette culture de rente constitue l'unique source de revenu des paysans dans les préfectures où il se pratique (Ouham, Ouham-Péndé, Nana-Gribizi, Kémo, Ouaka).

    Les pays de la CEMAC dont la RCA consacrent plus de 22 milliards de FCFA par an à l'achat des pesticides pour soutenir la production agricole1. L'utilisation de pesticides en agriculture pose de nombreux problèmes dont les plus importants sont la toxicité à l'égard de l'homme, l'atteinte à la biodiversité, les déséquilibres de la faune et la résistance des cibles visées.

    Un récent rapport de la Banque mondiale estime que 355.000 personnes dans le monde meurent chaque année d'empoisonnement involontaire dû à des pesticides.2 Une étude plus ancienne estime qu'il y a peut-être un million de cas d'intoxications involontaires graves causés par les pesticides chaque année, et deux millions de cas de personnes supplémentaires hospitalisées pour cause de tentatives de suicide avec des pesticides.

    L'auteur note que cela ne reflète forcément qu'une infime partie du véritable problème et estime qu'il pourrait y avoir jusqu'à 25 millions de travailleurs agricoles dans les pays en développement souffrant d'une forme d'intoxication au travail chaque année à cause de pesticides, bien que la plupart des incidents ne sont pas enregistrés et la plupart des patients ne cherche pas des soins médicaux. Une des conclusions de cet auteur est que les intoxications par les pesticides peuvent constituer dans certains pays en développement un grave problème de santé publique comme le sont les maladies contagieuses.

    1 CEMAC : Réglementation commune sur l'homologation des pesticides en Afrique Centrale, CPAC, Yaoundé, 2006, P.5

    2 Weinberg (J), Conseiller principal en politiques Internationales Pops : Un guide pour les ONG sur les pesticides dangereux et la SAICM : Un cadre pour la protection de la santé humaine et de l'environnement contre les pesticides dangereux in http://www.saicm.org/index.php?menuid=3&pageid=187, consulté le 24Aoùt 2011.

    Dans la zone de Bossangoa, le coton est la principale culture de rente et constitue une source de revenus pour la majorité de la population même si, depuis quelques années, cette filière est confrontée à des difficultés économiques. Les paysans de la zone cotonnière, qui font régulièrement recours aux traitements phytosanitaires pour protéger leur parcelle contre les ravageurs, se plaignent depuis quelques années de la perte d'efficacité des insecticides vulgarisés.

    Ce constat d'inefficacité des produits fait chaque année, les fabricants des pesticides mettent à jour de nouvelles gammes de produits de plus en plus variés et de plus en plus performants avec des effets collatéraux qui en suivent. Ainsi, de nos jours, il devient difficile si non impossible d'envisager une culture sans protection chimique surtout pour la culture du coton dont les ennemies naturelles sont nombreuses et variées.

    En culture cotonnière, les produits phytosanitaires homologués sont vendus à crédit aux planteurs en fonction de la surface déclarée et sont distribués en début de campagne. La filière coton de par sa superficie mais aussi sa production est la plus grande consommatrice de pesticides. A travers cette étude, il ressort quatre principaux canaux de distribution des pesticides par lesquels ces produits entrent sur le territoire national : canal étatique et paraétatique, canal non étatique (sociétés de développement, projets), canal privé (circuit commercial) et agriculteurs.

    Ainsi, ces produits une fois à destination c'est-à-dire entre les mains des planteurs font souvent l'objet des mauvaises pratiques qui ne sont pas en conformité avec les procédures et normes en vigueur. Ces différentes pratiques phytosanitaires aux conséquences souvent fâcheuses sont les résultantes des représentations sociales que ces planteurs font des ces produits chimiques.

    Cette étude dont le sujet s'intitule : « Les représentations sociales et pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa » a pour but d'une part de cerner la perception ou la conception qu'ont les planteurs de coton de Bossangoa notre terrain d'étude des pesticides agricoles et d'autres part de mesurer l'impact socioéconomiques des ces différentes pratiques dans la localité afin de proposer quelques pistes de solutions.

    Pour ce faire, nous avons structuré ce travail en six chapitres et qui se présente de la manière suivante :

    v' Chapitre premier: Le cadre théorique de la recherche;

    v' Chapitre deuxième : Le cadre méthodologique de la recherche;

    v' Chapitre troisième : La présentation du champ d'étude ;

    v' Chapitre quatrième : Les caractéristiques sociologiques des enquêtés et les représentations sociales des produits phytosanitaires ;

    v' Chapitre cinquième : Les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires et le respect des procédures et normes en vigueur ;

    v' Chapitre sixième : L'impact socioéconomique et les solutions à envisager.

    CHAPITRE PREMIER: LE CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE

    Ce chapitre présente le sujet dans un cadre théorique. Il s'articule autour des points suivants :

    ü la justification du choix du sujet ;

    ü la clarification des concepts clés du sujet;

    ü la revue de la littérature ;

    ü la formulation de la problématique ;

    ü l'élaboration des objectifs et des hypothèses.

    1.1. Justification du choix du sujet.

    Le secteur agricole constitue, dans la plupart des pays en développement, le fondement de l'économie et de l'emploi. Il représente plus de 50% du produit intérieur brut (PIB) et dans certains pays, jusqu'à 80% de la population active gagne sa vie grâce à l'agriculture3. Dans la plupart de ces pays, la production agricole est toutefois extrêmement faible, et les rendements souvent limités et imprévisibles d'année en année. Il s'agit d'une large part d'une agriculture de subsistance ne générant aucun revenu et insuffisante, dans bien des cas, à nourrir les familles des agriculteurs.

    De ce fait, il en résulte que le secteur agricole est dans l'impossibilité de contribuer aux défis que constituent l'alimentation des populations toujours plus nombreuses et l'atténuation de la pauvreté rurale et les effets des changements climatiques. L'une des raisons de la piètre performance agricole de nombreux pays en développement est le fait que le rendement des variétés cultivées n'a pas progressé du fait de l'absence d'un bon programme de protection.

    En effet, la protection permet de préserver le potentiel de production, de régulariser les rendements, d'améliorer la qualité et d'assurer la qualité des denrées alimentaires et de favoriser les échanges commerciaux. L'agriculture dispose d'un éventail de méthodes de lutte pour préserver ses cultures: façon culturale, choix des

    variétés, mesures phytosanitaires, lutte biologique, lutte chimique, etc. Avec des produits de plus en plus performants et toujours plus spécifiques, la lutte chimique reste un outil essentiel de protection des plantes.

    En République centrafricaine, des milliers de mètres cubes (m3) de pesticides agricoles et des tonnes d'engrais chimiques sont importés chaque année et utilisés. Dans le secteur de la culture du coton, ces produits sont destinés pour la croissance et la protection du cotonnier.

    Dans le cadre de ce travail, nous avons choisi nous penché sur le cas des cotonculteurs de la commune rurale de Bossangoa. En effet, cette commune du pays abrite l'une des usines d'égrainage de coton. Aussi est-il qu'une forte pratique de la culture du coton s'y est développée et par conséquent, il est plus facile de vérifier l'impact de l'utilisation des ces produits phytosanitaires auprès de ces derniers.

    Voila les raisons qui nous ont conduit à retenir notre sujet d'étude et de recherche qui s'intitule : « LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa. »

    Notre sujet ainsi justifié, nous abordons dans le paragraphe suivant, la clarification des concepts clés contenus dans notre sujet d'étude.

    1.2. Clarification des concepts clés du sujet.

    Pour une bonne visibilité de notre objet d'étude, deux concepts clés contenus dans notre sujet d'étude et de recherche méritent d'être clarifiés. Il s'agit des concepts de :

    ü Représentations sociales ;

    ü Phytosanitaires.

    1.2.1. Le concept de représentations sociales.

    Selon le Dictionnaire français, les représentations sociales désignent « l'action de représenter, l'idée que l'on se fait du monde ou d'un objet donné. C'est l'image graphique, picturale d'un phénomène, d'une idée4 A travers cette définition, il apparaît que les représentations sociales sont l'ensemble des images fournies à la conscience par le sens ou la mémoire. Ces images peuvent être matérielles ou idéelles.

    Pour le lexique de sociologie, « les représentations sociales sont constituées d'idées, de croyances, de jugements, de visions du monde, d'opinions ou encore d'attitudes. »5 A partir de cette définition, nous comprenons que les représentations sociales ne se limitent pas au simple fait de représenter un objet ou de percevoir mais, surtout, c'est un outil de différenciation voire de démarcation d'un groupe social, d'un autre.

    Pour le Dictionnaire de sociologie en effet, les représentations sociales se présentent « d'abord sous une grande diversité phénoménale : image du réel, croyances, valeurs, système de différence et de théorie du social le plus souvent. »6 En d'autres termes, les représentations sociales sont des modalités de perception et de pensées pratiques orientées vers la communication, la compréhension et la maîtrise de l'environnement social, matériel et réel.

    En outre, il faut retenir que quelques soient les formes qu'elles peuvent prendre, les représentations sociales ont en commun d'être une manière de percevoir et d'interpréter la réalité quotidienne. Elles sont une production mentale, sociale, distincte par le mode d'élaboration et de fonctionnement de ces autres formes d'idéation collective que sont la science, les mythes, la religion, l'idéologie, etc.

    De façon précise, on désignera par représentations sociales le savoir de sens commun, socialement élaboré et partagé, construit pour et par la pratique et qui concourt à la structuration de notre réalité. Les réalités sociales sont donc des produits et processus d'une élaboration tant psychologique que sociale. Ces représentations

    4 Larousse, le Dictionnaire de français, paris 2006.

    5 (Y) ALPES et all: ~~Lexique de sociologie'', 2ème édition, Dalloz, Paris, 2007

    6 (G) FERREOLE: ~~Dictionnaire de sociologie'~, 3ème édition, Armand Colin, Paris, 2004.

    sociales sont définies par leur contenu notamment les informations, les images, les normes, les modèles, les opinions, les croyances, les attitudes et les valeurs. Ces contenus peuvent être spécifiques à l'individu, à un groupe d'individus tout comme ils peuvent l'être aussi pour une communauté ou un groupe social.

    Dans le cadre de notre sujet d'étude et de recherche, les représentations sociales des cotonculteurs par rapport aux produits phytosanitaires ne sont rien d'autre que, l'idée, la pensée et la perception ou le sens ou encore la connaissance qu'ils ont par rapport à ces produits. En d'autres termes, leurs opinions et leurs croyances vis-à-vis de ces produits chimiques. En effet, ces représentations sociales sont intimement liées à l'habitus.

    Ainsi, la notion d'habitus qui a été popularisée en France par le sociologue Pierre Bourdieu, met en évidence les mécanismes d'inégalité sociale. L'habitus est pour lui le fait de se socialiser dans un peuple traditionnel, définition qu'il résume comme un "système de dispositions réglées". Il permet à un individu de se mouvoir dans le monde social et de l'interpréter d'une manière qui d'une part lui est propre, qui d'autre part est commune aux membres des catégories sociales auxquelles il appartient. Le rôle des socialisations primaire (enfance, adolescence) et secondaire (âge adulte) est très important dans la structuration de l'habitus.

    Par le biais de cette acquisition commune de capital social, les individus de mêmes classes peuvent ainsi voir leurs comportements, leurs goûts et leurs "styles de vie" se rapprocher jusqu'à créer un habitus de classe. Chacune des socialisations vécues va être incorporée (les expériences étant elles-mêmes différentes selon la classe d'origine) ce qui donnera les grilles d'interprétation pour se conduire dans le monde. L'habitus est alors la matrice des comportements individuels, et permet de rompre entre un déterminisme supra-individuel en montrant que le déterminisme prend appui sur les individus. Cet habitus influence tous les domaines de la vie (loisirs, alimentation, culture, travail, éducation, consommation...)7.

    Pour Bourdieu en effet, l'habitus désigne l'ensemble des goûts et des aptitudes acquis par l'individu au cours du processus de socialisation. L'habitus est non seulement un système de préférence mais également un système générateur de pratiques. Conforment à ses goûts, chaque individu a un comportement cohérent qui lui semble naturel, mais qui est pourtant le produit de ses expériences sociales. Ces expériences sont liées à l'appartenance à une classe sociale donnée.

    Placés dans des conditions comparables de socialisation, deux individus auront des habitus proches, une vision commune du monde et un style de vie homogène. De ce fait, une classe sociale réunit l'ensemble de personnes dotées d'un même habitus. Le second concept ainsi clarifié, nous passons au dernier concept.

    1.2.2. Le concept de produit phytosanitaire.

    Selon le dictionnaire le Robert Pour Tous, les termes ~~PHYTE'' ou ~~PHYTO'', dérivent du grec ~~PHYTON''8 qui signifie ~~plante'' ou ce qui pousse. Quant au second terme sanitaire, celui-ci désigne l'ensemble de tout ce qui est relatif à la santé. La fusion de ces deux termes donne l'adjectif phytosanitaire qui, lui, se rapporte aux soins à donner aux plantes, à leur protection contre leurs ennemis naturels.

    Pour l'encyclopédie libre en ligne, Wikipédia, « un produit phytosanitaire est une substance émise dans une culture pour lutter contre des organismes nuisibles. C'est un terme générique qui rassemble les insecticides, les herbicides, les fongicides, les parasiticides. Ils s'attaquent respectivement aux insectes, aux champignons, aux mauvaises herbes et aux vers parasites. Ils englobent donc les substances phytosanitaires ou phytopharmaceutiques. »9

    En parlant de la définition de base de ces produits chimiques, Alice COUTEUX et Violaine LEJEUNE affirment que : « le terme de produit phytopharmaceutique désigne la substance active et les préparations commerciales constituées d'une ou de plusieurs substances actives qui sont présentés sous la forme dans laquelle elles sont livrées à l'utilisateur. La substance active anciennement appelée matière

    8 Dictionnaire Le Robert pour Tous, édition Jouve, Montrouge, 2002, P. 884

    9 http://www.fr.wikipédia.org , consulté le 22 NOV. 2010

    active est le microorganisme qui détruit ou empêche l'ennemie de la culture de s'installer. A cette substance active, sont associées dans la formulation un certain nombre de formulant (mouillants, solvants, anti-mousses&) qui la rendent utilisable par l'agriculture. »10

    Par souci d'éclairer notre lecteur, disons que c'est l'ensemble de ces produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires qui est communément appelé « pesticide ».

    Etymologiquement, « le mot pesticide a été créé en anglais, sur le modèle des nombreux mots se terminant par le suffixe --cide, (du verbe latin caédo, caédéré, tuer), et sur la base du mot pest (animal, insecte ou plante nuisible), lequel provient (comme le français peste) du latin ~~pestis~~ qui désignait toute espèce de fléau, de calamité. »11

    A la question de savoir qu'est-ce qu'un pesticide? Colette CHASSARDBOUCHAUD répond de la manière suivante : « le terme pesticide désigne toute substance destinée à repousser ou à combattre toute espèce indésirable végétale ou animale, pendant la production, le stockage, le transport, la distribution ou la transformation des denrées destinées à l'alimentation humaine ou animale. Ce terme désigne aussi toute substance destinée comme régulateur de croissance ou défoliant.»12

    En résumé, il s'agit essentiellement des substances chimiques destinées à tuer les organismes que nous considérons comme indésirables. Les types de pesticides les plus connus sont :

    v' Les insecticides destinés à tuer les insectes ;

    v' Les herbicides pour éliminer les mauvaises herbes ;

    v' Les fongicides pour éliminer les champignons ;

    v' Les nématocides pour éliminer les nématodes ;

    v' Les rondenticides pour éliminer les rongeurs (rats, souris,&)

    v' Les acaricides pour éliminer les acariens (araignées).

    10 (A) COUTEUX et all :~~ Indexe phytosanitaire ACTA 2004, 40e Edition, Paris, 2004, P.32

    11 http://www.fr.wikipédia.org , consulté le 22 NOV. 2010

    12 (C) CHASSARD-BOUCHAUD : ~~L'écotoxicologie~~, PUF, Collection ~~Que sais-je~~, Paris, 1996, p.3

    1.3. La revue de la littérature.

    Tout travail de recherche s'appui généralement sur des ressources documentaires. A cet effet, nous avons recensé un certain nombre d'ouvrages susceptibles de fournir des informations en rapport avec l'étude que nous avons entreprise. Pour une exigence de rédaction, nous avons organisé cette revue de littérature autour de quatre (4) thématiques.

    1.3.1. Thématique relative à l'origine et au développement de la culture du coton.

    Dans cette rubrique, nous avons retenus les ouvrages suivants :

    ü Le coton et l'industrie cotonnière,

    ü Mémoire d'agronomie,

    ü Maladies et ravageurs du cotonnier.

    Le premier ouvrage s'intitule : Le coton et l'industrie cotonnière~~ écrit par Daniel CHAIGNE. Dans cet ouvrage, l'auteur aborde le coton comme culture de rente, matière première beaucoup sollicitée dans l'industrie textile.

    En parlant des origines de la culture du coton, l'auteur affirme que : « la culture du coton et son usage pour des tissus d'habillement remonte à des millénaires. Des découvertes ont permis de constater cet usage au Mexique en 5800 avant JC, au Pakistan et en Chine vers l'an 3000 avant JC. Son apparition en Europe remonte, après l'an 1000 aux invasions. Mais son rôle ne devient important qu'à partir du XVIIIème siècle et notamment en raison de son développement en Amérique et de son industrialisation13

    Le cotonnier de son nom botanique « gossypium », a deux variétés courantes : le gossypium hirsutum et le gossypium barbadense. Quant à la résistance de cette plante, l'auteur admet que le cotonnier est une plante fragile qui a beaucoup d'ennemies nuisibles. D'après lui en effet, « on énumère plus de 1326 espèces vivants aux dépens du cotonnier14

    13 (D) CHAIGNE: Le coton et l'industrie cotonnière~~, QSJ, PUF, Paris, 1996, P.3

    14 (C) CHASSARD-BOUCHAUD, Op cit, p.15

    Ainsi, les principaux ravageurs de cette plante sont généralement classés en trois catégories:

    v' Les acariens (classe des arachnides) qui attaquent les feuilles et perturbent les fonctions chlorophylliennes de la plante ;

    v' Les Diplopodes (« mille-pattes ») qui détruisent les semences en terre ;

    v' La classe des insectes ou ravageurs appartenant à plusieurs ordre tels que les Thysanoptères, les Homoptères, les Hémiptères, les coléoptères.

    Pour la protection de cette plante fragile, l'auteur propose des séries de procédés de luttes à savoir :

    v' Les moyens agronomiques tels que la rotation des sols et la destruction des plantes ;

    v' Les moyens génétiques qui permettent d'obtenir des variétés des plantes plus résistantes à l'agression définie ;

    v' Les moyens biologiques dont le but est de créer des parasites vivant aux dépens des ravageurs ;

    v' Les moyens chimiques notamment l'utilisation des pesticides, des insecticides et des fongicides.

    Si cet ouvrage nous a permis d'apprendre un peu plus sur l'origine du cotonnier, de sa culture et de ses principaux ravageurs, cependant, l'auteur reste silencieux sur les effets nocifs des produits phytosanitaires l'une des options de protection de ces plantes dont ce dernier envisage beaucoup. L'ouvrage-ci nous a retracé l'historique de la culture du cotonnier dans le monde mais pas celle de notre pays. C'est justement l'objet du prochain ouvrage.

    Le second document est un Mémoire d'agronomie écrit par le jeune chercheur français Erich CIBIEN qui s'intitule : « étude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de L'Ouham, RCA. » Ce mémoire qui aborde à la fois les aspects traditionnels, culturels et pratiques culturales de la région de l'Ouham, et notamment celle de Bossangoa, retrace de même, l'historique de la culture du coton dans le pays. Selon ce jeune chercheur français, l'histoire ou l'origine de la culture du coton en RCA est étroitement liée à la colonisation. Pour une

    bonne compréhension, nous avons choisi respecter la démarche de notre prédécesseur qui a subdivisé l'historique de cette culture en de différentes périodes.

    a) La période du « cotonnialisme » :1925/1926 - 1945/1946

    La culture du coton industrielle fut introduite en 1925 dans la région de Bangassou, à l'initiative de Félix EBOUE, alors chef de circonscription de M'BOMOU. Ainsi, quatre sociétés étrangères, principalement Belges et Hollandaises se constituèrent de repartir le territoire. COTONFRAN, COTOUBANGUI, COMOUNA et notamment COTONAF qui occupaient la plus grande portion du pays, la région de Bossangoa y compris.15

    En contre partie de l'exclusivité d'achat du coton dans leur zone, ces sociétés acceptaient de fixer un prix planché aux planteurs, d'acheter des cotons produits et de construire un certains nombres d'usines d'égrainage. Pour soutenir la production du coton, les gardes de l'administration coloniale chargés de surveiller les cultures collectives, recourraient à la méthode de chicotte et aux regroupements des planteurs le long des pistes. Cette pratique couplée au portage qui s'est généralisé au début des années 1930 a été des causes de nombreuses protestations noires, de soulèvement des populations autochtones.

    C'est ainsi que de 1928 à 1931, éclata la guerre de « KONGO-WARA » (guerre des manches des houes), dirigée par le grand chef Gbaya KARINOU, dans tout l'ouest du pays. Face à cet échec, les cultures collectives laissent progressivement la place aux cultures individuelles, introduites en 1931/1932 et généralisée en 1936/1937. Chaque paysan doit cultiver une parcelle de taille standard (la corde de 30 mètre à l'origine) et la culture doit se faire en «bloc» c'est-à-dire des parcelles contigües (20 à 30 parcelles), pour en faciliter la surveillance par les gardes, remplacés à partir de 1938 par les «BOYS COTON ». Alors qu'en est-il de l'époque suivante ?

    15 (E) Cibien : Etude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine, Mémoire d'Agronomie, Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier, 1994-1995, P.15

    b) La période de l'après-guerre à l'indépendance.

    Bien que la loi Houphouët-Boigny d'avril 1946 abolisse les travaux forcés dans les nouveaux territoires d'Outre-mer, la culture du coton conservera encore son caractère plus ou moins obligatoire. Cette culture est jugée trop faiblement rémunératrice par comparaison au travail fourni et l'on ne fait du coton que pour s'acquitter de l'impôt. Pourtant c'est au cours de cette période qu'apparaît le souci de moderniser cette culture. En effet, l'I.R.C.T. s'installe en Oubangui-Chari avec création des stations de recherche de Soungbé (1946) et à Bambari (1947).

    Enfin, à partir de 1953/54, on essaie de diffuser des thèmes nouveaux (protection phytosanitaire, fumure minérale, culture attelée). Par ailleurs, l'encadrement technique demeurait largement autoritaire puisque les « boys coton » au rôle surtout répressif et de formation technique limitée, se contentant du piquetage des plantations et de la propagande en répétant les mots d'ordre « la bouche du commandant» ceci lors des semis et des sarclages. Ces techniques continueront à servir jusqu'en 1959. Qu'en est-il de la période de l'indépendance?

    c) De l'indépendance à la fin de l'U.C.C.A. (1981-1982).

    L'Union Cotonnière Centrafricaine est créée en 1964 avec la participation majoritaire du secteur public (Etat) et minoritaire des sociétés privées (COTONAF, COTOUBANGUI, COTOUNA). Cette époque a été marquée par la suppression de l'impôt pour les femmes (1961). Avec la possibilité d'une culture individuelle, les paysans préféraient faire des parcelles dispersées pour ainsi, éviter tout contrôle des «boys cotons ».

    Pour redynamiser le secteur cotonnier après la période de crise de 1950 (découverte de fibres synthétiques qui a fait chuter le prix du coton), un Bureau pour le développement de la production agricole (BDPA) a été mise en place. Cette structure avait pour mission:

    ü L'encadrement rapproché des paysans ;

    ü L'introduction de la culture attelée ;

    ü La constitution de GIR pour assurer la commercialisation des produits vivriers.

    Pour réguler et soutenir le prix du coton, ainsi que pour financer des programmes d'intensification, une caisse de stabilisation a été créée. Intervenant dans le cadre des O.R.D. (Offices Régionaux de Développement), le Bureau de développement de la Production Agricole dans l'Ouham et la C.F.D.T.dans l'Ouham-Péndé et la Kémo, ont permis de réels progrès en matière d'intensification.

    Hélas! En 1970, le Président Jean-Bedel BOKASSA a décidé une « reforme agraire » qui n'en est pas une, puisque dans les faits, il s'agissait, outre de prier tous les coopérants de quitter le pays du jour au lendemain, de regrouper les villages en de plus grands agglomérations et d'assurer un encadrement militaire des producteurs. Les structures d'intervention sont dissoutes et la production tout comme les rendements diminuent. Avec la nationalisation de l'U.C.C.A., la commercialisation du coton et l'approvisionnement en intrant sont désorganisés.

    d) De la SOCADA à la SOCOCA : 1981/1982 à 1991/1992.

    La société centrafricaine de développement agricole, SOCADA, est une société d'économie mixte (75% du capital détenu par l'Etat et 25% par le CFDT). En plus des activités purement commerciales et industrielles de l'ancienne UCCA, la SOCADA se voit confié un rôle de développement agricole dans la zone d'intervention.

    Cette nouvelle société qui a redonné confiance aux planteurs a stimulé ceux-ci à augmenter leur production du coton en 1985/86 et 1990/91 ont fait accuser d'énormes déficits financiers (5milliards F CFA en 1986 et 2,5 milliards en 1987) à ladite société qui due s'éclater sous la pression de la Banque Mondiale.

    En effet, dans un programme d'ajustement structurel, la Banque Mondiale et l'Etat centrafricain ont procédé au démantèlement de la SOCADA en trois entités :

    ü Une entité strictement industrielle et commerciale la SOCOCA ;

    ü Une agence chargée du développement rural, l'ACDA ;

    ü Un institut centrafricain de recherche agronomique, ICRA.

    En conclusion, disons que le coton en Centrafrique possède une longue et lourde histoire. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'ont écrit les auteurs d'un Rapport sur cette culture en RCA en ces termes : « rarement, l'histoire d'un pays s'est autant identifié avec l'histoire d'une culture que la République centrafricaine ne l'a fait avec le coton sur une période de près de soixante années. »16

    Le troisième document est celui de Jean CAUQUIL. Il s'intitule : «Maladies et ravageurs du cotonnier en Afrique au sud du Sahara »17. Ce document admet que le cotonnier est une plante fragile qui a beaucoup d'ennemies nuisibles. Parmi ces ennemies énumérées, ceux-ci sont classés en trois catégories dont les insectes, les myriapodes et les arachnides. D'après le document-ci, chaque catégorie d'ennemie du cotonnier a une action spécifique lors du processus de développement de la plante.

    Ainsi, pendant que les semences sont mises en terre, les myriapodes s'attaquent à cette partie de la plantule. Ces ravageurs détruisent les semences avant la levée de la graine au niveau du hile. Ces liaisons peuvent donner lieu au développement de microorganismes et entrainer la mort de la plante.

    ü Lors de la phase végétative, les ravageurs suivants entrent en cène : les piqueurs-suceurs, les phallophages, les Acariens, les maladies foliaires, les maladies vasculaires et les pourritures du collet.

    ü Pendant la phase reproductrice, les ravageurs suivants s'attaquent à la plante : les chenilles des boutons floraux, les hémiptères et les pourritures des capsules comme les punaises et autres insectes.

    De même qu'il y a une multitude d'ennemies du cotonnier, de même il existe différentes méthodes de lutte pour une meilleure protection de ladite plante afin d'en augmenter le rendement à l'hectare. Parmi ces moyens de lutte, l'auteur préconise la lutte chimique qui, selon lui demeure le plus efficace. De ce fait, quelle est la perception de la lutte phytosanitaire des manipulateurs de ces produits chimiques ? C'est de la prochaine thématique.

    16 (J-L) BOUTILLER et all : Evaluation de la recherche sur le coton en RCA, 1984, P. 15

    17 (J) CAUQUIL : Maladies et ravageurs du cotonnier en Afrique au Sud du Sahara, CIRAD, Montpellier, 1993, P.5

    1.3.2. Thématique relative aux représentations sociales et aux pratiques liées aux produits phytosanitaires.

    Dans cette rubrique, nous avons retenu deux ouvrages :

    ü La tradition populaire ;

    ü Le mémoire d'agronomie.

    L'ouvrage intitulé La tradition populaire~~ a été écrit par Jean CUISENIER et aborde la thématique de la tradition en général. Plus spécifiquement, ce document s'intéresse aux pratiques de l'expression, les coutumes, usages, savoirs, recueils et codification, tradition populaire et pratiques sociales ordinaires. Pour Jean CUISENIER en effet, par «tradition populaire », « l'on vise manifestement des champs différents de la pratique populaire ordinaire.

    En d'autres termes, l'on vise des usages, des croyances et des savoirs immémoriaux transmis de générations, sans changement ou presque, croit-on dans la société contemporaine. L'on pense aussi à ces usages, ces croyances et ces savoirs entrant qu'ils seraient le fait du « peuple » ou de classes de la société, par opposition aux «élites» ou aux hautes classes de sociétés stratifiées telles que l'Inde ou la Chine dans l'histoire, ou telles que les sociétés stratifiées industrielles contemporaines »18

    En parlant du caractère pérenne des savoirs techniques et empiriques, l'auteur affirme qu' « à la différence des usages, qui mobilisent des savoirs sans requérir pour autant à des compétences particulières, les techniques mobilisent des savoirs-faires, lesquels requièrent des compétences qui ne s'acquièrent que par l'apprentissage. Nul ne s'improvise laboureur ou vigneron, potier ou forgeron, charbonnier ou maçon : il faut apprendre les gestes du métier. »19

    Savoir-faire, usages et savoirs sont ainsi connectés dans l'unité d'un même processus. Certains procèdent de tradition populaire, d'autre de tradition élitaire, d'autre encore d'apprentissages professionnels ou d'enseignements scolaires. Pour finir, l'auteur de l'ouvrage justifie la diffusion de nombreuses techniques que l'Europe connaît

    18 (J) CUISENIER : La tradition populaire~~, PUF, Collection ~~Que sais-je~~, Paris, 1995, P. 80

    19 Ibid. P.86

    aujourd'hui par le même mécanisme. Selon lui, c'est le cas des techniques de l'agriculture et de la viticulture et non seulement de techniques spécialisées comme l'apiculture ou l'agriculture.

    En termes de contribution, cet ouvrage nous a été utile dans le cadre de notre étude. Il nous a permis de comprendre certaines pratiques générationnelles que nombre de populations continuent d'observer. La culture à travers certaines pratiques est la chose qui différencie les peuples au monde et permet de mieux expliquer certains comportements des individus ou groupes d'individus. Toutefois, nous sommes resté sur notre faim en parcourant cet ouvrage.

    En effet, le document-ci intitulé « La tradition populaire » n'a pas abordé l'aspect tradition dans sa globalité. Il s'est exclusivement consacré au continent européen mettant de côté le reste du monde notamment l'Afrique où la tradition orale est encore forte. C'est dans le but de pallier aux insuffisances de cet ouvrage que nous avons fait recourt au Mémoire ci-dessous.

    Comme susmentionné, le deuxième document de cette rubrique est un Mémoire intitulé : Etude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine20. Dans son Mémoire, l'auteur CIBIEN ELRIC fait remarquer certaines pratiques propres aux producteurs de la région de Bossangoa. Parmi ces différentes pratiques, il évoque entres autres :

    ü Le fait que ce ne sont pas tous les planteurs qui se déclarent aux délégués techniques, rend difficile le travail de contrôle de ceux-ci;

    ü Le non respect des dates de semis;

    ü L'ajout d'un sac de graines ou de semences de plus sur la superficie déclarée. Le surplus de sacs est soit revendu ou soit donné aux adolescents en voie d'autonomie ;

    ü La pratique marquante c'est la consommation des graines de coton. Selon les mots de l'auteur, en effet « il n'est pas rare d'observer, dans la période de

    20 (E) CIBIEN : Op cit, P.88

    soudure (Juillet-Août), la vente sur le marché d'amandes de coton concassées pour la fabrication des galettes « KANDAS ».21

    Cette pratique est dangereuse car la culture du coton ou le cotonnier est une plante dont le fruit n'est pas destiné à la consommation. Car le gossypol contenu dans la graine est dangereuse et toxique. De même, les produits phytosanitaires avec lesquels on a induit ces semences du cotonnier sont aussi une source de danger ou de risque pour la santé des consommateurs de ces amandes.

    Pour finir, ce document nous a été utile. Il nous a aidés à avoir une idée sur l'attitude, les pratiques des populations auprès de qui notre étude sera menée. De ce fait, quels sont les effets des pesticides sur l'environnement et sur les manipulateurs ? C'est l'objet de la prochaine thématique.

    1.3.3. Thématique relative aux pesticides et leurs effets nocifs.

    Pour les pesticides et leurs effets, il existe une littérature très dense à ce sujet. Mais pour cette étude, nous avons retenu les ouvrages ci-dessous :

    ü L'écotoxicologie ;

    ü La pollution des eaux ;

    ü Index phytosanitaire Acta 2004 ;

    ü Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine.

    Le premier ouvrage de cette rubrique est écrit par Colette CHASSARDBOUCHAUD. Il est intitulé : ~~L'écotoxicologie~~22. Ce document aborde les grandes thématiques de l'environnement, de l'écosystème, de la préservation de la couche d'ozone et du développement durable.

    En faisant l'état des lieux de la planète qui nous abrite, l'auteur fait remarquer que les Hommes, pour leurs industries, leur développement, leur agriculture et leur bienêtre, libèrent de quantités de polluants divers dans l'atmosphère. Ces polluants divers

    21 (E) CIBIEN : Etude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine~~, Mémoire de Licence, Ecole Nationale Supérieure d'Agronomique de Montpellier, Octobre, 1995, P.26

    22 (C) CHASSARD-BOUCHAUD : L'écotoxicologie, Collection « Que sais-je », PUF, Paris, 1995

    provenant souvent des activités de production d'énergie (charbon, pétrole, gaz naturel), des industries chimiques et des activités agricoles (engrais, pesticides), une fois libérés dans l'environnement sont soumis à des transformations dues aux facteurs physiques, chimiques et biologiques, au cours desquels ils peuvent soit être neutralisés soit au contraire dispersés, avec pour conséquence une augmentation de la toxicité.

    Chaque année, des quantités ou des tonnes des polluants sont déversées dans l'atmosphère. Ces polluants impactent directement sur la qualité de l'air, de l'eau, des végétaux et des animaux. Car, certains de ces polluants tels que les pesticides ne sont pas biodégradables et par conséquent, se retrouvent dans certains aliments sous formes de molécules ou de résidus chimiques.

    Ce document nous a permis de comprendre que les polluants ou les pesticides déversés dans la nature pour la protection des végétaux, certains de ces produits ne sont éliminés définitivement. Les pesticides qui ne sont biodégradables créé une chaine de contamination. En effet, ces polluants persistants, représentent un danger permanent pour la nature, la faune et l'humanité.

    Car ces polluants une fois libérés dans l'air, contaminent les plantes, les fruits, les poissons dans les cours d'eau. Ces produits contenant les molécules de ces polluants finissent par contaminer les hommes qui en consomment. C'est pourquoi on parle de la toxico-vigilance pour les limites maximales de Résidus pour lutter contre la contamination alimentaire.

    Si cet ouvrage nous a aidé à comprendre l'écotoxicologie, celui-ci s'apparente plus à un manuel des ONG pour la défense de l'environnement. Ainsi, qu'en est-il donc de la pollution des eaux ? C'est d'ailleurs l'objet du second ouvrage de cette troisième rubrique.

    « La pollution des eaux », c'est ainsi qu'est intitulé le second document de cette troisième thématique. Il a été écrit par Jean-Bernard LEROY. L'ouvrage-ci s'intéresse à la question de la pollution des eaux dans ses différentes formes tout en touchant également l'aspect de réglementation ou législation relative à cette denrée précieuse.

    A la question de savoir qu'est-ce- que la pollution des eaux, l'auteur répond en ces termes : « l'on entend par pollution d'une eau, l'ensemble des éléments qui la

    rendent impropre à un usage déterminé. »23 Autant qu'il y a d'usages de l'eau, autant il existe une variété de pollution. C'est ainsi, que l'auteur fait la distinction suivante : les pollutions domestiques, industrielles, accidentelles, radioactives et les pollutions agricoles, etc.

    En parlant de la pollution agricole laquelle fait l'objet de notre préoccupation dans ce travail, l'auteur explique ce qui suit. L'usage des engrais chimiques en lieu et place des engrais naturels dont le recyclage est assuré par la nature. Ces engrais sont très solubles car les plantes se nourrissent essentiellement des matières dissoutes. Le drame est qu'une forte pluie survenant trop tôt après la fumure entraînera une quantité notable d'azote et de phosphore qui, petit à petit s'entassera au fond des rivières qui reçoivent les eaux venant de ces champs.

    L'usage des pesticides (insecticides, fongicides, etc.) et d'autres produits phytosanitaires arrivent ainsi de la même manière à se retrouver dans le lit des cours d'eaux qu'ils polluent les eaux. L'auteur explique aussi que les molécules dont ces pesticides sont formés, en général des organochlorés, ne sont peu biodégradables. Une fois que ces molécules sont emprisonnées dans la nappe souterraine, elles y restent, et ce qui est plus grave, leur nombre augmente d'année en année puisque les apports se poursuivent.

    Pour ce qui est des conséquences de cette pollution, elles sont nombreuses et variées. D'après l'auteur de cet ouvrage, « Tous les ans, soixante (60) millions de tonnes de produits chimiques sont commercialisés dans le monde, et cette quantité est en augmentation. »24 Parmi les effets de ces différentes pollutions, il y a : la mort des poissons, l'aspect des mers et des rivières après les diverses marées noires, les effets sur l'Homme (intoxication, diarrhée, vomissement, rhume ou sinusite).

    L'intérêt de cet ouvrage est qu'il nous a permis de comprendre le danger que les produits chimiques représentent pour l'Homme et l'intérêt qu'il y a à protéger l'eau dont la survie de l'humanité entière en dépend. Cependant, en parcourant ce livre, nous avons remarqué que certains points importants n'ont pas été abordés notamment

    23 (J-B) LEROY : La pollution des eaux~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1994, P.22

    24 Ibid., P.30

    l'aspect réglementation relative à l'eau. L'auteur s'est beaucoup focalisé sur le cas occidental notamment la législation française en matière des normes et des résidus des produits chimiques dans l'eau. Que nous dit donc le prochain document?

    Le volumineux document (884 pages) écrit par Alice Couteux et Vilaine LEJEUNE, aborde les pesticides sous toutes leurs variétés en commençant par leur définition, leur mécanisme de production et leur aspect sécuritaire. En parcourant ce document, cela nous a permis de comprendre comment lire une étiquette sur l'emballage de produits phytosanitaires et comment ces produits sont classifiés.

    D'après les auteurs de cet ouvrage, « la classification vise à identifier toutes les propriétés physico-chimiques, toxicologiques et des préparations ou leur utilisation normale.»25 D'après eux toujours, différents critères de classification et d'étiquetage de ces substances existent.

    ü D'abord la classification sur la base des propriétés physico-chimiques. Il s'agit des substances et préparations: Explosives (E), Comburant (C), Inflammable (I) et extrêmement-Inflammable (F+) ;

    ü Ensuite, la classification suivant les propriétés toxicologiques. Cette classification concerne à la fois les effets aigües (à court terme) et à long terme des substances et préparations. Ces effets découlent d'une seule exposition ou d'expositions répétées ou prolongées. Ces produits sont classés: Très Toxique (T+), Toxique (T), Nocif (Xn), Irritant (Xi), Corrosif (C), Sensibilisant ;

    ü Enfin, la classification sur la base des effets spécifiques sur la santé (Substances

    CMR). On distingue : Cancérogène (C), Mutagène (M) et Reprotoxique (R) ;

    ü En outre, il y a la classification sur la base des effets sur l'environnement. Les substances et préparations dangereuses pour l'environnement souvent symbolisées par N sont des substances chimiques à la fois dangereuses pour l'environnement aquatique et non aquatique.

    La contribution de ce document à notre objet d'étude est qu'il nous a permis de comprendre comment les produits phytosanitaires sont-ils classés et quels dangers ces substances chimiques représentent pour leurs manipulateurs (agriculteurs,

    25 (A) COUTEUX et all : Index phytosanitaire Acta 2004, 40ème Edition, Paris, 2004.

    consommateurs des fruits et légumes) et pour la nature. Toutefois, il y a lieu de remarquer que ce document ne nous a pas proposé une législation en la matière. Les quelques textes officiels évoqués à cet effet, relèvent du droit français.

    De plus, notons que les auteurs du document-ci militent en faveur d'une utilisation accrue de ces produits phytopharmaceutiques dont la toxicité de quelques uns n'est point à occulté. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'ils ont affirmé qu' : « avec des produits de plus en plus performants, toujours plus spécifiques [&], la lutte chimique reste un outil essentiel et en tout cas le plus performant de la protection des plantes. »26 Si le document a permis à identifier la nature des produits phytosanitaires et leur toxicité, le prochain ouvrage nous conduira à savoir bien utiliser ces produits afin de ne pas s'intoxiquer.

    Le dernier document de cette troisième thématique a été rédigé à la fois par Gaëlle STIMAMIGLIO et Gérard GENDRON. Il a pour titre: « Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine »27. En parlant du cotonnier, les auteurs de ce document admettent que c'est une plante fragile qui a plusieurs ravageurs (les chenilles Endocarpiques, exocarpiques, les phallophages, les piqueurs-succeurs, les acariens, etc.) contre lesquels il faut la protéger.

    Ainsi, pour protéger le cotonnier contre ses ennemies, le document propose deux types de luttes : chimique et agricole. La première méthode consiste en l'usage des pesticides agricoles pour éliminer les ravageurs. La seconde voudrait qu'on détruise tous les résidus de l'ancienne culture pour ainsi nettoyer les sites larvaires des anciennes parasites en la préservation de nouvelles parcelles.

    L'autre aspect important abordé dans ce document, c'est le phénomène de résistance des ravageurs du cotonnier aux produits phytosanitaires. Notons que la résistance (qui diminue l'efficacité du produit) et la toxicité sur l'Homme, les animaux, la flore et la faune aquatique sont les principales causes pour lesquelles certains produits phytopharmaceutiques peuvent être retirés du circuit commercial. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'on parle des polluants organiques persistants (POPs).

    26 Ibid., P.32

    27 (G) STIMAMIGLIO et (G) GENDRON : Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine, Arysta Life science, Paris, 2007

    Les pops sont des matières ou des substances actives qui sont solubles dans l'eau et non biodégradables. Ces produits, s'ils sont lâchés dans la nature ou l'environnement, ils ne disparaissent pas pour autant. Ils se retrouvent dans le lit des cours d'eau par le ruissellement des eaux de pluie qui entraine leurs molécules. Ces molécules se retrouvent également chez les poissons qui en ingurgitent, les plantes aussi en conservent. L'Homme en consommant ces poissons contaminés ou les fruits traités par ces produits chimiques, s'intoxiquent. La compilation de ces molécules à long terme finira par avoir des effets nocifs sur celui-ci.

    Par rapport à ces dangers auxquels tout le monde est exposé en permanence (agriculteurs, manipulateurs, consommateurs des fruits et légumes) que certains produits ont été retirés de la circulation et interdits d'usage selon les normes phytosanitaires de l'OMS et de la FAO. Parmi les POPS utilisés en RCA et qui sont maintenant interdits d'usage, nous avons : ALDRINE, CHLORDANE, DDT, DIELDRINE, ENDRINE, HEXACHLOROBENZENE, HEPTACHLORE, TOXAPHENE.

    Notons que depuis l'année 2005 jusqu'aujourd'hui, seuls les produits binaires suivants sont autorisés et continuent d'être utilisés dans la zone cotonnière de la République Centrafricaine. Il s'agit de :

    ü Cypercal P672 EC (cyperméthrine 72g/l + Profénophos 600g/l) ;

    ü Cypercal P654 EC (cypermethrine 54g/l + Profénophos 600g/l).

    Le premier produit est destiné à tuer les acariens (Acaricides) tandis que le second est destiné à lutter contre les pucerons (Aphicides).

    En abordant l'aspect sécuritaire, le document reconnaît la toxicité de ces produits phytosanitaires sur la santé de l'Homme, le principal manipulateur, mais aussi sur les mammifères, les insectes (pollinisateurs et auxiliaires) et les poissons. Les voies d'absorption de ces produits dans l'organisme humain sont nombreuses : ingestion, contact avec la peau, inhalation. Quant aux risques, ils sont repartis à chaque étape : pendant le transport, le stockage, la préparation de la bouillie, lors de l'application du produit, après le traitement.

    Pour finir, disons que ce document est plein d'intérêt pour notre sujet d'étude. Il nous a permis d'apprendre d'avantage sur les pesticides, les dangers ou risques qu'ils représentent pour leurs principaux manipulateurs (paysans) et les précautions à prendre pour éviter de s'intoxiquer. Si le document-ci a contribué à étayer notre objet d'étude et montrer l'avantage qu'il y a à protéger le cotonnier en vue d'augmenter le rendement à l'hectare, cependant, il ne nous apprend pas la manière à laquelle l'encadrement technique des paysans doit se faire sur le terrain. L'autre limite de ce document vient du fait qu'aucun aspect réglementaire n'a pu être évoqué.

    C'est d'ailleurs dans ce contexte de protection des populations contre les risques et les dangers que représentent ces produits phytosanitaires que les pays de la CEMAC ont mise en place une institution inter-état en vue de réglementer le secteur des pesticides. L'aspect réglementation et homologation fera l'objet de notre prochaine thématique.

    1.3.4. Thématique relative à la réglementation phytosanitaire en RCA.

    Cette rubrique comporte essentiellement des documents spécifiques et des textes officiels relatifs à la réglementation des pesticides dans la sous-région (CEMAC) et en RCA. Il s'agit des documents tels que :

    ü CEMAC, Comité Inter-états des pesticides d'Afrique centrale, 'CPAC'.

    ü CEMAC, Directives définissant la nature, la composition, l'organisation, le

    financement, les attributions et les activités des comités nationaux de gestion

    des pesticides (C.N.G.P.).

    ü Arrêté portant affectation des fonctionnaires du Ministère de développement rural et de l'agriculture dans les postes phytosanitaires.

    Le premier document présente l'institution sous-régionale dénommée CPAC. Le comité Inter-Etats des pesticides d'Afrique centrales est spécialisé dans l'assainissement du secteur des pesticides. Cet organe interétatique est placé sous tutelle scientifique du conseil phytosanitaire interafricain (C.P.I.). Le comité des pesticides d'Afrique centrale, CPAC est composé de trois experts/représentants par Etat-membre de la CEMAC, du

    conseil Phytosanitaire interafricain de l'Union Africaine (CPI-UA), de la FAO et de l'OMS, chargé de l'homologation commune des pesticides en zone CEMAC.

    Cet organisme a pour objectif, l'assainissement de la production agricole pour la préservation de la santé des consommateurs locaux et celle de l'environnement, ainsi que la compétitivité de cette production agricole dans le marché mondial. Selon ce document, les pays de la zone CEMAC consacrent plus de vingt et deux milliards (22) de francs CFA par an pour l'achat des pesticides pour soutenir leur production agricole. Malheureusement, ces produits chimiques, peuvent constituer une menace permanente pour toutes formes de vie et de l'environnement, surtout quand leur gestion n'est pas réglementée.

    La situation actuelle dans la zone d'Afrique centrale est caractérisée par une diversité de législations et réglementations phytosanitaires. Celles qui existent, présentent des lacunes dans certains aspects. C'est pour minimiser les dangers liés à l'utilisation des pesticides et maximiser leurs avantages, que la gestion réglementée de ceux-ci est un facteur déterminant d'où la mise en place de l'organe CPAC.28

    Le CPAC a connu un long cheminement avant de voir jour. C'est en effet en Mars 2007 à N'djamena au Tchad que cette structure a été adoptée lors du conseil des Ministres de l'UECA en session ordinaire. Elle se présente de la manière suivante :

    ü Au niveau inter-états, nous avons la CEMAC, le CPAC, la cellule CPAC dans les

    pays membres et les CNGP en derniers ressort ;

    ü Au niveau national, vient d'abord le Ministère de développement rural, ensuite, la Direction du cabinet, enfin la cellule-CPAC. En plus viennent les structures sous tutelles exerçant dans le domaine des pesticides (ICRA, ACDA, ORCCPA, FAO, OMS, etc.). Enfin, vient le CNGP et les utilisateurs ou manipulateurs des pesticides (agriculteurs/éleveurs).

    En parlant de la structure organisationnelle, le CPAC comprend : une présidence, un secrétariat permanant, des commissions techniques, les membres. Alors, quelles sont les attributions du CNGP et comment fonctionne-t-il ? C'est l'objet du prochain document.

    28 CEMAC, ~~Comité inter-état des pesticides d'Afrique centrale'', ~CPAC', Yaoundé, 2007, P. 6

    Le second document de cette rubrique est écrit par le CPAC sous tutelle de la CEMAC. Il est intitulé : «Directives définissant la nature, la composition, l'organisation, le financement, les attributions et les activités des comités nationaux de gestion des pesticides (C.N.G.P.). » Le document-ci est en quelque sorte l'acte de naissance des CNGP. Car il contient toutes les directives nécessaires pour le fonctionnement de ces Comités Nationaux qui sont des structures relais du CPAC au niveau de chaque pays membre. En effet, « les CNGP sont des structures étatiques nationales ayant la responsabilité générale du contrôle pré/post homologation, c'est-à-dire :

    Du suivi de l'utilisation des pesticides en matière de toxico-vigilance des produits phytosanitaires homologués ou ayant reçus une autorisation provisoire de vente (APV) du CPAC ;

    Ils sont placés sous la tutelle du Ministère en charge de l'agriculture de chaque pays membre du CPAC et leurs attributions sont aussi les mêmes. »29

    Si les CNGP jouent un rôle charnière entre le CPAC à travers l'Autorité phytosanitaire Nationale, nombreux sont encore certains Etats-membres à ne pas mettre en place leurs comités Nationaux à l'exception du Tchad qui a créé le sien le 9 février 2009 et la RCA le 2 septembre de la même année. Alors, comment s'effectue le contrôle phytosanitaire au niveau national? C'est à cette interrogation que répond le dernier document de cette rubrique.

    Le dernier document de cette thématique est un texte officiel. Il s'agit de l'Arrêté ministériel portant affectation des fonctionnaires du Ministère de développement rural et de l'Agriculture dans les postes de contrôle phytosanitaires. D'après cet Arrêté ministériel, 22 postes de contrôle phytosanitaire sont créés à travers le pays. Ces postes de contrôle phytosanitaire qui travaillent en étroite collaboration avec le CNGP/RCA et la Cellule CPAC/RCA, ont pour attribution d'aider à assurer une sécurité alimentaire de la population. Ils rendent compte de leurs activités à l'Autorité Phytosanitaire Nationale.

    29 CEMAC, Directive la nature, la composition, l'organisation, le financement, les attributions et les activités des comités nationaux de gestion des pesticides, Yaoundé, 2008, P. 25

    Le dernier document-ci met un terme à ce sous-chapitre consacré à la revue de la littérature. Le prochain paragraphe est réservé à la problématique de la recherche.

    1.4. La problématique de la recherche.

    La République Centrafricaine est un pays pauvre dont l'économie est basée sur l'exportation des matières premières (coton, café, bois, diamants, etc.). Selon le DSRP, l'agriculture représente 56,6% du PIB et emploie près de 80% de la population active.30 Parmi les cultures de rentes du pays destinées à l'exportation, le coton figure en bonne place. En effet, cette culture qui se pratique uniquement en zone de savane est exploitée dans les préfectures de : l'Ouham, l'Ouham-Péndé, la Nana-Gribizi, la Ouaka et une partie de la Basse-Kotto. Ces préfectures qui exploitent le coton concentrent un fort taux de densité de la population du pays. Pour les habitants de ces régions, cette culture constitue une source de revenu non négligeable.

    Botaniquement, le cotonnier en latin, Gossypium, appartient à la famille des malvacées, dont sa fleur à l'aspect caractéristique. Dans cette famille des malvacées, le cotonnier a pour cousin géant l'arbre à Kapok qui, lui aussi produit une fibre duveteuse, mais d'un usage limité. Pour sa production, le cotonnier a besoin de sols de bonnes qualités. Pourvue d'une longue racine dont la longueur dépasse parfois le double ou le triple de la hauteur de la plante, il lui faut une terre profonde et perméable. Ce qui justifie la culture attelée dans ces zones cotonnières.

    Craignant l'humidité stagnante qui favorise les maladies, des moisissures et le pullulement des insectes ravageurs, il lui faut une terre bien drainée. Développant en quelques mois une végétation arbustive relativement importante, il lui faut une terre fertile. La culture du cotonnier est parmi les plus épuisantes pour les sols et pour les paysans du fait de son entretien continu. Pour toutes ces raisons, les terres d'élections du cotonnier sont des terres riches et particulièrement les terres alluvionnaires. Il réussit néanmoins dans des terres moins généreuses mais exige alors, si l'on veut obtenir des rendements satisfaisants, un apport appréciable d'engrais organiques et chimiques.

    30 RCA: MINISTERE DU PLAN ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE, Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté 2008-2010, P. 1

    Le cycle de développement du cotonnier varie de cinq (5) à sept (7) mois, la levée de semis se situe du sixième au trentième jour, les premières fleurs entre cinquante et soixante et dix jours et le stade reproductif au-delà. Du fait de ce cycle, les exigences climatiques du cotonnier sont nettement plus précises que celles relatives au sol. Ne supportant pas la température inférieure à +5°c, la culture du coton ne peut se situer que dans les climats assurant une température supérieure à sept (7) mois durant.

    Par ailleurs, le cotonnier a besoin d'humidité, d'oxygène et les températures optimales se situent entre 11 et 25°c pour le barbandense et 15 à 35°c pour l'hirsutum. Des chaleurs excessives (au-delà de 37° à 38°c) et des sécheresses prolongées risqueraient de lui être fatal de même qu'une humidité permanente (l'optimum étant l'existence d'une humidité satisfaisante à la récolte).31

    De ces différentes données, on déduit aisément que la culture du cotonnier épuise notablement les sols, car elle ne peut que rarement être poursuivie plusieurs années sur les mêmes terres. C'est pourquoi les cotonculteurs font très souvent recourt aux techniques de l'assolement, plus ou moins régulier, mais plus fréquemment à l'assolement triennal comportant, outre le coton, une année de légumineuses et une année de céréale.

    En parlant des ennemies de cette plante, disons que le cotonnier comme tous végétaux, doit se défendre et être défendu contre de nombreux dangers et ravageurs : maladies et ravageurs. Les maladies ont souvent pour origine des bactéries, des champignons, des virus et des mycoplasmes qui s'attaquent à une partie ou une autre de la plante. Les maladies peuvent se manifester tout au long du cycle du cotonnier. Durant la germination, elles peuvent provoquer la fonte des semis ou des maladies des plantules.

    En effet, on dénombre à l'heure actuelle, plus de 1326 espèces d'insectes vivant aux dépens du cotonnier. Parmi les principaux ravageurs du cotonnier, on distingue généralement trois classes: les acariens, les diplopodes et la classe des insectes ou les ravageurs.32 La protection des cultures remonte aux temps les plus anciens. Parmi les

    31 (D) CHAIGNE : Le coton et l'industrie cotonnière~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1996, P.13

    32 Ibid., P.17

    procédées variées de lutte, on distingue : les moyens agronomiques, génétiques, biologiques et chimiques.

    En République Centrafricaine où la culture du coton a été introduite depuis l'époque coloniale, seule la lutte chimique aux conséquences souvent perverses, est utilisée comme l'unique moyen de protection efficace. En effet, huit mille tonnes (8000) tonnes de pesticides sont importées chaque année pour la protection de différentes cultures dont le coton.33 Une bonne protection en vue d'un meilleur rendement, exige cinq (5) traitements au moins. Si ces produits phytosanitaires d'une part présentent un avantage de protéger le cotonnier, mais d'autre part, ils représentent un danger potentiel pour leurs manipulateurs, la faune, la flore et l'environnement.

    Les pesticides sont faits pour détruire les indésirables, mais ils atteignent aussi les espèces non visées dont l'Homme également. Lors de l'épandage, seuls 1 à 2% des quantités d'insecticides et 5% des herbicides dispersés atteignent leurs cibles biologiques. Les 95 à 99% restants vont se déposer dans les sols, se disperser dans l'air, les eaux superficielles et profondes, se fixer dans les aliments et les organismes non-visés spécifiquement tels que l'Homme, et les animaux.

    Ainsi les insecticides comme le DDT, liposolubles, non biodégradables vont subir une bioamplification conduisant à des concentrations multipliées par des facteurs de plusieurs millions au sommet de ces chaînes alimentaires pour des durées de plusieurs dizaines d'année.34

    Par action indirecte, l'Homme se contamine à travers certains aliments consommés. En effet, certains produits animaux ou végétaux consommés sont bien connus de contenir des résidus des pesticides: bSufs, oranges, tomates, raisins, laitues, pommes de terre. Fort de ces démonstrations, nous comprenons par là qu'aucun individu n'est à l'abri des dangers que représentent les produits phytosanitaires pour la santé humaine.

    Dans la zone cotonnière de la RCA en général et en particulier à Bossangoa, force est de constater que certaines pratiques à risque liées aux pesticides agricoles

    33 Entretien accordé au responsable de la cellule coton, le 15 Décembre 2010, 11H30

    34 (C) CHASSARD-BOUCHAUD : ~~L'écotoxicologie~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1995, PP.74-75

    observées par certains cotonculteurs aux conséquences souvent néfastes, sont exercées sous l'effet de l'ignorance ou des mépris des dangers liés à ces pesticides ou encore sous le poids de la tradition.

    Ainsi, fort de ce qui précède, quelques interrogations méritent d'être soulevées : v' Comment les produits phytosanitaires sont-ils représentés par les cotonculteurs de Bossangoa ?

    Cette question principale ainsi soulevée, fait appel aux questions subsidiaires suivantes :

    v' Quelles sont les pratiques que les cotonculteurs de Bossangoa font des pesticides agricoles ?

    v' Ces pratiques respectent-elles les procédures et les normes en vigueur ?

    v' Quels sont les impacts socioéconomiques des pratiques dans la localité de Bossangoa ?

    v' Quelles sont les mesures à prendre pour réduire l'ampleur des pratiques non conformes aux normes dans la localité de Bossangoa ?

    Ces questions ainsi posées, nous conduisent à déterminer les objectifs liés à cette étude.

    1.5. Les objectifs de la recherche.

    Pour cette étude, nous nous sommes fixé deux types d'objectifs : l'objectif principal et les objectifs spécifiques.

    1.5.1. L'objectif principal.

    Notre objectif principal vise à :

    v' Montrer la perception ou la conception des cotonculteurs de Bossangoa à l'égard des produits phytosanitaires.

    1.5.2. Les objectifs spécifiques.

    Les objectifs spécifiques de ce travail vise à :

    v' Identifier les différentes pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires à Bossangoa.

    v' Vérifier si les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires auxquelles les cotonculteurs de Bossangoa se livrent sont en conformité avec les procédures et normes en vigueur.

    v' Mesurer les impacts socioéconomiques de ces pratiques dans la localité de Bossangoa ;

    v' Proposer des pistes de solutions visant à réduire l'ampleur des mauvais usages des produits phytosanitaires à Bossangoa.

    Les objectifs ainsi fixés, permettent de clarifier les hypothèses de la recherche.

    1.6. Les hypothèses de la recherche.

    Ici, nos hypothèses sont élaborées en fonction de l'ensemble des questions auxquelles l'obligation méthodologique de la recherche veut une réponse.

    1.6.1. L'hypothèse principale.

    v' Les produits phytosanitaires sont considérés par les cotonculteurs de Bossangoa comme des produits moins dangereux présentant aucun risque sanitaire et environnemental et utilisables pour la chasse et la pêche.

    1.6.2. Les hypothèses spécifiques.

    v' La protection des cultures, la pêche, la chasse et l'utilisation des emballages des pesticides agricoles pour conserver l'eau et les aliments sont les pratiques que font les cotonculteurs de Bossangoa des produits phytosanitaires.

    v' La réutilisation des emballages pour la conservation de l'eau et les aliments, l'utilisation pour la chasse et la pêche démontrent le non respect des normes et procédures en vigueur en matière de l'utilisation des pesticides agricoles.

    ü L'inefficacité de la protection du cotonnier, l'intoxication alimentaire et les problèmes de santé démontrent les impacts socioéconomiques des mauvais usages des produits phytosanitaires à Bossangoa.

    ü La sensibilisation de la population en général, l'encadrement techniques des paysans et l'utilisation d'Equipement de Protection Individuelle (EPI) lors des traitements par les cotonculteurs en particulier, constituent les moyens susceptibles de réduire l'ampleur des mauvais usages des produits phytosanitaires à Bossangoa.

    Ces hypothèses de recherche mettent ainsi, un terme à notre premier chapitre intitulé 'Le cadre théorique'. Le prochain chapitre est consacré aux considérations d'ordre méthodologique.

    CHAPITRE DEUXIEME : CADRE METHODOLOGIQUE

    Ce chapitre s'articule autour des principaux points suivants : la délimitation, les méthodes d'analyse, les techniques de collecte de données et les difficultés rencontrées lors de l'élaboration de ce travail de recherche et d'étude.

    2.1. Délimitation du champ d'étude.

    Compte ténu de l'immensité de l'étendue de notre terrain d'étude, nous avons procédé à la délimitation méthodologique pour faciliter ainsi le bon déroulement de cette étude. De ce fait, deux types de délimitation sont nécessaires à ce travail : la délimitation géographique d'abord et la délimitation sociologique ensuite.

    2.1.1. La délimitation géographique du champ d'étude.

    Un champ d'étude est l'espace où se déroule une enquête. Il s'agit de délimiter l'espace géographique à l'intérieur duquel l'enquête va se dérouler. Dans le cadre de ce travail, nous avons choisi la commune de Bossangoa du fait que cette localité abrite une usine d'égrainage de coton et de ce fait, une forte pratique de culture du coton s'y est très développée. Par conséquent, il nous est facile de vérifier l'impact de mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires auxquelles les cotonculteurs de ladite localité se livrent.

    En effet, Bossangoa le chef lieu de la préfecture de l'Ouham, est située au Nord à 305 Km de Bangui la capitale de la République Centrafricaine. Elle a été érigée en commune en mille neuf cent soixante (1960). Elle couvre une superficie de 13.052 Km2 et compte une population estimée à 45.397 habitants.35

    Cette commune est limitée au Nord par la sous-préfecture de Nana-Bakassa, au Nord-est par la commune de Koro-m'poko, au sud par la commune de Sougbé et à l'ouest par la commune de Ndoro-Mboli et de l'Ouham-Bac.

    La population de Bossangoa composée majoritairement de l'ethnie Gbaya, se réparti entre les quatre (4) Arrondissements que compte cette commune. Notre objet

    35 Monographie de la commune de Bossangoa, Novembre 2010, p.2

    d'étude est axé sur les représentations sociales et les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires : cas des cotonculteurs de Bossangoa. Cette commune étant vaste, cela nécessite d'importants moyens financiers, matériels et humains pour couvrir l'enquête toute entière. Ne disposant pas de tous ces moyens, nous avons jugé mieux enquêter auprès de deux principaux groupements situés respectivement chacun dans le troisième (3) et le quatrième (4) arrondissements. De ce fait, quelles sont les couches sociales directement concernées par cette étude ? La réponse à cette question fera l'objet de notre prochain paragraphe.

    2.1.2. La délimitation sociologique du champ de l'étude.

    Cette seconde forme de délimitation du champ d'étude consiste à circonscrire l'objet d'étude et à déterminer la population cible c'est-à-dire les individus ou groupes d'individus sociologiquement représentatifs qu'il faut toucher au moment de l'enquête sur terrain. Ainsi, l'enquête concerne t-elle directement les cotonculteurs de la commune de Bossangoa. Et plus indirectement, elle vise également les responsables de la Cellulecoton de l'ACDA, la cellule CPAC-RCA chargée de l'homologation des pesticides agricoles et le Médecin Chef de centre d'ophtalmologie de Bossangoa.

    Les informations fournies par les catégories des populations évoquées ci-haut, vont nous permettre de comprendre les représentations sociales et les pratiques des paysans liées à l'utilisation des pesticides agricoles. Par la même occasion, cela nous permettra de mesurer les impacts socioéconomiques des mauvaises pratiques de ces derniers vis-à-vis de ces produits chimiques.

    Notons que cette délimitation est faite en conformité aux objectifs que nous nous sommes fixé dans le cadre de cette recherche. Ainsi, après avoir procédé à la délimitation de notre champ d'étude, nous abordons dans le paragraphe prochain, la partie consacrée aux méthodes d'analyse.

    2.2. Le constructivisme structuraliste.

    Toute recherche scientifique s'appuie toujours sur une ou des méthodes, car la méthode permet au chercheur de comprendre afin d'analyser son objet d'étude. Ainsi, le choix d'une ou des méthodes d'analyse est toujours subordonné aux objectifs de ladite recherche. Pour ce travail, nous avons fait recours au constructivisme structuraliste de Pierre BOURDIEU.

    Modèle d'analyse en sciences sociales, le constructivisme structuraliste~~ est à la jonction de l'objectif et du subjectif. Pierre BOURDIEU, en effet, le définit de la manière suivante : « par structuralisme ou structuraliste, je veux dire qu'il existe, dans le monde social lui-même, [&] des structures objectives indépendantes de la conscience et de la volonté des agents, qui sont capables d'orienter ou de contraindre leurs pratiques ou leurs représentations. Par constructivisme, je veux dire qu'il y a une genèse sociale d'une part des schèmes de perception, de pensée et d'action qui sont sociales, en particulier de ce que j'appelle champs. »36 Dans cette double dimension, objective et construite, de la réalité sociale, deux notions clés se dégagent : habitus et champ.

    Selon Pierre BOURDIEU, le principe de l'action historique, celle de l'artiste, du savant ou du gouvernant comme celle de l'ouvrier ou du petit fonctionnaire, n'est pas un sujet qui s'affronterait à la société comme à un objet constitué dans l'extériorité. Il ne réside ni dans la conscience ni dans les choses, mais dans la relation entre deux états du social, c'est-à-dire l'histoire objectivée dans les choses, sous forme d'institutions, et l'histoire incarnée dans les corps, sous forme de ce système de dispositions durables qu'il appelle habitus. C'est donc la rencontre de l'habitus et du champ, de ~~l'histoire faite corps et de ~~l'histoire faite chose qui apparaît comme le mécanisme principal de production du monde social. C'est pourquoi en opérationnalisant ce concept pour des travaux empiriques, BOURDIEU évoque le double mouvement constructiviste d'intériorisation de l'extérieur et d'extériorisation de l'intérieur.

    36Extrait de (P) BOURDIEU : "Espace social et pouvoir symbolique ", dans Choses dites, Minuit, Paris, 1987, P.5 présenté par Bernard DANTIER sur www.lesclassiquesdessciencessociales.ca ; consulté le 22Mai 2011

    Pour Pierre BOURDIEU, le sociologue qui a eu le mérite d'avoir mis à jour ce concept, « l'habitus est un système de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structure structurante, c'est-à-dire en tant que principes générateurs et organisateurs des pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et de maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre, objectivement ~~réglées~~ et ~~régulière~~ sans être en rien le produit de l'obéissance à des règles et, étant tout cela, collectivement orchestrées sans être le produit de l'action organisatrice d'un chef d'orchestre »37

    Quant aux champs, celui-ci affirment qu'ils constituent la phase d'extériorisation de l'intériorité du processus. Le champ est une sphère de la vie sociale qui s'est progressivement autonomisée à travers l'histoire autour des relations sociales. Chaque champ est alors à la fois un champ de forces - il est marqué par une distribution inégale des ressources et donc un rapport de forces entre dominants et dominés - et un champ de lutte - les agents sociaux s'y affrontent pour conserver ou transformer ce rapport de forces. Chaque champ est caractérisé par des mécanismes spécifiques de capitalisation des ressources légitimes qui lui sont propres.

    Chez BOURDIEU, en effet, il y a une pluralité des capitaux (capital culturel, capital politique, capital économique, etc.) à l'opposée des ~~marxistes~~ où l'ensemble de la société est pensée d'abord autour d'une vision économique du capitalisme. De ce fait, il y a une représentation pluridimensionnelle ; l'espace social est composé d'une pluralité des champs autonomes, définissants chacun des modes spécifiques de dominations.

    Le structuralisme constructivisme ramené à notre sujet d'étude nous a permis d'une part de comprendre les représentations sociales et d'autre part d'analyser les pratiques phytosanitaires auxquelles nos enquêtés se livrent. Par analogie, les représentations sociales de nos enquêtés à l'égard des pesticides agricoles sont fonction de leur habitus. Le conflit ou la contradiction relevée dans ce champ provient des procédures et normes en vigueur par rapport à l'utilisation des produits phytosanitaires.

    37 Extrait de (P) BOURDIEU : Le sens pratique~~, Edition de Minuit, Paris, 1980, p.3 présenté par Bernard DANTIER; Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html , lu le 24 Mars 2011.

    Ces normes, bien entendu, sont extérieures sinon contraires à l'habitus collectif, généralement partagé dans notre zone d'étude. C'est ce qui explique le recours aux mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires auxquelles la population de Bossangoa, notre terrain d'étude, s'adonne.

    Pour finir, disons que la confrontation entre les normes sociales locales en vigueur et les procédures et normes internationales en vigueur derrières lesquelles se trouvent des agents sociaux, rend difficile la lutte phytosanitaire en RCA en général et à Bossangoa en particulier. Ceci étant, nous passons aux techniques de collecte de données.

    2.3. Les techniques de collecte de données.

    En sciences sociales, il existe plusieurs outils ou techniques d'investigation permettant ainsi de collecter des informations sur terrain. Pour mieux recueillir et analyser le discours de nos enquêtés autour de notre objet d'étude, nous avons fait recours aux techniques de collecte de données suivantes : la pré-enquête, la recherche documentaire, l'observation préparée, l'échantillonnage, les entretiens, le questionnaire et le dépouillement des données du questionnaire.

    2.3.1. La pré-enquête.

    La pré-enquête est une étape préalable et essentielle au commencement de toute recherche sur terrain. Elle permet de juger de la pertinence et de la clarté des questions formulées. Aussi est-il que son intérêt réside dans la connaissance du milieu d'abord et ensuite de l'ensemble social sur lequel l'enquête se porte.

    En effet, au cours de notre pré-enquête, nous avons pris attache avec différents responsables de différentes structures qui sont directement ou indirectement concernées par notre étude. Nous pensons au Directeur de la cellule coton de l'ACDA (Bangui), au Directeur de protection des végétaux au Ministère de l'Agriculture et du développement rural, au Directeur de la cellule coton de l'ACDA à Bossangoa et le médecin chef de centre d'ophtalmologie de Bossangoa.

    A ces différentes personnalités, nous nous sommes présenté avec notre sujet de recherche. Ceux-ci nous ont reçu et nous ont fourni des informations utiles liées à notre objet d'étude. Ces informations nous ont été utiles et nous ont permis d'aborder sereinement notre terrain d'étude.

    2.3.2. La recherche documentaire.

    Tout travail de recherche prend généralement appui sur des travaux existant. Pour nous permettre de mieux appréhender notre sujet d'étude et de recherche, nous avons lu et consulté un certains nombre d'ouvrages susceptibles de nous fournir des éléments d'informations en relation avec la recherche entreprise.

    Cette documentation est le fruit de notre fréquentation dans les bibliothèques, la consultation des ouvrages généraux et spécifiques, des ouvrages méthodologiques, des mémoires, des documents officiels, des écrits de presse et des fichiers électroniques (sites internet) ayant trait au sujet de notre étude.

    2.3.3. L'observation.

    Nous avons fait usage de l'observation préparée. Ce type d'observation consiste à préparer d'avance ce que l'on veut observer. Cette technique nous a permis d'observer la manière dont les cotonculteurs représentent les pesticides agricoles. Par la même occasion, nous avons pu observer nous même certaines pratiques locales liées aux pesticides agricoles. Elle consiste également à observer et à recueillir des données relatives aux faits à observer.

    L'observation à elle seule ne nous permet pas de mesurer l'impact socioéconomique de l'usage et des pratiques liées aux pesticides agricoles par les paysans à Bossangoa. C'est pour cette raison que nous avons jugé mieux recourir aux entretiens.

    2.3.4. Les entretiens.

    Les entretiens font partie des techniques qualitatives d'investigation en sciences sociales. Tout comme les autres techniques de collecte de données, l'entretien semidirectif a pour but de recueillir des informations auprès des enquêtés sur un problème donné. Dans le cadre de ce présent travail, nous avons fait usage des entretiens semidirectifs. En effet, lors de nos différentes rencontres avec les personnes ressources, nous nous sommes entretenu avec celles-ci. Ces différents entretiens ont été rendus possibles grâce aux supports appelés Guide d'entretien~~.

    Afin de nous permettre de bien cerner notre objet d'étude pour mieux l'expliquer, nous nous sommes entretenu avec :

    ü Madame la Coordonatrice Nationale du Comité Inter-état des pesticides d'Afrique Centrale.

    ü Monsieur le Directeur des opérations à la cellule coton (ACDA, Bangui);

    ü Le chef d'exploitation de l'usine d'égrainage de coton graine de Bossangoa ; ü Le Secrétaire Général de la Mairie de Bossangoa ;

    ü Le médecin chef de centre d'ophtalmologie de Bossangoa.

    Notons que les guides d'entretien adressés à ces différentes personnalités comportent chacun, des différentes thématiques toutes liées aux objectifs de notre recherche. Ainsi, voici comment ces guides d'entretien sont structurés:

    a) Guide d'entretien adressé à Madame la Coordonnatrice Nationale du Comité Inter-état des pesticides en Afrique Centrale.

    Notre entretien avec Madame la Coordonatrice s'est organisé autour des thématiques suivantes : l'historique de la cellule CPAC-RCA, l'organigramme de la cellule CPAC-RCA, le fonctionnement de ladite cellule, son but, sa relation avec la cellule coton (ACDA), la modalité de contrôle phytosanitaire et de l'homologation des pesticides, l'effectif des postes de police phytosanitaires et les principales difficultés et perspectives.

    b) Guide d'entretien adressé au Directeur des Opérations à la cellule coton (ACDA, Bangui).

    Avec le Directeur des opérations de la cellule coton, notre entretien s'est organisé autour des thématiques suivantes : l'historique de la cellule coton, son organigramme et son fonctionnement, le mécanisme d'importation et de distribution des pesticides agricoles, les risques et prévention liés aux pesticides agricoles et enfin, les principales difficultés et perspectives de la cellule coton.

    c) Guide d'entretien adressé à l'Adjoint au Chef d'Exploitation de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa.

    Quant au chef d'exploitation de l'usine d'égrainage du coton de Bossangoa, les points suivants ont fait l'objet de notre entretien : historique de la création de l'usine de Bossangoa, la culture du coton, les types de pesticides utilisés pour cette culture, la gestion du stock et des emballages des pesticides et les difficultés et perspectives de ladite usine.

    d) Guide d'entretien adressé au Secrétaire Général de la mairie de Bossangoa.

    Pour le Secrétaire général de la mairie de Bossangoa, l'essentiel de notre entretien s'est organisé autour de : l'historique de la ville, le découpage administratif de la ville, les associations et les groupements agricoles et les efforts de la municipalité pour la lutte contre les mauvaises pratiques phytosanitaires auxquelles les cotonculteurs de ladite ville se livrent.

    e) Guide d'entretien adressé au Médecin Chef de centre d'ophtalmologie de l'hôpital de Bossangoa.

    L'interview accordée au médecin chef de centre d'ophtalmologie de Bossangoa a tourné autour des principaux points suivants : la toxicité des pesticides, les risques sanitaires et environnementaux, les conséquences d'ingestion de ces produits sur l'organisme humain, les mesures préventives et curatives, les difficultés et perspectives dudit centre.

    Les différents guides d'entretien ainsi présentés, nous passons à l'autre technique de collecte de données qui est le questionnaire.

    2.3.5. Le questionnaire.

    Pour ce qui est du questionnaire, il n'a été adressé rien qu'aux cotonculteurs, membres des groupements exploitant du coton. En effet, ce questionnaire nous a permis de recueillir les discours des exploitants du coton sur les pesticides agricoles. Il nous a également permis de comprendre les attitudes et les pratiques ou usages que ces derniers font de ces produits chimiques.

    Ainsi, notre questionnaire contient six (6) rubriques dont :

    I. Identification des enquêtés,

    II. Les représentations sociales des produits phytosanitaires ;

    III. Les pratiques liées à l'utilisation des pesticides agricoles ;

    IV. Le respect des procédures et normes en vigueur ;

    V. Les impacts socioéconomiques de ces pratiques ;

    VI. Les solutions à envisager.

    Notre questionnaire comporte un ensemble de vingt et six (26) questions dont vingt cinq (25) questions fermées et une question ouverte. Pour nous permettre de bien identifier nos enquêtés, nous avons retenu à cet effet, cinq variables à savoir : Sexe, âge, niveau d'instruction, situation matrimoniale et le niveau de revenus.

    Pour nous permettre de procéder à l'analyse, nous avons croisé certaines variables sociodémographiques avec les réponses des enquêtés :

    Nous avons croisé la variable Niveau d'instruction avec la question n°9 : « Quel est le degré de risque que les pesticides agricoles représentent pour la santé humaine ? » ce croisement a pour but de nous aider à comprendre comment nos enquêtés perçoivent-ils le degré de risque des pesticides selon leur niveau intellectuel.

    Aussi est-il que nous avons croisé la variable sexe avec la question n°18 : « Après les traitements, que faites-vous des emballages ? » Le but d'un tel croisement est de nous montrer les différents usages que font nos enquêtés des emballages des pesticides. Les usages des emballages varient en fonction du sexe.

    Un autre croisement concerne la variable niveau d'instruction et la question n°12 : «Lors des traitements, utilisez-vous toutes la quantité du liquide ? » L'intérêt de ce croisement est de nous permettre de voir l'opinion des enquêtés sur l'utilisation de la quantité du liquide reçu.

    Egalement nous avons croisé la variable niveau de revenus à la question n°13 : « Pourquoi gardez-vous le reste de ce liquide ? » Ce croisement nous permet de vérifier si se sont nos enquêtés qui ont un faible revenus qui préfèrent garder une quantité de pesticide afin de revendre ou de chasser ou encore de pécher avec.

    Aussi est-il que nous avons croisé la variable niveau d'instruction avec la réponse à la question n°7 : « Pour vous, les pesticides agricoles sont-ils destinés pour quels usages ? » Ce croisement nous permet d'apprécier les différents usages que les cotonculteurs font des pesticides agricoles selon la perception de leur niveau d'instruction.

    Le dernier croisement, c'est celui de la variable sexe avec la question n°7 : «Pour vous, les pesticides sont-ils destinés pour quels usages?» Nous avons effectué ce croisement dans l'intérêt d'apprécier le niveau de perception de différents usages possibles que l'on peut en faire avec les pesticides agricoles. Ces différents usages varient en fonctions du sexe.

    Ainsi, ce dernier croisement met un terme à ce paragraphe consacré au questionnaire. Le prochain sous point sera réservé à l'échantillonnage.

    2.3.6. L'échantillonnage.

    Nous avons opté pour la technique d'échantillonnage stratifié simple. Cette technique consiste à diviser la population mère en sous-population appelée strate. Chaque strate est traitée comme sous ensemble dont est extrait un échantillon38. Ainsi dans la pratique, un même taux de sondage est fixé et appliqué à chaque strate sans tenir compte de l'importance de l'une ou de l'autre strate qui constitue l'univers de l'enquête. L'objectif est de donner la chance à chacune des populations concernées

    38 MOGBA (Z) et MOUKADAS (N) : Eléments pratiques de méthodologie à l'usage des étudiants en sciences sociales, Bangui, Avril, 1995, P.15

    d'appartenir l'échantillon et de même, d'avoir la chance d'être interrogées lors de l'enquête proprement dite.

    Dans le cadre de ce travail, l'étude porte sur seize (16) Groupements d'Intérêts Ruraux appelé GIR que compte la zone de Bossangoa centre. L'ensemble de ces groupements, donne un total de deux mille trois cent dix huit (2318) planteurs (hommes et femmes confondus). A ces groupements que nous considérons comme des strates, nous avons choisi un taux de sondage unique qui est de cinq (5) pourcent. Ce qui nous a conduit à un échantillon de cent seize (116) individus à interroger d'après le tableau cidessous. Pour ce qui est du choix de notre taux de sondage, disons que celui-ci est tributaire de nos possibilités financières et matérielles.

    Tableau 1: Construction de l'échantillon

    N°

    GIR

    Effectif

    Taux de

    sondage

    Total

    01

    Karré

    115

    5%

    5.75

    02

    Ngambaye

    300

    5%

    15

    03

    Kouanga

    98

    5%

    4.9

    04

    Pont-Ouham

    395

    5%

    19.75

    05

    Gbandoko

    90

    5%

    4.5

    06

    Bofango

    138

    5%

    6.9

    07

    Soumgbé

    95

    5%

    4.75

    08

    Bodaro

    225

    5%

    11.25

    09

    Zéré

    225

    5%

    11.25

    10

    Bodio- Kota

    170

    5%

    8.5

    11

    Solidarité

    0

    5%

    0

    12

    Régulier

    0

    5%

    0

    13

    Kango

    140

    5%

    7

    14

    Carrière

    142

    5%

    7.1

    15

    Kana

    75

    5%

    3.75

    16

    Gbakaba

    80

    5%

    4

    Total

    2318

    5%

    116

    Source : Cellule coton

    2.3.7. Le dépouillement du questionnaire.

    Le dépouillement est l'ensemble des opérations de comptage des réponses permettant de connaître les résultats d'une enquête. C'est une technique quantitative de collecte de données. Il existe à cet effet, deux modes de dépouillements : le dépouillement manuel et le dépouillement informatisé.

    Dans le cadre de ce travail-ci, précisons que nous avons procédé au second type de dépouillement à savoir celui fait à l'aide des outils informatiques. A cet effet, deux logiciels ont été mis en contribution pour rendre disponibles les résultats de cette enquête :

    ü STATA 7.0, pour l'entrée et l'analyse statistique des données recueillies de l'enquête et la construction des tableaux;

    ü MICROSOFT EXCEL, pour générer des tableaux et graphiques conformément aux différents croisements de variables.

    Le dépouillement ainsi fini, nous passons au dernier paragraphe de ce chapitre qui est consacré aux principales difficultés rencontrées lors de ce travail de recherche et d'étude.

    2.4. Difficultés rencontrées.

    Tout travail de recherche scientifique est toujours émaillé de difficultés. Pour nous donc, il convient de préciser des séries de difficultés qui ont été rencontrées à divers stades de l'évolution ou de rédaction du travail.

    D'abord, les difficultés d'accès aux sources d'informations et à la documentation. A cet effet, il convient de relever le grand constat général selon lequel, l'Administration publique a souvent l'habitude de ne pas mettre à jour ou d'actualiser ses archives. En plus de cela, la méfiance qu'ont certains cadres de cette administration vis-à-vis des étudiants chercheurs que nous sommes.

    Ensuite, les difficultés d'accès aux données chiffrées à notre sujet d'étude. La plupart de ces données ou rapports d'activités sont souvent ténus à l'écart de nous chercheurs, ceci, pour des raisons que nous ignorons encore.

    Enfin, les difficultés matérielles et financières qui nous ont beaucoup retardé dans l'évolution de la rédaction de ce présent travail.

    En dépit de toutes ces difficultés, nous avons su les contourner d'une manière ou d'une autre pour enfin, finaliser cette rédaction.

    De ce fait, nous allons aborder le chapitre troisième qui porte sur la présentation de notre terrain d'étude.

    CHAPITRE TROISIEME : PRESENTATION DE LA COMMUNE DE BOSSANGOA.

    Ce chapitre présente le champ où cette étude se déroule. Il s'articule autour des points suivants :

    ü Aperçu géographique et historique de la commune de Bossangoa, ü Présentation de la culture du coton et de l'usine d'égrainage,

    ü Les structures intervenant dans la chaine de lutte phytosanitaires en RCA.

    3.1. Aperçu géographique et historique de la commune de Bossangoa.

    Cette première sous partie comporte des sous points suivants : la situation géographique, l'aperçu historique, l'organisation politique et administrative, les données socio-économiques et les données socioculturelles.

    3.1.1. Situation géographique.

    La commune de Bossangoa est le chef lieu de la Préfecture de l'Ouham. Elle couvre une superficie de 305km2 et est limitée du Nord au Sud par le Sous-préfecture de Nana-Bakassa et de l'Ouest à l'Est par celles de Bouca et de Bozoum. La souspréfecture de Bossangoa comporte six (6) communes dont celle de Bossangoa centre, celle de Soungbé, de Koro-M'poko, de l'Ouham-Bac, de Ben-Zambé et celle de Ndoromboli39.

    Quant à la pluviométrie, la commune de Bossangoa bénéficie d'une pluviométrie d'une moyenne annuelle de 1500mm. La température annuelle reste dans l'ensemble élevée. C'est ainsi qu'on observe entre les mois de Janvier et Mars une température de 40°c à l'ombre. Toutefois, cette température varie entre le jour et la nuit.

    En outre, le cours d'eau le plus important qui desservie la commune de Bossangoa, c'est la rivière Ouham, long de plus de 380 km qui a donné son nom à la Préfecture. Elle prend sa source dans le massif du Yadé à 1200 km d'altitude et est très poissonneuse. Cf. Carte de la Préfecture de l'Ouham, Annexes VIII et IX, page 123.

    39 Monographie de la commune de Bossangoa, Novembre 2010, P.2

    3.1.2. Aperçu historique.

    Le groupe Gbaya était venu de la région de l'Adamaoua au Cameroun puis s'installa dans cet espace centrafricain au XIXème siècle. Le terme 'Gbaya' signifie 'frères' ; ce qui se traduit par l'esprit de solidarité et de liberté constaté au sein de ce groupe.

    En fait, 'Bossangoa' est un mot gbaya dont la traduction veut dire 'cité des pierres dures'. Car à l'époque, le chef de cantonnement s'appelait 'Zangoa' ; celui-ci régnait en maître absolu car il était un grand guerrier redoutable avant les indépendances. C'était sur ses instructions qu'on organisait des guerres tribales40.

    3.1.3. Organisation politique et administrative.

    Selon la politique de décentralisation et de régionalisation instituée par la constitution du 14 Janvier 1995 et la Loi n°96.013 du 13 Janvier 1996, la commune de Bossangoa située dans la préfecture de l'Ouham est inscrite dans la Région Administrative n°3 et est en même temps le chef lieu de ladite région.

    Sur le plan administratif, le milieu social étudié est placé sous l'autorité d'un préfet qui assure la conduite générale des affaires politico-administratives de sa localité de juridiction. Après lui, vient le Sous-préfet chargé d'animer la vie économique et politique de la localité. Selon cette hiérarchie toujours, vient le président de la délégation spéciale de ladite commune avec tous les membres qui travaillent en collaboration avec les chefs de groupes, des quartiers et villages.

    Du côté des organisations politiques, il existe une pluralité de partis politiques qui concourent à l'expression démocratique et à la gestion du pouvoir. Ainsi, les formations politiques les plus représentées à Bossangoa sont : KNK, MLPC, PSD, PDCA, PNCN, PUN.

    3.1.4. Données socio-économiques.

    Le constat montre que la Sous-préfecture de Bossangoa semble être le grenier du pays. Car l'agriculture y est pratiquée de manière intensive. Les activités agricoles sont inhérentes à la saison des pluies qui se déroule d'Avril en Octobre. En outre la culture vivrière couvre une gamme de produits dont le mil, le sorgho, le maïs, la patate, la banane, le manioc, l'arachide, etc.

    Cependant, le coton l'unique culture de rente de la commune de Bossangoa constitue une source considérable de revenus pour toute la paysannerie puisqu'elle se pratique en groupement sur de vastes parcelles. C'est pourquoi certains n'hésitent pas à appeler cette culture comme 'l'or blanc' de ladite localité. L'arachide réservée à l'autoconsommation pourra être exportée. L'implantation de la culture attelée est prometteuse pour ce milieu à vocation pastorale.

    Quant à l'élevage, disons que la population s'adonne également à cette pratique. Ainsi, l'élevage des gros bétails (bovin) pratiqué le plus souvent par les pasteurs Peuhl 'Mbororo' est aussi pratiqué par la population autochtone en plus de l'élevage de caprins, porcins et quelques volailles.

    Pour ce qui est de la chasse et de la pêche souvent destinées à la consommation, elles sont pratiquées le plus souvent à la saison sèche. Quant à l'artisanat, il occupe une place importante par la gamme de ses produits : travail de cuir (tam-tam), les forges (instruments de culture, de chasse), la sculpture sur le bois (pirogue, statuettes), poteries, la vannerie (natte, corbeilles, nasses).

    En ce qui concerne le commerce dans la sous-préfecture de Bossangoa, on en distingue deux types: le commerce général et celui des services. Le premier type concerne la vente de produits de premières nécessités et la vente des produits vivriers (agricoles). Pour le second type, il est tenu essentiellement par les sociétés de téléphonies mobiles à savoir : Moov, Azur, Orange, et Télécel qui s'y sont implantées.

    La commercialisation des produits tels que : savon, café, huile d'arachide n'est tenue que par les commerçants musulmans à majorité étrangers qui ont construit des boutiques le long des quartiers populaires.

    Les commerçants autochtones sont pour la plupart des vendeurs ambulants et sont appelés en Sango des ~~Boubanguéré~~. Pour ce qui est des produits vivriers comme le manioc, le riz, le maïs, l'arachide et les légumes, ils sont commercialisés par les producteurs eux-mêmes aux marchés et parfois par les femmes revendeurs auprès des femmes commerçantes qui se déplacent à la recherche des produits agricoles et généralement connues sous l'appellation des 'Wali-gara'.

    Pour ce qui est de la fourniture en énergie, celle-ci est assurée par la société de distribution du courant en Centrafrique, l'ENERCA. Cette société est chargée de la production, de la commercialisation et de la distribution du courant électrique. En parlant des marchés, disons qu'il y a deux types: les marchés journaliers et les marchés périodiques ou hebdomadaires.

    3.1.5. Données socioculturelles.

    A ce niveau, il faut remarquer l'inégale répartition de la distribution des ressources en eau potable. En plus la faiblesse de la couverture sanitaire qui peut s'expliquer par l'insuffisance des infrastructures sanitaires et en moyens logistiques favorisant ainsi l'extension de nombreuses maladies. Du point de vue endémique, les maladies les plus courantes sont le paludisme, les maladies diarrhéiques, les parasitoses. Quant à la tuberculose, elle est en recrudescence faute de médicaments. L'onchocercose et la trypanomiase sont présentes sans oublier le cas du VIH/SIDA.

    Sur le plan éducatif, on constate une carence en infrastructures scolaires. Les infrastructures existantes sont pour la plupart celles que le pays a hérité de la colonisation. Cette situation a une incidence sur le taux ou l'effectif des élèves et écoliers par classe. L'autre aspect, c'est l'éloignement qui occasionne un fort taux d'absentéisme dans les établissements scolaires. A ces problèmes, nous pouvons citer, la famine, l'insuffisance en matériels pédagogiques et en personnels enseignants.

    Dans le domaine de transport, le mode de transport est constitué des transports aériens, routiers et les taxis-motos plus utilisés dans le centre urbain. Le secteur équipement et transport peinent à réhabiliter les pistes rurales de Bossangoa ce qui rend certaines localités plus enclavées que d'autres. Cette situation empêche les paysans à

    écouler leurs récoltes d'une part et d'autre part à pouvoir s'approvisionner en produits de premières nécessités.

    3.2. Présentation de la culture du coton et de l'usine d'égrainage du coton.

    La deuxième partie de ce chapitre est consacrée aux points suivants : la présentation de la culture du coton et de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa.

    3.2.1. Présentation de la culture du coton.

    La culture industrielle du coton, comme nous l'avons déjà souligné un peu plus haut, fut introduite en Centrafrique, ex-territoire de l'Oubangui Chari en 1925 dans la région de Bangassou. Pour l'Administration coloniale de l'époque, il fallait à tout prix trouver une production susceptible de remplacer celle du caoutchouc dont les cours s'effondraient.

    Pour cela, le coton semblait le mieux. Félix EBOUE, Chef de circonscription de M'BOMOU fut parmi les premiers à promouvoir cette culture cotonnière. C'est dans le même élan de promotion de cette culture du coton qui a fini par gagner tout le sud-ouest et une partie de l'est du pays que l'usine de Bossangoa a été créée avec la mise place des sociétés cotonnières privées qui se sont constituées telles que : COTONFRANC, COTONAF, la Compagnie Cotonnière du Haut-Oubangui et la COMOUNA.

    La culture du coton s'étend sur plusieurs mois et comprend plusieurs étapes selon le calendrier cultural du coton que nous avons reconstitué à cet effet.

    Tableau 2: Calendrier cultural du coton.

    Mois de l'année

    Activités

    Jan

    Fév.

    Mars

    Avril

    Mai

    Juin

    Juil.

    Août

    Sept

    Oct.

    Nov.

    Déc.

    Durée

    Choix de la

    parcelle

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Mois

    Piquetage de

    la parcelle

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Défrichement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    4 mois

    Laboure (Manuel,

    Attelé ou

    Chimique)

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Préparation du sol

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Semis

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    20 jours

    Entretien 1er

    Sarclages

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    14 jours

    2e Sarclage

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    3e Sarclage

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    Buttage

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    4e Sarclage

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    1er Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    1 jour

    2e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    3e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    4e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    5e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    6e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    7e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Idem

    8e Traitement

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    1 jour

    Déhiscence des capsules

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Récolte

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Transport et

    stockage au

    village

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    2 mois

    Vente à crédit

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    4 mois

    Source: Entretien sur le terrain avec le staff de la cellule-coton de Bossangoa.

    3.2.1.1. Etape du cycle végétatif du cotonnier.

    La culture du coton comprend plusieurs étapes. Son cycle végétatif aussi a plusieurs phases. Ainsi, après le choix de la parcelle, le piquetage, le défrichement, le laboure et la préparation du sol, il faut procéder au semis du cotonnier. Après le semis, le cycle cotonnier se présente de la manière suivante :

    a) Du semis à la levée du graine du sol : 5 à 6 jours ;

    b) Phase végétative, la plantule porte des feuilles : 45 à 60 jours

    c) Phase de fructification, apparition des boutons floraux : 45 à 60 jours ;

    d) Apparition des fleurs, 60 à 90 jours ;

    e) Apparition des capsules vertes : 90 à 120 jours ;

    f) La déhiscence ou ouverture des capsules: 120 jours et plus41.

    Notons que ces différentes phases du cycle végétatif du cotonnier sont aussi marquées par certaines activités telles que : les sarclages et les traitements pesticides, fongicides et herbicides. Ces activités rentrent en ligne de compte de l'entretien du cotonnier.

    3.2.1.2. Entretien de la culture du cotonnier.

    L'entretien de la culture du coton passe par les sarclages et les traitements pesticides. Ceci, dans le but d'assurer une bonne croissance et une bonne protection à la plante en vue de l'obtention d'un bon rendement à l'hectare.

    Dans le cas d'un labour manuel ou attelé, le premier sarclage a lieu deux (2) semaines après le semis du cotonnier. Mais dans le cas d'un labour chimique, c'est-àdire fait à base des herbicides ou désherbant chimique comme c'est le cas pour la première fois cette année dans notre zone d'étude, le premier sarclage a lieu trente (30) jours après que le coton ai été semé. Le nombre de sarclage varie d'un champ de culture donnée à un autre. Ainsi, en fonction de l'état de salissement du sol, un planteur peut faire deux (2) à quatre (4) sarclages. Mais deux sarclages minimums sont recommandés.

    41 Entretien réalisé avec l'Adjoint au Chef d'Exploitation de l'usine de Bossangoa le 28/7/2011 à 11h50min.

    Quant aux traitements à l'insecticide qui vise à protéger la plante contre les indésirables, la première phase commence avec l'apparition des boutons floraux.

    Ainsi, ils deviennent des activités de routine car ils reviennent tous les quatorze jours (14) à partir du premier traitement et s'arrêtent avec la déhiscence des capsules qui vient clore le cycle végétatif de la plante. En fonction des régions et de l'humidité, il est conseillé de faire cinq (5) traitements minimums ou huit (8) maximums.

    3.2.2. Présentation de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa.

    L'usine d'égrainage de Bossangoa comprend deux grands ensembles, l'Interface ou le service de production et le service industriel aux côtés desquels nous avons la Direction de l'usine où travaillent le personnel et les maisons d'habitation pour les cadres de l'usine.

    a) L'interface ou service de production.

    Le service de production est placé sous la responsabilité du Chef de poste et de son adjoint. Ceux-ci travaillent en étroite collaboration avec les gestionnaires qui, eux sont en contact avec les paysans. Ce service a pour vocation la gestion et la formation des paysans sur les techniques culturales et leur organisation en groupement des producteurs. Ce service a un grand entrepôt dans lequel sont stockés des intrants agricoles, les pesticides, les appareils de traitements destinés à être envoyés dans les groupements villageois pour utilisation.

    b) Le service industriel.

    La seconde composante de cette usine comprend une chaine : le Pont bascule, les silos, l'usine proprement dite et le laboratoire des fibres cotonnières. Le Pont Bascule est le point de départ de tous les véhicules à destination des groupements villageois et aussi le point d'arrivé de ces véhicules en provenance de ces groupements des producteurs. C'est l'endroit où on fourni du carburant aux véhicules et on prend leur poids avant le départ et à l'arrivée. Cette opération permet d'avoir le poids net du coton graine en provenance des GIR.

    Après le pont bascule où le véhicule est pesé, celui-ci vient décharger son contenu (coton graine) dans les silos. Les silos sont des grands magasins de stockages

    des cotons graines. Ces silos au nombre d'une demi douzaine, sont tous reliés à l'usine d'égrainage par des grands tuyaux appelés des « aspirateurs ». Les aspirateurs servent de relais entre les silos et les égraineuses. Car c'est par eux que le coton-graine transite pour arriver aux égraineuses.

    Arrivé à l'usine, les fibres du coton sont séparées des graines par les égraineuses (3). Les graines sont acheminées dans un autre entrepôt où une partie sera conditionnée pour être cultivées la campagne suivante et une autre partie (mauvaise qualité) sera jetée à la sortie Nord de la ville à la merci des maraîchers. C'est là où les fabricants des galettes viennent chercher les gossypiums ou le tourteau pour en faire des galettes appelées ~~TOTOROTO~~ en langue locale qu'ils vendent aussi sur le marché.

    Quant aux fibres, elles sont entassées, damées et attachées en balles de 220 Kilos. Les balles ainsi attachées, on prélève les échantillons de fibres sur chacune d'elles. Les échantillons de fibres prélevés sont automatiquement envoyés au laboratoire des fibres.

    Au niveau du laboratoire des fibres, le travail consiste à évaluer la longueur de la fibre à partir de l'échantillon prélevé afin d'émettre des informations précises partant desquelles le coton sera vendu. La technique la plus utilisée à cet effet, c'est la technique de pooling. Cette technique qui n'a pas besoin d'un grand appareil de mesure, consiste à tirer sur les fibres par la main jusqu'à avoir une longueur irréductible. Dans ce laboratoire où ~~l'acte de naissance~~ de la balle du coton est établit les informations suivantes sont établies et mises sur la balle comme étiquette pour être exportées ensuite. Il s'agit de :

    v' Le numéro de sortie de l'usine ;

    v' Le poids brut à la sortie;

    v' Heure de sortie;

    v' Le millésime ou l'année de production ou d'égrainage,

    v' La provenance;

    v' La longueur de la soie pooling (fibre);

    v' La variété du coton cultivé.

    Cette présentation met un terme à la chaine de production et d'égrainage de coton. Cependant, il convient de parler des sources d'énergie de cette usine. A cet effet, l'usine de Bossangoa dispose de trois (3) générateurs de capacités variables. Deux groupes électrogènes pour la période de production dont l'un est de 550 KWA et le second est de 500 KWA. Le dernier est de 33 KWA réservé pour l'éclairage uniquement en période post production. Quant aux deux premiers, ils sont mis en marche de manière alternative et de ce fait, font une relève de 24h/24 pour ne pas interrompre la chaine de production.

    Pour la maintenance des matériels et engins utilisés, le complexe dispose d'un garage et d'un magasin pour les pièces de rechanges. Ce paragraphe vient clore ainsi ce chapitre. Le prochain sera, lui, consacré à la présentation des caractéristiques sociologiques des enquêtés ainsi que leurs représentations sociales des pesticides agricoles.

    CHAPITRE QUATRIEME : CARACTERISTIQUES SOCIOLOGIQUES DES ENQUETES ET LES REPRESENTATIONS SOCIALES DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES.

    Ce chapitre s'articule autour de deux principaux points : la présentation des enquêtés selon les variables sociodémographiques ainsi que leurs représentations sociales des produits phytosanitaires.

    4.1. Caractéristiques sociologiques des enquêtés.

    Ici, il est question de présenter nos enquêtés selon les variables que nous avons retenu lors de la phase de l'enquête. Il s'agit des variables: sexe, âge, niveau d'instruction, situation matrimoniale, appartenance religieuse et le niveau de revenu.

    4.1.1. Présentation des enquêtés selon la variable sexe.

    Le graphique ci-dessous nous présente les enquêtés dans leur diversité de genre.

    Figure 1: La variable sexe

    Masculin
    96%

    Variable sexe

    Féminin
    4%

    Source : Enquête sur terrain.

    Ce graphique nous montre d'après l'enquête que un total de (116) enquêtés, 4% seulement représentent la population féminine contre 96% de population masculine. Cette situation montre que la culture du coton, comme nous l'avons décrite dans le chapitre précédant, est une activité difficile qui demande d'ailleurs beaucoup de force. A cet effet, les femmes sont un peu en marge d'une telle activité aussi difficile.

    En plus de cela, il convient de dire que le faible taux des femmes planteurs est intimement lié au mode de production dans nos campagnes. En effet, le mode de production est familial c'est-à-dire, tout tourne autour de la famille en d'autres termes,

    l'unité de production c'est la famille. Le champ appartient à la famille et placé sous la responsabilité du père du foyer. A la fin de la campagne cotonnière, celui-ci se réserve le droit de récompenser son épouse ainsi que ses enfants ou ses parents.

    Aussi est-il que, généralement, les femmes aux villages ont plus d'activités supplémentaires (la préparation de la nourriture, prendre soins de la maison et des enfants, etc.) que les hommes. Cette situation laisse moins de temps à ces dernières d'être autonomes ou de cultiver seules leurs champs de coton.

    La variable sexe ainsi présentée, nous passons dans le paragraphe suivant à la présentation de nos enquêtés selon leur âge.

    4.1.2. Présentation des enquêtés selon la variable tranche d'âge.

    La figure ci-dessous nous présente la répartition des enquêtés selon leur tranche

    d'âge.

    Figure 2: La répartition des enquêtés par tranche d'âge.

    31%

    5%

    Tranche d'âge

    28%

    13%

    23%

    15 à 25 25 à 35 35 à 45 45 à 55 55 ans et plus

    Source : Enquête sur terrain.

    La figure ci-dessus présente la répartition des enquêtés par tranche d'âge. D'après cette répartition, les enquêtés de la tranche d'âge de 45 à 55 ans représentent 31% du total de la population interrogée. 28% ont un âge compris entre 35 à 45 ans ; 23% sont âgés de 25 à 35 ans ; 13% seulement sont âgés de 15 à 25 ans tandis que 5% ont un âge allant de 55 ans et plus.

    Une telle répartition laisse entrevoir que la culture du coton dans notre zone d'étude est pratiquée en majorité par des personnes mûres, pour ne pas parler des personnes en âges avancés. La culture du coton demande beaucoup d'investissements

    en énergies, en temps et en finances et de ce fait, elle mobilise le cultivateur toute l'année durant c'est-à-dire, depuis le choix de la parcelle jusqu'à la vente.

    Ainsi, le faible taux de participation des jeunes à cette activité, peut-il se justifier d'une part, par le fait que, ceux-ci ne sont pas socialement bien assis pour pouvoir entreprendre dans ce domaine et d'autre part, par le désintéressement de ces derniers au travail de la terre qui est le plus souvent vu par beaucoup d'entre eux comme une activité non rentable. A partir de telles considérations ou conceptions de l'agriculture, beaucoup des jeunes préfèrent se lancer dans d'autres activités plus lucratives telles que le commerce, la fabrication des ruches pour en récolter le miel et la cire qui se vend d'ailleurs à bon marché.

    Partant de ce constat, qui intellectuellement, s'intéresse à la culture du coton ? C'est l'objet du paragraphe qui suit.

    4.1.3. Présentation des enquêtés par leur niveau d'instruction.

    La figure qui suit, donne une vue sur le niveau intellectuel des enquêtés. Figure 3: La répartition des enquêtés selon le niveau d'instruction.

    Variable niveau d'instruction

    50

    Effectif des enquetes

    40

    30

    50

    38

    20

    27

    10

    1

    0

    Aucun Primaire Secondaire Supérieur

    Niveau d'étude

    Source : Enquête sur terrain.

    Selon la figure qui précède, 50 des enquêtés ont un niveau primaire ; 38, ont arrêté leur cursus scolaire au niveau secondaire, 27 par contre n'ont aucun niveau scolaire tandis qu'un seul enquêté a pu atteindre le niveau supérieur. Que peut-on dire d'une telle répartition ?

    De prime abord, il convient de remarquer ici que, dans l'ensemble, nos enquêtés ont un faible niveau d'instruction. Cette situation est de nature à compliquer la tâche aux

    délégués techniques chargés d'encadrer et de communiquer des directives techniques à ces derniers. Ensuite, cette répartition atteste aussi le dégoût et le mépris que les intellectuels centrafricains ont du travail de la terre. En effet, la plupart de ceux qui se disent intellectuels n'ont pas un penchant réel pour l'agriculture. Nombre d'entre eux visent le travail de Bureau où ils estiment gagner leur vie et de ce fait, être socialement bien assis. Ce constat explique en partie le faible développement de l'agriculture centrafricaine.

    Les enquêtés ainsi présentés selon leur niveau d'instruction, nous abordons dans les lignes suivantes, la situation matrimoniale.

    4.1.4. Présentation des enquêtés selon la variable situation matrimoniale.

    La figure qui suit, donne une vue d'ensemble sur la situation matrimoniale des enquêtés.

    Figure 4: La situation matrimoniale des enquêtés.

    Marié (e)
    84%

    Variable situation matrimoniale

    Célibataire
    16%

    Source : Enquête sur terrain.

    Il ressort de cette étude que les personnes interrogées se retrouvent dans deux cas pour ce qui est de leur situation matrimoniale, comme le témoigne ce camembére : 84% sont des mariés ou mènent une vie de couple tandis que, 16% sont des célibataires.

    A l'analyse de ce camembert, il convient de dire une fois de plus que la culture du coton est une activité qui a besoin de la main d'Suvre et l'idéal c'est pour les familles nombreuses. Car l'apport des enfants et des épouses constituent un atout. Pour les célibataires, il leur est souvent difficile. Mais de fois, ceux-ci s'associent avec les mariés

    59 ou s'organisent dans des groupements informels dénommés en Sango ~~KELEMBA~~ pour cultiver leurs champs à tour de rôle.

    La présentation des enquêtés selon la situation matrimoniale ainsi fini, nous passons au paragraphe suivant qui aborde la variable appartenance ethnique.

    4.1.5. Présentation des enquêtés selon la variable appartenance ethnique.

    La figure ci-dessous vise à donner une vue sur l'ethnie de différents planteurs que

    nous avons eu à interroger.

    Figure 5: Répartition des enquêtés par ethnie.

    Variable appartenance ethnique

    70

    Effectif des enquetes

    60

    50

    40

    30

    16

    20

    10

    0

    66

    27

    7

    Gbaya Banda Karé Autres

    Les différentes ethnies

    Source : Enquête sur le terrain.

    Pour cette variable appartenance ethnique, il convient de relever que la majorité des planteurs interrogés sont de l'ethnie Gbaya (66), qui peuple cette région du pays, suivis de l'ethnie Banda (27), les Karé (7) et le reste partagé entre les ethnies minoritaires de la région.

    Cette situation permet de comprendre que les différentes pratiques auxquelles les planteurs de coton se livrent dans cette localité relève de l'habitude de ce peuple et les autres ethnies ne font que suivre ceux-ci. La variable appartenance ethnique nous permet d'aborder le niveau de revenu des personnes interrogées. C'est l'objet du paragraphe suivant.

    4.1.6. Présentation des enquêtés selon leur niveau de revenu.

    Les histogrammes ci-dessous montrent le niveau de revenu des planteurs

    interrogés lors de l'enquête sur terrain.

    Figure 6: Répartition des enquêtés par leur niveau de revenu.

    30

    25

    20

    15

    10

    5

    0

    5000 à

    10000

    8

    10000 à

    Variable niveau de revenu

    15000

    14

    15000 à

    20000

    11

    20000 à

    25000

    18

    25000 à

    30000

    16

    30000 à 35000 et

    35000 plus

    22

    27

    Source : Enquête sur terrain.

    D'après l'enquête dont les résultats sont synthétisés dans ces histogrammes, 27 planteurs sur le total de 116 ont un revenu compris entre 35.000Fcfa et plus, 22 gagnent entre 30.000 à 35.000Fcfa, 18 d'entre eux ont un revenu qui varie entre 20.000 à 25.000Fcfa, 16 Planteurs par contre gagnent entre 25.000 à 30.000Fcfa, 14 d'entre eux ont un niveau de revenu compris entre 10.000 à 15.000Fcfa, 11 gagnent entre 15.000 à 20.000Fcfa et enfin, 8 gagnent seulement entre 5000 à 10.000Fcfa.

    A l'analyse du niveau de revenu des planteurs interrogés, il ressort que ceux-ci ne gagnent généralement pas trop gros. Car, 27/116 seulement ont un gain supérieur à 35.000Fcfa. Ce gain n'est pas proportionnel aux efforts et à l'énergie déployée pour la culture du coton. Cette situation pourra bien être l'une des causes du dégoût et du désintéressement des paysans vis-à-vis de cette culture qui les mobilise plus que ne les font gagner de l'argent en vue de l'amélioration de leur conditions de vie.

    La variable niveau de revenu vient clore la première sous partie de ce chapitre consacrée à la présentation des caractéristiques sociologiques des enquêtés. Le paragraphe ci-dessous est réservé exclusivement aux représentations sociales des produits phytosanitaires de nos enquêtés.

    4.2. Les représentations sociales des produits phytosanitaires.

    empoisonnement, la connaissance de la toxicité des pesticides, la connaissance du danger des pesticides pour l'environnement et le tableau croisé de la variable NI et la question n°9 : ~~Quel est le degré de risque que les pesticides agricoles représentent pour la santé humaine ?~~

    4.2.1. Opinion des enquêtés sur l'usage des pesticides agricoles.

    Cette figure résume les opinions des enquêtés sur les différents usages que l'on peut faire avec les pesticides.

    Figure 7: Opinions sur les différents usages des pesticides agricoles.

    Usages possibles des pesticides

    Usage multiple

    Pécher les poissons

    Chasser les animaux

    Protéger les animaux domestiques

    Protéger les cultures

    4

    4

    13

    19

    76

    Reponses des enquetes

    0 20 40 60 80

    Effectif des enquêtés

    Source : Enquête sur le terrain.

    A la question suivante : «Pour vous, les pesticides agricoles sont-ils destinés pour quels usages ? », les planteurs que nous avons interrogé répondent de la manière qui suit. 76 de l'effectif du total des enquêtés affirment que les pesticides agricoles sont destinés uniquement à protéger les cultures. Mais sans pourtant spécifier de quelle culture il s'agit. Pour eux en effet, les pesticides servent à protéger toutes les cultures vivrières ou industrielles comme le coton. C'est ainsi que certains planteurs conservent une partie de la quantité du liquide reçue pour chasser les insectes indésirables sur leurs cultures de sésames.

    Le reste des enquêtés ont affirmé que ces produits peuvent servir à la protection des animaux domestiques (13), à pécher les poissons ou à chasser les gibiers. Pour d'autres encore, les pesticides ont un usage multiple. Ces derniers justifient leur point de vue en affirmant à côté de la protection des cultures (toutes les cultures confondues),

    l'on peut bien utiliser ces produits à d'autres fins comme explicitent ces histogrammes. C'est ainsi que des pesticides-coton sont utilisés dans la culture maraichère chose qui n'est pas compatible avec les normes en vigueur.

    En considérant les pesticides agricoles comme une arme de pêche et de chasse, certains planteurs de Bossangoa, consomment sans hésitation les produits de chasse et de pêche faite de cette manière. Alors, quel est l'impact de la consommation des poissons et gibiers tués par empoisonnement sur la santé humaine ? C'est ce à quoi la prochaine figure ci-dessous tente de nous expliquer.

    4.2.2. Avis des enquêtés sur la consommation des gibiers tués par empoisonnement.

    Le camembert ci-dessous résume le discours des personnes interrogées quant à ce qui pourra advenir après la consommation des poissons ou gibiers tués par empoisonnement.

    Figure 8: Opinions des enquêtés sur la consommation des gibiers empoisonnés.

    53%

    Impact de consommation des gibiers
    empoisonnés aux pesticides

    18%

    29%

    Oui

    Non

    Ne sais pas

    Source : Enquête sur terrain.

    En ce qui concerne l'incidence de la consommation des gibiers ou poissons tués par empoisonnement aux pesticides, les réponses des cotonculteurs interrogés divergent fortement. A l'exception de 18% d'entre eux qui estiment ne savoir si une telle consommation a des effets sur la santé ou non, la majorité des planteurs interrogés soit 53% disent que cela n'a pas d'effet direct ou immédiat sur la santé humaine contre 29% qui eux, sont tout à fait d'accord qu'une telle pratique s'avère risquant pour la santé.

    En justifiant chacun son point de vue, les 53% qui estiment que la consommation de ce genre n'est pas risquant pour la santé, raisonnent en terme de moyen et long terme, car ils savent que seule une forte quantité du liquide ingurgité dans l'organisme peut faire mal dans les minutes qui suivent. A l'inverse, une faible dose dans l'organisme ne représente pas un danger immédiat. Selon ces planteurs, si le danger est à moyen ou à long terme, cela est passable.

    Un tel raisonnement ou une telle logique est de nature à occulter les risques sanitaires que les pesticides représentent pour la santé. C'est justement contre ces genres d'illusions que WILMA ARENDSE et al ont fait cette mise en garde que voici: « Tous les pesticides sans exception sont dangereux. Ne jamais oublier cette règle quand on travaille avec ces produits ! Les pesticides sont faits pour détruire des organismes nuisibles, insectes et champignons ressemblant peu à l'homme, mais cela ne veut pas dire qu'un produit fait pour détruire les premiers ne soit pas dangereux pour d'autres organismes vivants, et pour l'homme en particulier. »42

    Ceci étant, nous abordons dans la même lancée, la vérification de la connaissance de ces planteurs sur le degré de toxicité de ces produits.

    4.2.3. Opinion sur le risque que les pesticides représentent pour la santé humaine.

    La figure ci-dessous, présentent la perception que nos enquêtés ont du degré de toxicité des pesticides.

    Figure 9: Connaissance du degré de toxicité des pesticides.

    Beaucoup
    45%

    Connaissance de degré de toxicité des pesticides

    Trop

    3%

    ça dépend
    9%

    Un peu
    34%

    Aucun
    9%

    Source : Enquête sur terrain.

    42 ARDENSE (W), KOEN DEN (B) et al : PESTICIDES: Composition, utilisation et risques, Edition CTA, Paris, 1989, p47

    Pour ce qui est de la connaissance du degré de toxicité des pesticides, les points de vue des enquêtés sont divergents. En effet, 45% du total de l'effectif interrogé ont affirmé que les pesticides sont beaucoup toxiques tandis que, 34% seulement estiment que ces produits le sont un peu. 9% disent que ça dépend de la quantité consommée ou du niveau de l'empoisonnement. Neuf (9) autres pourcent sont radicaux en affirmant que ces produits ne sont en aucun cas toxiques pour la santé car ils estiment être habitués aux produits. 3% seulement connaissent réellement le niveau de risque que ces produits représentent pour la santé humaine.

    Des raisonnements comme nous venons de les voir sont graves, car ils constituent une source de danger qui guette au quotidien ces planteurs de coton. Leurs raisonnements sont d'abord à l'antipode des directives des bonnes pratiques phytosanitaires et ensuite attestent l'état d'ignorance ou de méconnaissance des dangers que ces produits représentent pour l'homme en premier et la nature. En effet, que disent les directives techniques?

    La toxicité des pesticides est testée par le fabricant mais parfois aussi par le Gouvernement. On utilise à cet effet, des animaux de laboratoire comme les rats, les lapins et la souris. L'évaluation de la toxicité aigüe de la matière active ou encore substance active a pour but d'évaluer les risques liés à la manipulation du produit. Car c'est lors de cette phase de manipulation (préparation de la bouillie, pulvérisation) que les risques d'intoxication sont plus élevés, notamment tant que le produit n'est pas dilué dans le pulvérisateur.

    L'évaluation de la toxicité aigüe d'une matière active sur l'homme se fait par le calcul de la DL50 sur les animaux de laboratoire que nous venons de cités (rats, souris, lapin).43 Par définition, la DL50 est la dose létale ou mortelle qui peut tuer ou faire mal à court terme. Ainsi, la toxicité à court terme est chiffrée DL50. C'est la dose de la substance active suffisante pour tuer la moitié des rats (dose létale pour 50%=DL50). La dose létale est exprimée en mg de substance active/ Kg du corps de l'animal. Moins la DL50 est élevée, plus le pesticide est toxique !

    43 Http// : www.mce-info.org/pesticides.php , consulté le 10Août 2011 à 18h15min.

    Pour évaluer la dose mortelle pour l'homme, il suffit de multiplier le DL50 avec le poids du corps en Kg. Prenons par exemple la DL50 de 100mg/Kg. Pour un homme de 60Kg, la dose mortelle sera environ de 60 x 100mg = 6g. Pour un enfant de 30Kg, 3 grammes suffisent pour causer la mort.44 Pour évaluer le risque sur la santé à court terme, on évalue :

    v' La toxicité aigüe et notamment :

    + La toxicité aigüe par voie orale (DL50 orale) ;

    + La toxicité aigüe par voie dermale (DL50 dermale) ;

    + La toxicité aigüe par voie inhalatoire (CL50 inhalatoire) ;

    + Le pouvoir irritant pour la peau ;

    + Le pouvoir irritant pour les yeux ;

    + Le pouvoir de provoquer de sensibilisation de la peau.

    v' Les données relatives à l'exposition aigüe :

    + Le risque encouru par l'applicateur lors de l'utilisation ;

    + Le risque au moment du traitement encouru par une tierce personne présente sur les lieux ;

    + Le risque après le traitement, au moment où une personne retourne sur le lieu d'application.45

    L'opinion des enquêtés sur le degré de toxicité des pesticides ainsi présenté, nous passons dans les lignes suivantes à la vérification de la connaissance que ceux-ci ont des dangers que ces produits représentent pour l'environnement.

    4.2.4. Discours sur les risques des pesticides pour l'environnement.

    Le camembére qui suit présente le niveau de connaissance de nos enquêtés sur les risques que les pesticides agricoles représentent pour l'environnement.

    44 Op cit, p.10

    45 Op cit, http// : www.mce-info.org/pesticides.php , consulté le 10 Août 2011, à 18h15min.

    Figure 10: Connaissance des enquêtés sur les dangers des pesticides pour l'environnement.

    Connaissance du danger des pesticides pour
    l'environnement

    Ne sais pas
    12%

    Non

    28%

    Oui

    60%

    Source : Enquête sur terrain.

    Près de 70% de producteurs de coton estiment que l'utilisation des pesticides peut constituer un danger pour l'Homme par la contamination des eaux. Les planteurs de coton établissent les risques de contamination des eaux et des poissons par les pesticides et les risques d'intoxication pour les êtres humains qui les consommeraient. Par contre, pour le sol, les réponses sont mitigées. 28% de l'échantillon interrogé estiment que les pesticides n'ont pas d'effets négatifs sur les sols. Selon eux, l'utilisation des pesticides contribuerait bien au contraire à renforcer et à maintenir sa fertilité.

    La connaissance de nos enquêtés ainsi vérifiée, nous passons à leur perception quant aux dangers de ces produits selon leur niveau intellectuel.

    4.2.5. La perception des risques des produits phytosanitaires selon le niveau d'instruction des enquêtés.

    Le croisement de la variable Niveau d'instruction vise à montrer le niveau de perception du degré de danger que les pesticides représentent pour l'homme ainsi que l'environnement. En effet, cette perception varie en fonction du niveau intellectuel des individus.

    Tableau 3: La variable niveau d'instruction avec la question n°9 : « Quel est le degré de risque que les pesticides agricoles représentent pour la santé humaine ?»

    Question 9 NI

    Aucun

    Un peu

    Beaucoup

    Trop

    Ça dépend

    Total

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    Aucun

    3

    2.59%

    14

    8.43%

    6

    5.17%

    0

    0%

    4

    3.45%

    27

    23.27%

    Primaire

    4

    3.45%

    21

    18.10%

    22

    18.96%

    0

    0%

    3

    2.59%

    50

    43.10%

    Secondaire

    4

    3.45%

    5

    4.31%

    23

    19.82%

    3

    2.59%

    3

    2.59%

    38

    32.75%

    Supérieur

    0

    0%

    0

    0%

    1

    0.86%

    0

    0%

    0

    0%

    1

    0.86%

    Total

    11

    9.50%

    40

    34.48%

    52

    44.82%

    3

    2.59%

    10

    8.62%

    116

    100%

    Source : Enquête sur terrain.

    Selon le tableau ci-dessus, 9.50% de l'effectif total de l'échantillon interrogé ont affirmé que ces produits ne représentent aucun danger; 44.82% estiment que ces produits sont beaucoup toxique, tandis que 34.48% disent que les pesticides le sont mais un peu seulement ; par contre, 2.59% seulement d'entre les enquêtés pensent que ces produits sont trop toxiques et 8.62% estiment pour leur part que les pesticides sont toxiques mais seulement à un certain niveau. C'est pourquoi ils ont affirmé que ça dépend.

    En abordant la question de toxicité des pesticides selon le niveau intellectuel des enquêtés, 19,82% d'entre eux ayant le niveau secondaire et 18,96% du niveau primaire estiment que ces produits sont beaucoup toxique tandis que, 18,10% de ceux qui ont niveau primaire et 8,43% qui n'ont aucun niveau pensent que les pesticides sont un peu toxique. Les 8,62% représentent l'avis de tous les enquêtés de niveau confondu, dans l'ensemble, certains pensent que la toxicité de ces produits dépendent de la quantité du liquide ingurgité dans l'organisme. En effet, pour nombre d'entre ces planteurs, seule une grande quantité du liquide dans l'organisme peut faire mal et à contrario, une faible quantité du liquide n'est pas redoutable.

    Une telle conception est totalement erronée, car ces produits en entrant dans l'organisme humain par inhalation, ingestion ou par contact cutanée ne disparaissent pas. Les molécules s'entassent ainsi et finissent par créer des problèmes de santé à long terme. Sur ce point, nos enquêtés ont raisonné en terme de conséquences immédiates et non une vision à long terme des impacts de ces produits chimiques.

    Sur ce, nous nous demandons si ce n'est pas de telles conceptions qui poussent certains planteurs à se livrer à certaines pratiques non conformes aux procédures et normes en vigueur ? C'est ce à quoi nous allons nous atteler dans le chapitre qui suit.

    CHAPITRE CINQUIEME : PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES ET LE RESPECT DES PROCEDURES ET NORMES EN VIGUEUR.

    Ce chapitre comprend deux grandes parties: les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires et le respect des procédures et normes en vigueur.

    5.1. Les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires

    Le premier sous point de ce chapitre s'articule autour des paragraphes suivants : opinion sur les formes possibles d'usage des pesticides, avis des enquêtés sur la quantité du liquide reçu pour le traitement, raisons évoquées pour conserver une partie du liquide reçue et la justification de l'utilisation de la totalité de la quantité du liquide reçue.

    5.1.1. Opinion sur les formes possibles d'usage des pesticides.

    Le tableau qui suit tente d'expliquer l'opinion de l'échantillon interrogé sur les différentes pratiques ou usages que l'on peut faire des pesticides agricoles. Ces usages sont souvent fonction du niveau intellectuel.

    Tableau 4: Perception de différents usages des pesticides selon la variable NI.

    Usages

    NI

    Protéger
    uniquement
    les cultures

    Protéger les
    animaux
    domestiques

    Chasser les
    gibiers

    Pécher les
    poissons

    Usages
    multiples

    Total

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    Aucun

    16

    14%

    5

    4,31%

    0

    0%

    0

    0%

    6

    5,17%

    27

    23,27%

    Primaire

    31

    26,72%

    4

    3,45%

    2

    1,72%

    3

    2,58%

    10

    8,62%

    50

    43,10%

    Secondaire

    28

    24,13%

    4

    3,45%

    2

    1,72%

    1

    0,86%

    3

    2,58%

    38

    32,75%

    Supérieur

    1

    0,86%

    0

    0%

    0

    0%

    0

    0%

    0

    0%

    1

    0,86%

    Total

    76

    65,52%

    13

    11,20%

    4

    4,44%

    4

    4,44%

    19

    16,37%

    116

    100%

    Source : Enquête sur terrain.

    Il ressort de ce tableau que près de 65,52% de l'effectif des planteurs du coton interrogés reconnaissent que les pesticides sont avant tout réservés pour la protection des cultures (primaire 26,72% ; aucun niveau 14% ; secondaire 24,13% et niveau supérieur 0,86%). Pour la protection des animaux domestiques contre les tiques, les enquêtés qui estiment que cela est faisable représentent 11,20% dont 4,31% de ceux qui n'ont aucun niveau intellectuel, 3,45% de ceux qui ont atteint le niveau primaire et de

    même pour ceux qui ont le niveau secondaire. Par contre 16,37% de l'effectif total des enquêtés dont 8,62% ayant un niveau primaire, 5,17% n'ayant aucun niveau intellectuel et 2,58% ayant atteint le niveau secondaire, estiment qu'on peut faire un usage multiple avec les pesticides agricole. Les usages multiples selon les planteurs interrogés passent par: la neutralisation des poux des cheveux, la pulvérisation de l'intérieur des maisons pour lutter contre les moustiques, les termites et autres rongeurs, la chasse ou la pêche à base de ces produits ne sont pas d'ailleurs exclues.

    Si certains planteurs estiment que l'on peut chasser ou pêcher avec les pesticides, cela rentre dans le cadre de la pollution des eaux. C'est dans ce contexte de lutte contre la pollution des eaux que Jean-Bernard LEROY a essayé d'énumérer ces genres de pratiques parmi celles qui rendent l'eau impropre à un usage déterminé. C'est ainsi qu'il le qualifie de pollution agricole.~~ Les engrais sont très solubles car les plantes se nourrissent des matières dissoutes. Le drame est qu'une pluie survenant trop tôt après le fumage entrainera une quantité notable d'azote et de phosphore qui, petit à petit s'entassera au fond des rivières qui reçoivent ces eaux de pluie venant de ces champs.

    Selon cet auteur en effet, « l'usage des pesticides (insecticides fongicides) et autres produits phytosanitaires arrivent ainsi de la même manière à se retrouver dans les lits des cours d'eaux dont ils polluent les eaux. »46 De telles pratiques ne manquent pas de conséquences. C'est ce à quoi, les prochains paragraphes seront consacrés.

    5.1.2. Opinion des planteurs sur la quantité de l'insecticide reçue pour les traitements.

    Le tableau qui suit synthétise les différents avis des cotonculteurs émis selon leur niveau d'instruction sur la question concernant ce qu'ils font le plus souvent des insecticides reçus pour les traitements de leurs champs de coton.

    46 LEROY (J-B) : La pollution des eaux, collection ~~Que sais-je~~, Edition PUF, Paris, p.27

    Tableau 5: Avis sur l'utilisation de la quantité du liquide reçu selon le NI.

    Q12

    NI

    Oui

    Non

    Ça dépend

    Total

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    Aucun

    8

    7%

    11

    9,48%

    8

    7%

    27

    23,27%

    Primaire

    10

    8,62%

    24

    20,68%

    16

    13,80%

    50

    43,10%

    Secondaire

    20

    17,24%

    14

    12,06%

    4

    3,45%

    38

    38,75%

    Supérieur

    0

    0%

    1

    0,86%

    0

    0%

    1

    0,86%

    Total

    38

    32,75%

    50

    43,10%

    28

    24,13%

    116

    100%

    Source : Enquête sur terrain.

    Selon les différents avis recueillis et compilés dans ce tableau, 43,10% d'entre les planteurs interrogés affirment ne pas utiliser toute la quantité du liquide lors des traitements, tandis que 32,75% de l'effectif total de l'échantillon confirment qu'ils utilisent toute la quantité du liquide contre 24,13% qui, eux, disent que parfois, ils en gardent mais pas toutes les fois. Ces derniers justifient leur position en affirmant que parfois, la quantité du liquide reste indépendamment de leur volonté.

    D'après le niveau intellectuel de nos enquêtés, nous constatons que c'est beaucoup plus ceux qui ont un niveau intellectuel (primaire 20,68% et secondaire 12,06%) qui préfèrent ne pas utiliser toute la quantité du liquide reçu. Cela voudra juste dire que ceux-ci n'ont pas suivi les directives techniques. Puisque si elles étaient observées, le liquide ou la bouillie diluée pour le traitement finira bien avec la dernière rangée de la parcelle.

    De ces différents avis exprimés, seuls les 32,75% sont en conformité avec les directives techniques. En effet, selon l'interview que l'Adjoint au chef d'exploitation de la cellule coton de Bossangoa nous a accordée, 1/2 litre CYPALM P654 est réservé à 0.5ha alors que 1/2 litre de CYPALM P672 est réservé pour 1ha.47 Pour faire respecter cette dose à l'hectare, un rythme de marche est imposé à cet effet.

    Selon le Manuel d'Instruction de l'appareil d'épandage ULVA+, les consignes suivantes sont données en vue de bien traiter son champ de cotonnier.

    ü Le débit souhaité est de 1l/ha ;

    ü La bande à traité doit mesurer 5m ;

    47 ACE de Bossangoa, interview accordée le 25/08/11 à 11h 45

    ü Débit mesurer 40ml/min;

    ü La vitesse du paysan lors du traitement doit être de 80m/min.

    Or si nous comparons les points de vue de la plupart de l'échantillon interrogé, ceux-ci ne connaissent pas ou du moins minimisent ces conseils techniques raison pour laquelle, à la fin de leur traitement, il reste toujours quelques quantités du liquide. Ce faisant, la plantation n'est pas suffisamment protégée contre les indésirables. Les restes du liquide sont ainsi reconditionnés pour soit être réutilisé prochainement ou soit pour être revendu sans étiquette à d'autres paysans ou maraichers.

    Alors, pourquoi certains préfèrent utiliser toute la quantité du liquide et d'autres non ? Cette interrogation fera l'objet du prochain paragraphe.

    5.1.3. Avis des enquêtés sur l'autre quantité du liquide non utilisée.

    Les histogrammes qui suivent tentent d'étayer les discours des enquêtés ainsi leurs motivations quant à la conservation d'une partie de l'insecticide reçue.

    Figure 11: Justification d'une partie du liquide conservée.

    Justification du reste du liquide reçu

    23

    Autres

    Réserver pour la chasse/pêcher

    Utiliser pour son petit élevage

    Réutiliser sur une autre parcelle

    Revendre au marcher noir

    Reponses des enquetes

    7

    12

    14

    22

    0 10 20 30

    Effectif des enquêtés

    Source : Enquête sur le terrain.

    A la question de savoir si lors des traitements les planteurs utilisent toute la quantité du liquide, les avis divergent fortement. Parmi les raisons évoquées pour justifier la conservation d'une partie du liquide reçue, nous avons : garder pour réutiliser sur une autre parcelle (22 enquêtés), pour la protection de son petit élevage contre les tiques (14 enquêtés), conserver pour revendre au marcher noir (12 enquêtés), réserver pour la

    chasse ou la pêche (7 enquêtés). Les vingt trois (23) autres estiment pour leur part qu'il existe plusieurs raisons qui poussent à vouloir garder une partie du pesticide.

    Comme nous venons de voir avec les directives techniques dans le paragraphe précédant, les quantités du liquide remises pour les traitements sont d'avance calculées. Et pour prétendre à un bon rendement à l'hectare, il faut le stricte suivi de ces consignes. Au cas échéant, l'on joue contre la rentabilité de son champ. Cette situation démontre un manque de suivi des paysans dans les champs lors des traitements.

    Cette manière de faire de nos cotonculteurs confirme bien les dires d'un Délégué Technique d'un GIR avec qui, nous nous sommes entretenu après que nous lui avons administré notre questionnaire.

    Selon ce délégué qui a requis l'anonymat, « il est très difficile à nous ~~les DT de bien surveiller tous les planteurs de son groupement. Les raisons sont multiples: a) il n'y a qu'un seul DT par groupement qui parfois, comporte des centaines de planteurs, b) les DT n'ont pas de moyens logistiques pour être mobiles sur le terrain derrière les planteurs, c) les champs ou les plantations des cotonniers sont éparses et de ce fait, difficile à contrôler à la fois, d) les DT ne sont pas des employés de la société cotonnière et par conséquent ne sont pas payés. Nous sommes rémunérés au prix d'un (1) francs par tonnage de coton graine que le GIR aura produit. Et cette somme nous est versée qu'à la fin de la campagne cotonnière, e) les traitements démarrent à la même date et ce faisant, il devient difficile de surveiller tous les planteurs de son GIR d'autant plus nous-mêmes, devons nous occuper de nos propres champs48

    Fort de ce qui précède, que dise ceux qui utilisent toute la quantité du liquide ?

    5.1.4. Avis des enquêtés utilisant toute la quantité du liquide reçue.

    L'histogramme qui suit, vise à montrer les discours de notre échantillon sur l'utilisation de la totalité de la bouillie du pesticide reçue.

    Figure 12: Justification de l'utilisation de la totalité du liquide.

    Raisons évoquées pour utiliser toute la quantité du
    liquide réçu

    0 5 10 15 20

    Effectif des enquêtés

    Autres

    Eviter

    l'empoisonnement
    Eviter la pollution

    de la maison

    Eviter des

    accidents à Se conformer aux

    directives

    Reponses des enquetes

    16

    3

    5

    4

    10

    Source : Enquête sur terrain.

    De même que les planteurs qui conservent une partie de leur insecticide justifient leur point de vue, ceux qui préfèrent utiliser toute la quantité du liquide ont leurs raisons à eux-aussi. Sur les 38 cotonculteurs qui affirment utiliser toute la quantité du liquide, ils justifient leurs positions de différentes manières. Certaines estiment se conformer de cette manière aux directives techniques (16), d'autres, pour éviter l'empoisonnement de la famille (10) et d'autres encore affirment avoir agis ainsi pour éviter des accidents à domicile et la pollution de la maison.

    Cette prise de position de ces planteurs est non seulement conforme aux directives techniques mais confirment bien les propos du Chef de Centre Ophtalmologique de Bossangoa qui s'est confié à nous lors d'un entretien que nous lui avons accordé. Selon ce personnel soignant, « les cas d'intoxication ou d'ingestion ou encore de suicide liés aux pesticides sont trop fréquent à l'hôpital de Bossangoa et ceci le plus souvent en saison sèche. »49

    Les dires du Chef de Centre confirment bien ceux du Secrétaire Général de la municipalité de ladite ville qui a répondu en ces termes quand nous lui avons demandé si la municipalité fait un effort pour sensibiliser la population sur les mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires : « Si les mauvaises pratiques

    49 Entretien accordé au Chef de Centre d'Ophtalmologie de Bossangoa le 26/07/11, à 9h05min

    phytosanitaires et les cas de suicides aux insecticides ont régressé à Bossangoa, c'est en partie dû aux efforts de la municipalité.

    En effet, nous sensibilisons les planteurs sur les mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires. Car au début de chaque campagne cotonnière, une grande réunion avec tous les Chefs de groupes et des quartiers se tient à cet effet. Et ces Chefs à leur tour sensibilisent la population de leur juridiction respective. »50

    De tels témoignages attestent bien que les planteurs de notre zone d'étude se livrent bien à des pratiques peu commodes aux directives techniques. Mais pourquoi certains d'entre les planteurs n'utilisent pas la totalité des pesticides qu'on leur remet ? Cette interrogation fera l'objet du paragraphe ci-dessous.

    5.1.5. Analyse du discours des planteurs n'utilisant pas toute la quantité du liquide.

    Le tableau qui suit vise à montrer les raisons qui poussent certains planteurs à ne pas utiliser la totalité de pesticides qu'ils reçoivent pour le traitement de leur champ de cotonnier.

    Tableau 6: La variable Niveau de Revenu et la question n°13.

    La variable niveau de revenu et la question n° 13 : « Pourquoi gardez-vous le reste de ce liquide ? »

    Question n°13

    NR

    Revendre au
    marcher noir

    Réutiliser sur
    une autre
    parcelle

    Utiliser pour
    son petit
    élevage

    Réserver pour
    la chasse ou la
    pêche

    Usages
    multiples

    Total

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    5000 à 10000

    0

    0%

    1

    1.28%

    2

    2.56%

    1

    1.28%

    2

    2.56%

    5

    6.41%

    10000 à 15000

    2

    2.56%

    3

    3.85%

    1

    1.28%

    0

    0%

    3

    3.85%

    9

    11.54%

    15000 à 20000

    2

    2.56%

    3

    3.85%

    2

    2.56%

    0

    0%

    1

    1.28%

    8

    10.26%

    20000 à 25000

    4

    5.13%

    2

    2.56%

    0

    0%

    1

    1.28%

    3

    3.85%

    10

    12.82%

    25000 à 30000

    2

    2.56%

    4

    5.13%

    3

    3.85%

    0

    0%

    3

    3.85%

    12

    15.34%

    30000 à 35000

    1

    1.28%

    3

    3.85%

    1

    1.28%

    2

    2.56%

    7

    8.97%

    14

    17.95%

    35000 et plus

    1

    1.28%

    6

    7.69%

    5

    6.41%

    3

    3.85%

    4

    5.13%

    19

    14.36%

    Total

    12

    15.38%

    22

    28.20%

    14

    17.95%

    7

    8.97%

    23

    29.49%

    78

    100%

    Source : Enquête sur terrain.

    50 Interview accordée au Secrétaire Général de la Maire de Bossangoa le 27/07/11 à 12h15min.

    A la lecture de ce tableau, il ressort ce qui suit: 15.38% du total de l'échantillon interrogé estiment garder une partie du liquide pour revendre au marché noir, 28.20% disent qu'ils en gardent pour être réutilisé sur une autre parcelle, tandis que 17.95% garde cela pour la protection ou l'entretien de leur petit élevage. Ceux qui conservent cela pour en faire soit la chasse ou la pêche représente seulement 8.97% et les 29.49% autres enquêtés disent que ces produits servent à beaucoup de choses y compris les différentes pratiques que leurs prédécesseurs ont évoquées.

    A l'analyse de ce tableau, nous voyons que dans l'ensemble, tous ceux qui se livrent à ces genres de pratiques n'ont pas un niveau de revenu élevé. Et en voulant joindre les deux bouts, ceux-ci pensent pouvoir le faire en vendant ou en chassant ou encore en protégeant leur petit et menu bétail avec une autre partie de l'insecticide. Bien au contraire, une telle pratique affaiblie considérablement le rendement du coton à l'hectare. Car les consignes et directives techniques n'étant pas respectées.

    Selon l'Adjoint au Chef d'exploitation de l'usine de Bossangoa que nous avons interrogé, celui-ci nous a confié ceci: «Pour prétendre à une bonne récolte, il est conseillé de procéder à cinq (5) traitements minimums ou à huit (8) maximums. »51 Cette situation relève de la mauvaise compréhension des directives techniques. Sur ce, nous passons au paragraphe traitant du respect des procédures et normes en vigueur.

    5.2. Le respect des procédures et normes en vigueur.

    La seconde partie de ce chapitre traite de cinq (5) sous points relatifs aux respects des procédures et normes en vigueur quant à ce qui concerne l'utilisation des pesticides agricoles.

    5.2.1. Connaissance des précautions à prendre lors de la manipulation du produit.

    La figure ci-dessous, vise à montrer la connaissance que nos enquêtés ont des précautions à prendre lorsque l'on veut manipuler les pesticides.

    51 Entretien avec l'Adjoint au Chef d'Exploitation de Bossangoa, entretien accordé le 28/07/11 à 12h20min.

    Figure 13: Précaution à prendre pendant la manipulation des pesticides.

    Précaution à prendre lors de la
    manipulation du produit

    Se conformer aux recommandations
    de l'étiquette

    Eviter le contact avec la peau

    Eviter les risques de projection du

    produit
    Porter des vêtements de protection

    adaptés

    11

    30

    31

    44

    Reponse des
    ennobles

    0 20 40 60

    Effectif des enquêtés

    Source : Enquête sur terrain.

    La connaissance des précautions que l'on doit prendre lorsqu'on manipule les pesticides est importante. Non seulement elle rentre dans le respect des procédures et normes en vigueur, mais aussi et surtout, elle permet de bien se comporter face à ces produits afin de ne pas s'intoxiquer soit même et éviter ainsi de polluer l'environnement. Sur ce point précis, l'ensemble de nos enquêtés est unanime dans leur réponse.

    Sur un effectif total de 116 planteurs interrogés, 44 estiment que la précaution à prendre lorsqu'on manipule les pesticides passe par le port des vêtements de protection appropriés ; 31 planteurs d'entre eux disent qu'il faut éviter le contact du produit avec la peau ; 30 d'entre eux affirment qu'il faut juste éviter la projection du liquide dans les yeux, enfin, les 11 autres estiment pour leur part qu'il faut simplement se conformer aux recommandations et directives techniques.

    Selon les différentes réponses avancées par nos enquêtés, nous comprenons que dans l'ensemble, ceux-ci sont d'une manière ou d'une autre conscients des risques sanitaires et environnementaux que les pesticides représentent pour l'homme et la nature. C'est pourquoi, ils essaient de connaître les voies par lesquelles ils peuvent se contaminer. Si les cotonculteurs de Bossangoa ont une connaissance des précautions que l'on doit prendre quand on manipule les pesticides, malheureusement, ceux-ci n'ont pas des vêtements de protection à quoi ils font allusion.

    D'après notre observation faite sur terrain, les cotonculteurs n'ont aucun vêtement de protection (Gangs, ensemble d'imperméable, paire de chaussure botte, etc.) pour se protéger contre ces produits lors de la manipulation et de l'application des traitements.

    Pour leur protection en effet, les planteurs font recourt à leurs habits ordinaires de cultures avant de procéder à la manipulation des pesticides et aux traitements de leurs champs de cotonnier ; ce qui est totalement à l'antipode des directives techniques élaborées par les fabricants de ces produits.

    De ce fait, quelles sont les précautions que l'on doit prendre pendant l'application du produit ? Cette question fera l'objet du prochain paragraphe qui suit.

    5.2.2. Connaissance des précautions à prendre pendant l'application du produit.

    La figure ci-dessous retrace le niveau de connaissance des enquêtés sur les précautions que l'on doit prendre pendant l'épandage ou l'application du produit.

    Figure 14: Connaissance des précautions à prendre lors des traitements.

    Précaution à prendre pendant le traitement.

    Ne pas fumer ni boire

    Ne pas traiter contre le vent Ne pas faire appliquer le traitement

    par les enfants et les personnes âgées Eloigner les enfants et les animaux Porter des vêtements de traitement

    phytosanitaire

    Reponses des
    enquetes

    0 10 20 30 40

    Effectif des enquêtés

    8

    18

    23

    27

    40

    Source : Enquête sur terrain.

    Connaître les règles à observer pendant l'application du produit est important car l'efficacité du traitement ou de la protection de la culture en dépend. A cet effet, la plupart de l'échantillon interrogé sait qu'il ne faut pas traiter contre le vent (soit 40 enquêtés). Quant au reste des planteurs retenus pour cette étude, 27 reviennent sur le faite qu'il faut nécessairement porter des vêtements de protection phytosanitaire qu'ils en ont d'ailleurs pas, 23 d'entre eux estiment qu'après le traitement, on ne boit ou ne fume qu'après avoir une bonne toilette, 18 planteurs sur l'effectif total des enquêtés affirment qu'il faut éloigner les enfants et les animaux du champ lorsqu'on procède au traitement. Et pour finir, 8 disent qu'il ne faut pas faire appliquer le traitement par les enfants ou les personnes âgées.

    Les réponses fournies par nos enquêtés ici relèvent belle et bien des directives techniques et des recommandations écrites sur les étiquettes de ces produits. Malheureusement, certaines de ces consignes ne sont pas bien suivies par certains cotonculteurs. Selon nos observations faites sur terrain, certains planteurs se font seconder ou remplacer lors des séances de traitement par leurs enfants ceci, à l'insu des DT qui ne sont pas toujours présents pendant certains traitements.

    De telles pratiques ne sont pas de nature à respecter les règles et normes en vigueur. Les cotonculteurs les connaissent bien et les récitent bien mais très peu d'entre eux mettent en application ces directives techniques. De ce fait, qu'en est-il des précautions à prendre après l'application du produit ? Nous en parlerons dans les lignes qui suivent.

    5.2.3. Précaution à prendre après l'application du produit.

    Le graphique qui suit résume le discours de nos enquêtés sur les différentes précautions que l'on doit prendre après qu'on a fini le traitement.

    Figure 15: Connaissance des précautions à prendre après le traitement.

    Précaution à prendre après
    l'application du produit

    0 20 40 60

    Ne jamais réutiliser les emballages
    vides

    Laver tous les vêtements de protection

    Manger et boire uniquement après
    toilette

    Destruction des emballages vides

    Rdponses des
    enquetds

    11

    47

    50

    8

    Effectif des enquêntés

    Source : Enquête sur terrain.

    Les risques d'intoxication ou de contamination se répartissent à différents niveaux : pendant la manipulation, l'application et après l'application du produit. La connaissance des précautions à prendre à chaque niveau permet de réduire les risques de contamination. Après les traitements aussi, des règles doivent être observées.

    En effet, parmi les planteurs interrogés, 50 sont formels que l'ont ne peut boire ou manger qu'après une bonne toilette ; 47 d'entre eux estiment qu'il faut laver tous les vêtements de protection; 11 seulement disent qu'il ne faut jamais utiliser les emballages de ces produits et pour finir, 8 ont déclaré qu'il faut détruire les emballages vides des produits-ci.

    Grosso modo, nous pouvons estimer que les différentes campagnes de sensibilisation à l'endroit des cotonculteurs ont atteint leur but eu égard aux réponses justes que nos enquêtés ont donné ici. Hélas, ces réponses sont et ne demeurent que des principes dont ceux-ci n'ont fait qu'énumérés. Selon notre observation en effet, certaines de ces règles ne sont respectées. N'ayant pas les vêtements de protection phytosanitaires, les planteurs utilisent leurs habits ordinaires qu'ils les lavent au bord des marigots qui longent leurs champs. D'autres encore sachant que seule une forte quantité du liquide peut tuer, ne se donnent pas trop de peine pour faire une bonne toilette avant de commencer soit à chercher à manger ou à boire ou encore à fumer.

    C'est justement contre ces genres de mauvaises pratiques que Gaëlle STIMAMIGLIO et Gérard GENDRON ont mis en évidence les canaux par lesquels l'on peut se contaminer. Dans leur ouvrage intitulé : Utilisation efficace et sans risques des produits phytosanitaires en République Centrafricaine~~, ces auteurs affirment que l'homme peut se contaminer par les voies suivantes :

    ü Par ingestion: causes accidentelles ou aliments contaminés, réutilisation des emballages vides ;

    ü Par contact: intoxications fréquentes : éclaboussures, contact avec la culture traitée ;

    ü Par inhalation : par respiration des nuages de pulvérisation principalement.52

    Ces consignes viennent mettre un terme sur la connaissance qu'ont nos enquêtés sur les conduites à tenir après le traitement. Le prochain paragraphe qui suit, sera consacré à l'aspect gestion des emballages des pesticides.

    5.2.4. Avis des enquêtés sur la gestion des emballages des pesticides.

    La figure qui suit présente la destination finale des emballages des pesticides ou l'usage que les planteurs de coton en font après les traitements.

    Figure 16: Usage final des emballages des pesticides.

    Gestion des emballages des
    pesticides

    Laver et utiliser

    Revendre à ceux qui sont dans le
    besoin

    Autodestruction au champ

    48

    18

    18

    Reponses des
    enquetes

    20 40 60

    Effectif des enquêtés

    Source : Enquête sur terrain.

    La gestion des emballages pose un sérieux problème dans le monde rural en général et Bossangoa notre zone d'étude n'est en marge de cette difficulté. Ainsi selon les histogrammes ci-dessus, plus de 57% de l'échantillon interrogé affirment qu'ils lavent ces emballages pour soit les réutiliser ou soit les revendre à ceux qui sont dans le besoin. Seulement, 43% estiment pour leur part autodétruire ces récipients au champ.

    A la lecture des réponses des planteurs interrogés et compilées dans ce graphique, il est clair que les pratiques de ceux-ci ne sont pas en conformité avec les procédures et normes en vigueur. En effet, que disent les recommandations relatives à la gestion des emballages de ces produits ? C'est à cette question que les deux auteurs que nous avons précédemment cité répondent en ces termes.

    Selon ces auteurs, la gestion des emballages vides des pesticides doit se faire de la manière suivante :

    ü Ne jamais réutiliser les emballages vides des produits phytosanitaires pour y mettre de l'eau ou de la nourriture ;

    ü Refermer les emballages après usage de façon à éviter toute perte ou contamination et les stocker dans un endroit sûr.

    ü Brûler les emballages en plastique et carton en se protégeant de la fumée qui s'y échappe, elle est trop toxique et par conséquent, le feu doit se faire loin des habitations tout en surveillant la direction du vent;

    ü Les emballages métalliques doivent être perforés, écrasé puis enterrés dans un

    endroit non habité à 50m d'un point d'eau et reboucher soigneusement le trou53.

    Pour beaucoup de ceux qui disent laver ces emballages et utiliser, ils justifient leurs points de vue selon quoi, cela leur permet soit de conserver leurs semences, soit à puiser de l'eau ou soit encore à conserver de l'huile, du sel, du sucre ou du miel pour ce qui est des bouteilles en plastiques. Quant aux sachets de graines de coton et des sacs des intrants ou engrais, cela permet de bien conserver la farine de manioc pendant la saison des pluies. Voila quelques raisons évoquées par les planteurs pour ne pas détruire les emballages des pesticides comme les directives le leur recommandent.

    La gestion de ces emballages varie en fonction du sexe. C'est pourquoi dans les lignes qui suivent, nous allons voir comment cela se passe du côté des femmes ou des hommes.

    5.2.5. La gestion des emballages en fonction de la variable sexe.

    Le tableau croisé qui suit vise à montrer la manière dont les femmes ou les hommes gèrent les emballages des pesticides après les traitements.

    Tableau 7: L'utilisation des emballages des pesticides selon la variable sexe.

    Question

    Autodestruction

    Revendre à

    Laver et

    Autres

    Total

    n°18

    au champ

    ceux qui sont

    réutiliser

     
     
     
     

    dans le besoin

     
     
     

    Sexe

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    Masculin

    18

    15.51%

    18

    15.51%

    44

    37.93%

    31

    26.72%

    111

    95.69%

    Féminin

    0

    0%

    0

    0%

    4

    3.45%

    1

    0.86%

    5

    4.31%

    Total

    18

    15.51%

    18

    15.51%

    48

    41.38%

    32

    27.58%

    116

    100%

    Source : Enquête sur terrain.

    A la question de savoir : « Après les traitements, que faites-vous des emballages des pesticides ? », les réponses divergent fortement selon qu'on se tourne vers les femmes ou les hommes. Ainsi, aucune des femmes interrogées n'affirment soit détruire ces emballages au champ ou soit revendre à d'autres personnes. Toutes disent

    53 STIMAMIGLIO (G) et GENDRON (G), op cit, p.30

    laver pour utiliser (4.31% du total de l'échantillon). Quant aux hommes, 15,51% seulement affirment qu'ils détruisent ces emballages au champ. Mais le reste de ceux-ci gardent ces emballages pour les revendre ou les utiliser (soit 80.16%).

    Cette situation se comprend en ce sens où dans le monde rural, le plus souvent ce sont les femmes qui sont responsables des ustensiles de cuisines et de ce fait, chargées d'acquérir de nouvelles assiettes. Ainsi, les bouteilles en plastiques sont bien faites pour leur permettre de conserver leurs semences, de l'huile, du sel ou du sucre. Quant aux sacs des engrais et sachets des graines de coton cela permet selon les dires de nos enquêtés, à conserver les farines de manioc surtout en saison des pluies. Car au mois d'août - septembre, les planteurs sont plus au champ et de là, c'est de cette manière qu'ils conservent leurs provisions.

    Toutes ces pratiques non conformes aux directives techniques ont des conséquences. Alors, quel est l'impact socioéconomique de ces pratiques sur ces planteurs ? Cette interrogation fera l'objet de notre préoccupation dans le prochain chapitre.

    CHAPITRE SIXIEME : IMPACT SOCIOECONOMIQUE ET SOLUTIONS A ENVISAGER.

    Ce dernier chapitre s'articule essentiellement autour de deux principaux points: l'impact socioéconomique et les solutions à envisager.

    6.1. Impact socioéconomique.

    Ce premier sous point comporte les sous parties suivantes : connaissance des enquêtés sur le rendement à l'hectare, incidence du non respect du calendrier cultural et le faible dosage de l'insecticide, connaissance des enquêtés sur l'intoxication alimentaire, fréquence des intoxications dans la localité, connaissance des enquêtés sur les conséquences de mauvaises pratiques phytosanitaires et la perception de nos enquêtés sur les différents usages des pesticides selon la variable sexe.

    6.1.1. Connaissance des enquêtés sur l'incidence du faible dosage sur le rendement.

    A travers la figure qui suit, nous voulons mettre en exergue la connaissance de nos enquêtés sur les conséquences du faible dosage de l'insecticide et du non respect du calendrier agricole sur le rendement à l'hectare.

    Figure 17: Opinion sur le faible dosage sur le rendement à l'hectare.

    Connaissance de l'incidence du
    faible dosage sur le rendement à
    l'hectare

    51%

    Non

    Ne sais pas
    21%

    28%

    Oui

    Source : Enquête sur terrain.

    En essayant de vérifier la connaissance que les planteurs interrogés ont de l'incidence du faible dosage et du non respect du calendrier cultural, ceux-ci nous ont répondu de la manière suivante. 52% de l'échantillon estiment que non, on ne peut

    prétendre à une meilleure récolte du moment où le champ n'est pas bien protégé par la dose normale recommandée. 27% affirment de leur côté que le non respect du calendrier et le faible dosage, n'a pas assez d'impact sur le rendement à l'hectare contre 21% qui sont ignorants des conséquences d'une telle pratique. Selon ceux qui défendent cette position, le non respect du calendrier et le faible dosage impacteraient très faiblement sur le rendement.

    Selon les directives techniques en vigueur qui nous ont été communiquées par l'Adjoint au Chef d'Exploitation de l'usine de Bossangoa lors d'un entretien que nous avons eu avec lui, « Il faut au minimum cinq (5) traitements sinon huit (8) au maximum pour prétendre à une bonne récolte. Pour la dose normale pour une bonne protection, il faut 1/2litre de CYPALM P654 pour 0,5ha et 1/2litre de CYPALM P672 pour un hectare (1ha). »54

    Dans une telle condition, nous ne voyons pas comment l'on peut faire une bonne récolte du moment où une partie de la quantité du liquide ait été détournée pour d'autres fins. Selon cette même source, « Il est recommandé par la recherche de commencer à semer le coton fin Mai et d'arrêter cela au plus tard le 20Juin. »55

    Le contraste dans cette situation est que la plupart des planteurs savent ou du moins connaissent bien ces directives techniques mais cela ne les empêche pas cependant à prélever une quantité de ces pesticides pour la protection de leur petit élevage ou encore à utiliser pour protéger les autres cultures telles celles du paddy et du sésame. Ce constat relève de nos propres observations.

    6.1.2. Connaissance du calendrier et du faible dosage sur le rendement à l'hectare.

    Le camembert ci-dessous vise à montrer le niveau de connaissance que les planteurs interrogés ont des effets pervers dus au non respect du calendrier et du faible dosage sur le rendement à l'hectare.

    54 Entretien accordé à l'ACE de Bossangoa le 25/07/11 à 12h20min.

    55 Idem le 25/07/11 à 12h20min.

    Figure 18: Opinion sur le non respect du calendrier et le faible dosage sur le rendement.

    Connaissance du calendrier et du
    faible dosage sur le rendement

    Non

    16%

    Ne sais pas
    22%

    Oui

    62%

    Source : Enquête sur terrain.

    Connaître la date des semis permet d'une part de respecter les directives techniques définies par la recherche et d'autre part d'éviter le faible rendement à l'hectare. Sur ce point précis, les opinions des planteurs interrogés varient. 62% de l'effectif total sont conscients qu'à l'instant où l'on ne respecte pas à la fois le calendrier des semis et le dosage de l'insecticide, il est difficile dans un tel contexte de vouloir prétendre à une bonne récolte du coton. 16% qu'à eux, estiment que cela n'a que peu d'importance contre 22% qui eux, ignorent totalement l'impact de telles situations sur le rendement à l'hectare.

    Le point de vue de ceux qui minimisent les conséquences du non respect de ces consignes aux côtés de ceux qui ignorent les retombées de ces non respects, attestent quelque part que ceux-ci ne sont pas bien informés sur ces directives techniques. C'est sans doute dans ce sens que certains planteurs mettent de côté une quantité des pesticides pour en faire d'autres usages qui ne sont pas recommandées (pêche, chasse, pulvérisation des chambres, la neutralisation des poux des cheveux, la protection des cultures vivrières et maraîchères, etc.).

    De ces différentes pratiques surviennent les cas d'intoxications alimentaires. Alors, quelle est donc la fréquence de ces accidents dans la localité ? La réponse de cette interrogation fera l'objet du paragraphe qui suit.

    6.1.3. Connaissance de l'intoxication alimentaire liée aux pesticides.

    Le graphique ci-dessous vise à montrer la connaissance qu'ont les enquêtés sur la fréquence ou les cas d'intoxication à l'insecticides dans leur localité.

    Figure 19: Connaissance des intoxications alimentaires liées aux pesticides.

    Connaisance sur l'intoxication
    alimentaire

    Non

    24%

    Oui

    56%

    Ne sais pas
    20%

    Source : Enquête sur terrain.

    « Etes-vous déjà au courant d'une ou des intoxications alimentaires liées aux produits phytosanitaires ?» A cette question, plus de la moitié de l'échantillon interrogé soit 56% sont formels pour dire que cela existe bien dans leur communauté. Par contre, 24% estiment ne pas être au courant de telles informations tout en admettant que cette possibilité n'est pas exclue pour ce qui est de la communauté toute entière. 20% seulement affirment ne pas être au courant d'une telle information.

    Ces prises de positions de nos enquêtés confirment bien l'avis du Directeur Régional des Eaux et Forêt avec qui nous avons eu un entretien improvisé. Selon ce dernier, « La chasse aux rongeurs à base d'insecticide continuent d'être pratiquée ainsi que la pêche. Les produits de ces captures sont vendus sur le marché local, une autre partie est évacuée soit sur Bangui ou soit sur d'autres localités. Nous sommes au courant de ces genres de pratiques, mais lorsque nous voulons enquêter sur l'information afin d'arrêter les coupables, nous nous confrontons toujours aux refus de la population qui ne veulent pas dénoncer leurs semblables. »56

    56 Entretien réalisé avec le Directeur Régional des Eaux et Forêt, le 29/07/11 à 8h45min

    Il poursuit en disant que : « c'est Dieu qui nous protège par rapport à ce que nous achetons sur le marché pour consommer car personne ne connaît l'origine ni la provenance. »57 D'après le Directeur, on voie le péché~~ mais pas le pécheur~~, ce qui rend difficile la répression de telles pratiques dans la localité.

    Cette inquiétude est légitime car les gibiers tués à base de ces produits ne sont pas à consommer de peur de s'intoxiquer. C'est ce que Collette CHASSARD - BOUCHAUD essaie de démontrer dans la figure ci-dessus.

    Figure 20: Chaine de contamination aux pesticides.

    PESTICIDE

    VEGETAUX ANIMAUX

    RESIDUS dans :
    Légumes,
    Fruits, céréales,
    boisson, etc.

    Traitements
    contre les
    PARASITES
    :
    Animaux
    Végétaux
    Sur pieds
    Concentration

    (1) Traitement contre
    les PARASITES:
    internes,
    Externe.
    (2) Consommation
    D'aliments,
    Contaminés

    RESIDUS dans :
    Viandes et abats
    Laits et produits
    laitiers
    Rufs

    INTOXICATION
    DIRECTE DE
    L'HOMME
    -
    Professionnelle :
    Industrie
    Agriculture
    Accidentelle :
    Ménagère

    HOMME

    Source: M. PONTOIS (Docteur vétérinaire), Institut supérieur de l'agro-alimentaire et école nationale vétérinaire d'Alfort, 1993 cité par Colette CHASSARD-BOUCHAUD.

    Cette figure ci-dessus, montre les principales voies de contamination de l'homme, des animaux et des végétaux par les pesticides. Intoxication directe ou indirecte, notamment par les résidus souvent détectés dans les produits alimentaires de consommation courante.

    6.1.4. Fréquence des intoxications alimentaires aux pesticides.

    La figure ci-dessous synthétise l'opinion des enquêtés sur la fréquence des cas d'intoxication aux pesticide dans la localité de Bossangoa.

    Figure 21: Aperçu sur la fréquence de l'intoxication liée aux pesticides.

    Fréquence des cas d'intoxication
    alimentaire dans la localité

    22%

    Non

    Ne sais pas
    17%

    61%

    Oui

    Source : Enquête sur terrain.

    Le point de vue des 61% des enquêtés attestant que la fréquence d'intoxication alimentaire dans la localité va de paire avec celui du Médecin Chef de la Clinique Ophtalmologique de Bossangoa. Selon ce dernier qui s'est confié à nous, « Les intoxications alimentaires liés aux produits phytosanitaires ainsi que les cas de suicides ou de tentatives de suicide sont trop fréquents à l'hôpital de Bossangoa et ceci surtout en saison sèche. »58

    Toujours selon cette même source, au cours de l'année 2011, l'hôpital préfectoral de Bossangoa a enregistré deux cas de décès liés à l'empoisonnement aux pesticides. Le premier cas c'est celui d'un Directeur d'une école primaire situant à 15Km de la ville de Bossangoa qui, sous l'effet de la colère a bu une quantité de l'insecticide. Celui-ci est décédé à son arrivée à l'hôpital car trop tard pour faire quelque chose pour lui. D'après

    58 Médecin Chef de la clinique ophtalmologique de Bossangoa, entretien accordé le 26/07/11 à 9h05min.

    les explications recueillies, celui-ci s'est donné la mort sous la pression des parents d'élèves qui sont venus lui demander des comptes sur la gestion des vivres que le PAM a donnés pour les enfants de cette école et aurait détourné.

    Le second cas de suicide avéré est celui d'un voleur. Celui-là a volé un cabri qu'il a vendu. Après enquête policière, il devrait être mis aux arrêts. Mais juste au moment de procéder à son arrestation, celui-ci pressentant qu'il allait bientôt répondre de son forfait, a pris la réserve de son insecticide qu'il a bu et finalement, mort s'en est suivi.59

    Ces quelques témoignages attestent que les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires à Bossangoa ne sont pas en conformité avec les procédures et normes et vigueur. Ainsi, quelles sont les conséquences des mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires auxquelles les planteurs de Bossangoa se livrent-ils ?

    6.1.5. Connaissance des conséquences des mauvaises pratiques phytosanitaires.

    La figure qui suit nous montre le niveau de connaissance qu'ont les planteurs interrogés des conséquences des mauvaises pratiques phytosanitaires.

    Figure 22: Perception des conséquences de mauvaises pratiques phytosanitaires.

    Connaissance des conséquences des
    mauvaises pratiques phytosanitaires

    Ne sais pas

    Reponses des
    enquetes

    La fracture des membres

    La cécité

    La malvoyance

    42

    28

    18

    28

    10 20 30 40 50

    Effectif des enquêtés

    Source : Enquête sur terrain.

    A la question qui suit: « Quelles sont les conséquences des mauvaises manipulations des insecticides (produits phytosanitaires) dont souffrent

    aujourd'hui les membres de votre communauté ? », les planteurs interrogés répondent de la manière suivante.

    La plupart de nos enquêtés soit 42 individus estiment ne pas les savoir. Par contre, 28 évoquent les cas de fractures des membres comme conséquences tandis que 28 autres parlent de la malvoyance et enfin, 18 pointent du doigt la cécité. Si nous en tenons à ces quelques déclarations, nous voyons que nos enquêtés ne maitrisent pas dans l'ensemble, les conséquences des mauvaises pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires.

    Connaître les conséquences des contaminations liées à ces produits permet de prendre ses précautions afin de ne pas courir des risques à cet effet. A contrario, si l'on ne connait pas les dangers que l'on encoure de cette sorte, évidemment on ne pourra pas se méfier de ces produits. Les conséquences des contaminations ou les effets des pesticides sur l'homme ou la nature sont nombreuses.

    Pour le cas de Bossangoa, notre terrain d'étude, où il y a une forte population malvoyante ou aveugle, les raisons sont multiples. Pour le Chef de centre d'ophtalmologie de Bossangoa, « La cause principale de la cécité à Bossangoa est certes liée en partie à la consommation ou la contamination due aux pesticides, mais et surtout due aux piqûres de SIMULI du nom du vecteur et propagateur de l'onchocercose ou la cécité des rivières. »60

    Selon ce personnel soignant, Bossangoa se situe sur un site larvaire, une zone endémique où cette mouche responsable de la cécité sévit toute l'année. Cette mouche a une marge de manSuvre qui va d'un rayon de 60Km à partir des bords de la rivière Ouham, d'après ses propres termes. A titre préventif, nous avons été dépisté dans cette clinique et quelques comprimés nous sont donnés. Car étant de passage dans cette partie du pays, nous sommes déjà dans la zone endémique et qu'il faut nous protéger des piqûres de ce moustique responsable de la cécité qui sévit dans cette localité.

    Les effets des pesticides sur la santé humaine sont nombreux. Les intoxications aigües par les pesticides sont celles où quelques heures après une exposition importante, des symptômes apparaissent rapidement. Les personnes bien sûr les

    60 Le Médecin chef de la clinique ophtalmologique de Bossangoa : idem le 26/07/11, à 9h05min.

    agriculteurs, qui manipulent et appliquent ces pesticides sur leurs cultures en sont le plus souvent victimes. L'atteinte de l'homme se fait d'une manière directe (les agriculteurs et travailleurs professionnellement exposés) et des accidents domestiques et indirect.

    Par contamination indirecte, il faut entendre la consommation des produits animaux ou végétaux qui sont bien connus de contenir des résidus des pesticides: bSuf, tomates, raisins, pommes, laitues, oranges, et pommes de terre. Selon l'OMS en effet, « Il y a chaque année dans le monde, un (1) million de graves empoisonnements par les pesticides, avec quelques 220.000 décès »61

    Les effets des pesticides sur la santé humaine ainsi présentés nous passons à la perception des différents usages des pesticides selon la variable sexe.

    6.1.6. Perception des différents usages selon la variable sexe.

    Le tableau qui suit vise à nous montrer la perception qu'ont nos enquêtés.

    Tableau 8: Perception de l'usage des pesticides en fonction de la variable sexe.

    Question

    Protéger les

    Protéger les

    Chasser les

    Pécher les

    Usages

    Total

    n°7

    cultures

    animaux

    animaux

    poissons

    multiples

     
     
     

    domestiques

     
     
     
     

    Sexe

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    VA

    VR

    Masculin

    73

    63%

    13

    11.20%

    4

    3.45%

    4

    3.45%

    17

    14.65%

    111

    95.69%

    Féminin

    3

    2.59%

    0

    0%

    0

    0%

    0

    0%

    2

    1.72%

    5

    4.31%

    Total

    76

    65.51%

    13

    11.20%

    4

    3.45%

    4

    3.45%

    19

    16.37%

    116

    100%

    Source : Enquête de terrain.

    Les réponses des enquêtés sont trop variées sur la question qui porte sur les différents usages possibles que l'on peut faire des pesticides. Ces différents avis émis sont couplés avec la variable sexe. A cet effet, 63% des hommes interrogés contre 2,59% femmes estiment que les pesticides agricoles sont destinés uniquement pour la protection des cultures; 11,20% de l'effectif des hommes pensent qu'on peut utiliser ces produits pour protéger son petit élevage ; 3,45% de l'effectif des hommes affirment qu'on peut chasser avec ces produits contre 3,45% qui estiment quant à eux que l'on peut bien pêcher à base des ces produits. Les 16,37% ont étayé leur point de vue selon quoi toutes les modalités énumérées ici sont possibles.

    61 http://www.mdrgf.org/ , consulté le 22 Nov.2010.

    Dans l'ensemble, nous pouvons dire que les planteurs savent bien que les pesticides agricoles sont uniquement destinés à la protection des cultures. Cette perception est valable pour les deux sexes. Cependant, la nature des cultures n'est pas spécifiée. Pour ces cotonculteurs, les mêmes produits peuvent bien permettre de protéger à la fois les cultures vivrières, maraichères ou industrielles telle que la culture du coton.

    Une telle compréhension des usages des pesticides agricoles est erronée. Car elle ne correspond pas aux procédures et normes en vigueur. En effet, l'insecticide du cotonnier n'est pas à être utilisé pour d'autres cultures (vivrières ou maraichères). Les parasites du cotonnier ne sont pas les mêmes pour les cultures vivrières.

    Selon un Chef de Service à la Cellule-coton, « Le délai de rémanence des pesticides sur les fruits ou légumes à consommer est de quinze (15) jours après le traitement. »62 Selon cette même source, « Les planteurs qui ont semé certaines plantes vivrières dans le champ de cotonnier peuvent bien consommer sans risques majeurs ces fruits et légumes après quinze (15) jours francs séparant la date du traitement et celle de la récolte. »63 Tout ceci relève des directives techniques.

    Pour ce qui est de l'application de ces consignes, nos observations nous ont relevé le contraire. En général, les périodes de traitements coïncident avec celles des récoltes de légumes ou fruits (courges, niébé, concombres, gombo, etc.) des cultures faites en association avec la culture du coton. Ce faisant, les planteurs souvent poussés par l'ignorance du délai de rémanence et l'impatience cueillent ces fruits et légumes qu'ils en consomment une partie et en vendent une autre sur le marché au grand public. Ces genres de pratiques exposent tout le monde et ne met personne à l'abri des contaminations.

    Face donc à cette situation, quelles solutions doit-on envisager ? C'est à cette question que nous allons nous attelé dans les lignes qui suivent.

    62 KOÏROKPI (A) chef de service à la cellule-coton de Bangui, entretien accordé le 25 Nov.2011 à 11h05min.

    63 KOÏROKPI (A) : Idem, le 25 Nov.2011 à 11h05min

    6.2. Les solutions à envisager.

    La deuxième partie de ce chapitre vise à proposer des pistes de solutions aux différents problèmes évoqués de bout en bout dans ce travail.

    6.2.1. Opinion sur la sensibilisation reçue.

    Cette figure synthétise les discours des enquêtés sur la connaissance qu'ils ont des conséquences des mauvaises pratiques phytosanitaires.

    Figure 23: Discours des enquêtés sur la sensibilisation.

    36%

    Non

    Opinion sur la sensibilisation

    64%

    Oui

    Source : Enquête sur terrain.

    A la question de savoir si les planteurs ont été sensibilisés sur les conséquences des mauvaises pratiques phytosanitaires, les réponses se présentent de la manière suivante : plus de la moitié de l'effectif de l'échantillon interrogé soit 64% affirment être sensibilisés à cet effet par contre, 36% estiment ne pas être sensibilisés.

    La sensibilisation est souvent faite par les DT, la municipalité de Bossangoa à travers des réunions avec les chefs de groupes et de quartiers. Selon nos observations, les planteurs sont informés peu des méfaits de ces produits mais la difficulté réside dans l'application de ces consignes reçues.

    Selon nos observations, des efforts sont faits et sont entrain d'être fait de part et d'autre pour conscientiser les planteurs à faire bon usage de ces produits. Mais comme cet adage populaire le dit si bien : « L'habitude est la seconde nature de l'homme » et par conséquent, il est difficile à ces planteurs de changer d'attitudes aussi facilement.

    La sensibilisation est une bonne chose mais la formation à l'endroit de ces cotonculteurs serait le mieux. Est-ce-que ceux-ci ont été formés sur les techniques de la bonne utilisation de ces produits ? C'est ce que nous allons voir dans le prochain paragraphe.

    6.2.2. Avis sur la formation relative à l'utilisation des produits phytosanitaires.

    Le camembert ci-dessous résume le point de vue des planteurs interrogés sur la question relative à la formation sur les techniques de bonne utilisation des produits phytosanitaires.

    Figure 24: Discours des enquêtés sur la formation pour des bonnes pratiques phytosanitaires.

    Opinion sur la formation réçue

    87%

    Non

    13%

    Oui

    Source : Enquête sur terrain.

    La formation est indispensable à tout exercice dans tel ou tel autre domaine de la vie professionnelle. Cette règle est aussi valable pour les cotonculteurs. Cependant, à la question de savoir si ces derniers ont reçu une formation relative aux pesticides agricoles qu'ils utilisent chaque année, la surprise a été grande quant à leurs réponses.

    D'après ce graphique, 87% des planteurs enquêtés estiment ne pas être formés sur l'utilisation des pesticides tandis que 13% seulement affirment avoir reçu une formation à cet effet. Ceux qui ont répondu par la négative disent agir par tradition ou par observation c'est-à-dire voir comment l'autre ou comment fait-on ou encore comment traite-t-on le coton et on essaie d'imiter. Quant au reste qui estiment avoir reçu une

    formation, ce sont pour la plupart des DT. Ceux-ci ont souvent été formés dans le but de revenir former eux aussi les membres de leurs groupements respectifs.

    Selon nos observations faites sur terrain, les séances de restitution des DT sont constituées de petites séances de réunions de quarante cinq (45) minutes à une heure généralement les Dimanches matin où tous les planteurs sont supposés être présents au village. A travers cette situation, nous comprenons aisément que ce n'est pas en quarante cinq (45) minutes ou une heure qu'on peut appréhender toutes les notions relatives aux procédures et normes en vigueur afin d'éviter les risques sanitaires et environnementaux que les pesticides représentent pour soi; si tant est que la majorité de ces planteurs ont un niveau d'étude relativement faible dans l'ensemble.

    Face donc à des telles situations, quelles sont les solutions que l'on peut envisager ? C'est dans ce contexte que les paragraphes qui suivent seront structurés.

    6.2.3. Solutions aux cotonculteurs eux-mêmes.

    Aux cotonculteurs, nous formulons les suggestions suivantes comme pistes de solution: par rapport aux comportements des cotonculteurs qui minimisent le degré de toxicité des pesticides agricoles, nous disons avec cet auteur que : « Tous les pesticides sans exception sont dangereux. Ne jamais oublier cette règle quand on travaille avec ces produits ! Les pesticides sont faits pour détruire les organismes nuisibles insectes ou champignons ressemblant peu à l'homme, mais cela ne veut pas dire qu'un produit fait pour détruire les premiers ne soit pas dangereux pour d'autres organismes vivants, et pour l'homme en particulier. »64

    Les phrases de ces auteurs sont un appel à la vigilance et selon nous, elles constituent la règle numéro un. C'est dans ce contexte que nous demandons à ces planteurs de se conformer strictement aux recommandations contenues sur l'étiquette ou les emballages de ces produits chimiques. Certes, les pesticides peuvent avoir différents usages, mais il faut savoir que chaque produit est destiné pour un usage

    64 ARENDSE (W) et BRABER (K-D) et alii : op cit pp.6-7

    particulier. Cependant, il n'est pas conseillé d'utiliser les pesticides du cotonnier pour protéger d'autres cultures vivrières ou maraîchères.

    Pour éviter les intoxications alimentaires auxquelles personne n'est à l'abri de la protection, nous rappelons que les pesticides ne sont en aucun cas des armes de chasse ou de pêche. Par conséquent, ne jamais pêcher ou chasser et ne jamais consommer des gibiers ou des poissons tués à base de ces produits. Cela a plusieurs conséquences sur la nature et sur la santé des consommateurs.

    Les pesticides sont destinés à lutter contre les indésirables ou chenilles nuisibles mais, ils constituent à la fois un danger pour l'homme qui est indirectement visé. C'est pourquoi, il ne faut jamais sous-estimer le degré de toxicité de ces produits. Quand bien même une faible dose ne peut provoquer un danger immédiat, mais cela demeure toujours un problème dont les manifestations se feront voir à moyen ou long terme.

    Une meilleure récolte ou un bon rendement à l'hectare ne peut s'obtenir qu'avec l'observance stricte des directives techniques. Pour cela, il faut respecter le calendrier cultural, le nombre de traitements et des sarclages. De ce fait, ne pas prélever une partie de la quantité de l'insecticide pour en faire d'autres usages ou conserver à domicile ou encore reconditionner pour revendre sans étiquettes à d'autres paysans. Cela constitue une source d'empoisonnement de la famille et impacte négativement sur le rendement à l'hectare.

    Les pesticides agricoles étant toxiques, les récipients les contenant le sont également, c'est pourquoi, les directives et normes en vigueur défendent leur réutilisation. Ainsi, les emballages de ces produits ne sont pas des récipients à recycler pour être réutiliser. Car en les lavant pour les réutiliser, ils s'intoxiquent et par la même occasion intoxiquent les membres de leurs familles et ceux de leur communauté à qui ils revendent ces emballages pour être utiliser.

    Les risques de contamination ou d'intoxication de l'homme se situant à chaque niveau (pendant la manipulation du produit, le traitement et après le traitement), les directives techniques relatives à la manipulation, au traitement et à l'après traitement doivent être bien suivies quand bien même ne disposant pas d'équipements de

    protection phytosanitaire (Gans, bottes, imperméables, chemises manche longue, etc.). De ce fait, quelles alternatives peut-on faire à l'endroit de la cellule coton ?

    6.2.4. Solutions à la Cellule-Coton (SOFICA).

    A la cellule-coton en passe de devenir ~~Société de Fibres en Centrafrique~~ (SOFICA), nous formulons les solutions suivantes :

    Par rapport à l'encadrement technique dont plus de 87% des planteurs interrogés estiment ne pas être formés, nous formulons le souhait que la Cellule coton (SOFICA) reprenne les mêmes stratégies d'encadrement des précédentes sociétés. Cette stratégie consiste au recrutement des encadreurs ou des vulgarisateurs comme à l'époque de la SOCADA et la SOCOCA. Ceux-ci faisant parti des personnels de la société et se consacreraient bien à cette tâche d'encadrement.

    La supervision des GIR est devenu est peu pénible du fait que les gestionnaires ont plusieurs Groupements (GIR) dont ils doivent superviser à la fois. Ceci rend difficile le suivi des planteurs dans les champs. Les DT eux-aussi ont beaucoup de planteurs à gérer. Donc, il serait souhaitable de revoir l'effectif des DT par groupement et celui des Gestionnaires aussi. Pour une meilleure supervision des champs des paysans, il est souhaitable de regrouper les champs des planteurs par blocs, pour permettre leur bon suivi par les DT lors des traitements.

    Afin de rendre les DT mobiles derrière les paysans dans les champs, le mieux serait de doter ces Délégués Techniques des moyens logistiques et les encourager avec un peu de moyens financiers conséquents autres que ce qui leur est proposer maintenant soit 1Fcfa/tonnage réaliser par le groupement. Et ce fonds leur est versé à la fin de la campagne cotonnière. Cela n'est pas de nature à encourager ceux-ci à bien superviser les membres de leurs groupements d'autant plus ceux-ci ont leurs propres champs dont ils doivent aussi s'en occuper.

    Quant à la pratique de la réutilisation des emballages vides des pesticides, la SOFICA doit mettre en place une nouvelle politique de suivi des planteurs lors des traitements afin de ramasser systématiquement ces emballages qui seront détruis sur un

    site à identifier. Cela évitera les cas des intoxications alimentaires qui sont trop fréquents dans la zone de Bossangoa.

    6.2.5. Propositions de solutions à la Cellule CPAC-RCA.

    Le Comité Inter-Etats des Pesticides d'Afrique Centrale (CPAC) a une représentation logée au sein du Ministère de l'agriculture et du développement rural. Cette cellule est la structure faitière en matière de la réglementation et de la lutte phytosanitaire au niveau national. A cet organe nous formulons les suggestions suivantes :

    Jouer ou assurer pleinement son rôle de leader dans le domaine des Pesticides au niveau national. Pour permettre de disposer des données statistiques, dans le domaine des Pesticides, cette cellule par l'aide des partenaires au développement doit disposer des bases de données actualisées sur lesquelles les Autorités phytosanitaires pourront projeter des politiques de lutte phytosanitaires efficaces.

    Le CPAC est une structure naissante qui est un peu mal connue au niveau national. A cet effet, il doit se faire connaître aux établissements et différents partenaires intervenant dans le secteur des pesticides en Centrafrique. Cela passe par des émissions radiotélévisées. A l'heure actuelle, les textes officiels relatifs à la réglementation phytosanitaire au niveau national sont vieux et méritent une actualisation en conformité avec les nouvelles données. Cette tâche revient à ce Comité Inter-états d'innover ou d'initier de nouveaux textes dans ce sens.

    Pour la bonne application des textes de la CEMAC relatifs aux pesticides, le CAPAC-RCA, doit être doté de moyens roulants et financiers pour des visites ou des contrôles de routines auprès des maisons de commerce de ces produits au niveau national. Pour ce travail, la collaboration entre le CNGP et les différentes structures intervenant dans le secteur des pesticides (Cf. annexe IV), doit être renforcée.

    100 6.2.6. Suggestions aux Autorités gouvernementales et aux partenaires au développement.

    Le Gouvernement travaille en collaboration avec des partenaires au développement c'est pourquoi nous formulons ces suggestions à l'endroit des deux entités à la fois. Ainsi pour la bonne surveillance et la bonne lutte phytosanitaire en RCA, nous proposons ce qui suit aux décideurs, notamment aux Autorités du Ministère de l'agriculture et du développement rural:

    Certains planteurs sont démotivés à l'égard de la culture du coton à cause du faible prix d'achat. Pour les motiver à renouer avec le travail de la terre, nous souhaitons que les Autorités augmentent le prix d'achat du coton graine à au moins 250Fcfa le kilogramme. Ceci pourra constituer un stimulant pour la relance de la filière coton dans le pays, car le coton constitue l'une des sources importantes d'entrée de devises pour le pays et pour la paysannerie de cette partie du pays.

    Dans le même ordre d'idée, nous recommandons de même que les cotonculteurs, que les prix des intrants agricoles (Engrais, Pesticides, etc.) soient revus à la baisse pour permettre aux planteurs de ce lancer massivement dans la culture du coton. Notons à cet effet, que dans les causeries informelles que nous avons eues avec certains planteurs, ceux-ci se sont beaucoup plein du fait de la hausse des prix des intrants et des pesticides.

    Il est très souhaitable que les usines de Péndé, N'djim, Guiffa qui ont été pillées lors des malheureux événements de la rébellion de 2003 soient réhabilitées. Cela augmentera l'effectif des planteurs et permettra ainsi, à toute la paysannerie de la zone cotonnière en général de bénéficier des entrées financières que cette culture génère chaque année.

    Pour la cellule CPAC-RCA et le personnel du Ministère du développement rural en charge des contrôles phytosanitaires, il est souhaitable de procéder au recrutement de nouveaux personnels. Quant aux anciens personnels, il faut renforcer leurs capacités par des séances de formations pour les rendre dynamique à faire face aux nouveaux défis de l'heure. Quant aux partenaires au développement, nous sollicitons leurs concours pour le renforcement de la capacité de la Cellule CPAC-RCA en la dotant d'un

    laboratoire scientifique et des moyens matériels, financiers et logistiques pour ces contrôles de routines.

    Pour un contrôle phytosanitaire accru et efficace, nous recommandons la création d'autres postes phytosanitaires à travers le pays en les dotant des moyens roulant pour leur permettre de bien exécuter leur tâche. Cela permettra aussi la mise en application des conventions internationales et des textes, lois et décrets visant la protection phytosanitaire.

    Chaque année des nouveaux produits sont créés et mis en circulation à travers le monde. A cet effet, les textes de réglementation dans ce domaine doit suivre ce rythme d'évolution. C'est pourquoi les rares textes et décrets en vigueur dans le pays en matière de protection phytosanitaire doivent être réactualisés. Notons que la plupart de ces textes datent des années soixante (60) alors que chaque année de nouveaux produits voient le jour avec leurs effets spécifiques sur la santé et l'environnement.

    Pour finir, la mise en place d'une ou des équipes mobiles de surveillances sous la coupe de la cellule CPAC-RCA permettra de pallier au déficit de contrôle et la porosité de nos frontières. De même, il faut renforcer des dispositifs de contrôle au niveau des frontières afin de lutter contre les contrebandiers et les importateurs illicites des produits non homologués. Car ces produits importés et vendus dans la clandestinité en toute impunité sont des produits obsolètes des autres pays qui sont ainsi écoulés au niveau du pays.

    Ces suggestions mettent ainsi un terme à notre dernier chapitre qui a été consacré à l'impact socioéconomique et les solutions à envisager.

    CONCLUSION GENERALE

    Avec une production de près de 3000 tonnes, la culture cotonnière joue un rôle moteur dans l'économie de la régionale de Bossangoa. La protection de ces cultures, soumises à de fortes attaques parasitaires, a entraîné une consommation croissante de pesticides. Outre le problème d'un coût monétaire élevé, leur mauvaise utilisation a des effets négatifs sur la santé des utilisateurs et des consommateurs mais aussi sur l'environnement. Elle provoque de surcroît la sélection d'insectes résistants.

    En parlant des représentations sociales, les agriculteurs sont conscients des effets néfastes des pesticides. Par contre ils minimisent les effets immédiats de ces produits et savent que seule une grande quantité ingurgitée peut constituer un danger dans les minutes qui suivent. C'est dans cette optique qu'ils utilisent ces produits à d'autres fins. Cette portion représente un taux de 79,30% du total des enquêtés.

    Les personnes les plus exposées aux pesticides sont les applicateurs. En plus de leur travail qui les met en contact direct avec les produits, ils sont aussi souvent mal protégés pendant le traitement des champs. L'exposition aux pesticides peut aussi avoir lieu à travers l'environnement ou des aliments (résidus dans les aliments ou l'eau). Ainsi pensent-ils qu'il est nécessaire de se protéger au cours des traitements.

    Toutefois, l'ensemble des planteurs interrogés ne prend aucune précaution, soit parce que les Equipements de protection Individuelle (gants, lunettes, blouse ou combinaison) coûtent cher et ne leur sont pas distribués par la société cotonnière, soit parce qu'ils déclarent être habitués aux produits. Cette portion représente la totalité de l'échantillon soit 100%, car aucun des planteurs ne porte les masques exigées par les normes d'utilisation des pesticides lors des séances de traitement.

    Quant aux pratiques liées à l'utilisation de ces produits, cette étude a révélé qu'il en existe une pluralité de pratiques. En dehors de la protection de la culture cotonnière (soit 65,51%), la majeur partie des cotonculteurs interrogés estiment que ces produits peuvent tout de même être utilisés pour la chasse (rat, rongeurs, oiseaux) soit 3,45% du total des enquêtés, la pêche (3,45%), la pulvérisation des chambres ou des latrines, la neutralisation des poux de cheveux, la lutte contre les termites et bien d'autres choses

    encore. Ceux qui pensent qu'on peut faire un usage multiple avec les insecticides du cotonnier représentent 16,37% du total des cotonculteurs interrogés. Cette manière de percevoir ces produits fait que certains planteurs préfèrent ne pas utiliser toute la quantité du liquide qu'on leur donne. Ils en gardent pour soit, réutiliser sur d'autres parcelles, revendre ou soit utiliser pour protéger leur petit élevage.

    Pour ce qui est du respect des procédures et normes en vigueur, il y a lieu de dire que les pratiques liées à l'utilisation de ces produits ne cadrent pas avec les directives techniques. Si les planteurs savent par principes que lors de la manipulation et de l'application du produit, il faut porter des équipements de protection phytosanitaires qu'ils en ont pas d'ailleurs et se conformer aux recommandations de l'étiquette du produit, force est de constater que ceux-ci détruisent rarement les emballages des pesticides agricoles. Ils les lavent pour les réutiliser. Cette portion représente 84,47% de l'effectif de l'échantillon interrogé.

    Comme précaution à prendre après les traitements, tous se lavent les mains, ou prennent un bain après un traitement ceci, le plus souvent aux bords des marigots qui longent leurs champs. Cela constitue un risque pour l'environnement aquatique. Les risques d'intoxication se situent au cours des traitements ou par la consommation de légumes (récolte de feuilles de niébé, le gombo, le concombre, la tomate ou autre) cultivées en association avec le coton. Les risques de contamination des eaux de surface sont ignorés ou minorés dans cette enquête.

    Quant à l'impact socioéconomique de ces pratiques, la majorité des producteurs ne semble pas avoir une grande connaissance du spectre d'activité des matières actives et des doses à utiliser en fonction des superficies à traiter. Ils répondent que la plupart des pesticides agissent vers les mêmes cibles, qu'il s'agisse de ravageurs ou de maladies.

    Cette méconnaissance est souvent la cause de l'utilisation abusive des produits et de l'absence de la formation sur ces produits à l'endroit de ces producteurs. Tandis que les pesticides destinés au coton sont distribués aux producteurs par la société cotonnière sous forme de crédit remboursable après la récolte, les produits homologués

    sur les cultures maraîchères ne sont pas toujours disponibles dans les centres de production et s'ils le sont parfois, leur coût est dissuasif.

    C'est la raison pour laquelle les pesticides destinés au coton sont souvent détournés pour être utilisés sur des cultures vivrières (niébé, sésame, aubergine, tomate, pépinières fruitières souvent cultivées en association avec le coton) qui ne bénéficient pas de crédits pour les intrants. Certains producteurs vendent les produits phytosanitaires « coton » pour la désinfection des semences vivrières, pour tuer des tiques des animaux d'élevage ou pour lutter contre les termites dans les habitations. Les pesticides ainsi dégagés sont reconditionnés dans des divers emballages et vendus sans étiquette.

    Pour ce qui est de la fréquence des cas d'intoxications ou des cas de tentatives de suicides, 60% des planteurs s'accordent pour reconnaître que c'est fréquent dans leur milieu ces cas. Tous ceci arrive du fait de l'absence de surveillance des Délégués Techniques qui ne sont toujours pas le plus souvent derrière les paysans pour vérifier si toute la quantité du liquide remise est bien utilisée (la dose à l'hectare).

    Ces pratiques auxquelles nos enquêtés se livrent pourront trouver une solution dans la formation et la sensibilisation de ces planteurs, mais hélas, à ce point précis de formation, plus de 87% de l'effectif total de l'échantillon estiment ne pas avoir été formés à cet effet. Seulement 36% pensent avoir été informés lors d'une séance de restitution qui n'a pas trop durée. Nous voyons un temps aussi relativement court ne peut permettre de bien cerner tous les contours des pesticides avec les risques environnementaux et sanitaires qu'ils représentent pour eux.

    En définitive, disons que l'emploi des pesticides permet de réduire les pertes de récoltes dues aux ravageurs et de stabiliser les rendements. Néanmoins leur mauvais emploi est cause de nuisances tant pour la santé humaine que pour l'environnement et les coûts liés à la santé humaine. Les pesticides remis par les sociétés cotonnières sont parfois utilisés sur d'autres cultures ou sont revendus. Les principales préoccupations par rapport à la gestion des pesticides dans le circuit privé peuvent être résumées de la façon suivante :

    v' La non-application de la réglementation relative à l'agrément des distributeurs et revendeurs des pesticides, ce qui a pour conséquence des conditions de stockage inadéquates et l'absence de conseils aux utilisateurs de pesticides ;

    v' Les connaissances et la formation des revendeurs et commerçants pour apporter des conseils adéquats à leurs clients sont insuffisantes ;

    v' La méconnaissance de la toxicité des pesticides par les commerçants et leurs clients : les pesticides et les denrées alimentaires sont vendus dans les mêmes magasins ;

    v' Le commerce illicite et transfrontalier des produits frauduleux et prohibés, dans des proportions inquiétantes.

    Le mauvais usage des pesticides expose les populations rurales à des risques d'intoxication graves, et porte atteinte à la qualité de l'environnement. Il est certes vrai que les productions cotonnières jouent un rôle très important dans les entrées de devises comme dans l'alimentation des populations. Cependant, les légumes peuvent devenir un danger pour la santé des populations quand l'utilisation de pesticides y devient accrue et incontrôlée. Il importe alors de renforcer la réglementation existante quant à l'importation, la distribution, le stockage et l'utilisation des pesticides.

    Dans ces conditions, le bon usage des pesticides s'impose afin de garantir une alimentation saine pour une population urbaine en croissance constante. Il passe par :

    v' La formation et l'information adéquates des utilisateurs ;

    v' La dotation de services compétents avec des moyens leur permettant une mise en application des réglementations sous-régionales, régionales et nationale ainsi que les conventions internationales auxquelles le pays a adhéré ;

    v' L'incitation des maraîchers à s'approvisionner auprès des commerçants agréés et en produits homologués ;

    v' L'évaluation des résidus des différents pesticides dans les principaux légumes consommés par les populations urbaines ;

    v' La promotion et l'encouragement des recherches sur les méthodes alternatives à la lutte chimique.

    Cette question de mauvaises pratiques phytosanitaires n'est pas exclusive à la localité de Bossangoa mais, elle concerne aussi bien la population citadine. Car c'est vers les villes secondaires que ces produits sont convoyés pour être écoulés. Tout le monde est exposé, tout le monde doit veiller à son alimentation.

    BIBLIOGRAPHIE

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    - Extrait de BOURDIEU (P) : « LE SENS PRATIQUE », Edition de Minuit, Paris,

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    étudiants de sociologie de l'université de Bangui, Bangui, 1996, 48p.

    - NDOLOMBAYE (J) : Comment préparer et rédiger un mémoire ou tout autre

    travail universitaire, Collection PORE, Bangui, Avril 2010, 40p

    II. OUVRAGES GENERAUX.

    - ALPES (Y) et all : Lexique de Science, 2ème édition, Dalloz, Paris, 2007, 230p - Dictionnaire le Robert pour tous, édition Jouve, Montrouge, 2002, 1263p

    - FERROLE (G) : Dictionnaire de Science, 3ème édition, Armand Colin, Paris,

    2004 895p

    - Larousse, le Dictionnaire français, Paris 2006, 1300p

    - Mairie de Bossangoa, Monographie de la Commune de Bossangoa, Novembre. 2010, 30p

    - RCA: ~~MINISTERE DES PLANS ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE~~, Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté 2008-2010, 113p

    III. OUVRAGES SPECIFIQUES AU SUJET D'ETUDE.

    - ARENDE (W), BRABER (K-D) et alii : PESTICIDES: Composition, utilisation et risques, Edition CTA, Paris, 1983, 108p

    - BOUTILLER (JC) et all : Evaluation de la recherche sur le coton en RCA, Bangui, 1984, 110p

    - CEMAC : Comité Inter-état des pesticides d'Afrique Centrale ~~CPAC~~, CPAC, Yaoundé, 2007, 7p

    - CEMAC : Directive, la nature, la composition, l'organisation, le financement, les attributions et les activités des comités nationaux de gestions des pesticides, Yaoundé, 2008, 25p

    - CHAIGNE (D) : Le coton et l'industrie cotonnière, Collection « Que sais-je » Paris, 1996, 126p

    - CHASSARD-BOUCHAUD (C) : L'écotoxicologie, PUF, Collection « Que saisje », Paris, 1996, 126p

    - Couteux (A) et al : Indexe phytosanitaire Acta 2004, 40ème édition, Paris, 884p

    - CUISENIER : La tradition populaire, PUF, Collection «Que sais-je », Paris, 1995, 126p

    - LE ROY (J-B) : La pollution des eaux, collection « Que sais-je », PUF, Paris, 1994, 126p.

    - Micron ULVA+ : Manuel d'instructions, 20p

    - STIMAGLIO (G) et GENDRE (G) : Utilisation efficace et sans risques des produits phytosanitaires en République Centrafricaine, Bangui, Septembre 2007, 48p

    - VAISSAYRE (M) et CAUQUIL (J) : Principaux ravageurs et maladies du cotonnier en Afrique au sud du Sahara, Edition CIRAD, Montpellier, 1993, 91p

    IV. RAPPORTS ET MEMOIRES.

    - CIBIEN (E) : Etude agro économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine, Mémoire de Licence, Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpellier, Octobre 1995, 83 p.

    - MOUSSA MAHAMAT (S) : Utilisation des semences et intrants par rapport aux conseils technico-commerciaux diffusés par la SOCOCA-GIR

    YATIGANZA - BAMBARI, Rapport de stage préprofessionnel en vue de l'obtention du diplôme de Brevet de Technicien Supérieur d'AgricultureElevage, ISDR, année académique 1994-1995, 41p

    - MINISTERE DE DEVELOPPEMENT RURAL ET DE L'AGRICULTURE : Arrêté n°044 du 17 décembre 2009 portant affectation des fonctionnaires du ministère de développement rural et de l'agriculture dans les postes phytosanitaires, Bangui, le 11 septembre. 2009

    V. SOURCES ELECTRONIQUES.

    1- Albertin (R) in http://www.google.fr , consulté le 20 Nov.2010, à 16H30' (SE)

    2- PASSERON (J.C) : La reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement, Minuit, Paris, 1970, repris par Bernard DANTIER in http://www.lesclassiquesdessciencesociales.ca, consulté le 24 Mars 2010 à 10h20min

    3- Castella (J.C.) et Déguine (J.P.) on http://www.fr.wikipédia.org? consulté le 22 Nov. 2010 à 18H 30min

    4- http://www.cirad.fr , consulté le 2 Aoùt 2011 à 18h05min.

    ANNEXE I: Guide d'entretien adressé à Madame la Coordonnatrice Nationale du Comité Inter-état des pesticides en Afrique Centrale.

    ANNEXE II: Guide d'entretien adressé au Directeur des Opérations à la cellule coton (ACDA, Bangui).

    ANNEXE III: Guide d'entretien adressé au chef d'exploitation de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa.

    ANNEXE IV : Guide d'entretien adressé au Secrétaire Général de la mairie de Bossangoa.

    ANNEXE V : Guide d'entretien adressé au Médecin Chef de centre d'ophtalmologie de l'hôpital de Bossangoa.

    ANNEXE VI: Questionnaire adressé aux cotonculteurs de Bossangoa.

    ANNEXE VII: Hiérarchisation de différents acteurs intervenant dans le domaine des pesticides en RCA.

    ANNEXE VIII : Carte de localisation de la ville de Bossangoa.

    ANNEXE IX : Carte du périmètre urbain de Bossangoa.

    ANNEXE I: Guide d'entretien adressé à Madame la Coordonnatrice Nationale du Comité Inter-état des pesticides en Afrique Centrale.

    GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE A LA COORDONNATRICE DE LA CELLULE CPAC-
    RCA

    THEME: LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa.

    1. Historique de la création de la cellule CPAC-RCA

    2. Son organigramme

    3. Son fonctionnement

    4. Son but

    5. Ses liens avec la cellule-coton

    6. Existe-t-il des postes de contrôle phytosanitaires à l'intérieur du pays?

    7. Comment se font les contrôles ?

    8. Difficultés et perspectives

    ANNEXE II: Guide d'entretien adressé au Directeur des Opérations à la cellule coton (ACDA, Bangui).

    GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU DIRECTEUR DE LA CELLULE-
    COTON (ACDA) BANGUI

    THEME: LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa.

    I. HISTORIQUE DE L'ACDA ET DE LA CELLULE COTON.

    1) ACDA ;

    2) Cellule coton ;

    3) La culture du coton en RCA.

    II. LA CULTURE DU COTON.

    1) Etape ;

    2) Cycle végétatif ;

    3) Son entretien (sarclages, traitement à l'insecticide) ;

    4) Les maladies et ravageurs du cotonniers ;

    5) Le nom scientifique.

    III. LES PESTICIDES UTILISES DANS LA CULTURE DU COTON.

    1) Les types de pesticides utilisés dans la culture du coton depuis son introduction jusqu'à nos jours.

    2) Les procédures d'importation des de ces pesticides;

    3) Le mécanisme de distribution de ces produits ;

    4) La gestion du stock et des emballages de ces pesticides.

    IV. RISQUES ET PREVENTION.

    1) Collaboration entre la cellule coton et le CNGP.

    2) Est- ce- que les produits importés sont-ils homologués ?

    3) Quelles sont les normes de sécurité et d'utilisation de ces produits chimiques ?

    4) Quels sont les risques sanitaires et environnementaux liés à l'utilisation de ces pesticides pour le paysan ?

    5) Comment se fait l'encadrement technique des paysans en matière d'utilisation et de protection de santé et de l'environnement ?

    6) Quels sont les mauvais usages que font les paysans des emballages des pesticides?

    7) Les mesures curatives et préventives auxquelles vous faites recours le plus souvent.

    V. DIFFICULTES ET PERSPECTIVES.

    ANNEXE III: Guide d'entretien adressé au chef d'exploitation de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa.

    GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE CHEF D'EXPLOITATION DE L'USINE
    D'EGRAINAGE DE COTON DE BOSSANGOA

    THEME: LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa.

    I. HISTORIQUE DE LA CULTURE DU COTON ET DE L'USINE D'EGRAINAGE DE BOSSANGOA.

    II. LA CULTURE DU COTON.

    6) Etape ;

    7) Cycle végétatif ;

    8) Son entretien (sarclages, traitement à l'insecticide) ;

    9) Les maladies et ravageurs du cotonnier;

    10) La variété cultivée ici à Bossangoa.

    III.LES PESTICIDES UTILISES DANS LA CULTURE DU COTON.

    5) Les types de pesticides utilisés dans la culture du coton depuis son introduction jusqu'à nos jours.

    6) Les procédures d'importation de ces pesticides;

    7) Le mécanisme de distribution de ces produits ;

    8) La gestion du stock et des emballages de ces pesticides.

    IV.RISQUES ET PREVENTION.

    8) Collaboration entre la cellule coton et le CNGP.

    9) Est- ce- que les produits importés sont-ils homologués ?

    10) Quelles sont les normes de sécurité et d'utilisation de ces produits chimiques ?

    11) Quels sont les risques sanitaires et environnementaux liés à l'utilisation de ces pesticides pour le paysan ?

    12) Comment se fait l'encadrement technique des paysans en matière d'utilisation et de protection de santé et de l'environnement ?

    13) Quels sont les mauvais usages que font les paysans des emballages des pesticides?

    14) Les mesures curatives et préventives auxquelles vous faites recours le plus souvent.

    V. DIFFICULTES ET PERSPECTIVES.

    ANNEXE IV : Guide d'entretien adressé au Secrétaire Général de la mairie de Bossangoa.

    GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU SECRETAIRE GENERAL DE LA
    MAIRIE DE BOSSANGOA

    THEME: LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa.

    I. HISTORIQUE DE LA VILLE DE BOSSANGOA

    II. DECOUPAGE ADMINISTRATIF DE LA VILLE

    1. Arrondissements de la ville.

    2. Nombre des quartiers, groupements.

    III. LES ACTIVITES SOCIOECNOMIQUES

    IV. LES GROUPEMENTS AGRICOLES.

    V. LES EFFORTS DE LA MUNICIPALITE POUR LA LUTTE CONTRE LES MAUVAISES PRATIQUES PHYTOSANITAIRES

    ANNEXE V : Guide d'entretien adressé au Médecin Chef de centre d'ophtalmologie de l'hôpital de Bossangoa.

    Guide d'entretien adressé au Médecin Chef de centre d'ophtalmologie
    de l'hôpital de Bossangoa.

    THEME: LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA: Cas des cotonculteurs de Bossangoa.

    I. Toxicité des pesticides.

    II. Risques sanitaires et environnementaux.

    III. Conséquences d'ingestion de ces produits sur l'organisme humain.

    IV.Les mesures préventives et curatives.

    V. Difficultés et perspectives.

    Merci de votre collaboration!

    ANNEXE VI: Questionnaire adressé aux cotonculteurs de Bossangoa.

    QUESTIONNAIRE ADDRESSE AUX COTONCULTEURS DE LA COMMUNE DE
    BOSSANGOA

    Le document-ci est destiné à la réalisation d'un travail de recherche universitaire en vue de rédiger un Mémoire de Maîtrise de sociologie. Il a pour but de recueillir les informations relatives au thème suivant : « LES REPRESENTATIONS SOCIALES ET LES PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES EN RCA : Cas des cotonculteurs de Bossangoa. »

    Votre collaboration est indispensable et toutes les garanties de l'anonymat vous sont assurées. Ainsi, nous vous prions de répondre aux questions en mettant une croix dans les cases correspondantes ou en écrivant sur les lignes réservées aux questions ouvertes.

    QUESTIONNAIRE N°&&&. /

    I. IDENTIFICATION DES ENQUETES.

    1. Sexe

    1.

    Masculin

    2. Féminin

    2. Tranche d'âge

    1. 15 à 25

    2. 25 à 35

    3. 35 à 45

    4. 45 à 55

    5. 55 ans et plus

    3. Niveau d'instruction

    1. Aucun

    2. Primaire

    3. Secondaire

    4. Supérieur

    50. Autres (à préciser) : &&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

    4. Situation matrimoniale

    1. Célibataire

    2. Marié(e)

    3. Union libre

    4. Divorcé (e)

    50. Autres (à préciser)&&

    5.

    Appartenance ethnique

    1. Gbaya

    2. Banda

    3. Karé

    4. Yakoma

    5. Gbaka 50. Autres (à préciser)&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.

    6. Niveau de revenu

    01. 5000 à 10.000

    02. 10.000 à 15000

    03. 15000 à 20000

    04. 20000 à 25000

    05. 25000 à 30000

    06. 30000 à 35000

    07. 35000 et plus

    II. LES REPRESENTATIONS SOCIALES DES PRODUITS

    PHYTOSANITAIRES.

    7. Pour vous, les pesticides sont-ils destinés pour quels usages?

    1.

    Protéger les cultures

    2. Protéger les animaux domestiques

    3. Pulvériser les chambres

    4. Chasser les animaux

    5. Pécher les poissons

    50. Autres (à préciser) :&&&&&&

    8. Peut-on consommé des poissons ou gibiers morts suite à l'empoisonnement aux pesticides agricoles sans redouter pour sa santé ?

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    9. Quel est le degré de risque que les pesticides agricoles représentent pour la santé humaine ?

    1.

    Aucun

    2. Un peu

    3. Beaucoup

    4. Trop

    50. Autres (à préciser)

    10. Selon vous le fait de déverser les pesticides agricoles dans l'environnement aquatique ou dans la nature, constitue t-il un danger?

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    III. PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES.

    11. Selon vous, quels autres usages peut-on faire des produits phytosanitaires en dehors des protections des cultures?

    1.

    La chasse aux gibiers

    2. La capture des poissons

    3. la pulvérisation des chambres

    4. Neutraliser les poux des cheveux

    50. Autres (à préciser)&&&&&&

    12. Lors des traitements, utilisez-vous toutes la quantité du liquide ? 01. Oui

    02. Non

    50. Autre (à préciser) :

    13. Pourquoi gardez-vous le reste de ce liquide ?

    1. Revendre au marché noir

    2. Réutiliser sur une autre parcelle de culture

    3. Utiliser pour son petit élevage

    4. Réserver pour la chasse/ pèche

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&&

    14. Pourquoi préférez-vous utiliser toute la quantité reçue sans en garder une partie à la maison ?

    1.

    Je me conforme aux directives techniques

    2. Pour éviter des accidents à domiciles

    3. Pour éviter de polluer l'intérieur de la maison

    4. Pour éviter l'empoisonnement de la famille

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&

    IV. LE RESPECT DES PROCEDURES ET NORMES EN VIGUEUR ;

    15. Quelles sont selon vous les précautions que l'on doit prendre lors de la manipulation des pesticides?

    1.

    Porter des équipements de protection adaptés

    2. Eviter les risques de projection du produit

    3. Eviter le contact avec la peau

    4. Se conformer aux recommandations de l'étiquette

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&&&

    16. Selon vous, quelles sont les précautions à prendre pendant l'application du produit ?

    1.

    Porter des équipements de traitements phytosanitaires

    2. Eloigner les enfants et les animaux

    3. Ne pas faire appliquer le traitement par les enfants et les personnes âgées

    4. Ne pas traiter contre le vent

    5. Ne pas fumer ni boire

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

    17. Après l'application du produit, quelles précautions doit-on prendre ?

    1. Détruire les emballages vides

    2. Manger et boire uniquement après la toilette

    3. Laver tous les équipements de protections

    4. Ne jamais utiliser les emballages vides

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

    18. Après les traitements, que faites vous des emballages des pesticides?

    1. Restituer au magasin du groupement

    2. Autodestruction au champ

    3. Revendre à ceux qui en ont le besoin

    4. Laver et réutiliser

    50. Autre (à préciser) :&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

    V. IMPACT SOCIOECONOMIQUES DES PRATIQUES

    19. Pensez-vous qu'on puisse obtenir un meilleur rendement à l'hectare après qu'une partie de l'insecticide a été dégagée et mise à part pour d'autres usages?

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    20. Selon vous, est-ce-que le non respect du calendrier et le faible dosage de l'insecticide lors des traitements du coton, ont-ils une incidence sur le rendement à l'hectare ?

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    21. Etes-vous déjà au courant d'une ou des intoxications alimentaires liées aux produits phytosanitaires.

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    22. Si oui, est-ce que ces cas d'intoxications alimentaires sont-ils fréquentes dans votre communauté?

    1.

    Oui

    2. Non

    3. Ne sais pas

    23. Quelles sont les conséquences de mauvaises manipulations des insecticides (produits phytosanitaires) dont souffrent aujourd'hui les membres de votre communauté ?

    1.

    La malvoyance

    2. La cécité

    3. Les fractures des membres

    4. Les troubles nerveux

    50. Autre (à préciser) :&&&

    VI. LES SOLUTIONS A ENVISAGER.

    24. Avez-vous été sensibilisé sur les méfaits de la mauvaise utilisation des produits phytosanitaires ?

    1.

    Oui

    2. Non

    25. A-t-on organisé des séances de formation pour vous et les membres de votre groupement sur les techniques d'utilisation ou de manipulation des produits phytosanitaires sans risques ?

    1.

    Oui

    2. Non

    26. Quelles suggestions avez-vous à faire vis-à-vis de ce questionnaire et aux responsables de la filière coton et pesticide?

    Merci de votre collaboration.

    ANNEXE VII: Hiérarchisation de différents acteurs intervenant dans le domaine des pesticides en RCA.

    HIERARCHISATION DE DIFFERENTS ACTEURS INTERVENANT DANS LE DOMAINE DES PESTICIDES EN RCA

    NIVEAU SOUS REGIONAL

    MDR CONGO

    MDR RCA

    MDR
    CAMEROUN

    CELLULE
    CPAC

    CELLULE
    CPAC

    CELLULE
    CPAC

    CNGP

    CNGP

    CNGP

    120

    CEMAC

    CPAC-YAOUNDE

    MDR GABON

    CELLULE
    CPAC

    CNGP

    MDR GUINEE
    EQUATORIALE

    CELLULE
    CPAC

    CNGP

    MDR TCHAD

    CELLULE
    CPAC

    CNGP

    LES MANIPULATEURS

    La Centrafricaine
    des produits
    chimiques

    h m e

    ANNEXE VIII: Carte de la localisation de la ville de Bossangoa.

    ANNEXE IX : Carte du périmètre urbain de la ville de Bossangoa.

    TABLE DES FIGURES

    Figure 1: La variable sexe 55

    Figure 2: La répartition des enquêtés par tranche d'âge. 56

    Figure 3: La répartition des enquêtés selon le niveau d'instruction. 57

    Figure 4: La situation matrimoniale des enquêtés 58

    Figure 5: Répartition des enquêtés par ethnie. 59

    Figure 6: Répartition des enquêtés par leur niveau de revenu. 60

    Figure 7: Opinions sur les différents usages des pesticides agricoles 61

    Figure 8: Opinions des enquêtés sur la consommation des gibiers empoisonnés 62

    Figure 9: Connaissance du degré de toxicité des pesticides 63

    Figure 10: Connaissance des enquêtés sur les dangers des pesticides pour l'environnement. 66

    Figure 11: Justification d'une partie du liquide conservée. 72

    Figure 12: Justification de l'utilisation de la totalité du liquide 74

    Figure 13: Précaution à prendre pendant la manipulation des pesticides. 77

    Figure 14: Connaissance des précautions à prendre lors des traitements. 78

    Figure 15: Connaissance des précautions à prendre après le traitement. 79

    Figure 16: Usage final des emballages des pesticides. 81

    Figure 17: Opinion sur le faible dosage sur le rendement à l'hectare. 84

    Figure 18: Opinion sur le non respect du calendrier et le faible dosage sur le rendement 86

    Figure 19: Connaissance des intoxications alimentaires liées aux pesticides 87

    Figure 20: Chaine de contamination aux pesticides 88

    Figure 21: Aperçu sur la fréquence de l'intoxication liée aux pesticides. 89

    Figure 22: Perception des conséquences de mauvaises pratiques phytosanitaires 90

    Figure 23: Discours des enquêtés sur la sensibilisation. 94

    Figure 24: Discours des enquêtés sur la formation pour des bonnes pratiques phytosanitaires.

    95

    TABLE DES TABLEAUX

    Tableau 1: Construction de l'échantillon 43

    Tableau 2: Calendrier cultural du coton. 50

    Tableau 3: La variable niveau d'instruction avec la question n°9 : « Quel est le degré de risque

    que les pesticides agricoles représentent pour la santé humaine ?» 67

    Tableau 4: Perception de différents usages des pesticides selon la variable NI 69

    Tableau 5: Avis sur l'utilisation de la quantité du liquide reçu selon le NI 71

    Tableau 6: La variable Niveau de Revenu et la question n°13. 75

    Tableau 7: L'utilisation des emballages des pesticides selon la variable sexe. 82

    Tableau 8: Perception de l'usage des pesticides en fonction de la variable sexe. 92

    TABLE DES MATIERES

    DEDICACE I

    REMERCIEMENTS II

    SIGLES ET ABREVIATIONS III

    INTRODUCTION GENERALE 1

    CHAPITRE PREMIER: LE CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE 4

    1.1. Justification du choix du sujet. 4

    1.2. Clarification des concepts clés du sujet. 5

    1.2.1. Le concept de représentations sociales. 6

    1.2.2. Le concept de produit phytosanitaire. 8

    1.3. La revue de la littérature 10

    1.3.1. Thématique relative à l'origine et au développement de la culture du coton. 10

    1.3.2. Thématique relative aux représentations sociales et aux pratiques liées aux produits

    phytosanitaires. 16

    1.3.3. Thématique relative aux pesticides et leurs effets nocifs. 18

    1.3.4. Thématique relative à la réglementation phytosanitaire en RCA. 24

    1.4. La problématique de la recherche. 27

    1.5. Les objectifs de la recherche 30

    1.5.1. L'objectif principal. 30

    1.5.2. Les objectifs spécifiques. 31

    1.6. Les hypothèses de la recherche 31

    1.6.1. L'hypothèse principale. 31

    1.6.2. Les hypothèses spécifiques 31

    CHAPITRE DEUXIEME : CADRE METHODOLOGIQUE 33

    2.1. Délimitation du champ d'étude 33

    2.1.1. La délimitation géographique du champ d'étude 33

    2.1.2. La délimitation sociologique du champ de l'étude. 34

    2.2. Le constructivisme structuraliste. 35

    2.3. Les techniques de collecte de données 37

    2.3.1. La pré-enquête 37

    2.3.2. La recherche documentaire. 38

    2.3.3. L'observation. 38

    2.3.4. Les entretiens. 39

    2.3.5. Le questionnaire 41

    2.3.6. L'échantillonnage. 42

    2.3.7. Le dépouillement du questionnaire 43

    2.4. Difficultés rencontrées. 44

    CHAPITRE TROISIEME : PRESENTATION DE LA COMMUNE DE BOSSANGOA. 45

    3.1. Aperçu géographique et historique de la commune de Bossangoa. 45

    3.1.1. Situation géographique. 45

    3.1.2. Aperçu historique. 46

    3.1.3. Organisation politique et administrative. 46

    3.1.4. Données socio-économiques 47

    3.1.5. Données socioculturelles. 48

    3.2. Présentation de la culture du coton et de l'usine d'égrainage du coton 49

    3.2.1. Présentation de la culture du coton. 49

    3.2.1.1. Etape du cycle végétatif du cotonnier. 51

    3.2.1.2. Entretien de la culture du cotonnier. 51

    3.2.2. Présentation de l'usine d'égrainage de coton de Bossangoa. 52

    CHAPITRE QUATRIEME : CARACTERISTIQUES SOCIOLOGIQUES DES ENQUETES ET LES
    REPRESENTATIONS SOCIALES DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES 55

    4.1. Caractéristiques sociologiques des enquêtés. 55

    4.1.1. Présentation des enquêtés selon la variable sexe. 55

    4.1.2. Présentation des enquêtés selon la variable tranche d'âge. 56

    4.1.3. Présentation des enquêtés par leur niveau d'instruction. 57

    4.1.4. Présentation des enquêtés selon la variable situation matrimoniale. 58

    4.1.5. Présentation des enquêtés selon la variable appartenance ethnique. 59

    4.1.6. Présentation des enquêtés selon leur niveau de revenu 59

    4.2. Les représentations sociales des produits phytosanitaires. 60

    4.2.1. Opinion des enquêtés sur l'usage des pesticides agricoles. 61

    4.2.2. Avis des enquêtés sur la consommation des gibiers tués par empoisonnement. 62

    4.2.3. Opinion sur le risque que les pesticides représentent pour la santé humaine. 63

    4.2.4. Discours sur les risques des pesticides pour l'environnement 65

    4.2.5. La perception des risques des produits phytosanitaires selon le niveau d'instruction des enquêtés. 66

    CHAPITRE CINQUIEME : PRATIQUES LIEES A L'UTILISATION DES PRODUITS
    PHYTOSANITAIRES ET LE RESPECT DES PROCEDURES ET NORMES EN VIGUEUR. 69

    5.1. Les pratiques liées à l'utilisation des produits phytosanitaires 69

    5.1.1. Opinion sur les formes possibles d'usage des pesticides. 69

    5.1.2. Opinion des planteurs sur la quantité de l'insecticide reçue pour les traitements. 70

    5.1.3. Avis des enquêtés sur l'autre quantité du liquide non utilisée 72

    5.1.4. Avis des enquêtés utilisant toute la quantité du liquide reçue 73

    5.1.5. Analyse du discours des planteurs n'utilisant pas toute la quantité du liquide. 75

    5.2. Le respect des procédures et normes en vigueur 76

    5.2.1. Connaissance des précautions à prendre lors de la manipulation du produit. 76

    5.2.2. Connaissance des précautions à prendre pendant l'application du produit 78

    5.2.3. Précaution à prendre après l'application du produit 79

    5.2.4. Avis des enquêtés sur la gestion des emballages des pesticides. 81

    5.2.5. La gestion des emballages en fonction de la variable sexe 82

    CHAPITRE SIXIEME : IMPACT SOCIOECONOMIQUE ET SOLUTIONS A ENVISAGER. 84

    6.1. Impact socioéconomique. 84

    6.1.1. Connaissance des enquêtés sur l'incidence du faible dosage sur le rendement. 84

    6.1.2. Connaissance du calendrier et du faible dosage sur le rendement à l'hectare. 85

    6.1.3. Connaissance de l'intoxication alimentaire liée aux pesticides. 87

    6.1.4. Fréquence des intoxications alimentaires aux pesticides 89

    6.1.5. Connaissance des conséquences des mauvaises pratiques phytosanitaires 90

    6.1.6. Perception des différents usages selon la variable sexe 92

    6.2. Les solutions à envisager. 94

    6.2.1. Opinion sur la sensibilisation reçue. 94

    6.2.2. Avis sur la formation relative à l'utilisation des produits phytosanitaires. 95

    6.2.3. Solutions aux cotonculteurs eux-mêmes 96

    6.2.4. Solutions à la Cellule-Coton (SOFICA). 98

    6.2.5. Propositions de solutions à la Cellule CPAC-RCA. 99

    6.2.6. Suggestions aux Autorités gouvernementales et aux partenaires au développement. 100

    CONCLUSION GENERALE 102

    BIBLIOGRAPHIE 107

    ANNEXES 110

    ANNEXE I : GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE A MADAME LA COORDONNATRICE NATIONALE DU
    COMITE INTER-ETAT DES PESTICIDES EN AFRIQUE CENTRALE. 111

    ANNEXE II : GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU DIRECTEUR DES OPERATIONS A LA CELLULE
    COTON (ACDA, BANGUI). 112

    ANNEXE III: GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU CHEF D'EXPLOITATION DE L'USINE
    D'EGRAINAGE DE COTON DE BOSSANGOA 113

    ANNEXE IV : GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU SECRETAIRE GENERAL DE LA MAIRIE DE
    BOSSANGOA. 114

    ANNEXE V : GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AU MEDECIN CHEF DE CENTRE
    D'OPHTALMOLOGIE DE L'HOPITAL DE BOSSANGOA 115

    ANNEXE VI : QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX COTONCULTEURS DE BOSSANGOA. 116

    ANNEXE VII: HIERARCHISATION DE DIFFERENTS ACTEURS INTERVENANT DANS LE
    DOMAINE DES PESTICIDES EN RCA 120

    ANNEXE VIII: CARTE DE LA LOCALISATION DE LA VILLE DE BOSSANGOA 122

    ANNEXE IX : CARTE DU PERIMETRE URBAIN DE LA VILLE DE BOSSANGOA. 123

    TABLE DES FIGURES 124

    TABLE DES TABLEAUX 124

    TABLE DES MATIERES 125