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Approfondissement financier et croissance économique dans les pays de la C. E. P. G. L

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par Pà˘ques Germain MUKANIRE IZUBA
Université catholique de Bukavu (UCB) - Diplôme de licence en sciences de gestion 2008
  

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1 Mémoire de Licence

INTRODUCTION GENERALE

La théorie économique considère qu?il existe une relation entre le développement financier et la croissance économique mais ne donne pas d?indication sur le sens de causalité. En sciences économiques, le rapport entre la sphère financière et la sphère réelle a reçu une grande attention pendant les dernières décennies (Boulila et Trabelsi, 2002 et Wadud, 2005).

Cependant, un certain nombre d?études théoriques et méme empiriques ont été entreprises pour évaluer la direction de causalité entre toutes ces théories et donnent lieu à de nombreuses approches contradictoires. A certains égards, nombreuses études caractérisent le rôle du système financier dans la sphère réelle comme étant un rôle passif qui s?est avéré non satisfaisant. Robinson (1952) rapporte que le développement financier suit la croissance économique ou le lien de causalité entre eux peut être bidirectionnel. Plus un système financier est développé, plus la probabilité que la croissance économique cause le développement financier est élevée. A d?autres égards, nous avons assisté à une avancée significative de plusieurs théories assignant à la sphère financière un rôle actif. Dans cet ordre d?idées, Schumpeter (1912 et 1955) avait déjà insisté sur le rôle essentiel joué par le banquier dans l?allocation des ressources, qui permet à l?entrepreneur d?innover en détournant des moyens de production.

Ainsi, un système financier développé est alors capable d?influer sur le taux de croissance par deux canaux distincts1. D?une part, le système financier assure la liquidité dans une économie monétaire. Les agents, en particulier les ménages, qui sont la principale source d?épargne, ont une préférence certaine pour la liquidité. Le désir de liquidité les conduit à préférer des placements liquides à des engagements plus ou moins irréversibles dans les projets d?investissement ; même plus productifs. Ainsi, les banques en assurant la liquidité de l?épargne des ménages permettent une

1 Levine (1997) cité par Eric (2000).

2
augmentation des taux d?investissement. Bencivenga et Smith

proposent un modèle de croissance endogène dans lequel les agents ont de l?aversion pour le risque de liquidité.

D?autre part, le système financier permet une meilleure maîtrise des risques inhérents aux projets d?investissements. Les intermédiaires financiers permettent une diversification des risques technologiques et rendent plus attractive la spécialisation des investissements (Saint Paul, 1992). Grâce à leurs capacités d?expertise spécifique et leur accès privilégié à l?information, les intermédiaires financent les projets les plus rentables et permettent aux projets innovants de voir le jour.

A propos de la relation entre la sphère financière et la sphère réelle, la littérature de croissance endogène implique qu?un système financier fiable peut avoir un effet positif sur la croissance par l?investissement. Les intermédiaires financiers facilitent la fourniture des fonds pour financer des activités d?investissement. Pendant que le système financier se développe, davantage de ressources peuvent être rendus disponibles pour l?investissement. Un système financier bien développé peut mener à une capacité améliorée d?évaluer des projets d?investissement (Hanson et Jonung, 1997)2.

Dans cette même perspective, la littérature rapporte que la croissance équilibrée a été franchement affectée par une intermédiation financière et le taux de croissance d?équilibre a été négativement affecté par l?interposition du gouvernement dans le système financier (Levine, 1993).

Par ailleurs, Levine (1993) considère que la causalité entre le développement financier et la croissance économique est une issue controversée. Cet auteur rapporte toutefois que le niveau plus élevé du développement financier est, de manière significative, corrélé avec le niveau de croissance économique. Il conclue que les finances mènent à la croissance économique et que le sens de la causalité entre elles peut être réalisé en deux temps : les

2 Cité par Wadud, 2006

3
finances peuvent causer la croissance économique et cette dernière peut

causer le développement financier. La sphère réelle peut créer une demande d?intermédiation financière et par conséquent le système financier se développera en réponse au développement économique.

Patrick (1966) dans ses travaux, présente pour la première fois l?idée d?un sens de causalité bidirectionnelle entre la sphère financière et la sphère réelle et suggère deux phases dans le développement économique d?un pays. Dans la première, c?est l?approfondissement financier qui cause la croissance économique en allouant des ressources à des secteurs productifs. C?est le phénomène de « supply leading ». Cet auteur explique les fonctions de ce phénomène, comme chez Schumpeter que le développement financier facilite la formation de capital d?un secteur peu productif vers un secteur moderne plus efficace (Khalfaoui, 2002). Le développement de nouveaux services financiers fournissent de nouvelles possibilités d?investissements et méme des épargnes.

Dans la phase suivante, c?est la croissance économique qui crée la demande des institutions financières et des services développés. Une demande croissante des services financiers pourrait induire lexpansion dans le secteur financier et bancaire comme l?économie se développe. Il apparaît alors un phénomène de « demand following » où le secteur financier répond passivement à la croissance économique.

Au niveau empirique, les nombreuses études menées jusqu?à maintenant sur la direction des causalités entre le développement financier et la croissance semblent encore non robustes et souvent controversées, tout en suggérant parfois, des conditions économiques, financières et institutionnelles pour la réussite de cette relation (Joseph, Raffinot et Venet, 1998 ; Eric, 2000 ; Trabelsi, 2002 et Khalfaoui, 2002).

Pour ce faire, nous voudrions vérifier, en nous appuyant sur les pays des Grands Lacs africains3, s?il existe une relation de causalité entre le développement financier et la croissance économique et si cette relation de causalité est univoque ou bidirectionnelle. Le choix des pays de grands lacs est justifié par l?existence d?un système financier et bancaire rudimentaire et méme une quasi absence d?un marché financier dans cette région. Autrement dit, ce choix se justifie par la sous bancarisation qui semble caractériser cette région et qui serait à la base d?un faible niveau de développement économique.4

Par ailleurs, l?objectif de notre recherche est de montrer la nécessité de concilier le développement financier et la croissance économique étant donné que les sphères sont intimement liées. De plus, même si le lien de causalité entre le développement financier et la croissance économique est théoriquement et empiriquement controversé, il constitue cependant les voies et moyens susceptibles d?aider les responsables de politique monétaire qui cherchent en permanence une décision de la réforme optimale tendant à encourager le développement de l?intermédiation financière.

Outre l?introduction et la conclusion, ce travail comprend trois chapitres : le premier porte sur la revue de la littérature, le second est consacré à l?approche méthodologique et enfin le dernier se focalise à la présentation et l?interprétation des résultats durant la période allant de 1970 jusqu?en 2002.

3 Il s?agit de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi.

4 D?après Kpodar, il ressort des estimations qu?en ce qui concerne les pays de l?Afrique subsaharienne le développement financier exerce un impact favorable sur la croissance économique.

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