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De l'art de gouverner par les lois et par la force d'après Nicolas Machiavel

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par Julien Bukonod
Université Saint Augustin de Kinshasa - Gradué en philosophie 2009
  

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III.1.2. Joseph Kasa-Vubu (1915-1969)

Kasa-Vubu, d'abord dirigeant de l'Abako105(*) puis premier président du Congo-Kinshasa, est sans doute un des spécimens des chefs d'État congolais et africains. Cependant, « Sa vie, pourtant très passionnante : son parcours politique, riche, passe presque inaperçu ; ses idées politiques et son rôle dans le processus de l'indépendance, pourtant déterminants sont mis sous l'éteignoir. Son personnage, pourtant exemplaire, ne fait pas école »106(*). Son éducation religieuse avait fait de lui un homme de droiture, d'honnêteté, de vérité et de simplicité en toute chose. « Les week-ends, il aimait se rendre dans ses plantations près de Ndjili, en compagnie de Mama Hortense et du chauffeur - car il ne conduisait pas - sans garde du corps »107(*). Cet amour de la terre, Machiavel en a parlé : le prince « doit convaincre ses citoyens qu'ils peuvent tranquillement exercer leurs métiers et dans le commerce, et dans l'agriculture et dans tout autre métier des hommes »108(*). Et pour convaincre son peuple, le chef doit se montrer exemplaire. Ainsi, Kasa-Vubu, dans une adresse mémorable (le 29 juin 1965), attira l'attention des Congolais pour que « tous ceux qui assurent un mandat politique participent à la campagne pour le retour à la terre »109(*).

Son détachement des biens matériels, sa franchise en matière des fonds publics, restent un mystère même parmi ses proches : « l'argent de l'État appartient à l'État », tel était son slogan. Toujours soucieux de l'intérêt général, comme tout prince digne de ce nom, Kasa-Vubu n'hésitait pas à associer dans la gouvernance de l'État ceux qu'ils croyaient agir dans le même sens que lui ; ceci pour soutenir sa thèse humaniste africaine selon laquelle, « lorsque vous allez à la chasse et que vous tuez un gros gibier, la viande est toujours partagée entre ceux qui ont chassé et ceux qui sont restés au village»110(*). Le Congo étant tellement grand, il nécessitait plus que deux personnes pour le diriger : « Lumumba et moi ne pourrions le diriger seuls. Il faut viser l'intérêt général »111(*). A ce prix, Kasa-Vubu peut être tenu pour sage car, d'après Machiavel, « la première conjecture qu'on fait du cerveau d'un seigneur, est de voir les hommes qu'il a autour de lui, et quand ils sont capables et fidèles, on peut toujours lui donner la réputation de sage, parce qu'il a su reconnaître leurs capacités (...) »112(*).

* 105 Association culturelle des Bakongo, fondée au début des années 1950 par Edmond Nzenza Nlandu.

* 106 Le Potentiel, Joseph Kasa-Vubu, in http://www.laconscience.com/article.php, visité le 23 avril 2010.

* 107 J. KASA-VUBU M'poyo, Kasa-Vubu et le Congo indépendant (1960-1969), Bruxelles, LE CRI, 1997, p. 118.

* 108 N. MACHIAVEL, op. cit., p. 151.

* 109 J. KASA-VUBU M'Poyo, op, cit., p. 117.

* 110 Ibid., 92

* 111 Ibid.

* 112 N. MACHIAVEL, op. cit., p. 152.

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