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Perceptions, savoirs locaux et stratégies d'adaptations aux changements climatiques des producteurs des communes d'Adjohoun et de Dangbo au Sud- Est Bénin

( Télécharger le fichier original )
par Clément Olivier CODJIA
Université d'Abomey- Calavi (Bénin ) - Ingénieur agronome 2009
  

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2.2.2. L'Approche d'Analyse des Moyens d'Existence Durable (AMED) « The Substainable Livelihood Analyse (SLA) »

Les changements climatiques sont un phénomène qui entraîne des changements sociaux, ils ont des impacts sur le bien-être des populations locales. A cet effet, nous retenons dans le cadre de notre étude l'AMED ou « Livelihood » pour l'analyse des stratégies d'adaptation développées par les producteurs. Cette approche trouve son origine dans les débats initiés à la fin des années 1980 autour des notions et des caractérisations de la pauvreté. Ces débats visaient le dépassement des visions réductionnistes basées simplement sur le niveau de revenus ou de consommation des personnes (Bucci, 2008). Dans sa substance, le

<< livelihood >> est un concept alternatif à celui de << système >> comme paradigme de conceptualisation des modes de production et de vie des producteurs et groupes sociaux (FIDA, 2007).

Dans sa conception théorique, l'AMED est une approche construite autour du concept de << Moyen d'Existence Durable (MED)>> et d'une théorie du changement. Celle-ci identifie un certain nombre de niveaux et facteurs stratégiquement importants qui, dans une logique d'ensemble, expliquent comment la maîtrise et l'orientation des facteurs vers les stratégies d'existence devrait engendrer des effets positifs sur l'existence d'individus dans un territoire déterminé.

Les moyens d'existence englobent les capacités, les atouts (y compris les ressources matérielles et sociales) et les activités nécessaires pour vivre. Ils sont durables lorsqu'ils permettent aux groupes sociaux concernés de faire face à des contraintes et à des chocs, de maintenir ou d'accroître les capacités et les actifs présents et à venir, sans porter atteinte à la disponibilité des ressources naturelles pour les générations futures (DFID, 1999). Ainsi, le concept de moyen d'existence durable est construit autour de trois éléments :

- les capacités nécessaires pour mener une existence décente,

- les biens tangibles qu'un individu ou un ménage possède ou au quels il a accès,

- les biens intangibles, comme la possibilité de faire des demandes ou des requêtes ou d'accéder à des services, à la technologie, à une activité génératrice de revenus, etc (Chambers et Corway 1991)

Le << livelihood >> intègre beaucoup de données (quantitatives et qualitatives) et peut permettre de fournir une analyse socio - économique et surtout politique sur ce que cache les disparités entre ménages dans la mobilisation des atouts et le déploiement des stratégies de subsistance (Ann Whitehead, 2002). Il est basé sur sept principes fondamentaux : les populations locales au coeur du développement, une vision holistique, la flexibilité et le dynamisme, la valorisation du capital des individus ou des ménages, les interrelations micro-macro, des alliances partenariales larges, et la durabilité (DFID, 1999). De ce point de vu, le << livelihood >> est une démarche centrée sur l'humain, les individus ou ménages constituent le point d'entrée privilégié et non, par exemple, une région ou un secteur d'activité donné. Il est une approche englobante, c'est-à-dire qu'il ne se cantonne pas à un seul secteur, un seul lieu

ou un niveau donné ; et il intègre la multiplicité des acteurs et des stratégies. Il se fonde avant tout sur l'analyse des dynamiques de changement, les relations de cause à effet, l'enchaînement d'événements, et non sur une vision statique et figée des populations et de leurs moyens d'existence. Il s'appuie, ceci est très important, sur les atouts et les forces disponibles au sein des populations, afin de les appuyer et de les renforcer, et non sur leurs besoins. En rupture avec les pratiques de développement qui tendent à se concentrer de manière exclusive sur des aspects macro ou micro, le << livelihood >> vise à réconcilier les deux échelles, notamment en décortiquant l'impact des politiques macro sur les populations à l'échelle locale. Les interventions s'envisagent en partenariat avec d'autres acteurs de développement, du secteur privé ou public. Enfin l'approche du << livelihood >> situe la durabilité à quatre niveaux que sont : le niveau financier en limitant la nécessité d'un recours aux financements extérieurs ; le niveau institutionnel, à travers l'intégration dans des institutions existantes ; le niveau environnemental, en tenant compte du potentiel physique à long terme et le niveau social, en minimisant l'exclusion sociale.

Elaboré par la DFID, le cadre analytique de l'AMED est un outil pratique pour faire comprendre et assimiler l'approche en favorisant l'analyse des moyens réels d'existence des populations. La figure 2 présente les cinq composantes de ce cadre.

Légende

H = capital Humain S = capital Social

N = capital Naturel P = capital Physique F = capital Financier

AVOIR DE MOYENS
D'EXISTENCE

CONTEXTE DE
VULNERABILITE

CHOCS

TENDANCES SAISONNALITE

STRUCTURE ET
PROCESSUS DE
TRANSFORMATION

STRUCTURES

· Niveau de gouvernement

· Secteur

privé

Lois

Politique

Culture Institution

RESULTATS DE
MOYENS
D'EXISTENCE

· Plus de

revenus

· Bien être
accru

· Vulnérabilitéréduite

· Plus grande sécuritéalimentaire

· Utilisation plus durable

STRATEGIES DE MOYENS D'EXISTENCE

Pour obtenir des

Influence
& accès

H
S N

P F

Figure 2: Cadre analytique du « livelihood Source : DFID, 1999

Ces cinq composantes peuvent être décrites dans le cadre du présent travail de la manière suivante : (i) le contexte de vulnérabilité aux changements climatiques du monde dans le quel opèrent les producteurs agricoles ; (ii) leurs atouts en capital (social, humain, naturel, physique et financier) ; (iii) les politiques, institutions et processus qui influent sur leur vie ; (iv) les stratégies adoptées par ces producteurs qui peuvent soit être basées sur l'exploitation des ressources naturelles, soit sur l'exploitation d'autres types de ressources, soit encore sur le changement de contexte de la part de l'exploitation et (v) les résultats qu'ils obtiennent ou auxquels ils aspirent.

Ce cadre ne fonctionne pas de manière linéaire et ne cherche pas à donner une représentation exacte de la réalité. Il vise plutôt à fournir une façon de considérer les moyens d'existence des producteurs qui stimule le débat et la réflexion sur les nombreux facteurs en l'occurrence le risques climatiques, influençant ces moyens d'existence, la façon dont ils interagissent et leur importance relative dans une situation donnée, ce qui devrait faciliter l'identification de manières plus efficaces d'appuyer les moyens d'existence et de réduire leur vulnérabilité (FIDA, op.cit).

Pour la présente étude, l'AMED permettra une meilleure prise en compte des aspirations, des atouts et des contraintes des producteurs, de leur inhérente diversité, de la complexité de leur environnement et de leurs stratégies d'existence dans un contexte globale de changement climatique.

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld