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Le conte et l'éducation chez les Lokpa du Bénin

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par Akéouli Nouhoum BAOUM
Université d'Abomey- Calavi (Bénin ) - MaàŽtrise en lettres modernes 2010
  

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République du Bénin
Université d'Abomey-Calavi
Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines
Département des Lettres Modernes

MEMOIRE DE MAITRISE

Le conte et l'éducation chez les Lokpa du Bénin

Etudiant
BAOUM Akéouli Nouhoum
Mémoire dirigé par

Madame Thècla MIDIOHOUAN
Maître de conférences à l'UAC

i

Dédicace

A la mémoire de mon père qui a eu la sagesse de m'envoyer à l'école, et qui m'a toujours appris que, lorsqu'on monte une pente à vélo, tant qu'on n'a pas encore atteint le sommet de la pente, il ne faut jamais arrêter de pédaler,

A ma mère qui a dépensé le dernier de ses sous, qui s'est privée du luxe des pagnes, pour que je ne meure de faim sur la voie de l'école,

A mon épouse qui a su trouver les mots justes pour m'encourager à aller de l'avant dans la rédaction de ce mémoire, alors que je perdais espoir,

A toutes les autres personnes qui me sont chères, et qui dans leurs rêves comme dans leurs prières pensent à moi,

Je dédie ce mémoire.

ii

Remerciements

Mes remerciements les plus sincères vont à l'endroit de :

Mme Thècla MIDIOHOUAN, pour avoir accepté malgré toutes ses occupations de diriger ce travail. C'est grâce à la lumière de ses conseils que ce travail a pu être conduit à bon port,

M. ALI Yao Pierre, mon deuxième père, qui a consenti d'énormes sacrifices pour la réussite de mes études universitaires,

Mon jeune frère, BAOUM A. Abdoul-Rahamane, sans qui je n'aurai pas pu réussir ce travail à distance,

Mon ami, ABAOU Souradji, qui a lu mon travail et m'a encouragé,

M. Gero STEUP, grâce à qui j'ai pu avoir accès aux livres de la bibliothèque universitaire de Bonn,

Des habitants du village de Foumbéa grâce à qui j'ai pu constituer mon corpus.

iii

Sommaire

Introduction

1

1. L'aventure du conte

4

1.1 Les origines du conte

4

1.2 Essai de définition

.8

1.3 Classification des contes

..22

2. Le conte et l'éducation chez les Lokpa

..33

 

2.1 Définition et précision du sens des termes : Education, parole et conte

..33

2.2 La performance du conte chez les Lokpa

.36

2.3 Analyse des contes du corpus

50

2.4 Etude des thèmes dominants et interprétation des contes

.64

Conclusion

99

Bibliographie

.101

Table de matières

105

Annexes (Corpus de contes)

..108

INTRODUCTION

Le peuple Lokpa est un peuple du nord-ouest du Bénin. Selon Bawanam Bernard SINDJALOUM, « Le grand groupe socioculturel Lokpa est subdivisé en deux sous groupes, les Lama et les Lokpa ; ce grand groupe occupe plusieurs portions des territoires des Etats d'Afrique Occidentale : les Lokpa de Ouaké dans le département de la Donga au Bénin ; les Lokpa Kabiyè (Apalu, Cillaalu) de Lamakara, de Niamtugu, et de Pya au Nord-Est togolais ; les Lokpa Tala Wèle, Kumatè du Nord-Est du Mali ou de la Guinée1. » Comme nous pouvons le constater à travers le propos B. B. SINDJALOUM, tous les Lokpa du Bénin se réclament de Ouaké qui est une commune frontalière du Togo. Ouaké est la source de la plupart de Lokpa du Bénin. Mais limiter les Lokpa à cette seule commune constitue une exclusion d'une majeure partie des Lokpa du Bénin. En effet, les Lokpa sont répartis sur presque toute l'étendue du territoire béninois. Il existe des villages peuplés presque uniquement de Lokpa hors de la commune de Ouaké. C'est le cas de Foumbéa, village composé seulement de Lokpa dans lequel nous avons fait nos recherches. Ce village est situé dans la commune de Djougou, plus précisément dans l'arrondissement de Kolokondé.

Les Lokpa sont en majorité des agriculteurs. Ils vivent de la terre comme la plupart des peuples d'Afrique noire. Ils font la chasse comme sport et surtout pour avoir de la viande. Mais la chasse (Làkú) chez les Lokpa est une activité régie par des règles strictes. Elle se fait après les récoltes et reste la chose des hommes. Il y a la chasse normale (Làk?) et la chasse nocturne (Kùtùsù??).

Les Lokpa d'aujourd'hui sont chrétiens, musulmans ou traditionalistes (il faut entendre par traditionalistes ceux que d'autres appelleraient "animistes"). Certains sont à la fois "chrétienstraditionalistes" ou "musulmans-traditionalistes". Cela veut dire bien que les Lokpa aient épousé les religions modernes, ils demeurent attachés à leurs valeurs culturelles. En témoigne l'influence qu'ont encore certaines traditions héritées des ancêtres. La fête de la lanière2 ou Kàm??? est une illustration de la vivacité de la culture Lokpa. Des pratiques restées intactes malgré l'influence de la modernité ambiante. Les Lokpa ont gardé leurs traditions : chants, danses, prières, rites et autres. C'est un peuple qui a une littérature orale abondante mais qui, malheureusement, n'est pas bien connu dans le domaine de la recherche. Le seul, à notre connaissance, qui a tenté une description de la culture Lokpa, c'est B. B. SINDJALOUM que nous avons cité plus haut. Or la littérature orale de certains peuples d'Afrique noire a connu

un traitement particulier. Elle est souvent citée comme exemple dans le domaine de la recherche. De chercheurs célèbres, tels que Amadou HAMPATE BA, Lilyan KESTELOOT, Jean DERIVE, Christiane SEYDOU, Géneviève CALAME-GIAULE (cette liste n'est pas exhaustive) ont étudié et certains continuent d'étudier les littératures orales africaines (Sénégalaise et malienne surtout). Mais cette littérature reste inépuisable, et se développe, passant ainsi de génération en génération. Dans cette Afrique pluriethnique, de nombreux peuples sont simplement oubliés. Le manque d'intérêt des chercheurs pour ces littératures orales des peuples oubliés a pour conséquence la non-prise de conscience des populations elles-mêmes de la valeur de ce trésor inépuisable qui chaque jour se renouvelle et se développe. La société Lokpa n'échappe ni au phénomène de méconnaissance de sa propre culture, ni à la dynamique de celle-ci.

Le présent mémoire a pour ambition d'apporter un peu de lumière sur ce peuple. Le choix du thème a été guidé par cette envie. Pour y parvenir, le choix a été porté sur le conte. Précisément, le rôle que le conte joue dans l'éducation chez les Lokpa. La question nous serait peut-être posée de savoir, pourquoi vouloir faire connaître le peuple Lokpa en s'intéressant juste à ses contes ? Mais y a t-il plus beau moyen de connaître un peuple que de le faire en étudiant une des manifestations de sa culture ? Le conte, genre prépondérant, profane accessible à tous (enfants, adultes, filles, garçons, hommes, femmes, vieux ou vieilles), est une des manifestations de la culture Lokpa. Sa simplicité et son accessibilité font de lui une arme puissante d'éducation. Il est porteur de la vision du monde de chaque couche de la société et décrit, au travers des sujets qu'il aborde, les vices qui minent cette même société. Car, « les contes et les fables disent aussi bien des vérités. Toutes les vérités que la politesse et les convenances empêchent de dire, le conte et la fable permettent de les énoncer sous le masque des animaux ou des personnages fictifs3i C'est ce qui justifie le choix porté sur le conte. Partant du postulat que le conte, en général et Lokpa en particulier, joue un rôle dans l'éducation, ce mémoire tente de comprendre comment le conte éduque. Qu'est ce qui fait du conte une arme d'éducation facile ? Quel élément du conte éduque ? Qui le conte éduque-til ?

Pour répondre à notre problématique, l'étude va se répartir en deux grandes parties. La première partie a été empirique. Elle a consisté à l'organisation de veillées de contes dans le village de Foumbéa. Les veillées nous ont permis d'enregistrer sur cassette un nombre important de contes (62 contes au total) dont nous avons fait un tri pour former notre corpus de contes. Le corpus, enregistré d'abord sur cassette a ensuite été transcrit dans sa langue

3 Lilyan KESTELOOT, Contes, fables et récits du Sénégal, Karthala, 2006, p.8.

originale (Lokpa), puis traduit littéralement. De cette traduction mot à mot avons-nous fait une traduction littéraire. Le corpus ainsi obtenu sera mis en annexes comme textes à analyser. La deuxième partie consistera à l'analyse du contenu du corpus: c'est-à-dire des contes. Conscient que le diable se trouve dans les détails, cet échantillon de contes abordant différents thèmes sera soumis à différents types d'analyses. Pour réussir cette analyse, nous nous inspirons de la méthode structuraliste de Vladimir PROPP, de Claude BREMOND ; de la sémiotique de J. A. Greimas, de Fontanille et Zilberberg ; de la narratologie avec Genette et Todorov. Puisque la structure à elle seule ne permet pas de comprendre un récit, surtout quand il s'agit d'un conte qui est un monde de symboles et d'images, Paul RICOEUR a été d'un grand secours pour l'interprétation des contes. Cette interprétation permet de mettre en relation le monde fictif du conte et celui réel de la société Lokpa. Ces outils, mis ensembles, permettent de saisir le message du conte en le décodant.

Le mémoire est divisé en deux parties. La première partie, intitulée "L'aventure du conte", est un rappel de tout le chemin parcouru par le conte de l'Antiquité à nos jours. Cette partie subdivisée en trois zones, essaie de chercher les origines du conte, de lui apporter une définition, et d'en faire une classification. Cette partie constitue la partie théorique, philologique de notre mémoire. Toutes les informations que nous y avons placées, nous les avons toutes trouvées dans les livres. Cette partie constitue également pour nous un rappel de tout ce que nous avons étudié à l'université.

La deuxième partie du mémoire, intitulée "Le conte et l'éducation chez les Lokpa", est celle qui fait l'objet du présent mémoire. Elle tente de montrer les conditions de production du conte Lokpa, d'étudier sa structure et enfin de voir comment les nombreux sujets abordés dans les contes sont traités et pourquoi.

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