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Marché des capitaux et le financement des économies: le cas de l'UEMOA

( Télécharger le fichier original )
par Degol MENDES
Pôle régional de formation en gestion de la dette en Afrique du Centre et de l'Ouest - Expert en gestion de dette publique 2010
  

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3.3.3. Les réserves excédentaires des banques ont-elles joué un rôle?

Depuis 2006, les taux de d'intérêt proposés par les banques dans le cadre des appels d'offres se sont relevés se fixant au-dessus du taux de pension. Cette inversion de la tendance observée jusqu'ici, est due au recul des réserves excédentaires des banques à la suite des importantes ressources levées sur le marché des titres par les Etats en 2005. Dans ce contexte de relative rareté des ressources, où les réserves excédentaires moyennes sont passé de 392,0 milliards de F CFA en 2005 à 207, 5 millions de F CFA en 2006, soit une baisse de 47,1%, le prix a bien joué son rôle. Cela montre que le comportement des banques a été toujours rationnel.

Le graphique ci-après retrace l'évolution de la répartition des réserves excédentaires des banques entre le montant utilisé dans les soumissions aux appels d'offre des bons de Trésor et celui restant disponible dans leur compte à la Banque Centrale.

Graphique IV. Evolution des réserves excédentaires et les demandes des titres publics.

En millions de F CFA

400.000

800.000

700.000

600.000

500.000

300.000

200.000

100.000

2001

2002

2003

1er Trim 04
2e Trim 04
3e Trim 04

Marge disponible Demande de titres publics

4e Trim 04

1er Trim 05

2e Trim 05

3e Trim 05

4e Trim 05

1er Trim 06 2e Trim 06

3e Trim 06

4e Trim 06

1er Trim 07
2e Trim 07
3e Trim 07

4e Trim 07

1er Trim 08 2e Trim 08

3e Trim 08

4e Trim 08

Il en ressort que tout au long de la période de 2001 à 2008, les banques ont disposé des marges de financement importantes (donné par la surface en blue dans le graphique). Toutefois, la variation des réserves excédentaires a joué un rôle important dans le comportement des banques. En effet, la demande de titres a enregistré un recul en 2006, à la suite de la mobilisation d'importantes ressources financières sur le marché des titres publics par les Etats en 2005 et du relèvement des coefficients de réserve obligatoires intervenues le 16 juin 2005 pour certains pays de l'Union. Ainsi, il est passé de 13% à 15% au Benin, de 3% à 7% au Burkina Faso et de 5% à 9% au Sénégal.

36

3.3.4. Niveau d'absorption élevé

Un autre fait marquant de l'analyse du tableau 5 ci-dessus c'est que les Etats ont retenu un montant souvent plus important que celui de l'offre initial. Ainsi, sur les 56 émissions réalisées, seulement dans 3 cas (5,4% des émissions) l'émietteur a pris un montant inférieur à celui qu'il a mis en adjudication et pour lequel il a obtenu une demande effective. Cette situation s'explique par le fait que ces demandes aient été associées aux taux d'intérêt jugés élevés par l'Etat.

Tableau 5. Evolution de la performance du marché des titres publics de l'UEMOA

Période

Offre de titres

Demande de
titres

Equilibre

Excédant de la
demande

Montant retenu sur l'offre

 

Montant de
souscriptions

Montant retenu

Sur souscription

(> 100)

 
 

(b)

(c)

(b/a)

(c/a)

2001

53.000

55.400

54.900

104,5%

103,6%

2002

42.500

115.050

51.850

270,7%

122,0%

2003

63.000

187.480

85.375

297,6%

135,5%

1er Trim 04

15.000

21.150

15.700

141,0%

104,7%

2e Trim 04

15.000

33.500

16.500

223,3%

110,0%

3e Trim 04

60.300

104.100

66.300

172,6%

110,0%

4e Trim 04

25.000

30.692

25.000

122,8%

100,0%

1er Trim 05

55.000

78.040

62.090

141,9%

112,9%

2e Trim 05

40.000

56.600

40.500

141,5%

101,3%

3e Trim 05

113.000

159.550

100.150

141,2%

88,6%

4e Trim 05

78.800

74.400

67.800

94,4%

86,0%

1er Trim 06

50.000

33.750

33.250

67,5%

66,5%

2e Trim 06

45.000

85.350

46.325

189,7%

102,9%

3e Trim 06

89.000

121.115

103.415

136,1%

116,2%

4e Trim 06

15.000

15.040

15.040

100,3%

100,3%

1er Trim 07

28.100

41.450

28.100

147,5%

100,0%

2e Trim 07

30.000

62.555

41.515

208,5%

138,4%

3e Trim 07

300.000

233.257

225.657

77,8%

75,2%

4e Trim 07

35.000

39.075

35.335

111,6%

101,0%

1er Trim 08

50.000

59.500

50.500

119,0%

101,0%

2e Trim 08

130.000

162.076

159.666

124,7%

122,8%

3e Trim 08

30.000

55.930

50.970

186,4%

169,9%

4e Trim 08

45.000

79.940

37.800

177,6%

84,0%

Total

1.407.700

1.905.000

1.413.738

135,3%

100,4%

 

Source : BCEAO

En effet, le fait de retenir toute l'offre des ressources exprimée (taux d'absorption supérieur à 100%) peut s'expliquer notamment pour deux raisons :

· soit l'Etat avait un besoin plus important, mais craignant que le marché ne réagira pas favorablement, il a donc mis l'offre à un niveau relativement bas ;

· soit l'Etat n'avait pas suffisamment planifié l'émission et face aux ressources disponibles et il les prend pour après réfléchir sur comment les utiliser.

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Dans le premier cas, il s'agit d'annoncer un montant en dessous du montant souhaité pour éviter que la sous souscription soit aperçue par le marché comme un échec et faire de sorte que la sursouscription soit vue par le marché comme un succès. En fait, en cas de sursouscription par les banques, l'Etat a la possibilité de réduire le coût d'émission retenant les demandes de titres associées aux taux les plus bas. Cela pourra également avoir un effet psychologique dans les émissions postérieures, amenant les banques qui n'ont pas été retenues à baisser leur taux lors des émissions suivantes réalisées par cet Etat, afin d'augmenter leurs chances d'être retenues.

Dans le deuxième cas, les Etats n'ont pas suffisamment planifié leurs besoins de Trésorerie, profitant de sursouscriptions pour mobiliser plus des ressources. Comme l'a remarqué Gnamien (2005), cette situation est porteuse de risque de mauvaise gestion de la dette publique et des dépenses publiques, car la disponibilité des ressources d'emprunt non programmées pourront amener les Etats à exécuter les dépenses également non prévues ou incohérentes avec les capacités de remboursement des pays.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams