WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'impact budgétaire de l'acquisition et de l'entretien du Parc automobile de l'état du Niger

( Télécharger le fichier original )
par Moustapha ZAKARI ABOUZEIDI
Ecole nationale d'administration et de magistrature Niamey- Niger - Diplôme du niveau II en finances- trésor 2012
  

Disponible en mode multipage

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

INTRODUCTION

1

Pour le développement et l'exécution de sa politique économique et sociale, l'État organise, développe, entretient et encadre plusieurs services pour les besoins de son fonctionnement. A cet effet, il dispose de nombreux bâtiments, d'un nombre important d'équipements de bureau, de matériels techniques et d'un important parc automobile. L'ensemble de ces biens constitue son patrimoine.

Tous ces biens indispensables à la continuité et à la bonne marche des services publics doivent être réalisés ou acquis mais aussi entretenus.

L'acquisition et l'entretien de ces biens suscitent d'importantes dépenses pour l'Etat alors que les ressources à leur couverture sont limitées.

Au moment où la situation des finances publiques impose de réexaminer et de contrôler toutes les natures de dépenses et où l'État se fixe des objectifs ambitieux, la gestion judicieuse, rationnelle et rigoureuse des biens publics s'avère indispensable.

Cependant, malgré l'existence d'une Direction Générale du Patrimoine de l'Etat (DGPE) qui veille sur l'ensemble du patrimoine de l'Etat, l'utilisation abusive, un manque d'intérêt pour l'entretien et la conservation des biens publics ont fait place à une gestion peu orthodoxe. Le parc automobile de l'Etat n'est pas aussi épargné par cette situation.

Face aux besoins collectifs qui augmentent plus rapidement que les moyens de l'Etat, la gestion de ces biens (notion chère pour une entreprise privée) acquis doit faire l'objet d'une attention soutenue de la part des autorités au même titre que les deniers publics. C'est donc ces matériels qu'il faut préserver, rationaliser l'utilisation afin de permettre à l'Etat de faire des

2

économies sur les dépenses d'acquisition, d'entretien et de connaitre à chaque instant leur situation exacte.

Compte tenu de ce qui précède, le souci d'une gestion efficiente du parc automobile national a motivé le choix de ce sujet : « l'impact budgétaire de l'acquisition et de l'entretien du parc automobile de l'Etat. »

Ce travail de recherche est structuré en deux (2) parties :

- la première partie intitulée « le cadre conceptuel de l'étude » comprend le premier chapitre qui traite du « cadre méthodologique de l'étude » et le deuxième chapitre qui porte sur « la gestion du parc automobile de l'Etat » ;

- quant à la deuxième partie de ce travail intitulée : « l'étude analytique du parc automobile de l'Etat » comprend le troisième chapitre sur « l'analyse et l'évolution des dépenses du parc automobile de l'Etat » et le quatrième chapitre sur « les problèmes liés à la gestion du parc automobile et recommandations. »

PREMIERE PARTIE : LE CADRE CONCEPTUEL DE L'ETUDE

3

Dans l'accomplissement de ses missions, l'Etat se dote des moyens dont les matériels de transport. Ainsi, après le chapitre préliminaire qui traite du cadre méthodologique de cette étude, il convient de savoir comment ces matériels sont gérés.

4

CHAPITRE I : LE CADRE METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE

Nous traiterons dans ce chapitre des différents aspects suivants :

- la revue de la littérature ;

- la définition des concepts ;

- la problématique ;

- les hypothèses de l'étude ;

- les objectifs de l'étude ;

- la méthodologie de la recherche ;

- et les difficultés rencontrées au cours de la recherche.

1.1. La revue de la littérature

La revue de la littérature fait le point des connaissances acquises sur le sujet à partir des différents documents que nous avons consultés. Parmi ces documents, plusieurs d'entre eux ont attiré notre attention. Il s'agit du mémoire de fin de cycle de Mme Moussa (TASSALA GARKA), « la gestion du parc automobile national et du garage administratif », dans lequel, l'auteur de ce document a soulevé la question du laisser-aller et de la mauvaise gestion qui a fait place à diverses irrégularités dans la gestion du parc automobile national malgré l'existence des textes qui le régissent.

En plus, Messieurs (BORI WASSIRI) ; Moussa (NIANDOU ABDOUL AZIZ) ; Rona (ABA ABOUBACAR), dans leur mémoire intitulé, « la gestion automatisée du parc automobile de l'Etat », ont montré que le parc automobile national n'est pas maîtrisé.

En dehors également de ces mémoires, nous nous sommes intéressés à un rapport d'inspection intitulé : « le contrôle du parc automobile de l'Etat dans la Communauté Urbaine de Niamey », effectué par Abdoul Karim (PARAISO) et autres, inspecteurs d'Etat, par ordre de mission n°1015 du 18 mars 1995, ont relevé à l'époque toutes les irrégularités liées à la gestion du

5

parc automobile national. Il s'agit du caractère désuet des textes qui régissent sa gestion, des réparations des véhicules de l'Etat dans les garages privées sans aucun suivi, etc.

Après la revue de la littérature, pour faciliter la compréhension de ce document, il nous parait fondamental de définir les concepts qui entourent la thématique abordée dans ledit document.

1.2. La définition des concepts

Les concepts que nous allons définir sont : impact, budget, impact budgétaire, acquisition, entretien, parc automobile.

1.2.1. L'impact

Ce mot désigne une collision entre deux (2) corps. Il est utilisé en physique, et au figuré comme synonyme de conséquence, d'effet, de répercussion.1

1.2.2. Budget

C'est un acte par lequel sont prévues et autorisées les recettes et les dépenses des organismes publics.2

1.2.3. L'impact budgétaire

De la synthèse de ces deux (2) définitions ci-dessus, nous pouvons définir ce vocable comme un ensemble de répercussions ou de conséquences qui se rapportent au budget de l'Etat.

1Dictionnaire Encarta, Edition 2009.

2 Article 4 du Décret 2002-196/PRN/MF/E du 26 juillet 2002, portant Règlement général de la Comptabilité Publique.

6

Dans le cadre de ce mémoire, nous retiendrons un ensemble de répercussions négatives qui se rapportent au budget de l'Etat.

1.2.4. L'acquisition

Elle est définie comme l'action qui consiste à acquérir ou processus d'obtention d'un bien.3

1.2.5. L'entretien

Il désigne l'ensemble des soins visant au maintien dans un bon état de fonctionnement, de propreté ou de netteté.4

1.2.6. Le parc automobile

Il est défini à l'article premier du Décret n°86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile de l'Etat. Aux termes de cet article, le parc automobile national désigne l'ensemble des véhicules administratifs nécessaires au fonctionnement des services.

Les concepts ayant été définis, nous allons poser le problème soulevé par le sujet avant de formuler les hypothèses de l'étude.

1.3. La problématique

Au Niger, la problématique de la gestion du bien public se pose avec acuité. Certaines difficultés rencontrées dans ce domaine sont en partie liées à un déficit de fonctionnement des institutions chargées d'assurer ou de garantir une gestion efficace et rationnelle de ces biens publics. Le cas de la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif (DPAN/GA) illustre cet état de fait.

3 Dictionnaire Encarta, Edition 2009

4 ibidem

7

Créée par le Décret n°98-160/PRN/MF/RE/P du 04 juin 1998, la DPAN/GA a pour mission l'élaboration de la réglementation et du suivi de la gestion du parc automobile de l'Etat, des collectivités, des projets et autres démembrements de l'Etat. En d'autres termes, cette structure est chargée de l'acquisition des véhicules de l'Etat, de leur entretien, de la réforme et des propositions éventuelles à la vente des véhicules de l'Etat en collaboration avec les services domaniaux.

Aujourd'hui, face à l'accroissement du parc automobile de l'Etat (estimé à 4948 véhicules selon le dernier recensement effectué en 2008) et des moyens affectés à son entretien la nécessité d'une gestion rigoureuse s'impose afin d'éviter tout abus ou utilisation à des fins personnelles des biens de l'Etat. A titre illustratif, il a été prévu au titre de la loi de finances 2010 une allocation de 2 290 416 464 FCFA pour les acquisitions des moyens de transport, 4 686 319 976 FCFA pour les entretiens et 5 265 200 839 FCFA pour les dépenses du carburant et de lubrifiant.

Au même moment, la DPAN/GA exerce difficilement les missions qui lui sont dévolues en matière de gestion du Parc Automobile National. En effet, la situation du Garage Administratif se caractérise par « [...] la cessation des activités dans les ateliers, le manque crucial de matériels de travail et de pièces de rechange, un stock désuet de pièces détachées dans le magasin, des agents inactifs mais régulièrement payés [...]»5

Aussi, les réparations et entretiens de véhicules de l'Etat s'effectuent de plus en plus dans les garages privés au détriment du garage administratif.

Dans ce contexte, peut-on faire un lien entre les difficultés actuelles que connait le garage administratif et la suppression en 2005 du « fonds d'approvisionnement » institué au profit dudit garage ?

5 Directeur du Parc Automobile National et du Garage Administratif, Communication sur la Situation du Parc Automobile National et du Garage Administratif.

8

De manière générale, le fonctionnement efficace de la DPAN/GA n'est-il pas entravé par les insuffisances du cadre juridique et le non-respect des textes dans la gestion du patrimoine de l'Etat notamment dans l'application de la comptabilité matière ?

Dans le cadre de ce mémoire, la question fondamentale qui nous préoccupe est celle liée à l'accroissement des dépenses d'acquisition et d'entretien du parc automobile de l'Etat.

Il s'agit plus précisément de savoir :

- comment le parc automobile de l'Etat est-il géré ?

- Quelle est l'évolution des coûts annuels de renouvellement et de gestion du parc automobile de l'Etat ?

- pourquoi le Garage Administratif n'est plus sollicité en matière de réparations et entretiens des véhicules de l'Etat, cela n'a-t-il pas de répercussions négatives sur le budget de l'Etat ?

Pour répondre à ces questions, nous formulons les hypothèses ci-après.

1.4. Les hypothèses de l'étude

Hypothèse 1 : La DPAN/GA ne dispose pas de moyens financiers, matériels et humains adéquats pour prendre en charge de manière effective le parc automobile national ;

Hypothèse 2 : Le manque de coordination des différentes structures chargées de gestion du Parc automobile de l'Etat entraine d'importantes charges à l'Etat.

Après la formulation des hypothèses, il est important d'évoquer les objectifs que nous poursuivons à travers cette étude, et aussi la méthodologie adoptée pour la collecte des données.

9

1.5. Les objectifs de l'étude

Ce travail vise à atteindre un objectif général et des objectifs spécifiques.

1.5.1. L'objectif général

L'objectif général est de contribuer à l'amélioration de la gestion des finances publiques par la rationalisation des dépenses d'acquisition et d'entretien du parc automobile de l'Etat notamment à travers le renforcement de la DPAN/GA.

1.5.2. Les objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques de ce travail sont :

- connaitre l'utilisation qui en est faite des véhicules de l'Etat au regard des textes, de l'efficacité des ressources et des préoccupations de gestion rigoureuse, ainsi qu'en terme d'entretien, de maintenance et charges liées ;

- identifier les problèmes qui assaillent le bon fonctionnement de la DPAN/GA ;

- et d'envisager les grandes lignes de conduite allant dans le sens de la revalorisation de la DPAN/GA afin d'alléger les charges de renouvellement et d'entretien du parc automobile à l'Etat devenant de plus en plus un fardeau.

1.6. La méthodologie de la recherche

Pour la réalisation de ce document, les méthodes utilisées pour la collecte des données sont exclusivement la recherche documentaire, et les entretiens.

10

1.6.1. La recherche documentaire

Nous avons commencé la recherche documentaire par la collecte des documents au centre de documentation du Ministère en charge des Finances, de la Direction Générale du Patrimoine de l'Etat, à la DPAN/GA et aussi à la bibliothèque de l'Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM).

La recherche documentaire a consisté à la lecture des anciens mémoires, des rapports et autres écrits en rapport avec le sujet.

1.6.2. Les entretiens

Les entretiens avec les personnes ressources, nous ont été d'un grand apport pour la collecte des informations au moyen des guides d'entretien élaborés.6

1.7. Les difficultés rencontrées

La réalisation de ce document ne s'est pas déroulée sans difficultés. En effet, concilier la recherche des informations à d'autres activités tels que les cours, les évaluations, s'est avéré difficile. Aussi, très souvent les heures destinées aux recherches des mémoires sont consacrées pour des rattrapages d'heures de cours par certains professeurs.

Le cadre méthodologique de l'étude ayant été exposé, nous entamons le deuxième chapitre sur la gestion du parc automobile de l'Etat.

6 Voir guides d'entretien à la page 48

11

CHAPITRE II : LA GESTION DU PARC AUTOMOBILE NATIONAL

Ce chapitre traite du cadre institutionnel et juridique du parc automobile national, des sources d'acquisition des véhicules qui le composent, de la nature et l'affectation de ces derniers.

2.1. Le cadre institutionnel et juridique du Parc Automobile National

La gestion du patrimoine privé de l'Etat est assurée par le Ministère en charge des Finances par l'entremise de la Direction Générale du Patrimoine de l'Etat (DGPE).

Aux termes de l'article 1er de l'arrêté n°020/MF/DPE du 22 février 1993, portant organisation et attributions de la Direction du Patrimoine de l'Etat, cette Direction est chargée de la gestion du patrimoine privé de l'Etat et veille également à sa constitution.

Cette Direction exerce sur la base des attributions de l'ancienne Direction du Patrimoine de l'Etat (DPE) et comporte à ce titre trois (3) Directions dont la DPAN/GA, qui a en sa charge la gestion du parc automobile de l'Etat, constitué de l'ensemble de véhicules nécessaires au fonctionnement des services publics.

La DPAN/GA exerce quant à elle les fonctions dévolues au Service du Parc-Auto de l'ancienne Direction du Patrimoine de l'Etat. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté évoqué ci-haut, les fonctions de ce service sont: l'acquisition des véhicules, l'entretien et travaux de réparations des véhicules administratifs de l'Etat, des collectivités Territoriales et autres démembrements assimilés de l'Etat.

S'agissant du cadre juridique, celui-ci se compose de :

12

- la Loi n°63-42 du 10 juillet 1963, créant un fonds d'approvisionnement du garage administratif ;

- le Décret n°86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile ;

- le Décret n°66-168/MF du 28 septembre 1966, fixant les règles de fonctionnement du garage administratif ;

- et le Décret n°74-311/PCMS/MF du 06 décembre 1974, portant règlement de la comptabilité matières.

2.1.1. La composition de la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif

La gestion du parc automobile privé de l'Etat incombe à la DPAN/GA. Elle est placée sous l'autorité d'un Directeur qui est secondé d'un adjoint.

L'organisation de la DPAN/GA prévoit des Services centraux et des Services extérieurs dans les Régions.

2.1.1.1. Les Services centraux

Conformément au cadre défini par l'arrêté n°00311/MF/RE en son article

3, les Services centraux sont au nombre de quatre (4) :

- le Service du Parc Auto ;

- le Service du Garage Administratif ;

- le Service de l'Approvisionnement et

- le Service Administratif et Financier.

2.1.1.1.1. Le Service du Parc Automobile

Les compétences de ce service sont définies à l'article 4 de l'arrêté n°00311/MF/RE, portant organisation et attributions de la Direction du Parc

13

Automobile National et du Garage Administratif. Aux termes de cet article : « ce service est chargé de :

- la conservation du parc des véhicules de mission et de réserve ;

- l'approvisionnement et de la tenue de la comptabilité du carburant ;

- la programmation des véhicules et chauffeurs pour les différentes missions en rapport avec les services demandeurs ;

- la tenue des registres d'inventaires et immatriculation des véhicules ; - la centralisation et exploitation des rapports d'inspection et d'activités

des services extérieurs afin de globaliser les coûts de maintenance

et d'entretien ;

- traitement des dossiers d'accident des véhicules administratifs en rapport avec le service du Contentieux du Secrétariat Général du Gouvernement».

De manière générale, le service du parc auto réceptionne tous les véhicules appartenant à l'Etat, procède à leur contrôle et immatriculation avant de les mettre à la disposition des différents destinateurs conformément au tableau d'affectation du Ministère des Finances.

2.1.1.1.2. Le Service du Garage Administratif

Les activités de ce service sont énumérées à l'article 5 de l'arrêté précité. Aux termes de cet article : « ce service est chargé de :

- diagnostiquer et exécuter toutes les opérations des travaux de réparation et d'entretien des véhicules administratifs ;

- maintenir la propreté et la discipline dans les ateliers ;

- assurer l'entretien de l'ensemble des équipements d'ateliers ;

- procéder aux inventaires périodiques de l'outillage mis à la disposition des agents, collecter et conserver en bon état les documents techniques indispensables pour la bonne exécution des travaux de réparation et d'entretien ;

- assurer une formation continue au personnel ;

14

- établir une fiche de travaux à effectuer pour chaque véhicule entrant

aux ateliers ;

- programmer les travaux dans les différents ateliers ;

- établir les situations hebdomadaires faisant le point des travaux dans

les ateliers ;

- établir et vérifier les différents devis de réparation;

- procéder à la saisie des données pour l'expertise de matériel».

De manière générale, c'est dans ce service qu'il est effectué tous les travaux d'entretien, de réparation et de la conservation de tous les documents s'y rapportant.

2.1.1.1.3. Le Service de l'Approvisionnement

C'est l'article 6 de l'arrêté précité qui fait mention des activités de ce service. Aux termes de cet article le Service de l'Approvisionnement est chargé de : «

- veiller à l'approvisionnement régulier du magasin central en pièces détachées ;

- veiller à la bonne conservation et à la sécurité des pièces détachées

;

- effectuer toutes les opérations relatives aux entrées et sorties du magasin conformément aux règles de gestion comptable ;

- établir les factures pour toutes les prestations de service ;

- assurer le suivi des comptes clients et le recouvrement de toutes les factures émises par la Direction ;

- procéder à la liquidation des factures émises par les fournisseurs du magasin ;

- assurer le suivi de l'évolution des stocks en vue de son

renouvellement par rapport aux besoins et en fonction des crédits ; - proposer le déclassement des stocks de pièces détachées ne

répondant pas au besoin».

15

2.1.1.1.4. Le Service Administratif et Financier

Le Service Administratif et Financier est chargé conformément à l'Arrêté n°00311/MF/RE du 05 août 1999, portant Organisation et Attributions de la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif en son article 7 de : « l'exécution des tâches suivantes :

- la gestion du personnel de la Direction, notamment pour la préparation des actes administratifs, la programmation des remplacements et recrutements en fonction des besoins et la tenue des dossiers individuels ;

- le suivi de la gestion des crédits de fonctionnement, de maintenance et d'entretien de la Direction ;

- veiller à la propreté des locaux de la Direction ;

- élaborer un plan de formation continue pour le personnel ;

- veiller à la maintenance du matériel de bureau ainsi que de l'outil informatique de la Direction ».

2.1.1.2. Les Services extérieurs

Les véhicules de l'Etat dans les Régions ne pouvant pas être réparés et entretenus au niveau central compte tenu des longues distances, sont pris en charge par les services extérieurs de la DPAN/GA. Mais, à l'heure actuelle, aucun service extérieur n'a été mis en place dans les Régions du Niger qui se charge du suivi des véhicules de l'Etat.

Ce sont les Directions Régionales qui gèrent comme elles le peuvent leurs parcs automobiles en fonction des crédits qui leur sont alloués.

16

2.1.1.3. Les missions de la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif

La DPAN/GA a été créée par Décret n°98-160/PRN/MF/RE/P du 04 juin 1998. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté N°00311/MF/RE du 05 août 1999, portant organisation et attributions de la DPAN/GA, cette structure est chargée de : « l'élaboration de la réglementation et du suivi de la gestion du parc privé automobile de l'Etat, des collectivités, des projets et autres démembrements de l'Etat. Elle veille également à la constitution du parc privé automobile de l'Etat par tous les modes d'acquisition, à sa conservation, et à son aliénation en rapport avec les services fiscaux compétents en matière domaniale ».

Conformément à l'alinéa 2 de l'article précité : « de manière spécifique, la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif est chargée de :

- l'acquisition de véhicules de l'Etat et de ses démembrements ;

- la gestion des crédits de renouvellement, maintenance et entretien du parc ;

- la tenue des registres d'inventaires de l'ensemble du parc automobile privé ;

- l'inspection périodique des différents parcs du matériel roulant de l'Etat pour s'assurer de son bon fonctionnement ;

- la réforme et l'expertise des propositions éventuelles à la vente des véhicules en collaboration avec les services domaniaux ;

- la délivrance d'agréments aux garages privés, prestataires de service pour la réparation des véhicules de l'Etat ;

- la planification des besoins de renouvellement des véhicules des différents Ministères et leur affectation aux services utilisateurs ;

- l'élaboration des cahiers des charges, la confection des marchés et la réception des matériels en rapport avec les services bénéficiaires des véhicules ;

17

- la maîtrise et l'évaluation des coûts annuels réels de maintenance et d'entretien du parc ;

- traitement des dossiers d'accidents des véhicules administratifs en rapport avec le service contentieux du Secrétariat Général du Gouvernement. »

La Direction veille également au respect des textes réglementant l'affectation et l'utilisation rationnelle des véhicules administratifs.

2.2. Les sources d'acquisition du Parc Automobile National

Il s'agit ici de l'ensemble de mécanismes de constitution du parc automobile de l'Etat du Niger. Ainsi, dans le souci d'assurer le fonctionnement régulier des services publics, l'Etat procède à l'acquisition des matériels roulants à travers deux (2) sources :

- l'acquisition interne, faite sur fonds propre de l'Etat ;

- et l'acquisition externe faite quant à elle sur les fonds des organismes internationaux à travers des dons et rétrocessions.

2.2.1. L'acquisition faite sur fonds propre de l'Etat

Pour son bon fonctionnement, chaque année en fonction des besoins exprimés par les structures, l'Etat prévoit dans son budget d'investissement des crédits destinés à l'achat des matériels roulants de Service.

L'acquisition des véhicules administratifs est faite le plus souvent par voie de marché public (procédure de passation de marché public par laquelle l'Administration met publiquement des candidats à la concurrence). Il appartient donc au Ministère qui souhaite acquérir de véhicules de monter un dossier d'Appel d'offre National, dans lequel sont contenus tous les renseignements sur les véhicules à fournir. Le dossier transmis à la Direction Générale du Budget (DGB) est examiné par la Commission d'Experts

18

Indépendants chargée de l'analyse et de l'évaluation des offres relatives à la fourniture des véhicules.

Une fois que ces véhicules sont acquis, leur réception est assurée par le Service ayant émis la commande avant d'être envoyés à la DPAN/GA qui procède à leur immatriculation.

Dans le temps, les achats de véhicules administratifs sont faits de manière groupée. Ainsi, les crédits alloués à cet effet pour l'ensemble des départements ministériels sont globalement inscrits sur une rubrique budgétaire, dont la gestion est assurée par la Direction Générale du Budget (DGB).

Mais, de nos jours, ce sont les Ministères qui gèrent eux-mêmes les crédits qui leur sont alloués pour l'acquisition des matériels roulants.

Le tableau ci-dessous, nous donne la situation par Région de véhicules acquis par l'Etat de 2006 à 2010.

Tableau n° 1 : la situation par Région des véhicules achetés par l'Etat de 2006 à 2010.

Années Régions

2006

2007

2008

2009

2010

TOTAL

Niamey

200

300

81

132

457

1170

Zinder

17

53

27

18

24

139

Maradi

29

63

21

11

17

141

Tahoua

68

54

23

32

28

205

Diffa

8

23

23

10

7

71

Tillabery

52

40

28

19

32

171

Agadez

19

21

12

11

4

67

Dosso

17

24

10

27

24

102

TOTAL

410

578

225

260

593

2066

Source : Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif

19

La lecture de ce tableau montre que Niamey fait le plus grand nombre d'acquisition avec mile cent soixante-dix (1170) véhicules de 2006 à 2010 contre deux cent cinq (205) à Tahoua, cent soixante-onze (171) à Tillabéry, cent quarante et un (141) à Maradi, cent trente-neuf (139) à Zinder, cent deux (102) à Dosso, soixante-onze (71) à Diffa et soixante-sept (67) à Agadez.

Selon un recensement effectué en 2008 par la Direction Générale de l'Inspection des Finances (DGIF) et la Direction Générale du Patrimoine de l'Etat (DGPE), le parc automobile national est estimé à quatre mille neuf cent quarante-huit (4948) véhicules.

2.2.2. L'acquisition externe

En dehors de l'acquisition faite sur le financement propre, l'Etat acquiert aussi des véhicules sous forme des dons ou des rétrocessions.

2.2.2.1. Les dons de matériels roulants à l'Etat

Dans le cadre des relations de coopération, l'Etat du Niger reçoit de la part des pays amis et organismes internationaux des soutiens en matériels roulants sous forme des dons. Ces dons viennent généralement en subvention à des secteurs ciblés notamment dans le cadre de renforcement de leur capacité. A titre d'exemple nous pouvons citer le cas des ambulances, des tracteurs etc.

2.2.2.2. Les rétrocessions de véhicules à l'Etat

Elles concernent les véhicules déjà en circulation, immatriculés en série temporaire (IT). Ces véhicules sont utilisés par les projets ou programmes opérant au Niger. Ainsi, à terme de ces dits projets ou programmes, ceux-ci sont tenus de reverser systématiquement les véhicules utilisés au patrimoine

20

privé de l'Etat. Leur réception est le plus souvent faite par le Ministère auquel est rattaché le projet ou le programme.

Avant leur affectation, ces véhicules sont repris normalement en immatriculation en série administrative par les services de la DPAN/GA. Mais, il n'est pas rare de rencontrer des véhicules rétrocédés à l'Etat dont l'immatriculation n'a pas été reprise.

2.3. La nature et l'affectation des véhicules du Parc Automobile National

C'est le Décret n°86-0124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile National qui fait mention de la nature et l'affectation des véhicules du parc automobile national. Aux termes de l'article 2 dudit Décret : « les véhicules du parc automobile National sont répartis en trois (3) catégories :

- les véhicules de fonction ;

- les véhicules de liaison ;

- et les véhicules de tournée».

Aussi, en dehors de ces catégories de véhicules mentionnés, ce même Décret fait-il cas en son article 11 du parc de réserve dont la gestion est assurée par la DPAN/GA.

2.3.1. Les véhicules de fonction

Dans le cadre du service, l'Etat met à la disposition de ses agents de véhicules pour faciliter leurs déplacements à leurs lieux de travail. Ces genres de véhicules sont appelés véhicules de fonction. Ces véhicules sont mis de façon permanente à la disposition des personnalités et agents assumant les hautes responsabilités au niveau de l'Etat (article 3 du Décret 86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile National).

21

22

L'article 7 du Décret précité édicte que les véhicules de fonction sont

affectés à des personnalités suivantes : «

- Membres du Conseil Militaire Suprême et du Gouvernement ;

- Grand Chancelier des Ordres Nationaux ;

- Personnalités de rang ministériel ;

- Directeurs de Cabinet du Président du Conseil Militaire suprême ;

- Secrétaire Général du Gouvernement ;

- Secrétaire Général de la Présidence ;

- Inspecteurs d'Etat ;

- Cadres de commandement ;

- Recteur de l'Université de Niamey ;

- Président de la Cour d'Etat ;

- Vice-président de la Cour d'Etat ;

- Procureur Général près de la Cour d'état

- Président de la Cour d'Appel ;

- Procureur Général près de la Cour d'Appel ;

- Directeur du Protocole».

Les véhicules mis à leur disposition ne peuvent être utilisés que dans le cadre de l'exercice des fonctions. Leur affectation est prononcée annuellement par décision du Ministre en charge des Finances dans la limite des tableaux de dotation.

2.3.2. Les véhicules de liaison

Ce sont des véhicules destinés au fonctionnement courant des Services. Aux termes de l'article 4 du Décret précité, les départements ministériels disposent d'un quota de véhicules de liaison dont le nombre exact est déterminé annuellement par le Ministre en charge des Finances dans la limite des tableaux de dotation de la Loi de Finances.

Ces véhicules ne peuvent en aucun cas être mis à la disposition exclusive d'un agent de l'Etat et sont, sur autorisation d'un responsable désigné à cet effet au sein de chaque Ministère, mis à la disposition des agents de l'Etat pour assurer les servitudes du service.

L'utilisation des véhicules de liaison à des fins personnelles est formellement interdite.

Les départements ministériels fixent les règles d'emploi des véhicules affectés à leurs services.

2.3.3. Les véhicules de tournée

Cette catégorie de véhicules est affectée aux cadres du terrain et aux missions.

Concernant l'utilisation des véhicules de tournée, les départements ministériels, désirant disposer de véhicules dans le cadre des missions, adressent une demande de mise à disposition temporaire des véhicules concernés est adressée au Ministre en charge des Finances normalement cinq (5) jours avant le début de la mission. Cette demande comporte les renseignements ci-après :

- le nombre de véhicules ;

- le type de véhicules ;

- la durée de la mission ;

- et le trajet à effectuer.

Les véhicules doivent être remis au Garage Administratif dès la fin de la mission.

23

2.3.4. Le parc de réserve

Il est constitué quant à lui des véhicules qui ne sont ni des véhicules de fonction, ni des véhicules de liaison, et ni des véhicules de tournée. Sa conservation et gestion est confiée sous l'autorité du Ministre en charge des Finances au Directeur du garage administratif (article 11 du Décret 86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile National).

2.4. Les procédures relatives à l'immatriculation, aux travaux de réparation et d'entretien et la réforme des véhicules administratifs

La mission générale de l'élaboration de la réglementation et du suivi de la gestion du parc privé automobile de l'État, des collectivités, des projets et autres démembrements de l'Etat consiste de façon résumée, à veiller sur l'ensemble des matériels roulants dont l'Etat dispose. La DPAN/GA dans ce sens, mène les activités suivantes: l'immatriculation des véhicules administratifs, les travaux de réparation et d'entretien, et aussi la réforme des véhicules Administratifs.

2.4.1. L'immatriculation des véhicules administratifs

L'immatriculation consacre l'entrée des véhicules dans les biens publics de l'Etat. Ainsi, cette activité consiste à identifier tous les véhicules de l'Etat y compris les motocyclettes de façon à leur attribuer un numéro.

Le numéro d'immatriculation est composé :

- d'un chiffre indiquant la Région à laquelle le véhicule est destiné ;

- du symbole A qui désigne l'Administration Publique ;

- d'un groupe de quatre (4) chiffres (attribution des numéros

chronologique par Région) ;

- du symbole RN caractérisant la République du Niger.

24

Les Régions sont numérotées dans l'ordre alphabétique, la Communauté Urbaine de Niamey recevant ainsi le dernier numéro de la liste :

- 1. Région d'Agadez ;

- 2. Région de Diffa ;

- 3. Région de Dosso ;

- 4. Région de Maradi ;

- 5. Région de Tahoua ;

- 6. Région de Tillabéry ;

- 7 Région de Zinder ;

- 8 Région de Niamey.

Pour l'immatriculation des véhicules administratifs, les pièces suivantes

sont indispensables :

- une demande d'immatriculation ;

- un procès-verbal de réception ;

- une carte grise ;

- et un certificat de mise à la consommation.

A la réception de ces pièces précitées, la DPAN/GA procède à

l'immatriculation des véhicules en tenant compte du dernier numéro du véhicule immatriculé de la Région du Service demandeur. Ainsi, chaque Région dispose à la DPAN/GA d'un registre dans lequel sont enregistrées les informations suivantes :

- les immatriculations ;

- les marques de véhicules ;

- le pays de provenance ;

- les numéros de châssis ;

- la date de mise en circulation ;

- la situation douanière ;

- la source d'acquisition.

25

Les différentes pièces qui ont servi à l'immatriculation du véhicule sont conservées au Service du Parc Auto qui délivre une attestation qui tient lieu de carte grise. A la fin de chaque mois, les dossiers sont transmis au Ministère des Transports pour l'établissement des cartes grises définitives.

2.4.2. Les travaux de réparation et d'entretien

En principe, tous les véhicules du parc automobile de l'Etat sont supposés être réparés et entretenus au Garage Administratif. Ainsi, pour faciliter l'exécution du service, la possibilité est accordée aux services utilisateurs d'opérer des engagements provisionnels trimestriels avant que le budget ne soit mis en exécution pour faire entretenir les véhicules qui leur sont mis à leur disposition.

Chaque prestation donne lieu alors à une facture qui fait l'objet d'un règlement sur l'engagement provisionnel. Le Garage Administratif se trouve alors à l'égard de ces services utilisateurs, dans la situation d'un fournisseur. A cet effet, il doit être remis préalablement à l'admission du véhicule au garage administratif un bon d'engagement de modèle réglementaire accompagné d'un titre de créance.

2.4.3. La réforme des véhicules administratifs

Les principales causes de la réforme sont la vétusté des matériels roulants et d'autres aspects liés à la question de performance ou de rendement. Ainsi, au sein de chaque Ministère, conformément au Décret n° 74-311/PCMS/MF du 06 décembre 1974, il est institué une ou plusieurs commissions de réforme qui constate et dresse la liste des matériels à réformer.

La réforme est engagée suite à une demande du Service utilisateur adressée au Ministre en charge des Finances.

26

La commission de réforme intervient à cet effet, pour constater si les véhicules soumis à son examen ne sont plus susceptibles d'emploi ou de réemploi compte tenu de leur usure ou de leur inadaptation aux besoins du service. Ainsi, à la fin de ses travaux, cette commission de réforme dresse dans un procès-verbal la liste des véhicules admis à la réforme. Ce procès-verbal sera ensuite soumis pour lecture et approbation au Ministre en charge des Finances.

Il est à noter que la réforme consacre la sortie d'un bien du patrimoine de l'Etat.

Après avoir fait cas de la gestion du parc automobile de l'Etat, il y'a lieu de faire une étude analytique de cette gestion.

DEUXIEME PARTIE : L'ETUDE ANALYTIQUE DU PARC AUTOMOBILE

NATIONAL

27

Cette partie est consacrée à l'analyse et l'évolution des dépenses du parc automobile pour voir leurs impacts sur le budget de l'Etat. Aussi, nous identifierons les entraves liées à la gestion du parc automobile afin de proposer des recommandations dans le sens de son amélioration.

28

CHAPITRE III : L'ANALYSE ET L'EVOLUTION DES DEPENSES DU PARC

AUTOMOBILE DE L'ETAT

Dans ce chapitre, il s'agit de faire ressortir les dépenses annuelles de l'Etat en matière de renouvellement de son parc automobile et les dépenses annuelles de gestion de celui-ci afin de voir ce qu'elles représentent par rapports aux dépenses totales annuelles du budget de l'Etat.

Dans le cadre de cette étude, nous nous limiterons à cinq (5) ans (de 2006 à 2010) pour apprécier l'impact des dépenses de l'Etat dans ce domaine.

3.1. L'analyse des dépenses annuelles de renouvellement du parc automobile de l'Etat

Chaque année pour assurer le fonctionnement régulier des Services, l'Etat procède aux acquisitions de nouveaux véhicules. A cet effet, il prévoit dans son budget annuel, en fonction des besoins exprimés par les différents Ministères des crédits destinés à l'achat des matériels de transport. Ainsi, de 2006 à 2010, 6 472 519 455 FCFA ont été dépensés par l'Etat à titre d'acquisition de nouveaux véhicules sur une prévision totale qui s'élevaient à 8 774 670 304 FCFA comme nous renseigne le tableau ci-dessous.

Tableau n°2 : la situation annuelle des crédits destinés au renouvellement du Parc Automobile National.

ANNEES

PREVISIONS

REALISATIONS

TAUX DE REALISATIONS

2006

 

998

473

000

 

894

082

957

89,55%

2007

2

413

325

000

1

257

297

489

52,10%

2008

1

601

496

000

1

083

461

417

67,65%

2009

1

470

959

840

1

197

305

097

81,40%

2010

2

290

416

464

2

040

372

495

89,08%

TOTAL

8

774

670

304

6

472

519

455

73,76%

Source: Direction de l'Informatique Financière/Ministère de Finances.

29

Graphique n° 1: évolution des crédits de renouvellement du Parc Automobile National de 2006 à 2010.

L'analyse du tableau et du graphique montre que sur une prévision totale de 8 774 670 304 FCFA de l'ensemble des années, 6 472 519 455 FCFA ont été consommés soit 73,76% de réalisations. Les consommations de crédits ont été effectuées à plus de 50% pour l'ensemble des années. Mais, les plus fortes consommations sont observées en 2006, 2009 et 2010 avec respectivement 89,55%, 81,40% et 89,08% de réalisations.

L'usure ou l'inadaptation des matériels roulants au besoin du service pourrait expliquer le renouvellement du parc automobile de l'Etat.

Après avoir analysé les dépenses de renouvellement du parc automobile de l'Etat, nous allons procéder à l'analyse des dépenses annuelles de gestion de celui-ci.

30

3.2. L'analyse des dépenses annuelles de gestion du Parc Automobile National

Il s'agit ici des dépenses de l'Etat en matière d'entretien, de réparation, d'achat de carburants et lubrifiants pour assurer le bon fonctionnement de son parc automobile.

3.2.1. Les coûts annuels de maintenance du Parc Automobile National

Pour maintenir son parc automobile en condition de fonctionnement, l'Etat prévoit également dans son budget annuel pour chaque Ministère, des crédits destinés à entretenir les matériels roulants. Ainsi, de 2006 à 2010, pour l'ensemble des Ministères, 14 959 767 955 FCFA ont été réalisés sur une prévision totale de 22 480 296 619 FCFA. Le tableau ci-dessous nous donne un aperçu sur ces dépenses.

Tableau n°3: la situation annuelle des crédits destinés à la maintenance du Parc Automobile National de 2006 à 2010.

ANNEES

PREVISIONS

REALISATIONS

Taux de Réalisations

2006

4

182

100

000

2

047

326

671

48,95%

2007

4

397

886

000

2

133

416

023

48,51%

2008

4

844

228

000

4

216

689

115

87,05%

2009

4

369

762

643

2

677

816

175

61,28%

2010

4

686

319

976

3

884

519

971

82,89%

TOTAL

22

480

296

619

14

959

767

955

66,55%

Source : Direction de l'Informatique Financière/Ministère de Finances.

31

Graphique n°2: évolution des crédits destinés à la maintenance du parc automobile de l'Etat de 2006 à 2010.

L'analyse du tableau et du graphique montre que sur une prévision de 22 480 296 619 FCFA pour l'ensemble des années, 14 959 767 955 FCFA ont été consommés.

Les plus importantes consommations de crédits sont enregistrées en 2008 et 2010 avec respectivement 87,05% et 82,89% de réalisations contre 61,28% en 2009 48,95% en 2006 et 48,51% en 2007.

Tout ceci s'expliquerait par l'usage des véhicules qui pourrait entrainer une panne donc une réparation. Cette dernière est couteuse par l'achat de pièces détachées et le paiement de frais de réparation.

32

3.2.2. L'analyse des dépenses annuelles de carburants et lubrifiants

Pour faire fonctionner son parc automobile, l'Etat prévoit aussi pour l'ensemble des Ministères des crédits destinés à l'achat de carburants et lubrifiants. De 2006 à 2010, 23 084 902 193 FCFA avaient été prévus par l'Etat. Le tableau ci-dessous nous donne la situation annuelle des dépenses de l'Etat relatives à l'achat de carburants et lubrifiants.

Tableau n°4: la situation annuelle des crédits destinés à l'achat de carburants et lubrifiants de 2006 à 2010.

Années

PREVISIONS

REALISATIONS

Taux de réalisations

2006

3

866

015

000

2

944

669

421

76,17%

2007

4

176

587

000

3

699

321

463

88,57%

2008

4

720

203

500

4

013

240

427

85,02%

2009

5

056

895

854

4

345

291

914

85,93%

2010

5

265

200

839

4

110

255

504

78,06%

TOTAL

23

084

902

193

19

112

778

729

82,79%

Source : Direction de l'Informatique Financière/Ministère de Finances

Graphique n°3: évolution des crédits destinés à l'achat de carburants et lubrifiants de 2006 à 2010.

33

L'analyse du tableau et du graphique montre également que des sommes importantes sont dépensées par l'Etat en matière d'achat de carburants et lubrifiants. Sur une prévision globale de 23 084 902 193 FCFA pour l'ensemble des années, 19 112 778 729 FCFA ont été exécutés soit 82,79% de réalisations.

Les plus fortes réalisations sont observées en 2007, 2008 et 2009 avec respectivement 88,57%, 85,02%, 85,93% contre 76,17% en 2006 et 78,06% en 2010.

Il ressort de ces analyses que l'Etat affecte des sommes importantes pour renouveler et gérer son parc automobile. Comme en témoigne le tableau ci-dessous.

Tableau n°5 : récapitulatif des dépenses annuelles de l'Etat au profit du Parc Automobile National.

ANNEES

ACQUISITIONS

MAINTENANCES

CARBURANTS

ET

LUBRIFIANTS

 

TOTAL

 

2006

 

894

082

957

2

047

326

671

2

944

669

421

5

886

079

049

2007

1

257

297

489

2

133

416

023

3

699

321

463

7

090

034

975

2008

1

083

461

417

4

216

689

115

4

013

240

427

9

313

390

959

2009

1

197

305

097

2

677

816

175

4

345

291

914

8

220

413

186

2010

2

040

372

495

3

884

519

971

4

110

255

504

10

035

147

970

TOTAL

6

472

519

455

14

959

767

955

19

112

778

729

40

545

066

139

Source : Direction de l'Informatique Financière/Ministère de Finances

Ce tableau nous donne un aperçu sur le volume des dépenses exécutées par Etat au profit du parc automobile. Ainsi, sur la période de 2006 à 2010, l'Etat a injecté 40 545 066 139 FCFA soit 6 472 519 455 FCFA pour les acquisitions de nouveaux véhicules, 14 959 767 955 FCFA pour la

34

maintenance et 19 112 778 729 FCFA. L'Etat dépense plus dans la gestion de son parc automobile comme en témoigne le tableau ci-dessous.

Tableau n°6 : poids des dépenses du Parc Automobile National par rapport aux dépenses annuelles totales de l'Etat.

Années

Dépenses totales de l'Etat

Dépenses du Parc Automobile

 

Poids%

2006

357

414

000

000

5

886

079

049

1,65

2007

419

266

739

592

7

090

034

975

1,69

2008

473

772

715

636

9

313

390

959

1,97

2009

437

077

029

083

8

220

413

186

1,88

2010

320

222

805

436

10

035

147

970

3,13

Source : DGT/CP/ACCT

Comme nous pouvons le constater, les dépenses du Parc Automobile National de 2006 à 2010 ont représenté plus d'un pour cent (1%) des dépenses annuelles totales de l'Etat avec 3,13% en 2010, 1,97% en 2008, 1,88% en 2009, 1,69% en 2007 et 1,65% en 2006. Ces chiffres témoignent une fois de plus combien importantes sont les dépenses que l'Etat réalise dans ce domaine.

3.3. Les constats par rapport à l'emploi du Parc Automobile National

L'Etat étant dans l'impossibilité de mettre à la disposition de tous ces agents de véhicule de fonction, a limité les catégories d'agents qui doivent en bénéficier. Ainsi, pour permettre à certains agents qui ne disposent pas de véhicules de fonction, de subvenir à leurs besoins de déplacement, il a été institué par l'Etat une indemnité de roulage (article 12 du décret n°86-0124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile National).

Outre, l'institution de cette indemnité, dans le cadre du service, les agents disposent de véhicules de liaison. Ces véhicules ne peuvent en aucun cas être mis à la disposition exclusive d'un agent de l'Etat.

35

En dépit de tous ces avantages accordés et limites imposées, beaucoup de responsables bénéficient de véhicules nonobstant les dispositions réglementaires à cet effet. Pire, s'agissant de l'utilisation de ces véhicules, certains agents n'hésitent pas à les utiliser en dehors de l'emploi pour lequel ils ont été affectés (par exemple leur propre déplacement voire même celui de leur famille), comme si ce sont des véhicules de fonction mis à leur disposition.

En plus, il n'est pas rare de croiser des véhicules administratifs aux alentours des bistros, marchés, établissements scolaires, mariages, baptêmes, etc.

Au niveau de chaque département ministériel, la gestion des véhicules qui lui sont affectés incombe à la Direction des Ressources Financières et Matériels (DRFM). Malheureusement, certaines de ces structures n'assurent ni le suivi ni le contrôle de l'utilisation faite et de l'état de fonctionnement de ces véhicules, d'où la présence un peu partout dans les Ministères de plusieurs véhicules en panne, qui se dégradent au fil du temps. Par exemple, dans le passé, chaque véhicule affecté à un service est doté d'un carnet de bord pour enregistrer tous les déplacements et réparations relatifs à ce véhicule. Aujourd'hui, aucun véhicule n'en possède.

S'agissant des motos, après leurs acquisitions, ils sont directement affectés aux utilisateurs sans prise en charge, ni suivi. Ils sont remplacés périodiquement sans être réformés. Ce qui conduit à leur disparition sans laisser de trace comme l'a démontré Monsieur Saley (ISSA OUMAROU) dans son mémoire, « la gestion du patrimoine de l'Etat : cas du Niger ».7

Après avoir présenté les charges de l'Etat en matière d'achat de nouveaux véhicules, d'entretien et d'achat du carburant et lubrifiant, nous

7Saley, (ISSA OUMAROU), « la gestion du patrimoine de l'Etat : cas du Niger », LOME, ENA, 2005, à la page 30.

36

allons relever les problèmes liés à la gestion du parc automobile national et proposer des recommandations dans le sens de l'amélioration.

37

CHAPITRE IV : LES PROBLEMES LIES A LA GESTION DU PARC AUTOMOBILE NATIONAL ET RECOMMANDATIONS

Dans ce chapitre, il sera question de relever les problèmes liés à la gestion du parc automobile national d'une part, et de proposer des recommandations dans le sens de l'amélioration de cette gestion afin de permettre la rationalisation des dépenses d'acquisition de nouveaux véhicules, les dépenses d'entretien, d'achat de carburants et lubrifiants, d'autre part.

4.1. Les problèmes liés à la gestion du Parc Automobile National

La gestion du parc automobile de l'Etat souffre de plusieurs maux qui sont la résultante de l'inadaptation des textes qui encadrent celle-ci, de la non application des textes existants, d'un manque de moyens mis à la disposition de la structure en charge de sa gestion, et aussi de l'absence de structures de coordination déconcentrées.

4.1.1. Les problèmes liés à l'inadaptation du cadre juridique

Parmi les problèmes de gestion du parc automobile de l'Etat, on dénombre l'inadaptation et la non application des textes existants. En effet, pour la plupart des textes qui régissent le parc automobile de l'Etat paraissent dépassés et leurs contenus sont inadaptés à la réalité. Les principaux textes réglementaires datent des années 1960 et ne sont pas appliqués. Le Décret n°86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc Automobile National en est un exemple illustratif.

Cette insuffisance ou la non-application des textes qui a longtemps caractérisé la gestion du parc automobile de l'Etat, a fait place à beaucoup d'abus dans l'utilisation des véhicules de l'Etat à des fins autres que celles prévues par les textes.

38

4.1.2. Les insuffisances de moyens mis à la disposition de la structure en charge de la gestion du Parc Automobile National

Les responsables du garage administratif estiment que l'exécution de toutes activités suppose la mise en place des moyens suffisants et adéquats. Ainsi, dans le cadre de l'accomplissement de sa mission, il a été institué au profit du Garage Administratif par la loi n°63-42 du 10 juillet 1963 un « Fonds d'Approvisionnement » qui supportait les dépenses relatives à l'approvisionnement du magasin en pièces détachées. Ce compte spécial ouvert à son profit, était alimenté par les produits tirés de la cession des pièces détachées du magasin et des frais de prestation de service qu'offrait le garage administratif.

Cependant, le magasin n'a pas été approvisionné depuis 1997 et le stock de pièces détachées en magasin est obsolète. En effet, ce « fonds d'approvisionnement » institué au profit du garage administratif n'est plus opérationnel car il a été supprimé par la loi de finances 2005.

Aussi, les Ministères et les Collectivités qui bénéficiaient des prestations du garage administratif négligeaient de procéder au règlement des factures qui leur sont adressées. Le Garage Administratif s'était retrouvé avec beaucoup d'impayés.

Cette situation s'est traduite par d'énormes conséquences d'autant plus qu'elle a entrainé: « la cessation pure et simple des activités dans les ateliers du Garage Administratif qui manque crucialement de matériel de travail et de pièces détachées [...j le matériel roulant est en grande partie en panne et les pièces détachées en magasin sont obsolètes»8.

8 Directeur du Parc Automobile National et du Garage Administratif, Communication sur la Situation du Parc Automobile National et du Garage Administratif.

39

40

De plus, une des conséquences de cet état de fait est qu'aujourd'hui, les garages privés ont totalement supplanté le Garage administratif. Les réparations de véhicules administratifs jadis assurées par le Garage Administratif moyennant les frais de prestations deviennent aujourd'hui l'apanage de ces garages privés. Seulement, le service qui a besoin d'une telle prestation doit avoir une autorisation préalable du Garage Administratif et ce qui n'est pas toujours le cas. « [...] Tous les véhicules Administratifs y vont, sans autorisation préalable [...] »9

Une autre étude a démontré que « les véhicules de l'Etat sont envoyés en réparation dans les garages privés sans aucun suivi, avec pour conséquence de les trouver, le plus souvent complètement dépouillés de certains pièces maitresses. Parfois, ces véhicules disparaissent purement et simplement.»10

Ces garagistes privés ne sont pas tendre avec l'Etat car ils fournissent des prestations coûteuses et de fois douteuses. Une réparation de 100 000 FCFA chez un privé peut souvent revenir à l'Etat à 200 000 FCFA voire plus alors que même, la panne peut être mineure. « [...] Il faut à noter que la plupart des véhicules administratifs qui entrent pour des pannes mineures y restent de fois jusqu'à leur mise à la réforme [...] »11

Au niveau de l'article 1er de l'arrêté n°00311/MF/RE du 05 août 1999, portant organisation et attributions de la Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif en ses termes : la DPAN/GA gère « les crédits de renouvellement, de maintenance et d'entretien du parc automobile de l'Etat ». Or, le constat qui se dégage ici est qu'aujourd'hui, cette structure n'a pas l'initiative des décisions concernant les crédits de renouvellement et aussi

9 Directeur du Parc Automobile National et du Garage Administratif, Communication sur la Situation du Parc Automobile National et du Garage Administratif.

10Ibrahim, (MASSALATCHI), « l'application de la comptabilité matières dans les administrations de l'Etat », Niamey, ENAM, 2003.

11 Ibidem

ceux d'entretien du parc automobile de l'Etat. Ce sont les Ministères qui gèrent eux-mêmes leurs crédits.

Outre ces difficultés que connait la DPAN/GA, on dénote un personnel insuffisant.

4.1.3. L'absence des Services représentant la DPAN/GA à l'intérieur du

pays

La gestion du parc automobile de l'Etat est une activité d'envergure nationale. A cet effet, celle-ci requiert l'existence des services d'encadrement de proximité pour tous les véhicules de l'Etat ne pouvant pas être entretenus et réparés au niveau central compte tenu des longues distances.

Aujourd'hui, la DPAN/GA est la seule structure qui existe. Elle ne dispose d'aucun service à l'intérieur du pays chargé du suivi des véhicules de l'Etat. Or, les véhicules de l'Etat, quelle qu'en soit la localité de leur affectation, sont supposés être gérés par les services centraux ou extérieurs de la DPAN/GA.

Au niveau déconcentré, ce sont les Directions Régionales qui gèrent leurs parcs automobiles en fonction des crédits qui leur sont délégués. Cette situation pose d'énormes problèmes de suivi du parc automobile de l'Etat, en ce qu'elle laisse présager plusieurs pôles de gestion dans des structures autres que celles de la DPAN/GA, qui d'ailleurs ne rendent pas compte à celle-ci. A titre illustratif nous pouvons évoquer le Garage de la Présidence, celui du Ministère de la santé.

Face à cette situation, il y'a lieu de proposer des recommandations afin de solutionner ces problèmes.

41

4.2. Les recommandations

Elles y vont de la révision des textes existants, en passant par la mise en place des structures déconcentrées, la centralisation des acquisitions et entretiens du parc automobile de l'Etat au niveau de la DPAN/GA et aussi à la tenue de la comptabilité matières.

4.2.1. La refonte des textes existants

Au niveau des textes qui réglementent la gestion du parc automobile de l'Etat, on constate une certaine insuffisance. Cette situation a beaucoup pesé quant à l'utilisation rationnelle du parc automobile de l'Etat. C'est pourquoi, la recherche de toute amélioration dans la gestion de ce parc automobile doit passer par un toilettage des textes existants pour les conformer à la réalité.

Dans cette même lancée, le Décret n°86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc automobile de l'Etat, en son article 7 qui énumère les bénéficiaires de véhicules de fonction, doit être corrigé pour tenir compte des nouvelles institutions créées.

Le Décret qui régit le parc automobile de l'Etat, encore faut-il le rappeler, qu'il ne se limite qu'à des simples interdictions faites d'utiliser des véhicules administratifs à des fins personnelles mais ne prévoir pas des sanctions. Ce vide juridique dont est victime le parc automobile de l'Etat, laisse libre cour à des agents d'utiliser les véhicules de l'Etat à des fins autres que celles prévues par les textes.

C'est pourquoi, il est nécessaire de procéder à un toilettage complet ou la refonte des textes enfin de les conformer à la réalité pour une utilisation saine, rationnelle et optimale des véhicules de l'Etat.

42

4.2.2. La mise en place des représentations de la DPAN/GA à l'intérieur du pays

Comme il a été constaté, la DPAN/GA est présentement la seule structure qui n'existe qu'au niveau central. Elle ne dispose d'aucune représentation à l'intérieur du pays susceptible d'assurer une prise en charge du parc automobile de l'Etat dans les Régions et aussi dans les Départements. C'est pourquoi, il est nécessaire de mettre en place des structures de proximité afin de permettre aux véhicules de l'Etat au niveau déconcentré de bénéficier d'un suivi correct. Ceci permettra de disposer à tout moment des statistiques sur l'état de ces véhicules quelle qu'en soit leur lieu d'affectation.

Tout ceci n'est possible que lorsque les moyens notamment financiers, juridiques et aussi humains soient mis à la disposition de la DPAN/GA. C'est ainsi que pour lui permettre de se ravitailler en matériels, outillages et aussi en pièces détachées, un nouveau compte de dépôt sans intérêt sous le n° 420 3010 a été ouvert à son profit à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGT/CP) le 07 décembre 2011. En effet, ce compte est alimenté par une subvention annuelle de l'Etat et aussi de produits tirés de la vente du stock mort et de véhicules réformés de l'Etat.

Il faut noter que l'Ordonnateur de compte est le Directeur du Parc Automobile National et du Garage Administratif et en dépenses, ce compte concerne le domaine d'intervention de la DPAN/GA.

4.2.3. La centralisation des acquisitions et entretiens du parc automobile de l'Etat au niveau de la DPAN/GA

Comme il a été constaté, la DPAN/GA n'a pas l'initiative de décision sur les crédits de renouvellement et d'entretien du parc automobile de l'Etat. Au

43

niveau de l'Etat, ce sont les structures administratives qui gèrent eux-mêmes ces crédits.

Au moment où l'Etat tente de maîtriser mieux les finances publiques à travers des dépenses de fonctionnement justifiées par la nécessité, une gestion de ses biens harmonisée, centralisée et optimisée en matière de coûts doit s'imposer. C'est pourquoi, nous pensons que les acquisitions de véhicules doivent s'effectuer par le Ministère des Finances en lieu et place des structures administratives.

Aussi, le rétablissement du garage administratif et la mise en place des services extérieurs, permettraient de maîtriser le parc automobile de l'Etat.

4.2.4. La tenue de la comptabilité matière

Au regard des insuffisances évoquées ci-haut dans la gestion du parc automobile de l'Etat, et vu les contraintes budgétaires de l'Etat, il est urgent de mettre en application des techniques de gestion appropriées pour rationaliser l'utilisation du parc automobile de l'Etat à travers des restrictions des dépenses. En effet, la gestion des biens de l'Etat tout comme celle des deniers publics nécessite une attention particulière. L'argent sert à acheter un bien, et s'il n'est pas bien géré, c'est de l'argent qui est gaspillé.

A cet effet, la tenue de la comptabilité matière au niveau de tous les services répond parfaitement à ce souci et c'est le décret n°74-311/PCMS/MF du 06 décembre 1974 qui régit sa tenue.

La comptabilité matière constitue un des aspects principaux de l'exécution de la loi de finances, en ce sens qu'elle permet d'avoir la situation des acquisitions faites en exécution du budget de l'Etat. Elle permet également d'assurer une gestion saine, transparente et régulière pour éviter

44

tout abus dans l'utilisation ainsi que d'éventuels détournements des biens publics.

45

CONCLUSION

Au terme de ce travail, il ressort que l'Etat fait des dépenses importantes pour acquérir et entretenir son parc automobile. De 2006 à 2010, il a dépensé 40 545 066 139 de FCFA soit 6 472 519 455 FCFA pour l'acquisition de nouveaux véhicules, 14 959 767 955 de FCFA pour la maintenance et 19 112 778 729 FCFA pour l'achat du carburant et lubrifiant.

Aussi, au regard des problèmes qu'avons-nous relevés, vu le besoin en matériel de plus en plus croissant, et le niveau des dépenses d'entretien face aux contraintes budgétaires de l'Etat, il est impératif de mettre en place des structures adaptés et bien organiser, et de disposer des mécanismes de gestion appropriés en vue de garantir une gestion saine et rigoureuse. C'est pourquoi le cadre institutionnel et juridique doit être revu afin de les adapter aux réalités socio-économiques du pays pour atteindre les objectifs d'une saine gestion.

A cet effet, la tenue de la comptabilité matières au niveau de chaque service ne doit-elle pas constituer un impératif car c'est une technique de gestion qui permet de disposer des informations sur les biens depuis leur entrée, en passant par leurs utilisations, leur garde, jusqu'à leur sortie du patrimoine ?

Il est important aussi d'insister sur le respect de l'application des textes.

Enfin, convaincu qu'aucune gestion ne peut être saine sans des actions moralisatrices, l'institution des contrôles est plus qu'une nécessité, ce qui permettra une bonne gestion notamment en créant les conditions d'une utilisation rationnelle et optimale du matériel, et aussi la restriction des dépenses d'entretiens et de renouvellement du parc automobile national.

46

BIBLIOGRAPHIE

I. Les textes officiels

- la Loi n°63-42 du 10 juillet 1963, portant loi organique relative aux lois de finances, créant un « Fonds d'Approvisionnement du Garage Administratif » ;

- le Décret n°66-168/MF du 28 septembre 1966, fixant les règles de fonctionnement du Garage Administratif ;

- le Décret n°74-311/PCMS/MF du 06 novembre 1974, portant réglementation sur la comptabilité matières ;

- le Décret n°86-124/PCMS/MF du 11 septembre 1986, relatif au parc Automobile National ;

- le Décret 2002-196/PRN/MF/E du 26 juillet 2002, portant Règlement général de la Comptabilité Publique ;

- l'Arrêté n°020/MF/DPE du 22 février 1993, portant organisation et attributions de la Direction du Patrimoine de l'Etat ;

- l'Arrêté n°00311/MF/RE du 05 août 1999, portant organisation et attributions du Parc Automobile National et du Garage Administratif;

- l'Arrêté n°0443/MF/DGT/CP du 07 décembre 2011, portant ouverture d'un compte de dépôt sans intérêts n°420 3010 dénommé « Direction du Parc Automobile National et du Garage Administratif ».

II. Mémoires

- Bori (WASSIRI) ; Moussa (NIANDOU ABDOUL AZIZ) ; Rona (ABA

ABOUBACAR), « la Gestion Automatisée du Parc Automobile de l'Etat », Niamey, IAI, 2008, 109 pages ;

- Mme Moussa, (TASSALA GARKA), « la Gestion du Parc Automobile National et du Garage Administratif », Niamey, ENA, 2005, 81 pages.

III. Rapports et autres

- Abdoulkarim, (PARAISO) et autres, « Contrôle du Parc Automobile de L'Etat dans la Communauté Urbaine de Niamey », Niamey, 1995, 15 pages ;

47

- Mme Moussa, (TASSALA GARKA), « Rapport de Stage », Niamey, ENA, 28 pages ;

- Directeur du Parc Automobile National et du Garage Administratif, « Communication sur la Situation du Parc Automobile National et du Garage Administratif », 4 pages ;

- Institut National de la Statistique, « Comptes Economiques de la Nation Estimation 2011 », Niamey, 2011, 57 pages ;

- Dictionnaire Encarta, Edition 2009.

ANNEXES

48

TABLE DES MATIERES

49

DEDICACE i

REMERCIEMENTS ii

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS iii

LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES iv

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE: LE CADRE CONCEPTUEL DE L'ETUDE

3

CHAPITRE I : LE CADRE METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE

4

4

1.1. La revue de la littérature

1.2. La définition des concepts 5

1.2.1. L'impact 5

1.2.2. Budget 5

1.2.3. L'impact budgétaire 5

1.2.4. L'acquisition 6

1.2.5. L'entretien 6

1.2.6. Le parc automobile 6

1.3. La problématique 6

1.4. Les hypothèses de l'étude 8

1.5. Les objectifs de l'étude 9

1.5.1. L'objectif général 9

1.5.2. Les objectifs spécifiques 9

1.6. La méthodologie de la recherche 9

10

10

10

1.6.1. La recherche documentaire

1.6.2. Les entretiens

1.7. Les difficultés rencontrées

CHAPITRE II: LA GESTION DU PARC AUTOMOBILE NATIONAL 11

2.1. Le cadre institutionnel et juridique du Parc Automobile National__ 11 2.1.1. La composition de la Direction du Parc Automobile National et du

12

12

Garage Administratif 12
2.1.1.1. Les Services centraux

2.1.1.1.1. Le Service du Parc Automobile

50

2.1.1.1.2. Le Service du Garage Administratif 13

2.1.1.1.3. Le Service de l'Approvisionnement 14

2.1.1.1.4. Le Service Administratif et Financier 15

2.1.1.2. Les Services extérieurs 15

2.1.1.3. Les missions de la Direction du Parc Automobile National et du

Garage Administratif 16

2.2. Les sources d'acquisition du Parc Automobile National 17

2.2.1. L'acquisition faite sur fonds propre de l'Etat 17

2.2.2. L'acquisition externe 19

2.2.2.1. Les dons de matériels roulants à l'Etat 19

2.2.2.2. Les rétrocessions de véhicules à l'Etat 19

2.3. La nature et l'affectation des véhicules du Parc Automobile National

20

2.3.1. Les véhicules de fonction 20

21

22

2.3.2. Les véhicules de liaison

2.3.3. Les véhicules de tournée

2.3.4. Le parc de réserve 23

2.4. Les procédures relatives à l'immatriculation, aux travaux de

réparation et d'entretien et la réforme des véhicules administratifs 23

2.4.1. L'immatriculation des véhicules administratifs

23

2.4.2. Les travaux de réparation et d'entretien 25

25

2.4.3. La réforme des véhicules administratifs

DEUXIEME PARTIE: L'ETUDE ANALYTIQUE DU PARC AUTOMOBILE

NATIONAL 27

CHAPITRE III : L'ANALYSE ET L'EVOLUTION DES DEPENSES DU PARC

AUTOMOBILE DE L'ETAT 28

3.1. L'analyse des dépenses annuelles de renouvellement du parc

automobile de l'Etat 28

3.2. L'analyse des dépenses annuelles de gestion du Parc Automobile

National

 

30

 
 
 

3.2.1. Les coûts annuels de maintenance du Parc Automobile National 30 3.2.2. L'analyse des dépenses annuelles de carburants et lubrifiants __ 32

51

3.3. Les constats par rapport à l'emploi du Parc Automobile National _ 34

CHAPITRE IV: LES PROBLEMES LIES A LA GESTION DU PARC

AUTOMOBILE NATIONAL ET RECOMMANDATIONS

37

4.1. Les problèmes liés à la gestion du Parc Automobile National ____ 37

4.1.1. Les problèmes liés à l'inadaptation du cadre juridique 37
4.1.2. Les insuffisances de moyens mis à la disposition de la structure en

charge de la gestion du Parc Automobile National 38
4.1.3. L'absence des Services représentant la DPAN/GA à l'intérieur du

41

41

pays 40
4.2. Les recommandations

4.2.1. La refonte des textes existants

4.2.2. La mise en place des représentations de la DPAN/GA à l'intérieur du

42

pays 42
4.2.3. La centralisation des acquisitions et entretiens du parc automobile de l'Etat au niveau de la DPAN/GA

ANNEXES 48

CONCLUSION 45

BIBLIOGRAPHIE

46

4.2.4. La tenue de la comptabilité matière 43






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Tu supportes des injustices; Consoles-toi, le vrai malheur est d'en faire"   Démocrite