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Les relations entre la république démocratique du Congo et ses voisins après l'avènement de l'AFDL ( Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Contraintes des enjeux géostratégiques et recherche d'une paix durable


par Fulgence ALITRI TANDEMA
Université de Kinshasa RDC - Diplôme d'études approfondies en droits de l'homme, Option: prévention, médiation et gestion des conflits 2005
  

Disponible en mode multipage

DEDICACE

« ... la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

... la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme. »

(Déclaration Universelle des Droits de l'Homme).

AVANT-PROPOS

Cette étude n'aurait pas pu être menée à son terme sans le concours de nombreuses personnes qui y ont contribué directement ou indirectement. Qu'il nous soit permis ici de les remercier sincèrement.

Tout d'abord, un grand merci à notre directeur, le Professeur Eugène BANYAKU LUAPE EPUTU qui en dépit de ses multiples occupations, a accepté la direction de cette monographie, car la pertinence de ses conseils, sa disponibilité mais aussi sa gentillesse, nous ont été du début à la fin de ce cycle de DEA d'un grand apport.

Nous tenons également à remercier nos deux encadreurs, les Professeurs Pierre MUTUNDA MWEMBO et Ignace SONA BA BASAWON. Leur esprit de rigueur doublé de patience, et de compréhension en assumant la direction de nos recherches reste pour nous inoubliable. Faut-il encore une fois de plus passer sous silence le profit que nous avons tiré de leurs judicieuses remarques. A travers eux, c'est aussi à la Chaire Unesco de l'Université de Kinshasa que notre gratitude s'adresse, notamment à son personnel dont l'apport était non négligeable pour la réalisation de notre travail.

Par ailleurs, le devoir est pour nous de remercier notre cher Vicariat Général Saint Pie V de la République Démocratique du Congo et son Vicaire Général le Révérend Père Roger GAISE N'GANZI pour leur encadrement tant spirituel, moral que matériel. A travers eux, nous nous adressons aussi à tous nos autres frères du Vicariat General Saint Pie V et de l'Ordre, en particulier aux Pères Vincent AWIORE et Jean Robert Gallant pour ne citer que ceux-là.

Nos recherches nous ont donné la chance unique de rencontrer un grand nombre de spécialistes et de chercheurs qui voulurent bien nous accorder un peu de leur temps. Avec le recul, nous nous apercevons que ces entretiens, par leur richesse et leur diversité, ont accompagné et façonné notre raisonnement et nourri notre réflexion de nouvelles idées. Ainsi, nous adressons dans ce contexte un grand merci aux Professeur LABANA LASAY'ABAR, MBELA HIZA et LUKIANA MABONDO

Enfin, nous n'oublions pas notre famille biologique, témoin particulier des moments combien difficiles partagés ensemble pour venir à bout de certaines difficultés inhérentes à notre travail.

SIGLES ET ABREVIATIONS

A.D.P. : l'Alliance Démocratique des Peuples.

A.F.D.L. : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo.

A.I.C: Association Internationale au Congo.

A.M.F.I.: American Minerals Fields Incorporation.

A.P.R.:Armée Patriotique Rwandaise.

B.G.C.: Barrick Gold Corporation.

C.I.A.: Central Intelligence Agency.

C.N.R.D. : le Conseil National de Résistance pour la Démocratie.

D.M.I.: Departement of Military Intelligency.

E.I.C.: Etat Indépendant du Congo.

F.A.Z.: Forces Armées Zaïroises.

F.N.L.C.: Front

Populaire pour la Révolution.

M.R.Z. : Mouvement Révolutionnaire National de Liberation de Cabinda.

F.A.R.:Forces Armées Rwandaises.

F.P.R.: Front Patriotique Rwandais.

F.M.I.: Fonds Monétaire International.

M.L.C.: Mouvement de Libération du Congo.

M.O.N.U.C.: Mission de l'Organisation des Nations Unies en RD Congo.

M.P.L.A. : Mouvement Populaire pour la Libération d'Angola.

M.P.R.:Mouvement du Zaïre.

O.KI.MO.: Office des Mines d'Or de Kilo-Moto.

O.P.E.P.: Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.

O.N.G. : Organisation Non Gouvernementale.

O.N.U.: Organisation des Nations Unies.

P.R.P. : Parti Révolutionnaire du Peuple.

R.D.C. : République Démocratique du Congo.

S.A.D.C.: Communauté de Développement de l'Afrique Australe.

SONANGOL : Société Nationale des hydrocarbures en Angola.

U.N.I.T.A. : Union Nationale pour l'Indépendance Totale d'Angola.

U.R.S.S. : Unions des Républiques Socialistes Soviétiques.

U.S.A.: United States of America.

I. INTRODUCTION

Section I. OBJET ET INTERET ET NATURE DU TRAVAIL

§1. L'objet de notre travail

La République Démocratique du Congo traverse la période des guerres, des rébellions depuis 1996. Cette situation ne pourrait naturellement laisser indifférente n'importe quelle personne qui s'intéresserait à ce pays de l'Afrique centrale en général et des congolais en particulier. La situation remonte depuis le génocide Rwandais de 1994. Ce génocide a directement impliqué la République Démocratique du Congo car il y a eu des Rwandais qui se sont réfugiés sur son territoire national.

Les témoins de ces événements et acteurs actifs ou passifs, la question qui s'est posée immédiatement à nous fut celle de savoir pourquoi la RDC est versée dans ce cycle de conflits armés dévastateurs ; ce qui a crée la rupture de la paix entre les congolais et leurs voisins de l'Est. Pourquoi les congolais, durant cette dernière décennie, ne peuvent-ils plus vivre en paix entre eux et avec certains de leurs voisins ? Ce questionnement constitue un sujet intéressant de réflexion sur cette situation régionale. Tel est le but de cette étude. Il s'agit d'aborder les relations entre la République Démocratique du Congo et ses voisins.

A cet effet, notre première rencontre avec le directeur de ce travail a eu lieu au bâtiment de la Faculté des Sciences Sociales et Administratives de l'Université de Kinshasa. Il s'agit du professeur Eugène BANYAKU LUAPE, chargé de cours de la Sociologie des conflits en Relations Internationales à la Chaire Unesco de l'Université de Kinshasa.

 Dans son cours, le professeur affirme : « C'est sur base de la géopolitique que s'opère le choix des actions et des objectifs politiques et militaires qui constituent ce qu'on appelle communément la géostratégie. Le concept géostratégie est tout simplement une dérivation pratique de celui de géopolitique en ce qu'il porte sur l'étude des moyens d'action et des anticipations pour la prévention sécuritaire ou la protection des intérêts à travers les espaces géographiques. La grande caractéristique de la géostratégie est la poursuite des objectifs politiques, économiques et militaires, laquelle vise généralement l'extension des champs d'influence, de contrôle ou de domination c'est-à-dire l'extension de la puissance en dehors du territoire national grâce à une grande capacité d'intervention militaire ou aux différentes formes d'alliances stratégiques».1(*)

§2. L'intérêt de cette analyse

La République Démocratique du Congo constitue l'un des objectifs majeurs, l'une des priorités de la politique étrangère des Grandes Puissances. Un simple examen de la carte de la RDC suffit de démontrer l'importance géopolitique du pays : à l'Est, il fait partie de l'Afrique des Grands Lacs et est touché par les conflits ethniques du Rwanda et du Burundi. Au Nord, il est voisin de l'Ouganda et du Soudan, pays de la colonie britannique et la République Centrafrique, eux aussi régulièrement déchirés par des problèmes ethniques. L'essai de compréhension de ces conflits dans la région est l'un des intérêts de ce travail.

En Afrique centrale, la RDC offre de potentialités d'une puissance régionale qui partage les frontières avec neuf pays et offre de vastes zones de gisements de minerais stratégiques. En Afrique Centrale, elle est une puissance régionale qui touche au precarré français, mosaïque de pays plus exigus et plus dépourvus. Mais c'est surtout avec l'Afrique australe que la RDC est impliquée : les gisements de cuivre s'étendent dans une vaste zone à cheval sur la Zambie et le Katanga les voies les plus naturelles pour l'écoulement par l'Angola et l'Afrique du Sud.2(*)

Comment un pays aussi richement doté que la RDC qui sur le plan des ressources naturelles comme des talents de ses habitants, se retrouve 48 ans après l'indépendance dans une situation de désordre institutionnel et de misère très prononcée. La volonté de comprendre et de décrire cette situation est l'une de motivation de ce travail.

Par ailleurs, « Pendant les temps mémoriaux, désormais, de la guerre froide, la RDC alors la République du Zaïre a joué dans le cadre de la stratégie mondiale de la superpuissance mondiale américaine, un rôle stratégique de premier plan en Afrique centrale.[...] A ce titre ce qui lui est arrivé depuis la fin de guerre froide, et le destin qui serait aujourd'hui le sien devrait à mon sens présenter un réel intérêt scientifique ou académique pour tous ceux qui s'intéressent à la géopolitique mondiale. En plus, ce n'est pas moins curieux de savoir comment s'effectuent des mutations géostratégiques ? Comment une puissance régionale peut perdre ce statut ou ce rôle, et surtout, comment la Communauté des Nations peut-elle oeuvrer à construire une géostratégie régionale, la prise en charge des intérêts géopolitiques régionales, la prise en charge des intérêts géopolitiques des Etats par les Organisations Internationales.3(*)

La situation de la République Démocratique du Congo remonte dès l'origine de sa création par le roi Léopold II. Il a dû négocier avec les grandes puissances de l'époque pour avoir ce grand territoire scandaleusement riche au coeur de l'Afrique. Cette négociation a donné aux autres puissances le droit de regard sur la RDC. Puis le roi Léopold II cédera le Congo au royaume de Belgique qui deviendra le Congo Belge. Dès lors la RDC a toujours été l'objet de la convoitise de Grandes Puissances occidentales. Cela se justifie d'abord par sa position géographique stratégique, la République Démocratique du Congo, avec sa superficie de 2 345 000 mille Km², occupe le centre de l'Afrique. Puis cet immense territoire est une grande réserve potentielle des matières premières.

Depuis son accession à l'indépendance le 30 juin 1960, le pays a été et reste sujet de la sphère d'influence des grandes puissances occidentales. C'est dans cette optique qu'il faut comprendre le choix d'un président allié avec mission de protéger les intérêts pour lesquels il est mis et soutenu à la tête de la RDC. Ainsi, se succéderont à la tête de la RDC les présidents suivants : Joseph Kasa-vubu, Joseph Désiré Mobutu, Laurent Désiré Kabila et Joseph Kabila. Si cette sphère d'influence constituait l'une des priorités de puissances occidentales, c'était en pleine guerre froide où les Etats Unis et leurs alliés devaient protéger leurs intérêts en Afrique contre l'Union des Républiques Socialistes et Soviétiques ainsi que ses alliés.

Le cadre temporel est aussi important pour notre travail. La chute de l'U.R.S.S. au profit des Etats Unis et leurs alliés a changé la configuration actuelle du monde ; leur politique étrangère également a changé. Le soutien entre autre des dictateurs africains, placés pour protéger leurs intérêts, devient anachronique ; le temps est à la démocratie. Le changement d'attitude à l'égard du Zaïre a subi un coup dur, le président Mobutu n'étant plus le collaborateur indispensable. D'où la recherche d'un substitut valable et fidèle à sa place.

Le départ du Président Mobutu comme l'un des acteurs essentiels en Afrique Centrale pendant la guerre froide et la perte de son influence sur la région imposèrent une nouvelle configuration de l'Afrique centrale. Cette nouvelle configuration est à la base de l'émergence et la montée en puissance des nouveaux acteurs sur la scène. Nous citons spécialement le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda qui sont nourris de prétention de devenir de nouveaux maîtres de la région avec une grande influence sur la RDC. Jouant de leur influence, ces pays ont imposé par la guerre la substitution du président Mobutu par Laurent Désiré Kabila.

Si notre réflexion cherche essentiellement à comprendre la situation de la République Démocratique du Congo dans un grand jeu entre ses voisins et les grandes puissances, il ne faudra bien entendu pas négliger quelques autres acteurs d'importance non négligeable: les sociétés multinationales (à la recherche des matières premières) et les rebelles instrumentalisés. En effet, vouloir comprendre la situation actuelle de la RDC sans ses acteurs serait mettre un voile sur un tel travail.

L'assassinat du Président Laurent Désiré Kabila n'est pas un fait fortuit. En effet, le président Laurent Désiré Kabila était celui qui devrait remplacer et jouer valablement le rôle qu'avait joué le président Mobutu. Arrivé à Kinshasa à la tête de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (l'AFDL) comme Président de la République, l'imprévisible L.D. Kabila s'est montré nationaliste : le refus de répondre aux exigences de ses alliés a agacé ces derniers pour servir le Congo. Ainsi, signa-t-il son arrêt de mort. Une nouvelle rébellion déclenchée par ses alliés d'hier le 2 août 1998 contre le régime de Kinshasa jusqu'à l'assassinat du président. Il sera remplacé par son fils Joseph KABILA. Celui-ci pourra-t-il convaincre les maîtres de ce monde à la tête de la RDC ; notamment la Belgique, les Etats-Unis et la France ?

Nous estimons que cette analyse susmentionnée souligne à suffisance l'intérêt de notre étude. D'où notre souci de porter à notre manière une autre clef de la lecture de ces conflits dont nous, les contemporains, avons tous étés et sommes encore témoins. Que nous comprenions les enjeux de ces conflits pour chercher voies et moyens de retrouver une paix durable en vue du développement de notre pays en particulier et de l'Afrique centrale en général.

§3. La nature de ce travail

Notre travail cherche à comprendre les enjeux des guerres qui déchirent la RDC en particulier. Cette compréhension serait la voie et le moyen d'une paix durable pour la RDC et pour l'Afrique centrale. Il convient de rappeler que depuis que ces conflits existent, la plupart de voies et moyens mis en place pour une solution durable dans des conférences et forums internationaux ne donnent pas encore le résultat escompté. La voie de propositions reste ouverte à tous.

En effet, les peuples de l'Afrique vivaient ensemble. Il y avait des Royaumes avec des peuples qui collaboraient, mais que la Conférence des Berlin a divisés. Notre souci n'est nullement de réveiller le démon des conflits des frontières issues de cette Conférence, mais de rappeler que tout au long des frontières, de part et d'autre, il y a des mêmes ethnies, des tribus qui ont été séparées par le fait même opposés. Il y a possibilité de leur recréer cet environnement originel afin de vivre de nouveau ensemble. Ce qui constituerait un élément essentiel pour la recherche de la paix entre les pays de la région. Ce qui nous conduirait à découvrir qu'il y a, au-delà des frontières héritées de la colonisation, certaines identités culturelles comme fondement d'une bonne intégration régionale. Cette intégration serait aussi un gage de la paix et du développement pour la RDC et ses voisins.

Section II. DELIMITATION, DIFFICULTES ET MÉTHODE DE TRAVAIL

§1. Délimitation

La motivation de notre travail est la recherche des causes réelles des conflits entre la République Démocratique du Congo et ses voisins en vue de proposer une solution adéquate. Comme matière, elle est vaste et complexe car il faudrait étudier chacun de ces pays : géographie, histoire, sociologie... pour la meilleure compréhension. Nous tâcherons, tant soit peu, de nous attacher à l'essentiel.

A cause des insuffisances et des limites de connaissance pour chacun de ces pays, le mieux aurait été d'aller en visite des recherches dans chacun des pays concernés. Mais beaucoup de contraintes actuelles ne nous ont pas permis d'effectuer une telle visite. Par conséquent nous nous contenterons d'exploiter des possibilités directement à notre disposition.

§2. Méthode et procédés de travail

La démarche que nous allons adopter pour y parvenir est de type analytique, c'est-à-dire l'analyse des faits conflictuels, des acteurs de ces conflits, des réalités de chacun de neuf pays voisins impliqués d'une ou d'une autre manière dans les conflits qui déchirent la République Démocratique du Congo. Notre analyse est aussi historique. La lecture des faits historique nous pousse à éclairer notre présent et afin de comprendre ainsi notre avenir et ainsi ce que chacun de ces pays présente dans les enjeux géopolitiques de l'Afrique centrale.

Partant de l'effort de comprendre les années de guerres qui ont secoué l'Afrique centrale et des propositions de paix pour la RDC et ses voisins ainsi que leurs conséquences régionales, nous nous proposons de mener notre réflexion en quatre chapitres.

Le premier chapitre est l'analyse de la particularité de la RDC en Afrique centrale. La RDC est entourée de neuf voisins. L'étude des rapports entretenus entre la RDC et ses voisins nous impose l'étude de chacun de ces voisins. Cette période est la genèse de la stratégie diplomatique des grandes puissances en RDC. En effet, la situation que la RDC connaît remonte à cette période car elle est une potentielle considérable en matières premières. Toutes les stratégies de l'époque consistaient à créer une zone d'influence pour le contrôle de la région sous la politique de la guerre froide.

Le deuxième chapitre permettra d'évaluer l'indépendance de la RDC comme étant un événement de grande importance pour son avenir. Tout part de cette indépendance le 30 juin 1960. En effet, en pleine guerre froide le Congo se présente comme un enjeu de grandes compétitions entre les Etats Unis et l'U.R.S.S. Le choix de Joseph Désiré Mobutu comme stratégie de la main mise sur le Congo ne fut pas un fait du hasard. Pendant trois décennies à la tête du Congo, la fin de la guerre froide coïncide curieusement avec la fin de Mobutu. Il faut un substitut à Mobutu.

Le troisième chapitre tentera de comprendre la situation de la RDC après la guerre froide. Une nouvelle configuration du monde avec les Etats Unis et leurs alliés comme seuls maîtres du monde a vu le jour. Le contrôle de la RDC nécessitait un président fort capable de jouer son rôle d'allié selon la volonté de ses alliés, d'où l'apparition de Laurent Désiré Kabila avec l'AFDL. Mais le non respect des clauses des alliés par L. D. Kabila comme président de la RDC a conduit à la deuxième rébellion. Le président L. D. Kabila assassiné, son fils Joseph Kabila lui succédera.

Enfin, le dernier chapitre suggère les pistes de solution pour une paix durable. L'analyse de toutes les situations qu'a traversé la RDC nous permet de comprendre comment les Congolais eux-mêmes perçoivent et accueillent toutes ces situations. Etant les premiers concernés, n'ont-ils pas un mot à dire ? Toutes recherches de solution de paix avec de différents accords pour la construction de la paix en RDC ont été possibles sous le règne du président Joseph Kabila. D'autres propositions pour la consolidation également de la paix dans la région n'ont pas été ignorées.

CHAPITRE PREMIER : LA POSITION GEOSTRATEGIQUE DE LA

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Section I. APPROCHE CONCEPTUELLE

L'approche conceptuelle est une démarche par laquelle nous tâcherons de cerner le sujet de notre recherche. Notre travail traite de la géostratégie qui dérive de la géopolitique. Il y a corrélation entre la géopolitique, la géostratégie et la géoéconomie. Ainsi, devons-nous définir chacun de ces concepts afin de bien appréhender l'évolution du travail.

§1. La géopolitique

Dans une analyse de la géopolitique, Yves Lacoste donne la définition suivante: la géopolitique est« l'analyse des rivalités de pouvoirs pour des territoires ».4(*) Cette définition donne à la géopolitique le statut des stratégies politiques d'occupation des espaces, rivalités de pouvoirs sur et pour des territoires. Ainsi, pour qu'il y ait la géopolitique, il faut qu'il y ait des acteurs et ces acteurs sont des protagonistes.

En analysant les conflits de la région des Grands Lacs à la lumière de la définition de Yves Lacoste, Mwayila Tshiyembe complète en affirmant que  la géopolitique est une méthode ou un outil analytique des rivalités de pouvoirs étatiques et non étatiques, opposant les acteurs internes et externes, sur un espace géographique déterminé en vue de maintenir ou de modifier le rapport des forces en présence(population, territoire, système politique, ressources, religion, culture, etc.), par la force ou par la négociation, selon leurs représentations du monde(idéologies, imaginaires collectifs).5(*)

De cette définition, la géopolitique se comprend essentiellement comme domaine de conflictualité. Les conflits entre les acteurs car « pour qu'il y ait géopolitique, il faut qu'il y ait des acteurs. Parmi les plus importants, il y a les Etats ou constructions politiques nourrissant les ambitions et redoutant les menaces. Viennent ensuite les organisations internationales, les organisations non gouvernementales (ONG), les entreprises multinationales, les groupes et les individus ».6(*) Chacun des acteurs se nourrit des ambitions de la promotion de ses intérêts vitaux. En ce sens, la géopolitique prend en compte la dimension politique, au sens large du terme, des territoires et des activités qui s'y développent.

Dans un article, Yves Lacoste ajoute que les démarches géopolitiques, non seulement prennent bien davantage en compte ces caractères géographiques et n'invoquent l'histoire que pour justifier des positions ou des revendications territoriales.7(*)

§2. La géostratégie

La géostratégie concerne l'ensemble de la terre, des espaces suffisamment vastes pour qu'il y ait une importance mondiale. Les géostratégies se référent à des configurations géographiques très particulières de la terre et des mers qu'il est important de contrôler(ou tout au moins d'éviter que l'adversaire ne le contrôle) pour conserver de l'influence sur un beaucoup plus vaste espace.8(*) Ainsi, tous les espaces convoités dans le monde par les grandes puissances constituent des enjeux géostratégiques. C'est dans ce sens que la RDC constitue un enjeu géostratégique, un objectif de contrôle des grandes puissances à cause de ses potentialités naturelles.

De cette définition on comprend pourquoi tout espace géostratégique constitue un espace des conflits potentiels. Les acteurs se rivalisent pour y maintenir leurs influences. D'ailleurs, le concept géostratégie est tout simplement une dérivation pratique de celui de géopolitique en ce qu'il porte sur l'étude des moyens d'action et des anticipations pour la prévention sécuritaire ou la protection des intérêts à travers les espaces géographiques.

La géostratégie souligne l'importance, dans certains rapports de forces, de données géographiques qui sont alors considérées comme des enjeux majeurs et ce, pour des périodes de temps particulièrement longues. C'est parce que tel passage, tel gisement ou tel espace ethnique présente un exceptionnel intérêt aux yeux des puissances rivales que celles-ci, et surtout l'une d'entre elles, soit pour assurer le contrôle durable ou la possession de ce territoire, soit pour y contrer une influence adverse.9(*)

La grande caractéristique de la géostratégie est la poursuite des objectifs politiques, économiques et militaires, laquelle vise généralement l'extension des champs d'influence, de contrôle ou de domination c'est-à-dire l'extension de la puissance en dehors du territoire national, grâce à une grande capacité d'intervention militaire ou aux différentes formes d'alliances stratégiques.10(*) La géostratégie comme la géopolitique intègre la guerre mais ne s'y limite pas.

En outre, la géostratégie fonde sur le réalisme qui enseigne qu'entre les nations, il ne faut jamais exclure totalement la possibilité de guerre ou de conflit. Lorsque se produit l'irréparable, un Etat doit, à travers la géopolitique (en amont) et la géostratégie (pendant), être en mesure de faire face aux exigences de sauvegarder ses intérêts.11(*)

§3. La géoéconomie

La géoéconomie se fonde sur un constat des capacités militaires des Etats. En effet, ayant constaté que les capacités militaires des Etats-Unis ne constituent plus le principal facteur de leur puissance au plan international, désormais la puissance s'exerce en terme économique et financier. La géoéconomie traite des rapports de la puissance et d'un espace théoriquement sans frontière et elle s'intéresse surtout aux stratégies financières et commerciales des Etats et des très grandes firmes. Ces rapports ne sont pas seulement financiers, mais qu'ils sont encore militaires pour une part décisive.12(*)La géoéconomie s'interroge sur les relations entre puissance et espace, mais un espace « virtuel » ou fluidifié au sens où ses limites bougent sans cesse, c'est-à-dire donc un espace affranchi des frontières territoriales et physiques caractéristiques de la géopolitique.

À un niveau plus global, l'ouverture des frontières et la libéralisation des échanges ont favorisé l'apparition de firmes multinationales dotées de stratégies véritablement planétaires. De leur côté, les États se sont engagés aux côtés de leurs entreprises nationales dans des politiques de conquête de marchés extérieurs et de prise de contrôle de secteurs d'activité considérés comme stratégiques. Dans ce monde en train de devenir global, les intérêts politiques des nations se soumettent à leurs intérêts économiques. C'est ainsi que la géoéconomie a engendré la mondialisation. Il s'agit de l'avènement d'un nouvel ordre international où l'arme économique remplace l'arme militaire comme instrument au service des États dans leur volonté de puissance et d'affirmation sur la scène internationale.13(*)

En d'autres termes, la théorie de la géoéconomie se base sur la richesse. Elle est la version moderne de la théorie de l'impossibilité, élaborée par le réalisme. Elle exprime le pessimisme du réalisme sur l'impossibilité où est placée l'humanité de satisfaire ses besoins et souligne que la violence des relations internationales trouve ses origines dans cette répartition géographique inégale des ressources.14(*) Cette théorie explique mieux les conflits que certaines parties du monde connaissent, surtout des régions riches. La récente guerre d'Irak se justifie par l'approvisionnement en pétrole des Etats Unis et Alliés.

A ce qui nous concerne directement, « nombre des dirigeants et chercheurs justifient ainsi l'occupation de la République Démocratique du Congo par l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Ils soutiennent que ces deux pays font face à un besoin primordial de survie, dictée par l'inégalité entre la croissance démographique et la baisse des ressources disponibles.15(*)

La configuration de la région des Grands Lacs mérite un approfondissement sérieux à cause ces conflits. Les principaux acteurs et les pays directement concernés doivent être analysés pour avoir une vue d'ensemble. Ainsi, allons-nous feuilleter la RDC et chacun de ses voisins afin de comprendre le rôle géopolitique de la RDC pour la région.

Section II. LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ET SES

VOISINS16(*)

§1. La République Démocratique du Congo

I. Système politique

La République Démocratique du Congo, ancien République du Zaïre sous le régime du Président Mobutu avec capitale Kinshasa, a une superficie de 2 345 000 km² et peuplée de 60 millions d'habitants. L'ancienne colonie belge est devenue indépendante le 30 juin 1960. La RDC est un vaste pays de l'Afrique centrale, troisième du continent par sa superficie après le Soudan et l'Algérie, traversé par l'immense fleuve Congo, le plus puissant du continent par le débit, long de 4 320 km, et pourvu d'un réseau hydrographique exceptionnel à cause de sa position en cheval sur l'équateur.17(*) N'est-ce pas un privilège particulier pour un pays d'avoir un grand et puissant fleuve dont la source et l'embouchure demeure sur son propre territoire. Près de la moitié du pays est couverte par la forêt dense appelée la forêt équatoriale, deuxième après l'Amazonie.

Le pays connaît des troubles politiques avec le courant de la démocratisation depuis 1990. Le régime du Président Mobutu avait été renversé par la rébellion de l'AFDL conduit par Laurent Désiré Kabila qui deviendra le Président du pays et rebaptisera le pays qui devient la RDC. Une nouvelle rébellion est montée par les alliés de Laurent Désiré Kabila membre de l'AFDL avec objectif son renversement. Le Président sera assassiné et sera remplacé par son fils Joseph Kabila. Celui-ci organise les élections qu'il gagnera. Il devient ainsi le premier Président de la RDC élu démocratiquement.

II. Economie

La RDC est un pays potentiellement riche en matières premières car ses ressources minérales sont considérables. Ainsi le pays est appelé `'scandale géologique.'' Jusqu' à présent, « Le sous-sol congolais n'a pas encore révélé tous ses secrets. Mais d'ores et déjà, les experts estiment qu'il recèle 34 % des réserves mondiales connues de cobalt et 10 % en ce qui concerne le cuivre. Le pays dispose également d'énormes ressources d'uranium, d'or, de diamant, de coltan et de minerais rares comme le germanium. A ce jour, la RDC assure 67 % de la production mondiale de cobalt, 14,5 % de cuivre et 35,5 % de diamant. L'exploitation industrielle du fantastique magot géologique congolais est appelé à croître ».18(*)

Selon les études actuelles, bientôt le pays fera partie des pays africains exportateurs du pétrole car son sous sol possède des réserves considérables du pétrole. Il a un débouché sur l'océan Atlantique sur son fleuve, l'idéal pour un pays de devenir une grande puissance. Sa monnaie nationale est le franc congolais.

III. Population et religions

La RDC comprend plus de quarante ethnies, véritables mosaïques culturelles. La langue officielle est le français, avec quatre langues nationales : lingala, swahili, kikongo et tshiluba. La préoccupation des congolais est son développement.

La population du pays est majoritairement chrétienne, 47 % pratiquent le catholicisme et 28 % le protestantisme. La communauté musulmane est restreinte. Un habitant sur cinq adhère à des croyances animistes. Les religions syncrétiques (tel le kimbanguisme, regroupant 3 % de la population) fusionnent d'éléments issus du christianisme et de croyances traditionnelles19(*) sans oublier les courants pentecôtistes appelés églises de réveil.

§2. Les pays voisins de la RDC

Nous tenons à l'étude de chacun des neuf voisins de la RDC pour nous permettre de les connaître davantage. Dans un article intitulé `'Qu'est ce que la géopolitique'', Aymeric Chauprade définit la géopolitique en ajoutant que les Etats restent des acteurs majeurs des relations internationales et la géopolitique prend en compte la géographie physique, identitaire, des ressources.20(*) En effet, la connaissance historique et géographique des pays voisins de la RDC nous permettra de comprendre que la RDC est réellement un pays stratégique par rapport à ses voisins et dans l'Afrique centrale.

I. La République d'Angola

251658240

A- Système politique

L'Angola a pour capitale Luanda, avec une superficie de 1 246 700 Km² et 11 millions d'habitants ; il fait partie des pays d'Afrique australe. Ancienne colonie portugaise, l'Angola est devenu indépendant depuis le 11 novembre 1975

Aux termes de la Constitution de 1975, l'Angola est une république gouvernée par un parti unique, le Mouvement Populaire de Libération de l'Angola (MPLA). Ce mouvement, d'orientation marxiste, a été fondé en 1956. Le pays était le satellite de l'URSS et des pays communistes pendant la guerre froide. L'actuel Président Edouardo do Santos est un ancien marxiste. L'une des victimes de la guerre froide, l'Angola est miné par plusieurs années de guerres internes destructrices entre l'UNITA et le MPLA. 21(*)

Sur le plan idéologique, l'Angola était le pays communiste-marxiste, bastion du communisme en Afrique. Ainsi, le régime de Luanda était soutenu par l'URSS, le Cuba et la Chine. D'ailleurs il représentait un ennemi permanent pour l'influence occidentale en Afrique centrale. Durant la guerre froide l'Angola était en conflit permanent avec la RDC car les deux pays représentaient successivement le communisme et le capitalisme. L'une des raisons de soutien, par l'Occident, du Président Mobutu comme bouclier contre l'Angola.

B- Economie

Malgré ses richesses agricoles, mais surtout minières, l'Angola demeure un pays pauvre dont la majorité des revenus provient de l'exploitation pétrolière. Un pays maritime et pétrolier, membre de l'OPEP depuis janvier 2007. Un pays tropical situé dans l'hémisphère sud. Avec un climat tropical humide dans le nord, tempéré sur le plateau central, subtropical dans le sud ; désertique dans le sud-ouest. Son développement a été entravé par le départ brutal des Portugais, par la guerre civile et par une politique étatiste.

Etant un pays côtier, l'Angola est potentiellement mieux placé pour devenir une grande puissance économique en Afrique australe à cause de ses ressources naturelles. Une économie qui possède pourtant des grands atouts grâce à ses ressources minières, pétrole et diamant, le fer, le sel et des forêts.22(*) L'unité monétaire est, depuis 1994, le nouveau kwanza.

C- Population et religions

Les Kongo, les Lunda, les Tchokwe, les Mbuda, sont les principaux groupes ethniques. Les langues parlées sont le portugais comme langue officielle et les autres langues vernaculaires kimbundu, kikongo. La frontière avec la RDC est artificielle. Au début des années 1990, près de 53 % des Angolais étaient chrétiens (catholiques pour les deux tiers) ; le reste de la population est animiste. Actuellement, on observe la présence des pentecôtistes.

II. La République de Burundi

A- Système politique

Le Burundi a pour capitale Bujumbura, ancienne colonie belge, devenu indépendant depuis le 1er juillet 1962. Le pays couvre une superficie de 27 834 km² et une population de 6 370 609 habitants. Sa frontière avec la RDC est naturelle, constituée du lac Tanganyika et quelques le Rift valle

Le pays n'échappe pas non plus à l'une des caractéristiques des pays de l'Afrique centrale où le coup d'Etat constitue un mode d'accession au pouvoir. Apres plusieurs coups d'Etat, le pays a un président élu démocratiquement en la personne de Pierre Nkurunziza. Il est considéré comme l'un des pays agresseurs de la RDC.

B- Economie

Un pays pauvre avec activité minière très réduite. Elle est axée principalement sur le kaolin et sur l'exploitation de petits gisements d'or et de minerai d'étain. L'activité industrielle première est celle de la transformation alimentaire, le pays cherchant à substituer la production nationale aux importations.23(*) L'unité monétaire est le franc du Burundi divisible en 100 centimes

C- Population et religions

La population burundaise est composée des Tutsi, d'origine nilotique, généralement pasteurs (25%), les Hutu, agriculteurs, d'origine bantou (74%) et les Twa généralement chasseurs (1%). Pays enclavé à la charnière de l'Afrique orientale et de l'Afrique centrale, le Burundi possède après le Rwanda la plus forte densité démographique continentale.24(*)

Les langues parlées sont le français, le kirundi et le swahili. Les deux tiers des Burundais sont des chrétiens, le plus souvent catholiques ; 20 % pratiquent la religion traditionnelle animiste. Il existe également une minorité musulmane (2 % de la population).

III. République Centrafricaine

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A- Système politique

La République Centrafrique a pour capitale Bangui, ancienne colonie française, devenue indépendant depuis le 13 août 1960. Le pays a une superficie de 622 436 Km². Sa frontière avec la RDC est entièrement naturelle constituée des rivières Ubangi et Mbomu.

Le pays n'est pas non plus épargné des crises de l'Afrique centrale : le coup d'Etat. L'actuel président François Bozize, militaire est arrivé au pouvoir à la tête d'une rébellion pour renverser le président démocratiquement élu. Il se légitimera en organisant les élections présidentielles.

B- Economie

L'économie centrafricaine repose sur l'agriculture. Le pays pâtit de son enclavement et connaît un développement très faible. Le pays bénéficie d'un vaste réseau hydrographique alimenté par d'abondantes pluies tropicales et couvert dans sa partie méridionale par une forêt trop dense. Ce pays agricole dispose aussi des ressources diamantifères et aurifères.

Cependant, son enclavement extrême, la précarité des moyens de transport ainsi que l'insécurité et les exportations clandestines d'or et de diamants constituent de sérieuses entraves au développement économique.25(*) L'État centrafricain est dépendant de l'aide internationale, mais les programmes mis en place par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale ont échoué. L'unité monétaire est le franc CFA, divisible en 100 centimes.

C- Population et religions

La population est constituée des Banda, des Gboya, des Saras, des Zande, des Pygmées, des Ngbandi...Les animistes représentent environ 60 % de la population, les chrétiens 35 % et les musulmans 5 %. Les langues officielles sont le français et le sangho, langue véhiculaire des Oubanguiens, parlée par la plupart des Centrafricains

VI. La République du Congo

A- Système politique

La République du Congo a pour capitale Brazzaville, ancienne colonie française, devenu indépendant le 15 août 1960. Elle a une superficie de 342 000 km². L'actuel Président, Denis Sassou Ngoueso, militaire, a accédé au pouvoir par un coup d'Etat. Il a renversé le président démocratiquement élu pour refaire des élections pour sa légitimation.26(*) Le Congo est un ancien pays communiste. Ce qui constituait l'objet de méfiance de son voisin la RDC à son égard pendant la guerre froide.

B- Economie

Le Congo exploite des bois dans la forêt équatoriale, le pétrole, du minerai de cuivre, plomb, zinc et un peu d'or. Sa position côtière avec le port de Pointe Noire constitue un énorme avantage pour le commerce. Le Congo est doté des grandes potentialités économiques.

Il partage les frontières naturelles avec la RDC par le rivière Ubangi et le fleuve Congo. La pêche est effectuée sur le Congo, l'Ubangi et l'océan Atlantique. Il est dompté d'un grand port maritime sur l'océan Atlantique.

C- Population et religions

Le Congo compte une population de 3 millions d'habitants. La population est constituée des ethnies Kongo, Téké, Mboche, Maka...Les langues parlées sont le français, langue officielle ; le lingala, le kikongo et le téké.

Le Congo est le pays du syncrétisme en matière religieuse. Il compte le catholicisme (50 % de la population totale) et le protestantisme (20 %) -- les sectes syncrétiques sont les plus répandues. La plus connue, le kimbanguisme, a été le vecteur de la contestation de l'ordre colonial. L'animisme et les religions traditionnelles n'en sont pas moins pratiqués dans le Nord. L'islam est présent dans les régions de savane et dans les grands centres urbains.27(*)

V. La République d'Ouganda

A- Système politique

La République d'Ouganda a pour capitale Kampala, ancienne colonie anglaise, membre de Commonwealth devenu indépendant depuis le 09 octobre 1962. Avec une superficie de 236 000 Km². L'Ouganda est un pays enclavé.

L'actuel président Yoweri Kaguta Museveni, militaire, est arrivé au pouvoir par la rébellion soutenu par le gouvernement tanzanien et les Tut. Le premier dans la région à prendre le pouvoir par la rébellion. L'Ouganda n'a pas les moyens de devenir une puissance régionale.28(*) Il partage la frontière naturelle et artificielle avec la RDC. Il est parmi les pays agresseurs de la RDC.si du Rwanda pour renverser son prédécesseur. Il organise les élections pour sa légitimation

B- Economie

Son économie dépend presque exclusivement de l'agriculture, et plus principalement de la production du café.29(*) Il exploite la pêche dans les lac Victoria et le lac Albert. Les ressources minières sont variées, mais peu importantes. Actuellement l'Ouganda a pour les principaux clients et fournisseurs les Etats Unis, la Grande Bretagne. L'unité monétaire est le shilling ougandais (divisible en 100 cents), émis par la Bank of Uganda, fondée en 1966.30(*)

C- Population et religions

L'Ouganda compte une population de 27, 3 millions d'habitants et reste un pays enclavé. La population est formée pour un tiers de Nilotique et pour deux tiers des Bantou. Près de la moitié de la population est catholique et un tiers est protestant. Près de 15 % des Ougandais sont animistes, 10 % de la population est musulmane, dont une importante communauté indo-pakistanaise de différentes obédiences.

VI. La République du Rwanda

A- Système politique

La République du Rwanda a pour capitale Kigali, ancienne colonie belge, devenu indépendant depuis le 1er juillet 1962. Avec une superficie de 2 640 km. Son Président, Monsieur Paul Kagame, militaire, est arrivé au pouvoir à la tête d'une rébellion pour renverser son prédécesseur. Devenu vice président, puis président et comme les autres, il s'est fait légitimé en organisant les élections à sa faveur.31(*)

B- Economie

Le Rwanda est un pays enclavé, dépourvu de ressources minières et pétrolières. Il n'a pas les moyens de devenir une puissance régionale. Il partage la frontière naturelle et artificielle avec la RDC. Son économie dépend essentiellement de l'agriculture : café, thé. La monnaie est le franc rwandais (divisible en 100 centimes), émis par la Banque nationale du Rwanda, fondée en 1964.

C- Population et religions

Une population de 8, 44 millions d'habitants, composée de deux ethnies principales les Hutu (84%) d'origine bantou, agriculteurs ; les Tutsi (15%), nilotiques : les deux ethnies vivent en antagonisme très prononcé jusqu'au génocide de 1994, puis et les pygmées d'une infime minorité. Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d'Afrique. Les chrétiens sont les plus nombreux (catholiques 65 %, protestants 9 %) ; 17 % de la population adhèrent à des croyances animistes, 9 % sont des musulmans.32(*)

VII. La République du Soudan

A- Système politique

La République du Soudan, le plus vaste Etat d'Afrique avec 2 505 000 Km.² Il a pour capitale Khartoum. Le Soudan était sous la domination anglaise et égyptienne.Il a accédé à son autdétermination en 1952.

B- Economie

Le Soudan produit du pétrole, or, chromite. Pays désertique, l'agriculture se fait par irrigation sur les Nils. Principaux produits : canne à sucre, sorgho, millet, arachides, gomme arabique. Il partage la frontière artificielle avec la RDC. L'actuel président Omar Hasan Al Bachir, militaire, est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat. Depuis 1992, le dinar soudanais, divisible en 100 piastres, remplace l'ancienne livre soudanaise.

C- Population et religions

Avec une population de 40, 2 millions d'habitants, Le Soudan est une mosaïque ethnique dont les frontières héritées de la colonisation ne tiennent aucun compte des réalités humaines. Il y a plus de 500 ethnies et plus de 100 langues et dialectes.33(*) Il y a opposition entre la population arabe et musulmane avec arabe comme langue au Nord et la population noire animiste et chrétienne au Sud.

En 1983, la charia, loi islamique, a été imposée comme source du droit à l'ensemble du pays. Si plus de 70 % de la population soudanaise appartiennent à la communauté sunnite, 17 % sont animistes et 10 % chrétiens. L'islam soudanais se caractérise par la vénération d'un grand nombre de « saints » locaux. L'adhésion à l'une ou l'autre croyance va de pair avec l'appartenance à une culture et à une communauté sociale.34(*)

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VIII. La République de Tanzanie

A- Système politique

La République de Tanzanie a pour capitale Dar es Salaam, ancienne colonie anglaise, membre de Commonwealth, devenue indépendante depuis le 09 décembre 1961. Avec une superficie de 940 000 Km.² La Tanzanie est l'un de rares pays voisins de la RDC où les présidents sont élus démocratiquement. Elle partage la frontière naturelle avec la RDC : lac Tanganyika. L'actuel président est Jakaya Kikwete.

B- Economie

La Tanzanie est un pays côtier sur l'Océan Indien où se trouve le port de Dar-es- Salam de grande importance. La Tanzanie exploite de l'or, le diamant, l'étain et le phosphate de moindre importance. L'agriculture est constituée du manioc, et sorgho. L'unité monétaire, le shilling tanzanien, divisible en 100 cents, est émis par la Bank of Tanzania (fondée en 1966).

C- Population et religions

Avec une population de 36 766 356 habitants,la population est composée des Nilotiques comme les Masai : pasteurs. Les Bantou, Européens, Indiens et Arabes. A cause d'aridité, les deux tiers du pays sont peu peuplés.

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IX. La République de Zambie

A- Système politique

La République de Zambie a pour capitale Lusaka, ancienne colonie anglaise, membre de Commonwealth, devenue indépendante, le 24 octobre 1964. Avec une superficie de 746 000 Km.², la Zambie partage les frontières naturelles et artificielles avec la RDC. La Zambie est un pays enclavé. Comme pays, elle n'a connu ni rébellion, ni coups d'Etat et a des présidents élus démocratiquement. L'actuel président élu démocratiquement est Rupiah Banda.

B- Economie

La Zambie est particulièrement riche en ressources minières. Ses sols, en revanche, sont pauvres et de mauvaise qualité. La région de la Copperbelt qui s'étend de la frontière avec la République démocratique du Congo au centre-ouest du pays, renferme les plus importants gisements de cuivre et de cobalt d'Afrique. Elle exploite la pêche dans les lacs et rivières du Nord. Outre le cuivre et le cobalt, la Zambie exploite également le plomb et le zinc.

C- Population et religions

Avec une population de 11 261 795 d'habitants, la population zambienne est composée des Bemba, Logi, Kaonde et Tonga, héritage du Royaume Lunda. La Zambie comprend plus de 70 communautés de langues bantoues. Les trois quarts des Zambiens sont chrétiens, principalement catholiques (50 % de la population totale). Un peu moins d'un quart de la population est animiste. Les musulmans sont peu nombreux.35(*)

CONCLUSION

Cette étude des voisins de la RDC nous permet de connaître davantage chacun des pays concernés. C'est l'une des voies pour saisir les relations, les alliances et les influences dans la sphère de la géopolitique de l'Afrique centrale. Il est vrai que quelques uns de ces pays sont devenus des acteurs majeurs dans les conflits de l'Afrique centrale en général et de la RDC en particulier. Cependant, la lecture de l'histoire de la région montre que ces pays ont toujours cohabité avec des alliances.

La RDC a une histoire et la lecture de cette histoire est l'une des clefs pour saisir la situation que ce pays traverse maintenant. La RDC est une création du royaume de Belgique de la main de fer du roi Léopold II. Mais comment s'est déroulée cette création du Congo par le roi Léopold II ? Le chapitre suivant cherchera d'y répondre.

CHAPITRE II. L'INDEPENDANCE DU CONGO ET SES RETOMBES

Section I. L'INDEPENDANCE

Les années 1960 constituent une période déterminant dans l'histoire politique de beaucoup de pays africains. Nombreux d'entre eux sont devenus indépendants. La RDC accède alors à l'indépendance, à la souveraineté nationale et internationale le 30 juin 1960. C'était alors en pleine guerre froide entre l'Est et l'Ouest. Et comme conséquence, devenu indépendant, chaque pays africain devrait appartenir à l'un des camps : soit capitalistes c'est-à-dire bloc Ouest, soit communiste c'est-à-dire bloc Est et cela par contrainte. La RDC s'est retrouvé dans le camp capitaliste, donc du coté des Etats Unis.

En effet, le sort de la RDC était scellé dès son indépendance à cause de sa position géostratégique. C'est ainsi que « du point de vue géopolitique, le Congo a toujours été au centre des préoccupations des grandes puissances. De la crise de l'indépendance (1960) à la guerre du Shaba (1978), nous retrouvons les mêmes préoccupations des grandes puissances : celle du contrôle du Congo».36(*)

Une indépendance suivie du débâcle du pays, de l'anarchie et une situation même voulue et entretenue, car faisant partie de la stratégie du contrôle du Congo. Les principaux acteurs sur le sort de la RDC étaient la Belgique comme ancienne puissance coloniale,  les Etats Unies et la France. Ces pays sont restés et restent très influents pour l'orientation politique de la RDC.

Section II. LA PLACE DE LA RDC POUR LA STRATEGIE OCCIDENTALE

La situation du Congo comme pays convoité par les pays étrangers doit être comprise dans sa globalité et dans le cadre de la géostratégie car  l'importance de ces matières premières est fondamentale pour les économies de nos partenaires du Nord. L'accès et le contrôle de ces gisements sont l'une des raisons déterminantes de la présence des pays occidentaux comme la Belgique, la France, les Etat Unis, etc., au Congo. C'est dans ce cadre que le Congo est devenu un enjeu des puissances étrangères en même temps qu'un enjeu géopolitique en Afrique.37(*) A part ces partenaires officiels, il y en a encore d'autres pays tels que l'Angleterre, l'Allemagne, le Portugal...Ce qu'il faut rappeler ici est que le Congo est l'oeuvre du roi Léopold II :« Chaque État moderne a été créé et a sa propre histoire, ses fondateurs et ses artisans.... En ce qui concerne le Congo, notre grand et beau pays, il est l'oeuvre de Léopold II, roi des Belges. Qu'on l'aime ou pas, c'est grâce au Roi des Belges que le Congo existe aujourd'hui en tant qu'État moderne et en tant qu'une nation reconnue par tous les autres États du monde [...] Le roi Léopold II s'est battu pour fixer les frontières actuelles du Congo dans un contexte historique particulièrement difficile. Comme on le voit, les Belges demeurent les fondateurs et les premiers architectes de notre pays... »38(*)

Chacun de ces pays occidentaux, acteurs dans la destinée de la RDC a joué un rôle historique pour la création de la RDC. Nous tacherons de parcourir le rôle qu'a joué chacune de ces puissances.

§1. Les Etats-Unis

Comme souligné à l'introduction, la Belgique avec son statut de puissance coloniale de la RDC a toujours un mot à dire sur ce pays parce que liée par l'histoire. Comment peut-on alors comprendre que les Etats Unis s'intéressent toujours dans les affaires de la RDC ? En effet, à la recherche d'une colonie comme les puissances européennes de l'époque, Léopold II a dû obtenir la confirmation que seule l'Afrique lui permettrait de réaliser son rêve de mettre la main sur une colonie, et surtout sur un territoire bien plus immense que la Belgique. L'Amérique n'offrait plus de terres non revendiquées. En Asie non plus ; il ne restait aucun espace vierge.39(*) C'est ainsi que « Léopold II avait associé les Etats-Unis à son entreprise, s'assurant les services d'un lobbyiste chargé de convaincre l'opinion américaine des objectifs humanitaires de la conquête du Congo »40(*). Les Etats Unis joueront un rôle important permettant au roi Léopold II d'acquérir le Congo. D'ailleurs lors de la négociation « dans sa lettre au président américain de l'époque Cherster Alan Arthur, Léopold II promettait que les citoyens américains seraient libres d'acheter des terres au Congo et que les marchandises américaines seraient exemptées là-bas de droits de douane.41(*) Le besoin ultime en matière stratégique pour la course aux armements était l'un des mobiles poussant les Etats Unis à ne plus perdre le Congo de vue.

Dès lors, les Etats-Unis suivaient également avec attention l'évolution du Congo, un pays pourvu de matières premières qui s'étaient naguère révélées vitales pour le monde libre : ce n'est qu'en 1942 lorsque les Etats Unis disposèrent de l'uranium du Katanga qu'ils purent se lancer dans la course à l'armement atomique et distancer les Allemands. Uranium, cobalt, vanadium, colombo-tantalite : aux yeux de Washington, il était vital de garantir l'accès à ces laitières premières stratégiques.42(*) Dès lors, ils auront le droit de regard sur le Congo.

Ce droit de regard sur le Congo dont bénéficie les Etats Unis leur permet de connaître ce pays à font et découvrir le dessous de la carte du roi Léopold II : le Congo est un scandale géologique. Etant une grande puissance mondiale, cette situation est une faveur pour les Etats Unis. Elle permettra aux Etats Unis d'avoir la  mainmise sur les matières premières congolaises censées assurer sa primauté en matière d'armement nucléaire ainsi que la défense des autres intérêts économiques américains face aux allemands, aux russes.43(*)

§2. La France

Un autre acteur d'importance qui est toujours présent dans l'histoire de la RDC est la France. Quand il s'agit de traiter les problèmes de la RDC, les Etats Unis sont présents au coté de la Belgique et la France ne doit pas rester à l'écart. Il est important de connaître les raisons essentielles de cette troïka. En effet, Collete Braeckman écrit à ce propos : « au cours des négociations de la Table ronde préparatoire à l'indépendance, le ministre français des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville, devait à la surprise générale, rappeler ce droit de préférence (droit de préemption). La suggestion tourna court, mais elle avait valeur d'avertissement : le sort du Congo ne laisserait pas la France indifférente ».44(*) Lors de ces négociations, « Léopold II conclut un accord identique avec la France. Comme à Washington, Léopold II avait son homme à Paris : Arthur Steven, un marchand d'art qui disposait des relations. Ce dernier négocia directement avec le Président du Conseil français, Jules Ferry, pendant que Léopold II versait un confortable traitement mensuel à un rédacteur de l'influant journal Le Temps afin d'assurer un flot d'articles favorables à ses activités au Congo : Association Internationale au Congo (A.I.C.).

Les Français ne se sentaient menacés ni par la minuscule Belgique ni par la vaste superficie des terres revendiquées par Léopold II, mais ils craignaient que le jour où le roi manquerait d'argent, et ils avaient la conviction que cela finirait par se produire pour financer son onéreuse tentative de construire une voie ferrée contournant les rapides, il ne vende le territoire entier à leur principal rival colonial : l'Angleterre.45(*) La période était celle d'une grande concurrence entre les grandes puissances de l'époque pour la conquête des territoires.

C'est ainsi qu'en réponse à l'inquiétude française, Léopold II offrit un remède. Si la France respectait ses prétentions, il lui donnerait un droit de préférence sur le Congo, ce que, de nos jours, les avocats en matière de biens immobiliers appellent la préemption. Les Français, soulagés, se hâtèrent d'accepter ; persuadés que le projet de chemin de fer allait ruiner Léopold II et qu'il devrait leur vendre le territoire, ils crurent conclure une excellente affaire.46(*) La France a aussi le droit de regard sur la RDC, une décision majeure sur la politique de la RDC qui doit concerner également la France.

En outre, depuis 1960, le dessein français est constant : élargir le précarré francophone, d'abord aux ex-colonies belges, puis au reste de l'Afrique latine. La coopération militaire est l'un des moyens mis au service de cette stratégie. Les interventions militaires en Afrique ont permis à la France de s'implanter dans cette région d'Afrique centrale et orientale où elle fut absente durant la colonisation mais où, de 1978 à 1996, elle est devenue la puissance occidentale dominante, réussissant durant deux décennies à supplanter l'ancienne métropole belge.47(*)

Sachant que la Conférence de Berlin sera sous l'arbitrage du plus célèbre homme d'État Otto von Bismarck chancelier de l' Empire allemand, Léopold II négocia d'avance avec lui pour la réussite de son projet. C'est alors que « Bismarck se laissa persuader qu'il valait mieux que le Congo aille au roi de la faible petite Belgique, et soit ainsi ouvert aux négociants allemands plutôt qu'à la France ou au Portugal, partisans du protectionnisme, ou à la puissante Angleterre ». Et pour lui, la Conférence de Berlin, à laquelle il ne participera pas, serait un accord supplémentaire de resserrer sa mainmise sur le Congo ».48(*) Comme on le voit, les Allemands aussi sont concernés par les problèmes du Congo.

En tant qu'une oeuvre humanitaire dénommée Association Internationale au Congo, le roi Léopold II avait pour visé la possession d'une grande terre et il fallait négocier pour sa délimitation. « Que le tracé frontalier ait été laborieux, cela est évident et il fallu toute l'adresse d'un Léopold II pour y parvenir. Pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler la récupération de l'embouchure du fleuve pour éviter que le nouvel Etat soit étouffé par l'absence d'un débouché à la mer. Le Portugal, pour faire prévaloir ses droits sur cette embouchure avait eu recours à la protection de l'Angleterre lors du traité anglo-portugais du 26 février 1884 qui interdisait à toutes les puissances l'accès à celle-ci. Comment contourner cet écueil ? Léopold II s'employa d'abord à faire reconnaître l'Association Internationale au Congo (A.I.C.) par la jeune grande puissance des Etats Unis d'Amérique, ce qui fut fait en avril 1884. En suite il offrit à la France le droit de préférence sur le territoire congolais. L'Allemagne et l'Angleterre se retrouvèrent devant un fait accompli. Pour ne pas avoir à affronter la domination française dans le bassin du Congo, il fallait adopter les positions de celle-ci et reconnaître l'A.I.C. Ce que fit l'Angleterre le 16 février 1884, le Portugal se retrouva isolé et fut bien obligé de reconnaître ».49(*) L'A.I.C. garde son drapeau bleu avec étoile d'or et par décret royal du 29 mai 1885, le roi Léopold II nomma Etat Indépendant du Congo son nouveau pays, sous contrôle privé.

Le Congo devenu sa propriété privée, le roi Léopold II essaya d'organiser un échange -entre travailleurs chinois pour le Congo et soldats congolais pour la Chine - qui lui permettrait de mettre un pied militaire dans la partie, comme les autres puissances occidentales manoeuvrant dans l'Asie du Sud-Est. Il acheta plusieurs parcelles de terre en Chine au nom de l'Etat Indépendant du Congo (E.I.C.).50(*) Si les Chinois doivent arriver travailler pour la reconstruction du Congo, cela ne devrait étonner aucun Congolais car cela remonte depuis même la création du Congo du roi Léopold II. C'est seulement en 1908 que le roi Léopold II cédera le Congo au royaume de Belgique.

Le noeud des problèmes que connaît la RDC remonte à cette période, celle de sa création. Comme dirait un médecin dès sa création, la RDC constitue en elle-même le germe des conflits à gérer. Cela parce que « si Léopold II parvint à s'emparer d'un territoire aussi immense, c'est en grande partie parce que les autres pays crurent donner leur accord à cette sorte de colonie internationale, sous les auspices du roi des Belges bien évidemment, mais ouverte aux marchands de l'Europe entière. Les participants de la Conférence de Berlin s'entendirent surtout sur le fait qu'une grande partie de l'Afrique centrale comprenant le territoire de Léopold II dans le bassin du Congo serait une zone de libre commerce ».51(*)

Ainsi, la lecture de ces faits constitue la clef de compréhension de la situation politique que la RDC a connue, connaît et connaîtra encore. Dès lors la situation politique de la RDC est restée au gré de vent de ces trois puissances occidentales.

Naturellement l'une des questions à poser est de savoir comment alors protéger ce genre d'intérêts aussi stratégiques contre la convoitise des autres intrus. Sans oublier que nous sommes en pleine guerre froide. La stratégie à monter était l'appropriation de la RDC ; il s'agissait de trouver un leader capable de régner sur le Congo une fois indépendant. Un président docile, puissant et fidèle vis-à-vis de ses maîtres occidentaux.

Section III. L'INDEPENDANCE DU CONGO

Le Congo devient indépendant le 30 juin 1960. Avec la proclamation de son indépendance en présence de Baudouin Ier, roi des Belges, le Congo sort enfin de la longue nuit coloniale. Le nouveau pouvoir est déjà bicéphale : un chef de l'Etat aussi madré qu'indéchiffrable, Joseph Kasa-vubu, et le Premier ministre aussi charismatique qu'imprévisible, Patrice Lumumba.52(*) C'était la fête, la joie de l'indépendance malheureusement qui ne durera pas longtemps.

Cette indépendance laisse encore place à beaucoup d'interrogations du type : « était-il le chemin du bonheur pour les Congolais ? » La légitimité de telles questions est fondée sur les réalités telles que dès son indépendance le 30 juin 1960, sa politique en cette période fut marquée par une ingérence non négligeable de l'étranger - en particulier, l'ancienne métropole et les Etats Unis - dans les affaires internes du Congo ».53(*)

Déjà le 5 juillet, une grave mutinerie éclate dans le camp militaire de Mbanza-Ngungu et s'étend à la capitale Kinshasa. Cette mutinerie avait pour cause une affaire de solde et surtout l'encadrement belge maintenu sur place en vertu d'accords bilatéraux : pour l'armée, avait eu l'imprudence de dire le général Janssens qui la commande, l'indépendance égale zéro.54(*) Pourquoi y avait-il eu cet accord ? La protection des intérêts en place, la crainte de perdre le Congo. L'homme du moment était Patrice Emery Lumumba, le premier ministre de l'indépendance qui était soupçonné de travailler contre les intérêts occidentaux ; ce qui lui avait coûté la vie.

§1. Le destin tragique de Patrice Emery Lumumba

Dans cet imbroglio où le Président et son Premier ministre se contredisaient, des recherches étaient en cours pour trouver l'homme idéal répondant aux profils des Occidentaux pour diriger le Congo. Parmi les critères, il ne fallait pas être nationaliste à l'instar de Lumumba. En effet, Lumumba avec son nationalisme, constituait un danger pour l'Occident ; il n'était pas l'homme qu'il fallait à la direction du Congo. A ce sujet, François Soudan ajoute : «Le 26 août 1960, Allen Dullen, le directeur de la CIA en personne, répond à Larry Devlin : ` Si Lumumba continue d'être aux affaires, le résultat sera au mieux le chaos et au pire une prise du pouvoir à terme par les communistes, avec des conséquences désastreuses pour le prestige de l'ONU et les intérêts du monde libre. Son départ doit donc être pour un objectif urgent et prioritaire.55(*) Le Congo était déjà l'un des fronts que se disputaient l'impérialisme américain d'un coté, le mouvement tiers-mondiste, soutenu par les Soviétiques, de l'autre.56(*)

Nous n'aurons pas à développer le cas Lumumba en profondeur ; toutefois, selon les mêmes sources, une nouvelle version sur sa mystérieuse mort se présente de la manière suivante :

« Le 13 janvier 1961, le camp de Thysville (Mbanza Ngungu) où est détenu Lumumba, entre en mutinerie. Très vite, la CIA apprend que les soldats mécontents ont libéré Lumumba et envisagent de se placer sous ses ordres. A Léopoldville, tout le gouvernement est en proie à la panique sauf Mobutu et Nendaka qui, après avoir réquisitionné Kasa-vubu et Bomboko, s'envolent pour Thysville. Une nouvelle fois, le chef d'Etat-major fait face à ses troupes, les retourne en sa faveur et ordonne que Lumumba soit de nouveau arrêté. Ficelé, le héros de l'indépendance est jeté dans un avion, direction Elisabethville (actuelle Lubumbashi), la capitale de la Province sécessionniste du Katanga, où l'attend Moise Tshombe, son ennemi juré. Le visage tuméfié, Patrice Lumumba est aperçu le 17 janvier sur le tarmac de l'aéroport. Il sera fusillé le même jour en compagnie de deux de ses collaborateurs, en présence des ministres katangais ainsi que de trois officiers d'un commissaire de police belge»57(*).

La lecture de cette citation expose avec clarté les objectifs occidentaux sur le Congo indépendant. D'abord la mort souhaitée de Patrice Lumumba. Depuis le premier gouvernement, Patrice Lumumba s'est distingué comme un leader charismatique doublé d'une popularité redoutable. De plus, il manifestait des idées nationalistes sur le Congo, ce qui était suicidaire pour les intérêts occidentaux. Ensuite, la lutte contre le communisme ; le Congo ne passe pas dans le bloc communiste : nous sommes alors en pleine guerre froide et les Américains ne reculent devant aucune pression pour contrer leur cible. Ces considérations faisaient partie des stratégies des Occidentaux en Afrique centrale avec le Congo comme le point de mire. Lumumba éliminé, le président Kasa-vubu reste à son poste.

§2. La manipulation comme stratégie

La politique coloniale en Afrique et même après l'indépendance consiste à mettre à la place non pas l'homme qu'il faut, mais plutôt l'homme de confiance. Ce qui joue naturellement en défaveur de celui qui n'est pas l'homme de confiance. Tel fut le cas de Patrice Lumumba.

La politique des agitateurs est appliquée pour la première fois en RDC contre Lumumba à cause de son idéologie politique. Le premier Ministre Patrice Lumumba était populaire pendant l'indépendance. Alors que les maîtres du monde ne le supportaient pas car il n'assurait pas leurs intérêts ; ainsi il fallait saper son autorité. Pour réussir cette stratégie, Devlin agit en sous-main : «  Avec l'aide des agitateurs recrutés pour l'occasion - dispose d'un budget de 100 000 dollars, somme considérable à l'époque -, le chef d'antenne de la CIA organise des manifestations de rue anti-Lumumba qui, dégénèrent.58(*)

Depuis l'indépendance jusque de nos jours, cette méthode reste actuelle et efficace. La lecture politique de notre pays prouve son efficacité. Déjà depuis les années de l'indépendance, au Rwanda, au Burundi, au Congo, la Belgique et ses alliés occidentaux préfèrent miser sur des `modérés', supposés fidèles, soutenir, politiquement et financièrement, des partis qu'ils ont créés de toutes pièces, comme contrepoids aux formations nationalistes.59(*) La méthode sera utilisée contre tous les leaders politiques qui ne répondent plus à l'estime des décideurs. Nous remarquons souvent la présence d'une opposition puissante et intransigeante contre le pouvoir légitime afin de l'affaiblir avec les slogans tels que dictateur, antidémocratique... Ce qui est une méthode appliquée par l'Occident afin d'asseoir son pouvoir et sa zone d'influence par entremise des hommes de leur choix. Patrice Emery Lumumba en a payé le prix. Il a fallu trouver un homme de leur confiance, c'est le jeune colonel Joseph Désiré Mobutu qui répondait à ce profil.

§3. Emergence de Joseph-Désiré Mobutu

Ce colonel à peine 30 ans, Joseph Désiré Mobutu apparaît sur la cène politique du Congo. Il est vrai qu'il était inconnu du public, mais l'homme n'est pas inconnu pour les Américains. En effet, dans leur stratégie de mettre un homme de confiance à la tête du Congo, l'Occident était à la recherche de quelqu'un répondant à ce profil et surtout écarter Lumumba de la scène politique congolaise. C'est ainsi que  le pouvoir colonial, avant l'indépendance déjà, était à la recherche d'une solution alternative.

Ainsi, Alfred Cahen, jeune conseiller à l'ambassade de Belgique, découvre un militaire congolais en stage à Bruxelles, Joseph-Désiré Mobutu. Les Belges cultivent son amitié et le présentent aux Américains, qui ont aussi envoyé des agents de la CIA à prospection à Bruxelles.60(*) Ils le jugent modéré, compétent et pro-occidental.61(*) Voila le modèle d'homme de confiance des Occidentaux.

§4. L'enjeu d'un rendez-vous et le premier coup d'Etat

Un soir de 1960, Mobutu lui-même prend un rendez-vous avec le chef de la station de la CIA de Kinshasa. Il exprime son indignation et sa vision du futur Congo à son interlocuteur : « J'avais très envie de vous parler, dit-il d'une voix claire. J'en ai assez de ces jeux politiciens ; ce n'est pas comme cela que nous allons construire un Congo fort, indépendant et démocratique. Et puis, les Soviétiques envahissent le pays. Savez-vous qu'ils ont envoyé une délégation au camp Kokolo pour enseigner le marxisme aux soldats et leur distribuer leur propagande ? Ils prétendent que vous, les Occidentaux, pillez le Congo alors qu'eux sont nos vrais amis. J'en ai parlé à Lumumba. Il m'a répondu de me mêler de mes oignons. J'ai réuni mes commandants de zones : tous sont d'accord avec moi. Alors, je vais être clair. L'armée est prête à renverser Lumumba et à mettre en place un gouvernement de transition composé des techniciens. Puis-je considérer que les Etats Unis nous soutiennent ? Vous engagez-vous à reconnaître ce gouvernement ? ».62(*) Ce rendez-vous était un coup de maître que vient de donner le colonel Mobutu.

Dans un espace de temps, soutenu par Justin Bomboko, agent de la CIA, il donne sa vision politique et coïncide au profil que cherchaient les Américains pour le Congo : pro-occidental par conséquent anticommuniste. C'est ainsi que Mobutu passera par son premier coup d'Etat, le 14 septembre 1960 pendant lequel il arrête Patrice Emery-Lumumba : ce qui répond au plan des Américains. Quant au sort du Président Kasa-vubu, le colonel Mobutu le place en résidence surveillée. Dans ce gouvernement, il reconduit Justin Bomboko dans sa fonction de Ministre des affaires étrangères. Immédiatement « les relations diplomatiques avec l'URSS, la Chine et la Tchécoslovaquie sont rompues.63(*) Ce qui répond aux attentes des Américains et des Belges.

Dans cette situation de crise de légitimité, Mobutu sera protégé par les Américains face aux communistes. D'ailleurs, il échappera à plusieurs tentatives d'élimination physique. Mobutu pour sa confiance aux Américains : «A trois reprises au moins, au cours des semaines qui suivent le coup d'Etat, la CIA, mise au courant par l'un de ses informateurs (un Européen) dans l'entourage du très lumumbiste Pierre Mulele, permet à Mobutu de déjouer des tentatives d'assassinats. Devlin lui-même paie de sa personne en neutralisant par hasard un tueur alors qu'il rendait visite à son ami au camp Kokolo. Cela crée des liens et le `Chief of Station' de la CIA ne cache pas son admiration pour ce jeune colonel à la silhouette frêle, d'un courage physique étonnant, capable de maîtriser une horde de mutins déchaînés et menaçants par la seule magie de son verbe et de son charisme. Et puis, Mobutu est bien entouré. Le `groupe de Binza' dont il fait partie et qui le conseille, est composé de personnalités `amies' de la CIA, voire carrément recrutées : Justin Bomboko bien sûr, Cyrille Adoula et le nouveau directeur de la sûreté, Victor Nendaka, un ex-bras droit `retourné' de Lumumba.64(*) 

Le premier coup d'Etat de Mobutu, dont le but était de neutraliser Lumumba, se termine en faveur du Président Kasa-vubu grâce à l'intervention des Etats Unis et de l'ONU. En effet, une fois rétabli, le président Kasa-vubu, qui a du former, sur injonction de l'ONU, un gouvernement d'union nationale avec participation des lumumbistes, a placé à sa tête le candidat des Américains, Cyrille Adoula, membre éminent du Groupe de Binza.65(*) L'histoire se répète. Après un trouble orchestré par les Grands pour l'élimination de Lumumba, eux-mêmes imposent un gouvernement d'union nationale où se positionnent des personnalités à leur obédience.

§5. Le deuxième coup d'Etat 

Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1965, Mobutu fait un autre coup d'Etat. Cette fois- ci pour rester aussi longtemps que possible, protégé par l'Occident. Contrairement à ce qui a souvent été dit, c'est donc sans l'aval explicite et le soutien de Washington que Mobutu a pris le pouvoir la deuxième fois.66(*) Ce qui est vrai, Mobutu avait beaucoup d'estime pour le chef de la CIA Larry Devlin. Or, le besoin de trouver un allié idéal pour le Congo se posait impérieusement et face à ce coup d'Etat, le choix du chef de la CIA était clair.

Par conséquent, Mobutu lui-même  estime que son heure a sonné et se fait nommer chef de l'Etat. Le pays était détruit et qu'il fut forcé d'intervenir pour assurer sa pacification. En réalité, le pouvoir central avait déjà assis son autorité. Si Mobutu s'est décidé à revenir à l'avant-scène, c'était pour une autre raison, un agenda caché. C'est pour enrayer un centrage opéré par le Président Kasa-vubu qui entendait que son pays reprenne place au sein de l'Afrique non alignée, alors que les Américains avaient au contraire choisi de faire du Congo une tête de pont de la lutte anticommuniste.67(*) Comme disait un nationaliste, être au service des intérêts étrangers au détriment de siens que c'était le début du malheur du Congo.

Avec le coup d'Etat de Mobutu, la CIA va, très rapidement, monter dans le train en marche. Larry Devlin se précipite au camp des putschistes, s'introduit dans le bureau de Mobutu et se fait remettre la liste manuscrite du nouveau gouvernement. Il buffet deux noms et pousse un soupir de soulagement en lisant ceux de Bomboko, Nendaka et Albert Ndele (gouverneur de la Banque centrale) maintenus à leurs postes. Puis, utilisant le téléphone personnel de Mobutu, il appelle son bureau et dicte son rapport pour Langley. En plaçant la CIA devant le fait accompli, le nouveau maître du Congo a réussi un coup de maître : en pleine guerre froide, il venait de faire des Américains les prisonniers de son propre destin.68(*) Désormais un mariage indissoluble entre Mobutu et la CIA est contracté. Entre Mobutu et la CIA, c'est désormais à la vie à la mort, dans tous les sens du terme. Très vite, les amis Américains se substituent aux relations belges du jeune colonel. Pour la Belgique la solidarité avec les Américains est automatique : elle définit presque consubstantiellement la politique extérieure de la Belgique.69(*) Ainsi s'est réalisé l'avenir du Congo et de l'Afrique centrale et pourquoi pas de l'Afrique en général.

Les années 1960 constituent la période de décolonisation de l'Afrique ; ce processus se réalise en pleine crise où le monde est divisé en deux blocs représentés par les Etats-Unis d'une part et l'Union des Républiques Socialistes et Soviétiques d'autre part. Ce conflit est appelé la guerre froide et aura beaucoup influences sur les pays africains.

Section IV. LA GUERRE FROIDE ET L'AFRIQUE CENTRALE

C'est désormais sous l'angle de la guerre froide qu'il faut comprendre l'évolution politique du Congo depuis son indépendance sous le régime du président Mobutu. Au nom de la géopolitique de la guerre froide, le Président Mobutu régnera sur ce pays stratégique pour servir les intérêts capitalistes. En fait qu'est-ce que la guerre froide ?

§1. La guerre froide

Cette partie retracera sommairement l'histoire de la guerre froide en même temps son impact sur la situation politico-sociale de l'Afrique noire. La guerre froide est l'une des clefs de la saisie de la situation que connaît l'Afrique des Grands Lacs.

Guerre froide, qualificatif attribué à l'état des relations entre les États-Unis et leurs alliés et l'ensemble des nations sous contrôle de l'Union soviétique, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.70(*) Comme l'épithète, froide le désigne, il n'y a pas eu d'affrontement direct entre les Etats-Unis et l'Unions des Républiques Socialistes et Soviétiques ; aucune lutte armée directe n'a eu lieu entre les deux Superpuissances. Malgré l'absence de lutte armée directe entre les deux, leurs relations économiques et diplomatiques ont été très conflictuelles.

La relation entre les deux s'est traduite également par une intense course aux armements tant conventionnels que nucléaires qui ont débouché rapidement sur un équilibre de la terreur ainsi que par une multiplication de conflits locaux où les deux blocs se sont affrontés par pays alliés interposés.

Des intérêts divergents ont conduit les deux groupes à une suspicion et à une hostilité de plus en plus intenses, dans un climat de rivalité idéologique croissante. Le monde fut divisé en deux blocs rivaux donnant ainsi naissance à une course pour l'armement et engloutissant des milliers de dollars dans la militarisation de chacun des deux camps. Pire encore, une course dans la fabrication des armes nucléaires, atomiques et chimiques fut déclenchée.71(*)

Les deux Superpuissances aussitôt s'engagèrent dans la course de partage du monde tout en y recherchant des amis alliés à travers le monde. Aux fins d'asseoir leur suprématie, elles durent encourager et appuyer les mouvements de libération dans les différentes colonies, formuler et financer les programmes de développement, en accordant des capitaux et des technologies aux pays sous développés.

Comme les anciennes puissances coloniales (Grande-Bretagne, France, Belgique et Portugal) sont sorties de la deuxième guerre mondiale affaiblies, sinon détruites, les Etats Unis ont eu peur que l'URSS puisse profiter du vide ainsi laissé. Ainsi, ils se sont coupés en trois pour encourager les mouvements de libération des anciennes colonies en vue de combler le vide ainsi créé par la deuxième guerre mondiale. C'était la politique de ``ôte-toi de là que je m'y mette''.72(*)

Pour l'Afrique en général et la RDC en particulier, la guerre froide a été également à la base de l'instabilité politique et économique de l'Afrique noire depuis les années 1960. Ainsi la détermination de chaque Superpuissance de se créer une chasse gardée en Afrique noire ou une zone tampon a été à la base des conflits armés et coups d'Etat enregistrés dans cette partie du monde depuis l'indépendance et qui sont l'oeuvre de l'Occident et du bloc communiste.73(*)

Alors qu'un chef d'Etat à la tête de son pays est le garant du territoire, de la population et de la souveraineté, tel n'était pas le cas pendant la guerre froide. Tous les chefs d'Etat étant marionnettes, la capacité et la compétence du leader importaient peu comme son utilité à la population et à son pays, son nationalisme, son engagement à son programme de développement. Pour le décideur, seul la cause idéologique comptait : soit le capitalisme, soit le communisme.

Ainsi, les Américains et le reste de l'Occident appuyaient sans condition tout leader africain qui se prononçait contre le communisme. Il était de même pour l'URSS et le reste du bloc communiste qui supportaient tout leader africain prônant aveuglement le socialisme.

§2. Les ambitions du Président Mobutu

Mobutu devient président du Congo par le coup d'Etat du 24 novembre 1965. Malgré les contraintes de la guerre froide, le Président Mobutu jouissait aussi de ses ambitions personnelles, de ses prestiges en tant que chef de l'Etat. Dès son arrivée au pouvoir, Mobutu met donc en place, avec ses différents alliés, des méthodes qui le serviront jusqu'à la fin de sa carrière : il met l'accent sur l'importance économique, stratégique, géopolitique de son pays, et se présente comme un garant face aux risques de chaos ou de dérapage. Surtout, il développe un réseau d'amitiés avec des hommes qui, sans apparaître au premier plan, joueront des rôles clés et en seront dûment récompensés.74(*)

Assuré des soutiens de ses amis occidentaux dont il défend les intérêts, Mobutu se nourrit des ambitions de grands hommes d'Etat. Dans son article sur la politique étrangère du Congo, Olivier Lanotte souligne : « Le Président Mobutu avait l'ambition de devenir, à l'image de Patrice Lumumba dans les années 1959-1960, leader numéro un de l'Afrique subsaharienne75(*). La réussite de cette ambition se fait d'abord par la solidification de son pouvoir.

§3. Pouvoir nouveau, pouvoir fort

Conscient de ce que représente son pouvoir, Mobutu devait avoir un modèle dont les idées lui permettaient d'asseoir son pouvoir : la lecture du `Le Prince' de Machiavel. Mobutu à son début avait lu et a continué à le lire comme livre d'inspiration : « [...] Mobutu lit et relit Le Prince de Machiavel, son ouvrage favori ».76(*) En effet, la théorie politique de Machiavel se base sur la conservation du pouvoir, cette théorie est fondée sur la ruse du Prince.

Ainsi, parmi ses premiers objectifs, le Président Mobutu va très vite s'attacher à se prémunir contre toute menace d'entrave à sa liberté d'action en instaurant un régime d'exception, procédure extra-constitutionnelle qui échappe à tout contrôle et supprime l'ordre constitutionnel sur lequel étaient fondées les institutions nationales, notamment parlementaire.77(*)

Durant la guerre froide, la tension Est-Ouest générait le clientélisme. Dans la majorité des cas, l'ancien colonisateur jouait, après l'indépendance de ses anciennes colonies, le rôle de tuteur relativement bienveillant. Entraînant les cadres de son armée, formant ceux des administrations d'Etat, protégeant les groupes dirigeants avec les quels il a conclu un pacte d'alliance, l'ancien colonisateur était le garant du maintien du jeune Etat indépendant dans la bonne sphère d'influence.78(*)

Avec la bénédiction de ses alliés, Mobutu consolide son pouvoir en vrai dictateur. Le 26 octobre 1966, prétextant que la multiplicité des organes de décision, au niveau de l'exécutif, est un facteur de lenteur et de lourdeur dans la tâche de reconstruction nationale, tandis que le monocéphalisme de l'exécutif sera mieux, à même de canaliser , de stimuler et de bander les énergies afin de permettre au nouveau régime d'atteindre des objectifs dans les délais fixés, le Président Mobutu supprime la fonction du premier ministre et engage le Congo dans la voie du système présidentiel pur.

La voie étant libre, sans résistance, le Président Mobutu concentre alors tous les pouvoirs entre ses mains. Il est Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et ministre de la défense, et conserve la direction de la Sûreté nationale.

Pour gouverner, désormais, il dispose d'un secrétariat général, d'un Haut commissariat à l'Information et d'un gouvernement où les ministres politiciens seront rapidement remplacés par les jeunes technocrates dépourvus de toute assise populaire et dont la loyauté lui est assurée.79(*)

Dès lors, il faudrait monter une structure qui puisse permettre au Président de mettre tous les Congolais à son pouvoir afin de bien les contrôler. Il faudrait penser à créer un parti politique unique. Ainsi, dernière étape de ce processus de verrouillage des institutions congolaises est la création le 20 mai 1967 du parti unique, le Mouvement Populaire de la Révolution, qui devient rapidement la doublure de l'Etat. Instrument de l'oppression populaire, le M.P.R. deviendra un parti Etat jusqu'en 1990, à la fin de la guerre froide.

Le 1er novembre 1970, le général Mobutu qui vient d'avoir 40 ans, il organise les élections présidentielles. Il est élu Président de la République après avoir occupé le poste pendant cinq ans. Il concentre alors tous les pouvoirs entre ses mains : Président du M.P.R., et donc Président de droit de la République, Chef du gouvernement et ministre de la Défense nationale.80(*) La conduite de la politique étrangère du Congo demeure le domaine réservé du Président avec comme conséquences : le gouvernement demeure cantonné aux fonctions subalternes purement exécutives voire symboliques. Ainsi tous les moyens sont à sa disposition pour servir les intérêts de ses alliés et ses propres ambitions.

Ainsi, la géostratégie de la guerre froide contribuait sans coup férir à l'instauration de l'autoritarisme comme système politique en Afrique. Un système politique à la solde de deux superpuissances, un frein pour le développement de l'Afrique.

SectionV. L'AFRIQUE CENTRALE ET LA GEOSTRATEGIE :

PREMIERE SPECIFICITE DE LA RDC

Transformé et modelé selon leur volonté, le Président Mobutu est désormais l'homme qu'il faut pour les Etats Unis et leurs alliés occidentaux. Il règnera autant que possible sur le Congo avec une grande influence sur l'Afrique centrale. La pérennité de Mobutu n'est pas seulement due au fait qu'il représente pour les Etats Unis une garantie de stabilité, un ancrage occidental au coeur de l'Afrique. Il est bien plus que cela : il fait partie de la grande famille des services secrets et rendra au file des années de signalés services à ses parrains.81(*)

§1. La deuxième République

A la lumière de ce qui précède, la RDC représentait un rempart en Afrique centrale pour contrer l'avancée communiste. Ainsi se justifiait sa politique étrangère à l'égard de ses voisins. Quelle est alors la visée de la politique étrangère d'un Etat ? Par sa politique étrangère, l'Etat cherche à répondre au comportement des autres acteurs internationaux et, d'une manière plus générale, agir sur son environnement pour conserver tel quel quand il lui est favorable et de le transformer quand il lui parait défavorable [...] L'Etat cherche par le moyen de la politique étrangère à, au moins, maintenir, et, au plus, accroître ses capacités d'influence à l'extérieure du territoire national.82(*)

La diplomatie de la RDC pendant la guerre froide consistait à accroître le rayonnement des intérêts impérialistes sur ses voisins : un pays fort sur tous les plans. En effet : « Sur le plan des échanges diplomatiques permanents, par sa position centrale, la RDC apparaît comme le centre diplomatique principal des neuf Etats de l'Afrique centrale : Kinshasa est d'ailleurs l'intermédiaire diplomatique d'un grand nombre de représentation étrangère auprès des autres Etats de la zone. Fier de sa grandeur, le Président Mobutu avait marqué la diplomatie du pays en inaugurant une diplomatie extérieure personnelle.83(*)

§2. Facteur des puissances la spécificité du régime

D'ailleurs la conséquence logique de cette diplomatie était au lieu de privilégier la diplomatie du terrain, la RDC a dû recourir à la complaisance de la proximité. Sur le plan militaire, la RDC était le pays allié occidental le mieux équipé en Afrique centrale pour faire face à l'Angola et aux menaces éventuelles du communisme. De ce fait, les grandes puissances ont eu un mot à dire dans le cadre des relations internationales de la RDC.84(*) Cette ingérence fondée sur la diplomatie de la guerre froide a plus joué pour la grandeur du Président Mobutu. La diplomatie congolaise a commencé à perdre son élan et partant sa crédibilité d'autant plus que les diplomates en poste ne défendaient pas les intérêts du pays, mais servaient les caprices du Président Mobutu et s'évertuaient à assurer la survie de son régime.85(*)

§3. L'anticommunisme et les enjeux occidentaux

I. L'anticommunisme

Depuis son indépendance, la RDC constituait un objet de tiraillement : « victime de l'enjeu politique entre URSS et les Etats Unis, la RDC a été constamment convoitée par chacune des puissances qui chercheront à se créer des amitiés et des inimitiés dans ce pays dès l'indépendance. Pour Washington, la lutte contre le communisme au Congo était plus facile à mener à partir de Kinshasa. Il ne fallait pas ainsi permettre au Congo de se désintégrer en plusieurs petits Etats car il serait plus difficile dans cette situation de garder tout dans un même camp idéologique.86(*) Voilà le rôle que jouera le Président Mobutu pendant trois décennies et l'unité du Congo sera l'objet de son prestige durant tout son règne.

L'armée de la RDC devait être bien équipée pour dissuader tous les pays voisins. Ainsi, beaucoup d'unités de l'armée congolaise ont été formées dans des grandes académies militaires occidentales et étrangères. Pour marquer sa supériorité par rapport à ses voisins, l'armée de Mobutu intervenait dans beaucoup de pays voisins voire jusqu'au Tchad. La stabilité du Congo a reposé sur l'instabilité organisée de ses voisins.

II. L'enjeu de relation avec l'Angola

La relation entre la RDC et l'Angola était le prototype des relations caractéristiques des pays africains pendant la guerre froide : les deux voisins devinrent ennemis à cause de l'idéologie occidentale. Pourtant avec une histoire commune, une culture commune.

Dans le contexte de la guerre froide, au nom de socialisme scientifique ou du libéralisme, les Africains en sont arrivés à s'opposer les uns aux autres. L'Afrique noire qui était devenue de facto un prolongement des Etats Unis et de l'URSS, était divisée en deux camps selon les sources de l'aide militaire et économique qu'un Etat recevait87(*). Le modèle concret était la RDC et l'Angola.

L'Angola était soutenu par L'URSS et la RDC par les Etats Unis. Ainsi, se justifiaient les incursions fréquentes de l'armée de la RDC en Angola pour appuyer l'UNITA de Jonas Savimbi. Celui-ci était le président du parti rebelle angolais soutenu par les Américains contre le régime marxiste de Luanda. La base militaire de l'Unita se trouvait en RDC. Jonas Savimbi trouvait appui à Kinshasa pour lutter contre les Portugais, mais plus encore contre le MPLA, soutenu par l'Union Soviétique.88(*)

Chaque président américain devait soutenir Mobutu ; c'est pourquoi la croisade anticommuniste de Ronald Reagan fait du Zaïre de Mobutu un bastion indispensable pour lutter contre la présence des Cubains en Angola et affaiblir l'influence soviétique en Afrique.89(*)

III. Evaluation des facteurs de puissance

Comme les deux superpuissances avaient transformé l'Afrique en leur champ de bataille, les attaques de la RDC contre l'Angola ne devaient pas restées sans réplique. C'est ainsi que les interventions répétées de la RDC dans les affaires intérieures angolaises auront cependant ses revers : en 1977-1978, elles entraînent deux invasions du Shaba.90(*)

Aussi, pour l'équilibre géopolitique de la guerre froide, l'Angola entretenait des groupes rebelles hostiles au régime mobutu ; c'était des anciens lumumbistes de l'obédience communiste. La principale rébellion fut le F.N.L.C. (Front National pour la Libération du Congo) de Nathanaël Mbumba. En 1977-1978, leur attaque sur Kolwezi marque la dernière tentative de renversement du régime de Mobutu par la lutte armée. Ces opposants étaient persuadés du soutien au régime mobutu, allié fidèle des occidentaux. Ainsi, lors de ces guerres de Shaba, on a vu les armées étrangères venir à la rescousse du régime : l'armée marocaine, française et belge. Le soutien des Etats Unis se faisait plus par les moyens logistiques.

Colette Braeckman analyse cette période en affirmant : « Si les interventions angolaises en RDC se soldèrent par un désastre pour l'armée de Mobutu, les deux invasions du Shaba, au départ de l'Angola, donnèrent aux Occidentaux l'occasion de sauver le régime de Mobutu. A chaque fois, Mobutu sut transformer sa défaite militaire en victoire politique.91(*) Une récupération pour son prestige personnel.

Durant tout ce temps, la guerre contre l'Angola donnera à Mobutu l'occasion d'obliger ses alliés et de cueillir à sa manière les fruits de la guerre froide. Mobutu s'est fait un grand président sur le grand pays de l'Afrique centrale. Ce grand pays a évité la balkanisation pour mieux combattre le communisme. Mobutu récupérait la situation pour en faire une victoire politique : le pacificateur du Congo, l'unificateur du grand Congo alors que c'était le plan géostratégique des Occidentaux.

§4. La nouvelle donne régionale avec Mobutu

Comment ce pays potentiellement riche est-il resté sous développé sous le régime mobutu ? Pour l'Afrique noire qui était alors marquée par la mauvaise gouvernance, la guerre froide a été une véritable malédiction dans la mesure où la dynamique et la sociologie de la guerre froide eurent des retombées plutôt négatives sur le développement social, politique et économique de ce continent qui était transformé en champ de bataille et en laboratoire d'expérimentation.92(*)

I. L'apogée du Président Mobutu : l'unité nationale

Parmi les fleurs jetées à Mobutu, il y a l'unité des Congolais et l'intégrité territoriale. C'est l'héritage du régime Mobutu laissé aux Congolais. La région des Grands Lacs est entrée dans la zone de turbulence, il y a une décennie maintenant. Les congolais font face aux nombreux défis notamment celui de l'intégrité territoriale. En effet, l'intégrité territoriale fait partie essentielle du pouvoir et tous les régimes qui succèdent à Mobutu sont confronté à ce défit. Comment peut-on alors comprendre cela ?

La reconnaissance de cet acquis à Mobutu est légitime, mais il faut voir cela dans le prisme de la géopolitique de la guerre froide. Mobutu était un acteur important pour l'équilibre de l'Afrique centrale. Avec l'influence de l'Occident, la RDC comme bouclier contre le communisme et un territoire regorgeant des minerais importants, ne devait pas constituer une zone de turbulence au risque de tomber dans les mains de l'URSS. Ainsi, le Président Mobutu durant tout son règne a profité de ce privilège. Il était rassembleur, le vainqueur de la rébellion muleliste-lumumbiste de 1964, la sécession katangaise ; il a sauvé le pays de deux guerres du Shaba.

Cependant, quand il a plu à ses maîtres de changer la destinée de la RDC, Mobutu était réduit à son rôle d'un simple pion. Il s'était retrouvé devant son incapacité de défendre l'intégrité de son Zaïre tant aimé et d'assurer la sécurité des Zaïrois. Ainsi, il chute en mai 1997, chassé de Kinshasa comme un vagabond et meurt quatre mois plus tard en exil au Maroc. Depuis longtemps déjà, l'Amérique et la CIA l'ont abandonné comme un Kleenex usagé. Celui qui fut, en 1960, `the rightman at the rigfth place and at the rigth time' était devenu obsolète après la fin de la guerre froide. Pis, gênant93(*). Au mépris flagrant des droits de l'homme. Le bâton de commandement était passé entre les mains de Laurent Désiré Kabila. Pour prouver que la destinée de ce pays leur dépend, ils ont propulsé, en un temps record, Laurent Désiré Kabila à chasser Mobutu pour sept mois seulement. Kabila à son tour en payera le prix.

Depuis l'indépendance du Congo, le pays est resté dans la sphère des contraintes géopolitiques. A l'indépendance c'était les contraintes de la guerre froide et le Congo jouait le rôle du bouclier de l'Occidental contre le communisme. Ce qui avait renforcé l'image du président Mobutu jusqu'à la chute du mur de Berlin. Cette chute du mur de Berlin, symbole de la chute du communisme, a changé le statut du monde. Les Etats Unis sont restés le seul maître du monde. Le Congo perd son statut du bouclier contre le communisme. Ce qui conditionne une nouvelle configuration du monde par le fait même de la RDC.

II. Le régime Mobutu et la Perestroïka

La géopolitique de la guerre froide avait façonné le Président Mobutu pour sa cause. C'est ainsi que la fin politique de Mobutu était liée à la Perestroïka. La fin de la guerre froide a modifié la configuration géopolitique du monde en général et de l'Afrique centrale en particulier. Les Etats Unis se retrouvent seuls comme maître du monde. Mais la RDC est toujours un enjeu géostratégique pour l'Occident.

La chute du mur de Berlin a soufflé la démocratie. Ce vent n'a épargné aucun pays africain. Les présidents entretenus pendant la guerre froide, qui ont régné en dictateur, sont contraints de se convertir en démocrates, d'ajuster leurs tirs, d'abolir leurs Partis-Etats. Ceux-ci s'étaient instaurés dans le cadre de la géopolitique bipolaire, opposant le camp occidental patronnant les hommes forts comme le maréchal Mobutu et le MPR au Zaïre, au camp oriental, protecteur du président Neto et du MPLA, Parti du Travail en Angola.94(*) Coïncidence malheureuse pour Mobutu malade. Le souci de maîtriser la RDC conduit les Américains à vérifier la santé de Mobutu. Ainsi « en septembre 1996, les services de renseignement des Etats Unis ouvrent le dossier médical de Mobutu Sese Seko. Les médecins y parviennent que le président du Zaïre n'a plus que deux années à vivre parce qu'atteint d'un cancer de la prostate. Les responsables du département Afrique au Pentagone se sont alors mis à la recherche d'un nouvel homme fort pour l'après-Mobutu ».95(*)

En effet, en RDC, il y a eu succession des événements remarquables. La chute du Parti-Etat, le M.P.R. de Mobutu et le processus de la démocratisation du pays. La guerre de la libération du Rwanda, la mort du Président Juvénal Habyarimana et l'arrivée du FPR au pouvoir ont eu pour conséquences la fuite des Forces Armées Rwandaises, armées vaincues et des milicesInterahamwe et les refugiés pour s'installer à l'Est de la RDC.

Il convient de noter qu'à part ces événements susmentionnés, les événements d'ordre purement factice, il ne faut pas non plus oublier le rôle des maîtres du monde. Ceux-ci qui ont fabriqué le Président Mobutu pour régner trois décennies durant, ont profité de ces événements de l'Est de la RDC pour changer les donnes géopolitiques : trouver un remplaçant à la tête de la RDC.

Pour Colette Braeckman, il y a aussi des erreurs que Mobutu n'aurait pas pu commettre devant ses maîtres qui lui ont coûté trop cher : « En outre, par désintéressement ou inadvertance, le président Mobutu va commettre deux erreurs qui achèveront de le condamner aux yeux des américains. Il tolère que ses généraux, de mèche avec les trafiquants libanais, protègent des opérations de blanchissement d'argent de la drogue (les dollars à recycler sont envoyés dans les régions minières où ils servent à acheter les diamants extraits par les creuses) et se livrent à d'importants trafics d'armes. Surtout, il donne satisfaction aux Français sur un point sensible : les relations avec le Soudan. Alors que par le passé Mobutu a entretenu des relations cordiales avec John Garang, le leader du Mouvement Indépendantiste du Sud du Soudan (SPLA : Armée Populaire du Sud du Soudan), il cède aux requêtes françaises et autorise Paris à utiliser le nord de son pays pour venir en aide au régime islamiste de Khartoum.96(*)

Au fil des années, le Président Mobutu, devenu une sorte de paria de luxe depuis qu'il a torpillé la démocratie, a été le seul à tirer bénéfice de la tragédie rwandaise : en juin 1994, le maréchal a en effet été personnellement prié par la France d'accueillir les réfugiés rwandais en terre zaïroise et d'autoriser l'opération Turquoise à utiliser Goma comme base arrière. Cet accord lui a valu des avantages immédiats : la France a brisé l'embargo diplomatique qui le frappait, le maréchal a retrouvé cette scène internationale qu'il aimait tant : il s'est même offert le luxe de plaider en faveur des réfugiés hutu lors du sommet social organisé par l'ONU à Copenhague.97(*) Ce lien privilégié qu'entretenaient Mobutu avec la France était naturellement contre les intérêts anglo-saxons dans la région.

Totalement isolé sur la scène internationale depuis 1990-il n'est plus reçu nulle part, si ce n'est dans les arrière-cuisines,-gravement miné par la maladie, le Président Mobutu n'a pourtant plus les moyens de sa politique. De plus en plus coupé des réalités zaïroises-il vit replié dans son village de Gbadolite-et internationales-notamment la fin de la guerre froide-, le Président Mobutu n'a plus une bonne vision d'ensemble de la situation et n'est plus à même d'assurer pleinement sa fonction de premier représentant de l'Etat. 98(*) Quelle coïncidence malheureuse !

Or, le Zaïre Mobutu n'est pas seulement fragilisé par la maladie de son chef, l'incurie des généraux et le désaveu des Américains, il va être l'un des premiers pays à faire les frais de la nouvelle donne apparue avec la fin de la guerre froide et confirmée après le génocide au Rwanda. Mobutu fini, l'important reste maintenant sa succession.

III. L'enjeu de la chute de Mobutu : l'émergence d'un nouveau leader

Les conflits à l'Est de la RDC de 1994 ont milité pour déstabiliser le régime de Mobutu : « les incursions incessantes des troupes rwandaises au Congo relèvent de l'exécution d'une stratégie arrêtée par la coalition américano-britannique, sans considération de l'ancienne répartition des zones d'influence qui prévalait au temps de la guerre froide »99(*). Cette stratégie sera exécutée par le Rwanda et l'Ouganda, les alliés anglo-saxons en Afrique centrale.

Ainsi, ses pays voisins et leurs alliés Américains ne s'y trompaient pas, ils savaient que le maréchal Mobutu était malade et sa redoutable armée qui faisait trembler l'Afrique centrale n'était plus qu'un tigre en papier. Donc, il fallait agir pour lui faire payer son gloriole. C'est à partir de ce constat malheureux que sera scellé un nouvel avenir pour la RDC, le grand et puissant pays de l'Afrique centrale. Au nom de la géopolitique, l'imprévisible Laurent Désiré Kabila fera son apparition une fois encore et définitivement sur la scène internationale comme substitut du Président Mobutu.

Par conséquent, la RDC était une grande puissance en Afrique centrale. Domptée d'une forte armée bien équipée avec les corps d'élites formés dans des célèbres académies militaires du monde, la RDC avait l'ascendance sur ses voisins. Les relations avec ces derniers durant cette période étaient celles de la supériorité de la RDC sur eux. Le symbole de cette grandeur le prestige du Président Mobutu.

Ainsi les relations de la RDC avec ses voisins avant l'avènement de l'AFDL s'étaient caractérisées par le rayonnement de la supériorité de la RDC sur ses voisins. Le maintien de l'étendue de ce pays en protégeant son intégrité en Afrique centrale constituait la géostratégie. Le grand pays de l`Afrique centrale devait être fort, puissant constituant le rempart sûr contre le communisme. En, plus la stabilité de ce pays permettait l'exploitation de ses richesses avec quiétude

CONCLUSION

L'indépendance du Congo le 30 juin 1960 est un événement majeur pour le pays. Cette indépendance fut l'occasion par excellence pour que se dévoile la volonté de grandes puissances sur le Congo. Ce pays occupe une place de choix en Occident à cause de son potentiel minéral. L'Occident devait alors considérer le Congo comme son bien privé un espace libre à exploiter, son grenier en minerais. Dès lors toutes les manoeuvres seront mises en exécution pour ne pas perdre le Congo.

L'environnement dans lequel le Congo a accédé à son indépendance était celui de la bipolarité du monde : l'Est et l'Ouest. Le monde était défini en fonction de ces deux blocs. En raison de sa position géostratégique, le bloc de l'Ouest devait monter des stratégies pour ne pas perdre le Congo au profit du bloc de l'Est qui n'était pas non plus indifférent vis-à-vis du Congo. Les conséquences de cette convoitise seront désastreuses pour le Congo : la succession des guerres fratricides au pays à peine devenu indépendant.

La stratégie occidentale pour garder l'influence sur le Congo sera alors de placer un homme de leur confiance à la tête de ce pays. Le président Joseph-Désiré Mobutu était « l'homme qu'il faut à la place qu'il faut ». Ainsi le président Joseph-Désiré Mobutu, avec la bénédiction de l'Occident, régnera en main de maître sur le Congo afin de défendre leurs intérêts. Le Zaïre de Mobutu était un Etat puissant en Afrique centrale avec une influence dans la région. Au crépuscule de sa vie, malade, Mobutu était abandonné par l'Occident. Il sera remplacé par Laurent Désiré Kabila. Celui-ci acceptera-t-il de jouer le rôle de Mobutu, être marionnette de l'Occident ?

CHAPITRE III. L'AVENEMENT DE L'AFDL ET LA CHUTE DE MOBUTU

Section I. LES CAUSES  DE LA GUERRE AU ZAÏRE

L'avènement du FPR au pouvoir au Rwanda par la guerre a constitué un tournant majeur pour l'Afrique centrale. Pour Mwayila Tshiyembe : « Faisant sentir ses effets bien au-delà des Grands Lacs, le cyclone rwandais s'est révélé être un vecteur puissant de la recomposition géopolitique de la région. Il a brisé deux pôles de structuration de l'influence britannique et francophone, le Kenya et le Zaïre100(*). Cette affirmation ouvre l'une de meilleures pistes pour la compréhension de la situation qu'a connue la RDC.

Il est important de souligner que la guerre de l'AFDL au Zaïre a eu une double cause. Il y a les causes internes et les causes externes. Les causes internes sont constituées en majeure partie des évènements qui ont suivi le 24 avril 1990, date de l'instauration du multipartisme au Zaïre par le Président Mobutu. Sorti d'un système du parti unique, l'ouverture au multipartisme était la cause de la fragilisation du pouvoir du Président Mobutu. L'environnement politique national était également malsain après sept années de transition inachevée. La démocratie laisse libre cour à l'opposition de dénoncer les méfaits du régime. Ce qui préparera le terrain pour accueillir l'AFDL.

§1. Les causes internes de la guerre de la RD Congo

L'opposition politique se solidifie et travaille pour la conscientisation du peuple. « Etienne Tshisekedi, symbole de l'opposition irréductible et incorruptible au régime mobutu. Le parti UDPS a certes fait une brèche durable dans l'édifice mobutiste, et ce faisant, il a préparé indubitablement la voie à la libération AFDL de L D Kabila.101(*)

Sur le plan économique, l'Etat zaïrois était en déliquescence accéléré sur toute l'étendue du territoire national. Il avait cessé de payer ses fonctionnaires depuis plusieurs années. Les familles ne mangeaient qu'une fois par jour et parfois à tour de rôle.102(*) Ajouter à cela les moyens de communication qui étaient conjonctures, délabrés : routes de desserte agricole disparues sous les nids de poule et la végétation. Ce qui conduit les Zaïrois à « l'article 15 :débrouillez-vous est le summum du cynisme mobutiste. Le peuple est ainsi abandonné à lui-même. La société zaïroise est devenue une jungle où chacun survit comme il peut aux dépens de celui au-dessus, en dessous ou à coté».103(*)

Su le plan de l'armée nationale, l'armée zaïroise était dans l'incapacité évidente de remporter quelque victoire que ce soit sur un ennemi même faible, vu son état de délabrement et de décomposition voulu sans nul doute par les hauts responsables de l'Etat Major dont le Chef Suprême des Armées, le maréchal-président Mobutu. Ce qui a permis à l'AFDL de passer de ville en ville sans peine majeure.104(*)

Devant une telle situation, le terrain était déjà préparé pour accueillir l'AFDL en libérateur. Le régime du président Mobutu étant considéré comme cause de la misère du peuple, n'importe quelle personne capable de libérer les Zaïrois du joug de Mobutu devait être le bien venu. Telles sont les causes internes qui ont concouru à la réussite de l'AFDL.

§2. Causes lointaines : Les visées expansionnistes anglo-saxonnes

Nous avons consulté l'encyclopédie Wikipédia , selon cette encyclopédie, de nos jours, on tend à employer le terme   Anglo-Saxons de manière quelque peu familière pour désigner les peuples anglophones issus de Grande-Bretagne, ce qui comprend les États-Unis, l' Australie et la Nouvelle-Zélande.105(*) Dans ses analyses de la géopolitique anglo-saxonne Aymeric Chauprade ajoute un aspect très important : quant à la géopolitique anglo-saxonne, de l'Angleterre à la fin du XIXe siècle jusqu'aux Etats Unis d'aujourd'hui, elle n'a cessé de penser l'empire du monde.106(*) Désormais, l'Afrique centrale est l'une des priorités de cette géopolitique.

En effet, la fin de la guerre froide a laissé les Etats Unis comme grande puissance seule après la disparition de l'URSS. Cette nouvelle situation a obligé les Etats Unis et leurs alliés à s'adapter aux nouveaux conditionnements et comportements : reconsidérer leurs stratégies à travers le mode. En Afrique, la cible de cette nouvelle stratégie est l'Afrique centrale.

L'histoire remonte à la prise du pouvoir en Ouganda par Yoweri Kaguta Museveni, depuis le 29 janvier 1986. Ce dernier n'est pas tombé du ciel ; il est le pion des Américains pour la région car l'une de causes de l'Ouganda à continuer la guerre au Congo et à son intérieur est les Américains qui l'ont choisi pour asseoir leur emprise sur la région orientale d'Afrique dont la RDC. Cette région est considérée comme stratégique pour arrêter l'avancée de l'extrémisme islamique. De plus, elle regorge d'importantes ressources stratégiques qu'il faut contrôler grâce à une assise géopolitique dans cette zone anglo-saxonne qui doit aller d'Egypte à l'Afrique du Sud. Désormais, la guerre au Congo est un dossier exclusif du Pentagone et de la CIA à en croire les affirmations des personnes avisées.107(*)

Cette nouvelle stratégie est fondée sur le mouvement de résistance nationale qui n'est autre chose que la rébellion contre le régime en place avec la face cachée de ceux qui le soutiennent. Il organise en février 1981 le Mouvement de résistance nationale (NRM) qui deviendra une armée de guérilla importante et bien organisée. A l'issue de cinq ans de lutte armée, les rebelles s'emparent de la capitale Kampala le 26 janvier 1986 et renverse le président Tito Okelo. Yoweri Museveni prête serment comme président de l'Ouganda le 29 et d'office reconnu par la communauté internationale. Dès lors il organise des élections truquées pour se légitimer. Il soutient son ambition d'être le nouveau parrain de la région adoubé comme tel par les Américains parce qu'il a provoqué des réactions en chaîne qui ont entraîné plusieurs changements de régime.108(*)

Une lecture de l'actualité sensible à l'histoire de la région permet d'analyser l'apparition de nouveaux pouvoirs en Ouganda et au Rwanda, mais aussi en Ethiopie et en Erythrée comme l'émanation de minorités longtemps brimées ou exclues qui, une fois établies leur hégémonie, suscitent à leur tour la désaffection ou la rébellion d'autres factions minoritaires. Et selon cette nouvelle méthode, dans la mesure où les gouvernements en place appuient les rebellions chez leurs voisins, ils contribuent à donner une dimension régionale à des guerres civiles, permettant la formation d'alliances plus au moins conjoncturelles entre factions dirigeantes et factions rebelles109(*).

§3. La nouvelle configuration de la Région

Parmi les principaux acteurs des conflits de la région des Grands Lacs, la RDC est un pays francophone avec le Rwanda et le Burundi. L'Ouganda, la Tanzanie sont anglophones. Les Tutsi du FPR sont en majorité anglophones pour avoir longtemps vécu en Ouganda et en Tanzanie. La guerre du FPR contre le régime de Habyarimana constitue par le fait même une guerre des anglophones contre les francophones. Les intérêts anglo-saxons et francophones sont mis enjeu. Derrière Museveni et le FPR, les Américains voient une assurance pour le contrôle de la RDC, l'enjeu important de la région. Pour la réalisation de cette stratégie, « l'Ouganda et le Rwanda seront appuyés par la logistique des Etats Unis qui a transféré l'arsenal de la marine US ayant servi en Somalie dans les bases militaires ougandaises et sur les îles du lac Victoria ».110(*)

Les intérêts français dans la région sont représentés par la RDC de Mobutu et le Rwanda de Habyarimana, étant francophones. Et c'est la conséquence du soutien indéfectible de la France au régime de Mobutu et de Habyarimana. La France avait envoyé les troupes avec le Zaïre au Rwanda pour combattre la rébellion du FPR en 1990. Apres le génocide de 1994 au Rwanda, sentant venir la menace anglophone, la France organise l'opération Turquoise pour protéger le régime Mobutu contre les anglophones du FPR venus de L'Ouganda.

Le nouveau régime installé au Rwanda avec les Tutsi de diaspora est anglophone et bénéficie d'appui américain. Nouvellement installé, les américains joueront de leur influence à l'ONU pour le levé de l'embargo sur les armes au Rwanda. Apres le Rwanda du FPR, devenu anglophone, la prochaine cible était la RDC.

En effet, à la prise du pouvoir à Kinshasa par l'AFDL, le gouvernement Kabila avait plus de penchant anglophone que francophone. La nouvelle monnaie, le franc congolais est un exemple frappant. Il est à noter en passant que la position même du président Kabila vis à vis de la francophonie. On se souviendra du sommet de la francophonie de Hanoi au Viet Nam, du 14 au 17 novembre 1997.

Section II. CAUSES IMMEDIATES :

CONFLITS INTERCOMMUNAUTAIRES

Le rôle géopolitique de Museveni s'est précisé au fil des années, résultat des événements qui se succèdent dans une région où, plus qu'ailleurs encore, les crises, d'un pays à l'autre, s'interpénètrent. Si Museveni est au pouvoir, c'est parce que le Président Julius Nyerere a cru en lui et l'a soutenu militairement. Dans ce mouvement, Museveni avait bénéficié de l'appui militaire des Tutsi Rwandais chassés du Rwanda par les Hutu. De ce groupe l'une des figures remarquables était Paul Kagame. De bonnes habitudes demandent que les bonnes actions ne soient jamais oubliées.

Les Tutsi exilés en Ouganda créent en 1987 le Front Patriotique Rwandais (FPR) avec l'un de ses meneurs Paul Kagame. Ils bénéficient aussi du soutien militaire de Museveni avec base arrière en Ouganda. Ils entrent en action en 1990 contre le pouvoir du Président Habyarimana. Et en 1994, le FPR prend le pourvoir à Kigali après la mort tragique d'Habyarimana dans le crash de son avion le 6 avril 1994 du retour de Arusha en Tanzanie où se déroulaient des négociations avec le FPR ; une mort qui reste encore un mystère jusqu'aujourd'hui en même temps que le génocide qui s'en est suivi au Rwanda. La prise du pouvoir par le FPR met fin à l'exil des Tutsi et le cycle continue avec l'exile des Hutu.

La prise du pouvoir au Rwanda par les Tutsi a créé une crise humanitaire dans la région avec le déplacement important des réfugiés dans la région. Depuis la prise du pouvoir par Museveni en Ouganda par les armes, les élites Tutsi voient dans la domination politique et militaire le moyen d'assurer leur survie. Une bonne partie constituée des Hutu se réfugient en RDC avec l'armée vaincue des Forces Armées Rwandaises (FAR) et les milices privées du président Habyarimana, les Interahamwe. Cette situation a crée une instabilité, amplifiant ainsi la violence dans la région. Avec la crise du Kivu, tous les pays voisins du Zaïre avaient pris conscience que ce pays glissait lentement vers le chaos et risquait de constituer une menace pour leur stabilité et l'équilibre régional.

§1. La recherche de la nationalité congolaise

Cette situation a occasionné la prise de conscience tutsi et a favorisé la naissance de l'Alliance pour la Libération du Congo-Zaïre(AFDL), alliance composée de différents mouvements : des groupes tutsi, formés et entraînés au Rwanda, des troupes d'obédience lumumbiste qui se trouvaient en Ouganda, auxquels se sont joints de façon plus spontanée des opposants de l'intérieur du pays.111(*) Nous aurons à examiner plus loin cet aspect.

Comme on le voit, cette volonté d'attaquer la RDC de l'extérieur est un résultat d'une réaction en chaîne impulsée depuis les pays voisins qui tous avaient intérêt, pour des raisons différentes, à précipiter la fin du règne du Président Mobutu.

En effet, la présence rwandaise en territoire congolais est ancienne. Avant l'arrivée des Européens, les royaumes interlacustres du Rwanda et de l'Urundi étaient en pleine expansion. L'influence politique de leurs souverains et le prestige de leur culture s'étendait au-delà de leurs limites géographiques. En RDC, le Kivu comprenait plusieurs petits royaumes et représentait une aire d'expansion naturelle pour les populations du Rwanda ou du Burundi désireuses de trouver de nouvelles terres ou d'échapper à l'autorité de leurs souverains.

Dans cette environnement, quelques groupes d'éleveurs ont quitté le Rwanda à la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle pour s'installer au Sud-Kivu. Ils se sont établis dans le territoire de Mwenga où les locaux, par droit de l'hospitalité, leur ont concédé l'usage de terres.112(*) Sociologiquement leur langue s'apparente au Kinyarwanda. Ils se communiquent avec tous les autres Tutsi et partagent la même culture. Ainsi, le malheur qui s'abat sur un Tutsi de la région concerne tous les Tutsi. Ce qui explique aussi les attitudes du Rwanda à l'égard de la RDC, plus spécialement au Kivu où sont les Tutsi. En outre, sous le régime mobutu, les réfugiés rwandais Tutsi avaient été bien accueillis, autorisés à poursuivre des études et à occuper des postes importants. Par ailleurs, devant ce cas, l'opinion des habitants du Kivu reste que ceux que l'on appelle les Banyamulenge sont une ethnie imaginaire, fabriquée pour la circonstance par un Rwanda désireux d'utiliser ses cousins lointains comme relais de son influence au Congo.113(*)

En effet, depuis leur installation en RDC, les Banyamulenge ne sont jamais reconnus comme des vrais Congolais. Leur lutte dans l'AFDL contre le régime Mobutu est motivée par le fait, une fois arrivés au pouvoir, qu'ils soient Banyarwanda ou Banyamulenge, les Tutsi du Kivu partagent un même désir : être reconnus comme citoyens congolais à part entière, et, pour les plus entreprenants d'entre eux, avoir la possibilité de vivre et de travailler indifféremment des deux cotés de la frontière.114(*)

Que ce soit ce qui est arrivé en Ouganda, au Rwanda, il y a un fait à souligner notamment une nouvelle méthode inaugurée et soutenue par les Etats souverains : la violence comme mode d'accession au pouvoir. Les chefs de tels ou tels mouvements insurrectionnels sont formés dans les écoles occidentales selon un profil bien déterminé. Comme gratification, une fois au pouvoir, la reconnaissance du régime ne se fait pas attendre en foulant au pied les règles de l'ONU : « Art.1, alinéa 7, le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats », d'où la violation flagrante du droit international.

§2. La crise identitaire

Par ailleurs, la question que beaucoup de congolais se posent est de savoir s `il n'y avait pas eu génocide au Rwanda, ce qui avait entraîné le renversement du régime Habyarimana et le repli hutu au Kivu, l'invasion du Zaïre aurait-il eu lieu ? Cette question trouve sa réponse dans la lecture globale de la situation des conflits : la fin de la guerre froide et l'expansionnisme anglo-saxon d'une par, d'autre part, l'instrumentalisation des Tutsi dans la région. Faisant d'une pierre deux coups, les Tutsi ont profité de la situation pour réaliser leur plan.

Après la prise du pouvoir à Kigali par l'APR, les Banyamulenge décidèrent de rejoindre, pour utiliser leur propre expression, la terre promise qu'est le Rwanda où se trouvent leurs frères. Après avoir traversé la frontière, la plupart d'entre eux avaient même déchiré leurs cartes pour citoyen congolais reçues frauduleusement auprès des agents de l'administration de l'Etat-civil. Malheureusement, en arrivant dans le Pays de leur rêve, qu'ils avaient longtemps quitté à la suite des guerres fratricides et de palais ainsi que des famines, les choses avaient vite tourné au vinaigre.115(*) Nous reproduisons un article relatant en substance le plan Tutsi su la RDC.

En effet, l'incident était qu'au moment de recrutement des cadres aussi bien dans l'administration que dans les Entreprises publiques et privées, sur dix places à pourvoir par exemple, sept étaient occupées par les Tutsi Banyamulenge venus du Congo, deux places occupées par les Tutsi venus du Burundi et une place par le Tutsi venu de l'Ouganda. C'est parce que la plupart des Tutsi venus du Congo avaient pu faire des études universitaires et occuper des hautes fonctions, mais aussi qu'ils revenaient avec de l'argent. Ceux venus du Burundi n'avaient pas suffisamment étudié, mais avaient prospéré dans les affaires. Par contre ceux venus de l'Ouganda étaient pour l'essentiel des militaires faiblement instruits.
Préoccupés de perdre le leadership du pouvoir devant les Tutsi venus du Congo, Monsieur Paul Kagame a proposé aux Banyamulenge de retourner en RDC pour deux raisons profondes.
La première raison était de lui faciliter à pourchasser les Interahamwe et les soldats des ex-Forces Armées Rwandaises (FAR) pour les massacrer puisque leur présence en RDC était toujours une menace à la sécurité du pouvoir de Kigali.

La seconde raison consistait à l'annexion de l'Est de la RDC en partant du triangle intégrant tout le territoire entre les axes Bunia (Province Orientale), Shabunda ( Sud-Kivu) et Kalemie ( Province du Katanga) en passant par le Nord-Kivu. Et pour y parvenir, le prétexte était pour les Banyamulenge de revendiquer leur droit à la nationalité congolaise jusqu'à la dernière goutte de leur sang tout en restant Rwandais. C'est ainsi que dans les cercles privés de Kigali, l'idée d'une annexion de fait du Kivu est cependant régulièrement évoquée : les tenants du petit projet défendent l'idée d'une zone tampon sur la frontière tandis que ceux qui rêvent d'un grand projet assurent que le Kivu finira tôt ou tard par être rattaché au Rwanda.116(*)

Par ailleurs, l'opinion congolaise, pour sa part, redoute d'autres projets. Elle constate qu'au début de la guerre, les officiels rwandais, le Président Bizimungu en tête, brandissent des cartes datant de l'époque coloniale, démontrant qu'autre fois les ressortissants de plusieurs régions du Kivu étaient considérés comme des sujets du Mwami du Rwanda.117(*)

C'est ainsi que le Rwanda avait envahi la RDC en 1996 sous la bannière de l'AFDL, par le truchement de ses fils Banyamulenge, émigrés dans ce Pays. Les jeunes Banyamulenge étaient rentrés à Minembwe pour se concerter avec certains de leurs parents encore restés dans les Hauts plateaux en attendant leur rapatriement au Rwanda. Ils avaient constitué trois commissions consultatives : celle des hommes, des femmes et des jeunes.

Après concertations, les hommes ont fustigé l'ingratitude de leurs enfants envers les populations congolaises du Sud-Kivu qui les avaient accueillis lors de leur fuite jusqu'à les intégrer sans problème. La Commission des hommes a rappelé à celle des jeunes que tous les Banyarwanda en RDC ont étudié sous le même statut que les enfants congolais. Ils ont eu les mêmes opportunités pour l'accès à l'emploi. Ils avaient invité leurs enfants à ne pas trahir l'hospitalité légendaire du peuple congolais. Cette commission s'était catégoriquement opposée à la guerre. Les hommes Banyamulenge acceptaient de garder leur statut de Banyarwanda pourvu que les Congolais leur réservent l'hospitalité comme par le passé. Quant à la commission des femmes, elles avaient abondé dans le même sens que les hommes.

Par contre, la commission des jeunes avait soutenu de prendre les armes pour revendiquer la nationalité congolaise même au prix de leur sang. Dans l'entre-temps, une campagne médiatique fut déclenchée par le Rwanda jusqu'au point où le Président Rwandais d'alors, Monsieur Pasteur Bizimungu dut mettre en cause les frontières héritées de la colonisation. C'est à cette même occasion qu'il déclara lui-même à partir de Cyangugu, Province rwandaise séparée de la Ville de Bukavu par la rivière Ruzizi, mais reliées entre elles par deux ponts, que les Banyamulenge sont des Rwandais et qu'ils devraient d'abord donner une leçon aux congolais avant de retourner chez eux.

Pour justifier la première guerre, Laurent Kabila fut sollicité de se joindre à eux pour chasser ensemble le Maréchal Mobutu, le tombeur d'Emery Patrice Lumumba. Ayant été vainement depuis longtemps à la recherche d'une opportunité pour poursuivre son aventure patriotique de renverser la dictature sous le régime Mobutu et de restaurer la Démocratie en RDC, Laurent Désiré Kabila trouva intéressant l'offre de Kigali, tout en sachant que les deux avaient des objectifs différents à savoir pour le Rwanda d'occuper et d'annexer le territoire compris entre le triangle Bunia - Shabunda et le District de Haut Lomami et pour Laurent Désiré Kabila, lui-même originaire du Haut Lomami de chasser Mobutu avec la complicité de la population du Kivu. Ils parvinrent à déjouer le plan rwandais en le transformant en un véritable plan de libération du peuple congolais.

Il convient de noter qu'avec ou sans Kabila, la guerre dite des Banyamulenge aurait bel et bien eu lieu, mais avec de résultats différents. Il ne fait ombre pour personne que les Banyamulenge, les Tutsi au Congo, étaient en connivence avec ceux du Rwanda pour créer une vaste zone qui sera leur zone d'influence. Certaines sources vont même affirmer que c'était un plan d'annexion de régions est de la RDC.

Section III. UN FRONT ARME CONTRE LE REGIME DU

PRESIDENT MOBUTU

La chute du Président Mobutu était bien planifiée par ses anciens maîtres et alliés. Nous avions souligné les événements précurseurs ci-haut : la fin de la guerre froide. Pour Mobutu, la fin de la guerre froide coïncidait malheureusement avec sa maladie et il fut rejeté par ses maîtres d'autrefois. Trouver un autre leader, congolais qui puisse jouer le rôle que Mobutu avait joué à la tête de la RDC fut pour ces maîtres une hantise. La planification de la chute de Mobutu se buta alors à un problème majeur : celui du leadership. La nécessité de trouver un congolais à la tête du mouvement pour occulter cette coalition ainsi que ses commanditaires devenait un impératif.

§1. L'émergence d'un nouveau leader

Pour donner à la rébellion de l'AFDL une identité congolaise, les Présidents Museveni et Kagame placent monsieur Laurent Désire Kabila comme président de l'AFDL. Qui est ce nouveau venu pour prendre une si importante place pour conquérir le Zaïre de Mobutu ?

Né à Moba dans le nord Katanga, alors Congo belge, Laurent-Désiré Kabila séjourne en France en 1950 puis, en Allemagne de l'Est. Lorsque la Belgique accorde l'indépendance au Congo belge en 1960, Kabila se rallie au Premier ministre du pays, Patrice Lumumba. Après l'arrestation puis l'assassinat de celui-ci (janvier 1961), Kabila prend part à la conquête de Stanley ville (l'actuelle Kisangani) et poursuit la révolution lumumbiste dans la province orientale du Kivu.

À la fin des années soixante, Kabila se rend à Dar es-Salaam, en Tanzanie, où il rencontre Yoweri Museveni, le futur président ougandais, qui devient son ami et un soutien fidèle. En 1967, Kabila fonde le Parti révolutionnaire du peuple (PRP) et établit un petit État rebelle dans les montagnes situées à l'est du lac Tanganyika, financé par le commerce de l'or et de l'ivoire. En 1975, le PRP kidnappe quatre chercheurs et réclame une rançon. Après la chute de son maquis en 1985, Kabila s'établit en Tanzanie et brasse des affaires (or, pêche).118(*)

Ignoré par les Occidentaux, se méfiant de leurs services de renseignements qui pourraient être tentés de l'éliminer pour le compte de Mobutu, Laurent Désiré Kabila demeure une figure importante en Afrique centrale.

Lors de l'indépendance de la RDC, le repli des Lumumbistes à la mort de Lumumba était plus fondé sur l'idéologie de la guerre froide. Les capitalistes s'étaient installés au Congo avec Mobutu pour préserver leurs intérêts dans la région. Ironie du sort ! comme dit Colette Braeckman : « C'est encore à ce moment de l'histoire, où l'Afrique noire, bien malgré elle, se trouve entre l'un des enjeux de la guerre froide, donc la fin de la guerre froide, qu'apparaît Laurent Désiré Kabila.119(*)

Lorsque Kabila est appelé à Kigali, on voit un petit homme rond, venu seul d'Uvira ; il accepte sans hésiter la proposition de Kagame. L'homme était déterminé par son très long combat contre la dictature de Mobutu. Les Ougandais et les Rwandais pensaient avoir recruté un homme isolé et malléable. En fait, Kabila apporte avec lui trente années d'histoire et, pour mesurer le chemin parcouru, il faut revenir à l'indépendance du Congo en 1960.120(*)

Par ailleurs, à la fin de l'été 1996, Laurent Désiré Kabila arrive à Kigali dans la plus grande discrétion, et le Département of Military Intelligency (DMI), service secret rwandais, installe l'invité dans une petite maison à coté de l'hôtel Méridien. Les réunions se multiplient avec les Rwandais, avec les autres dirigeants de l'alliance qui se constituent. L'attaché militaire américain à Kigali, Richard Orth, le N° 2 de l'Ambassade, Peter Whaley, assistent aux réunions, très attentifs. Quant à Museveni, il assure avoir appuyé la candidature de Kabila parce qu'il avait une réputation de nationaliste. Nous avions apprécié le fait qu'il était l'opposant de Mobutu. Il avait toujours vécu en Afrique et qu'il ne s'était pas refugié comme tant d'autres dans une capitale européenne. Il n'avait jamais composé avec Mobutu, jamais pris ses ordres auprès des Occidentaux. Il était nationaliste.

S'il a gardé de nombreux partisans dans la région, il ne dispose cependant pas de troupes, mais s'exprime couramment en Swahili, en anglais, en français, avec une pointe d'accent parisien : il sera donc chargé de rencontrer la presse et de rassurer les populations locales. Son mouvement, le Parti de la Révolution Populaire (PRP), qui n'a plus beaucoup d'activités sur le terrain, sera le 4ème cosignataire des accords passés le 18 octobre 1996 à Lemera, l'une des premières localités conquises au Sud Kivu et qui fonde l'AFDL, sorte de manteau politique jeté sur une opération purement militaire.121(*)

En dépit de son allure joviale et humble, Kabila n'a cependant pas abandonné le rêve de ses années de jeunesse : chasser le dictateur, l'assassin de Lumumba. Ceux qui le recrutent en 1996, les Tanzaniens et derrière eux, les Américains de la CIA, négligent la force d'une telle ambition. Par ailleurs, si Kabila est parvenu, durant trente ans, à échapper aux services de sécurité de Mobutu, c'est parce que la méfiance est chez lui une seconde nature.

§2. L'Alliance pour la Libération du Congo-Zaïre (l'AFDL)

Le 18 octobre 1996, signature à Lemera du protocole d'accord créant l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL). L'AFDL regroupe le Parti de la Révolution Populaire (PRP) de Laurent-Désiré Kabila, le Conseil National de Résistance pour la Démocratie (CNRD) du commandant André Kisase, l'Alliance Démocratique des Peuples (ADP) de Déogratias Bugera et le Mouvement Révolutionnaire du Zaïre (MRZ) de Masasu Nindaga. A ne pas oublier d'autres Lumumbistes venus des différents horizons.

Le 19 octobre 1996, la ville d'Uvira tombe aux mains de la rébellion dite des Banyamulenge. Cette date inaugure le début de la guerre de l'AFDL contre le régime de Mobutu. La rébellion reste indissociable à son leader charismatique, Laurent Désiré Kabila, révolutionnaire dès l'indépendance de la RDC.122(*)

I. La guerre de la libération du Congo

La dénomination de la libération découle de l'alliance pour la libération du Congo-Zaïre. La stratégie des organisateurs de cette guerre était de mettre les congolais en face pour la crédibilité de la rébellion auprès de la population congolaise. En outre, le président de l'alliance prend par le fait même le nom du libérateur. C'est ainsi que Laurent Désiré Kabila sera surnommé `'libérateur'' des Congolais de la dictature de Mobutu. Dans toutes les villes tombées entre les mains de l'AFDL où il passait il était acclamé en libérateur ; ainsi, il devient porte-étendard idéal de l'AFDL.

L'AFDL comme coalition comportait les militaires venus de plusieurs pays. Ce sont vraisemblablement les services américains qui, avec l'appui de l'Ouganda, ont opéré le recrutement des soldats africains expérimentés venus en renfort : Erythréens, Ethiopiens, Somaliens, mais aussi des militaires originaires du Liberia. Une source privée a révélé que fin 1996, des combattants libériens appartenant à l'ethnie Krah avaient été discrètement recrutés par des émissaires américains et envoyés dans les Grands Lacs : des militaires chevronnés, ayant mené la guerre dans leur propre pays, la plupart d'entre eux avaient été formés aux Etats Unis.123(*)

Par ailleurs il y avait eu des préparations extraordinaires des militaires constituant l'AFDL. On peut citer  les combattants intégrés du FPR qui depuis 1990 et avaient contribué à la prise du pouvoir à Kigali. Les témoignages concordants disent que ces soldats étaient capables de faire une distance moyenne de 60 Km par jour et quelque fois 100 Km dans le cas de nécessité. Tout cela avait été planifié en raison de mauvais état de routes ou carrément manque de route en RDC. Cette préparation contre le régime Mobutu présentait la détermination des Américains de défier tous les autres adversaires potentiels qui auraient pu secourir le Président Mobutu, notamment la France.

Sur le terrain, les Zaïrois fatigués du régime dictatorial de Mobutu et avec le processus de la démocratie à peine entamé avec la Conférence Nationale Souveraine, attendaient le libérateur à bras ouverts. La fuite de l'armée de Mobutu en pillant tout sur son passage avait développé une méfiance des Congolais à son égard.

L'un des membres fondateur de l'AFDL, André Kisasse, trouve la mort prématurément quand le front était encore au Kivu. Son péché était le nationalisme. Selon Kisase, il fallait mener cette guerre et en faire une affaire exclusivement congolaise. Ce discours avait certainement attiré l'attention des Américains, eux, qui n'entendent pas d'oreille ce discours de Lumumba de 1960. Une embuscade a suffit pour l'éliminer. Sa mort fut regrettée et ce fut, comme à l'accoutumée, un incident malheureux et regrettable. Laurent Désiré Kabila, lumumbiste de surcroît, devant cette situation, sait aussi combien que son projet politique diverge de celui de ses alliés et n'ignore surtout pas que s'il abat trop vite ses cartes, à l'instar du commandant André Kisasse, il sera éliminé sans pitié.

II. Des nouvelles alliances

Arrivé à Goma, Kabila tient son premier discours politique à la population. Ce discours qu'attendait toute la population, non seulement de la RDC, mais de toute l'Afrique par curiosité. Face aux influences étrangères, il demanda à la population de Goma de soutenir l'AFDL pour libérer le Congo. Ainsi, il sollicitera que ce soutien se concrétise par le recrutement des jeunes pour former le corps expéditionnaire de l'alliance. D'où la création des fameux kadogo. La stratégie de Kabila consistait d'assainir son entourage, dominé par les Tutsi.

La fin de la guerre froide a inauguré la décadence de Mobutu. L'AFDL, l'oeuvre de ceux-là qui l'avaient soutenu pendant la guerre froide, était destiné à le chasser. L'heure de vengeance était venue pour les pays qui avaient été victimes des agressions de Mobutu.

En effet, lorsque en février 1997, l'Angola prend la décision de s'engager aux cotés de l'AFDL, il ne fait pas les choses à moitié : des uniformes impeccables, équipements sophistiqués comprenant du matériel de génie, des orgues de Staline, des avions des transports. Les dirigeants de Luanda tiennent enfin l'occasion de faire payer à Mobutu et à ses généraux la déstabilisation dont leur pays a été l'objet permanent au départ du Zaïre et ils espèrent que cette guerre portée dans le pays, le Zaïre, leur vaudra enfin une paix attendue depuis quarante ans.124(*) L'heure était venue d'infliger une leçon définitive à Mobutu, son ennemi de toujours.

En effet, pendant la guerre froide, la rivalité entre l'Est et l'Ouest avait engendré l'UNITA de Jonas Savimbi, allié des Américains contre le pouvoir marxiste de Luanda. L'Angola s'est engagé dans la guère au Congo à coté de l'AFDL avec l'objectif de détruire l'armée, la base arrière de Savimbi, et de casser ses filières d'écoulement des diamants. C'est donc avec beaucoup d'intérêts que Luanda s'était engagé dans cette guerre. Les zaïrois fatigués du mobutisme et ses méfaits attendaient leur libération par ce nouveau mouvement.

III. Le succès de l'AFDL sur le terrain

Les événements précurseurs. En effet, depuis le processus de la démocratisation entamé au Zaïre avec la libéralisation des partis politiques, le Zaïre avait commencé à sombrer dans le chaos. Les critiques de l'opposition à l'égard du régime et destruction du tissu économique par deux pillages successifs occasionnèrent le chômage. Les fonctionnaires et les militaires restaient impayés, victimes des services de sécurité de Mobutu. En un mot, le Congo était entrain de se mourir. Devant une telle condition, les Zaïrois ne rêvaient que la libération, être libérés du mobutisme. Ce qui a profité à la conquête de l'AFDL.

Fidèle à son projet et soucieux de sa crédibilité auprès de la population, l'AFDL a donné une bonne image sur tous les territoires libérés et sous son contrôle. Ainsi, les Congolais enfin libérés, bénéficiaient de la liberté face aux services de sécurité. Malgré tout, il fallait se familiariser avec ces nouveaux soldats étrangers et à leur tour, il fallait gagner la confiance des autochtones en se montrant pacifistes en véritable armée professionnelle. Jusqu'à la chute de Kinshasa, l'AFDL sera acclamée par la population zaïroise comme libérateur.

La guerre de la libération qui a commencé en octobre 1996 à Uvira se termine à Kinshasa le 17 mai 1997. Dans un grand pays comme la RDC, c'était une oeuvre de maîtres. Cette guerre a permis à connaître qui était Laurent Désiré Kabila.

Le 16 mai 1997, Mobutu quitte Kinshasa pour Gbadolite. Le 17 mai 1997 : à Lubumbashi, c'est l'autoproclamation du chef de l'AFDL, Laurent-Désiré Kabila, comme "président de la République Démocratique du Congo" qui aussitôt installé, interdit les partis politiques. Alors qu'il se trouve à Lubumbashi Kabila annonce à ses gardes du corps rwandais qu'il souhaite faire une déclaration à la radio ; Le texte bref sans fioriture, qu'il lit d'une voix ferme, déclenche la stupeur à l'étranger, dans le pays, mais aussi parmi les alliés : se référant au texte fondateur de l'AFDL, la couverture politique formée à la veille de la guerre et qui n'a d'autre statut que celui d'une association privée, Laurent Désiré Kabila, vient de se proclamer président de la RDC, confisquant tous les pouvoirs et déclarant qu'il gouvernera par décret-loi que lui-même signera.125(*) Un moyen, dit-on, pour se protéger.

Cette autoproclamation avait été une surprise pour ses maîtres principalement les Rwandais et les Ougandais. Prudence oblige et ne pouvant pas s'autoproclamer à Kinshasa où étaient ses principaux maîtres, il surprend à Lubumbashi. Lubumbashi était une ville idéale pour lui. D'abord en tant que Katangais et connu là-bas, puis il s'était constitué une armée formée des Kadogo dont il avait gagné confiance et faisant partie de ses gardes du corps pour surveiller les Rwandais. C'était le début de désillusion des maîtres et des alliés de Laurent Désiré Kabila. Le président Kabila arrive au pouvoir déjà fragilisé car son autoproclamation a réveillé ses maîtres qui voulaient faire de lui une marionnette. L'homme est resté le même : lumumbiste. Que signifie lumumbiste ?

IV. Laurent Désire Kabila au pouvoir à Kinshasa

L'arrivé du Président Laurent Désiré Kabila à Kinshasa était l'événement tant attendu à Kinshasa. D'abord pour les Kinois, il demeure le tombeur de l'invincible Mobutu, cause de leur malheur. Voir Mobutu fuir son Zaïre et chassé par Kabila, ce qui devait donner plus de crédibilité à Kabila auprès des Kinois à Kinshasa comme siège des institutions. Ce jour là, Kinshasa en mai 1997, les partisans et sympathisants de l'AFDL acclament Laurent Désiré Kabila qui accède à la magistrature suprême, son mouvement ayant vaincu par les armes le régime de Mobutu.

§1. Lumumbiste

Un lumumbiste est tout leader politique se réclamant de l'idéologie et de l'héritage politique du premier ministre congolais de l'indépendance Patrice Emery Lumumba. Ainsi, on peut parler du lumumbisme.

Selon Jean-Pierre Kambila Kankwende : «  Le lumumbisme est un questionnement permanent, une recherche perpétuelle des meilleures solutions possibles aux problèmes de notre pays. Il est véritablement un idéal qui tire sa substance de la réalité de notre pays et d'un certain nombre de valeurs identifiables. C'est une démarche politique, intellectuelle et philosophique qui refuse tout artifice et s'impose d'aller en toutes circonstances au fond des choses, à la recherche des causes profondes. Le lumumbisme ne se connaît pas d'acquis définitif, il est une attitude de remise en question permanente visant un perfectionnement incessant. Il n'est pas un but, mais une démarche. Il est le projet de trois générations désormais, de bâtir au centre de l'Afrique une nation indépendante, de construire avec son peuple, par ses propres moyens, une démocratie, une société de bien-être et de justice sociable ».126(*)

Lors de l'indépendance du Congo, le Premier ministre Lumumba voulait une véritable indépendance qui aurait libéré le pays de l'influence coloniale. Une fois indépendant, le Congo aurait fait membre des pays non-alignés puis se fondant sur le panafricanisme. C'était déjà le projet des Etats Unis d'Afrique. Alors que les Congolais qui aspiraient à l'indépendance sont l'objet de multiples sollicitations de la part des non-alignés, derrière lequel se profile l'URSS.127(*)

Dans cette concurrence essentielle entre les deux superpuissances, l'élimination physique de l'opposant était une méthode appropriée. Pour le Congo, il ne fallait pas que l'URSS ait pris le dessus. A la mort de Lumumba, ses partisans s'étaient retirés à l'Est pour mener une rébellion en vue venger la mort de Lumumba et éventuellement reprendre le pouvoir. Avec les interventions propres des Américains, ils furent chassés.

Ainsi, Mobutu s'installe au pouvoir à la tête de la RDC. En revanche les Présidents qui ont activement soutenu les lumumbistes, Ben Bella en Algérie, Nkrumah au Ghana, sont renversés par des coups d'Etats. Seule la présence d'un bataillon cubain au Congo Brazzaville empêche les troupes de Mobutu, en 1965-1966, de traverser le fleuve.128(*) La chasse à l'homme était organisée contre les lumumbistes à travers l'Afrique. Au début des années 1960 les leaders nationalistes n'ont pas la cote, ni en Afrique centrale ni ailleurs. Ainsi ils seront dispersés pour vivre en clandestinité. De ceux-là, on mentionne Laurent Désiré Kabila.

§2. L'enjeu du pouvoir de Kinshasa

Les alliés de Kabila, qui l'ont porté au pouvoir, ont cru jusqu'au bout qu'ils seraient capables de contrôler l'homme qui leur devait tout. Dès lors, Kabila bien que ayant surpris ses maîtres en s'autoproclamant président de la République, est plus que jamais piégé dans l'essentiel de son pouvoir. Le gouvernement est aussi piégé. Déjà le ministère des affaires étrangères est occupé par l'un des ténors Banyamulenge en personne de Bizima Karaha.

En effet, l'Etat cherche par le moyen de la politique étrangère à, au moins, maintenir, et, au plus, accroître ses capacités d'influence à l'extérieur du territoire national.129(*) L'importance de cette fonction est encore soulignée avec insistance ici : sur le plan des échanges diplomatiques permanents, par sa position centrale, la RDC apparaît comme le centre diplomatique principal des neuf Etats de l'Afrique centrale : Kinshasa est d'ailleurs l'intermédiaire diplomatique d'un grand nombre de représentations étrangères auprès des autres Etats de la zone.130(*)

§3. Le désaccord entre les alliés

L'attitude de Kabila durant sept mois de la rébellion était celle d'un écolier docile à l'égard de son instituteur. Et pourtant l'agenda caché des alliés était de placer un président Tutsi à la tête de la RDC.

Les Rwandais et les Ougandais qui ont conduit au pouvoir un personnage qui n'était pour eux qu'un homme de paille se sont lourdement trompés : Laurent Désiré Kabila prête serment en présence d'une brochette de chefs d'Etat africains ; c'est un ancien combattant, qui a enfin trouvé, de façon inopinée, l'occasion de concrétiser ses rêves et ses principes.131(*)

Certes, avec la fin de la guerre froide, l'URSS et ses alliés étaient appelés à disparaître par le fait même se convertir en démocrates. Les Etats Unis se basaient sur cette analyse pour recruter les anciens révolutionnaires marxistes d'autres fois pour en faire de nouveaux leaders de la démocratie. Le choix de Kabila a aussi été accepté sur cette base. Alors que l'homme est resté fidèle à son idéal, à son rêve de déboulonner l'assassin de Lumumba et le remplacer afin de restituer le lumumbisme en RDC.

Devenu président de la RDC, lors d'une interview avec les journalistes, Kabila évoque ses premiers entretiens avec Kagame : « Ce qui nous a réuni à l'époque, c'est une conjonction d'intérêts. Lui, il voulait forcer les réfugiés à rentrer au Rwanda et supprimer la menace que représentaient les camps. Moi, depuis 30 ans, je voulais chasser Mobutu et il fallait me faciliter le passage. Je ne lui ai rien promis de particulier, sauf de travailler ensemble.132(*)

I. La volonté politique

En arrivant au pouvoir, lorsqu'il prête serment à Kinshasa, Kabila atteint l'un des sommets de sa carrière politique. Kabila compagnon de Lumumba est resté fidèle aux idéaux de sa jeunesse : il est nationaliste, fondamentalement attaché à l'unité du pays. L'ancien allié de la Chine met volontiers l'accent sur l'autosuffisance ; il se méfie de l'assistance étrangère et ne fait plus confiance à l'Occident dont il a vécu les trahisons ainsi qu'aux Nations Unies qui avaient abandonné Lumumba dans les années 1960.133(*)

Ceci constitue le plan directeur de la politique du président Laurent Désiré Kabila à la tête de la RDC. Sans ignorer que ses collaborateurs Tutsi sont les yeux et les oreilles de Kigali, mais il sait aussi qu'il leur doit le pouvoir. En public, il multiplie les marques d'estime ou d'affection à leur égard.

Par ailleurs, il doit faire face aux congolais qui boudent la présence des étrangers qu'il a amenés avec lui. S'il reste sourd aux demandes de ses proches qui le pressent de chasser les étrangers, Kabila ne se hâte pas non plus de reconnaître d'autorité la nationalité congolaise aux Tutsi d'origine rwandaise qui la réclament comme récompense pour fait de guerre. Il estime qu'une telle décision doit être du ressort d'une Assemblée législative et ne peut être réglée par décret présidentiel.134(*) Ce qui ne fait que mécontenter ses alliés après son autoproclamation présidentielle. Cette surveillance n'épargne pas non plus ses ministres : les conseillers tutsi et les soldats banyamulenge le tiennent à l'oeil. Et la situation est pareille durant les sept mois d'avant leur départ.

II. La renaissance africaine

La vision politique des lumumbistes est fondée sur la renaissance africaine qui est l'idée chère aux pays non alignés. En effet, cette vision est en fait la traduction moderne du projet panafricaniste qui a retrouvé son actualité depuis que l'Afrique a cessé d'être un enjeu de la rivalité entre l'Est et l'Ouest.

Le panafricanisme reste la voie sûre pour le développement de l'Afrique. Les potentialités que regorge la RDC lui permettraient la réalisation de ce projet. Ainsi, à la Révolution du 17 mai, le Président Laurent Désiré Kabila donnera à la politique étrangère de la RDC un contenu commercial et économique sous-tendu par son désir de créer des Organisations Internationales rassemblant tous les Etats de la Région des Grands Lacs.135(*) Malheureusement, c'est au moment où cette diplomatie s'est engagée dans la recherche d'une paix durable indispensable à l'achèvement du processus de démocratisation et à la poursuite du programme de reconstruction nationale que les agresseurs rwando-burundo-ougandais ont déclenché, le 02 août 1998, la guerre d'agression contre la RDC.136(*)

Ce projet de panafricanisme donne l'ouverture à Kabila de faire de la RDC, un membre de la SADC. En effet, la SADC est une organisation régionale regroupant les pays de l'Afrique australe. En tant que l'organisation économique, la SADC concerne aussi un pacte militaire entre les pays membres. En cas d'agression d'un pays membre, les autres membres ont droit d'intervenir en sa faveur.

III. La répétition de l'histoire

Le souvenir de l'indépendance fait naître la méfiance de l'Occident à l'égard de Kabila. Ses discours nationalistes devant la face du monde, la coopération sud-sud. C'est ainsi que dès sa prise du pouvoir, les relations entre Laurent Désiré Kabila et l'Occident entre dans une zone de fortes turbulences. Ayant réalisé que la RDC avait cessé d'être une puissance courtisée, le Président Kabila développe un profond ressentiment à l'égard des bailleurs de fonds occidentaux qui tardent à venir au secours de son régime et d'une économie congolaise complètement sinistrée.137(*) Les autorités américaines ont ainsi très vite compris qu'avec cet ancien maquisard ayant bien du mal à abandonner son antédiluvienne rhétorique anti-impérialiste, elles avaient misé sur le mauvais cheval. Les événements se succéderont pour augurer le sort de Kabila.

C'est en décembre 1997 que les dés sont définitivement jetés. La réunion des amis du Congo n'est pas terminée que tous, Américains en tête, décident d'abandonner Kabila. Son ministre des affaires étrangères, Bizima Karaha, a tout fait pour discréditer le chef de l'Etat : mener une diplomatie erratique, dont il impute la responsabilité au président, contribuer à saboter l'enquête de l'ONU sur le massacres des réfugiés, dénigrer Kabila à l'occasion de ses missions, torpiller la visite à Kinshasa de plusieurs émissaires occidentaux.138(*)

Ainsi, contre le gré de ses maîtres, Kabila se réalise qu'il faut répondre aux espoirs de son peuple, impatient de reconstruire le pays ; les Congolais avaient beaucoup souffert de la dictature de Mobutu. Ainsi, un vaste programme salarial fut initié. A la joie de tous les Congolais l'espoir renaissait: « Dans tout le pays malgré les difficultés économiques, le manque d'aide extérieure, l'espoir renaissait. La nouvelle monnaie avait été acceptée dans tout le pays, les gens s'étaient remis au travail et l'administration avait commencé à distribuer des patentes, des timbres fiscaux afin de donner à l'Etat les moyens de fonctionner normalement. Les appels de Kabila incitant ses compatriotes à compter d'abord sur leurs propres forces pour développer le pays avaient été entendus. Dans les villes, les changements étaient visibles.139(*)

Kabila revoit tous les contrats miniers signés avec les multinationales pendant la rébellion. Ce qui envenime les relations avec les Américains. En effet,  les relations ne sont plus guère amicales avec les Etats Unis qui au départ, avaient pourtant vu d'un bon oeil l'arrivée de l'AFDL et de Kabila à la tête de la RDC. La remise en cause unilatérale des accords miniers conclus lors de la guerre de Libération nationale avec des compagnies nord-américaines a mis la poudre au feu. Alors qu'il est aujourd'hui reconnu que l'AFDL avait bénéficié lors de sa campagne militaire en 1996-1997 d'un soutien logistique et financier nord-américain.140(*)

Mais le rêve de la reconstruction de la RDC ne sera que de courte durée. Un vaste plan de sabotage du gouvernement Kabila est à jour par les Occidentaux et aussi les alliés directs notamment ceux qui l'ont visiblement soutenu.

Section V. LA GUERRE D'AGRESSION CONTRE LA RDC

La guerre d'agression est cette guerre dont la RDC fut victime à partir du 02 août 1998. En effet, c'est la guerre que les alliés du Président Laurent Désiré Kabila avaient engagé contre son gouvernement pour le reverser ou l'éliminer physiquement. N'ayant pas répondu à leurs attente, ils se sont retournés contre Kabila et commencer une nouvelle rébellion pour se venger contre lui et ils finiront par l'éliminer physiquement.

§1. Le jeu d'influence

Qui veut noyer son chien, l'accuse de rage.141(*) C'est en ce sens qu'il faut appréhender la situation du Président Laurent Désiré Kabila à la tête de la RDC. Il avait été place pour répondre à l'attente des ses alliés. Hier, il était un chien sain il devient de facto enragé par ce qu'ayant refusé de jouer à la marionnette. Dès lors, le plan contre lui se préparait.

En d'autres termes, pour ses alliés, Kabila ne méritait plus d'être la tête de la RDC. À partir du mois de mai, non seulement les relations de Kinshasa avec ses voisins se détériorent, mais surtout les Occidentaux, les principaux acteurs du jeu, sans l'avouer publiquement, abandonnent le régime : les projets de coopération sont suspendus, les visites officielles annulées, les banques américaines bloquent tous les projets de financement en RDC. Il est urgent d'attendre des temps meilleurs.142(*)

Les critiques sont immédiates : désormais, la presse occidentale ne parle plus de Kabila qu'en ajoutant qu'il est un président autoproclamé ; les formations politiques congolaises dénoncent le risque d'une nouvelle dictature. La stratégie contre Lumumba en 1960 : l'argent mis en jeu par la CIA à la sédition pour soulever quelques personnes ciblées contre Lumumba.

A Kigali, le regret est total. Voici la rage qui a saisi les parrains de Kabila : « Nous avions prévu de mettre en place une sorte de directoire, un bureau politique issu de l'AFDL qui aurait sans doute élu Kabila, mais qui aurait aussi eu le pouvoir de le contrôler et le cas échéant, de le démettre. Sa proclamation nous a pris de court et puisque la capitale était sur le point de tomber, nous n'avions pas eu d'autre choix que de le conduire en vainqueur à Kinshasa.143(*)

§2. L'épreuve de force entre les alliés

Une réunion tenue par les responsables de sécurité des alliés de Kabila au moment du premier anniversaire du régime de Kabila arrive à la conclusion que l'homme leur a échappé. Les Américains résument la situation par une formule lapidaire : « Kabila est devenu un missile non guidé ».144(*) Ce qui signifie que c'est clair, un tel missile doit être détruit pour éviter l'imprévisible fâcheux. Les Américains décident alors l'élimination physique de Kabila. L'histoire se répète ! C'est le même plan que la CIA avait organisé contre Lumumba. En effet, 37 ans plus tôt, le 26 août 1960, Allen Dulles, directeur de la CIA en personne répondait à Larry Devlin, chef de la CIA au Congo : « Si Lumumba continue d'être aux affaires, le résultat sera au mieux le chaos et au pire du pouvoir à terminer par les communistes, avec des conséquences désastreuses pour le prestige de l'ONU et les intérêts du monde libre. Son départ doit donc être pour vous un objectif urgent et prioritaire ».145(*)

Trente sept après, l'URSS n'existe plus, mais les intérêts américains et des Occidentaux au Congo restent au jour. L'intérêt américain pour le Congo ne s'explique pas seulement par l'aversion que suscite l'imprévisible Kabila, mais les ressources du Congo, qu'elles soient potentielles ou déjà en exploitation, se trouvent au coeur de l'enjeu.146(*)

Considérant l'attitude qu'affiche le Président Kabila à l'égard d'eux, pour Kigali désormais, l'élimination physique ou politique de Kabila est présentée comme un problème de sécurité car les Tutsi estiment que leur voisin congolais incarne une menace pour leur pouvoir sinon leur existence.147(*) Par ailleurs, l'indignation des alliés était au comble, l'une des grandes figures des Tutsi, Deogratias Bugera ajoutait que deux mois après l'arrivée de Kabila au pouvoir, ils avaient décidé son départ, d'ailleurs, même les autres alliés Erythréens les avaient prévenus : « vous n'arriverez à rien avec lui, il vous trahira».148(*)

Les alliés de Kabila profiteront du fait que le régime de l'AFDL n'a pas encore eu le temps de créer une armée nationale capable de défendre l'intégrité territoriale, ils décident de contre attaquer. Dès lors les jours du Président Laurent Désiré Kabila sont comptés. Une première tentative d'attentat est déjouée le 17 mai au stade des martyrs : un commandant rwandais, accompagnant le chargé d'affaires de son pays à Kinshasa, est désarmé au vu de tous par des gardes du corps katangais, alors que, muni de son arme, il s'est placé derrière le président.149(*) Plusieurs tentatives de l'élimination contre Kabila seront encore déjouées.

§3. Le départ des alliés : la goûte qui a fait déborder le vase

Naturellement l'arrivée de l'AFDL à Kinshasa et la prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila devraient consacrer la fin de la mission de ses alliés et cela ne devrait poser aucun problème. Finalement Kabila avait beaucoup d'autres raisons pour précipiter ce départ, d'une part les Congolais en général supportaient très mal ces soldats étrangers qui vivaient comme sur une terre conquise. D'autre part le gouvernement Kabila subissait de plus en plus l'influence de ses maîtres à tel point que l'exercice du pouvoir lui échappait.

Le 27 juillet, Kabila annonce publiquement qu'il met fin à la mission de coopération des militaires alliés, qu'il les remercie et le prie de regagner leur pays au plus vite.150(*) La cérémonie de départ des coopérants militaires rwandais s'est même déroulée dans un certain apparat malgré les tentions sous-jacents, et les partisans ont reçu une indemnité de départ en dollars américains.151(*) Ce départ annoncé par Kabila sans le consentement de ses alliés était la goûte qui avait fait débordé le vase. En réalité, le président Kabila avait anticipé une situation qui se préparait déjà contre lui. Nous nous souvenons encore que ce jour là du 31 juillet à Isiro, tous les militaires alliés de Kabila étaient rassemblés à l'aéroport pour le retour au pays natal. Ceux qui avaient déjà lié des amitiés avec les Congolais annonçaient qu'ils partaient et qu'ils revenaient le plus vite possible. Parole d'honneur, effectivement pendant la guerre d'agression, quelques uns étaient revenus à Isiro. Et personne ne prêtait attention à cette révélation. Tout était déjà planifié par les alliés.

§4. La guerre d'agression contre la RDC

Les alliés étaient supposés retournés chez eux à ce mois d'août 1998. Et pourtant comme toujours ce matin là du 02 août 1998, les radios périphériques annoncent un soulèvement des militaires congolais à Goma. Ils manifestent leur mécontentement à l'égard du Président Laurent Désiré Kabila parce que dictateur.

I. Le déclenchement de la rébellion armée

Kabila échappe à beaucoup de tentatives de coup d'Etat et même de son élimination physique. Ce plan contre Kabila était un vaste plan international. Ce que souligne Colette Braeckman que durant l'été 1998, des sources officieuses à Kigali nous ont expliqué que les Américains téléguidaient l'opération de renversement de Kabila.152(*)

Entre temps à Kinshasa aussi les signes précurseurs se dessinent. Un pont aérien est jeté entre Kinshasa et Brazzaville pour évacuer les expatriés car les jours avenir ne s'annoncèrent guère rassurant. L'ambassade des Etats Unis ferme ses portes et le nouvel ambassadeur désigné s'arrête à Brazzaville. De là, il appelle des amis qui se trouvent à Kinshasa, et il leur explique qu'il attend le moment opportun pour reprendre son poste. En fait, un langage codé aux initiés.

Il apparaîtra plus tard que Rwandais et Ougandais, soutenus par les Etats Unis, tacitement approuvés par l'ensemble de la communauté internationale (ce dont témoigne le silence de l'ONU et de l'OUA qui ne protestent pas contre le viol évident de la souveraineté d'un pays), avaient prévu une offensive éclaire sur Kinshasa, la rapide destitution de Kabila et son remplacement par une nouvelle équipe qui aurait aussi tôt bénéficié d'une reconnaissance internationale. Une rectification de la prise de pouvoir de 1997 en quelque sorte.153(*)

II. La composition de la deuxième rébellion

Le 2 août 1998 à Goma, la 10ème brigade entre en mutinerie et proclame la destitution du Chef de l'Etat. Ce matin là, « Sylvain Buki a lu le 2 août 1998, sur les ondes de Radio Goma, une proclamation de défiance à l'autorité de Kabila : la 10ème brigade des FAC cessait de répondre au gouvernement central et au président Laurent Désiré Kabila. La mutinerie était lancée. Quelques heures auparavant, des centaines de soldats des forces gouvernementales rwandaises avaient franchi la frontière au passage de la grande barrière et pris position sur tous les points stratégiques de Goma, coupant court à toute velléité de résistance locale.154(*) Les FPR venus de Gisenyi du Rwanda avec des chars et des pièces d'artillerie et l'aéroport de Goma entre dans une intense activité militaire.

Devant la population de Goma indifférent, Sylvain Buki s'explique sur les motivations de la rébellion : le départ de Kabila, le dictateur. En fait, les habitants de l'Est et à leur suite les congolais en général ont désapprouvé et manifesté leur désapprobation à cette rébellion dès le début. Ils ont assuré aux journalistes que cette guerre ne les concernait pas ; ils voyaient la main étrangère derrière. Ils avaient besoin de la reconstruction de la RDC.

III. Le front de l'Ouest

Décidés à en finir avec Kabila, les événements se précipitent selon un plan bien organisé. Deux jours après, le 4 août pour masquer le rôle du Rwanda et de l'Ouganda afin de donner à la rébellion un aspect national de destitution de Kabila, un deuxième front est donc ouvert à l'Ouest, à la porte de la capitale. A bord d'un avion, le Commandant rwandais James Kabarehebe et 163 militaires piquent sur base de Kitona et aussitôt contrôlent cette base militaire.155(*) Les informations concordantes confirmaient la présence des soldats américains sur la cote de Moanda. Le front de l'Ouest dévoile de nouveau les agresseurs de la RDC.

Le renversement de la situation au front de l'Ouest en défaveur de la rébellion était surprenant. Convaincus de leur première alliance contre Mobutu, le Rwanda et l'Ouganda avaient cru que l'Angola était toujours le leur. Dès lors, en ouvrant le front de l'Ouest, ils comptaient sur l'Angola. L'intervention de l'Afrique australe, Angola en tête, prend de court les stratèges occidentaux et leurs alliés rwandais, ougandais et congolais, elle renverse la donne militaire dans la mesure où la rébellion perd d'un coup sa tête de pont à Kitona et ses lignes d'approvisionnement.156(*)

L'Angola a surpris désagréablement ses anciens alliés, il change de camps en faveur de Kabila. L'armée angolaise neutralise le front de l'Ouest. Dans le Bas Congo, les Forces Armées Angolaises capturent des centaines des militaires ougandais et rwandais pour lesquels leurs maîtres les Américains sont obligés de négocier des sauf-conduits. L'Angola autorise aux rebelles à jeter un pont aérien pour leur rapatriement à Goma.

A- La lutte pour le leadership régional

La rébellion intensifie sa progression sur la capitale, mais l'intervention de pays de la SADC bouleverse tous les calcules : « Pendant ce temps, Kabila prend contact avec les pays amis, avec des chefs d'Etat qui ont soutenu sa guerre deux ans auparavant et avec les quels il partage une vieille solidarité idéologique : Sam Nujoma de Namibie, Robert Mugabe du Zimbabwe et Edouard dos Santos d'Angola. Leurs pays font partie de la SADC à laquelle la RDC vient d'adhérer, et où le président du Zimbabwe préside l'organe de sécurité et de défense ».157(*) En effet, l'organe de sécurité et de défense de la SADC prévoit de se porter au secours des pays membres en cas d'agression extérieure.

La nouvelle alliance de Kabila avec les pays de la SADC a constitué un rempart pour son régime. Après la débâcle face à l'armée angolaise au front de l'Ouest, les rebelles regagnent leur base de Goma. Les plus courageux foncent sur Kinshasa où les infiltrés les attendaient pour renverser Kabila, ils se heurtent à la résistance populaire et aux forces armées fidèles au régime y compris les alliés.

Le gouvernement appela à la résistance populaire. La population a répondu massivement à l'appel de Kabila, un homme, qui lors de son arrivée en 1997, n'inspirait que méfiance et qui a soudain incarné un esprit de résistance nationale face à une agression perçue comme étrangère. Il a suffi de quelques jours pour que le vieux rebelle dont les plus jeunes ignoraient le nom et l'histoire se transforme soudain en héros de cette capitale rétive. Kabila par son histoire et une partie de son personnage, incarne la résistance congolaise, l'envie de partir avant ces maudits carrefours où la CIA, les intérêts belges, puis les réseaux français désignèrent la voie pour Mobutu.158(*) Il est à rappeler ici que lors des fronts du Bas Congo, les rebelles avaient pris en otage le barrage d'Inga et coupé le courant. Ce qui entraîna à Kinshasa une situation humanitaire sans précédant. Kinshasa est resté sans eau et courant durant des semaines. L'une des sources de haine contre les rebelles.

Plusieurs raisons expliquent l'intervention de ces trois pays : idéologiques, économiques et sécuritaires. En effet, en avril 1999, Kabila avait conclu le pacte de défense avec ces pays ; ce pacte prévoyait une assistance militaire mutuelle en cas d'agression.

1. Raisons idéologiques

Le soutien de l'Angola à Kabila est fondé sur leur histoire commune de la guerre de la libération africaine au nom du panafricanisme. A l'indépendance du Congo, les lumumbistes qui soutenaient l'idéologie progressiste, panafricaniste et non-alignée étaient d'office l'ennemi de l'Occident. A la mort de Lumumba, ils étaient tous dispersés dont Kabila et les gendarmes katangais étaient restés prester en Angola. A l'indépendance de l'Angola en 1975, ce sont ces Katangais qui ont combattu à côté du MPLA pour barrer la route de Luanda aux mercenaires sud-africains et aux troupes de Mobutu appuyant les mouvements rivaux avec l'aide de la CIA. Le président Edouard dos Santos est resté reconnaissant à ces faits. 159(*)

En 1998, des dirigeants de l'UNITA s'étaient rendus en Afrique de l'Est. Savimbi, président de l'UNITA, était reçu à Kampala ; au même moment Antonio Dembo, le vice-président de l'UNITA, s'était rendu à Kigali. Des telles visites ont inquiété aussi le gouvernement de Luanda car elles présageaient de nouvelles alliances avec des conséquences d'embrasement de la région.

Le soutien du Zimbabwe à Kabila se fonde sur de vieille solidarité de la guerre de la libération contre l'impérialisme occidental. Kabila est le modèle d'une réussite du combattant de la libération de l'Afrique. Mugabe éprouve une amitié sincère à l'égard de Kabila, dont une rue à Harare porte le nom, et ce sentiment trouve ses racines dans les liens communs avec la Chine.160(*)

La Namibie se retrouve aussi à coté de Kabila à cause de leur combat commun contre l'impérialisme occidental. Faisant partie des pays de la ligne de front, le président Sam Nujoma se retrouvait souvent avec Kabila lors de différentes réunions à travers l'Afrique où les leaders de tous les mouvements de libération se donnaient rendez-vous.

2. Raisons économiques

La RDC constitue un enjeu majeur pour beaucoup de pays à cause de sa potentielle économique. Pour le Zimbabwe, la RDC constitue un allié à protéger : le courant d'Inga alimente une partie du Zimbabwe. Les industries zimbabwéennes comptent beaucoup sur le marché congolais pour la consommation de ses produits et mettre en valeur ses propres industries. Donc, si les richesses congolaises étaient mises en valeur par le Zimbabwe, cela permettrait aux deux pays de se développer en tant que puissance en Afrique australe face au géant Afrique du Sud. Le Zimbabwe considère la RDC comme sa zone d'expansion économique. La Namibie compte aussi plus sur ces richesses pour faire un grand marché régional pour la SADC.

L'Angola en tant que pays producteur du pétrole, cherche un marché pour son produit. D'ailleurs, il venait de signer une coopération en cette matière. On voit aujourd'hui Sonangol concurrencer les autres compagnies traditionnelles en RDC.

3. Raisons sécuritaires

C'est aussi la réaction de dirigeants issus des luttes de libération, qui demeurent soucieux de préserver les prérogatives de leurs Etats face à d'autres forces qui visent à la dérégulation purement commerciales qui seraient aussi le terrain d'opérations de diverses mafias.161(*) Il est clair qu'avec la régionalisation du conflit congolais, l'arrogance du Rwanda et de l'Ouganda ne cache pas leur ambition de devenir des puissances régionales. En effet, un tel projet pourrait facilement se concrétiser une fois en possession des richesses de la RDC. D'ou il fallait leur empêcher la conquête de la RDC.

Les combattants des luttes de libération ont voulu défendre la RDC, considérant sa position stratégique en Afrique centrale. En effet, l'implosion ou la partition de la RDC au bénéfice du Rwanda et de l'Ouganda ouvrirait la voie à une déstabilisation de toute l'Afrique avec des conséquences extrêmement graves.

A part, les alliés visiblement actifs en faveur de Kabila, d'une part, il y a eu d'autres qui sont intervenus d'une manière ou d'une autre. Ceci explique combien la guerre de la RDC avait pris une dimension continentale. D'une part les voisins de la RDC ont pris de positions vis à vis de cette guerre car ils étaient concernés en tant qu'acteurs actifs ou passifs.

Le régime communiste du Congo Brazzaville a toujours été un voisin suspect et méfiant depuis le régime de Mobutu. A l'arrivée de l'AFDL, il a constitué une base de repli pour certains soldats des FAZ. Cette attitude a développé de nouveau la méfiance et la suspicion du nouveau régime de Kabila à son égard. La République Centrafricaine a plus été un acteur passif car elle était une terre d'asile pour les réfugiés venant de la RDC. En outre, elle a souffert sur le plan économique car le ravitaillement sur le fleuve était coupé.

Le Soudan et le Tchadoffrirent également leur appui politique et militaire à Laurent Kabila. Le 1er septembre 1998, le Président s'est rendu à Khartoum pour y demander l'aide du gouvernement islamiste. Le soutien soudanais ne s'est pas traduit par l'envoi d'hommes ou de matériels, mais était crucial dans la mesure où ce pays finance et aide plusieurs mouvements de rébellion s'opposant à l'Ouganda.162(*) La Tanzanie et la Zambie passivement ont été des acteurs dans cette guerre, elles ont accueilli des réfugiés sur leur territoire.

IV. Alliances du front de l'Est

A- Les voisins de l'Est

D'une part, il y a les deux présidents considérés comme principaux acteurs de la

guerre du Congo : Museveni et Kagame avec l'influence anglo-saxonne. Ce qui justifie la stratégie américaine dans la guerre de la RDC : ne pas s'impliquer à visage découvert. D'autre part il y a les Tutsi et d'autres congolais qui avaient accompagné Kabila au pouvoir à Kinshasa et participé à son gouvernement. Ajoutée à ceux-ci la 10ème brigade des Forces Armées Congolaises.

B- Les vaincus de l'AFDL

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. A cette coalition, viendront s'ajouter les ex-FAZ, l'armée vaincue de Mobutu, animée de l'esprit revanchard. En effet, après leur débâcle devant l'AFDL, des nombreux officiers et autres militaires se sont dispersés en Afrique francophone. Beaucoup au Congo Brazzaville, en Afrique du Sud... Ces généraux avaient mis sur point une stratégie de reconquête du pouvoir. Certains généraux mobutistes étaient appuyés par les officiers rwandais. Leur calcul stratégique était d'aller tenter de harceler le pouvoir en place à Kigali, le renverser ou au moins le retourner contre Kabila afin de provoquer la chute du nouveau régime à Kinshasa.163(*) En réalité tous ces rebelles ne sont unis que par leur haine commune à l'égard de Kabila.

C- Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie : RCD

Le RCD n'est pas créé le 02 août1998 car: « Il faudra trois semaines pour qu'apparaissent à Goma le porte-parole politique des rebelles qui ont formé le RCD. Le RCD est composé des membres fondateurs de l'AFDL, des mobutistes, nostalgiques d'un pouvoir perdu.

Ce rassemblement hétéroclite chapeauté par le Rwanda et l'Ouganda, constituait déjà en lui un virus de division de la part des Congolais. Ainsi, apparaîtront des mésententes entre les Congolais et les autres alliés. Ce mouvement n'était pas une création congolaise ; le RCDn'est pas un mouvement politico-militaire d'origine congolaise. Le RCD est l'affaire des Rwandais soutenus par un mercenariat congolais.164(*)

Les divergences des intérêts et la lutte de leadership entre l'Ouganda et le Rwanda le diviseront. L'Ouganda créa une rébellion satellite pour contrecarrer l'influence du Rwanda en RDC : l'une des branches du RCD Kisangani, RCD Kml ; le Mouvement pour la Libération du Congo(MLC) avec son leader Jean Pierre Bemba soutenu par les anciens généraux et barons du régime mobutiste.

La concrétisation de cette mésentente entre les deux était les affrontements à Kisangani pendant une semaine. Plus que des divergences d'ordre politique et militaire, cependant bien réelles, c'est la guerre des butins qui a suscité plusieurs échanges de tirs entre des soldats rwandais et ougandais, qui s'entretuaient pour le contrôle de mines d'or et de plantations dans l'est du Congo.165(*) Comme conséquences, il y eut un bon nombre de morts civiles et des dégâts matériels considérables. Encore une fois la communauté internationale n'a jamais condamné cette violation de l'intégrité territoriale moins encore la mort de la population civile. La détermination des Américains contre L D Kabila s'est encore manifestée dans leur offensive diplomatique vis-à-vis des agresseurs de la RDC: « L'à priori favorable des Américains à l'égard du Rwanda et de l'Ouganda sera encore illustré par le fait que Suzan Rice se rend non pas à Kigali et à Kampala à la recherche d'un possible compromis mais à Loanda et à Harare où elle a tenté de faire pression sur les alliés de Kinshasa pour les convaincre de retirer leur soutien au président LD Kabila qui refuse toujours de discuter avec les rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda ».166(*)

Il fallait s'y attendre, si les Etats Unis ont approuvé et soutenu les tentatives de renversement de Kabila, l'évolution politique du mouvement rebelle les a déçus. En effet, les divisions n'ont pas tardé à opposer les membres tutsi et congolais. Les Tutsi congolais, instruments de la politique de Kigali, pensent être les privilégiés dans la rébellion. Les Congolais mobutistes, ayant financé la rébellion estiment que leur contribution financière leur donnait le droit d'occuper des postes de commande de la rébellion : chose impensable pour les Rwandais. Allant de division en division, sans projet vital pour le pays, la rébellion créée de toute pièce contre Kabila a déçu leurs maîtres ainsi que les Congolais.

Section VI. LA RDC ET LA PERIODE POST-GUERRE FROIDE

Une telle question dans ce cas précis conduit à s'interroger sur les causes des guerres que connaît la RDC. Il est à rappeler que compte tenu des facteurs déterminants de sa politique étrangère, c'est-à-dire les facteurs géographiques, démographiques et économiques, la RDC est appelée à jouer un rôle important en Afrique. Aussi est-elle devenue un enjeu des puissances étrangères et, en même temps, un enjeu géopolitique en Afrique.167(*)

§1. Les facteurs déterminants de la RDC

Le changement de la géopolitique mondiale intervenu au lendemain de la chute du «Mur de Berlin» en 1989 a permis aux Américains de concevoir une nouvelle configuration du continent africain dans le cadre des conquêtes des nouveaux espaces économiques. Dans l'entendement américain, l'Afrique n'est plus une chasse gardée des Européens seuls. Fort de son statut d'unique Super-puissance mondiale, les Etats-Unis d'Amérique ont éprouvé le besoin de diversifier les sources d'approvisionnement en matières premières de leur économie.168(*) Ce comportement américain se justifie par le fait que les Etats Unis disposent seuls, aujourd'hui, de la maîtrise des espaces communs : la mer, le ciel, l'espace. Cette géostratégie, rendue possible par une immense puissance économique, fonde leur hégémonie militaire. C'est elle qui leur permet de projeter leur capacité dans le monde entier et d'empêcher tout adversaire potentiel de le faire.169(*) Nulle autre puissance ne peut rien faire devant cette hégémonie.

Dès lors, l'Afrique se retrouve parmi cette priorité entre autre à cause de ses potentiels naturels. Ainsi, il faut réviser le statut de l'Afrique de la Conférence de Berlin de 1885 et par le fait même mettre fin au privilège de l'Europe sur l'Afrique. L'Alliance avec l'Angleterre, un pays qui était à la Conférence de Berlin et qui a des colonies en Afrique, étant un moyen pour atteindre cet objectif. Le choix est fait sur l'Ouganda et le Rwanda. C'est ainsi que les incursions incessantes des troupes rwandaises au Congo relève de l'exécution d'une stratégie arrêtée par la coalition américano-britannique de contrôler la partie utile de l'Afrique, sans considération de l'ancienne répartition des zones d'influence qui prévalait du temps de la guerre froide.170(*) Et cela avec le silence de la Communauté internationale.

§2. L'influence anglo-saxonne

Dans son cours de sociologie des conflits en relations internationales, le professeur Eugène Banyaku définit l'influence comme étant l'application coercitive ou contraignante sans violence, avec capacité d'orientation ou de manipulation. Elle indique une situation de rayonnement des intérêts d'un Etat sur ceux des autres Etats et qui consiste à orienter les choix des autres Etats dans le sens de ses intérêts.

Les guerres en RDC expliquent à suffisance cette théorie. La coalition anglo-saxonne a des intérêts en RDC en alliance avec le Rwanda et l'Ouganda y compris quelques congolais. Cette alliance permet aux Etats Unis d'avoir la main mise sur les richesses de la RDC. L'Ouganda et le Rwanda, à leur tour, en profitent pour la promotion de leurs intérêts respectifs. Donc, il y a compatibilité des intérêts anglo-saxons et ceux de leurs alliés, l'Ouganda et le Rwanda.

§3. La balkanisation de la RDC

La balkanisation de la RDC figure dans le projet des Etats Unis et leurs alliés occidentaux sur l'Afrique. En 1990, au lendemain de l'effondrement de l'ex-URSS qui symbolise la fin de la guerre froide entre l'Est et l'Ouest, des capitales occidentales au nombre desquelles Washington, Londres, Bruxelles et Paris se mettront d'accord pour changer la donne partout en Afrique. Pour le cas du Congo démocratique, les Occidentaux ont retrouvé le problème qui s'est posé en 1960, celui de trouver un dirigeant qui puisse répondre à leur profil : savoir jouer le rôle de locomotive, être à la fois au service de la population congolaise, des intérêts européens et américains en Afrique centrale et dans les Grands Lacs.

C'est ainsi que le plan du découpage de la RDC en plusieurs Etats sera présenté. Le Pentagone prévoyait l'éclatement de la RDC en quatre zones distinctes appelées à devenir des sortes de protectorats des pays voisins.171(*) A cet effet, les lobbies qui plaident pour le démembrement de la RDC, jugée trop vaste pour être correctement gouvernée à partir de Kinshasa, ont bénéficié d'une excellente écoute de certains pays occidentaux. Ils ont été à deux doigts de réussir à rayer de la carte du monde la RDC dans ses frontières héritées de la colonisation.172(*) A ce projet, Paris se serait rendu compte d'une supercherie mise en épingle par Londres, Washington et Ottawa, celle de contrôler étroitement les nouveaux Etats à créer dans l'Est du Congo. Quitte aux autres puissances européennes de s'occuper du reste du territoire. En raison des potentialités minières que regorge la partie orientale, notamment en pétrole, en gaz naturel, en coltan, en uranium, en cuivre et en or, Paris ne s'est pas impliqué dans ce projet.173(*)

L'exécution dudit plan a été confiée à l'Ouganda, soutenu par Washington et le Rwanda porté à bout de bras par Londres. Il est à souligner que l'Ouganda et le Rwanda chacun avait aussi son agenda caché sur le Congo : l'exploitation des richesses de la RDC et le projet d'annexion de l'Est de la RDC. Ce qui explique les déclarations du Rwanda au début de la guerre contre la RDC.

Par ailleurs, l'acceptation de ce plan réveillerait le démon de la mise en cause des frontières héritées de la colonisation et par le fait même de la Conférence de Berlin. Et en raison de la position ambiguë qu'affiche Bruxelles qui s'était montré tantôt proche de Paris, tantôt favorable à Washington, les dirigeants français ont appuyé l'opposition des populations congolaises à ne pas accepter ce plan de balkanisation de leur pays.

L'opposition de la France a fini par convaincre l'ONU de conserver la RDC dans ses limites internationales héritées à l'indépendance. Désormais, Paris jouera à fonds la carte de l'ONU pour la gestion du dossier RDC. Malheureusement, ils avaient sous-estimé un facteur essentiel, le nationalisme congolais. Malgré la guerre qui déchirait, le Congo n'était pas un éléphant mort que ses voisins auraient pu dépecer à leur guise, il n'était pas ce trou noir, ce coeur de ténèbres que l'on ait évoqué si volontiers.174(*) On peut ainsi raisonnablement estimer que le nationalisme congolais a remporté, mais pour combien de temps ? Devant ceux dont la vie humaine ne dit absolument rien pour leurs intérêts, c'est un secret de polichinelle que leur influence oblige la communauté internationale de ne pas se prononcer sur le cas de la RDC !

§4. Les stratégies d'exploitation

Ce plan anglo-saxon de l'exploitation des richesses de la RDC se réalise dans les sociétés multinationales. Les sociétés multinationales est un ensemble organisé de moyens soumis à un centre de décision unique capable d'autonomie à l'égard du marché et dont les établissements productifs sont activés sur plusieurs territoires nationaux.175(*) Ces firmes sont des tares puissantes économiquement parce qu'elles arrivent à faire et à défaire les régimes de certains pays.176(*)

Les problèmes de ces organisations se posent au niveau de ses actionnaires qui sont souvent occultés et même les hommes d'Etats. Pour le cas de la RDC les guerres sont entretenues par ces sociétés dont les actionnaires sont parfois les hommes d'Etats des pays comploteurs. Ainsi, derrière le drame que vit l'Afrique Centrale depuis 1990, immédiatement après la fin de la guerre froide, il y a un enjeu important pour les transnationales minières. Les ressources minières dans d'autres pays du monde sont déjà fortement entamées, si pas épuisées, et celles qui sont en exploitation présentent des coûts de revient trop élevés.177(*) Par conséquent la RDC, une ressource non encore exploitée, devient l'une des cibles de ces sociétés.

L'effondrement de l'ex-URSS a laissé le champ libre et a livré toute la planète au capital international. La disparition du monde communiste a mis un terme à la bipolarité issue de la deuxième guerre mondiale favorisant ainsi rapidement la montée en puissance des Sociétés multinationales dont aucune force, désormais, ne peut contrarier l'expansion et les stratégies. Pour assurer leurs capitaux, ces financiers ont besoin d'une politique économique et financière taillée à leur mesure, c'est pourquoi les transnationales minières se disputent les morceaux les plus juteux dans l'une ou l'autre partie de l'Afrique Centrale, et cela au gré des tendances politiques ou des "rébellions" qui leurs sont associées et parfois même créées par elles.178(*)

Pour mieux contrôler leurs capitaux, elles imposent aux populations les dirigeants politiques de leur choix, qui sont souvent très mal connus du peuple, déstabilisent ainsi la région et donnent, par le biais hypocrite d'une soi-disant pacification, l'occasion aux armées de l'ONU d'entériner une scission de fait dont le peuple ne veut pas. Elles ont alors créé leur Etat dans l'Etat.

Pour la RDC, à la chute du régime Mobutu des accords signés entre son gouvernement et certains cartels ont été reconduits par le nouveau pouvoir de Laurent Désiré Kabila, d'autres ont été annulés et offerts à de nouvelles sociétés. Comme le pays est toujours astreint à une guerre financée par les puissances occidentales en quête de l'or, du diamant, du cobalt, du manganèse, de l'uranium et des autres minerais qui accompagnent toujours le cuivre, tels le zinc, le germanium, l'argent, le plomb, le fer, ... Les transnationales minières se bousculent entre les rebelles et les gouvernementaux pour accaparer les meilleures parts, veillant à rester du côté du vainqueur et en forçant le destin si nécessaire. Et cela s'accompagne avec un mépris total des populations!

C'est une recolonisation parce que ces pays ne se prennent pas en mains, ne réalisent pas que la politique des pays occidentaux c'est pour les assimiler, les recoloniser, pour les piller et les tuer. Ce serait trop tard quand ces pays se rendront compte parce que l'objectif visé par les décideurs c'est de détruire entièrement les pays en voie de développement surtout ceux qui ont des potentialités économiques considérables, tels que la RDC. Actuellement, il n'y a pas de souveraineté pour la plupart des pays dans le monde entier parce que le monde est dirigé par une seule puissance qui est les Etats Unis. S'ils veulent quelque chose, ils peuvent l'imposer à n'importe quel pays. Tout pays qui s'oppose à leur plan de mondialisation s'expose à subir une longue guerre parce que les puissances occidentales à travers les institutions de Bretton Woods peuvent bloquer toute aide financière et créer des conflits en avançant toutes sortes de raisons notamment politiques, ethniques, linguistiques, religieuses, territoriales...

Pour l'exemple, les plus connues et opérationnelles en RDC, c'est le cas d'American Minerals Fields Incorporation (AMFI) et de son associé l'American Diamond Buyers, et d'autres encore : des Etats-Unis, du Canada, d'Afrique du Sud, d'Ouganda, de Belgique, d'Israël... L'AMFI, créée en 1995, a été forgée comme un instrument destiné à exécuter en Afrique la volonté de domination économique des financiers occidentaux et particulièrement d'assouvir en RDC les desseins des sociétés américaines dont les dirigeants participent aux grands enjeux stratégiques mondiaux qui relèvent de la science, de la technologie, des finances, des industries ou de la politique.179(*)

En août 1996 sous le régime Mobutu, l'OKIMO avait déjà cédé son monopole à la Barrick Gold Corporation(BGC) qui espérait en tirer l'entièreté de la réserve. Un autre consortium canado-belge, la Mindev, avait reçu dans le même secteur, une petite concession de 2000 km².Ainsi l'AMFI avait signé des contrats d'exploitation avec le gouvernement zaïrois, révisé avec l'AFDL pour l'Office des Mines d'Or de Kilo Moto. Lors de nos vacances à Watsa où se situe l'une des concessions de Kilo Moto, nous avons eu à interviewer un agent de Kilo-Moto à Durba, monsieur Albert Mabinza. Barick Gold Corporation avait gagné le marché pour l'exploitation de la localité riche en or de Durba dans le territoire de Watsa, Province Orientale. Il est à rappeler que Barick Gold Corporation s'était installé à Kampala en Ouganda voisin. Avec les anciens fonctionnaires de Kilo-Moto, il commençait à aménager la piste d'aviation de Durba afin de faciliter le transport des materiels. Beaucoup de matériels étaient déjà apprêtés entre autre une grande réserve de carburant et d'autres engins camouflés dans de caisses bien gardées. Déjà les mineurs suspectaient des armes de guerre.

A la guerre d'agression contre la RDC, Barrick a laissé tous ces matériels et carburant au profit des armées ougandaises et se replia en Ouganda. Au grand étonnement de la population, ce carburant et autres matériels ont permis aux armées ougandaises, l'un des agresseurs de la RDC, de progresser aisément sur Isiro où se trouve un aéroport stratégique.180(*) Quelle coïncidence ! C'est plus tard que les informations révéleront que Barrick soutenait la rébellion contre Kabila et avait son siège en Ouganda.

Le 16 avril 1997, soit un mois avant l'entrée des troupes de Kabila à Kinshasa, I'AFDL signa trois accords avec l'American Minéral Fields Incorporation (AMFI) compagnie canadienne opérant à partir de l'Arkansas aux USA, dans le fief du Président des USA Bill CLINTON, et dont le principal actionnaire n'est autre que Jean-Raymond BOULLE, qui pour avoir la signature de I'AFDL avait expliqué que l'offre présentée au gouvernement de KENGO avait été refusée. Même si cette offre était la meilleure, le régime Mobutu avait préféré en janvier 1997 la soumission des compagnies sud-africaines Anglo American Corporation-GENCOR

La trahison a toujours un prix : la mort. Lumumba a été traqué et tué à cause de son nationalisme qui ne rassurait pas les intérêts des Occidentaux. Sa mort est restée un mystère, trois décennies après les secrets de l'histoire essayent d'éclairer ce mystère.

Son fils spirituel, Laurent Désiré Kabila, devenu président de la RDC, subirait le même sort. La méfiance était chez lui la seconde nature. Dès son arrivée au pouvoir à Kinshasa, il multiplie les précautions, sachant qu'il est vulnérable et que les mobutistes avides de revanche qui se trouvent encore à Brazza et les collaborateurs de services secrets étrangers qui n'ont pas accepté son accession au pouvoir.181(*) Traqué, il fut tué le 16 janvier 2001 dans son bureau du travail. Quel coup pour une Nation ! Jusqu'aujourd'hui sa mort reste encore un mystère. Pour manifester leur sentiment jovial à cette mort, les radios périphériques avaient même annoncé que le peuple congolais était indifférent à la mort de Kabila. Alors que le peuple congolais avait été affligé de cette mort voulue par les ennemis du peuple congolais.

Ce qui est sûr, c'est le même sort qui avait été réservé à Patrice Emery Lumumba que Kabila a subi. Apres des décennies, l'histoire dévoilera ses secrets pour la postérité. Ceci dévoile une fois de plus que le sort de la RDC se joue ailleurs, les congolais ne feront que subir. Devenir président à la tête de la RDC suppose une fidélité indéfectible à ceux-là qui en détiennent la destinée.

Une fois tué, Kabila est d'office remplacé par l'un de ses fils en la personne de Joseph Kabila. Etonnant que cela puisse être, la succession du fils à son père n'a pas été contestée par les congolais alors que le pays aspire à la démocratie. Encore se manifeste la volonté de ceux-là qui détiennent la destinée de la RDC. On peut ainsi raisonnablement estimer que le fils est l'homme répondrait aux inquiétudes des Américains pour la RDC. En effet, du point de vue américain, le plus grand problème du Congo réside au niveau de sa classe politique qui ne parvient pas à offrir à ce pays important des dirigeants disposant de l'envergure d'homme d'Etat et porteur d'un grand dessein, non seulement pour le Congo, mais aussi pour l'Afrique et le monde occidental.182(*) Le nouveau président viendra avec une nouvelle logique : celle de la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs. Et le plan de la balkanisation  de la RDC?

CONCLUSION

Laurent Désiré Kabila devient le présidentde la RDC après Mobutu. A la tête de la rébellion armée dénommée l'AFDL, L D Kabila marche sur le Congo de l'Est à L'Ouest dans moins d'une année. Appuyé par l'Occident pour remplacer Mobutu, L D Kabila gagne la confiance de beaucoup de pays voisins de la RDC. Pour se venger de Mobutu, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et d'autres soutiennent l'AFDL chacun avec ses agenda cachés.

Devenu président de la RDC, le président LD Kabila refuse d'être marionnette de ses alliés. Cette attitude, jugée inacceptable par ses alliés, constituera son certificat de mort. Une rébellion créée par ses alliés d'hier apparaît le 02 août à l'Est pour renverser LD Kabila. La communauté internationale lui imposera le dialogue avec les différentes rebellions. Il sera assassiné dans son bureau de Kinshasa et remplacé par son fils Joseph Kabila Kabange. Avec le président Joseph Kabila seront signés les accords de paix pour la réunification et la pacification du pays. Ainsi, seront organisées les élections démocratiques, libres et transparentes. Joseph Kabila sera élu démocratiquement président de la RDC. Et l'unification et la reconstruction du pays deviennent possibles.

CHAPITRE IV. RECHERCHE D'UNE PAIX DURABLE EN RDC

Section I. CONDITIONS POUR UNE PAIX DURABLE EN RDC

L'analyse des conflits de la région des Grands Lacs nous a permis d'en saisir les causes. Ces causes nous permettront d'envisager des pistes d'une paix durable dans la région. Cette paix est plus que jamais l'aspiration de tous. Qu'est-ce qu'alors la paix ?

Plusieurs définitions de la paix sont possibles tant sur le plan scientifique que purement vulgaire. En effet, dans son cours des `'Mécanismes de culture et d'éducation à la paix, le Professeur Ignace Sona affirme dans ce sens que quand dans le langage courant on parle de Paix, on a toujours tendance à rabattre cette notion dans son acception matérielle. La paix dans ce contexte fait figure des considérations suivantes : manque de guerres, de rebellions, suffisance alimentaire, respectabilité du niveau de vie matérielle, circulation facile et paisible, assurance des soins médicaux, scolarisation facile des enfants... La paix a plusieurs facettes, car l'homme est vraiment en paix quand toutes les dimensions sont réunies : nous pouvons alors parler de la paix intégrale de l'homme.

Pour que la paix soit intégrale, toutes les dimensions doivent être en fonction. Il s'agit en occurrence de la paix matérielle (le manger, le boire, l'habillement, les soins médicaux, la communication, la scolarisation, la satisfaction des plaisirs matériels...), la paix morale (avoir une bonne hygiène morale, avoir une bonne ambiance inter-relationnelle, avoir une bonne culture des émotions positives, avoir une conscience claire et limpide, savoir reconnaître ses limites...), de la paix spirituelle (l'homme est un être de foi ou de croyance ; le succès dans ses entreprises est tributaire de cette foi. Quoique se disant incroyant, l'homme croit toujours en une forme de vie supérieure et immatérielle, une force qui commande ses aspects physiques et moraux. Ainsi, le non respect de cette croyance peut entraîner des cibles néfastes sur toute activité de l'homme.183(*) La situation actuelle de la RDC, à cause des conflits, est celle d'un pays privé de cette paix ; il faut alors chercher à l'instaurer. Il ressort de cette situation que tout le monde ne veut que la paix ; le souhait de tous est que la paix revienne en RDC. Cette paix sera profitable non seulement aux Congolais, mais aussi à tous leurs voisins y compris ceux qui veulent profiter des richesses de la RDC et en faire leur seconde patrie.

Pour le professeur Labana : « La paix est considérée comme le développement des peuples en harmonie avec l'environnement mais aussi la défense et le développement des valeurs humaines. La paix ne se limite pas à l'absence de guerre ».184(*) Une fois de plus la vraie conception de la paix est celle de sa portée universelle. Telle est la mission essentielle de l'Organisation des Nations Unies.

En effet, la communauté internationale s'est investie pour la recherche de la paix en RDC obligeant les différents belligérants à signer divers accords de paix. Ce qui a conduit la RDC à organiser les élections libres, démocratiques et transparentes en vue de l'instauration d'un régime démocratique. Comme la paix n'est pas synonyme de l'absence de guerre, il faudrait alors consolider cette paix. Cela est possible dans la mesure où un certain nombre de dispositions soient prises en compte pour la gestion de la période post-conflit.

Nous n'aurons pas à retracer les différents accords signés entre les différents protagonistes qui ont conduit à la signature de la paix et la formation du gouvernement de transition en RDC. Quelles sont alors les dispositions favorisant la gestion de la paix après la guerre, c'est-à-dire la période post-conflit en RDC ? La bonne gestion de cette période nécessite la connaissance de différentes causes de ces conflits qui ont conduit aux différentes guerres.

§1. Les causes des guerres en RDC

L'analyse des guerres actuelles dans le monde conduit au principe de la causalité ; ce lien causal justifie que la guerre résulte des conflits dont les instigateurs sont souvent occultés. Par définitions : « le conflit est une divergence ou querelle où des intérêts (matériels) s'opposent, où s'affrontent des besoins et/ou des valeurs. Il apparaît comme un problème relatif à la satisfaction des besoins de l'une des parties faisant obstacle à la satisfaction des besoins de l'autre ».185(*) Les intérêts sont donc à la base des conflits.

A cet effet, l'analyse de typologie des conflits révèle qu'il n'y a pas qu'une seule cause. C'est un mélange d'intérêts qui perpétue le conflit. Toutes les causes de conflit sont liées entre elles.186(*) Tel est le cas pour la RDC, les trois chapitres précédents ce travail ont essayé de les détailler. Ainsi, allons-nous les résumer pour nous permettre de proposer des pistes de solution d'une paix durable pour les Grands Lacs. Il y a lieu de dégager trois sortes de causes qui peuvent pousser les Etats à entrer en conflit : les causes politiques, les causes économiques et les causes sociales. A leur tour, ces causes peuvent être rangées sous deux catégories, notamment des causes endogènes ou internes et causes exogènes ou externes.

I. Les causes endogènes

Sans vouloir être exhaustif, les causes endogènes peuvent être résumées en ceci :

l'absence d'Etat de droit et le refus d'ouverture politique et démocratique, le manque des projets de société visant le renforcement de la cohésion nationale, les violations des droits de l'homme, l'assujettissement de certains leaders nationaux aux intérêts étrangers, le bradage de l'identité et des intérêts nationaux, le problème des Banyamulenge.

II. Les causes exogènes

Parmi les causes exogènes, nous retenons celles-ci :

les visées expansionnistes et hégémoniques de certains pays voisins de la RDC, notamment le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda ; l'instrumentalisation de certains voisins de la RDC par les puissances étrangères pour la défense de leurs intérêts économiques et géographiques vitaux en RDC, la richesse naturelle de la RDC qui attire des sociétés multinationales et leurs pays d'origine, le climat de suspicion permanent entre les Etats de la région des Grands Lacs. Cette méfiance incite certains Etats au recrutement et à l'entraînement des mercenaires aux fins de déstabiliser l'Etat voisin suspecté. Cette suspicion se fonde sur le maque de confiance des uns vis-à-vis des autres.

A cet effet : « La crise qui ébranle aujourd'hui la région des Grands Lacs ne pourra trouver des solutions durables que dans le cadre d'une concertation élargie entre les décideurs de la contrée. La restauration de la paix, de la confiance et de la sérénité dans cette région est à ce prix là ».187(*) A ces causes susmentionnées, il faut des pistes des solutions pour la restauration d'une paix durable dans les Grands Lacs en général et dans la RDC en particulier.

§2. La démocratisation des pays des Grands Lacs africains

Par définition, un régime démocratique est le gouvernement par lequel le pouvoir et la responsabilité civique appartiennent à l'ensemble des citoyens, qui les exercent directement ou à travers des représentants librement élus. C'est un ensemble de principes et de pratiques qui protègent la liberté.188(*) Pour qu'il y ait la démocratie en RDC, il faut un système politique respectueux des droits de l'homme, une société où les élections à tous les niveaux sont libres et transparentes afin de garantir l'alternance au pouvoir, un Etat de droit qui respecte la séparation des pouvoirs tout en veillant sur la bonne gouvernance dans la gestion tant publique que privée.189(*) Il en ressort clairement que certaines revendications qui sont à la base des conflits dans la région des Grands Lacs sont conséquentes au manque de régime démocratique. Ainsi, les causes endogènes des conflits de la région des Grands Lacs sont tout simplement conséquentes des régimes dictatoriaux de ses Etats.

I. Le respect des droits de l'homme

Par définition, les droits de l'homme sont l'ensemble des principes et des normes fondés sur la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les êtres humains et qui visent à en assurer le respect universel et effectif.190(*) Ces droits sont nécessaires pour l'épanouissement de l'homme dans sa dignité. Ils sont en fait l'expression des besoins fondamentaux des êtres humains, sans aucune exception. Ils sont nombreux et interdépendants, il n'y a pas les plus importants et les moins importants.

Il convient de spécifier les problèmes que pose le respect des droits de l'homme dans la région. Dans l'histoire de l'évolution des droits de l'homme, la première catégorie des droits de l'homme est celle de revendication. Il s'agit des droits civils et politiques. Il a fallu à l'homme de se soulever au 18ème siècle contre la monarchie pour arracher cette catégorie des droits de l'homme. Depuis lors les droits civils et politiques restent les droits de revendication. Avec le vent de la démocratie en Afrique après la dictature, tous réclament ces droits à l'Etat. Il est alors impérieux de promouvoir et de protéger ces droits de l'homme dans les pays des Grands Lacs.

A- Les droits civils et politiques

Les droits civils et politiques sont opposables à l'Etat, à qui il est demandé une attitude d'abstention à l'égard de leurs titulaires qui sont les hommes isolés. Ces droits ne peuvent être garantis que si et seulement si l'Etat en a la volonté. L'Etat étant une personne morale incarnée par un pouvoir institué évoluant dans un environnement territorial ayant pour but de traduire les aspirations de la nation.191(*) Par aspirations de la nation, il est question du bonheur de la nation, son épanouissement par le fait même du peuple. Un pouvoir est dictatorial quand l'Etat ne garantit pas l'exercice de ces droits, l'interdiction d'exercer les droits civils et politiques.

C'est pourquoi, les pays des Grands Lacs doivent réellement devenir un espace démocratique pour le respect des droits civils et politiques. L'organisation des élections démocratiques, libres et transparentes dans chacun de ces pays serait une garantie de l'exercice du pouvoir pour la région.

Une fois le respect des droits de l'homme garanti, dès lors, les politiciens Congolais pourraient travailler d'abord pour l'intérêt national et être ainsi des vrais patriotes. En outre, il leur est demandé d'avoir plus de maturité politique pour apprécier certaines situations difficiles et délicates. La culture politique démocratique où les valeurs démocratiques sont aux antipodes des antivaleurs, doit imprégner les Congolais qui veulent être candidats aux suffrages du peuple.192(*) Dès lors, la politique ne sera plus comprise comme un moyen d'enrichissement facile, mais comme un devoir à accomplir, un sacrifice pour l'amour de la patrie. Mettre au niveau de l'appareil de l'Etat un mécanisme efficace pour combattre la conviction largement répandue dans l'imaginaire des Congolais que le succès d'un homme politique dans le peuple dépend moins de ses performances au service de la communauté nationale que des moyens qu'il aura accumulés pour entretenir sa clientèle. Dans la conception africaine, le chef ne vole pas, il accumule en vue de la redistribution. La générosité obligée des gouvernants porte également sur les nominations aux emplois publics mais le privilège le plus important qui fait courir les politiques reste la mainmise sur les finances publiques et la possibilité de les utiliser à volonté.193(*)

En conséquence, pour la fonction politique en RDC, il faudrait être d'abord nationaliste. Ce qui signifie que participer à la gestion des affaires publiques et à l'orientation des actions et idées directrices de son pays, c'est témoigner d'un comportement civique honorable. Mais la participation politique n'est pleinement réalisée que si elle est fondée sur un sentiment profond et noble que manifeste l'amour véritable de la Nation. Ce sentiment s'appelle nationalisme. En tant que sentiment, le nationalisme se traduit par une attitude affective à travers laquelle l'homme se sent appartenir de façon particulière à une communauté nationale précise et que moralement, il se sent obligé de promouvoir et de défendre. Il s'agit donc d'un amour agissant, actif à l'égard de la nation.194(*)

Le constat amer est que beaucoup de Congolais affichent un comportement antinationaliste de fait. Ils sont disposés de faire alliance avec les étrangers contre leur pays. Les différentes rebellions sont des exemples manifestes : « Lorsque le `go ahead' pour la mutinerie fut donnée depuis le Ministère de la Défense à Kigali le 1er août 1998, la quasi- totalité des officiers de la 10ème brigade avaient été retournés par James Kabarehebe. Il avait été distribué une gratification financière aux chefs militaires de la Province du Nord Kivu. Chacun des cinq hauts gradés de la brigade aurait reçu 150 000 dollars.195(*)

La question n'est pas d'abord de chercher à culpabiliser les Congolais, mais de savoir si le Congo comme nation répond à ses devoirs vis à vis des Congolais. La RDC comme institution répond-t-elle aux aspirations des Congolais ? La satisfaction des droits du peuple lui permettant d'avoir le minimum vital pour son épanouissement est-il garantie ?. Nos nouvelles institutions démocratiquement acquises auront pour mission de répondre à ce défit afin que finalement s'installe la conscience nationale dans le peuple congolais. Le projet d'une société  visant la promotion de la cohésion nationale serait un idéal à atteindre.

B- Les droits économiques, sociaux et culturels

Avec ces droits, l'on attend de l'Etat son intervention en matière économique et sociale pour la réalisation du bien-être de tous. Ils contribuent à donner plus d'efficacité aux droits civils et politiques. Il s'agit de: le droit à la santé, le droit au logement, le droit à l'éducation, le droit au travail, le droit à une alimentation suffisante et équilibrée, le droit au loisir, le droit naturel...196(*) Un regard sur la situation de la RDC en général, surtout dans le territoire victime des rebellions en particulier, prouve qu'il y a violations systématiques flagrantes et graves de ces droits de l'homme. Ce qui est à la base de l'appauvrissement de tout un peuple.

Face à ces violations, l'Etat a le devoir d'intervenir pour que les Congolais retrouvent leur dignité humaine. En effet, la misère est à la base de toutes sortes de maux, il faut trouver la voie de sortie à cette misère. Ainsi, « les Congolais, une fois au travail dans les meilleures conditions et dans un système démocratique, défendront avec acharnement le développement de leur pays. L'égoïsme des dirigeants politiques est à la base de la pauvreté de notre peuple.197(*) L'opinion de beaucoup de Congolais se confirme ici, l'opinion selon laquelle c'est la politique qui est la cause de leur misère. Il est un fait que « les acteurs politiques congolais sont faits à l'image de leur société : ne disposant pas de moyens financiers et logistiques pour subvenir à leurs besoins personnels et/ou aux budgets de leur projet politique dans l'environnement de paupérisation généralisée, ils considèrent la carrière politique comme une voie normale d'accumulation de ressources économiques destinées à leur assurer une subsistance et à appuyer leurs efforts de conquête, de conservation et de consolidation du pouvoir ».198(*)

             Le respect des droits de l'homme implique au niveau fondamental de garantir à chaque être humain les moyens d'une existence digne. Face aux phénomènes de paupérisation de masse auxquels nous assistons aujourd'hui, il semble primordial de reconnaître l'urgence d'une lutte contre la pauvreté. Ceci l'est d'autant plus que lorsqu'on prend note du fait que si la situation de « pauvreté de masses » caractérise de nombreux pays, elle s'applique aussi à la situation globale, dans laquelle s'inscrit notre discours universel des droits de l'homme. Le fossé ne cesse de grandir en termes absolus et relatifs entre « ceux qui ont » et « ceux qui n'ont pas » et on assiste à l'exclusion croissante d'un nombre toujours plus grand d'êtres humains de notre « village global ».199(*) Il met aussi en évidence que la lutte contre la pauvreté et les droits de l'homme sont doublement liés. Dans notre contribution, nous aimerions mettre l'accent sur l'enjeu interculturel qui se cache derrière la problématique « droits de l'homme et pauvreté ». Sa prise en compte nous semble une condition sine qua non pour toute action efficace de lutte contre la pauvreté à travers une dynamique émancipatrice des droits de l'homme.200(*)

Il revient, dès lors, à l'Etat de redonner confiance au peuple à travers des dirigeants intègres qui partageraient la vie de la proximité avec le peuple. Que les activités politiques ne soient pas considérées comme une vache à lait, mais l'activité noble de la gestion des choses publiques, donc de la cité.

Le projet gouvernemental de la reconstruction nationale par les cinq chantiers devrait donner de l'espoir aux Congolais car il constitue une piste de solution aux problèmes des droits économiques, sociaux et culturels. La partie du pays ravagée par les guerres n'a plus d'infrastructures de base. Toutes les entreprises, des sociétés qui avaient fait le bonheur des Congolais d'autrefois ont été détruites méchamment par les guerres et ont réduit le peuple au chômage et à la misère indescriptible. Il faudrait un plan à court terme pour recréer de l'emploi et revoir le problème de salaire des fonctionnaires. La conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Kivu constitue l'une des démarches normales pour la consolidation de paix en RDC. Elle répond aux exigences de la consolidation de la paix postconflit. L'intuition devrait s'étendre pour toutes les régions ravagées par ces guerres en particulier et toute la RDC en général.

C- L'assujettissement de certains leaders congolais aux intérêts étrangers

De toutes les deux guerres, les Congolais ont aussi leur part de responsabilité : il s'agit de l'assujettissement de certains leaders congolais aux intérêts étrangers et privés. En fait, dès l'indépendance de la RDC, le 30 juin 1960, la lutte du peuple pour recouvrer sa dignité a, depuis lors, pris l'allure d'un affrontement entre le peuple et certains de ses fils, devenus gestionnaires de la structure créée (Etat) par les colonisateurs pour continuer à gérer la RDC.201(*) Ces Congolais sont prêts à faire alliance avec n'importe quelle force pour venir embraser la RDC et cela aussi bien chez les civils que chez les militaires. Ainsi, la mutinerie sert de pseudonyme aux conflits armés : elle avance pour masquer les ambitions politiques à peine voilées.202(*) Alors qu'elle est téléguidée d'ailleurs, le pays est pris dans le piège de ces Congolais traîtres. La concrétisation de ce fait regrettable est la guerre d'agression du 02 août 1998. Le pays était divisé comme un gâteau où chacun de ces Congolais, soutenu par ses maîtres à penser, régnait sur la portion de son territoire par défit sans tenir compte des Congolais, ses compatriotes. Ce fut la véritable période de bradage officiel des richesses du pays au détriment de la population. Ils pouvaient voyager à travers le monde avec toutes les familles sans difficulté de visa.

Comment sauver le pays d'un tel danger permanent dont ses propres fils sont responsables? Le problème se poserait d'abord au niveau de l'amour de la patrie. Lors de la clôture du Synode diocésain à Kisangani, le13 septembre 1998, en pleine guerre d'agression, Monseigneur Laurent Mosengwo avait dit : « Prions, afin que cesse à jamais la conquête du pouvoir par les armes : on ne tue pas le peuple que l'on veut gouverner, et on ne détruit pas le pays que l'on doit construire ! Un pouvoir conquis par les armes se défendra par les armes : il risque dès lors d'être répressif sinon oppressif ».203(*) Le comportement de ces Congolais suscite une telle déclaration. Il faut que les Congolais puissent travailler d'abord dans et pour l'intérêt national et être ainsi des vrais patriotes. En outre, il leur est demandé d'avoir plus de maturité politique pour apprécier certaines situations difficiles et délicates ».204(*) Pour le Congo, il y a une impérieuse nécessité d'avoir des politiciens de la nouvelle génération qui n'ont pas encore flirté avec les étrangers pour le bradage de la patrie. Il s'agit de ceux qui ont étudié sur place et connaissent les vrais problèmes auxquels le pays est confronté. C'est à ceux-là d'abord que l'amour de la patrie exigerait d'accepter les conditions réelles de la RDC au lieu de rêver toujours l'Occident. Ils auront à travailler à lutter contre la pauvreté. La RDC a besoin des leaders car « sans l'émergence d'un leadership mosaïque capable au besoin de disparaître pour le triomphe d'une idée, la RDC ne parviendra pas à conjurer ses démons.205(*)

La pauvreté pousse les politiciens Congolais à se concentrer plus dans la capitale qu'à l'intérieur du pays, favorisant ainsi l'exode rural. Que le gouvernement, dans le cadre la construction nationale, exige surtout à chaque homme politique congolais de construire dans son village une maison moderne avec d'autres infrastructures. Un tel projet favoriserait l'urbanisation de nos villages. Ayant ainsi réalisé ce projet, au lieu de toujours aller passer ses vacances ailleurs souvent par manque de place d'accueil ; l'envie de les passer dans son village se créera comme cela se fait sous d'autres cieux. Un tel projet faciliterait aux villageois l'épanouissement sur place et diminuerait l'exode rural.

Le souci majeur des Congolais c'est la paix et la reconstruction de leur pays qui est la condition sine qua non de leur bonheur au lieu de leur apporter la guerre fratricide. Ils ont besoin de la paix, une dimension essentielle pour la survie d'un peuple, d'un Etat, des communautés.206(*) Et pour restaurer et maintenir cette paix, condition sine qua non du développement, les masses congolaises doivent récupérer leur rôle naturel de faiseurs de leur propre histoire. Pour leur part, les élites serviront cette cause en prenant du champ par rapport aux raccourcis trompeurs de la coercition, du partage mafieux des espaces du pouvoir, des réseaux d'affinités régionales et internationales mercantilistes dans un contexte d'émasculation de la volonté politique des citoyens qui furent les causes du délitement des institutions publiques dans ce pays.207(*)

D- La question intercommunautaire au Kivu.

Le problème appelé en RDC `le problème des Banyamulenge' doit être analysé avec réalisme dans son contexte global et avec certains pays voisins de la RDC impliqués. En effet, la RDC partage ses frontières avec neuf voisins et le problème des ethnies transfrontalières est un fait. Nulle part cela n'a posé de problème majeur si ce n'est qu'à l'Est de la RDC et amplifié avec les Banyamulenge seulement.

Les attitudes qu'affichent les Banyamulenge en RDC ont incité beaucoup de chercheurs d'y travailler. Les résultats de recherches confirment que les Banyamulenge sont d'origine rwandaise, bénéficiant de l'hospitalité congolaise. Et au départ, ils avaient vécu en harmonie avec les Congolais. Ils ont travaillé dans beaucoup les sociétés à travers la RDC. Les problèmes des Banyamulenge ont commencé avec la prise du pouvoir par les rebelles du FPR à Kigali en 1994. Dès lors, les Banyamulenge se considérant comme en diaspora ou en exil ont chanté cette victoire. Et c'était pour eux une occasion du retour au pays natal. D'où, le début de leur instrumentalisation par le régime tutsi de Kigali, un régime animé des visées expansionnistes.

Dès lors, les Banyamulenge jouent le rôle du `cheval de Troie' de Kigali en RDC. De toutes les deux guerres de la RDC, ils ont été de connivence avec Kigali. Se jouant toujours en victime, ils se minorisent en cherchant le soutien de la communauté internationale au nom des droits des minorités. Ce qui a envenimé leur relation avec les autres ethnies congolaises. Les Congolais de l'Est sont devenus des peuples désarticulés sans aucune consistance, leurs relations sont devenues les relations de façades. Comment rétablir ces relations paisibles qui avaient existé entre les congolais et les Banyamulenge, surtout qu'ils ont obtenus la nationalité congolaise qu'ils cherchaient par les armes ?

Pour l'harmonie intercommunautaire, les Banyamulenge qui sont considérés comme les germes des conflits des Grands Lacs doivent se considérer et vivre en véritables Congolais. Ce qui ne signifie nullement se couper de leurs relations avec d'autres peuples des pays voisins. Ce qui importe, c'est de vivre en patriotes congolais sans trahir le Congo, surtout ne pas transposer le cycle de guerres ethniques Hutu-Tutsi en RDC. Accepter de vivre partout en RDC comme ils avaient vécu dans le beau vieux temps.

Comment alors panser la plaie des Congolais victimes des Tutsi ? Des villages, des familles ont été rayés par ces deux guerres. Il y a des Congolais qui ne crient que vengeance, ce qui exclurait la possibilité de cohabitation pacifique avec les Tutsi. Il n'est point question de tomber dans un pessimisme extrémiste car les conditions pour une paix durable demandent « l'installation des structures capables selon les cas, d'établir la paix, de la maintenir ou de la construire ».208(*) En effet pour bâtir la paix, la toute première condition est l'élimination des causes des discordes entre les hommes : elles nourrissent les guerres, à commencer par l'injustice.209(*) La responsabilité principale de la paix incombe aux parties en conflit. Mais la communauté internationale a un rôle crucial à jouer dans le développement de compétences, des capacités méthodologiques de résolution des conflits. Il s'agit d'inscrire tous les Congolais dans un processus d'éducation à la paix car pour changer la société, il faut transformer l'homme congolais par l'éducation et la formation, remplir sa tête, pétrir son coeur et traîner sa main à transformer les idées en des actes qui épanouissent et qui cherchent avant tout le bien du prochain. Ils doivent s'investir dans le dialogue et les actions telles que découvrir la vérité de l'autre, le bien qui est dans l'autre ainsi que le mal et avoir le courage de le lui dire. Refuser de participer aux mensonges, à l'injustice. Etre prêt à payer toutes les conséquences d'avoir dit la vérité, d'avoir dénoncé l'injustice, d'avoir refusé d'y participer.

Il faut souligner ici l'apport de l'ONU et de l'UNESCO pour la paix dans le monde. Ces deux organisations internationales ont décidé d'entreprendre diverses activités de construction de la paix en vue de permettre le passage d'une culture de la guerre à une culture de la paix. L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté, le 13 septembre 1999, lors de sa 53ème session, une Déclaration et un Programme d'action pour une culture de la paix ; ceci pour inspirer les gouvernements, les organisations internationales et la société civile dans leur action au niveau national, régional et international en matière de la culture de la paix.210(*) Il résulte que l'éducation à la culture de la paix devient une urgence. La culture de la paix est un processus qui consiste à établir la confiance et la coopération entre les peuples et les nations.

Etant Africains, il est loyal de recourir aussi à la palabre africaine. En effet, la palabre africaine est un mode institutionnalisé de règlement de différents types des conflits dans la société africaine. Les sociétés africaines ont toujours été comme toutes les sociétés humaines sujettes à des conflits intérieurs et extérieurs. Sur le plan interne on peut noter des conflits d'intérêts entre les individus et ou des groupes, conflits des propriétés, les conflits de pouvoir, les conflits de délimitation territoriale...Ces conflits ont toujours nécessité un arbitrage restreint, familial, clanique.

La palabre africaine se veut un fait social significatif qui accorde une primauté voulue à la parole et au rituel réparateur. Elle est une activité argumentative sous-tendue par un déploiement multidirectionnel de la rationalité et qui, tout en célébrant la vie par le biais du bien-dire, du rythme, du chant et du geste, sait, le moment venu, se faire grave, dramatique et solennelle ; elle se charge alors de régler des crises sociales, de restaurer l'ordre, la cohésion, la paix et la détente communautaires, de promouvoir le processus de sécurisation inter-individuelle.211(*) La recherche de la paix intercommunautaire aux Grands Lacs nécessite la palabre africaine. Sa spécificité est d'impliquer les sages des différentes communautés, se jouent aussi le rôle surnaturels dans la société par le fait même qu'ils sont mieux suivis. En Afrique,« il y a palabre lorsque l'enjeu d'un conflit, l'importance d'une délibération, la portée d'un avènement...dépassent la compétence et le cadre d'un règlement expéditif, engagent grièvement l'ordre public, mettent en danger la cohésion de la communauté, interrompent ou perturbent le rythme de la vie, troublent les rapports entre la nature, l'homme et le cosmique ».212(*)

II. Les causes exogènes

A- Au niveau africain

Les causes exogènes des conflits en RDC sont plus basées sur les puissances étrangères et les multinationales. Commençant par certains pays voisins de la RDC notamment le Burundi, l'Ouganda et le Rwanda. La convoitise des richesses de la RDC ainsi que de son territoire constituent les motivations principales de ces pays. En tant que pays voisins, quelles que soient les revendications de chacun de ces pays, il y a le cadre diplomatique appropriés pour la résolution des conflits éventuels. Les richesses et le territoire congolais sont les éléments de la souveraineté nationale. Les autres pays voisins peuvent en bénéficier par la coopération régionale. L'une des solutions envisageables est l'intégration régionale dans le but d'avoir un projet régional commun digne de ce nom et de s'en donner les moyens.

En outre, la guerre de la RDC a montré la situation délicate de l'Union Africaine de jouer son véritable rôle de la paix et de la protection de la souveraineté d'un Etat membre. Devant l'agression de la RDC par ses voisins, l'Union Africaine ne pouvait pas se prononcer pour condamner les agresseurs de la RDC instrumentalisés par les grandes puissances. Et l'Union Africaine et L'Organisation des Nations Unies ont manifesté le mutisme face à cette agression. Ce que souligne le rôle réel de la communauté internationale dans le règlement du conflit congolais a été à la mesure de l'influence qu'exercent les puissances étrangères sur les différents protagonistes. La compréhension indulgente des Etats-Unis et de la Grande Bretagne vis-à-vis des gesticulations guerrières du Rwanda et de l'Ouganda est stigmatisée en RDC comme une des causes de l'instabilité récurrente de la région des Grands Lacs.213(*)

Les Africains ne sont pas encore maîtres de leur propre destin ; ils sont au service des grandes puissances. Tel est ce constat amer : «Malheureusement, plus de cinquante ans après sa création, ses idéaux ne sont pas respectés ; au contraire, ils sont de plus en plus bafoués par ceux-là même qui sont appelés à les faire respecter, en premier lieu les cinq membres du Conseil de sécurité et les membres du bloc euro-américain dont les pays sont suffisamment développés. Instrumentalisé par les multinationales, ces pays, loin de faire régner la paix et la justice dans le monde, sont devenus des pyromanes, tout en cherchant à paraître comme des pompiers ».214(*) 

Devant cette situation, le salut de l'Afrique réside alors dans la prise de conscience des Africains de prendre leur propre destin en mains, cela par le refus d'accepter d'agresser l'Afrique et les Africains à la solde des grandes puissances. Ce qui devrait conduire l'Afrique à l'intégration régionale pour sa consolidation et celle des liens entre africains à l'exemple de l'Union Européenne.

B- Intégration régionale

L'intégration régionale est un processus et une condition par lesquels des Etats-Nations implantés dans une aire géographique contiguë partagent leur autorité en matière de prise de certaines décisions dans une perspective d'intérêt mutuel. Ce concept englobe diverses activités sociales, économiques, politiques et culturelles dont voici les principaux aspects : le consensus sur certaines tâches communes, les institutions communes jouissant des pouvoirs d'exécution et le transfert partiel de la souveraineté des administrations nationales aux institutions communes supranationales.215(*) Dans le cas spécifique des Grands Lacs, le programme de coopération et d'intégration régionale durables doit avoir comme base une vision claire du type de société que les Grands Lacs veulent mettre en place pour servir leurs populations, mieux encore un projet pour le développement de la région.

L'intégration régionale présente un caractère dynamique de transformation des structures, principalement dans le champ économique, mais aussi, avec une plus ou moins grande intensité, dans les champs social et politique. Elle se caractérise par un jeu complexe d'interdépendances, de spécialisation, de complémentarités, et produit une altération des économies nationales, voire des sociétés et des entités politiques [...] l'intégration régionale enclenche un processus de formation d'un nouvel espace.216(*).

Pour le professeur Banyaku « l'intégralité du processus de développement consiste en l'édification d'un ordre social qualitatif par la revalorisation de l'homme dans toutes ses conditions d'existence matérielle et morale. Le développement intégrale est par définition socio-culturaliste, c'est-à-dire qu'il place l'homme dans sa dimension socio-culturelle au centre de l'exigence de la qualité sociale, de l'épanouissement humain et social, réflexif et éthique ».217(*)

La fin de la guerre entre les Etats des Grands Lacs devrait susciter la création ou la réhabilitation d'une structure régionale de coopération. Une telle organisation aura mission de rétablir la confiance entre les Etats et de redynamiser la coopération dans tous les secteurs intéressants les peuples des Grands Lacs.218(*) La coopération régionale serait une voie légale de partage des richesses de la RDC avec ses voisins. Ce qui éviterait la politique de prédation pour créer un marché réel dans la région, favoriser le transfert de technologie pour le développement de la région. Ce qui constituerait pour les Grands Lacs « un engagement collectif pour le mieux-être conditionné par l'élévation des normes et pratiques sociales, par l'amélioration des rapports sociaux, par la promotion des échanges de connaissances, d'information et d'autres valeurs identificatives, figuratives et intellectuelles qui constituent les vecteurs socio-culturels du développement ».219(*)

L'intégration régionale se présenterait alors comme l'une des solutions aux conflits frontaliers entre les Etats des Grands Lacs ainsi que de tous les pays de la région. Cela parce qu'une « vision centrée sur le développement intégral couvre tous les besoins humains et sociaux du développement, répondant à l'épanouissement intégral et équilibré de l'homme et de la société».220(*) La région est un espace de volonté politique. « D'où ce corridor évoqué par le Professeur Banyaku Luape qui partira de l'océan Indien à l'océan Atlantique. Tout simplement parce que la dynamique marchande actuelle en RDC est de 60% par l'océan Indien et 40% par l'océan Atlantique. Voilà pourquoi il faudra repenser la CPGL et l'élargir à d'autres pays de la région. Notamment la Tanzanie, le Congo-Brazzaville, l'Ouganda, le Kenya, la Zambie.... Cela ne peut se faire que lorsque les Congolais auront recouvré la confiance entre et en eux-mêmes, sur fond ».221(*)

Un autre problème conflictogène est celui des frontières héritées de la colonisation. Les frontières héritées de la colonisation n'ont pas pris en compte les réalités africaines, notamment les affinités ethniques et les frontières naturelles telles que les cours d'eau, les reliefs.222(*) Les zones frontalières demeurent ainsi des endroits où l'autorité de l'Etat est difficile à établir tant que les populations de ces zones circulent entre leurs deux Etats sans moindre attention à l'autorité étatique. L'intégration régionale recréera une vaste zone regroupant ces pays et créera la libre circulation entre les peuples fragilisés par la colonisation et la Conférence de Berlin. Ainsi, les peule Kongo, Lunda, Teke, Ngbandi, les Zande, Kakwa, Lugbara, Alur, Hema, Tutsi, Hutu, Bemba... recouvreront leur unité. Ceci répondra à la nécessité qui se vit déjà aux frontières entre les ethnies départagées par la colonisation. Quelle sera la structure d'une telle organisation ?

Le nouvel espace économique africain ainsi créé donnera naissance à un monde uni de pensées et d'intérêts orientés désormais vers la construction future du continent qui prendra la forme de pratiques de défense commune des intérêts comme moyen de freiner l'imposition et les injonctions externes comme les interventions militaires étrangers, le stationnement des soldats étrangers dans la région et, par extension dans le continent.223(*)

L'approche de l'intégration régionale ne doit pas se faire par un leadership politique qui renforcerait le caractère personnalisé du pouvoir et renforcerait la concurrence entre dirigeants en fondant l'intégration régionale sur une volonté de puissance. Avec l'expansionnisme de certains pays des Grands Lacs, le dirigeant national qui prendrait trop vigoureusement l'initiative serait vite suspecté de vouloir constituer un empire à son service. Il y a plutôt un besoin de personnalités visionnaires dont le désintéressement et l'engagement au service de la paix soient incontestables.

Les pays de la région des Grands Lacs doivent savoir qu' « une intégration régionale n'a de chance de succès que si elle s'appuie, non seulement sur des institutions, mais sur des acteurs économiques et sociaux qui lui donnent jour. La motivation des membres comprenant la nécessité et l'urgence de créer un grand marché en Afrique centrale - ces membres peuvent être l'association des commerçants, l'association des professeurs de l'université, des hommes de lettres, des étudiants - mise au service des objectifs et buts de l'espace économique, fera apparaître rapidement tous les avantages de la coopération régionale et le caractère sécuritaire qu'une organisation économique entraînerait ou ferait naître et partant, le caractère inclusif de la notion apparemment simple de pôle de développement ou de développement régional. Grâce aux rencontres des ministres de l'intégration et aussi aux associations, aux conférences initiées à cet effet et à travers les échanges de jeunes se renforceront la confiance mutuelle. La motivation, dans le cas présent d'intérêts, précède l'action politique des dirigeants, qui tardent à trancher entre leurs intérêts privés qui prévalent sur l'intérêt public et le bien commun. L'apparition et les motivations multiples, variables et éventuellement complémentaires des citoyens du nouvel espace économique entreront en confluence et en concurrence avec la rationalité économique que les buts et les avantages de cette structure vont stimuler.224(*)

Sans oublier « les conditions politiques du développement correspondent à certaines exigences politiques de la participation des citoyens à l'effort de développement, d'optimisation de choix, d'amélioration des équilibres naturels et sociaux d'autonomisation du pouvoir économique nationale ».225(*)

C- Au niveau international

La région des Grands Lacs pose le problème de la paix, cette paix est-elle possible ? « Oui, la paix est possible. Pour y arriver, il faudrait en premier lieu que les grandes puissances ayant de l'influence dans cette partie du monde agissent en synergie. Il faut bien reconnaître que les approches et les intérêts divergents, voire antagonistes de pays tels que les Etats Unis, la France, le Royaume Uni et même la Belgique ont réellement contribué à rendre ces conflits interminables ».226(*)

L'évolution actuelle du monde est entre les mains de ces grandes puissances et des multinationales. En outre, avec la mondialisation, ces sociétés s'imposent partout et sont à la recherche effrénée des minerais pour leurs industries. Malheureusement pour L'Afrique, elle constitue l'une de leurs cibles privilégiées à cause des réserves immenses de minerais. La plupart des actionnaires de ces multinationales sont aussi les chefs d'Etats de beaucoup de pays occidentaux et décideurs au sein des organismes internationaux. Cette situation met les pays africains dans une impuissance notoire de décider sur leur sort. Sans oublier la complicité de certains Africains eux-mêmes, les chefs d'Etat à la solde de ces puissances. Pour être président en Afrique, il faut d'abord rassurer l'Occident par le serment de fidélité et de docilité. Les présidents ne décident pas sur leurs sorts mais plutôt subissent les décisions en provenance de ces pays décideurs.

Pour s'en sortir, les pays des Grands Lacs doivent prendre conscience qu'ils sont en danger, qu'ils sont envahis par les multinationales qui imposent une nouvelle colonisation. Avoir des chefs nationalistes réalistes et diplomates qui soient capables d'amener les Occidentaux à commencer à respecter les choix des Africains dans leur façon de gérer leurs affaires. Ils doivent s'unir pour combattre les réseaux maffieux de la mondialisation. Créer des réseaux internes pour dénoncer des compatriotes taupes aux services des pays étrangers, s'unir tous contre ceux qui manipulent les peuples. Ils doivent être solidaires et éviter d'être corrompus. Que la lutte contre la pauvreté soit un objectif ultime pour améliorer la vie des populations. Que les populations locales profitent des ressources de leurs propres pays.

CONCLUSION

Après une longue période des guerres qui a fragilisé la RDC, le temps de la paix a sonné. Il est vrai que le peuple congolais a besoin de la paix et la paix a un prix à payer. L'avènement du président Joseph Kabila a constitué le moment fort pour la longue marche vers la paix. Cette paix combien fragile née de la capacité de négocier avec les rebelles et leurs maîtres à penser. Ce qui a conduit à la transition avec un président et quatre vice-présidents. La transition qui conduit aux élections libres, démocratiques et transparentes remportées par Joseph Kabila. L'Etat de droit devient alors la caractéristique de l'Etat moderne auquel aspire la RDC.

La pacification de la région des Grands Lacs africains dépend ainsi de sa démocratisation. Tous les pays agresseurs de la RDC sont conviés à organiser les élections démocratiques, libres et transparentes à l'exemple de leur voisin la RDC. L'avènement des Etats de droit dans la région des Grands Lacs constituerait un espace où les droits de l'homme seront respectés, chaque citoyen exercerait librement ses devoirs et ses droits.

La période post-conflit est celle de la reconstruction du pays. Cette construction doit se faire dans le cadre de la bonne entente avec les pays de la région. D'où l'intégration régionale comme mode de gestion de l'espace commun de la région des Grands Lacs avec toutes ses potentialités.

CONCLUSION GENERALE

Dans l'introduction générale de notre travail, nous avons présenté la problématique de ce travail qui concerne les guerres en RDC. Et les recherches en vue de produire ce travail ont été de grand intérêt pour nous car elles ont constitués les voies pour comprendre les conflits qui déchirent la RDC. En effet, les guerres en RDC sont en ramification dans toute la région des Grands Lacs en général. Les différentes lectures nous ont conduit à découvrir les différentes causes réelles de ces guerres qui sévissent dans la région. Les causes des conflits de la RDC remontent à l'origine de la RDC et ils sont à la fois endogènes et exogènes. Donc ces enjeux internes et externes expliquent les multiples et complexes dimensions de ces conflits. C'est dans l'effort de la compréhension de ces phénomènes que nous arrivons à l'explication de la situation de la RDC.

Les guerres actuelles en RDC qui suscitent notre intérêt doivent être comprises dans l'histoire globale de la RDC. En effet, la RDC est l'oeuvre de Léopold II, roi de Belgique. La possession de ce pays est l'issue de ses propres démarches auprès des grandes puissances de son temps. Le roi a négocié avec la France, les Etats Unis, l'Angleterre, le Portugal, l'Allemagne pour entrer en possession de ce vaste territoire potentiellement riche. La raison majeure des démarches du roi était fondée sur la potentielle richesse naturelle de la RDC. Ses différentes négociations pour la possession du Congo ont abouti à l'accord d'une certaine faveur à ces puissances. Il leur a valu le droit sur le territoire congolais. Dès lors, le Congo est devenu un territoire à problème. Ses richesses naturelles restent l'objet de convoitise de grandes puissances occidentales, notamment les Etats Unis, la France, l'Angleterre, le Portugal, l'Allemagne et la Belgique. Donc, le Congo est victime de ses richesses convoitées par les grandes puissances de ce monde pour alimenter leurs industries. Ce qui fait du Congo un espace géostratégique.

Le roi Léopold II lègue le Congo au royaume de Belgique en 1908. La colonisation prendra fin le 30 juin 1960, le Congo devient indépendant. Cette indépendance sera hypothéquée et la même année le Congo indépendant se confronte aux rebellions et aux guerres civiles. Cette période est celle de la guerre froide ; le monde est divisé en deux blocs : capitaliste piloté par les Etats-Unis et communiste piloté par l'Union des Républiques Socialistes et Soviétiques. La position géostratégique du Congo l'expose en cible privilégiée de ces deux grandes puissances. Ainsi, les guerres que traversèrent le Congo immédiatement après son indépendance étaient dues aux stratégies des grandes puissances en vue du contrôle du Congo afin d'exploiter paisiblement ses richesses naturelles. Les Etats-Unis avec leurs alliés d'un côté et l'URSS avec ses alliés de l'autre jouaient de l'influence sur le Congo en vue de la protection de leurs intérêts stratégiques. Le capitalisme s'impose au Congo, donc l'influence américaine avec ses alliés. Quant au communisme, il se repliât en Angola et au Congo Brazzaville.

Ce jeu d'influence aura des conséquences néfastes sur l'évolution politique du Congo. Dorénavant, le président du Congo doit être un homme de confiance des Occidentaux, capable d'assurer et de protéger leurs intérêts au Congo. Cette méthode était à la base de la mort du premier ministre Patrice Emery Lumumba. Lumumba n'inspirait pas confiance aux Occidentaux à cause de ses idées politiques nationalistes. Accusé d'être communiste, ennemi des capitalistes, il en paya de sa vie. L'homme de confiance apparaît en la personne du président Joseph-Désiré Mobutu.

En effet, pour atteindre leurs objectifs sur le Congo, les grandes puissances trouvent en la personne du Président Mobutu l'homme idéal. Le Président Mobutu sera ainsi placé pour jouer le rôle du bouclier afin d'empêcher la prolifération du communisme dans l'Afrique subsaharienne. Ainsi est né un régime dictatorial au centre de l'Afrique et cela au détriment du peuple congolais. Il bénéficiera des bailleurs de fond européens pour terroriser l'Afrique centrale. Avec son armée, le président Mobutu jouera le rôle du gendarme en Afrique centrale. Dans la logique de l'histoire, il s'agit de l'apogée du Zaïre dans la région. Les relations entre le Zaïre et ses voisins sont alors caractérisées par la supériorité du Zaïre sur ses voisins.

La fin de cette supériorité sera sonnée avec l'avènement de l'AFDL, désormais le Congo-Zaïre devient la marche pied de ses voisins. Avec la fin de la guerre froide, l'Occident a jugé bon de ne plus supporter les dictateurs car l'ennemi communiste n'existe plus. C'est l'ère de la démocratisation des pays africains. C'est ainsi que le président Mobutu a perdu son privilège du maître de l'Afrique centrale. Une nouvelle ère avait sonné pour l'Afrique centrale, il fallait lui donner une nouvelle configuration. D'où la nécessité de trouver le remplaçant du président Mobutu à la tête du Zaïre. Qui pouvait remplacer valablement le président Mobutu à la tête de ce grand pays ?

Les années 1990 sont riches en événements politiques en Afrique centrale. Le coup d'Etat en Ouganda du président Yoweri Museveni. Appuyé par les Ougandais, les Tutsi renversent le pouvoir hutu du président Juvénal Habyarimana au Rwanda et cela déclenche le génocide. Bon nombre des Hutu se réfugient à l'est du Zaïre. Le nouveau régime Tutsi nouvellement installé au Rwanda est hostile au régime de Mobutu. Il y a anguille sous roche. La guerre se prépare contre le régime de Mobutu avec comme alibi la poursuite des Hutu génocidaires qui se sont réfugiés à l'Est du Zaïre. La coalition des anglo-saxons très influente en Afrique anglophones tombe sur Laurent Désiré Kabila comme remplaçant du président Mobutu. Parrainé par l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, Laurent Désiré Kabila devrait travailler dans la ligne lui tracée par ses maîtres. A la tête d'une rébellion dénommée l'AFDL, le Zaïre est conquis et Laurent Désiré Kabila devient président de la RDC. Le refus du Président Kabila de travailler sous l'influence de ses maîtres a conduit ceux-ci à son désaveu. Une nouvelle rébellion est déclenchée contre Laurent Désiré Kabila par ses alliés d'hier et il est assassiné à Kinshasa dans son bureau.

La deuxième rébellion visait la balkanisation de la RDC. Les mêmes acteurs de la Conférence de Berlin, notamment les Etats Unis, l'Angleterre, la France et la Belgique, se retrouvent pour cette mission afin de bien exploiter les richesses naturelles de la RDC. Leurs désaccords évitent de justesse la balkanisation de la RDC. La richesse de la RDC constitue alors une des cibles privilégiées des multinationales. Ce qui explique la poursuite des guerres en RDC. La RDC est divisée en plusieurs zones d'influences : les rebelles avec leurs alliés et le gouvernement avec les leurs. Ainsi, est consacrée, selon la logique de l'histoire, la décadence de l'ex-Zaïre. C'est l'heure de la vengeance de ses voisins contre lui. Le successeur de LD Kabila, Joseph Kabila, est arrivé restaurer la paix en RDC. Il inaugure les différents accords de paix avec les rebelles. A Sun City, la paix est signée avec les rebelles et un gouvernement de transition pour préparer les élections à tous les niveaux est mis en place. Joseph Kabila gagne les élections et devient le président de la troisième République. Il a pour mission sacrée la consolidation de la paix. Comment gérer cette période post conflits en RDC?

Les causes des guerres sont une volonté étrangère sur la RDC, c'est encore cette même volonté qui a accepté la paix. Les causes endogènes et les causes exogènes doivent trouver nécessairement des solutions ; les causes principales viennent plus de l'extérieur que de l'intérieur. La recherche de la paix doit en tenir compte.

La voie pour la paix doit passer par la démocratisation du pays, le respect des droits de l'homme, le nationalisme, la lutte contre la pauvreté et le développement du pays. Et cela pour tous les pays de la région. L'intégration régionale pour l'échange entre les pays doit être privilégiée. La coopération internationale permettrait à tous les pays du monde de profiter des richesses de la RDC légalement en investissant dans le pays sans engendrer des guerres meurtrières.

Ce travail qui se veut l'une des clefs de la lecture de la situation de la RDC pour la meilleure compréhension, ne constitue en rien la conclusion définitive. Il s'agit plutôt une contribution à des nombreuses pistes de recherches scientifiques en matières. Les conflits en RDC doivent susciter une meilleure compréhension de la part des Congolais eux-mêmes afin d'en adopter une attitude cohérente.

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http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Anglo- Saxons

TABLE DES MATIERES

DEDICA....................................................................................................i

AVANT-PROPOS ii

SIGLES ET ABREVIATIONS iii

I. INTRODUCTION 1

Section I. OBJET ET INTERET ET NATURE DU TRAVAIL 1

§1. L'objet de notre travail 1

§2. L'intérêt de cette analyse 2

§3. La nature de ce travail 4

Section II. DELIMITATION, DIFFICULTES ET MÉTHODE DE TRAVAIL 5

§1. Délimitation 5

§2. Méthode et procédés de travail 5

CHAPITRE PREMIER : LA POSITION GEOSTRATEGIQUE DE LA 8

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 8

Section I. APPROCHE CONCEPTUELLE 8

§1. La géopolitique 8

§2. La géostratégie 9

§3. La géoéconomie 10

Section II. LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ET SES 12

VOISINS 12

§1. La République Démocratique du Congo 12

I. Système politique 12

II. Economie 13

III. Population et religions 13

§2. Les pays voisins de la RDC 14

I. La République d'Angola 14

A- Système politique 14

B- Economie 15

C- Population et religions 15

II. La République de Burundi 16

A- Système politique 16

B- Economie 16

C- Population et religions 17

III. République Centrafricaine 17

A- Système politique 17

B- Economie 18

C- Population et religions 18

VI. La République du Congo 19

A- Système politique 19

B- Economie 19

C- Population et religions 20

V. La République d'Ouganda 20

A- Système politique 21

B- Economie 21

C- Population et religions 21

VI. La République du Rwanda 22

A- Système politique 22

B- Economie 22

C- Population et religions 23

VII. La République du Soudan 23

A- Système politique 23

B- Economie 24

C- Population et religions 24

VIII. La République de Tanzanie 24

A- Système politique 25

B- Economie 25

C- Population et religions 25

IX. La République de Zambie 25

A- Système politique 26

B- Economie 26

C- Population et religions 26

CONCLUSION 26

CHAPITRE II. L'INDEPENDANCE DU CONGO ET SES RETOMBES 28

Section I. L'INDEPENDANCE 28

Section II. LA PLACE DE LA RDC POUR LA STRATEGIE OCCIDENTALE 28

§1. Les Etats-Unis 29

§2. La France 30

Section III. L'INDEPENDANCE DU CONGO 33

§1. Le destin tragique de Patrice Emery Lumumba 34

§2. La manipulation comme stratégie 35

§3. Emergence de Joseph-Désiré Mobutu 36

§4. L'enjeu d'un rendez-vous et le premier coup d'Etat 36

§5. Le deuxième coup d'Etat 38

Section IV. LA GUERRE FROIDE ET L'AFRIQUE CENTRALE 39

§1. La guerre froide 39

§2. Les ambitions du Président Mobutu 41

§3. Pouvoir nouveau, pouvoir fort 42

Section V. L'AFRIQUE CENTRALE ET LA GEOSTRATEGIE : 43

PREMIERE SPECIFICITE DE LA RDC 43

§1. La deuxième République 44

§2. Facteur des puissances la spécificité du régime 44

§3. L'anticommunisme et les enjeux occidentaux 45

I. L'anticommunisme 45

II. L'enjeu de relation avec l'Angola 45

III. Evaluation des facteurs de puissance 46

§4. La nouvelle donne régionale avec Mobutu 47

I. L'apogée du Président Mobutu : l'unité nationale 47

II. Le régime Mobutu et la Perestroïka 48

III. L'enjeu de la chute de Mobutu : l'émergence d'un nouveau leader 50

CONCLUSION 51

CHAPITRE III. L'AVENEMENT DE L'AFDL ET LA CHUTE DE MOBUTU 53

Section I. LES CAUSES  DE LA GUERRE AU ZAÏRE 53

§1. Les causes internes de la guerre de la RD Congo 53

§2. Causes lointaines : Les visées expansionnistes anglo-saxonnes 54

§3. La nouvelle configuration de la Région 55

Section II. CAUSES IMMEDIATES : 56

CONFLITS INTERCOMMUNAUTAIRES 56

§1. La recherche de la nationalité congolaise 57

§2. La crise identitaire 59

Section III. UN FRONT ARME CONTRE LE REGIME DU 61

PRESIDENT MOBUTU 61

§1. L'émergence d'un nouveau leader 62

§2. L'Alliance pour la Libération du Congo-Zaïre (l'AFDL) 64

I. La guerre de la libération du Congo 64

II. Des nouvelles alliances 65

III. Le succès de l'AFDL sur le terrain 66

IV. Laurent Désire Kabila au pouvoir à Kinshasa 68

§1. Lumumbiste 68

§2. L'enjeu du pouvoir de Kinshasa 69

§3. Le désaccord entre les alliés 70

I. La volonté politique 70

II. La renaissance africaine 71

III. La répétition de l'histoire 72

Section V. LA GUERRE D'AGRESSION CONTRE LA RDC 73

§1. Le jeu d'influence 74

§2. L'épreuve de force entre les alliés 74

§3. Le départ des alliés : la goûte qui a fait déborder le vase 76

§4. La guerre d'agression contre la RDC 76

I. Le déclenchement de la rébellion armée 76

II. La composition de la deuxième rébellion 77

III. Le front de l'Ouest 78

A- La lutte pour le leadership régional 78

1. Raisons idéologiques 79

2. Raisons économiques 80

3. Raisons sécuritaires 81

IV. Alliances du front de l'Est 82

A- Les voisins de l'Est 82

B- Les vaincus de l'AFDL 82

C- Le Rassemblement Congolais pour la Démocratie : RCD 82

Section VI. LA RDC ET LA PERIODE POST-GUERRE FROIDE 84

§1. Les facteurs déterminants de la RDC 84

§2. L'influence anglo-saxonne 85

§3. La balkanisation de la RDC 85

§4. Les stratégies d'exploitation 87

CONCLUSION 91

CHAPITRE IV. RECHERCHE D'UNE PAIX DURABLE EN RDC 92

Section I. CONDITIONS POUR UNE PAIX DURABLE EN RDC 92

§1. Les causes des guerres en RDC 93

I. Les causes endogènes 94

II. Les causes exogènes 94

§2. La démocratisation des pays des Grands Lacs africains 95

I. Le respect des droits de l'homme 95

A- Les droits civils et politiques 96

B- Les droits économiques, sociaux et culturels 97

C- L'assujettissement de certains leaders congolais aux intérêts étrangers 99

D- La question intercommunautaire au Kivu. 101

II. Les causes exogènes 104

A- Au niveau africain 104

B- Intégration régionale 105

C- Au niveau international 108

CONCLUSION 109

CONCLUSION GENERALE 110

BIBLIOGRAPHIE 114

TABLE DES MATIERES 119

* 1Nous citons ici les notes du cours de la sociologie des conflits internationales. Il est à noter que ces notes du

cours nous serviront tout au long de notre travail.

* 2Colette BRAECKMAN, Le dinosaure le Zaïre de Mobutu, Paris, Ed.  Fayard, 1992, p. 279-280

* 3FPAE(le 26/10/2007). Enjeux du processus électoral en RDC et les perspectives de paix régionale.

http://www.fpae.net/activités-scientifiques

* 4Yves LACOSTE, De la géopolitique aux paysages, Dictionnaires de la géographie, Paris, Ed. Armand

Colin, 2003

* 5 MWAYILA TSHIYEMBE, Géopolitique de paix en Afrique médiane, Angola, Burundi, République

Démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda, Paris, Ed. L'Harmattan, 2003, p. 10

* 6 Ibidem

* 7Yves LACOSTE, Géopolitique et Géostratégie( le 06/08/2007) http/www.stratisc.org

* 8Ibidem.

* 9 Ibidem

* 10BANYAKU LUAPE EPUTU, op.cit.

* 11Henry MOVA Sakanyi, Congo : Survie et grandeur, Pari d'une géopolitique nouvelle dans la

mondialisation, Kinshasa, Ed. Safari, 2001, p. 118

* 12Yves LACOSTE, op.cit.

* 13 Pascal LOROT, La géoéconomie, nouvelle grammaire des rivalités internationales(12/31/07)

www.diplomatie.gouv.fr/annuaire-français-relationsinternationales_3123/IMG/pdf

* 14MWAYILA TSHIYEMBE, Op. Cit. p 13

* 15Roland Pourtier, La guerre du Kivu...cité par MWAYILA TSHIYEMBE, Op. Cit.

* 16Toutes les cartes géographiques nous les avons tirées de l'Encyclopédie Encarta 2006.

* 17L'Atlas de l'Afrique, Paris, Ed. du Jaguar, 2000

* 18Pascal AIRAULT,. `'Les dessous de l'offensive chinoise en RDC'', in Jeune Afrique, N°2438-47e année,

du 30 septembre au 6 octobre 2007, Paris, p.99

* 19Microsoft Encarta 2006

* 20AYMERIC CHAUPRADE, Qu'est-ce que la géopolitique ?( le 08/ 10/2007).

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE

* 21Encyclopédie Encarta, op. cit.

* 22Atlas d'Afrique, Op. Cit.

* 23Microsoft Encarta 2006

* 24Atlas d'Afrique op. Cit.

* 25Atlas d'Afrique op. Cit.

* 26Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, Librairie Larousse, Paris 1982, Tome 3

* 27 Microsoft Encarta op. cit.

* 28MWAYILA TSHIYEMBE, Afrique centrale Les Congos dans la tourmente in Rupture-Solidarité, Paris, Ed.

Karthala, p.18

* 29Idem

* 30Encyclopédie Encarta, op. cit.

* 31Encyclopédie Microsoft Encarta, 2006

* 32Encyclopédie Encarta, op. cit.

* 33Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, op.cit. Tome 9

* 34 Microsoft Encarta, op. cit.

* 35 Microsoft Encarta, op. cit.

* 36LABANA LASSAY'ABAR et LOFEMBE BENKENYA, La politique étrangère de la République

Démocratique du Congo. Structures, fonctionnement et manifestations, Kinshasa, Maison d'Editions Sirius,

2006, p.64

* 37LABANA LASSAY'ABAR et LOFEMBE ENKENYA, op.cit. p. 64

* 38 LUSHIMA DJUNGA, Une prise de conscience, enfin, La Référence Plus, N° 2427 du 28 mars 2002

* 39Adam HOCHSCHILD, Les fantômes du roi Léopold, Un holocauste oublié, Paris, Editions Belfond, 1998,

p. 79

* 40Collète BRAECKMAN, L'enjeu congolais, L'Afrique centrale après Mobutu, Paris, Ed. Fayard, 1999, p.405

* 41Professeur François BONTINCK, Aux origines de l'Etat Indépendant du Congo, cité par Adam HOCH, op.

cit. p. 79

* 42 Colette BRAECKMAN, op. cit. p. 405

* 43Ibidem

* 44 Op. Cit. p. 279

* 45Adam HOCHSCHILD, op. cit. p. 103

* 46Ibidem

* 47Dossiers noirs de la politique africaine de la France N° 9, France-Zaïre-Congo 1960-1997. Echec aux mercenaires. Agir ici- Survie, Paris, Editions l'Harmattan, 1997, p.25

* 48Adam HOCHSCHILD, op. cit. p. 104-105

* 49Isidore NDAYWEL è NZIEM, Histoire générale du Congo. De l'héritage ancien à la République

Démocratique du Congo, Paris-Bruxelles, Afrique Editions, 1998, p. 315

* 50 Op. cit. p. 204

* 51 Adam HOCHSCHILD op. cit. p. 107-108

* 52François SOUDAN, Mobutu et la CIA, Comment Larry Devlin, chef de la CIA au Congo, a aidé Joseph Désiré Mobutu à s'emparer du pouvoir. Et à le conserver pendant plus de trente ans, in La Revue pour l'intelligence du monde, Secrets d'Histoire, Groupe jeune Afrique, Paris, juillet-aout 2007, p.161

* 53Olivier LANOTTE, La politique étrangère du Congo-Zaïre en quête de stabilité institutionnelle p.1

* 54Idem

* 55Idem

* 56Colette BRAECKMAN, Le dinosaure, le Zaïre de Mobutu, Paris, Ed. Fayard, 1992, p.280

* 57François SOUDAN, op. cit.

* 58 Ididem

* 59 Colette BRAECKMAN, op. cit. p.79

* 60 Idem

* 61 idem

* 62 Colette BRAECKMAN, op. cit.

* 63 Idem

* 64 Colette BRAECKMAN, op. cit.

* 65Idem

* 66Idem

* 67 Op. cit. p. 41

* 68Ibidem

* 69 Colette BRAECKMAN, op. cit. p. 281

* 70Microsoft Encarta, 2006

* 71KIMPIANGA MAHANIAH, L'expérience politique de l'Afrique noire de 1945 à 2005, Luozi, Presse

Universitaire de Luozi, 2005, p. 12-13

* 72Ibidem

* 73Ibidem

* 74Colette BRAECKMAN, op.cit.

* 75Olivier LANOTTE, op.cit.

* 76Olivier LANOTTE, op.cit.

* 77Idem

* 78Idem

* 79Olivier LANOTTE, op. cit.

* 80Idem

* 81 Olivier LANOTTE, op. cit.

* 82LABANA LASSAY'ABAR et LOFEMBE BENKENYA, op. cit. p. 1-2

* 83Idem

* 84 Ibidem

* 85Idem

* 86KIMPIANGA MAHANIAH, op. cit.

* 87 Ibidem

* 88Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 284

* 89 Op. cit. p. 310

* 90 Op. cit.. p. 291

* 91 Colette BRAECKMAN, op. cit. p. 63

* 92 KIMPIANGA MAHANIAH, op. cit.

* 93François SOUDAN, Mobutu et la CIA, op. cit. p. 174

* 94Remy BAZENGUISSA(14/06/2006). La région des Grands Lacs. http://www.ceaf.ehss.fr/document

* 95Vincent MBAVU MUHINDO, Le Congo-Zaïre d'une guerre à l'autre, de libération en occupation

(chronique1996-Lusaka 1999), Paris, Editions de l'Harmattan, 2003, p. 12

* 96 Colette BRAECKMAN, op. cit.

* 97 Ibidem

* 98Olivier LANOTTE, République Démocratique du Congo, Guerre sans frontière, De Joseph-Désiré

Mobutu à Joseph Kabila, Bruxelles, Editions GRIP-Editions Complexe 2006 p. 6

* 99Ibidem

* 100MWAYILA TSHIYEMBE, L'ex-Zaïre in le Monde diplomatique, janvier 1999

* 101 Vincent MBAVU MUHINDO, Le Congo-Zaire d'une guerre à l'autre, de libération à

l'occupation (Chronique 1996-Lusaka1999), Paris, l'Harmattan, 2003, p.85

* 102 Op. Cit. p. 81

* 103 A. GBABENDU ENGUNDUKA et E. EFOLO NGOBAASU, Volonté de changement au Zaïre, Vol I, De la

Consultation Populaire vers la Conférence Nationale, Zaïre-Histoire et Société, Paris, l'Harmattan, 2003,

p. 33,

* 104 Vincent MBAVU MUHINDO, Op ; Cit. p. 46

* 105 Anglo-Saxon (le 23/07/2006).Wikipédia, Encyclopédie libre http://fr.wikipedia.org/wiki/Anglo-Saxons

* 106 Aymeric CHAUPRADE, op. cit.

* 107KABUTU BIRIAGE(04/05/2008 La construction de la paix au Nord-Kivu et au Sud-Kivu : Etat de la

recherche : http://www.grandslacs.net/doc/2659.pdf

* 108 Colette BRAECKMAN, op. cit.

* 109 Remy BAZENGUISSA(14/06/2006). La région des Grands Lacs. http://www.ceaf.ehss.fr/document

* 110 Vincent MBAVU MUHINDO, op. cit. p. 13

* 111 MWAYILA TSHIYEMBA, op. cit.

* 112 Clette BRAECKMAN, op. cit. p. 240

* 113 Idem

* 114Idem

* 115Les deux guerres d'agression du Rwanda contre la RDC (02/05/2008). Paix et Démocratie :

http://www.societecivile.cd

* 116Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit., p. 245

* 117 Idem

* 118 Microsoft Ecarta 2006

* 119 Microsft Encarta, op cit

* 120Ibidem

* 121Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 47

* 122Chronique d'une guerre (12/03/2007). hppt://www.congoline.com/Histoire/chroniq.htm

* 123Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit., p. 43

* 124Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 252

* 125Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 73

* 126 Jean-Pierre KAMBILA KANKWENDE(02/06/2007). Congo la solution lumumbiste :

http://www.rezolibre.com/librairie/detail. php?article=1492

* 127Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 78

* 128 Op. cit. p. 96

* 129 LABANA LASSAY'ABAR et LOFEMBE BENKENYA, op. cit. p. 2

* 130

* 131Colette BAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 74

* 132 Op. cit. p. 49

* 133Colette BAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 298-299

* 134Ibidem

* 135LABANA LASAY'ABAR et LOFEMBE BENKENYA, op. cit. p. 146

* 136 Ibidem

* 137Olivier LANOTTE, La politique étrangère du Congo-Zaïre en quête de la stabilité

institutionnelle : http://www.erudit.org/revue/ei

* 138Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 341

* 139 Ibidem

* 140Olivier LANOTTE, La politique étrangèredu Congo-Zaïre en quête de stabilité institutionnelle, op.cit.

* 141Alain REY et Sophie CHARTREAU, Robert, Dictionnaire des expressions et locutions, Robert : les usuels, Dictionnaire le Robert, Paris, 1994 Selon ce dictionnaire, l'expression dans son sens veut dire que l' `'on juger sévèrement ce qu'on a décidé de supprimer, de détruire''.Le chien qui est l'ami fidele de l'homme. Et le brave chien d'aboyer en leur honneur, ne se doutant pas, le malheureux, que déjà l'on s'arme contre lui[...]. Aujourd'hui, on se fait défendre et garder par lui : demain on l'accusera de la rage pour avoir prétexte l'abattre. Ainsi, il fallait trouver des raisons contre Kabila pour le destituer voire l'éliminer.

* 142Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 347

* 143 Op. cit. p. 73

* 144 Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 340

* 145François SOUDAN, Mobutu et la CIA, op. cit. p. 164

* 146 Op. cit. p. 404

* 147 Ibidem

* 148 Op. cit. p. 340

* 149 O p. cit. p. 346

* 150Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 349

* 151Ibidem

* 152Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op.cit. p. 403

* 153 Op. cit. p. 360

* 154 Lambert MENDE OMALANGA, Dans l'oeil du cyclone, Congo-Kinshasa :les années rebelles 1997-2003

revisitées, Collection Comptes rendus, Paris, l'Harmattan, p. 81

* 155Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p.352

* 156 Op. cit. p. 362

* 157Colette Braeckman, L'enjeu congolais, op. cit. p. 360

* 158Dossiers noirs de la politique africaine de la France, op. cit., P, 15

* 159Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 361

* 160 Op. cit. p. 292

* 161Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 394

* 162Georges BERGHEZAN et Félix NKUNDABAGENZI, La guerre du Congo-Kinshasa, Analyse d'un conflit

et transferts d'armes vers l'Afrique centrale, op. cit. p. 18

* 163Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 231

* 164Les deux guerres d'agression du Rwanda contre la RDC. (23/06/2006). Congo Paix et Démocratie :

http://www.societecivile.cd/apropos

* 165Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 408

* 166Jean-Claude WILLAME. L'Accord de Lusaka, Chronique d'une négociation internationale, in Cahiers

africains 51-52, Paris, l'Harmattan, 2002, p. 179

* 167LABANA LASSAY'ABAR et LOFEMBE BENKENYA, op. cit. p. 23

* 168Hervé BOMEY, La guerre de l'Est( 04/06/2007).http://www.abarundi.org/abar...41204_rdc.html

* 169 Barry R. POSEN. La maîtrise des espaces, fondement de l'hégémonie militaire des Etats-Unis ? inPolitique

Etrangère N°1, Paris, Institut Français des Relations Internationales, 2003, p. 41

* 170Hervé BOMEY, La guerre dans l'Est op. cit.

* 171Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 410

* 172 Lambert MENDE OMALANGA, Dans l'oeil du cyclone, Congo-Kinshasa: les années rebelles 1997-2003

revisitées, Collection Comptes rendus, Paris, L'Harmattan, p. 213

* 173 Hervé BOMEY, op. cit.

* 174Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 410

* 175M. BYE, cité par LABANA, LASSAY'ABAR, Les Relations Internationales, Présentation panoramique et

approches théoriques, Kinshasa, Maison d'édition Sirius, 2006, p. 42

* 176Dieudonné KALINDYE BYANJIRA, Introduction d'Education à la Citoyenneté en République

Démocratique du Congo, Kinshasa, Editions de l'Institut Africain des Droits de l'Homme et de la

Démocratie, 2006, p. 29

* 177 Pierre BARACYETSE (le 26/03/2006). L'enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en RDC.

http://www.sauvonsle congo.com/geopolitique.htm

* 178Pierre BARACYETSE, op. cit.

* 179Pierre BARACYETSE, op. cit.

* 180Albert MABINZA, propos recueillis par nous lors de nos vacances le 14/10/2005 à Durba.

* 181Colette BRAECKMAN, L'enjeu congolais, op. cit. p. 333

* 182Hervé BOMEY, La guerre de l'Est, op. cit.

* 183 Professeur Ignace SONA, Mécanismes de culture et éducation à la paix, Cours du D.E.A à la Chaire

Unesco de l'Université de Kinshasa 2005-2007

* 184LABANA LASAY'ABAR, LE CONFLIT, Stratégies, Prévention, Gestion et Modes de résolution,

Kinshasa, Chaire Unesco, 2007, p. 91

* 185 Ibidem

* 186 Ibidem

* 187 Jean Lucien KITIMA, La crise dans les Grands Lacs et ses conséquences sécuritaires pour les pays de la

Sous-Région, in Pour une culture de la paix, Collections Prospectives Africaines, Kinshasa, Chaire

Unesco, 2007, p. 52

* 188 Dieudonné KALINDYE BYANJIRA, Introduction d'Education à la Citoyenneté en République

Démocratique du Congo, op. cit. p. 89

* 189 Lukiana MABONDO, cité par Anicet MUNGALA ASSIDIE SANZONG, La promotion de la paix dans

les Etats de l'Afrique Centrale et des Grands Lacs, in Pour une culture de la paix, Collections

Prospectives Africaines, Kinshasa, Chaire Unesco, 2007, p. 28

* 190 Ibidem

* 191 Dieudonné KALINDYE BYANJIRA, op. cit. p. 124-125

* 192 Anicet MUNGALA ASSIDIE SANZONG, op. cit. p. 28

* 193 Lambert MENDE OMALANGA, op. cit. p. 277-278

* 194 Dieudonné KALINDYE BYANJIRA, op. cit. p. 26-27

* 195 Lambert MENDE OMALANGE, op. cit. p. 79

* 196 Op. cit. p. 126

* 197 Anicet MUNGALA ASSIDIE SANZONG, Promotion de la paix dans les Etats de l'Afrique Centrale et

des Grands Lacs, op. cit. p. 29

* 198 Lambert MENDE OMALANGA, op. cit. p. 277

* 199 Christoph EBERHARD(le 14/12/ 2007). La pauvreté comme violation des droits de l'homme, enjeux et

perspectives d'unedynamique émancipatrice,

http://www.dhdi.free.fr/recherches/droithomme/articles/eberharddroitpauvrete.htm

* 200 Op. cit

* 201 Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), Manuel de référence d'éducation civique et

électorale, Tome I, Module I à IV, Kinshasa, Edition du Secrétariat Général, 2004, p. 103

* 202 Félix SOHUILY ACKA, `Guerre pour la paix en Afrique : de quel droit ? in Réconciliation et paix en Afrique', N° 27, 2006, Abidjan, p. 202

* 203 Roger GAISE et Isidore NDAYWEL, 25 ans d'Episcopat au service de la Vérité, la Justice et la Paix (1980-2005), Mgr Laurent MONSENGWO PASTEUR INFATIGABLE, Tome I, Kinshasa-Paris, Mediaspaul-Karthala, 2008, p.447

* 204 Anicet MUNGALA ASSIDIE SANZONG, Promotion de la paix dans les Etats de l'Afrique Centrale et des Grands Lacs, op. cit. p. 28

* 205 Lambert MENDE OMALANGA, op. Cit. P. 278

* 206 Anicet MUNGALA ASSIDIE SANZONG, op. cit. p. 20

* 207 Lambert MENDE OMALANGA, op. Cit. P. 279

* 208 LABANA LASAY'ABAR, Les conflits, Stratégies, prévention, gestion et modes de résolution, op. cit. p. 92

* 209 Les actes du Concile Vatican II, L'Eglise dans le monde de ce temps, Textes intégraux, Paris, Editions du

Cerf, 1967, N° 83

* 210 BREDA Culture de la paix,( 03/11/2007). http://www.dakar. unesco.org/culture_paix/index.shtml

* 211 ALENGILA, W.O., EWU ou la palabre chez les Angwi (Mémoire), cité par le professeur Mutunda

Mwembo ; La palabre africaine, in Conflits et identité, Actes des Journées Philosophiques de

Canisius, Avril 1997, Kinshasa, Editions Loyola, p.158

* 212 MUTUNDA MWEMBO, op. cit. P.159

* 213 Lambert MENDE OMALANGA, op. Cit. P. 193

* 214 Félicien LUKOKI LUYEYE, in Résolution des conflits armés et développement en Afrique, Afrique et

Développement N°18, Etudes publiées par la Faculté d'Economie & Développement, Kinshasa, Faculté

Catholiques de Kinshasa, 2003, p. 10

* 215Approche régionale à la gestion et à la transformation des conflits dans la région des Grands Lacs,

le 02/03/2007. UNESCO PEER, www.grandslacs.net/doc/2495.pdf

* 216 Jacques TENIER, cité par FWELEY DIANGITUKWA, Géopolitique, intégration régionale et

mondialisation, Paris, Espace Kinshasa-L'Harmattan, 2006, p.34

* 217 BANYAKU LUAPE EPOTU, Aperçu sur les études sociales de développement, Discours critique et

panoramique, Kinshasa, PUZ, 1990, p.13

* 218 Vital KAMEHERE, La résolution de conflits dans le cas de la guerre du 2 août 1998 : quelles particularités

et perspectives d'une gestion politique durable en RDC, in Résolution des conflits armés et

développement en Afrique, Afrique et Développement N°18, Etudes publiées par la Faculté d'Economie &

Développement, Kinshasa, Faculté Catholiques de Kinshasa, 2003, p. 67

* 219 Op. Cit. p. 14

* 220 Ibidem

* 221 BANYAKU LUAPE EPOTU(23/05/2008). La problématique de la relance de la Cepgl : la Rdc à la

croisée des chemins, http://www.lepotentiel.com/afficher_article.php?id_edition=&id_article=9092

* 222 Jean-Pierre MBWEBWA KALALA. Les conflits armés en Afrique : fil conducteur, mécanismes et

influence des ethnies, in Résolution des conflits armés et développement en Afrique, Afrique et

Développement N°18, Etudes publiées par la Faculté d'Economie & Développement, Kinshasa, Faculté

Catholiques de Kinshasa, 2003, p. 24

* 223 FWELEY DIANGITUKWA, op. cit. p. 176

* 224 Op. cit. p. 175-176

* 225 BANYAKU LUAPE EPOTU, Op. Cit. P.43

* 226 Hervé CHEUZEVILLE, Chronique Africaines des guerres et d'espérance, RD Congo, Ouganda, Rwanda,

Burundi, Soudan, Paris, Editions Persée, 2006, p. 80