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Etude socioéconomique de la pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyeres

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par Christian René KOFFI
UFHB - Master 1 2015
  

Disponible en mode multipage

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Sommaire

Dédicace 2

Avant-propos 3

Remerciements 4

Listes 5

Résumé exécutif 8

Introduction générale 10

Première Partie : CadreThéorique 12

Chapitre 1 : Problématique 13

Chapitre 2 : Orientation de la Problématique 28

Chapitre 3 : Ancrage théorique : L'opérationnalisation du cadre théorique 33

Deuxième Partie : Cadre Pratique 43

Chapitre 4 : Site de l'étude 44

Chapitre 5 : Phase préparatoire à l'enquête de terrain 49

Chapitre 6 : La phase d'exécution de l'enquête de terrain : construction et test 61

Troisième Partie : Cadre des Résultats 66

Chapitre 7 : Présentation des données issues de l'enquête 67

Chapitre 8 : Analyse des données et présentation des résultats 76

Chapitre 9 : Interprétation des résultats issus des données analysées 78

Conclusion Générale 81

Bibliographie 82

Annexe 85

Table des matières 102

Dédicace

Je dédie ce mémoire à ma cadette,

Mlle KOFFI Leticia

Etudiant en Lettres Moderne

pour l'exhorter au travail et à la persévérance.

Avant-Propos

Ce mémoire de recherche est le fruit d'une étude menée sur la pauvreté en Côte d'Ivoire dans le cadre de mon Master. En effet, la lutte contre la pauvreté constitue une priorité pour le développement économique et social en Afrique en général et en Côte-d'Ivoire en particulier.

L'Etat et les partenaires au développement y consacrent des éventails de programmes et d'activités pour faire reculer ce phénomène. Mais malgré tous ces efforts, l'on note une croissance continue du taux de pauvreté dans le pays. Ainsi, le taux de pauvreté qui s'établissait à 48,9% en 2008, est passé à 51% en 2011(RNDH 2013).

De plus, la pauvreté est plus ancrée dans les zones rurales. Le Sud-Ouest (1ère zone de production cacaoyère), enregistre un taux de pauvreté sans précédent. Situé à 41,3% en 2002, ce taux va croître, atteignant 45,5% en 2008 et 46,3% en 2011, soit une évolution annuelle de 0,7%.

La présente étude cherche donc à identifier les facteurs qui expliquent une telle montée de la pauvreté dans les zones rurales. Elle a été conçue après une enquête de terrain menée dans les zones cacaoyères de Soubré. Par conséquent, je me mets à la disposition de tous ceux et de toutes celles voulant avoir des informations complémentaires sur ce travail ou tout simplement voulant faire des suggestions de fond et de forme.

Fait à Soubré, le 15 octobre 2015

KOFFI Konan Christian-René

christk702@gmail.com

(+225)09-643-544

Remerciements

Les difficultés liées aux différentes étapes de la recherche ont étés surmontées grâce à des personnes physiques et morales. Par conséquent, nous ne saurions donner les résultats de notre recherche sans les remercier. Ainsi, le tableau ci-dessous indique clairement la liste de ces personnes en fonction des étapes de la recherche.

Tableau 1 : Listes des personnes physiques et morales rencontrées en fonction des étapes de la recherche

Etapes de la recherche

Personnes à remercier

Fonctions

Motifs de remerciement

Construction de la Problématique

SOKO Constant

Enseignant-chercheur

(Maitre de Conférences)

Conseils et orientations

TOH Alain

Enseignant-chercheur

(Maitre-assistant)

Conseils et orientations

Ancrage Théorique

SOKO Constant

Enseignant-chercheur

(Maître de Conférences)

Orientations et conseils

Phase Préparatoire à l'Enquête de Terrain

SOKO Constant

Enseignant-chercheur

(Maître de Conférences)

Orientations

Phase d'Exécution de l'Enquête de Terrain

PARE Grégoire

Sous-Préfet à Okrouyo

Informations

GANAME Lailya, GRE Paul, KOFFI Benoit, COULIBALY Madou

Chef de communauté à Okrouyo

Accueil et informations

KONAN César

Président des jeunes de koffikro-garage

Informations

ADJOUA Bertine

Présidente d'une association de femmes à Okrouyo

Informations

Inge JACOBS

Consultant privé, projet MARS-ANADER

Informations

ETTIEN N'da

Pasteur

Logistique et hébergement

EZOUA N'da

Infirmier à Okrouyo

Informations

KOUASSI Mathurin

Directeur d'école à Okrouyo

Informations

Phase de Présentation des Données et Analyse puis Présentation des Résultats

SOKO Constant

Enseignant-chercheur

(Maître de Conférences)

Méthodologie

Source : Chercheur

Tableau 2 : Liste des sigles et abréviations

Sigles

Abréviations

Page

AGEPE

Agence d'Etude et de la Promotion de l'Emploi

19

ARSO

Aménagement de la Région du Sud-Ouest

62

BIT

Bureau International du Travail

18

BM

Banque Mondiale

9

BNETD

Bureau National d'Etudes Techniques de Développement

41

CSLP

Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

18

DOT

Direction des Opérations Techniques

9

DSRP

Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté

7

ENSEA

Ecole Nationale de la Statistique et de l'Economie Appliquée

19

ENV

Enquête sur le Niveau de Vie

19

EPAM

Enquête Permanente Auprès des Ménages

34

FMI

Fonds Monétaire International

18

IDH

Indice de Développement Humain

7

INS

Institut National de la Statistique

18

INSEE

Institut de la Statistique Et de l'Economie

29

IPH

Indicateur de Pauvreté Humaine

26

IPM

Indice de Pauvreté Multidimensionnelle

22

HLM

Habitat à Loyer Modéré

14

OIT

Organisation Internationale du Travail

19

OMD

Objectif du Millénaire pour le Développement

18

ONG

Organisation Non Gouvernementale

52

ORSTOM

Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre- Mer

19

ONG

Organisation Non Gouvernementale

51

PARP

Programme d'Appui à la Réduction de la Pauvreté

71

PIB

Produit Intérieur Brut

20

PND

Plan National de Développement

7

PNUD

Programme des Nations Unies pour le Développement

7

PPA

Parité du Pouvoir d'Achat

26

PPTE

Pays Pauvre Très Endetté

18

PPSSTE

Projet Pilote Système de Suivi du Travail des Enfants

71

PVD

Pays en Voie de Développement

28

RGPH

Recensement Général de la Population de l'Habitat

19

RNDH

Rapport National sur le Développement Humain

3

SPSS

Statiscal Package for Social Science

51

TEAS

Technique d'Echantillonnage Aléatoire Simple

44

TEP

Technique d'Echantillonnage Probabiliste

44

TETE

Tableau d'Estimation de la Taille d'un Echantillon

82

TNA

Table des Nombres Aléatoires

46

UNESCO

Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture

12

USD

United States Dollar

21

Source : chercheur

Liste des tableaux

Tableau 1 : Listes des personnes physiques et morales rencontrées en fonction des étapes de la recherche

Tableau 2 : Liste des sigles et abréviations

Tableau 3 : Evolution du taux de pauvreté de 1820 à 1999 avec prévision 2015

Tableau 4 : Estimations régionales du seuil de pauvreté

Tableau 5 : Pauvreté multidimensionnelle et monétaire

Tableau 6 : Récapitulatif des variables, indicateurs et indices

Tableau 7 : Plan de travail du mémoire

Tableau 8 : Liste des numéros de ménage

Tableau 9 : Répartition des chefs de ménages selon la nationalité

Tableau 10 : Perception endogène de la pauvreté 

Tableau 11 : Signes de manifestation de la pauvreté

Tableau 12 : Accessibilité aux services sociaux de base

Tableau 13: Priorités

Tableau 14 : Moyens de lutte contre la pauvreté

Tableau 15 : Tableau d'estimation de la taille d'un échantillon(TETE)

Tableau 16 : Table des nombres aléatoires(TNA)

Liste des graphiques

Graphique 1 : Répartition des chefs de ménages selon le niveau d'instruction

Liste des schémas

Schéma 1 : Cycle de pauvreté

Liste des cartes

Carte 1 : Carte de la Côte d'Ivoire, présentant le département de Soubré

Carte 2 : Carte de la ville de Soubré

Liste des photos

Photo 1 : Immersion sur le terrain

Photo 2 : Focus-group

Résumé exécutif

Ce mémoire tente de comprendre la pauvreté parmi les communautés vivants dans les zones de productions cacaoyères de Soubré, d'en comprendre les principaux facteurs, d'identifier les réponses politiques et communautaires et de proposer des pistes de solutions pour la résolution durable du problème et des axes réflexion qui pourraient alimenter un travail futur sur la même problématique en Côte d'Ivoire. Le choix de Soubré pour lancer cette première étude dans le cadre d'un mémoire de Master I est d'autant plus justifié que cette zone a été classée parmi les plus affectées par la pauvreté avec un IPM de 0,341 en 2011, soit une évolution annuelle de 2,24% de 2002 à 2008 (RNDH, p50).Pour ce faire, nous avons mobilisé des théories de la pauvreté monétaire et non-monétaire. Pour mieux appréhender le problème à l'étude, nous avons usité des méthodes quantitatives tel que le questionnaire appuyées des méthodes qualitatives(les guides d'entretien et les grilles d'observation). Les données recueillies et analysées ont donné les résultats ci-dessous.Les populations de cette zone, vivent dans des conditions socioéconomiques précaires, les services sociaux de base sont quasi-inexistantes, l'insécurité grandissante et l'absence d'infrastructures routières appropriées ; tous ces facteurs interagissent pour maintenir plus de 80% de la population rurale dans une situation d'extrême pauvreté.

Mots clés: pauvreté, précarité, socioéconomique, vulnérabilité

Abstract

This report tries to understand(include) the poverty among communities alive in the zones of productions cocoas plantation of Soubre, to understand(include) the main factors(mailmen), to identify the political and community answers and to propose tracks of solutions for the long lasting resolution of the problem and the axes reflection which could feed a future work on the same problem with Ivory Coast. The choice of Soubré to throw this first study within the framework of a report of Master's degree I is justified all the more as this zone was classified among the most affected(allocated) by the poverty with an IPM of 0,341 in 2011, that is an annual evolution of 2,24 % from 2002 till 2008 (RNDH, p50). To do it, we mobilized theories of the monetary and non-monetary poverty. To dread better the problem to the study, we have usual quantitative methods such as the questionnaire rested (supported) by the qualitative methods (the guides of interview (maintenance) and the observation grids). The meditative and analyzed data allowed us to have the results (profits) below. The populations of this zone, live in precarious socioeconomic conditions, basic social services are non-existent quasi-, the growing insecurity and the absence of appropriate road infrastructures; all these factors interact to maintain more than 80 % of the rural population in a situation of extreme poverty.

Keys words: poverty, precariousness, socioeconomic, vulnerability.

Introduction générale

La pauvreté affecte plus de plus de 1, 2 milliards d'individus dans le monde. Cela représente 34% d'une population mondiale estimée à7 milliards (Banque Mondiale, 2010). En Afrique subsaharienne, le constat est que la part de la population concernée par la pauvreté n'a reculé que de six points en 30 ans, soit 46,8 % en 2011 contre 52,8 % en 1981 (Banque Mondiale, 2010). C'est le seul continent où le nombre de personnes pauvres a augmenté. Ce chiffre a même doublé : de 210 millions de pauvres en 1981, on est passé à 415 millions en 2011. En outre, en 2015, sur 193 pays, la Côte-d'Ivoire, se plaçait au96ème rang en termes de PIB par tête, mesuré en parité du pouvoir d'achat, (PNUD, 2013). Suivantl'Indicateur de Développement Humain (IDH), qui prend en compte l'état de santé et d'éducation despopulations en plus du revenu, la Côte d'ivoire améliore légèrement son classement relatif : elle apparaît en171ème position. Elle reste cependant l'un des pays à faible développement humain(0,452), avec un niveau d'IDH inférieur à la moyenne de l'Afrique sub-saharienne. En retenant la ligne de 1$ par tête1(*), on estime qu'un habitant sur deux, soit 48,9 de la population vit en deçà du seuil de pauvreté contre seulement 10% 1985 (RNDH, 2013).Ce phénomène est encore plus ressenti dans les zones rurales, précisément dans les zones cacaoyères.

Dans ce contexte, la lutte contre la pauvreté se situe au coeur des politiques de développement du pays. Le Plan national de développement(PND), qui constitue le programme économique du gouvernement ivoirien, en fait l'objectif premier de la politique de réformes en cours. Cette priorité accordée à la réduction de la pauvreté a conduit les autorités, sous l'impulsion des institutions de Bretton Woods, a changé la dénomination du Document de stratégie de réduction de pauvreté(DSRP). Ce dernier s'intitule désormais «Plan national de développement » (PND).

Pour faire face à ce problème, nous nous sommes servi d'une question de recherche élaborée à la section 6 du chapitre 1, intitulée problématique de notre mémoire. Cette question est stipulée comme suit : « quels sont les déterminants socioéconomiques de la pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyères? » Pour répondre à cette question, nous avons effectué une enquête de terrain dans le département de Soubré durant deux(02) semaines c'est-à-dire du 09 au 25 novembre 2015. Cette enquête a été possible grâce à des techniques d'enquête basée sur un échantillonnage réaliste, sur un questionnaire et sur des guides d'entretien individuel et pour des groupes de discussion. Les réponses obtenues et traitées, nous ont permises d'avoir les résultats ci-dessous.

C'est pourquoi, dans une première partie intitulée «  Cadre Théorique », nous avons d'abord élaboré la problématique (chapitre 1). Cela a consisté à :(i) présenter l'objet de notre recherche qui est la « pauvreté » (section 1), (ii) déterminer la pertinence du sujet relatif à la pauvreté (section 2), (iii) identifier la question de recherche(section 3), (iv) préciser le constat de recherche(section4), (vi) relever le problème de recherche(section 5) et (vi) préciser la question de recherche(section 6). Ensuite, nous avons précisé l'orientation de la problématique (chapitre 2). Cela nous a permis de : (i) préciser les objectifs de la recherche (section 1), (ii) préciser les hypothèses qui en découlent (section 2) et (iii) de tester théoriquement ces hypothèses à travers une revue de la littérature (section 3). Enfin, nous avons ciblé l'ancrage théorique qui en découle (chapitre 3) à travers : (i) un rappel des familles théoriques et du choix théorique qui en découle (section1), (ii) la modélisation du concept (section 2) et (iii) l'identification des variables, des indicateurs et des indices (section 3).

Dans une deuxième partie intitulée « Cadre Pratique », nous avons d'abord déterminé le Site de l'étude (Chapitre 4). Cet exercice a consisté à : (i) identifier le site géographique (section 1), (ii) cartographier le problème étudié sur le site (section 2), (iii) retracer l'historique du site (section 3), (iv) relever la sociologie du site (section 4) et enfin, (v) déterminer l'économie du site (section 5). Ensuite, nous avons élaboré une phase préparatoire à l'enquête de terrain (Chapitre 5) ayant consisté à : (i) identifier des unités d'enquête (section 1), (ii) élaborer un plan de travail (section 2), (iii) collecter les données secondaires (section 3), (iv) préciser le type d'échantillonnage (section 4), (v) construire et à tester les outils de collecte des données (section 5), (vi) préciser les outils, les techniques et le schéma d'analyse des données (section 6).

Dans une troisième partie intitulée « Cadre des Résultats », nous avons d'abord présenté les données issues de l'enquête (Chapitre 7). Ensuite, nous avons analysé ces données et avons présenté les résultats (Chapitre 8). Enfin, ces résultats issus des données analysées ont été interprétés afin de connaître : (i) leur implication.

Première Partie : Cadre Théorique

Chapitre 1 :

Problématique

Section 1 :

Présentation de l'objet de recherche : la pauvreté

§1 : Définition de la pauvreté

La première démarche avant toute investigation concerne la définition de la pauvreté : Qu'est-ce que donc la pauvreté ? Savoir qui est pauvre est une préoccupation légitime pour ceux qui s'intéressent à ce sujet comme pour les gouvernants et organismes internationaux. Pourtant, y répondre exige des choix théoriques. D'après les théoriciens de la question, sa définition varierait entre deux pôles : une vision fondée sur la rareté des ressources et de biens (la misère se traduit par des carences) et une reconnaissance des inégalités fondées sur les rapports sociaux au sein d'une société. Ces deux pôles traduisent trois aspects de la pauvreté : monétaires ou financiers (la pauvreté est l'état d'une personne ou d'une collectivité qui ne dispose pas de ressources suffisantes pour satisfaire ses besoins primaires et vitaux) accessibilité (la pauvreté est une incapacité ou un manque d'accès de l'individu aux biens et services sociaux de base) et sociologique (pauvreté perçue comme un état d'esprit, un sentiment d'insécurité, de précarité, d'exclusion, de frustration, de vulnérabilité et d'impuissance, tout comme aussi de mentalité).

La littérature sur le concept de pauvreté est abondante, diverse et variée, ce qui pose un problème de définition universelle. Selon l'étymologie, le mot « pauvre » vient du latin pauper et du grec pênes (pauvre) et penia (pauvreté), vocables proches de peina (faim) et d'une façon lointaine à ponos (douleur) et poiné (châtiment, peine)2(*). Pour Georg Simmel, sociologue allemand, dans son ouvrage intitulé les pauvres (1908), la pauvreté est non seulement relative mais est aussi construite socialement : ceci nous amène à considérer le caractère relatif du concept de pauvreté. Ainsi est pauvre, celui dont les moyens ne suffisent pas à atteindre ses fins. De fait, chaque milieu, chaque classe sociale a ses besoins typiques ; L'impossibilité de les satisfaire signifie la pauvreté. Par ailleurs, pour Simmel : «C'est à partir de ce moment où ils sont assistés, peut être lorsque leur situation pourrait normalement donner droit à l'assistance, même si elle n'a pas été encore octroyée, qu'ils deviennent partie d'un groupe caractérisé par la pauvreté. Ce groupe ne reste pas unifié l'interaction entre ses membres, mais par l'attitude collective que la société comme totalité adopte à son égard. » A leur tour, B. Armes, W. Brown et S. Devarajan donne une définition de la pauvreté : « elle peut être définie au mieux comme étant une privation inacceptable du bien-être de l'être humain. Une personne peut donc être considérée comme pauvre quand elle ne peut se procurer les biens et services en quantité suffisante pour satisfaire ses besoins matériels fondamentaux.»3(*)

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, la pauvreté est un thème récurrent au sein des organisations internationales de développement.

En effet, selon la Banque Mondiale, est pauvre tout individu dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour.

De son côté, le PNUD, dans son rapport « Vaincre la pauvreté » publié en 2000, présente une définition de la pauvreté à trois échelles : l'«extrême pauvreté», la «pauvreté générale» et la «pauvreté humaine». Ainsi, «une personne vit dans la pauvreté extrême si elle ne dispose pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels habituellement définis sur la base de besoins caloriques minimaux. Une personne vit dans la pauvreté générale si elle ne dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires tels l'habillement, l'énergie et le logement et alimentaires ». La « pauvreté humaine », quant à elle, est présentée comme l'absence des capacités humaines de base.

Pour l'UNESCO, la pauvreté est « l'état où se trouve toute personne qui, d'une part, dispose d'un revenu très faible par rapport au reste de la population et qui, d'autre part, reste privée d'un véritable accès aux services de base nécessaires pour vivre (santé, logement, éducation) »;(UNESCO,1997).

Les types de pauvreté abordés par la Banque Mondiale sont centrés sur l'aspect monétaire. Elle distingue pauvreté absolue et pauvreté relative. La pauvreté absolue concerne les personnes dont le niveau de revenu est inférieur à celui nécessaire pour assurer la survie. La pauvreté relative, quant à elle, reflète une conception plus axée sur la répartition des revenus. Elle concerne les personnes situées au plus bas de l'échelle des revenus.

§2 : Typologie de la pauvreté

Il s'agira pour nous, de faire un bref survol des différentes typologies possiblesdepauvreté.

A. La théorie de la pauvreté capacitaire

D'après cette approche, ce qui manque ce n'est pas de l'utilité ou des besoins de base satisfaits, mais certaines capacités humaines vues comme raisonnablement minimales. Sen (1985) relève le sujet de la qualité de vie au-delà de la possession des commodités. Il évoque également l'espace intermédiaire entre celui des ressources ou moyens et celui des accomplissements, à savoir l'espace des libertés. Celui-ci consiste en un ensemble de capacités spécifiques définies en références à des types d'accomplissements appelés « fonctionnements ». Cette notion de « fonctionnement » décrit le type d'effet attendu à partir des capacités.4(*)

B. La théorie pauvreté ethnique

L'ethnisation théorique de la pauvreté, tout comme la thèse de la culture de pauvreté, a connu son heure de gloire dans les années 1960. Elle associe la pauvreté à la désorganisation sociale des familles noires. La pauvreté est perçue comme l'effet de l'anomie ethnique5(*).

C. La théorie de la culture de pauvreté

Théorie développée par Oscar Lewis6(*), elle définit la pauvreté comme un ensemble de valeurs, d'attitudes et de comportements, essentiellement différent de celui des classes moyennes, adopté en réaction à des circonstances qui ne permettent pas de s'intégrer dans la société.

D. La théorie de la pauvreté relationnelle

Cette approche définit la pauvreté sans regarder les conditions de vie ou le niveau de revenu d'un ménage ou d'une personne. Elle s'intéresse à l'analyse des liens que cette dernière entretient avec le reste de la société. L'approche est constructiviste : le pauvre est celui que la société désigne comme pauvre. Georg Simmel, dans son texte Les Pauvres (1907), a été le premier à proposer cette définition relationnelle de la pauvreté qu'il définit comme la relation d'assistance. Les pauvres ne sont pas caractérisés par le manque et les privations mais par « l'attitude collective que la société, en tant que tout, adopte à leur égard ». Cette théorie prend le contre sens de la théorie ethnique de la pauvreté.

E. La théorie de la pauvreté des biens premiers

Cette conception est défendue par Rawls (1971), il est question d'offrir aux individus certaines ressources de base que Rawls appelle « biens premiers sociaux7(*) ». Ensuite, il appartient à chacun d'entre eux de les utiliser selon ses préférences, de réaliser les actions et d'atteindre les états qu'ils valorisent. Dans cette première conception, les dimensions pertinentes pour l'évaluation de la pauvreté relèvent des biens premiers : seul un faible niveau de détention de ces derniers doit témoigner de la pauvreté.

§3 : Historique de la pauvreté

Historiquement, une vision religieuse de la pauvreté (en réalité de la misère) a rendu les pauvres fonctionnels. Les religieux permettaient aux riches de racheter leurs péchés par l'aumône. A partir du 16ème siècle, la laïcisation de ce problème a conduit à distinguer le bon et mauvais pauvre d'où deux types d'actions : la potence et la piété, cette dernière se manifestant dans la création de fonds sociaux (Geremek, 1987). Plus tard, c'est une vision caritative qui prend le relais, avec le thème des solidarités, relayée par une vision « moderniste-technocratique », qui est aujourd'hui celle des organisations internationales vision (Lautier, 1995 : 385). Cette vision qui est celle des « hygiénistes » du 19ème siècle (Lautier et Salama, 1995) fait porter les actions précisément sur la misère qui doit être traitée comme une épidémie à éradiquer. La pauvreté sera désamorcée (non pas éliminée), dès lors que la première aura disparu.

La pauvreté s'impose d'abord comme une question sociale, avant d'être un problème sociologique. Elle est une évidence en France au 19ème siècle. En 1840, dans son Tableau des ouvriers, VILLERME décrie ce qu'il découvre en allant chez les familles; son enquête, participante, a une fonction de dénonciation parce que la pauvreté renvoie à des manques multiples, qu'il suffit d'enregistrer. Les ouvriers avaient de mauvaises conditions de travail et de mauvaises conditions de vie. Ils habitaient souvent dans des taudis insalubres, ils avaient à peine de quoi manger et faire vivre leur famille. Ils avaient un travail, pénible et dangereux et leur salaire n'était pas suffisant. Le prolétariat du 19ème siècle qui vivait dans des taudis et mangeait à peine à sa faim ne ressemble pas aux pauvres du 21ème siècle qui résident dans des HLM, sont habillés et nourris mais maintenus à l'écart de la société. Au 19ème siècle, l'appartenance à la classe ouvrière était synonyme de misère. Marx et Engels étaient très préoccupés de la pauvreté des ouvriers, Engels l'a notamment décrite dans la situation de la classe ouvrière en Angleterre (1844). Comme les réformateurs sociaux (Villermé ou Le Play), il y dénonçait la pauvreté absolue, celle qui empêche que soient satisfaits les besoins physiologiques de base - manger, se vêtir et se loger. Pourtant, peu à peu, dans les pays développés, l'augmentation du niveau de vie et des protections collectives ont transformé la définition des pauvres.

Au 20ème siècle, de nouvelles catégories sont apparues, soulignant que la pauvreté était devenue relative, c'est-à-dire synonyme d'écart par rapport au mode de vie et au niveau de possession moyen. Selon Gueslin (2004), la pauvreté était généralisée dans l'Europe préindustrielle, et la distribution des revenus y était bimodale c'est-à-dire répartie en deux groupes très distincts : les quelques très riches et le peuple pauvre. Aussi, à partir de la fin des années 1980, l'impact des programmes d'ajustement structurels oblige à se pencher sur le sort des exclus des progrès économiques. Deux problèmes de fonds sont posées : des inégalités croissantes et un désistement de l'Etat de ses fonctions régulatrices (aussi bien économiques que sociales), celui-ci tendant plutôt à s'effacer devant les marchés et de globalisation technologique.

Une revue de la pauvreté depuis les années 1980, à travers le tableau ci-dessous, montre qu'il y a presque deux siècles, 94.4 % de la population mondiale vivait dans la pauvreté au lieu de la moitié aujourd'hui, et 83.9% vivait dans l'extrême pauvreté au lieu de 22.7% en 1997.

Tableau 3 : La pauvreté de 1820 à 1999 avec prévision 2015

 

1820

1870

1910

1950

1970

1990

1991

2015

Pourcentage

 
 
 
 
 
 
 
 

De pauvres

94.4

89.6

82.4

71.9

60.1

58.8

54.7

43.3

De très pauvres

83.9

75.4

65.6

54.8

35.6

29

22.7

12.3

Effectifs

 
 
 
 
 
 
 
 

(Millions)

 
 
 
 
 
 
 
 

De pauvres

997

1 .134

1.416

1805

2200

2718

2777

2230

De très pauvres

886

954

1.127

1376

1304

1276

1151

753

Source : Bourguignon et Morrison (2002)8(*)

Tableau 4 : Estimations régionales de la pauvreté (seuil de pauvreté de 1.25 $/ jour)

Source: World Bank. Chen Ravallion, 2008, p.34

Région

1981

1984

1987

1990

1993

1996

1999

2002

2005

Population vivant avec moins de $ 1.25 par jour en 2005 (millions)

East Asia &Pacific

1,071

947

822

873

845

622

635

507

316

China

835

720

586

683

633

443

447

363

208

Europe & Central Asia 7 6 5 9 20 22 24 22 17

7

6

5

9

20

22

24

22

17

Latin America &Carribbean 47 59 57 50 47 53 55 57 45

47

59

57

50

47

53

55

57

45

Middle East& North Africa 14 12 12 10 10 11 12 10 11

14

12

12

10

10

11

12

10

11

South Asia

548

548

559

579

559

594

589

615

596

India

420

416

428

435

444

442

447

460

456

Sud-SaharanAfrica

212

242

258

298

317

356

383

390

388

Total

1,900

1,814

1,723

1,818

1,709

1,658

1,698

1,601

1,374

Part de la population vivant avec moins de $ 1.25 par jour en 2005 (%)

East Asia &Pacifc

77,7

65,5

54,2

54,7

50,8

36,0

35,5

27,6

16,8

China

84,0

69,4

54,0

60,2

53,7

36,4

35,6

28,4

15,9

Europe & Central Asia 1,7 1,3 1,1 2,0 4,3 4,6 5,1 4,6 3,7

1,7

1,3

1,1

2,0

4,3

4,6

5,1

4,6

3,7

Latin America & Caribbean 12,9 15,3 13,7 11,3 10,1 10,9 10,9 10,7 8,2

12,9

15,3

13,7

11,3

10,01

10,9

10,9

10,7

8,2

Middle East & North Africa 7,9 6,1 5,7 4,3 4,1 4,1 4,2 3,6 3,6

7,9

6,1

5,7

4,3

4,1

4,1

4,2

3,6

3,6

South Asia

59,4

55,6

54,2

51,7

46,9

47,1

44,1

43,8

40,3

India

59,8

55,5

53,6

51,3

49,4

46,6

44,8

43,9

41,6

Sud -Saharan Africa

53,4

55,8

54,5

57,6

56,9

58,8

58,4

55,0

50,9

Total

51,9

46,7

41,9

41,7

39,2

34,5

33,7

30,5

26,2

La lecture du tableau ci-dessus montre qu'entre 1981 et 2005, la proportion des personnes vivant dans les pays en développement avec moins de 1,25 dollar par jour a diminué de moitié de 51,9 à 26,2 %. Cela équivaut à une réduction globale de la pauvreté d'un pourcent par an environ, qui s'est traduite par une baisse de 500 millions du nombre de personnes pauvres (de 1,9 à 1,4 milliard) entre 1981 et 2005.

Le tableau fait ressortir aussi que le recul de la pauvreté est très inégal suivant les régions. Le nombre de pauvres a chuté en Asie de l'Est mais augmenté ailleurs. Cependant, durant les années 1980, l'Asie de l'Est avait le taux de pauvreté le plus élevé du monde (77,7 % de la population vivait avec moins d'1,25 dollar par jour en 1981), celui-ci était passé à 54,7 % en 1990 et à 16.8 % en 2005. Le même constat se fait pour la chine qui a vu diminuer entre 1981 et 2005, le nombre de personnes pauvres de 600 millions. Nous pouvons dire dans ce sens, que si la proportion de personnes vivant dans l'extrême pauvreté recule d'un côté, lapopulation continue d'augmenter de l'autre côté, et ceci peut signifier que le nombre de pauvres ne bouge que légèrement.

En Asie du Sud, nous pouvons constater que le taux de pauvreté a été ramené de 59,4 % à 40,3 % entre 1981 et 2005, mais du fait de l'augmentation de la population, ce recul ne s'est pas traduit par une baisse du nombre de pauvres dans la région. Ainsi, le taux de pauvreté extrême a également baissé en Amérique latine et dans les Caraïbes, au Proche-Orient et en Afrique du Nord durant la même période, ceci sans qu'il ait d'incidence sur le nombre de personnes pauvres.

En outre, malgré une hausse nette du taux de pauvreté et du nombre de personnes pauvres en Europe de l'Est et en Asie centrale, on observe des signes d'améliorations légères depuis la fin des années 1990.

Pour le cas de l'Afrique subsaharienne, la proportion de personnes vivant avec moins d'1,25 dollar par jour a stagné autour de 50% entre 1981 et 2005, c'est-à-dire passant seulement de 53,4 % à 50,9 %, soit un recul de 2.5 points de pourcentage. En termes absolus, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 1,25 dollar par jour a pratiquement presque doublé dans la même période, passant de 212 à 388 millions. Selon la Banque Mondiale (2009), en Afrique subsaharienne, il y avait, en 2005, 100 millions de personnes extrêmement pauvres de plus qu'en 1990 et le taux de pauvreté se maintenait au-dessus de 50 pour cent (même s'il a commencé à baisser après 1999).

En Côte d'Ivoire, le nombre de pauvres a été multiplié par 10 en l'espace d'une génération. Aujourd'hui une personne sur deux est pauvre contre une personne sur dix en 1985. En effet, le taux de pauvreté est passé de 10% en 1985 à 48,9% en 2008 ; ce qui correspond à un effectif de pauvres estimé à 974 000 en 1985 et à 10 174 000 en 2008. Le taux de pauvreté était estimé à 61, 5% en 2011 contre 48,94% en 2010. En 2014, plus de 61,5% de la population croupit dans la misère.

La pauvreté est plus ressentie en milieu rural qu'urbain. L'on y trouve le plus grand nombre de pauvres (42% en 1998 contre 46% en 1995). La pauvreté est, de tout temps, plus accentuée en milieu rural qu'en milieu urbain même si elle s'y développe moins rapidement. En 2008, 12 personnes du milieu rural sur 20 sont pauvres contre 6 en milieu urbain. En 1985, le rapport était de 3 personnes pauvres en milieu rural sur 20, contre 1 personne pauvre sur 20 en milieu urbain. Le taux de pauvreté en milieu rural s'est particulièrement aggravé dans la période récente qui a coïncidé avec celle de la crise militaro-politique. Il est ainsi passé de 49% en 2002 à 62,45% en 2008, soit une augmentation de plus de 13 points alors que cette progression n'est que de 4 points en milieu urbain où le ratio de pauvreté s'est accru de 24,5% en 2002 à 29,45% en 2008.

§4 : Les législations sur la lutte contre la pauvreté

La Côte d'Ivoire à l'instar de nombreux pays d'Afrique subsaharienne a fait de la lutte contre la pauvreté une préoccupation majeure de son programme de développement. Depuis juin 1997, elle dispose d'un programme de lutte contre la pauvreté. C'est pourquoi, déjà, en 1995 à Copenhague au Sommet Mondial sur le Développement Social, puis en septembre 1999, les Assemblées Annuelles du FMI et de la Banque Mondiale, la communauté internationale a approuvé le principe d'adopter un nouveau cadre de formulation des programmes de développement mettant l'accent sur la réduction de la pauvreté, dit Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Ce cadre est présenté dans un document dit Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD).Les initiatives PPTE et 20/20 sont autant de politiques qui traduisent la volonté du gouvernement à lutter contre la pauvreté.

Section 2 :

Pertinence du sujet relatif à l'objet

Du point vue contextuel, la pertinence de notre objet se justifie au niveau économique à travers les faits tels que le chômage et marché du travail et au niveau social par la croissance démographique et les conditions de vie de la population.

§1 : Pertinence contextuelle

A-Contexte économique

Le contexte économique peut s'expliquer par le chômage et la situation de l'emploi.

En ce qui concerne le chômage, du point de vue mondial, il enregistrait 197 millions de personnes en 2012 contre 202 millions de chômeurs en 2013, soit une hausse de 5,1 millions (BIT). Ces chiffres traduisent une montée du chômage global ces dernières années. Les jeunes constituent la frange la plus touchée par cette situation de chômage que traverse le monde. En effet, le taux de chômage des jeunes a évolué en passant de 12,6% en 2011 à 12,7% en 2012, nous indiquent le BIT dans son rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes. Ce pourcentage correspond à près de 75 millions de jeunes qui sont aujourd'hui au chômage dans le monde. Ainsi, l'Afrique reste le continent le plus affecté par cette problématique. Elle représente 60% des chômeurs à l'échelle mondiale. Cette situation généralisée du chômage, n'épargne pas la Côte d'Ivoire. Par ailleurs ce taux de chômage au niveau national s'est fortement accru de 2002 à 2008, (INS, 2008). En effet, il est passé de 6,4% en 2002 contre 15,7% en 2008. Le chômage des jeunes âgés de 15-24 ans est le plus important. Le taux de chômage de la population active de ce groupe d'âge est de 24,2% en 2008 et celui des 25-34 ans est de 17,5%. Les chômeurs sont majoritairement jeunes qu'ils soient pauvres ou non (INS, ENV 2008). Le chômage touche plus les femmes que les hommes. Il est plus ressenti en milieu urbain qu'en milieu rural et particulièrement la ville d'Abidjan. En effet, le taux de chômage des femmes est de 19,8%contre 12,1% chez les hommes. Il est de 27,4% en milieu urbain contre 8,7% en milieu rural. Le taux de chômage à Abidjan est de 33,2%.Cette situation de chômage n'a pas changé le caractère précaire des emplois.

En Afrique, 75% du marché du travail est dominé par le secteur informel selon l'OIT en 2013. Au niveau national, il occupe une place croissante dans l'absorption de la population active (RNDH, 2013). Selon les données de l'ENSEA-ORSTORM(1996) et de l'observatoire de l'emploi (1996), la part du secteur informel dans le nombre total d'actifs occupés est passée de 22% en 1990 à 25% en 1995. Entre 1995 et 2002, le nombre d'emplois informels est passé de 1,7millions à 4,1 millions, soit une augmentation moyenne de 20,17% par an; et ceux-ci représentaient 31% de l'emploi total en 2002. Pour l'année 2012, l'AGEPE (2013) les actifs occupés dans le secteur informel est de 8 488 820 personnes, ce qui représente 89,4% de l'emploi total en Côte d'Ivoire. Les femmes représentent 44% des employés de ce secteur.

De plus, le secteur informel occupe 90% de la population active sans protection sociale, ni rémunération suffisante.

Fort de ce qui précède, la situation de l'emploi devient de plus en plus précaire favorisant l'accentuation des groupes vulnérables exposés à la pauvreté.

B-Contexte social

En Côte d'Ivoire, selon le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat(RGHP) réalisé par l'INS en 2014, estimait la population à 20591300 habitants. Le taux annuel de croissance démographique est de 2,9%. Ce potentiel humain, bien exploité, devrait constituer un socle pour le développement durable du pays. Cependant, malgré des efforts consentis par l'Etat pour fournir à sa population un cadre à son émancipation, elle constitue pour lui, aujourd'hui encore une véritable source de préoccupation.

Les crises successives qui ont secoué le pays ont accentué et dégradé les infrastructures de base, accentuant la paupérisation des populations en limitant l'accès aux services sociaux de base.

En effet l'enquête sur les conditions de vie des ménages, réalisée en 2008 par l'INS, montre la détérioration des conditions de vie des populations. Notamment, près de 70% de la population éprouve des difficultés à se nourrir et 68% en marge des soins de santé. Selon le PNUD, seulement 61% de la population ont accès à l'eau potable. La pauvreté n'épargne pas également le secteur de l'éducation. Le taux net de scolarisation se situait à 56, 1% au niveau du primaire en 2012.

En outre, ces dernières décennies ont été marquées par le recul, au mieux la stagnation du niveau de vie: le revenu réel par habitant a baissé de 4,7% en moyenne annuelle sur la période 1980-1989 et de -0,99% en moyenne sur la période 2000-2009 contre une légère amélioration de 0,24% de hausse en moyenne annuelle sur la période 1990-1999. La décennie 2010 a débuté par une dégradation globale des conditions de vie des populations avec la crise post-électorale. Le revenu réel par habitant en dollars constants de 2000) a connu son niveau le plus élevé en Côte d'Ivoire en 1978 et 1979 avec respectivement 1048,07 USD et 1008,68 USD contre 564,63 USD en 2010, soit pratiquement son niveau de 1960 (560,45 USD).

En termes de Développement Humain, la Côte d'Ivoire a, enregistré de faibles progrès en termes de développement humain mesuré par un IDH (sur la base des estimations du rapport mondial sur le développement humain 2011) passant de 0,361 en 1990 à 0,374 en 2000 et à 0,401 en 2010, à 0,400 en 2011, situant la Côte d'Ivoire en 170ème position sur 187 pays considérés (PNUD, 2011). Cette période a été marquée par la hausse des privations et du taux de la pauvreté, qui est passé de 33,6% en 1998 à 38,4% en 2002, puis à 48,9% en 2008.

Ainsi, du point de vue économique et social, aujourd'hui la lutte contre la pauvreté reste une préoccupation judicieuse en Côte d'Ivoire.

C-Contexte politique

La Côte d'Ivoire connaît depuis 1999 une période d'instabilité politique et de récession économique dont le point de départ a été le coup d'Etat du 24 décembre 1999.

L'activité économique se stabilisait fin 2001 avec un accroissement du PIB de 0,1% (contre -2,3% en 2000). La normalisation et ce retour à la croissance ont été remis en cause par la crise militaro-politique du 19 septembre 2002.

Depuis cette date, les cadres macroéconomiques, financier et social se sont dégradés compte tenu de la persistance de la crise sociopolitique, et ce, en dépit des efforts du gouvernement.

Ainsi, la croissance réelle du PIB par habitant de 4,5% sur la période 1961-1969, de 2,9% sur la période 1970-1979, -4,1% sur la période 1980-1989, -0,3% sur la période 1990-1999 et de -1,26% durant la période 2000-2009. Le PIB réel par habitant en dollars constants de 2000 a progressé de 550,7 en 1960 à 1091,2 dollars en 1978 et pour chuter à 591,1 dollars constants en 2010.

Le PIB évoluera négativement dès le début de la crise en 2002 jusqu'en 2003, puis a connu une remontée pour se situer à un taux de 1,6% en 2004, 1,8% en 2005, 1,2% en 2006, 1,5% en 2007 et 2,9% en 2008. (Cf. RNDH, 2013).

§2 : Pertinence scientifique

De nombreux chercheurs et scientifiques se sont intéressés au thème de pauvreté à travers leurs écrits respectifs. La littérature existant sur la pauvreté est aussi riche que variée. Il s'agira, pour nous, de faire un bref survol de cette littérature à travers le monde et en Côte d'Ivoire.

A partir des 1941, Benjamin SeebohmRowntree dansProgress and poverty, s'attaquait déjà la question de la pauvreté dans les villes anglaises. En Europe, l'on peut se référer aux travaux de Serge Paugham,sur La société française et ses pauvres, Paris, PUF, 1993. D'origine indienne, Amartya Sen est connu à travers le monde pour ses remarquables travaux sur la pauvreté. Il va appréhender la pauvreté sous le prisme de la théorie des `'capabilités''. Son approche va révolutionner les théories antérieures. Parmi ses nombreux travaux les plus récents, nous pouvons citer son oeuvre intitulée Repenser l'inégalité, publié en 2012.

Le faible revenu des immigrants au Canada, retient l'attention Nong Zhu et Cécile Batisse.En 2014, ils publient des travaux qu'ils intitulent : Croissance, inégalités et pauvreté: le cas des immigrants au Canada.En Afrique, la question reste au coeur du débat scientifique. En 2010, Pierre Bamony s'interroge sur la pauvreté sur le continent en publiant Pourquoi l'Afrique si riche est pourtant si pauvre ?

En Côte d'Ivoire, les travaux sur la pauvreté sont peu nombreux. Nous pouvons nous référer à Denis Bra Kanon dans Développement ou appauvrissement. Paris Economica, 1985.

Au regard de ce qui précède, on peut asserter que le thème de pauvreté fait partir des recherches contemporaines. Tout l'intérêt scientifique à lui accordé à travers le monde, démontre son caractère universel.

§3 : Pertinence opérationnelle La lutte contre la pauvreté est une préoccupation universelle. Elle continue d'intéresser les Etats et est au coeur de l'action des organismes internationaux et partenaires au développement. Les ressorts de solidarité, au sein d'une communauté ou à des horizons plus larges, comme la région, le pays ou la communauté internationale, s'expriment dans l'appui à la multitude de projets de lutte contre la pauvreté afin d'améliorer, de manière durable le sort des populations vulnérables.

De fait, notre sujet revêt un grand intérêt pour les Etats et les partenaires au développement. Ce sujet s'insère donc dans le champ des préoccupations actuelles.

Au regard de sa pertinence sur le triple plan : contextuel, scientifique et opérationnel, par conséquent il est objet de questionnement.

Section 3 :

Question de départ

Pour cerner le phénomène à l'étude, nous avons formulé l'interrogation suivante : quels sont les facteurs socioéconomiques qui déterminent la pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyères ? Cette interrogation sera légitimée par le constat de ci-dessous.

Section 4:

Constat de recherche

Ø Constat :En Côte-d'Ivoire, le taux de pauvreté a connu une augmentation ces dernières années. Cette augmentation est illustrée par le tableau ci-dessous.

Tableau 5 : Pauvreté multidimensionnelle et pauvreté monétaire

D'après ce tableau, la pauvreté qu'elle soit multidimensionnelle ou monétaire, a évolué de 2002 à 2011 sur le plan national. En effet le taux d'IPM est passé de 27,8% en 2002, 27,8% en 2008 et 34,4%. En ce qui concerne la pauvreté monétaire, elle était de 38,4 en 2002, pour atteindre 48,9% en 2008 et 51,3% en 2011. Au niveau de la région du Sud-Ouest, on constate une augmentation de la pauvreté multidimensionnelle. Elle est passée de 29, 7 en 2002 à 33, 7 en 2008 et à 34, 1 en 2011. Quant à la pauvreté monétaire, dans cette même région, elle a connu une hausse. Située à 41, 3 en 2002, elle est passée à 45, 5 en 2008 et 46, 3 en 2011. Cet accroissement de la pauvreté montre la vulnérabilité de la population ivoirienne en général depuis ces dernières années, notamment celle de la région du sud-ouest. Ce constat traduit un problème de pauvreté.

Section 5 :

Problème de recherche

Au regard du constat mis en évidence ci-dessus, nous pouvons affirmer qu'il existe un problème de pauvreté dans la région du Sud-Ouest, notamment dans le département de Soubré.

Section 6 :

Question de recherche

Quels sont les déterminants socioéconomiques de la pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyère, notamment à Soubré ?

Chapitre 2 :

Orientation de la Problématique

Section 1 :

Les objectifs de recherche

La présente étude vise un double objectif : un objectif général soutenu par des objectifs spécifiques ou appliqués

§1 : Objectif général ou fondamental

L'objectif fondamental visépar cette étude est delutter durablement contre la pauvreté dans la zone cacaoyère de Soubré.

§2 : Objectifs appliqués ou spécifiques

De manière spécifique, l'étude s'attèle à :

Ø Décrire la perception de la pauvreté au sein des ménages ;

Ø Identifier les causes de la pauvreté ;

Ø Décrire les manifestations de la pauvreté ;

Ø Faire des suggestions pour la résolution durable du problème de pauvreté.

Section 2 :

L'hypothèse de recherche

§1 : Hypothèse de base

H1 : La pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyères est liée aux déterminants socioéconomiques.

Ho : La pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyères n'est pas liée aux déterminants socioéconomiques.

§2 : Nature des variables dans l'hypothèse

Notre hypothèse met en relation deux variables. L'une dépendante c'est-à-dire la pauvreté et l'autre indépendante ou explicative, qui sont les facteurs socioéconomiques. Ainsi donc, le sens de notre hypothèse est de cause à effet.

Section 3 :

Test théorique de l'hypothèse : La revue de la littérature

Entreprendre une recherche sur la question de réduction de la pauvreté, exige un préalable épistémologique. Celui de saisir comment les études antérieures ont traité ce problème de pauvreté. Abordant la question de pauvreté, Charlotte Guénard et Jean Luc Dubois soutiennent que la problématique de la pauvreté est liée aux inégalités des conditions de vie9(*). L'impact de la croissance économique sur le niveau de pauvreté dépendra, d'une part, de son effet sur le revenu moyen et, d'autre part, de son effet sur l'inégalité. Des mesures de la sensibilité de la pauvreté par rapport à la croissance et à l'inégalité permettent alors de voir si un accroissement moyen de la consommation ou du revenu tend à réduire la pauvreté tandis qu'à l'inverse, une augmentation de l'inégalité tend à l'accroître.

Le cas de la Côte d'Ivoire entre 1985 et 1988 est, sur ces questions, riche d'enseignement. Il montre que l'augmentation de la pauvreté est essentiellement le résultat de la baisse du PIB par tête, la réduction des inégalités ayant plutôt eu pour effet de contribuer à la réduction de la pauvreté, et surtout de l'extrême pauvreté. Ainsi, s'il n'y avait pas eu de croissance négative, la pauvreté aurait quand même baissé de 20%, et l'extrême pauvreté de 40%, par le seul fait de la réduction des inégalités. Cet effet est plus marqué chez les producteurs de cultures d'exportation.

Pour Ahmed Bahri10(*), si la pauvreté persiste encore c'est parce que sa mesure soulève quelques problèmes.

Les définitions de la pauvreté ne manquent pas. Mais elles varient selon l'auteur, l'institution, la politique prônée, etc. Le rapport sur le Développement Humain (PNUD, 1997) en donne un glossaire, en relation avec le concept de Développement Humain, et une approche qui va au-delà de l'aspect strictement monétaire. En plus de cette variable clé qu'est le revenu ou la consommation, le PNUD relie la pauvreté à la problématique du Développement en général et du Développement Humain, en particulier. Cela implique que l'on doit tenir compte des acquis des plus favorisés et des « manques » chez les plus déshérités et les pauvres. En particulier, la définition inclut les besoins et la capacité d'exercer certaines fonctions sociales, capacité qui dépend d'un certain niveau de santé, d'éducation, d'insertion sociale dans la communauté, et d'intégration de la dimension Genre.

En théorie, on peut, dans un espace à <n> dimensions tenter de mesurer la distance séparant la position d'un individu (une famille/ménage, un groupe ou classe, une population nationale, etc.) qui ne serait pas en situation de pauvreté ou en situation idéale-type ou d'optimum, abstraitement définie, à celle d'un pauvre. Comme il existe un continuum de situations dans cet espace, une part d'arbitraire est introduite pour discriminer les situations. D'où les notions de seuil de pauvreté.

Pour mesurer une telle distance, il conviendrait, alors, de connaître et d'en tenir compte les diverses dimensions ou variables qui influent sur la pauvreté : le revenu disponible, la capacité de l'utiliser pour consommer et satisfaire les besoins physiologiques nécessaires à la survie, vivre décemment au-dessus d'un minimum vital avec le surplus dégagé pour des utilisations d'épanouissement ou de réalisation de capacités physiques, intellectuelles et culturelles (santé, éducation, loisirs, capacité de faire des prévisions réalistes), la prise en charge de l'environnement, pour s'y adapter et/ou en tirer profit au mieux, l'insertion et l'intégration sociales dans le groupe.

En toute rigueur, le chercheur qui travaille sur les diverses variables considérées doit s'assurer, autant que faire se peut, qu'elles devraient être indépendantes. Mais force est de constater que l'on a souvent tendance à omettre cette condition pour additionner des variables qui sont liées entre elles. Donc, les résultats obtenus et reflétés dans des publications comme le Rapport sur le Développement Humain ne sont qu'indicatifs. Leurs auteurs gagneraient à réduire le nombre de variables et à concentrer les efforts sur l'établissement de l'indépendance de telles variables.

C'est ainsi donc que Ruggieri11(*)et al (2003), distinguent quatre approches :

Ø l'approche monétaire ;

Ø l'approche des capacités humaines ;

Ø l'approche de l'exclusion sociale ;

Ø l'approche de la participation.

L'approche monétaire, communément admise et utilisée, se base sur un revenu ou une consommation, exprimée en dollars, en parité de pouvoir d'achat (PPA) pour les besoins de comparaison. Elle permet de fixer des seuils et de calculer l'Indicateur de Pauvreté Humaine(IPH) ou de l'Indicateur de Développement Humain(IDH)

L'approche des capacités humaines vise à renforcer celles-ci pour permettre l'utilisation de cette capacité pour une vie meilleure et plus libre. Des auteurs comme Nussbaum(1995) parlent de « vie humaine pleine » (full). Les moyens financiers ne sont qu'un instrument pour améliorer le bien-être, en plus des biens publics mis à la disposition.

L'approche basée sur l'exclusion sociale entend lutter contre la marginalisation et la privation, même dans les pays riches. Elle entend donner les moyens aux personnes de participer aux activités sociales normales des citoyens de la société.

L'approche de la participation entend faire participer les intéressés eux-mêmes à la connaissance et l'analyse de leurs conditions de vie et de l'amplitude du phénomène de pauvreté avec, en vue, la perspective de susciter les efforts nécessaires des intéressés par l'amélioration de leur sort.

En utilisant l'enquête sur les ménages la plus récente, Grimm (2001) a montré que la pauvreté a fortement augmenté entre 1993 et 1998 à Abidjan, mais fortement chuté en zone rurales. Le phénomène de « pauvreté » n'est pas spécifique au cas ivoirien.

Selon Grimm et al (2001), en zones rurales, la baisse des dépenses moyennes de consommation semble avoir été moins importante, les dépenses par tête ayant baissé de 7.3% par an. Toutefois, il existe des disparités au sein des zones rurales : les dépenses par tête ont baissé de 5,8% en forêt Est, de 10,2% en forêt Ouest et de 6,2% dans la zone de savane. Néanmoins, la pauvreté rurale a augmenté dans les années 1980 et dans la première moitié des années1990, et reste toujours supérieure à celle des zones urbaines. La pauvreté au niveau national a plus que triplé sur la période. En zones rurales, le niveau de dépenses moyen a baissé dans une moindre mesure en 1998. Le niveau de dépenses de 1998 représentait au moins 70% du niveau de 1985. La pauvreté a baissé notablement de 36% en 1993 et 27% en 1998 au seuil de 1 dollar US par tête et par jour, et de 71% à 59% au seuil de 2 dollars US (Grimm, 2001). Cette étude de Grimm s'appuie sur les revenus et non sur les dépenses pour le calcul des taux de pauvreté. Ainsi, on constate une forte réduction du différentiel de niveau de vie entre zone rurale et zone urbaine due à la chute spectaculaire des revenus urbains et à l'augmentation des revenus ruraux depuis 1994.

Il existe également des travaux empiriques qui illustrent ce phénomène dans d'autres pays. L'étude de Haddad, Ruel et Garrett (1990), par exemple examine la pauvreté urbaine et rurale pour 8 pays en développement. Pour 7 d'entre eux, ils trouvent que la proportion de pauvres urbains au niveau national a augmenté dans le temps. Mosert, Herbert et Makonnen (1993) ont analysé la pauvreté urbaine dans le contexte de l'ajustement structurel. Pour eux, il existe une association claire entre les distorsions macroéconomiques et le processus d'appauvrissement qui a lieu dans les zones urbaines. Les recherches de Mireille Razafindrakoto et de François Roubaud (2001) qui ont mis en évidence les multiples facettes de la pauvreté dans la capitale malgache et dans lesquelles différentes approches de la pauvreté ont pu être confrontées grâce à la disponibilité d'une base de données riche pour la capitale malgache, apporte un éclairage nouveau sur la nature et l'ampleur de la pauvreté. Parallèlement à la définition la plus classique basée sur le critère monétaire, différents concepts de la pauvreté ont été mis en regard. Ils reposent soit sur des critères objectifs (conditions matérielles d'existence, capital humain, exclusion sociale), soit sur l'appréciation subjective des ménages (perception générale, satisfaction des besoins jugés essentiels, aisance financière), rarement prise en compte dans le contexte des pays pauvres. L'article s'interroge sur l'existence d'un noyau dur de pauvres facilement identifiables qu'il convient de réduire, ou au contraire, de différentes formes de pauvreté, qui ne se recoupent que partiellement et qui appellent des politiques différenciées ? Le faible recoupement entre les différentes approches met en évidence le caractère multidimensionnel de la pauvreté. La caractérisation des populations pauvres suivant les types d'approches montre par ailleurs des profils différenciés. Ces résultats impliquent que les stratégies de réduction de la pauvreté ne peuvent reposer sur un instrument unique, ni porter sur un seul domaine, mais doivent recourir à une palette de mesures touchant les différentes dimensions.

Chapitre 3 :

Ancrage théorique : Opérationnalisation du cadre théorique

Section 1 :

Rappel des familles théoriques et choix théorique

Le concept porteur de la problématique qui est modélisé en variable dans l'hypothèse est la pauvreté. Ce concept est issu des familles théoriques, ces dernières divergent sensiblement quant à la définition de la pauvreté, et partant, la fixation de la ligne de pauvreté. Cette absence de consensus pose évidemment qu'il n'y a pas de cadre unificateur. Notre propos n'est pas ici d'en proposer une revue détaillée12(*), mais de présenter une typologie succincte des différentes approches et préciser dans quelle posture théorique nous nous inscrirons dans le cadre de la présente étude.

§1 : Rappel des familles théoriques

En sciences sociales, notamment en économie et en sociologie, plusieurs chercheurs ont théorisé sur le concept de pauvreté.

La pauvreté n'est pas un phénomène homogène prenant un visage identique en tout lieu et en tout temps. Etre pauvre en France ne signifie pas la même chose qu'être pauvre en Afrique, et être pauvre aujourd'hui n'a pas la même signification qu'il y a un siècle (Oduro et Aryee, 2003)13(*). Cependant, offrir une définition de la pauvreté n'est pas simplement une question de lieu ou d'époque. En effet, si l'on circonscrit la problématique de la pauvreté au domaine économique, il existe un débat autour de l'espace informationnel à mobiliser. Plusieurs tendances se dessinent depuis quelques décennies : une première, plutôt historique, puisqu'elle repose sur la philosophie morale anglo-saxonne du 18ème siècle, définit la pauvreté sous la forme d'un niveau d'utilitéinférieur à une norme préalablement définie. Economiquement, cette utilitéserait approximée par une variable monétaire, le revenu ou la dépense, seule capable de rendre compte de la satisfaction individuelle.

Selon l'approche monétaire, est pauvre un individu ou un ménage dont le revenu est inférieur à un certain seuil. Celui-ci (le pauvre) peut être défini en termes « absolues » (terme appliqué aux pays ex-socialistes et aux pays en voie de développement-PVD)et en termes « relatifs » (terme employé dans les pays développés). La pauvreté monétaire absolue est définie par l'incapacité de satisfaire les besoins essentiels en nourriture, vêtements, logement et soins. Elle concerne les individus ou ménages qui ont des revenus inférieurs à un seuil minimum conventionnel (correspond à un panier de biens et service), qui n'évolue qu'avec la hausse du niveau générale des prix (mesure américaines ou canadiennes). La pauvreté monétaire relative est un indicateur d'inégalité : est pauvre celui qui n'a pas accès aux biens consommés par la grande majorité de ses concitoyens. Selon l'INSEE (Institut National de Statistique Et de l'économie), elle concerne les individus ou les ménages dont les revenus par unité de consommation est inférieure à 50% du revenu médian ; 60% du revenu médian pour Eurostat. La théorie monétaire a été l'objet de plusieurs études ; de Adam Smith à Chombart de Lauwe en passant par Moscovici. En effet, dès 1776, Adam Smith décrit le concept de pauvreté comme une privation des nécessités de la vie quotidienne dans nature et cause de la richesse des nations. Pour Frédéric le PLAY14(*), après avoir observé le mode de vie des ménages (familles), découvre que le budget voire le revenu et les dépenses de consommations sont des indicateurs spécifiques pour déterminer le type de famille ; soit des familles pauvre, soit des familles riches. Ainsi, selon Le Play, est pauvre, tout individu dont le revenu et les dépenses ou le budget ou encore la quantité monétaire est inférieur à un seuil conventionnel (selon la banque mondiale ce seuil est fixé à au moins 1 dollar par jours). La pauvreté que nous pouvons qualifier de welfariste ou utilitariste serait donc un état dans lequel l'individu considéré ne possèderait pas suffisamment de ressources monétaires pour rendre maximal son bien-être économique. De fait, selon Ravallion, « nous pouvons dire qu'une situation de pauvreté existe dans une société lorsque une ou plusieurs personnes n'atteignent pas un niveau de bien-être économique censé constituer un minimum raisonnable correspondant aux standards de cette société » (source : povertylines in theory and pratice living standard measurementstudyWorkingpaper. N0133. The world Bank, 1998, p3.

En somme, l'approche monétaire, en définissant la pauvreté à partir d'un manque de ressources monétaires et en la stigmatisant à travers les concepts de revenu et de consommation, définit un critère unique de pauvreté : le revenu. Est donc pauvre tout individu qui n'est pas capable de mobiliser un revenu suffisant pour acquérir les moyens de sa subsistance

Toutefois, un grand nombre de voix se sont élevées contre cette appréhension strictement monétaire de la pauvreté. La première série de critiques correspond à ce que l'on peut qualifier d'approches en termes de résultats (outcome-basedapproaches). Deux critiques apparaissent nettement : tout d'abord, la théorie de la justice de J.Rawls15(*)[1971] selon laquelle l'utilitarisme n'offre pas un cadre cohérent à la mise en oeuvre d'une société bien ordonnée. Selon lui, le caractère téléologique de l'utilitarisme fourvoie cette dernière dans une impasse théorique.

Ensuite, la seconde voie explorée, prolonge en quelque sorte celle de Rawls, tout en se voulant plus pragmatique. La critique qu'elle soulève à l'égard de l'utilitarisme concerne plus particulièrement l'information retenue pour définir la pauvreté.

Pour les tenants du courant des besoins essentiels (basic needsapproach), évaluer la pauvreté à partir des seules ressources monétaires occulte une partie des besoins humains. Pour eux, la pauvreté est une réalité multidimensionnelle qui s'exprime à travers une série de besoins nécessaires à la survie non satisfaits (Stewart, Streeten [1981])16(*).Toutefois, et nous le montrerons, de larges ambiguïtés persistent entre ces deux courants qu'a priori tout oppose: la place de la composante monétaire dans l'approche des besoins essentiels est sous-estimée. C'est en cela que certains auteurs ont proposé d'intégrer les besoins de base dans une fonction d'utilité exprimée en termes de coûts nécessaires pour acquérir ceux-ci. Ainsi, en construisant une ligne de pauvreté monétaire en coûts de besoins de base, ils ont répondu à l'ambiguïté précédente, tout en contribuant à précipiter la chute d'une approche qui n'a jamais rencontré le succès escompté.

Cette chute a également été précipitée par l'apparition au début des années 1980 de l'approche par les capabilités (Sen [1981, 1985, 1992, 1999b], Nussbaum [1995, 1999, 2002]). En réaction à la théorie du choix social, courant auquel il appartient, Amartya Sen17(*)propose une approche du bien-être qui ne repose ni sur l'espace de l'utilité, ni sur celui des besoins essentiels. En s'appuyant sur les limites de chacune des approches précédemment proposées, Sen offre un cadre théorique à l'étude de la pauvreté en se concentrant sur une nouvelle base informationnelle : la capabilité. En faisant de l'être humain le coeur de l'analyse, en accentuant l'importance de son rôle d'agent, en se focalisant sur la liberté d'être et de faire, et en dépassant une évaluation de la pauvreté en termes de biens, Sen marque un renouveau dans l'appréhension du développement et de la pauvreté. Cette dernière ne sera plus perçue comme un manque de ressources (monétaires ou en termes de biens et services) mais comme une inadéquation de l'ensemble capabilité constitué par l'individu, compte tenu de son environnement social et de ses caractéristiques personnelles. A l'image des approches fondées sur les biens (primaires et essentiels), l'approche de Sen est une approche multidimensionnelle, qui ne réduit plus la pauvreté aux seules ressources monétaires proposées.

Selon l'approche subjective, sont pauvres les individus qui se déclarent comme tels.

A cet effet, pour le sociologue Georg Simmel, dans son ouvrage intitulé les pauvres (1908), la pauvreté est non seulement relative mais est aussi construite socialement : ceci nous amène à considérer le caractère relatif du concept de pauvreté. Ainsi est `'pauvre'', celui dont les moyens ne suffisent pas à atteindre ses fins.

De fait, chaque milieu, chaque classe sociale a ses besoins typiques ; l'impossibilité de les satisfaire signifie la pauvreté.

Par ailleurs, pour Simmel : «C'est à partir de ce moment où ils sont assistés, peut être lorsque leur situation pourrait normalement donner droit à l'assistance, même si elle n'a pas été encore octroyée, qu'ils deviennent partie d'un groupe caractérisé par la pauvreté.

Ce groupe ne reste pas unifié l'interaction entre ses membres, mais par l'attitude collective que la société comme totalité adopte à son égard » (les pauvre : 1908).

S'inspirant de Georg Simmel, Serge Paugham18(*) définit la pauvreté comme une «relation d'interdépendance entre la population qui est désignée socialement comme pauvre et la société dont elle fait partie». A chaque type de relation d'interdépendance correspond une forme élémentaire de pauvreté. Il distingue trois formes élémentaires de pauvreté : la première forme estla pauvreté intégrée qui est «définie comme la condition sociale d'une grande partie de la population », où les pauvres forment un groupe socialétendu, et peu stigmatisé. Cette forme est généralement spécifique aux sociétés traditionnelles, aux pays en voie de développement(PVD) mais aussi dans certaines régions de pays développés où la couverture sociale est faible et les solidarités familiales sont fortement développés ; comme par exemple Mezzogiornoen Italie.

Dans les pays peu développés, cette pauvreté est perçue comme un «héritage », «un état permanent et reproductible ».

La deuxième forme est la pauvreté marginale qui est celle des« inadaptés de la civilisation moderne, ceux qui n'ont pu suivre le rythme de la croissance et se conforment aux normes imposées par le développement industriel». Cette minorités est fortement stigmatisée (cas sociaux).

Et en fin, la pauvreté disqualifiante qui relève du processus d'exclusion sociale dans les sociétés post-industrielles. Elle est« une forme spécifique de la relation entre une population désignée comme pauvre en fonction de sa dépendance à l'égard des services sociaux et le reste de la société». Dans les pays développés où le taux de chômage est élevé, cette nouvelle pauvreté s'accompagne d'un sentiment d'insécurité sociale des individus en situation d'instabilité professionnelle.

Comme nous venons de le voir, la pauvreté est un concept assez complexe dont l'analyse dépend de l'approche utilisée.

Pensée dans le cadre de sa thèse, Oscar Lewis19(*) théorise sur le concept pauvreté par l'approche de culture de la pauvreté. Il définit la culture de la pauvreté comme un ensemble de valeurs, d'attitudes et de comportements, essentiellement différent de celui des classes moyennes, adopté en réaction à des circonstances qui ne permettent pas de s'intégrer dans la société. Devant vivre au jour le jour, les pauvres se replient sur le présent ; n'ayant que peu d'opportunités de promotion sociale, les pauvres abaissent leurs aspirations ; les hommes ne pouvant nourrir leurs foyers, ceux-ci sont tenus par les femmes, etc. Par la suite, les enfants s'appropriant ces modes de vie et attitude, l'adaptation aux circonstances extérieures se transformerait en un mode de vie pérenne qui interdirait aux descendants de profiter d'une éventuelle transformation des circonstances extérieures.

§2 :Choix théoriques opérés dans le cadre de ce mémoire

Dans le cadre de notre étude, nous nous attacherons à une combinaison de deux approches les plus couramment usitées aussi bien au niveau des institutions financières internationales que par les structures d'aide au développement. Il s'agit de l'approche monétaire, qui traduit le bien-être à travers les ressources et donc le revenu, et de l'approche non monétaire, particulièrement l'approche par les besoins de base qui considère qu'un individu doit pouvoir satisfaire certains besoins fondamentaux (éduction, santé, hygiène, eau potable, habitat, etc.) qui sont nécessaires à l'atteinte d'une certaine qualité de vie. Les autres théories nous permettrons d'approfondir nos analyses.

Section 2 :

Définition des concepts issus des familles théoriques

§1 : Le concept de pauvreté monétaire

C'est la pauvreté basée sur l'appréciation des variables monétaires telles que le revenu, les dépenses et la consommation. La pauvreté monétaire est la plus usuellement utilisée pour définir la pauvreté. Elle présente l'avantage de permettre de valoriser différentes composantes du bien-être et facilite ainsi la résolution de certains problèmes d'agrégation et de comparaison. Cependant, elle comporte des difficultés opérationnelles : quel prix affecté à la consommation des biens publics, au temps libre, à l'intensité des relations sociales ou, plus largement, à la qualité de vie ? Par ailleurs, faire l'hypothèse que toutes les consommations s'additionnent pour accroître le niveau du bien-être n'est pas toujours justifié. Enfin, on peut reprocher à la pauvreté monétaire le fait que les variables monétaires (telleque le revenu ou les dépenses) soient difficiles à collecter et soient soumises à des variations conjoncturelles.

§2 : Le concept de pauvreté multidimensionnelle ou de pauvreté liée aux conditions d'existence

Afin de pallier aux difficultés liées aux aspects opérationnels de la pauvreté monétaire, un certain nombre de mesures de la pauvreté se fondent sur des critères objectifs non monétaires. Parmi ces derniers, on prendra en compte les conditions d'existence (le patrimoine, les conditions de logement et l'accès à des services de base) ou la jouissance d'un capital physique (patrimoine), humain (éducation) et social. De plus, comme les indicateurs portent sur des stocks, ils permettent d'appréhender la pauvreté dans la durée.

Les caractéristiques du logement et l'accès à des services de base tels que l'eau et l'électricité font partir des critères objectifs le plus souvent retenus pour évaluer les conditions de vie des ménages. Ces critères sont mobilisés en particulier lorsqu'on ne dispose pas des variables monétaires (niveau de revenu ou de consommation) qui sont plus difficiles à collecter. En fait, sachant que pour la grande majorité de la population, la pauvreté se caractérise avant tout par des conditions matérielles d'existence difficiles, considérer les conditions de logement et la possession d'un certain nombre d'éléments de confort se justifie pleinement pour identifier les pauvres. D'ailleurs, on verra également que « disposer d'un logement décent » et « avoir accès à l'eau et à l'électricité » figurent parmi les besoins estimés comme vitaux par les populations.

Du point de vue des concepts de pauvreté, il nous sera moins aisé de le définir puisqu'il existe dans l'univers de l'abstraction. En effet, notre butde définir nos variable est d'éviter de se lancer dans des recherches ou des interventions ou des concepts, qui semblent à priori intéressantes mais qui revêtent en réalité différentes significations selon les moments, selon les lieux, selon l'objet d'étude, selon les personnes etc.

Toutefois, l'exercice de définition des concepts consiste à donner les indicateurs des variables modélisées dans notre hypothèse.

Section 3 :

Mesure des concepts définis : variables, indicateurs et indices

Une mesure de la pauvreté est un instrument à l'aide duquel on essaie de déterminer le niveau de pauvreté, de mesurer sa répartition sur l'ensemble de la population, de vérifier son ampleur et de retracer ses évolutions dans le temps. Mesurer la pauvreté signifie donc produire des nombres, par lesquels nous pourrons évaluer le degré de pauvreté dans une société donnée et identifier les membres de la société qui doivent être considérés comme pauvres.

Mesurer la pauvreté revient donc à établir si un citoyen ou un ménage quelconque doit bénéficier ou non d'une politique ou d'un programme spécifique. Pour une meilleure mesure de la pauvreté, trois éléments essentiels devraient être mesurés à travers les indices de pauvreté, à savoir : (1) l'incidence, ou le nombre d'habitants se trouvant sous un seuil de pauvreté déjà calculé, (2) l'intensité qui détermine la profondeur de la pauvreté et (3) la sévérité qui prend en compte l'inégalité parmi les pauvres. De ce qui précède la mesure de la pauvreté comprend deux étapes, bien différenciées l'une de l'autre : (1) l'identification de la pauvreté, c'est à dire répondre à la question « Qui est pauvre ? » et (2) l'agrégation de la pauvreté ; c'est à dire répondre à la question « Combien de pauvre y a-t-il ?»

§1 : Mesure de la pauvreté monétaire

Plusieurs indicateurs et indices permettent de mesurer la pauvreté monétaire. Nous consignerons les indicateurs et indices dans un tableau ci-dessous. Mais avant, voyons comment la pauvreté monétaire est mesurée en Côte-d'Ivoire.

La mesure de la pauvreté en Côte d'Ivoire est axée sur la dimension monétaire. Cette mesure s'appuie sur deux éléments : un indicateur de bien-être et un seuil de pauvreté.

L'indicateur de bien-être retenu est la dépense de consommation des ménages, utilisée principalement en raison des difficultés de collecte d'informations fiables sur les revenus de ceux-ci. Quant au seuil de pauvreté, il permet de distinguer les populations en deux groupes. Les populations dont la dépense de consommation est en dessous du seuil sont qualifiées de «pauvres » tandis que celles dont la consommation est au-dessus du seuil sont dites « non pauvres ». Pour déterminer le seuil de pauvreté, deux approches sont possibles : (i) la méthode du seuil de pauvreté absolu correspondant à un minimum de besoins nutritionnels à satisfaire, auquel est ajouté un panier de biens non alimentaires essentiels ; (ii) la méthode du seuil de pauvreté relatif qui est déterminé par le montant le plus élevé des dépenses de consommation d'une proportion de la population choisie de manière arbitraire.L'analyse de la pauvreté en Côte d'Ivoire est faite à partir d'un seuil de pauvreté relatif.

Obtenu sur la base des données de l'Enquête Permanente Auprès des Ménages de 1985 (EPAM 85), ce seuil était égal à 75 000 FCFA par tête et par an. Ce montant a été évalué à partir des prix à la consommation relevés sur les marchés de la ville d'Abidjan, sur la période de février 1985 à janvier 1986. Il correspondait au montant le plus élevé des dépenses de consommation, de cette année, des 10% les plus pauvres. Un déflateur est appliqué aux dépenses de consommation pour tenir compte des différences de prix entre les autres pôles de développement du pays et la ville d'Abidjan. A chaque nouvelle enquête, ce seuil de pauvreté monétaire est réévalué. Ainsi, les seuils obtenus sont : 101 340 FCFA en 1993, 144 800 FCFA en 1995, 162 800 FCFA en 1998, 183 450 FCFA en 2002 et 241 145 FCFA en 2008. En définitive, est pauvre en 2008, celui qui a une dépense de consommation inférieure à 241 145 FCFA par an, soit 661 FCFA par jour.

§2 : Mesure de la pauvreté liée aux conditions d'existence

Selon l'approche par les conditions d'existence, est pauvre celui qui n'accède pas à un certain nombre de biens et de services de consommation jugés indispensables. Ainsi cette approche cherche à détecter un certain nombre de contraintes ou de privations dans le cadre des conditions d'existence des ménages.Dans ce cas, la pauvreté des individus vient du fait qu'ils n'ont pas suffisamment de capacités et/ou de potentialités à cause de leurs caractéristiques : âge, sexe, aptitudes physiques et mentales, savoir-faire, etc. du faible niveau d'opportunités sociales, moindre performance des systèmes de crédit, de santé, d'éducation et d'alphabétisation, etc., et/ ou du faible niveau de leurs dotations en capital financier, physique, humain et social.

Tableau 6 : récapitulatif des variables, indicateurs et indices

variable

Indicateurs

Indices

Monétaire

consommation, revenu, épargne

(i). Le ratio de la pauvreté (Po). Il sert à mesurer le pourcentage des populations dont la dépense de consommation se situe en dessous du seuil de pauvreté monétaire. (ii). La sévérité de la pauvreté (P2). Elle sert à mesurer la moyenne des carrés des écarts entre la consommation des pauvres et le seuil de pauvreté

Non-monétaire

santé, éducation et alphabétisation, logement, accès aux ressources

(i). L'Indice de Pauvreté Humaine(IPH). Conçu par le PNUD (1997), basé sur une approche par les manques, tient compte des multiples dimensions de la pauvreté. Il prend en considération quatre (04) critères :

-la longévité ;

-l'accès au savoir ;

-les conditions de vie ;

-la participation ou l'exclusion sociale. (ii). L'indice de Sen. Il sert à mesurer les écarts de pauvreté à partir d'une combinaison du taux de pauvreté, du degré moyen de pauvreté à partir d'une combinaison du taux de pauvreté et d'une mesure d'inégalité parmi les pauvres.

Source : chercheur

Deuxième Partie : Cadre Pratique

Chapitre 4 :

Site de l'étude

Section 1 :

Site Géographique

Carte 1 : Carte de la Côte d'Ivoire

Soubré

Source : chercheur

Section 2 :

Cartographie du problème étudié sur le site

Soubré

Source : recensement démographique, ORSTOM & BNETD, 1972

Section 3:

Sociologie du site

§1: La gouvernance

Soubré est un département dirigé par un préfet. Quant à la commune, elle est sous la houlette de M. Traoré Lassina depuis 2011 d'une part et d'autre part, le Conseil Général dirigé par M. Alain Richard Donwahi.

§2 : La cohésion sociale

Malheureusement, la crise postélectorale et les conflits fonciers, devenus récurrents dans cette zone, vont distendre la cohésion sociale entre populations allochtones et allogènes ; effritant ainsi les rapports sociaux. Aujourd'hui, des efforts allant dans le sens de la réconciliation des populations sont consentis par les autorités locales, pour rétablir la cohésion sociale dans cette zone

§3 : L'immigration

Premiers peuples dans la région du Nawa, les Bakwé seront suivis plutard par les Guéré conduits par Bâ Sla Solo. L'affrontement entre ces deux tribus a été à l'avantage des arrivants. Ces Guéré sont devenus, par la force des choses, les Bété actuels qui se seraient éparpillés dans certaines régions du pays à la recherche de terres fertiles. Les descendants sur place de ces Guéré sont la tribu Soubouo (Dégbayo, Gbazébré, Mayo). Puis, vers le milieu du 19ème, sont arrivés les ivoiriens du Nord, principalement des Koyaka, dans le but de faire du commerce (la vente du cola principalement). Vers les années 70, l'ARSO (Autorité pour l'Aménagement de la Région du Sud-Ouest) a été créé. Cette agence de l'Etat était dirigée par feu Emmanuel DIOULA. Outre ses objectifs de développement, elle a implanté massivement les déguerpis du Bandama, dépossédés de leurs terres pour construire le barrage hydro-électrique de cette région du V Baoulé. Attirés par la culture du café et cacao, d'autres ivoiriens se sont joints aux Baoulés. L'exploitation de ces produits était si importante pour l'économie nationale que le Président Houphouët Boigny, pour faciliter l'implantation du café et du cacao dans l'importante forêt qui couvrait la moitié sud du pays, n'a pas hésité à affirmer que la terre « appartient à celui qui la met en valeur » légitimant ainsi un vaste mouvement aussi bien chez les populations des autres régions que chez les ressortissants des pays limitrophes, notamment le Burkina-Faso et le Mali vers la zone forestière pour y créer des plantations de café et de cacao. Ce déplacement massif des populations va donc intensifier le flux migratoire. (Cf.Recensement démographique, ORSTOM & BNETD, 1972).

§4 : La démographie

La ville de Soubré connaît une croissance démographique galopante. Selon une étude démographique20(*) réalisée en 1972, conjointement par ORSTOM et le BNETD, Soubré comptait 39.022 habitants elle comptait 7.016 habitants. A partir de 1998, va tripler pour se situer à 104.326 habitants. Aujourd'hui, selon le dernier RGPH réalisé en 2014, Soubré compte 130.574 habitants pour une superficie de 6.236 km2.

Section 4 :

L'économie du site

§1 : L'économie agricole, agroalimentaire et rural

Cette terre a permis, outre les cultures vivrières, de faire la promotion des cultures agricoles industrielles. Ainsi, Soubré a ravi la palme de la boucle du cacao au pays Agni. Cette ville a enregistré au cours de la campagne de commercialisation 2012-2013, 202.000 tonnes de cacao, soit 19, 23 de la production nationale. Soubré est aujourd'hui la 1ère zone de production en Côte d'Ivoire (Source conseil café-cacao).

De plus, les pratiques culturales connaissent des changements avec la culture de l'hévéa, qui semble être sécurisante pour les villageois, qui se trouvent en quasi-situation de salariés. Les minerais n'y manquent pas également. Ils sont prospectés principalement dans le canton Guibouo, notamment l'or et le marbre vers Okrouyo.

§2 : L'économie bancaire et les structures de financement

Les banques commerciales sont présentes à Soubré. Les structures de financement (microfinance) restent moins présentes et peu connues des populations. Cela limite l'accès des populations aux ressources financières et donc au financement des activités.

§3 : L'économie foncière

Le foncier est une ressource stratégique dans le département de Soubré. Il s'acquiert par héritage ou achat. Ces deux modes sont les plus usités et fréquents dans cette localité.

Les femmes peuvent également accéder au foncier par achat ou par « garantie »21(*).

§4 : L'économie d'entreprise

Connu pour sa variété des cultures d'exportation, Soubré dispose d'entreprises opérant dans divers secteurs d'activité. Ces entreprises s'appuient sur la main d'oeuvre locale et emploient également des ressortissants étrangers.

§5 : Les infrastructures économiques

Les infrastructures routières constituent un véritable problème à Soubré. Les villages rattachés à Soubré ne disposent pas pour la plupart de bitumes, comme en témoignent les voies de Mabéhiri, Okrouyo, Ottawa pour ne citer que celles-là. On note un manque criard d'infrastructures routières à Soubré. Le département de Soubré est alimenté en électricité par le barrage de Buyo dont les capacités de production seront renforcées par le barrage de Soubré, actuellement en construction.

§6 : L'économie sociale et solidaire : l'économie coopérative

Les coopératives agricoles sont présentes à Soubré et dans les villages environnant. Cela se justifie par le fait que la zone de Soubré est le premier pôle de production22(*) cacaoyère en Côte d'Ivoire, avec plus de 23% à la production nationale. Les coopératives jouent un rôle important en ce sens qu'elles permettent aux membres d'écouler, plus facilement, leur produit sur le marché sans être confronté aux difficultés de transport lié au mauvais état des routes.

§7 : L'économie halieutique

Les habitants de la ville de soubré pratiquent la pêche sur le lac Buyo. Les techniques de pêche utilisées sont archaïques. Il s'agit de la pêche traditionnelle avec des outils tels que les filets, nasses et pirogues dont les capacités de production sont limitées.

Chapitre 5 :

Phase préparatoire à l'enquête de terrain

Section 1 :

Les unités d'enquête

Section 2 :

Plan de travail

Tableau 7 : Plan de travail du mémoire

Périodes

Premier trimestre

Deuxième trimestre

Troisième trimestre

Quatrième trimestre

Activités

M1

M2

M3

M1

M2

M3

M1

M2

M3

M1

M2

M3

Cadre Théorique

 

X

X

X

 
 
 
 
 
 
 
 

Echantillonnage

 
 
 
 

X

X

 
 
 
 
 
 

Construction des outils de collecte des données

 
 
 
 
 
 

X

X

 
 
 
 

Collecte des données

 
 
 
 
 
 
 
 
 

X

 
 

Saisie des données

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

X

 

Analyse des données

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

X

Soutenance du mémoire

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

X

Source : chercheur

Section 3 :

La revue documentaire : la collecte des données secondaires

La collecte des données secondaires s'est faite à travers l'exploitation de la documentation préexistante : les différentes études ivoiriennes sur le niveau de vie de la population ivoirienne (ENV 2008 ; document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté DSRP) et les études quantitatives menées sur les classes moyennes (« Whatis Middle Class about the Middle Classes around the World ? » de Abhijit V. Banerjee and E. Dufflo ; définition de la classe moyenne par Birdsall, Graham et Pettinato). Par ailleurs, la Côte d'Ivoire a une expérience très constante en matière de collecte de données pour l'analyse de la pauvreté. Les données secondaires portant sur les dépenses et les revenus ont été collectées à partir du traitement des enquêtes ménages menées de 1985 à 1998 par l'Institut Nationale de la Statistique de la Côte d'Ivoire avec le soutien des bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale : (i) enquête de type Living Standard Measurement Survey (LSMS) en 1985 et 1988 sur des échantillons 1 600 ménages chacune, (ii) Enquête de Niveaux de Vie (ENV) en 1998 sur 4 200 ménages. Toutes les enquêtes sont représentatives au niveau national. Ces enquêtes à but multiples ont été effectuées dans le cadre du programme d'évaluation du niveau de vie initié par la Banque Mondiale dans les années 1990. Par exemple, l'enquête la plus récente, notamment celle portant sur le niveau de vie et effectuée en 2002 (ENV 2002), en sus du module des dépenses, comporte des questions relatives aux dimensions non monétaires de la pauvreté et aux perceptions subjectives de la pauvreté. Des informations additionnelles sur les dimensions non monétaires de la pauvreté en côte d'ivoire ont été également collectées après 1990 dans le cadre de l'enquête prioritaire de 1992 (EP), trois enquêtes démographiques et de santé (EDS) et deux enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS).

Quatre enquêtes sur le niveau de vie qui ont été menées après 1990 (ENV1993, ENV 1995, ENV 1998, et ENV 2002) ont suivi la même méthodologie en ce qui concerne la collecte de donnée, le contenu et la forme des questions principales et des sections portant sur des questionnaires. Toutefois, avec le temps, les strates d'échantillonnages et d'analyse ont été redéfinies pour faciliter une plus grande homogénéité et refléter les changements intervenus dans la sphère économique et démographique en Côte d'Ivoire, tout en fournissant les informations nécessaires aux politiques de décentralisation. Ainsi, l'ENV de 2002 représente Abidjan et les dix régions administratives du pays. Néanmoins, les cinq strates utilisées dans les enquêtes précédentes (Abidjan, autres villes, zones forestières rurales de l'Est, zones forestières rurales de l'Ouest et savane rurale) peuvent toujours être employées à titre de comparaison avec l'enquête de 2002.

Section 4 :

L'échantillonnage

Dans le cadre de notre étude, nous avons choisi la Technique d'Echantillonnage Aléatoire Simple(TEAS) dite aussi Technique d'Echantillonnage Probabiliste(TEP). Cette technique correspond à la situation où tous les membres d'une population ont une probabilité identique de faire partir de l'échantillon. Elle présente deux avantages :

1er avantage : La TEAS ne présuppose aucune connaissance sur les principes qui structurent sociologiquement la population. En effet, avec la TEAS, il n'est pas nécessaire de connaître la répartition de la population mère selon, par exemple, les âges, les sexes, les catégories sociales, l'ethnie, la nationalité, l'état matrimonial, etc., pour construire l'échantillon. C'est l'enquête qui fournira ces informations.

2ème avantage : La TEAS fournit des indications fiables, c'est-à-dire représentatives et non biaisées sur la population. Par exemple, si l'échantillon comporte 25% de personnes s'étant rendu au festival au cours de l'année précédente, on est presque certain qu'environ 25% de personnes de la population mère sont dans ce cas.

Aussi faudra-t-il relever que la TEAS comporte des limites à savoir la condition selon laquelle tous les individus de la population ont des chances identiques de participer à l'échantillon n'est pas facile à respecter. Par ailleurs, on sait que la TEAS ne peut se faire que si le chercheur dispose d'une liste exhaustive de la base de sondage. Ce qui n'est pas toujours le cas. Et même si c'est le cas, il serait fastidieux voire impossible de la numéroter afin de procéder à un tirage aléatoire simple car elle comporte des centaines voire des milliers de noms.

Le protocole de la TEAS comporte quatre(04) opérations principales :

1ere opération : déterminer la taille de l'échantillon

Dans le cadre de notre étude23(*), les ménages de Mabéhiri, sous-préfecture de soubré, nous servirons de population cible ou encore appelée population mère. Une étude réalisée conjointement par l'INS et l'ORSTOM, dans cette localité, estime le nombre de ménage à 68. En effet, selon le Tableau d'Estimation de la Taille d'un Echantillon (voir annexe 4, tableau 17), pour une population mère de 68 ménages, la taille de l'échantillon doit être comprise entre 56 et 59. Pour cette étude, notre échantillon sera de 58 ménages car ce nombre est représentatif de la population mère.

2ème opération : dresser la base de sondage

Dans le cadre de cette étude, notre base de sondage sera la liste exhaustive de tous les ménages de la zone d'étude. Le concept de ménage retenu est celui utilisé lors des enquêtes auprès des ménages, c'est-à-dire l'ensemble des personnes apparentées ou non, vivant sous le même toit (ou dans la même concession), partageant ensemble leur repas, reconnaissant l'autorité d'un même individu appelé « chef de ménage », et dont les ressources ou les dépenses sont également communes ou en partie.

Connaissant la base de sondage, déterminons le taux de sondage, qui correspond à la proportion de la population qui fait partir de l'échantillon. Le taux de sondage correspond au quotient de la taille de l'échantillon(n) par la taille de la population mère (N), soit n/N.

3ème opération : numéroter les éléments de la base de sondage

Pour la numérotation des ménages, nous nous sommes servis de la base de sondage établie par l'INS et l'ORSTOM.

4ème opération : sélectionner les unités numérotées

Les ménages numérotés seront sélectionnés, c'est-à-dire au hasard. Cette sélection sera faite par la technique de la Table des Nombres Aléatoires(TNA). Une TNA est un tableau (voir annexe) de chiffres dans lequel tous les chiffres apparaissent avec sensiblement la même fréquence et sans ordre préétabli. Les ménages sélectionnés sont consignés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 8 : liste des ménages

44-21-57-66-31-35-39-56-33-45-63-14-23-34-46-61-67-42-55-50

52-65-18-38-29-58-02-05-06-15-68-54-07-49-11-25-59-64-62-51

13-53-30-37-01-47-48-43-17-27-12-26-20-56-32-08-04-41

Source : chercheur

Section 5 :

Construction et test des outils de collectes des données

§1 : Construction et test des outils de collecte des données quantitatives

Nous avons conçu deux outils de collecte de données : les outils quantitatifs et les outils qualitatifs. Ces différents outils ont tous leurs avantages et leurs inconvénients, mais combinés, ils forment un système d'information très utile à l'élaboration d'un programme de lutte contre la pauvreté. La combinaison de l'outil statistique (questionnaire) et des outils participatifs (Focus Group, récits de vie, observation participante) s'inscrit donc dans une double perspective cognitive et opérationnelle. Elle permet incontestablement d'améliorer notre connaissance de la pauvreté en nous renseignant sur les perceptions des populations, mais elle constitue aussi un outil important qui peut contribuer de façon significative à la formulation des programmes de lutte contre la pauvreté basés sur les besoins, les problèmes ressentis et les priorités réelles des bénéficiaires. Ce qui conduit à une démarche méthodologique permettant de mieux opérationnaliser les programmes de lutte contre la pauvreté à travers une meilleure définition des problèmes et des solutions, une meilleure appréciation de la pertinence des actions et l'identification des mécanismes de mise en oeuvre les plus efficaces.

A. Construction des outils

1. Le questionnaire

La Côte-d'Ivoire a mis en place un système d'information sur la pauvreté. Ce système a constitué un instrument d'appui essentiel pour identifier les cibles et les stratégies, suivre sa mise en oeuvre et en évaluer l'impact. Les vastes enquêtes nationales qui ont été réalisées récemment et relative à la revue documentaire, fournissent une masse de données quantitatives extrêmement utiles pour apprécier le niveau et les conditions de vie de la population. En particulier, l'établissement du profil de pauvreté, la réalisation d'un schéma directeur de l'information géoréférencée et l'établissement d'une carte de la pauvreté vont considérablement renforcer la connaissance de la pauvreté et permettre de mieux cibler les programmes. Toutes ces données nous ont permis d'élaborer un questionnaire pour collecter les données quantitatives.

L'objectif de ce questionnaire sera d'identifier des informations de base sur les caractéristiques de chaque personne, y compris le lien avec le chef de ménage, l'âge, le sexe, le niveau d'instruction. Ce questionnaire permettra également de collecter, au niveau des ménages, des informations sur leurs capacités, leurs accès aux ressources, leurs perceptions ainsi que leurs représentations sur la pauvreté et leurs caractéristiques, comme la provenance principale de l'eau de boisson, le type de toilettes, le type de matériaux du sol et du toit du logement, la possession de certains biens durables, le statut d'occupation du logement, mode et voie d'acquisition du logement, le statut d'occupation de l'espace foncier, mode et voie d'acquisition de l'espace foncier, type d'investissement sur l'espace foncier, la situation d'emploi du chef de ménage, la principale source de revenu du chef de ménage, les investissements productifs du ménage, etc. Ce questionnaire sera administré au chef de ménage ou toute personne âgée de plus de 15 ans susceptible de fournir toutes les informations concernant le ménage.

Au niveau de la pauvreté monétaire, nous avons utilisé un seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté est défini à 1 dollar US par tête et par jour en parité du pouvoir d'achat de 1985.

Au niveau de la pauvreté liée aux conditions d'existence, le questionnaire a été construit autour de différents indicateurs de conditions de vies auxquelles nous avons associé des scores. Ces indicateurs sont fondés sur des éléments objectifs et structurels en référence à la conception de la pauvreté comme pénurie de capacité ou de vulnérabilité. Pourtant, certains sont dépendants des niveaux de revenus. Pour chaque composante, le score maximum correspond à un niveau de privation élevé tandis qu'un score nul signifie, au contraire, une absence de carence. Ces scores ont été ensuite abrégés afin de former un indicateur synthétique de condition d'existence. Les différents éléments pris en compte sont : (i) des indicateurs de condition matérielle d'existence des ménages à partir des caractéristiques de leur logement, de leur mode d'accès à diverses commodités (eau, électricité, toilette, type de combustible,..) ; il s'agit d'éléments objectifs qui sont moins soumis aux fluctuations conjoncturelles que les niveaux de dépenses ; (ii) un indicateur du niveau de capital humain appréhendé par le rapport entre le nombre d'année d'études effectivement accomplies par l'ensemble des membres du ménage sur le nombre d'années d'études possible maximum étant donnée l'âge de chacun ; (iii) un indicateur de vulnérabilité qui comptabilise le nombre de biens durables ( vélo, radio, télévision,...) possédés par ménage ; cela, peut rendre compte à la fois des possibilités de chacun de dégager un revenu (dans le cas où les biens durables sont productifs ) et de la possibilité de faire face à des difficulté financières temporaires par le biais de la vente ces biens. Notons que cet indicateur est relativement dépendant des niveaux de revenus.

Ainsi donc, un questionnaire léger a été administré 59ménages représentatives de la population du site de l'étude. Le questionnaire comporte cinq grandes composantes : les perceptions de la pauvreté, les manifestations de la pauvreté, priorités et solutions, le tissu associatif et l'accessibilité aux services sociaux de base. Ces grandes composantes couvrent les questions essentielles liées aux causes de la pauvreté, à ses manifestations, à la perception de l'évolution de la situation de la pauvreté, à la perception des niveaux de vie, aux mécanismes de lutte contre la pauvreté, à la priorité des interventions et, finalement, à leur propre situation. De plus, une des sections du questionnaire collecte de l'information sur le niveau de capital humain et physique du ménage. Cette information a permis d'imputer un niveau de vie aux ménages enquêtés et ainsi de faire la relation entre leurs perceptions et l'état réel de leurs niveaux de vie.

§2 : Construction et test des outils de collecte des données qualitatives

Jusqu'à maintenant, la principale source d'information utilisée pour la formulation des politiques de lutte contre la pauvreté demeure le profil de pauvreté. Le dernier profil ivoirien, basé sur l'ENV de 2008, est, même s'il intègre une partie plus quantitative, avant tout un portrait statistique de la pauvreté ivoirienne. Basé sur des agrégats de dépenses calculés à partir de cette enquête, ce profil permet à la fois d'estimer le niveau de pauvreté et sa distribution entre les différents groupes de la société. Ces groupes peuvent être définis selon la région de résidence, le type d'activité économique du ménage ou le genre du chef de ménage. Cette mesure de bien-être au niveau des ménages est aussi utilisée pour définir des quintiles de dépenses qui serviront de variable de classification. Ainsi, un profil de pauvreté permet d'analyser, par exemple, les taux de fréquentation scolaire ou l'état de malnutrition de la population selon le niveau de vie des différents ménages enquêtés.

Ce type d'analyse est excellent pour définir et décrire les différents groupes à être ciblés dans le cadre d'un programme de lutte contre la pauvreté. Par contre, cette approche possède deux déficiences majeures. Premièrement, elle ne nous renseigne aucunement sur les perceptions et opinions de la population quant à la définition de la pauvreté. Un profil définit la pauvreté uniquement sur la base de la consommation durant la dernière année. Par exemple, cette définition de la pauvreté ne tient pas compte de la capacité des ménages à surmonter différentes crises (vulnérabilité) ou à accroître leur consommation future. Bien qu'une définition tenant compte de la vision des individus riches ou pauvres puisse être difficile à opérationnaliser, elle aurait le mérite d'être plus près des préoccupations des gens. Une deuxième lacune majeure des analyses purement quantitatives est qu'elle ne donne aucune indication sur les façons de lutter contre la pauvreté. Elles donnent les groupes cibles à rejoindre, mais n'indique pas comment le faire. C'est précisément pour combler en partie ces lacunes qu'il est apparu nécessaire de mener une étude qualitative pour comprendre la perception et l'opinion que les populations ont de la pauvreté, de ses causes et manifestations, de ses processus, et comment elles la vivent.

Il est donc maintenant important de compléter les informations statistiques objectives par des données plus qualitatives permettant d'appréhender comment la population perçoit les situations de pauvreté. En effet, la lutte contre la pauvreté ne peut être conçue seulement à partir d'une évaluation objective des revenus et des autres indicateurs quantifiables retenus pour mesurer la pauvreté, elle doit aussi s'inspirer d'une compréhension des causes de la pauvreté des ménages et de sa dynamique dans le but de réduire la vulnérabilité des ménages. Les choix de la lutte contre la pauvreté doivent aussi tenir compte des différentes facettes du sentiment d'insatisfaction de la population face à sa pauvreté ou à celle des autres, même quand cette perception ne coïncide pas avec l'analyse objective, afin de garantir une efficacité politique à la lutte contre la pauvreté; efficacité sans laquelle la lutte ne serait pas durable.

Dans cette approche qualitative, fondée sur la perception des ménages, la plus grande rigueur méthodologique a été observée afin d'assurer la fiabilité des résultats. Cette approche qualitative a été réalisée à travers des techniques socio-anthropologiques, notamment les focus groups, l'observation et le suivi des ménages et les récits de vie. Cette approche, plus sociologique que celle de l'enquête statistique, permet d'étudier en profondeur les thèmes abordés dans l'enquête statistique, mais sur un très petit échantillon.

Nous avons adopté une démarche méthodologique basée sur une approche socio-anthropologique participative dont la caractéristique essentielle est de faire des populations les acteurs de l'analyse de leur propre situation. Il s'agit d'une forme de participation interactive, d'échange d'information et de dynamique valorisante de l'expertise et du savoir local qui doit permettre aux pauvres de donner leur perspective du phénomène de la pauvreté. Pour bien cerner la problématique en question, la conception et la conduite de l'enquête s'axeront en priorité sur les éléments suivants :

Ø Les conceptions endogènes de la pauvreté en essayant de répondre à trois questions fondamentales :

o comment les populations définissent-elles la pauvreté ?

o selon elles, quelles sont les principales causes et les déterminants ?

o comment se manifeste la pauvreté et quelles sont ses conséquences ?

Ø l'analyse des processus d'appauvrissement selon les expériences vécues des communautés ;

Ø les attitudes, les rapports et perceptions socioculturels de la pauvreté ;

Ø les stratégies réponses développées par les populations pour faire face à la pauvreté en termes de mobilité spatiale, d'innovation, d'adaptation et d'adoption, de changement des comportements et des pratiques, d'activités et d'organisation ;;

Ø les études de cas illustratrices de la pauvreté et ses processus à travers le suivi et la documentation de la situation de dix familles pauvres représentatives de la distribution spatiale et socioéconomique de la pauvreté dans la zone ;

Ø la valorisation du capital socio-institutionnel communautaire. En d'autres termes, comment faire des pauvres les acteurs et non les cibles de leur propre développement et prendre en compte le point de vue des groupes défavorisés dans la conception et l'exécution des programmes de lutte contre la pauvreté ;

Ø la mise à contribution du savoir local en tant que concept inclusif des pratiques, techniques et représentations sociales ;

Ø l'identification des pistes d'action et des meilleures pratiques de développement communautaire et les modalités de leur diffusion

B. Construction des outils

1. Les Focus group

Les critères d'inclusion pour les focus groups La méthodologie habituellement employée afin d'étudier la perception des gens sur les différents aspects de la pauvreté repose sur les focus groups. Entre autres, les focus groups sont un outil très important dans la recherche d'une plus grande intégration des préoccupations des gens visées par les différentes politiques de lutte contre la pauvreté. De plus, en passant beaucoup de temps dans une communauté, nous sommes arrivés à une plus grande compréhension des besoins, motivations et demandes des gens. Cet exercice devrait permettre d'élaborer des politiques de lutte contre la pauvreté plus efficaces. Néanmoins, les focus groups, comme outil de collecte de données, soulèvent deux problèmes importants. Premièrement, l'étude d'un nombre restreint de communautés ne permet pas de généraliser à une échelle plus grande l'information ainsi obtenue. Rien ne nous permet de déterminer si les communautés étudiées étaient représentatives de la population de l'ensemble de la zone. Deuxièmement, les personnes formant ces focus groups ne représentent pas nécessairement l'opinion de la population en général, ni celle des pauvres en particulier. Les participants les « plus actifs» à ces focus groups ne sont pas absolument représentatifs des « pauvres ». Même s'il existe des techniques d'animation de groupe permettant de faire participer tous les participants, elles reposent beaucoup sur l'habileté du chercheur qui est difficilement observable et mesurable. Malgré tout, les focus groups sont un outil indispensable à une bonne compréhension de la problématique de la pauvreté. Les focus groups sont organisés en fonction des critères d'homogénéité précis et un guide détaillé sur les objectifs et les informations recherchées.

Hommes :

Ø être chef de ménage;

Ø résider en permanence dans la zone;

Ø être de la tranche d'âge 25-60 ans;

Ø avoir ou non un niveau d'instruction minimal : école coranique, primaire ou alphabétisation.

Les critères d'inclusion pour les focus groups femmes sont :

Ø être chef ou membre du ménage;

Ø résider en permanence dans la zone;

Ø être de la tranche d'âge 30-60 ans;

Ø avoir ou non un niveau d'instruction minimal : école coranique, primaire ou alphabétisation

2. Les entretiens individuels

Il s'agit d'entretiens réalisés avec des leaders associatifs, communautaires, religieux, politiques, etc. Ces entretiens sont réalisés également avec des coopératives, des responsables administratifs, des responsables d'ONG et de diverses structures locales de développement.

3. Le profil historique

Le profil historique permet de saisir les événements ou étapes importants de l'histoire d'une communauté ou d'une zone. Dans ce cas précis, il s'agit de mettre l'accent sur les principaux événements d'importance pour le thème de la pauvreté et de ses processus. Pour chaque ménage choisi, on a procédé à la reconstitution du profil historique. Cet outil est aussi administré aux familles pauvres pour comprendre, illustrer et enrichir les récits de la vie. Ceci permettra d'avoir des profils historiques de communautés et des familles et de fournir les bases pour une analyse comparative.

4. Les récits de vie

Le principe est de comprendre, à travers le suivi, l'observation et les entretiens informels, la vie de tous les jours d'une famille, d'un ménage ou d'un individu pauvre. À travers le guide d'entretien informel, la parole est donnée au chef de famille, au chef de ménage ou à l'individu pour raconter son histoire, comment il l'a reconstruite et comment il analyse sa propre situation. En plus, le chercheur a un journal de bord sur lequel il note, au cours de son séjour, tout ce qui se passe chez cette famille, chez ce ménage ou chez cet individu : son profil démographique, la situation socio-éducative, les biens mobiliers, les activités, l'organisation du travail, l'habitat, etc. Dans cette communauté, deux familles, deux chefs de ménage et deux individus ont été choisis en fonction des seuls critères de pauvreté. Au total, six récits de vie, exprimant six histoires vécues de pauvreté ont été reconstruits par les intéressés eux-mêmes. La combinaison de ces différents outils devrait permettre d'aboutir à six récits de vie, à six « histoires » de pauvreté. Trois de ces récits sont des récits des femmes et trois sont des récits des hommes.

B. Test des outils de collecte des données

Deux approches, l'une statistique et l'autre participative, ont été combinées, et une liaison méthodologique étroite a été entretenue avec les différentes ENV. Le questionnaire a été testé auprès de dix (10) ménages dans le département de Soubré. Ce test a servi à améliorer le contenu et la présentation du questionnaire avant son utilisation dans le cadre de la collecte principale. Il a permis également d'évaluer le degré de compréhension du questionnaire, la maîtrise des différentes questions, les procédures de l'enquête et le degré de délicatesse de certaines questions. Pendant la collecte des données, une procédure de contrôle de qualité a été mise en oeuvre pour identifier et corriger les problèmes qui se posaient (ex. sauts non suivis, données manquantes).

Section 6 :

Les outils, les techniques et le schéma d'analyse des données

§1 : Les outils et les techniques d'analyse des données quantitatives

Les données quantitatives ont été traitées et analysées à l'aide des logiciels Cspro, SPSS, et Excel. Les questionnaires remplis ont été codifiés dans un premier temps. Cette opération a été suivie par la saisie des données collectées. Pour ce faire, le logiciel Cspro qui a conçu un masque de saisie à cet effet a été utilisé. Pour réduire les erreurs de saisie, des contrôles ont été intégrés dans le masque de saisie. Par la suite, ce même logiciel a été utilisé pour effectuer les apurements afin de corriger les erreurs (erreurs de collecte, erreurs de saisie, valeurs aberrantes, valeurs incohérentes, etc.) qui auraient pu échapper à la saisie. Enfin, les données ont été transférées sur le logiciel SPSS 20 pour effectuer les différents traitements et analyses statistiques.

A. L'analyse à travers la méthode descriptive

L'analyse descriptive des données collectées s'est fondée sur les tableaux produits à l'aide du logiciel SPSS 20, afin de commenter les résultats d'enquête tels que révélés par ces tableaux pour chacun des facteurs de l'étude (Perception de la pauvreté, causes de la pauvreté, manifestations de la pauvreté, accessibilité aux services sociaux de base, les priorités et solutions).

§2 : Les outils et les techniques d'analyse des données qualitatives

Les données collectées lors des entretiens individuels et des focus groups ont été enregistrées, retranscrits et saisies au fur et à mesure avec les applications WORD et EXCEL de MS Office. Ces enregistrements, retranscriptions et saisies ont pris fin au lendemain des entretiens. L'exploitation de ces données s'est faite sous forme d'une analyse de contenu du discours livré par les informateurs lors des entretiens individuels et des focus groups selon la méthode suivante : extraction pour chaque thème, de messages clés tels qu'exprimés par les informateurs ; hiérarchisation de ces messages en fonction de leurs fréquences d'apparition dans chaque type d'entretien et dans l'ensemble ; comparaison entre les catégories d'informateurs, de façon à dégager les divergences et les convergences ; illustration des messages clés par un verbatim qui reflète la perception exprimée par les enquêtés puis analyse en profondeur et conclusions à partir des observations globales. L'analyse a été réalisée entretien par entretien afin de rendre compte pour chaque entretien de la perception d'ensemble des informateurs clés sur le projet et de retenir la pertinence de leurs observations.

Chapitre 6 :

La phase d'exécution de l'enquête de terrain : construction et test

Section 1 :

L'administration du questionnaire

Pour faciliter la collecte des données, nous nous sommes munis d'un ordinateur portable qui comportait une base de données conçue à l'aide du logiciel Cspro. Ainsi, les données ont été enregistrées au fur et à mesure du déroulement des interviews. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité a été inscrit dans la base en vue de détecter des principales erreurs de collecte et de saisie. Ces informations ont été répercutées et compilées. Par la suite, pour des questions de sécurité et de mauvaise qualité de l'électricité utilisée dans la zone, la méthode de hard copie a été utilisée. A cet effet, les questionnaires ont été reproduits sur du papier et administrés manuellement.

Section 2 :

La réalisation des entretiens

Des entretiens individuels ont eu lieu avec des responsables d'associations, des chefs de quartier, des leaders communautaires, des leaders religieux ainsi qu'avec des Responsables Politiques et Administratifs. Les thèmes abordés lors de ces entretiens étaient les mêmes que dans les Focus Groups. L'enquête de terrain a reposé sur dix(10) entretiens avec des personnes appartenant à différents niveaux des classes moyennes. Ces personnes ont été rencontrées sur leur lieu de travail. Le panel de personnes retenues présente à dessein des situations très contrastées. De 25 à 63 ans ; tirant leur revenus d'activités formelle ou informelle, travaillant dans le privé ou comme fonctionnaire ; célibataire ou marié avec une large famille, les personnes rencontrées sont représentatives de la diversité des classes moyennes dans le département de Soubré.

Section 3 :

La réalisation des Focus group

Des discussions de groupe ont été réalisées sur la base de critères d'âge, de sexe, etc., Sur la base de ces critères, quatre Focus Groups ont été réalisés par quartier : un Focus Group pour les femmes, un Focus Group pour les jeunes, un Focus Group pour les hommes et un Focus Group pour les leaders communautaires (chefs des quartiers, leaders religieux, leaders politiques, responsables d'associations). Les groupes comprenaient au maximum dix (10) personnes, au minimum cinq (05) personnes et le temps du focus durait environ 30 minutes. Dans les Focus Groups, la technique de triangulation a été appliquée. Les nombres et la nature des différents Focus Groups dépendaient des quartiers. Les thèmes et les questions qui ont été abordés dans les Focus Group étaient :

(i) La perception endogène de la pauvreté ; (ii) les causes de la pauvreté ; (iii) les manifestations de la pauvreté ; (iv) catégorisation des habitants de la localité (en riches, aisés, pauvres, très pauvres, extrêmement pauvres) ; (vi) les priorités et solutions ; (vii) les formes d'organisations ; (viii) l'accessibilité aux services sociaux de base

Section 4 :

La réalisation des récits de vie

Les récits de vie des ménages et des individus ont été réalisés à travers un canevas comprenant : (i) les données du ménage / l'individu; (ii) les activités économiques ; (iii) la documentation de l'activité quotidienne de la famille / du ménage / de l'individu ; (iv) les causes de la pauvreté telles qu'identifiées par le chef du ménage / l'individu ; (v) les manifestations de la pauvreté ; (vi) l'analyse les principaux problèmes auxquels le ménage / l'individu fait face : économiques, sociaux, psychologiques ; (viii) les liens avec les voisins et leur importance dans la survie du ménage / de l'individu ; (ix) l'accessibilité et la fréquentation des services sociaux de base.

Section 5 :

La réalisation des profils historiques

Les profils historiques des quartiers ont été réalisés à travers des fiches descriptives des communautés. Sur ces fiches, nous avons renseigné : (i) le nom du quartier ; (ii) la date de création ; (iii) la population ; (iv) le profil démographique ; (vi) les activités principales ; (vii) l'accessibilité ou l'enclavement ; (viii) les infrastructures sociales existantes ; (ix) les sources d'approvisionnement en eau potable ; (x) le type d'habitat ; (xi) les interventions ou initiatives de développement des partenaires externes ; (xii) l'existence d'organisations socio-professionnelles ; (xiii) les commentaires. Les profils historiques ont été réalisés avec l'aide des Mairies, des Agences de Développement Locales (ANADER, Conseil Régional, Directions Départementales de Ministères) et des leaders communautaires.

Section 6 :

L'observation participante

L'observation participante nous a permis de saisir la « culture de la pauvreté ». Ainsi, en suivant le cas exemplaire et particulièrement riche des travaux d'Oscar Lewis, on a utilisé des procédures qui se décomposent en trois temps.

Ø On a dans un premier temps, un enfermement monographique répété dans des figures du ghetto : les quartiers précaires de la ville de soubré (Oscar Lewis avait utilisé la même méthode pour les quartiers « vecindades » du centre de Mexico pour l'étude de la famille Sanchez (1963). « Bien que la Esmeralda ne soit qu'à dix minute du palais du gouvernement et du coeur de San Juan, c'est un quartier physiquement et socialement en marge de ville. Le mur qui le surplombe se dresse comme une sorte de symbole le séparant de la ville. La Esmeralda forme une petite communauté à part, avec un cimetière, une église, un petit dispensaire et une maternité ainsi qu'une école élémentaire. Il y a de nombreuses petites boutiques, des bars et des tavernes. Les maisons sont décrépites et les allées jonchées d'ordures » (Lewis 1969 : 791).

Ø Dans un deuxième temps, nous avons construit le modèle conceptuel provisoire qui a consisté à la catégorisation de la population « pauvres ». Ces pauvres n'appartiennent ni à la classe ouvrière, ni à la classe moyenne appauvrie, (comme le dit Lewis). Les pauvres ici, ce sont les  gens qui sont tout à fait au bas de l'échelle socio-économique, les ouvriers les plus défavorisés, les petits paysans, les ouvriers agricoles des plantations et cette grande masse hétérogène de petit artisans et commerçants (que Lewis nomme le « lumpenprolétariat » (1963 :29).

Ø Dans un troisième temps, nous avons appliqué la technique de l'observation participante sur le terrain afin de remplir progressivement le « modèle conceptuel provisoire » (Lewis 1963 :30) de la culture de pauvreté, conçue comme une culture de traits. En effet, le noeud de cette construction, c'est l'énumération des cinquante traits qui constituent la culture de pauvreté (Lewis, 1981 : 316 parle de soixante-dix traits). Sur le terrain, la présentation de ces traits s'est inspirée de quatre grands domaines du réel :

o Le rapport aux institutions de la société globale : il était question de voir la faiblesse ou l'absence d'intégration sociale, politique et économique et voir un rapport d'extériorité aux valeurs dominantes de la société. En pratique, cela s'est traduit par une observation de : (1) la scolarisation afin de voir si elle est faible ou nulle, (2) la participation syndicale ou politique afin de voir si elle est présente ou absente, (3) la protection sociale afin de voir si elle est présente ou absente, l'accès aux produits et espaces de consommation moderne afin de voir s'il y a accès ou non.

o Les rapports au sein de la « communauté des taudis » : généralement, l'environnement social immédiat du pauvre est fait de quartiers denses, de maisons manquant d'intimité, d'alcoolisme, de violence et de très peu d'organisation sociale au-delà du cadre de la famille. il s'était question d'observer si les rapports sont caractérisés par une faible organisation sociale, mais aussi l'existence d'un « sens de la communauté et d'un sentiment de territorialité » fort.

o La famille : Il s'est agi de voir si au niveau de cet espace de relations, le pauvre a été l'objet : (1) d'une enfance courte et non protégée, (2) d'une initiation précoce à la vie sexuelle, (3) d'une union libre et de « mariage consanguin » (4) d'abandon relativement fréquent (surtout pour les femmes et les enfants) et de (5) relations matriarcales.

L'individu : afin de voir si, tel que Lewis le représente dans la pauvreté, il se caractérise par des sentiments d'impuissance et de résignation, de dépendance et d'infériorité, par le fatalisme et l'absence de projet.

Section 7 :

Les difficultés liées à l'enquête de terrain

An niveau de la localité, de manière globale, nous avons été confrontés des difficultés d'accès. Les infrastructures routières sont quasi-inexistantes. Les voies n'étant pas bitumées, les véhicules tombent régulièrement en panne du fait du mauvais état des routes.

Au niveau sécuritaire, les vols et braquage sont fréquents dans la zone. L'accueil dans les ménages est difficile, qui craignent des visites de personnes étrangères. Pour lever ces obstacles, nous avons dû travailler en étroite collaboration avec les leaders communautaires, qui nous ont présenté de manière officielle à leur communauté.

Au niveau des ménages, nous avons été confrontés à de nombreuses difficultés. La période d'enquête ayant coïncidé avec la traite dans les zones cacaoyères, il était difficile de rencontrer les populations car occupées par les travaux champêtres (cueillette, cabossage, fermentation et séchage).Nous avons pu lever ces obstacles en enquêtant les ménages à partir de 18 heures, c'est-à-dire à leur descente du champ.

Troisième Partie : Cadre des Résultats

Chapitre 7 :

Présentation des données issues de l'enquête

Section 1 :

Présentation des données quantitatives

Tableau 9 : Résultat 1

 

Effectif

%

Côte d'Ivoire

36

62,0

Mali

4

6,8

Burkina Faso

11

18,9

Guinée

2

3,4

Autre

5

8,6

TOTAL

58

100,0

Source de l'enquête

Graphique 1 : Données 2

Tableau 10 : Données 3

 

Fréquence

%

 
 
 

Manque de terre

12

20,6

Manque de moyens de subsistance

14

24,1

Manque d'argent

23

39,6

Manque d'enfants

0

00,0

Manque de main d'oeuvre

7

12,0

Autre

2

3,4

TOTAL

58

100,0

Source : Données de l'enquête

Tableau 11 : Données 4

 

Fréquence

%

Quand on a des difficultés de nourrir sa famille

16

27,5

Quand on n'a pas de maison ou d'habitat décent

2

3,4

Quand on ne peut aider ses parents et voisins

0

-

Quand on n'a pas de travail

11

18,9

Quand on n'a pas de terre à cultiver

12

20,6

Quand on est malade ou handicapé

1

1,7

Quand on n'a pas d'estime au sein de sa communauté

0

-

Quand on ne possède aucun bétail

0

-

Quand on n'a pas les moyens de se soigner et de soigner les membres de sa famille

5

8,6

Quand on n'a pas les moyens d'assurer la scolarisation de ses enfants

8

13,7

Quand on ne sait pas lire et écrire

3

5,1

Quand on n'a pas de relations sociales

0

-

TOTAL

58

100,0

Source : Données de l'enquête

Tableau 12 : Données 5

 

Fréquence

%

Accès facile

6

10,3

Accès difficile

52

89,6

TOTAL

58

100,0

 

Source : Données de l'enquête

Tableau 13 : Données 6

 

Fréquence

%

Approvisionnement en eau potable

3

5,1

Construction d'écoles

7

12,0

Construction de dispensaires

10

17,2

Alphabétisation

5

8,6

Habitat

1

1,7

Désenclavement

21

36,2

Activités productrices

9

15,5

Autre

2

3,4

TOTAL

58

100,0

Source : Données de l'enquête

Tableau 14 : Données 7

 

Fréquence

%

Former et éduquer les populations

3

5,1

Désenclaver et développer les infrastructures routières

9

15,5

Aider les populations à s'organiser et l'encadrer

2

3,4

Fournir à la communauté un appui matériel et financier

2

3,4

Développer les services sociaux de base

21

36,2

Développer les activités génératrices de revenu(AGR)

16

27,5

Promouvoir la justice sociale

4

6,8

Autre

1

1,7

TOTAL

58

100,0

Source : Données de l'enquête

Section 2 :

Présentation des données qualitatives

Tableau 15 : perception endogène de la pauvreté selon les communautés

catégories sociales

Terminologie en langue locale

signification

Critères d'identification

Bété

`'poi''

-manque d'argent

-manque de moyens de subsistance

-manque d'habit

-manque de biens matériels

-qui vit à la charge d'un parent

-sujet passif sans voix

ni pouvoir ni relation sociales

-habité par un sentiment d'impuissance

-qui vit seul

Baoulé

`'yalê''

-manque d'argent

-manque de moyens de subsistance

-manque de biens matériels

-ne peut travailler la terre par ses propres moyens

-dépend des autres

Vit dans le dénuement matériel

Malinké

`'fantaya''

-manque d'argent

-manque de moyens de subsistance

-manque de biens matériels

-sans pouvoir

-relations sociales

-vit dans le dénuement matériel

-qui manque d'habitat décent

Source : chercheur

Dans cet état de manque, trois ressources sont communément citées :moyens de subsistance, ressources financières et biens matériels. Cette perception de la pauvreté cadre avec les définitions institutionnelles qui la perçoivent sous le prisme de manque et/ou d'indisponibilité de ressources indispensables pour satisfaire les besoins essentiels ;c'est à dire, une situation dans laquelle la majorité de la population vit avec un bas niveau de revenus ne permettant pas de satisfaire leurs besoins et dans laquelle les ressources disponibles dans l'économie, même si elles sont équitablement distribuées, sont à peine suffisantes pour subvenir aux besoins essentiels de la population, et ce, de façon soutenable.

Il ressort de ce tableau que la pauvreté n'est pas, ou plutôt n'est plus seulement un état de dénuement matériel, mais elle serait à la fois :

o un état de dénuement matériel marqué par l'absence de ressources suffisantes ;

o un état d'exclusion découlant d'une impossibilité de participer à la vie de son groupe et/ou de la société et d'une impossibilité à s'exprimer.

Encadré 1 : Extrait de l'entretien avec le chef Bété

« La sous-préfecture d'Okroyou compte 22 villages, avec environ 8000 campements. Selon le RGPH qui s'est déroulé en 2014, Okrouyo compte 13.000 habitants. La pauvreté ici, est une réalité. Il faut dire que tous ceux qu'on croit être des planteurs, ne sont pas tous des vrais. Sur cent planteurs, il y a 20% qui sont de véritables planteurs, avec plus de cinq hectares de cacao. Les 80% eux, ne possèdent que des plantations moins de trois hectares. Il y a plusieurs raisons qui font que nous sommes pauvres. D'abord, tout est cher ici. Je peux même dire que ceux qui sont vivent dans les grandes villes telles qu'Abidjan, vivent mieux que nous dans la mesure où tout est cher. Je vous donne un exemple, le kilo de viande avec os est à 2.500f et 3.000f pour la viande sans os. Nous avons aussi un autre problème, qui est celui des terres. Nous avons cédé nos terres aux allochtones et étrangers. Il n'y a plus de terre à cultiver, mais les gens continuent à venir dans notre zone ; cette forte présence humaine ne fait qu'entretenir la cherté de vie. Les populations d'ici sont toutes tournées vers les cultures d'exportations (cacao, hévéa) et personne ne fait du vivrier. Ceux qui possèdent encore des portions de terre, qui pouvaient bien encore s'intéresser au vivrier, ne le font pas. Selon eux, c'est moins rentables par rapport à l'hévéa et le cacao. Les quelques personnes qui cultivent le vivrier, ont une bonne raison de vendre cher leur produit. Nous avons aussi d'autres problèmes, qui doivent être résolus. Ici à Okroyou, il n'y a qu'une seule école primaire, on n'a pas de collège public. Ce qui fait que les enfants sont obligés de parcourir de longues distances pour se rendre à l'école. Nous n'avons pas de routes et c'est vraiment difficile d'écouler nos produits sur le marché. Je pense que pour réduire la pauvreté dans notre zone, il faut d'abord sensibiliser la population aux cultures vivrières et accompagner les coopératives de femmes en ce sens. Il faut aider la jeunesse à se prendre en charge avec des projets d'insertion économique comme le fait actuellement l'ANADER. C'est un acte à saluer. Je crois que si les jeunes sont occupés, le banditisme va diminuer dans notre zone. » 

Entretien réalisé avec Monsieur GBOGOU Rabé, chef de communauté Bétéd'Okrouyo.

Source : chercheur

Encadré 2 : Extrait de l'entretien avec le président de coopérative

« Quand on venait ici, c'était par rapport aux travaux de l'Aménagement de la Région du Sud-Ouest(ARSO) dans les années 70. Quand on a fini les travaux, j'avais un peu d'argent, j'ai acheté la forêt avec les autochtones Bakwé et puis j'ai commencé à planter cacao. Au début, c'était difficile parce que je n'avais pas d'argent parce que le champ ne produisait pas encore. Je travaillais pour les gens, dans des plantations que je nettoyais, pour avoir de quoi de vivre. Tout le monde me connaît parce que j'ai travaillé dans leur champ. Aujourd'hui, mon champ est en production, je peux dire que ça va. Avant c'était facile d'avoir forêt, mais il y en a plus. Ceux qui ont un peu, ne veulent plus vendre, ils préfèrent mettre ça en garantie. Les jeunes qui sont venus de la ville, veulent faire leur champ, mais il n'y a plus de forêt ; souvent les parents ont tout vendu et les enfants ne peuvent rien faire. C'est ça même qui fait qu'il y a beaucoup de pauvres. A cause de problème de route, tout est cher ici. Les femmes qui vont chercher leur produit, quand elles envoient, elles vendent ça cher. »

Entretien réalisé avec M. DABIRE Joseph, Président de coopérative

Source : chercheur

Encadré 3 : Extrait de l'entretien avec le sous-préfet

« Pour ma part, je pense que la pauvreté est liée à plusieurs facteurs. Les plantations de cacao étant vieillissantes, donc moins productives. Les populations doivent aussi diversifier les cultures en s'orientant vers le vivrier, pour s'assurer une autosuffisance alimentaire. L'absence d'infrastructures routières, faible capacité des services sociaux de base, les conflits fonciers, qui distendent la cohésion sociale. Voilà autant de difficultés que vivent les populations d'ici. Pour corriger le tir, il faut vraiment sensibiliser les populations aux cultures vivrières, prendre des mesures contre la vente ou la garantie de terre, créer des infrastructures, renforcer la capacité de celles qui existent déjà ».

Entretien réalisé avec Monsieur PARE Grégoire, Sous-préfet à Okroyou.

Source : chercheur

Chapitre 8 :

Analyse des données et présentation des résultats

Section 1 :

Analyse des données quantitatives

Analyse descriptive

A/Résultat 1

Les données présentées montrent que nous sommes en présence d'une localité(Mabéhiri) dont la population est à majorité autochtone (62%).La répartition des ménages en fonction de la nationalité montre aussi la présence d'étrangers dans cette localité. Les ressortissants Burkinabés sont les plus nombreux avec18, 9%.( Voir annexe, tableau 9)

B/Résultat 2

Selon les données présentées, 72,4% des chefs de ménage sont analphabètes contre 13,7%, qui ont un niveau primaire et 10,3% pour le secondaire. Le niveau supérieur est de 3,4%(Voir graphique 1).

C/Résultat 3

Les données consignées dans le tableau, les ménages perçoivent différemment la pauvreté. 39,6% des ménages pensent que la pauvreté est liée au manque d'argent contre 24,1%, qui considèrent la pauvreté comme le manque de moyens de subsistance. Le manque de terre (20,6%), manque de main d'oeuvre (12%), sont perçus par les ménages comme pauvreté (voir annexe 4, tableau 10).

D/Résultat 4

Selon le tableau, avoir des difficultés de nourrir sa famille(27,5%), ne pas disposer d'un travail(18,9%), de terre à cultiver(20,6%) et les difficultés à scolariser ses enfants(13,7%) sont identifiés par des ménages comme étant des signes de manifestation de la pauvreté(voir 4, tableau 11).

E/Résultat 5

Selon les données de l'enquête, les populations n'ont pas accès aux services sociaux de base.

Quand ces services existent, les populations éprouvent des difficultés pour y accéder ou pour y accéder (89,6%) contre seulement 10,3% de a population, qui affirment avoir un accès facile. Voir tableau 12.

F/Résultat 6

Selon les données du tableau, les populations enquêtées ont des priorités, qui tournent autour du désenclavement (36,2%), la construction de dispensaires (17,2%), la mise en place des activités productrices (15,5%) et la construction d'écoles (12,0%). Voir tableau 13.

G/Résultat 7

Les populations ont identifié elles-mêmes des moyens de lutte contre la pauvreté, visant à développer les infrastructures sociaux de base(36,2%), développer les activités génératrices de revenu(27,5%), désenclaver et développer les infrastructures sociaux de base(15,5%).

La justice fait partir des moyens de lutte contre la pauvreté identifiée par les populations (6,8%), contre 5,1% pour les besoins d'éducation et de formation. Voir tableau 14.

Chapitre 9 :

Interprétation des résultats issus des données analysées

La perception de la pauvreté

Une enquête consistant à évaluer la pauvreté par une méthodologie qualitative et participative a été conduite en novembre 2015 dans quelques villages du pays. Il ressort de l'analyse des données recueillies auprès des 58ménages interrogés que la pauvreté était perçue à travers plusieurs dimensions ou plutôt qu'elle se manifestait à travers les formes suivantes : dépendance, marginalisation, rareté, restriction des droits et des libertés et incapacité à prendre des décisions. La perception de la pauvreté n'est cependant pas uniforme. C'est un phénomène perçu différemment en fonction du lieu, de la période, de la catégorie sociale et/ou de la position sociale occupée (Oduro et Aryee, 2003). Mais, comme le montre le tableau 15, quelque soit le groupe, la pauvreté, renvoie essentiellement à un état de manque. (Cf. tableau 15)

Dans cet état de manque, trois ressources sont communément citées : les ressources alimentaires, les ressources financières et les biens matériels main d'oeuvre à travers le nombre d'enfants, et les animaux. Cette perception de la pauvreté cadre avec les définitions institutionnelles qui la perçoivent sous l'angle de manque et/ou d'indisponibilité de ressources indispensables pour satisfaire les besoins essentiels ; c'est à dire, une situation dans laquelle la majorité de la population vit avec un bas niveau de revenus ne permettant pas de satisfaire leurs besoins.

On perçoit à travers la perception de la pauvreté des populations que la pauvreté à Soubré est un phénomène multidimensionnel, illustré par la diversité des termes utilisés dans le vocabulaire local pour caractériser les différents états de manque.

Selon les ménages, les causesvont au-delà du manque d'argent: elles se manifestent également à travers différentes formes de privation et de marginalisation souvent ancrées au niveau local.

L'accès aux ressources foncières, le vieillissement des plantations, le niveau de revenu des paysans, sont identifiés par ces derniers comme étant les causes de la pauvreté.

L'étude a montré que la pauvreté a un caractère multidimensionnel, qui crée des privations aussi bien au niveau social qu'économique.

Au niveau social, les populations n'ont pas aux services de base tels que l'eau potable, l'électricité, l'école et l'électricité. Plus de 80% de la population n'ont accès aux services sociaux de base. (Cf. tableau 12)

Au plan économique, les populations ont un revenu qui ne leur permetpas d'assurer les dépenses du ménage(Voirtableau13).L'éducation constitue également un autre secteur dont l'état renseigne sur la pauvreté dans cette localité. Plus de 70% des chefs de ménages n'ont aucune instruction (voir graphique).Le faible accès aux services de base, l'exclusion sociale, la faiblesse du capital humain, l'accès difficile à la terre, sont autant de facteurs qui agissent simultanément sur certaines catégories sociales et contribuent ainsi à les maintenir dans ou à les tirer vers une situation de pauvreté.

Enfin l'absence d'infrastructures pour faciliter la circulation ou le stockage des produits agricoles, introduit des distorsions énormes dans les mécanismes du marché et contribuent par conséquent à renforcer la vulnérabilité et la pauvreté des petits producteurs. Tous ces facteurs interagissent pour confiner les populations dans un cercle vicieux de la pauvreté que l'on pourrait schématiser comme suit :

Pauvreté

Faible accès Manque

aux services de base de ressources

Faible capacité

d'investissement

Implication des résultats

L'étude ayant mis en évidence les conditions de vie précaires chez les communautés vivant dans les zones cacaoyères en général, elle fera des recommandations afin de résoudre de manière durable le problème de pauvreté.Ces recommandations sont de deux(02) ordres.

Actions à court terme

Ø Mettre en place des programmes d'alphabétisation pour les personnes adultes afin de faire reculer le niveau d'analphabétisme ;

Ø Ouvrir des centres de formation aux métiers ruraux pour jeunes déscolarisés ;

Ø Sensibiliser les populations pour la scolarisation aussi bien des jeunes garçons que des filles ;

Ø Sensibiliser les populations aux cultures vivrières ;

Actions à moyen et long terme

Ø Améliorer l'accès des populations aux services sociaux de base par la construction d'infrastructures appropriées (écoles primaires et secondaires, hôpitaux et routes) ;

Ø Encourager l'amélioration des revenus par une politique de diversification des cultures ;

Ø Intensifier la production vivrière ;

Ø Améliorer le système de commercialisation des produits vivriers ;

Ø Renforcer la politique semencière permettant d'approvisionner les zones de production en semences améliorées ;

Ø Assurer l'entretien des pompes des villages et augmenter la couverture nationale d'adduction d'eau ;

Ø Augmenter la couverture nationale d'électrification des villages producteurs de cacao;

Ø Définir et mettre en oeuvre des stratégies de réduction de la pauvreté en milieu rural d'une manière général : diversification agricole, financement de la recherche d'innovations en matière d'itinéraires techniques, recherche de financement, commercialisation agricole, développement des métiers ruraux, etc.

Conclusion générale

Le phénomène de pauvreté en zones cacaoyères est une réalité en Côte d'Ivoire. L'objectif général de cette étude était de mettre en évidence les conditions de vie des communautés vivant dans les zones cacaoyères.

L'étude a montré que les communautés rurales vivent dans des conditions de vie précaires, eu égard aux conditions socioéconomiques des cacaoculteurs. Les villages souffrent d'une insuffisance d'infrastructures socioéconomiques. Cette recherche a montré le caractère multidimensionnel de la pauvreté à soubré. Les producteurs sont en majorité des ivoiriens (plus de ¾). Ils sont généralement analphabètes, avec un niveau de revenu ne permettant pas une scolarisation de tous les enfants du ménage. Alors que les réponses politiques à la pauvreté souffrent d'un manque d'efficacité du fait d'une compréhension insuffisante de la dynamique de la pauvreté au niveau local, les réponses communautaires essaient des'adapter à cette situation. Cela se traduit par une diversité de stratégies développéespar les populations pour faire face à la pauvreté. Documenter ces bonnes pratiques de lutte contre la pauvreté développées à l'échelle communautaire et mettre en place des mécanismes pour que celles-ci soient institutionnalisées et pris en compte dans le cadre des programmes de lutte contre la pauvreté, pourrait donner un coup d'accélérateur à la lutte contre la pauvreté.Enfin, la question de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté a été abordée par l'étudeafin d'identifier les leviers sur lesquels agir pour interrompre ce cycle de pauvreté. L'accès aux ressources, aux services sociaux de base et à l'instruction ont été appréhendé.Les résultats de cette étude qui doivent conduire à la lutte contre la pauvreté en zone cacaoyère, est un exemple dont les leçons doivent être tirées pour étendre la politique de lutte contre la pauvreté à d'autres localités du pays.

BIBLIOGRAPHIE

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2. ABIDJAN. MINISTERE DU PLAN ET DU DEVELOPPEMENT, Programme d'Appui à la Réduction de la Pauvreté et à la réalisation des OMD (PARP/OMD), 2009.

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8. BRA Kanon Denis, Développement ou appauvrissement. Paris Economica, 1985.

9. CEDEAO, Profil de pauvreté dans les pays de la CEDEAO, New York, 2007.

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11. JeanPierreFRANGIERE,Comment réussir son mémoire, Paris, Dunod, 2009, p116.

12. Georg SIMMEL, Les pauvres, 1908.

13. INS, Gouvernance, démocratie et lutte contre la pauvreté en Côte d'ivoire, Abidjan, 2005.

14. Maryse BRESSON, La pauvreté est-elle encore une question sociologique d'actualité ? Un enjeu de définition, de méthode et de théorie, Pensée plurielle, 2007/N0 16.

15. Michel GRIMM et al, Evolution de la pauvreté urbaine en Côte d'Ivoire: Une analyse sur 15 ans d'enquêtes ménages, Abidjan, 2001.

16. Mireille RAZAFINDRAKOTO et François ROUBAUD, Les multiples facettes de la pauvreté dans un pays en développement : le cas de la capitale malgache, DT/2007/07.

17. Nicolas DUVOUX et Serge PAUGHAM, La régulation des pauvres, (PUF, « Quadrige », 2008).

18. Nicolas DUVOUX, Pauvreté, précarité et politiques publiques, La République des idées, 2012.

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21. Pierre MONGEAU,Réaliser son mémoire ou sa thèse côté jeans et côté tenue de soirée, Presse de l'Université du Québec, 2008.

22. PRIMATURE, 2005.Projet pilote système de suivi du travail des enfants dans la cacaoculture en Côte d'Ivoire (PPSSTE), Rapport définitif. Comité de pilotage, Novembre 2007.

23. Richard BANEGAS et al, Caractérisation des Classes Moyennes en Côte d'Ivoire, Classes moyennes en Afrique, Abidjan, 2009.

24. RuggieriLADERCHI et al, Working Paper N0 107, Queen Elisabeth House, University of Oxford, 2003.

25. WRESINSKI, J. « Grande Pauvreté et Précarité Economique et Sociale ». Rapport du Conseil Economique et Social. Journal Officiel de la République Française. Paris,1987.

WEBOGRAPHIE

CoreWelfareIndicators Questionnaire, une initiative conjointe de la Banque Mondiale, l'UNDP et

L'UNICEF pour surveiller les indicateurs sociaux en Afrique. Disponibles à l'adresse

http://afr.worldbank.org/aft2/cwiq/overvw.htm.

Liste principale d'articles Research Observer de la Banque Mondiale. Available at http://www.worldbank.org/ research/journals/wbromast.htm.

Site Internet de la Banque Mondiale sur l'étude de la mesure des niveaux de vie : enquête-ménage consacrée à la mesure et à la compréhension de la pauvreté. Disponible à l'adresse

http://www.worlbank.org/lsms

Enquêtes démographiques et sanitaires : liste complète des enquêtes disponibles et description des données. Statistiques relatives à la population, à la santé, à la nutrition et à l'éducation dans les pays en développement. Disponible à http://www.macroint.com/dhs.

Rédiger et mettre en forme son mémoire,Bibliothèque de Sciences Po Grenoble, février 2015 à http://www.coursz.com/definition-d-un-ordinateur

ANNEXE

Annexe 1 :

Les photos

Photo 1 : Immersion sur le terrain

Source : chercheur

Photo 2 : Focus group

Source : chercheur

Annexe 2 :

Le questionnaire

Rappel Important : Les renseignements contenus dans ce questionnaire sont confidentiels. Ils sont couverts par le décret statistique et ne peuvent être publiés que sous forme anonyme conformément à la loi du 7 juin 1951 sur l'obligation de répondre et le secret statistique.

1. Village.......................................................

2. Quartier.....................................................

3. N° du questionnaire ménage /____/____/____/

TABLEAU RECAPITULATIF DU NIVEAU D'INSTRUCTION DU MENAGE

SEXE

NIVEAU D'ETUDE

POPULATION TOTALE RECENSEE

PRIMAIRE

SECONDAIRE

SUPERIEUR

AUCUN

/________/

MASCULIN

 
 
 
 

FEMININ

 
 
 
 

TOTAL

 
 
 
 

DEBUT DE L'ENTRETIEN

/___/___ /H /___/___/MIN

 

INFORMATIONS SOCIODEMOGRAPHIQUES

INSTRUCTION

 

Ligne

Nom & Prénoms

Lien avec le Chef de Ménage

Sexe

Age

Etat Matrimonial

Ethnie

Nationalité

Aptitude à Lire et à Ecrire

Niveau d'Education

Activité ou Emploi

Q0

Q1

S'il vous plaît, donnez-moi le nom des personnes qui vivent habituellement avec vous dans votre ménage, en commençant par le chef de ménage.

Q2

Qui est(Nom) pour le Chef de ménage

Q3

(Nom) est-il de sexe masculin ou féminin ?

Q4

Quel âge ?

Q5

(Nom) est-il marié ?

Q6(Nom) est de quelle ethnie ?

Q7

(Nom) est-il de quelle nationalité ?

Q8

(Nom) sait-il lire et écrire une langue officielle au moins ?

Saut :

Si 3, aller à Q10

Q9

Quel est le dernier niveau complété avec succès ?

Q10

Que fait(Nom) comme activité ?

01

 
 
 

/_/_/

 
 
 

/__//__/

 
 

02

 
 
 

/_/_/

 
 
 

/__//__/

 
 

03

 
 
 

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04

 
 
 

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05

 
 
 

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06

 
 
 

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07

 
 
 

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08

 
 
 

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/__//__/

 
 

09

 
 
 

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/__//__/

 
 

10

 
 
 

/_/_/

 
 
 

/__//__/

 
 

LES DIFFERENTS CODES

CODES Q2

1=Chef de ménage(CM)

2=Epouse ou époux du CM

3=Fils ou fille du CM

4=Père ou mère du CM

5=Autre parent du CM

6=Sans lien de parenté

7=Autre

CODES Q6

1=Bété

2=Baoulé

3=Malinké

4=Moré

5=Autre

CODES Q7

1=Côte d'Ivoire

2=Mali

3=Burkina Faso

4=Guinée

5=Ghana

6=Autre pays

d'Afrique

CODES Q8

QCM

1=Français

2=Anglais

3=Aucune

CODES Q9

1=Primaire

2=Secondaire

3=Supérieur

4=Aucun

CODES Q5

1=Célibataire

2=Marié(e)

3=Union libre monogame

4=Union libre polygame

5=Veuf/Veuve

6=Séparé(e)/Divorcé(e)

CODES Q10

0=Sans emploi 5=Privé

1=Fonctionnaire 6=Secteur informel

2=Planteur 7=Auto emploi

3=Retraité 8=Ménagère

4=Elève/Etudiant

CODES Q3

1=Masculin

2=Féminin

CARACTERISTIQUES ET COMMODITES DU LOGEMENT

Q11

Q12

Q13

Q14

Type de construction

Nature du mur

Nature du toit

Nature du sol

1. Villa

2. Maison simple

3. Concession cour/commune

4. Baraque

5. Maison en bande

6. Autre à préciser

.......................................

1. Terre/Boue

2. Plastique

3. Ciment/Béton

4. Géo béton

5. Bois/Bambous

6. Tôle

7. Pastique

8. Autre à préciser

.................................

1. Fibre végétale

2. Tôle

3. Béton

4. Plastique

5. Tuile

6. Paille

7. Tôle en plastique

8. Autre à préciser

...............................

1. Terre/Sable

2. Ciment

3. Carreaux

4. Tapis/Moquette

5. Autre à préciser

.........................................

Q15

Q16

Q17

Q18

Lieu d'aisance

Alimentation en eau

Mode d'éclairage

Mode de cuisson

1. WC à l'intérieur

2. WC à l'extérieur

3. Latrines dans la cour

4. Latrines hors de la cour

5. Dans la nature

6. Autre à préciser

.................................

1. Eau courante dans le logement

2. Eau courante dans la cour

3. Eau courante à l'extérieur

4. Puits dans la cour

5. Puits public

6. Pompe villageoise

7. Marigot

8. Revendeur d'eau

9. Autre à préciser

...........................

1. CIE

2. Energie solaire

3. Groupe électrogène

4. Lampe

5. Bougie

6. Autre à préciser

.............................

1. Bois de chauffe

2. Charbon de bois

3. Gaz

4. Bois + Charbon

5. Gaz + Charbon

6. Gaz + Bois

7. Autre à préciser

.....................................

EQUIPEMENTS

Q19 Moyens de déplacement

Q20 Equipements électroménagers

Q21 Equipements audiovisuels et NTIC

0. Aucun

1. Vélo/Bicyclette

2. Moto/Mobylette

3. Véhicule

4. Autre à préciser

.................................

0. Aucun

1. Ventilateur

2. Réfrigérateur/Congélateur

3. Cuisinière à gaz

4. Fer à repasser

5. Climatiseur/Split

6. Autre à préciser

.........................................................

0. Aucun

1. Radio

2. Télévision

3. Téléphone portable

4. Téléphone fixe

5. Ordinateur

6. Autre à préciser

....................................

Q22 Quel est votre statut d'occupation du logement ? 

Q23 Comment avez-vous acquis ce logement ?

Statut d'occupation du logement

Mode d'acquisition du logement (Si propriétaire)

1. Propriétaire 2. Location 3. Location simple

4. Autre à préciser.................................................

1. Construction 2. Achat 3. Héritage 4. Don

5. Autre à préciser.........................................................

EMPLOI DU CHEF DE MENAGE

Q24 Quelle est votre situation d'emploi ?

Q25 Quel est le lieu d'exercice d'emploi ?

Q26 Si sans emploi, quelle est la raison ?

0. Sans emploi

2. Chômeur

3. Planteur

4. Fonctionnaire

5. Privé

6. Secteur informel

7. Auto emploi

8. Autre situation d'emploi

1. Dans le département de Soubré

2. Soubré (ville)

3. Dans un village

4. Dans un campement

5. Autre à préciser

.............................................

1. Elève/Etudiant

2. Retraité

3. Femme au foyer

4. Autre à préciser

....................................

BUDGET DU MENAGE

Q27 Source principale du revenu

Q28 Montant mensuel des revenus

Q29 Postes et montant des dépenses mensuelles

Postes

Montant

1. Salaire

2. Commerce

3. Vente de produits agricoles

4. Pension

5. Transfert d'argent

6. Autre à préciser

....................................

/...................../FCFA

Nourriture/Alimentation /---/

Santé /---/

Education/Scolarisation /---/

Logement/Loyer /---/

Electricité /---/

Eau /---/

Décès /---/

Dette /---/

Autre /---/

1. 10.000F à 15.000F

2. 15.000F à 25.000F

3. Plus de 25.000F

Montant total

...........................

INVESTISSEMENTS PRODUCTIFS DU MENAGE

Q30 Type d'investissement

Q31 Coût de l'investissement

Q32 Quantité

Q 33 Montant mensuel des recettes

1. Foncier

2. Immobilier

3. Commerce

4. Autre à préciser

..............................

/............................../ FCFA

/.../.../

/....................................../ FCFA

SITUATION DE PAUVRETE

Q34 Nous aimerions vous demander votre opinion sur le niveau de vie de votre ménage.

1. C'est moins qu'adéquat par rapport aux besoins de ma famille

2. C'est adéquat par rapport aux besoins de ma famille

3. C'est plus qu'adéquat par rapport aux besoins de ma famille

4. Non applicable

« Adéquat » signifie que l'enquêté(e) considère que les besoins minimums du ménage sont satisfaits, ni plus, ni moins

a. Concernant la consommation alimentaire du ménage durant les deux dernières semaines, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

b. Concernant l'habitat du ménage, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

c. Concernant les soins de santé que votre ménage reçoit, laquelle suivantes est vraie ?

/_____/

d. Concernant l'éducation de vos enfants, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

Q35 Nous aimerions vous demander votre opinion sur le niveau de vie de votre ménage, il y a 5 ans

1. C'est moins qu'adéquat par rapport aux besoins de ma famille

2. C'est adéquat par rapport aux besoins de ma famille

3. C'est plus qu'adéquat par rapport aux besoins de ma famille

4. Non applicable

a. Concernant la consommation alimentaire du ménage durant les deux dernières semaines, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

b. Concernant l'habitat du ménage, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

c. Concernant les soins de santé que votre ménage reçoit, laquelle suivantes est vraie ?

/_____/

d. Concernant l'éducation de vos enfants, laquelle des affirmations suivantes est vraie ?

/_____/

Q36 Selon, vous en général dans cette communauté (ce quartier) les gens appartiennent à la catégorie...?

1 ... riche

2 ... moyenne

3 ... pauvre

4 ... très pauvre

Q37 Selon vous, c'est quoi la pauvreté ?

1...manque de terre

2...manque moyens de subsistance

3...manque d'argent

4...manque d'enfants

5...manque de main d'oeuvre

6...autre à préciser

Q38 Selon vous, quelles sont(en ordre d'importance) les causes de la pauvreté ?

1...vieillissement du verger 5...autre à préciser...

2...cherté des intrants

3...forte dépendance des cultures de rente

4...garantie de terre

SIGNES DE MANIFESTATION DE LA PAUVRETE

Q39 Selon vous, quels sont (en ordre d'importance) les signes de manifestation de la pauvreté ?

1. Quand on a des difficultés de nourrir sa famille

2. Quand on a de maison ou d'habitat décent

3. Quand on ne peut aider ses parents et voisins

4. Quand on n'a pas de travail

5. Quand on n'a pas de terre à cultiver

6. Quand on ne possède aucun bétail

7. Quand on est malade ou handicapé

8. Quand on n'a pas d'estime au sein de sa communauté

9. Quand on n'a pas les moyens de se soigner et de soigner les membres de sa famille

10. Quand on n'a pas les moyens d'assurer la scolarisation de ses enfants

11. Quand on ne sait pas lire et écrire

12. Quand on n'a pas de relations sociales

/____//____//____//____/

Q40 Pensez-vous que dans votre communauté, au cours de cinq dernières, la pauvreté... ?

1. a diminué

2. est restée stable

3. s'est aggravée

/____/

Q41 Selon vous est-il plus facile ou plus difficile la pauvreté aujourd'hui qu'il y a 5 ans...?

1. plus facile

2. inchangé

3. plus difficile

/____/

Q42 Vous-même, à quelle catégorie pensez-vous appartenir... ?

1. riche

2. moyenne

3. pauvre

4. très pauvre

/____/

ACCESSIBILITE AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE

Services sociaux de base

Q43 Comment vous trouvez l'accessibilité physique... ?

1. très satisfait

2. proche

3. loin

4. très loin

Q44 Etes-vous satisfait de la qualité de... ?

1. très satisfait

2. satisfait

3. pas du tout satisfait

Q45 Comment trouvez-vous les coûts de... ?

1. très chers

2. chers

3. raisonnables

4. très raisonnables

Eau

 
 
 

Ecole

 
 
 

Dispensaire

 
 
 

PRIORITES ET SOLUTIONS

Q46 A votre avis, quelles sont les 4 principales priorités de votre communauté(en ordre d'importance) ?

1. l'approvisionnement en eau potable

2. la construction d'écoles

3. la construction de dispensaires

4. l'alphabétisation

5. l'habitat

6. le désenclavement

7. les activités productrices

8. autre à préciser.............................................

/____//____//____//____/

Q47 A votre avis, quels sont les meilleurs moyens de lutte contre la pauvreté dans cette communauté(en ordre d'importance)

1. former et éduquer les populations

2. désenclaver et développer les infrastructures routières

3. aider les populations à s'organiser et l'encadrer

4. fournir à la communauté un appui matériel et financier

5. développer les services sociaux de base

6. développer les activités génératrices de revenu

7. promouvoir la justice sociale

8. autres précisions

...............................................................................

/____//_____//____//____/

Q48 Selon vous, quels sont les principaux facteurs d'allègement de la pauvreté dans votre communauté ?

1. l'initiative personnelle de familles

2. système d'entraide et de solidarité sociale

3. les interventions de l'Etat

4. les interventions des partenaires au développement (ONG...)

/____//____/

TISSU ASSOCIATIF

 

Q49 Existe-t-il un...dans cette communauté ?

Q50 Appartenez-vous à ce... ?

Q51 Quelle est l'importance du rôle du...dans la résolution des problèmes sociaux ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

1. Oui

2. Non

1. Important

2. Peu

3. Aucun rôle

4. Négatif

a. Coopérative

 
 
 

b. ONG

 
 
 

c. Comité de gestion

 
 
 

d. Groupe d'âge

 
 
 

e. Association religieuse

 
 
 

f. Association de ressortissants

 
 
 

g. Tontine

 
 
 

h. Association professionnelle

 
 
 

Durée de l'entretien /____//____/MIN

Annexe 3 :

Le guide pour les Focus Group et pour les entretiens individuels

Thème 1 : La perception de la pauvreté

Ø Comment les groupes concernés définissent-ils la pauvreté ?

Ø Selon les groupes concernés, quelles sont les causes de la pauvreté ?

Ø Selon les groupes concernés, comment se manifeste la pauvreté et quelles sont ses conséquences ?

Thème 2 : La classification des ménages de la localité(en riches, aisés, pauvres, très pauvres)

Ø Comment se manifeste la pauvreté dans la communauté ou le quartier ?

Ø A quelle catégorie, les membres du groupe appartiennent-ils ?

Thème 3 : Le processus d'appauvrissement

Ø Pensez-vous que dans votre communauté, au cours des cinq dernières années, la pauvreté est restée stable, s'est beaucoup aggravée, ou a diminué ?

Ø Selon vous, est-il plus facile ou plus difficile de supporter la pauvreté aujourd'hui qu'il y a cinq ans ?

Thème 4 : Les stratégies de réponse à la pauvreté

Ø Quels types d'initiatives ont été entrepris pour lutter contre la pauvreté ?

Ø Quelles sont les actions qui ont été menées jusqu'à présent par les groupes concernés pour résoudre le problème de pauvreté ?

Thème 5 : Les conceptions des changements possibles pour la lutte contre la pauvreté

Ø Quelles sont les aspirations des groupes concernés pour une amélioration de leur situation à long terme ?

Ø Comment les groupes concernés, pensent-ils passer de leur situation actuelle à une situation meilleure ?

Thème 6 : Les priorités et solutions

Ø Quels sont les principaux problèmes auxquels les gens font face ?

Ø En termes de lutte contre la pauvreté, quelles sont les principales priorités de la communauté ?

Ø Que faut-il concrètement faire pour lutter contre la pauvreté au sein de cette communauté ?

Ø Quelles solutions les membres de la communauté préconisent pour lutter contre la pauvreté ?

Ø Quel facteur est le plus important dans l'allègement de la pauvreté au sein de la communauté ?

Thème 7 : L'accessibilité aux services sociaux de base

Ø Quelle est l'appréciation de l'accessibilité physique des services sociaux de base ?

Ø Quel est le degré de satisfaction de la qualité des services sociaux de base ?

Ø Comment trouvez-vous les coûts des services sociaux de base ?

Ø Quelle est la relation entre pauvreté et accès aux services sociaux de base ?

Thème 8 : Les organisations et leur rôle

Ø Quelles sont les différentes formes d'organisation qui existent au sein de la communauté ?

Ø Quels rôles les organisations communautaires ont-elles joué dans la résolution des problèmes sociaux ?

Annexe 4 :

Les tableaux

Tableau 16 : Tableau d'estimation de la taille d'un échantillon

Source : chercheur

Tableau 17 : Table des nombres aléatoires

Source : chercheur

TABLE DES MATIERES

Dédicace 2

Avant-propos 3

Remerciements 4

Liste des Sigles et Abréviation 5

Liste des Tableaux 5

Liste des graphiques et des figures 7

Liste des schémas 7

Liste des encadrés 7

Liste des cartes 7

Liste des photos 7

Résumé exécutif 8

Introduction générale 10

Première Partie : Cadre Théorique 12

Chapitre 1 : Problématique 13

Section 1 : Présentation de l'objet de recherche 13

Section 2 : pertinence du sujet relatif à l'objet 21

Section 3 : Question de départ 25

Section 4 : Constats de recherche 25

Section 5 : Problème de recherche 26

Section 6 : Question de recherche......................................................................................................... 27

Chapitre 2 : Orientation de la Problématique 28

Section 1 : Les objectifs de recherche 28

Section 2 : Les hypothèses de recherche 28

Section 3 : Test théorique de l'hypothèse : La revue de la littérature 29

Chapitre 3 : Ancrage théorique : L'opérationnalisation du cadre théorique 33

Section 1 : Rappel des familles théoriques et choix théorique 33

Section 2 : définition des concepts 38

Section 3 : Mesure des concepts définis : variables, indicateurs et indices 39

Deuxième Partie : Cadre Pratique 43

Chapitre 4 : Site de l'étude 44

Section 1 : Site Géographique 44

Section 2 : Cartographie du problème étudié sur le site 45

Section 3 : Sociologie du site 46

Section 5 : L'économie du site 47

Chapitre 5 : Phase préparatoire à l'enquête de terrain 49

Section 1 : Les unités d'enquête 49

Section 2 : Plan de travail 49

Section 3 : La revue documentaire : la collecte des données secondaires 49

Section 4 : L'échantillonnage 50

Section 5 : construction et test des outils de collectes des données 52

Section 6 : les outils, les techniques et le schéma d'analyse des données 59

Chapitre 6 : La phase d'exécution de l'enquête de terrain : construction et test 61

Section 1 : L'administration du questionnaire 61

Section 2 : La réalisation des entretiens 61

Section 3 : La réalisation des Focus Group 61

Section 4 : L'observation participante et les récits de vie 62

Section 5 : Les difficultés liées à l'enquête de terrain 62

Troisième Partie : Cadre des Résultats 66

Chapitre 7 : Présentation des données issues de l'enquête 67

Section 1 : Présentation des données quantitatives 67

Section 2 : Présentation des données qualitatives 61

Chapitre 8 : Analyse des données et présentation des résultats 75

Section 1 : Analyse des données quantitatives 75

Section 2 : Analyse des données qualitatives 65

Chapitre 9 : Interprétation des résultats issus des données analysées 78

Implication des résultats 78

Conclusion Générale 78

Bibliographie 82

Annexe 85

* 1 En parité de pouvoir d'achat(PPA) du dollar de 1985.

* 2 Alberto Wagner De Reyna, `'Progrès et développement'', recueil de textes, Ed l'Harmattan, 1990, p37

* 3 B. Armes, W. Brown et S. Devarajan, « Problèmes macroéconomiques », 2000, in : www. Worldbank.org/poverty

* 4 Sen A., « Commodities and capabilities », Amsterdam: North Holland, 1985 in Annual world bank, Conference on Development Economies, 1995, p.60

* 5 Frazier, 1942

* 6 Oscar Lewis, Culture of poverty

* 7 Ce que Rawls (1971) entend être des biens premiers sociaux peut être résumé comme des circonstances et des moyens généraux utiles à la réalisation de tout projet de vie, quel qu'en soit le contenu exact. Il s'agit de ressources à usage général, que chaque individu rationnel, quelle que soit sa conception du bien ou ses objectifs, ne peut pas ne pas désirer en tant que « précondition de la poursuite des plans de vie ». Cette liste de biens premiers comprend : (1) les droits et les libertés fondamentales, (2) la liberté de mouvement et le libre choix d'une position dans un contexte d'égalité des chances, (3) les pouvoirs et les prérogatives attachés aux différentes fonctions et positions dans les institutions politiques et économiques de la société, (4) les revenus monétaires et la richesse, (5) les bases sociales du respect de soi.

* 8 Bourguignon F et Morrisson Ch.., « Inequality among world citizens 1820-1992» American Economie Review, septembre 2002, in MorrissonCh, op.cité, Ramses 2003, p.l 10

* 9 Charlotte Guénard et Jean Luc Dubois, Inégalités, croissance et pauvreté en Afrique, p52

* 10 Hamed Bahri, Sur la définition de la pauvreté, p7

* 11RuggieriLaderchi, Caterina, SaithRuhi, Stewart Frances, Working Paper N0107. Queen Elisabeth House, University of Oxford, 2003.

* 12 Voir par exemple Herpin et Verger (1997), Fleurbey et alii (1997) et Ravallion (1996.)

* 13 Abena D. Oduro et IvyAryee sont issus du centre for Policy Analysis au Ghana.

* 14Le Play est l'un des premiers sociologues de terrain. Son oeuvre fut continuée par plusieurs disciples tels Adolphe Focillon, Émile Cheysson, Alexis Delaire etc...

On redécouvre aujourd'hui les travaux de ces leplaysiens et leur influence dans le développement des approches empiriques en sociologie (voir, par exemple, les travaux d'Emmanuel Todd, qui s'y réfère largement)

* 15John Rawls, A Theory of Justice, Harvard, HUP, 1971. Il veut résoudre le problème de la justice distributive en critiquant l'utilitarisme, et en faisant appel aux positions de Kant et au contrat social.

* 16Streeten Paul, Economic integration: aspects and problems, 1961.

* 17Armatya Sen, Development as freedom, Oxford University Press, 2001. Il a reçu le prix Nobel d'économie en 1998, pour ses travaux sur la famine, sur la théorie du développement humain, sur l'économie du bien-être, sur les mécanismes fondamentaux de la pauvreté, et sur le libéralisme politique. Il est l'initiateur de l'approche par les capabilités. Il est aujourd'hui professeur universitaire Lamont à l'Université Harvard.

* 18 L'auteur distingue trois formes élémentaires de pauvreté. La pauvreté intégrée - pauvreté traditionnelle qui résulte du développement à long terme des économies, touche une large partie de la population voir Les formes élémentaires de la pauvreté, 2005.

* 19 Anthropologue Américain dont les monographies de familles pauvres ont connu un succès mondial, définissant, comme nous l'avons vu, la culture de la pauvreté comme un ensemble de valeurs, d'attitudes et de comportements, essentiellement différent de celui des classes moyennes, adopté en réaction à des circonstances qui ne permettent pas de s'intégrer dans la société.

* 20 Voir recensement démographique de la Sous-Préfecture de Soubré, ORSTOM & BNET, Octobre 1972, p5.

* 21 On parle de garantie de terre lorsqu'un propriétaire foncier décide de céder, pour une durée déterminée, une partie de sa parcelle à un individu en échange d'argent. Ce mode d'acquisition foncière est le plus récent dans le département de Soubré. Il faut rappeler qu'il est en général usité par les communautés autochtones.

* 22 Bilan de la campagne 2012-2013, Direction des Opérations Techniques(D.O.T), Conseil café-cacao, 2013.

* 23 Etude de base sur le travail des enfants dans la culture du cacao dans les départements de Bouaflé, Mbatto Daoukro, Issia et Soubré, 2013, p7.






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