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à‰quilibre géopolitique entre les à‰tats-Unis et la Chine.

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par Alfred Lushimba
Université de Lubumbashi - Licence 2016
  

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§3. Le soft-power chinois : une réponse au hard-power américain

Alors que les USA cherche à contrecarrer la montée en puissance

de la Chine en cherchant à entourer l'entourer avec des bases militaires et en conquérant plus l'Asie, notamment l'United States Pacific Commanded qui dispose d'une série de bases qui encerclent, la RPC et qui sont à l'heure actuelle en capacité de contrôler l'essentiel des eaux du pacifique en dehors des eaux territoritoriales chinoises ; l'Amérique d'Obama faisant l'annonce d'une initiative diplomatique connue sous le nom de PIVOT (ou de rebalancing) en Asie orientale qui vise de façon implicite à contrecarrer les visées expansionnistes de la Chine, ils ont prévu de concentrer l'essentiel de

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leurs moyens aéronavals dans le pacifique occidental. La Chine, qui, elle, est en quête de la parité stratégique avec les USA, fournis les efforts de compasser ses faiblesses par des moyens pacifiques.

Elle, étale sa stratégie commerciale à la portée planétaire. Il en est de même avec Pascal Gauchon qui lui, remonte dans les temps pour situer cette puissance chinoise, en appuyant que depuis la fin de la guerre froide, la diplomatie chinoise évolue à nouveau : elle passe de la défense étroite des intérêts nationaux et de la quête de montée en puissance à la volonté de réaliser l'harmonie universelle, dont le développement pacifique chinois serait une des meilleures garanties. Elle semble renouer avec une sorte de soft-power. Le débat sur la puissance a, ainsi, récemment rebondi146.

En effet, après le 11 septembe2001, se dessine un tournant sensible : la Chine est contrainte d'adopter un ton beaucoup plus modéré et pacifique, nettement moins anti-américain. Elle prend conscience des craintes nouvelles qu'elle suscite à l'étranger et surtout à Washington. Le président Hu Jintao le promettait : « la Chine ne sera jamais hégémonique». Elle cherche à redevenir une grande puissance au terme d'un processus d'ascension pacifique que le PCC a vendu au reste du monde sous l'appellation moins anxiogène de « développement pacifique ». Elle s'engage à ne pas déstabiliser l'ordre international ni à opprimer ses voisins. La diplomatie chinoise vise après 2001 à éviter à tout prix les tensions : liant des partenariats avec les grandes puissances régionales, comme avec l'Inde, en engageant les USA dans des solidarités mutuelles (commerciales, diplomatiques...)147.

Jean-Pierre Cabestan, (dit l'auteur), parle ainsi d'une « stratégie de contournement » de l'hyperpuissance américaine148. Un faisceau de facteurs économiques et géopolitiques l'explique : l'insertion croissante de Chine dans la mondialisation, la prise de conscience d'une plus grande dépendance extérieure, notamment en matière énergétique et alimentaire, la concurrence

146 Gauchon, P., et alii, op.cit., p. 282

147 Idem, p. 293

148 Cabestan, J-P., cité par Gauchon, P., op.cit., p. 393

des puissances régionales en Asie, l'impasse diplomatique dans la crise taiwanaise, l'implantation durable des Etats-Unis et de l'OTAN en Asie centrale au nom de la guerre contre le terrorisme. L'anti-américanisme des chinois a été mis en sourdine, comme en témoigne sa faible opposition à la guerre en Irak (2003). Son positionnement géopolitique se mondialise : dans chaque région du monde, la « grande nation » veut être présente en développant ses relations avec des pays ou groupes de pays qui sont des pôles régionaux importants ou qui sont riches en matières premières (si possible, les deux).

Déjà au début de l'année 2013, la Chine est devenue la première puissance commerciale du monde. Les exportations chinoises sont certes le fait de l'outsourcing, mais la Chine a su aussi se doter de grandes sociétés même si elle ne comptait encore en 2013 que deux entreprises multinationales parmi les trente premières mondiales avec notamment la China Petroleum et la Chemical (Sinopec) au quatrième rang mondial et petro china au 5e rang. Toutefois, lors des dix dernières années le nombre de FMN (Firmes Multinationales) chinoises du global 500 a été multiplié par 5. Ces grandes sociétés chinoises, qui sont pour la plupart nées de joint-ventures avec des sociétés occidentales, sont présentes dans des secteurs très variées (pétrolier, bancaire, agroalimentaire...)149.

La Chine ayant comme abutions de conquérir le monde pour accéder à la puissance, commence par améliorer le terrain par sa région, même si certains différends ne sont pas à négliger avec ses voisins, force est de relever le défis de la puissance régionale d'abord. D'où, ses partenaires innégligeables sont asiatiques, mais comme dit Alain Nojon, la Chine a étendu ses échanges à la planète entière. Depuis quelques années déjà, elle a acquis des mines en Afrique, notamment en Zambie, en République Démocratique du Congo (RDC), et en Amérique latine notamment au Pérou, au Chili,, au Cuba, au Brésil. Elle a de même accédé au pétrole là où on l'y autorisait, notamment au Venezuela, Equateur, Pérou, Soudan, Angola, Nigeria... Elle a aussi acheté des terres, notamment en Philippines, Laos,

149 Nonjon, A., et alii, op.cit., p. 583

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Zimbabwe, Russie, Cameroun... ces entreprises d'intérêts sont souvent complétées par des prêts et la livraison d'équipements de génie civil : routes, barrages etc. voire par l'implantation d'usines pour l'exploitation des matières premières et de plus en plus par une exportation croissante de biens de consommation. Peu présente encore aux USA en raison d'échecs dans sa politique de rachat d'entreprises (UNOCAL ou Hummer), elle semble désormais intéressée par l'Europe, notamment la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie, la France et les autres, où elle a investi en particulier dans le port du Pirée appelé à devenir sa plate-forme logistique vers la méditerranée et la mer noire.

Une grande puissance financière

Les réserves de change de la Chine ont dépassé les 3100 milliards de dollars en 2012 et la Chine détiendrait, selon le FMI, 32% des réserves mondiales de change. Les surplus de la balance des paiements courants chinois alimentent, via la banque centrale chinoise, la state administration of foreign exchange (SAFE) qui gère les réserves de change dont le tiers est constitué de bons du trésor américain et le reste de participations diverses dans des sociétés pétrolières (Total, BP, Shell) ou des sociétés financières (Australia and Banking group... ces réserves abordent aussi un fonds souverain, la China Invesment Corporation (CIC) dont les disponibilités étaient fin 2010 de l'ordre de 410 milliards de dollars et dont la logique première est financière150.

Ce fonds investi en Chine via Central Huijin qui est une holding des banques d'Etat et participe à diverses sociétés : ICBC, China Développement Bank qui peuvent aussi détenir via d'autres structures comme la société Chinalco des participations dans des sociétés étrangères (Rio Tinto ou Barclays Bank). La CIC détient par ailleurs de fortes participations dans le secteur financier américain (Morgan Stanley, Bankstone), le secteur énergétique, les matières premières et l'immobilier...

150 Nojon, A., et alii, op.cit., p.584

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand