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à‰quilibre géopolitique entre les à‰tats-Unis et la Chine.

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par Alfred Lushimba
Université de Lubumbashi - Licence 2016
  

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§2. L'influence américaine dans le pacifique

Les Etats-Unis entendent rester ou redevenir ce qu'ils sont, une puissance hégémonique et/ou indispensable qui, si elle n'est plus gendarme du monde, a une capacité d'empêcher ce qui ne leur convient pas. La Chine, en dépit de discours officiels lénifiants, cherche sans doute à affirmer une hégémonie dans sa propre région pour étendre en suite progressivement sa sphère de domination et à terme contrôler l'ensemble du système mondial163.

Aujourd'hui, la situation est la suivante : les USA ont une domination stratégique écrasante dans la région. Ils encerclent la Chine par leurs bases et leurs alliances quadrillent toute l'Asie : traités de sécurité avec le Japon, Taiwan et la Corée du Sud ; accords avec la Thaïlande, Singapour et les Philippines en Asie du Sud-Est ; double alliance avec l'Inde et le Pakistan en Asie du Sud ; présence en Afghanistan, au Kirghizstan et en Ouzbékistan en Asie centrale.

En face, l'activisme chinois, qui repose sur leur importance économique régionale, est plus limité. Il vise à geler la péninsule coréenne et se déploie de façon concurrente au Pakistan, en Asie centrale ou jusqu'en Iran-Irak. C'est dans ce contexte que la présence américaine dans la région donne lieu à un désaccord. Les USA estiment que tout ce qui passe dans le pacifique est une affaire américaine, alors que les chinois soutiennent que toutes les questions locales doivent être réglées sur une base bilatérale avec les nations concernées et que, selon Wen Jiabao, des forces extérieures n'ont pas à interférer.

Il n'en reste pas non plus que ce réengagement ne suscite pas toujours l'enthousiasme dans la région. La proposition du Vietnam et des Philippines lors de sommet de Bali, réunissant les ministres des affaires étrangères de l'ASEAN en 2011 de créer un front antichinois a été accueillie avec tiédeur par les autres membres qui, conscients de leur dépendance économique vis-à-vis de Pékin, ne souhaitent pas se trouver pris en porte-à-faux entre les intérêts divergents des deux puissances rivales.

163 Nazet, M., op.cit., p.316

Aujourd'hui, la Chine ne se pense pas comme une puissance comme les autres, mais comme une puissance en capacité de régénérer le monde par la promotion d'un système présenté comme concurrent des Etats-Unis.

§3. Le contexte stratégique

Ce paragraphe va plus éclairer les situations de relations dites ambiguës entre les deux puissances. C'est ici où il convient de dire que les deux Etats à hégémonies en gestation, peuvent ou pas se contredire du point de vue de contrôle du monde. Bien des questions se posent s'agissant de rapport entre les USA et la Chine, en ce qui concerne la résurgence de la nouvelle guerre froide. Nous allons ainsi en apporter des réponses avec certains spécialistes de Relations Internationales qui ont déjà consacré des études importantes à ce sujet. Mais pour aborder cette question, nous allons procéder à nous poser mille et une questions avec Henry Kissinger, qui est un grand analyste sur la question.

Cet auteur se pose une chaine des questions pour cerner la quintessence de la situation même, en disant : « les Etats-Unis doivent-ils chercher par tous les moyens possibles à retarder l'émergence de la Chine au rang de grande puissance? Ou doivent-ils s'efforcer d'instituer une structure asiatique ouverte à la coopération avec tous les Etats, une structure qui ne reposerait pas sur l'hypothèse de l'agressivité inhérente de tel ou tel ou pays, mais serait en même temps assez souple pour résister à toutes aspirations à l'hégémonie?164.

A la suite des idées de l'auteur, après ces questions, il souligne que la Chine est le pays de la planète qui a connu la plus longue histoire ininterrompue et elle a été contrôlée par le dernier gouvernement à se dire communiste. C'est l'Etat qui a le plus de chances de se poser en rival des Etats-Unis à un moment quelconque du siècle nouveau. L'auteur pense quant à ce, que cette situation puisse se présenter dans les vingt-cinq ans à venir.

164 Kissinger, H., la nouvelle puissance américaine, Paris, éd. Nouveaux horizons fayard, 2003, p. 159

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Il faut noter que le monde interactif actuel entre les deux prétendus rivaux, est fort différent de celui de la guerre froide. L'idéologie soviétique insistait sur son applicabilité universelle, et jusqu'à Mikail Gorbatchev, tous les dirigeants soviétiques avaient proclamé que leur objectif ultime était le triomphe mondiale du communisme. La doctrine Brejnev reflétait la détermination de Moscou à maintenir les partis communistes au pouvoir, par la force au besoin, et l'Union soviétique est intervenue militairement en Hongrie et en Tchécoslovaquie, tout en menaçant d'en faire autant en Pologne et indirectement en Chine. La direction communiste chinoise ne mène pas une politique de ce genre à l'étranger et ne formule pas de telles revendications universelles ; elle ne mène pas à la baguette un réseau de partis communistes ou d'organisations extrémistes déclarant leur allégeance à Pékin. Et elle ne remet pas en question la structure intérieure d'autres Etats pour des motifs idéologiques.

Disons avec cet auteur que, la politique chinoise est patiente, elle s'inscrit dans le long terme. Le défi géopolitique tel que le voit Pékin ne réside certainement pas dans la conquête de pays voisins, l'objectif serait plutôt d'éviter toute association de ceux-ci contre la Chine. Les dirigeants chinois n'ont évidemment aucun intérêt à provoquer les Etats-Unis, un pays extrêmement lointain et qui, historiquement, n'a jamais menacé l'unité ni l'intégrité de la Chine. Certes, dans leurs déclarations officielles, les chinois ne ménagent pas leurs critiques contre les alliances militaires américaines en Asie, ce qui pourrait donner à penser que leur pays cherche, à longue échéance, à compromettre la présence des Etats-Unis dans la région et à amoindrir leur rôle. Mais il n'est pas besoin de croire à la bonne volonté de la Chine ni à ses intentions pacifiques à long terme pour conclure que la simple prudence empêchera ses dirigeants de prendre à la légère le risque d'un conflit avec la puissance militaire dominante du monde à cette étape de l'évolution de leur pays. Ajoutons avec Kissinger que, les intérêts de la Chine moderne dans le système économique international sont immenses, plus importants que l'Union soviétique n'en a jamais eu, ce qui lui donne d'excellentes raisons de ne pas remettre en cause le statu quo en Asie.

Un conflit avec les USA permettrait à tous les pays qui entourent la vaste périphérie de la Chine de poursuivre leurs ambitions et de faire valoir leurs prétentions. Dans ces conditions, la Chine serait bien avisée d'appliquer la maxime fondamentale de sa politique traditionnelle : « opposer les barbares lointains aux barbares les plus proches ». de ce point de vue, les USA se verraient attribuer le rôle d'option géopolitique de la Chine et même de filet de protection potentiel, et non celui d'ennemi juré. Dans l'ensemble, la politique chinoise a suivi cette voie malgré quelques vicissitudes, à propos de Taiwan essentiellement165.

Sur le plan armement

Il convient également de garder le sens de la mesure lorsqu'on envisage que la Chine puisse défier militairement et directement les Etats-Unis. L'URSS possédait quelque 2500 vecteurs stratégiques, dont certains étaient équipés d'ogives multiples d'une haute précision potentielle. Une attaque tous azimuts contre les USA était techniquement réalisable, et elle était envisageable stratégiquement (bien qu'elle n'ait jamais été vraisemblable). La force stratégique chinoise, qui se limite à une trentaine des missiles à combustible liquide équipés d'ogives uniques, et dont le lancement exige plusieurs heures, ne permet pas d'opérations offensives. Et si, au cours des prochaines décennies, les chinois font l'acquisition d'ogives multiples pour équiper un nombre plus important de missiles à combustible solide, une défense américaine anti-missile permettra aisément de préserver l'équilibre166.

Quant aux forces terrestres chinoises, elles sont en mesure d'assurer la défense de leur patrie par une stratégie d'usure, mais elles ne se prêtent pas à des opérations offensives prolongées contre un adversaire majeur. Ajoutons que sur périphérie, la Chine se trouve dans une situation bien plus périlleuse que celle de l'Union soviétique connaissait en Europe. L'URSS menaçait des voisins faibles, incapables de résister aux forces terrestres soviétiques, seules ou associées. La Chine est confrontée à des

165 Kissinger, H., op.cit., pp. 160-161

166 Idem, p. 60

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voisins militairement redoutables, dont l'Inde, le Vietnam, le Japon, la Russie et les deux Corées, autant de puissances difficiles à écraser individuellement et qui le seraient bien davantage encore si elles s'associaient. Cela suffit à inciter la diplomatie chinoise à éviter de menacer tous ses voisins simultanément.

Certes, lorsque la Chine aura développé ce qu'elle appelle, sa « force nationale complète », sa puissance militaire représentera une menace plus sérieuse. Mais on peut penser que dans les décennies à venir, les USA concevront des avantages diplomatiques, économiques et militaires qui leur permettront de façonner l'avenir sans susciter un affrontement préventif avec la Chine.

Quant à la justification de notre hypothèse, nous avons vite recouru à la méthode systémique, car, définissant l'interaction entre les

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