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Le développement de la filière cacao et son incidence sur la gestion des terroirs forestiers en zone de Beni


par Rodrigue MAKELELE KAHAVIRAKI
Université Catholique du Graben - Licence 2021
  

Disponible en mode multipage

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i

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

« R.D.C »
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
« E.S.U »
UNIVERSITE CATHOLIQUE DU GRABEN
« U. C. G. »
B.P. 29 BUTEMBO/ NORD-KIVU

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE CACAO ET SON

INCIDENCE SUR LA GESTION DES TERROIRS FORESTIERS

EN ZONE DE BENI.

Par MAKELELE KAHAVIRAKI Rodriguez

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du diplôme de licence en Sciences

Economiques et de gestion

Option : Economie Rurale Directeur : Dr MAFIKIRI TSONGO Angélus, Professeur Ordinaire. Encadreur : KAMBALE NZWEVE Jean-Louis, Chef de Travaux.

ANNEE ACADEMIQUE : 2020-2021

II

EPIGRAPHE

« L'agriculture est le premier métier de l'homme, c'est le plus honnête, le plus utile et par conséquent le plus noble qu'il puisse exercer »

Jean-Jacques ROUSSEAU

MAKELELE KAHAVIRAKI Rodrigue

III

DEDICACE

A mon feu vénérable Papa MAKELELE LUKANZA Maurice-Arnold que le destin m'a enlevé et dont je garde encore la réminiscence ; et à ma mère MASIKA KATSETSE Aurélie

A mes grands-parents MAKELELE KAHAVIRAKI DAVID et KYAVU STEPHANIE.

A mon père KAMATE MULUME François et maman KAVUGHO RIZIKI.

A vous mes frères : EVARISTE KAHAVIRAKI, ELOGE KASYENENE, MULINDWA MULUME, MULUME CHARLES-LWANGA FRANKLIN, PAVEL BAHATI...

A vous mes soeurs : GISELE KAHAVIRAKI, VAKATSURAKI MERVEILLE, VAKATSURAKI BENEDICTE, FLORENCE KIHEMBA, RIZIKI MERY, AUGUSTINE SYOWAVYOSI, KATUNGU CECILE...

A ma chère amie inséparable de coeur MASIKA ZAWADI

A tous mes neveux et nièces

A tous mes amis(es) de longue date

A qui voudra et moi-même

Je dédie ce travail

MAKELELE KAHAVIRAKI Rodrigue

iv

REMERCIEMENT

Nous voici présenter enfin le résultat d'une longue période d'études. Cette étape de notre vie a été caractérisée par quelques traits ; tels que le désespoir, les échecs, les tourments quelquefois corrosifs, également des réussites éphémères et lapidaires. Néanmoins, ce travail est l'aboutissement d'une patience réfléchie et aussi le concours de plusieurs personnes.

C'est ainsi que nous tenons à remercier de prime abord le Professeur Ordinaire MAFIKIRI TSONGO Angélus pour avoir dirigé ce travail avec perspicacité, prouesse et pertinence. Nous serions ingrats de ne pas exprimer notre reconnaissance à monsieur le Chef de Travaux KAMBALE NZWEVE Jean-Louis pour nous avoir élucidé sur les ébauches de ce travail.

Nous pensons beaucoup avec affection aux ultimes bienfaiteurs.Tout d'abord, mes plus sincères remerciements vont à ma mère qui m'a toujours encouragé dans la poursuite de mes études, ainsi que pour son aide, sa compréhension et son soutien depuis la cessation vitale paternelle jusqu'à présent.Dans le même ordre d'idée, à la famille KAMATE MULUME François dont la gentillesse et la sympathie témoignées à notre faveur ont été d'une spécificité remarquable. Dans le même ordre d'idée nous citons les familles RUKWATA CHARLES, KIVUYIRWA Kennedy, ERNESTINE LUKANZA et KOMBI MAISHA sans oublier YVONNE KATSERETSE soeur Oblate de l'Assomption.

Nous pensons aussi aux agents fonctionnaires de l'ESCO-KIVU, SCAK, VIRUNGA CHOCOLATE ORIGINS... et planteurs qui, sans leur concours, ce travail ne devrait être édifié.

Que les amis avec qui nous avons partagés les moments heureux et difficiles pendant notre vie estudiantine à l'UCG, à l'instar de : PALUKU THEMBO POUDRE, KAVUGHE WASINGYA, KITAMUTIMA Moise, GISELE AKILIMALI, KAYEMBE LUBOYA, BIENFAIT MUSAYI, MAONGEZO SYLVAIN, ELVIS MUKENYE, KAMBALE SHUKURU ... trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude.

En fin à tout celui ou celle qui se serait intéressé à notre personne, nous disons grand

merci.

V

RESUME

Introduit en RDC depuis 1934, les résultats de développement de la filière restent visibles dans un sens ascendant. Depuis 2008 la société ESCO-KIVU fut seule gouverneure de la filière avant que d'autres viennent s'introduire de la filière à partir de 2015 en territoire de Beni jusqu'à nos jours. En 2020, la venue de la Virunga OriginsChocolate amplement relevé les défis du maillon transformation. La naissance de la chaine de valeur « chocolat » dans la filière s'est tout à coup fait voir. Celle-ci était inexistante avant ; actuellement à laquelle s'ajoute la chaine de valeur « cacao brut ». Ce qui démontre qu'actuellement la filière possède déjà deux chaines de valeurs.

L'installation de Virunga Origins Chocolate a donné une nouvelle restructuration et fonctionnement de la filière. Les acteurs de cette filière restent en communion dans les activités à travers des contrats d'achat entre négociateur et transformateur.

Les productions du territoire de Beni en cacao sont significativement croissantes dans le temps. Cela en raison directe avec les superficies emblavées, le nombre des planteurs et le rendement par ha. Ce qui valide notre modèle selon lequel la superficie, le rendement et le nombre des planteurs expliquent mieux la production du cacao en zone de Beni que le prix. Il est vraiment clair que dans la zone de Beni, la filière « cacao» se développe comme une étoile filante. Il est impérieux de croire que cette filière attends la paix pour s'épanouir de plus vue l'impact négatif de l'instabilité sociopolitique sur ces facteurs explicatifs de la production.

En conséquence, les chaines de valeurs sont conditionnées par l'existence d'une firme chef de fil mais aussi, son expansion se justifie par la naissance d'une unité de transformation, la production (expliquée par la superficie, le rendement, le prix et le nombre des planteurs du cacao tel que prédit notre analyse du modèle économétrique) et les débouchés sûrs.En plus, l'insécurité grandissante liée à la crise politique en territoire de Beni et le non mise en place des politiques agricoles industrielles pour développer de plus la filière constituent les contraintes les plus fulgurantes pour les acteurs de la filière. Ils n'instaurent pas un bon climat pour les investisseurs étrangers. En revanche, la filière « cacao » en Zone de Beni présente des grandes opportunités et forces pour sa forte relance.

En zone de Beni, cependant,la cacaoculture constitue un vrai danger sur les terroirs forestiers étant donné que les cultivateurs du cacaoyer acquièrent des terres par amodiation et par attribution coutumière. Laquelle gestion foncière offre la liberté d'exercice sans contrainte aux exploitants qui s'acquittent des redevances. Le danger environnemental s'y pose au fait

vi

queles exploitants agricoles recourent au défrichage par brulis avec usage des produits phytosanitaires comme réponse aux problèmes des maladies parasites et insectes ravageurs attaquant le cacaoyer. Les paysans abandonnent selon eux, les anciennes exploitations cacaoyères, pour un nouveau défrichage en vue d'accroitre et maintenir une grande production. Malgré la pratique agroforestière faible, le développement de la filière constitue un danger environnemental.

En plus, le code forestier et celui agricole, sont plus orientés vers des grandes exploitations forestières et agricoles. D'autant plus, la législation en matière forestière et agricole ne reste en conflit avec elle-même comme avec celle du secteur foncier que minier. Ce qui ouvre porte au recadrage institutionnel important en vue de mieux réorienter les activités agricoles, foncières, minières et forestières et une mise en place d'un programme axées sur l'initiative cacao sans déforestation du type REDD+ sous un partenariat public-privé régit par une édiction des lois forestières spécifiques, des textes légaux en cohésion les secteurs carrefours comme l'agriculture, la foresterie, minier et foncier.

vii

ABSTRACT

Introduced in the DRC since 1934, the development results of the sector remain visible in a bullish direction. Since 2008, ESCO-KIVU is the only governor of the sector before others enter the sector from 2015 on the territory of Beni until today. In 2020, the arrival of Virunga Origins Chocolate has amply responded to the challenges of the transformation link. The birth of the «chocolate» value chain in the industry suddenly became evident. It was non-existent before; currently to which is added the value chain "raw cocoa". This shows that currently the sector already has two value chains.

The installation of Virunga Origins Chocolate has given a new restructuring and a new functioning of the sector. The actors of this sector remain in communion in the activities through purchase contracts between negotiator and processor.

Cocoa production in the territory of Beni has increased considerably over time. This is directly linked to the area sown, the number of planters and the yield per ha. This validates our model according to which the area, the yield and the number of planters explain better the cocoa production in the Beni zone than the price. It is clear that in the region of Beni, the "cocoa" sector is developing like a shooting star. It is imperative to believe that this sector waits for peace to flourish in view of the negative impact of socio-political instability on these explanatory factors of production.

Consequently, value chains are conditioned by the existence of a leading firm but also, its expansion is justified by the birth of a processing unit, production (explained by area, yield, price and number of cocoa farmers as predicted by our analysis of the econometric model) and secures outlets. In addition, the growing insecurity linked to the political crisis in the territory of Beni and the non-implementation of industrial agricultural policies to further develop the sector constitute the most dazzling constraints for the actors of the sector. They do not create a good climate for foreign investors. On the other hand, the «cocoa» sector in the Beni zone presents great opportunities and advantages for its strong revitalization.

In the Beni zone, however, cocoa cultivation constitutes a real danger on the forest lands. Seen, cocoa farmers acquire land through leasing and customary allocation. Which land management offers the freedom of exercise without constraint to the operators who pay the royalties. The environmental danger arises there from the fact that farmers resort to slash-and-burn clearing with the use of phytosanitary products as a response to the problems of parasitic diseases and insect pests attacking the cocoa tree. According to them, the peasants are

VIII

abandoning the old cocoa farms for a new clearing in order to increase and maintain a large production. Despite the weak agroforestry practice, the development of the sector constitutes an environmental danger.

In addition, the forestry and agricultural codes are more oriented towards large

forestry and agricultural operations. Moreover, the legislation in forestry and agriculture does not remain in conflict with itself as with that of the land and mining sector. This opens the door to significant institutional reframing in order to better reorient agricultural, land, mining and forestry activities and the establishment of a program based on the REDD + type deforestation-free cocoa initiative under a public-private partnership governed by an enactment of specific forest laws, legal texts in cohesion with crossroads sectors such as agriculture, forestry, mining and land.

1

INTRODUCTION

I. PROBLEMATIQUE

. L'agriculture est le berceau de l'activité humaine. Apparue au Néolithique, 10 000 à

9 000 ans avant J.C., cette activité n'a cessé d'être au centre du développement depuis lors.

Aujourd'hui encore, si moins de 5 % de la population active des pays développés travaille

dans l'agriculture, elle reste l'activité principale des individus dans les pays pauvres et en

développement1.Ainsi, l'agriculture était la première activité humaine, et ce sont les progrès

techniques en son sein qui ont permis aux innovations de la révolution industrielle de se

développer grâce à l'afflux de travailleurs. Initialement donc, il a fallu nécessairement une

augmentation de la productivité agricole pour que la transition économique vers une

industrialisation puisse s'effectuer2.

Le secteur agricole peut, conjointement à d'autres secteurs, accélérer la croissance, réduire la pauvreté et préserver durablement l'environnement. L'agriculture comprend les activités de cultures, de l'élevage, de l'agroforesterie et de l'aquaculture ; elle contribue au développement en tant qu'activité économique, en tant que moyen de subsistance et en tant que source de services environnementaux ; elle est donc un unique instrument du développement3. L'agriculture peut alimenter la croissance de l'économie nationale, offrir des opportunités d'investissement au secteur privé et être le principal moteur des industries apparentées et de l'économie rurale non agricole. Les deux tiers de la valeur ajoutée agricole dans le monde émanent des pays en développement.

Dans les pays à vocation agricole, l'agriculture contribue pour 29 %, en moyenne, au produit intérieur brut (PIB) et emploie 65 % de la population active. Les industries et les services associés à l'agriculture dans les chaînes de valeur contribuent souvent pour plus de 30 % au PIB dans les pays en mutation et les pays urbanisés4.

De ce fait, Perkins, Radelet et Lindauer5 considèrent que la politique basée sur l'agriculture est la seule qui soit compatible dans nos pays en développement vue que la

1Mazoyer, M., &Roudart, L., Histoire des agricultures du monde, Université Libre de Bruxelles, 1997, p25.

2 Gollin, D., Parente, S., &Rogerson, R.,«The role of agriculture in development» in American Economic Review, 2002, p 160-164.

3 Banque Mondiale, « L'agriculture au service du développement, Rapport sur le développement dans le monde », 2008, p3, [En ligne] disponible sur www.worldbank.org, consulté le 04 mars 2021

4 Idem, p5

5 D.H. Perkins, Radelet& David L. Lindauer, «Economie du développement», 3ème édition, De Boeck, p701

2

majorité de la population est agricultrice. Outres ceux-ci, d'autres auteurs soutiennent cette perspective. D'autant plus, la déclaration de Maputo de 2003 portant sur les produits africains ne soutient ladite vision tout en soulignant le rôle fondamental que jouent la production agricole et le commerce de ces produits dans la formation des revenus et d'emploi, la création des richesses ainsi que leurs contributions aux recettes des pays via ses exportations6. Ainsi, actuellement, plusieurs pays du monde basent essentiellement leurs politiques de développement rural sur le développement et la régulation des chaines de valeur de ces produits agricoles7. C'est à ce juste titre qu'il est judicieux de mettre en évidence l'importante place qu'occupent les cultures pérennes depuis l'antiquité.

Au cours des dernières décennies, les cultures pérennes ont connu un formidable essor dans les zones tropicales humides. Grâce à une demande toujours croissante en chocolat, café et caoutchouc naturel, les plantations de cacaoyers, de caféiers et d'hévéas se sont répandues sur plusieurs dizaines de millions d'hectares à travers tous les continents. Les retours financiers que procurent ces cultures sont considérables et pèsent souvent de manière déterminante sur les économies des pays producteurs. Par ailleurs, ces productions agricoles alimentent aussi des filières économiques dynamiques et importantes pour les pays du Nord, telles que celles des pneumatiques, de l'agro-alimentaire ou des produits cosmétiques. Cependant, le nouveau contexte de politiques libéralisées et mondialisées, ainsi que l'émergence de questions nouvelles sur la gestion durable des territoires et des ressources naturelles, amènent à s'interroger sur la place qui sera réservée à ces productions agricoles au cours du XXIè siècle8.

L'expression « cultures pérennes » trouve son origine dans la nature du matériel végétal utilisé, matériel dont la durée d'exploitation est de l'ordre de 25 ans, soit à peu près une génération. Pourtant, les produits de consommation issus de ces cultures pérennes sont de natures très différentes et les utilisations finales apparaissent très diverses. Entre la boisson stimulante, le pneu, le savon et l'huile alimentaire, il existe peu de similitudes. Tous ces produits possèdent néanmoins une caractéristique commune : une part plus ou moins importante de la production est échangée sur un marché international et est utilisée pour

6 Union Africaine & NEPAD, « Directives : Mis en oeuvre du PDDAA pays sous la Déclaration de Malabo », p4, [En ligne] disponible sur www.au.int, consulté le 04 mars 2021

7 Joseph Foumbi, « Intégration régionale en Afrique de l'Ouest : des chaînes de valeur agricoles régionales pour intégrer et transformer le secteur agricole », Nations Unis CEA/BSR-AO, 2012, p14

8Denis DESPREAUX, Dominique NICOLAS, et Ali « L'avenir des cultures pérennes : investissement et durabilité en zones tropicales humides » CIRAD-CP, boulevard de la LIRONDE, Montpellier Cedex, volume 8, 2001, p50-53.

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alimenter un réseau d'entreprises de type plus ou moins industriel9. Le principal avantage de cette ouverture sur le monde extérieur et industriel est de pouvoir accéder à une demande beaucoup plus importante que celle d'un marché intérieur aux débouchés limités. On passe alors à une échelle mondiale et à une distribution possible aux consommateurs de tous les continents. Les volumes de ces nouveaux marchés n'ont cessé de croître et ont absorbé finalement sans grosses difficultés l'explosion de l'offre. La consommation mondiale de cacao est ainsi passée d'à peine plus de 100 000 tonnes au début du XXè siècle, à près de 3 millions de tonnes de nos jours. Autre avantage, étroitement lié au premier : l'accès, à travers les cultures pérennes, à des sources de revenus financiers substantiels10.

Toutefois, aujourd'hui, le cacao est produit presque dans toutes les régions tropicales, de l'Afrique de l'Ouest et Centrale, à l'Asie et à l'Océanie. L'Afrique est le premier continent producteur du cacao car en elle seule, produit plus de 70% de la production mondiale11.

Cependant, Selon des études faites sur les causes de la déforestation,l'agriculture serait la cause principale de la perte des forêts12.Les paysans congolais pratiquent en majorité l'agriculture itinérante sur brûlis. La majorité des ménages cultivent moins d'un hectare par an pour la subsistance.

L'agriculture modifie souvent très fortement les milieux naturels, surtout dans les zones à forte densité de population où les mêmes espaces sont exploités pendant de longues périodes de temps sans laisser les sols se reposer par un système de jachère. Elle a donc un impactnégatifsur la capacité des écosystèmes forestiers à contribuer à la régulation du climat par la séquestration du carbone13.En effet, Thangata14 et al prônent que le mécanisme REDD+ mis en oeuvre dans la Convention Cadre des Nations Uniessur les Changements Climatiques(UNFCCC)devraitpermettre aux pays en développementde tirer des bénéfices pour réduire leur déforestation, la dégradation forestière, augmenter leurs stocks de carbone forestier et la conservation de leurs forêts.L'effondrement des prix est directement lié à une

9Denis DESPREAUX, Dominique NICOLAS, et Ali, Op.cit., p 60

10 Idem, p 63

11KOKOU EDOH ADABE et LIONEL NGO-SAMNICK, E., « production et transformation du cacao », éd. CTA et ISF, Douala, 2014, p18 disponible sur https://cgspace.cgiar.org/handle/10568/76733

12MECNT,. « Synthèses sur les études sur les causes de la déforestation et de la dégradation en RDC », PAO, PNUD, PNUE, Kinshasa,2011, p 25.

13 MECNT, Op.cit. p 30

14Thangata,P.H.,& Hildebrand, P.,» Carbon stock and sequestration potential of agro forestry Systems in smallholder agro ecosystems of sub-Saharan Africa: Mechanisms for reducing emissions from deforestation and forest degradation' (REDD+)»;Agriculture,EcosystemsandEnvironment, 2012, p172-183.

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forte augmentation dela production de cacao au cours des dernières années sur des parcellesdéboisées des forêts indigènes.La production mondiale de cacao a quadruplé depuis 1960. Cela s'est faitdirectement au détriment des forêts indigènes, notamment en Afrique del'Ouest, mais aussi en Indonésie et en Amérique latine. Les pays les plustouchés sont le Ghana et la Côte d'Ivoire. Au cours de l'année écoulée, la déforestation est devenue un sujet très débattu dans le secteur du cacao,avec le lancement par l'industrie de la Cocoa and Forests Initiative, la publication par l'ONG MightyEarth d'un rapport marquant sur ce sujet15,et denombreuses entreprises individuelles qui prétendent vouloir s'engagerdans des projets anti-déforestation. La déforestation peut également être attribuée au désintérêt des entreprises pour les effets environnementauxde l'approvisionnement en cacao bon marché et à l'absence quasi-totale d'application de la loi sur les zones protégées par les pouvoirs publics.16.

Les forêts tropicales couvrent environ 15% de la surface terrestre etjouent un rôle clé dans lecycle mondial du carbone17.Elles contiennent 50% de stocks de carbone àl'échelle global18. La République démocratique du Congo (RDC) quant à elle possède une superficie de 155 millions d'hectares de couvert forestier. Les forêts congolaises, au regard de leur grande étendue et de leur richesse exceptionnelle en ressources forestières et fauniques, sont une des locomotives du développement socio-économique et de réduction de la pauvreté des populations. De plus, elles contribuent de manière substantielle à l'équilibre environnemental mondial, national et local.Cependant, elles sont menacées de dégradation non seulement par des coupes non contrôlées, mais surtout par l'agriculture itinérante sur brulis, l'exploitation illégale et les feux de forêts. Environ 532 000 hectares de forêt sont perdus chaque année, entraînant ainsi des pertes importantes en matière de biodiversité19.

Ces forêts sont d'une grande importancenotamment pour satisfaire les besoins en bois, en produits alimentaires (pêche,chasse,cueillette et culture) mais aussi pour,le rôle qu'elles jouent sur le plan économique,socioculturel et environnemental20.

'5MightyEarth, »Chocolate'sDark Secret», London, 2017,P45.[En ligne ] disponible sur http://www.mightyearth.org/wp-content/ consulté le 06 mars 2021 à 15h45.

'6Fountain, A.C.et Hutz-Adams, F. «Baromètre du cacao », éd. Voice network, Leiden, 2018, p4

17DorvilW., « Evaluation de la biomasse et des stocks de carbone sur des placettes forestières en foret tropicale humide de Guadeloupe », 2010, p 78.

'8Ramade F., « Elément d'écologie. Écologie fondamentale, Edition science international », Paris, 1994, p221 '9Rapport du Fonds National de Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts, Kinshasa, 2017, p2 [En ligne] disponible sur www.fao.org consulté le 4 mars 2021

20Quentin M., « Développement des équations allométriques afin d'estimer les stocks de carbone séquestré dans les forets primaire du Nord- Est du Gabon »,Afrique centrale, Libre ville, 2012, p143

5

Avec la forte demande en chocolat dans le monde, la culture du cacao bénéficie d'une potentielle demande et d'un marché sûr garantissant certains avantages stratégiques21. Le revenu et les moyens de subsistance des exploitants sont devenus des thèmes principaux dans le débat sur le cacao.

Pour que ce débat avance, les entreprises doivent s'engager à mettre fin à la pauvreté structurelle dans leurs chaînes d'approvisionnement et à mettre les données à disposition. Il est essentiel non seulement de dialoguer, mais aussi de coordonner des activités visant à réduire les niveaux de pauvreté dans les familles productrices de fèves22. Ce qui justifie une petite variation des revenus des exploitants cacaoyers dans certains pays africains comme la Cote d'ivoire, le Ghana etc.

D'où, La culture du cacao est une des jeunes filières, introduite au début des années 2002 au Nord-Kivu. Cette filière crée un engouement auprès de la majorité des planteurs désireux de diversifier leurs cultures23. La pertinence du développement de celle-ci via l'amélioration de sa chaine de valeur se veut d'importance capitale. De ce qui précède, le présent travail se propose répondre aux questions ci-après :

1. Quels sont les facteurs qui favoriseraient le développement de la filière « cacao » en zone de Beni ?

2. Quelle incidence, ce développement a-t-il surles terroirs forestiers ?

3. Comment les producteurs prennent en compte les questions environnementales dans leurs pratiques culturales ?

II. HYPOTHESE

Une hypothèse s'avère une réponse anticipée ou provisoire à une question qui est posée ; d'où elle n'est qu'une réponse partielle au problème posé.24Une hypothèse est une solution provisoire qu'on avance à une question de la recherche qui doit être confirmée ou infirmée par le processus de recherche.25

21Hutz-Adams, F., A., et Ali., « Renforcer la compétitivité de la production de cacao et augmenter le revenu des producteurs de cacao en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale », Ed. SÜDWIND, Berlin, 2016, p14

22Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine de NEPAD RDC disponible sur https://www.google.com/search?client=firefox-bd&ei

23Ringoet, A., « Note sur la culture du cacaoyer et son avenir au Congo Belge », INEAC, Bruxelles, 1944, p35 24QUIVY, R. et VAN COMPENHOUDT, L, « Manuel de recherche en sciences sociales », éd Dunod, Paris, 1988, p.132

25MUHINDO KATSUVA, A., Initiation à la recherche scientifique, cours inédit, G1Faculté des sciences économiques et de Gestion, UCG/Butembo, 2015-2016.

6

L'existence des débouchés adéquats est amplement suffisante pour développer une filière par la chaine de valeur. Elle met accent sur le travail en commun entre agriculteur et entreprise avec une interdépendance entre ces premiers pour la formation d'une chaine de valeur. D'où les relations entreprise-agriculteur comme relation commerciale où les deux parties collaborent et coordonnent pour renforcer les affaires.

Vu sans doute que le marché est le principal moteur de toute filière et que la promotion

de celle-ci (filière) dépend du potentiel de croissance et des perspectives d'expansion du

marché, nous partons dans ce travail des hypothèses selon lesquelles :

Les facteurs qui favoriseraient le développement de la filière « cacao » sont l'existence

d'une firme gouverneure ou chef de file et l'existence d'un marché sûr. Néanmoins, au cours des dernières années, le cours du cacao sur le marché est monté. Les firmes agro-industrielles informées se sont installées dans la région de Beni et ont vulgarisés la culture du cacao. Percevant les signaux du marché international et augmenter les revenus, les paysans ont adopté la culture du marché. Cependant, dans l'enthousiasme, et faute de mesures contraignantes de la part des autorités, les paysans adoptent une gestion non-durable des terroires où les cacaoyers sont cultivés. L'agroforesterie reste la seule initiative communautaire pour l'équilibre environnemental.

III.

CHOIX ET INTERET DU SUJET

L'économie des pays en développement est encore essentiellement dépendante de

l'agriculture26. Cette dernière, est généralement considérée comme l'un des moteurs de la

croissance le plus performants dans l'économie nationale et globale. En Afrique, comme

ailleurs dans les PED, la croissance agricole contribue plus que tout autre secteur à la

croissance globale de revenu en milieu rural où vit et travaille la bonne partie des plus

vulnérables27.

Eu égard aux atouts que présente l'agriculture sur le développement des PED, nous

nous sommes tourné vers ce secteur pour s'imprégner de son efficacité par la promotion du

développement de certaines filières agricoles notamment celle du cacao. En RDC et plus

particulièrement au Nord Kivu, les plantations sont de type familial et sont développées du seul effort des paysans. A présent, les paysans ont pris la filière cacaoyère à leur compte, expression du dynamisme local. Ainsi, les planteurs continuent à développer l'expérience de

26 Guy Piclet, « notions d'économie générale et d'économie rurale », Rome, 1973, p30 27Joseph Foumbi, Op.cit., p90

7

cette culture dans un cycle allant jusqu'au décorticage et séchage. La production est exportée sans aucune transformation à forte Valeur Ajoutée28.

Raison pour laquelle l'intérêt que nous portons à ce sujet est d'essayer de déterminer les facteurs favorisants le développement de la filière Cacao via sa chaine de valeur selon les politiques agricoles congolaises pouvant être mis en valeur pour la population du territoire de Beni afin que le niveau de vie socioéconomique des populations rurales à base de cacaoculture soit élevé ainsi que relever les effets que ce développement de filière cause sur la gestion des terroirs forestiers dans le cadre du développement durable vu que l'agriculture menace les forêts de l'Afrique centrale. Il est donc question de mener une étude sur le développement de la filière Cacao et son incidence sur la gestion des terroirs forestiers en zone de Beni.

D'où personnellement, les cultures de rente sont des facteurs de revenus de ménages agricoles, le cacao se présente comme l'alternative du café dont les plantations du robusta avaient été ravagé par la trachéomycose dans les années 1990 et qui n'ont jamais été reconstitués, le développement de la filière est émaillée des massacres des populations dont on ne connaît toujours les contours. Tout de même, la déforestation qui l'accompagne présente un risque environnemental qu'il faut prévenir. Ce qui pousse mon choix dans ce secteur vu l'interet de dévenir un acteur de la filière.

IV. OBJECTIFS DU TRAVAIL

Tout travail n'évoluant pas en vase clos selon quelques méthodologies et techniques est dit de caractère scientifique. Cependant, il doit se fixer un certain nombre d'objectifs généraux d'une part et spécifiques d'une autre part.

L'objectif de la présente étude est d'expliquer les facteurs favorisant le développement de la filière cacao dans la zone de Beni tout en répertoriant les externalités de ceux-ci sur la gestion des terroirs forestiers pour une économie de l'environnement.

Spécifiquement, il sera question de :

1. Décrire la filière cacao et identifier ses acteurs selon les interventions de chacun d'eux et interactions; tout en analysant les potentialités et contraintes de développement du marché cacaoyer en zone de Beni

28Ringoet, A., Op.cit. p39

8

2. Expliquer les contraintes et les risques que représente la gestion actuelle des terroirs dans la perspective du développement de la filière tout en mettant en exergue les initiatives communautaires pour prévenir le risque environnemental couru dans la culture du cacao en territoire de Beni.

V. METHODES

Tout travail scientifique doit être élaboré selon une certaine approche méthodologique. Madeleine GRAWITZ 29précise que la méthode est constituée de l'ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontrer, les vérifier et que les techniques sont des outils mis à la disposition de la recherche et organisées par la méthode en vue de récolter les données.30De ce fait, dans cette perspective, nous utilisons dans ce présent travail, une approche inductive qui est avant tout un moyen de démonstration.31. L'application de cette approche se veut par le fait que l'étude elle-même part d'une situation précaire que présente nos jours la filière cacao dans la région de Beni de laquelle situation résulte les différends auxquels se heurtent les acteurs de la filière en étude.

Du point de vue méthodologique général, nous appliquons ici, une méthode structurale. A partir même de sa définition héritée de Boudon32, cette méthode est applicable sur un ensemble des caractères interdépendant et étant sous forme de système. Etant un travail portant sur le mode du développement de la filière, le recours à celle-ci y est pertinent.

Madeleine Grawitz dans son ouvrage, note qu'une structure est toujours une théorie d'un système et n'est rien d'autres33. C'est à ce juste titre que nous appliquons également une analyse structurale dans l'identification d'interactions qu'entretiennent les acteurs de cette filière « Cacao ».

A ce qui concerne la collecte des données, nous avons tout d'abord identifié les acteurs de la filière « cacao » via sa description. Ainsi, l'échantillon est constitué notamment des fonctionnaires des entreprises de commercialisation du cacao (ESCO-KIVU, SCAK, MAVUNO, VIRUNGA CHOCOLATE), des planteurs du cacao en vue de faire une induction. Pour l'effectivité, nous utilisons la technique d'interview et la documentation

29GRAWITZ, M., « Méthodes des sciences sociales », éd. Dalloz, Paris, 2001, p.351 30Idem, p48

31 Ibidem, p16

32 Idem, p429 33Ibidem, p352

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comme tout processus de recherche. Outre ces techniques, nous servons également

d'entretient via des focus groups avec les paysans à Oicha, Mutwanga et Mangina ainsi que les agronomes privés que publics dans la vulgarisation des bonnes pratiques culturalespour s'imprégner de l'itinéraire agronomique du cacaoyer ainsi que la prise de conscience des enquêtés..

Vu que la technique comme la méthode de recherche se veut répondre à une question déjà éditée, nous usons une technique qualitative que quantitative dans l'analyse de la problématique qui constitue la base de la recherche.

VI. DELIMITATION DU SUJET

Du point de vue spatial, la présente étude s'effectue au Nord-est de la République Démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu, dans la « Zone de Beni » une zone, étant qu'un espace dont les activités économiques sont polarisées par une ville ou une localité. Par conséquent, nous attendons par « zone de Beni », la ville de Beni et le territoire de Beni. Néanmoins, elle s'étend peu plus dans le territoire d'Irumu par l'intervention permanente de l'ESCO-KIVU.

VII. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Pour atteindre l'objectif de ce travail, nous procédons en trois moments hormis l'introduction et la conclusion. Le premier consiste dans la revue de la littérature sur la filière et chaine de valeur (1), la transformation du milieu rural (2), la gestion des terroirs (3) et le cacaoyer (4). Le deuxième décrit la structuration et développement de la filière « cacao » dans la zone de Beni et enfin le troisième relève et analyse les effets du développement de la filière « cacao » sur la gestion des terroirs forestiers dans la même zone de Beni.

VIII. DIFFICULTES RENCONTREES

Lors de notre étude, nous n'avons pas été en mesure de pouvoir atteindre toute les régions de la zone suite à une forte insécurité malgré la réalisation de ce travail, nous a couté plus qu'une vie. C'est à ce juste titre que nous avons laissé d'autres villages ailleurs que ceux étudiés. D'autant plus que les moyens financiers nous constituaient une contrainte majeure pour élargir le milieu d'investigation et même augmenter la fréquence des focus groupe avec les paysans.

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CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE SUR LA FILIERE ET
CHAINE DE VALEUR, LA TRANSFORMATION DU MILIEU RURAL,

LA GESTION DE TERROIR ET LE CACAOYER

Dans le chapitre ci, il est question de la conceptualisation théorique sur la filière agricole et chaine de valeur, de la structuration et développement de filière et chaine de valeur, la gestion de terroir ainsi que le cacaoyer. En un, ce chapitre comporte quatre sections principales.

I.1. Notions de chaine de valeur et de filière agricole

Cette section présente l'essentielle de la littérature sur les concepts de chaine de valeur ainsi que celui de filière étant donné que leur compréhension est cruciale pour bien mener notre analyse.

I.1.1. Origine et évolution des concepts « filière » et « chaine de valeur » 1. la filière

D'après Europe Aïd34, une direction générale de la commission européenne du développement et de la coopération, l'approche par filière, fut développé dès les années 50 en France par l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA) et par le Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le développement (CIRAD) et en Afrique francophone par la suite.

Cependant, P. Lebailly35 estime que l'utilisation de ce concept est plus vieille que les développements de ces deux institutions. Pour lui, cette notion de filière fut utilisée déjà depuis le 18è siècle par Adam Smith en le décrivant à des fins pédagogiques pour illustrer la division du travail dans son ouvrage célèbre intitulé « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations ».

A part Adam Smith, Lebailly cite Stoffaes également qui selon lui, certaines actions du pouvoir public auraient été guidées dès le 18ème siècle par une approche faisant intervenir les filières. Il souligne tout de même que le courant marxiste apporte une dimension nouvelle à la filière, notamment par les travaux de Kautsky qui réaffirme le rôle central de la circulation et analyse les rapports entre agriculture et les industries d'aval alors en plein développement.

34Europe Aïd, « analyse et développement des chaines de valeurs inclusives pour appuyer les petits producteurs à accéder aux marchés agricoles », commission Européenne, mai 2011, P2

35Lebailly, P., « concept de filière, économie agro-alimentaire et développement », F.S.A.G, Belgique, 1990, p9

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C'est après que cette théorie des filières s'est développée essentiellement parmi les économistes francophones.

Par ailleurs, du côté anglo-saxon Davis et Goldberg36 mettent en jour cette notion de filière vers les années 1957 en y introduisant le concept d' « agrobusiness ». ils affirment que la filière permettait de décrire les différentes opérations nécessaires pour passer d'une matière première à un produit fini. En ajout, Goldberg37 attire son attention vers les avantages d'une vision globale des problèmes posés par la formation et l'acheminement d'un produit jusqu'au stade final : elle est une approche englobant tous les aspects d'une filière de produits agro-industriel est indispensable pour que tous les participants à ces filières de produits puissent mettre au point des stratégies efficaces à court et moyen terme. Shaffer s'est fait quant à lui vers les années 68, l'avocat de l'analyse des filières en économie rurale.

2. La chaine de valeur

Ce concept « chaine de valeur » fut introduit par Michael Porter38 en 1986 dans son ouvrage « L'avantage Compétitif ». Cet auteur cherche à démontrer que la chaine de valeur permet une décomposition d'activités de l'entreprise en opérations séquentielles élémentaires afin d'identifier les sources d'avantage concurrentiel potentiels39.

De ce qui précède, dans la recherche de l'identification des lieux essentiels de création de la valeur40, Porter propose une classification des activités de l'entreprise sous deux typologies. Il typifie les activités principales et celles de soutient de l'entreprise. Il les représente sur la figure suivante :

36Institut Numérique, « le concept filière », [En ligne] disponible sur www.institutnumerique.org, site consulté

le 9avril 2021

37Lebailly, P. Op.cit., p10

38 Michael Porter, «avantages concurrentiels », Inter Edition, Paris, 1986, p52

39Strategor, « politique générale de l'entreprise », 3ème édition, Dunod, Paris, 1993, p45

40 Michel G., « stratégies de l'entreprise »Economica, Paris, 1995, p18

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Figure 1 : Représentation des activités de l'entreprise selon M. Porter

Source : www.chohman.free.fr, site consulté le 9 avril 2021 à 11h 23 minutes

Ici, les activités principales sont essentiellement des activités de la création matérielle à la vente du produit, inclus sont transport jusqu'au client et le service après vente. Autrement dit, ces activités sont celles qui ajoutent de la valeur au produit de l'organisation. Les activités de soutien quant à elles, viennent à l'appui des activités principales en assurant : les achats de moyens de productions (approvisionnement) en fournissant la technologie (recherche développement), en gérant les ressources humaines (recrutement, embauche, formation, développement du personnel) et en assumant les activités administratives indispensables au bon fonctionnement du système41. Ces activités englobent la direction générale, la planification, la finance, la comptabilité, l'aspect juridique, les relations extérieures et la gestion de la qualité ; elles forment ce que M. porter appelle « Infrastructure de la firme42 ».

Notons cependant que ce concept est utilisé aussi dans la gestion des entreprises. Ainsi, ce concept s'applique au domaine industriel et plus à plus dans le domaine de développement comme un instrument privilégié pour la lutte contre la pauvreté. Ces nouvelles applications du concept « chaine de valeur » ont poussé J. Foumbi à affirmer que la chaine de valeur d écrit l'ensemble des activités devant concourir harmonieusement à produire et à vendre un produit tout en permettant aux intervenants à tous les niveaux d'engager les meilleurs bénéfices possibles. Cet auteur explique de ce fait que la chaine de valeur englobe les fournisseurs, les producteurs, les transformateurs et les acteurs impliqués dans la commercialisation jusqu'au consommateur final, tant au niveau national, régional, qu'international43.

41HOHMAN C., « le concept de chaine de valeur », [En ligne] disponible sur www.chohman.free.fr, site consulté le 9 avril 2021 à 12h04

42 Idem

43 Joseph Foumbi, Op.cit., p32

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I.1.2 Définition des concepts filières et chaines de valeur

Le concept de filière et celui de chaine de valeur sont très proches et leurs sens sont très souvent confondus44. Ce point se propose de lever cette équivoque en procédant par la définition de deux concepts jusqu'à leur confrontation.

1. La filière

Le concept « filière » ne se limite pas à la simple succession d'opérations de transition d'une matière première à un produit fini. Cette notion intègre, outre la succession d'opérations, un certain nombre d'éléments dont la technologie, l'analyse du tableau d'entrée et sortie et enfin l'analyse des stratégies des firmes tel qu'affirme Morvan45.

Le premier élément traduit, comme explique Fontan, l'importance de la technologie pour développer des systèmes de production ; le deuxième élément est la possibilité de découpage du système productif et la vision des liens et des relations entre les opérations ; et le dernier, la volonté d'atteindre une certaine efficacité économique.

De cela, la Collectif Stratégie Alimentaire46 (CSA) propose un schéma représentatif des principales dimensions d'une filière. Ce schéma se présente comme suit :

Figure 2 : représentation des étapes de la filière

Telle qu'illustre la figure précédente, les principales dimensions d'une filière sont la production, la transformation et la commercialisation. Sans oublier en amont les intrants (crédit, engrais, mains d'oeuvre, ...). Les flux de produits sont dirigés de gauche à droite, tandis que les flux économiques et financiers vont dans le sens inverse. Le flux d'information

44Europe Aïd, Op.cit. p32

45Fontan C., Op.cit.p3

46 CSA, « L'approche filière : conceptions, avantages et risque pour l'agriculture familiale », rapport du séminaire organisé par le CSA le 27 novembre 2013 à Bruxelles, p3, [En ligne] disponible sur www.csa-be.org, site consulté le 9 avril 2021 à 12h32

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quant à eux, vont dans les deux sens. En plus de ce deux sens, on y ajoute la dimension technique.

Soulignons tout de même que, le concept « filière » a été traité par plusieurs auteurs et construit bien au fil du temps par les travaux de ces derniers. De ce fait, Garouste47 montre que cette pluralité des traitements est génératrice d'une certaine ambigüité dans l'appréhension du sens de ce concept étant donné qu'il existe autant des notions qu'il y en a d'auteurs. Ainsi, un rapprochement entre cette multitude des conceptions y est établi.

De ce fait, Shaffer et Lindent A., cité par Lebailly48, insistent dans la définition de la filière sur les liens entre les différents acteurs d'un système donné à des niveaux différents du processus à la réalisation d'un ou plusieurs produits prêt à la consommation. Goldberg quant à lui, attire l'attention sur les avantages d'une vision globale des problèmes posés par la formation et l'acheminement d'un produit jusqu'au stade final. C'est dans cette optique que Charlotte Fontan49 souligne dans sa définition, outre la succession des opérations, l'importance que joue les services d'accompagnement (technologies et techniques nécessaires, les relations complémentaires...), les résultats économiques, l'ensemble des acteurs ainsi que leur relations et stratégies existant entre eux dans le processus même de production.*

En somme, il est à retenir que dans la plupart des cas, la filière intègre également l'ensemble des activités complémentaires qui concourent, d'amont en aval, à la réalisation d'un produit fini outre les activités entrant effectivement dans le processus de transformation et que la filière intègre en général plusieurs branches. Elle est donc un tout comme ensemble d'actes de productions, de transformation et de distribution relatifs à un produit ou à un groupe des produits homogènes et concourant à la satisfaction d'un mémé besoin final issu de la consommation tout en considérant l'ensemble des techniques et technologies nécessaires, les relations de complémentarité, les résultats économiques , l'ensemble des acteurs ainsi que les stratégies et relations existant entre eux.

47Fontan C., Op.cit.p2 48Lebailly P. ; Op.cit., p10 49Fontan C., Op.cit.p7

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2. La chaine de valeur

Obtenir un produit à la consommation nécessite plusieurs opérations en amont et en aval. Celles-ci, allant de la production à la consommation via la transformation et la distribution50. Ces étapes constituent un ensemble d'enchainement logique d'actions dont le bon fonctionnement dépend d'un certain nombre d'acteur (fournisseur, producteur, transformateur, distributeur ; etc.). Étant à la base d'une valeur ajoutée, chacun dans son maillon respectif. D'où le concept de chaine de valeur.Plusieurs auteurs s'intéressent au concept « chaine de valeur » tout comme celui de filière.

Kaplisnky51, spécialiste de ce concept et la communauté européenne52 définissent la chaine de valeur comme un ensemble d'activités requises par la transformation d'un produit ou de service comprenant la conception, les différentes phases intermédiaires de sa transformation, la distribution jusqu'au consommateur final sans omettre le traitement des déchets après son usage. Joseph Foumbi53 à son tour, aborde une autre conception de chaine de valeur. Selon lui, cette dernière peut revêtir différentes dimensions et peut de ce fait être de longueur variable celle-ci pouvant aller du local à l'échelle mondiale. Une chaine de valeur n'est ni plus ni moins qu'un partenariat étroit entre différents maillons de chaine d'approvisionnement, dans le but de répondre aux demandes des consommateurs et de créer de la valeur et des profits54.

De ce qui précède, la chaine de valeur, est de toute évidence, à considérer comme une répartition des tâches entre différents acteurs des maillons respectifs pour concourir à la production d'un bien clairement défini. Cette répartition des taches suppose que, par ses activités spécifiques, chacun des acteurs a une valeur bien déterminé qu'il ajoute au produit. Cette valeur peut avoir été ajouté par extraction, production, transformation ou soit par le changement de place du produit ou encore du temps considéré comme moment de vente ou de consommation.

50Encyclopédie Guiness, « L'univers, la terre, la vie sur terre, le monde aujourd'hui, le corps humain, technologie et industrie », SPL, London, 1991, p280

51 Joseph Foumbi, Op.cit., p33

52EuropeAid, Op.cit., p9

53 Joseph Foumbi, Op.cit., p34

54 Cantin L., « l'approche chaine de valeur : une nouvelle façon de générer de la valeur et des profits », Québec, 2005, p71

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3. Convergence entre « Chaine de valeur » et « Filière »

Départ les définitions prédéfinies, il apparait superficiellement que le concept de Chaine de valeur et celui de Filière sont synonymes. Certes, les deux traduisent quasiment une même réalité qui est celle du processus de transformation d'une matière première à un produit fini. Cependant, tout en poussant loin de l'analyse conceptuelle, il ressort que les deux concepts ne sont pas identiques car l'un est une complémentarité de l'autre.

De ce qui précède, le Collectif Stratégies Alimentaires55 propose de clarifier la différence entre les deux pour lever ce conflit conceptuel.

Cette organisation affirme qu'à l'origine, le concept de « Filière » est francophone et a été développé par des institutions de recherche françaises telles que l'INRA et le CIRAD depuis les années 60 autour des relations de l'agriculture avec les secteurs amont et aval. Ce concept est issu d'une approche technico-économique de la production et renvoie aux opérations techniques le long de la chaine de production. En plus le concept anglophone « Value Chain » qu'on traduit par chaine de valeur a été introduit dans les années 80 par Michael Porter intimement lié à l'analyse des avantages compétitifs des entreprises. Ce concept de Chaine de valeur selon porter, renvoi à la décomposition des étapes de production d'une entreprise de manière à identifier les avantages concurrentiels possibles aux différents maillons de la chaine de production.

De cette différentiation linguistique, la confusion provient couramment de la détermination des équivalents de concepts dans l'une ou l'autre langue. Le CSA56 souligne dans cette optique, le cas du vocable Filière qui, jusqu'aujourd'hui, n'a pas trouvé de traduction fidèle en anglais et est souvent traduit par « Value chain » ce qui explique une distinction non significative de ces notions.

Bien qu'il y ait tendance de considérer les deux concepts comme étant identique, le CSA57 donne une précision en se basant sur leur utilisation en tant qu'outil d'analyse. De cela, il ressort que le concept « filière » et « chaine de valeur » se réfèrent à des types d'analyses différents. La filière relève une notion d'ensemble et renvoie à des analyses systémiques, tandis que la chaine de valeur quant à elle, renvoie plutôt à des analyses séquentielles, ou éclatées des différents maillons de la chaine de production.

55 CSA, Op.cit., p3

56 Idem

57 Ibidem

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Autrement dit, la filière regroupe un ensemble de chaines de valeur, elle englobe toutes les étapes de transformation de l'amont jusqu'à l'aval pour obtenir une famille de produits.

La filière a alors été très souvent définie en tenant compte du produit de base, tandis que la chaine de valeur elle, est spécifiquement définie sur base du produit fini.

Outre cette vision sensuelle, l'histoire nous révèle clairement que le concept de filière est antérieur à celui de la chaine de valeur. Cela montre qu'il existe certainement une probabilité que la chaine de valeur ait été mise en pied sur base ou en référence de la filière. Par soutenance de l'hypothèse ci-hautement énoncé, F. Cheriet58 montre clairement qu'au-delà d'un clivage théorique ou d'une opposition empirique, la chaine globale de valeur (CGV) constitue un cadre d'analyse développé sur la base des apports des précédents courants des analyses de filière. L'auteur soulève que l'interdépendance de ces concepts n'est pas unidirectionnelle.

En bref, les deux concepts sur un certain plan, chute sur une convergence et une dichotomie finalement. Temple et al cités par FouedCheriet59, nous proposent une clarification résumée dans le tableau ci-dessous :

58Cheriet F., « Filières agroalimentaires et chaine globale des valeurs : concept, méthodologie et perspective de développement », HAL, 2015, p1

59 Idem

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Tableau 1 : Convergence et divergence entre filière et chaine de valeur

Convergences

Méso-économie des
filières

CGV

Supply-Chain

Référentiels Théoriques

Référentiels néo-institutionnels (Nouvelle Economie Institutionnelle) Référentiels sur l'entreprise et structure de marché

Démarches

méthodologiques

Prise en compte de plusieurs acteurs/approche systémique

Prise en compte explicite des processus techniques et organisationnel Pratique de l'interdisciplinarité

Questionnement empirique

Recherche finalisée/gouvernance et processus de décisions publiques et privées

Divergences

Méso-économie des
filières

CGV

Supply-Chain

Référentiels

Economie

institutionnelle

Sociologie du

développement

Marketing inter

organisationnel

Discipline dominantes

Géographie et

Agronomie

Gestion, Sociologie,

Politique

Gestion, Logistique

Questionnement empirique

Gouvernance des

politiques publiques

sectorielles

Gouvernance des

relations

internationales

Gouvernance des

relations

interentreprises

Source : FouedCheriet,

Ici la CGV désigne un réseau inter-organisationnel construit autour d'un produit reliant des ménages, des entreprises et des Etats au sein de l'économie mondiale.

4. Chaine de valeur et filière agricole

Précédemment, il a été donné la définition de deux concepts « filière » et « chaine de valeur » auxquels il est possible d'adjoindre un qualificatif « agricole », « industriel » ... suivant le domaine dans lequel on se situe. De ce fait, selon notre domaine d'investigation, aux concepts « chaine de valeur » et « filière » s'ajoute l'adjectif « Agricole » pour appréhender leurs applications dans le domaine spécifiques.

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a. Chaine de Valeur Agricole

L'approche par chaine de valeur est de plus en plus privilégiée pour lutter contre la pauvreté dans les PED60. Les partenaires au développement s'en servent dans la conception de leurs stratégies d'appui au secteur pouvant contribuer à cette lutte. Cette approche par chaine de valeur est appliquée à l'agriculture vu que la plupart des pauvres habitent des milieux ruraux et que l'agriculture étant leur activité principale61.

Selon la FAO62, la chaine de valeur agricole implique un ensemble d'acteurs qui participent à une séquence d'activités liées entre elles, créant une valeur ajoutée et visant à porter un produit de son état de matière première au consommateur final. La préférence de cette approche est due au fait qu'elle met en lumière la répartition des valeurs ajoutées tout au long de la chaine de valeur d'un produit agricole donné et permet de mettre un accent particulier sur la structuration de la chaine basée sur la capacité du produit agricole final à accéder aux marchés local et global63.

Selon J. Foumbi64, l'approche par chaine de valeur dans l'agriculture vise à maitriser la production et la valorisation des produits agricoles sur des filières stratégiques choisies. En effet, la productivité agricole est souvent entravée par les disfonctionnement liés au financement des acteurs, à l'approvisionnement en intrants, à la difficulté d'accès à la technologie appropriée et aux services adéquats, et par l'incapacité des agriculteurs à être couverts des divers risques et aléas. Il montre que la création d'une chaine de valeur sur chaque produit agricole jugé stratégique permettrait aux acteurs à tous les maillons de la chaine de valeur de tirer meilleur profit de leur travail et partant à contribuer à la réduction de la pauvreté et à l'essor économique du pays.

Ainsi, ce concept a été appliqué à la mondialisation par plusieurs auteurs en vue de montrer le degré d'intégration à l'économie-monde de certaines région dans le cadre des produits agricoles d'exportation (café, cacao, banane, coton, papaïne, vanille...)65. En termes d'ajout, la FAO66 montre que la chaine de valeur alimentaire est composée de toutes les

60 Joseph Foumbi, Op.cit., p33

61 Banque Mondiale, « stimuler la croissance agricole et le développement rural dans les pays en développement », ADR, 2003, p1, [En ligne] disponible sur www.worldbank/rural, site consulté le 10 avril 2021

62 Miller C., et Jones L., « financement des chaines de valeurs agricoles », FAO, Rome, 2013, p9

63 Joseph Foumbi, Op.cit., p33

64 Idem

65EuropeAid, Op.cit., p12

66 FAO, « comment faire en sorte que les chaines de valeurs contribuent à améliorer la nutrition ? », mars-avril, 2017, p2, [En ligne] disponible sur www.fao.org, site consulté le 10 avril 2021 à 13h25

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parties prenantes contribuant aux activités cordonnées de production et d'ajout de valeur requises pour la production des denrées alimentaires.

Les interventions de cette approche dans le domaine agricole visent traditionnellement, l'accroissement de la rentabilité économique des acteurs agricoles. Par ailleurs, cette approche s'oriente vers l'optique d'amélioration nutritionnelle en offrant les possibilités de renforcer l'offre et /ou la demande d'aliments nutritifs à chaque maillons de la chaine de valeur67.

Autrement dit, « la chaine de valeur vue sous l'angle du développement du secteur agricole s'apparente à une filière agricole structurée autour d'une organisation. Son avantage comparatif par rapport à une agriculture traditionnelle réside du fait qu'elle vise à la fois l'élévation du niveau de vie des p'tits producteurs, le développement de l'entreprenariat et des PME, une productivité élevée et des produits de qualité contrôlés. Outre l'approche par chaine de valeur permet d'assurer à l'avance que le produit tient compte des attentes des consommateurs potentiels et de la demande du marché68 »

b. Filière Agricole

Outre la chaine de valeur, la filière représente un domaine d'investigation adapté aux recherches en économie agro-alimentaire. Elle permet notamment « une approche intégrée des problèmes liés au développement des produits agricoles dans les pays du tiers monde69 ».

Charlotte Fontan70 souligne que c'est à partir de la deuxième moitié des années 70 que le concept de filière a effectivement été utilisé dans le domaine de l'économie agricole. Cet auteur affirme tout de même que le concept « filière » a été appliqué pour la première fois dans le domaine de l'agriculture dans les années 50 avec comme travaux réalisés par l'INRA puis par les études menées par la Société d'Etude pour le Développement Economique et Social (SEDES)71.

Pierrick Freval72 quant à lui, considère qu'une filière agricole est centrée sur un produit agricole de base et sur tout ou partie de ses transformations successives. Pour lui, en analyse économique, une filière peut justement être considérée comme un mode de découpage du

67 FAO, Op.cit., p2

68 Joseph Foumbi, Op.cit., p35

69Lebailly P., Op.cit., p9 70Fontan C., Op.cit., p4

71 Idem

72 Pierrick Freval, « éléments pour l'analyse des filières agricoles en Afrique sub-saharienne », Bureau des politiques agricoles et de la sécurité alimentaire DCT/EPS, 2000, p20

73BENSHARIF A. et RASTOIN J.L., « concepts et méthodes d'analyse des filières agroalimentaires : Application par la Chaine Globale de Valeur au cas de Blé en Algérie », MOISA, 2007, p3

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système productif privilégiant certaine relation d'interdépendance. Elle permet de repérer les relations de linéarité, complémentarité et de cheminement entre les différents stades de transformation.

FREVAL montre que dans la décomposition des filières on peut privilégier trois approches : technique, comptable et économique et méso économique qui seront explicitées par Hugon.

? L'approche technique : elle se construit d'amont vers l'aval en partant du premier stade de production agricole y compris l'acquisition des facteurs de production ou au contraire de l'aval (vente sur le marché domestiques ou internationaux) vers l'amont (transformation, transport, production agricole, approvisionnement en intrant).

? L'approche économique et comptable : elle consiste à étudier les flux et la répartition des consommations intermédiaires entre les différents secteurs et de la valeur ajoutée entre les différents acteurs : producteur, Etat, intermédiaires,... cfrla tableau intra branche de Leontief.

? L'approche méso économique : elle fait repérer, le long des diverses opérations, les acteurs, leur logique de comportement, leur mode de coordination, et repérer ainsi les noeuds stratégiques de valorisation et de dégagement des marges.

En somme, Goldberg73 traduit mieux les notions de chaine de valeur et de filière appliqué en agriculture. Pour lui, l'approche filière englobe tous les participants impliqués dans la production, la transformation et la commercialisation d'un produit agricole. Elle y inclut les fournisseurs de l'agriculture, les agriculteurs, les entrepreneurs de stockage, les transformateurs, les grossistes et détaillants permettant au produit brut de passer de la production à la consommation. Elle concerne finalement toutes les institutions qui affectent et coordonnent les niveaux successifs sur lesquels transitent les produits.

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I.2. Développement et structuration de filière

Le développement de la filière est sujet à des multiples théories. L'enjeu majeur de toutes ces théories porte sur la mise en évidence des effets de domination exercé sur l'agriculture par son environnement amont et aval tel que préconisent A. BENCHARIF et J.L. RASTOIN74. De ce fait, certains auteurs s'accordent à considérer que « la production pousse la chaine de valeur », et tant d'autres argumentent que « le marché tire la chaine de valeur » et tant plus que d'autres disent qu'il faut « la régulation de la chaine de valeur ». Ce point cherche essentiellement à faire transparaitre les laudateurs et non laudateurs de toutes ces visions en vue de se situer dans le cadre de notre recherche. L'aperçu général sur le développement rural et théories de structuration et développement de la filière se présentent à l'ossature.

I.2.1. Aperçu général sur le développement rural 1. contexte

Arriver à matérialiser le développement rural nécessite la mise en pieds des politiques s'inscrivants dans cette perspective. Sachant que la finalité première de ce développement est l'augmentation des revenus des populations rurales ainsi que l'amélioration de leur niveau de vie, soit augmenté de la production du travailleur rural soit de l'élévation du prix de sa production ou encore de l'effet conjugué de deux75. Cependant, il est important de souligner qu'une politique de revenu basée sur l'élévation des prix n'est pas réaliste, car elle génère de l'inflation sur le plan intérieur.

Vu cette insuffisance, les Nations Unies prônent une politique passant par « l'amélioration de la productivité » ainsi que « la politique garantissant les prix stables ». Ce premier se matérialise le biais du progrès technique et permet ainsi un meilleur rendement des facteurs de productions (la capital, le travail et l'organisation) tel que prône Joseph Aloïs SHUMPETER. Le second quant à lui, ne peut résulter que d'une politique rationnelle de stockage et de commercialisation conçue et appliquée par le pouvoir public.

A côté de la finalité de relever le niveau de revenu, les U.N estiment que le développement rural poursuit deux types d'objectifs. Notamment ceux à court terme (5ans) ainsi que ceux à long terme (20-30ans). Pour les objectifs à court terme, les Nations Unies poursuivent assurer au maximum la couverture des besoins alimentaires de la population,

74 BENSHARIF A. et RASTOIN J.L., Op.cit. p3

75 Nations Unies, « Définition et objectifs du développement rural », Commission économique et sociale pour l'Afrique », 1969, p4, [En ligne] disponible sur www.uneca.org, site consulté le 10 avril 2021 à 14h54

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accroitre les exportations et réduire les importations afin d'augmenter les disponibilités en devises, réduire l'exode rural et les sous emplois dans les milieux ruraux. A côté de ces objectifs à court terme s'ajoute celui du relèvement du niveau de revenu76.

Au long terme, les Nations Unies préconisent deux objectifs principaux ; notamment la réalisation du passage progressif de la condition du paysan au statut d'agriculteur ainsi que réorienter et diversifier les activités rurales77.

Ces objectifs se résument comme suit selon Pierrick Freval78 : la lutte contre la faim et la pauvreté en contribuant à la sécurité alimentaire ainsi qu'en augmentant le revenu des producteurs ruraux, l'augmentation des revenus des ruraux, la croissance économique équitable de la valeur ajoutée, participation plus grande aux échanges marchands, l'exploitation raisonnée des ressources, préservation de l'environnement. Il ressort qu'en matière du développement rural, les changements impliquent des modifications à la fois dans le domaine technique, économique et social.

Vu ces objectifs, le développement de la filière agricole serait l'outil le mieux adapter dans la perspective de leurs atteintes tel que pense C. Fontan79. Plusieurs auteurs travaillent ainsi à la rédaction des théories qui s'inscrivent dans cette quête de développement des filières agricoles en milieu rural.

2. Facteurs favorisant le développement agricole et rural80

C'est sur base des expériences acquises couronné sur le plan du développement agricole et rural notamment en Asie de l'Est, en Europe centrale et dans plusieurs pays d'Amérique latine mais aussi en tenant compte des échecs passés que la Banque Mondiale81 propose les facteurs critiques pour un développement réussit du secteur agricole et rural.

Il s'agit effectivement des facteurs suivants :

a. Des investissements suffisants en zone rurale

Les pays qui ont su développer leurs zones rurales ont fait la preuve de leur engagement en allouant aux zones rurales des ressources publiques destinées à

76 Nations Unies, Op.cit., p5-7

77 Idem

78 Pierrick Freval, Op.cit., p16 79Fontan C., Op.cit., p34

80 Banque Mondiale, Op.cit. p1

81 Idem

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l'infrastructure, la recherche et l'assistance technique nécessaire pour accroitre la productivité agricole et non agricole. Des investissements publics appropriés en soins de santé et de services d'éducations en zone rurales sont également essentiels pour une active population.

b. La bonne gouvernance

Labonne gouvernance est un facteur déterminant de la bonne gestion des dépenses publiques destinées aux services ruraux susmentionnés et d'un climat propice aux investissements du secteur privé dans les zones rurales. Les agriculteurs, qu'il s'agisse des exploitations familiales ou société, sont des entrepreneurs et ces derniers ne n'investiront pas dans une activité faisant objet d'une lourde fiscalité, non protégé par l'Etat de droit, les routes des dessertes agricoles non praticables, ni de service d'eau ou d'électricité.

c. La stabilité politique

Elle se distingue de la gouvernance en ce sens qu'elle fait davantage référence à l'absence des conflits armés ou d'autres troubles civils. Dans la majeure partie du continent africain, dans certaines régions d'Amérique centrale et en Asie centrale, ou l'agriculture est en déclin, ce facteur fait malheureusement défaut. Les troubles et guerres civils détruisent des vies, et portent atteinte aux infrastructures et à la sécurité. Il n'est donc pas surprenant que les milliers de personnes demeurant pauvres et souffrant de famine vivent dans les pays tels que le Congo, Haïti, Soudan ou les guerres civils sont pratiquement endémiques.

d. Croissance économique et formation de revenu

Un élément de succès plus large tient à la croissance économique qui produit le revenu dont les consommateurs ont besoin pour acheter des quantités croissantes des produits agricoles. Les économies en expansion sont tributaires des même facteurs ci précédant que la réussite de l'agriculture un cercle vertueux.

e. Gestion des risques et vulnérabilité

Les personnes dont les revenus dépendent de l'agriculture comptent parmi les plus vulnérables au monde. Des facteurs externes tels que le climat, la sécheresse, les fluctuations des prix des produits agricoles peuvent en un seul événement ou en une saison compromettre le travail des agriculteurs. En raison de cette instabilité de revenu, il est plus difficile aux agriculteurs d'avoir accès au crédit nécessaire et à d'autres services financiers qui pourraient le mettre à l'abri de ces aléas. La banque mondiale examine et met en oeuvre divers

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instruments et stratégies (tels que l'irrigation, l'assurance récolte et le micro financement rural) pouvant réduire l'impact de chocs externes que l'agriculteur ne maitrise pas non plus.

f. Réforme de la politique agricole et commerciale

Un problème de longue date, qui n'a été abordé que peu par la communauté des bailleurs de fonds, est celui de l'incidence de la politique agricole et commerciale américaine, japonaise et européenne les pays en développement. Le secteur agricole est florissant là où la terre et la main d'oeuvre sont bon marché, il en découle un avantage comparatif pour les PED.

Toutefois, des grosses subventions et des niveaux de protection élevée dans les pays de l'OCDE empêchent les produits agricoles des PED d'avoir accès au marché de l'OCDE, tout en maintenant le prix agricoles mondiaux à des niveaux artificiellement bas. Le fait de ne pas avoir accès au marché de l'OCDE, n'incite pas vraiment les pays pauvres d'investir dans l'agriculture.

I.2.2. Théories de développement et de structuration de la filière

Dans les points précédents, il a été question de démontrer que le développement des filières agricoles est primordial pour le développement des pays en développement. Il est du coup important de souligner que le niveau d'atteinte des objectifs est fonction de l'outil mis en oeuvre. Autrement dit, la voie choisie dans la concrétisation du développement de la chaine de valeur est déterminant dans l'atteinte des résultats escomptés. Le choix est alors fait sur base du contexte de l'adaptation de l'environnement des NPI ou selon qu'on se situe dans un PED.

Tel que souligné dans les parties précédentes, il est maintenant important de répertorier les théories sur le pilotage en amont, en aval et celui de la régulation de la chaine de valeur82.

1. La production pousse la chaine de valeur ou le marché tire la chaine de valeur

La compréhension de ces deux théories est vraiment littérale. La théorie selon laquelle la production pousse la chaine de valeur ou modèle de pilotage par le bas de la chaine83 suppose qu'il faut que la production existe pour que la chaine de valeur se développe. Selon ce courant, l'action à mener dans l'optique du développement d'une chaine de valeur est à mener au niveau du maillon production et nulle part ailleurs. Car il est supposé que ce maillon

82 BENSHARIF A. et RASTOIN J.L., Op.cit. p3

83 Miller C. et Jones L., Op.cit., p33

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est générateur d'effets d'entrainement suffisant au développement de la chaine de valeur dans son intégralité.

D'après la FAO, bien que ces modèles de développement de chaine de valeur soit susceptible de conduire à des véritables réussites, ils se doivent tout de même d'affronter deux difficultés majeurs.

Premièrement, les producteurs peuvent ne pas bien saisir les besoins du marché et ne pas comprendre les acteurs de la chaine qui sont proche de l'utilisateur final. Deuxièmement, les producteurs doivent souvent lutter pour obtenir de financements, à moins qu'ils aient des partenaires solides et/ou qu'ils jouissent d'une aide financière... et des liens avec des marchés et des partenaires fiables et compétitifs84.

Par contre, la seconde théorisation, celle-ci suppose que le marché tire la chaine de valeur, aboutit aux propos selon lesquels l'existence des débouchés adéquats est amplement suffisante pour développer la chaine de valeur. Ce modèle est aussi qualifié par la FAO sous la dénomination « agriculteur sous contrat85 ». Tout compte fait, le dénominateur commun pour ces deux théories réside dans le fait qu'elles musent toutes sur les relations qu'entretiennent les acteurs de la chaine de valeur.

De ce fait, nous identifions ici la théorie de « two to trade86 » voulant dire qu'il faut deux pour le commerce. Développé par Ted Schrader et al. En 2015, cette théorie part des changements rapides observés dans la structure de répartition géographique de la démographie qui est générateur des opportunités à saisir dans les chaines de valeurs des produits agricoles de plus en plus complexe. Pour relever ces défis de saisi des opportunités, les agriculteurs peuvent augmenter le volume de leur production et adhérer à une sécurité alimentaire plus stricte et norme de qualité. Du côté des entreprises agroalimentaires, il faudra que celles-ci exploitent les occasions d'affaires en fournissant des produits aux villes et en développant la production des biens de plus grande valeur.

Cependant, cette théorie met accent sur le travail en commun entre agriculteur et entreprise. Les auteurs expliquent cela par le fait que les entreprises et les agriculteurs ont

84 Idem

85Ibidem, p35

86Scherder T. et al., « It takes two trade, understanding and improving famer-firm relations in Africa », Wageningen UR, and Arnherm, the Netherlands : center for development Innovation, rayal Tropical institute,2015, p203

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besoin de devenir interdépendant pour assurer la responsabilité commune de formation d'une chaine de valeur dans une Afrique à rapide évolution.

La théorie définie les relations entre agriculteurs et entreprise comme une relation commerciale où les deux parties collaborent et coordonnent les activités les uns avec les autres, dans le but de renforcer les affaires. Pour se faire, les agriculteurs et les entreprises s'engagent dans une communication et une planification avant la transaction peut-êtremême avant que la récolte soit plantée.

La théorie « twotrade » fait promouvoir des situations pouvant conduire à privilégier la relation entre acheteur et fournisseur. Il est justement question des relations paysannes émergentes lorsque les agriculteurs, les entreprises ou les deux établissent des relations acheteurs-fournisseurs privilégiés sur une plus longue période, initiative qui viendra de l'une ou l'autre de deux parties prenantes. Il s'agit effectivement du développement de la chaine de valeur conditionné par l'existence d'une firme mettant en collaboration les producteurs et les vendeurs en achetant les productions des premiers pour la transformation et ainsi l'adapter à la demande.

Toutefois, la théorie de régulation de la chaine de valeur traduit une autre conception. 2. La régulation de la chaine de valeur

Dans cette vision, c'est l'intervention de l'Etat pour le développement de la filière qui est promus. Le pouvoir public agit ainsi dans la perspective d'orientation de la production, de l'échange, de la consommation des biens et services et la constitution du capital dans le secteur agricole. La justification de l'intervention du gouvernement dans le secteur agricole est, selon J.L. NZWEVE87, de deux dimensions : à la fois politique et économique.

Pour Jean Louis DUPRE et Stéphane YRLE, cité par J.L. NZWEVE, dans la dimension politique, la souveraineté alimentaire est défendue comme une composante de l'autonomie nationale et l'Etat moderne s'efforce de produire sur place l'essentiel de la nourriture consommée. Cependant, la dimension économique quant à elle traité par Pierre Boulanger cité par le même auteur. Pour J.L. NZWEVE88, l'intervention publique en économie se fonde sur les spécificités du secteur agricole qui éprouvent les mécanismes

87 KAMBALE NZWEVE, « Construction de la filière caféière, initiatives et perspectives de politique agricole au Nord-Kivu », CRIG, PUG, 2015, p86

88 Idem

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autorégulateurs : la diversité des produits agricoles, l'hétérogénéité et l'instabilité récurrente du marché.

Ainsi, sur base des mécanismes mis en oeuvre par les pays de l'OCDE, l'Etat peut justement procéder par l'aide directe aux producteurs ou des facilités pour l'exportation. Cependant, dans les pays en développement, il est très souvent relever des situations telles que les Etats sont incapables d'appliquer ces mécanismes. De ce fait, il existe parmi ces pays, ceux qui sont réduit au simple prélèvement des taxes, la régulation du marché étant en conséquence, laissé aux organisations professionnelles.

Pragmatiquement, pour réguler le marché agricole, les services publics s'appuient de plus en plus sur un partenariat avec les entreprises privées et les organisations des producteurs, les fournisseurs d'intrants, les transformateurs, des distributeurs et des interprofessions. Pour reprendre ainsi les propos de Claude MENARD, l'Etat reste arbitre mais il ne définit plus les règles de manière unilatérale et s'appuie plutôt sur les concertations, les négociations, les contrats, les conventions, les compromis, et les ajustements des acteurs publics et privés opérants dans les filières agricoles pour construire les solutions aux problèmes d'équilibre des marché agricoles.

Dans ce sens, il est à observer que, « la régulation de la filière » traduit le concept même de « politique agricole89 ». Il existe tout de même une différence entre les deux. Le premier concept est, à plus d'une politique agricole, une politique participative. L'Etat n'a plus de monopole de l'élaboration et de la mise en oeuvre de la politique agricole.

I.3. Notions sur la gestion de terroirs I.3.1. Essai définitionnel

La notion de terroir a été donnée par un consensus de plusieurs intervenants dans le domaine de la gestion de terroir. Elle comporte nombreuses facettes, ce qui la rend souvent imprécise. Le sens de terroir varie en effet selon que l'on se situe dans le domaine littéraire, sociologique, agronomique etc...

Pour l'agronome, le terroir est perçu surtout comme une étendue de terre limitée, considérée du point de vue de ses aptitudes agricoles. Le sociologue y ferait surtout référence

89 KAMBALE NZWEVE, Op.cit., 90

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aux relations affectives, à la culture et au mode de vie qui caractérisent un groupe humain vivant dans une entité géographique rurale90.

Après avoir défini et conçu le développement à l'échelle de tout le territoire ou de la région sans souvent tenir compte des spécificités et aspirations du niveau local, l'on a fini par opter pour un développement dit « à la base ». Cette base se réfère au terroir qui peut être défini comme l'espace rural géré par une communauté qui affirme y exercer des droits d'exploitation et d'occupation dans un cadre socio-économique et culturel défini. Malgré la diversité des définitions de ce concept et des débats parfois sémantiques qu'il génère, on admet néanmoins le terroir comme étant l'unité de base de gestion des ressources naturelles91.

Le terroir n'est donc pas un concept de géographie physique. Il est avant tout économique, sociologique, écologique et juridique. Ce concept de terroir ne saurait donc se résumer à une simple addition des ressources naturelles disponibles tel que l'eau, le sol, la végétation92, ...

I.3.2. Structure du terroir93

La structure d'un terroir dépend de plusieurs facteurs mais son fonctionnement et sa dynamique dépend essentiellement de trois groupes de facteurs :

? Les types de besoins à satisfaire. En fait les regroupées dans un même terroir ont de besoins communs à satisfaire comme des besoins alimentaires, monétaires, culturels, sécurité... qui varient d'une communauté à une autre ;

? La culture, indiquant des différences dans le mode de vie, les valeurs et mentalités, les liens affectifs et de solidarité ;

? Le temps, car d'une année à l'autre, d'une période à l'autre, les éléments du terroir se modifient, les générations se succèdent les unes aux autres, les besoins et mentalités évoluent.

Le schéma ci-dessous permet de se rendre compte qu'un terroir se différencie d'un autre élément essentiellement par les ressources disponibles, les systèmes de production mis en pratique, la structure sociale etc....

La structure du terroir se presente ci-dessous :

90Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., L'aménagement des terroirs : Concept et opérationnalisation, éd. CILSS, Ouagadougou, 1991, p12

91 Idem, p 10

92 Eger, H. etBado, J., «village land management, soil and water conservation in the central plateau of Burkina», Faso, éd. CILSS, Ouagadougou, 1990, p45

93Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., Op.cit., p 13

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Figure 3 : Répresentation de la structure de terroir

Source : Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., L'aménagement des terroirs : Concept et opérationnalisation, éd. CILSS, Ouagadougou, 1991, p14

Par souci de simplification, le schéma ci-dessous donne une définition schématique du terroir.

Figure 4 : définition schématique du terroir

Source : Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., L'aménagement des terroirs : Concept et opérationnalisation, éd. CILSS, Ouagadougou, 1991, p15

Le terroir est un tout réagi par un certain nombre de paramètres. Ces derniers sont tel que le paramètres économiques, sociologiques, administratifs et politiques, géographiques et technologiques.

95PNUD/UNSO, « Gestion de terroir : le concept et son développement », 1995[En ligne] disponible sur www.pnud/ unso.org consulté le 2 avril 2021 à 21h20

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I.3.3. Limites du terroir94

En théorie, un terroir peut être délimité et son emprise géographique défini. Dans les zones d'agricultures sédentaires, les limites du terroir peuvent être établies. Toutefois dans les zones pastorales, la délimitation exacte serait fastidieuse, sujette à équivoque et sans portée pratique.

Cependant, la délimitation dans les zones agricoles a son importance parce qu'elle inculque aux communautés rurales la notion d'espace fini et elle facilite la définition du cadre spatial dans lequel s'exerceront les activités à mener.

Il faut toutefois indiquer que faire de la délimitation d'un terroir un préalable à tout aménagement peut conduire à des obstacles insurmontables tels que l'exacerbation des conflits de terre entre des communautés voisines, risque d'enfreindre des tabous (cas ou la coutume interdit la désignation des limites du terroir). Il faut s'assurer de la faisabilité de la délimitation auprès des populations du terroir concerné, mais aussi de celles environnantes.

I.3.4. Gestion du terroir et aménagement du terroir

a. Gestion de terroirs

a) Contexte historique

Le concept« Gestion de terroirs » est apparu ces dernières années en Afrique de l'Ouest sahélienne en réponse au problème de la dégradation de l'environnement mis en évidence par différents phénomènes tels que: la dégradation des sols suite à l'érosion éolienne et hydrique, le déclin de la fertilité des sols, la réduction de la densité du couvert végétal, une vulnérabilité accrue à la sécheresse, ainsi qu'une réduction générale de la diversité des espèces végétales et animales. Ces problèmes d'environnement peuvent considérablement varier d'un endroit à l'autre; ils résultent, en effet d'un grand nombre de facteurs locaux, nationaux et régionaux95.

La zone Sahélienne a, dans son ensemble, connu une baisse importante du niveau de précipitations annuelles au cours des 30 dernières années. Sur cette toile de fond, un ensemble de facteurs économiques, démographiques et institutionnels se sont greffés, exerçant une forte pression sur les sols, les ressources en eau, les pâturages et les forêts de la

94Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., Op.cit., p16

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région. Il n'a pas toujours été facile d'apprécier l'importance relative de ces différents facteurs, comme le prouve le fastidieux et stérile débat sur la "désertification" et son origine anthropique ou climatique, ni même de préciser l'importance réelle de la dégradation des ressources dans un endroit donné; ceci est, en partie dû à l'insuffisance d'observations à long terme à partir desquelles on pourrait déduire des tendances claires concernant, par exemple, l'épaisseur ou la qualité des sols96.

On a de plus en plus de preuves du caractère dynamique et flexible des systèmes sahéliens, dont les niveaux de couverture végétale et de productivité ainsi que leur composition en espèces, sont fortement affectés par l'importance et la répartition de la pluviométrie. Par ailleurs, il est clair que les régions les plus touchées se trouvent dans des zones agricoles où les densités de population élevées et les défrichements subséquents sont les causes principales de dégradation des ressources naturelles97.

La "progression du désert " comprise comme étant le déplacement inexorable de dunes de sable vers le sud n'est pas un problème significatif pour la région Soudano-Sahélienne dans son ensemble. Là où des problèmes localisés de déplacement de dunes existent, ils ne sont pris en compte que dans la mesure où ces mouvements menacent des biens d'importance majeure-tels des routes, des champs ou des villes. On dispose maintenant de nombreux éléments permettant d'inverser l'image classique du pasteur nomade responsable de la dégradation catastrophique de l'environnement au Sahel. Ainsi, on reconnaît de plus en plus que ces systèmes pastoraux sont adaptés et méritent une attention et une aide accrue leur permettant d'assurer une production animale pérenne sur les pâturages faiblement arrosés du Sahel98.

96 CLISS., Club du Sahel, Le Sahel face au futur, OCDE, Paris, P 35

97Doka, M. et Gouman, D., étude sociologique : la dégradation des ressources forestières, IRSH/MHE, Niamey, 1986 , p 28

98 CLSS, PA-CLSS, Le Sahel en lutte contre la désertification, leçons d'expérience, GTZ, Eschborn,1989, p324

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b) Principe d'approche de gestion de terroir99

a. Sécurité foncière

Les populations ont besoin de droits pérennes et effectivement respectés sur les terres et autres ressources pour être incitées à les gérer correctement et à investir dans leur amélioration.

b. Participation des populations

La participation des populations locales à l'analyse de leurs problèmes, à l'identification de leurs besoins prioritaires, au choix des activités et à leur réalisation, est un élément central de la Gestion de Terroirs.

c. Approche "globale"

Une approche "globale" est requise qui reflète la complexité du milieu rural et qui essaye déprendre en compte l'ensemble des questions sociales, économiques, écologiques, politiques, institutionnelles et légales, afin d'assurer aux populations un plus grand contrôle de leur futur et une confiance accrue en ce qui concerne leur vie et leur moyens de subsistance. Une meilleure écoute des populations locales devrait permettre l'ancrage des activités de Gestion du Terroirs aux besoins prioritaires des villageois et partant, favoriser cette approche globale.

b. Aménagement du terroir100

L'aménagement au sens agro forestier se réfère à la mise en valeur rationnelle des ressources naturelles pour la satisfaction pérenne en quantité et en qualité des besoins des populations.

Quant à cela, l'aménagement du terroir se définit comme un processus d'élaboration et de mise en oeuvre concertée d'un ensemble d'actions et des mesures permettant de valoriser toute les ressources du terroir en vue d'un développement durable.

L'aménagement d'un terroir ne saurait réussir s'il est coupé de l'économie nationale et régionale. A titre d'exemple, à quoi servirait-il d'arriver à une forte production agricole si les

99PNUD/UNSO, Gestion de terroir : le concept et son développement, 1995 [en ligne] disponible sur www.pnud/ unso.org consulté le 2 Avril 2021 à 21h20

100Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., Op.cit., p17

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moyens d'écoulement vers d'autres zones restent inexistants. Comme définit ci-dessus, l'aménagement des terroirs peut être ainsi schématisé dans ses composantes :

Figure 5 : Composantes de l'aménagement des terroirs

Source : Goumandakoye, M. et Bado Jean Babou., L'aménagement des terroirs : Concept et

opérationnalisation, éd. CILSS, Ouagadougou, 1991, p17

c. Gestion et aménagement de terroir, quelle relation ?

Les deux termes Gestion et Aménagement101de Terroirs sont le plus souvent employés pour décrire un ensemble de projets conduits dans une région donnée. Par convention, la gestion de terroirs (GT) fait référence à la gestion proprement dite (administration) des ressources naturelles dans un espace donné (le terroir). L'aménagement de terroirs (AT) fait référence à l'amélioration (aménagement) des ressources dans une zone donnée. En fait, Aménagement de Terroirs et Gestion de Terroirs ont été employés

101Boiffin,J.,Territoire :agronomie, géographie, écologie, où en est-on? Le point de vue d'un chercheur agronome, in « NaturesSciencesSociétés n°12», Paris, 2004, P. 307

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indifféremment dans les deux sens : gestion et amélioration. Le terme de "gestion" est utilisé pour décrire une série d'interventions comprenant l'utilisation des ressources disponibles, l'affectation de terres à certains usages, la limitation de leur accès à certaines périodes, et le contrôle du niveau de leur utilisation. L'"aménagement" correspond, quant à lui, à un ensemble d'investissements visant à augmenter les niveaux de productivité, réduire le risque agronomique, conserver les sols et les ressources en eau et améliorer les conditions de culture.

La gestion de terroirs est donc focalisée sur la gestion des ressources naturelles à l'échelle du milieu rural ou du campement et s'exerce à trois niveaux interdépendants102:

? "le niveau technique, lié à l'environnement physique, par exemple les méthodes optimales de recyclage des éléments fertilisants, de gestion des forêts naturelles, de contrôle de l'érosion du sol;

? "le niveau socio-économique, relatif aux structures sociales dans lesquelles les populations vivent et organisent leur existence; il concerne la famille et la communauté, la répartition du pouvoir entre les individus et les groupes, la gestion des bénéfices économiques et la répartition des profits générés par les investissements collectifs;

? "le niveau institutionnel où la législation et son application déterminent l'accès aux ressources naturelles des différents groupes sociaux, et les moyens permettant le respect de ces droits dans la pratique.

Apres cette brève présentation de la notion sur la gestion de terroir, chutons sur la notion de cacaoyer.

I.4. Le Cacaoyer

Le cacao étant une plante industrielle de culture congolaise fait l'objet de traitement dans ce travail en vue de voir l'évolution de sa production et surtout de prime, identifier sa mode de maintenance.

102Traoré Touta Alain, Application de l'approche gestion des terroirs pour la mise en place d'une zone sylvo-pastorale : Atouts et Limites, Mémoire inédit, département de géographie, Université de Ouagadougou, 2001, P.4

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I.4.1. Historique103

Le cacaoyer était cultivé en Amérique par les mayas biens longtemps avant l'avenue des Européens. C'est en 1630 que le mexicain HERNANDEZ donne la première description botanique de l'arbre « cacahoquahuitl », ses fruits « cacahocentl » et ses graines « cacahoatl ».

Le mot cacao, directement dérivé de la langue maya et qui est universellement employé aujourd'hui, a fait pour la première fois son apparition dans la littérature botanique en 1605 sous la plume de Charles de l'ECLUSE.

en 1700, TOURNEFFORT le retint le mot « cacao » comme nom de genre. Cependant qu'en 1737, LINNEE préféra lui substituer par celui de « Théobroma cacao » un nom plus noble signifiant nourriture des Dieux pour rappel de l'origine divine que les aztèques attribuaient aux Dieux.

C'est dans l'espèce théobroma cacao signifiant nourriture décrite par LINNEE que se classe aujourd'hui tous les cacaos cultivés.

I.4.2.Botanique.

Le cacaoyer est un arbre de petite taille, pouvant atteindre 5 à 7 mètre de hauteur moyenne. Parfois il dépasse cette taille lorsqu'il pousse à l'état sauvage dans la forêt.

Il sied de spécifier que sa taille, son importance ainsi que le développement de sa floraison dépendent beaucoup de son environnement.104

a) la graine

La graine du cacaoyer est spécifiquement appelé fève de cacao ; cependant, cette appellation est réservée à la graine ayant subi les opérations de fermentation et de séchage105.

La graine du cacaoyer est décrite par certains principaux caractères ; entre autre :

la longueur : elle peut varier de 20 à 30 millimètres en moyenne et 25 millimètres pour les amelonado africains ;

103BRAUDEAU, J., le cacaoyer, Ed. G-P. Maisonneuve et Larose, paris, 1969, p1 104BRAUDEAU, J., Op.cit., p23

105 Idem, p24

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la largeur : elle peut varier de 10 à 17 millimètres de moyenne ainsi que 12,5 pour les amelonado africains ;

l'épaisseur : elle varie de 7 à 12 millimètres en moyenne et de 8 à 8,5 pour les amelonado africains.

b) le système racinaire

Après germination de la graine, la racine subit une croissance très rapide et s'enfonce verticalement dans le sol. Tandis que sur la base de l'hypocotile naissent des racines latérales disposées en six séries verticales et qui se développe horizontalement tant que le pivot s'allonge.

En moyenne, le pivot peut atteindre 30 à 40 Centimètres durant 4 à 5 mois et 70 à 80 centimètres après 5 à 6 ans. 106

L'absence du pivot chez les jeunes boutures plogiotropes explique leur faible développement végétatif ainsi que leur sensibilité à la sécheresse dès leurs premières années de plantation.107

c) la partie aérienne108

§1 le tronc

Après l'apparition des premières feuilles du jeune sémenceau, le bourgeon terminal poursuit son développement et la tige croît verticalement. Les feuilles longuement pétiolées et à l'aisselle des quels les bourgeons axillaires sont visibles.

§2 la couronne et ramification secondaire

Le nombre des branches de la couronne est normalement cinq. Cependant, cela peut varier de 2 à 5 plus rarement. En plantation, les arbres adultes présentent souvent des anomalies liées aux origines suivantes :

? Traumatisme : entraine la disparition de certaines branches principales ;

? Egourmandage mal conduit : entraine la malformation de plusieurs troncs dont les couronnes se gênent mutuellement ;

106BRAUDEAU, J., Op.cit. p29

107 Idem p30

108 Ibidem p31-33

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? Dégâts d'insecte. §3 la feuille

Les feuilles qui apparaissent lors de chaque poussée sont très souvent pigmentées ainsi que leur couleur varient selon les cultivars ou les clones, du vert pâle plus au moins rosé ou violet foncé.

Ses pétioles varient de 7 à 9 centimètres tant que les limbes peuvent atteindre 50 centimètres.

I.4.3. Classification

Les cacaoyers cultivés présentent une très grande variabilité si l'on se referait aux caractères de couleur, de dimension et de forme des différentes parties.

cependant, PITTIER109 reconnait deux formes de cacaoyer ; à l'occurrence :

? les criollos : sont les cacaoyers dont les fruits sont allongés, côtelés et dont les cotylédons sont blanc ;

? les forasteros : sont les cacaoyers dont les fruits sont arrondit, presque lissés et dont les cotylédons sont violets ;

Ainsi actuellement, on y ajoute une troisième forme ici-bas.

? les trinitarios : sont polymorphes où l'on peut observer les caractères intermédiaires

entre les criollos d'une part et les forasteros d'une autre part. néanmoins, une disjonction s'observe dans ses descendances.

I.4.4. Description

Ayant bien lu et notifier présentement dans les sections précédentes, le cacaoyer est un arbre de petite taille variant entre 5 à 6 mètres de hauteur moyenne qui atteint son plein développement vers l'âge de 10 ans ainsi que sa floraison dépend directement de sa situation environnementale. Cette plante se maintien de 25 à 30 ans. L'écologie du cacaoyer est celle des forets au climat chaud et humide, sèche prolongée, sans saison: sèche prolongée.

- La température moyenne annuelle optimale est de 25 degrés minimum absolu de 10 degrés.

109PITTIE, cité par BRAUDEAU, J., Op.cit., p10

110FLOOD, J. et Ali,.« A la découverte du cacao, Ed. CABI Biosciences », Kiev, 2003, p.11-50 disponible sur https://www.share4dev.info/kb/output view.asp?outputID

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- La pluviométrie optimale est de 1500 à 2500mm. La période sèche ne doit pas excéder trois mois. Le taux d'humidité relative de l'aire doit être élève (optimum85%) ;

- Le jeune cacaoyer a besoin d'être protège d'éclairement trop intense pendant le trois premières années. Cependant, la région ou l'éclairement incident est inférieur à 1800heures par an le plein potentiel productif du cacaoyer est d'obtenir en plein soleil, sous condition d'apports rigoureux et réguliers d'intrant à fin d'entretenir la fertilité de sols et de protéger les arbres d'une pression parasitaire a très intense au soleil, si le recours aux intrants n'est pas assure, il est généralement préférable de permanant interceptant entre 20 et 40% du rayonnement ;

- Les propriétés physique du sol doit assurer une bonne rétention de l'eau mais les racines ne doivent pas être asphyxiées. Le sol doit être légèrement acide et sa teneur en matière organique élevées dans l'horizon supérieur ;

- Le cacaoyer peut passer jusqu'à 1000m d'altitude sous l'équateur, à la latitude de 20degre nord ou sud, seul le niveau de la mère lui convient.

I.4.5. Parasites et ennemis du cacaoyer110

a) Les insectes parasites

Il est évident qu'existe certaines familles d'insectes piqueurs ou ravageurs des cacaoyers. Dans la culture du cacao, surtout la famille des mirides domine de loin l'ensemble du groupe d'insecte nuisible au cacaoyer.

Les mirides ont une morphologie assez diverse ; d'entre autre les hélopeltis qui sont moustique du cacaoyer, sahalbergella, distantiella et monalonion qui est pain du cacao.

Principalement, les piqûres sur les cabosses et jeunes rameaux se traduisent par des nécroses pouvant entrainer la mort de ces derniers.

Les punaises pentatomidés (Atoleceraserrato et Bathycoelia) provoquent des lésions soit sur rameau soit sur cabosse.

b) Les principales maladies cryptogamiques

La pourriture brune des cabosses est due au microbe appelé « phytophthora polmivora ». Cette maladie est la plus ancienne et la plus ravageur de toutes les maladies du cacaoyer.

111KOKOU EDOH ADABE et LIONEL NGO-SAMNICK, E., production et transformation du cacao, éd. CTA et ISF, Douala, 2014, p18 disponible sur https://cgspace.cgiar.org/handle/10568/76733

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Outre cette maladie, le continent de l'Amérique héberge uniquement les maladies ci-après :

> La moniliose ou pourritures des cabosses dues à crinipellisroreri ;

> La maladie du balai sorcière due à crinippellisperniciosa ;

> Mort subite du cacaoyer due à ceratocystisfombriata ;

> La galle des coussinets floraux ;

> La trachéomicose.

c) Les maladies virales

Surtout en Afrique, la plus importante des maladies virales est le swollen shoot. Sa transmission est faite par certains insectes étant son vecteur. Ainsi, peut-on citer :

· Le psylle du cacaoyer

· La cicadelle

· Les coléoptères foreurs des tiges

· Les coléoptères et lépidoptères déformateurs

· La chenille mineuse de tronc et de branche

· La chenille de cabosses

· Et les fourmis blanches ou termites.

I.4.6.Lutte contre les maladies et ravageurs du cacaoyer111

Bien que ces maladies et vecteurs des virus du cacaoyer existent, il est évident de bien déterminer le mode de protection des plantes.

Pour lutter contre les insectes ravageurs des cacaoyers, il est sans doute efficace d'user certains produits chimiques. En titre illustratif des produits suivants :

? Le lindance : produit le plus utilisé à la dose de 300g de matière active par hectare.

? Cependant, on fait usage des insecticides des carbonates suite à la résistance des mirides ; tel que le PROPOXUR qui a une efficacité par dosage de 300g par hectare.

En plus pour lutter contre les maladies cryptogamiques, il est essentiel de limiter le plus possible toutes les sources de contamination. Plus précisément éliminer de la plantation les

41

débris de cabosses provenant de la récolte, éliminer tous les arbres malades avant la saison pluvieuse, cueillir et éliminer régulièrement (tous les huit jours en saison de pluie).

En vrai terme, pour cultiver le cacaoyer dans le cadre du système durable, il faut avoir des connaissances de base sur la manière de lutter contre les ravageurs et maladies de ce produit de culture pérenne.

I.4.7. La Production Du Cacaoyer

A. Production Et Consommation Du Cacao Au Monde112

1) Production Mondiale

En 2014-2015, 4,2 millions de tonnes de cacao d'une valeur approximative d'USD 12 milliards ont été produites dans le monde. 73 % de la production mondiale provenait d'Afrique de l'Ouest, 17 % d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, et 10 % de l'Asie.

Tableau 2 : Données sur le secteur du cacao dans les principaux pays producteurs du cacao

Prodi en million t

Côte d'Ivoire

Ghana

Cameroun

Nigéria

Indonésie

Équateur

Brésil

Pérou

Total

1990-1991

804

293

115

160

150

111

368

11

2 506

1995-1996

1 200

404

135

158

285

103

231

15

2 915

2000-2001

1 212

395

133

177

392

89

163

24

2 865

2005-2006

1 408

741

171

210

585

118

162

31

3 811

2010-2011

1.511

1 025

229

240

440

161

200

54

4 309

2011-2012

1 486

879

207

245

440

198

220

61

4 095

2012-2013

1 449

836

225

238

410

192

185

70

3 943

2013-2014

1 746

897

211

248

375

234

228

80

4 372

2014-2015

1 796

740

232

195

325

250

230

85

4 230

2015-2016

1 650

800

220

190

320

220

180

85

4 154

Exportations de fèves en 1 000 t 2

2014-2015

1 234

586

205

113

44

235

0,7

54

2 807

Aires de récolte en 1.000 ha

2015

2 7304

1 8904

8504

1 2704

1 2704

4505

NS

9014

NS

Rendement moyen en t/ha

2015

0,667

0,397

0,277

0,157

0,237

0,575

NS

0,6514

NS

Nombre de cultivateurs

112HÜTZ-ADAMS,F., A., et Ali., Renforcer la compétitivité de la production de cacao et augmenter le revenu des producteurs de cacao en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, Ed. SÜDWIND, Berlin, 2016, p8-24 disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Cacao#Production

113Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine de NEPAD RDC disponible sur https://www.google.com/search?client=firefox-bd&ei

42

2015 en

800-1

8009

400-60010

30011

800-1 70012

10013

NS

4514

5

1000

3008

 
 
 
 
 
 
 

00015

Source : HÜTZ-ADAMS, F., A., et Ali.,Renforcer la compétitivité de la production de cacao et augmenter le

revenu des producteurs de cacao en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, Ed. SÜDWIND, Berlin, 2016, p24

2) Consommation Mondiale

La forte demande en chocolat variant selon les régions tel qu'actuellement, l'Europe et l'Amérique du Nord occasionne une forte consommation de cacao. C'est pour cela que cette section de ce travail donne lumière à la détection des grands pays consommateurs du cacao suite à une forte industrie alimentaire.

Tableau 3 : Principaux Pays Consommateurs Du Cacao

PAYS

USA

GERMAN Y

FRANCE

Royaume-Uni

IRUSSE

BRESIL

JAPON

Espagne

ITALIE

CANADA

CHINE

CONS EN 100T

736.7

350.0

225.0

220.0

205.0

200.0

176.4

115.0

100.0

90.0

77.8

Source :HÜTZ-ADAMS, F., A., et Ali.,Renforcer la compétitivité de la production de cacao et augmenter le revenu des producteurs de cacao en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, Ed. SÜDWIND, Berlin, 2016, p8

B. Culture Et Production Du Cacao En RDC113

En République démocratique du Congo, la culture du cacao se fait d'une façon évolutive. Suite à cette évolution culturelle, la production de ce produit semble accroitre. Néanmoins, l'informel et la fraude l'emporte jusqu'à s'affronter au manque des statistiques productifs des secteurs nationaux.

En dehors de ça, certaines régions de la RDC produisent le cacao tel que la province de l'Equateur, Ituri, Kongo central, Mai-ndombe, Mongala, Sud Ubangi, Nord Kivu, Tshopo et celle de Tshuapa.

114Rapport annuel PNUD Nord Kivu 2009 sur le profil économique du nord Kivu, p46 disponible sur https://blog.ccfd-terresolidaire.org/grandslacs/public/Kivu

43

Pour ne pas y frôler le doigt et passer ce point inaperçu, voici en bref certaines statistiques de production du cacao en RDC.

Tableau 4 : Production Agro-industrielle De La RDC

PLANTES

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Café Robusta

69,90

69,82

67,72

62,07

54,00

46,98

40,76

36,95

32,06

48,09

Exportation

43,51

54,74

46,80

44,49

18,90

30,41

22,31

11,33

2,64

5,26

Café Arabica

20,21

1,86

16,99

11,91

10,36

9,01

7,81

6,82

2,07

4,62

Exportation

6,93

7,82

13,87

8,46

4,14

8,58

2,12

1,84

0,56

1,94

Cacao

7,45

7,55

7,55

7,58

7,24

6,91

6,57

6,56

6,24

6,81

Exportation

3,42

6,22

0,12

3,47

3,30

3,13

2,98

0,83

2,40

2,62

Thé

3,35

3,41

3,42

3,43

2,95

2,44

2,18

1,95

1,77

1,39

Exportation

2,35

1,78

0,52

1,56

1,34

1,15

0,99

-

-

-

Tabac

3,21

3,32

3,34

3,36

3,76

4,21

4,72

4,21

3,76

3,62

Source : Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine de NEPAD.

A. Production Du Cacao En Province Du Nord Kivu114

Cette culture cacaoyère est exploitée depuis des décennies dans les provinces de l'équateur et orientale. Néanmoins, La culture du cacao est une des jeunes filières, introduite au début des années 2002 au Nord Kivu. Cette filière crée des engouements auprès de la majorité des planteurs désireux de diversifier leurs cultures.

Une augmentation sensible du nombre de planteurs et celle des nouvelles superficies défrichées et emblavées a été découvertes et surtout ces plantations sont de type familial de 2 à 10 hectares et sont développées du seul effort des paysans.

De cette récente adoption au Nord - Kivu, le cacao est actuellement exploité dans seuls territoires de Beni et à Lubero. Des tests par des particuliers auraient été effectués à Walikale, une zone à fort potentiel agricole.

44

Tableau 5 : Production du Cacao Au Nord Kivu

Cacaoyer

Indicateurs/années

2005

2006

2007

2008

2009

Moyenne

 

Nbre planteurs

0

135

135

135

346

150,2

 

superficie en ha

0

36

20

36

90

36,4

 

Production/tonnes

0

218,3

200,7

218,5

2966

720,7

 

Production commercialisée

0

218,3

200,7

218,5

2966

720,7

 

rendements kg/ha

0

6

10

6

32,9

9,78

Source : rapport annuel PNUD Nord-Kivu 2009 sur le profil économique du nord Kivu.

Au Nord-Kivu les rendements moyens sont en progression suivant le rythme botanique de maturation. La filière Cacao a donc besoin de nouveaux investissements et dispose d'un grand potentiel au Nord- Kivu.

Cependant, ce tableau fait lumière que cette filière Cacaoyère du nord Kivu est donc dans sa phase ascendante. Cet élan va certainement de poursuivre s'il ya un appui en intrants et en capitaux de la part de divers partenaires potentiels tant publics que privés.

I.5. Conclusion du chapitre

Le présent chapitreprésente lesconcepts de base de l'étude. Il s'agit notamment du concept de « chaine de valeur » ainsi que celui de « filière ». Il a été remarqué que les deux concepts traduisent quasiment une même logique à quelques différences prêt. Tous deux suppose une suite d'opération dont la finalité est d'aboutir à un produit fini. Cependant, la différence est à noter sur les dimensions d'analyse.

La chaine de valeur fait partie intégrante de la filière et est composée des acteurs qui, à un moment donné, ont été propriétaires du produit. La filière intègre quant à elle, outre les acteurs de la chaine de valeur, les accompagnateurs du processus. Notons tout de même que, les transformateurs peuvent ne pas faire partie de la chaine de valeur et intégrer la classe des offreurs des services.

A côté des concepts, il a été appréhendé les principales théories sur le développement de la filière agricole. Il en a été développé dans ce chapitre certains principaux courant ; notamment celui considérant la demande comme moteur de la filière, celui considérant à sont la production comme moteur de la filière et en fin la théorie de régulation de la filière qui n'est rien d'autre que la politique agricole dont l'Etat n'a pas de monopole de prise de

45

décision mais accompagné par les institutions professionnelles dans les pays en développement.

Dans la poursuite de la théorisation, avons parlé de la notion sur la gestion de terroirs qui est défini comme l'espace rural géré par une communauté qui affirme y exercer des droits d'exploitation et d'occupation dans un cadre socio-économique et culturel défini. Malgré la diversité des définitions de ce concept et des débats parfois sémantiques qu'il génère, on admet néanmoins le terroir comme étant l'unité de base de gestion des ressources naturelles. D'où, la gestion de terroirs fait référence à la gestion proprement dite (administration) des ressources naturelles dans un espace donné (le terroir) tout que l'aménagement de terroirs fait référence à l'amélioration (aménagement) des ressources dans une zone donnée.Apres, l'histoire, la botanique, la description, maintenance du cacaoyer et la consommation et la production du cacao sur la plan mondial, régional et local ont fait objet de la suite.

46

CHAPITRE II. STRUCTURATION ET DEVELOPPEMENT DE LA
FILIERE « CACAO » EN ZONE DE BENI

La filière « Cacao » en zone de Beni, n'a pas encore fait objet de multiples essaies de structurations. Sur ce, nous nous sommes donnés l'audace de pouvoir décrire cette filière dans ce chapitre. En effet, ce dernier (Chapitre) présente son évolution dès l'introduction de cette culture en République Démocratique du Congo jusqu'à nos jours. Pour effectivité, cette présentation se fait sous quatre sections. nous amorçons par la présentation de la zone de Beni (1), en passant par les différentes structurations de la chaine de valeur « Cacao » ayant lieu depuis l'intégration de cette culture au Nord Kivu ( en voyant les expériences respectives de la Société Edmond Schlüter Compagny ESCO-KIVU, de la Société de Commerce et d'Agriculture du Kivu SCAK, Compagnie des Produits Agricoles des Kivus COPAK et Virunga OriginsChocolate) (2) afin de présenter l'organisation actuelle de la filière « cacao »(3) pour finir par l'identification et analyse des acteurs de la filière « cacao » et contraintes de son développement (4).

2.1. Présentation de la zone de Beni

Du point de vue géographique, ce travail s'effectue au Nord Est de la province du Nord-Kivu, dans la zone de Beni. Cette dernière est constituée par la ville et territoire de Beni.

Le territoire de Beni est situé dans la province du Nord Kivu, à l'Est de la République Démocratique du Congo. Il se situe entre 29° et 30° longitude Est. Sa superficie est de 7484 km2. Il est limité à l'Est par le mont Ruwenzori (haut de 5119 m au pic Marguerite), au Sud-est par le Lac Edouard et le territoire de Lubero, et au Nord par les territoires de Mambasa et le district de l'Ituri. A son extrême Nord et à l'Ouest, on trouve la forêt équatoriale alors que l'Est a une partie importante couverte par le Parc National des Virunga115.Etant situé entièrement dans la zone équatoriale sous un climat tropical humide, ce milieu connaît une succession alternative des saisons pluvieuses et sèches. En effet, comme le dit Michel EECKHOUDT cité par Christian KathakaKiswere116, les régions centrales situées en bordure immédiates de l'Equateur connaissent une chaleur étouffante, des pluies abondantes et répandues sur toute l'année. La température moyenne oscille entre 25 et 27°.

115Source : rapport administratif du territoire de Beni. Informations recueillies en mai2021.

116 KATHAKA KISWERE Christian, les initiatives locales et incidences sur l'économie du territoire de Beni. Cas de l'enseignement primaire privé agréé, mémoire de licence, UNIC-BENI, 2005-2006, p.12.

47

Du point de vue administratif, le territoire fût créé en 1894 sous la dénomination « Territoire de la Semuliki » et dépendait du district de Kibali-Ituri, l'actuelle provincede l'Ituri. Il prendra le nom de territoire de Wanande-Nord suivant l'ordonnance du 21 mars 1932 avec Beni comme chef-lieu mais sera sous la dépendance du district de Kibali-Ituri. Par ordonnance du 15 mars 1935117, il est rattaché à la province du Kivu toujours avec le même chef-lieu. L'année connaît l'introduction de la culture du café et du palmier à huile. Avec l'avènement de la guerre, considérée comme guerre d'agression ou par certains de « première guerre continentale africaine 118» déclenchée sous la coalition rwando-burundo-ougandaise le 2 aout 1998 à Goma, le chef-lieu a été transféré de Beni à Oicha le 1er juillet 2000 puis reconnu officiellement en 2003 par le gouvernement congolais119.

Le territoire de Beni compte quatre entités coutumières dont le secteur Ruwenzori, le secteur Beni-Mbau, la chefferie Watalinga et la chefferie Bashu. A cela s'ajoutent cinq cités dont Bulongo, Lume, Oïcha, Mangina et Kyondo. La principale ville de ce territoire est celle de Beni120. Cependant, du point de vue démographique, le territoire de Beni est habité en général par les nandes tant que la ville de Beni est souvent appelée cosmopolite en raison de la présence de plusieurs autres ethnies qui y vivent.

Sur le plan économique, la situation de Beni est diversifiée. Après l'agriculture qui est la base de l'économie du territoire vient le commerce, puis la petite industrie et la pêche121. Pour rappel la pêche se développe sur le lac Edouard qui couvre une superficie de 2.240 km2, dont 1.630 km2 se trouvent au Congo (73 %) et 600 km2 en Ouganda (27 %). Il se trouve dans la zone ouest du Rift africain situé à une altitude de 914 mètres122.

L'agriculture quant à elle est basée sur la culture de produits industriels, tels que le café, le cacao, l'huile de palme, la papaye, l'arachide, et des produits vivriers comme le manioc, les haricots, la banane, la patate douce, la pomme de terre, le riz, le soya, le maïs et

117Ordonnance n°44/A.I.M.O du 15 mars 1935

118WILLAME, Jean-Claude, Les « Faiseurs de paix » au Congo. Gestion d'une crise internationale dans un Etat sous tutelle, Collection Livres du GRIP, n°288-289, GRIP, Bruxelles, 2007, p. 15

119Reconnaissance de Beni comme ville par le décret n° 041/2003 du 28 mars 2003

120MUSONGORA SYASAKA Emmanuel, « associations confessionnelles et dynamique de développement : analyse des pratiques marchandes et financières des associations confessionnelles à l'Est de la RDC », Anthropologie et développement, thèse de doctorat, Université Catholique de Louvain, 2014, p82

121Idem

122RENE, François, et DANIEL, Patrick, Archives de documents de la FAO. Les ressources halieutiques du lac Edouard/Idi Amin, Recueil de documents présentés à la Consultation technique des lacs Edouard et Mobutu partagés entre le Zaïre et l'Ouganda, 17-21 septembre 1990, Kampala/Ouganda. Disponible sur : http://www.fao.org/docrep/005/AC758F/AC758F04.htm visité le 10 mai 2021

48

divers fruits. De toutes ces cultures, celle du café était la base économique du territoire de Beni, il y a deux décennies. Malheureusement, les plantations ont été décimées par la trachéomicose. Ce qui a incité la culture du cacao malgré quelques centres de recherche et Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui cherchaient à contourner ce problème en vulgarisant d'autres variétés de caféiers résistant à la maladie. Il s'agit du Centre de Formation et d'Animation pour un Développement Solidaire (CEFADES) de l'Université Catholique de Graben/Butembo et du Syndicat des Défenses des Intérêts Paysans (SYDIP)123.

S'agissant du commerce, celui-ci est parti de bases fragiles, car il est fondé sur l'exportation des produits agricoles et forestiers et l'importation des produits élaborés à partir du Moyen Orient. La quasi-totalité des magasins et boutiques est tenue par les Nandes. Ils ont leurs sièges commerciaux à Butembo, une ville proche et située à 54 km. L'importance du territoire de Beni, sur le plan socio-économique, est liée d'une part à l'exportation des cultures industrielles et du bois de la forêt équatoriale, mais également aux usines de café, de papaïne et d'autre part de services publics. Ce commerce constitue la raison d'implantation de plusieurs services comme l'Office de Douanes et Accises, l'Office congolais de Contrôle, l'Office National du café, ... A ce titre Omer KambaleMirembe cité par MUSONGRA SYASAKA Emmanuel124, décrit ce qui suit :

« En plus Beni a l'avantage de se trouver sur la route menant à la frontière de Kasindi, principale porte d'entrée pour cette partie du Congo. Mais si les opérations de dédouanement se font à Beni et Kasindi la plupart des cargaisons, particulièrement les importations sont destinées à Butembo. [...] Seuls 10 à 20% des importations sont destinées à Beni, et il s'agit principalement des produits pétroliers, le reste constitue des importations en transit vers Butembo. Cependant, Beni réalise une quote-part plus importante des exportations : plus de 60% du tonnage. »

Sur le plan industriel, l'activité tourne principalement autour de quelques produits. Il s'agit à titre illustratif de125 : Enzymes-Raffiners Association (ENRA) qui a fonctionné depuis 1969 à Mutwanga pour l'achat de la papaïne, le café, l'exploitation du bois et la fabrication des meubles ; le Complexe Théïcole de Butuhe (CTB) dans la fabrication du thé depuis 1970 ; la

123 MUSONGORA S.E., Op.cit., p88

124 Idem

125Emmanuel MUSONGORA SYASAKA, « le rôle du marché dans la synergie agriculture et industries agroalimentaires du territoire de Beni et Lubero », Le marché. Parcours et initiatives, Centre de Recherches Interdisciplinaires du Graben, U.C.G-Butembo, N°5, octobre 2006, pp 257-278.

49

savonnerie Industrielle de Butuhe (SAIBU) dans la fabrication du savon de ménage depuis 2000 ; la Plantation du Nord-Kivu (PLANOKI) dans le traitement du café. D'où, s'ajoute actuellement l'ESCO-KIVU, SCAK, COPAK et la Chocolaterie Virunga Origins de Mutwanga pour améliorer la chaine de valeur Cacao.

Du point de vue culturel, il faut remarquer que le territoire de Beni occupé en majorité par les nandes répond aux caractéristiques culturelles dont parlent MuwiriKakule et Kambalume cités par MUSONGORA SYASAKA Emmanuel126. En effet, les nandes occupent un espace constitué de deux blocs, le grand et le petit bloc. Le grand bloc dans le territoire de Beni est constitué des nandes qui habitent les deux collectivités suivantes : Bashu, avec comme chef-lieuVuhovi et Ruwenzori avec comme chef-lieuMutwanga. Le petit bloc est constitué des nandes vivant dans le centrenord du territoire de Beni. Ils sont entourés par d'autres peuples. Dans le petit bloc on trouve le groupement des Nandes-Kainama avec comme chef-lieuKainama. Par rapport aux autres tribus qui l'entourent, le petit bloc est influencé par les cultures de celles-ci notamment, les Batalinga à l'est, les Bahema-Boga au nord, les BaleseAvonkutu à l'ouest et les Bambumba-Kisiki au sud. Sociologiquement, ils s'identifient aux nandes de part leur langue et autres traits caractéristiques. En somme, la culture des nandes est toujours liée à l'historique de l'implantation cette ethnie découlant de son itinéraire lors de l'immigration.

D'après les statistiques, en 2012 la ville de Beni enregistrait 1322 petites et moyennes entreprises (PME), 14 Sociétés anonymes à responsabilité limitée et 15 corporations professionnelles membre de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). L'importance du territoire de Beni est liée à la production des agros industries et aux entreprises spécialisées dans l'exploitation du bois de la forêt équatoriale127. L'activité commerciale des agros industries génère ainsi beaucoup de revenu pour l'achat des produits agricoles en provenance des paysans planteurs des localités riveraines. Cependant, la production paysanne du cacao fait objet actuellement d'importantes transactions.

Signalons de suite, qu'une fois produit, le cacao a justement besoin d'une transformation quel que soit traditionnelle ou industrielle, avant toute consommation .de ce fait, le territoire de Beni a vu naitre une flambée, au fil des années, des firmes de transformations tant privées que publiques. Il s'agit notamment de la Société Edmond

126 MUSONGORA S.E., Op.cit., p90 127Idem , p92

50

Schlüter Compagny (ESCO-KIVU), la Société de Commerce et d'Agriculture du Kivu (SCAK), la Compagnie des Produits Agricoles des Kivus (COPAK) et Virunga Originschocolate.

2.2. Structuration de la chaine de valeur « Cacao »

Dans cette section, il sied principalement de présenter l'évolution de la chaine de valeur « cacao » depuis l'introduction de la culture cacaoyère en RDC jusqu'à la chocolaterie Virunga Origins.

2.2.1. Histoire de la filière « cacao » en RDC et expérience des firmes intervenants de la filière

Le cacao est une plus ancienne culture introduite En République démocratique du Congo de puis la période coloniale (1934)128. Cette culture fut Depuis sa fondation, l'Institut National pour l'Étude agronomique du Congo belge (INEAC), s'est constamment intéressé à la culture du cacaoyer au Congo belge. Deux de ses plantations expérimentales : Barumbu et Gazi, sont partiellement consacrées à l'étude de cette culture; des observations continues ont été effectuées à ce sujet tant à Yangambi qu'à Eala et au Mayumbe depuis 1934, la Division des Caféiers du Centre des Recherches agronomiques de Yangambi est également chargée de procéder à des expériences diverses sur le cacaoyer129.

130.

En collaboration étroite avec la Division de Génétique, ce Service a également entamé la sélection du cacaoyer et disposait déjà d'arbres-mères Forasterio et d'arbres-mères hybrides CriolloForasterio qui justifient certains espoirs. Il reste néanmoins que la technique culturale à préconiser à la Colonie demeurait imprécise encore, en bien des points ; les résultats des essaisentrepris tant dans la cuvette centrale du Congo qu'au Mayumbe, ne seront établis sur des bases définitives que dans un avenir assez éloigné

La culture du cacaoyer au Congo, dont l'importance est d'ailleurs réduite encore, n'est pas encore arrivée à un stade tel, qu'elle soit établie sur des bases définitives. La culture du cacao se fait d'une façon évolutive. Suite à cette évolution culturelle, la production de ce produit semble accroitre. Néanmoins, l'informel et la fraude l'emporte jusqu'à s'affronter au manque des statistiques productifs des secteurs nationaux. En dehors de ça, certaines régions

128Ringoet, A., note sur la culture du cacaoyer et son avenir au congo belge, in « serie technique » n° 28, INEAC, 1944, p1

129 Idem

130 Ibidem, p2

51

de la RDC produisent le cacao tel que la province de l'Equateur, Ituri, Kongo central, Mai-ndombe, Mongala, Sud Ubangi, Nord Kivu, Tshopo et celle de Tshuapa131.

Cette culture cacaoyère fut introduite depuis des décennies dans les provinces de l'équateur et orientale. Néanmoins, La culture du cacao est une des jeunes filières, introduite au début des années 2002 au Nord Kivu après des essais faits dans la province du nord Kivu par l'Institut National des Recherches Agronomiques dont le résultat a été favorable132. Cette filière crée des engouements auprès de la majorité des planteurs désireux de diversifier leurs cultures. Notons qu'une augmentation sensible du nombre de planteurs et celle des nouvelles superficies défrichées et emblavées ont été découvertes et surtout ces plantations sont de type familial de 2 à 10 hectares et sont développées du seul effort des paysans. De cette récente adoption au Nord - Kivu, le cacao est actuellement exploité dans seuls territoires de Beni et à Lubero. Des tests par des particuliers auraient été effectués à Walikale, une zone à fort potentiel agricole133.

Vu la seule force que fournit les paysans, la Société Edmond SchluterCompagny (ESCO-KIVU) à capitaux britanniques, a pu changer de branche de production des poulets de chair vers la commercialisation des produits agricoles pour accompagner les paysans et améliorer leurs conditions de vie et surtout créer un marché sur tout en jouant l'intermédiaire entre paysans et acheteur. Cette société a vu jour aux années 2008. C'est fut la première société à vulgariser la culture du cacao au Nord-Kivu dans le territoire de Beni (OICHA, MAKUMO, BELLA, LUTU, NOBILI, MUTWANGA, .... ) avec effort des agronomes de cette firmes, ils ont percés le territoire de Lubero (VUYINGA, MUHANGI, KATANGA KITEVYA, ) dans la vulgarisation de la culture du cacao ainsi que l'ancienne province orientale (IRUMU, MAMBASA, KOMANDA...)134.

Vu ces potentiels que ces territoires possèdent et développés par la Société ESCO-KIVU à travers son patron Phillip Betts, c'est en 2014 que remonte les existences des autres firmes agricoles qui ont pu voir la nécessité du développement du secteur agricole au Nord Kivu tel que SCAK, MAVUNO, COPAK, ENRA, ou s'ajoute actuellement la Chocolaterie

131 Rapport économique de la province du Nord-Kivu

132 Rapport de l'Agripel territoire de Beni

133Rapport annuel PNUD Nord Kivu 2009 sur le profil économique du nord Kivu, p46 disponible sur https://blog.ccfd-terresolidaire.org/grandslacs/public/Kivu

134 Entretient avec Alain MUSONI, chef du personnel à la société Edmond Schlüter Compagny à Beni

52

Virunga Origins de l'ICCN qui a offerts sa première production en chocolat en Décembre 2020 via Virunga foundation chapeauté par le Belge Emmanuel d'Émeraude135.

2.2.2. Expérience de la Société ESCO-KIVU a. Origine et évolution136

La société Edmond Schlüter & compagnie au Kivu Sarl. "ESCO-Kivu S.A.R.L.", est une entreprise à caractère agro industriel et commercial dotée de la personnalité juridique. Elle fut installée en République Démocratique du Congo en date du 30 Juin 1970. Elle appartient à Phillip Betts ainsi qu'à d'autres associés qui à lui seule détient 49 999 999 parts sociales. L'assemblée générale est basée à Suisse. Le 1er décembre 1971, la société a changé la dénomination après la publication dans le journal officiel, deuxième partie 173, page 1046, de Schlüter Congo à Schlüter - Zaïre. En évoluant, le 05 décembre 1977, la société Esco-Zaïre possédait au total un million de part sociale dont la valeur nominale de l'une des parts était évaluée à 1 zaïre.

Avant l'arrivée dans la ville de Beni où se trouve actuellement le siège social administratif et exploitation, cette société en 1997 a élargi ses activités en territoire de Lubero dans la même province au sein de la Culture Générale du Kivu (CUGEKI) pour le traitement du café. C'est vers 1999, qu'elle (ESCO-KIVU) se lança dans l'élevage des poulains et la commercialisation des oeufs. C'est en février 2008 que l'ESCO-KIVU Sarl est devenue une société qui vise principalement la promotion de la culture des Cacao et la vanille biologique afin d'en croitre la production et la revente à l'étranger. Dans cette optique elle appuie techniquement les planteurs des dits produits en mettant à leurs dispositions les agronomes qui leur encadrent. Aussi elle accorde aux planteurs les semences gratuitement.

La manière d'exporter du cacao brut n'a pas plu aux administratifs de la société. Sur ce, elle (ESCO-KIVU) a pour objectif actuel de pouvoir implanter une industrie moderne en vue de mettre au marché ou à la disposition de ses clients des produits finis. De ce fait, elle a lancé les activités d'aménagement de sa zone industrielle en vue de pérenniser ses activités et répondre aux besoins des consommateurs et relever les niveaux de vie des agriculteurs et ses travailleurs.

135 Entretient avec WAYIRE, chef du personnel de l'Agripel Beni

136 Entretient avec Richard Magoola , Gérant de l'ESCO-KIVU Beni

53

b. Fonctionnement de l'ESCO-KIVU137

L'organigramme d'une société entrepreneuriale est un enchaînement des structures par échelon en vue de répondre au principe de l'unité de direction et de l'unité de commandement prônées dans la théorie générale du management. C'est par cette matière que nous parvenons à analyser la structure fonctionnelle d'une société en vue de répondre aux deux aspects ci-évoqués.

La société est chapeautée par une assemblée générale, qui elu le Gérant statutaire qui est Phillip Betts actuellement. Cette présentation structurelle émane du changement du secteur contrairement à l'ancienne organisation sur la commercialisation des poules de chair et d'oeufs. Ainsi, son actuel organigramme se présente comme suit :

137 Rapport Administratif de la Société ESCO-KIVU

54

ORGANIGRAMME DE LA SOCIETE ESCO KIVU

ASSEMBLEE GENERALE

 

DIRECTEUR GENERAL

GERANT

GESTIONNAIRE DES RH

ADMINISTRAT

CHEF DE FLOTTE

Chef du
personnel

Resp. Régional
Certification &
Durabilité

Chargé
d'Export

Auditeur

Responsable
de Finance

Chef de base
(succursale)

Chef d'usine

Admin de
flotte

Superviseur
de constr.

Responsable
Informatique

Coordo

Chargé d'analyse

Chef de garage

AssSuperv. deconstr

Ass. Chargé d'Export

Assistant chef
du personnel

Assistant
responsabl
Informatique

Superviseur

Ass. Admin

Chargé de
Recherche

Ass. Auditeur Comptable Ass. Chef d'usine

Ass. Comptable Caissier

Infirmier

 

Encadre

Officier de

Chefs de

 

Réception

Ass. Chargé

Logisticien

Mécanicien

Maga

Men

titulaire

urs

Documenta tion

dépôt

 

cacao

d'analyse

 
 

sinier

uisier

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Laborantin

 
 

Electricien

Chauffeur

Technicien au garage

 
 
 
 

Cuisinier

Jardinier

Sentinelle

Ajusteur

 
 
 

NB : La base, autrement dit la succursale, regorge en son sein tous les services à l'exception de l'Officier de documentation.

55

Comme nous pouvons voir l'organigramme ci-haut, il relève la complexité des activités et l'importance que la société ESCO-KIVU accorde aux activités d'achats ou négoce et de revente par exportations des produits agro industriels. Ce changement d'activité principale de la société a joué tellement sur l'organisation fonctionnelle. Ce qui lui justifier un engouement d'activités en amont de la chaine de valeur.

Sans plus tergiverser, il est temps d'analyser ou structurer la filière cacao chez ESCO-KIVU depuis sa création 2008 ; année de l'exécution du projet de vulgarisation de la culture cacaoyère.

c. Organisation de la filière « cacao »

Dans la perspective de vouloir une meilleure compréhension de l'organisation de la filière cacao dès la première vulgarisation de cette culture par l'ESCO-KIVU, l'on procède par une schématisation de filière.

figure 6: filière cacao (ESCO-KIVU)

Semence et Vulgarisation

Production paysanne

Triage et

conditionnement

Marché :
Exportation

Tableau 6 : description de la filière « cacao » sous l'ESCO-KIVU / 2008

Semence et vulg

Ce maillon est une spécialité des agronomes techniciens de terrain. De ce fait, la société ESCO-KIVU s'occupe par le truchement, de la recherche développement, de la vulgarisation des cultures pérennes industrielles dans les milieux ruraux tel que la localité d'OICHA, MUTWANGA, BELLA, KAINAMA, MANGINA, MAMBASA, NOBILI, VUYINGA, KATANGA KITEVYA, KOMANDA, NDIMO, LUME, MAKISABO MAMOVE, MALEKI, ainsi que d'autres localités. Elle (ESCO-KIVU) procède via ses agronomes aussi par l'encadrement des cultivateurs certifiés et l'achat du cacao des petits producteurs paysans138.

Ce maillon cherche solution aux problèmes des maladies et insectes ravageurs du cacao ainsi que l'amélioration de la semence adapté aux conditions climatiques

138 Entretient avec PATRICK, chef département de recherche agronomique à l'ESCO-KIVU

56

locales et du rendement. Etant donné que la recherche développement est du domaine de l'Etat, la société Edmond Schlüter Compagny a conclu de contrat avec l'institut National d'Etude et Recherche Agronomique (INERA) dans la formation mise en jour de ses techniciens ingénieurs agronomes et travaille en collaboration avec les inspecteurs agronomes de l'Agriculture Pêche et élevage (AGRIPEL) pour la certification de la production.

Pour renfermer sa capacité et satisfaire les paysans, la société a doté d'un ingénieur agronome minimum à chaque axe du domaine d'intervention de la société. La société via ce département, elle distribue des semences de nouvelles variétés gratuitement aux paysans planteurs et suivre leurs plantations par apprentissage des bonnes pratiques culturales. Ces activités sont gratifiées par un contrat avec le gouvernement provincial pour relancer le secteur agricole du Nord-Kivu depuis les années 2009. C'est depuis ces années que la société a eu une incidence déterminante sur le secteur agricole et l'amélioration des conditions de vie des paysans.

Production paysanne

ce maillon est soutenu par les paysans cultivateurs du cacao eux-mêmes. Jusqu'aujourd'hui, ce maillon est la principale activité touchant la population du point de vu revenu. La société encadrait plus de 5400 paysans sur une aire emblavée de 1850ha dont le rendement était de 369 kg/ha en 2008. Ce maillon constitue un véritable facteur d'amélioration des conditions de vie des paysans cultivateurs si elle est bien assimilée. Après la récolte des paysans, ces derniers passent par la fermentation des fèves pendant 7 jours puis finir par les sécher suivant les pratiques vulgarisées par les techniciens ingénieurs de la firme tel que dit dans le maillon précédent.

57

la Société ESCO-KIVU, étant une société commerciale agroindustrielle, n'intervient pas dans ce maillon comme tel. Elle n'écrase pas des fèves de cacao quant à elle. Pour elle (ESCO-KIVU), les fèves sont dans un premier temps fermenté par le paysans tel que signalé dans le maillon ci-haut puis l'usine ne tient que l'activité de triage (trie des fèves selon leur taille, le degré de moisissure, l'humidité ainsi que procéder par le séchage final) et de conditionnement des fèves brutes. Ce dernier n'est qu'un travail d'emballer les fèves selon les conditions d'usinage susmentionnées. Pour une meilleure conservation, le conditionnement se fait avec des sacs Bangladesh. C'est justement après ces activités que les fèves usinées et conditionnées passent au stockage avant la soumission à l'exportation.

Notons tout de même que, les activités de transformation (usinage par trie et conditionnement) sont surjettent des éventuelles pertes en termes de poids et quantités des fèves. Par illustration faite par le chef d'usine, le triage est à la base de la perte des certaines fèves ayant une moindre taille et trop moisie car la machine les rejette sous la raille des déchets tant que lors des activités post conditionnement, le séchage perd le poids de la fève. D'où sur 1000kg usinés, en moyenne la société récupère en moyenne 910kg soit 9% de perte en termes de quantité et poids des lots.

En vrai, ce maillon présentait encore des insuffisances sur le plan de transformation industrielle des fèves de cacao139.

La commercialisation, quant à elle, est réalisée auprès des entreprises chocolatières à l'étranger comme en INDE, ALLEMAGNE, BELGIQUE, ITALIE, U.S.A et d'autres firmes. A l'ESCO-KIVU, les produits sont soumis à l'exportation en état brut comme bien éclairci dans la partie consacrée au maillon transformation. Son patron PHILLIP BETTS résidant à Kampala, cherche le preneur des produits au marché commun. Selon la source à notre possession, la société a en moyenne exporté plus de 295937 kg de cacao en 2008 avec 1000fc comme prix de la mercuriale.

Transform ation

Marché/ Exportation

139Entretient avec Moise assistant chef d'usine ESCO-KIVU

58

La filière à l'ESCO-KIVU depuis 2008 présente des insuffisances dans le maillon transformations car jusqu'aujourd'hui, elle n'a pas su mettre à la disposition de ses clients des produits finis prêts à la consommation. Elle n'oeuvre que dans l'exportation des produits bruts. Ce qui explique l'inexistence du maillon consommation dans sa chaine de valeur. D'où, la chaine de valeur principale est celle du cacao brut.

d. Activités de la Société ESCO-KIVU

L'activité de la Société ESCO-KIVU s'annonce prometteuse et grandissantes. La société accroit ses activités en une progression significative. Cette acception ou affirmation se focalise sur ou est soutenue par l'évolution des achats en fèves de cette société depuis son intervention dans la filière cacao se présentant comme suit :

59

Tableau 7 : Achats de l'ESCO-KIVU en cacao entre 2008 et 2020

Années

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

2020

Achats En Tonne

295,9

447,2

1171,0

2315,9

4044,0

5084,2

6378,7

10331,3

11380,5

16046,0

22415,4

30324,8

30810,5

Exportation

295,9

447,2

1169,6

2314,3

4042,4

5082,4

6033,0

9763,5

11378,2

16044,1

22414,6

30300,2

28455,8

Stock entreposé

87,6

0,0

1,5

1,6

1,6

1,7

345,7

567,8

2,3

1,9

0,8

24,6

2354,8

Source : rapport de gestion ESCO-KIVU 2020

35000

30000

25000

20000

15000

10000

5000

0

Achats En Tonne

Achats en Tonnes

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

Graphique 1 : Achats de l'ESCO-KIVU dès 2008 jusqu'à 2020

60

De part ce graphique, les achats de la société ESCO-KIVU ont une tendance croissante depuis leur intégration dans la filière cacaoyère. Vu qu'elle a été la première entreprise à vulgariser le cacao dans la zone de Beni en tant que produit industriel, les achats sont ainsi passés de 295,9tonnes à 30810,5 tonnes en treize ans dans le secteur. L'augmentation significative des quantités achetées a été enregistrée à l'an 2016 jusqu' à 2019 en passant de 11380,5 à tonnes 30324,8. Cet élan, selon le chef du personnel, est à imputer au à la bravoure des agronomes qui, selon lui, ont pu apprendre les bonnes pratiques culturales ainsi que le courage des paysans à vite comprendre l'importance économique et s'adapter à des exploitations cacaoyères. Cette réussite a été la résultante de la collaboration entre la société et le gouvernement provincial dans la relance du secteur agricole. C'est à cette époque que, la commercialisation (exportation) du cacao a pris d'ampleur dans la province à travers le rôle qu'a joué l'ESCO-KIVU dans la vulgarisation, accompagnement des paysans et diversification de son secteur d'activité. C'est justement à partir de 2020 que la production a été quasiment constante vu la situation sécuritaire et l'environnement économique précaire dans la zone d'intervention140.

e. Résultat de la société ESCO-KIVU

Il a déjà été développé dans la description des maillons que l'activité principale de la société Esco-Kivu était le triage, conditionnement et exportation fèves de cacao destinées à être transformé à la consommation à l'étranger. Il est évident à souligner que cette exploitation a eu d'incidence sur l'économie de la région de Beni. Les fonctionnaires et anciens de la société et paysans (habitant) des localités de la zone d'intervention de l'ESCO-KIVU reconnaissent le rôle de la société dans la filière qui encadre actuellement des milliers des paysans par rapport à l'année de son implantation à Beni. Cette filière a, grâce à la société ESCO-KIVU, joué d'une manière déterminante sur l'amélioration de l'habitat, surtout l'amélioration des conditions de vie de paysans à travers le rôle que jouent ces exploitations cacaoyères dans le revenu des ménages. Bref, elle a eu d'impact sur le niveau d'emploi car elle occupe actuellement plus de 300 travailleurs journaliers avec plus 100 travailleurs sous contrat et plus de 45000 planteurs comme pré décrit dans les maillons.

Bien que cette chaine de valeur ait été confrontée à des multiples contraintes, son avenir s'annonce prometteur car elle tend à prospérer par le fait, affirme le chef du personnel, le début des activités d'aménagement de la zone industrielle de la société vers KANGBAI

140 Entretient avec Alain MUSONI, chef du personnel

61

d'ici 5 ans. Selon ses propos, cette zone industrielle recevra une enceinte industrielle (chocolaterie) à forte capacité de production diversifié pour offrir plus d'emploi aux classes travailleuses et fournir des produits fini à la consommation qui à son tour, créera d'autres chaines de valeurs (chocolat, boisson à jus de fèves, cirage et tourteau pour bétail) dans la filière.

Cependant, la réussite de ces projets nécessite la cruciale intervention du gouvernement dans l'accompagnement des industries et la pacification totale de la zone et lutte contre la criminalité croissante qui entravent le développement de cette filière.

Tout compte fait, comment d'autres sociétés procèdent dans le fil du temps pour relever les défis ou insuffisance des maillons en vue de développer la filière d'une manière déterminante. De part cette description, l'analyse FFOM de la société intéressante dans partie suivante.

62

f. Analyse FFOM de la Société ESCO-KIVU

Environnement

interne passé et
présent

Forces (succès)

Faiblesses

Recommandations

- capacité de gestion des agents ;

-pouvoir d'achat de toutes les quantités possibles ;

-diversification des
succursales ;

-Expérience inégalable
dans la vulgarisation ;

- aptitude de connaissance

et identification des
planteurs ;

- rapprochement des
planteurs et fournisseurs ;

-Existence d'agronomes
experts pour détermination du prix ;

- Accompagnement des
planteurs

-Pas de plantation

expérimentale et de

production propre à la
société.

- acquérir un terrain

expérimental et de
production interne.

Environnement Externe futur

Opportunité

Menaces

Recommandations

-Climat propice et adapté à la culture désirée ; -Existence de la capacité productive

communautaire ;

-Marché des produits sûr ;

-Existence potentielle

d'une firme

transformatrice ;

-Banques locales et facilité de communication avec les banques étrangères

-Existence d'une

population agricole et
courageuse dans la zone

-Présence des facultés
d'agronomie au sein des Universités locales

-Venue d'autres firmes

dans le secteur
(Concurrence) ;

-Parité de la monnaie

locale et les devises,

surtout le dollar ;

-Impraticabilité des

infrastructures routières

des dessertes agricoles,

-Insécurité et instabilité

politique ;

-Sûr taxation

-Accroissement des

politiques marketings

de proximité et
d'étude,

-Mettre en place une commission de suivi

des fluctuations de
taux de change ;

-Acquérir d'engins

transporteurs adapté

aux montagnes,

-Instaurer la paix en zone de Beni ;

-Stabilité politique

63

2.2.3. Expérience de la Société de Commerce et d'Agriculture du Kivu SCAK

a. Généralités141

La Société de Commerce et Agriculture du Kivu (SCAK en sigle) a vu le jour depuis 2012. A cette période, la société s'intéressait à la vulgarisation des légumineuses. Elle est l'une des sociétés familiales (MALIONA) qui, a voulu diversifier ses secteurs d'activités. Après un certain temps, il a introduit la commercialisation du café, rauwolfia, papaïne et la vanille. C'est à 2015 que la société a introduit la commercialisation du Cacao à son enceinte pour un intérêt spéculatif que commençait à présenter cette culture tant que le quinquina reste de l'apanage de PLAVUMA (appartenant au même entrepreneur) intervenant en territoire de Lubero.

Elle fonctionne sous financement privé et d'une manière autonome sans dépendre d'une des sociétés MALIONA. Son organigramme fonctionnel peut toutefois, soutenir l'acception donné par gestionnaire sur la structuration suivante.

DIRECTEUR GENERAL

ADMINISTRATEUR DE
PROJET

SUPERVI

DOCUME
NTATION

AUDIT INT

RESP.

CERTIFICATION

CAISSE

 
 
 

AGRONOM

CENTRE ACHAT

 

PLANTEUR

CHAUFF

RESP.
ACHATS

DEPOT
CENTRAL

LOGISTICIE

N

LOG.
TERRAIN

GARDIEN

MANUTENTION

Cette société s'est fortement intéressée au cacao, vu l'engouement que présente cette culture actuellement telle que dit dans la partie introductive. Cependant, décrire

141 Entretient avec Charles lwanga, gestionnaire de SCAK

64

l'organisation fonctionnelle ne fait pas objet de la suivante partie, plutôt se focaliser sur l'expérience de celle-ci (SCAK) en décrivant les maillons de ses activités potentielles.

b. Fonctionnement de la filière cacao

Dans la perspective de vouloir une meilleure compréhension de l'organisation de la filière cacao après la première vulgarisation de cette culture par l'ESCO-KIVU, l'on procède par une schématisation de filière sous SCAK à 2015.

figure 7: filière cacao (SCAK)

Semence et Vulgarisation

Production paysanne

Triage et

conditionnement

Marché :
Exportation

Etant une entreprise privée, la SCAK s'occupe des activités d'amont de la filière des fèves. Elle organise la vulgarisation, centraliser la production paysanne, usinage (triage) et la commercialisation par exportation.

Ce maillon est une spécialité des agronomes techniciens de terrain. De ce fait, la société SCAK s'occupe par le truchement, de la recherche développement, de la vulgarisation des cultures pérennes industrielles dans les milieux ruraux. Elle (SCAK) procède via ses agronomes aussi par l'encadrement des cultivateurs dans la certification et l'achat du cacao des petits producteurs paysans142.

Sur ce, SCAK engage des agronomes techniciens de terrain pour former les paysans sur les bonnes pratiques culturales tout en leur offrant des semences. Ces agronomes encadrent techniquement et suivent les champs des paysans cultivateurs. Ce maillon semble évoluer car actuellement a société encadre plus de 9000 paysans sur plus de 2870 ha d'air emblavés.

Semence et vulg

Tableau 8 : description de la filière « cacao » sous SCAK / 2015

142 Entretient avec Charles Lwanga, Gestionnaire SCAK/Beni

65

Production paysanne

Ce maillon est soutenu par les paysans cultivateurs du cacao eux-mêmes. Jusqu'aujourd'hui, ce maillon est la principale touchant la population du point de vu revenu. La société encadrait plus de 9000 paysans sur une aire emblavée de 2870ha dont le rendement était de 1400 kg/ha en 2016. Ce maillon constitue un véritable facteur d'amélioration des conditions de vie des paysans cultivateurs si elle est bien assimilée. Après la récolte des paysans, SCAK intervient dans l'achat des fèves à centraliser, à évacuer les produits achetés des paysans tout en assurant la manutention enfin intervenir dans la technique de fermentation. La SCAK n'a pas dû faire du nouveau que ESCO-KIVU, plutôt que imiter les activités de ce maillon.

Transform ation

La SCAK, étant une société commerciale agroindustrielle, n'intervient pas dans ce maillon comme tel. Elle aussi (SCAK) comme ESCO-KIVU, ne fait pas une transformation jusqu'au produit fini ; plutôt la préparation et classification des fèves selon la taille. Puis finir par l'emballage ou mise en sac pour stockage avant la soumission à l'exportation.

Notons tout de même que, les activités de transformations (usinage par trie et conditionnement) sont surjettent des éventuelles pertes en termes de poids et quantités des fèves.

En vrai, ce maillon présentait encore des insuffisances sur le plan de transformation industrielle des fèves de cacao, la société SCAK nécessite un appui dans ce secteur d'usinage car elle a une capacité de trier au maximum 25 tonnes de cacao par jour143.

Marché/ Exportation

La commercialisation, quant à elle, est réalisée auprès des entreprises chocolatières à l'étranger comme en BELGIQUE, Italie et d'autres firmes européennes. A SCAK comme l'ESCO-KIVU, les produits sont soumis à l'exportation en état brut comme bien éclairci dans la partie consacrée au maillon transformation.

La filière cacao en zone de Beni, dès l'intervention de l'ESCO-KIVU depuis 2008 présente des insuffisances dans le maillon transformations car jusqu'aujourd'hui malgré l'insertion de SCAK dans la filière, elles n'ont toujours pas su mettre à la disposition de ses

143Entretient avec Charles Lwanga, Gestionnaire SCAK/Beni

66

clients des produits finis prêts à la consommation. Elle n'oeuvre que dans l'exportation des produits bruts. Ce qui explique l'inexistence du maillon consommation dans sa chaine de valeur. D'où, la chaine de valeur principale est celle du cacao brut.

c. Résultat de la société SCAK

Vu la SCAK intervient dans la commercialisation des produits agricoles industriels, cette exploitation a eu d'incidence sur l'économie de la région de Beni. Cette filière a, grâce à la venue de SCAK, joué un aussi rôle d'une manière déterminante sur l'amélioration de l'habitat, surtout l'amélioration des conditions de vie de paysans à travers le rôle que joue ces exploitations cacaoyères dans le revenu des ménages. L'ajout de SCAK dans la filière, a significativement alourdit le secteur par attirer des nouveaux planteurs. Cela pousse une ascension de la société SCAK en atteignant les quantités prévu à atteindre durant un an. Cela redonne l'espoir au directeur général de pouvoir intensifier ses activités dans la filière.

Cependant, la fraude soutenue et appuyé par l'Etat, l'évacuation des produits dans des routes de dessertes agricoles en état de délabrement, réticence des paysans pour comprendre l'accompagnement de l'entreprise dans la culture car les paysans producteurs pense que la société va avoir la propriété sur leurs terres et la faible accompagnement de l'Etat ; d'où , la non mise en pratique des politiques agricoles appropriées à cette culture entravent le développement de cette filière.

De plus, la récente existence de la chocolaterie en zone de Beni, serait-elle un facteur de développer à temps opportun les chaines de valeurs de la filière cacao et cela épaule-t-il les défis des chaines de valeur de la filière ? De toute pensée, analysons les maillons dans la chaine de valeur « cacao » dès lavenue de la chocolaterie.

En plus pour comprendre les failles dans l'exécution des activités de la SCAK, présentons l'analyse suivante.

67

d. Analyse FFOM de la SCAK

Environnement

interne passé et
présent

Forces (succès)

Faiblesses

Recommandations

- capacité de gestion des agents ;

- aptitude de connaissance

et identification des
planteurs ;

-Existence d'agronomes
experts

- Accompagnement des
planteurs

-Pas de plantation

expérimentale et de

production propre à la
société.

-Faibles niveau
d'expansion d'activités ; -Capacité d'achat limitée ; -Insuffisance d'équipements ;

-Faible niveau de
vulgarisation

- acquérir un terrain

expérimental et de
production interne ;

-Multiplier ses

succursales dans la
région ;

-renforcer sa capacité

en fonds de
roulement ;

-Promouvoir la

connaissance de la
société

Environnement Externe futur

Opportunité

Menaces

Recommandations

-Climat propice et adapté à la culture désirée ; -Existence de la capacité productive

communautaire ;

-Marché des produits sûr ;

-Existence potentielle

d'une firme

transformatrice ;

-Banques locales et facilité de communication avec les banques étrangères ;

-Existence de la firme
transformatrice

-Présence firmes géantes

dans le secteur
(Concurrence) ;

-Parité de la monnaie

locale et les devises,

surtout le dollar ;

-Impraticabilité des

infrastructures routières

des dessertes agricoles,

-Insécurité et instabilité

politique ;

-Sûr taxation

-Accroissement des

politiques marketings

de proximité et
d'étude,

-Mettre en place une commission de suivi

des fluctuations de
taux de change ;

-Acquérir d'engins

transporteurs adapté

aux montagnes,

-Instaurer la paix en zone de Beni ;

-Stabilité politique

-Mettre en place des

politiques sur base

communautaire pour

profiter une

exonération partielle.

2.2.4. Venue et appui de Virunga OriginsChocolate à la filière

a. Généralités

La Virunga OriginsChocolate, est une entreprise nouvelle dans la filière cacao. Elle est

existante depuis mi 2019 mais, qui effectuait une expérimentation de son produit. C'est à janvier 2020 que l'entreprise a vendu son premier chocolat. Elle oeuvre en territoire de Beni , en localité de MUTWANGA/ MUTSORA.

68

Elle y est implantée par Virunga Foundation, à travers la fonction de la conservation de la nature. Son but est de procurer de revenu aux femmes veuves, femmes orphelins de gardes parcs qui quittent ce monde à causer de protéger la race animale. En plus, vu la potentialité cacaoyère produite ou développée en zone de Beni, le responsable de l'Institut Congolais de la Conservation de la Nature (ICCN) a vu mieux produire le chocolat original en base du cacao certifié biologique.

Tel que dit, cette entreprise en vocation caritative, produit le chocolat blanc, chocolat au lait et le chocolat noir. Elle cherche effectivement à produire d'autres biens à base cacao en vue de répondre aux besoins alimentaires (produire chocolat, beurre, gâteau ...) et non alimentaires (cirage....).

b. Fonctionnement de la filière cacao actuelle

Dans la perspective de vouloir une meilleure compréhension de l'organisation de la filière cacao après la première vulgarisation de cette culture par l'ESCO-KIVU, l'intégration de SCAK dans la filière et d'autres firmes commerciales du cacao, l'on peut procéder par une schématisation de filière à 2021.

figure 8: filière cacao actuelle 2021

Semence et Vulgarisation

Production paysanne

Exportation / Fèves brutes

Transformation

(VIRUNGA CHCOLATE

Exportation / Chocolats

Marché

Super
Marché

Consomma tion

Etant une entreprise privée d'un sujet Belge, la chocolaterie s'occupe principalement des activités d'aval de la filière mais pour renforcer celles en amont, elle appui d'autres entreprises de la filière par des contrats d'achats. Elle organise la transformation des fèves du cacao (chocolat), la distribution. Sa venue, a eu une incidence sur la structure et fonctionnement de la filière dans son ensemble du point de vue structure schématique ci-haut. Elle est venue appuyer le maillon transformation dans ses insuffisances du passé et reconstruire le maillon consommation et des exportations en produit fini.

Tableau 9 : description de la filière « cacao »actuelle / 2021

69

Semence et vulg

Ce maillon est une spécialité des agronomes techniciens de terrain. De ce fait, la Virunga OriginsChocolate n'intervient pas dans ce maillon du fait qu'elle n'encadre pas des paysans, ni avoir des champs en chocolat. Plutôt pour l'expansion de la recherche développement, de la vulgarisation des cultures pérennes industrielles dans les milieux ruraux, elle (Virunga OriginsChocolate) procède par la conclusion de contrats d'achats des produits auprès des entreprisses qui encadrent les paysans (COPAK, SCAK, ESCO-KIVU)144.

Sur ce, c'est à leurs tour (COPAK, SCAK, ESCO-KIVU) d'engager des agronomes techniciens de terrain pour former les paysans sur les bonnes pratiques culturales tout en leur offrant des semences. Ces agronomes encadrent techniquement et suivent les champs des paysans cultivateurs. Cependant, pour accroitre la qualité en chocolat, la Virunga OriginsChocolate ordonne certains critères de maintenance cacao aux entreprises de négoce ci précitées en vue de respecter les normes nutritives de production des chocolats.

Production paysanne

Ce maillon est soutenu par les paysans cultivateurs du cacao eux-mêmes. Jusqu'aujourd'hui, ce maillon est la principale touchant la population du point de vu revenu tel qu'énoncé dans les parties précédentes. Ce maillon constitue un véritable pilier d'amélioration des conditions de vie des paysans cultivateurs. La société chocolatière n'encadre pas des paysans mais gratifie les entreprises qui encadrent des paysans à condition qu'ils produisent des fèves biologiques. Tout compte fait, la chocolaterie conclu des contrats d'achats avec des sociétés négociantes. Ce contrat peut subir une résiliation si la société sous contrat ne remplit ou respecte plus les normes en qualité biologique, trie et en fermentation des fèves. Actuellement, elle (Virunga OriginsChocolate) jouit d'un contrat avec la Compagnie des Produits Agricoles des Kivus (COPAK)145.

144 Entretient avec Baraka, Gestionnaire Virunga OriginsChocolate/Mutwanga

145 Idem

70

Transform ation

La Virunga OriginsChocolate, étant une société commerciale de transformation, intervient dans ce maillon avec détermination pour pallier aux insuffisances du passé. Elle (Virunga OriginsChocolate) procède à la transformation des fèves cacao jusqu'au produit fini. Cette transformation est faite sous trois procédures principales.

La première s'effectue par les activités de triage des fèves selon les tailles des fèves et moisissure, puis passer à la torréfaction des fèves à 100°C. en fin procéder au décorticage des fèves après que ces dernières s'aient refroidit jusqu'à 30°C de température.

Notons tout de même que, les activités de transformations (usinage par trie et conditionnement) sont surjettent des éventuelles pertes en termes de poids et quantités des fèves. La deuxième principale procédure consiste aux activités de broyage des fèves de 5,5 mm jusqu'à 24 micromètres, en suite effectuer le tempérage146 moyennant la tempéreuse. Ce tempérage passe de 80°C jusqu'à 30°C tout en mélangeant les intrants chimiques progressivement selon la dégradation de la température. La troisième et dernière procédure de transformation consiste au moulage de la beurre moyennant une moule avec la mise de la marque de fabrique en variant la température de 30 à 10°C. c'est juste après 45 minutes que l'on procède à l'emballage des produits. Dans sa

diversification, Virunga OriginsChocolate produit des chocolats noirs,
chocolats blancs et chocolats au lait.

En vrai, ce maillon présente actuellement un atout dans la transformation des fèves de cacao, la société Virunga OriginsChocolate nécessite un appui dans ce secteur industriel car selon sa responsable chocolatière, elle (Virunga OriginsChocolate) a une capacité de produire 50kg de chocolats par jour147.

146 Etape de la préparation du chocolat qui consiste à mener la beurre de cacao dans sa forme cristalline la plus stable.

147 Entretient avec Charles Lwanga, Gestionnaire SCAK/Beni

71

Marché/ Commercia lisation

La commercialisation, quant à elle, est réalisée auprès des entreprises locales et étrangères. La commercialisation des chocolats au marché local s'effectue près des super markets ALPHA Beni et Butembo, KP shop Beni et Butembo, supermarché de l'Est à Beni. Pour l'élargissement du marché, la chocolaterie expédie ses productions à Kisangani, Kinshasa, Lubumbashi et à travers son département de tourisme, elle vend aux touristes de la biodiversité du parc de Virunga. Au marché étranger, la Virunga OriginsChocolate exporte ses produits en BELGIQUE, Italie et d'autres firmes européennes. A SCAK comme l'ESCO-KIVU, les produits sont soumis à l'exportation en état brut comme bien éclairci mais l'avènement de la chocolaterie joue sur l'effectivité et amélioration de ce maillon.

Actuellement, la société à la capacité d'exporter en moyenne 2 tonnes de chocolats par an avec 100g de chocolat Noir et chocolat au lait qui coute 4000fc tandis que celui blanc (Chocolat Blanc) vaut 5000fc les 100g.

De ce fait, la distribution du chocolat est faite par la chocolaterie jusqu'au domicile du client quel que soit localement, nationalement ou qu'il s'agit d'un client au niveau international

n

Consommatio

Le chocolat de Virunga OriginsChocolate est actuellement apprécié sur le marché local, national qu'international suite à sa qualité nutritive du fait que les fèves sont transformées selon les normes standards de transformation internationales. Plus de potentialités commerciales se créent à travers le marché national comme international ; cependant, celui (marché) local, la chocolaterie se heurte à des insuffisances vu la production chocolatière est complexe mais couteux, du cout les clients se plaignent d'un prix élevé du chocolat. De ce sens, le service commercial cherche des méthodes de proximité pour jouer d'un marketing mix dans la commercialisation du chocolat.

De part ce fonctionnement actuel de filière cacao développé, y a-t-il des problèmes à relever dans la réalisation des activités de la chocolaterie, qui, vient relever les défis du développement de la filière ?

72

c. Résultat / Contraintes / Défis en face de Virunga OriginsChocolate

Vu la Virunga OriginsChocolate est une entreprise de transformation, elle est venu épauler le maillon transformation de la filière, qui était inexistante dans cette dernière (filière) depuis plus de 10 ans. La société a mis au point la commercialisation de son premier chocolat depuis janvier 2021. Palper ses résultats tant soit peu, ne serait pas opportun compte tenu de son intégration récente dans le secteur. Son installation comme entreprise industrielle dans la zone entraine actuellement un significatif intéressement des paysans dans la cacaoculture. Du fait, elle constituera dans le temps, un goulot sur l'emploi dans la zone de Beni vu son personnel accroit avec l'accroissement de ses activités.

Cependant, la complexité et le cout élevé de production, l'énorme difficulté de trouver un marché local et surtout l'insécurité grandissante dans la région entravent le développement des chaines de valeur de la filière cacao. Ensuite, les divers lieux provenance des fèves jouent généralement sur la qualité du chocolat.

En dépit de ce qui précède, quels sont les atouts et incapacités qu'a la chocolaterie au grand Nord Kivu.

73

d. Analyse FFOM de Virunga Origins Chocolate

Environnement

interne passé et
présent

Forces (succès)

Faiblesses

Recommandations

- Electricité propre ;

-Existence des bâtiments et équipements adéquats ;

-certifié en production

chocolaté au standard
international ;

-Existence des marchés
sûrs étrangers ; - Terrain vaste ;

-Forte capacité

d'approvisionnement en

cacao.

-Personnel qualifié ;

- Stratégiquement seul
producteur ;

-Partenariat existent avec les agro commerciales de la zone

-Production à un prix

élevé ;

-Pas de champs de
production en cacao propre à la chocolaterie.

- acquérir un terrain
de production interne
pour minimiser le cout

de production qui
pourra entrainer une

baisse de prix du
chocolat

Environnement Externe futur

Opportunité

Menaces

Recommandations

-Climat propice et adapté à la culture désirée ; -Existence de la capacité productive

communautaire ;

-Matière première
omniprésente ;

-Exonéré à certaines
taxes ;

-Prolifération des supers

marchés simultané avec

une forte demande en
chocolat.

-Impraticabilité des

infrastructures routières

des dessertes agricoles,

-Insécurité et instabilité

politique ;

-Compétitivité prix des

produits chocolatés
importés

- Acquérir d'engins

transporteurs adapté
aux montagnes,

-Instaurer la paix en zone de Beni ;

-Stabilité politique ;

-Produire soi-même le

cacao pour un
chocolat équilibré en termes de prix. Mettre au marché local des

produits adaptés au
niveau local de revenu

2.3. Le développement de la filière « cacao »

De nos jours, la filière « cacao » ne présente plus des insuffisances tant au niveau de sa gouvernance qu'au niveau des maillons de ses chaines de valeurs. De ce fait, la présente section cherche ainsi à démontrer ces acceptions via la description de l'organisation actuelle de la filière « cacao » tout en procédant par l'évaluation de l'évolution de la production (a), l'identifications des chaines de valeurs actuelles de cette filière (b) et enfin en déterminer d'autres acteurs.

74

2.3.1. Production

Tel qu'il a déjà été souligné aux prémices de ce travail, le cacao est une culture de terroir. C'est-à-dire qu'elle nécessite un certain nombre des conditions climatiques et écologiques pour sa croissance. De ce fait, cette culture est présente dans les localités de la zone de Beni comme OICHA, LUME, MAKISABO, BELLA, KYONDO, BULONGO, MANGINA ; VUYINGA, KATANGA KITEVYA en Territoire de Lubero et enfin NDIMO, KOMANDA, NOBILI, LUTU, ... en province de l'Ituri.

En Territoire de Beni, la culture du cacao a évolué de la manière suivante : Tableau 10 : Production du cacao en Territoire de Beni

Année

Nb des
planteurs

superficie cultivée
en ha

Production en Tonne

Rendement
Moyen en
Kg/ha

Prix moyen en Fc/Kg

Moyenne

Totale

Totale

Vendu

2008

2579

0,95

2459,3

15600

9879

6343,27

600

2009

2590

1,04

2682,9

16470

10067

6138,88

670

2010

2745

1,08

2969,8

17500

16490

5892,65

600

2011

2997

1,11

3326,9

17980

17980

5404,43

800

2012

3282

1,10

3596,6

18978,09

17998

5276,68

900

2013

3879

1,03

3990,3

20986,19

19906,6

5259,30

860

2014

3491

1,18

4120,1

21007,57

21002,5

5098,80

1000

2015

3621

1,19

4303,95

21187,96

21187,96

4922,91

1600

2016

4079

2,01

8197,1

45200,17

43978

5514,17

1680

2017

4569

2,01

9193,9

76010,95

67900

8267,54

2050

2018

6972

1,58

10984,9

87034,87

79830

7923,14

1980

2019

7440

1,49

11059,9

89309,23

69790

8075,05

2900

2020

7807

2,29

17903,45

90598

89970

5060,37

4000

Source : AGRIPEL, « Rapports annuels », Territoire de Beni, 2008, 2009,...2019, 2020

75

Graphique 2 : Production du cacao en Territoire de Beni

100000

40000

90000

80000

70000

60000

50000

30000

20000

10000

0

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

Production en tonne

La quantité produite du cacao en territoire de Beni est d'une tendance croissante dans moins de 15 ans. Avec l'installation effective des entreprises commerciales en 2015, la production annuelle de 21187,96 a passé significativement jusqu'à 90598 tonnes en 2020.

Du graphique ci-haut, la courbe des productions du cacao en territoire de Beni tend vers une constante à partir de 2020. Cela est dû à l'insécurité qui s'amplifie dans la zone tout en tentant croire qu'elle va reprendre la tendance ascendante dès l'accroissement des activités de la chocolaterie qui jouera sur la production d'une manière déterminante.

Rendement moyen en Kg/ha

9000

8000

7000

6000

5000

4000

3000

2000

1000

0

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

Graphique 3 : Rendement moyen en Kg/ha

76

La variation du rendement est quant à elle décroissante. Tout contrairement à la production. Le rendement a atteint son maximum de 8267,54K/ha en 2017 et son minimum de 4922,91Kg/ha à 2015. Elle oscille légèrement.

Graphique 4 : Espaces emblavés du cacao

18000

Supérficie

14000

2000

16000

12000

10000

8000

6000

4000

0

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

20000

L'espace emblavé évolue généralement dans les mêmes proportions que les variations de production en termes de quantité. La superficie consacrée à la culture du cacao atteint son maximum en 2020 (avec 17904,45ha cultivé) et son minimum en 2008 (avec 2459,3ha cultivé). Elle évolue significativement dans le temps.

Nombre des planteurs

9000

8000

7000

6000

5000

4000

3000

2000

1000

0

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

Graphique 5 : Nombre des planteurs du cacao

77

Le nombre des planteurs du cacao évolue comme une flambée en fonction des variations des productions. Ce nombre atteint sa valeur plus élevée en 2020 avec 7807 planteurs et son point minimum en 2008 avec 2579 planteurs. Notons également que ces nombres présentent une tendance croissante. Ceci traduit l'appui progressif de la culture et l'ascension de la filière cacao.

De part les représentations graphiques précédentes, il est certains d'affirmer que l'activité de la production du cacao en territoire de Beni est en sa phase ascendante car elle (production) est en perpétuelle croissance depuis déjà 15 ans avec un maximum de production de 90598 tonnes en 2020 et un minimum de 15600 à 2008. Cette croissance continue est due à l'encadrement des paysans par les entreprises commerciales du secteur ainsi que le marché sûr qu'offre cette culture. Cependant, certaines tendances décroissantes ou constantes voulaient se manifester dans le temps suite à l'insécurité qui a eu d'impact sur la production vers 2015 ainsi que sur les nombres des planteurs qui voulait abandonner leurs champs de peur à être massacré. De tout compte fait, elle a pris une récession car les paysans ont vu mieux travailler malgré les massacres au lieu de vivre dans la misère. Osons croire tout de même que, la présence de Virunga OriginsChocolate et l'avènement de l'industrie chocolatière de l'ESCO-KIVU qui, a déjà commencé l'aménagement d'une zone industrielle comme déjà signaler dans les parties précédentes, aura un impact déterminant sur la production, le niveau de l'emploi et l'accroissement des chaines de valeurs de la filière cacao.

2.3.2. Autres maillons de la chaine de valeurs

Le concept « autres maillons » traduit principalement les maillons en aval du maillon « production ». Il s'agit notamment des maillons transformation, commercialisation et enfin

maillon consommation. Il est à noter que, malgré les maillons transformations,
commercialisation étaient peu développés et / ou quasiment inexistante dans le temps, la filière est doté actuellement du maillon transformation à travers l'avènement de Virunga OriginsChocolate.

L'existence de la chocolaterie a doté la filière du maillon transformation, de commercialisation en produit destiné à la consommation. Ceci constitue un atout dans le développement des chaines de valeurs de la filière cacao. En résume, la filière s'est développé d'autres maillons suite l'amélioration du maillon transformation qui, à son tour, a entrainer une création des marchés quasiment inexistantes dans le temps passé.

78

2.3.3. Fonctionnement de la filière

La filière « cacao » est dès nos jours développé. Les chaines de valeurs développées à son sein sont deux. Celle du « cacao ou fèves brut(es) » (c'est-à-dire vendu en étant brut). Elle est la plus ancienne chaine de la filière depuis la vulgarisation de la culture en 2002. Les fèves en cette chaine sont destinées à la commercialisation par exportation vu la filière était dépourvu du maillon transformation. En suite la chaine de valeur « chocolat » qui est destiné à des fins alimentaires. Elle est une chaine jeune (récente depuis janvier 2020). Ces deux ne sont pas vendues à un même prix vu le caractère industriel du cacao. D'où les fèves brutes coutent 2,5$ le kilogramme ou 5000Fc en unité monétaire nationale tandis que celui transformé en chocolat, ce dernier coute 4000fc pour 100g du chocolat noir et chocolat au lait tant que celui du chocolat blanc coute 5000fc/g.

Cette situation montre la différence entre les valeurs ajoutées de deux chaines de valeurs. Celle (chaine de valeur) du chocolat a conquis plus de valeur ajoutée contrairement à la chaine « cacao brut » en terme de monétaire.

Ce phénomène du processus de développement de la filière « cacao » en zone de Beni, est à la base de l'accroissement des nombres de planteurs, des superficies emblavées, des pieds plants ainsi que le rendement qui semble reprendre l'ascension. De ce fait, les localités en culture du cacao ne cessent de s'intensifier dans le territoire de Beni en dépit de la guerre à l'Est du pays qui ne cesse à son tour d'entraver l'évolution de la filière.

De ce qui précède, il est à noter que la filière est actuellement organisé par l'existence d'entreprises gouverneurs de la filière. La structure de cette filière se veut actuellement complexe par l'interdépendance des entreprises dans les maillons sauf que la société ESCO-KIVU veut toujours garder sa tête comme leader de la filière en implantant sa structure industrielle comme signaler dans les pages précédentes en vue de faire apparaitre certains maillons dans ses activités.

Bref, la filière « cacao » est à sa phase ascendante de développement tout de même que ses chaines de valeurs qui ne cessent de se développer. Il s'agit impérativement de la chaine de valeur « cacao brut » ainsi que celle du « chocolat » sans oublier que la Société ESCO-KIVU veut y introduire aussi la chaine de valeur « cirage » et celle « jus en base de cacao ».

79

2.4. Identification, analyse des acteurs de la filière « cacao » et contraintes de son développement

Dans la section précédente, il a été question d'analyser le processus de transformation allant de la production du cacao en tant que fèves jusqu' à sa consommation finale. Ici, l'accent est fortement mis sur l'identification des différents acteurs constitutifs de ce processus dans la filière ainsi que leurs rôles respectifs tout en aboutissant sur les contraintes que ces acteurs rencontrent dans l'accomplissement de leurs activités et interactions.

2.4.1. Identification et rôle des acteurs de la filière

La chaine de valeur englobe les fournisseurs, les producteurs, les transformateurs et les acteurs impliqués dans la commercialisation jusqu'au consommateur final, tant au niveau national, régional qu'international148. C'est dans cette idée que nous allons identifier les acteurs de la filière.

2.4.1.1. Les fournisseurs

Par « fournisseur », il est à identifier les acteurs fournisseurs de la semence et tous les acteurs contribuant à la préparation de la production. Cette sphère de la filière regroupe les entreprises de création variétale, les agriculteurs-multiplicateurs et les entreprises de la production des semences. De ce sens, en R.D.C, dans la valorisation de la culture du cacao, l'entreprise de création variétale de longue date est l'Institut National d'Etude et de Recherches Agronomiques (INERA). Ce centre basé à Kinshasa, fournit le pays en divers variétés susceptibles de s'adapter aux conditions climatiques du pays. C'est aussi le cas du territoire de Beni.

Tel souligné dans le paragraphe précédent, l'INERA se charge de la création variétale, il leur revient ensuite d'examiner le degré d'adaptation. Cependant, les entreprises agricoles tels que ESCO-KIVU, COPAK, SCAK via leurs champs expérimentale, interviennent dans la multiplication et la production de la semence nécessaire à la culture efficiente du cacao. Ces entreprises jouent le rôle des agriculteurs-multiplicateurs ainsi que celui des entreprises de production de la semence.

Cependant à côté des fournisseurs de semence, il est à relever les fournisseurs d'autres intrants agricoles. Les intrants sont généralement les différents produits apportés à la terre et

148Foumbi Joseph, Op.cit., p32

149 MAFIKIRI TSONGO Angélus, Gestion des Exploitations Agricoles, cours inédit, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Département d'Economie Rurale, UCG/Butembo, 2020

80

aux cultures dans la perspective d'un rendement efficient. Il s'agit notamment des engrais, les amendements qui sont des éléments améliorant les propriétés physiques et chimiques du sol tel que la chaux etc., les produits phytosanitaires, les retardateurs, les activateurs de la croissance149.

2.4.1.2. Les producteurs

La culture du cacao nécessite une considérable intense main d'oeuvre. Sa production en Territoire de Beni est principalement l'apanage des paysans agriculteurs. Ceux-ci mobilisent les ressources financières et humaines nécessaires pour la bonne conduite des opérations. Ces opérations consistent en premier temps à l'approvisionnement en intrants fournis par l'INERA puis dans la recherche de la main d'oeuvre nécessaire pour la préparation de terrain, les semis, le gardiennage et la récolte pour finir par la recherche des débouchés.

D'après les acteurs de ce maillon, c'est cette dernière étape qui conditionne le niveau de production du cacao dans le territoire de Beni. Dès l'introduction de la culture cacaoyère en territoire de Beni, le cacao connait une demande indiscutable jusqu'à nos jours vu que la filière est dans sa phase ascendante.

2.4.1.3. Les transformateurs

D'après les propos avancés précédemment, la filière « cacao » connait actuellement des réelles avancés dans la technique de transformation surtout au sein de la chaine de valeur « chocolat ». Dans cette chaine récemment insérer dans la filière, la tache de transformation, rappelons-le, est assurée par la chocolaterie Virunga Origins. Le rôle de cette chocolaterie est de transformer les productions du cacao brut des paysans recueillies et négociées par les entreprises commerciales comme SCAK, COPAK afin de l'adapter à lademande en chocolat.

2.4.1.4. Les distributeurs

Cette tâche est souvent et pratiquement faite par le transformateur lui-même sur la chaine de valeur « chocolat ». C'est ainsi le cas de la chocolaterie qui assure elle-même la recherche des débouchés pour son chocolat. Cependant pour la chaine de valeur « cacao brut », ce maillon es chapeauté d'une part par les paysans agriculteurs et d'autres part, les marchands ou entreprises de négoce sur la chaine de valeur « chocolat ». Les premiers produisent et cherchent les débouchés ; tandis que les deuxièmes s'approvisionnent seulement

81

aux premiers et rechercher les débouchés pour maximiser le profit. Surtout, ils agissent sur les exportations des fèves.

2.4.1.5. Les consommateurs

Sur la chaine de valeur « cacao brut », la consommation est effectuée par des acteurs divers. Il s'agit des chocolateries, des brasseries et des consommateurs privés. Les premiers consacrent généralement le cacao brut à la fabrication du chocolat, les deuxièmes à la fermentation du jus en base de cacao et les troisièmes préparent des fèves pour des fins personnelles. Du coup sur la chaine de valeur « chocolat », la consommation est généralement privée.

Du point de vue général, la stratégie des acteurs est telle que, la quasi-totalité d'entre eux promeut la maximisation du profit individuel. Du fait, la filière cacao en zone de Beni est conduite par plusieurs entreprises gouverneurs (chef de fil), assurant le relai entre les producteurs et les vendeurs. Cette recherche de profit individuel est générateur des gains collectifs. Ce qui veut faire croire certainement que la recherche par chacun de son intérêt personnel fini par concourir à l'intérêt général. Ce phénomène est processus naturel.

Du concours à l'intérêt personnel, a promu le développement de l'industrie qui a été génératrice d'effets d'entrainement important sur l'environnement économique en Territoire de Beni. Ainsi, osons croire qu'il est dans l'intérêt de toutes les populations exploitants agricoles tant soit peu ou pas de la région de développer cette filière.

82

2.4.2. Analyse fonctionnelle de la filière « cacao » à Beni

 

Fonction

Acteurs

Produits

Recherche de la

semence

Recherche

développement (semence)

-l'Etat (INERA)

Semence et autres

intrants

Commercialisation semence et intrants

-INERA (fournisseur semence) ;

-Paysans agriculteurs

(Acheteurs de la
semence) ;

-Institutions

spécialisées des
commerçants (fournisseurs d'intrants).

Production du cacao

Productions

-Paysans

agriculteurs ; -ESCO-KIVU,

SCAK, COPAK
(accompagnement technique et financier des paysans)

Cacao

Commercialisation

-Paysans producteurs du cacao ; -Négociants -Marchands (Exportation) ; -SCAK, ESCO-KIVU, COPAK

Cacao

Triage, Torréfaction, décorticage, broyage, moulage

Transformation

-SCAK, ESCO-

KIVU, COPAK ; -Virunga Chocolate

Chocolat

Commercialisation

Distribution

-Virunga

OriginsChocolate

Chocolat

Usage final

Consommations

Consommations privées ; -Marchands

 

83

2.4.3. Analyse SWOTT de la filière « cacao » à Beni

Environnement

interne passé et
présent

Forces (succès)

Faiblesses

Recommandations

-Climat propice à la culture du cacao ;

-Main d'oeuvre
disponible ; -Clientèle potentielle

existant pour les

productions de la
filière ;

-Possibilités de
développement d'une flambée de chaines de valeurs

-Faible

accompagnement de
l'Etat dans l'expansion de la culture ;

- pas de politique
agricole pratique mis en marche pour relever la filière ;

-faible investissement
dans la filière ;

- Faible fiscalité

pour les entreprises de la filière ;

- subventionner les firmes de la filière ; - élaborer un plan d'investissement et mise en oeuvre des politiques agricoles industrielles.

Environnement Externe futur

Opportunité

Menaces

Recommandations

Présence des

institutions de

recherches dans la

région (INERA,
UCG)

- Insécurité dans la

région de

production et de

transformation du
cacao ;

- Instaurer la

paix en zone de Beni ;

- Stabilité
politique

De vue ces analyse ci-haut, il faut en définitive retenir que le développement de la filière cacao en zone de Beni est dans une phase ascendante. Cependant, pour son expansion déterminante, il faut des conditions exogènes tels que les investissements publiques, la stabilité politique (cacao de Beni attend la paix pour s'épanouir150) vue qu'elle est en bonne gouvernance afin de garantir la formation de revenu. Elle constituera une source non tarissable de revenu pour les paysans et investisseurs.

150Nikez dans son journal sur le secteur agricole janvier 2021

84

2.3. Conclusion du chapitre

Il était question dans ce chapitre, de retracer le parcours de la filière cacao dès l'introduction de la culture au pays jusqu'à nos jours. De fait, nous avons procéder par quatre sections. Dans la première, nous présentons la zone de Beni, dans la deuxième c'est la présentation des structurations de la filière cacao quand la troisième section traite de l'organisation actuelle de la filière cacao et en fin la quatrième identifie et analyse les acteurs de la filière « cacao ».

Ainsi, il est à noter que cette filière est dans une phase ascendante. Introduit en RDC depuis 1934, les résultats de développement de la filière restent visibles jusqu'à nos jours. Depuis 2008 la société ESCO-KIVU fut seule gouverneure de la filière avant que d'autres viennent s'introduire de la filière à partir de 2015 en territoire de Beni jusqu'à nos jours. C'est à l'année 2020 qu'est venu la Virunga OriginsChocolate pour relever les défis du maillon transformation. Ce qui entraina la naissance de la chaine de valeur « chocolat » dans la filière car elle était inexistante avant à laquelle s'ajoute la chaine de valeur « cacao brut ». Ce qui démontre qu'actuellement la filière possède déjà deux chaines de valeurs. Du coup, son installation a donné une nouvelle restructuration et fonctionnement de la filière. Les productions du territoire de Beni en cacao sont significativement croissantes dans le temps. Cela en raison directe avec les superficies emblavées, le nombre des planteurs et le rendement par ha. Ce qui confirme notre modèle selon lequel la production du cacao en zone de Beni est expliquée par le rendement, la superficie, le prix et le nombre des planteurs.

Ainsi après l'analyse des acteurs de la filière, il est ressorti que la contrainte la plus fulgurante est l'insécurité grandissante liée à la crise politique en territoire de Beni ; à laquelle s'ajoute le non mise en place des politiques agricoles industrielles pour développer la filière au rythme d'une étoile filante à travers ses productions et mouvance des facteurs.

85

CHAPITRE III. INCIDENCE DU DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE
CACAO SUR LA GESTION DES TERROIRS FORESTIERS EN ZONE

DE BENI

La gestion des terroirs forestiers en Zone de Beni, reste un secteur vierge en termes des recherches et de restructuration. D'où, elle relève de l'analyse des relations entre des communautés paysannes et les ressources naturelles à exploiter sur un espace bien défini. Sur ce, nous nous sommes fait le courage de pouvoir décrire, même structurer la menace que présente le développement de la filière cacao à travers la cacao-culture sur la gestion des terroirs forestiers.

En effet, ce chapitre s'articule principalement sur quatre sections. La première section, porte sur la description de l'itinéraire agronomique et la prise de conscience du risque par les agriculteurs tout en énumérant les initiatives communautaires face à ces risques que court l'écosystème (1). Celle-ci (section) en soi comporte l'analyse de mode d'acquisition et de gestion foncière en zone de Beni (a), puis passe par la description des activités de la préparation de la zone d'exploitation, le semis jusqu'à la maintenance du cacaoyer (b), en suite la section présente la production et contraintes majeurs liées à la productions courues par les paysans cultivateurs du cacao (c) tout en énumérant les mesures prises par ces agriculteurs en vue d'accroitre ou maintenir leurs productions (d), et en fin, recadrer la prise de conscience et initiatives communautaire face à la cacaodéforestation, qui cette activité constitue une menace sur les forêts dans l'équilibre éco systémique.

La deuxième section porte sur la vulgarisation des bonnes pratiques culturales à travers les acteurs privés que publics (2). Celle-ci de sa part, contient trois points nécessaires. Celui parlant de la vulgarisation des bonnes pratiques culturales selon qu'il s'agit de l'acteur public ou privé et leurs relations (a), ensuite énumérer les contraintes auxquelles font face les acteurs dans la vulgarisation (b) pour finir par la mesure de prise de conscience de ces acteurs publics-privés face à la cacaodéforestation et les mesures palliatives (c).

Dans la poursuite de chapitre toujours, la troisième section analyse les relations et limites entre le code forestier et le code agricole tout en regardant leur efficacité pour un cacao durable (3). Soit si ces lois sont-elles efficaces pour un cacao sauvegardant la nature ? En fin, la dernière section constitue une liste des recommandations et critiques personnelles pour un cacao durable en RDC, plus particulièrement au Nord-Kivu (5).

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Voilà en bref, le squelette de ce chapitre constituant une épine dorsale de ce travail. Il (chapitre) mérite une attention particulière pour les agents intervenant le secteur agricole, forestier et juridique.

3.1. Itinéraire agronomique cacaoyère à Beni et prise de conscience paysanne du risque

Dans cette section, il sied principalement de pouvoir montrer l'itinéraire agronomique qui est l'ensemble des activités entretenues par les paysans cultivateurs dès la recherche des terres arables jusqu'à la production. Ensuite, on analyse les contraintes et actions des paysans pour défier ces contraintes afin de maintenir la production. En fin, recadrer la prise de conscience des planteurs et leurs initiatives communautaires face aux risques que court l'environnement via la culture du cacao en Zone de Beni.

3.1.1. Mode d'acquisition et gestion des terres en zone de Beni

Le foncier est l'ensemble des relations interpersonnelles (sociales, économiques, juridiques) tissées autour de l'accès et de l'utilisation du sol151. Henri LEFEBVRE de sa part, confirme que le foncier est le fil conducteur des explications des faits historiques, sociaux et de la structure de la société rurale152.

Dans le principe de la jouissance des terres, dit « théorie locale » des droits fonciers africains, regorgent les principes dit « droit d'autochtonie » liés à l'appartenance d'une communauté à forte dimension religieuse, la reconnaissance du droit de l'accès à la terre pour assurer la subsistance. Ce droit d'accès à la terre s'élargit même aux non-autochtones sous forme des relations de patronage qui constitue une reconnaissance de droit acquis par la mise en valeur153.

De ce qui précède, le droit de jouissance à la terre se fait sous une certaine forme selon qu'il s'agit d'une communauté ou d'une jouissance individuelle ou de la tenure plurielle sur le sol154. De toute façon, ces formes de jouissance s'observent en zone de Beni.

151 KITAKYA Anselme PALUKU, Interaction entre la gestion foncière et l'économie locale en région de Butembo, Nord-Kivu, R.D.C, Thèse, éd. Presses Universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2007, p243

152 Henri LEFEBVRE, Du rural à l'urbain, éd. Antropos, Paris, 1970,p82

153 Jean -pierre CHEVEAU, « La logique des systèmes coutumiers » in Phillip Lavigne Delville, quelles politiques foncières, légitimité et légalité, éd. Karthala et Coopération Française, Paris, 1998, pp66-69

154 Jean -pierre CHEVEAU, Op.cit, p75

87

1. Propriété collective des sols

Pour assurer l'activité agricole, en Zone de Beni, il y a des agriculteurs jouissant aux terres appartenant à la communauté. Donc d'une manière collective. C'est-à-dire que les terres appartiennent à la tribu toute entière, généralement au lignage ou encore à la famille. De ce fait, le chef qui gère la terre au nom du groupement, distribue les terres aux différents membres (lignage, famille, individu) suivant leurs besoins et leurs positions dans la communauté villageoise.

Le bénéficiaire en jouissance de la terre y accède ainsi gratuitement car le sol exploité relève d'un caractère communautaire. Dans la plupart, ces espaces communautaires sont exploités pour les faits agricoles (agriculture et élevage) et bien même forestiers.

2. Propriété et droit individuel de jouissance du sol

Dans cette forme, les paysans en quête des terres cherchent à obtenir un titre de concession perpétuelle de jouissance de la terre à travers le versement d'une quelconque valeur vénale au chef terrien. Cette forme ne relève de la marchandisation des terres. Elle est pratique en territoire de Beni comme mode d'acquisition et jouissance des sols. Cependant, tout dépend du moyen que possède le demandeur de terre qui est le paysan cultivateur.

Néanmoins, pour la jouissance individuelle sans droit de propriété, l'individu n'exerce qu'un droit de jouissance à la terre conféré par le travail incorporé à la terre. Ce processus est matérialisé et ritualisé par le paiement d'une redevance foncière présentée sous une forme animale (une chèvre par an) qu'on appelle « O muhako » chez les Yiras. Celui-ci est le plus pratiqué que verser la redevance sous forme de la part de sa récolte appelé « E ngemo ».

Dans tout le cas, les droits individuels sur la terre acquis du groupe possesseur se limitent à l'usage et à la jouissance des fruits de la terre. Néanmoins, la stabilité et la sécurité de ce droit de jouissance du sol sont garanties aux membres de la communauté rurale, et bien même aux non-membres à condition qu'ils respectent le code de sociabilité.

3. Tenure plurielle des terres

Dans cette partie, la tenure relève alors du mode d'accès à la terre. Dans la communauté rurale, les acteurs fonciers disposent coutumièrement de deux possibilités pour accéder à la terre. Entre autre :

88

? La donation des terres : celle-ci se fait entre vifs, généralement au sein d'une même communauté familiale selon la place qu'on occupe. S'il s'agit d'un fils, un neveu, fille marié comme héritage... d'autres acquièrent des terres en gratitude des services rendus tels que les soins thérapeutiques, l'intronisation, etc. cependant à la mort du bénéficiaire, la donation se retransforme en contrat d'amodiation.

? L'amodiation : est une tenure des terres qui consiste à céder le droit d'usage et de jouissance foncier moyennant une contrepartie, paiement d'une redevance occasionnelle ou périodique.

Les clauses de cette concession sont variables selon qu'il s'agit de l'attribution coutumière ou la location temporaire des terres. L'attribution coutumière des terres est le droit de jouissance sur une terre concédée à un sujet et à ses descendants. Elle engage donc une famille du chef terrien et la famille paysanne. Celle-ci (attribution coutumière) constitue un contrat coutumier le plus stable à condition que l'exploitant s'acquitte régulièrement du paiement des redevances tout en entretenant des bonnes relations avec le chef terrien. Tandis que la location temporaire de terre est celle dont la redevance se verse sous forme d'une portion de récolte tout en sachant que sa durée de clause n'excède pas trois ans.

Voilà en bref, le mode d'acquisition et de gestion des terres en Zone de Beni. D'où le tableau suivant récapitule la proportion générale selon les modes d'acquisitions.

89

Tableau 11 : Mode d'acquisition des terres

Lieu

Mode d'acquisition foncière

Type

Effectif

Oicha

Concession perpétuelle

Achat

21

Jouissance sur une propriété foncière collective ou communautaire

 

0

Donation

Héritageetc.

20

Service rendu

3

Amodiation

Attribution coutumière

6

Location temporaire

0

Mangina

Concession perpétuelle

Achat

17

Jouissance sur une propriété foncière collective ou communautaire

 

8

Donation

Héritage etc.

15

Service rendu

0

Amodiation

Attribution coutumière

10

Location temporaire

0

Mutwanga

Concession perpétuelle

Achat

13

Jouissance sur une propriété foncière collective ou communautaire

 

2

Donation

Héritage etc.

10

Service rendu

5

Amodiation

Attribution coutumière

20

Location temporaire

0

TOTAL

150

Source : entretien à travers des focus group à Oicha, Mutwanga et Mangina du 7 au 14 juin 2021.

155 Entretient via un focus group avec un collectif des planteurs du cacao à Oicha, Mangina et Mutwanga du 15 au 20 juin 2021

90

Commentaire : de ce tableau ci haut, il est constaté qu'à Oicha, les paysans acquièrent des terres par voie d'achat d'une concession perpétuelle et l'amodiation par héritage tant que l'attribution coutumière intervient moins. Chacun a tendance à avoir une concession. Cependant qu'àMangina, plus les paysans acquièrent des terres par voie d'achat d'une concession perpétuelle et l'amodiation par héritage tant que l'attribution coutumière a une allure de hausse par rapport à Oicha. De fin à Mutwanga, l'amodiation par attribution coutumière domine, suivi par l'acquisition d'une concession perpétuelle puis les donations par héritage et de service rendu.

En bref, les paysans en zone de Beni acquièrent plus des terres achat des concessions perpétuelles moyennant la paie d'une valeur vénale au chef de terre, puis par héritage familier et en suite par amodiation par attribution coutumière en versant une redevance animale qualifié de Muhako.

Croire tout de même que ce mode de gestion de terres impacte sur la gestion des terroirs forestiers en Zone de Beni. En effet, ces modes de gestions de terre octroient la liberté fondamentale à l'exploitant utilisateur du sol. Laquelle liberté liée au versement de sa redevance. L'exploitant n'est pas contraint dans la poursuite de sa culture.

De toute manière après avoir acquis la jouissance au sol, comment ces agriculteurs procèdent pour exploiter le cacaoyer ? il est alors pour nous opportun de décrire les activités de la préparation du terrain, du semis et maintenance de l'arbre.

3.1.2. Préparation de la zone d'exploitation, semis et maintenance du cacaoyer en Zone de Beni155

Dans la présente partie, après avoir élucidé les modes d'acquisitions de terres en zone de Beni, mettons en exergue les méthodes ou pratiques des agriculteurs dans la préparation du terrain, la semis et la maintenance du cacaoyer.

1. Préparation de la zone d'exploitation

Dans la préparation du terrain, deux activités principales s'organisent. Notamment le choix du milieu ou planter ses arbres puis celle de la préparation proprement dite du terrain.

156 Les agriculteurs certifiés sont ceux qui ont des contrats avec des entreprises agricoles comme ESCO-KIVU pour suivre et les accompagner dans la culture par inspection des agronomes publics que privés à l'entreprise.

91

La première activité portant sur le choix du terrain, pour les paysans en zone de Beni, n'impacte pas trop sous prétexte que le sol y reste partout naturellement fertile et répond aux conditions climatologiques de la culture. Néanmoins pour les agriculteurs certifiés156, l'étude du terrain se fait par les agronomes privés des sociétés et publics puis assure le suivi permanent des champs de ces planteurs certifiés.

Quant à la préparation proprement dite du terrain, elle ne consiste qu'au défrichage via un abattage d'espèces forestières moyennant d'outils traditionnelles comme machette, hache et certains usent des tronçonneuses. Cela est suivi par le désherbage par brulis.

Pour les agriculteurs en zone de Beni, cette méthode de défrichage par abattage et brulis, crée plus d'engrais pour le sol. Ils considèrent en suite que c'est le seul moyen de rendre encore le sol plus fertile. C'est juste à la fin qu'ils laissent les champs défrichés sans une exploitation quelconque durant deux à trois semaines pour que le sol absorbe la cendre.

2. Semis et maintenance du cacaoyer a. Semis du cacaoyer

A cette étape, les paysans se procurent de la semence de différente manière selon qu'il s'agit d'un certifié ou pas.

De prime abord, les conventionnels (agriculteurs non certifiés) se créent de pépinières à partir des fèves fraiche des cabosses, soit ils s'en procurent à l'ESCO-KIVU. Deuxièmement, les certifiés, l'ESCO-KIVU leur offre des plants suivis et évaluées par les agronomes publics que privés de l'ESCO-KIVU gratuitement.

Cependant après la réception des semences, les fèves doivent être semées dans les deux jours qui suivent dans le cas des cabosses et dix jours pour les fèves enrobées. Pour les agriculteurs en zone de Beni, ils arrosent les sachets à la veille de semis. Ce dernier alors de 1 à 2 cm de profondeur à raison d'une fève par sachet. Ils précisent que les opérations de semis se font pendant une période pluvieuse traditionnellement sans piquetage.

92

b. Maintenance du cacaoyer

Après avoir fait le semis, les paysans n'abandonnent pas le cacaoyer à son triste sort. Plutôt, ils organisent certaines activités d'entretien ou de maintenance du cacaoyer jusqu'à sa production.

Apres le semis, dans une période non fixe ou non standard, les paysans procèdent à l'égourmandage qui consiste à enlever les mauvaises herbes de l'exploitation et tailler les cacaoyers tout en remplaçant les manquants qui sont des plants accidentées par des causes d'insectes ravageurs du cacaoyer. Pour une aération dans les champs, les paysans précipitent une culture sans ombrage en zone de Beni. Vu l'intensivité de la cacaoculture en Zone de Beni, les paysans procèdent au nettoyage chaque trois mois après le premier égourmandage.

En somme, malgré l'insuffisance des activités nécessaires de semis et d'entretien chez les conventionnels des cacaoyers en zone de Beni, les paysans finissent par produire tant peu soit-il. Tandis que les certifiés respectent les normes via l'inspection de leurs champs par les agronomes professionnels, dès le semis jusqu'à la production sous la vue de l'AGRIPEL.

3.1.3. Production et contraintes courues par les paysans a. Production du cacao

Malgré vu dans les parties précédentes que les paysans en zone de Beni ne tiennent pas compte des normes de la culture du cacao ; cela ne tient pas lieu de confirmer que malgré cette culture traditionnelle n'engendre pas un résultat en termes de production.

Dans un entretien en focus groupe avec 150 cultivateurs du cacao à Oicha, Mangina et Mutwanga, généralement la plupart confirment que l'abondante récolte s'observe en Aout et Novembre. En plus, un hectare suivi selon les bonnes pratiques donne une tonne de cacao marchand. Par extrapolation, l'on sied de considérer qu'une exploitation paysanne a un rendement moyen minimum de 300 à 400kg de cacao marchand.

Lors de la récolte, certains agriculteurs conventionnels utilisent les machettes tant que les certifiés sont gratifiés des sécateurs qui sont des ciseaux coupant des cabosses sur un cacaoyer.

Après la récolte, les agriculteurs procèdent à l'écabossage dans les champs même afin que cette chair de la cabosse contribue à constituer l'engrais. C'est juste à la suite que les fèves décabossées sont transportées jusqu'au lieu de fermentation. Lors des activités de

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fermentation, les fèves sont enfermées dans des boites sans air couvert par les feuilles de bananiers en vue de les faires moisir. La fermentation change la couleur de la fève et y élimine de la pulpe mucilagineuse qui l'entoure.

C'est après la fermentation que les agriculteurs procèdent une fois de plus au séchage. Celui-ci a pour but de ramener la teneur en humidité des fèves fermentées. Pour sécher les fèves, ils utilisent des outils naturels comme des claies ou bâches aménagés dans 10 à 12 jours.

En résumé, le mode de production du cacao reste encore traditionnel ou artisanal en zone de Beni. Le fait de la production traditionnelle et artisanale des exploitations cacaoyers en Zone de Beni présente des certaines énormes difficultés dans la production

b. Contraintes courues par les agriculteurs

Comme bien énoncé précédemment, le fait d'exploiter le cacaoyer d'une manière artisanale ou traditionnelle présente généralement certaines difficultés sur le plan technique que socio politique dans la poursuite de leurs activités champêtres.

En vrai, les éléments suivants constituent des facteurs explicatifs des chutes de rendement des exploitations cacaoyères en zone de Beni :

? Au plan technique :

? Le non fertilité continuelle du sol : ce facteur montre que le sol s'infertilise au fur et à mesure on l'exploite régulièrement. Un sol perd sa fertilité du jour au jour de l'exploitation.

? Existence des maladies et insectes ravageurs des cacaoyers : ces maladies et insectes sont inévitables dans une exploitation cacaoyère; ils ravagent plus des cacaoyers en Zone de Beni.

? Le non productivité continuelle du cacaoyer : ce facteur explique qu'un cacaoyer cesse de produire à un âge donné. Sa production n'est pas continuelles suite aux perturbations climatiques, âges de la plante... ;

? Expansion du cercle vicieux de la cacao-culture : il montre que le fait de défricher les forets crée une émission des CO2, qui ce dernier à son tour, influence sur le changement climatique, qui en fin, influence sur la production des cacaoyers. Dès lors de la diminution de la production, les planteurs ont tendance à recourir aux nouveau défriches. Ceci s'explique par le schéma ici-bas.

Pour des jeunes plantations, la surveillance phytosanitaire s'observe régulièrement pour ceux qui ont des moyens tant que d'autres abandonnent le cacaoyer à son triste sort. En

94

Figure 10 : cercle vieux de la cacaoculture.

? Autres plans :

? L'insécurité incessante entrainant le non suivi des exploitations de peur d'être

massacré ;

? Pas de financement pour atteindre des grandes exploitations avec modernité ;

? Insuffisance des terres entraînant une croissance des conflits fonciers.

Pour tout dire en un mot, ces contraintes sont dues généralement au non expansion des exploitations cacaoyères en zone de Beni, qui est à son tour une résultante de manque de financement suffisant. En effet, face à ces contraintes ou difficultés, les paysans ne croisent pas le bras à leur triste sort. Ils entretiennent cependant certaines mesures palliatives minimales soit-elles. Ce sont ces mesures qui font objet du point suivant.

3.1.4. Mesures de Maintenance productive de l'exploitation cacaoyère.

Dans la poursuite du maintien de la productivité des plantes dans une exploitation cacaoyère, les paysans en zone de Beni recourent à certaines méthodes ou techniques pour pallier à ces difficultés.

En ce qui concerne les difficultés de la présence des maladies et insectes ravageurs des cacaoyers, la perte de la fertilité du sol, les agriculteurs du cacao en zone de Beni pensent généralement à l'achat des produits phytosanitaires et apport d'engrais.

95

effet, de la même méthode s'effectue le traitement des maladies parasites et insectes ravageurs des cacaoyers.

Cependant, à ce qui concerne le problème de non fertilité continuelle du sol, le non productivité continuelle du cacaoyer, l'insécurité incessante dans la région... les stratégies ne restent pas les mêmes. Pour faire face à ceux-ci, les paysans affirment utiliser une seul générale méthode ou un seul moyen qui est d'abandonner les anciennes exploitations cacaoyères pour des nouveaux défriches forestiers encore fertile pour accroitre leur production.

Dans l'espérance de ne pas abandonner l'ancienne exploitation totalement, les paysans associent certaines cultures céréalières, fruitières et forestière dans les cacaoyers pour diversifier leur production et répondre au besoin de financement.

Voici ci bas, le schéma synthétique de l'évolution productive d'une exploitation cacaoyère des petits planteurs. Ce sont des exploitations donc atteignant ses limites.

Voilà, comment les agriculteurs du cacao en zone de Beni agissent face à ces contraintes ou difficultés. Ce phénomène s'explique mieux par le schéma illustré ci-haut.

Dans la poursuite de ce travail, ce fait constitue un danger et/ou risque ou menace à haut degré sur l'écosystème à travers la destruction intensive des zones forestières. De ce fait, quelles est le degré de conscience des paysans face à ces phénomènes ainsi que leurs initiatives pour sauvegarder l'équilibre éco systémique. Tout compte fait, ce questionnement trouve lumière dans la partie suivante.

3.1.5. Prise de conscience et initiative communautaire face à la cacao-déforestation

Dans la recherche de l'équilibre environnementale, la prise de conscience des communautés rurales relève d'une importance capitale. D'où, toute conservation de la nature émane principalement des communautés rurales ou locales qualifiées de communautés de base vers les institutions spécialisées.

96

Dans l'espérance de sauvegarder un environnement sains, sans déséquilibre, les paysans sont généralement conscient de la menace que la cacaodéforestation cause sur le changement climatique. Il est clarifié par les parties précédentes que la culture du cacao est certainement une menace sur les terroirs forestiers.

Du coup pour pallier à ce phénomène et sauvegarder l'équilibre environnementale, les paysans cultivateurs du cacao de la Zone de Beni, applique actuellement de l'agroforesterie avec d'autres essences comme ombrage pour contribuer à la séquestration du Carbonne.

Certains cultivateurs enquêtés combinent quant à eux les cacaoyers avec d'autres essences comme le palmier à huile, d'arbre fruitiers, d'arbres forestiers, etc. Ces espèces associées aux cacaoyers en zone de Beni ont une autre valeur d'usage pour les agriculteurs et selon les finalités de chacun. Parmi ces finalités, certaines sont sociales, médicinales, ombrage, commerciale pour auto financement, auto consommation, bois, fertilité, etc.

Tableau 12: finalité pour association d'essence

Fins

Effectifs

Pourcentage

Sociales

9

6

Ombrage

8

5

Vente

54

36

Auto

consommation

32

21

Bois

18

12

Fertiliser sol

16

11

Médicinale

13

9

Total

150

100

Source : nos calculs et sondage

De ce tableau, l'on constate qu'en Zone de Beni, 6% intègre de l'agroforesterie dans leurs exploitations cacaoyères pour une finalité sociale, 5% pour une finalité d'ombrage sans autre spéculation et rien que la recherche de la fertilité du sol pour une hausse de production, 36% usent de l'intégration des divers essences pour des raisons commerciales. Ils usent surtout des palmiers à huile pour la spéculation en huile et noix de palme, 21% appliquent de l'agro forêt pour des fins d'autoconsommation en fruits, jus et autres. 12% intègre d'arbre à bois pour production en planche etc. 11% confirment pratiquer l'agroforesterie pour fertiliser le sol et en fin 9% affirment en intervenir pour des causes médicinales. Malgré qu'ils

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appliquent l'agroforesterie pour une raison philanthropique, ils savent que la cacaoculture en combinaison avec d'autres essences revête une importance. Ce tableau s'illustre mieux sur diagramme à secteur suivant :

Graphique 6 : finalité d'action d'agroforesterie

FINALITES ASSOCIATION AGROFORETS

sociales

ombrage

vente

auto consommation

bois

fertiliser sol

medicinale

8; 5%

13; 9%

16; 11%

18; 12%

54; 36%

32; 21%

9; 6%

Tout compte fait, les paysans s'inspirent dès lors des pratiques agroforestières pour renforcer la transition agro écologique de la cacaoculture. Cependant, les contraintes des systèmes agroforestiers ne sont pas sous estimées quant aux agriculteurs. Tout est adapté à la stratégie, aux attentes et aux objectifs des agriculteurs.

En somme, le système agroforestier en Zone de Beni, ne relève pas d'une imposition des structures publiques que privées y intervenant, plutôt une résultante de la prise de conscience des paysans en collaboration avec les institutions précitées à travers les vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales du cacaoyer.

Cependant, le système agroforestier du cacaoyer, mérite un soutient de renforcement pour l'enraciner à travers la vulgarisation pour cause à laquelle plusieurs agriculture maitrise pas mieux ce mode de production qui semble présenter une fragilité.

3.2. Vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales : acteurs et interventions publique

Cette section met en revue les pratiques de vulgarisation des bonnes pratiques culturales cacaoyères en Zone de Beni. D'où, il recadre les enseignements techniques

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agricoles forés aux paysans agriculteurs ainsi que l'intervention des acteurs publics que privés et leurs relations tout en finissant par les difficultés leurs interventions.

Par sa structuration, cette section comporte quelques points. Le premier présente l'action de vulgarisation sur les bonnes pratiques, ; le deuxième parle des contraintes majeurs dans la vulgarisation puis finir par la prise de conscience du risque que la cacaoculture présente sur les forêts en Zone de Beni et énumérer les mesures palliatives.

3.2.1. Vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales cacaoyères

Dans la lutte de la déforestation et la production en cacao durable certains acteurs tant publics que privés interviennent dans l'enseignement des bonnes pratiques culturales cacaoyères et l'accompagnement des paysans cultivateurs. Ces acteurs interviennent chacun selon sa compétence, qui entre en ossature dans la partie qui l'explique.

1. Acteurs privés

Dans la vulgarisation de la bonne pratique culturale cacaoyère e Zone de Beni, les acteurs privés constituent la force motrice de la vulgarisation vers un cacao durable. Parmi, l'ESCO-KIVU constitue un goulot d'harmonisation des activités de la vulgarisation car il est le seul actuel accrédité par l'AGRIPEL dans la vulgarisation.

Dans la vulgarisation, les acteurs privés comme principalement l'ESCO-KIVU accompagne les paysans dans la formation des bases sur les bonnes pratiques culturales pour un cacao durable sans compromettre l'équilibre environnementale. Apres la séance de formation et information sur la culture du cacao durable, vient un processus direct d'accompagner les paysans. Dans cet accompagnement, relève les activités nécessaires dans la production. Parmi lesquelles citons :

? Création des pépinières : elle regorge les activités de construction d'une ombrière laissant infiltrer 25 à 30% de lumière à 2,5 mètres du sol soutenu par des poteaux. Après cette étape, arrive le temps de remplir les sachets plastiques perforés de couleur noir avec un mélange de terreau et de la terre. En suite construire des planches qui est une sorte de casier de 60cm de large et 5 à 10m de long sous l'ombrière avec des piquets solidement enfoncé dans le sol ; puis classer ces sachets remplis parallèlement et successivement 4 sachets dans le casier de façon à remplir complètement ce casier. En fin, arroser abondamment les sachets et semer à plat les fèves nouvellement extraites des cabosses à 1,5m de profondeur et arroser de nouveau.

De toutes les manières d'agir dans la vulgarisation des bonnes pratiques culturales du cacao par les acteurs publics que privés, certaines difficultés auxquelles ils se heurtent se

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? Distribution : dans la vulgarisation, la distribution des plants est l'apanage de la société ESCO-KIVU d'une manière gratuite. Après celle-ci, les agronomes de la société poursuivent et inspectent les champs des paysans pour leur montrer comment planter ou mettre sous le sol les plants retirés de la pépinière.

? Supervision : dans la poursuite de l'effectivité des bonnes pratiques culturales, les acteurs privés comme l'ESCO-KIVU enregistre les agriculteurs et supervisent leurs champs dès le semis jusqu'à la production.

Pour l'effectivité des activités dans l'accompagnement des paysans, l'ESCO-KIVU possède d'un Champ Ecole Paysan où ces agriculteurs font la pratique des formations régulièrement.

De ce qui précède, les acteurs privés oeuvrent en connivence avec le service public habileté qui est l'AGRIPEL.

2. Intervention publique

Dans cette vulgarisation, l'acteur public joue un rôle capital à travers la coordination des activités de vulgarisation ainsi que les chronogrammes d'activités y afférentes. Sur ce, l'AGRIPEL constitue le service stratégique dans la vulgarisation des bonnes pratiques culturales. Pour assurer la vulgarisation, l'AGRIPEL n'oeuvre pas directement avec les paysans cultivateurs. Il largue sur terrain les moniteurs du ministère.

Suite à son insuffisance dans le monitoring, l'AGRIPEL accrédite certaines organisations ou sociétés à vocation agricole comme l'ESCO-KIVU, l'ANEPROAC...

Depuis 2002, la société ESCO-KIVU est accréditée par l'AGRIPEL ministère de tutelle dans la fonction d'accompagnement des paysans et intervient comme facilitateur dans la vulgarisation.

Outre l'accompagnement des paysans, le service d'environnement joue un rôle aussi tant soit peu à travers les renforcements des capacités sur la cacaoculture au service de l'agriculture et de l'environnement. Celui-ci, n'intervient pas comme telle car elle a des relations directes dans les fonctions avec l'AGRIPEL.

100

posent. De ce sens, il est impérativement important de lister les contraintes de vulgarisation à travers leurs actions.

3.2.2. Contraintes de l'intervention publique-privée dans la vulgarisation

Dans toutes les interventions publiques ou privées, les contraintes doivent naturellement se présenter dans leurs actions telles qu'il s'agit d'un acteur à un autre. De ce fait, les acteurs privés présentent des contraintes dichotomiques à celles de l'acteur public.

Pour les acteurs privés, les contraintes dans la vulgarisation relève d'une part des institutions de tutelles et d'autre part des paysans et formateur eux-mêmes. Pour les formateurs et paysans on peut citer :

· Inaptitude transmettre ses connaissances aux paysans ;

· Faible financement ;

· Non harmonie entre le chronogramme des sociétés accréditées et celui du ministère de tutelle ;

· Faible capacité de rétention pour les paysans ;

· Incompréhension technique et linguistique entre formateur et paysans ;

· De ceci s'ajoute l'insécurité perpétuelle dans la zone.

Vu que l'intervention publique dans la vulgarisation n'est pas directe, cela relève des problèmes auxquels l'AGRIPEL se heurte pour vulgariser eux-mêmes. Ces contraintes se résument en trois. Parmi lesquelles citons :

· Moyens logistique insuffisant ;

· Insécurité dans la zone d'intervention et

· Pas de processus de retraite pour les personnels vieillis.

En somme, voilà les contraintes auxquelles qui justifient la non efficacité de l'intervention publique dans la vulgarisation du cacao durable. Justifie le chef AGRIPEL Oicha dans un entretien. Quant à ce, il est important de voir ou analyser dans quelle mesure les acteurs publics-privés prennent conscience de la menace que l'agriculture du cacaoyer présente sur les terroirs forestiers.

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3.2.3. Prise de conscience : Acteurs publics-privés face à la cacao-déforestation et initiatives palliatives

Les acteurs de vulgarisation jouent un rôle tellement important dans la prise de conscience de la déforestation par les paysans cacao-cultivateurs. Ces acteurs, prennent conscience de ce risque dans les mesures où l'agriculture du cacao en Zone de Beni est purement et généralement extensive.

De leur part (acteurs vulgarisation), les actions doivent vite être menées car si rien n'est fait pour l'amélioration des pratiques culturales, la désertification de la Zone de Beni serait observée dans l'avenir suite l'actuelle forte instabilité éco systémique résultant de la dégradation environnementale.

De cette conscience prise par les acteurs principaux de la vulgarisation, publics que privés, ils n'abandonnent pas les agriculteurs à leur triste sort, plutôt qu'ils essayent de renforcer la fréquence des entretiens conseils techniques avec les paysans agriculteurs pour promouvoir un cacao durable. C'est à ce juste titre que les acteurs privés achètent du cacao biologique ou durable à un prix supérieur pour une prime au cultivateur ayant respecté les mesures de prévention environnementale.

C'est dans ce sens que les formations et vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales du cacaoyer s'intensifient pour montrer justement aux paysans le risque que courent les hommes à travers le défrichage.

Les techniques culturales apprises aux cultivateurs paysans s'orientent vers certains aspects, tels que :

? Apprendre les agriculteurs sur un choix d'un terrain à culture durable ;

? Mode de préparation des terrains sans une forte incidence à travers des défrichages responsable sans brulis ;

? Apprendre comment lutter contre les trachéomicoses et insectes ravageurs du cacaoyer sans recours aux produits phytosanitaires toxiques et ayant un impact négatif sur l'environnement ;

? Orienter leur choix sur la qualité des produits phytosanitaires ;

? En fin les initier intégralement à la production agroforestière dans la diversification des productions. D'où, comment combiner les cacaoyers avec d'autres essences forestiers.

Cette loi, prend en compte les objectifs de la décentralisation, intègre à la fois les diversités et les spécificités agro-écologiques et vise à :

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C'est à ce juste titre que la vulgarisation est importante en zone de Beni pour la généralisation des pratiques culturales durables. Cette partie nous amontré en somme, comment les paysans prennent conscience du risque que court la planète suite au déséquilibre environnementale principalement due aux exploitations agricoles par défrichage. L'itinéraire agronomique semblait ignorer ces pratiques, seule la vulgarisation met quasiment au point ces bonnes pratiques en zone de Beni. De tout compte fait, les acteurs en soi peuvent orienter les agriculteurs suivant des normes législatives. Cependant, la légifération dans la gestion forestière et agricole est-elle efficace pour une agriculture durable ? C'est dans cet angle que l'analyse relations et limitent entre le code forestier et code agricole monte à l'ossature dans la section suivante.

3.3. Analyse de la réglementation du secteur agricole et forestier

Dans la logique à laquelle s'inscrit notre travail, l'analyse juridique des textes réglementant l'agriculture et le secteur forestier est d'importance capitale pour s'imprégner de l'efficacité légale et institutionnelle en République Démocratique u Congo. De ce qui fait que cette section comporte deux principaux points. Le premier traite des analyses relationnelles et dichotomiques entre code forestier et celui agricole. Le second quant à lui, montre l'influence de cette légifération sur l'avenir d'un cacao durable.

3.3.1. Analyse des relations et limites entre code forestier et code agricole

Comme annoncé ci-haut, ce point traite de l'analyse de ces deux codes qui, institutionnellement ont des relations et dichotomies entre-elles. Il est temps passer en revue ce que le code agricole prévoit en matière de la conservation des forêts et en suite ce que prévoit le code forestier en matière d'agriculture.

1. Loi portant principes fondamentaux relatifs à l'agriculture en RDC

La République Démocratique du Congo est un vaste pays à vocation agricole avec une population dont la majorité vit en milieu rural et dépend essentiellement de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. D'où, la réglementation de leurs activités s'avère nécessaire. C'est à ce juste titre qu'en 2011, le législateur congolais a essayé de mettre en vigueur la loi portant principes fondamentaux relatifs à l'agriculture.

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· favoriser la mise en valeur durable des potentialités et de

l'espace agricole intégrant les aspects sociaux et
environnementaux ;

· stimuler la production agricole par l'instauration d'un régime douanier et fiscal particulier dans le but d'atteindre, entre autres, l'autosuffisance alimentaire;

· relancer les exportations des produits agricoles afin de générer des ressources importantes pour les investissements ;

· promouvoir l'industrie locale de transformation des produits agricoles ;

· attirer de nouvelles technologies d'énergie renouvelable ;

· impliquer la province, l'entité territoriale décentralisée et l'exploitant agricole dans la promotion et la mise en oeuvre du développement agricole.

Les dispositions de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l'agriculture s'appliquent à l'exploitation, à la formation et à la recherche agricole, au financement de l'activité agricole ainsi qu'à la commercialisation des produits agricoles, à la protection de l'environnement et aux régimes douanier et fiscal à son article 2.

De l'acquisition, des terres agricoles sont concédées aux exploitants et mises en valeur dans les conditions définies par ladite loi. Toutefois, le requérant remplit en outre les conditions ci-après conformément à son article 16:

· être une personne physique de nationalité congolaise ou une personne morale de droit congolais dont les parts sociales ou les actions, selon le cas, sont majoritairement détenues par l'Etat congolais et/ou par les nationaux.

· avoir une résidence, un domicile ou un siège social connu en République Démocratique du Congo ;

· présenter la preuve de son inscription au registre de commerce, s'il s'agit d'une personne exerçant lecommerce ;

· justifier de la capacité financière susceptible de supporter la charge qu'implique la mise en valeur de la concession ;

· produire une étude d'impact environnemental et social.

Les articles 66 et 67 de la loi des principes fondamentaux relatifs à l'agriculture ajoutent que l'exploitant agricole industriel produit une étude d'impactenvironnemental

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Cependant, stipule à son article 17 que le contrat agricole détermine les types de culture que leconcessionnaire se propose d'exploiter. Il détermine également la production minimum que l'exploitant s'engage à réaliser. Du coup, son article 18 reconnait à chaque communauté locale les droits fonciers coutumiers exercés collectivement ou individuellement sur ses terres conformément à la loi. L'ensemble des terres reconnues à chaque communauté locale constitue son domaine foncier de jouissance et comprend des réserves des terres de cultures, de jachère, de pâturage et de parcours, et les boisements utilisés régulièrement par la communauté locale.

De la protection de l'environnement, le code prévoit certains articles pour sauvegarder l'environnement sain. De ce qui précède, l'Etat et la province prennent, dans les limites de leurs compétences respectives, des mesures destinées notamment à la prévention et à la lutte contre les organismes nuisibles ou de quarantaine ; à l'utilisation des produits phytosanitaires sans danger pour l'environnement et la santé ; au contrôle de l'importation et de l'exportation des produits phytosanitaires, végétaux, produits végétaux et autres articles réglementés pouvant entraîner la dissémination des ennemis des végétaux ; au contrôle des produits phytosanitaires, végétaux et produits végétaux pouvant servir de vecteurs aux organismes nuisibles conformément à son article 47. Du coup, l'article 70 du code agricole ajoute que l'Etat, la province et l'entité territoriale décentralisée prennent des mesures préventives en vue de protéger l'environnement et la santé contre des dommages éventuels découlant de certaines pratiques agricoles et de l'utilisation de certains produits chimiques dans l'agriculture.

A cet effet, le Gouvernement central met au point un système d'homologation des produits chimiques avant commercialisation, basé sur l'évaluation et la gestion des risques et met en place un mécanisme de surveillance et de prévention des risques majeurs et des calamités agricoles. De ce fait, le Gouvernement veille à ce que la mise au point, l'utilisation, le transfert et la libération dans l'agriculture des organismes génétiquement modifiés et des pesticides se fassent de manière à éviter ou à réduire les risques pour l'environnement et la santé. Il veille également à ce que certaines pratiques agricoles n'aient pas d'impact négatif sur l'environnement et la santé conformément à l'article 71 du code agricole.

En suite ce code à son article 10 essaye de classifier les forêts. Il distingue les forêts classées, qui sont celles soumises, en application d'un acte de classement, à un régime

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etsocial avant la mise en valeur de sa concession conformément à la législation sur la protection de l'environnement.

Le ministre ayant l'environnement dans ses attributions procède à un audit de toute activité ou tout ouvrage agricole présentant un risque potentiel pour l'environnement et la population dans les conditions définies par la loi comme prévoit l'article 68 dudit code. Cependant, l'article 69 stipule que sous réserve des droits d'usage forestier reconnus aux communautés locales, les activités agricoles sont interdites dans tout site ou aire protégée. Ce qui donne aux peuples autochtones ou communautés locales et riveraines un droit de jouissance traditionnel en vertu de l'article 44 du code forestier qui stipule que les populations riveraines d'une concession forestière continuent à exercer leur droit d'usage traditionnel sur la concession dans la mesure de ce qui est compatible avec l'exploitation forestière à l'exclusion de l'agriculture.

En somme, ces sont ces articles de la loi portant les principes fondamentaux relatifs à l'agriculture prévoit pour sauvegarder l'environnement sain. Quant à la foresterie, cette loi reconnait le droit de jouissance aux communautés riveraines de l'aire protégée à l'exclusion de l'agriculture. De ce qui fait que nous passons en revue ce que pense le code forestier par rapport l'agriculture.

2. Code forestier en RDC

Dans les dispositions générales, à son article 1, le code forestier définit les forêts comme les terrains recouvert d'une formation végétale à base d'arbre ou d'arbuste apte à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des eaux. Soit par extension, sont assimilés aux forêts, les terres réservées pour être recouvert d'essence ligneuses soit pour la production du bois, soit pour la régénération forestière et ou pour la protection du sol.

Ce code prône à ses articles 8 et 9 que les forêts naturelles ou plantées comprise dans les terres régulièrement concédées en vertu de la législation foncière, appartiennent à leurs concessionnaires. Bien aussi les arbres situés dans un village ou son environnement immédiat ou dans un champ collectif ou individuel sont la propriété collective de la personne à laquelle revient ce champ.

Le code forestier quant aux activités agricoles stipule à son article 53, que toute personne qui, pour les besoins d'une activité minière, industrielle, urbaine, touristique,

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restrictif juridique le droit d'usage et d'exploitation pour une raison écologique. Les forêts protégées sont quant à elles celles qui n'ont pas objet d'un acte de classement et sont soumises à un régime juridique moins restrictif à ce qui concerne le droit d'usage et d'exploitation. En fin, les forêts de production permanentes sont celles soustraites des forêts protégées par une enquête publique en vue de les concéder, elles sont soumises aux règles d'exploitation prévues par le code forestier.

Dans les forêts classées, à l'exception des réserves naturelles intégrales, des parcs nationaux et des jardins botaniques, les droits d'usage sont exclusivement exercés par les populations riveraines et leurs jouissance est subordonnée au respect des dispositions du code forestier conformément à son article 38. L'article 39 dudit code, stipule que les droit d'usage des populations riveraines des forêts classées se limitent au ramassage du bois mort et de la paille, à la cueillettes des fruits, des plantes alimentaires ou médicinales, à la cueillette des gommes, résines ou du miel, au ramassage des chenilles, escargot, grenouilles, au prélèvement du bois destiné à la construction des habitations et pour usage artisanale.

Néanmoins, tout congolais peut exercer des droits d'usage l'ensemble des domaines forestiers protégés selon les normes prescrites par le code forestier en vigueur. Dans les forêts protégées, les cultures peuvent être pratiquées. Toutefois, elles peuvent être prohibées par le gouverneur de province, après avis des services locaux de l'agriculture et des forêts, lorsque l'état de la forêt ou le futur intérêt de la forêt rend cette mesure nécessaire telle que l'article 42 du code prône. Cependant, l'arrêté du gouverneur détermine la durée de l'interdiction. En plus, son alinéa 2 ajoute que le Ministre ayant les forêts et l'agriculture dans leurs attributions réglementent conjointement, là où, ils jugent utile, les zonages et les modalités de mise en culture des terres forestières.

En ce qui concerne la protection, le domaine forestier et protégé contre toute forme de dégradation ou de destruction du fait notamment de l'exploitation illicite, de la surexploitation, du surpâturage, des incendies et brulis ainsi que des défrichement et des déboisement abusifs (art 45) tant que son alinéa 2 stipule qu'est interdit particulièrement tout déboisement en zone exposé aux érosions et inondations. Par précision, les cultures par essartage, l'émondage et l'ébranchage sont interdit dans les forêts classées (art.47).

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agricole ou autre, est contrainte de déboiser une portion de forêt, est tenue au préalable de se procurer un permis de déboisement (alinéa 1) . Cependant pour les activités agricoles, ledit permis n'est exigé que lorsque le déboisement porte supérieur ou égal à 2 hectares (alinéa 2).

Voilà en bref, les dispositions du code forestier par rapport à la déforestation compte tenu des différentes activités. Du coup, il est confiant après la lecture, que les deux codes sont incomplètes en un moment car elles nécessitent se servir ou se renforcer par d'autres arrêtés ministériels compétentes dans chaque domaine ou secteur car les toutes restent conflictuelles. L'harmonisation entre les différents secteurs a également est identifiée comme un défi. Au-delà du Code forestier, il existe de nombreuses autres lois comme pour la conservation, l'agriculture et l'exploitation minière qui ont un impact sur les zones de forêt, et certaines d'entre elles sont contradictoires. Par exemple, si quelqu'un s'engage dans une activité minière dans une forêt, la loi minière s'appliquera, et la façon dont elle gère les droits communautaires dans la région est très différente des mandats du code forestier. Donc, les communautés ne sont pas garanties d'être protégées par les dispositions contenues dans la loi forestière.

3.3.2. Interaction entre code forestier et code agricole : quelle efficacité pour un cacao durable ?

D'après toutes les dispositions ci hautement analysées, il est vraiment bon de pouvoir argumenter sur l'apport de ces lois sur l'instauration de l'agriculture à cacao durable.

Après analyse de la loi portant sur les principes généraux relatifs à l'agriculture, nous nous sommes rendu compte que le législateur s'est plus mis dans un cadre de conservation de l'environnement. La sauvegarde de l'environnement relève dans ce code, de l'intervention orientée plus vers des grandes exploitations agricoles. Il ne s'est justement pas rendu compte que l'agriculture congolaise soit généralement traditionnelle. Seul le contrôle des produits phytosanitaires et chimiques touche plus les paysans cultivateurs du cacao en RDC pour ne pas affecter la nature. En vrai, elle n'admet pas dans ses dispositions, le risque ou la menace que l'agriculture présente sur les forêts plutôt que la relance du secteur agricole. Cependant le code forestier quant à lui, essaye de mettre l'importance la loi foncière et l'appropriation des zones forestières. De plus, cette loi ordonne les agriculteurs d'avoir un permis de déboisement pour effectuer ses activités agricoles. Mais aussi, restreint aux populations riveraines des aires protégés et classées d'y faire de l'agriculture. Plutôt d'autres activités pour leur survie. De ce

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code forestier, l'on se rend compte qu'il est plus aussi orienté vers les exploitations forestières à grand investissement.

Etant donné que les exploitations cacaoyères en République Démocratique du Congo appartiennent aux petits producteurs familiaux, le code forestier et code agricole, ne sont pas d'instruments juridictionnels et institutionnels apte à instaurer une culture à cacao durable en RDC. Ces lois ne constituent que d'outils réglementaires pour les grandes exploitations agricoles et forestières en grand capital investi. D'où, des firmes à haut investissement d'outils modernes pour une relance forestière et agricole.

En sommes, vu la conflictualité des lois foncière, forestière, minière, environnementale et agricoles et le caractère familiale des exploitations cacaoyère, les législateurs doivent en juste titre procéder par un recadrage institutionnel et structurel adapté aux petits producteurs car la déforestation issue de leurs activités est minimisée mais présentant un risque accumulatif sur le plan environnementale. Ce nouveau cadre institutionnel pourra mettre en relation les codes forestier, agricole, foncier et minier pour éviter la conflictualité des lois.

Quant à ces défis majeurs, les recommandations personnelles peuvent se résumer dans la section suivante.

3.4. Recommandations critiques personnelles

Dans la lutte contre la déforestation, l'Etat constitue un acteur principal. Cependant pour prévenir, son gouvernement doit agir sur plusieurs reformes dans une période bien déterminée tel que :

? Organisation des Etats généraux de la forêt, de la faune et des ressources en eaux ;

? Adoption des partenariats public-privée contre la déforestation ;

? Création de la brigade spéciale de surveillance et d'intervention ;

? Conception et validation des stratégies de mise en oeuvre du partenariat public-privé

pour la reforestation ;

? Adoption d'un nouveau code forestier pour l'agroforesterie.

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Deuxièmement, le gouvernement doit adhérer à des initiatives internationales pour une coopération internationale et un accompagnement d'exports. Cela se fera pour trois causes principales qui sont :

· La vulgarisation et l'accompagnement vers un cacao responsable ;

· Conception des programmes des émissions provenant de la déforestation et s'adapter au changement climatique du type REDD+ ;

· Pour inspirer d'une application fidèle des réglementations forestières.

Cependant, les stratégies de préservations, de réhabilitation et d'extension des forets doivent s'élaborer dans l'objectif de contribuer à créer les conditions d'une agriculture toujours prospère, à satisfaire les besoins le pays en matière de bois d'oeuvre, de bois énergie et assurer le bien-être de la population. Dans cet objectif, l'Etat doit agir sur trois axes qui sont :

· Amélioration de la Gouvernance : elle passe par l'adoption des code forestier, textes législatif et réglementaire efficace et particulier ; soit par le lancement des programmes d'amélioration de la gouvernance forestière et un système adéquat de surveillance.

· Conservation et restauration des forêts classées : cela passe par le programme tolérance zéro contre la présence humaine dans les forêts classées, partenariat public-privé dans le processus de reboisement, faire des reboisement dans les zone de savane et mettre en place une gestion participative des forêts avec les paysans pour un agroforesterie.

· Restauration des forêts du domaine rural : promouvoir l'agroforesterie, renforcer les foresteries urbaines et péri urbaines et subventionner les forêts privées et communautaires. Tout cela dans un système de traçabilité.

Dans la mise en oeuvre de ces programmes, le secteur privé joue un rôle important dans l'engagement contre la déforestation, la gestion des forêts et des agro forêts à travers des concessions, renforcer aussi l'agroforesterie qui constitue une participation au reboisement. Le secteur privé jouera un rôle dans la protection et la surveillance des forêts et en fin procéder par la mise en oeuvre d'un système national de traçabilité des produits agricoles en exportations.

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Particulièrement dans la filière du cacao, l'Etat et privé doivent mettre en place un programme d'initiative cacao et forêts. Ce programme serait une plateforme de partenariat public-privé dans l'objectif majeur de contribuer à mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts dans la chaine d'approvisionnement national tant mondial du cacao.

Ce programme s'effectuera sur trois axes majeurs qui sont les suivants :

? Préservations et réhabilitation des forêts : ceci consiste à la protection et la restauration des forêts dans les paysages cacaoyers et renforcer le système national de surveillance ;

? Production durable à travers l'agroforesterie : cet axe regorge l'adoption de l'agroforesterie et la promotion des pratiques agricoles résiliente au changement climatique ;

? Inclusion sociale : organisation et sensibilisation des communautés rurales qui constitue un grand facteur puis procéder à l'analyse des mesures sociales et environnement.

C'est à ce juste titre que nous voudrions contribuer aux politiques que doit mettre en place notre Etat en partenariat avec les entreprises et institutions privées qu'international pour programme d'un cacao sans déforestation. Il ne serait pas facile, mais cela nécessite un fonds bien disponible pour son effectivité. Voila en bref, nos recommandations en termes de projet pour un développement durable de la filière cacao en RDC.

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3.5. Conclusion du chapitre

Il était question dans ce chapitre de pouvoir décrire l'incidence que le développement de la filière cacao a sur la gestion des terroirs forestiers en Zone de Beni. De ce fait nous avons procéder par quatre sections. La première section, portait sur la description de l'itinéraire agronomique et la prise de consciencedu risque par les agriculteurs tout en énumérant les initiatives communautaires face à ces risques que court l'écosystème. La deuxième section portait quant à elle sur la vulgarisation des bonnes pratiques culturales à travers les acteurs privés que publics.

Dans la poursuite de chapitre toujours, la troisième section analysait les relations et limites entre le cade forestier et le code agricole tout en regardant leur efficacité pour un cacao durable. Soit si ces lois sont-elles efficaces pour un cacao sauvegardant la nature ? En fin, la dernière section a constitué une petite récapitulation des recommandations et critiques personnelles pour un cacao durable en RDC.

Ainsi, il est à noter que la cacaoculture constitue un vrai danger sur les terroirs forestiers en zone de Beni. De prime à bord, les cultivateurs du cacaoyer en zone de Beni acquièrent des terres par amodiation et par attribution coutumière. Quant à la préparation de la zone de culture, ceux-ci procèdent par un défrichement par des outils rudimentaires tout comme pour renforcer ces outils, ils recourent au défrichage par brulis. Pour produire effectivement, ces paysans recourent ainsi à des produits phytosanitaires pour résoudre le problème des maladies parasites et insectes ravageurs attaquant le cacaoyer dans on âge jeune et cela qui constitue un défis vers la production.

Pour défier les contraintes liées à la non fertilité continuelle du sol et le non productivité continuelle du cacaoyer, les paysans abandonnent selon eux, les anciennes exploitations cacaoyères, pour un nouveau défrichage en vue d'accroitre et maintenir une grande production. Ce qui laisse confirmer que la filière cacao est l'un des facteurs destructif des forêts en zone de Beni.

Malgré tout cela, via la vulgarisation par des acteurs publics que privés, les paysans ont pris conscience de ce risque environnementale, c'est à cette cause qu'ils ont su développer uneagroforesterie pour diverses raison. Certains pour des finalités sociales, médicinales, commerciales, d'ombrage tant que d'autres pour des fins d'autoconsommation, ...

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En zone de Beni, les acteurs dans la vulgarisation confirment avoir des contraintes telle que l'insécurité, pas de retraite pour les personnels vieillis au service public, faible financement ... en vue d'intensifier les vulgarisations pour l'expansion de l'agroforesterie.

Dans la poursuite de ce chapitre, avons vu par analyse que le code forestier et celui agricole, sont plus orientés vers des grandes exploitations forestières et agricoles. Les législateurs n'y ont pas incorporé l'aspect des petits exploitants car la filière cacao est plus caractérisée par les exploitations familiales et individuelles tout en ignorant pas que ces exploitations restent encore rudimentaires. D'autant plus, la législation en matière forestière et agricole ne reste en conflit avec elle-même puis avec celle du secteur foncier que minier. Ce qui se laisse voir qu'un recadrage institutionnel est important pour mieux réorienter les activités agricoles, foncières, minières et forestières.

C'est vers la dernière section qu'avons donné nos recommandations pour un cacao durable sans déforestation. Ces recommandations se formulent sous forme d'un partenariat bilatérale entre le secteur public et privé et chacun y joue pleinement son rôle.

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CONCLUSION GENERALE

En somme, la filière « cacao » est dans une phase ascendante. Introduit en RDC depuis 1934, les résultats de développement de la filière restent visibles dans un sens ascendant. Depuis 2008 la société ESCO-KIVU fut seule gouverneure de la filière avant que d'autres viennent s'introduire de la filière à partir de 2015 en territoire de Beni jusqu'à nos jours. C'est à l'année 2020 qu'est venu la Virunga OriginsChocolate pour relever les défis du maillon transformation. Ce qui entraina la naissance de la chaine de valeur « chocolat » dans la filière car elle était inexistante avant à laquelle s'ajoute la chaine de valeur « cacao brut ». Ce qui démontre qu'actuellement la filière possède déjà deux chaines de valeurs. Du coup, son installation (Virunga ChocolateOrigins) a donné une nouvelle restructuration et fonctionnement de la filière. Les acteurs de cette filière restent en communion dans les activités à travers des contrats d'achat entre négociateur et transformateur. Les productions du territoire de Beni en cacao sont significativement croissantes dans le temps. Cela en raison directe avec les superficies emblavées, le nombre des planteurs et le rendement par ha.Il est vraiment clair que dans la zone de Beni, la filière « cacao» se développe comme une étoile filante. Il est impérieux de croire que cette filière attends la paix pour s'épanouir de plus.

En conséquence, notre première hypothèse a été confirmée étant donné que les chaines de valeurs sont conditionnées par l'existence d'une firme chef de fil mais aussi, son expansion se justifie par la naissance d'une unité de transformation, la production (expliquée par la superficie, le rendement, le prix et le nombre des planteurs du cacao tel que prédit notre analyse du modèle économétrique) et les débouchés sûrs.Ainsi après l'analyse des acteurs de la filière, il est ressorti que la contrainte la plus fulgurante est l'insécurité grandissante liée à la crise politique en territoire de Beni comme prédit; à laquelle s'ajoute le non mise en place des politiques agricoles industrielles pour développer de plus la filière. Ces facteurs n'instaurent pas un bon climat pour les investisseurs étrangers. Néanmoins la filière « cacao » en Zone de Beni présente des grandes opportunités et forces pour sa forte relance.

Notons tout de même que la cacaoculture constitue un vrai danger sur les terroirs forestiers en zone de Beni. De prime à bord, les cultivateurs du cacaoyer en zone de Beni acquièrent des terres par amodiation et par attribution coutumière. Cette gestion foncière offre la liberté d'exercice sans contrainte aux exploitants qui s'acquittent des redevances. Ils procèdent par un défrichement par des outils rudimentaires tout comme pour renforcer ces outils, ils recourent au défrichage par brulis. Pour produire effectivement, ces paysans recourent ainsi à des produits phytosanitaires pour résoudre le problème des maladies

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parasites et insectes ravageurs attaquant le cacaoyer dans son âge jeune et cela qui constitue un défi vers la production. Pour défier les contraintes liées à la non fertilité continuelle du sol et le non productivité continuelle du cacaoyer, les paysans abandonnent selon eux, les anciennes exploitations cacaoyères, pour un nouveau défrichage en vue d'accroitre et maintenir une grande production. Ce qui laisse confirmer que la filière cacao est l'un des facteurs destructifs des forêts en zone de Beni. Ce qui fait qu'on accepte notre deuxième et troisième hypothèse.

Malgré tout ce danger que présente la cacaoculture, via la vulgarisation par des acteurs publics que privés, les paysans ont pris conscience de ce risque environnementale, c'est à cette cause qu'ils ont su développer une agroforesterie pour diverses raison. Certains pour des finalités sociales, médicinales, commerciales, d'ombrage tant que d'autres pour des fins d'autoconsommation, ...

Cependant, les acteurs de la vulgarisation sur les bonnes pratiques pour un cacao durable zone de Beni confirment avoir des contraintes telle que l'insécurité dans la zone d'intervention , pas de retraite pour les personnels vieillis au service public, faible financement ... en vue d'intensifier les vulgarisations pour l'expansion de l'agroforesterie.

En plus, le code forestier et celui agricole, sont plus orientés vers des grandes exploitations forestières et agricoles. Les législateurs n'y ont pas incorporé l'aspect des petits exploitants car la filière cacao est plus caractérisée par les exploitations familiales et individuelles tout en ignorant pas que ces exploitations restent encore rudimentaires. D'autant plus, la législation en matière forestière et agricole ne reste en conflit avec elle-même comme avec celle du secteur foncier que minier. Ce qui se laisse croire qu'un recadrage institutionnel est important pour mieux réorienter les activités agricoles, foncières, minières et forestières.

C'est à ce juste titre que les exploitations cacaoyères constituent un danger pour l'environnement malgré son incidence accumulative tant soit peu, agit périodiquement sur le changement climatique vu que l'Etat n'envisage pas des politiques spécifiques aux petits productions qui constituent une majoritaire des populations rurales. C'est pour cette raison que nous essayons de mettre en place les recommandations axées sur l'initiative cacao sans déforestation du type REDD+ sous un partenariat public-privé dans sa mise en oeuvre bien même dans l'édiction des lois forestières spécifiques, des textes légaux en cohésion les secteurs carrefours comme l'agriculture, la foresterie, minier et foncier.

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LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Représentation des activités de l'entreprise selon M. Porter

Figure 2 : Représentation des étapes de la filière

Figure 3 : Répresentation de la structure de terroir

Figure 4 : Définition schématique du terroir

Figure 5 : Composantes de l'aménagement des terroirs

Figure 6: Filière cacao (ESCO-KIVU)

Figure 7: Filière cacao (SCAK)

Figure 8: Filière cacao actuelle 2021

Figure 10 : Fercle vieux de la cacaoculture.

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Convergence et divergence entre filière et chaine de valeur

Tableau 2 : Données sur le secteur du cacao dans les principaux pays producteurs du cacao

Tableau 3 : Principaux Pays Consommateurs Du Cacao

Tableau 4 : Production Agro-industrielle De La RDC

Tableau 5 : Production du Cacao Au Nord Kivu

Tableau 6 : description de la filière « cacao » sous l'ESCO-KIVU / 2008

Tableau 7 : Achats de l'ESCO-KIVU en cacao entre 2008 et 2020 Tableau 8 : description de la filière « cacao » sous SCAK / 2015

Tableau 9 : description de la filière « cacao »actuelle / 2021 Tableau 10 : Production du cacao en Territoire de Beni

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Tableau 11 : Mode d'acquisition des terres Tableau 12: finalité pour association d'essence

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Achats de l'ESCO-KIVU dès 2008 jusqu'à 2020

Graphique 2 : Production du cacao en Territoire de Beni Graphique 3 : Rendement moyen en Kg/ha Graphique 4 : Espaces emblavés du cacao Graphique 5 : Nombre des planteurs du cacao Graphique 6 : finalité d'action d'agroforesterie

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BIBLIOGRAPHIE

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II. COURS

MAFIKIRI TSONGO Angélus, Gestion des Exploitations Agricoles, cours inédit, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Département d'Economie Rurale, UCG/Butembo, 2020

MUHINDO KATSUVA, A., Initiation à la recherche scientifique, cours inédit, G1Faculté des sciences économiques et de Gestion, UCG/Butembo, 2015-2016

FAO, « comment faire en sorte que les chaines de valeurs contribuent à améliorer la nutrition ? », mars-avril, 2017, p2, [En ligne] disponible sur www.fao.org

120

III. THESES, MEMOIRES ET TFC

KATHAKA KISWERE Christian, les initiatives locales et incidences sur l'économie du territoire de Beni. Cas de l'enseignement primaire privé agréé, mémoire de licence, UNIC-BENI, 2005-2006

KITAKYA Anselme PALUKU, Interaction entre la gestion foncière et l'économie locale en région de Butembo, Nord-Kivu, R.D.C, Thèse, éd. Presses Universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2007

MUSONGORA SYASAKA Emmanuel, « associations confessionnelles et dynamique de développement : analyse des pratiques marchandes et financières des associations confessionnelles à l'Est de la RDC », Anthropologie et développement, thèse de doctorat, Université Catholique de Louvain, 2014

IV. DICTIONNAIRE

Encyclopédie Guiness, « L'univers, la terre, la vie sur terre, le monde aujourd'hui, le corps humain, technologie et industrie », SPL, London, 1991

V. TEXTES LEGAUX

Code forestier de la République Démocratique du Congo Code agricole de la République Démocratique du Congo Code minier de la République Démocratique du Congo Ordonnance Loi n°44/A.I.M.O du 15 mars 1935 Décret n° 041/2003 du 28 mars 2003

VI. WEBOGRAPHIE

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Banque Mondiale, « L'agriculture au service du développement, Rapport sur le développement dans le monde », 2008, p3, [En ligne] disponible sur www.worldbank.org

CSA, « L'approche filière : conceptions, avantages et risque pour l'agriculture familiale », rapport du séminaire organisé par le CSA le 27 novembre 2013 à Bruxelles, p3, [En ligne] disponible sur www.csa-be.org

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HOHMAN C., « le concept de chaine de valeur », [En ligne] disponible sur www.chohman.free.fr

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www.institutnumerique.org

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122

Union Africaine & NEPAD, « Directives : Mis en oeuvre du PDDAA pays sous la Déclaration de Malabo », p4, [En ligne] disponible sur www.au.int

123

ANNEXE : Essai analytique de la production du cacao

Le modèle multiple de la production en fonction de la superficie, du rendement, du

prix et du nombre des planteurs s'écrit de la manière suivante :

Y = f (S, R, P, NP)

Avec S comme superficie, R étant le rendement moyen, P tel que prix moyen, et NP étant le nombre des planteurs. De ce qui précède, la formulation de notre modèle se présente comme suit :

Y = a+â1S+â2R+â3P+â4NP+å

Sur base des données du tableau numéro 10, d'après nos calculs via Eviews, les résultats suivants se sont présentés :

Dependent Variable: PROD

Method: Least Squares (Gauss-Newton / Marquardt steps)

Date: 10/03/21 Time: 13:53

Sample: 2008 2020

Included observations: 13

PROD=C(1)+C(2)*SUP+C(3)*RDM+C(4)*PRIX+C(5)*NPLANT

 

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

C(1)

-57066.62

4278.022 -13.33949

0.0000

C(2)

4.158822

0.767410 5.419297

0.0006

C(3)

9095.775

787.1575 11.55522

0.0000

C(4)

0.000808

0.003259 0.247966

0.8104

C(5)

3.408623

1.351929 2.521303

0.0357

 

R-squared

0.994881

Mean dependent var

41374.08

Adjusted R-squared

0.992322

S.D. dependent var

31834.63

S.E. of regression

2789.549

Akaike info criterion

18.98887

Sum squared resid

62252664

Schwarz criterion

19.20616

Log likelihood

-118.4277

Hannan-Quinn criter.

18.94421

F-statistic

388.7086

Durbin-Watson stat

0.443558

Prob(F-statistic)

0.000000

 
 

Source : nos calculs via Eviews

De ce tableau, les critères d'information ont pour objet d'estimer la quantité de notre information. De tout ce qui se présente, le critère de Schwarz est de 19.2 et celui d'Akaike reste de 18.9. Étant qu'ils se présentent par des valeurs minimales, le moindre carré ordinaire nous servira certainement de modèle contrairement à d'autres.

124

Pour voir la présence ou absence de l'homoscedasticité, le tableau suivant nous y éclaire.

Heteroskedasticity Test: White

F-statistic

0.786836

Prob. F(4,8)

0.5648

Obs*R-squared

3.670424

Prob. Chi-Square(4)

0.4524

Scaled explained SS

0.848984

Prob. Chi-Square(4)

0.9318

Test Equation:

Dependent Variable: RESID^2 Method: Least Squares

Date: 10/03/21 Time: 20:17 Sample: 2008 2020

Included observations: 13

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

C

3949622.

4370876. 0.903623

0.3926

(SUP)^2

0.054975

0.084728 0.648845

0.5346

(RDMT)^2

132737.3

133397.9 0.995048

0.3489

(PRIX)^2

4.40E-07

1.68E-06 0.261805

0.8001

(NPLANT)^2

-0.418952

0.238493 -1.756669

0.1170

R-squared

0.282340

Mean dependent var

4788666.

Adjusted R-squared

-0.076490

S.D. dependent var

5508783.

S.E. of regression

5715584.

Akaike info criterion

34.23901

Sum squared resid

2.61E+14

Schwarz criterion

34.45630

Log likelihood

-217.5536

Hannan-Quinn criter.

34.19435

F-statistic

0.786836

Durbin-Watson stat

1.034061

Prob(F-statistic)

0.564838

 
 

Source : nos calculs via Eviews.

Vu que nous utilisons le test de White pour analyser la présence de l'homoscedasticité dans notre série multiple. De ce tableau, R2 de la régression auxiliaire est égal à 0,282340. Et que TR2 est de 3,670424 qui est supérieur à 0,4524 ; nous concluons qu'il a hétéroscedasticité.

De ce qui précède, le tableau suivant présente le test d'autocorrélation Breusch-Godfrey dans les variables résiduelles.

125

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 5.188817 Prob. F(1,7) 0.0568

Obs*R-squared 5.534140 Prob. Chi-Square(1) 0.0186

Test Equation:

Dependent Variable: RESID

Method: Least Squares

Date: 10/03/21 Time: 21:31

Sample: 2008 2020

Included observations: 13

Presample missing value lagged residuals set to zero.

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

C(1)

2546.399

3641.650 0.699243

0.5070

C(2)

0.094183

0.623089 0.151155

0.8841

C(3)

-228.4487

645.5516 -0.353881

0.7338

C(4)

-0.000266

0.002643 -0.100671

0.9226

C(5)

-0.353517

1.106203 -0.319577

0.7586

 

RESID(-1)

0.765500

0.336056 2.277898

0.0568

R-squared

0.425703

Mean dependent var

-1.02E-11

Adjusted R-squared

0.015491

S.D. dependent var

2277.657

S.E. of regression

2259.947

Akaike info criterion

18.58811

Sum squared resid

35751512

Schwarz criterion

18.84885

Log likelihood

-114.8227

Hannan-Quinn criter.

18.53451

F-statistic

1.037763

Durbin-Watson stat

1.328767

Prob(F-statistic)

0.464194

 
 

Source : nos calculs via Eviews.

De ce tableau test, R2 est égal à 0,425703 avec 13 observations et 4 coefficients selon les variables d'études. Alors GB= (13-4)0,425703.

GB= 3,831327 qui est 0,0186. Nous concluons qu'il y a une autocorrélation des erreurs et qu'au moins un des coefficients est significativement différent de zéro.

Les figures suivantes le montrent clairement.

 
 
 

126

100,000 80,000 60,000 40,000 20,000 0

4,000

2,000

0 -2,000 -4,000 -6,000

 
 

08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

 
 
 
 

Residual Actual Fitted

 
 
 
 
 

De toutes ces représentations résiduelles, l'histogramme le montre d'avantage avec certaines spécificités :

127

5

4

3

2

1

0

-5000 -4000 -3000 -2000 -1000 0 1000 2000 3000

Series: Residuals

Sample 2008 2020

Observations 13

Mean Median Maximum Minimum

Skewness

Kurtosis

Jarque-Bera

Probability

 

Le VIF et matrice de covariance se sont présenté comme suit :

Variance Inflation Factors Date: 10/03/21 Time: 15:40 Sample: 2008 2020

Included observations: 13

Variable

Coefficient Uncentered Centered

Variance VIF VIF

C(1)

18301469

30.57464

NA

C(2)

0.588918

61.50857

19.65585

C(3)

619616.9

39.80814

1.409847

C(4)

1.06E-05

57.70129

17.20140

C(5)

1.827712

66.56848

9.805758

 

Covariance Analysis: Ordinary Date: 10/03/21 Time: 15:35 Sample: 2008 2020

Included observations: 13

Covariance Correlation t-Statistic

NPLANT

PRIX RDM SUP

NPLANT

3211426.

 
 

1.000000

 

PRIX

1.62E+09

9.69E+11

 

0.917680

1.000000

 

7.660296

 

128

RDM

898.9182

305103.1

1.361988

 
 

0.429818

0.265526

1.000000

 
 

1.578824

0.913439

 
 

SUP

7474914.

4.26E+09

1650.046

19978444

 

0.933204

0.967494

0.316321

1.000000

 

8.613053

12.68838

1.105905

 

De tout ce qui précède, en violation des hypothèses de base, le modèle qui explique la production du cacao en zone de Beni est globalement à estimer par la méthode des moindres carrés généralisés.

Le modèle multiple de la production en fonction de la superficie, du rendement, du prix et du nombre des planteurs s'écrit de la manière suivante :

Y = f (S, R, P, NP)

Avec S comme superficie, R étant le rendement moyen, P tel que prix moyen, et NP étant le nombre des planteurs.

Nous y avons utilisé la méthode des moindres carrés généralisés pour résoudre les problèmes de violation des hypothèses de base sur la présentation de l'autocorrélation et de l'hétéroscedasticité dans les erreurs. Ce qui approxime le MCO par le MCG.

129

Dependent Variable: PROD

Method: Generalized Linear Model (Newton-Raphson / Marquardt steps)

Date: 10/04/21 Time: 10:54

Sample: 2008 2020

Included observations: 13

Family: Normal

Link: Identity

Dispersion computed using Pearson Chi-Square

Convergence achieved after 1 iteration

Coefficient covariance computed using observed Hessian

 

Coefficient

Std. Error z-Statistic

Prob.

C(1)

-57066.62

4278.022 -13.33949

0.0000

C(2)

4.158822

0.767410 5.419297

0.0000

C(3)

9095.775

787.1575 11.55522

0.0000

C(4)

0.000808

0.003259 0.247966

0.8042

C(5)

3.408623

1.351929 2.521303

0.0117

 

Mean dependent var

41374.08

S.D. dependent var

31834.63

Sum squared resid

62252664

Log likelihood

-119.0835

Akaike info criterion

19.08976

Schwarz criterion

19.30705

Hannan-Quinn criter.

19.04510

Deviance

62252664

Deviance statistic

7781583.

Restr. deviance

1.22E+10

LR statistic

1554.834

Prob(LR statistic)

0.000000

Pearson SSR

62252664

Pearson statistic

7781583.

Dispersion

7781583.

 
 

Source : nos calculs via Eviews.

Avec correction d'hétéroscedasticité, utilisant les observations 2008-2020 (T = 13) Variable dépendante: PROD

 

Coefficient

Erreur Std

t de Student

p. critique

const

-56166,0

2667,27

-21,06

<0,0001

SUP

4,56553

0,512596

8,907

<0,0001

RDMT

9,25964

0,656202

14,11

<0,0001

PRIX

0,000299110

0,00171247

0,1747

0,8657

NPLANT

2,62409

0,958454

2,738

0,0255

Somme carrés résidus

13,77198

Éc. type régression

1,312059

R2

0,998724

R2 ajusté

0,998086

F(4, 8)

1565,543

P. critique (F)

1,32e-11

Log de vraisemblance

-18,82117

Critère d'Akaike

47,64233

Critère de Schwarz

50,46708

Hannan-Quinn

47,06172

rho

0,598850

Durbin-Watson

0,449645

Moyenne var. dép.

41374,16

Éc. type var. dép.

31834,58

Somme carrés résidus

68149497

Éc. type régression

2918,679

Source : nos calculs avec Gretl

Modèle de l'estimation de l'étendue : 2008 - 2020 avec Écart-type du résidu = 2918,68

130

Etant donné que nous nous sommes servis de la méthode linéaire généralisée dont son F test calculé est supérieur au F théorique, notre modèle est adapté en terme de sa specification.De tout compte fait, nous concluons que la production du cacao en zone de Beni est expliquée par le rendement lié à la fertilité du sol, la superficie emblavée aussi y joue un rôle et le nombre des planteurs plus que le prix suite à la pérennité de la culture et non pas à l'oscillation du prix vue que ce marché est monopsonique à 99,8724% étant donné que notre R2 normal et ajusté sont respectivement de 0,998 et 0,998086. Ce qui se laisse concevoir que les autres variables synthétisées par le terme de l'erreur å expliquent la production en petit pourcentage.

D'où, la matrice de coefficient de covariation se présente comme suit :

const

SUP

RDMT

PRIX

NPLANT

 

7,11435e+006

444,959

-1256,92

0,798687

-700,865

const

 

0,262755

-0,00513108

-0,000551310

-0,263129

SUP

 
 

0,430600

-2,03388e-005

-0,269724

RDMT

 
 
 

2,93254e-006

-0,000294111

PRIX

 
 
 
 

0,918633

NPLANT

Source : nos calculs via Gretl

Quant à la prévision des productions, le tableau suivant le montre mieux pour l'intervalle de confiance de 95%, t (8, 0,025) = 2,306.

Obs

PROD

prédiction

éc. type

intervalle de 95%

2008

15600,0

20745,4

1329,07

(17680,6, 23810,3)

2009

16470,0

19923,5

1238,58

(17067,3, 22779,7)

2010

17500,0

19430,5

1017,17

(17084,9, 21776,0)

2011

17980,0

17169,8

699,425

(15557,0, 18782,7)

2012

18978,1

17996,0

545,349

(16738,4, 19253,6)

2013

20986,2

21187,2

412,310

(20236,4, 22137,9)

2014

21008,6

19317,3

509,317

(18142,8, 20491,8)

2015

21188,0

19048,6

1244,11

(16179,7, 21917,5)

2016

45200,2

43523,5

1427,31

(40232,1, 46814,9)

2017

76010,9

74966,1

2069,37

(70194,2, 79738,1)

2018

87034,9

86238,7

1230,13

(83402,0, 89075,4)

2019

89309,2

89491,0

976,376

(87239,5, 91742,5)

2020

90598,0

94112,6

3158,84

(86828,4, 101397,)

131

 

PROD

ajusté

résidu

2008

15600,0

20745,4

-5145,42

2009

16470,0

19923,5

-3453,50

2010

17500,0

19430,5

-1930,45

2011

17980,0

17169,8

810,158

2012

18978,1

17996,0

982,068

2013

20986,2

21187,2

-200,963

2014

21008,6

19317,3

1691,25

2015

21188,0

19048,6

2139,35

2016

45200,2

43523,5

1676,65

2017

76010,9

74966,1

1044,82

2018

87034,9

86238,7

796,158

2019

89309,2

89491,0

-181,782

2020

90598,0

94112,6

-3514,65

Source : Nos calculs via Gretl

De ceci, le graphique de la production avec ses prévisions se présente comme suit :

132

De ce qui se présente, la normalisation des résidus s'est présenté dans le graphique

suivant :

En bref, Par un modèle de correction d'hétéroscedasticité, les coeffiscients viennent : D'où, avec Y = a+â1S+â2R+â3P+â4NP+åcomme formulation de notre modèle se présente comme suit :

GLM PROD=C(1)+C(2)*SUP+C(3)*RDMT+C(4)*PRIX+C(5)*NPLANT

Substituted Coefficients:

Y= PROD = - 56166 + 4,7 SUP+ 9,26 RDMT+ 0,0003 PRIX+ 2,62 NPLANT

Voilà l'analyse économétrique finie par élaboration d'un modèle de production du cacao a conclu cette section. La droite estimée est spécifiée pour la production en zone de Beni et cela par un modèle linéaire à hétéroscedasticité corrigé.

133

Sommaire

EPIGRAPHE ii

DEDICACE iii

REMERCIEMENT iv

RESUME v

ABSTRACT vii

INTRODUCTION 1

I. PROBLEMATIQUE 1

II. HYPOTHESE 5

III. CHOIX ET INTERET DU SUJET 6

IV. OBJECTIFS DU TRAVAIL 7

V. METHODES 8

VI. DELIMITATION DU SUJET 9

VII. SUBDIVISION DU TRAVAIL 9

VIII. DIFFICULTES RENCONTREES 9
CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE SUR LA FILIERE ET CHAINE DE VALEUR, LA

TRANSFORMATION DU MILIEU RURAL, LA GESTION DE TERROIR ET LE CACAOYER .. 10

I.1. Notions de chaine de valeur et de filière agricole 10

I.1.1. Origine et évolution des concepts « filière » et « chaine de valeur » 10

I.1.2 Définition des concepts filières et chaines de valeur 13

I.2. Développement et structuration de filière 22

I.2.1. Aperçu générale sur le développement rural 22

I.2.2. Théories de développement et de structuration de la filière 25

I.3. Notions sur la gestion de terroirs 28

I.3.1. Essai définitionnel 28

I.3.2. Structure du terroir 29

I.3.4. Gestion du terroir et aménagement du terroir 31

I.4. Le Cacaoyer 35

I.4.1. Historique 36

I.4.2.Botanique 36

I.4.3. Classification 38

I.4.4. Description 38

I.4.5. Parasites et ennemis du cacaoyer 39

I.4.6.Lutte contre les maladies et ravageurs du cacaoyer 40

107

134

I.4.7. La Production Du Cacaoyer 41

I.5. Conclusion du chapitre 44

CHAPITRE II. STRUCTURATION ET DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE « CACAO » EN

ZONE DE BENI 46

2.1. Présentation de la zone de Beni 46

2.2. Structuration de la chaine de valeur « Cacao » 50

2.2.1. Histoire de la filière « cacao » en RDC et expérience des firmes intervenants de la filière 50

2.2.2. Expérience de la Société ESCO-KIVU 52

2.2.3. Expérience de la Société de Commerce et d'Agriculture du Kivu SCAK 63

2.2.4. Venue et appui de Virunga Origins Chocolate à la filière 67

2.3. Le développement de la filière « cacao » 73

2.3.1. Production 74

2.3.2. Autres maillons de la chaine de valeurs 77

2.3.3. Fonctionnement de la filière 78

2.4. Identification, analyse des acteurs de la filière « cacao » et contraintes de son développement 79

2.4.2. Analyse fonctionnelle de la filière « cacao » à Beni 82

2.4.3. Analyse SWOTT de la filière « cacao » à Beni 83

2.3. Conclusion du chapitre 84

CHAPITRE III. INCIDENCE DU DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE CACAO SUR LA

GESTION DES TERROIRS FORESTIERS EN ZONE DE BENI 85

3.1. Itinéraire agronomique cacaoyère à Beni et prise de conscience paysanne du risque 86

3.1.1. Mode d'acquisition et gestion des terres en zone de Beni 86

3.1.2. Préparation de la zone d'exploitation, semis et maintenance du cacaoyer en Zone de Beni90

3.1.3. Production et contraintes courues par les paysans 92

3.1.4. Mesures de Maintenance productive de l'exploitation cacaoyère. 94

3.1.5. Prise de conscience et initiative communautaire face à la cacao-déforestation 95

3.2. Vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales : acteurs et interventions publique 97

3.2.1. Vulgarisations sur les bonnes pratiques culturales cacaoyères 98

3.2.2. Contraintes de l'intervention publique-privée dans la vulgarisation 100

3.2.3. Prise de conscience : Acteurs publics-privés face à la cacao-déforestation et initiatives

palliatives 101

3.3. Analyse de la réglementation du secteur agricole et forestier 102

3.3.1. Analyse des relations et limites entre code forestier et code agricole 102

3.3.2. Interaction entre code forestier et code agricole : quelle efficacité pour un cacao durable ?

135

3.4. Recommandations critiques personnelles 108

3.5. Conclusion du chapitre 111

CONCLUSION GENERALE 113

LISTE DES FIGURES 115

LISTE DES GRAPHIQUES 116

BIBLIOGRAPHIE 117

ANNEXE : Essai analytique de la production du cacao 123






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