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Le secteur des PMI à  Meknes: approche spatiale et sectorielle


par Mimoun IBRAHIMI
Institut National d'Aménagement et d'Urbanisme-Rabat-Maroc - Diplôme d'études supérieures en aménagement et urbanisme 2001
  

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Partie 2 :

Logique de déploiement, composantes et

tendances spatiales des PMI à Meknès

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Introduction

Au terme de cette analyse sur les caractéristiques générales des PMI à Meknès et de leur poids socio-économique qui a été menée sur la base d'un ensemble d'indicateurs à la fois quantitatifs et qualitatifs, il importe à présent d'approcher ce segment du tissu productif sous un autre angle, autre que socio-économique. Il s'agit en effet, de mettre en

relief les composantes spatiales de ce secteur à travers l'analyse de la logique de son déploiement, des formes de sa localisation et de la stratégie mise en oeuvre pour une répartition harmonieuse des unités relevant de ce secteur dans l'espace urbain de Meknès.

Nous privilégions dans notre démarche de partir des interrogations suivantes:

- Quels sont les critères ayant influé sur la localisation des PMI à Meknès?

- Comment se présente la distribution spatiale de ces entreprises dans l'espace urbain Meknassi?

- Quelle est la stratégie adoptée par la planification urbaine pour repartir ces unités de façon harmonieuse dans l'espace ?

La réponse à ces questions va nous permettre, d'une part, d'apprécier l'impact des PMI dans la structuration de l'espace urbain de Meknès et d'autre part, d'avoir une idée sur la portée réelle des efforts déployés par les pouvoirs publics pour la mise en place d'un environnement industriel favorable à ces entreprises notamment, dans le domaine des infrastructures d'accueil des investissements.

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Chapitre 1: Facteurs déterminants de la localisation des PMI à Meknès.

Les problèmes de la localisation des activités revêtent une grande importance pour les entreprises car les coûts de production en dépendent. Mais aussi pour les collectivités locales et l'Etat, parce qu'ils ont en charge la répartition harmonieuse des activités dans l'espace.

Les questions relatives à la localisation des activités économiques en général et des industries en particulier, ont très tôt intéressé l'analyse économique. D'une part parce que le problème de la localisation se situe dans le prolongement même du développement économique et social et d'autre part parce que, avec l'avènement du capitalisme, le sol urbain sera doté de la fonction supplémentaire de production à côté de sa fonction traditionnelle d'espace résidentiel.

En effet, même si les géographes ont très tôt établi la relation entre l'implantation industrielle et la présence des matières premières, de la main d'oeuvre, du marché et de l'énergie, leurs études de la localisation industrielle demeurent pour l'essentiel "descriptives et conduisent à la construction de typologies ou à l'énumération des facteurs qui butent rapidement sur la diversité des cas particuliers. L'absence de

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schéma théorique de référence et rigoureux ne permet ni de mettre en évidence l'articulation de ces facteurs ni d'intégrer les résultats sur d'autres modèles plus généraux " 1. Ce sont essentiellement les économistes qui ont essayé de formuler un certain nombre de théories relatives à la localisation industrielle que ce soit au niveau de la macroéconomie qu'au niveau de la micro-économie en situant la décision d'implantation d'un établissement industriel dans le cadre d'une politique d'entreprise.

Cela nous amènera dans un premier lieu à nous interroger sur les fondements théoriques relatifs à la localisation industrielle et sur l'incidence que pourrait avoir la

taille de l'entreprise en matière de choix d'implantation ( section 1) avant
d'examiner par la suite, les facteurs ayant influé sur les décisions de localisation des PMI à Meknès et les exigences idéales en matière de localisation telles qu'elles sont perçues par les chefs de ces entreprises ( section 2).

Section I: Fondements théoriques et relations entre localisation et taille des entreprises

L'étude des mécanismes déterminant la localisation des PMI à Meknès nécessite tout d'abord d'opérer un rapide détour théorique pour mieux appréhender cette question de localisation industrielle devenue incontournable aussi bien face à l'analyse économique qu'à l'épreuve de la réalité spatiale.

Nous nous attacherons dans un premier lieu à passer en revue les différentes approches de la localisation industrielle, aussi bien classiques qu'actuelles (paragraphe 1). Nous traiterons dans un 2ème et dernier lieu, des corrélations qui puissent exister entre

le choix de localisation et la taille des entreprises ( paragraphe 2).

Paragraphe I : Théories de localisation

Selon G.B. BENKO, le but de la théorie de la localisation est de " fournir une explication de l'organisation spatiale des firmes , d'identifier les variables qui déterminent la localisation et d'offrir des solutions analytiques. Elle doit aussi apporter des réponses détaillées aux nombreuses questions qui concernent l'éclatement spatial des firmes, l'influence de l'environnement, etc. "1.

Dans ce cadre, il y'a lieu de signaler que plusieurs approches ont été proposées, mais on peut distinguer globalement deux grandes approches: Les théories classiques et les théories actuelles.

1-2 : Théories classiques de localisation

Les théories classiques sont dites aussi weberiennes, portant ainsi le nom du père de la plus ancienne analyse théorique de la localisation : Alfred Weber (1909) qui a constitué le point de départ de bon nombre de réflexions sur le même thème. Ces théories ont cherché suivant le principe de la localisation optimale liée aux coûts de transport, à

( 1 ) BENKO ( G..B) : Géographie des téchnopoles, . Edition Masson, Paris 1991 , p: 15.

(1) BENKO ( G.B) : Géographie des téchnopoles ,opp cité, p: 16.

(2) Idem.

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déterminer les facteurs pris en considération par les entreprises dans leur décision d'implantation. Les éléments mis en avant sont : Les coûts relatifs d'obtention de matières premières, ceux qui concernent l'accès au marché et enfin les coûts différentiels du travail, auxquels s'ajoutent les facteurs d'agglomération et les économies externes (2 .

Selon ces mêmes théories, les entreprises déterminent alors leur localisation en fonction des avantages comparatifs que possèdent les espaces au regard de ces différents facteurs. Il s'agit essentiellement de déterminer les normes de localisation d'une entreprise soucieuse de maximiser l'utilité ( les profits) en mettant l'accent sur les décisions individuelles.

Les principales reproches faites à ces théories de localisation tournent autour de la question fondamentale suivante: Les hypothèses de rationalité obligent à introduire dans les théories, des fonctions individuelles de comportement dans lesquelles les variables explicatives ont un caractère exclusivement économique (les facteurs de coût et de rentabilité sont ceux qui déterminent les comportements individuels). Or comme l'a souligné J.R.Cuardo " les facteurs de caractère strictement économique peuvent avoir une incidence réelle moins importante que celle qu'il semblerait raisonnable d'imaginer à priori "1 cela est dû surtout dans le cas des petites et moyennes entreprises, au fait de méconnaître les circonstances économiques qui interviennent dans des localisations alternatives.

Autrement dit ajoute le même auteur " l'hypothèse de rationalité économique qui imprègne les modèles néo-classiques et qui présuppose que tout processus de décision implique une recherche de la solution optimale parmi l'ensemble des localisations possibles, vient buter contre la rigidité et les limites découlant des voies d'information et conduit au concept de rationalité limitée établi par SIMON "2.

Outre le fait que grand nombre de décisions d'investissement ne tiennent guère compte de localisations alternatives, les limites de cette optique économique s'expliquent aussi par le fait que le problème de choix d'implantation n'est qu'un aspect du processus d'investissement. Ce dernier exige pour sa compréhension l'examen d'un grand nombre d'aspects dont la plupart sont de nature personnelle, culturelle, sociale ...en somme des problèmes non économiques.

1-2: Théories actuelles de localisation.

La théorie de la localisation a pris depuis les années 70, une dimension particulière due selon G.B.BENKO à " la rapidité des modifications technologiques et à l'accélération des processus d'innovations qui font apparaître de nouvelles activités dont on connaît mal la logique d'organisation "3.

Le rôle de ce facteur en matière d'évolution des choix de localisation des entreprises, a déjà été mis en exergue par B. Dezert et C.Verlaque en soulignant que "les choix d'implantations sont liés dans les pays anciennement industrialisés, dans le temps,

2

(1) CUARDO ROURA ( J.R) : " Facteurs de localisation industrielle: Nouvelles tendances" in revue économie régionale et urbaine n° 3.Année 1989,pp:471-555.

( 2) Idem.

( 3 ) BENKO ( G.B) : Géographie des téchnopoles ,opp cité, p: 16.

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aux innovations dans le domaine technique (Techniques de fabrication, processus d'organisation, modes de transport utilisés, etc.)1 .

De son côté Alain Sallez, en se basant sur ce même critère, distingue quatre grandes phases historiques caractérisant les rapports des entreprises avec leurs territoires 2:

- L'ère de la dispersion: les facteurs fixent l'industrie (1750-1850).

La localisation des entreprises est déterminée par la présence de facteurs nécessaires à la production ( Matières premières, énergie, eau, voies de transport).

- L'ère de la polarisation (1850-1955).

Cette ère se caractérise par la concentration des entreprises industrielles dans les métropoles et grandes villes. Concentration favorisée par le développement des moyens de communication.

- L'ère de la division spatiale du travail ( 1955-1975).

Cette ère se caractérise par la tendance des firmes américaines et européennes à décomposer leur processus de production et à délocaliser certaines de leurs activités vers les pays du tiers monde ( zones de bas salaires).

- L'ère de la technopolisation.

Cette quatrième phase non achevée selon l'auteur trouve son origine dans l'introduction des applications de l'électronique dans la production et dans le développement des différentes formes de la télématique ( FAO, CAO, travail à distance).

Les entreprises face à la concurrence de plus en plus forte, rapprochent donc la recherche du développement et le développement de la production au sein d'unités intégrées. Ces mouvements se réalisent dans un contexte de mobilisation des investissements nationaux et internationaux au profit des agglomérations urbaines les mieux dotées en main d'oeuvre qualifiée et en potentiels de recherche. Ces éléments étant devenus déterminants dans le choix de localisation pour les entreprises " innovantes".

Quelles sont donc les théories qui tentent d'expliquer la naissance et l'implantation géographiques des nouveaux espaces industriels: Les technopôles* .

Plusieurs approches ont été proposées dans ce cadre parmi lesquelles nous retenons: la théorie du milieu innovateur et les autres approches basées sur la recherche de facteurs de localisation spécifiques aux industries de haute technologie.

* La théorie du " milieu innovateur":

La notion du milieu innovateur a été définie par C. Perrin ( 1989) comme étant "un ensemble territorialité dans lequel des réseaux innovateurs se développent par l'apprentissage que font leurs acteurs des transactions multilatérales génératrices d'extérnalités spécifiques à l'innovation et par convergence des apprentissages avec des formes de plus en plus performante de création technologique (1 .

(1) DEZERT ( B) et VERLAQUE ( C) : L'espace industriel. Edition Masson, 1978, p, 47.

( 2 ) SALLEZ ( A) : " les nouveaux territoires de l'entreprise.Analyses et pratiques...

* Le vocable technopole désigne tantôt une zone aménagée spécifiquement pour accueillir de manière sélective des activités de haute technologie " high tech" : Le technopole; tantôt il désigne l'ensemble géographico-économique, ville, métropole recelant ces activités: La technopole ( du grec polis, ville).

( 1) Cité par BENKO ( G.B): Géographie des téchnopoles, opp cité, p:15.

Cette approche du milieu innovateur développée par Aydalot, pose l'hypothèse du rôle déterminant joué par les milieux locaux comme incubateurs de l'innovation. Les comportements innovateurs dépendent de variables définies au niveau local ou régional. Le passé des territoires, leur organisation, leur capacité à faire apparaître un projet commun et le consensus qui les structure sont à la base de l'innovation. De même l'accès à la connaissance technologique, la présence du savoir-faire, la composition du marché du travail et bien d'autres composantes déterminent des zones de plus ou moins réceptivité à l'innovation (2) .

Ce sont évidemment les grandes agglomérations qui sont considérées comme des espaces propices à l'innovation et plus aptes à jouer le rôle d'incubateurs. Ce-ci, est dû au fait qu'elles intègrent tous les "ingrédients économiques, techniques, politiques, culturels nécessaires pour qu'émerge un ensemble socio-spatial représentatif de l'une de ces zones liées à la condensation en un même lieu d'activités de formation et de recherche, d'établissements à la fois industriels et tertiaires de services supérieurs, de réseaux informatifs multiples et croisés, qui caractérisent les nouvelles cités technologiques "3

* Approches se basant sur la recherche de facteurs de localisation spécifiques aux industries de haute technologie.

Dans ce cadre plusieurs critères et facteurs spécifiques ont été avancés pour caractériser ces espacés : Existence d'universités et instituts de recherches, Accumulation de laboratoires de recherche capables de développer des découvertes susceptibles d'être transférées vers des entreprises intermédiaires, présence de services et de climat politique des affaires, importance des économies d'agglomérations ou de grande urbanisation, existence d'un système d'informations et d'échanges, d'interrelations fluide et performant, organisation de l'espace qui assure à cet ensemble une bonne fonctionnalité, etc.

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