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Perceptions et pratiques paysannes de gestion des ressources naturelles face aux variabilités climatiques et changements environnementaux. Cas de la zone agro-écologique au Cameroun.


par Pierre Marie CHIMI
Université de Yaoundé 1 - Master en Biologie des Organismes Végétaux 2016
  

Disponible en mode multipage

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DÉPARTEMENT DE BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALES

DEPARTMENT OF PLANT BIOLOGY

Perceptions et pratiques paysannes de gestion des ressources naturelles face aux variabilités climatiques et changements environnementaux : cas de la zone agro-écologique V, Cameroun

251668992

Mémoire présenté et soutenu en vue de l'obtention du Diplôme de Master en Biologie des Organismes Végétaux

Option:Botanique-Écologie

Par:

CHIMI Pierre Marie

Licencié ès Sciences

Matricule : 10S0049

Sous la direction de :

MALA Armand William

Chargé de Cours

Année académique 2015-2016

DÉDICACE

À

mes parents M. et Mme KAMSO, Mme TEDJIEU WETE Robertineet M. CHIMI Pierre pour tous les sacrifices qu'ils ont consentis afin d'assurer mon éducation. Puisse ce document témoigner du fruit de leurs efforts.

REMERCIEMENTS

Ce travail n'aurait jamais pu être mené à bien sans la participation de plusieurs personnes :

- J'exprime ma reconnaissance aux autorités académiques de l'Université de Yaoundé I en générale et la Faculté des Sciences en particulier;pour avoir acceptées d'endosserce travail ;

- mes sincères remerciements vont à l'endroit du Pr. YOUMBIEmmanuel, Chef de Département de Biologie et Physiologie Végétales et toute l'équipe enseignante qui ne ménagent aucun effort pour le rayonnement dudit Département par la rigueur scientifique et la qualité des enseignements dispensés;

- je tiens à remercier très vivement Dr. MALAArmandWilliam, Chargé de Cours, Enseignant au Département de Biologie et Physiologie Végétales de l'Université de Yaoundé I d'avoir bien voulu m'accepter en me proposant ce sujet. Je le remercie très sincèrement pour sa rigueur au travail, ses critiques, sa disponibilité et ses conseils multiples;

- que Dr. MBOLO ABADAMarie Marguerite, qui m'a accueillie au sein de son Laboratoire ainsi que toute son équipe, soient assurés de toute mes reconnaissances;

- mes remerciements vont également à l'endroit de mes parents, mes frères, ma soeur et Madame TEDJIEU WETERobertine, pour leurs soutiens infaillibles tant matériel, psychologique, moral que spirituel;

- j'exprime toute ma reconnaissance à MANGA ESSOUMA François, Chercheur au MINRESI/IRAD et doctorant à la Faculté des Sciences de l'Université de Yaoundé I, auprès de qui j'ai beaucoup appris. Nos échanges m'ont permis de renforcer mes capacités en rédaction, traitement et analyse des données de simulation;

- je tiens également à remercier CHIMI DJOMO Cédric, MBOM II Jean Aimée, MENYENE ETOUNDI Florent, NBENDAHPierre, TEKEU Honoré et ZEKENG Jules Christian, doctorants, pour leurs nombreuses remarques qui m'ont permis d'améliorer ce travail ;

- que mes amis et camarades de promotion ainsi que MVOGO YANAMarcel Martial, NYOUMAAchille, EBAH, AMBOMBO ONGUENE, ATANGANA SAMBA , DJIFACK Merveille, FOKOU CHELEWA Aline, LIEGUIGinette et NGOUANA TCHINDA Scottie trouvent ici l'expression de ma sincère reconnaissance pour leurdisponibilité et leur soutien moral;

- je m'en voudrais d'oublierses Majestés, BILOA AYINDA, AYISSI Norbert et ABENA et toute la population des villages Bindalima II, Nachtigal et Nguette de l'arrondissement de Ntui qui n'ont ménagés aucun effort pour la collecte des données sur le terrain de ce modeste mémoire;

- que M. ONANA EBANADieudonné,M. Apollinaire, M. MESSINA ALIMAJean-Marie, M. ABANDAArnaud, M. MBEKEJulien, M. BOUE BONDA André Samson et Mmes NGAH Damaris et NGAH Lucrèce soient rassurés de ma très profonde reconnaissance ;

- j'adresse au jury qui a eu l'immense tâche d'examiner ce modeste travail, mes remerciements pour les manquements et suggestions qu'il a apportés en vue de l'améliorer.

SOMMAIRE

DÉDICACE i

REMERCIEMENTS ii

SOMMAIRE iii

LISTE DES TABLEAUX v

LISTE DES ABREVIATIONS vi

RÉSUMÉ vii

ABSTRACT viii

CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS 1

I.1. Introduction 1

I.1.1 Contexte 1

I.1.2 Problématique 2

I.1.3 Objectifs 3

I.2. Revue de la littérature 4

I.2.1. Définition des concepts 4

I.2.1.1. Ressources naturelles 4

I.2.1.2. Gestion 4

I.2.1.3. Perception 5

I.2.1.4. Vulnérabilité 5

I.2.1.5. Résilience 6

I.2.2. Concepts d'adaptation 6

I.2.2.1. Définition 6

I.2.2.2. Principes de l'adaptation 7

I.2.2.3. Stratégies d'adaptation aux changements climatiques 7

I.2.3. Savoirs traditionnels ou locaux « Indigenous and local knowledge » et pratiques paysannes 8

I.2.3.1. Savoirs traditionnels ou locaux 8

I.2.3.2. Pratiques paysannes 9

I.2.4. Agriculture pluviale : risque et incertitude en agriculture 9

I.2.4.1. Définition 9

I.2.4.2. Risque et incertitude en agriculture 10

I.2.5. Changements climatiques et variabilités climatiques 10

I.2.5.1. Causes et conséquences des changements climatiques 10

I.2.5.2. Indicateurs des changements et variabilités climatiques 11

I.2.6. Evolution de l'agenda politique international sur les changements climatiques 12

I.2.6.1. Changements climatiques au niveau mondial et africain 13

I.2.6.2. Evolutions de l'agenda sur les changements climatiques au Cameroun 14

I.2.7. Présentation du cadre l'étude 15

I.2.7.1. Localisation 15

I.2.7.2. Milieuphysique 16

CHAPITRE II. MATÉRIEL ET MÉTHODES 19

II.1. Matériel 19

II.1.1. La carte du site d'étude 19

II.1.2. Matériel de terrain 19

II.2. Méthodes 20

II.2.1. Données collectées 20

II.2.1.1. Données primaires 20

II.2.1.2. Données secondaires 22

II.2.2. Observation directe et collecte des données cartographiques 23

II.2.2.1. Observation directe 23

II.2.2.2. Collecte des données cartographiques 23

II.3. Traitement et analyse des données 23

CHAPITRE III. RÉSULTATS ET DISCUSSION 25

III.1. Résultats 25

III.1.1. Caractérisation des profils historico-écologique et socio-économique des exploitations agricoles des sites d'étude 25

III.1.1.1. Caractérisation du profil historico-écologique et socio-économique des sites d'étude 25

III.1.1.2. Caractérisation du profil socio-économique des exploitations agricoles 26

III.1.2. Traits caractéristiques des perceptions des variations et changements climatiques et environnementaux chez les paysans 30

III.1.2.1. Traits caractéristiques des savoirs traditionnels et locaux local sur le climat 30

III.1.2.2. Perceptions socio-anthropologiques des variabilités climatiques 31

III.1.2.3. Perception paysanne des indicateurs de variabilités climatiques 32

III.1.2.4. Principaux impacts de la variabilité climatique et changements environnementaux vécus par les paysans 36

III.1.3. Examen des savoirs et pratiques d'adaptation des paysans face aux variations climatiques et changements environnementaux 39

III.1.3.1. Pratiques d'adaptation face à la rudesse de la saison sèche et aux précipitations extrêmes 39

III.1.3.2. Pratiques d'adaptation de gestion des champs 40

III.1.3.3. Pratiques d'adaptation face la prolifération des ravageurs 41

III.1.3.4. Pratiques liées aux changements du calendrier agricole et à l'adoption de nouvelles variétés et culture attelée 41

III.1.3.5. Pratiques liées à l'utilisation des intrants agricoles pour réduction de faible rendement et limitation des effets des maladies 43

III.1.3.6. Corrélation entre les perceptions - stratégie paysanne d'adaptation face aux variabilités climatiques 43

III.2. Discussion 48

CHAPITRE IV. CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES 52

IV.1. Conclusion 52

IV.2. Recommandations 52

IV.3. Perspectives 53

BIBLIOGRAPHIE 54

ANNEXES 63

LISTE DES FIGURES

Fig. 1. Localisation de la zone d'étude 3

Fig. 2. Carte de localisation des groupements choisis pour l'étude 19

Fig. 3 . Interviews auprès des paysans 21

Fig. 4. Répartition du niveau d'instruction de l'échantillon. 27

Fig. 5. Répartition du nombre d'enfant par ménage. 28

Fig. 6. Classe d'âge des paysans. 28

Fig. 7. Répartition de l'échantillon en fonction de l'activité prioritaire. 29

Fig. 8. Effet des vents violents 33

Fig. 9. Perception dans le changement de la durée de la sécheresse. 35

Fig. 10. Perception dans le changement de la fréquence de la sécheresse. 36

Fig. 11. Quelques espèces envahissantes des cultures . 37

Fig. 12. Recrudescence des maladies sur les animaux domestiques 39

Fig. 13. Variétés améliorées . 42

Fig. 14. Culture attelée . 43

Fig. 15. Diagramme ombrothermique 44

Fig. 16. Diagramme ombrothermique 45

Fig. 17. ACM sur les perceptions 46

Fig. 18. ACM sur les pratiques d'adaptation. 47

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I. Perception de la distribution des températures durant les 10 dernières années. 3

Tableau II. Perception de la violence des vents en fonction du niveau de l'âge. 33

Tableau III. Perception dans le changement de la distribution des précipitations. 34

Tableau IV. Perception dans le changement de la quantité des pluies. 34

Tableau V. Perception dans le changement de la fréquence des rendements 37

Tableau VI. Plantes consommées résistantes aux extrêmes sécheresses 40

Tableau VII. Plantes sauvages résistantes aux extrêmes sécheresses. 40

LISTE DES ABREVIATIONS

BAD : Banque Africaine de Développement

CCNUCC : Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

CDDR : Centre de Documentation pour le Développement Rural

CIFOR : Center for International Forestry Research

CIKARD : Center for Indigenuos Knownledge for Agricultural and Rural Development

CIRAD : Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le

Développement

CNUED : Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement

COP : Conference Of Parties (Conférences des Parties)

DSRP : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

FAO : Food Agriculture Organisation

FCFA : Franc de la Communauté Française d'Afrique

GES : Gaz à Effet de Serre

GIEC : Groupe Intergouvernementale sur l'Évolution du Climat

GPS : Global Positionning System

IITA : International Institute of Tropical Agriculture.

INS : Institut National de la Statistique

IPCC :Intergouvernemental Panel on Climate Change

MDP : Mécanisme de Développement Propre

OCDE : Organisation de Coopération et Développement Économique.

ONACC : Observatoire National sur les Changements Climatiques

PFNL : Produits Forestiers Non Ligneux

PIB : Produit Intérieur Brut

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PNUE : Programme des Nations-unies pour l'Environnement

ZAE : Zone Agro-Ecologique

RÉSUMÉ

L'étude vise à évaluer les perceptions et les mesures d'adaptation des populations locales face aux variabilités du climat et changements environnementaux. Pour atteindre les objectifs spécifiques, les données ont été collectées par la revue de littérature, desenquêtes semi-structurées et structurées conduites auprès d'une soixantaine de paysans (d'août à octobre 2015) ainsi que par le biais d'observations en champs dans trois villages de l'arrondissement de Ntui.Les résultats montrent que 95 % des paysans perçoivent les effets des variabilités du climat. 93,3 % des enquêtés estiment qu'en 2015 les faits évocateurs de ces changements se manifestent parlesbouleversements intervenus dans la saison agricole qui serait l'un des éléments les plus affectés par les variabilités climatiqueset changements environnementaux ; la hausse des températures, de la variabilité accrue des pluies, de même que les vents violents très récurrents étant les indicateurs climatiques en cause.Les conséquences de ces variabilités sont ressenties dans le milieu physique, sur le cadre de vie des producteurs, leurs activités économiques, de même que sur leurs santé et habitats. 80,05 % de paysans estiment que la baisse de rendement constitue la principale conséquence occasionnée par les changements climatiques. Les perceptions des variations ne diffèrent pas selon le sexe des paysans. Pour faire face aux effets ressentis, les paysans producteurs ont développé différentes stratégies d'adaptation variées en réponse aux perturbations climatiques vécues dans leur milieu. Une adaptation locale basée sur les composantes techniques (choix des variétés, pratiques culturales) paraît en mesure d'amplifier les effets positifs et de limiter les effets négatifs.

Mots clés:variabilités climatiques, changements environnementaux, savoirs locaux, stratégies d'adaptation, Ntui.

ABSTRACT

The present study aims to evaluate perceptions and measurements of adaptation of the local populationsfront of variabilities of the climate and environmental changes. To achieve the specific objectives, literature review and was carried out in three villages of the district of Ntui from august tooctober 2015,during which questionnaires were administered to 60 farmers completed by field observations. The results show that 95 % of the peasants clearly perceive the effects of variabilities of the climate.93,3 % of sampling estimate that in 2015 the evocative facts of these changes appear by the upheavals occurred in the agricultural season which would be one of the elements most affected by climatic variabilities and environmental changes; the rise of the temperatures, the increased variability of the rains, just as the winds very recurring violent ones being climatic indicators in question. The consequences of these variabilities are felt in the physical environment, on the framework of life of the producers, their economic activities, just as on their health and habitats.80,05 % of peasants estimate that the fall of output constitutes the principal consequence caused by the climatic changes.Perceptions of the variations differ neither according to the sex, nor according to the age of the peasants. To face the felt effects, the producing peasants developed various strategies of adaptation varied in response to the climatic disturbances lived in their medium.A local adaptation based on the technical components (choice of the varieties, practical farming) appears able to amplify the positive effects and to limit the negative effects.

Key words: climatic variabilities, environmental changes, local knowledge, strategies of adaptation, Ntui

CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS

Ø I.1. Introduction

I.1.1 Contexte

Actuellement, les changements climatiques liés aux émissions des gaz à effet de serre du déboisement des forêts tropicales et des changements d'affectation des terres restent incertains et continuent de faire l'objet de débats acharnés (Klein et al., 2007). De même, constituant un des nombreux obstacles au développement (Brown & Crawford, 2008), ces derniers sont au centre des préoccupations aussi bien des acteurs scientifiques que des décideurs politiques au niveau mondial (Niang, 2009). Aujourd'hui, il est quasi impossible d'éviter les conséquences des changements climatiques qui risquent d'accentuer la vulnérabilité des populations du monde (Cheikh et al., 2011). Dugué et al. (2012) réitèrent en martelant que les impacts des variabilités climatiques rendent les populations et les écosystèmes vulnérables. En effet, les changements climatiques ont un impact direct sur la production des ressources naturelles en général et des ressources agricoles en particulier,puisque les systèmes agricoles dépendent de la nature du climat(Bokoet al., 2007). Cet impact est particulièrement important dans les pays en développement où l'agriculture constitue laprincipale source d'emploi et de revenus pour la majorité de la population (Enete &Onyekuru, 2011).

De ce fait, tous les continents sont affectés par ce phénomène, mais à des degrés divers. En ce qui concerne le continent Africain,il est soumis à un climat fortement variable et imprévisible, ce qui fragilise les systèmes agricoles qui ne répondent plus aux pressions actuelles du climat (Yegbemey et al., 2014). Il est fortement vulnérable face aux changements climatiques en raison de la forte dépendance de la majorité de la population, des activités agricoles et pastorales tributaires de la pluviométrie donc du climat, et des capacités d'adaptation limitées des populations (Agossou et al., 2012 ; Kurukulasuriya et al., 2014). De même, certaines activités comme l'agriculture, l'élevage, la chasse, la pêche et la collecte des Produits Forestiers Non Ligneux(PFNL) sont influencés par les variations climatiques (Altiéri, 2002 ; Joshi et al., 2004).

Le Cameroun, pays en développement regorgeant cinq grandes zones agro-écologiques (I, II, III, IV et V) aux caractéristiques spécifiques (topographie, géomorphologie, climat, ressources en eau, sols, couvert végétal etc.) n'échappe pas à ces variabilités climatiquesetchangements environnementaux et à leurs effetssocioenvironnementaux(Moudingo,2007). De nos jours, les besoins d'adaptations des populations aux changements climatiques et leurs impacts socio-environnementaux sont indispensables car la survie des populations en dépend (Anonyme, 2009). Selon Clark (2006), les mesures d'adaptation les plus efficaces et durables sont souvent celles prises à l'échelle locale impliquant directement les personnes concernées. Les pratiques d'adaptation développées par les paysans en réponse aux conséquences négatives des changements climatiques dépendent de la perception et des connaissances endogènes qu'ils ont de ces changements (Dimon, 2008).L'adhésion des populations aux actions locales d'adaptation aux changements climatiques est effective si ces actions intègrent leurs savoirs endogènes y relatifs(Kanté, 2011). Il en résulte aujourd'hui queles savoirs paysans sont devenus d'un intérêt majeur et semblent peu à peu gagner en crédit de par leur adaptabilité - aux contextes agro-écologique et social - et leur accessibilité pour des paysans à faibles ressources (Mbowet al., 2009). Les connaissancespaysannesconstituent une base pour la compréhension et l'analyse du dynamisme climatique (Kanté, 2011 ; Mala et al.,2012).La prise en compte de ces connaissances quoiqu'empiriques dans les politiques de développement permet de gagner la confiance des paysans (Roncoliet al., 2001). Néanmoins, les points de vue diffèrent sur les perceptions et les indicateurs des changements climatiqueset leurs conséquences socio environnementalesdans les communautés paysannes africaines (Anonyme, 2002 ; Lo & Kaeré, 2009 ; Mapfumo et al., 2009 ; Gnanglé et al., 2011).

I.1.2 Problématique

Plus de 95 % de l'agriculture africaine est une agriculture sous pluie (Nguegang et al., 2007). Il est présagé que la production agricole sera fortement compromise par les changementset la variabilité climatiques ; les superficies de terres arables, la durée des saisons de culture et le rendement par hectare sont susceptibles de baisser, ce qui pourrait compromettre la sécurité alimentaire et accentuer la malnutrition (BAD, 2009). En outre, les trois quarts des pays d'Afrique sont situés dans des zones où il suffirait d'une faible réduction des précipitations pour engendrer d'importantes diminutions de la disponibilité globale en eau. D'ici à 2020, on prévoit qu'entre 75 et 250millions de personnes seront exposées à une augmentation des crises liées à l'eau (GIEC, 1998, Bates et al., 2008). Le triple impératif de lutte contre les changements climatiques, de développement socio-économique et de préservation de l'écosystème forestier exige un dépassement des approches conversationnistes traditionnelles (AMCEN, 2009a). En janvier 2007, les pays africains ont fait de l'adaptation au changement climatique une priorité pour le continent (African Union, 2009; AMCEN, 2009b). Ils ont appelé à un renforcement du soutien en faveur de l'adaptation et à une meilleure intégration des risques et des approches liés aux changements climatiques dans les politiques, les actions et les programmes (AMCEN, 2009c ; BAD, 2009).

L'agriculture est considérée comme l'une des principaux moteurs de la déforestation et la dégradation des terres forestières, représente la principale source d'émission de gaz à effet de serre en milieu forestier tropicale. L'agriculture constitue donc une réponse crédible à l'échelle de dizaines de millions d'hectares qui représentent des enjeux de mitigation au changement climatique. Cette perspective de mitigation semble être une priorité des initiatives en matière d'atténuation au changement climatique, contraste avec les initiatives destinées à valoriser le potentiel considérable des pratiques agricoles paysannes d'adaptation face au changement climatique agissant directement sur leurs trajectoires de vie et à leurs objectifs socio-économiques (Mala et al., 2012).

Le Cameroun présente une grande diversité de zones climatiques qui, couplée avec une non moins grande diversité géologique et topographique, lui confère une grande variété de régions agro-écologiques, de paysages, d'écosystèmes et d'habitats qui font du pays une « Afrique en miniature » (Letouzey, 1985a). Dans un tel contexte que les pratiques paysannes d'adaptation se déploient face aux effets des variabilités climatiqueset changements environnementaux ; mais à ce jour peu d'études ont été menées pour documenter ces pratiques à la mesure de cette diversité, afin de construire les conditions d'une démarche d'adaptation spécifique aux zones agro écologiques, afin d'opérationnaliser la stratégie nationale d'adaptation au changement climatiques. Cette étude s'inscrit dans cette perspective de documentation et de prise en compte des savoirs traditionnels et des pratiques agro-écologiques pour des mesures d'adaptation viables des populations locales.

I.1.3 Objectifs

L'objectif général de travail est d'appréhender les perceptions et les mesures d'adaptation des paysans exposées quotidiennement aux effets des changements climatiques.

Spécifiquement, il s'agit de :

- caractériser les profils historico-écologique et socio-économique des exploitations agricolesdes sites d'étude ;

- saisir les perceptions des variations et changements climatiques et environnementaux chez les paysans ;

- examiner les savoirs et pratiques d'adaptation des paysans face aux variations climatiques et changements environnementaux.

Ø I.2. Revue de la littérature

I.2.1. Définition des concepts

I.2.1.1. Ressources naturelles

Le terme ressources naturelles recouvre une signification plus ou moins large selon que l'on le limite aux considérations économiques ou écologiques. De ce fait, ressources naturelles renvoient à la pluralité de biens naturels. Elles recouvrent les trois éléments biotiques de la nature à savoir : la faune, la flore et le sol auxquels on ajoute l'eau(Jehan, 1991).

On distingue deux types de ressources naturelles : les ressources naturelles renouvelables et les ressources naturelles non renouvelables (Anonyme, 2014). Les ressources naturelles non renouvelables sont celles dont l'exploitation conduit vers un épuisement, alors que les ressources naturelles renouvelables peuvent être exploitées sans épuisement. Ces ressources incluent les espèces végétales, animales, l'air, l'eau ou encore la couche d'ozone (Faucheux & Noel, 1995). Le renouvellement de ces ressources exige cependant une gestion prudente, c'est-à-dire durable. Le renouvellement des ressources suppose donc une planification de leur gestion pour éviter que le rythme d'exploitation dépasse celui de la régénération (Pontannier et al.,1984).

I.2.1.2. Gestion

I.2.1.2.1. Gestion des ressources

Le terme gestion des ressources est fondamentalement ambigu (Lavigne et al., 2000) : la gestion renvoie à la fois au processus technique, voire technocratique, de mise en oeuvre d'activités, et à une diminution plus fondamentale. Ndjidda (2003) définit la gestion des ressources comme : l'ensemble des dispositions visant à protéger et à améliorer les milieux naturels en vue de leur exploitation rationnelle. La gestion des ressources naturelles vise à engendrer un développement qui soit économiquement viable, socialement bénéfique et écologiquement durable (Anonyme, 2009). On distingue deux types de gestion : la gestion durable et la gestion participative.

I.2.1.2.1.1. Gestion durable

La gestion durable consiste à gérer et à utiliser les ressources naturelles d'une manière, et à une intensité telle qu'elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité de satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques et sociales permanentes au niveau local, national et mondial et qu'elles ne causent pas de préjudice à d'autres écosystèmes (Anonyme, 1994). La gestion durable nécessite l'implication des populations concernées.

I.2.1.2.1.2. Gestion participative

Le décret N°95/466/PM du 20 juillet 1995, fixant les modalités d'application du régime de la faune au Cameroun, définit la gestion participative comme « toute approche de gestion des ressources fauniques ou floristiques, qui dans toutes les phases de son élaboration et de sa mise en oeuvre, intègre de façon optimale les populations locales et tous les autres intervenants ». La gestion participative reconnait les droits des collectivités à l'égard de leurs ressources. La participation locale de gestionà la planification et à la décision est essentielle pour renforcer les capacités locales. Les populations locales n'attendent des intervenants extérieurs ni exhortation, ni conseils, mais un appui concret pour faire ce qui doit être fait d'après elles (Anonyme, 1994).

I.2.1.3. Perception

Selon Lalande (1985), la perception est l'acte par lequel un individu, organisant ses sensations présentes, les interprétant et les complétant par des images et des souvenirs, s'oppose à un objet qu'il juge spontanément distinct de lui, réel et actuellement connu de lui. Quant à la théorie dite écologique de la perception, elle a été développée par James Gibson en 1969 et considère la perception comme une conduite adaptative permettant au sujet de s'adapter à son environnement. L'action du sujet est une réponse cohérente à la modification du milieu ; la perception n'a de sens qu'en relation avec une action. Cette théorie écologique est fondée sur l'idée de redondance de l'information dans l'environnement, qui permet au sujet d'avoir une certitude sur le monde perçu. Elle stipule donc qu'avant d'être un mode de connaissance des choses, la perception est l'activité vitale de tout organisme en contact avec son milieu. La perception est organisée. Aussi, la perception est-elle directive car on ne perçoit que ce qu'on espère. De l'environnement total, seuls les aspects conscients ou inconscients perçus par l'individu peuvent influer sur son comportement (Boom & Browers, 1990 ; Lawin, 2006).

I.2.1.4. Vulnérabilité

Le concept de vulnérabilité a fait l'objet d'une abondante littérature scientifique qui se caractérise toute fois par certains points saillants. Chambers (1989) et Van Dillen (2002) l'ont défini globalement en termes d'exposition aux risques et de la capacité de s'en sortir de tels risques. Il faut mentionner ici que ces deux composantes qu'ils appellent aussi les côtés externes et internes de la vulnérabilité, sont typiquement à la base de toutes les définitions de ce concept quel que soit le domaine considéré.

En quoi se résume alors la vulnérabilité aux changements climatiques ? La vulnérabilité aux changements climatiques est définie comme le degré par lequel un système risque de subir ou d'être affecté négativement par les effets néfastes des changements climatiques, y compris la variabilité climatique et les phénomènes extrêmes (Anonyme, 2007). Parmi les facteurs qui engendrent la vulnérabilité biophysique, on compte ceux dépendant du climat comme la pluviométrie (déficit, répartition temporelle et spatiale) et ceux favorisés par les régimes pluviométriques tels que les invasions de prédateurs, les maladies contagieuses, parasitaires, animales et végétales, les mauvaises récoltes, les pénuries de fourrages, ainsi que les faibles potentiels génétiques végétaux et animaux. La vulnérabilité sociale est caractérisée par la pauvreté, une insécurité alimentaire structurelle, des techniques de production obsolètes, un sous équipement marqué et l'insuffisance d'intrants agricoles (semences, engrais) (Anonyme, 2007).

I.2.1.5. Résilience

Le terme résilience fait l'objet de nombreuses études bien qu'elle n'est pas un état final fixe, mais est un ensemble dynamique de conditions et de processus. Les facteurs qui déterminent la résilience sont la nécessité d'une meilleure analyse des risques à différents niveaux spatiaux et temporels, et le fait que l'analyse soit suivie et à jour pour informer et améliorer la programmation.

Alliance (2013)présente la résilience comme la capacité à absorber les turbulences, à changer et à se réorganiser en gardant la même identité, c'est-à-dire en gardant sa structure de base et ses modes de fonctionnement. Initialement, le concept de résilience a été utilisé dans le contexte des désastres et de l'environnement. Mais aujourd'hui, il connait une extension qui le met en relation avec la question plus large du développement (Berkes et al., 2003), lequel entretient des liens forts avec la capacité d'adaptation.

I.2.2. Concepts d'adaptation

I.2.2.1. Définition

L'adaptationest un concept polysémique, un mot passe-partout (Rebotier, 2014 ; Alain et al., 2016) et imprécis qui brouille parfois les débats et entretient la confusion. L'adaptation aux changements climatiques indique l'ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets, afin d'atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques (Anonyme, 2001).

L'adaptation basée sur l'écosystème, intègre l'utilisation des services de la biodiversité et des écosystèmes dans une stratégie globale pour aider les gens à s'adapter aux effets néfastes du changement climatique. Elle comprend la gestion, la conservation et la restauration durables des écosystèmes pour qu'ils fournissent des services qui aident les populations à s'adapter aussi bien à la variabilité actuelle du climat qu'aux changements climatiques (Anonyme, 2009).

L'adaptation sans regrets n'est pas affectée par les incertitudes liées aux changements climatiques futurs, car elle aide à résoudre les problèmes associés à la variabilité actuelle du climat, tout en renforçant les capacités d'adaptation aux changements climatiques futurs. Un exemple d'option sans regret serait l'amélioration de la fourniture et de la diffusion d'informations sur le climat et l'accès aux systèmes d'alerte précoce par les communautés locales qui vivent dans des zones sujettes à des inondations et/ou à la sécheresse (Banque mondiale, non daté).

I.2.2.2. Principes de l'adaptation

Étant donné le contexte d'incertitude de la prise de décision en matière de changements climatiques, et afin d'éviter l'écueil de la mal-adaptation, il faut privilégier le choix de stratégies « sans regret ». Une stratégie « sans regret » produit des effets positifs quelles que soient les évolutions climatiques. Par exemple le renforcement des capacités d'adaptation est une stratégie sans regret : cela permet de rendre la société moins vulnérable à un ensemble de pressions (changements climatiques mais aussi variabilité naturelle du climat, catastrophes naturelles, instabilité économique/politique, etc.), et portera donc des résultats positifs quel que soit le niveau effectif du changement.

I.2.2.3. Stratégies d'adaptation aux changements climatiques

Trois approches sont recommandées en matière de stratégies d'adaptationpar la convention de Rio Janeiro 1992 : l'évaluation de la vulnérabilité, le développement/ renforcement des capacités, et la mise en oeuvre des mesures d'adaptation.

Qu'elle soit autonome ou simplement le résultat de la planification politique, qu'elle soit anticipée ou réactive, l'adaptation est un processus continu (Anonyme, 2005).On distingue divers types d'adaptation, notamment l'adaptation anticipative et réactive, l'adaptation publique et privée, et l'adaptation autonome et planifiée (Anonyme, 2001). L'adaptation climatique apparaît être une des solutions qui permettraient à la communauté humaine de réduire les impacts des changements climatiques annoncés (Ogouwalé, 2006). Ceci ne saurait être une réalité en l'absence de stratégie d'adaptation.

La stratégie d'adaptation aux changements climatiques est définie comme étant le mécanisme ou les actions entreprises par un système, une communauté, un individu en réaction aux impacts et effets présents et futurs induits par les modifications du climat (Anonyme, 2001). À côté de la notion de stratégie d'adaptation, la capacité d'adaptationdésigne la capacité d'ajustement afin de s'adapter aux effets et aux impacts des changements climatiques (y compris la variabilité climatique et les extrêmes climatiques) (Anonyme, 2007).

En adoptant la définition de Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat (GIEC) (2001) du concept stratégie d'adaptation aux changements climatiques, Ogouwalé (2006) a distingué deux types de capacité d'adaptation :

- la capacité d'adaptation des agrosystèmes qui est assimilée à la résilience des systèmes naturels;

- la capacité d'adaptation du système humain qui est l'aptitude d'une communauté à planifier, à se préparer pour faciliter et mettre en oeuvre des mesures d'adaptation en tenant compte de ses atouts économiques, technologiques, institutionnels, etc.

I.2.3.Savoirs traditionnels ou locaux « Indigenous and local knowledge » et pratiques paysannes

I.2.3.1.Savoirs traditionnels ou locaux

Longtemps négligé pendant la période coloniale et post coloniale, la prise de conscience des savoirs locaux a été suscitée par de nombreux facteurs. Parmi ces facteurs, les plus déterminants ont été d'une part, l'influence des travaux de recherche sur les savoirs locaux enclenchée par la création du Center for Indigenous Knowledge for Agricultural and Rural Development (CIKARD) à l'Iowa aux USA. D'autre part, le bilan désenchanté des efforts de développement depuis l'indépendance des pays subsahariens, dû en grande partie à la non prise en compte des pratiques et savoirs paysans y a également contribué (Anonyme, 2000 ; Warren, 1993).

Il est important de reconnaître que même s'il est encore connu sous plusieurs autres dénominations telles que « savoir endogène », « savoir paysan » ou « Ethnoscience », le savoir local reste jusqu'à nos jours difficiles à déterminer de façon précise. Selon la FAO (2005), qui propose une définition conceptuelle, les savoirs locaux sont un ensemble de faits liés au système de concepts, de croyances et de perceptions que les populations puisent dans le monde qui les entoure. Pour Warren (1993), les savoirs locaux représentent l'ensemble des connaissances acquises par une population locale à travers l'accumulation d'expériences et l'interprétation de l'environnement dans une culture donnée. Il comprend les idées, les expériences, les pratiques et les informations qui ont été soit générées localement ou soit produites en dehors de la communauté, mais qui ont été transformées par la population locale et incorporées à travers le temps aux conditions culturels agro-écologiques et socio-économiques locales.

I.2.3.2. Pratiques paysannes

La Conférence de Rio 1992 a entériné la modification du discours sur la conservation. Désormais, on ne doit pas conserver des espaces et des espèces, aux dépens des « communautés locales» qui en vivent et y vivent (Wells & Brandon, 1992). Les pratiques paysannes qui étaient perçues comme catastrophiques et donc combattues sont acceptées et encouragées. Ce constat est confirmé par Michon et al. (2002) qui font remarquer que la montée du discours international sur les « communautés indigènes» a eu pour résultats d'inverser les perceptions et les discours des groupes ethniques sur leur identité, leurs pratiques et leurs savoirs. Certains savoirs détenus par ce type de communauté indigène deviennent dans ce contexte des faux-semblants pour bénéficier de la surenchère du discours environnemental (Aubertin & Boisvert, 1998).Malgré ces réserves, il n'en demeure pas moins que de nombreux savoirs et pratiques issus des communautés paysannes jouent un rôle prépondérant dans le maintien de l'agrobiodiversité. À la suite de Kilahama (1997), Floquet & Mongbo (1998) proposent dans une complémentarité entre les savoirs locaux et les savoirs scientifiques, en considérant que la prise en compte des stratégies et pratiques paysannes, des innovations dites endogènes permettra de mieux appréhender les dynamiques d'évolution des systèmes de production et de jeter les bases d'une science agronomique locale vigoureuse.

I.2.4. Agriculture pluviale :risque et incertitude en agriculture

I.2.4.1. Définition

L'agriculture pluviale est l'ensemble des pratiques agricoles nécessitant des précipitations. Ses performances dépendent en grande partie de la régularité et de la bonne répartition des précipitations dans le temps et dans l'espace (Dupriez, 2007 ; Issa, 2012). Plus de 95 % de l'agriculture africaine est une agriculture sous pluie (Nguegang et al., 2007). La production agricole sera fortement compromise par le changement et la variabilité climatiques : les superficies de terres arables, la durée des saisons de culture et le rendement par hectare sont susceptibles dedevenir non prévisibles, ce qui pourrait compromettre la sécurité alimentaire et accentuer la malnutrition.

En outre, les trois quarts des pays d'Afrique sont situés dans des zones où il suffirait d'une faible réduction des précipitations pour engendrer d'importantes diminutions de la disponibilité globale en eau. D'ici à 2020, on prévoit qu'entre 75 et 250 millions de personnes seront exposées à une augmentation des crises liées à l'eau (Anonyme, 1998 ; Bates et al., 2008). Les populations rurales de l'Afrique sub-saharienne sont particulièrement exposées aux aléas climatiques dans la mesure où elles sont étroitement dépendantes de l'agriculture pluviale qui s'effectue sur près de 93 % des terres cultivées. Rappelons en effet que 80% des céréales consommées en Afrique sub-saharienne proviennent de cette production traditionnelle et que le secteur agricole emploie 70% de la totalité de la main d'oeuvre (Anonyme, 2003), représentant entre 15 et 20% du Produit Intérieur Brute (PIB).

I.2.4.2. Risque et incertitude en agriculture

Aucune activité économique n'est dépourvue de risque et/ou d'incertitude. Mais, à la différence des autres secteurs d'activité, il n'est pas exagéré de considérer qu'en agriculture, il joue un rôle particulièrement grand du fait que même la production est extrêmement incertaine : avec les mêmes facteurs de production, la récolte peut varier du simple au double selon la météorologie (Boussard, 2006 ; Adégbidi, 2008). Certes, les paysans sont confrontés à cette incertitude dans toutes les régions du monde. Les modifications du climat vont néanmoins affecter les agroécosystèmes particulièrement ceux qui ont une forte dépendance au climat (Bryant, 2008). Parmi ceux-ci, l'agriculture, secteur stratégique et vital pour le développement économique de nombreux pays africains, est un exemple parfait de secteur dont l'état est fortement tributaire directement ou indirectement des conditions climatiques (Boko, 1988, 2009 ; Parry et al., 1999 ; Ndjendolé, 2001 ; Ogouwalé, 2006 ; Yabi, 2008 ; Issa, 2012).

I.2.5. Changements climatiques et variabilités climatiques

I.2.5.1. Causes et conséquences des changements climatiques

La modification du climat a de nombreuses causes dont la principale cause est l'action négative de l'homme entrainant des fluctuations de température et de pluviosité. Depuis 1800, la température mondiale moyenne a augmenté d'environ 0,6 °C occasionnant des conséquences sur le milieu (Anonyme, 2007). Des déséquilibres climatiques sont observables avec des effets néfastes sur la diversité animale et végétale. Quelquefois, la disparition des espèces est matérialisée lorsque ces ressources ne sont pas adaptées à ce nouveau milieu. En effet, au Burkina-Faso par exemple, les surfaces de Vitellaria paradoxa (Sapotaceae) ont été réduites du fait des conditions climatiques difficiles et des facteurs anthropiques très défavorables (War, 2007).

Les conséquences des variations climatiques au niveau des espèces peuvent être réparties en quatre points: les changements dans la répartition, dans les périodes de reproduction, dans la durée des saisons de culture des plants et un taux d'extinction accru (Anonyme, 2007). Il est ainsi urgent de savoir les indicateurs des changements et variabilités climatiques pour l'aide à la décision.

Les changements climatiques désignent une variation statistiquement significative de l'état moyen du climat ou de sa variabilité, persistant pendant de longues périodes (généralement, pendant des décennies ou plus). Ces changements climatiques peuvent être dus à des processus naturels ou à des changements anthropiques persistants de la composition de l'atmosphère ou de l'affectation des terres (Anonyme, 2001). La variabilité climatique désigne par contre des variations de l'état moyen et d'autres statistiques (écarts standards, phénomènes extrêmes, etc.) du climat à toutes les échelles temporelles et spatiales au-delà des phénomènes climatiques individuels. Elle est due à des processus naturels au sein du système climatique (Anonyme, 2001).

Il se dégage donc que variabilité climatique et changements climatiques désignent des phénomènes tout à fait distincts. Ainsi, la variabilité climatique se réfère à la variation naturelle intra et interannuelle du climat, tandis que les changements climatiques désignent une modification irréversible du climat attribuée directement ou indirectement aux activités humaines qui altèrent la composition de l'atmosphère globale et qui s'ajoutent à la variabilité climatique naturelle observée sur des périodes de temps comparables.

Toutefois, la difficulté de dissocier variabilité et changements climatiques, en particulier dans le contexte africain, peut conduire à des débats complexes et interminables (Dorsouma & Requier-Desjardins, 2009). Prenant en compte cette spécificité, Afoudaetal.,(2004) propose de considérer les changements climatiques comme la modification ou la variation significative du climat, qu'elle soit naturelle ou due aux facteurs d'origine anthropique. Plus précis, Ogouwalé (2006) mentionne que les changements climatiques sont des modifications des statuts de précipitations et une augmentation prononcée des températures au cours du temps (généralement des décennies). En effet, dans la région intertropicale, les deux facteurs du climat les plus déterminants pour l'agriculture pluviale sont les précipitations et les températures (Boko, 1988).

Le climat se définissant comme la synthèse des phénomènes météorologiques observés sur l'ensemble d'une période statistiquement longue pour pouvoir établir ses propriétés statistiques d'ensemble à savoir : valeurs moyennes, variances, probabilités des phénomènes extrêmes, etc. (Pedelaborde, 1970 ; Leroux, 1980 ; Boko, 1988). Si la cause naturelle de la variabilité climatique ne fait l'objet d'aucun doute, la cause des changements climatiques est parfois l'objet de controverses dans le monde scientifique.

I.2.5.2. Indicateurs des changements et variabilités climatiques

Depuis les engagements internationaux sur le développement durable (Rio, 1992) et ceux qui en ont découlés (Forest Europe, Convention sur la diversité biologique), les indicateurs sont l'objet de toutes les attentions. En 1992, lors du Sommet de la Terre, il a été mis en lumière que les indicateurs pouvaient jouer un rôle important, en tant qu'outils de communication et d'aide à la décision en particulier pour le développement durable. L'indicateur a une signification dépassant celle directement liée à la valeur paramétrique (Anonyme, 1994). Levrel (2007) définit un indicateur comme « un outil d'évaluation indirecte d'un phénomène qu'il est trop coûteux de (vouloir) mesurer directement »

Selon Er-Rihani (1989), deux grands types d'indicateurs peuvent être retenus : les indicateurs abiotiques (climat, hydrologie, substrat) et les indicateurs biotiques (modification de la composition spécifique, réduction du couvert végétal, réduction de la productivité biologique incluant celle des animaux domestiques, réduction de la faune sauvage).

Un indicateur environnemental désigne une variable quantitative ou qualitative qui peut être mesurée ou décrite. Un indicateur de l'environnement est une représentation simplifiée d'une réalité complexe qui répond à trois grandes fonctions : scientifique (évaluer l'état de l'environnement) ; politique (identifier les priorités et évaluer les performances de l'action publique) et sociétale (faciliter la communication, inciter l'action dans le bon sens). Les indicateurs environnementaux servent de variables lorsqu'on étudie par modélisation les changements survenant dans les systèmes environnementaux complexes.

C'est le Rapport Brundtland et le Sommet de la Terre de Rio (Juin) 1992 qui ont mis en avant le besoin d'indicateurs environnementaux capables de valider la performance de ces politiques socio-économico-environnementales, et de jouer un rôle de pilotage ou de rétro-correction des politiques.

I.2.6. Evolution de l'agenda politique international sur les changements climatiques

La conférence de Stockholm (1972) a eu lieu du 5 au 16 juin 1972. Il s'agissait du premier colloque mondial élevant la question de l'environnement au rang de problème international d'importance majeure, ainsi que de la première occurrence de droit international contraignant dans le domaine de l'environnement. La conférence de Stockholm a donné notamment lieu à une déclaration de vingt-six principes, à un plan d'action comprenant cent neuf recommandations, et à la création du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Pour Hertig, (1992) c'est à Stockholm que « l'environnement entre dans les priorités et régions de nombreux pays». En effet, avant Stockholm, on ne comptabilisait pas plus de dix ministères de l'Environnement, alors qu'en 1982 on répertoriait cent dix ministères ou secrétariats d'État dédiés aux questions d'environnement.

Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), créé en 1988, a pour vocation d'évaluer d'un point de vue scientifique l'influence de l'Homme dans le changement climatique, mais aussi d'en mesurer les risques et de proposer des stratégies d'adaptation et d'atténuation.

La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED), créée en 1992 et également appelée Sommet de la Terre ou Conférence de Rio, avait rassemblé 182 États à Rio de Janeiro pour débattre de l'avenir de la planète. C'est lors de ce premier Sommet de la Terre que le concept de développement durable a fait consensus pour décrire un processus d'évolution permettant de répondre aux besoins du présent sans hypothéquer ceux du futur. 170 des États présents à Rio ont adopté l'Agenda 21 aussi appelé Action 21.

La Conférence de Paris de 2015 sur le climat a eu lieu du 30Novembre au 11Décembre2015 au Bourget en Franceet a réuni 195 pays. Elle est à la fois la 21econférence des parties (d'où le nom COP21) à la CCNUCC et la 11e conférence des parties siégeant en tant que réunion des parties au protocole de Kyoto (CMP-11). Chaque année, les participants de cette conférence se réunissent pour décider des mesures à mettre en place, dans le but de limiter le réchauffement climatique La conférence qui devait se terminer le 11Décembre,2015 s'est finalement prolongée jusqu'au lendemain : le 12Décembre,2015 un accord international sur le climat applicable à tous les pays, est validé par tous les participants, fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 °C et 2 °C d'ici .2100

I.2.6.1. Changements climatiques au niveau mondialet africain

Les principaux piliers de l'action internationale en faveur de l'environnement sont actuellement : le Programme des Nations-unies pour l'Environnement (PNUE) et les accords multilatéraux environnementaux, dont la CCNUCC et le Protocole de Kyoto. Au sein du système des Nations unies, de nombreux organismes participent aux actions de communication-sensibilisation sur les problèmes de changements climatiques, dont le PNUE, le PNUD, la FAO, l'UNESCO et le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), etc. De manière générale, la communication pour l'adaptation aux changements climatiques au niveau international repose sur le consensus scientifique suivant lequel le réchauffement climatique est une réalité et constitue l'un des plus grands enjeux géostratégiques du XXIème siècle.

La Commission de l'Union Africaine a mis au point une stratégie de communication sur les changements climatiques en vue de l'application des décisions relatives aux changements climatiques adoptées par le sommet de l'Union Africaine (UA) de Janvier 2010 (Septième Forum pour le développement durable en Afrique : vue d'ensemble, Rapport, octobre 2010).

I.2.6.2. Evolutions de l'agenda sur les changements climatiques au Cameroun

Après la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Sommet de Rio au Brésil en 1992, le Cameroun a ratifié en 1994 la CCNUCC. Par cette ratification, le Cameroun s'est engagé avec la communauté internationale à stabiliser les concentrations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui préviendra l'interférence dangereuse anthropique avec le système climatique.

En adhérant à la CCNUCC, le Gouvernement Camerounais entend maintenir ses efforts dans le sens de la poursuite des réformes engagées pour prévenir les effets des changements climatiques. Cet engagement est mis en évidence par :

- la loi n° 96/12 du 05 Août 1996 portant loi cadre relative à la gestion de l'environnement et par la création en 2005 d'un Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature ;

- l'élaboration en 2001 de la Communication Initiale Nationale sur les Changements Climatiques ;

- l'adhésion du Cameroun au Protocole de Kyoto en Juillet 2002 ;

- l'adoption en 2009 de la vision volontariste à long terme du Cameroun, avec comme l'un des axes stratégiques pour la phase I (2010 -2019) : élaborer et engager la mise en oeuvre d'une politique ambitieuse de préservation de l'environnement et de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques ;

- la création en Décembre 2009 par décret du chef de l'Etat de l'Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) ;

- l'élaboration en cours de la deuxième Communication Nationale sur les Changements Climatiques. D'ailleurs, la protection de l'environnement est une préoccupation nationale reconnue par la Constitution du Cameroun de 1996, dès son préambule.

Le climat du Cameroun change depuis plus de cinquante ans et ce changement est nettement perçu par les populations depuis environ deux décennies. Les principaux changements observés par variables climatiques : précipitations et températures. De façon globale, au Cameroun, la moyenne pluviométrique de la période 1981-2000 est 20 à 40% plus basse que celle de la période 1961-1980. Selon PNUD (2008), on observe une régression des précipitations depuis 1960 d'environ -2,2% par décennie (soit -2,9 mm chaque mois).

La diminution de la pluviométrie concerne en particulier la Zone Agro-Ecologique (ZAE) des hauts plateaux, et surtout la ZAE soudano- sahélienne. En effet, la température annuelle moyenne au Cameroun a augmenté de 0,7°C de 1960 à 2007. Ceci représente un taux moyen de 0,15°C par décennie (Anonyme, 2008).Les zones agro-écologiques les plus touchées par la hausse des températures sont la ZAE forestière à pluviométrie bimodale (Ntui) et la ZAE des hautes savanes guinéennes. Les secteurs les plus vulnérables sont : l'agriculture, l'eau, l'assainissement et la santé. L'augmentation de la température et la recrudescence des précipitations engendrent les aléas climatiques (vagues de chaleur, sécheresse et inondations) qui impactent le plus le pays.

Face à cet enjeu crucial de l'adaptation, la CCNUCC a développé le Cadre de l'Adaptation de Cancún, afin de renforcer l'action engagée en faveur de l'adaptation, notamment par la coopération internationale et l'accompagnement des pays en développement dans l'élaboration de leur Programme National Adaptation (PNA). Le Cameroun a ratifié en 1994 la CCNUCC et depuis 2012, le pays s'investit dans l'élaboration de son Plan National d'Adaptation. Le Cameroun a suivi les principes énoncés par la CCNUCC pour élaborer son Programme National Adaptation aux Changements Climatiques (PNACC).

I.2.7. Présentation du cadre l'étude

I.2.7.1. Localisation

Les localités de Bindalima II, Nachtigal, et Nguette sont administrativement situées dans la région du Centre du Cameroun particulièrement dans le département du Mbam-et-Kim, arrondissement de Ntui. Cet arrondissement est situé à environ 100 Kms de Yaoundé (Fig. 1). Géographiquement, il est situé entre le 3°et le 4° de latitude nord et entre le 10° et le 11° de longitude Est. Une telle position géographique place l'arrondissement de Ntui dans une zone écologiquement située à la limite septentrionale de la forêt dense semi-décidue. La région étudiée est couverte en partie par les savanes péri-forestières, à cheval sur les écosystèmes forestiers au sud et sahéliens au nord.

Fig. 1. Localisation de la zone d'étude (CHIMI, 2015).

I.2.7.2. Milieuphysique

I.2.7.2.1. Climat
Soumis à un climat subéquatorial guinéen forestier de type «guinéen forestier, haut camerounien» ainsi défini : pluviosité annuelle moyenne : 1400 à 1600 mm; saison sèche absolue : décembre à février; saison sèche relative : juillet - août; température moyenne : 23 à 25 °C. Toutefois des influences diverses peuvent modifier sensiblement ce caractère général. La pluviosité a une répartition de type équatorial avec minimum d'été peu prononcé ; ayant des précipitations les plus fortes en septembre-octobre, les plus faibles en décembre-janvier. Le nombre de jours de pluies allant de 160 à 180. Les températures maxima vont de février à avril(Lienou, 2007).
I.2.7.2.2. Relief

Dans la région étudiée la monotonie générale du relief pénéplaine est rompue par la présence de massifs, jalonnant la ligne de partage des eaux entre la Sanaga et le Nyong, et de petites chaînes montagneuses, soulignant des lignes structurales de direction SSW-NNE. Enfin une large échancrure, d'une altitude moyenne de 450 m entaille fortement la vieille surface pénéplaine de part et d'autre des vallées de la Sanaga et du Mbam. Par suite de la modification du niveau de base de la Sanaga, dû à des mouvements tectoniques localisés, une érosion s'est déclenchée déblayant en aval des chutes de Nachtigal une grande partie des matériaux meubles de la surface précédente. C`est ainsi qu'à la hauteur de Nachtigal, en rive droite de la Sanaga, le paysage relativement plat et bordé au nord par le ressaut de la dorsale de Ntui, peut représenter une ancienne terrasse d'aplanissement et d'érosion(Lienou, 2007).

I.2.7.2.3. Pédologie

Des sols ferralitiques sont profonds aux réserves hydriques importantes. Le processus pédogénétique dominant est celui de la ferralitisation. Toutefois certains profils de sol et paysages pédologiques présentent des différences morphologiques très accusées avec les sols et les formes de relief décrits habituellement en zone ferralitique(Lienou, 2007).

I.2.7.2.4. Hydrologie

Ntui appartient presque exclusivement au bassin de la Sanaga, le bassin du Nyong n'affleurant que l'extrémité Sud. La Sanaga, fleuve important, draine, à Nachtigal, un bassin de 65 000 km² environ, avec un débit moyen annuel de 1 200 m3/s. Le bassin est soumis à un régime tropical de transition. Les crues s'amorcent franchement en juillet et culminent en octobre. La décrue rapide en novembre et décembre, se poursuit par un tarissement régulier pendant les trois premiers mois de l'année. Le profil en long montre que la pente de ce fleuve est voisine de Loloo mais entrecoupée par des ressauts très marqués en amont de Nachtigal (90 m en 13 kilomètres) et de Kikot (70 m en 18 kilomètres) accompagnée de chutes et de rapides. Les rivières Mbam-et-Kim et leurs affluents coulent dans des vallées profondes de 60 à 80 m, séparées par des interfluves surbaissés à une altitude moyenne de 700 m dominés par des reliefs isolés situés entre 1000 et 1500 m. Le réseau est alors souvent diffus, marécageux donnant à proximité des cours d'eau les plus importants un paysage très particulier de zones mal drainées(Lienou, 2007).

I.2.7.2.5. Végétation et flore

Située à la limite septentrionale de la forêt dense semi-décidue Ntui est couverte en partie par les savanes péri-forestières (Letouzey, 1985). L'originalité du massif forestier du Mbam-et-Kim repose sur deux faits principaux. D'une part, il représente au sein de la zone de mosaïque forêt-savane du Centre-Cameroun un coin forestier s'enfonçant dans les savanes jusqu'à 6°30' N, ce qui est exceptionnel au Cameroun. D'autre part, à la différence des régions situées plus au sud du pays qui sont caractérisées par la présence de savanes herbeuses à lmperata cylindrica et Aframomum latifolium, la forêt dense humide semi-décidue à Sterculiaceae et Ulmaceae de type septentrionale est environnée par des savanes arbustives à Terminalia glaucescens, Bridelia ferruginea, Annona senegalensis, Hymenocardia acida, Piliostigma thoningii et Psorospermum febrifugum dont le couvert herbacé et surtout formé de Hyparrhenia diplandra et Hyparrhenia rufa (Letouzey, 1985). Les formations végétales plus ou moins fermées favorisent un microclimat relativement humide toute l'année. Et selon Annon (2000) la végétation du département du Mbam-et-Kim, est assimilée à la zone post-forestière. L'apport de matière organique fraîche est important et continu, les brûlis n'intervenant qu'au défrichement pour la mise en culture. Enfin dans toutes ces savanes péri-forestières on observe des Roniers (Borassus aethiopum) soit par pieds dispersés, soit en peuplement plus important comme le long de la Sanaga à hauteur de Mbandjock.

CHAPITRE II. MATÉRIEL ET MÉTHODES

Ø II.1. Matériel

II.1.1. La carte du site d'étude

La carte du site d'étudeest la localité de Ntui plus particulièrement les villages Bindalima II, Nachtigal et Nguette, considéré comme le territoire paysan (Fig. 2).

Fig. 2. Carte de localisation des groupements choisis pour l'étude(CHIMI, 2015).

II.1.2. Matériel de terrain

Pour atteindre les objectifs du présent travail, le matériel suivant a été utilisé:

- un appareil photo numérique de marqueSamsung a été utilisé pour prendre des illustrations de pratiques culturales et les images importantes;

- le guide d'entretien pour la collecte des informations d'entretien avec les paysans;

- un bloc-notes pour enregistrerles observations collectées sur le terrain;

- une fiche d'inventaire multi-ressource a permis d'inventorier les ressources fauniques et floristiques;

- un magnétophone incorporé dans un téléphone portable de marque Samsung pour la prise des voix afin de compléter les manques de prise de note;

- un ordinateur portable pour la saisie;

- un GPS (Global Positionning System) de marque Garmina permis de collecter les données géographiques.

Ø II.2. Méthodes

II.2.1. Données collectées

Les données collectées et traitées dans ce travail étaient composées des données primaires et des données secondaires.

II.2.1.1. Données primaires

Pour obtenir les données primaires, des descentes sur le terrain ont été effectuées. Au cours de ces descentes, le travail s'est réalisé en trois phases : l'enquête cadre auprès des autorités et des patriarches, les enquêtes socio-économiques auprès des ménages et la descente d'observation dans les unités de paysage.

II.2.1.1.1. Enquête cadre

La collecte des données sur le terrain s'est faite grâce à un questionnaire structuré en quatre sections : la représentation des changements climatiques, perception des effets des changements climatiques, adaptation face aux changements climatiques, et les acteurs sociaux consacrés à l'amélioration de l'environnement dans la localité. Elle s'est effectuée en deux étapes:

- la prise de contact et les formalités avec les autorités administratives. Pour cela, une interview s'est effectuée grâce au guide d'entretien;

- la prise de contact et formalités avec trois autorités traditionnelles. Au cours de cette étape, l'interview s'est plutôt réalisée pendant deux jours  auprès des autorités.

II.2.1.1.2. Enquêtes socio-économiques

b

251672064

a

251671040Les donnéesont étécollectées sur la base des interviews structurées et semi-structurées conçues suivant quatre sections. Lapopulation cibleétait constituée d'hommes et de femmes (Fig. 3), ceci dans l'optique decernerles perceptions des femmes sur les perturbations en cours telles qu'elles les ressentent dans leur quotidien. Le choix des enquêtéss'est effectué au hasard (20 individus et 1 focus group par village).

251675136

251676160

b

251674112

a

251673088

Fig. 3 . Interviews auprès des paysans : a. Village Nguette; b. Village Bindalima II.

II.2.1.1.2.1.Caractérisation des profils historico-écologique et socio-économique des exploitations agricoles des sites d'étude

Cette description s'est faite grâce aux interviews réalisées auprès des paysans en plus de l'enquête cadre qui s'est effectuée auprès des personnes ressources des différents villages en l'occurrence les Chefs de village, les catéchistes, les patriarches. Pour ce faire, une trame d'enquête préalablement établie et constituée de questions semi-ouvertes, un bloc-notes et du crayon, ont permis de poser des questions et de récolter les données utiles à l'étude. Les questions administrées concernaient l'histoire du village ; la composition sociale et les caractéristiques pédologiques et économiques de celui-ci, et surtout les faits marquants. Le soin a été pris pour formuler des questions relativement courtes pour qu'elles soient compréhensibles par les personnes interrogées.

Pour caractériser le profil socio-économique des paysans, les informations concernant l'enquêté grâce à un questionnaire semi-ouvert préalablement établi ont été recensées. Ces informations concernaient: les nom(s) et prénom(s) du paysan, le sexe, la tranche d'âge, la situation matrimoniale, la profession, la structuration dans le ménage, le groupe ethnique, l'origine, le niveau d'instruction, le statut résidentiel, membre d'une organisation paysanne, l'organisation du travail, l'estimation des ressources foncières et financières (en FCFA)/an), l'implication de la recherche et développement des ressources naturelles; l'occupation et appropriation des terres: allogène, autochtone (actuellement, au passé), femmes: droit aux terres, les espaces non exploitées; les activités de production: par ordre d'importance. La contribution des activités dans le revenu des ménages (en pourcentage).

II.2.1.1.2.2. Appréhension des perceptions des variations et changements climatiques et environnementaux chez les paysans

Les perceptions des variations climatiques et des changements environnementaux ont été capitalisées sur la base des perceptions des paysans sur les variations globales dans le temps et dans l'espace, les causes des changements, les manifestations des changements et les indicateurs des variabilités du climat local. La liste des indicateurs bioécologiques et environnementaux a été proposée aux habitants des villages et seize indicateurs ont été retenus.Il s'agit par exemplede la distribution des températures, distribution des pluies, quantité des pluies, la fréquence de la sécheresse etc. Les changements au niveau de ces indicateurs sont évaluésselon trois degrés(faible,moyen et élevé) suivant quatre périodes (actuellement, il y a 5 ans, il y a 10 ans et il y a plus de 10 ans) et les remarques pertinentes ont été consignées dans un bloc-notes prévu à cet effet. Les remarques pertinentes sontconsignées dans un bloc-notes prévu à cet effet. Les différentes données obtenues sont confrontées aux observations directes de l'environnement dans le but de confirmer ou d'infirmer leurs dires.Face à leurs différentes perceptions les paysans ont développé un certain nombre de stratégies d'adaptations.

II.2.1.1.2.3. Examen des savoirs et pratiques d'adaptation des paysans face aux variations climatiques et changements environnementaux

Pour capitaliser ces pratiques, cinq sous-thèmes ont été proposés aux locaux tels que les fluctuations climatiques/variations (stratégies adoptées pour lutter contre cette sécheresse très courte ou très prolongée, plantes consommées ou sauvages résistantes aux extrêmes sécheresses) climatiques ; les précipitations extrêmes (stratégies adoptées pour lutter contre des précipitations extrêmes, plantes adaptées aux extrêmes précipitations). Les différentes données obtenues sont confrontées aux observations directes des unités de paysages dans le but de confirmer ou d'infirmer leurs dires.

II.2.1.2. Données secondaires

Les données secondaires ont été obtenues de la revue documentaire en rapport avec les variabilités climatiques, l'environnement, la diversité biologique, la gestion et la conservation des ressources naturelles. Cette revue s'est effectuée dans les bibliothèques de l'Université de Yaoundé I, du « Center for International Forestry Research » (CIFOR), du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et du Centre de Documentation pour le Développement Rural (CDDR) et des thèses de master et de doctorat.

II.2.2. Observation directe et collecte des données cartographiques

II.2.2.1. Observation directe

L'observation directe peut-être définie comme une démarche de recherche qualitative qui vise l'enregistrement des actions perceptibles dans leur contexte naturel, en vue de la compréhension de l'environnement et des événements qui s'y déroulent (Mayer et al., 2000; Bailabar, 2007). En outre, des visites guidées dans chaque village en compagnie d'un conseiller représentant chaque localité ont été réalisées, en vue de compléter le formulaire d'enquête et d'avoir une compréhension plus nette des problèmes liés à l'utilisation de leurs ressources. La lecture des différents éléments du paysage a permis de présager le type d'interventionpaysanne. Les captures des images (images des plantes envahissantes, les images des cours d'eaux et bien d'autres) se sont faites grâce à l'appareil photo numérique prévu à cet effet. Tout ceci a été consigné dans un bloc-notes.

II.2.2.2. Collecte des données cartographiques

Les coordonnées géographiques ont été relevées dans chaque localité en fonction des unités de paysages identifiées grâce au GPS. Chaque point a été enregistré lorsque trois ou plusieurs satellites s'accorderaient sur l'écran du GPS. Ces données ont été consignées dans un bloc-notes pour une analyse ultérieure. Elle s'est déroulée pendant 72 heures (3 jours).

Ø II.3. Traitement et analyse des données

Les données recueillies ont été codifiées de manière personnelle pour obtenir une grille de dépouillement permettant de les analyser dans le sens des objectifs de l'étude. Les grands thèmes de l'étude ont été extraits et, pour chaque thème, les niveaux de réponse les plus fréquents ont été déterminés. La fréquence d'apparition des niveaux de réponse pour chaque thème a permis de déterminer l'importance du phénomène étudié. Le tableur Excel 2010 du programme Microsoft et les logicielsSPSS version 20.0 d'IBM, XLSTAT et SPAD version 4.0 ont servi l'analyse de différentes données.

Les données cartographiques récoltées ont été saisies dans Excel et insérées dans un logiciel SIG, en l'occurrence Arcgis 9.1. Ces données ont permis d'établir une carte des villages avec la localisation des différents ménages, des points d'eaux (éloignés ou proches des maisons) et certains champs de culture.

Après les analyses uni-variée et bi-variée qui ont essayé d'apporter une certaine compréhension à ces différents liens, les analyses des correspondances multiples (ACM) vont essayer à leur tour de confirmer ou d'infirmer.

Les résultats de l'analyse en composante multiple montrent que 100 % des perceptionssont expliquées par le plan factoriel composé des axes 1 et 2 représentant respectivement75,27 % et 24,74 % de l'inertie totale. L'axe 1 est formé par les variables changement de température saison pluvieuse >10 ans élevé (TSPE>10), changement quantité de pluie il y a 10 ans faible (QP10F), changement de température saison sèche il y a 5 ans faible (TSP5F) par actif et âge et niveau d'instruction par actif lui sont significativement associés. L'axe 2 par changement de température saison sèche il y a 5 ans faible (TSP5F), changement de température saison pluvieuse >10 ans élevé (TSPE>10), changement quantité de pluie il y a 5 ans faible (QP5F) et changement quantité de pluie actuellement faible (QPAF) par actif lui sont significativement associés (Fig. 17). Il en ressort que la variable sexe n'influence sur les perceptions. Par contre les variables niveau d'instruction et tranche d'âge ont une influence. D'où la gente féminine perçoivent les changements dans leur environnement au même titre que les hommes.

CHAPITRE III. RÉSULTATS ET DISCUSSION

Ø III.1. Résultats

III.1.1. Caractérisation des profils historico-écologique et socio-économique des exploitations agricolesdes sites d'étude

III.1.1.1. Caractérisation du profil historico-écologique et socio-économique des sites d'étude

La présente étude a été menée dans l'arrondissement de Ntui précisément dans les villages Bindalima II, Nachtigal et Nguette. On y distingue principalement deux groupes de population: les populations autochtones «Bàkí» aussi appelées «Ossananga» (Ossa'a medjo= voici le fleuve et nnangala medjié= voilà ma maison.) qui vivent dans la région depuis plusieurs générations et les populations allogènes ou immigrantes arrivées à la suite de la construction du pont sur la Sanaga en 1979 (Etons et Manguissas) auxquels s'ajoutent les Yambassas, les Bamilikés, les Toupouris, les ressortissants de la région du Nord-Ouest sans oublier les Maliens et les Nigériansrécemment installés.Les langues parlées sont letukí(le Tocenga [tòt?é?gà] parlé, dans les villages Kela, Kousse, Odon, Mbanga, Koro, Edjidingouli, Nguette, Essougli, Nachtigal etc.) et le Tumbele [tùmbélè] (parlé, dans les villages BiatsotaI, Biatsota II, Bindandjengué, Bindalima I, Bindalima II, Koundoung, Kombé, Bilanga etc.). Les habitants de Bindalima II sont issus d'une grande famille, ceux de Nachtigal forment trois grandes familles et Nguette plusieurs familles.

Ces villages sont identiques. Les Bàkí sont majoritairement des agriculteurs. Ils accordent un très grand intérêt aux cultures de rente, principalement le cacao, sans pour autant négliger les cultures vivrières. Les cultures vivrières sont très diversifiées dans cette partie du pays. Les Bàkí s'adonnent particulièrement à la culture des ignames (Dioscorea spp.), du maïs (Zea mays), des arachides (Arachis hypogea), du manioc(Manihot esculenta), du macabo (Xanthosema spp.), de la patate douce (Ipomoea batatas),du concombreet des cultures maraîchères. Cette préférence est basée d'une part sur les habitudes alimentaires, qui incluent une grande consommation de maïs frais (grillé), d'arachides bouillis(à la coque), de couscous et de bâton de manioc qui sont des dérivés du manioc amer. D'autre part, le choix de ces cultures est porté sur le revenu qu'elles procurent ; ce qui est le cas de l'igname blanche.Une nette répartition du travail de la terre est remarquée dans cette zoneagro écologique. Tandis que les femmes s'attellent aux cultures vivrières pour la survie quotidienne de la famille, les hommes sont beaucoup plus tournés vers la culture du cacao qui leur permet de réaliser de grands projets tel que la construction ou l'agrandissement de la maison familiale. Les cultures vivrières sont pratiquées en milieu savanicole et l'agriculture de rente (cacao) se faisant tant dans les galeries forestières et surtout actuellement dans les savanes. La coupe artisanale des espèces commerciales par les particuliers et l'agriculture itinérante sur brûlis entrainent une nette diminution des forêts galeries de même que la disparition des fruitsappelés localement «Mahoma'a» (espèce non déterminée), qui étaient consommés préférentiellement par les singes.La chasse est réduite à la récolte des petits gibiers (écureuils, castors etc.). L'activité pêche est réduite à sa plus simple expression, elle se fait uniquement dans les cours d'eaux car il n'existe pas d'étangs piscicoles. La cueillette du vin de palme est plus l'oeuvre des jeunes hommes et quelques hommes âgés, les femmes quant à elles récoltent les PFNL (Djansang, le poivre sauvage).Malgré les initiatives dans les associations, et les interventions de l'IITA (Nguette) à travers ses différents séminaires de formation, l'absence de formations en agriculture et environnementales sont à noter dans ces villages.

Malgré toutes les potentialités susmentionnées, ces villages semblent connaitre un développement lent car jusqu'à ce jour les routes sont dans un état piteux, les coupures du réseau électrique sont courantes. Ces villages n'ont pas de marché vivrier. Certains étrangers font l'achat des récoltes agricoles porte à porte. Ils écoulent ces produits au marché de Ntui ou les ramène à Yaoundé via le bac ou par pirogue à moteur de Nachtigal. Bien que les réseaux de téléphonie mobile soient au nombre de quatre au Cameroun, la localité est uniquement couverte par deux réseaux (MTN et Orange) qui accusent parfois des perturbations dans la transmission. De ce fait, les points de chute se trouvent sur des zones de haute altitude.Il est à noter que chaque ménage a presque son point de chute.

III.1.1.2. Caractérisation du profil socio-économique des exploitations agricoles

III.1.1.2.1. Caractéristiques socio-démographiques

L'échantillon de l'étude comporte 70 % d'hommes et 30 % de femmes ; 71,7 % de personnes en situation maritale,10 % célibataires ou divorcés et 8,3 % veufs/veuves. Parmi les personnes mariées, 12,1 % sont polygames, 87,9 % monogames.L'origine des enquêtés montre 81,7 % d'autochtones et 18,3 % d'allogènes dont 8,3 % sont Etons et Manguissas, 1,7 % Bulu, 6,7 % Yambassa, 1,7 % ressortissants du Nord-Ouest et Bamilékés et enfin 1,7 % maliens, Toupouris et Peuls.

Le niveau d'instruction des enquêtés constitue un élément central pour la compréhension des phénomènes environnementaux. Cetteinstruction permet aux paysans de mieux développer les stratégies d'adaptation, et d'amélioration de leur niveau de vie à travers des techniques résilientes. D'après les résultats, 71,7 % de personnes interrogées savent au moins lire et écrire tandis que 28,3 % n'ont suivi aucune éducation formelle. 30 % des enquêtés ont un niveau d'instruction supérieur au primaire (Fig. 4).

Fig.4. Répartition du niveau d'instruction des enquêtés.

Une absence considérable des infrastructures d'enseignement de niveau secondaire (lycée et collège) avec environ 20 % de la totalité des établissements dans les trois villagessont à noter.

III.1.1.2.2. Répartitiondu capital humain des ménages

Le ménage est dirigé par un homme dans 90 % des cas, secondé de sa femme, ses enfants, ses neveux et occasionnellement ses frères qui constituent la main d'oeuvre familiale. Dans 10 % des cas, l'exploitation est dirigée par une femme (veuve ou célibataire) seule ou accompagnée deses enfants et/ou petits-enfants et ses soeurs. Ceci montre que l'accès au statut de chef d'exploitation n'est pas dénié aux femmes. Les chefs de ménages ont en moyenne 5,05 enfants sous leur responsabilité (Fig. 5) ; soit en moyenne 9,87 garçons et 9,95 filles ayant plus de 20 ans et 9,74 garçons et 9,51 filles ayant de 5 à 20 ans.

Dans l'échantillon, 20 % des enquêtés font recours à la main d'oeuvre salariale;16,7 % aux associations et 63,3 % à la main d'oeuvre familiale; c'est donc dire que l'organisation du travail ne repose pas uniquement sur celle de ses membres.

Fig.5. Répartition du nombre d'enfants par ménage.

Les enquêtes socio-économiques réalisées dans les villages classent les paysans suivant le critère de l'âge. La classe d'âge des paysans de moins de 30 ans est 8,3 %, ce qui montre que les jeunes n'ont pas facilement accès aux terres et ne deviennent pas très tôt héritiers. Alors que 36,7 % des producteurs sont compris dans la classe d'âge de [46- 60 ans] et 35 % des paysans dans celle de [61ans et plus], (Fig. 6).

Fig.6. Répartition des enquêtés par classe d'âge.

Selon le critère appartenance à une association, les résultats montrent que 25 % des personnes de l'échantillonn'appartiennent pas à une organisation paysanne contre 75 % qui en font partie. Dans ces 75 % ; 15,6 % appartiennent à un GIC ; 24,4 % à une tontine (association comparable à une banque villageoise) ; 15,6 % à la fois à un GIC, à une coopérative et à une tontine ; et 19,4 % à la fois à un GIC et à une tontine. Sur les 60 paysans interrogés, 73,3 % se considèrent prioritairement comme agriculteurs (58,3 % agriculteurs et 15 % fonctionnaires retraités convertis en agriculteurs), (25,5 % ont suivi une formation agricole et 74,5 % n'en ont jamais suivi)(Fig. 7).

Fig.7. Répartition des enquêtés en fonction de l'activité prioritaire.

III.1.1.2.3. Le mode d'acquisition des terres

Le mode d'acquisition des terres se fait de façon différente de nos jours comparé au passé. La population interrogée estime que dans le passé, 90 % d'allochtones obtenaient les terres par location contre 10 % par achat direct ou après location. Ainsi, 70,3 % d'autochtones rentraient en possession des terres par le système de mise en valeur, 13 % par le système de donation et 16,7 % par héritage. Cette distribution de terre ne tenait compte d'aucune norme juridique.De nos jours, 56,7 % des allogènes entrent en possession des terres par achat alors que 43,3 % le font par location. En ce qui concerne les autochtones, 53,3 % entrent en possession des terres par héritage et 46,7 % par achat. De plus, cette distribution des terres tient progressivement compte des normes juridiques en vigueur.Selon les populations, l'héritage et l'achat sont les seules formes d'appropriation définitive de l'espace foncier. Concernant l'héritage, les enfants de tout sexe sont susceptibles d'hériter des terres.

III.1.1.2.4. Caractéristiques du potentiel socio-économiques des ménages

L'analyse montre que les principales activités menées dans la localité sont: l'agriculture, la cueillette, la pêche, la chasse et le petit élevage. Par ordre d'importance, l'agriculture représente 63,7 %, le petit élevage 16,7 %, la cueillette 14,6 % ; la pêche 3% et la chasse 2 %. Les populations de Bindalima II, Nachtigal et Nguette exercent diverses activités qui se trouvent également être des sources potentiellesde revenus comme la vente des produits issus de la culture du cacao qui contribue de façon générale à 52,3 % aux revenus finaux des ménages, la vente des produits provenant d'autres activités (pêche, chasse etc.) contribue à renforcer les revenus du cacao avec 29,7 % pour les vivriers, 4 % issus des PFNL, 2 % du maraicher, 4 % de la pêche, 6 % du petit l'élevage, 2 % de la chasse.

De plus dans l'échantillon étudié, 48,3 % exploitent moins de 5 ha; 28,3 % ont une superficie terrienne cultivée allant de 5-10 ha, 21,7% ont plus de 15 ha et 1,7 % seulement ont entre 10 -15 ha. De même, la majorité des individus (71,7 % des enquêtés) gagnent plus de 300.000 Fcfa/an, 20 % des enquêtés ont un gain de 200-300.000 Fcfa/an, 6,7 % de 100-150000 Fcfa/an et le reste des enquêtés (1,7 %) a un gain de moins de 100000 Fcfa/an.

III.1.2. Traits caractéristiques des perceptions des variations et changements climatiques et environnementaux chez les paysans

III.1.2.1. Traits caractéristiques des savoirs traditionnels et locaux local sur le climat

Par rapport aux saisons standards qui sont quatre les acteurs ou les enquêtés ont mentionnent que selon leur culture les saisons sont divisées en six et connaissent des perturbations:

- Mbwa'a: allant de janvier à février. Littéralement, le mot signifie envahissement des champs par les herbes. Jadis, cette saison intervenait au début du mois de janvier. Depuis les années 1980-1985, cette saison connait d'énormes perturbations dues aux imprécisions climatiques.

- Ossobolo'o: c'est-à-dire dès les premières pluies. C'est la toute première pluie qui tombe après le Mbwa'a. Elle annonce le démarrage effectif de la saison des pluies. Elle tombait à la fin du mois de février début mars. Elle arrivait avec, un vent non violent. C'est après cette pluie que les premiers labours commençaient suivis des premiers semis. « Mais depuis la période des années 80 à 90, cette pluie a disparu ou vient de façon irrégulière.»

- Odimbili: s'étendant de mai à juin. C'est la période de semis proprement dite. Actuellement elle n'est plus respectée.

- Ongueme: signifie une pluie qui humidifie. Elle tombe en fines gouttelettes ou cordes. Cette pluie jadis facilitait la récolte rapide des arachides, patates, ignames, manioc. Elle se manifestait plus en août. « L'Odimbili accuse tellement de retard que nous tendons vers une incertitude des saisons. La saison commence en août parfois et souvent avant et on distingue plus l'Ongueme de l'Odimbili. On n'observe pratiquement plus l'Ongueme. C'est ce à quoi on assiste actuellement ».

- Mengho'o: allant de septembre à octobre, elle correspond à la montée des eaux. Elle se manifestait par la sortie des eaux de leurs lits et engendrait des dégâts colossaux. « Actuellement et cela depuis l'année 1985, elle est gravement perturbée dus à plusieurs facteurs comme la perturbation du régime naturel de la Sanaga»

- Yondo'o: C'est une période d'étiage, c'est-à-dire baisse des eaux. En effet, sa venue coïncidait avec la période de récolte des arachides de la deuxième campagne. C'était aussi la période opportune dont disposaient les producteurs d'igname ayant accusé du retard, pour procéder aux réalisations de buttes et aux plantations des semenceaux. «Cette saison n'est plus respectée de nos jours.»

«Le climat n'est plus comme le climat dentant. Actuellement on ne saurait expliquer avec précision les saisons mieux encore les situer dans le temps et l'espace». Les zones d'intervention ont connu un certain nombre d'événements tant sur le plan écologique que social : grande crue des cours d'eau, très longue sécheresse d'environ six mois d'affilé, amplification des vents violents etc. On peut retrouver les différents événements environnementaux globaux ayant marqué la localité aux annexes de ce document.

III.1.2.2. Perceptions socio-anthropologiques des variabilités climatiques

Les populations locales sont quasi-unanimes quant à l'existencedes variabilités climatiques, soit environ 95 % de l'échantillon.D'après elles, ces variabilités s'expriment par une mauvaise répartition temporelle des saisons sèches et pluvieuses, une augmentation des températures et une amplification de la fréquence des vents et une apparition des espèces invasives (criquet, chenille, etc.) des cultures. Les populations pensent que les causes de ces changements sont : le déboisement des quelques rares galeries forestières de la zone d'étude pour 49,3 % des cas, le non-respect des normes sociales promues par les croyances traditionnelles avec 25 % et la punition due à la désobéissance des divinités dans 25,7 % des cas.

Elles supposent ainsi quela perturbation de la saison agricole serait l'un des éléments les plus affectés par le changement climatique du fait de la hausse des températures, la variabilité accrue des saisons pluvieuses et sèches, de même que l'amplification des vents violents. De ce fait, 58,4 % des répondant(e)s prétendent que les changements climatiques se manifestent dans leur localité par des saisons sèches plus ou moins longues; 23,3 % quant à eux estiment que l'intensité et la récurrence des vents violents sont plus accentuées. Enfin, 18,3 % sous-tendent que les manifestations sont les sécheresses ou pluies inopinéesou absentes aujourd'hui.

III.1.2.3. Perception paysanne des indicateurs de variabilités climatiques

III.1.2.3.1. Distribution des températures et vents violents

Ø Tendance thermométrique

Le changement de température pendant la saison sèche ainsi que pluvieuse est très perceptible par la majorité des populations locales (Tableau I). D'après les enquêtés, durant ces dix dernières années 83,3 % pensent que les températures ont été élevées en saison sèche et 77,3 % en saison pluvieuse. De plus, sur l'ensemble de l'échantillon, 80,15 % des hommes et 90,74 % des femmes estiment que les températures sont élevées en saison sèche. Avant, l'a martelé un enquêté : « Endécembre, début janvier 1980 il faisait très frais mais actuellement (décembre 2015) on est très incertain quant à la venue de cette fraicheur. Depuis l'année 2000, les températures ont changé pendant la saison sèche, les nuits sont très fraiches.»

Tableau I. Perceptions de la distribution des températures durant les 10 dernières années.

 

Période

Saisons

Perception de la température

Actuellement (2015)

(%)

Il y a 5 ans (%)

Il y a 10 ans (%)

Il y a plus de 10 ans (%)

saison sèche

Faible

0

0

0

10

Moyen

3,3

8,3

38,3

85,0

Elevée

96,7

91,7

61,7

5,0

saison pluvieuse

Faible

3,3

1,7

10,0

61,7

Moyen

66,7

83,3

81,7

35,0

Elevée

30,0

15,0

8,3

3,3

Ø Fréquence des vents violents

Les enquêtés (71,7 %) estiment quele changement dans la fréquence des vents la plus élevée s'est observée durant ces dix dernières années. Les statistiques montrent d'après la répartition d'âge que 86,67 % de jeunes âgés de moins de 30 ans, 75 % âgés entre 31 et 45 ans, 83,33 % âgés entre 46 et 60 ans et 82,53 % âgés à partir de 61 ans affirment que le changement dans la fréquence des vents violents s'est vu en hausse ces dix dernières années; ces tranches prises séparément (Tableau II). Les signes qui précèdent l'arrivée des vents violents sont entre autres le virement de la couleur des nuages de blanche à rouge rosâtre, l'affolement des animaux surtout les oiseaux, etc. (Fig. 8c). Selon les paysans ces vents engendrent des dégâts importants: destruction des champs et arrachage des toitures des habitations (Fig. 8a et 8b).

Tableau II. Perception de la violence des vents en fonction du niveau de l'âge.

 

Période

Tranche d'âge de l'échantillon

Perception de la fréquence des vents violents

Actuellement (2015)

(%)

Il y a 5 ans

Il y a 10 ans

Il y a plus de 10 ans

Moins de 30 ans

Faibles

0

0

0

0

Moyens

20

0

20

80

Elevées

80

100

80

20

31-45 ans

Faibles

8,33

8,33

8,33

16,67

Moyens

16,67

8,33

25

66,67

Elevées

75

83,33

66,67

16,67

46-60 ans

Faibles

0

0

4,5

13,63

Moyens

9,09

9,09

27,27

77,27

Elevées

90,90

90,90

68,18

9,09

61 et plus

Faibles

4,76

4,76

4,76

14,28

Moyens

4,76

9,52

23,81

66,67

Elevées

90,47

85,71

71,42

19,04

c

251652608

b

251649536

a

251654656

Fig.8. Effet des vents violents (a: arrachage de toiture à Nachtigal: b: arrachage de toiture à Bindalima II ; c: signe précurseur des vents violents).

III.1.2.3.2. Perceptions des changements de la fréquence et l'ampleur des précipitations

Sans aucun doute, dans la localité le changement dans la distribution des précipitations est perçu par tous. Ce changement connait une haussecesdix dernières années pour environ57,14 % d'hommes et 53,70 % de femmes. Par ailleurs,50 %de femmes et 50 % hommes affirment que le changement de la distribution était moyen il y a plus de 10 ans(Tableau III). Comme l'a si bien déclaré un des enquêtés: «Les pluies tombent soit avant, soient après la période où elles sont censés tomber. Actuellement, ces perturbations sont très récurrentes. Le retard des pluies ou des petites rosées (Onguémé en langue locale) en août2015 a entrainé la sécheresse et le jaunissement des cherelles des cacaoyers, les ignames d'août n'ont pas été récoltées à la bonne période.Si les pluies, attendues à un mois précis ne viennent pas, le bouleversement engendré se répercute sur les autres mois. Les premières pluies avant débutaient en mars, actuellement elle débute en mai-juin.» affirme un enquêté.

Tableau III. Perceptions dans le changement de la distribution des précipitations.

 

Période

Sexe

perception distribution des précipitations

Actuellement (2015)

(%)

Il y a 5 ans (%)

Il y a 10 ans (%)

Il y a plus de 10 ans (%)

Homme

Faibles

7,14

7,14

11,91

35,71

Moyens

33,33

38,1

30,95

50

Elevées

59,52

54,76

57,14

14,28

Femme

Faibles

5,56

5,56

5,56

38,89

Moyens

38,89

38,89

44,44

50

Elevées

55,56

55,56

50

11,11

Les populations locales sont quasi-unanimes quant à la baisse de la quantité des précipitations. 69,84 % d'hommes estiment que le changement dans la quantité de pluies a été élevé ces dix dernières années par contre 59,52 % estiment que ce changement était moyen il y a plus de 10 ans. La gente féminine quant à elle pense que ces dix dernières années le changement dans la quantité est élevée et moyenne il y a plus de 10 ans; à 75,92 % et 72,22 % des cas respectivement (Tableau IV). «Il pleut abondamment pendant une année et pendant une autre il ne tombe pas la même quantité de précipitations. Il est à noter que quand il ne pleut pas en septembre, octobre, novembre on se retrouve en janvier et février avec des pluies diluviennes.Les pluiesont beaucoup diminuées et ne sont pas distribuées de manière uniforme.» tels sont les propos recueillis lors de l'interview auprès d'un paysan.

Tableau IV. Perception dans le changement de la quantité des pluies.

 

Période

Sexe

perception de la quantité de pluie

Actuellement (2015)

(%)

Il y a 5 ans (%)

Il y a 10 ans (%)

Il y a plus de 10 ans (%)

Masculin

Faibles

7,14

7,14

9,52

26,2

Moyens

19,05

21,43

26,2

59,52

Elevées

73,81

71,43

64,29

14,28

Féminin

Faibles

11,11

11,11

5,56

22,22

Moyens

11,11

11,11

22,22

72,22

Elevées

77,78

77,78

72,22

5,56

III.1.2.3.3.Perception de la fréquence et durée de la saison sèche

Globalement, quel que soit le sexe, le changement dans la durée de la sécheresse de même que dans la fréquence de la saison sèche sont ressentis dans la localité ces dix dernières années (Fig. 9 et 10). 84 % des personnes ayant fait des études primaires, 83,31 %des études secondaires, 83,5 %des études supérieures, et 84,29 % des personnes n'ayant reçu aucune formation éducationnelle affirment que le changement dans la durée de la saison sèche est élevé ces dix dernières années. De même, 93,2 % de personnes ayant au moins 30 ans d'âge, 80,5 % ayant entre 31 et 45 ans, 84,8 % ayant un âge compris entre 46 et 60 ans, et 79,57 % de personnes ayant 61 ans et plus pensent que le changement dans la durée de la saison sèche est élevée ces dix dernières années.

Fig.9. Perceptionsdu changement de la durée de la saison sèche.

En ce qui concerne le changement dans la fréquence de la sécheresse, 93,33 % des enquêtés ayant moins de 30 ans, 88,89 % ayant entre 31 et 45 ans, 75,75 % ayant entre 46 et 60 ans, et 88,88 % ayant 61 ans et plus pensent que la fréquence est élevée ces dix dernières années. Les résultats révèlent également que 84 % de l'échantillon ayant effectués les études primaires, 87,5 % le secondaire, 83,33 % le supérieur et 82,35 % une formation informelle affirme que ce changement est élevé ces dix dernières années.

Fig.10. Perception du changement de la fréquence de la rudesse de la saison sèche.

III.1.2.4. Principaux impacts de la variabilité climatique et changements environnementaux vécus par les paysans

III.1.2.4.1. Sur le rendement agricole

Le calendrier agricole classique est de plus en plus abandonné du fait de la forte variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie; ceci impacte de façon plus ou moins significative les rendements agricoles. Pour 53,33 % d'enquêtés âgés de moins de 30 ans, la variation du calendrier agricole est très fréquente ces dix dernières années. 78,82 % des paysans producteurs ayant 31 à 61 ans et plus d'âge pensent que la variation du calendrier agricole est très fréquente ces cinq dernières années.

79,97 % d'hommes et 77,22 % de femmes estiment que le changement dans la fréquence des rendements agricoles est élevé ces dix dernières années (Tableau V). De même, 86,6 % de personnes âgés de moins de 30 ans d'âge, 63,83 % personnes âgés entre 31 et 45 ans, 77,27 % de personnes âgées entre 46 et 60 ans et 80,90 % de personnes âgées de 61 ans et plus pensent également que le changement dans la fréquence des rendements agricoles est élevé ces dix dernières années.« Jadis les paysans faisaient des rites consistant à avoir des meilleurs rendements en champs. Ils se déroulaient généralement au mois de novembre de chaque année. Depuis un certain temps ces rites sont négligés. Actuellement (2015) nous travaillons sur des grandes surfaces mais les productions sont peu abondantes par contre, dans le passé une petite surface cultivée produisait assez pour nourrir toute la famille et se faire un peu d'argent. Les ignames qu'on mangeait en août avant ne sont plus mangées actuellement à la même date. On récoltait des ignames ayant environ un mètre de long mais depuis un certain nombre d'années on n'obtient plus des ignames de ce calibre.Ceci entrainela baisse de revenus et du pouvoir d'achat, l'exode rural, la famine (prolongation de la période de soudure, et les modifications des habitudes culturales).»affirment les enquêtés à l'unanime.

Tableau V. Perception dans le changement de la fréquence des rendements

 

Période

Sexe

Perception de la fréquence des rendements

Actuellement (2015)

(%)

Il y a 5 ans (%)

Il y a 10 ans (%)

Il y a plus de 10 ans (%)

Masculin

Faibles

7,14

7,14

23,80

64,28

Moyens

19,04

9,5

,38

11,90

Elevées

73,80

83,33

73,802

23,80

Féminin

Faibles

0

0

55,5

50

Moyens

38,89

11,11

11,11

16,67

Elevées

61,10

88,89

83,33

33,33

III.1.2.4.2. Sur la disparition/ apparition de certaines espèces végétales

La disparition des espèces végétales sont les indices qui permettent aux paysans de mieux percevoir les changements dans leur environnement. De ce fait, 40 % des enquêtés ont constaté que l'arbre sapelli devient de plus en plus rare ceci depuis environ cinq ans. Depuis dix ans 33,33 % d'enquêtés pensent que les arbres acajou, pachi et padouk se font de plus rares. De même, 33,33 % ont constaté que le bété, l'iroko, le bossé et le lotofa se raréfient il y a plus de 10 ans. Les espèces cultivables telles que le sésame et le taro sont de plus en plus abandonnées au profit du haricot et du voanzou.

En ce qui est de l'apparition des nouvelles espèces dans la localité, elle date des années 80. Elle est moyenne durant les dix dernières années d'après 69,04 % d'hommes et 66,67 % de femmes. Trois espèces envahissantes sont énumérées par les habitants et constatées lors de la descente dans les unités de paysages. Il s'agit de Chromolaena odorata, Mimosa invisa et Indigofera sp. (Fig. 11).

a

251656704

c

251658752

b

251655680

Fig. 11. Quelques espèces envahissantes des cultures (a: Chromolaena odorata, b:Mimosa invisa,c:Indigofera sp.).

III.1.2.4.3. Sur la disparition/ apparition de certaines espèces animales

La disparition de certaines espèces animales est en augmentation ces cinq dernières années. De ce fait, 53,57 % d'hommes et 66,65 % de femmes estiment que cette disparition a été élevée il y a plus de 10 ans.Lors des interviews, les enquêtés unanimement affirment que cela est dû d'une part à la pollution sonore émise par plusieurs enginstels que les tronçonneuses et d'autre part à la destruction des galeries forestières ; ceci ayant entrainé la migration de ces animaux dans les forêts voisines telle celle de Yoko. Pour la pêche, la diminution de la diversité des produits de pêche est due d'une part aux déversements des produits phytosanitairesutilisés dans la culture du cacao dans les cours d'eau et d'autre part à la pêche abusive menée par les pêcheurs.

L'analyse des données montre que les espèces devenant de plus en plus rares peuvent être classées par périodes. En effet, 44,4 % des enquêtés ont énuméré les cailles sauvages, pintades, biches, lièvres, civettes, écureuils et castors pour la période «il y a 5ans». Pour la période «il y a 10 ans», 50 % des paysans ont recensés les petits singes, sangliers, pangolins nains et vipères et enfin 48,3 % d'enquêtés ont cités pour la période «il y a plus de 10 ans», les buffles, chimpanzés, gorilles, phacochères, crocodiles et serpents boa.

Parlant d'apparition d'animaux,les insectes sont les plus concernés. Plusieurs paysans affirment que les chenilles défoliatrices de cacao (zass en langue Bulu) ont séjournées dans les plantations de cacao durant des années à l'arrivée des premières pluies (2005, 2013, mars 2014, janvier 2015). Les sauterelles ne sont pas en reste. En effet, elles arrivent par saison et dévastent des surfaces considérablesde plantation vivrières et cacaoyères (2008 à Bindalima II). De fait, ces apparitions sont élevées les dix dernières années et moyennes il y a plus de dix ans.

III.1.2.4.4. Sur la recrudescence des maladies des cultures/animaux

Les maladies sur les plantes ont augmenté (élevées) cesdernières années. 73,3 % d'enquêtés déclarent que cette recrudescence élevée actuellement (2015), et 75 % «il y a 5 ans». Par contre, il y a 10 ans et plus 54,15 % d'individus estiment que la recrudescence des maladies sur les cultures était, moyenne. Lors des enquêtes et des descentes sur le terrain le constat s'est fait sur le pourrissement des tubercules de manioc, les différentes maladies sur le cacaoyer, la chute des mandarines et orangers, les capsides sur les orangers. En ce qui concerne le pourrissement des tubercules de manioc dans l'échantillon enquêté, on a 95 % et 85 % respectivement pour les périodes actuelles et d'il y a 5 ans soit environ 90 % se plaignent du pourrissement des tubercules de manioc immature ces cinq dernières années ; ce phénomène était peu fréquent il y a plus de 10 ans. La recrudescence des maladies varie avec les pluies et les saisons; l'a révélé un paysan.

La recrudescence des épidémies d'animaux domestiques (maladie sur crête des coqs), la mort des chèvres et poules, la peste bovine sont quelques cas observés d'après les propos recueillis.De ce fait, 91,7 % estiment que cette recrudescence est élevée ces cinq dernières années et 66,65 % quant à eux déclarent que cette dernière est moyenne il y a 10 ans et plus (Fig. 12).

Fig.12. Recrudescence des maladies sur les animaux domestiques

III.1.3. Examen des savoirs et pratiques d'adaptation des paysans face aux variations climatiques et changements environnementaux

III.1.3.1. Pratiques d'adaptation face à la rudesse de la saison sèche et aux précipitations extrêmes

Ø Pratiques d'adaptationface à la rudesse de la saison sèche

Les résultats indiquent que 38,3 % d'interrogés présage la sècheressepar la lecture des mouvements de certains oiseaux ; 33,3 % par le comportement de certaines espèces végétales et 28,4 % par la combinaison des deux pratiques. Pour faire face à cet aléa climatique, les paysans font recours à un certain nombre de pratiques : 83,3 % défrichent avant le semis contre 16,7 % après récolte. Le brûlis, la préparation des billons et le labour, sont pratiqués avant le semis par tous les paysans. Par ailleurs, 75 % des enquêtés pensent qu'il existe des plantes consommées et /ou sauvages résistantes aux extrêmes sécheresses contre 25 % qui ne le pensent. Ces espèces permettent à combattre la sécheresse (Tableau VI et VII).

Tableau VI. Plantes consommées résistantes aux extrêmes sécheresses

Espèces
Fréquence(%)
Cucumus mochata, Musa acuminata, Mahinot esculenta
28,3
Dacryodes edulis, Mangifera indica/ Mangifera foetida,Theobroma cacao,Cucumeropsis manii,Saccharum officinarum, Capsicum frutescens
71,7

Tableau VII. Plantes sauvages résistantes aux extrêmes sécheresses.

Espèces

Fréquence(%)

Chromolaena odorata, Ricinodendron heudelotii

33,3

Imperata cylindrica, Pennisetum spp.

31,1

Imperata cylindrica (chaume), Chromolaena odorata

24,4

La plupart des grands arbres

11,1

Ø Pratiques d'adaptations face aux précipitations extrêmes

Face aux précipitations extrêmes, les paysans développent plusieurs stratégies. 46,6 % abandonnent le site; 22,4 % recommencent le semis de la plante; 19 % utilisent les plantes cultivées adaptées à cette situation et 12,1 % ne font rien. Des stratégies suscitées, 73,3 % ont répondu par l'affirmative en ce qui concerne les plantes adaptées aux extrêmes précipitations contre 26,7 % par la négative. De ces 73,3 %, 40 % ont énuméré le plantain et le cacaoyer; 22,7 % lebananier, le melon, et l'igname; 20,5 % leplantain, le cacaoyer, le bananier, le melon, l'igname, le manguier, le safoutier et la plupart des grands arbres et 15,9 % le manguier et le safoutier.

III.1.3.2. Pratiques d'adaptation de gestion des champs

Face aux insectes nuisibles (pucerons, fourmis, etc.), 60 % de paysans abandonnent la parcelle et attendent l'intervention de la délégation en charge de l'agriculture contre 40 % qui développent des stratégies adaptatives. De ces 40 %, 39,3 % font recours aux insecticides, 41,1 % font des épandages de cendres de bois et 19,6 % coupent les plants attaqués.

Pratique quasi-inexistante dans la région il y a plus de 10 ans, l'association et la rotation de plusieurs cultures sur une même parcelle au cours d'une même année se généralise progressivement passant d'environ 4 paysans sur 10 depuis un peu plus de 10 ans à environ 8 paysans sur 10, plus récemment. De ce fait, face aux variabilités climatiques constatées 6,7 % des paysans utilisent les fertilisants organiques (fientes de poules, crottes de porcs), 13,3 % procèdent à l'association des cultures, 18,3 % à la rotation des cultures, 23,3 % à la jachère, 10 % à l'association des cultures et à la jachère et 28,3 % font recours à la rotation des cultures et la jachère.

Pour contrecarrer les feux de brousses, les enquêtés font des «ceintures de sécurité» qui consiste à défricher les abords de leurs surfaces cultivées de deux à trois mètres de large. Pour pallier à la baisse de production, 45 % de paysans pratiquent des jachères allant de cinq à sept ans, d'autres par contre (11,7 %) font recours aux variétés améliorées, 18,3 % des paysans producteurs utilisent les fertilisants chimiques et 25 % finalement pratiquent la jachère et la rotation des cultures.

III.1.3.3. Pratiques d'adaptation face la prolifération des ravageurs

Face à la prolifération des criquets/ invasion des chenilles, 40 % des enquêtés font recours aux insecticides, 36,7 % font recours à un agent agricole de l'Etat pour une intervention et 23,3 % utilisent des savoirs locaux pour fabriquer des produits à base des cendres issus des foyers à bois. En ce qui concernent les maladies: le pourridié, la pourriture brune du cacaoyer..., 78,3 % utilisent les fongicides et pesticides chimiques. Pour la baisse de la productivité des arbres fruitiers, 46,7 % utilisent des pesticides, fongicides et fertilisants chimiques contre 53,3 % qui ne font rien.

III.1.3.4.Pratiques liées aux changements du calendrier agricoleet à l'adoption de nouvelles variétés et culture attelée

Ø Changement du calendrier agricole

Le calendrier agricole classique est de plus en plus abandonné du fait de la forte variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie. 76,65 % des paysans enquêtés affirment d'avoir accusé un retarddans la mise en place des cultures ces cinq dernières années. Cet abandon du calendrier agricole empirique confirme les informations issues des interviews sur le terrain résumées par ces propos d'un enquêté : « le calendrier agricole paysan, depuis plus d'une demi dizaine d'années, se comporte comme la monnaie nigériane : le Naïra, c'est-à-dire il est parfois propice aux rendements et parfois pas.»

Ø Abandon/ adoption de nouvelles cultures ou variétés de cultures

Face aux irrégularités pluviométriques, 21,7 % d'agriculteursont abandonné les variétés classiques de maïs à cause de leur cycle long et de leur faible rendement pour de nouvelles variétés de maïs à rendement élevé, éventuellement avec des opportunités économiques satisfaisantes.

Face à la récession pluviométrique et les besoins croissants d'accès au revenu, les paysans expriment de plus en plus un intérêt pour les nouvelles variétés adaptées à la réduction de la durée des saisons. Ils estiment que ces variétés pourraient diminuer le risque de mauvaise récolte. De ce fait, 73,3 % ont recourt aux nouvelles variétés et 26,7 % restent figés aux variétés léguées par leur ancêtres. Parmi ces 73,3 %, 53,3 % ont recours aux variétés améliorées (maïs, cacaoyer...) (Fig. 13) et 46,7 % font recours aux variétés venant d'autres localités. C'est le cas des ignames «abong-mbang» provenant de la Lékié voisine.

a

251661824

b

251660800

Fig.13. Quelques variétés améliorées adaptées à la réduction de la durée de saison (a: maïs; b: cacaoyer de variété Criollo).

Ø Cultures attelées

Une autre adaptation aux risques climatiques est l'association culturale (culture attelée), (Fig. 14). Sicertainsenquêtés (18,3 %) n'ont pas recourt à cette pratique, 81,7 % la justifient par le souci de sécurité alimentaire et nutritionnelle du ménage et les opportunités économiques qu'elle offre.

b

251662848

c

251664896

a

Fig.14. Culture attelée (a et b: maïs-haricot ; c: maïs-manioc).

III.1.3.5. Pratiques liées à l'utilisation des intrants agricoles pour réduction de faible rendement et limitation des effets des maladies

La principale raison de l'augmentation de l'utilisation des intrants agricoles (engrais, herbicides et insecticides) est la recrudescence des maladies sur les cultures ou le faible rendement de ces dernières (cacaoyer, manioc...). Environ 61,7 % font usage des engrais chimiques contre 18,3 % qui utilisent les engrais locaux (fientes de poules, crottes de porcs). En ce qui concerne l'usage des pesticides chimiques, 73,3 % de paysans les utilisent contre seulement 16,7 % qui ont développé des pesticides biologiques à base des feuilles de l'espèce Tithonia diversifolia (Asteraceae).

III.1.3.6.Corrélation entre les perceptions- stratégie paysanne d'adaptation face aux variabilités climatiques

Ø Niveau de cohérence entre les perceptions paysannes et les résultatssur l'évolution des précipitations et températures

Les changements climatiques peuvent être considérés comme une variation statistiquement significative de l'état moyen du climat et de sa variabilité, persistant pendant une période prolongée (généralement des décennies). Les facteurs du climat qui sont considérés dans la détermination de ces indicateurs des changements climatiques sont les précipitations (hauteurs et nombres de jours de pluies) et les températures maximales et minimales. Les perceptions paysannes notées étant essentiellement liées au déroulement de la saison pluvieuse, les modifications du facteur pluviométrie seront analysées à travers son influence sur la saison pluvieuse. Les données pluviométriques utilisées sont celles du poste d'observation de Ntui (2013 et 2014).

Ø Analyse des tendances pluviométriques (2013 et 2014) à Ntui

L'étude des paramètres pluviométriques permet d'examiner les modifications éventuelles qu'il y a eu ces deux (2) années. Pour ce faire, la pluviométrie a été caractérisée dans le but de comparer l'évolution de celle-ci au cours des 2 années. Un aperçu sur l'évolution des hauteurs pluviométriques annuelles et du nombre de jours pluvieux par années est perceptible (Fig. 15 et 16).L'analyse montre une variation des hauteurs pluviométriques annuelles avec des maximums en octobre, avril et mars brutale et minimum août, juillet et janvier pour l'année 2013. Par contre l'année 2014 a eu les maximums en août, juin et septembre et des minimums en février et décembre. Ces résultats révèlent bien que ces années se succèdent, elles ont une évolution différente. Ils confirment les perceptions des producteurs.

Ø Analyse des tendances thermométriques

En dehors de la pluviométrie, la température est un paramètre climatique qui affecte le cadre de vie aussi bien des hommes que des animaux et végétaux. Ayant aussi marqué les populations par son évolution, est présenté ici l'évolution de la température des années 2013 et 2014. La tendance thermométrique annuelle présentée montre qu'il n y a pas une grande différence entre les deux années. Cependant, l'année 2014 a connu cinq mois où les températures ont été élevées (quatre mois successifs). De même l'année 2013 a connu aussi cinq mois (non successifs) avec des températures élevées. Les affirmations des producteurs sur la hausse des températures sont confirmées.

Fig.15. Diagramme ombrothermique (année d'observation 2013; Poste d'observation: Ntui)

Fig.16. Diagramme ombrothermique (année d'observation 2014; Poste d'observation: Ntui)

Ø Relation entre perceptions et trajectoires de vie des paysans producteurs

Après les analyses uni-variée et bi-variée qui ont essayé d'apporter une certaine compréhension à ces différents liens, les analyses des correspondances multiples (ACM) vont essayer à leur tour de confirmer ou d'infirmer.

Les résultats de l'analyse en composante multiple montrent que 100 % des perceptionssont expliquées par le plan factoriel composé des axes 1 et 2 représentant respectivement75,27 % et 24,74 % de l'inertie totale. L'axe 1 est formé par les variables changement de température saison pluvieuse >10 ans élevé (TSPE>10), changement quantité de pluie il y a 10 ans faible (QP10F), changement de température saison sèche il y a 5 ans faible (TSP5F) par actif et âge et niveau d'instruction par actif lui sont significativement associés. L'axe 2 par changement de température saison sèche il y a 5 ans faible (TSP5F), changement de température saison pluvieuse >10 ans élevé (TSPE>10), changement quantité de pluie il y a 5 ans faible (QP5F) et changement quantité de pluie actuellement faible (QPAF) par actif lui sont significativement associés (Fig. 17). Il en ressort que la variable sexe n'influence sur les perceptions. Par contre les variables niveau d'instruction et tranche d'âge ont une influence. D'où la gente féminine perçoivent les changements dans leur environnement au même titre que les hommes.

Fig.17. ACM sur les perceptions paysannes face aux variabilités climatiques et changements environnementaux.

Indicateurs : SP=température pendant la saison pluvieuse; SS=température pendant la saison sèche; FVV=fréquence des vents violents; QP=quantité de pluie; FP=fréquence des pluies.

Périodes : AE=actuellement élevé; AM=actuellement moyen; AF=actuellement faible; 5E=5ans élevé; 5M=5ans moyen; 5F=5ans faible; 10E=10ans élevé; 10M=10ans moyen; 10F=10ans faible; >10E=plus de 10 ans élevé; >10M=plus de 10 ans moyen; >10F=plus de 10 ans faible.

Ø Relation entrepratiques d'adaptationet trajectoires de vie des paysans producteurs

Les résultats de l'analyse en composante multiple montrent que 84,12 % des pratiques d'adaptationsont expliquées par le plan factoriel composé des axes 1 et 2 représentant respectivement58,22 % et 25,90 % de l'inertie totale. L'axe 1 est formé par les variables :pas Association des Cultures (AC non), Lutte contre les extrêmes Précipitations rien à signaler (LCEP ras), Lutte contre les extrêmes Précipitations recommencement (LCEP rec) et menace des criquets invasion par les chenilles abandon de la parcelle détruite (MCIC apad) par actif et âge et niveau d'instruction par actif qui lui sont significativement associés. L'axe 2 par Lutte contre les extrêmes Précipitations recommencement (LCEP rec), menace des criquets invasion par les chenilles utilisation des insecticides (MCIC ins), adoption de nouvelles variétés non (AnV non), Lutte contre les extrêmes Précipitations rien à signaler (LCEP ras)par actif et niveau d'instruction et estimation du capital foncier qui qui lui sont significativement associés (Fig. 18). Le sexe au même titre que l'âge n'influence pas sur les pratiques d'adaptation alors que le niveau d'instruction, capital foncier et niveau d'instruction influence pour leur part ce dernier.

Fig.18. ACM sur les pratiques paysannes d'adaptation face aux variabilités climatiques et changements environnementaux.

LCEP=lutte contre les extrêmes précipitations (absi: abandon du site, uculac: utilisation des cultures adaptées, rec: recommencement, ras: rien à signaler) ; LCIn=lutte contre les insectes nuisibles (unpl: utilisation des nouveaux plants, abpar: abandon de la parcelle) ; AC=association des cultures (non, oui) ; UPL=utilisation des pesticides locaux (oui, non) ; UEC=utilisation des engrais chimiques (non, oui) ; UPC=utilisation des pesticides chimiques (non, oui) ; UEL=utilisation des engrais locaux (non, oui) ; DPR=décalage de la période de semis (non, oui) ; MCIC=menace des criquets invasion par les chenilles (ins: utilisation des insecticides chimiques, apad: abandon de la parcelle détruite, uc: utilisation des cendres de bois) ; AnV=adoption de nouvelle variétés (non, oui).

Ø III.2. Discussion

Les résultats montrent que les enquêtés de Ntuiprincipalementl'agriculture, le petit élevage et la cueillette sontles principales activités par ordre d'importance alors quela chasse et la pêche sont des activités des groupes t réduites àleur plus simple expression. La cueillette est plus l'oeuvre des femmes. En effet, l'agriculture représente 63,7 % et le petit élevage 16,7 %.Guianeng (2009), a montré que les activités sont effectuées à des fréquences différentes par les populations de Tagawa 1, 2 et 3 (au Cameroun) et que la cueillette est essentiellement l'oeuvre des femmes. Le vieillissement des chasseurs, le manque de gibier et l'envahissement des savanes par les plantes invasives dont Chromolaena odorata, Mimosa pudica et Indigofera sp. (ces espèces végétales empêchent les chiens et leurs maîtres de mieux appréhender leur proie), expliqueraient ces constats sur les activités.

Les enquêtés dans cette localité n'utilisent pas seulement la main d'oeuvre familiale pour mener leurs activités et faire face aux variations du climat car, 36,7 % font recours à la main d'oeuvre externe (20 % font recours à la main d'oeuvre salariale et 16,7 % aux associations). Ce même constat a été fait par Manga (2013) etNgono (2013). L'absence des infrastructures d'enseignement secondaire (seulement 20 % de la totalité des établissements dans les trois localités) influenceraitprobablement la connaissance des notions de changement et perturbation climatiques. Les observations de Guianeng (2009), faites à Tagawa 1, 2 et 3 épousent les précédents propos et ont montré que l'absence de lycée et collège pourrait impacter sur la connaissance des notions de changement et perturbation environnementaux.

Les perceptions des variations et changements climatiques et environnementaux chez les paysans diffèrent d'un paysan à un autre selon certains facteurs. Pour permettre d'avoir une vision claire de la situation pluvieuse passée et celle en cours, les producteurs emploient un certainnombre deconcepts clés attribués aux manifestations saisonnières vécues dans leur milieu. Ces remarques se rapprochent des faits observées par Agossou et al. (2012) au Bénin. Ceci peut s'expliquer par le fait d'un certain « déréglage » quant au déroulement normal tel que connu autrefois, des manifestations et évènements environnementaux qui sont de moins en moins perceptibles.

Les causes attribuées aux changements climatiques par les enquêtéssont plus liées aux normes et croyances locales.L'émission des gaz à effet de serre qui demeure la principale cause scientifiquement prouvée des changements climatiques n'a pas du tout été évoquée ; constat fait aussi par Agossou et al. (2012)travaillant dans lesCommunes d'Adjohoun et de Dangbo au Sud-Est du Bénin.Cesnormes et croyances locales peuvent être expliquées par le fait que les producteurs de cette zone ne se sont pas familiarisés à cette réalité des gaz à effet de serre, et il n'y a jamais eu d'actions de sensibilisation à leur encontre pour attirer leur attention sur le fait ; le niveau éducationnel posant déjà au préalable un blocage

La pluviométrie, la température et le vent ont été cités comme étant les indicateurs et manifestations du changement changeants les plus déterminants et perceptibles. Ils paraissent plusmémorables et visibles par les producteursque les autres paramètres climatiques tels que : l'insolation, humidité relative, etc. Ce constat est conforme à celui de Wakponou etal.(2008)qui ont relevé des perceptions paysannes similaires en zone l'Extrême-Nord Cameroun. Ces trois variables climatiques ont une influence directe sur la production agricole et déterminent la bonne ou mauvaise saison agricole ce qui expliqueraitleur choix par les enquêtés.

Le changement dans la distribution des précipitations est perçu par la majorité des paysans (95 %) à travers la disparition ou la perturbation de certaines manifestations pluvieuses qui rythmaient le déroulement des travaux champêtres dans les temps anciens tels que l'«Onguémé » (rosée), l'«Ossobolo'o» (dès les premières pluies) et le «Ondimbili » (période de semis proprement dite). Ce changement connait une haussecesdix dernières années les populations locales (homme comme femme) étant quasi-unanimes quant à la baisse de la quantité des précipitations. Cela va de même pour les changementsces dix dernières années des températures (changement estimé par 83,3% en saison sèche et 77,3 % en saison pluvieuse)et des vents(71,7 %) pendant toutes les saisons (sèche et pluvieuse). Ces perceptions sont similaires à ceux de Doukpolo (2007) en République Centrafricaine, Kouassi et al. (2015) en Côte d'Ivoire et Mbow et al. (2008) au Sénégal. Les perceptions de ces indicateurs de changements pluviométriques peuvent néanmoins être faibles et cela étant dus au fait que les producteurs ne se souviennent essentiellement que des indicateurs impactant sensiblement leur vie quotidienne au point d'entrer dans la mémoire et de devenir une référence(Dellile, 2011 ; Bambara et al, 2013). En effet, les producteurs se souviennent des phénomènes climatiques tels que la hausse de température et la violence du vent qui entraînent des dégâts matériels.

En raison de leurs répercussions immédiates sur le milieu naturel et ses composantes, les questions de changement et de variabilité pluviométriques apparaissent comme des préoccupations majeures au sein de toutes les communautés humaines - scientifiques, politiques, population. A Ntui, de manière générale, le calendrier cultural classique a connu des modifications pour 78,82 % des paysans. Il est de plus en plus abandonné du fait de la forte variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie car 76,65 % des paysans enquêtés affirment avoir accusé un retard dansla mise en place des cultures ces cinq dernières années ; ce retard impacte de façon plus ou moins significative les rendements agricoles. Ce changement de calendrier trouverait plus la source dans les changements climatiques que dans les croyances locales. Le décalage de la date de semis de la culture des arachides, du maïs est l'oeuvre des paysans qui essayent de définir une période de semis qui réponde mieux aux nouvelles situations vécues. Au regard du démarrage tardif des deux saisons pluvieuses de l'année et du raccourcissement de leurs durées, les paysans producteurs optentdonc pour cette stratégie. Des résultats similaires ont été évoqués par Amadou (2005) qui a montré qu'au Niger les producteurs ont adopté en réponse aux changements climatiques la stratégie« de semis dès la première pluie dans le souci de profiter au mieux des premières pluies utiles et pour le labour précoce ».Ainsi donc, le décalage de la date de semis rend possible les semis.

Des perceptions de variations climatiques liées de façon indirecte à l'apparition ou disparition de certaines espèces végétalesont été constatées. Raréfaction du sapelli depuis environ cinq ans (40 %), acajou, pachi et padouk depuis dix ans (33,33 % d'enquêtés)et depuis plus de dix ans le bété, l'iroko, le bossé et le lotofa (33,33 %).Ces espèces végétales sont les indices qui permettent aux paysans de mieux percevoir certains changements comme l'intensité des vents, la fertilité des sols, la température, etc, dans leur environnement. L'apparition des nouvelles espèces dontChromolaena odorata, Mimosa invisa et Indigofera sp. dans la localité date des années 80. Elle est moyenne durant les dix dernières années d'après 69,04 % d'hommes et 66,67 % de femmes,la disparition du couvert forestier étant la principale explication à cette apparition. Ces résultats corroborent avec ceux obtenus par Mala et al.(2012) ont déclaré que, les paysansdéroulent leurs savoirs traditionnels et empiriques pour s'adapter à la variabilité climatique de leur écosystème en appliquant des mesures d'adaptation variées en réponse aux changements climatiques vécus dans leur milieu ; cette adaptation expliquerait l'absence de déplacement de ces populations vers d'autres localités. Ce qui épouse les travaux de Bambara et al. (2013)qui ont montré que l'adhésion des populations aux actions locales d'adaptation aux changements climatiques est effective si ces actions intègrent leurs savoirs endogènes y relatifs.

Une observation de l'abandon des variétés classiques de maïs (21,7 %) au profit de nouvelles variétés (73,3 %) à rendement élevé et à cycle court a été faite. Ces stratégies d'adaptation paysanne trouverait une cause à la variation climatique et leur permettrait de pallier à l'irrégularité de la pluie, des périodes de culture devenant soit plus long, soit plus court et d'être plus prévoyants. Toutefois, 26,7 % restent figés aux variétés léguées par leurs ancêtres. Les résultats similaires obtenus par Codjia (2009) et Doukpolo (2014), ont montré que les agriculteurs disposent en général de plusieurs variétés de la même espèce. Ceci s'explique par le fait que certaines mesures individuelles développées par les paysans en réponse aux péjorations climatiques sont des résultats des échecs connus par les producteurs dans l'exercice de leurs activités agricoles, et la capitalisation de nouveaux savoirs au regard de l'évolution du climat.

L'association culturale est actuellement monnaie courante dans la région. 81,7 % des enquêtés la justifient par le souci de sécurité alimentaire et nutritionnelle du ménage, et les opportunités économiques qu'elle offre.Pratique quasi-inexistante dans la région il y a plus de 10 ans, l'association et la rotation de plusieurs cultures sur une même parcelle au cours d'une même année se généralise progressivement passant d'environ 4 paysans sur 10 depuis un peu plus de 10 ans à environ 8 paysans sur 10 plus récemment. Ces pratiques sont similaires à ceux des travaux de Kouassi et al. (2015). Les types d'adaptation mis en oeuvre seraient sujets à des contraintes matérielles, financières et techniques et surtout d'accès à l'information, cas de beaucoup d'agriculteurs dans la région d'étude qui ne disposent pas assez de moyens financiers, ni de technologies pour entretenir leurs terres comme ils le souhaitent.Ces résultats corroborent ceux deDoukpolo (2014).

Au vue des diagrammes ombrothermiques, les perceptions paysannes notées étant essentiellement liées au déroulement de la saison pluvieuse, les modifications du facteur pluviométrie révèlent bien que ces années (2013 et 2014) se succèdent, elles ont une évolution différente. De ce fait, les perceptions des paysans sont confirmées. D'après les ACM, La variable sexe n'influence sur les perceptions. Par contre les variables niveau d'instruction et tranche d'âge ont une influence. Le sexe n'a pas une influence sur les perceptions. Le sexe au même titre que l'âge n'influence pas sur les pratiques d'adaptation alors que le niveau d'instruction et le capital foncier influencent pour leur part ce dernier. C'est dire que le niveau d'instruction et le capital foncier ont des impacts sur les pratiques d'adaptation.

CHAPITRE IV. CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES

Ø IV.1. Conclusion

Les villages de l'étude ont connu un certain nombre d'évènements tant sur le plan socio-économique qu'écologique. Les paysans ont une perception des manifestations des changements climatiques vécus dans leur terroir mais ceux-ci demeurent moins éclairés sur les causes réelles du phénomène. Néanmoins, les modifications pluviométriques sont ressenties à travers les signes tels que la baisse de la pluviosité, l'arrêt précoce des pluies, le raccourcissement de la durée de la saison pluvieuse, la diminution sensible des quantités pluviométriques. Les modifications de température et du vent sont ressenties ces dix dernières années par l'augmentation de la température et l'occurrence de vents de plus en plus violents; tout ceci agrémenté de concepts et d'adages courants liés au climat existant au sein de la communauté et révélateurs des changements climatiques vécus.Avec les perturbations qu'ont connues les pluies dans les années 1980-1990, on voit par conséquent que les Bàkí emploient un certain nombre de concepts clés caractérisant les manifestations saisonnières vécues dans leur milieu, leur permettant d'avoir une vision claire de la situation climatique passée et celle qui est en cours.

Les variabilités climatiques contribuent fortement à la dégradation du milieu physique et du cadre de vie des producteurs à travers les variations du calendrier agricole et la diminution des rendements agricoles. Les paysans développent des techniques et prennent des mesures pour assurer la pérennité agricole mais ces mesures incombent aussi en majeure partie aux situations socio-politiques et économiques s'imposant à ces communautés rurales. Toutefois, aucune mesure de reboisement n'a été observée alors qu'elle pourrait être une solution bien palliative à l'échelle locale.

Ø IV.2. Recommandations

Afin de permettre une meilleure gestion des conséquences des variabilités climatiques, quelques recommandations peuvent être formulées:

À l'endroit du pouvoir public central et local (station de l'IRAD de Ntui):

- de mettre en place un système d'alerte agro météorologique en vue de fournir aux producteurs des informations sur la prévision des saisons pluvieuses ;

- de sensibiliser les producteurs sur la réalité des variabilités climatiques pour une bonne prise de conscience collective ;

- de promouvoir le crédit agricole pour faciliter le financement à temps de la production des producteurs.

À l'endroit des services de vulgarisation et d'encadrement:

- d'inscrire au rang de priorité les questions des variabilités climatiques dans leur programme d'action;

- d'étudier dans une perspective d'approche participative, les possibilités de vulgariser des systèmes d'agroforesterie à base d'essences fruitières en vue de permettre aux producteurs de pouvoir limiter l'amenuisement de leur revenu en raison de la baisse de rendement des cultures vivrières induit par les changements climatiques.

À l'endroit des producteurs des villages

- d'assurer une franche collaboration avec les services de vulgarisation et d'encadrement afin de tirer profit des savoirs exogènes promus par ces structures ;

- de partage des expériences d'adaptation entre paysans producteurs.

Ø IV.3. Perspectives

Pour des études ultérieures nous nous proposerons :

- l'étude de la durabilité socio-économique et écologique des différentes mesures/stratégies développées par les producteurs;

- l'étude de l'impact des changements climatiques sur la mobilisation et la gestion de la main d'oeuvre agricole ;

- la détermination des relations entre les changements climatiques et les stratégies de sortie d'agriculture telles que les migrations et l'exode rural.

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Yegbemey F., Zaliou T. &Sarr B., 2014. Les changements climatiques et la vulnérabilité des ressources en eau et de l'agriculture. Internationnal Agricultural Development., 14(5): 8-10.

Zapfack L., Kotto-Same & Moukam A., 1997. Agriculture itinérante sur brûlis: méthodes pratiques de la protection de la biodiversité et de la séquestrat ion du carbone. In: Séminaire FORAFRI de Libreville, Gabon. CD ROM-CIRAD. (éds)., Nasi R. Amsallem I. & Drouineau S., 16 p.

Webographie

http://climatechange.worldbank.org/climatechange/content/note-6-identification-and-analysis-possible-adaptation-options. Banque Mondiale (n.d.). Consulté le 20 Janvier 2016 à 17 heures 22 minutes.

http://olisweb.oecd.org/, 2009. Climate Change and Agriculture: Impacts, Adaptation, Mitigation and Options for theOrganisation de coopération et de développement économique (OCDE).Consulté le 26 Septembre 2015 à 18 heures 10 minutes.

www.worldbank.org/afr/ik/World Bank 2000. Traditional knowledge case studies. Consulté le 20 Janvier 2016 à 17 heures 24 minutes.

ANNEXES

251640320Annexe 1. Evènements environnementaux globaux ayant marqués la localité. (+): présence de l'évènement.

 

Bindalima II

Nachtigal

Nguette

Colonisation, introduction de la culture de cacao Avant 1960

+

+

+

Grande crue des cours d'eau (1960-1980)

+ (Meloko'o)

+ (Wala)

+(Tséchama)

Traversé de la Sanaga par Eton et Manguissa 1965

+

+

+

Construction du pont sur la Sanaga(pont de l'enfance) « Migration Lékié-Mbam » en 1979

+

+

+

Prolifération des maladies (cécité, épilepsie) fuite de certains autochtones (1970-1975)

+

+

+

Apparition de Chromolaena odorata (1970)

+

+

+

Intervention de la SODECAO au cours des années 1985 (création des pistes cacaoyères et l'apport en semence et plants)

+

+

+

Raréfaction des grands singes, les panthères, les civettes, les hippopotames (1990)

+

+

+

Empoisonnement des cours d'eau, morts des poissons (1992)

+

+

+

Très longue sécheresse d'environ six mois d'affilé (1972-1973, 1982-1983, 1997, 2000, 2015)

+

+

+

Incendie des champs cacaoyers et vivriers (1972-1973, 1982-1983, 1997, 2000)

+

+

+

Tarissement des cours d'eau

+ (Meloko'o 1975,1983)

+ (Wala 2006, 2012, 2013

+(Tséchama, 1983, 2000)

Apparition de Mimosa spp. (1980)

+

+

+

Début d'abattage abusif des essences forestières, l'avènement des scieurs (1980)

+

+

+

251641344Amplification des vents violents (Pouogui'i localement) occasionnant plusieurs dégâts colossaux (interruption de la messe à la case chapelle de Nguette) (1983, 2003, 2009, 2010,

2516423682013, 2014, 2015)

+

+

+

Avènement des habitations en brique de terre et parpaings, introduction des billons (1995)

+

+

+

Diminution population des champignons (1998)

+

+

+

Apparition et prolifération d'Indigofera sp. (2000)

+

+

+

Début de pourrissement accentué des tubercules immatures de manioc (2000)

+

+

+

Raréfaction des populations d'oiseaux et diminution de la diversité (2001)

+

+

+

Avènement et prolifération des chenilles défoliatrices de cacaoyer (2005, 2007, 2013, 2014)

+

+

+

Invasion des sauterelles venant du grand nord, dégâts colossaux (2008)

+

+

+

Abandon de plus en plus du sésame (2010)

+

+

+

Centre de formation de jeunes agriculteurs

-

+

-

Épidémies sur animaux domestiques (2013)

+

+

+

Absence de l'Oguémé, des pluies de Octobre, baisse de rendement d'igname (2015)

+

+

+

Annexe 2. Trame d'enquête cadre

UNIVERSITE DE YAOUNDE I FACULTE DES SCIENCES

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I FACULTY OF SCIENCE

Trame enquête cadre

Ce questionnaire est destiné strictement à un usage exclusivement académique dans le cadre des recherches en vue de la préparation du mémoire de Master.

1) Représentation des changements climatiques

Est-ce que le climat a changé ?

Quels sont selon vous les problèmes liés aux changements climatiques ?

Comment les populations locales perçoivent-elles les variabilités climatiques et quel est son effet sur les pratiques agricoles et les autres activités: chasse, pêche, collecte des PFNL ?

2) Perceptions sur les effets des changements climatiques

Est-ce qu'il y a des impacts des changements climatiques dans la région ?

Quels sont les impacts des changements climatiques les plus remarqués ?

3) Adaptations face aux changements climatiques

Quelles sont les actions prises en compte pour s'adapter aux impacts des changements climatiques dans la région ?

Comment les populations utilisent-elles leurs savoirs traditionnels pour s'adapter à la variabilité climatique de leur localité ?

Selon vous quelles sont les actions à prendre pour s'adapter aux impacts des changements climatiques ?

4) Réseaux sociaux consacrés à l'amélioration de l'environnement dans la région

Faites-vous partie d'un groupe de travail pour améliorer l'environnement dans la région ?

Les changements climatiques sont-ils une bonne ou une mauvaise chose ? Pourquoi ?

251643392Annexe 3. Trame d'enquête auprès des ménages

UNIVERSITE DE YAOUNDE I FACULTE DES SCIENCES

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I FACULTY OF SCIENCE

TRAME DE QUESTIONNAIRES

Ce questionnaire est destiné strictement à un usage exclusivement académique dans le cadre des recherchesen vue de la préparation du mémoire de Master.

Identification du village

Nom du village :.................. Données géographiques...................

Date...............

N°..................

Section 1: Description du profil historico-écologique et socio-économique des sites paysans

1.1.Description du profil historico-écologiquedes sites paysans

1.1.1.Quels sont les différents milieux écologiques d'interventions ?

1.1.2. Que prélevez-vous dans ces milieux ?

1.1.3. Ces milieux gardent-elles les mêmes aspects qu'il y a: 5ans Oui ? Non ? ; 10 ans Oui ? Non ? ; plus de 10 ans Oui ? Non ?

Si non, pourquoi ?

1.1.4. Quelles sont les différents évènements qui ont marqués votre environnement ?

1.1.5. Quelles ont été les conséquences ?

1.2. Description du profil socio-économique des sites paysans

1.2.1. Quels sont les ethnies rencontrées dans votre village ?

1.2.2. Quand ce sont-ils installés ?

1.2.3. Pour quelles raisons se sont-ils installés ?

1.2.4. Comment vivent-ils dans votre village ?

1.2.5. Quelles sont les mutations qu'ont connues votre village sur le plan socio-économique ?

251644416

Section 2 : Caractérisation du profil socio-économique des paysans

2.1. Identification de l'enquêté

2.1.1. Nom(s) et prénom(s) :

2.1.2. Sexe : Masculin? Féminin?

2.1.3. Tranche d'âge : moins de 30 ans? ; 31-45 ans ? ; 46-60 ans ? ; 61 ans et plus?

2.1.4. Situation matrimoniale : Marié(e) ? ; Célibataire ? ; Divorcé? Veuf (ve) ?

2.1.5. Qualité : Agriculteur ? ; Chasseur ? ; Eleveur ? ; Fonctionnaire ? ; Fonctionnaire retraité ? ; Autres (à préciser) ?

2.1.6. Structuration dans le ménage

2.1.6.1. Taille du ménage:

2.1.6.2. Nombre de femme(s):

2.1.6.3. Structuration dans le ménage :

Ø Nombre d'hommes adultes =21ans :

Ø Nombre de femmes adultes=21 ans :

Ø Nombre de jeunes garçons 5-20ans :

Ø Nombre de jeunes filles 5-20ans :

2.1.7. Groupe ethnique :

2.1.8. Origine: allogène ? ; autochtone ?

2.1.9. Niveau d'instruction : Primaire? ; Secondaire? ; Supérieur? ; formation informelle?

2.1.10. Quel est votre statut résidentiel? Résident permanent ? ; Résident temporaire ? ; Saisonnier ? ; Autres (à préciser) ?

2.1.10.1. Si résident permanent, depuis combien de temps vivez-vous dans ce village de façon permanente? Moins de 5ans? ; 5-10ans? ; 10-15ans? ; plus de 15ans?

2.1.10.2. Raison d'installation: Disponibilité de la terre? ; Fertilité de la terre? ; Autres (à préciser) ?

2.1.11. Membre d'une organisation paysanne : Oui ? Non?

Si oui, laquelle ou lesquelles ? GIC? ; Coopérative? ; Tontine? ; Autres (à préciser) ?

2.1.12. Organisation du travail: Initiative commune? ; Individualité? ; Association paroissiale? ; Autres (à préciser) ?

2.1.13. Activités principales:

Ø En saison sèche: Agriculture? ; Pêche? ; Chasse? ; Cueillette? ; Elevage?

Ø En saison pluvieuse: Agriculture? ; Pêche? ; Chasse? ; Cueillette? ; Elevage?

2.1.14. Estimation des ressources

Ø Estimation du capital foncier (terre) : moins de 5 ha? ;5-10ha; 10-15ha? ; plus de 15ha?

Ø Estimation financière (en CFA)/an: moins de 100000 ? ; 100-150000 ? ; 200-300000 ? ; plus de 300000 ?

Ø Estimation du capital matériel : Matériel agricole rudimentaires ? ; Autres (à préciser) ?

2.1.15. Acteur dans l'implication de la recherche et développement des ressources naturelles : Oui? Non?

Si oui, liste des activités ?

2.1.16. Depuis? Moins de 5ans? ; 5-10ans? ; plus de 15ans?

2.2. Etrangers au village

2.2.1. Etrangers au village: oui ?Non?

2.2.2. S'il ya des étrangers au village de quelle ethnie appartiennent ils ?

2.2.3. Où et comment vivent ces étrangers dans le village ? Mêlés aux villageois? ; Dans un campement ou dans un endroit à part? ; Autres (à préciser) ?

2.2.4. Ces étrangers sont-ils considérés comme ayant droit aux ressources ? Oui? Non?

2.2.5. Si ces étrangers ont besoin de terre, comment se procurent ils ? Location ? ; Achat? ; Don ? ; Autres (à préciser) ?

2.2.6. Apportent-ils des nouvelles pratiques agricoles? Oui? Non ?

Si oui, lesquelles ?

2.2.7. Sont-elles: bonnes? ; mauvaises ?

2.3. Infrastructures et les services du village

2.3.1. Etat des pistes du village: bonne en toute saison ? ; passable en toute saison ? ; mauvaise en toute saison ? ; très mauvaise en saison pluvieuse ?

2.3.2. Tous les produits ramenés au marché sont-ils vendus ? Oui? Non?

Si non, qu'est-ce que vous faites des restes ? Abandon au marché? ; Conservation en attendant la prochaine fois? ; Distribution à un proche en ville? ; Autres (à préciser) ?

2.5. Activités de production

2.5.1. Quelles sont les activités de production pratiquées dans votre village (par ordre d'importance)?

Ordre d'importance

Activité de production

1

 

2

 

2.5.2. La contribution des activités dans le revenu des ménages et dans l'alimentation (en pourcentage)

Activités

Alimentation (%)

Vente (%)

Produits agricoles

 
 

Produits du petit élevage

 
 

PFNL

 
 

Section 3: Appréhender les savoirs paysans sur les variations climatiques et changements environnementaux

3.1. Perception sur la variation

3.1.1. Globalement pensez-vous que quelque chose a changé en ce qui concerne le climat? Oui ? non?

Si oui, cochez la case juste Il y a 5 ans ? ; Il y a 10 ans? ; Il ya plus de 10ans?

Si non, pourquoi ?

3.1.2. ? quoi attribuez-vous ce changement ? Déforestation? ; Utilisation des produits chimiques? ; forte pression démographique ? ;Désobéissance aux divinités et punition divine (ou des ancêtres)? Autres (à préciser) ?

3.1.3. Quelles ont été les manifestations de ces changements? Sécheresse ? ; Extrêmes précipitations ? ; disparition de certaines espèces? ; récurrence des vents violents? ; Autres (à préciser) ?

3.2. Indicateurs des variabilités du climat

Indicateurs

Questions

Catégories

Actuellement

Il y a 5 ans

Il y a 10 ans

Il y a plus de 10 ans

Remarques

Distribution des températures

1. Avez-vous noté un changement de température pendant la saison sèche durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

2. Avez-vous noté un changement de température pendant la saison de pluie durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Distribution des pluies

3. Avez-vous noté un changement dans la fréquence des pluies durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Quantité des pluies

4. Avez-vous noté un changement dans la quantité des pluies durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Fréquence de la sécheresse

5. Avez-vous noté un changement dans la fréquence de la sécheresse durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Durée de la sécheresse

6. Avez-vous noté un changement dans la durée de la sécheresse durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Fréquence des montées des eaux

7. Avez-vous noté un changement dans la fréquence des montées des eaux durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Intensité des montées des eaux

8. Avez-vous noté un changement dans la durée des montées des eaux durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Niveau d'eau

9. Avez-vous noté une variation du niveau d'eau (forages, puits, marigots, sources, mares) durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Fréquence des vents violents

10. Avez-vous noté un changement dans la fréquence des vents violents durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Fréquence des rendements agricoles

11. Avez-vous noté un changement dans la fréquence des rendements durant les périodes suivantes ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Disparition de certaines espèces végétales

12. Avez-vous noté la disparition de certaines espèces végétales?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Apparition de nouvelles espèces végétales au détriment des autres

13. Avez-vous noté l'apparition de nouvelles espèces au détriment des autres?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Disparition de certaines espèces animales

14. Avez-vous noté la disparition de certaines espèces animales ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Apparition de nouvelles espèces animales au détriment des autres

15. Avez-vous noté l'apparition de nouvelles espèces animales au détriment des autres ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Recrudescence des maladies sur les cultures

16. Avez-vous noté la recrudescence des maladies sur les cultures ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 

Recrudescence des maladies chez les animaux domestiques et sauvages

17. Avez-vous noté la recrudescence des maladies chez les animaux ?

Faibles

 
 
 
 
 

Moyens

 
 
 
 
 

Elevées

 
 
 
 
 

3.3. TENDANCES CLIMATIQUES

3.3.1. Quelles sont les tendances climatiques les plus menaçantes selon vous ?

1)... 2)...3)... 4)... 5)...6)...7)...

a) Augmentation de l'irrégularité des pluies ; b) rupture des précipitations ; c)hausse de température ; d) récurrence des vents violents ; e)récurrence des phénomènes de rupture des précipitations pendant la saison des pluies ; f) récurrence des vents violents au début et à la fin de la saison des pluies et g) faible baisse de la quantité des pluies, diminution du nombre de mois de pluies.

3.3.2. Ces changements sont: bons ? mauvais? acceptables ?

Si bons, pourquoi ? Si acceptables, pourquoi?

Si mauvais, pourquoi ?

251645440Section 4:Appréhender et examiner les pratiques d'adaptation des paysans sur les variations climatiques et changements environnementaux.

4.1. Fluctuations climatiques / variations climatiques

4.1.1. Quand savez-vous que la saison sèche sera rude? Lecture des mouvements de certains oiseaux? ; comportements de certaines espèces végétales? ; lecture des signes précurseurs? ; Autres (à préciser) ?

4.1.2. Quelles stratégies adoptées pour lutter contre cette sécheresse  très courte ou très prolongée ?

Défrichage: avant (semis) ? ; après (récolte) ?

Brulage: avant (semis) ? ; après (récolte) ?

Labourage: avant (semis) ? ; après (récolte) ?

Billonnage: avant (semis) ? ; après (récolte) ?

4.1.3. Existe-t-il des plantes consommées ou sauvages résistantes aux extrêmes sécheresses? Oui? Non?Si oui, lesquelles plantes cultivées?

Si oui, lesquelles plantes sauvages ?

4.2. Précipitations extrêmes

4.2.1. Quelles stratégies adoptées pour lutter contre des précipitations extrêmes? Abandon du site? ; utilisation des cultures adaptées à cette situation? ; recommencement? ; Autres (à préciser) ?

4.2.2. Existe-t-il des plantes adaptées aux extrêmes précipitations ? Oui? Non ?

Si oui, lesquelles?

4.3. Gestion des insectes

4.3.1. Utilisez-vous une méthode pour faire face aux insectes nuisibles? Oui? Non?

Si oui, laquelle? Abandon de la parcelle? ; Utilisation de nouveaux plants? ; Autres (à préciser) ?

4.3.2. Utilisez-vous autres méthodes que celles citées plus haut? Oui? Non?

Si oui, laquelle? Coupage des arbres contaminés? ; Utilisation des semences améliorées? ; Utilisation de nouveaux fertilisants et pesticides? ; Rotation culturale ? ; Autres (à préciser) ?

4.4. Gestion des champs et cultures

4.4.1. Face aux variabilités climatiques constatées, que faites-vous dans votre champs? Défrichage? ; Désherbage? ; Jachère? ; Coupage des plantes menacées? ; Rotation culturale? ; Autres (à préciser) ?

4.4.2. En cas de baisse de production : utilisation des fertilisants chimiques? ; utilisation des fertilisants locaux? utilisation des variétés améliorées? ; Autres (à préciser) ?

Quelles sont les plus importantes menaces? a)... b)... c)... d)... e)...

4.4.4. Capacités d'adaptation les plus utilisées (cochez la ou les cases)

4.5. Principales pratiques agricoles.

Quelles sont les principales pratiques agricoles utilisées? 1) le brûlis? ; 2) le labour ? ; 3) semis direct ou non laboure ? ; 4) le buttage ; 5) le billonnage ? ; 6) la rotation des cultures ? ; 7) la jachère ? ; Autres (à préciser) ?

MERCI DE VOTRE AIMABLE COLLABORATION!!!

Annexe 4. Liste de quelques espèces végétales rencontrées

Noms commerciales ou usuels

Noms scientifiques

Familles

Noms vernaculaires

Iroko

Milicia excelsa

Moraceae

 

Frake

Terminalia superba

Combretaceae

 

Sapelli

Entandrophragma cylindricum

Meliaceae

 

Ayous

Triplochiton scleroxylon

Sterculiaceae

 

Pachi

Afzelia pachyloba

Caesalpiniaceae

 

Padouk

Pterocarpus soyauxii

Papilionaceae

 

Lotofa

Sterculia rhinopetala

Sterculiaceae

Nkanang

Bambou de chine

Bambousa vulgaris

 
 

Raphia

Raphia hookei

Arecaceae

 

Teck

Tectona grandis

Verbenaceae

 

Acajou

Khaya sp.

Meliaceae

 

Bilinga

Nauclea diderrichii

Rubiaceae

 

Bossé

Afzelia pachyloba

Caesalpiniaceae

 

Ebène

Diospyros grassifolia

Ebenaceae

 

Movingui

Distemonanthus benthamianus

Caesalpiniaceae

 

Bété

Mansonia altissima

Sterculiaceae

 

Ronier

Borassus aethiopum

Arecaceae

 

Tali

Erythrophleum suaveolens

Caesalpiniaceae

 

Essock

Garcinia lucida

Clusiaceae

 

Akouk

Alstonia boonei

Apocynaceae

 

Quinine jaune

Annickia chloranta

 
 

Acajou

Khaya sp.

Meliaceae

 

Voacanga

Voacanga africana

Apocynaceae

 
 

Hyparrhenia diplandra

 
 
 

Hyparrhenia rufa

 
 
 

Hymenocardia acida

Euphorbiaceae

 
 

Piliostigma thoningii

Caesalpiniaceae

 
 

Psorospermum febrifugum

Hypericaceae

 
 

Terminalia glaucescens

Combretaceae

 
 

Bridelia ferruginea

Euphorbiaceae

 
 

Annona senegalensis

Annonaceae

 
 

lmperata cylindrica

Poaceae

 
 

Aframomum latifolium

Zingiberaceae

 

Annexe 5. Liste de quelques variétés rencontrées et culture abandonnées

 

Noms commerciales ou usuels

Noms scientifiques

Familles

Noms vernaculaires

Nouvelles variétés

Mais

Zea mays

Poaceae

 

Arachide

Arachis hypogea

Fabaceae

 

Manioc

Mahinot esculentus

Euphorbiaceae

 

Concombre

Cucumeropsis mannii

Cucurbitaceae

 

Cacao

Theobroma cacao

Sterculiaceae

 

Variétés améliorées

Maïs

Zea mays

Poaceae

 

Arachide

Arachis hypogea

Fabaceae

 

Manioc

Mahinot esculentus

Euphorbiaceae

 

Concombre

Cucumeropsis mannii

Cucurbitaceae

 

Cacao

Theobroma cacao

Sterculiaceae

 

Pomme de terre

Solanum tuberosum

Solanaceae

 

Cultures

abandonnées

 
 
 
 

Macabo

Xanthosoma mafaffa

 
 

Canne à sucre

Saccharum officinarum

Poaceae

 

Sésame

Sesanum indicum

Pedaliaceae

 

Annexe 6. Liste de quelques espèces animales rencontrées

Noms commerciales ou usuels

Noms scientifiques

Noms vernaculaires

Familles

Antilope

 
 
 

Drill

Papio leucophaeus

 

Cercopithecidae

Babouin

Papio anubis

 

Cercopithecidae

Moustac

Cercopithecus cephus

 

Cercopithecidae

Cercocèbe à collier blanc

Cercocebus torquatus

 

Cercopithecidae

Cercocèbe à joues grises

Cercocebus albigena

 

Cercopithecidae

Buffle d'Afrique

Syncerus caffer

 

Bovidae (Bovinae)

Hippopotame

 
 
 

Cailles sauvages

 

Iyoto

 

Pintade

 

Kangaa

 

Sanglier

 
 
 

Biche rouge

 
 
 

Pangolin à longue queue

Manis tetradactyla

 

Manidae

Chimpanzé

Pan troglodytes

épà?gá

Pongidae

Gorille

Gorilla gorilla

 

Pongidae

Serpent boa

 
 
 

Serpent vipère

Bitis gabonica

 

Viperidae

Phacochère

 
 
 

Porc-épic

Hystrix cristata

 

Hystricidae

Civette

Viverra cevetta

 

Viverridae

Lièvre

Lepus africana

Titi'i

 

Castor

 

Simbi'i

 

Ecureuil

Anormalurops beecrofti

 

Anomaluridae

Rat-palmiste

Cricetomys gambianus

 

Cricetidae

Perdrix

 

Essosé

 

Pintade

 
 

Phasianidae

Chouette africaine

Strix woodfordii

 

Strigidae

Aigle

 
 

Myliobatidae

Aigle pêcheur

 
 

Myliobatidae

Mangouste à pattes noires

Bdeogale nigripes

 

Viverridae

Biche

 
 

Bovidae (Tragelaphinae)

Toucan

 
 

Ramphastidae

Mamba vert

Dendroaspis jamesoni

 

Elapidae

Annexe 7. Liste des espèces résistantes aux extrêmes sécheresses et aux extrêmes précipitations.

 

Noms commerciales ou usuels

Noms scientifiques

Familles

Noms vernaculaires

Plantes consommées résistantes aux extrêmes sécheresses

Djansang

Ricinodendron heudelotii

Euphorbiaceae

 

Manguier

Mangifera indica

Anacardiaceae

 

Prunier

Dacryodes edulis

Burseraceae

 

Manioc

Mahinot esculentus

Euphorbiaceae

 

Plantain

Musa spp.

Musaceae

 

Melon

Cucubita mochata

 
 

Maïs

Zea mays

Poaceae

 

Cassimanga

Spondias mobin

Anacardiaceae

 

Concombre

Cucumeropsis manii

Cucurbitaceae

 

Canne à sucre

Saccharum officinarum

Poaceae

 

Pistier

Capsicum frutescens

Solanaceae

 

Cacaoyer

Theobroma cacao

Sterculiaceae

 

Gombo

Abelmoschus esculentus

Malvaceae

 

Chaume

Imperata cylindrica

Poaceae

 

Chromolaena

Chromolaena odorata

Asteraceae

 

Penisetum

Pennisetum sp.

Poaceae

 

Djansang

Ricinodendron heudoletii

Euphorbiaceae

 

Plantes résistantes aux extrêmes précipitations

Igname

Dioscorea cayennensis

Dioscoreaceae

 

Prunier

Dacryodes edulis

Burseraceae

 

Raphia

Raphia regalis

Arecaceae

 

Manguier

Mangifera indica

Anacardiaceae

 

Raphia

Raphia hookeri

Arecaceae

 

Annexe 8. Liste de quelques espèces de pêche

Noms commerciales ou usuels

Noms vernaculaires

Noms scientifiques

Familles

Carpe

 
 
 

Silure

 
 
 

Capitaine

 
 
 

Queue rouge

 
 
 

Tilapia

 
 
 

Poisson militaire

 
 
 

Crevette

 
 
 

Crabe

 
 
 

Machoiron

 
 
 

Brochet

 
 
 

251659776Annexe 9. Quelques variétés de produit de pêche

251667968

251646464Annexe 10. Quelques activités des PFNL

251647488Annexe 11. Quelques effets de la très longue saison sèche de 2015

Annexe 12. Volanta (a: Nguette; b: nachtigal; c: Bindalima II)

c

251651584b

251650560a

251648512

251653632Annexe 13. Mètre ruban servant de prendre le niveau d'eau (Meloko'o)

Annexe 14. Résultats ACM sur les perceptions

Tableau des valeurs propres

Trace de la matrice: 0.00979

Numéro

Valeur propre

Pourcentage

Pourcentage cumulé

1

0,0074

75,27

75,27

2

0,0024

24,74

100,00

Coordonnées des fréquences actives

 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Sexe

19,71

0,01311

0,07

-0,09

Tranche d'âge

47,08

0,00488

0,06

0,04

Niveau d'instruction

33,21

0,01478

-0,12

0,00

Contributions des fréquences actives

 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Sexe

19,71

0,01311

12,92

67,38

Tranche d'âge

47,08

0,00488

20,50

32,41

Niveau d'instruction

33,21

0,01478

66,58

0,21

Cosinus carrés des fréquences actives

 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Sexe

19,71

0,01311

0,37

0,63

Tranche d'âge

47,08

0,00488

0,66

0,34

Niveau d'instruction

33,21

0,01478

1,00

0,00

ACM 1

Annexe 15. Résultats ACM sur les perceptions

Tableau des valeurs propres

Trace de la matrice: 0.00673

Numéro

Valeur propre

Pourcentage

Pourcentage cumulé

1

0,0039

58,22

58,22

2

0,0017

25,90

84,12

3

0,0009

12,65

96,76

4

0,0002

3,24

100,00

Coordonnées des fréquences actives

 
 
 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Axe 3

Axe 4

Sexe

10,97

0,01132

-0,07

0,04

-0,07

0,01

Age

25,39

0,00717

-0,08

-0,01

0,02

-0,01

Niveau d'instruction

17,79

0,00933

0,07

-0,06

-0,03

-0,01

Gain financier/an

29,80

0,00105

0,02

-0,01

0,02

0,02

Estimation du capital foncier (terre)

16,05

0,01054

0,07

0,08

0,01

-0,01

Contributions des fréquences actives

 
 
 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Axe 3

Axe 4

Sexe

10,97

0,01132

14,22

9,08

60,66

5,07

Age

25,39

0,00717

41,82

2,39

11,75

18,64

Niveau d'instruction

17,79

0,00933

23,49

34,33

14,05

10,32

Gain financier/an

29,80

0,00105

1,80

1,45

11,31

55,67

Estimation du capital foncier (terre)

16,05

0,01054

18,67

52,75

2,23

10,30

Cosinus carrés des fréquences actives

 
 
 
 
 
 

Libellé de la variable

Poids relatif

Distance à l'origine

Axe 1

Axe 2

Axe 3

Axe 4

Sexe

10,97

0,01132

0,45

0,13

0,42

0,01

Age

25,39

0,00717

0,90

0,02

0,05

0,02

Niveau d'instruction

17,79

0,00933

0,55

0,36

0,07

0,01

Gain financier/an

29,80

0,00105

0,23

0,08

0,31

0,39

Estimation du capital foncier (terre)

16,05

0,01054

0,43

0,54

0,01

0,01

251657728Annexe 16. Coordonnées géographiques de la localité

Précisions

Village Bindalima II

Village Nachtigal

Village Nguette

 

X

Y

Altitude

X

Y

Altitude

X

Y

Altitude

Chefferie

430.333

1137.529

558

421.218

1137.576

448

426.329

1135.033

542

Forage 1

430.319

1137.488

526

421.217

1137.537

447

426.021

1135.069

539

Forage 2

-

-

-

422.245

1137.523

465

-

-

-

Forage 3

-

-

-

422.461

1137.558

489

-

-

-

Ecole primaire publique

429.589

1138.042

516

422.467

1138.001

487

426.375

1135.093

545

CETIC

-

-

-

422.459

1138.047

487

-

-

-

Centre de formation des jeunes agriculteurs de Nachtigal

-

-

-

422.416

1138.225

486

-

-

-

Case chapelle

430.179

1138.042

517

422.415

1137.527

507

426.423

1135.270

545

Ménage 1

429.572

1138.113

481

421.257

1137.544

439

426.597

1135.456

509

2

429.557

1138.110

490

422.008

1137.581

442

426.541

1135.505

487

3

430.000

1138.113

491

422.205

1137.562

491

426.591

1135.480

525

4

430.080

1138.008

507

422.517

1137.564

476

426.534

1135.408

510

5

430.127

1138.009

513

423.012

1137.554

406

426.502

1135.373

505

6

430.145

1138.009

514

422.536

1137.543

446

426.532

1135.331

507

7

430.144

1137.589

511

422.491

1137.540

482

426.486

1135.352

525

8

430.177

1137.575

517

422.454

1137.534

522

426.453

1135.345

516

9

430.318

1137.489

537

422.395

1137.534

519

426.461

1135.319

518

10

430.283

1137.553

523

421.519

1137.555

453

426.449

1135.306

519

11

430.224

1137.575

524

421.239

1137.539

438

426.431

1135.282

522

12

430.197

1137.588

524

422.350

1137.518

516

426.410

1135.342

533

13

430.344

1137.503

533

422.379

1137.472

517

426.373

1135.327

535

14

430.487

1137.403

571

422.392

1137.455

518

426.367

1135.304

543

15

430.476

1137.368

549

422.308

1137.528

515

426.320

1135.259

539

16

430.437

1137.391

551

422.241

1137.541

458

426.329

1135.166

550

17

430.430

1137.381

556

422.249

1137.493

455

426.291

1135.153

549

18

430.437

1137.354

557

422.188

1137.583

474

426.315

1135.141

564

19

430.464

1137.182

550

422.163

1137.566

474

426.330

1135.058

514

20

430.464

1137.155

549

422.107

1137.567

473

426.372

1135.021

551

251663872

Précisions

Village Bindalima II

Village Nachtigal

Village Nguette

Champs

X

Y

Altitude

X

Y

Altitude

X

Y

Altitude

1

430.284

1137.422

528

421.316

1137.567

427

426.292

1135.278

537

2

430.229

1137.326

511

422.245

1137.513

452

1135.273

1135.273

523

3

430.473

1137.231

557

422.274

1138.025

458

426.063

1135.250

526

4

430.496

1137.083

539

422.449

1138.203

486

427.180

1135.394

500

5

430.557

1137.037

531

422.301

1138.000

460

427.109

1135.492

488

6

430.443

1137.089

528

422.274

1138.025

458

426.587

1135.509

488

7

4.30413

1137.038

521

421.153

1137.472

436

427.241

1135.370

483

8

430.307

1136.581

507

421.099

1138.030

489

426.432

1135.269

530

9

429.484

1138.089

478

422.244

1137.536

460

426.021

1135.256

532

10

429.541

1138.100

483

421.177

1137.596

461

427.263

1135.377

480

11

430.131

1137.570

523

-

-

-

427.017

1135.458

450

12

430.426

1137.342

555

-

-

-

-

-

-

13

430.418

1137.178

541

-

-

-

-

-

-






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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote