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Evaluation qualitative des eaux meteoriques de la zone industrielle de Douala-Bassa et risques sanitaires lies a leur consommation


par Sidoine Dave YAGOUE KAMENI
Ecole des Infirmiers, Techniciens Médico-Sanitaire et du Génie Sanitaire de Yaoundé - Technicien du Génie Sanitaire 2012
  

Disponible en mode multipage

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INTRODUCTION

À l'aube du 21ième siècle, la ville africaine, suscite des inquiétudes particulières en raison des contraintes liées à son développement malgré son potentiel naturel, dans un contexte où la majeure partie de sa population est très exposées à la dégradation de l'environnement. Si cette situation tend à s'amplifier, c'est parce qu'elle est en contraste avec le développement durable et la politique de Santé Publique. Si le concept de villes nouvelles a en effet fait fortune dans les pays développés du fait de la prise en compte dusynchronisme entre : habitat - activités - équipements - environnement, les pays en développement restent le parent pauvre de celui-ci. Surtout, dans un contexte où la ville concentre un nombre sans cesse croissant de personnes dont l'installation n'est que la résultante de la situation de pauvreté généralisée et de précarité, et dont les répercussions rejaillissent sur la santé des populations. Dans cette perspective, on pourrait se poser la question de savoir si, au-delà de ses fonctions classiques, la ville africaine n'aurait pas une nouvelle vocation, à savoir celle de fragiliser ses résidents, ici les groupes vulnérables spécifiques. Par ailleurs, depuis les conférences de Dublin, d'Helsinki, d'Oslo, de Rio, de Kyoto et de Johannesburg sur l'environnement, les investigations sur les pollutions diverses et leurs impacts sur les ressources en eaux, la qualité des apports atmosphériques et l'impact des changements globaux sur l'environnement sont actuellement au centre des débats scientifiques.(Lacaux et al. 1992 b, Suchel 1987, Freydier et al. 2002, Sigha et al. 2003).

À ce titre, Les villes Camerounaises, en l'occurrence Douala,connaîssent une croissance spatiale et densitaire accélérée [(rapport du 3e recensement de la population et de l'habitat (2006)]. En ajoutant à ce phénomène :

Le faible taux de desserte par la CAMWATER/CDE ;

La situation financière précaire de certaines populations, ne leur permettant pas de s'abonner au réseau d'adduction en eau potable, et plus loin ;

L'affleurement de la nappe phréatique dans la ville de Douala qui a favorisé sa contamination par les déchets, rendant ainsi impropre à la consommation les eaux souterraines. L'on peut comprendre aisément pourquoi certaines de ces populations, pour pallier à tous ces problèmes d'Approvisionnement en Eau Potable (AEP), ont recours aux eaux météoriques.

En effet, parlant de pluviométrie, Le Cameroun est un pays très arrosé, avec une répartition inégale sur l'ensemble du territoire. De la zone côtière au sud vers le nord, les précipitations varient de 5000mm à 500mm voire moins par an.(Point de presse de M. le ministre de l'eau et de l'énergie sur l'amélioration de la fourniture en eau potable / 18 déc. 2008). Seulement, nombres de polluants d'origines diverses contaminent ces eaux de pluies. Dans la partie littorale du pays, Douala, chef-lieu de région, concentre 90% du trafic portuaire, 75% de la production industrielle, une population supérieure à 2,5 millions d'habitants et une nappe phréatique présentant des indices de pollution humaine et industrielle importants. (Article N°4 de liquid, publication de Doual'art, dans le cadre des liquid projects du Sud 2010).La consommation et/ou l'utilisation de ces eaux n'est guère donc dénuée de toutes conséquences fâcheuses. Nous apprécierons la situation par l'étude d'un cas : celui de l'arrondissement de Douala III, précisément la Zone Industrielle Bassa et ses environs.

Avec le temps, cet arrondissement localisable entre4,1° latitude Nord et 9,45° longitude Est, s'est donc étendu de façon spontanée et anarchique sur des zones impropres à une occupation humaine comme les abords de la zone industrielle par exemple. Cette situation conduit actuellement à une morpho dynamique accélérée qui, bien que moins obsédantes que d'autres risques dits sociaux ou urbains que sont le chômage, l'insécurité, la drogue, ... (Tchotsoua, 1994) méritent d'être pris au sérieux parce qu'elle a tendance à avoir des conséquences matérielles et humaines de plus en plus lourdes. En prenant en compte le fait que depuis le début des années 1950, on assiste à une forte augmentation de l'acidité des eaux de pluies dans les régions industrielles [1], notre crainte se voudra légitime.

À mesure que le réchauffement de la planète et l'acidité sans cesse croissante des eaux météoriques bouleversent l'équilibre des écosystèmes du fait des pollutions industrielles et diverses, que la pression démographique et la pauvreté poussent les gens vers ces zones à risques, les conséquences induites deviendront de plus en plus fréquentes et dévastatrices.Il nous revient donc tout au long de cette étude d'identifier les risques liés à la consommation et/ou l'utilisation de ces eaux. Pour y arriver, nous allons faire un rapport d'étude sur la qualité de celles-ci grâce à une série d'analyses physico-chimiques ; identifier les risques sanitaires environnementaux et les facteurs favorisant ces risques ; et si possible, dresser une cartographie des zones à risques selon le concept de l'étude.

[1] ?Regrain R., Auphan E. (1999), L'eau et la ville, comité des travaux historiques et scientifiques, Armand colin.

I. CONTEXTE DE L'ETUDE

Aujourd'hui, on estime que la moitié des lits d'hôpitaux du monde est occupée par les patients qui souffrent de maladies évitables, véhiculées par l'eau. Beaucoup n'en guérissent pas : 2,2 millions de personnes, dont 1,5 million d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de ces maladies hydriques (typhoïde, choléra, hépatites, dysenterie...) faute d'accès à une eau de bonne qualité [2]. Cela représente plus de quatre fois le nombre de décès occasionnés par les conflits mondiaux. Ainsi l'accès à l'eau demeure une préoccupation; au Cameroun par exemple, le taux de desserte par la CAMWATER avoisine les 35 % à peine. Aussi la situation financière de certaines populations ne leur permet pas de s'abonner au réseau d'adduction d'eau potable. De plus l'affleurement de la nappe phréatique dans la ville de Douala a favorisé sa contamination par les déchets: rendant ainsi impropre à la consommation les eaux souterraines. Pour pallier à tous ces problèmes liés à l'AEP, certaines populations de la ville de Douala recueillent directement l'eau météorique et s'en servent pour la consommation; Or dans la cette ville comme dans la plupart des grandes villes du monde, la pollution atmosphérique due aux activités industrielles et aux trafics urbains caractérisée principalement par la présence dans l'air d'Oxydes d'azote, de carbone et de souffre (NOx, COx, SO2) n'est certainement pas sans effet sur la qualité de l'eau météorique.

Face à cette situation, il urge de connaître les éléments chimiques majeurs et microbiologiques qui caractérisent l'eau météorique dans la ville de Douala en générale, et dans la Zone Industrielle de Bassa en particulier. Aussi bien dans l'intérêt de la sauvegarde de l'environnement que de la santé des populations.

Dans son ouvrage intitulé « Écosystèmes aquatiques » (Hachette,1996), le chercheur C. Lévêque affirme que « l'activité humaine, qu'elle soit industrielle (chimie, papeterie, industrie agroalimentaire, etc.), urbaine (usages domestiques, commerce, entretien des rues), ou agricole (utilisation d'engrais et de pesticides), produit quantité de substances polluantes de toute nature qui sont à l'origine de différents types de pollutions : des pollutions organiques (essentiellement d'origine animale), chimiques (fertilisants, pesticides, métaux, détergents...), biologiques (bactéries, virus et autres champignons), radioactives ou acides. »

[2] ?Glocheux (Dominique), Sauver la planète, mode d'emploi, éditions J.C. Lattès.

En effet, depuis le début des années 1950, on observe une forte augmentation de l'acidité des eaux de pluie dans diverses régions industrielles du monde. Ces " pluies acides " résultent essentiellement de la pollution de l'air par des gaz (dioxyde de soufre et oxydes d' azote) et des particules, issus de différentes activités industrielles, de la combustion de produits fossiles riches en soufre, de la circulation automobile et de l'élevage industriel. Ces gaz se dissolvent dans la vapeur d'eau de l'atmosphère et sont oxydés en acides (notamment sulfurique et nitrique) qui acidifient les précipitations. Ces pluies acides endommagent les forêts et empoisonnent sols, lacs et rivières. Dans un premier temps, si le pouvoir tampon des eaux qui reçoivent ces pluies est suffisant, les carbonates et les bicarbonates qu'elles renferment neutralisent l'apport acide sans que leur acidité naturelle ne varie. Mais si les apports acides sont trop importants ou que leur pouvoir tampon est trop faible, leur acidité peut augmenter brutalement. Lorsqu'elle est suffisante (pH inférieur à 5), l'acidification des eaux met en solution des sels d'aluminium contenus dans des silicates, comme les argiles, et dont la solubilité croit rapidement avec l'acidité du milieu (pour un pH supérieur à 6, l'aluminium n'est pas soluble dans l'eau). Or, très toxiques, ces sels perturbent la photosynthèse des végétaux et la biologie des organismes aquatiques. D'autres métaux toxiques, comme le cadmium et le plomb, jusque-là bloqués dans les sédiments, sont également libérés. Si l'acidité augmente encore (pH inférieur à 4), les vertébrés et la plupart des invertébrés et des micro-organismes sont détruits. Seules quelques algues et quelques bactéries survivent.

A ce jour, les agglomérations urbaines africaines, en particulier celles des villes côtières, ont connu une évolution démographique très rapide, mais peu contrôlée, due essentiellement à la natalité, à l'exode rural, à l'industrialisation, à l'évolution des marchés de l'emploi et aux modifications accélérées de la situation culturelle, sociale et politique dans les pays concernés.[3] Les activités anthropiques liées au développement de ces villes exposent sérieusement chaque jour les ressources en eau. La ville de Douala, essentiellement économique et industrielle, est la capitale économique du Cameroun et le chef-lieu de la région du Littoral. Selon les estimations du 3e recensement de la population et de l'Habitat (2006), cette région qui s'étend sur 20 248 km² pour une population d'environ 2 510 283 âmes, serait la plus dense (densité = 124 habitants/km²).

[3] ?PLAN D'ACTION NATIONAL DE GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU (PANGIRE), MINEE, Décembre 2009.

Le fond de carte ci-dessous illustre à souhait nos affirmations.

Carte N° 1 : Répartition démographique dans le bassin des fleuves côtiers en 2008, Rapport du 3E RGPH

Une analyse succincte de ce fond de carte nous révèle que déjà en 2008, le centre urbain de la ville de Douala avait une densité avoisinant les 2000 Habitants au Kilomètres-carré (2000 Hab. / km²). En prenant donc en compte le taux d'accroissement démographique actuel qui est de 2.6%, on se situerait autour de 2208 Hab. / km² (Comme c'est le cas dans l'arrondissement de Douala 3e, abritant la zone Bassa).

De même, l'image satellite (ci-dessous) datant de Mars 2011 et tirée de GéoMap/Google, nous montre une très forte concentration d'habitats privés, spontanés ou non, aux abords de la zone industrielle. En effet, cette promiscuité pourrait s'expliquer par le fait que les populations, pour des raisons évoquées plus haut, s'y sont installées progressivement et même définitivement.

Carte N°2 : Image satellite, GoogleMaps/Bassa-Douala/Mars2011. Taille : 1024 x 742 Pixels.

Par ailleurs, notre pays qui a jusqu'ici ratifié plusieurs dizaines de traités et accords internationaux relatifs à l'environnement et à l'épanouissement des populations, se montre parfois très souple face à cette situation. C'est-à-dire que certaines mesures visant à limiter la cohabitation entre usines et habitats privés n'étant pas strictes, on remarque de plus en plus que les populations se rapprochent inexorablement de la zone industrielle de Bassa (ZIBA). A cela s'ajoute l'absence d'audits environnementaux de façon systématique et régulière, réalisés dans les différentes usines et industries susceptibles de produire des gaz acides qui, une fois dans l'atmosphère, sont responsable de l'acidification de l'eau de pluie (durant son cycle). Ce qui donne lieu à de nombreux problèmes de santé publique et environnementale.

Ceci étant, la question de la santé et de l'environnement en milieu urbain est aujourd'hui un enjeu majeur de développement. Elle mobilise de plus en plus l'ensemble des acteurs qui agissent dans les villes. Cette mobilisation va depuis les plus grandes institutions financières internationales jusqu'aux plus petites associations de quartier, en passant par les ONG et les autorités municipales.

Les conséquences de ces pluies acides ne se font pas seulement ressentir à l'échelle nationale mais constituent un problème mondial. Par ailleurs, il faut rappeler que les pays les plus atteints par les précipitations acides ne sont pas les pays qui produisent le plus de dioxyde de soufre et d'oxyde d'azote. La France, par exemple, bien qu'elle produise une quantité non négligeable de polluants, n'est pas particulièrement atteinte par le phénomène, du moins en comparaison par rapport à d'autres pays qui le sont beaucoup plus.

I-1. MECANISMES D'ACIDIFICATION DE L'EAU DE PLUIE

Nous ne saurons énoncer ces mécanismes sans rappeler d'où viennent les pluies. Pluie : précipitation d'eau sous forme de gouttes liquides. Le diamètre des gouttes de pluie est généralement supérieur à 0,5 mm et peut atteindre 3 mm. La vitesse de chute des gouttes est proportionnelle à leur taille et peut atteindre 7,6 m/s (soit près de 30 km/h). Lorsque les précipitations sont rapides, les plus grosses gouttes ont tendance, dans leur chute, à s'aplatir et à se diviser en plus petites gouttes.(Microsoft ® Encarta ® 2009. (c) 1993-2008 Microsoft Corporation.)Mais auparavant, l'évaporation de l'eau contribue à échauffer l'air et à lui conférer un mouvement ascendant. Ce phénomène est très important car il permet à l'eau d'aller vers l'atmosphère pour former les nuages.En s'élevant, l'air se refroidit et la vapeur d'eau qu'il contient se condense (passage de l'état de vapeur à l'état liquide ou solide) sous forme de nuages dans l'atmosphère, ce qui provoque les précipitations (pluie, neige ou grêle selon les conditions météorologiques).Les précipitations tombent sur la surface terrestre sous différentes formes : pluie, neige et grêle.(Voire Cycle d'émissions, de transformation et de dépôts des polluants en annexe)

Dans le cas de la pluie (le plus fréquent), les gouttelettes d'eau des nuages grossissent en fusionnant les unes avec les autres. Les nuages s'assombrissent et sont de plus en plus bas. Lorsque les gouttes sont trop grosses pour être maintenues en suspension dans l'air, elles tombent.Les précipitations prennent la forme de neige ou de grêle lorsque les nuages rencontrent des courants d'air froid qui transforment la vapeur d'eau des nuages en eau solide.L'eau qui ruisselle à la surface de la Terre provient soit des eaux de pluie, soit des eaux de fonte des glaciers. Cette eau ruisselle en surface jusqu'aux rivières, qui vont toutes jusqu'aux océans. Une autre partie de cette eau s'infiltre dans le sol et ruisselle dans les roches de la Terre.L'eau peut être momentanément stockée dans les océans et les lacs (sous forme d'eau liquide), dans les calottes polaires et les glaciers (sous forme de glace), et dans le sous-sol (sous forme d'eaux souterraines). C'est ainsi que le cycle est bouclé et les pluies continueront de tomber si celui-ci n'est pas rompu.

Les précipitations acides quant à elles, sont principalement produites par le SO2 (dioxyde de soufre) et le NOx (oxyde d'azote). Le dioxyde de soufre est un gaz dense, incolore et toxique qui crée de fortes irritations lorsqu'il est inhalé. Il est habituellement utilisé comme antiseptique, comme conservateur d'aliments et même comme désinfectant. Le NOx, quant à lui, est principalement composé de monoxyde d'azote (NO) et de dioxyde d'azote (NO2). Cette matière gazeuse, odorante et toxique provoque, elle aussi, l'irritation des muqueuses. Mais d'où proviennent ces deux substances qui nous causent tant d'ennuis ?

Le dioxyde de soufre nous provient principalement des industries. Les usines produisant le plus de SO2 sont celles qui font la première fusion des minerais, les centrale au charbon et celles qui s'occupent du traitement du gaz naturel. Dans le sud-ouest de l'Ontario et dans la région de Sutton (au Québec), environ les trois quarts des pluies acides sont causées par le SO2 produit par les États-Unis. En effet, ces régions reçoivent entre 3,5 et 4,2 millions de tonnes par années en provenance de leur voisin du Sud. Plus proche de nous et surtout en ce qui nous concerne, le SO2est essentiellement produit par les industries de production de métaux et de produits chimiques comme on en trouve suffisamment dans notre zone d'étude. Le NOx, quant à lui, est issu de la combustion de carburants (pour les véhicules, le chauffage, les centrales électriques, etc.).De même, L'eau de pluie contient naturellement de l'acide carbonique H2CO3 formé par réaction du CO2 atmosphérique et de l'eau. Son pH est de 5,6 donc légèrement acide. Les oxydes de soufre et les oxydes d'azote présents dans l'atmosphère réagissent avec l'eau. Cette réaction va produire del'acide sulfurique H2SO4 et de  l'acide nitrique HNO3. Le pH des pluies acides sera ainsi inférieur à 5,6. Les précipitations les font retomber sur Terre. Pour mieux cerner ces mécanismes, nous allons faire recours à quelques équations et références physico-chimiques standards.

· Pour une pluie normale nous aurons : pH ~ 5.6 (pH neutre : 7.0) dû à l'équilibre:

CO2 (g) + H2O (l) H2CO3 (aq) H+ (aq) + HCO3- (aq)

([CO2] dans l'air = 350 ppm)

· Par contre, si pH < 5.0 dû à la présence d'acides forts, dérivés d'oxydes de soufre et/ou d'oxydes d'azote (voir équations de formation plus loin), alors on est en face d'une précipitation acide.

· Solubilisation : °° CO2 (g) + H2O (l) H2CO3 (aq)

Avec une constance d'Henry: KHenry = 3.4 x 10-2 mol / l
· atm

°°SO2 (g) + H2O (l) H2SO3 (aq)

Avec une constance d'Henry: KHenry = 1.2 mol / l
· atm

Concentration à l'équilibre du gaz non-ionisé dans la phase aqueuse [mol/l]

KHenry =-----------------------------------------------------Pression partielle à l'équilibre du gaz dans la phase gazeuse [atm]

· Acidification proprement dite : °°H2CO3 (aq) H+ (aq) + HCO3- (aq)

Avec pour constance d'acidité KA = 4.2 x 10-7 mol / l
· atm

°°H2SO3 (aq) H+ (aq) + HSO3- (aq)

Avec pour constance d'acidité KA = 1.7 x 10-2 mol / l
· atm

Effet de la solubilité sur l'acidité : Constantes d'acidité et constantes de Henry.

è Les constantes d'équilibre pour la dissolution et la réaction d'ionisation sont déterminantes pour l'acidité de la pluie. En posant :KC = KHenry x KA, on aura :

CO2 (g) + H2O (l) H+(aq) + HCO3-(aq). KC = 1.4 x 10-8 mol2 / l2
· atm

SO2 (g) + H2O (l) H+(aq) + HSO3-(aq). KC = 2.1 x 10-2mol2 / l2
· atm

è Conclusion: des quantités faibles d'acides forts et, de plus, fortement solubles abaissent significativement le pH de l'eau.

Exemple: 350 Ppm de CO2 (g) pH = 5.6

0.12Ppm de SO2 (g) pH = 4.3

ï CAUSALITÉS CHIMIQUES : SO2 retombe sous forme de H2SO3 et H2SO4via les réactions:

SO2 (g) + H2O (l) H2SO3 (aq)

SO2 (g) oxydationSO3 (g)SO3 (g) + H2O (l) H2SO4 (aq)

Et NOx retombe sous forme de HNO3 via les réactions:

NO (g) oxydation NO2 (g), NO3 (g), N2O5 (g)

2 NO2 (g) + H2O (l) HNO2 (aq) + HNO3 (aq)

N2O5 (g) + H2O (l) 2 HNO3 (aq)

Oxydation de SO2 dans la phase gazeuse:

a) Le radical hydroxyl : premier agent significatif

SO2 (g) + HO
· (g)HOSO2
· (g)

HOSO2
· (g) + O2 (g) HO2
· (g) + SO3 (g)

b) Le biradical de Criegee : réactions électrocycliques
·

SO2 (g) + HCHOO
· (g) H2COOSO2 (g)

H2COOSO2 (g) HC(O)OH + SO2 (g)

H2COOSO2 (g) HCHO + SO3 (g)

Oxydation de SO2 dans la phase aqueuse:

En résumé de ce mécanisme physico-chimique d'acidification de l'eau par le souffre S, nous pouvons l'illustrer ainsi qu'il suit :

Résumé : Voies d'oxydation pour le SO2 en phases gazeuse et aqueuse

Oxydation de NO dans la phase gazeuse:

Mais l'activité humaine n'est pas le seul facteur de l'acidification des pluies. En effet, ces pluies existaient bien avant la révolution industrielle, mais en quantité négligeable. Les volcans rejettent plusieurs dizaines de millions de tonnes de dioxyde de souffre par an. L'acide chlorhydrique présent dans les panaches de fumées  et les fumerolles sort par des canaux secondaires et forme ces pluies.De plus, le NOx est produit lors des feux de forêt et de brousse, ou bien lors des orages. Par ailleurs, les micro-organismes vivants et les processus microbiologiques produisent 14 millions de tonnes de NOx par an !

En marge de ces mécanismes, les recherches dans le domaine des pluies acides et de leurs impacts sur la santé s'orientent aussi vers une autre cause anthropique : l'émanation des gaz et poussières industrielles ou non. En effet, Bien que la poussière ne soit pas la cause principale de la pollution de l'air, son apport en termes de particules volatiles n'est pas négligeable, puisqu'elle est responsable de plusieurs maladies respiratoires et cancérigènes avec des milliers de décès.[Dr Athanase NSANZIMANA, Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche (UNITAR - Genève - Suisse)].Dans le cadre de "l`Initiative air propre dans les villes" de Yaoundé, Douala et les autres principales villes du Cameroun, Bruno Fontaine, expert chargé d'étude, a expliqué que :« Le vrai problème de la pollution dans les principales villes du pays [Cameroun], est la nuisance des organiques volatiles et des particules qui viennent soit directement d`un brûlé de moteur, soit de la poussière des routes non revêtues et/ou d'industries à proximité, attaquant ainsi la santé des populations. La situation dans les capitales camerounaise, Yaoundé et Douala notamment, accroît ce type de nuisances du fait des casses qui y ont cours de temps à autre dans les zones à risque. Ces émissions de gaz à effet de serre et la poussière, ... ont des répercutions graves sur la santé des populations avec des morts précoces suite à la pollution de l`atmosphère »[4] ?Ainsi, pendant les averses, les eaux de pluies vont lessiver les toitures sur les quelles ces poussières se sont déposées.En effet, nous parlonsici de fines particules de l'ordre du micron (10 u au plus) qui persistent dans l'atmosphère de manière prolongée car leur vitesse de chute est très lente (1m en 8H). Selon que ces poussières peuvent contenir des éléments chimiquescapables de s'oxyder tant en milieu gazeux qu'aqueux, on pourra donc aboutir, à la suite de ce lessivage, à une acidification de ces eaux.

[4] ?Léger NTIGA, « Pollution par la poussière : Source d'au moins 10.000 décès et 200 cancers », Une étude réalisée au Cameroun par l'Ong Friends of the Earth International, 10 juillet 2008. http://www.camerounlink.net/fr/index.php? Lu le 22 Avril 2012.

I-2. TYPOLOGIE DES CONSEQUENCES DE CES PLUIES ACIDES

SUR LES HOMMES

Les précipitations acides entraînent de nombreux effets sur la santé humaine, et plus particulièrement sur celle des personnes âgées, des enfants, des personnes cardiaques et asthmatiques.

     L'un des principaux et des plus graves sont les problèmes respiratoires dus au  smog : les particules fines constituant ce brouillard se logent au fond des poumons et causent l'inflammation des tissus. Les personnes atteintes se plaignent alors d'asthme, de toux sèche, d'irritations aux yeux, au nez et à la gorge. Le problème respiratoire des personnes ainsi touchées provoque aussi des vertiges et

des maux de tête. (Source : http://fr.encarta.msn.com/)     

La présence de métaux toxiques dans l'organisme des animaux dont l'être humain se nourrit est la cause de plusieurs maladies, telles que des dommages au cerveau, chez les jeunes principalement, des problèmes de transmissions nerveuses, et quelquefois, mais très exceptionnellement, la mort de nourrissons.      Les pluies acides corrodent les canalisations en cuivre ou en plomb et peuvent alors entraîner  une bioaccumulation de métaux lourds (mercure, plomb) dans l'organisme humain : tout cela augmente donc les risques de saturnisme (intoxication par le plomb se manifestant par des douleurs abdominales, une paralysie de certains membres, la stérilité masculine...).

Ø Le quotidien en ligne Cameroon-Info.Neten son édito du 11 septembre 2010, publiait une enquête du DP M. Joseph OLINGA, intitulé « Douala : la cité empoisonnée ». on peut y lire : « Peu connus des populations, les gaz rejetés dans la nature par les différents types de pollution sont, à en croire les spécialistes à l'origine de milliers de morts dans la ville de Douala. Ainsi les hydrocarbures imbrûlés, le monoxyde de carbone, l'oxyde d'azote, le plomb, la pollution photo-oxydante de l'ozone ainsi que les poussières industrielles et ménagère sont à l'origine de la destruction des cellules sanguines et des globules rouges en particulier ». De même, on peut tirer de l'interview de M. Gérard Kamté, expert médico-sanitaire et directeur administratif et technique de Louis Pasteur-Labo, cette affirmation : « C'est difficile de faire le listing des maladies provoquées par ceux-ci mais il est évident que les conséquences de leur action dans l'organisme se traduisent toujours par un taux accentué d'anémie comme c'est le cas chez beaucoup de nos patients. »

Ø Au lendemain de la condamnation d'une vingtaine d'entreprises industrielles accusées de pollutions environnementales diverses, le quotidien de la Rue de l'aéroport Mutations N°3140 du Mercredi 18 Avril dernier, Page 7, publiait un entretien dans sa rubrique SYMBIOSES/Enquête. En effet, il s'agit de l'Interview de l'expert environnementaliste M. Didier YIMKOUA, coordonnateur du programme Green Binam qui, répondant à la question ``Quelest l'impact des effluents gazeux et liquides sur l'environnement et la santé humaine notamment ?'', affirme : « ...Les conséquences des déchets industriels dans l'environnement sont nombreuses et variées. L'environnement et la santé vont de pair. Le rejet de ces effluents gazeux dans l'air est à l'origine de la recrudescence des infections respiratoires aigües et chroniques, des maladies des yeux (gaz lacrymogènes),des intoxications liées à l'inhalation des gaz dangereux...le rejet des effluents liquides dans le milieu aquatique expose les ressources aux pollutions bactériologique et chimique. A Douala par exemple, tous les puits sont infestés de germes fécaux dont la consommation expose les populations aux maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde. Les effets de lapollution chimique s'observent facilement dans les plans d'eau envahis par la jacinthe et autres algues nuisibles qui donnent un aspect verdâtre à la surface de l'eau. Et il va s'en dire que les effluents liquides stagnants sont des gîtes de moustiques et sources d'odeurs nauséabondes. Les déchets d'hydrocarbures sont, eux, cancérigènes. »

SUR LA FLORE ET LA FAUNE

 Les pluies acides ne détruisent pas directement les arbres, mais dissolvent et emportent les éléments minéraux (ou éléments nutritifs) contenus dans le sol. Plus gravement, les pluies acides tuant les micro-organismes, le sol ne peut plus produire de ces éléments nutritifs. Les feuilles des arbres sont ainsi endommagées (tâches noires ou marronnes) et tombent : c'est la défoliation. Certaines substances chimiques présentes dans les pluies acides (des métaux lourds tels que l'aluminium et le mercure), peuvent aussi être lentement libérées du sol et empoisonner les arbres par leurs racines. En effet, quand le pH diminue, les métaux lourds sont facilement ingérés par les plantes. Tout cela cause la mort progressive de l'arbre par manque de minéraux comme le calcium ou le magnésium. C'est ce qu'on appelle couramment le dépérissement forestier. Les arbres les plus exposés aux pluies acides et à la défoliation sont les résineux (pins, sapins, épicéas par exemple, pourtant très prisés dans la décoration des espaces verts) qui voient dans un premier temps le jaunissement de leurs aiguilles puis leur chute (provoqués par l'acide sulfurique H2SO4), ou bien des lésions à la surface des aiguilles et des taches irrégulières (provoquées par les NOx). Les feuillus sont quant à eux peu atteints.Les études démontrent que les pluies acides ont un impact direct et indirect sur les forêts. La plus grande préoccupation est l'impact indirect qu'elles exercent en modifiant la chimie des sols forestiers, causant à la fois leur appauvrissement en éléments nutritifs et une augmentation des concentrations de métaux qui sont toxiques pour les racines. Dans ce processus, les pluies acides lessivent des éléments nutritifs essentiels (p. ex. le calcium et le magnésium), causant ainsi des carences nutritionnelles et des déséquilibres dans les forêts. Les pluies acides ont aussi un impact direct sur la forêt; notamment, elles affectent la cuticule (couche cireuse de la face supérieure des feuilles). Les dommages causés à la cuticule accélèrent le processus naturel de vieillissement des feuilles, ce qui réduit la capacité de l'arbre à faire face à d'autres stress, comme les autres polluants, la sécheresse, les infestations d'insectes, les maladies et l'augmentation du rayonnement ultraviolet dû à l'appauvrissement de la couche d'ozone.Jusqu'à récemment, c'est l'acide sulfurique qui était l'objet premier des inquiétudes concernant l'acidification. L'impact de l'acide nitrique est important aussi, mais il est considéré comme un problème moindre car l'azote agit à titre de fertilisant et est absorbé par les végétaux, ne se retrouvant pas dans les sols et les eaux de surface sous forme d'acide.Cependant, une surabondance de composés atmosphériques azotés peut donner lieu à une saturation en azote et causer une libération subséquente d'acide nitrique dans les eaux de surface.

SURLES COURS ET LES PLANS D'EAU, ET DONC SUR LA VIE AQUATIQUE ANIMALE

Beaucoup d'organismes aquatiques sont très sensibles aux eaux acides; c'est pourquoi les milieux aquatiques ont été les premiers à présenter des signes perceptibles de l'impact des pluies acides. La plupart d'espèces d'amphibiens sont très sensibles aux eaux acides, qui causent une forte mortalité des oeufs. Les effets néfastes se font sentir à un pH de moins de 6,5. Plusieurs espèces de poissons commencent à disparaître lorsque le pH est inférieur à 6. On observe des changements dans la chimie sanguine des poissons, de même qu'un retard dans le développement des oeufs.Les précipitations acides entraînent également une augmentation du taux d'acidité des lacs et des cours d'eau. Or, en dessous d'un pH de 4,5, aucun poisson n'est susceptible de survivre. Cependant, ce n'est pas l'acidité elle-même qui est responsable de la mort des organismes, comme on l'a longtemps pensé, mais une diminution du pH s'accompagne la plupart du temps d'une augmentation de la concentration en métaux toxiques tels que l'aluminium et le mercure, qui causent un certain stress respiratoire chez les poissons. De plus, la  baisse du pH est à l'origine de difficultés de reproduction chez l'ensemble des populations aquatiques. Enfin, les coquilles des crustacés et des mollusques ne se forment plus normalement. Seules, dans certains lacs, des mousses blanches appelées Sphaignes parviennent à survivre sur le fond ainsi que des insectes peu sensibles et certaines espèces de plancton. Les populations amphibiennes sont particulièrement atteintes par les pluies acides. En effet, un grand nombre d'espèces de grenouilles vivent dans des étangs provisoires, souvent petits et peu profonds, et donc facilement affectés par l'acidité des précipitations.[5] ?

En dehors des conséquences directes sur la vie aquatique, il existe un autre effet néfaste des précipitations riches en NOx : elles augmentent considérablement la concentration en ions nitrates NO3- des plans d'eau et des zones maritimes, favorisant alors le processus d'eutrophisation de ces derniers. Ce phénomène peut se décomposer en plusieurs étapes : la quantité importante de nitrates, qui favorisent la croissance des végétaux, permet la multiplication rapide de ceux-ci et peut, dans les cas les plus graves, aboutir à une prolifération importante d'algues. Or, le stock de dioxygène étant très limité dans l'eau (environ 30 fois inférieur que dans un même volume d'air), il est rapidement épuisé lors des périodes pendant lesquelles la respiration des organismes aquatiques (activité mitochondriale consistant en l'absorption de dioxygène et de glucose pour former de l'énergie et du dioxyde de carbone) excède la production par photosynthèse (activité chloroplastique qui utilise le dioxyde de carbone et l'énergie produits par la respiration cellulaire pour former du dioxygène et du glucose), d'autant plus que cette photosynthèse est largement réduite puisque le passage de la lumière du soleil est grandement affecté par le développement d'algues à la surface de l'eau. Le milieu devient alors anoxique, c'est-à-dire dépourvu d'oxygène, ce qui est favorable à l'apparition de gaz nocifs comme le méthane par exemple. Il en résulte alors la mort d'organismes aquatiques, dont la décomposition, consommatrice d'oxygène, amplifie le phénomène. C'est un cercle vicieux...Notons que les lacs où l'acidité est la plus poussée ont des eaux plus claires, permettant une meilleure pénétration des rayons ultraviolets de type B,qui ont la propriété de freiner la photosynthèse :

[5] ?Source : http://environnement.ecoles.free.fr, lu le 14 Avril 2012

On retrouve alors le caractère anoxique des plans d'eau, l'apparition de gaz délétères, conduisant à la mort des organismes aquatiques.

Fig. 1- Représentation schématique du phénomène d'eutrophisation d'un plan d'eau

source: http://environnement.ecoles.free.fr

Plus loin, des études ont montré que l'infiltration de ces eaux pluviales riches en acides, apparait comme l'un des principaux facteurs contribuant à la détérioration des eaux souterraines (Bernard-Valette, 2000). Les métaux lourds, plus particulièrement le plomb, le cuivre, le zinc et le cadmium rencontrés généralement dans les eaux pluviales (Malmquist et Svenson, 1977; Pitt et al., 1999; Datry, 2003), sont considérés comme des polluants susceptibles d'avoir des impacts considérables sur le milieu souterrain. Certains auteurs ont souligné que les dangers liés aux métaux lourds se posent donc à la fois en terme derisque de dégradation de la qualité des sols (Asami et al., 1995; Wasay et al., 1998; Février, 2001), mais également en terme de risque pour la ressource en eau souterraine (Chlopecka et al., 1996).

Lassabatère (2002) a souligné également que le transfert des métaux lourds sous forme dissoute ou particulaire peut constituer un élément majeur de contamination des sols et des eaux souterraines. Ils peuvent toutefois migrer dans les eaux souterraines, s'accumuler dans la chaîne alimentaire et présenter par la suite des risques pour la santé humaine (Jourdan et al., 2005).

SUR LA VIE TERRESTRE ANIMALE

Les animaux terrestres ne sont pas directement touchés par les pluies acides, mais certains d'entre eux comptent sur le milieu aquatique qui, lui, est gravement atteint, pour se nourrir : dès lors, c'est toute la chaîne alimentaire qui est ainsi perturbée. Nous pouvons illustrer ce processus par un schéma simple comme suit : 

Fig. 2- Représentation schématique du phénomène d'intoxication des mammifères

source: http://environnement.ecoles.free.fr

SUR L'ATMOSPHERE ET L'ARCHITECTURE

 Le smog, brume sèche qui masque les objets au loin, peut réduire la visibilité des pilotes d'avion en haute atmosphère, ce qui peut évidemment être dramatique...
Les acides qui se retrouvent dans l'air peuvent également s'infiltrer dans les conduits d'aération et ainsi détruire les livres dans les librairies et les bibliothèques.
      Une conséquence plus connue des précipitations acides est la détérioration de l'architecture. En effet, le calcaire et le marbre, récemment utilisés dans la construction des bâtiments et des statues, sont particulièrement sensibles aux acides, se transformant peu à peu en gypse (minéral composé de sulfate hydraté de calcium : CaSO4, 2 H2O) ; de plus, la corrosion des structures métalliques est accélérée par les pluies acides.

     Remarquons que les matériaux les plus corrodables, comme le cuivre Cu et le zinc Zn, forment à leur surface des dépôts protecteurs dissous par une précipitation acide.

C'est ainsi que l'on peut observer ces conséquences à travers le Monde.

Ø Aux Etats-Unis, la côte Est rejette à elle seule 20 Millions de tonnes/an de polluants. Les forestiers américains y ont remarqué une baisse de croissance chez le chêne rougeet le pin blanc.

Ø Le Canada est l'un des pays les plus gravement touchés par les pluies acides dans le monde, recevant la pollution de son voisin états-unien, mais aussi en produisant beaucoup. De plus, c'est un pays où les lacs et les forêts sont nombreux. Les problèmes se situent à l'est du pays puisque, d'une part, ce sont les régions les plus industrielles, et d'autre part, le sol y est granitique et possède donc un faible pouvoir tampon : les régions les plus durement touchées sont l'Ontario, le Québec, le Nouveau Brunswick et la Nouvelle-Ecosse (régions apparaissant en rouge sur la carte ci-dessous). Ainsi, en Ontario (centre-est canadien), 24% des lacs n'abritent plus de poissons.

Ø Le Japon s'inquiète pour ses forêts qui représentent 65% de son territoire. En revanche, la Chine, avec ses 12 millions de tonnes de dioxyde de soufre rejetés par an et son rang de troisième émetteur mondial (l'Europe remportant la palme avec 32,5 millions de tonnes, et les Etats-Unis la suivant avec 14,8 millions de tonnes), ne semble pas s'alarmer. Pourtant, son territoire est lui aussi riche en forêts. Dans les centres urbains, surtout celles industrialisées, le smog a envahi les villes et les populations se sont familiarisés aux casques de protection sur le visage.

Ø La France n'est pas touchée de manière importante par les précipitations acides si on la compare à ses voisins allemands et suisses par exemple. Cependant, les forêts françaises ne sont pas épargnées par le phénomène. Dès le début de l'année 1986, l'Office National des Forêts  révèle que le dépérissement forestier par défoliation (perte des aiguilles) touche l'ensemble des massifs français.

Ø Plus proche de nous, Douala, la ville abritant notre zone de recherche :Un étang à la couleur verdâtre dans lequel s'abreuvent des boeufs destinés à l'abattoir de la ville. Tout autour, des maisons en matériaux provisoires, l'étranger de passage à Minkwelle ne peut ignorer ce tableau. Une centaine de mètres plus loin, les installations d'une usine de fermentation d'alcool attirent les regards.

Ø A l'autre bout de la ville, c'est la couleur noirâtre d'une nappe d'eau, non loin des habitations qui suscite l'attention. Tout autour, les herbes ont pris une couleur jaunâtre tandis que les arbres et autres arbustes ont le feuillage recouvert d'une plaque noire, quand ils ne sont pas desséchés. La plupart des habitants des villages voisins ont les pieds recouverts d'une gale dont la caractéristique est de laisser de grandes blessures sur la peau. «C'est quand nous entrons dans cette eau que nos pieds sèchent. On a des blessures et ça gratte.» Benoît Biyele habitant et chef de village, laisse par ailleurs remarquer qu'il est difficile depuis de nombreuses années de prétendre à une récolte dans son village et ses environs.

Ø Douala IIIe : à toute heure de la journée, une nuée s'élève dans les airs, émanant de l'usine de traitement de cacao non loin de la cité universitaire et au coeur de la zone Bassa ; elle semble faire partie du quotidien des riverains. Une habitude qui semble aussi partagée par les habitants des quartiers de l'axe lourd Yaoundé-Douala. Ici, difficile pour le passager en provenance de la capitale politique de jeter un regard sur ce cours d'eau sombre et recouvert de détritus de toute nature. Même les riverains se souviennent peu de son appellation d'origine tant le consensus semble fait sur « Pont noir », son appellation populaire...

Ø En faisant le tour de la ZIBA, les complaintes des populations des quartiers NDOGSIMBI, NDOKOTI,LOGBABA, CENTRE INDUSTRIEL, OYAK, MADAGASCAR TERGAL et BASSA sont quasi identiques. C'est le cas non moins important d'un propriétaire et promoteur immobilier qui dit ne pas comprendre pourquoi les murs de ses cités sises au quartier NDOKOTI se déprécient plus rapidement que ceux de ses immeubles plus loin à LOGPOM : « ...Je suis désormais obligé d'habiller les murs des bâtiments de ma cité avec des carreaux si je veux être dispensé des dépenses à répétitions en refaisant la peinture. Seulement, j'ai bien peur de ne pouvoir m'accorder avec mes locataires [essentiellement des étudiants (ndlr)] sur les nouveaux loyers dans ce cas. » En effet, nous avons lors de notre enquête dans ces quartiers, observé le niveau de dépréciation des murs et toits des bâtiments, et compris pourquoi certains propriétaires, dans les limites de leurs possibilités disent opter désormais pour l'habillage des murs avec des carreaux.

Ø En plein coeur de l'arrondissement, une remarque non moins importante, c'est celle du délabrement des mûrs (décapage des peintures) qui touche même les locaux et bâtiments administratifs. Des joyaux architecturaux (Hôtel de ville de Douala III par exemple, situé à LOGBABA) qui sont sortis de terre tout récemment en sont déjà victimes. Nul besoin d'examiner le gazon et les autres `'espaces verts'' pour remarquer qu'ils ont jaunis littéralement, et ce malgré la saison de pluies courante.

II. EXPLORATIONS DES CONCEPTS

Il s'agira dans cette rubrique de conceptualiser le problème de recherche, c'est-à-dire le définir.

EVALUATION : ce terme signifie en quelques mots l'estimation de l'importance de quelque chose ou de quelqu'un. Synonyme de appréciation, l'évaluation est constituée de toute une série de méthodes très différentes les unes des autres, en fonction de leurs présupposés théoriques , de leurs buts, de leurs techniques et qui permettent de mesurer, de quantifier (méthodes statistiques) et de caractériser une situation, une entité, un résultat ou une performance de nature complexe et donc a priori difficilement mesurable.

QUALITE : Du latin qualitas, ce mot signifie dans son sens étymologique l'état de ce qui est. C'est en ce sens que le terme dérivé `qualificative' peut se définir comme ce qui énonce une qualité, bonne ou mauvaise, prêtée à ' quelqu'un ou à quelque chose.

Donc, EVALUATION QUALIFICATIVE signifie l'ensemble des techniques et méthodes d'analyses permettant de mesurer, d'apprécier la qualité d'une entité. Ici, nous ferons recours à la spectrophotométrie. C'est l'une des méthodes optiques d'analyses physico-chimiques les plus précises et les plus employées, elle utilise l'interaction entre le rayonnement électromagnétique et la matière. En effet, il s'agira pour nous dans cette étude, d'évaluer des qualités. Une activité pas aisée du tout, tant on sait que La caractérisation d'une eau par exemple fait appel à l'utilisation de plusieurs paramètres. Ils peuvent être physiques, chimiques, spécifiques et biologiques.

Paramètres physiques: - Matières en suspension

Ce sont des substances minérales ou organiques insolubles d'origines diverses. Suivant leur densité et les caractéristiques du milieu récepteur, elles évaluent la répartition de la charge polluante entre la pollution dissoute et la pollution sédimentable (Bontoux, 1993). Elles sont exprimées en mg/l.

- Couleur

C'est un paramètre organoleptique lié à la présence d'éléments dissous ou à l'état colloïdal tels que les composés humiques, les métaux ou les déchets de différents types (Beaux, 1997). Les eaux naturelles sont généralement bleues ou vertes ou brunes à cause des particules en suspension qui réfléchissent la lumière. La couleur s'exprime en unité Hazen ou unité Platine Cobalt (PtCo).

- Turbidité

Elle caractérise la limpidité d'une eau ou son opalescence par l'effet Tyndall (Dupont,1981). Elle exprime la quantité de matières en suspension (microorganismes, algues, macromolécules organiques) qui sont à l'origine du trouble de l'eau (Beaux, 1997). Elle ne mesure pas cette quantité, mais elle exprime la capacité des particules à retenir et difracter la lumière. La turbidité s'exprime en Unité Formazin (FTU) ou en unité Nephelométrique (NTU).

- Conductivité

C'est la quantité d'électricité transportée d'une électrode à l'autre à travers un secteurde 1 cm2, d'un conducteur ayant une différence de potentiel de 1V/cm. Elle permet d'estimer le degré de minéralisation d'une eau et est liée à la force ionique. Elle est proportionnelle à la teneur en sels dissous (TDS). Elle s'exprime en micro siemens par centimètre (uS/cm) (Payne, 1986).

- Température

La température de l'eau est fonction de la température ambiante, des processus chimiques et biochimiques qui ont cours dans le milieu aquatique, de la température des affluents au cours d'eau. Elle influence beaucoup de phénomènes physico-chimiques tels que le pouvoir auto épuratoire d'une eau polluée, la solubilité des gaz, la conductivité et le pH (Leynaud, 1968).

Paramètres Chimiques :- Potentiel Hydrogène : pH

Il est utilisé pour exprimer le degré d'ionisation de l'eau. Il indique le caractère alcalin (pH>7), acide (pH<7) ou neutre (pH=7) de l'eau. C'est la mesure de la concentration en ions Hydronium (H3O+) provenant de la dissociation des molécules d'eau en protons H+. Il contrôle les vies aquatiques et régule le processus d'épuration dans les plans d'eau. Le pH dans l'eau naturelle varie entre 6,6 et 7,8 (De Puytorac, 1971 cité par Fonkou, 1991).

- Oxygène dissous

C'est la concentration d'oxygène gazeux qui se trouve à l'état dissous dans une eau. L'oxygène dissous disponible est limité par la solubilité de l'oxygène (max 9 mg/l à 20°C) qui décroît avec la température et la présence de polluants dans les cours d'eau. Une faible teneur en oxygène dissous est synonyme d'une forte charge polluante ou d'une température élevée de l'eau. Paramètre important de l'écologie des milieux aquatiques, il est essentiel pour la respiration des organismes hétérotrophes. Il est exprimé en mg/l et se mesure par la méthode de Winkler basée sur la fixation chimique de l'oxygène et son dosage colorimétrique (Rodier, 1996).

- Alcalinité de l'eau (Titre Hydrotimétrique)

C'est la quantité totale de base dans l'eau. Ces bases pouvant être des hydroxydes de carbonates, des bicarbonates. La quantité totale de carbone organique dépend des concentrations en calcium et magnésium (Banton et Bangoy ,1997). Elle s'exprime en mg/l de CaCO3. Elle permet de définir la dureté de l'eau qui elle s'exprime en degré Français (1°F= 10 mg/l de CaCO3) ou bien en °TH.

- Demande biochimique en oxygène (DBO)

C'est la quantité d'oxygène nécessaire aux microorganismes vivants pour assurer l'oxydation et la stabilisation des matières organiques présentes dans l'eau usée (Eckenfelder, 1982). Par convention, la DBO est la valeur obtenue après 5 jours d'incubation : DBO5. L'essai normalisé prévoit un ensemencement microbien à l'aide d'eau usée domestique, d'une eau de rivière ou d'un effluent de station et une incubation à 20°C. Dans le cas des eaux usées industrielles, l'ensemencement microbien, la durée d'incubation, la toxicité et la nitrification sont des facteurs pouvant influencer la DBO et doivent par conséquent être particulièrement pris en considération (Eckenfelder, 1982). La DBO est le meilleur indicateur de pollution organique et peut beaucoup varier au cours de la journée.

- Demande chimique en oxygène (DCO)

La quantité d'oxygène consommée par les matières existantes dans l'eau et oxydables par voie chimique dans les conditions opératoires définies (Bontoux, 1993). En fait, la mesure correspond à une estimation des matières oxydables présentes dans l'eau, qu'elles soient d'origine organique ou minérale (chlorure, sulfure, fer ferreux, nitrite et ammoniac). La DCO est fonction des caractéristiques des matières présentes, de leurs proportions respectives et des possibilités de l'oxydation.

- Eléments nutritifs ou substances eutrophisantes

Il s `agit principalement de l'azote (N) et du phosphore (P).

- Les substances azotéessont toxiques sous la forme ammoniacale (NH4 +) et nitrique (NO2 -). L'ion nitrate (NO3 -) n'est utilisé par les organismes qu'après transformation sous l'action de la nitrate réductase. Le paramètre NH4 + permet de limiter les usages des eaux en rivière. En effet au dessus de 3mg/l de NH4 +, il y a risque de mortalité des poissons. Il traduit aussi une consommation importante d'oxygène. Immédiatement en aval des foyers de pollution, on trouve souvent des teneurs en azote ammoniacal de l'ordre de 0,5 à 3 mg/l tandis que les teneurs en nitrites et en nitrates sont relativement faibles. Plus en aval, lesteneurs en azote ammoniacal diminuent et celles des nitrites puis des nitrates augmentent (Rodier, 1996).

- Le phosphoreest un élément limitant pour la croissance et le développement des organismes dans le milieu aquatique. On mesure généralement 3 types de phosphore :le phosphore particulaire(comprenant le phosphore organique et le phosphoreinorganique).Le phosphore soluble(constitué des poly phosphates, du phosphore colloïdal et des ortho phosphates). Les ortho phosphates (PO43-) sont les principaux éléments nutritifs dans les systèmes aquatiques continentaux. Ils jouent un rôle déterminant dans l'induction des phénomènes d'eutrophisation lorsqu'ils atteignent des concentrations élevées, les premières nuisances apparaissent à partir de 0,2 mg/l. Le dosage des ortho phosphates est basé sur le développement de la coloration au bleu de molybdène.Le phosphore total dissous : on estime qu'il y'a 90 % de phosphore particulaire et 10 % de phosphore soluble.

En somme, les eaux de surface ou de nappes peuvent être contaminées par des rejets industriels (Industries agro-alimentaires, ateliers de traitement de surfaces, laveries) et domestiques ou par lessivage des terres cultivées renfermant des engrais phosphatés ou traités par certains pesticides (Rodier, 1996).

Paramètres biologiques : Les paramètres biologiques sont des organismes qui permettent de caractériser l'état d'un écosystème et de mettre en évidence ses modifications naturelles ou provoquées (Beaux, 1997). Parmi ces organismes on peut citer les bactéries, les protozoaires, les champignons, la macrofaune, les algues et les végétaux supérieurs.

- Bactéries bio indicatrices de pollution

Les bactéries utilisées comme bio indicatrices de pollution sont réparties en 3 principaux groupes : les streptocoques fécaux, les coliformes fécaux et les coliformes totaux. Les coliformes sont d'origine fécale. Ils ne sont pas dangereux par eux même, mais constituent des indicateurs de la présence des autres microorganismes pathogènes (Ramade, 1982). On les retrouve également dans les milieux pauvres en oxygène où lesbactéries sulfo-réductrices réduisent les sulfates en sulfures et produisent l'hydrogène sulfuré d'odeur caractéristique (Ramade, 1995).

- Protozoaires des eaux polluées

Ils sont très fréquents dans les zones de dégradation et de décomposition active. Il s'agit de quelques flagellés, des ciliés et quelques organismes sessiles à régime bactériophages. On note la présence des rotifères dans les eaux fortement polluées (Ramade, 1995).

- Champignons des eaux polluées

Les eaux chargées de matières organiques renferment une riche flore fongique. Ces champignons requièrent cependant la présence simultanée d'oxygène en quantité suffisante et d'azote nitrique (Payne, 1986)

- Macro faune caractéristique de pollution

Elle concerne seulement la macro faune invertébrée benthique ou périphytique qui comprend les espèces vivantes au niveau de l'interface eau-sédiment dans certaines conditions. Ces organismes sont importants car certains d'entre eux sont sensibles à différents niveaux de pollution (Moore, 1979).

- Algues des eaux polluées

Dans les eaux désoxygénées suite à une pollution organique, les algues disparaissent totalement. Cependant, lorsque le taux d'oxygène reste suffisant, les micro-organismes décomposeurs libèrent des nitrates et phosphates à partir de la matière organique de l'effluent ; enrichissant ainsi le milieu en éléments nutritifs. Ceci favorisera à long terme la pullulation des algues. Il y a dans ce cas, une augmentation de densité de la biocénose algale telle que les Diatomées, certaines algues vertes et les algues bleues (Radoux et al, 1995).

- Végétaux supérieurs

Il s'agit des plantes aquatiques et périaquatiques qui caractérisent les milieux pollués. On peut citer entre autres Ceratophyllum, salvinia, Eichhornia (jacinthes d'eau), Ipomoea aquatica, Cyperus papyrus, Echinochloa colona, Echinocloa pyramidalis, Pistia stratiotes (Laitues d'eau), Leersia hexandra, Enydra fluctuans (Dejoux, 1988). Certaines de ces plantes indicatrices de la pollution des eaux supportent de fortes charges polluantes, et sont utilisées pour l'épuration naturelle des eaux usées dans les stations de traitement des eaux usées. C'est le cas de Pistia stratiotes, Salvinia sp. Ipomeea aquatica, Enydra fluctuans, Hydrocotyle umbellata et certaines Lemnacea (Lemma, Sprirodela, Wollffia) (Charbonnel, 1989 ; Agendia, 1995; Crites & Tchobanoglous, 1998 tous cités par Kengne, 2000).

Paramètres spécifiques : Ce sont des paramètres rendant compte des pollutions spécifiques. Il s'agit de : La teneur en hydrocarbure ; la teneur en graisses et huiles ; la teneur en métaux ; la teneur en toxiques spécifiques : cyanure par exemple ; la teneur en micro polluants organiques : organochlorés, composés phénolés, hydrocarbures mono aromatiques, hydrocarbures polycycliques.

EAUX : L'eau est un composé chimique ubiquitaire (c'est-à-dire capable de se trouver partout au même moment) sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus. C'est le milieu de vie de la plupart des êtres vivants. Elle se trouve en général dans son état liquide et possède à température ambiante des propriétés uniques : c'est notamment un solvant efficace pour beaucoup de corps solides trouvés sur Terre -- l'eau est quelquefois désignée sous le nom de « solvant universel ». Par eau, on comprend souvent liquide incolore constitué à majorité d'eau, et pas simplement l' eau pure. Suivant sa composition chimique qui induit son origine ou son usage, on précise : eau minérale, eau de Seltz, eau de source, eau de mer, eau douce, eau potable, eau de pluie, eau du robinet, eau de table, eau gazeuse, eau plate... En chimie, on parle d' eau lourde, eau dure, eau distillée. Par ailleurs, Le cycle de l'eau (connu scientifiquement sous le nom de cycle hydrologique) se rapporte à l'échange continu de l'eau entre l' hydrosphère, l' atmosphère, l'eau des sols, l'eau de surface, les nappes phréatiques et les plantes.

Le volume approximatif de l'eau de la Terre (toutes les réserves d'eau du monde) est de 1 360 000 000 km3. Dans ce volume :

· 1 320 000 000 km3 (97,2 %) se trouvent dans les océans,

· 25 000 000 km3 (1,8 %) se trouvent dans les glaciers et les calottes glaciaires,

· 13 000 000 km3 (0,9 %) sont des eaux souterraines,

· 250 000 km3 (0,02 %) sous forme d'eau douce dans les lacs, les mers intérieures et les fleuves,

· 13 000 km3 (0,001 %) sous forme de vapeur d'eau atmosphérique à un moment donné.

L'eau liquide est trouvée dans toutes sortes d'étendues d'eau, telles que les océans, les mers, les lacs, et de cours d'eau tel que les fleuves, les rivières, les torrents, les canaux ou les étangs. La majorité de l'eau sur Terre est de l'eau de mer. L'eau est également présente dans l'atmosphère en phase liquide et vapeur. Elle existe aussi dans les eaux souterraines ( aquifères). Sa consommation est très inégale selon les niveaux de développement des pays :

· 3000 m/habitant/an dans les pays européens ;

· 9985 m/habitant/an aux États-Unis ;

· 200 m/habitant/an dans des pays en développement comme l'Angola ou l'Éthiopie ;

· 20 litres par jour par habitant au Mali ou à Haïti.

Les associations humanitaires pointent du doigt ces disparités. Un Américain utilise 600 litres d'eau par jour et un Européen 200, quand un Africain doit survivre avec moins de 30 litres. L'inégalité de consommation d'eau dans le Monde et sa pénurie poussent certaines populations à recourir à d'autres sources d'approvisionnement telles les eaux de pluies.

EAUX METEORIQUES : L'expression « eaux météoriques » savamment utilisée de nos jours et qui tend à remplacer le terme `eaux de pluies' désigne toute substance liquide et transparente, sans couleur et à priori sans odeur ni saveur, qui avant de tomber sous forme de précipitations, subit une série de phénomènes dans la haute atmosphère. Ces phénomènes portent le nom de météores. On distingue des météores gazeux (le vent), aqueux (pluie, neige, grêle), lumineux (arc-en-ciel, halo, aurore polaire), et électriques (éclair, foudre). A l'issue de cette formation, on peut obtenir des `pluies acides' selon que certains gaz acides présent dans l'atmosphère provenant des industries, du trafic urbain, les contaminent par miscibilité dans la vapeur d'eau atmosphérique. L'expression « pluie acide » désigne toute forme de précipitation anormalement acide. On distingue les retombées humides (pluie, neige, brouillard, smog...) des retombées sèches (particules fines, gaz). Cette expression a été utilisée pour la première fois par Robert Angus Smith en 1872. L'acidification des précipitations a des conséquences désormais médiatisées sur la forêt, mais elle affecte aussi la santé humaine, les bâtiments et peut-être de nombreuses espèces animales, fongiques, lichéneuse et végétales. L'acidification de certaines eaux de surface et l' acidification des océans en sont des conséquences secondaires.

L'acidification peut être due à des émissions locales de polluants, mais aussi à des polluants transportés sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. À l'origine des pluies acides, on trouve essentiellement les oxydes de soufre ( SO2) et d'azote ( NO et NO2). Ces polluants réagissent dans l' atmosphère avec le dioxygène et l' eau pour former respectivement de l' acide sulfurique H2SO4 et de l' acide nitrique HNO3. D'autres acides peuvent intervenir dans une moindre mesure : acide chlorhydrique, acide fluorhydrique, ammonium, acide formique, acide acétique... L'acidité d'une solution aqueuse est mesurée par son pH :

· une solution de pH = 7 est dite neutre ;

· une solution de pH < 7 est dite acide ; plus son pH s'éloigne de 7 (diminue) et plus elle est acide ;

· une solution de pH > 7 est dite basique ; plus son pH s'éloigne de 7 (augmente) et plus elle est basique.

L'échelle de pH est une échelle logarithmique, ce qui signifie que lorsque le pH diminue d'une unité (dans le domaine acide), l'acidité de la solution est multipliée par 10. Ainsi, une solution de pH = 3 est 10 fois plus acide qu'une solution de pH=4, 100 fois plus acide qu'une solution de pH=5. Dans des conditions normales, le pH de l'eau de pluie se situe autour de 5,6 : elle est donc naturellement légèrement acide, en raison essentiellement de la solvatation de dioxyde de carbone atmosphérique, qui forme de l' acide carbonique H2CO3 selon la réaction : CO2 (aq) + H2O (liq) H2CO3 (aq)

On parle donc généralement de pluie acide lorsque le pH de l'eau est inférieur à 5.

L' acidité de ces retombées a deux origines principales :

· des sources naturelles ou semi-naturelles : émissions volcaniques soufrées, oxydes d'azote produits par la foudre, gaz issus de certaines formes de décomposition biologique terrestres, ou émis par les océans, feux de forêts...

· des sources anthropiques, dont l' industrie, les centrales thermiques, le chauffage et les transports... Les pluies acides résultent essentiellement de la pollution de l' air par le dioxyde de soufre (SO2) produit par l'usage de combustibles fossiles riches en soufre, ainsi que des oxydes d'azote (NOx) qui se forment lors de toute combustion de l'atmosphère, produisant de l' acide nitrique. En ce qui concerne l'action humaine sur l'environnement, les usines, le chauffage et la circulation automobile sont les principales sources. L' acide chlorhydrique issu de l'incinération de certains déchets plastiques, et l' ammoniac généré par les activités agricoles contribuent également aux pluies acides.

D'autres produits, tels que par exemple le dioxyde de carbone (CO2) qui produit de l' acide carbonique lorsqu'il se dissout dans l'eau, et les acides fluorhydriques sont en cause, mais moindrement.

ZONE INDUSTRIELLE : Un parc industriel ou zone industrielle est une zone géographique prévue pour un usage industriel. L'idée de réserver du terrain pour l'usage industriel par le zonage part de plusieurs besoins :

· La nécessité de concentrer les infrastructures nécessaires dans un secteur limité pour réduire les coûts. Ces infrastructures incluent les rues, les voies ferrées, l'électricité haute-tension (généralement triphasée), un aqueduc à fort débit, le gaz naturel ainsi que des services de télécommunication. À cette infrastructure de base peuvent s'ajouter des équipements de services (restauration inter-entreprise, poste, gardiennage...).

· Le besoin de tabler sur de telles infrastructures pour attirer les entreprises.

· La nécessité de séparer les usages industriels des autres activités urbaines afin de réduire les impacts environnementaux et sociaux (cf. zoning Le Corbusier).

· Le besoin d'offrir les contrôles environnementaux localisés spécifiques aux exigences des zones industrielles.

Les différents parcs industriels existants remplissent ces exigences à différents degrés. Beaucoup de petites villes ont créé des parcs industriels qui n'ont qu'un accès à l'autoroute et le strict minimum comme infrastructure, soit les rues, avec aqueduc, égout et électricité, et le minimum de contrôle environnemental. Les parcs industriels sont généralement situés près des accès autoroutiers et dans le voisinage d'autres infrastructures de transport, notamment un aéroport, un port, et surtout une voie ferrée.

La zone Bassa de Douala est celle qui fut occupée par les membres de l'ethnie "Bassa'a" lorsqu'ils ont été repoussés à l'intérieur de la ville au XVIIe siècle par les Sawa, qui provenaient alors du sud (Guinée, Congo...). La ville de Douala, qui tournait à ses débuts à la zone Douala dut, par la force des arrivées massives des populations des autres parties du Cameroun, s'étendre vers l'intérieur, ce qui fait qu'aujourd'hui, la zone Bassa, d'abord périphérique, fait totalement partie de la ville. Elle est limitée à l'Est par le fleuve Dibamba (qui constitue aussi, par la force des choses la frontière Est de la ville), au Sud par l'Axe-Lourd Douala-Yaoundé, à l'Ouest par les quartiers New-Bell et Bépanda, Au Nord par la zone Akwa-nord.

La Zone Bassa est surtout composée de quartiers populeux. Les plus importants d'entre eux sont: Ndog-Bong, quartier semi-résidentiel, Nyalla, Ndogsimbi, Logbaba, Bassa, Ndokoti, Madagascar et biens d'autres. Des aménagements immobiliers y sont aussi réalisés, ce qui a permis la construction de la Cité des Palmiers par la SIC. Bassa peut aussi s'enorgueillir d'abriter le carrefour le plus grand et le plus bondé de toute la ville, qui est situé au quartier Ndokoti. Une zone industrielle y est aussi implantée depuis plus de trois quart de siècle (la Zone Industrielle Bassa, ZIBA) où sont installés des minotiers, des brasseries, des savonneries, etc. Et d'ici quelques années, il devrait y être construit le nouveau Grand Stade de la ville, dans le quartier de Yassa, à la sortie Est de la ville.

RISQUE : Nom masculin, de l'italien « risco », c'est un danger que l'on peut plus ou moins prévoir selon le dictionnaire universel (2004). Ce concept tire ses origines du contexte épidémiologique qui prévalait au moyen âge. Il a plusieurs connotations qui varient selon les contextes et les utilisations.

Selon les assureurs, il s'agit d'une perte, d'un préjudice éventuel garantis par une compagnie d'assurance moyennant le payement d'une prime. C'est un Préjudice ou sinistre indemnisables par les assurances ; exemple : assurer un risque, assurance tous risques (encarta 09).

Selon Isabel DERVAUX, le risque était un terme employé dans le langage à la fin du XVI siècle avec une connotation à la fois négative, s'est précisée et s'est distinguée du mot « fortune ». Le risque est aussi familier à tous ceux qui s'intéressent aux jeux de hasard (carte, roue, devinettes, ...).

En économie, l'analyse du risque renvoi à l'évaluation des aléas encours lors de la mise en oeuvre d'une opération.

En Géographie, il s'agit selon Marie-Thérèse ITONGO (Docteur en la discipline), d'un évènement naturel dommageable survenant dans un milieu vulnérable. Il résulte de la confrontation d'un aléa (occurrence d'un phénomène naturel d'intensité donné) et d'une vulnérabilité (présence humaine). L'expression de ce risque se traduit par des préjudices aux Hommes et des dommages aux biens et aux activités.

La notion de probabilité, de hasard ou encore de crainte sont indissociable du concept de risque. Mais quand on parle de RISQUES SANITAIRES, ceci fait appel inéluctablement à un autre concept, une autre expression aussi importante que la précédente : Sécurité sanitaire.

RISQUES SANITAIRES et SECURITE SANITAIRE : ces deux expressions sont étroitement liées. La première désigne simplement la probabilité pour qu'un évènement dommageable survienne dans un milieu de vie donnée, causant des préjudices sur la santé des hommes et des dommages aux biens et activités de ceux-ci. Quant à la seconde, elle traite de la sécurité et de la gestion du risque concernant la santé. C'est un enjeu d'intérêt public et général qui mobilise d'importants moyens humains et financiers. Elle est nécessairement pluridisciplinaire et traite d'enjeux dépassant les cadres habituels des États-nations.

En effet, le principe de sécurité sanitaire s'appuie théoriquement sur :

· des réseaux humains, une expertise scientifique, technique et juridique ainsi qu'en sciences sociales...

· des moyens matériels, et financiers,

· une veille sanitaire

· des méthodes (ex : HACCP [6] et autres méthodes d'évaluation des risques et dangers, outils d'évaluation sanitaire par la modélisation, la prospective, les atlas et indicateurs de santé, etc.). Ce domaine fait aussi appel à des méthodes d'élaboration, validation et correction de plans d'action, préventifs ou correctifs.

· des procédures (ex: évaluations correctrices, pédagogie et diffusion de bonnes pratiques )

[6] ? système d 'analyse des risques et de maîtrise des points critiques, traduction littérale de HAZARD ANALYSIS CRITICAL CONTROL POINTS

· des principes ( amélioration continue...)

· des hypothèses (sur les causes et sources de risques, les dangers et les moyens d'y remédier)

· des lois, des normes, seuils et références réglementaires

· des moyens d'intervention (police sanitaire et environnementale) et de contrôle.

· des acteurs partenaires (secteur agroalimentaire, industrie, représentants de la société civile et des consommateurs, établissements de santé, experts ( épidémiologistes, éco-épidémiologistes en particulier)

Le risque sanitaire et environnemental qui en 2011 par exemple, fait en France l'objet de projets de grille d'évaluation à utiliser pour justifier les obligations de travaux d'assainissement inclut :

· le risque de contact direct ou indirect avec des eaux usées non traitées ou prétraitées (Cf. risques de transmission de pathogènes ou de toxiques présentes dans les effluents industriels, artisanaux, agricoles ou eaux grises domestiques) ;

· risque sanitaire direct ;

· risque de contamination (microbiologique ou physico-chimique) de la ressource en eau quand notamment si l'usage de cette ressource présente un enjeu sanitaire (eau potable, baignade, pêche, activités nautiques, irrigation de légumes...)

· risques associés aux émissions d'odeurs et de gaz ou composés nocifs pouvant aussi impacter la santé des personnes ou l'environnement (dont à long terme via le méthane ou d'autres gaz à effet de serre).

ï risques de défaut de sécurité physique des ouvrages (barrages, berges, barrières et autres protections... pouvant entrainer chutes, blessures, noyades...).

· risques sanitaires liés à une transmission vectorielle (moustiques essentiellement) (paludisme) ; de parasitoses ou maladies infectieuses (arbovirose (chikungunya, dengue, fièvre de la vallée du Rift, West Nile, etc.) quand les eaux polluées sont des lieux de pontes.

Au Cameroun, des zones à enjeux sanitaires pourraient être dessinées là où l' assainissement non collectif (ANC) est au sein d'un périmètre de protection rapprochée de captage public fournissant de l' eau potable, ou à moins de 35 mètres d'un puits privé déclaré, près d'un périmètre de protection éloignée de captage, des zones situées près d'une zone de baignade , pisciculture, ramassage de coquillages pourraient également être concernées.

On distingue ainsi différents types de risques sanitaires selon qu'ils peuvent être liés à l'eau, l'air, l'alimentation, l'habitat...:

· Des risques infectieux : bactériens, viral, parasites et fongiques

· Des risques toxiques : chimiques (nitrates, plomb, métaux lourds, ...) ou physiques (radioactivité, thermique, chaleur, ondes, ...)

· Des risques allergiques

· Des risques liés aux phénomènes naturels (glissement de terrain, éboulement rocheux, coulées boueuses, inondation, tsunami, tremblement de terre, ...)

Parlant des risques sanitaires liés à l'eau, il convient de dire qu'elle peut être contaminée par trois principales sources : Industrielle [Toute industrie est susceptible d'induire une pollution hydrique par les rejets qu'elle occasionne (effluents industriels, ...)] ; Agricole [pollution causée par l'exploitation agricole intensive aussi bien par l'élevage que par les cultures végétales (herbicides, engrais, pesticides, déchets physiologiques de l'élevage, ...)] ; Domestiques (Pollution provenant des utilisations quotidiennes de l'eau au domicile (eau des toilettes et des lavages contenant des détergents, des produits ménagers, graisses, ...)].

L'une des principales stratégies de prévention de ces risques est le contrôle systématique de la qualité des eaux destinées à la consommation. Ce contrôle peut s'effectuer grâce à certains critères d'évaluation. Il s'agit de:

· Couleur, turbidité, odeur, saveur

· Température, pH, ions

· Métaux lourds

· Substances indésirables

· Substances toxiques

· Pesticides

· Micro-organismes

· Dureté, alcalinité

De même, l'Organisation Mondiale de la Santé a élaboré une grille établissant les normes acceptables des paramètres d'une eau de consommation, qu'on peut apprécier dans la page suivante.

Tableau N°1 : Quelques paramètres de l'eau et leurs normes. (Source : OMS, 2010)

Quelques paramètres

Normes

Paramètres organoleptiques

Chaleur

Turbidité

Odeur

Saveur

Evaluée à 20 mg/l

4 unités de Jackson

Est de 2 à 12°C et de 3 à 25°C

Est de 2 à 12°C et de 3 à 25°C

Paramètres physico-chimiques

Température

Sulfates

Magnésium

Sodium

Potassium

Aluminium

Résidus secs

= 25 °C

= 250 mg/l

= 50 mg/l

= 150 mg/l

= 12 mg/l

= 0,2 mg/l et à 180°C

1500 mg/l

Paramètres concernant les substances indésirables

Nitrates (NO3)

Nitrites (NO2)

Ammonium (NH4)

Azotes (N)

Permanganate (MnO4)

Hydrocarbures

Phénol (C6H5OH)

Agents de surfaces

Fer (Fe)

Manganèse (Mg)

Phosphore (Ph)

Fluor (F)

Argent (Ag)

= 50 mg/l

= 0,1 mg/l

= 0,5 mg/l

= 1 mg/l

= 5 mg/l

= 10 ug/l

= 0,5 ug/l

= 200 ug/l

= 200 ug/l

= 50 ug/l

= 5000 ug/l

= 1500 ug/l

= 10 ug/l

Paramètres concernant les substances toxiques

Arsenic

Cadmium

Cyanure

Chrome

Mercure

Nickel

Plomb

Antimoine

Célénium

Hydrocarbures polycyliques aromatiques

Pesticides et produits apparentés

= 50 ug/l

= 5 ug/l

= 50 ug/l

= 50 ug/l

= 1 ug/l

= 50 ug/l

= 50 ug/l

= 10 ug/l

= 10 ug/l

= 0,2 ug/l

= 0,1 ug/l

Paramètres microbiologiques

Les coliformes fécaux

Coliformes totaux

Clostridium sulfito-réducteurs

= 100 coliformes/l

= 100 coliformes/l

= 20 coliformes/l

Lorsque ces normes ne sont pas respectées, on peut s'attendre évidemment à ce que ces risques `prennent corps', avec des conséquences aussi multiples que variées. La typologie des conséquences sus-évoquées illustre à souhait la pluralité et l'étendue des dommages causés tant sur la santé humaine que sur l'environnement.

CONSOMMATION : mots dérivé du verbe `consommer'. Consommer est un verbe transitif, dans son sens premier, il signifie utiliser (quelque chose de spécifique pour les besoins ou la satisfaction de son organisme). Consommer ne se limite pas simplement à `manger' ou `boire' mais aussi et surtout ``utiliser''. C'est dans cette démarche que nous comptons explorer ce concept. La consommation de l'eau météorique en tant qu'eau de boisson mais aussi l'utilisation de cette dernière sous différentes formes (ménages, cuisine, jardinage etc....).

Après cette analyse conceptuelle, c'est logiquement que découle la question de recherche ci-après : Quels risques court-on en consommant les eaux de pluies dans la zone industrielle de Douala-bassa ?

III. OBJECTIFS

En marge de cette étude conceptuelle, et en vue de proposer des tentatives de réponses à cette préoccupation, les objectifs visés sont les suivants :

A. Objectif général

Contribuer à la lutte contre les maladies hydriques liées à la consommation des eaux naturelles, à travers l'identification des risques encourus.

B. Objectifs Spécifiques

Ø Evaluer la qualité de ces eaux météoriques grâce à une évaluation qualitative basée sur les analyses physico-chimiques de ces eaux, et à une enquête menée auprès des populations cibles, vivant dans cette zone ;

Ø Identifier les risques sanitaires environnementaux ;

Ø Identifier les facteurs favorisant ces risques ;

Ø Dresser une cartographie des zones à risques selon le concept de l'étude ;

Ø Faire des suggestions dansle sens de l'amélioration des conditions de vie des populations, à l'aide des notions telles l'hygiène, l'assainissement et la potabilisation de l'eau en général.

METHODOLOGIE

1. LIEU D'ETUDE

L'étude s'est faite dans huit quartiers et villages de l'arrondissement de Douala III qui en compte plus d'une trentaine. Il s'agit de : NDOGSIMBI, NDOKOTI, TERGAL, LOGBABA, CENTRE INDUSTRIEL, OYAK, MADAGASCAR et BASSA, que nous avons pris le soin de repartir en grappes pour une gestion plus efficiente des échantillons.

La commune d'arrondissement de Douala IIIea été créée par la loi N° 87/105 du 15 juillet 1987 et son décret d'application N° 87-1366 du 24 Septembre de la même année. A l'origine la plus étendue du département du Wouri, elle éclate à l'issu du décret N° 093-321 du 25 Novembre 1993 pour donner naissance à la commune d'arrondissement de Douala 5ème.L'arrondissement couvre une superficie d'environ 113 Km2pour une population estimée à 1.350.000 habitants pour un rapport de masculinité de 107,06. (Source : Mairie Dla 3; CUD ; INS ; 3e RGPH). La population est diversifiée. Aujourd'hui, l'arrondissement, tout comme la ville en générale, connait un afflux sans cesse croissant de citoyens candidats à l'exode rural et surtout d'expatriés. Il est plus gorgé de maisons d'habitation (qui peuvent être groupées en trois types : bas standing, moyen standing et haut standing), que de bureaux administratifs. Il compte aussi dans ses rangs plus decinquante (51) industries recensées cette année ; Un aéroport international,une sous-préfecture, une Mairie, 05 commissariats, presqu'autant de brigade de gendarmerie. Une dizaine d'hôpitaux et centres de santé et autant de pharmacies. Il y existe de nombreux Lycées et collèges, auxquelles on peu aouter des instituts supérieurs de formation et grandes facultés. On peut aussi distinguer un grand fleuve (la Dibamba) et plusieurs rivières; quelques structures de divertissement (stades de football, foyers, ...).

2. RAISON DU CHOIX DU LIEU D'ETUDE

En réalité, l'une des motivations principales de ce choix c'est surtout le fait que Douala 3e abrite la plus grande zone industrielle du pays, laquelle, contrairement à celle de BONABERI (Z.I A.) est située quasiment en plein coeur de la métropole. De même, nous avons choisi les quartiers suscités comme lieux d'étude pour les raisons suivantes :

· La population est cosmopolite ;

· L'arrondissement de Douala III est apparemment plus sensible que les autres car plusieurs de ses quartiers sont exposés aux risques identifiés  et sont très peuplés;

· Un réseau hydrographique très dense ;

· Occupation anarchique des terrains (plan d'urbanisation) ;

· Population à niveau de vie faible.

3. DESCRIPTION DU LIEU D'ETUDE

3.1) Situation géographique

LITTORAL

(Douala)

LEGENDE : Avenue (Grands axes routiers)Zone fluviale naviguable

Routes secondaires

Zone industrielleAéroport international

0 50 100

Km

Carte N° 3 et 4 : fond de carte du Cameroun et celle de la ville de Douala (source : CUD)

Carte N°5 : Plan de situation de la zone industrielle B(Source : CUD)

3.1.1) Cadre de l'étude

Semi-urbaine, l'arrondissement de Douala IIIedispose de vastes terres inoccupées. Situé dans la région du Littoral,dans le département du Wouri, il est territorialement limité à l'Est par le département du NKAM ; à l'Ouest par les communes d'arrondissements de Douala 2e et 1er; au Sud par le fleuve de la DIBAMBA et le département de la Sanaga maritime ;et au Nord par la commune d'arrondissement de Douala 5e.

3.1.2) Lieu d'étude

A partir du moment où nous avons procédé à un échantillonnage en faisceaux, les huit quartiers choisis parmi la trentaine (parce que plus peuplés et surtout plus proches de la zone industrielle) ont été regroupé deux par deux. Puisqu'il est plus aisé d'associer deux quartiers territorialement voisins, nous avons travaillé avec les grappes suivantes : Groupe I = NDOKOTI + NDOGSIMBI. Ici, nous avons effectué les premiers prélèvements d'eau de pluie à analyser. Plus précisément au lieu dit NDOKOTI Bloc Gare, à la chefferie de Bloc. De même, nous y avons enquêté 91(quatre vingt onze) ménages, y compris dans les bas-fonds des chefferies de bloc à NDOGSIMBI.

Groupe II = LOGBABA + OYAK L'enquête y a débuté dans le voisinage de l'Hôtel de ville sise LOGBABA centre. S'en est suivie la visite à la MAGZI (Mission d'Aménagement et Gestion de la Zone Industrielle) lieu dit tunnel LOGBABA. Nous avons ensuite sillonné les différents blocs des dits quartiers, et enquêté une soixantaine de ménages. A la chefferie de quartier OYAK, nous avons effectué un autre prélèvement d'eau de pluie.

Groupe III = MADAGASCAR + TERGAL. La topographie qui y est particulière, comparativement aux plaines des quartiers voisins, c'est un ensemble de versant, de vallée et naturellement d'amont de montagnes. (Voire montée CHOCOCAM). Ce qui nous a motivé, dans l'optique de diversifier nos données, à enquêter autant dans les bas-fondsde TERGAL que dans les plaines alentours des marchés et carrefours du quartier Madagascar. C'est ainsi que nous avons pu recenser 72 (soixante douze) unités statistiques.

Groupe IV = BASSA + CENTRE INDUSTRIEL (C.I). Soucieux de couvrir l'ensemble des populations cible les plus proches de la zone (ZIBA), nous avons entrepris d'enquêter au sein du lieu dit Centre Industriel. La particularité ici se situe au niveau de la possibilité que nous avons eu à interviewer des répondants, ouvriers industriels et justement logés à proximité du lieu de travail (usines). Sur l'ensemble des deux grands quartiers (BASSA et C.I), nous avons recensé environ 76 (soixante seize) ménages.

3.2) Structure sociale

Il s'agit d'un ensemble formé d'une multitude de maisons d'habitation, d'établissements commerciaux (secrétariats bureautiques, Bars, quincailleries, alimentations ...) et quelques bureaux administratifs (Mairie, Sous-préfecture, Gare ferroviaire ...).

4. TECHNIQUE D`ECHANTILLONNAGE

4.1) Population d'étude.

Elle est constituée des maisons/ménages qui se trouvent dans les quartiersNDOGSIMBI, NDOKOTI, TERGAL, LOGBABA, CENTRE INDUSTRIEL, OYAK, MADAGASCAR et BASSA et aussi et surtout quelques domiciles administratifs destinées aux ouvriers des industries voisines.

4.2) Critères d'inclusion

Toutes les maisons qui se trouvent dans la zone d'étude considérée.

4.3) Critères d'exclusion

Toutes les maisons se trouvant dans la zone d'étude considérée mais :

· Le plus âgé de la maison a au plus 22 ans ;

· La maison n'est pas habitée ;

5. METHODE DE L'ETUDE

La première phase de notre étude sur le terrain a constitué en l'évaluation des eaux de pluies prélevées dans la zone d'étude. C'est ainsi que nous avons choisi deux (02) des quatre (04) groupes/grappes comme lieu d'échantillonnage, en raison de leurs fortes densités démographiques comparativement aux deux autres, mais aussi et surtout de la modestie de nos ressources. En effet, tant pour le prélèvement du groupe I plus précisément au lieu dit NDOKOTI Bloc Gare (portant le code ZB01), que pour le second au quartier OYAK (baptisé ZB02), le dispositif était le même. Il s'est agit entre autre :

è De se prémunir de flacons borosilicatés d'un litre(1l) pratiquement incolores, gradués et pourvus de bouchon rodé à l'émeri, mis à notre disposition par les bons soins de la société HYDRAC S.A.

è De fabriquer un dispositif de recueillement d'eau à l'aide d'un seau en plastique transparent d'une capacité de cinq litres (5l) et d'un grand entonnoir, de le placer ensuite sous le toit d'une maison au début de la pluie (aux lieux habituels où les habitants posent leurs récipients).

è De procéder au prélèvement proprement dit juste avant que le seau de 5 L ne déborde : c'est-à-dire chausser des gants en latex stériles, ouvrir le flacon et vérifier qu'il est chimiquement propre et sec, le rincer au moins trois fois avec la même eau de pluie contenu dans le seau avant de le tremper à nouveau et le remplir jusqu'au trait de jauge, prendre la température à l'aide thermomètre hydrométrique. Ensuite le fermer hermétiquement afin d'éviter tout évaporation pendant le transport et tout naturellement, nous avons noté : le code d'identification, notre nom et adresse, le motif de la demande d'examen, le lieu exact de prélèvement (coordonnées GPS), les informations sur l'état de salubrité du lieu, la température, la date et l'heure.

è A partir du moment où un tel prélèvement nécessite au moins deux (02) litres d'eau, nous avons répété l'exercice ; nous avons ensuite disposé les flacons dans une glaciaire (enceinte adiabatique) afin d'éviter toutes variations importantes de température durant le transport des échantillons.

è Les différentes techniques utilisées d'après HYDRAC S.A. sont entre autres : la chromatographie ionique avec détecteur conductivimétrique pour les anions ; la spectrométrie d'émission au plasma d'argon induit par radiofréquence pour les cations ; Titrateur automatique pour les paramètres tels pH et conductivité.

Dans la seconde phase consacrée à l'enquête auprès des ménages, nous avons utilisé l'échantillonnage probabiliste et plus précisément l'échantillon en grappes « ou en faisceaux » efficaces pour des recherches très étendues. En effet, nous avons pris le soin de diviser la population globale de l'arrondissement en quatre (04) groupes/grappes. [Un groupe (ou une grappe) regroupe deux quartiers/villages voisins]. Ensuite nous avons utilisé la technique d'échantillonnage aléatoire pour tirer au sort des ménages (unités statistique) de chaque grappe/groupe. La population de ces groupes constitue alors l'échantillon sollicité. Ne disposant pas d'une liste numérotée et complète des individus (unités statistiques) de la population-mère, nous avons donc fait recours à cette démarche, qui nous permet d'ailleurs de minimiser le coût et le temps de l'enquête. Après avoir identifié les maisons dans les zones d'étude considérées, seuls les chefs de famille (père ou mère) et volontaires d'échanger avec nous ont été interviewés ; c'est ainsi qu'une taille de 306 foyers a été atteinte. Cette interview a été effectuée à l'aide d'un questionnaire précédé d'une note à l'attention des répondants et annexée d'une grille d'observation nous permettant de relever certaines remarques. (Annexe) :

· L'instrument de collecte a été validé par notre tuteur de recherche après le pré-test effectué au quartier NVAN abritant les services de la MAGZI* (Mission d'Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles) à Yaoundé. A la suite de celui - ci, plusieurs questions ont été modifiées ou ont tout simplement été supprimées ou alors ajustées. Notons que pendant l'enquête, des photos ont été prises pour matérialiser l'état des lieux ; l'anonymat a été respecté.

En ce qui concerne la cartographie de quelques zones à risques, nous avons procédé de la manière suivante :

· Reconnaissance des sites à géo référencés.

· Géo référencement des sites à l'aide d'un GPS.

· Elaboration des cartes (à l'aide d'un micro - ordinateur, des logiciels tels qu'Arcview et Adobe illustrator).

Dans le cadre du respect de l'éthique de la recherche nous avons utilisé les documents suivants :

· La demande d'autorisation de recherche N° 217/MINSANTE/DRH/DRSPC/EITMS-GS/SES/BRD signée par le directeur de l'EITMS-GS et adressée au Sous-préfet de l'arrondissement de Douala III;

· La demande d'autorisation de recherche N° 218/MINSANTE/DRH/DRSPC/EITMS-GS/SES/BRD signée par le directeur de l'EITMS-GS et adressée au Maire de la commune d'arrondissement de Douala III;

· L'autorisation Spéciale de recherche N° 36/ASR/C19-03/BAAJP nous a été délivrée à la sous préfecture dudit arrondissement.

· Rappelons également que nous avons eu recours aux données épidémiologiques locales (portant sur les maladies les plus récurrentes sur deux ans au moins) en consultant les registres et archives des hôpitaux de district de LOGBABA et de NYLON, en vue de conforter nos propres résultats.

Cette étude s'est étendue d'Octobre 2011 à Mai 2012. En ce qui concerne l'enquête, elle s'est étendue du 26 Avril 2012 au 11 Mai 2012.

6. LIMITES DE NOTRE ETUDE

· Insuffisance des moyens pour couvrir tout l'arrondissement en ce qui concerne la cartographie des zones à risque, et surtout la réalisation des analyses microbiologiques-bactériologiques ;

· Le manque de matériel pour déterminer par exemple la nature du sol, mesurer les différents paramètres de nuisances (odeur, bruit, fumée/brouillard);

· Les difficultés liées à la collecte des données car les populations étaient parfois tenaces et réfractaires ;

· L'incapacité de la part des répondants de se rappeler de certaines données.

PRESENTATION DES RESULTATS

1. ANALYSE DES ECHANTILLONS

La première phase de notre recherche consistait à évaluer la qualité des eaux de pluies qui arrosent notre zone d'étude, en vue certainement de conforter ou infirmer notre hypothèse de départ. Pour ce, nous avons fait recours aux techniques d'échantillonnage (prélèvement) et d'analyses adoptées par les standards internationaux. Même s'il faut reconnaitre que le manque de ressources financières nous a contraints à ne guère effectuer les analyses microbiologiques et bactériologiques. Les résultats des analyses par paramètres physico-chimiques sont présentés dans un tableau. Ces analyses, réalisées par la société HYDRAC S.A. entendez HYDROCARBURES-ANALYSES-CONTROLES (basée à Douala-Bassa). Ce tableau présente pour chaque point de prélèvement (02 au total) et pour chaque paramètre physico-chimique :

- La taille de l'échantillon : le nombre de prélèvement faits à ce point;

- La valeur minimum dans l'échantillon ;

- La valeur maximum dans l'échantillon;

- La valeur moyenne calculée ;

- Les normes et standards admis pour une eau potable.

Par ailleurs, ces analyses physico-chimiques ont révélé les résultats suivants :

· Pour l'échantillon N° ZB 01 prélevé le mercredi 25 Avril 2012 à 09H44' (heure locale) au lieu dit NDOKOTI Bloc-Gare, certains paramètres organoleptiques (paramètres mettant en jeu les récepteurs sensoriels) sont biens loin des limites autorisées. C'est le cas par exemples des Nitrates   NO32-, principal sel minéral de l'eauqui pointe à 3,10 mgN/ltandis que les Sulfates  SO42-s'évaluaient à 339 mg/l. on peut aussi remarquer que le pH de notre échantillon s'est évaluer à une moyenne de 4,705 bien en deçà de la norme prescrite (6,5 - 9,5).

· Quant à l'échantillon prélevé au quartier OYAK, code N° ZB 02 le mercredi 25 Avril à 11h 24 minutes, les remarques sont pareilles. L'analyse physico-chimique de ces eaux révèle qu'elles sont nettement plus acides, pH moyen = 4,555. Les ions dissouts en solutions ne sont pas en reste. la chromatographie ionique avec détecteur conductivimétrique pour les anions révèle que les ions sulfates par exemple ont une valeur maximale de mesure de 459 mg/l, soit près du double de la limite autorisée.

2. IDENTIFICATION DU REPONDANT / UNITE STATISTIQUE

L'analyse statistique a été faite avec le logiciel prism 3.0 associé au tableur Excel de Microsoft édition 2007.

A°) Répartition de l'échantillon selon le standing

L'enquête a été réalisée auprès de trois cent six (306) ménages choisis aléatoirement dans les quartiers les plus proches des usines et industries de la zone. Grâce aux données de la grille d'observation, notamment les remarques et observations en rapport avec le style et la salubrité de l'habitat, nous avons pu établir une classification selon le standing : A (Haut Standing) ; B (Moyen Standing) et C (très bas Standing).C'est ainsi qu'on a pu dénombrer 06 ménages classé A, 123 ménages classé B et 176 ménages classé C.

Figure 3 : Répartition des ménages de l'échantillon en fonction du standing

Les résultats présentés sur la figure 3 confortent les données sur le parcellaire de la zone d'étude, en effet plus de la moitié de l'échantillon est dans le standing C correspondant à une zone de pauvreté importante. Seulement deux pour cent (2%) des ménages vit dans une aisance certaine.

B°) Répartition de l'échantillon selon le sexe

Nous avons enquêté 306 responsables des foyers qui ont rempli nos critères d'inclusion. Il ressort que près de 56% (171) sont de sexe masculin et 44% (135) sont de sexe féminin.(Voire diagramme circulaire suivant)


Figure 4 : Répartition des ménages de l'échantillon en fonction du sexe

C°) Répartition de l'échantillon selon l'âge

Après dépouillement on peut remarquer que 74 répondants soit un peu plus de 24 % sont des individus âgés de cinquante ans et plus. .

Figure 5 : Répartition des répondants par tranches d'âge

Figure 6 : Répartition des ménages de l'échantillon en fonction de l'âge

(...)Cependantla figure 6 nous montre que quel que soit le standing considéré, la tranche la plus importante est celle située entre 15(le centre de la classe statistique [11 - 20[) et 50 ans (60% de l'échantillon), suivie de celle de moins de 15 ans (33% de l'échantillon). Selon les estimations du 3e RGPH* la population camerounaise est constituée à 43,41% de personnes de moins de 15 ans, 46,29% de personnes comprises entre 15 ans et 49 ans et 10,30% de plus de 50 ans. Si l'on prend en compte les conditions de vie dans le milieu, on comprend pourquoi les tranches de moins de 15 ans et plus de 50 ans sont moins importantes que la moyenne nationale. On doit d'ailleurs s'alarmer de ce que les vieilles personnes et même les enfants soient exposés à un environnement aussi hostile à l'habitat.

*3e Recensement Général de la Population et de l'Habitat (2006)

D°)Répartition de l'échantillon selon le niveau d'instruction

Niveau d'instruction

Nombre de personnes

Figure 7 : Répartition des répondants par niveau d'instruction

Tel qu'on peut le remarquer sur ce graphique, après dépouillement 39 % des répondants soit 119 chefs de ménages ont le niveau du secondaire.

E°) Répartition de l'échantillon selon la situation sociale

Figure 8 : Répartition des répondants selon la situation sociale

D'une simple observation de ce camembert (diagramme circulaire), on peut remarquer que la population d'étude est essentiellement composée de répondants travaillant dans le secteur informel.

F°) Répartition de l'échantillon selon le nombre de personnes dans le foyer

Tableau N°2 : Répartition des répondants en fonction du nombre de personnes dans le foyer

Nombre de personnes par foyer

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

Effectifs

3

12

14

24

32

36

29

49

9

20

22

21

13

12

9

Il ressort de ce récapitulatif que le nombre de personnes par foyer va de 1 à 15. On peut aussi aisément remarquer que plus de 50% des ménages (155 au total) comptent plus de huit (08) personnes, synonyme de familles nombreuses.

G°) Répartition de l'échantillon selon le statut foncier

Figure 9 : Répartition des répondants selon le statut foncier

Rappelons-nous que le Canton Bassa de Douala est celui qui fut occupé par les membres de l'ethnie "Bassa'a" lorsqu'ils ont été repoussés à l'intérieur au XVIIe siècle par les Sawa, qui provenaient alors du sud (Guinée, Congo...). Ce qui pourrait conforter les allégations des 59% de nos répondants qui affirment être propriétaires (parce qu'autochtones).

3. RISQUES SANITAIRES ENVIRONNEMENTAUX

A°) De la définition du risque

Figure10 : Répartition des répondants en fonction de la définition du mot `'risque''

L'histogramme ci-dessus élaboré révèle que près de 60% des interviewés ont donné une définition classée « a »= Probabilité qu'un évènement survienne. 37% disent ne pas pouvoir définir le mot (« d » = je ne sais pas).

B°) De l'appropriation de l'expression `'pluies acides''

Figure11.1 : Répartition des répondants en fonction de l'appropriation de la notion de `'pluies acides''

Ici, plus de la moitié des répondants affirme avoir entendu parler de pluies acides. Par ailleurs, allons savoir par quels moyens.

Figure 11.2 : Répartition des répondants en fonction de l'appropriation de la notion de `'pluies acides'' : moyens d'informations.

Nous avons appris que c'est par les canaux d'informations ordinaires (média en occurrence)que 80% de ceux et celles affirmant avoir déjà entendu parler du concept `'pluies acides'' l'ont été. Le plus curieux cependant c'est que les 20% restant ont été informé d'une façon hors du commun, par messagerie/sms (Short message service) et/ou e-mails (messagerie électronique). En effet, il ya quelques jours plusieurs d'entre nous recevaient un message d'alerte qui proviendrait d'un organisme Américain de l'espace et de l'astronautique (NASA pour ne pas le citer). Le message dans sa version originale est le suivant:« "Be careful from the 20th to 28th of this month, there is possibility of an ACID RAIN. The Dark Circle appeared around the moon on 17th of last month and this is an indication of Acid Rain. Apparently this happens once in 750 Years. It rains like normal but it may cause skin Cancer if you expose yourself to it. So Alert your Loves Ones, this information is from NASA. DO NOT neglect, please forward this to family & friends, Better to be cautious than sorry" ». Traduction littérale française: « "Faites attention, entre le 20 et le 28 de ce mois, il y a possibilité d'une pluie acide. Le cercle Noir(Obscure) a apparu autour de la lune le 17 du mois dernier et ceci est une indication de la Pluie Acide. Apparemment, ceci arrive une fois tous les 750 ans. Il pleut normalement, mais cela peut être la cause d'un cancer de la peau si vous vous exposez à elle. Ainsi, alertez vos biens aimés, ceci est une information de la NASA. Ne négligez pas, s'il vous plait, transférez ce message a la famille et aux amis, mieux vaut être avertis que d'être désolé."»Assez surréaliste certes, mais ce message continu de faire le tour.

De même, nous avons pu remarquer non sans tristesses, qu'aucun des répondants n'a été capable de donner une définition concrète de l'expression `'pluies acides''.

C°) Des raisons du choix du lieu d'habitation

Figure 12. Répartition des répondants selon leurs choix d'habitation/construction

D°) A la question courez-vous des risques en y résidant ? 254 interviewés soit 84% ont répondu par l'affirmative.

E°) De la typologie des risques encourus

Nous en avons dénombré une dizaine, des risques d'incendie aux intoxications par les fumées parfois `'asphyxiantes'' en passant par inondation, Accident et déguerpissement. La première remarque faite c'est que ces risques sont pour la plupart communs aux groupes/grappes d'études et donc aux quartiers et villages concernés.

Figure 13 :Répartition des répondants selon leurs expositions aux potentiels risques encourus

Par ailleurs, le précédent diagramme fait état de ce que les quartiers NDOKOTI, NDOGSIMBI, LOGBABA et OYAK sont à priori les plus exposé aux risques recensés.

F°) De l'usage faite de l'eau des pluies.

A la question : Recueillez-vous de l'eau de pluie pendant les averses ?263 répondants soit 86% affirment OUI. Et parmi ceux-ci, les usages qu'ils en font sont diversifiés et présentés dans le diagramme ci-dessous établi. Ici, nous avons choisi d'évaluer séparément ces usages pour en évaluer aisément les impacts.

Figure 14 :Répartition des répondants en fonction des usages faite de l'eau de pluie

G°) Des maladies les plus fréquenteset sémiologie associée

Au chapitre des maladies les plus récurrentes, le Paludisme est cité en première intention (plus de 80% des répondants), suivi de parasitoses intestinales divers et des dermatoses. De plus, la répartition ci-dessous confortera nos hypothèses. Soient a= Gêne respiratoire ; b=Sensation de brûlure sur la peau ; c= Urticaires ; d= toux sèches ; e= Irritation des yeux ; f= Irritation de la gorge et des narines ; g= Vertiges ; h= Maux de têtecomme signes et symptômes associés, tributaires d'une exposition permanente à la pollution industrielle.

Figure 15 :Répartition des répondants en fonction des signes et symptômes associés.

Malgré les perturbations climatiques actuelles qui sèment d'ailleurs des confusions dans les esprits, environ 55% soit 168 répondants affirment que ces maladies sont récurrentes en saisons pluvieuses.

H°) Des sources d'approvisionnement en eau potable

Figure 16 :Répartition des répondants selon leurs approvisionnements en eau

La crise de l'eau actuelle marquée par la résurgence des délestages d'eau à répétition, constituent les principales raisons évoqués par nos répondants pour justifier les recours aux sources d'approvisionnement non conventionnelles en eau de boisson.

4. FACTEURS FAVORISANT

A°) Traitez-vous systématiquement ces eaux avant de les consommer ?

Seulement 26% soit à peine 80 répondants affirment OUI, et les seules méthodes de traitement évoquées sont la filtration et très exceptionnellement l'utilisation du chlore.

B°) De la gestion des déchets ménagers

Presque 100% des interviewés affirment avoir une poubelle (bien que pour la plupart ne disposant pas de couvercle). Ils sont autant unanimes sur la collecte devant leurs domiciles respectifs par la société HYSACAM (Hygiène et Salubrité du Cameroun).

C°) De la gestion des eaux usées.

Figure 17 :Répartition des répondants selon le lieu de déverses d'eaux usées

D°) Par quel(s) moyen(s) cuisez-vous vos aliments ?

Figure 18 :Répartition des répondants selon les moyens utilisés pour cuisiner

E°) Du type de culture pratiquée et des produits phytosanitaires utilisés ou non

Seulement dix-sept (17) répondants sur les 306 interrogés affirment pratiquer la culture des céréales. Nous avons pu constater chez certains d'entre eux, une dizaine environ qui en plus, avaient quelques bananiers et légumes dans leurs jardins. En même temps, 59% de ceux-ci (dix répondants) déclarent utiliser engrais, herbicides et insecticides.

F°) Typologie des nuisances auxquelles font face nos enquêtés

Figure 19 :Répartition des répondants selon les types de nuisances auxquels ils font face

ANALYSES ET DISCUSSION

1. ANALYSE DES ECHANTILLONS

On est forcé de constater qu'il n'existe pas de normes de qualité pour l'eau de pluie, puisqu'elle n'est en principe pas utilisable à l'état brut. Elle est considérée comme une eau "non potable" d'autant plus que sa qualité est variable en fonction des régions et non maîtrisable pour la plupart des utilisateurs. Les analyses de l'eau de pluie reprennent les paramètres utilisés pour l'eau potable. Pour nos échantillons, la conductivité, la couleur et les solides totaux dissous au point I (point du premier prélèvement) sont comparables à ceux du point II, par contre la DCO, DBO5 et les MES y sont moins élevées. On peut dire que les industries situées de ce côté de la ville produisent plus de pollution. Néanmoins les moyennes de tous ces paramètres ne sont pas statistiquement différentes (P>0,05) on pourrait donc dire de ce fait qu'elles sont comparables. D'après les résultats d'analyses les valeurs de pH sont comprises entre 4,1 et 5,01. Comparées au pH de l'eau météorique (pH=5,6) on en déduit que la pollution y est vraiment effective. Même si selon l'OMS le pH n'a pas de valeur guide, et donc à priori pas de d'impact sur la santé humaine, un pH trop bas provoquera une toxicité par excès en fer (Fe), en manganèse (Mn), en zinc (Zn) et en cuivre (Cu). Mais aussi une déficience en calcium (Ca), en magnésium (Mg), en potassium (P) et en soufre (S). Le molybdène (Mo) sera bloqué. Des pH faibles peuvent donc augmenter la sensibilité des plantes aux maladies cryptogamiques* et favoriser l'eutrophisation. Ces valeurs de même que celles de la conductivité ont varié d'un point à l'autre. La conductivité largement en deçà de la valeur guide pour une eau de boisson.En règle générale, lorsqu'une eau est dure, elle est alcaline, lorsqu'elle est douce, elle est acide, les résultats obtenus confirme cette assertion. Quant à la turbidité des échantillons d'ailleurs très forte, elle va permettre à des micro-organismes de se fixer sur les particules en suspension: la qualité bactériologique de ces eaux turbides est donc suspecte. Nous n'avons certes pas effectué d'analyses microbiologique et bactériologique mais, force est de constater que de telles valeurs sont très indicatives de pollutions certaines.

(*) ...dont les organes reproducteurs ne sont ni des fleurs ni des graines les algues etles champignons sont des plantes cryptogames

2. IDENTIFICATION DU REPONDANT / UNITE STATISTIQUE

L'enquête a été réalisée auprès de trois cent six (306) ménages choisis aléatoirement dans les quartiers les plus proches des usines et industries de la zone. Grâce aux données de la grille d'observation, notamment les remarques et observations en rapport avec le style et la salubrité de l'habitat, nous avons pu établir une classification selon le standing : A (Haut Standing) ; B (Moyen Standing) et C (très bas Standing). C'est ainsi qu'on a pu dénombrer 06 ménages classé A, 123 ménages classé B et 176 ménages classé C.Nous avons évalué le rapport de masculinité de notre échantillon à plus de 127, largement au-dessus de la moyenne régionale. Après dépouillement on peut remarquer qu'un peu plus de 24 % sont des individus âgés de cinquante ans et plus. Cependant, quel que soit le standing considéré, la tranche la plus importante est celle située entre 15(le centre de la classe statistique [11 - 20[) et 50 ans (60% de l'échantillon), suivie de celle de moins de 15 ans (33% de l'échantillon). Selon les estimations du 3e RGPH* la population camerounaise est constituée à 43,41% de personnes de moins de 15 ans, 46,29% de personnes comprises entre 15 ans et 49 ans et 10,30% de plus de 50 ans. Si l'on prend en compte les conditions de vie dans le milieu, on comprend pourquoi les tranches de moins de 15 ans et plus de 50 ans sont moins importantes que la moyenne nationale. On doit d'ailleurs s'alarmer de ce que les vieilles personnes et même les enfants soient exposés à un environnement aussi hostile à l'habitat. Quant au niveau d'instruction, 55% des interviewés ont le niveau du secondaire au moins. Ce qui confère à ceux-ci l'aptitude de compréhension des questions. Douala IIIe étant l'un des arrondissements les plus denses de la métropole, on a pu remarquer que plus de 50% des ménages (155 au total) comptent plus de huit (08) personnes, synonyme de familles nombreuses. De même, la plupart des répondants évolue dans l'informel.

3. RISQUES SANITAIRES ENVIRONNEMENTAUX

Près de 60% des enquêtés ont donné une définition classée « a » = Probabilité qu'un évènement survienne. C'est quasiment la même tranche qui affirme avoir entendu parler de pluies acides et ce par le canal des médias essentiellement, même si ces derniers ne peuvent pas définir cette expression. Ceci nous amène à croire que nos populations cibles sont sans doute conscientes des potentiels dangers auxquels elles pourront faire face. En effet, des réponses qui nous ont été données, Nous en avons dénombré une dizaine : des risques d'incendie aux intoxications par les fumées parfois `'asphyxiantes'' en passant par inondation, Accident et déguerpissement. La première remarque faite c'est que ces risques sont pour la plupart communs aux groupes/grappes d'études et donc aux quartiers et villages concernés. Par ailleurs, le diagramme de la figure 13 fait état de ce que les quartiers NDOKOTI, NDOGSIMBI, LOGBABA et OYAK sont à priori les plus exposé aux risques recensés. A la question : Recueillez-vous de l'eau de pluie pendant les averses ? 263 répondants soit 86% affirment OUI. Et parmi ceux-ci, les usages qu'ils en font sont assez diversifiés. Le plus curieux c'est que 6% des répondants quand même se revendiquent d'utiliser ces eaux de pluies comme eau de boisson !Au chapitre des maladies les plus récurrentes, le Paludisme est cité en première intention (plus de 80% des répondants), suivi de parasitoses intestinales divers et des dermatoses. De plus, la répartition faite dans la figure 15 confortera nos hypothèses. Soient a= Gêne respiratoire ; b= Sensation de brûlure sur la peau ; c= Urticaires ; d= toux sèches ; e= Irritation des yeux ; f= Irritation de la gorge et des narines ; g= Vertiges ; h= Maux de têtecomme signes et symptômes associés, tributaires d'une exposition permanente à la pollution industrielle. En consultant les registres et archives des hôpitaux de district de LOGBABA et d'OYAK, nous avons remarqué une grande similitude avec nos données. En effet, en moyenne 54% des motifs de consultation sont attribués au paludisme contre 38% pour les gastro-entérites et autres parasitoses intestinales. De même, les incidences de ces maladies sont plus élevées en saison des pluies. Par ailleurs, La crise de l'eau actuelle marquée par la résurgence des délestages d'eau à répétition, constituent les principales raisons évoqués par nos répondants pour justifier les recours aux sources d'approvisionnement non conventionnelles en eau de boisson. (Voire figure 16)

4. FACTEURS FAVORISANT

Si l'ensemble des conditions du milieu naturel et des activités anthropiques (surtout industrielles) sont la cause de ces phénomènes dans l'arrondissement de Douala IIIe, nos études nous montrent que l'incivisme et la négligence des populations n'est pas en reste. Pour les eaux provenant des sources telles forages, puits, pluies ... seulement 26% soit à peine 80 répondants affirment OUI à la question Traitez-vous systématiquement ces eaux avant de les consommer ? Et les seules méthodes de traitement évoquées sont la filtration et très exceptionnellement l'utilisation du chlore. Ce manque d'hygiène à notre avis, peut accroître les incidences des parasitoses intestinales déjà élevées. A côté de ceci, l'utilisation de certainessources d'énergies tels le bois de chauffe conduit certes à une pollution locale, mais surtout peut causer des irritations des yeux et autres, infirmant ainsi nos hypothèses. Cependant, la mauvaise gestion des eaux usées et des déchets ménagers à quelques endroits explique la forte prolifération des vecteurs dont les populations font face à leurs nuisances. Ailleurs, la forte proximité avec les usines expose nos répondants aux odeurs nauséabondes et aux fumées permanentes (parfois asphyxiantes). Un autre fait marquant, sur la douzaine d'Industries enquêtés, aucune d'entre elles n'a pu fournir un quelconque rapport d'études portant sur l'évaluation des impacts de leurs entreprises sur l'environnement pendant ces cinq (05) dernières années. Au final, l'autorité municipale et la MAGZI d'une part, les délégations régionales en charge de l'administration du territoire, et même des domaines, des affaires foncières et du cadastre d'autres part, ont prévu des mesures restrictives quant à l'occupation des zones à haut risques (au voisinage de la zone industrielle). Seulement, toutes ces mesures à notre avis n'ont jamais pu être effectuées.

GRILLE D'OBSERVATIONS

Il ressort de cette grille d'observations qu'environ 48% des maisons se trouvent en aval et 52% légèrement en amont. En effet, malgré le relief globalement uniforme de la ville Douala, certains quartiers de l'arrondissement ont une topographie très variable. Ainsi, celles des populations vivant dans les bas-fondssont autant exposées aux pollutions environnantes et leurs effets qu'aux inondations permanentes en saisons de pluies. De même, plus de 65% des enquêtés vivent dans des cases construites en matériaux provisoires et ce dans une très grande proximité avec les centres de production des industries locales. Une telle promiscuité nous permet de comprendre comment les quartiers spontanés se sontcréés en se greffant aux autres déjà existant dans cette zone. D'ailleurs, avec la pauvreté ambiante ici, il s'agit pour ces populations de parfois défier les lois de la nature et de bafouer toutes les règles d'hygiène de base. En effet, le manque d'espace, de ressources financières et parfois de civisme poussent la plupart d'entre elles à construire leurs fosses d'aisances un peu n'importe où et alors n'importe comment. Presque tousles puits d'eau encore fonctionnels n'ont pas de margelles, et sont parfois foré en aval des latrines. Les structures de recueillement de l'eau de pluies laissent à désirer. Les gouttières sont parfois fabriqués avec des chutes de tôles (oxydés par l'usure du temps) et orientés vers des fûts tantôt en plastique, ou bien et plus régulièrement en métal. L'entretien avec le chef d'un bloc du quartier NDOGSIMBInous a révélé la provenancede ces récipients de 200L. Il s'agirait pour la plupart de fûts ayant contenu du polyuréthane, principal réactif intervenant dans la fabrication des matelas mousses et dérivés (d'ailleurs très toxiques). Dans presque 75% des cas, la distance maximale du point d'approvisionnement en eau avec une source de pollutionvarie de 3 à 15 mètres. Pire encore, aucuns des quartiers et villages où nous avons enquêté ne dispose d'un système d'assainissementet de collecte des eaux usées. Pour les usines et industries qui en disposent, l'usage n'est aucunement destiné aux populations voisines. La distance approximative moyenne entre la maison et le bac à ordure d'HYSACAM le plus procheest de 385 mètres. Autrement dit, pour certaines populations des bas-fonds où l'accès par la route est parfois précaire, c'est un parcours du combattant. Il faut pour certains braver la traversée de plusieurs axes routiers et chemins de fers pour vider ses poubelles. Les moins téméraires vont se débarrasser de leurs ordures sous les bananiers, dans les caniveaux et même dans la rivière pour certains cas.En conclusion, la plupart des nuisances dont les populations font face nait de leurs actions. La prolifération des moustiques dans ces différents quartiers est le fait, sans nul doute, de l'abandon des récipients de recueillement d'eau de pluie pendant plusieurs jours à l'extérieur. En effet, plus de 95% de ces récipients n'ont pas de couvercles et sont exposés à l'air libre ; ce qui constitue, avec un climat doux, de principaux gîtes larvaires pour ces moustiques. Par ailleurs, ce sont les dépôts anarchiques d'ordures de toutes sortes qui vont favoriser la prolifération d'autres arthropodes (à l'instar des mouches), des fourmis, des rongeurs, et donc d'animaux errants.

1. CONCLUSION GENERALE

A l'issue de ce travail, où il s'est agi d'évaluerla qualité des eaux météoriques de la zone industrielle de Douala-bassa et ensuite, les potentiels risques que celles-ci pourraient avoir tant sur la santé publique que sur l'environnement, force nous à été donné de constater que :

Ø Suite aux analyses physico-chimiques, la qualité de l'eau ne présente pas de risque sanitaire majeur pour l'Homme. Comme le témoignent les faibles concentrations des différents sels minéraux y afférents.

Ø Néanmoins les résultats trouvés au niveau des différents sites font état de ce que la qualité de l'eau météorique est influencée par la pollution atmosphérique causée aussi bien par les automobiles que par les Industries à travers leur émission gazeuse riche en NOx, SO2 et COx.

Ø Bien que l'arrondissement de Douala IIIe soit fortement industrialisé, la pollution de l'environnement n'est pas le seul fait des industries. En effet, le trafic routier et ferroviaire y est très dense. En plus, selon Monsieur le délégué régional de l'Environnement, de la protection de la nature et du développement durable pour le Littoral, M. NGUEGANG Etienne pour ne pas le citer, près de 90% des véhicules en circulation dans la ville ont plus de vingt ans d'âge et donc consomment et polluent beaucoup plus.

Ø De même, malgré la mise sur pied tout récente du nouveau Plan Directeur d'Urbanisme de Douala, ce qui est une décision très salutaire pour le pays, le bateau du changement a de la peine à accoster. En effet, on peut encore constater :

· un incivisme caractérisé des populations dans la région (surtout en matière de circulation routière) ;

· la prolifération et l'implantation anarchique de certaines usines à risque (ACIERIES du CAMEROUN, ADER, CCC, CIMENCAM, PILCAM, SABC, SCDP, SICACAO, UCB, USINE UNALOR, YARA Cameroun, etc.) pour ne pas les citer ;

· les émissions de particules (poussière, particules fines contenant des vapeurs d'hydrocarbure, gaz à effet de serre) ;

· le déversement des déchets de certaines usines industrielles aux environs des habitations ;

· la qualité de l'eau produite souvent dangereuse et impropre à la consommation dans plusieurs banlieues ;

· les problèmes d'assainissement (dommages perceptibles surtout en saisons pluvieuses) ;

· l'infection des sites (air, eau, sols) ... ce qui contribuent à la pollution de l'eau des pluies.

· Par ailleurs, l'un des faits les plus déplorables est la construction de certains campus universitaires à proximité des usines à risques (Guinness, SABC, SICACAO, etc.).

Ø Les autres risques sanitaires environnementaux liés à l'occupation de ces mêmes zones sont : infections pulmonaires diverses (due au smog environnant) ; destruction quasi irréversible des écosystèmes aquatiques et/ou terrestres ; les intoxications alimentaires causées par la consommation des produits halieutiques (eux-mêmes intoxiqués) vivant dans les cours et plans d'eau de la zone.

Ø Les facteurs favorisant sont d'ordre naturel et anthropique :

· Facteurs naturels :

ï Nature du sol (son pouvoir tampon, sa porosité ...) ;

ï Topographie de la zone ;

ï Pluviométrie (très variable) ;

ï Hydrographie (réseau très dense) ;

ï Relief (assez variable) ;

ï Morphologie (étude morphométrique).

· Facteurs anthropiques :

ï Pollutions industrielle et automobile massives ;

ï Occupations anarchiques des zones à haut risques ;

ï Constructions non contrôlées et sans permis de bâtir ;

ï Mauvaises gestion des déchets liquide et solide ;

ï L'incivisme notoire, le manque d'information et de volonté.

La carte N° 6 montre les quartiers de l'arrondissement où les risques les plus élevés sont plus concentrés. (Annexe)

2. SUGGESTIONS

Au terme de cette étude, nous pouvons formulerdes suggestions visant à préserver la qualité des eaux météoriques dans l'arrondissementde Douala IIIe d'une part, et surtout à promouvoir la Santé des Hommes et de l'environnement d'autre part. Rappelons que celles-ci peuvent être appliquées à court, moyen et long terme, selon les acteurs mis en jeux.

A°) A COURT TERME

ï L'autorité communale devrait renforcer la sensibilisation et l'éducation des populations sur les méfaits de la pollution atmosphérique (CAD3e; CUD et ONG partenaires au développement), et les industriels sur leur part de responsabilité dans cette pollution ;

ï Elle devra organiser une formation de la population sur les méthodes simples de potabilisation de l'eau ; mais aussi et surtout sur l'utilisation des toilettes modernes privées et publiques; de même que la construction et l'utilisation des latrines améliorées.

ï Les autorités communales des arrondissements de Douala 3e et 5e devraient, en partenariat avec des ONG locales, organiser des campagnes d'information et de sensibilisation des populations quant aux dangers qu'ils courent en s'installant dans les zones à risques telles les abords de la zone industrielle.

ï Elles devront aussi aménager les voiries et autres servitudes des différents quartiers/villages en collaboration avec les chefs de villages et blocs ; et revoir à la hausse le nombre de Bacs à ordures à raison d'au moins un bac par grand carrefour. (en partenariat avec HYSACAM)

ï Il serait de même très important de former les populations dans des domaines comme la gestion efficace et efficiente des déchets solides et liquides par elles produits, et la lutte anti-vectorielle (désinsectisation, dératisation...) à travers les activités d'hygiène et d'assainissement personnelles et/ou collectives.

B°) A MOYEN TERME

· Veiller à l'application dans les brefs délais et renforcer le respect du Plan Directeur d'Urbanisme à travers la DRDUH/LT (Délégation Régionale du Ministère du Développement Urbain et de l'Habitat pour le Littoral), la DRDAFC/LT (Délégation Régionale du Ministère des Domaines, des Affaires Foncières et du Cadastre pour le Littoral) et la CUD ;

· Ces autorités locales devront entreprendre la destruction de toutes les latrines non conventionnelles, curer permanemment les cours d'eau, assainir le milieu et surtout revaloriser les sources communautaires d'approvisionnement en eau potable, loin du voisinage des industries.Et même construire des toilettes améliorées publiques/privées. (CAD 3e, CUD, ONG,Chefferies et Populations cibles) ;

· Elles devront avec l'appui des pouvoirs publics construire des systèmes d'assainissements (systèmes de collectes des eaux usées, système d'égouts ...) ;

· Par ailleurs, l'une des alternatives à laquelle celles-ci pourraient faire recours, en attendant la sortie de crise liée à la pénurie d'eau courante, c'est la construction d'Aire de captage d'eau de pluies à usage collectif. En effet, à partir du moment où la nappe phréatique présente des signes de pollution, la prolifération des forages et puits d'eau à usage communautaire ou individuel, serait donc inutile. Cependant, l'eau de pluie bien qu'étant acide, peut être recueilli directement des toitures grâce à un dispositif bien élaboré, et traité de ses impuretés avant usage. Ainsi donc, l'Impluvium, qui est le système de captage et de stockage des eaux pluviales serait le plus indiqué en pareil circonstance. (Nous proposons en annexe un plan architectural de construction d'un impluvium communautaire adapté aux besoins des populations cibles) ;

· Le Gouvernement devrait élaborer une cartographie des zones à risques dans tout le pays afin de faciliter l'intervention en cas de catastrophe industrielle (MINATD et MINSANTE);

C°) A LONG TERME

ï La Commune d'Arrondissement de Douala IIIe devrait en collaboration avec la Communauté Urbaine et les autorités territorialement compétentes, mener régulièrement des missions d'inspection et de contrôle sanitaires dans toutes les industries de la zone. Ces missions auront pour objectifs entre autres :

- D'évaluer le niveau de respect des obligations environnementales en conformité avec la loi cadre N° 96/012 du 05 Août 1996 et autres lois connexes en vigueur dans notre pays ;

- D'identifier les industries ne présentant aucune Etude d'Impact Environnementale et sociale (avant la mise sur pied du projet) ou d'Audit Environnemental, et de leur en exiger dans les brefs délais...

ï Elles devront également restructurer ou déguerpir les quartiers à habitat spontané et les quartiers à haut risque et surtout prévoir le recasement des populations.

ï L'Etat à travers son gouvernement devrait imposer à tous les industriels l'utilisation des filtres atmosphériques afin de limiter les taux de rejets des gaz toxiques ;

ï De même, il devrait songer à encourager l'achat des véhicules munis des pots catalytiques et des motos à moteur quatre temps en supprimant certaines taxes à l'importation;

ï Rénover et remettre en services toutes les stations météorologiques et les doter d'installation de stations de contrôle de pollution atmosphérique afin de mieux orienter les prises de décisions ;

ï Assurer le renforcement des capacités d'analyses des laboratoires spécialisés en matière de contrôle de la pollution atmosphérique et de la qualité des eaux.

ï En somme, il serait judicieux que l'Etat songe à élaborer un programme consistant à : identifier les différentes causes et sources des pluies acides, évaluer les effets environnementaux et économiques, et envisager des actions pour réduire voire éliminer ces causes ; tout ceci avec l'aide d'un Système d'Information Géographique (SIG).

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET WEBOGRAPHIQUES

Nous avons mené nos recherches sur une thématique dont les implications et imbrications sont multiples et dont les contours sont variés. Notre vouloir était de démontrer que l'usage et/ou la consommation des eaux météoriques peut constituer un sérieux problème de Santé publique et qu'en plus la dégradation de l'environnement n'est pas en reste. Entendu donc qu'une recherche est toujours progressive et non définitive, un complément si enrichissant a été trouvé tant dans les ouvrages généraux que ceux dits de spécialité, et tout naturellement dans les modules de cours reçu pendant ces trois dernières années de formation.

OUVRAGES GENERAUX :

è « Air », in Encyclopédie Numérique, Microsoft  Encarta 2009, Chap. 2 ;

è Déclaration de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement, Stockholm, 1972, §. 2 ;

è Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, 1979, Genève, Art. 6 ;

è [1]. ?Regrain R., Auphan E. (1999), L'eau et la ville, comité des travaux historiques et scientifiques, Armand colin ;

è [2]. ? Glocheux (Dominique), Sauver la planète, mode d'emploi, éditions J.C. Lattès ;

è [3]. ?PLAN D'ACTION NATIONAL DE GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU (PANGIRE), Chapitre introductif, MINEE, Décembre 2009 ;

è [4]. ?Léger NTIGA, « Pollution par la poussière : Source d'au moins 10.000 décès et 200 cancers », Une étude réalisée au Cameroun par l'Ong Friends of the Earth International, 10 juillet 2008. http://www.camerounlink.net/fr/index.php? Lu le 22 Avril 2012.

è [5]. ?Source : Armand Colin, http://environnement.ecoles.free.fr, lu le 14 Avril 2012 ;

è [6]. ? système d'analyse des risques et de maîtrise des points critiques, traduction littérale de HAZARD ANALYSIS CRITICAL CONTROL POINTS.

OUVRAGES SPECIALISES:

è MEVA'A ABOMO Dominique, Thèse, « de l'abondancedes ressources en eau à la rareté de l'eau potable dans les villes littorales du Sud, un indicateur pertinent de la crise managériale de ces espaces urbains : l'exemple de Douala au Cameroun », 2006, Chapitre introductif.

è Salem G, Fournet F. (oct. 2001), Santé et urbanisation en Afrique, 6ème congrès international francophone de médecine tropicale, Conférence introductive générale, Dakar ;

è Mamert F.L. (2000), Plan municipal de gestion de l'environnement de Douala, Communauté Urbaine de Douala ;

è Fouda M., Meva'a Abomo D. (2004), Rapport des travaux effectués au titre de la carte d'aptitude des sols à l'assainissement individuel de l'agglomération de Douala, Société d'Assainissement et d'Hydrologie de Grenoble (SOGREAH) ;

è Di Méo G. (1985), Objectivation et représentation des formations socio-spatiales, IN Anales de Géographie, N° 537 ;

è Salem G. (1998), Espace, santé et territoire en zone intertropicale, IN Cahier d'étude et de santé francophone / Santé, numéro 6.

è Projet urbain FAC(1983), Etude « Eau et assainissement » du Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme de Douala, rapport de première phase, Communauté Urbaine de Douala ;

è Tendron G. (2001), Problèmes environnementaux de l'eau et sa gestion à Douala (Cameroun), mémoire de stage de DEA de Géographie, Université de Caen-Basse Normandie (France).

è Association Internationale des Techniciens Experts et Chercheurs - AITEC(1994), Environnement : l'eau et assainissement dans le monde.

è Société Nationale des Eaux du Cameroun(2001), L'eau c'est la vie, journal de l'entreprise, numéro de juillet.

L'on s'est référé également aux divers instruments juridiques conventionnels ou nationaux et internationaux tels que : 

è Droit et politiques publiques de l'environnement au Cameroun (1993),

è Droit de l'environnement en Afrique (1996) ;

è Jean Marc LAVIEILLE, Droit de l'environnement (2004),

è Lothar GÜNDLING, Droit de l'environnement : atmosphère, eau douce et sol (1998).

è l'Agenda 21 (1992),

è La Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (1994) et son Protocole de Kyoto (2005),

è La Convention de Vienne pour la protection de la couche d'ozone, (1988) et son Protocole de Montréal (1989) ;

è La Loi N° 96/12 du 05 août 1996 portant Loi - Cadre relative à la gestion de l'environnement au Cameroun ;

è la Loi N° 98/015du 14 juillet 1998 relative aux Etablissements classés dangereux, insalubres ou incommodes,

è le Nouveau Code de lois pénales, 2ème Ed°. (2006), et La Constitution du Cameroun (1996).

WEBOGRAPHIES

è http://www.wikipédia.com/fr/pluies_acideslu le Lundi 05 Mars ;

è - http://www.acdi-cida.gc.ca/xpress/dex/dex9709.htm[Geo-2- 103] Readon March 7th, Wednesday; 

MODULES DE COURS EXPLOITES

è Sciences de bases : - Cours de Chimie Analytique I et II dispensé par MM. Calvin BISONG et Bienvenu AKAM ;

- Cours de Cartographie dispensé par M. B. ENOA ;

- Cours de Microbiologie/Bactériologie I et II dispensé par M. FOTIE ;

- Cours d'Urbanisme dispensé par M. ANGONI MANI,

- Cours de Recherche dispensé par M. Simon Pierre NYAMSI ;

- Cours d'Informatique I et II dispensés par Mme ABOMO et M. J.J. ELOUNDOU

è Sciences de l'eau et de l'environnement :

-Cours dispensé par MM. KAGOMBE Témothé, ENOA B., FOPA LANGOUO, NDJAMA A BITANG, M. ANGONI MANI, M. NDENDE, M. René ATEUKENG et bien entendu M. Blaise MANGA.

LISTE DES ANNEXES

Annexe I

Carte administrative de la ville de Douala

Annexe II

demande d'autorisation de recherche N° 217/MINSANTE/DRH/DRSPC/EITMS-GS/SES/BRD signée du directeur de l'EITMS-GS et adressée au Sous-préfet de l'arrondissement de Douala III

Annexe III

demande d'autorisation de recherche N° 218/MINSANTE/DRH/DRSPC/EITMS-GS/SES/BRD signée du directeur de l'EITMS-GS et adressée au Maire de la commune d'arrondissement de Douala III

Annexe IV

L'autorisation Spéciale de recherche N° 36/ASR/C19-03/BAAJP signé du sous-préfecture dudit arrondissement.

Annexe V

Fiche de collecte de données contenant un questionnaire et une grille d'observation

Annexe VI

Tableau attributaire et cartographie des zones à risques

Annexe VII

Extrait du rapport de présentation des résultats définitifs du 3èRGPH

Annexe VIII

Bulletins d'analyses physico-chimiques des échantillons d'eau de pluies prélevées

Annexe IX

Cycle d'émissions, de transformation et de dépôts des polluants

Annexe X

Esquisse d'évaluation de la gravité de la situation

Annexe XI

Plan détaillé de construction d'un Impluvium communautaire à bas prix et d'une capacité d'environ dix mètres cube (10m3)

Annexe XII

Exemple d'Impluvium réalisé en zone sahélienne. Crédit Photo : CREPA-Burkina Faso






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