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Analyse géospatiale de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé, Burkina Faso


par Malick BANDAOGO
AFRIGIST - Master 2025
  

Disponible en mode multipage

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INSTITUT REGIONAL AFRICAIN DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION GEOSPATIALE(AFRIGIST)

Sous les auspices de la commission Economique Des Nations Unies pour l'Afrique

CAMPUS UNIVERSITAIRE OBAFEMI AWOLOWO

P.M.B 5545, ILE-IFE, OSUN STATE, NIGERIA

www.afrigist.org

ANALYSE GEOSPATIALE DE LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA REGION DE KOULSE, BURKINA FASO

Master Professionnel en Production et Gestion de l'Information Géospatiale

BANDAOGO Malick

PRS/PM/32413

Sous la direction de :

Momodou SOUMAH

PROJET RÉDIGÉE AU DÉPARTEMENT DE PHOTOGRAMMÉTRIE ET DE TÉLÉDÉTECTION ET SOUMISE À L'INSTITUT RÉGIONAL AFRICAIN DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION GÉOSPATIALE (AFRIGIST),

CAMPUS DE L'UNIVERSITÉ OBAFEMI AWOLOWO, NIGERIA, EN VUE DE REMPLIR PARTIELLEMENT LES CONDITIONS REQUISES POUR L'OBTENTION DU DIPLOME MASTER PROFESSIONNEL (MP) EN PRODUCTION ET GESTION DE L'INFORMATION GEOSPATIALE.

AOÛT 2025

DECLARATION ANTI-PLAGIAT

Je soussigné BANDAOGO Malick, (PRS/PM/32413)du Département de Photogrammétrie et Télédétection de l'Institut Régional Africain des Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale (AFRIGIST),reconnais être au courant de l'interprétation du plagiat, et suis conscient de la politique de l'Institut à cet égard.

Je soutiens que ce mémoire est mon propre travail original. Les travaux d'autres personnes utilisées, qu'ils proviennent d'une source imprimée, de l'Internet ou de toute autre source, ont été correctement reconnus et référencés conformément à la politique de l'Institut.

.................. ..................

Signature Date

AUTORISATION DE REPRODUCTION

Je soussigné, BANDAOGO Malick (PRS/PM/32413)auteur du mémoire « Analyse géospatiale de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé, Burkina Faso », autorise l'Institut Régional Africain des Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale (AFRIGIST) à le reproduire en tout ou en partie, à la demande d'autres établissements ou personnes à des fins de recherche académique.

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Signature Date

ATTESTATION

Ceci est pour certifier que la recherche a été effectuée par BANDAOGO Malick (PRS/PM/32413) dans le cadre des exigences pour l'obtention du Diplôme de Master Professionnel en Production et Gestion de l'Information Géospatiale, du Département de Photogrammétrie et Télédétection, Institut Régional Africain des Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale (AFRIGIST), Ile-Ife, Nigéria.

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Superviseur :

 

Date 

Momodou SOUMAH

 
 
 
 
 

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Chef de Département :

 

Date 

Prof. InoussaTOKO MOUHAMADOU

 
 
 
 
 

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Le Doyen des Affaire Académiques :

 

Date 

Prof. Olatunji Sunday ABOYEJI

 
 

DEDICACE

Je dédie ce travail à :

v La mémoire de mon père Yahaya BANDAOGO ;

v Ma mère Habibou GANSAGNE ;

v Mes frères et soeurs

v La famille BANDAOGO.

REMERCIEMENTS

Ce mémoire marque l'aboutissement d'un parcours académique et personnel riche en apprentissages, en défis et en rencontres. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes celles et ceux qui, par leur soutien, leurs conseils ont contribué à la réalisation de ce travail.

· Je remercie tout particulièrement mon encadreur Monsieur M. SOUMAH, pour sa disponibilité, sa rigueur scientifique et la qualité de son accompagnement tout au long de cette recherche. Son expertise et ses orientations méthodologiques ont été déterminantes dans la structuration et la finalisation de ce mémoire.

· Ma reconnaissance à l'administration et aux enseignants de l'AFRIGIST, pour la qualité de l'enseignement, leur engagement et leur accompagnement constant durant ma formation.

· J'exprime ma profonde gratitudeau Gouvernement du Burkina et au peuple Burkinabé pour cette bourse d'étude.

· A l'Institut Géographique du Burkina (IGB) à travers son Directeur de cartographie M. KONATÉ pour l'octroi de la bourse d'études à AFRIGIST.

· Mes remerciements vont également à M. BELEM, Directeur adjoint de AFRIGIST, pour son soutien, ses encouragements et sa bienveillance à l'égard des étudiants.

· Je suis profondément reconnaissant envers Dr. KARAMBIRI, Dr. SIRIMA et Dr. SANOGO, pour assistance, conseils et disponibilité, qui ont grandement enrichi la qualité de ce travail.

· Je remercie également tous mes compatriotes burkinabèà AFRIGIST (COULDIATI, COULDIATY, KAGANBEGAet TINTO) pour leurs solidarités, leur fraternité et leur soutien moral tout au long de cette aventure académique.

· À mes camarades de la promotion PM/DESS 2024-2025, pour les échanges, l'esprit d'équipe et les moments de partage qui ont marqué notre parcours commun.

· À tous mes camarades du Centre Universitaire de Ziniaré et à la promotion 2020 en Aménagement et Développement Durable du Territoire.

· Mes amis OUATTARA, IDO, HIEN et ILBOUDO pour leurs soutiens.

· Enfin, j'adresse mes remerciements à toutes les personnes, nommées ou anonymes, qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire. Que chacun trouve ici l'expression de ma sincère gratitude.

TABLE DES MATIERES

DECLARATION ANTI-PLAGIAT I

AUTORISATION DE REPRODUCTION II

ATTESTATION III

DEDICACE IV

REMERCIEMENTS V

TABLE DES MATIERES VI

LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES VIII

SIGLES ET ABREVIATION IX

RESUME XI

ABSTRACT XII

CHAPITRE I : INTRODUCTION 1

1.1. Contexte de l'étude 1

1.2. Problématique 2

1.3. But et objectif 3

1.3.1. Questions de recherche 3

1.3.2. Hypothèses d'étude 3

1.3.3. Objectif d'étude 4

CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE 5

2.1. Sécurité alimentaire 5

2.2. Définition des concepts 6

2.3. Historique des crises alimentaires au Burkina Faso 8

2.4. Présentation du milieu d'étude 10

2.5. Caractéristique physique 12

2.6. Caractéristique humaine et socio-économique 16

CHAPITRE III : METHODOLOGIE 18

3.1. Méthode et approches pour mesurer l'insécurité alimentaire 18

3.1.1. Approche générale 18

3.1.2. Integrated Phase Classification (IPC) de la FAO 18

3.1.3. Indice de Faim Global 18

3.1.4. Indice de la faim développé par Action Aid 18

3.1.5. Approche nationale de la sécurité alimentaire au Burkina Faso 19

3.2. Indices dérivés de satellites couramment utilisés pour le suivi agricole 19

3.3. Matériels et données 20

3.3.1. Matériel 20

3.3.2. Données 20

3.4. Traitement des données 21

3.5. Base de données de la sécurité alimentaire 23

3.5. Diagramme 27

CHAPITRE IV : RESULTATS 28

I. Identification des communes à risque d'insécurité alimentaire dans la région de Koulsé 28

1. Analyse spatio-temporelle de l'occupation des sols dans la région de Koulsé 28

2. Evolution d'occupation du sol de la région de Koulsé 34

3. Évolution de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020 et 2025 36

4. Trajectoires migratoires des PDI dans la région de Koulsé en 2025 41

II. Analyse de la production, des facteurs économiques et des données climatiques 42

1. Répartition géographique des zones de production agricole dans la région Koulsé 42

2. Performance de la production agricole dans la région de Koulsé 44

3. Facteur socioéconomique de la sécurité alimentaire dans la région du Koulsé 45

4. Analyse des variables température et précipitation dans la région de Koulsé 49

III. Évaluation de l'indice de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé 52

1. Score de consommation alimentaire 52

2. Identification des indicateurs clés 53

3. Indicateur de score alimentaire 54

CHAPITRE V : DISCUSSION 56

I. Communes à risque d'insécurité alimentaire 56

II. Production, les facteurs économiques et les données climatiques 56

III. Indice de sécurité alimentaire dans la région de Koulsé 57

CONCLUSION ET SUGGESTIONS 58

Conclusion 58

Suggestions 59

Contribution scientifique 60

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 61

LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES

23

LISTE DES TABLLEAUX

47

TABLEAU 1 : DESCRIPTION DES DONNEES

TABLEAU 2 : IMPORTATION DES PRODUITS ALIMENTAIRE

LISTE DES FIGURES

FIGURE 1: SITUATION DE LA ZONE D'ÉTUDE 2

FIGURE 2 : PÉDOLOGIE DE LA RÉGION 13

FIGURE 3: PRÉCIPITATION MOYENNE 2022-2024 14

FIGURE 4: RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE 15

FIGURE 5: DENSITÉ DE LA POPULATION 16

FIGURE 6: DIAGRAMME CONCEPTUEL DE LA BASE DE DONNÉES 26

FIGURE 7: DIAGRAMME MÉTHODOLOGIQUE 27

FIGURE 8 : OCCUPATION DU SOL EN 2015 28

FIGURE 9 : STATISTIQUE D'OCCUPATION DU SOL EN 2015 29

FIGURE 10 : OCCUPATION DES SOLS EN 2020 30

FIGURE 11 : STATISTIQUE D'OCCUPATION DU SOL EN 2020 31

FIGURE 12 : OCCUPATION SOL EN 2025 32

FIGURE 13 : STATISTIQUE D'OCCUPATION DU SOL EN 2025 33

FIGURE 14: DÉTECTION DE CHANGEMENT ENTRE 2015-2020 34

FIGURE 15: STATISTIQUE DE DÉTECTION DE CHANGEMENT 35

FIGURE 16 : DÉTECTION DE CHANGEMENT ENTRE 2020 - 2025 35

FIGURE 17: STATISTIQUE DE DÉTECTION DE CHANGEMENT ENTRE 2020-2025 36

FIGURE 18 : DENSITÉ DES PDI EN 2020 37

FIGURE 19 : STATISTIQUE DE LA DENSITÉ DES PDI DANS LA RÉGION DE KOULSÉ EN 2020 38

FIGURE 20 : DENSITÉ DES PDI EN 2025 39

FIGURE 21 : STATISTIQUE DE LA DENSITÉ DES PDI EN 2025 40

FIGURE 22: FLUX DE DÉPLACEMENT DES PDI EN 2025 41

FIGURE 23 : RÉPARTITION DE LA PRODUCTION AGRICOLE 43

FIGURE 24 : RENDEMENTS AGRICOLES 44

FIGURE 25 : STATISTIQUE DE LA PRODUCTION AGRICOLE 45

FIGURE 26 : STATISTIQUE DES INDICATEURS D'ACCÈS À LA NOURRITURE 46

FIGURE 27 : STATISTIQUE DES QUANTITÉS DE PRODUIT IMPORTÉ 47

FIGURE 28 : ACCESSIBILITÉ ALIMENTAIRE 48

FIGURE 29 : TEMPÉRATURE MOYENNE ENTRE 2015-2024 49

FIGURE 30 : TEMPÉRATURE MOYENNE ENTRE 2015-2024 50

FIGURE 31 : PRÉCIPITATIONS MOYENNE ENTRE 2015-2024 51

FIGURE 32 : PRÉCIPITATIONS MOYENNE ENTRE 2015-2024 52

FIGURE 33 : SCORE DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE 52

FIGURE 34 : INDICATEUR DE SCORE ALIMENTAIRE 54

FIGURE 35 : STATISTIQUE DU SCORE ALIMENTAIRE DES COMMUNES 55

SIGLES ET ABREVIATION

AFRIGIST : Institut Régional Africain des Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale

ArcGIS : Geographic Information System développé par ESR

BUNASOLS : Bureau National des Sols

DRAAH-CN : Direction Régionale de l'Agriculture des Aménagements Hydro-agricole et Halieutique

ENPB : Etude Nationale Prospective Burkina

ENVI : Environment for Visualizing Images

EVI : Indice de Végétation Amélioré

FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et la Faim

IA : Insécurité Alimentaire

IGB : Institut Géographique du Burkina

INSD : Institut National des Statistiques et de la Démographie

IPC : Integrated Food Security Phase Classification

ISA : Indice de Score Alimentaire

MAAH : Ministère de l'Agriculture des Aménagements Hydro-agricole et Halieutique

MODIS : Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer

NDVI : Normalized Difference Vegetation Index

ODD : Objectif du Développement Durable

OLI : Imageur Terrestre Opérationnel

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONU : Organisation des Nations Unies

PAM : Programme alimentaire Mondial

PDD : Programme de Développement Durable

PDI : Personne Déplacée Interne

PFNL : Produit Forestier Non Ligneux

PNSAN : Programme National de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnel

PRD : Plan Régional de Développement

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SA : Sécurité Alimentaire

SCA : Score de Consommation alimentaire

SCADD : Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable

SIG : Système d'Information Géographique

SMA : Sommet Mondial de l'Alimentation

TIRS : : Capteur Infrarouge Thermique

UNICEF : Fonds International d'Urgence des Nations Unies pour l'enfance

USGS : United States Geological Survey

ZOVIC : Zones Villageoises d'Intérêt Cynégétique

RESUME

Face à l'aggravation de l'insécurité alimentaire dans la région de Koulsé, liée aux socio-économiques et environnementales influencent sécurité alimentaire locale. L'objectif général est d'évaluer les facteurs déterminants de la sécurité alimentaire en vue de proposer des stratégies adaptées pour renforcer la résilience des populations face aux crises alimentaires.

La méthodologie adoptée repose sur une approche géospatiale intégrée, mobilisant des données satellites (Landsat 8/9), climatiques, agricoles, socio-économiques, ainsi que des données sur les PDI et les scores de consommation alimentaire. Les outils ArcGIS, ENVI, Excel et Google Earth Engine permettant une modélisation spatiale et statistique des vulnérabilités alimentaires.

Les résultats obtenus sont significatifs. D'abord, l'analyse spatio-temporelle de l'occupation du sol révèle une régression des terres agricoles 146,13 km² en 2025, une forte expansion du bâti 691,12 km² et une prédominance du sol nu1151,45 km. Les communes de Kaya, Barsalogho et Pensa présentent les plus fortes densités de PDI, dépassant 2000 PDI/km², ce qui accentue la pression sur les ressources et les infrastructures. Ensuite, l'analyse des facteurs agricoles et montre une forte disparité entre les provinces climatiques : Sandbondtenga se distingue par des rendements élevés 67886 tonnes de sorgho, tandis que Bam reste vulnérable avec une agriculture extensive peu productive. Le revenu moyen des ménages est de28000 FCFA/mois, avec un taux de chômage de 38 %, et une inflation alimentaire de 12,5 %. La pluviométrie moyenne est passée de 1075 mm en 2015 à 550 mm en 2024, traduisant une tendanceà la baisse et une instabilité climatique préoccupante. Enfin, l'évaluation du score alimentaire montre que 36,67 % des ménages ont un score faible, 43,33 % un score limite, et seulement 20 % un score acceptable, confirmant que près de 80 % des ménages vivent dans une situation d'insécurité alimentaire modérée à critique.

L'apport scientifique de cette mémoire réside dans l'intégration des outils géospatiaux pour diagnostiquer, cartographier et anticiper les risques alimentaires à l'échelle territoriale. Il propose une modélisation innovante des interactions entre les facteurs climatiques, agricoles, démographiques et nutritionnels, et offre une base méthodologique solide pour la planification territoriale, la gestion des crises alimentaires et la formulation de politiques de résilience adaptées aux contextes sahéliens.

Mots clés : Géospatiale ; Sécurité alimentaire ; Agriculture ; Personnes déplacées interne, Indice de sécurité alimentaire ; Koulsé (Burkina Faso).

ABSTRACT

Faced with the worsening food insecurity in the Koulsé region, socioeconomic and environmental factors influence local food security. The overall objective is to assess the determining factors of food security with a view to proposing appropriate strategies to strengthen populations' resilience to food crises.

The methodology adopted is based on an integrated geospatial approach, mobilizing satellite (Landsat 8/9), climate, agricultural, and socioeconomic data, as well as data on IDPs and food consumption scores. The tools use ArcGIS, ENVI, Excel, and Google Earth Engine, enabling spatial and statistical modeling of food vulnerabilities.

The results obtained are significant. First, the spatio-temporal analysis of land use reveals a regression of agricultural land 146.13 km² in 2025, a strong expansion of built-up 691.12 km² and a predominance of bare soil 1151.45 km. The municipalities of Kaya, Barsalogho and Pensa have the highest densities of IDPs, exceeding 2000 IDPs/km², which increases the pressure on resources and infrastructure. Then, the analysis of agricultural factors shows a strong disparity between climatic provinces: Sandbondtenga stands out for high yields 67886 tons of sorghum, while Bam remains vulnerable with an extensive agriculture with low productivity. The average household income is 28000 FCFA/month, with an unemployment rate of 38%, and a food inflation of 12.5%. Average rainfall decreased from 1075 mm in 2015 to 550 mm in 2024, reflecting a downward trend and worrying climate instability. Finally, the food score assessment shows that 36.67% of households have a low score, 43.33% a borderline score, and only 20% an acceptable score, confirming that nearly 80% of households live in a situation of moderate to critical food insecurity.

The scientific contribution of this thesis lies in the integration of geospatial tools to diagnose, map, and anticipate food risks at the territorial level. It proposes innovative modeling of the interactions between climatic, agricultural, demographic, and nutritional factors, and provides a solid methodological basis for territorial planning, food crisis management, and the formulation of resilience policies adapted to Sahelian contexts.

Keywords: Geospatial; Food security; Agriculture; Internally displaced persons; Food security index; Koulsé (Burkina Faso).

CHAPITRE I : INTRODUCTION

1.1. Contexte de l'étude

L'insécurité alimentaire et l'extrême pauvreté constituent des défis majeurs à l'échelle mondiale. La lutte contre ces problématiques demeure essentielle, alors que les Nations Unies ont adopté le Programme de Développement Durable (PDD) avec ses dix-sept Objectifs de Développement Durable (ODD) à atteindre d'ici 2030. L'ODD2 vise à éradiquer la faim, à garantir à tous un accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante tout au long de l'année, et à mettre fin à toutes les formes de malnutrition (FAO et al., 2020). En 2024, la faim aiguë toucha plus de 295 millions de personnes réparties dans 53 pays et territoires, marquant une hausse de près de 14 millions par rapport à 2023. Par ailleurs, le nombre de personnes subissant des niveaux de faim catastrophiques atteignit un seuil sans précédent (GRFC, 2025). Cependant, l'insécurité alimentaire reste une problématique complexe affectant de nombreuses régions du globe. Plus de 582 millions de personnes pourraient être chroniquement sous-alimentées d'ici 2030, dont environ la moitié sur le continent africain (FAO, 2024). En Afrique, la situation est particulièrement alarmante. Les pays les plus touchés incluent la République Centrafricaine, où 51 % de la population vit dans une situation d'insécurité alimentaire de phase IPC 3 ou plus, et le Soudan du Sud, où ce chiffre s'élève à 55 % (FAO, 2021). L'insécurité alimentaire, exacerbée par les conflits, les chocs climatiques et les crises économiques, continue de s'aggraver, affectant les populations les plus vulnérables.

Au Burkina Faso, la lutte contre la faim et la malnutrition reste un défi central. En 2022, environ 20 % de la population était en situation d'insécurité alimentaire, un chiffre susceptible de croître si des mesures concrètes ne sont pas mises en oeuvre (FAO, 2022). Le pays a développé de nombreuses politiques, stratégies et plans en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, dans le but de réaliser l'ODD2 (PAM, 2017). Cependant, des facteurs sécuritaires, environnemental et les crises économiques compliquent l'accès des populations aux produits agricoles. Les régions du Nord, de l'Est et deKoulsésont particulièrement affectées par une baisse des rendements agricoles, des ressources économiques limitées et l'insécurité grandissante.La région deKoulsé, les activités principales sont l'agriculture, l'élevage et le commerce, les moyens de subsistance de la population sont gravement compromis par la sécheresse, l'insécurité et l'exode rural (HCM, 2022). Cette étude vise à analyser les facteurs déterminants de la sécurité alimentaire dans cette région et à proposer des recommandations pour renforcer la résilience des populations locales face aux crises alimentaires.

1.2. Problématique

Le changement climatique et la dégradation des conditions socio-économiques ont profondément affecté la sécurité alimentaire au cours des deux dernières décennies. L'insécurité alimentaire et la malnutrition continuent de représenter des défis majeurs pour les populations vulnérables, exacerbés par la sécheresse, l'inondation et les perturbations socio-économiques (FAO, 2021).

La sécurité alimentaire dans la région deKoulséa été considérablement affectée par le changement climatique et la dégradation socio-économique. Cette région, où l'agriculture constitue la principale source de nutrition et de revenu,fait face à des défis multiples. Les sécheresses prolongées, les inondations soudaines et les variations de températures perturbent les systèmes agricoles, réduisant les rendements agricoles, la régression des zones de pâturage ce qui exacerbent l'insécurité alimentaire (FAO, 2020). À ces contraintes climatiques s'ajoutent les conflits internes et les déplacements de populations, qui perturbent non seulement les activités agricoles mais limitent également l'accès des populations aux marchés (PAM, 2021).

En outre, la dégradation des ressources naturelles, notamment par la désertification et la déforestation, aggrave la situation. La perte de terres arables et la raréfaction des ressources en eau restreignent les capacités des communautés à produire des denrées alimentaires suffisantes pour leur subsistance (FAO, 2021). Ces interactions complexes entre facteurs climatiques, socio-économiques et sécuritaires rendent la région deKoulséparticulièrement vulnérable à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition.

Depuis 2021, l'accès à la nourriture s'est détérioré, en particulier pour les communautés avec un grand nombre de personnes déplacées internes (PDI). Les défis économiques ont poussé les populations à adopter des stratégies risquées, compromettant leur sécurité alimentaire future. Malgré la disponibilité sur les marchés, les défis économiques ont conduit à une réduction significative des stocks de denrées alimentaires. Cette situation a généré une hausse des prix et a affecté la demande alimentaire (PAM, 2021). La région a connu 39 incidents sécuritaires en 2021, exacerbant les problèmes de sécurité alimentaire. Ces incidents ont contribué à la déstabilisation dans la commune et à l'augmentation des déplacements internes. En juin 2021, près de 1 million de personnes étaient déplacées dans les quatre régions du Burkina Faso, dont 46,3 % dans la région deKoulsé. Ces déplacements ont aggravé la situation de la sécurité alimentaire à dans la région (FAO, 2021).

Face à cette situation préoccupante, l'analyse géospatiale se présente comme une approche innovante et prometteuse pour identifier les facteurs clés influençant la sécurité alimentaire et pour développer des stratégies adaptées visant à renforcer la résilience des populations locales. Cette étude sur l'analyse géospatiale de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé, Burkina Faso s'inscrit dans cette démarche, en proposant une analyse approfondie des déterminants de l'insécurité alimentaire dans le Koulséet des solutions pour y remédier.

1.3. But et objectif

1.3.1. Questions de recherche

Dans ce contexte présenté ci-dessus, notre question principale est de savoirComment les dynamiques socio-économiques et environnementales influencent-elles la sécurité alimentaire dans la région de Koulséau Burkina Faso ? Cette question principale soulève les questions spécifiques suivantes :

1. Quelles communes présentent un risque d'insécurité alimentaire ?

2. Comment la production agricole, les facteurs économiques et le climat influencent-ils la sécurité alimentaire ?

3. Quel est l'indice de score alimentaire mesuré dans ma région de Koulsé ?

1.3.2. Hypothèses d'étude

Dans le cadre de cette étude, nous postulons que les dynamiques socio-économiques et environnementales jouent un rôle déterminant dans la configuration de la sécurité alimentaire dans la région deKoulsé. L'hypothèse général nous permet de formuler des objectifs spécifiques suivants :

i. Certaines communes de la région de Koulsé présentent un risque plus élevé d'insécurité alimentaire que d'autres.

ii. La production agricole, les facteurs économiques et les conditions climatiques ont un impact direct sur le niveau de sécurité alimentaire dans la région.

iii. L'indice de score alimentaire mesuré dans la région de Koulsé reflète les disparités territoriales et les influences des facteurs socio-économiques et environnementaux.

1.3.3. Objectif d'étude

Cette étude a pour objectif général d'évaluer les facteurs déterminants de la sécurité alimentaire dans la région de Koulséen vue de renforcer la résilience des populations face aux crises alimentaires. Cet objectif général permet de formuler des objectifs spécifiques suivants :

a) Identifier les communes à risque d'insécurité alimentaire.

b) Analyser la production, les facteurs économiques et les données climatiques.

c) Déterminer l'indice de score alimentaire dans la région de Koulsé.

CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE

2.1. Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire mondiale a connu une détérioration marquée à partir de 2020, après une période de relative stabilité entre 2014 et 2019. La pandémie de COVID-19 a exacerbé les vulnérabilités existantes, en aggravant les effets des conflits, des chocs climatiques et des ralentissements économiques(FAO, 2021). En 2020, entre 720 et 811 millions de personnes ont été confrontées à la faim, soit une augmentation de 118 millions par rapport à l'année précédente. L'Afrique est particulièrement touchée, avec 21 % de sa population en situation d'insécurité alimentaire. En 2022, ce chiffre est monté à 282 millions de personnes sous-alimentées, soit une hausse de 57 millions depuis le début de la pandémie. Ces tendances mondiales soulignent l'urgence d'une réponse coordonnée pour atteindre les Objectifs de Développement Durable, notamment l'éradication de la faim d'ici 2030(FAO, 2021).

L'Afrique subsaharienne est confrontée à une crise alimentaire sans précédent, alimentée par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. Les conflits armés, les déplacements de populations, la variabilité climatique, et les effets indirects de la guerre en Ukraine ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et augmenté le coût des denrées alimentaires. Environ 78% de la population africaine n'a pas les moyens de se nourrir sainement, ce qui compromet gravement la sécurité nutritionnelle. Les femmes et les enfants sont les plus exposés, avec des taux élevés de retard de croissance, d'anémie et d'émaciation. Malgré les efforts des États et des partenaires internationaux, le continent n'est pas en voie d'atteindre les cibles de Malabo pour 2025 ni les ODD pour 2030(FAO, 2022).

Le Burkina Faso a mis en place des politiques en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le cadre de la lutte contre le problème de l'insécurité alimentaire et de malnutrition. Après la crise alimentaire de 1972-1973, le Burkina a procédé à l'élaboration de la Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNSAN), qui s'inscrit dans la dynamique de l'Etude Nationale Prospective Burkina (ENPB) 2025, et la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), qui prend en compte les orientations de la décentralisation. Environ 78% des provinces connaissent une des formes crise alimentaire en 2022 il déclare que 3,8 millions de personnes sont confrontés à la sous-alimentation avec 2,2 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire grave due principalement à la crise sécuritaire (MAAH, 2022).

La situation alimentaire au Burkina Faso s'est encore détériorée en 2023, notamment dans les régions du nord et de l'est du pays. Selon les dernières analyses du réseau FEWS NET, plusieurs communes comme Djibo, Arbinda, Markoye et Sebba sont soumises à des blocus prolongés par des groupes armés non étatiques, empêchant l'accès aux marchés et aux sources de revenus. Ces zones sont classées en Phase 4 (Urgence) de l'IPC, avec un risque croissant de basculement vers la Phase 5 (Famine) si l'aide humanitaire n'est pas intensifiée. Les populations y sont contraintes de recourir à des stratégies de survie extrêmes, telles que la consommation d'aliments sauvages ou la mendicité, malgré les menaces sécuritaires.Face à cette crise multidimensionnelle, le gouvernement burkinabè a adopté en mai 2023 un Plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition (PRSPV), doté d'un budget de 215 milliards de FCFA. Ce plan vise à améliorer l'accès à l'eau potable, aux intrants agricoles, aux équipements de production, et à renforcer l'alimentation du bétail. Il introduit également des innovations en matière de résilience, en orientant une partie des ressources vers le soutien à la production agricole, notamment dans le cadre de la campagne humide 2023. Cette approche intégrée cherche à réduire la dépendance à l'aide alimentaire et à renforcer les capacités locales de production.

2.2. Définition des concepts

v Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (SMA, 1996).

v Insécurité alimentaire

L'insécurité alimentaire est la situation des populations qui sont en-deçà du seuil requis pour s'alimenter convenablement à partir de leur propre production et/ou de leur revenu annuel. Parmi les formes d'insécurités alimentaire figurent l'insécurité alimentaire conjoncturelle qui est due à des événements non prévus et l'insécurité alimentaire structurelle due à une incapacité permanente à répondre aux besoins alimentaires des membres de la famille (Ouédraogo, 2004).

v Disponibilité alimentaire

La disponibilité alimentaire est en lien avec l'offre alimentaire. Cette dimension est déterminée par le niveau de la production alimentaire, le niveau des stocks et le commerce net. La disponibilité est atteinte lorsqu'une quantité suffisante d'aliments sains et nutritifs est disponible constamment pour les individus dans un pays, lorsque ces aliments se trouvent à leur portée. Cette quantité de nourriture doit répondre aux préférences alimentaires des individus (FAO, 2008).

v Accessibilité alimentaire

L'accessibilité alimentaire est l'approvisionnement adéquat en denrées alimentaires qu'il soit national ou international ne garantit pas la sécurité alimentaire des ménages. Cette dimension est essentiellement liée aux infrastructures, aux installations de marché et de stockage, à la stabilité politique, à la sécurité et aux contraintes légales, culturelles ou religieuses (FAO, 2008).

v Utilisation alimentaire

L'utilisation alimentaire est la façon dont le corps tire le meilleur parti des différents aliments absorbés. Un apport suffisant en énergie et en nutriments par les individus est le résultat de bonnes pratiques alimentaires, de la préparation des aliments, de la diversité du régime alimentaire et de la distribution des aliments au sein des ménages (FAO, 2008).

v Stabilité alimentaire

La stabilité alimentaire est atteinte lorsqu'un approvisionnement fiable en produits alimentaires est disponible pour tous à tout moment. Des conditions météorologiques défavorables, l'instabilité politique ou des facteurs économiques (chômage, hausse des prix des aliments) peuvent impacter, l'accès, la disponibilité ou l'état nutritionnel et par conséquent la sécurité alimentaire (FAO, 2008).

v Vulnérabilité alimentaire

La vulnérabilité alimentaire est le degré auquel les personnes risquent d'être exposées à un préjudice, des dommages, des souffrances et la mort. Ce risque est en fonction des conditions physiques, économiques, sociales, politiques, techniques, idéologiques, culturelles, écologiques et institutionnelles qui caractérisent le contexte de ces personnes (Ouédraogo, 2004).

v Soudure alimentaire

La soudure alimentaire correspond à la période de l'année durant laquelle l'on se serre la ceinture en termes de consommation alimentaire : au lieu de deux repas par jour, on en prendra un seul afin d'économiser le grenier jusqu'à la prochaine récolte (Ouédraogo, 2004).

v Disette

La disette correspond à la phase de la crise alimentaire ou les gens maigrissent. Les stocks alimentaires sont épuisés ou sont en voie de l'être. Le manque d'aliment est général dans le village. On consomme des feuilles alimentaires de brousse (Ouédraogo, 2004).

v Famine

La famine est une situation de manque total d'accès à l'alimentation, de graves perturbations sociales et de déplacements massifs de populations avec un épuisement des avoirs relatifs aux moyens d'existence. Il y a mort d'homme (Ouédraogo, 2004).

v Malnutrition

La malnutrition est une condition physiologique anormale provoquée par une consommation insuffisante, déséquilibrée ou excessive de macronutriments et/ou de micronutriments. Elle comprend à la fois les problèmes de dénutrition (retard de croissance, émaciation et carences en vitamines et minéraux) ainsi que les situations d'excès pondéral ou d'obésité. Conclusion la malnutrition est un état de déséquilibre alimentaire soit en excès ou en défaut (FAO et al., 2020).

v Agriculture

L'agriculture est définie comme un ensemble des activités humaines visant à produire des végétaux et à élever des animaux pour répondre aux besoins alimentaires, économiques et industriels de l'homme (CIRAD, 2003).

v Système d'Information Géographique(SIG)

Le SIG est un cadre conçu pour capturer, stocker, manipuler, analyser, gérer et présenter des données spatiales ou géographiques. Le SIG permetd'analyser les relations spatiales entre différents types de données et de produire des cartes et des rapports détaillés (ESRI,2024).

v Télédétection

La télédétection est une collecte et interprétation concernant la surface et l'environnement de la terre ou d'autres corps céleste à une certaine distance. Elle rassemble les données en présentant le rayonnement qui est émis naturellement ou reflété par la surface de l'objet ou depuis l'atmosphère, ou par la détection des signaux transmis depuis un appareil et reflétés vers ce dernier. En plus ces méthodes sont notamment la photographie aérienne, le radar et l'image satellite (ESRI,2024).

2.3. Historique des crises alimentaires au Burkina Faso

Le Burkina Faso, pays sahélien d'Afrique de l'Ouest, a été confronté à de nombreuses crises alimentaires au fil des décennies, résultant de facteurs climatiques, économiques et sociopolitiques. La vulnérabilité de son agriculture, fortement dépendante des précipitations et sujette aux effets du changement climatique, a régulièrement exposé les populations à des périodes de pénurie et de malnutrition. Par ailleurs, l'instabilité régionale et les conflits armés ont amplifié les difficultés d'accès aux ressources alimentaires, fragilisant la sécurité alimentaire du pays.

v 1973-1974

Une grave crise alimentaire a frappé le Burkina Faso, ainsi que d'autres pays du Sahel crises. Cette période fut marquée par une grande sécheresse qui a conduit le pays à la famine, mettant ainsi plus de 100000 personnes en état d'insécurité alimentaire avec un déficit céréalier de 330000 tonnes. La crise a conduit à l'implémentation de systèmes d'alerte précoce pour mieux gérer les futures crises (FAO, 1975).

v 1984-1985

Cette crise est due à une faible pluviométrie sur le territoire Burkinabé, provoquant la famine dans les régions du Nord, Sahel et l'Est. Une nouvelle crise alimentaire a touché la région, renforçant la nécessité de dispositifs de prévention et de gestion des crises alimentaires (G. DUPRE et D. GUILLAUD, 1985).

v 1995-1996

C'est une crise causée par le manque de pluies ou arrêt précoce auxquels est venue se surimposer la dévaluation du franc CFA de 1994 qui a provoqué une très forte inflation lorsque les commerçants ont voulu récupérer leur perte financière ; ce qui a engendré des pénuries localisées et la hausse spectaculaire des prix.

v 2007-2008

En raison des émeutes de la faim au Burkina Faso, les produits alimentaires ont connu une hausse importante des prix, notamment le riz importé qui a fait subir au riz local le même mouvement. Seules les céréales locales restent relativement abordables (Kaboré et Ouédraogo, 2008).

v 2014-2016

Les conflits intercommunautaires au Burkina Faso ont un impact profond sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les régions du nord et du nord-est du pays. Ces tensions perturbent les systèmes alimentaires en limitant l'accès aux terres agricoles, en réduisant la production et en entravant la distribution des denrées essentielles. Dans certaines provinces, les attaques armées et les déplacements forcés ont contraint les agriculteurs à abandonner leurs exploitations, entraînant une baisse significative de la production locale. De plus, la dépendance croissante des populations urbaines aux aliments importés aggrave la vulnérabilité alimentaire, car les chaînes d'approvisionnement sont souvent perturbées par l'insécurité (CIAT, 2024).

v 2016-2025

La crise sécuritaire au Burkina Faso a eu un impact significatif sur la sécurité alimentaire, notamment depuis l'intensification des conflits armés et des attaques de groupes armés non étatiques. En 2025, environ 2,7 millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire, dont 423 338 en phase d'urgence. Les régions les plus affectées sont celles du Sahel, de l'Est et de Koulsé, où l'accès aux terres agricoles est limité et la production céréalière a chuté jusqu'à 74,6 % dans certaines provinces. La crise a également perturbé les marchés agricoles, entraînant une hausse des prix des céréales de 22 % à 37 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cette situation aggrave la précarité des ménages, en particulier ceux dirigés par des femmes et les déplacés internes, qui peinent à accéder à une alimentation suffisante (Oxfam, 2025).

2.4. Présentation du milieu d'étude

La région de Koulséest l'une des est l'une des 17 régions du Burkina Faso. Elle est située entre12°40' et 14° Nord et entre 0°15' et 25° Ouest. Son chef-lieu est Kaya qui se trouve à environ 100 km de la capitale Ouagadougou. La région de Koulsédu Burkina Faso est limitée au nord par les régions du Yaadga, Soum et Liptako au sud par la région du Nakambé, à l'est par la région du Sirba et à l'ouest par la région d'Oubri. La région de Koulsé couvre une superficie de 19.508 km2 soit 7% du territoire national Burkinabè. Elle se repartie entre les provinces du Bam, du Namentenga et du Sandbondtenga. Sa population est essentiellement composée de mossi et de Peulh. Le chef-lieu de la région est Kaya situé à quelques 100 Km de Ouagadougou. La région de Koulséest composée de 28 communes.Les principales activités économiques de la région reposent sur l'agriculture, l'élevage, l'artisanat, l'exploitation minières et l'exploitation du bois. La carte ci-dessous est la représentation de la zone d'étude.

Figure 1: Situation de la zone d'étude

2.1. 2.5. Caractéristique physique

2.5.1. Relief

La région de Koulséest caractérisée par la présence de deux unités géomorphologiques que sont les plateaux latéritiques sur roches sédimentaires et les chaînes birrimiennes sur roches cristallines. Les plateaux latéritiques constituent une vaste pénéplaine monotone peu accidentée correspondant au versant du Niger (Barsalogho, Boulsa, Tougouri) et ont une altitude comprise entre 300 m et 350 m. Toutefois, la monotonie de cette unité est souvent rompue par endroits par des vallées et des formations collinaires que sont : les vallées du Nakambé au Centre-Sud et la Sirba à l'Est. Les chaînes birriminiennes à l'Ouest dans le Bam se caractérisent par des collines aux sommets tabulaires ou arrondis et sont très marquées par le phénomène du cuirassement bauxitique ou ferrugineux. Elles se regroupent soit en chaînes, soit se disposent linéairement et culminent entre 484 m et 511 m (INSD,2022).

2.5.2. Types de sols

La région de Koulséoffre des sols à dominance ferrugineux tropicaux à deux variantes : des sols ferrugineux tropicaux peu profonds lessivés sur les glacis, plateaux,les sols ferrugineux tropicaux profonds, difficiles à travailler dans les bas-fonds. Ainsi, on rencontre Six types de sols :

- Les Lithosols sur cuirasse : sont des sols squelettiques, ils ont une capacité de rétention d'eau quasi nulle sauf au niveau de la diaclase où peuvent pénétrer les eaux de pluie ;

- Les sols bruns eutrophes sur roches basiques ;

- Les sols ferrugineux tropicaux lessivés : ils sont principalement aptes à la production des cultures pluviales notamment le mil, le sésame, l'arachide et le niébé ;

- Les sols hydromorphes peu humifères à pseudogley ;

- Les sols peu évolués d'érosion gravillonnaire ;

- les sols sodiques.

Figure 2 : Pédologie de la région

2.5.3. Climat

La région de Koulsédu Burkina Faso bénéficie d'un climat sub-saharien, marqué par une alternance entre une saison sèche prolongée et une saison pluvieuse plus courte. D'octobre à mai, la sécheresse prédomine avec des températures pouvant atteindre 40°C en mars-avril, tandis que l'harmattan, un vent aride venu du Sahara, soulève des nuages de poussière. À l'opposé, la saison des pluies, qui s'étend de juin à septembre, apporte des précipitations irrégulières oscillant entre 600 et 900 mm par an, influençant directement la réussite des cultures, dépendante de la répartition des eaux(DRAAH-CNR, 2021).

Les variations thermiques sont notables, avec des nuits fraîches avoisinant 17°C en décembre et janvier. L'humidité demeure faible en saison sèche, renforçant la sensation de chaleur accablante. Les vents jouent un rôle déterminant : l'harmattan dessèche l'atmosphère durant les mois arides, tandis que les alizés maritimes tempèrent quelque peu la chaleur durant la période humide. Ce climat façonne profondément les activités économiques et agricoles de la région, conditionnant la productivité des cultures et l'accès aux ressources hydriques.

Figure 3: Précipitation moyenne 2022-2024

2.5.4. Réseau hydrographique

L'hydrographie de la région de Koulséest marquée par une variabilité climatique significative, influençant les ressources en eau. La région a connu des changements notables entre 1961 et 2015, avec une diminution des précipitations et une augmentation des périodes de sécheresse (KABORE et al.,2019). Ces variations climatiques ont un impact direct sur les cours d'eau et les retenues d'eau, affectant ainsi les activités agricoles et la disponibilité de l'eau potable. En outre la région est traversée par le bassin du Mouhoum et du Nakanbé. La région est caractérisée par une grande importance de forages et d'aménagements hydrauliques pour répondre aux besoins croissants en eau, tout en soulignant les défis posés par l'érosion et la dégradation des sols.

Figure 4: Réseau hydrographique

2.5.5. Végétation

Avec une végétation de type soudano sahélien dans la région, la région est caractérisée par trois types de formations végétales. Du Nord au Sud, la steppe arbustive fait progressivement place à une steppe arborée, à la savane arbustive et à la savane arborée. Les ressources forestières dotées d'une composition floristique assez variée couvrent une superficie de plus de 60 000 ha. La région regorge d'une forte diversité biologique, et plus d'une soixantaine d'espèces fournissent des Produits forestiers non ligneux (PFNL). Les PFNL sont les fruits, graines, feuilles, fleurs, tiges, écorces, racines et la sève. On retient en particulier l'Acacia sénégal, Vitellaria paradoxa, le Tamarindus indica, le Bombax costatum, l'Adansonia digitata et l'Acacia macrostatachya. Plus de 95% de la faune abattue dans les Zones villageoises d'intérêt cynégétique (ZOVIC) est aviaire, ce qui amène à dire que la faune sauvage dans la région est essentiellement aviaire. La faune aquatique est peu diversifiée par rapport à la faune terrestre.

2.6. Caractéristique humaine et socio-économique

2.6.1. Démographie

Au plan démographique, la région de Koulsécompte 1 874 669 habitants selon les résultats du cinquième Recensement général de la population et de l'habitation (RGPH), soit 9,1% de la population totale du Burkina Faso (INSD, 2022). C'est la cinquième région la plus peuplée. La population est essentiellement composée de Mossi, de Peulh, de Gourmantché et de Fulsé. Kaya, chef-lieu de la région, avec une population de 121 970 habitants en 2019, soit 2,3 % de la population urbaine du pays est le principal centre urbain de la région. La ville de Kaya est la cinquième (5e) plus grande ville démographique du Burkina Faso.

Figure 5: Densité de la population

2.6.2. Activités socio-économiques

La région de Koulséest un espace où les activités socio-économiques jouent un rôle fondamental dans le quotidien des populations.

L'agriculture est l'activité principale et pratiquée par une majorité de la population. Le mil, le sorgho, le maïs et le niébé sont les cultures dominantes principalement destinés à l'autoconsommation (MAAH, 2022). Cependant, une partie de la production est commercialisée sur les marchés locaux. Les techniques agricoles restent majoritairement traditionnelles, bien que des efforts soient faits pour introduire des pratiques modernes et améliorer les rendements. L'accès limité à l'eau et les défis climatiquescompliquent souvent les activités agricoles.

L'élevage est une activité complémentaire essentielle à l'agriculture. Les habitants élèvent principalement des bovins, ovins, caprins et volailles. Cette activité joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire et constitue une source importante de revenus pour les ménages. Les produits issus de l'élevage, tels que le lait, la viande et les peaux, sont utilisés localement et parfois vendus dans d'autres régions (INSD, 2022).

L'artisanat est une activité économique importante, particulièrement pour les femmes et les jeunes. Les artisans de la région produisent une variété d'articles, notamment des textiles, des poteries, des objets en cuir et des bijoux. Ces produits reflètent le riche patrimoine culturel de la région et sont souvent vendus sur les marchés locaux ou exportés vers d'autres régions du pays. L'artisanat contribue non seulement à l'économie locale, mais aussi à la préservation des traditions culturelles.

Le commerce joue un rôle central dans l'économie de la région, facilitant l'échange de biens et de services. Les marchés hebdomadaires sont des lieux dynamiques où les habitants vendent et achètent des produits agricoles, artisanaux et des biens de consommation. Le commerce permet également de diversifier les sources de revenus des ménages et de renforcer les liens économiques avec d'autres régions du Burkina Faso (ANABEL, 2023).

CHAPITRE III : METHODOLOGIE

3.1. Méthode et approches pour mesurer l'insécurité alimentaire

3.1.1. Approche générale

Ce travail s'inscrit dans une démarche pluridisciplinaire mobilisant à la fois des outils d'analyse climatique, des méthodes d'observation spatiale et des techniques d'évaluation agro-statistique. L'objectif est de comprendre les interactions entre les dynamiques climatiques, les transformations de l'occupation du sol liées à la crise sécuritaire, et les performances agricoles dans la région de Koulsé. L'approche méthodologique repose ainsi sur l'intégration de données climatiques, géospatiales et socio-économiques, analysées à l'aide d'outils de géomatique et de traitement statistique.

3.1.2. Integrated Phase Classification (IPC) de la FAO

Avec les différentes méthodes et approches existant tant au niveau global que local, les acteurs ont compris qu'il faut mettre en place un système permettant d'uniformiser les stratégies de réponse aux crises (Kinet, 2019). L'IPC a été élaboré par la FAO en 2004. Cet outil de description de la sévérité de l'insécurité alimentaire classifie les zones étudiées en cinq phases : minimale, sous-pression, crise, urgence, famine. Cette classification est réalisée pour la situation en cours et pour la saison à venir sou forme de projection (FAO, 2012).

3.1.3. Indice de Faim Global

Cet indice développé par l'institut international de la recherche sur les politiques alimentaires cible le niveau macro (pays, régions). Il analyse la faim à la lumière de trois indicateurs : l'indicateur de la FAO, l'indicateur de l'OMS qui évalue la proportion d'enfants de moins de cinq ans en insuffisance pondérale et l'indicateur de l'UNICEF sur la mortalité des enfants de moins de cinq ans (Napoli et al., 2011).

3.1.4. Indice de la faim développé par Action Aid

Cet indice est développé par l'ONG Action Aid. Il mesure les résultats de la faim, mais aussi les engagements d'un pays à éradiquer la faim en termes de droit légal à l'alimentation, ainsi que les investissements de ce pays dans l'agriculture et la protection sociale. C'est un indice publié en 2009 qui travaille à l'échelle des ménages. Les différentes parties de chaque composante de l'indice sont pondérées différemment et les réalisations d'un pays sont évaluées par rapport à ce que le pays est capable de réaliser. Cet indice peut être appliqué à n'importe quel pays, il est très bien noté en tant qu'instrument de plaidoyer et a une portée mondiale, ce qui le rend utile pour le ciblage par pays ou par région (Napoli et al., 2011).

3.1.5. Approche nationale de la sécurité alimentaire au Burkina Faso

Depuis les années 90, les auteurs et les praticiens préoccupés par la vulnérabilité liée à la sécurité alimentaire et nutritionnelle se sont engagés dans une longue tentative de définir la vulnérabilité et de développer des méthodes pour la mesurer (Dilley et Boudreau, 2001). Les indicateurs pour la mesure de l'insécurité alimentaire existent pour différentes échelles. Ces indicateurs vont du niveau mondial, national, local et jusqu'au niveau des ménages ou des individus.

Le PNSAN à permit de comprendre la situation et d'identifier les zones à risque et planifier les interventions efficaces. Grâce à des outils tels que le Système d'Alerte Précoce, l'Enquête Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, le Cadre Harmonisé, le Système de Suivi de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, et les analyses régionales spécifiques. Il dispose d'un cadre robuste pour lutter contre l'insécurité alimentaire. Dans les lignes suivantes, nous allons présenter différentes méthodes et indices utilisés dans le suivi de la sécurité alimentaire dans le monde.

3.2. Indices dérivés de satellites couramment utilisés pour le suivi agricole

Les indices de végétation permettent de surveiller les fluctuations saisonnières, interannuelles et à long terme des paramètres structurels, phénologiques et biophysiques de la végétation. Les indices de végétation les plus couramment utilisés pour le suivi de la végétation à l'échelle mondiale et locale sont l'Indice de Végétation par Différence Normalisé (NDVI) et l'Indice de Végétation Amélioré (EVI).Landsat 8 et 9 offrent une résolution spatiale de 30 m, ce qui les rend particulièrement adaptés à cette études détaillées et localisées sur les détections de variations subtiles, notamment dans les zones sombres comme les forêts denses ou les plans d'eau. Grâce à leurs capteurs avancés, OLI (Operational Land Imager) et TIRS (Thermal Infrared Sensor), ces satellites permettent de produire des indices comme le NDVI (Normalized Difference Vegetation Index), fournissant des données précises sur l'état et l'évolution de la végétation. Avec une résolution temporelle de 16 jours, Landsat 8 et 9 assurent un suivi régulier et cohérent des changements de végétation à travers le temps.La comparaison entre les valeurs de référence et une valeur ponctuelle est appelée anomalie. Cette valeur montre les changements dans la production agricole. Les images de l'anomalie sont utiles pour mesurer la sécheresse par rapport à l'état normal (SVS, 2021). Un changement positif est qualifiée d'anomalie positive dans le cas contraire il s'agit d'une anomalie négative. Dans ce cas précis, l'anomalie négative peut servir d'alerte précoce. Les indices seront présentés en deux groupes : ceux qui sont en rapport avec l'état des cultures et ceux qui sont liés au niveau des précipitations ou de la sécheresse.

3.3. Matériels et données

3.3.1. Matériel

Dans le cadre de cette étude, plusieurs types de matériels sont mobilisés pour la collecte et l'analyse des données. Tout d'abord, un ordinateur portable PH équipé de logiciels spécialisés tels que ArcGIS 10.8 et ENVI 5.3, utilisés pour l'analyse spatiale, le traitement cartographique et le traitement des images satellites. Excel est employé pour le traitement des données quantitatives et qualitatives, tandis que Google Earth Engine permet le traitement en cloud des séries temporelles d'images. Enfin, des supports documentaires physiques et numériques, tels que des mémoires, des articles, des rapports et des thèses, sont consultés à la bibliothèque d'AFRIGIS ainsi que sur Internet (Google Scholar, PAM, FAO).

3.3.2. Données

Ø Données climatiques

Les données de température et de précipitations annuelles couvrant la période 2015-2024 ont été collectées auprès de DRAAH-CN. Ces données, sous forme de séries temporelles, ont permis d'analyser la variabilité interannuelle du climat dans la région.

Ø Données géospatiales

Les données spatiales utilisées comprennent :

- Des images satellites Landsat 8/9 de résolution 30 m pour les années 2015, 2020 et 2025, permettant la cartographie de l'occupation du sol.

- Des couches vectorielles représentant les limites administratives, les infrastructures, les réseaux hydrographiques et les zones agricoles issue de IGB.

- Des données sur la densité des PDI, issues des bases de données du CONASUR.

Ø Données agricoles

Les statistiques agricoles (superficies emblavées, volumes produits, types de cultures) ont été obtenues auprès de la DRAAH-CN. Ces données sontcroisées avec les caractéristiques pédologiques pour évaluer les performances agricoles par province.

3.4. Traitement des données

Ø Analyse climatique

Les données climatiques sont traitées à l'aide de tableaux et de logiciels statistiques. On calcule les moyennes annuelles, les écarts à la moyenne décennale ainsi que les tendances afin d'identifier les années marquées par une contrainte thermique ou hydrique. Des graphiques temporels sont produits pour visualiser les fluctuations, et des interpolations spatiales, notamment par la méthode IDW, permettent de cartographier les anomalies climatiques.

Ø Analyse spatio-temporelle de l'occupation du sol et de l'insécurité

Les images satellites sont prétraitées (corrections atmosphériques, découpage), puis classées à l'aide de la méthode supervisée Maximum Likelihood dans le logiciel ENVI. Trois dates clés (2015, 2020, 2025) sont retenues pour analyser l'évolution de l'occupation du sol. Les changements sont quantifiés par le calcul des surfaces par classe et des taux de conversion. La densité des PDI est cartographiée à l'aide de la méthode de densité par noyau (Kernel Density Estimation), et les flux migratoires sont représentés par des cartes de flux directionnels. Ces analyses permettent de croiser les dynamiques sécuritaires avec les transformations spatiales.

Ø Analyse des zones agricoles et des rendements

Les cartes pédologiques sont croisées avec les cartes d'occupation du sol afin d'identifier les zones de production agricole en fonction des types de sols. Les rendements agricoles sont calculés à partir des données de production et des superficies emblavées, puis cartographiés par province. Une analyse comparative est menée pour évaluer l'influence des types de sols et des conditions climatiques sur les performances agricoles.

Ø Trajectoire migratoire

Le flux de déplacement des PDI dans la région du Centre-Nord du Burkina Faso a été réalisée à partir des données fournies par le CONASUR. Ces données ont été traitées dansArcGIS 10.8. Les flux migratoires ont été modélisés sous forme de flèches directionnelles reliant les communes de départ et d'arrivée, avec une épaisseur proportionnelle au nombre de PDI recensés. Trois classes de flux ont été définies pour faciliter la lecture : 26-958, 959-2556 et 2557-7546 personnes. Les limites administratives ont été intégrées pour contextualiser les mouvements, et les symboles cartographiques ont permis de distinguer les points de départ (rouges) et d'arrivée (noirs). Cette carte offre une représentation synthétique des dynamiques migratoires internes à un instant donné, tout en reconnaissant les limites liées à l'évolution rapide des déplacements et à la disponibilité inégale des données dans certaines zones

Ø Calcul d'indice de la sécurité alimentaire

L'évaluation de la sécurité alimentaire repose sur une approche méthodologique rigoureuse combinant des données quantitatives, qualitatives et spatiales. La collecte des données s'appuie sur des enquêtes de terrain menées auprès d'un échantillonnage représentatif de ménages, sélectionné selon un échantillonnage stratifié tenant compte des disparités géographiques et socio-économiques. Le principal indicateur utilisé est le Score de Consommation Alimentaire (SCA), calculé selon la méthodologie de la FAO :

· fje représente la fréquence de consommation (nombre de jours sur 7) du groupe alimentaire,

· ùje est le poids nutritionnel attribué à ce groupe selon sa valeur nutritive (par exemple, 4 pour les protéines animales, 3 pour les légumineuses, 2 pour les céréales, etc.),

· n est le nombre total de groupes alimentaires.

Les scores obtenus sont ensuite classés selon les seuils standards :

· SCA <21 consummation pauvre

· 21 = SCA < 35: consommation limite : consommation limitée

· SCA = 35: consommation acceptable : consommation acceptable

L'Indicateur de Sécurité Alimentaire (ISA) a été construit en agrégeant quatre dimensions fondamentales : la disponibilité, l'accessibilité, l'utilisation et la stabilité. Chaque pilier a été évalué à l'aide d'indicateurs spécifiques : rendement agricole, prix des denrées, diversité alimentaire, accès à l'eau potable, variabilité des prix, etc. Un score pondéré a été attribué à chaque dimension.

· DD = score de disponible

· AA = score accessible

· UU = score utile

· SS = score de stable

· á,â,ã,ä sont les coefficients de pondération (égaux ou ajustés selon l'importance relative des dimensions dans le contexte local).

Tableau 1 : Description des données

Types de données

Format

Source

Traitement

Utilisé

Démographiques

XLSX

INSD

Excel, ArcGis

Carte de la densité population

Administrative, Pédologie

SHP

IGB, BUNASOL

ArcGis

Cartographie de la zone d'étude et la pédologie

Images satellitaires Landsat OLI

TIFF

USGS

ENVI

Carte d'occupation du sol ;

Identification des zones propices pour l'agriculture.

Production agricole

XLSX

DRAAH-CN

Excel, ArcGis

Cartographie de la production agricole ; tableau et diagramme agricole

Climatiques

XLSX

DRAAH-CN

Excel, ArcGis

Cartographie des zones climatique ; diagramme

Personnes déplacées internes (PDI)

XLSX

CONASUR

Excel, ArcGis

Carte de flux des déplacements de population

Score alimentaire

XLSX

MAAH

Excel, ArcGis

Carte d'indice de score alimentaire

3.5. Base de données de la sécurité alimentaire

Ø Conceptualisation de la base de données

La structuration d'un système d'information repose avant tout sur la conceptualisation d'une base de données adaptée. Dans le contexte de cette étude portant sur la sécurité alimentaire, cette étape consiste à modéliser de manière abstraite et logique les objets du monde réel sous forme d'entités, d'attributs et de relations, déterminant des contraintes techniques spécifiques. La démarche suit une séquence rigoureuse :

· Analyse des besoins en données en fonction des objectifs de l'étude

· Identification des entités pertinentes telles que les communes, les ménages et les produits agricoles

· Définition des attributs caractéristiques de l'entité de chaque entité, comme la surface cultivée, la densité des PDI et le score alimentaire

· Détermination des relations qui lie ces entités entre elles

· Spécification des cardinalités pour chaque relation

Ces étapes permettent d'établir un schéma conceptuel, illustré par un diagramme entité-association. Ce schéma joue un rôle central dans la modélisation et la mise en oeuvre de la base, que ce soit dans unSIG ou un système de gestion de base de données (SGBD).

Ø Base de données relationnelles

Le modèle relationnel est utilisé pour structurer les bases de données dans les études territoriales. Il repose sur l'organisation des données en relations (tables), chacune constituée de tuples (lignes) et d'attributs (colonnes). Chaque relation représente une entité et les clés primaires assurent l'unicité des enregistrements, tandis que les clés étrangères permettent la liaison entre les relations. Cette structuration garantit l'intégrité des données, facilite les mises à jour et permet une interrogation efficace à travers le langage SQL.Dans le contexte de l'analyse de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé, la base relationnelle permet d'intégrer de façon cohérente les données climatiques, démographiques, agricoles et nutritionnelles. Les informations sur les communes peuvent être liées aux scores de consommation alimentaire, aux données de production agricole et aux flux des PDI à travers des jointures, facilitant ainsi la production de cartographies thématiques et d'indicateurs agrégés.

Ø Élaboration des entités et attributs

L'élaboration des entités et de leurs attributs consiste à identifier les objets fondamentaux de l'étude, ainsi que leurs caractéristiques descriptives. Dans le cadre de cette recherche, les entités retenues incluent les communes, les ménages, les produits agricoles, les indices climatiques et les PDI. Chaque entité comporte des attributs spécifiques : la commune possède un identifiant, une superficie, un taux d'insécurité alimentaire et une densité des PDI ; le ménage présente un score alimentaire, un revenu mensuel et une distance aux marchés ; le produit agricole est décrit par son type, sa superficie emblavée et son rendement. Cette structuration facilite la cohérence des analyses statistiques et spatiales.

Ø Modélisation conceptuelle

La modélisation conceptuelle consiste à représenter graphiquement les entités, leurs attributs et les relations qui les unissent à l'aide du modèle Entité-Association. Le schéma ci-dessous traduit cette logique relationnelle :

· L'entité Commune est en relation un-à-plusieurs avec l'entité Ménage, chaque commune pouvant regrouper plusieurs ménages.

· L'entité Ménage possède un lien vers l'entité Score Alimentaire, indiquant le niveau de sécurité nutritionnelle.

· Une commune est également liée à plusieurs Produits Agricoles, eux-mêmes associés à des Rendements variables selon les types de sols et les conditions climatiques.

· L'entité PDI est associée à la commune, indiquant la densité et les flux de déplacements internes.

Ce schéma conceptuel permet une structuration efficace des données et une intégration optimale dans les outils géospatiaux comme ArcGIS ou Google Earth Engine, facilitant ainsi l'analyse croisée entre dimensions spatiales et sociales.

PRODUIT_ID

COMMUNE_ID

TYPE_PRODUIT

SUPERFICIE_EMBLAVE

RENDEMENT

PRODUIT_AGRICOLE

COMMUNE_ID

NOM_COMMUNE

SUPERFICIE

TAUX_INSECURITE

DENSITE_PDI

COMMUNE

Production

Habitat

Rendement

INDICE_CLIMAT

MENAGE

INDICE_ID

COMMUNE_ID

TYPE_INDICE

VALEUR_INDICE

MENAGE_ID

COMMUNE_ID

SCORE_ALIMT_ID

REVENU_MENSUEL

DISTANCE_MARCHE

Climat

Déplacement

ISA

SCORE_ALIMT_ID

VALEUR_SCORE

SCORE_ALIMENTAIRE

PDI

PDI_ID

COMMUNE_ID

DENSITE

FLUX_DEPLACEMENT

Crise alimentaire

Figure 6: Diagramme conceptuel de la base de données

3.5. Données PDI, Score alimentaire, Démographique

Diagramme

BASE DE DONNEES

Prétraitement, Extraction de la zone d'étude

Classification supervisée ; Post classification

Couches pédologique

Projection ; superposition

Extraction pédologique

Extraction de la zone d'étude

Traitement statistique

Traitement statistique

Image Landsat OLI-TIR 2015, 2020 et 2025

Données pédologiques

Limites administratives

Données climatiques, Production agricole

Diagrammes température, précipitation et agricole

Répartition des PDI ; Calcul de Score Alimentaire

Carte d'indice de score alimentaire

Zones agricoles

Flux de déplacement des PDI

Zones climatiques

Occupation du sol 2015, 2020 et 2025

Densitépopulation et PDI

Zone d'étude

Figure 7: Diagramme méthodologique

CHAPITRE IV : RESULTATS

I. Identification des communes à risque d'insécurité alimentaire dans la région de Koulsé

1. Analyse spatio-temporelle de l'occupation des sols dans la région de Koulsé

a. Situation d'occupation territoriale en 2015 avant la crise sécuritaire

En 2015, la région de Koulséprésentait une configuration agroécologique équilibrée, marquée par une cohabitation fonctionnelle entre terres cultivées, pâturages, formations végétales et zones humides. Cette stabilité spatiale favorisait une gestion harmonieuse des ressources naturelles, soutenue par la mobilité pastorale, l'accessibilité aux marchés et la résilience des systèmes de production vivriers. La figure ci-dessous est l'occupation du sol en 2015.

Figure 8 : Occupation du sol en 2015

L'analyse de l'occupation du sol en 2015 révèle une prédominance marquée du sol nu, avec une superficie de 1711,66 km², représentative de la majeure partie du territoire étudié. Cette dominance suggère une forte pression anthropique et des conditions naturelles défavorables à la couverture végétale. Les zones bâties couvrent 161,52 km², ce qui indique une urbanisation modérée,concentrée autour des pôles économiques ou des axes de communication. La végétation naturelle, avec 158,81 km² témoignent d'une présence encore significative d'écosystèmes préservés, bien que, témoigne d'une présence encore significative d'écosystèmes préservés, bien que fragmentés.

Les terres agricoles occupent 150,91 km², ce qui traduit une activité agro-pastorale relativement développée mais limitée par rapport à l'étendue du sol nu. Cette situation reflète des contraintes pédoclimatiques et une faible mécanisation agricole. La faible superficie des plans d'eau 3,44 km² indique une rareté des ressources hydriques de surface, ce qui pourrait avoir des implications sur l'irrigation, la biodiversité aquatique et la résilience climatique de la région.

La proportion relativement élevée de zones bâties par rapport aux terres agricoles et à la végétation naturelle peut être interprétée comme un signe d'urbanisation croissante, susceptible d'entraîner une artificialisation des sols et une fragmentation écologique. Cette dynamique pourrait accentuer les risques environnementaux tels que l'érosion, la perte de biodiversité et les îlots de chaleur urbains. Par ailleurs, la faible couverture végétale et la prédominance du sol nu présentent des défis en matière de gestion durable des ressources naturelles et de lutte contre la désertification.

Figure 9 : Statistique d'occupation du sol en 2015

b. Premiers impacts de la crise sécuritaire sur l'usage du sol en 2020

L'année 2020 marque un tournant critique dans la configuration spatiale de Koulsé, révélant les premiers effets tangibles de la crise sécuritaire sur l'usage du sol. Face à la montée de l'insécurité, les mouvements massifs de populations ont entraîné une réorganisation forcée des territoires : abandon de zones agricoles jadis productives, extension désordonnée des terres cultivées dans les zones refuges, et dégradation rapide des écosystèmes. La figure ci-dessous est la représentation d'occupation des sols en 2020.

Figure 10 : Occupation des sols en 2020

L'analyse spatio-temporelle de l'occupation du sol en 2020 révèle une structuration territoriale marquée par une prédominance de certaines catégories d'occupation. Les résultats mettent en évidence les interactions entre les dynamiques naturelles et anthropiques. Cette approche est essentielle pour comprendre les enjeux liés à la gestion durable des ressources et à l'aménagement du territoire. Les sols nus ont une dominance dans la région avec une superficie de 1 645,09 km². Cette prédominance se traduit une forte pression anthropique, une dégradation des couvertures végétales et des conditions climatiques défavorables. La végétation occupe 182,35 km², ce qui indique une présence relativement faible de zones naturelles ou forestières, tandis que la zone agricole couvre 168,03 km², soulignant une activité agricole modérée. Le bâti s'étend sur 174,52 km², ce qui témoigne d'une urbanisation en croissance, et enfin, les zones d'eau ne représentent que 15,44 km², suggérant une faible disponibilité ou accessibilité des ressources hydriques.

La forte proportion de sol nu peut être interprétée comme un indicateur de vulnérabilité écologique, notamment en lien avec l'érosion, la désertification et l'abandon des terres agricoles. La faible couverture végétale et la modeste superficie agricole traduisent une pression sur les écosystèmes et une possible réduction de la biodiversité. L'expansion du bâti, bien que limitée, pourrait être le reflet d'une urbanisation diffuse et d'un développement périurbain. Quant à la faible présence des plans d'eau, elle soulève des questions sur la gestion des ressources hydriques et leur rôle dans la résilience territoriale.

Figure 11 : Statistique d'occupation du sol en 2020

c. Reconfiguration spatiale sous pression humanitaire et écologique en 2025

En 2025, la région de Koulsé se trouve confrontée à une transformation spatiale profonde, conséquence directe de la persistance de la crise sécuritaire et de ses répercussions humanitaires. Les déplacements massifs de populations vers des zones perçues comme sûres provoquent une concentration extrême des activités humaines, engendrant une anthropisation accélérée du territoire. La figure ci-dessous est la représentation d'occupation sol en 2025.

Figure 12 : Occupation sol en 2025

L'analyse cartographique couplée aux données statistiques permet d'identifier les tendances majeures d'utilisation du territoire, de quantifier les superficies affectées à chaque catégorie d'occupation, et d'évaluer les implications pour la planification territoriale. Cette approche est essentielle pour anticiper les besoins futurs en matière de gestion des ressources et d'aménagement durable.Les données statistiques révèlent une nette prédominance du sol nu, qui couvre 1 151,45 km², soit la plus grande partie du territoire régional. Cette situation peut refléter une intensification des processus de dégradation des terres ou une faible valorisation des espaces naturels. La végétation occupe 182,37 km², ce qui indique une relative occupe 182,37 km², ce qui indique une relative stabilité par rapport à 2020, tandis que la zone agricole régresse à 146,13 km², suggérant une diminution des activités agricoles ou une reconversion des terres. Le bâti s'étend sur s'étend sur 691,12 km², marquant une forte croissance de l'urbanisation. Enfin, les zones d'eau restent marginales avec 16,03 km², confirmant une faible présence des ressources hydrique reste marginales avec 16,03 km², confirmant une faible présence des ressources hydriques.

La forte expansion du bâti entre 2020 et 2025 traduit une urbanisation accélérée, probablement liée à la croissance démographique et à l'extension des infrastructures. Cette dynamique peut engendrer une pression croissante sur les terres agricoles et les écosystèmes naturels. La réduction des superficies agricoles et la persistance du sol nu présentent des enjeux majeurs en termes de sécurité alimentaire, de gestion des terres et de lutte contre la désertification. La stabilité relative de la végétation pourrait résulter d'efforts de conservation ou d'une résilience écologique locale. La faible variation des zones d'eau suggère une stagnation dans la gestion ou le développement des ressources hydriques.

Figure 13 : Statistique d'occupation du sol en 2025

2. Evolution d'occupation du sol de la région de Koulsé

a. Détection de changement entre 2015-2020

Figure 14: Détection de changement entre 2015-2020

Les résultats cartographiques et statistiques révèlent une dynamique spatiale significative entre 2015 et 2020. La superficie totale affectée par des changements est répartie comme suit : 813,14 km² ont connu une augmentation, 1221,17 km² une régression, tandis que 102,73 km² sont restés stables. Ces chiffres traduisent une forte instabilité du territoire, avec une prédominance des zones en régression, représentant environ 55 % des changements détectés. Cette tendance peut être liée à des facteurs anthropiques tels que l'urbanisation non planifiée, la déforestation et l'exploitation agricole intensive.La régression observée pourrait indiquer une dégradation des écosystèmes ou une perte de couverture végétale, ce qui soulève des préoccupations environnementales majeures. L'augmentation, bien que significative (environ 36 % des changements), pourrait correspondre aux zones de reboisement, d'expansion urbaine ou de développement agricole. La faible superficie stable (seulement 4,6 % du total) témoigne d'une forte pression sur le territoire, suggérant que les processus de transformation sont en cours et vraisemblablement accélérés.

Figure 15: Statistique de détection de changement

b. Détection de changement entre 2020-2025

Figure 16 : Détection de changement entre 2020 - 2025

Les résultats révèlent une dynamique territoriale significative entre 2020 et 2025. La superficie stable, estimée à 1159,12 km², indique une portion du territoire qui n'a subi aucun changement notable au cours de cette période. Cela peut correspondre à des zones protégées, des espaces naturels peu exploités ou des zones urbaines consolidées. Cette stabilité est essentielle pour comprendre les zones résilientes face aux pressions anthropiques ou environnementales.L'augmentation de superficie, qui atteint 11 223,03 km² suggère une expansion naturelles marquée par certaines catégories d'occupation du sol. Ce changement est attribué à l'urbanisation, à l'extension des terres agricoles et au reboisement dans certaines zones. Cette croissance spatiale peut refléter des politiques d'aménagement du territoire, une pression démographique ou des initiatives de développement durable. Elle mérite une attention particulière pour évaluer ses impacts sur les écosystèmes et les ressources naturelles.

Figure 17: Statistique de détection de changement entre 2020-2025

3. Évolution de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020 et 2025

a. Situation de la densité des PDI en 2020

En 2020, la région de Koulsé connaît une première vague massive d'installation des PDI, conséquence directe de l'intensification des violences dans les zones rurales. Cette dynamique se traduit par une concentration hétérogène des PDI autour de certaines communes perçues comme relativement sûres, telles que Kaya, Barsalogho ou Pensa, où les densités dépassent largement la moyenne régionale. Cette pression soudaine sur les territoires d'accueil déséquilibre l'accès aux ressources agricoles, accroît la compétition foncière, et fragilise les capacités d'adaptation des populations hôtes comme déplacées. La figure ci-dessous représente la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020.

Figure 18 : Densité des PDI en 2020

En 2020, la densité moyenne des PDI dans la région s'élevait à 239 PDI/km², avec des pics très marqués dans certaines communes : Kaya 2 655 PDI/km², Barsalogho 1 146 PDI/km² et de Pensa 1 097 PDI/km². Ces valeurs traduisent une concentration exceptionnelle de déplacés dans des espaces souvent déjà fragiles sur le plan économique, social et écologique. En comparaison, d'autres communes comme Bouroum 218 PDI/km² ou Dablo 182 PDI/km² montrent une densité bien inférieure, révélant des inégalités dans la pression exercée sur les ressources locales.

Cette répartition hétérogène influe directement sur la sécurité alimentaire régionale. Dans les communes fortement peuplées, la pression foncière est telle que les espaces cultivables sont surexploités, entraînant une baisse de la fertilité des sols. Les ménages hôtes et PDI se retrouvent en compétition pour l'accès aux ressources agricoles, à l'eau et aux marchés, provoquant une rupture des équilibres traditionnels de production. Par ailleurs, la forte dépendance des PDI à l'aide humanitaire limite leur autonomie et fragilise les systèmes alimentaires locaux. La figure ci-dessous est la représentation statistique de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020.

Figure 19 : statistique de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020

b. Densité des PDI de la région deKoulsé en 2025

La densité des PDI dans la région deKoulséatteint un niveau critique, conséquence d'un afflux continu vers des zones jugées relativement sécurisées. Cette concentration extrême, notamment dans plusieurs communes perturbe profondément l'organisation spatiale et aggrave les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques. La surpopulation des zones d'accueil entraîne une saturation rapide des infrastructures, une compétition accrue pour les ressources naturelles, et intensifie les tensions entre communautés hôtes et déplacées.Lafigureci-dessous est la représentation de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2025.

Figure 20 : Densité des PDI en 2025

La densité des personnes déplacées internes dans la région de Koulséen 2025, illustrée par la carte de la densité des PDI en 2025, montre une concentration marquée dans certaines localités stratégiques. Cette évolution reflète un déplacement massif vers des zones perçues comme plus sûres, notamment dans les communes du Sandbondtenga et du Namentenga, où les PDI représentent désormais plus de 30 % de la population locale dans certaines communes. Cette densité élevée traduit une pression humanitaire importante et un bouleversement socio-spatial des territoires.Ce flux migratoire impacte directement la production agricole. Dans les zones de départ, les activités agricoles sont souvent interrompues : les champs sont abandonnés, les cycles de culture sont rompus, et la production céréalière chute en conséquence. À l'inverse, dans les zones d'accueil, l'installation soudaine des PDI engendre une surexploitation des terres et une compétition accrue pour l'accès aux ressources agricoles. Les conflits fonciers se multiplient entre les populations hôtes et déplacées, réduisant la productivité agricole et compromettant les efforts d'autosuffisance alimentaire. Ces perturbations ont des répercussions alarmantes sur la sécurité alimentaire. Les données révèlent une augmentation de l'insécurité alimentaire modérée à sévère dans les localités à forte densité de PDI, avec un accès réduit aux denrées de base et une hausse des prix des produits agricoles. Les réserves alimentaires s'amenuisent plus rapidement, accentuant la vulnérabilité des ménages, en particulier parmi les groupes déplacés. Cette situation souligne l'urgence d'une réponse conjointe : humanitaire, agricole et sécuritaire, pour restaurer la stabilité alimentaire dans le Koulsé. La figure ci-dessous est la représentation statistique de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020

Figure 21 : Statistique de la densité des PDI en 2025

La forte densité des PDI en 2025 dans la région de Koulséprovoque une pression extrême sur les ressources, les infrastructures et les équilibres socio-économiques locaux. Cette concentration perturbe l'organisation spatiale, aggrave les tensions communautaires et compromet la sécurité alimentaire. Les zones de départ voient leur production agricole s'effondrer, tandis que les zones d'accueil subissent une surexploitation des terres. L'insécurité alimentaire s'intensifie, touchant particulièrement les ménages déplacés.

4. Trajectoires migratoires des PDI dans la région de Koulsé en 2025

En 2025, les trajectoires migratoires des PDI dans la région de Koulsé traduisent une recomposition spatiale majeure, marquée par des flux asymétriques depuis les zones rurales les plus exposées vers des pôles perçus comme sécurisés. Ces mouvements ne répondent pas à une logique aléatoire, mais s'inscrivent dans des itinéraires contraints par la violence, l'accessibilité des infrastructures et la perception locale du risque. Les déplacements massifs, souvent dirigés vers les chefs-lieux provinciaux ou communaux. La figure ci-dessous est la représentation des flux de déplacement des PDI de la région de Koulsé.

Figure 22: flux de déplacement des PDI en 2025

L'analyse de la carte des flux de déplacement des PDI dans la région de Koulsérévèle une dynamique migratoire intense et asymétrique en 2025. Les mouvements sont principalement orientés depuis des zones rurales touchées par l'insécurité armée vers des centres plus sécurisés. Ces flux traduisent une perte progressive de contrôle territorial par l'État dans certaines communes rurales, forçant les populations à abandonner terres, biens et activités agricoles. Cette reconfiguration spatiale de la population a des implications majeures sur les équilibres socioéconomiques locaux.

Dans les zones de départ, l'exode massif des populations provoque une forte baisse de la main-d'oeuvre agricole, ce qui compromet la mise en valeur des terres et entraîne un recul notable de la production vivrière. Les exploitations sont souvent abandonnées ou pillées, entraînant une déstructuration du tissu agraire. Ce déficit de production locale exacerbe la vulnérabilité alimentaire des populations résiduelles, qui se retrouvent à la fois privées de moyens d'existence et exposées aux risques sécuritaires accrus en raison de l'absence de services publics.

À l'inverse, les zones d'accueil enregistrent une pression démographique rapide et imprévue, mettant à rude épreuve les ressources naturelles disponibles, notamment l'eau et les terres cultivables. L'arrivée massive de PDI intensifie la compétition pour l'accès aux ressources agricoles, ce qui peut engendrer des tensions sociales entre communautés hôtes et déplacées. Les infrastructures sociales (centres de santé, marchés, écoles) sont souvent sous-dimensionnées pour répondre aux nouveaux besoins, accentuant les défis liés à la sécurité alimentaire.

En somme, ces flux de déplacement modifient profondément l'organisation spatiale et économique de la région de Koulsé. Le déséquilibre induit entre zones de départ et d'arrivée engendre une double vulnérabilité. D'une part, la désintégration des systèmes agricoles dans les zones d'origine et d'autre part, la saturation des capacités de résilience dans les zones d'accueil. Cela souligne la nécessité d'une réponse humanitaire articulée avec des politiques de relèvement agricole et de cohésion sociale durable.

II. Analyse de la production, des facteurs économiques et des données climatiques

1. Répartition géographique des zones de production agricole dans la région Koulsé

La productivité agricole dans la région de Koulsérepose en grande partie sur la nature et la répartition spatiale des sols. Chaque type de sol détermine l'aptitude d'un territoire à accueillir des cultures céréalières spécifique. La figure ci-dessous représente les zones de production de la région de Koulsé.

Figure 23 :Répartition de la production agricole

L'analyse géospatiale menée dans la régionmet en lumière une répartition différenciée des zones agricoles. Cette répartition est relative à la qualité du solet l'appuis des agents de la direction agricole. Ces cultures sont des moyens stratégiques pour la sécurité alimentaire locale. La carte révèle une dominance significative des zones de production des légumineuses (arachide, niébé, vouazou). Suivi de la production des céréales rustiques (mil et sorgho), bien adaptées aux climats semi-arides et aux sols légers, constituent une base alimentaire essentielle pour les populations rurales. Leur répartition coïncide souvent avec des zones à précipitations modestes, témoignant d'un usage raisonné des terres marginales aux rendements limités mais stables.Enfin, la production du riz bien qu'inferieur aux autres productions exigent des espaces de bas-fond et riche en nutriment.

2. Performance de la production agricole dans la région de Koulsé

Les performances agricoles dans la région de Koulsé varient fortement d'une province à l'autre, en fonction de facteurs agroécologiques, climatiques et socio-spatiaux. Cette hétérogénéité des rendements reflétée par des écarts marqués en superficie emblavée, en volumes produits et en types de cultures dominantes révèle des dynamiques agricoles profondément ancrées dans les réalités locales. La figure ci-dessous est met en évidence les rendements agricoles de Koulsé.

Figure 24 : Rendements agricoles

L'analyse des rendements agricole et de superficies cultivées dans la région de Koulsépour la campagne agricole de 2023-2024 révèle une distribution spatiale contrastée des productions céréalières. Les provinces de Sandbondtenga, Bam et Namentenga présentent chacune des dynamiques agricoles spécifiques, directement liées à la nature des sols, aux conditions climatiques.La province de Sandbondtenga se démarque nettement par ses performances agricoles, en termes de superficie emblavée qui est de 124000 ha que de volumes produits, notamment en maïs qui est de 14684 tonnes, 11827 tonnes pour le riz et 67886 tonnes pour le sorgho. Ces rendements élevés s'expliquent par la présence de sols limono-argileux profonds et argileux-limoneux, bien identifiés sur la carte, offrant une bonne rétention d'eau et une fertilité élevée. Sandbondtenga apparaît ainsi comme un pôle de production intensifiée qui dépasse la simple subsistance et contribue significativement à l'approvisionnement régional en céréales.

La province de Bam, bien que dotée d'une superficie emblavée importante de 67000 ha, enregistre des productions agricoles de 2270 tonnes de mil, 2047 tonnes de maïs, 1702 tonnes de riz et de 32489 tonnes de sorgho. Cette faible productivité s'explique par une prédominance des sols sablo-limoneux, peu profonds et faiblement fertilisants, principalement adaptés au mil et au sorgho. Ce constat souligne la prévalence d'une agriculture extensive et vulnérable, tributaire de conditions climatiques incertaines et de pratiques culturales peu intensives.La province de Namentenga présente une situation intermédiaire, avec 51822 ha emblavés, et des résultats relativement équilibrés soit 6045 tonnes de mil, 5024 tonnes de maïs, 3 437 tonnes de riz et 36056 tonnes de sorgho.

Figure 25 : Statistique de la production agricole

3. Facteur socioéconomique de la sécurité alimentaire dans la région du Koulsé

a. Indicateur social et économique d'accès à la nourriture

Les facteurs socioéconomiques constituent une approche pour cerner les causes structurelles de l'insécurité alimentaire dans les milieux ruraux. Dans la région, les indicateurs révèlent une vulnérabilité marquée des ménages face à l'accès à une alimentation suffisante et équilibrée.

Figure 26 : Statistique des indicateurs d'accès à la nourriture

Les ménages de Koulsé disposent d'un revenu mensuel moyen d'environ 28 000 FCFA, un niveau insuffisant pour répondre à leurs besoins alimentaires de manière adéquate. Cette situation est accentuée par un taux de chômage élevé estimé à 38 %, traduisant une précarité généralisée de l'emploi et un accès limité à des sources de revenus stables. Les coûts élevés des denrées de base, notamment le mil (325 FCFA/kg) et le maïs (300 FCFA/kg), restreignent davantage la capacité des populations à subvenir à leurs besoins alimentaires. En parallèle, une inflation alimentaireannuelle de 12,5 % fragilise davantage le pouvoir d'achat des ménages, surtout en période de soudure.

De plus, près de la moitié des localités (52?%) se trouvent à plus de 5 km d'un marché, ce qui limite non seulement l'accès physique aux produits alimentaires mais engendre également des coûts supplémentaires liés au transport. Cette contrainte logistique contribue à l'aggravation de l'insécurité alimentaire dans les zones les plus isolées.

b. Importation des produits alimentaire

La région dépend largement des importations pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels. L'étude des volumes et origines des produits importés permet d'évaluer le niveau de dépendance extérieure et ses implications sur la sécurité alimentaire locale.

Tableau 2 : Importation des produits alimentaire

Produit

Provenance

Port d'entré

Quantité

Coût

Riz

Inde, Thaïlande

Abidjan

300 000 tonnes

100 Milliards

Blé

France, Russie

Lomé

150 000 tonnes

40 Milliards

Lait

France, Belgique

Cotonou

20 000 tonnes

15 Milliards

Huile

Indonésie, Malaisie

Tema

50 000 tonnes

25 Milliards

Poisson

Pays-Bas, Chine

Abidjan

40 000 tonnes

30 Milliards

Sucre

Brésil, France

Lomé

25 000 tonnes

10 Milliards

La forte dépendance structurelle de Koulsé à l'égard des marchés internationaux. Le riz, denrée de base dans l'alimentation quotidienne, représente la plus grande part des importations, avec environ 300000 tonnes acheminées principalement d'Inde et de Thaïlande.Le blé, expédié depuis la France et la Russie, atteint 150000 tonnes,pour les produits transformés (farines, pains, pâtes). Quant au lait, importé à hauteur de 20000 tonnes de la France et Belgique, il comble un déficit local en produits laitiers.L'huile végétale, en provenance de l'Indonésie et Malaisie, s'élève à 50000 tonnes. Le poisson, avec 40000 tonnes importées des Pays-Bas et de la Chine. Le sucre, provenant du Brésil et de la France pour un total de 25000 tonnes.Cela confirme son importance stratégique dans le régime alimentaire local

Figure 27 : Statistique des quantités de produit importé

c. Accessibilité alimentaire dans la région de Koulsé

L'accessibilité à la nourriture constitue une composante essentielle de la sécurité alimentaire. Dans la région de Koulsé, une analyse des données disponibles permet d'identifier les facteurs qui conditionnent la capacité des populations à se procurer des denrées alimentaires de manière régulière. La figure ci-dessous est l'accessibilité alimentaire dans la région de Koulsé.

Figure 28 : Accessibilité alimentaire

L'analyse des résultats d'accessibilité alimentaire dans la région de Koulsémet en lumière des disparités marquées entre les différentes localités en matière d'accès aux produits alimentaires. Cette accessibilité est évaluée selon plusieurs critères intégrés dans la base de données : la fréquence des marchés, leur capacité d'accueil, leur localisation géographique et les infrastructures routières environnantes. Les marchés quotidiens situés dans des zones urbaines, tels que Kaya ou Kongoussi, bénéficient d'une accessibilité optimale. Ils sont caractérisés par une fréquence élevée, une grande capacité et un maillage routier de qualité. Cette situation favorise non seulement l'approvisionnement régulier des denrées alimentaires, mais aussi une diversité accrue de produits, participant ainsi à une sécurité alimentaire consolidée.Les marchés hebdomadaires de petite capacité, majoritairement localisés en zones rurales, présentent une faible accessibilité. Cette configuration est souvent associée à une insuffisance des infrastructures routière et la situation sécuritaire. Ces éléments limitent considérablement la mobilité des populations ainsi que la fluidité des circuits de distribution alimentaire. Il en résulte une vulnérabilité accrue des ménages ruraux, exposés à une instabilité de l'approvisionnement et à une hausse des coûts alimentaires durant certaines périodes de l'année, notamment en saison pluvieuse.La corrélation entre accessibilité alimentaire et accessibilité physique des marchés s'avère donc structurelle. Les localités les mieux desservies sur le plan routier tendent à offrir une meilleure sécurité alimentaire, tandis que les zones enclavées souffrent d'un déficit d'approvisionnement et d'un isolement logistique.

4. Analyse des variables température et précipitation dans la région de Koulsé

a. Variable température dans la région de Koulsé

La régionest marquée par une forte variabilité thermique constituant un indicateur clé. Entre 2015 et 2024, les températures moyennes annuelles ont connu des fluctuations significatives, traduisant des dynamiques atmosphériques complexes souvent liées au changement climatique global. Cette variabilité, loin d'être anodine, influence directement les systèmes de production agricole et les conditions de vie des populations

Figure 29 : Température moyenne entre 2015-2024

Les températures moyennes annuelles de la région sur la période 2015-2024 révèle une variabilité notable. La température moyenne la plus élevée a été enregistrée en 2016 avec 35,39°C, tandis que la plus basse a été enregistrée en 2017 avec 29,03°C, indiquant une amplitude thermique de 6,36°C sur la décennie. La moyenne globale sur l'ensemble des dix années est d'environ 32,79°C, avec un écart-type augmentant à 1,83 °Centre années, ce qui témoigne d'une fluctuation modérée autour de la moyenne. Ces données révèlent une alternance entre années chaudes et relativement tempérées, sans tendance linéaire évidente à la hausse ou à la baisse.

L'analyse des variations annuelles montre que les années 2016, 2018, 2019, 2022 et 2024 ont connu des températures supérieures à la moyenne décennale due à des épisodes de sécheresse. En revanche, les années 2017 et 2020 se démarquent par des températures plus basses,liées à une augmentation de la couverture nuageuse.

Figure 30 :Température moyenne entre 2015-2024

b. Analyse de la pluviométrie dans la région de Koulsé

La pluviométrie constitue un déterminant fondamental de la dynamique agricole et écologique dans la région de Koulsé. Entre 2015 et 2024, cette région a connu une forte variabilité interannuelle des prélèvements, oscillant entre des excès ponctuels et des déficits hydriques marqués. Ce régime instable, symptomatique des effets du changement climatique, complexifie la planification des activités agricoles et exacerbe la vulnérabilité des écosystèmes locaux. La figure ci-dessous est une représentation des précipitations moyenne de 2015 à 2024.

Figure 31 : Précipitations moyenne entre 2015-2024

L'analyse des données pluviométriques sur la période 2015-2024 dans la région révèle une forte variabilité interannuelle, caractéristique des zones sahéliennes soumises à des aléas climatiques. Les collectes annuelles oscillent entre un maximum de 1075 mm en 2015 et un minimum de 550 mm en 2024, traduisant une tendance générale à la baisse. Cette diminution progressive, notamment marquée à partir de 2019, suggère une dégradation des conditions climatiques. La moyenne des prélèvements sur la décennie s'établit à environ 799 mm, avec un écart-type élevé, témoignant de l'instabilité du régime pluviométrique. Les années 2015, 2017 et 2022 se démarquent par des niveaux supérieurs à la moyenne (respectivement 1075 mm, 984 mm et 1039 mm), tandis que les années 2019, 2021 et 2024 affichent des déficits pluviométriques significatifs (620 mm, 603 mm et 550 mm). La figure ci-dessous est le diagramme des précipitations annuelle de la région de Koulséde la période de 2015 à 2024.

Figure 32 :Précipitations moyenne entre 2015-2024

III. Évaluation de l'indice de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé

1. Score de consommation alimentaire

Lescore de consommation alimentaire (SCA) permet d'évaluer la qualité et la diversité nutritionnelle des régimes alimentaires des ménages. Ce score constitue un indicateur clé pour mesurer le niveau de sécurité alimentaire dans la région.

Figure 33 : Score de consommation alimentaire

La consommation alimentaire dans la région révèle des disparités notables entre les niveaux de pauvreté, de limite et d'acceptabilité pour les principaux groupes alimentaires. Les scores observés pour la catégorie « Pauvre » sont inférieurs aux seuils « Limite » et « Acceptable », indiquant une insuffisance nutritionnelle marquée. Le score du mil 5% reste constant entre les seuils « Pauvre » et « Limite », mais est largement inférieur au seuil « Acceptable » 9%, traduisant une consommation minimale dans les foyers les plus vulnérables. De même, la viande et le lait affichent des scores de 28% et 14% respectivement dans la catégorie « Pauvre », bien en dessous des seuils acceptables (64% pour la viande et 53% pour le lait), ce qui suggère une faible accessibilité aux sources de protéines animales. Les écarts entre les seuils mettent en évidence une transition progressive mais insuffisante vers une alimentation équilibrée. Le sorgho passe de 18% (Pauvre) à 32% (Limite), puis à 5% (Acceptable), illustrant une relative de la consommation, mais toujours en deçà des recommandations nutritionnelles. Le riz et le maïs suivent une tendance, avec des scores qui augmentent respectivement de 7% à 15% puis à 78% pour le riz, et de 17% à 24% puis à 59% pour le maïs. Ces progressions indiquent une dépendance croissante aux céréales, mais aussi une vulnérabilité persistante face à la diversité alimentaire, notamment en ce qui concerne les produits d'origine animale.

2. Identification des indicateurs clés

L'étude des différents indicateurs relatifs à la sécurité alimentaire permet de mieux cerner les facteurs qui influencent l'accès et la disponibilité des aliments dans un territoire donné. Dans la région de Koulsé, ces paramètres mettent en évidence les défis structurels auxquels les populations sont confrontées. Sur le plan de la disponibilité, la faiblesse des rendements agricoles et la variabilité de la production céréalière limitent la constitution de stocks suffisants, en particulier en saison sèche. Ce manque de régularité dans la production expose la région à une forte dépendance vis-à-vis des apports extérieurs.L'accessibilité, les revenus modestes des ménages, combinés à la hausse continue des prix des denrées, réduisent considérablement la capacité d'achat. De plus, l'éloignement des marchés dans certaines localités accentue les inégalités d'accès à l'alimentation, surtout en période de soudure.L'utilisation, la faible diversité alimentaire et l'accès limité à l'eau potable compromettent la qualité nutritionnelle des repas, avec un impact visible sur la santé infantile.

Tableau 3 : Les dimensions de la sécurité alimentaire

Piliers

Indicateurs possibles

Disponibilité

Rendement agricole, production céréalière, accès aux stocks

Accessibilité

Revenu moyen, prix des denrées, distance aux marchés

Utilisation

Diversité alimentaire, accès à l'eau potable, nutrition infantile

Stabilité

Variabilité des prix, chocs climatiques, conflits

3. Indicateur de score alimentaire

L'évaluation de la sécurité alimentaire repose sur une lecture attentive des indicateurs clés permettant de juger de la qualité, de la diversité et de la fréquence de consommation des aliments. Dans la région de Koulsé, l'analyse des données collectées permet de dégager les dynamiques alimentaires et les vulnérabilités spécifiques des ménages. La figure ci-dessous est la représentation d'indicateur de score alimentaire dans la région de Koulsé.

Figure 34 : Indicateur de score alimentaire

L'analysedu score alimentaire dans la région met en lumière une situation nutritionnelle préoccupante. L'indicateur de score alimentaire (ISA) permet de mesurer la diversité et la fréquence de consommation des groupes d'aliments essentiels au sein des ménages. Dans cette région, les résultats révèlent que plus de 36,67 % des ménagesprésentent un score faible, ce qui signifie qu'ils consomment très peu d'aliments variés, se limitant souvent aux céréales de base. Cette faible diversité alimentaire est un signe clair d'insécurité alimentaire sévère, avec des risques accumulés de malnutrition, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.

La proportion importante de la population, soit 43,33 %, se situe dans la catégorie des scores alimentaires limites. Ces ménages consomment une alimentation légèrement plus diversifiée, mais toujours insuffisante pour répondre aux besoins nutritionnels quotidiens. Ils sont dans une situation fragile, où le moindre choc économique et climatique pourrait aggraver leur vulnérabilité. Cette catégorie représente une zone d'alerte pour les acteurs humanitaires, car elle regroupe des ménages qui oscillent entre précarité et survie.20 % des ménages atteignent un score alimentaire jugé acceptable. Cela signifie qu'ils ont accès à une alimentation relativement équilibrée, comprenant des protéines, des légumes, des fruits et des produits laitiers. Ces ménages bénéficient d'un meilleur accès aux marchés, de revenus plus stables ou d'une aide humanitaire régulière. Toutefois, leur proportion reste faible, ce qui montre que la sécurité alimentaire demeure un défi majeur dans la région. L'évaluation de l'ISA dans la région de Koulsé révèle que près de 80 % des ménages vivent dans une situation d'insécurité alimentaire modérée à critique. La figure ci-dessous est la représentation statistique du score alimentaire des communes de la région de Koulsé.

Figure 35 : Statistique du score alimentaire des communes

CHAPITRE V : DISCUSSION

I. Communes à risque d'insécurité alimentaire

L'analyse spatio-temporelle de l'occupation des sols àKoulsé entre 2015 et 2025 révèle une transformation territoriale marquée par une régression des terres agricoles, une expansion du bâti et une prédominance croissante du sol nu. En 2015, la configuration agroécologique était relativement équilibrée, mais dès 2020, les effets de la crise sécuritaire ont induit une reconfiguration spatiale sous pression humanitaire. En 2025, l'urbanisation accélérée et la réduction des terres cultivables traduisent une anthropisation intense du territoire. Ces résultats confirment l'hypothèse d'une dégradation écologique liée à l'insécurité et aux flux migratoires. Ils rejoignent les observations de Regions4 (2024), qui identifient dans la région de Koulséune dégradation continue des ressources naturelles, une irrégularité pluviométrique et une baisse significative des précipitations annuelles.

La densité PDI entre 2020 et 2025 met en évidence une pression démographique extrême sur les communes d'accueil, notamment Kaya, Barsalogho et Pensa. Cette concentration perturbe l'organisation spatiale, aggrave les tensions communautaires et compromet la sécurité alimentaire. Ces résultats confirment les analyses du Cadre Harmonisé (2024), qui identifie plus de 24,9 millions de personnes en situation de crise alimentaire au Nigeria, avec une aggravation prévue pendant la saison de soudure.

II. Production, les facteurs économiques et les données climatiques

L'analyse climatique montre une baisse progressive des précipitations moyennes, passant de 1075 mm en 2015 à 550 mm en 2024. Cette tendance est cohérente avec les analyses de Salami et al. (2024), qui identifient une forte variabilité interannuelle dans le nord du Nigeria, avec des risques accrus de sécheresse et de stress hydrique. Ces résultats confirment l'hypothèse d'une instabilité climatique affectant directement la sécurité alimentaire.

Les performances agricoles dans les provinces de Sandbondtenga, Bam et Namentenga révèle une forte hétérogénéité spatiale des rendements. Sandbondtenga se distingue par ses rendements élevés, portés par des sols fertiles et une meilleure rétention hydrique, tandis que Bam illustre les limites d'une agriculture extensive sur des sols peu profonds. Ces résultats confirment les recommandations de la FAO (2022), qui plaide pour une intensification durable et ciblée des pratiques agricoles dans les zones à fort potentiel. Ils infirment cependant les approches uniformes de développement rural, qui négligent les spécificités pédoclimatiques locales. La fragmentation du territoire agricole observée dans cette étude souligne la nécessité d'une planification fine de l'aménagement du territoire, intégrant les données agroécologiques pour renforcer la résilience alimentaire.

III. Indice de sécurité alimentaire dans la région de Koulsé

L'évaluation du score de consommation alimentaire et de l'indice de sécurité alimentaire montre que près de 80 % des ménages vivent dans une situation d'insécurité alimentaire modérée à critique. Cette vulnérabilité nutritionnelle est exacerbée par la hausse des prix, la faible diversité alimentaire et la dépendance aux importations. Ces résultats infirment les analyses d'Adedipe (2021), qui suggère que l'augmentation des importations pourrait stabiliser l'accès aux denrées. Cette étude infirme cette hypothèse en montrant que la dépendance aux marchés internationaux expose la région à des risques logistiques et économiques, réduisant l'accessibilité réelle aux aliments. L'approche territorialisée adoptée ici permet de nuancer les conclusions trop globales sur la sécurité alimentaire.

CONCLUSION ET SUGGESTIONS

Conclusion

L'analyse géospatiale de la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé, au Burkina Faso, a permis de mettre en évidence les dynamiques complexes et multidimensionnelles qui sous-tendent l'insécurité alimentaire dans un contexte sahélien marqué par l'instabilité sécuritaire, la vulnérabilité écologique et les fragilités socio-économiques. En mobilisant une approche intégrée combinant données satellitaires, indicateurs climatiques, statistiques agricoles et variables socio-économiques. Cette étude a démontré la pertinence des outils géospatiaux pour diagnostiquer, cartographier et anticiper les risques alimentaires à l'échelle territoriale.

Les résultats révèlent une recomposition spatiale accélérée du territoire entre 2015 et 2025, traduite par une anthropisation croissante, une régression de la végétation et une saturation des zones d'accueil des PDI. Cette transformation, induite par la crise sécuritaire, a profondément perturbé les équilibres agroécologiques, entraînant une baisse des rendements agricoles, une dégradation des ressources naturelles et une pression foncière exacerbée. L'analyse spatio-temporelle de l'occupation du sol montre une perte de résilience des systèmes de production vivriers, accentuée par l'abandon des zones agricoles productives et la surexploitation des terres refuges.

Sur le plan agricole, la disparité des performances entre les provinces de Sandbondtenga, Bam et Namentenga illustre l'influence déterminante des facteurs pédoclimatiques et des pratiques culturales sur la productivité. Tandis que Sandbondtenga se distingue par des rendements élevés grâce à des sols fertiles et une meilleure gestion hydrique, Bam reste piégée dans une agriculture extensive peu productive. Cette hétérogénéité appelle à une territorialisation des politiques agricoles, fondée sur une connaissance fine des potentialités locales.

Les facteurs socio-économiques aggravent cette vulnérabilité structurelle: faibles revenus, chômage élevé, inflation alimentaire et éloignement des marchés limitent l'accessibilité économique et physique à une alimentation suffisante. La dépendance structurelle aux importations expose la région aux chocs exogènes, tandis que l'instabilité climatique marquée par des fluctuations thermiques et pluviométriques importantes compromet la planification agricole et accentue les risques de stress hydrique.L'évaluation de l'ISA confirme une situation critique : près de 80 % des ménages présentent un score alimentaire faible ou limite, traduisant une consommation peu diversifiée et une insécurité nutritionnelle chronique. Cette situation est particulièrement alarmante dans les communes à forte densité de PDI, où la compétition pour les ressources, la saturation des infrastructures et la dépendance à l'aide humanitaire fragilisent les mécanismes de résilience communautaire.

En définitive, cette étude démontre que la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé ne peut être appréhendée de manière sectorielle ou ponctuelle. Elle exige une approche systémique, territorialisée et résiliente, intégrant les dimensions spatiales, sociales, économiques et environnementales. L'analyse géospatiale s'impose ainsi comme un levier stratégique pour la gouvernance alimentaire, en permettant une planification fondée sur l'évidence, une allocation ciblée des ressources et une anticipation des crises.

Suggestions

Les suggestions suivantes découlent des résultats de cette étude et visent à renforcer durablement la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé. Elles s'adressent aux principaux acteurs impliqués dans la gestion territoriale, agricole et humanitaire.

Ø À l'endroit de l'État burkinabè

1. Institutionnaliser l'usage des outils géospatiaux dans la planification agricole et la gestion des risques alimentaires.

2. Créer un observatoire national de la sécurité alimentaire intégrant données climatiques, économiques et sociales.

Ø À l'endroit des collectivités territoriales

1. Faciliter l'accès à l'eau pour l'agriculture à travers des forages, des barrages de retenue et des systèmes d'irrigation.

2. Créer des cadres de concertation multi-acteurs pour coordonner les interventions en matière de sécurité alimentaire.

Ø À l'endroit des ONG et associations

1. Renforcer les dispositifs d'alerte précoce communautaires pour anticiper les crises alimentaires.

2. Plaider pour une meilleure coordination humanitaire entre acteurs locaux, nationaux et internationaux.

Contribution scientifique

Ce travail apporte une contribution significative à la compréhension des dynamiques territoriales de l'insécurité alimentaire dans les zones sahéliennes, en mobilisant une approche géospatiale intégrée.

Ø Sur le plan méthodologique

La démonstration pertinente de l'utilisation combinée des données satellitaires (Landsat 8/9), des indicateurs climatiques, des statistiques agricoles et des flux migratoires pour modéliser les risques alimentaires à l'échelle locale. L'intégration du Score de Consommation Alimentaire (SCA) et de l'Indice de Sécurité Alimentaire (ISA) dans un système d'information géographique (SIG) constitue une innovation dans l'évaluation spatiale de la vulnérabilité nutritionnelle.

Ø Sur le plan analytique

L'étude révèle une reconfiguration spatiale accélérée du territoire de Koulsé entre 2015 et 2025, marquée par une anthropisation croissante, une dégradation écologique et une saturation des zones d'accueil des PDI. Elle met en évidence les disparités agricoles entre provinces, les effets des facteurs socio-économiques sur l'accessibilité alimentaire, et l'impact direct des variables climatiques sur la productivité.

Ø Planification territoriale

Cette recherche propose une base scientifique pour la planification territoriale, la gestion des crises alimentaires et la formulation de politiques de résilience adaptées aux contextes sahéliens. Elle ouvre la voie à une utilisation stratégique des outils géospatiaux dans les systèmes d'alerte précoce et la gouvernance alimentaire.

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