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INSTITUT REGIONAL AFRICAIN DES
SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION GEOSPATIALE(AFRIGIST)
Sous les auspices de la commission Economique Des Nations
Unies pour l'Afrique
CAMPUS UNIVERSITAIRE OBAFEMI AWOLOWO
P.M.B 5545, ILE-IFE, OSUN STATE, NIGERIA
www.afrigist.org

ANALYSE GEOSPATIALE DE LA
SECURITE ALIMENTAIRE DANS LA REGION DE KOULSE, BURKINA FASO
Master Professionnel en Production et Gestion de
l'Information Géospatiale
BANDAOGO Malick
PRS/PM/32413
Sous la direction de :
Momodou SOUMAH
PROJET RÉDIGÉE AU DÉPARTEMENT DE
PHOTOGRAMMÉTRIE ET DE TÉLÉDÉTECTION ET SOUMISE
À L'INSTITUT RÉGIONAL AFRICAIN DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE
L'INFORMATION GÉOSPATIALE (AFRIGIST),
CAMPUS DE L'UNIVERSITÉ OBAFEMI AWOLOWO, NIGERIA, EN VUE
DE REMPLIR PARTIELLEMENT LES CONDITIONS REQUISES POUR L'OBTENTION DU DIPLOME
MASTER PROFESSIONNEL (MP) EN PRODUCTION ET GESTION DE L'INFORMATION
GEOSPATIALE.
AOÛT 2025
DECLARATION ANTI-PLAGIAT
Je soussigné BANDAOGO Malick,
(PRS/PM/32413)du Département de Photogrammétrie et
Télédétection de l'Institut Régional Africain des
Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale
(AFRIGIST),reconnais être au courant de l'interprétation du
plagiat, et suis conscient de la politique de l'Institut à cet
égard.
Je soutiens que ce mémoire est mon propre travail
original. Les travaux d'autres personnes utilisées, qu'ils proviennent
d'une source imprimée, de l'Internet ou de toute autre source, ont
été correctement reconnus et référencés
conformément à la politique de l'Institut.
.................. ..................
Signature Date
AUTORISATION DE
REPRODUCTION
Je soussigné, BANDAOGO Malick
(PRS/PM/32413)auteur du mémoire « Analyse
géospatiale de la sécurité alimentaire dans la
région de Koulsé, Burkina Faso », autorise
l'Institut Régional Africain des Sciences et Technologies de
l'Information Géospatiale (AFRIGIST) à le reproduire en tout ou
en partie, à la demande d'autres établissements ou personnes
à des fins de recherche académique.
..................... ..................
Signature Date
ATTESTATION
Ceci est pour certifier que la recherche a été
effectuée par BANDAOGO Malick (PRS/PM/32413) dans le
cadre des exigences pour l'obtention du Diplôme de Master Professionnel
en Production et Gestion de l'Information
Géospatiale, du Département de Photogrammétrie et
Télédétection, Institut Régional Africain des
Sciences et Technologies de l'Information Géospatiale (AFRIGIST),
Ile-Ife, Nigéria.
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Superviseur :
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Date
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Momodou SOUMAH
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Chef de Département :
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Date
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Prof. InoussaTOKO MOUHAMADOU
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Le Doyen des Affaire Académiques :
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Date
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Prof. Olatunji Sunday ABOYEJI
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DEDICACE
Je dédie ce travail à :
v La mémoire de mon père Yahaya
BANDAOGO ;
v Ma mère Habibou GANSAGNE ;
v Mes frères et soeurs
v La famille BANDAOGO.
REMERCIEMENTS
Ce mémoire marque l'aboutissement d'un parcours
académique et personnel riche en apprentissages, en défis et en
rencontres. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes
celles et ceux qui, par leur soutien, leurs conseils ont contribué
à la réalisation de ce travail.
· Je remercie tout particulièrement mon encadreur
Monsieur M. SOUMAH, pour sa disponibilité, sa rigueur scientifique et la
qualité de son accompagnement tout au long de cette recherche. Son
expertise et ses orientations méthodologiques ont été
déterminantes dans la structuration et la finalisation de ce
mémoire.
· Ma reconnaissance à l'administration et aux
enseignants de l'AFRIGIST, pour la qualité de l'enseignement, leur
engagement et leur accompagnement constant durant ma formation.
· J'exprime ma profonde gratitudeau Gouvernement du
Burkina et au peuple Burkinabé pour cette bourse d'étude.
· A l'Institut Géographique du Burkina (IGB)
à travers son Directeur de cartographie M. KONATÉ pour l'octroi
de la bourse d'études à AFRIGIST.
· Mes remerciements vont également à M.
BELEM, Directeur adjoint de AFRIGIST, pour son soutien, ses encouragements et
sa bienveillance à l'égard des étudiants.
· Je suis profondément reconnaissant envers Dr.
KARAMBIRI, Dr. SIRIMA et Dr. SANOGO, pour assistance, conseils et
disponibilité, qui ont grandement enrichi la qualité de ce
travail.
· Je remercie également tous mes compatriotes
burkinabèà AFRIGIST (COULDIATI, COULDIATY, KAGANBEGAet TINTO)
pour leurs solidarités, leur fraternité et leur soutien moral
tout au long de cette aventure académique.
· À mes camarades de la promotion PM/DESS
2024-2025, pour les échanges, l'esprit d'équipe et les moments de
partage qui ont marqué notre parcours commun.
· À tous mes camarades du Centre Universitaire de
Ziniaré et à la promotion 2020 en Aménagement et
Développement Durable du Territoire.
· Mes amis OUATTARA, IDO, HIEN et ILBOUDO pour leurs
soutiens.
· Enfin, j'adresse mes remerciements à toutes les
personnes, nommées ou anonymes, qui ont contribué de près
ou de loin à la réalisation de ce mémoire. Que chacun
trouve ici l'expression de ma sincère gratitude.
TABLE DES MATIERES
DECLARATION ANTI-PLAGIAT
I
AUTORISATION DE REPRODUCTION
II
ATTESTATION
III
DEDICACE
IV
REMERCIEMENTS
V
TABLE DES MATIERES
VI
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
VIII
SIGLES ET ABREVIATION
IX
RESUME
XI
ABSTRACT
XII
CHAPITRE I : INTRODUCTION
1
1.1. Contexte de l'étude
1
1.2. Problématique
2
1.3. But et objectif
3
1.3.1. Questions de recherche
3
1.3.2. Hypothèses d'étude
3
1.3.3. Objectif d'étude
4
CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE
5
2.1. Sécurité alimentaire
5
2.2. Définition des concepts
6
2.3. Historique des crises alimentaires au
Burkina Faso
8
2.4. Présentation du milieu
d'étude
10
2.5. Caractéristique physique
12
2.6. Caractéristique humaine et
socio-économique
16
CHAPITRE III : METHODOLOGIE
18
3.1. Méthode et approches pour
mesurer l'insécurité alimentaire
18
3.1.1. Approche générale
18
3.1.2. Integrated Phase Classification (IPC)
de la FAO
18
3.1.3. Indice de Faim Global
18
3.1.4. Indice de la faim
développé par Action Aid
18
3.1.5. Approche nationale de la
sécurité alimentaire au Burkina Faso
19
3.2. Indices dérivés de
satellites couramment utilisés pour le suivi agricole
19
3.3. Matériels et données
20
3.3.1. Matériel
20
3.3.2. Données
20
3.4. Traitement des données
21
3.5. Base de données de la
sécurité alimentaire
23
3.5. Diagramme
27
CHAPITRE IV : RESULTATS
28
I. Identification des communes à
risque d'insécurité alimentaire dans la région de
Koulsé
28
1. Analyse spatio-temporelle de l'occupation
des sols dans la région de Koulsé
28
2. Evolution d'occupation du sol de la
région de Koulsé
34
3. Évolution de la densité des
PDI dans la région de Koulsé en 2020 et 2025
36
4. Trajectoires migratoires des PDI dans la
région de Koulsé en 2025
41
II. Analyse de la production, des facteurs
économiques et des données climatiques
42
1. Répartition géographique
des zones de production agricole dans la région Koulsé
42
2. Performance de la production agricole
dans la région de Koulsé
44
3. Facteur socioéconomique de la
sécurité alimentaire dans la région du Koulsé
45
4. Analyse des variables température
et précipitation dans la région de Koulsé
49
III. Évaluation de l'indice de la
sécurité alimentaire dans la région de Koulsé
52
1. Score de consommation alimentaire
52
2. Identification des indicateurs
clés
53
3. Indicateur de score alimentaire
54
CHAPITRE V : DISCUSSION
56
I. Communes à risque
d'insécurité alimentaire
56
II. Production, les facteurs
économiques et les données climatiques
56
III. Indice de sécurité
alimentaire dans la région de Koulsé
57
CONCLUSION ET SUGGESTIONS
58
Conclusion
58
Suggestions
59
Contribution scientifique
60
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
61
LISTE DES TABLEAUX ET
FIGURES
23
LISTE DES TABLLEAUX
47
TABLEAU 1 : DESCRIPTION DES DONNEES
TABLEAU 2 : IMPORTATION DES PRODUITS
ALIMENTAIRE
LISTE DES FIGURES
FIGURE 1: SITUATION DE LA
ZONE D'ÉTUDE
2
FIGURE 2 : PÉDOLOGIE
DE LA RÉGION
13
FIGURE 3:
PRÉCIPITATION MOYENNE 2022-2024
14
FIGURE 4: RÉSEAU
HYDROGRAPHIQUE
15
FIGURE 5: DENSITÉ DE
LA POPULATION
16
FIGURE 6: DIAGRAMME
CONCEPTUEL DE LA BASE DE DONNÉES
26
FIGURE 7: DIAGRAMME
MÉTHODOLOGIQUE
27
FIGURE 8 : OCCUPATION DU
SOL EN 2015
28
FIGURE 9 : STATISTIQUE
D'OCCUPATION DU SOL EN 2015
29
FIGURE 10 : OCCUPATION DES
SOLS EN 2020
30
FIGURE 11 : STATISTIQUE
D'OCCUPATION DU SOL EN 2020
31
FIGURE 12 : OCCUPATION SOL
EN 2025
32
FIGURE 13 : STATISTIQUE
D'OCCUPATION DU SOL EN 2025
33
FIGURE 14: DÉTECTION
DE CHANGEMENT ENTRE 2015-2020
34
FIGURE 15: STATISTIQUE DE
DÉTECTION DE CHANGEMENT
35
FIGURE 16 :
DÉTECTION DE CHANGEMENT ENTRE 2020 - 2025
35
FIGURE 17: STATISTIQUE DE DÉTECTION DE
CHANGEMENT ENTRE 2020-2025
36
FIGURE 18 : DENSITÉ
DES PDI EN 2020
37
FIGURE 19 : STATISTIQUE DE
LA DENSITÉ DES PDI DANS LA RÉGION DE KOULSÉ EN 2020
38
FIGURE 20 : DENSITÉ
DES PDI EN 2025
39
FIGURE 21 : STATISTIQUE DE
LA DENSITÉ DES PDI EN 2025
40
FIGURE 22: FLUX DE
DÉPLACEMENT DES PDI EN 2025
41
FIGURE 23 :
RÉPARTITION DE LA PRODUCTION AGRICOLE
43
FIGURE 24 : RENDEMENTS
AGRICOLES
44
FIGURE 25 : STATISTIQUE DE LA PRODUCTION
AGRICOLE
45
FIGURE 26 : STATISTIQUE DES
INDICATEURS D'ACCÈS À LA NOURRITURE
46
FIGURE 27 : STATISTIQUE DES
QUANTITÉS DE PRODUIT IMPORTÉ
47
FIGURE 28 :
ACCESSIBILITÉ ALIMENTAIRE
48
FIGURE 29 : TEMPÉRATURE MOYENNE ENTRE
2015-2024
49
FIGURE 30 :
TEMPÉRATURE MOYENNE ENTRE 2015-2024
50
FIGURE 31 :
PRÉCIPITATIONS MOYENNE ENTRE 2015-2024
51
FIGURE 32 :
PRÉCIPITATIONS MOYENNE ENTRE 2015-2024
52
FIGURE 33 : SCORE DE
CONSOMMATION ALIMENTAIRE
52
FIGURE 34 : INDICATEUR DE
SCORE ALIMENTAIRE
54
FIGURE 35 : STATISTIQUE DU
SCORE ALIMENTAIRE DES COMMUNES
55
SIGLES ET ABREVIATION
AFRIGIST : Institut Régional Africain des Sciences et
Technologies de l'Information Géospatiale
ArcGIS : Geographic Information System développé
par ESR
BUNASOLS : Bureau National des Sols
DRAAH-CN : Direction Régionale de l'Agriculture des
Aménagements Hydro-agricole et Halieutique
ENPB : Etude Nationale Prospective Burkina
ENVI : Environment for Visualizing Images
EVI : Indice de Végétation
Amélioré
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et
la Faim
IA : Insécurité Alimentaire
IGB : Institut Géographique du Burkina
INSD : Institut National des Statistiques et de la
Démographie
IPC : Integrated Food Security Phase Classification
ISA : Indice de Score Alimentaire
MAAH : Ministère de l'Agriculture des
Aménagements Hydro-agricole et Halieutique
MODIS : Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer
NDVI : Normalized Difference Vegetation Index
ODD : Objectif du Développement Durable
OLI : Imageur Terrestre Opérationnel
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONU : Organisation des Nations Unies
PAM : Programme alimentaire Mondial
PDD : Programme de Développement Durable
PDI : Personne Déplacée Interne
PFNL : Produit Forestier Non Ligneux
PNSAN : Programme National de la Sécurité
Alimentaire et Nutritionnel
PRD : Plan Régional de Développement
RGPH : Recensement Général de la Population et
de l'Habitat
SA : Sécurité Alimentaire
SCA : Score de Consommation alimentaire
SCADD : Stratégie de Croissance
Accélérée et de Développement Durable
SIG : Système d'Information Géographique
SMA : Sommet Mondial de l'Alimentation
TIRS : : Capteur Infrarouge Thermique
UNICEF : Fonds International d'Urgence des Nations Unies pour
l'enfance
USGS : United States Geological Survey
ZOVIC : Zones Villageoises d'Intérêt
Cynégétique
RESUME
Face à l'aggravation de l'insécurité
alimentaire dans la région de Koulsé, liée aux
socio-économiques et environnementales influencent
sécurité alimentaire locale. L'objectif général est
d'évaluer les facteurs déterminants de la sécurité
alimentaire en vue de proposer des stratégies adaptées pour
renforcer la résilience des populations face aux crises alimentaires.
La méthodologie adoptée repose sur une approche
géospatiale intégrée, mobilisant des données
satellites (Landsat 8/9), climatiques, agricoles, socio-économiques,
ainsi que des données sur les PDI et les scores de consommation
alimentaire. Les outils ArcGIS, ENVI, Excel et Google Earth Engine permettant
une modélisation spatiale et statistique des
vulnérabilités alimentaires.
Les résultats obtenus sont significatifs. D'abord,
l'analyse spatio-temporelle de l'occupation du sol révèle une
régression des terres agricoles 146,13 km² en 2025, une forte
expansion du bâti 691,12 km² et une prédominance du sol
nu1151,45 km. Les communes de Kaya, Barsalogho et Pensa présentent les
plus fortes densités de PDI, dépassant 2000 PDI/km², ce qui
accentue la pression sur les ressources et les infrastructures. Ensuite,
l'analyse des facteurs agricoles et montre une forte disparité entre les
provinces climatiques : Sandbondtenga se distingue par des rendements
élevés 67886 tonnes de sorgho, tandis que Bam reste
vulnérable avec une agriculture extensive peu productive. Le revenu
moyen des ménages est de28000 FCFA/mois, avec un taux de chômage
de 38 %, et une inflation alimentaire de 12,5 %. La pluviométrie moyenne
est passée de 1075 mm en 2015 à 550 mm en 2024, traduisant une
tendanceà la baisse et une instabilité climatique
préoccupante. Enfin, l'évaluation du score alimentaire montre que
36,67 % des ménages ont un score faible, 43,33 % un score limite, et
seulement 20 % un score acceptable, confirmant que près de 80 % des
ménages vivent dans une situation d'insécurité alimentaire
modérée à critique.
L'apport scientifique de cette mémoire réside
dans l'intégration des outils géospatiaux pour diagnostiquer,
cartographier et anticiper les risques alimentaires à l'échelle
territoriale. Il propose une modélisation innovante des interactions
entre les facteurs climatiques, agricoles, démographiques et
nutritionnels, et offre une base méthodologique solide pour la
planification territoriale, la gestion des crises alimentaires et la
formulation de politiques de résilience adaptées aux contextes
sahéliens.
Mots clés :
Géospatiale ; Sécurité alimentaire ; Agriculture
; Personnes déplacées interne, Indice de sécurité
alimentaire ; Koulsé (Burkina Faso).
ABSTRACT
Faced with the worsening food insecurity in the Koulsé
region, socioeconomic and environmental factors influence local food security.
The overall objective is to assess the determining factors of food security
with a view to proposing appropriate strategies to strengthen populations'
resilience to food crises.
The methodology adopted is based on an integrated geospatial
approach, mobilizing satellite (Landsat 8/9), climate, agricultural, and
socioeconomic data, as well as data on IDPs and food consumption scores. The
tools use ArcGIS, ENVI, Excel, and Google Earth Engine, enabling spatial and
statistical modeling of food vulnerabilities.
The results obtained are significant. First, the
spatio-temporal analysis of land use reveals a regression of agricultural land
146.13 km² in 2025, a strong expansion of built-up 691.12 km² and a
predominance of bare soil 1151.45 km. The municipalities of Kaya, Barsalogho
and Pensa have the highest densities of IDPs, exceeding 2000 IDPs/km²,
which increases the pressure on resources and infrastructure. Then, the
analysis of agricultural factors shows a strong disparity between climatic
provinces: Sandbondtenga stands out for high yields 67886 tons of sorghum,
while Bam remains vulnerable with an extensive agriculture with low
productivity. The average household income is 28000 FCFA/month, with an
unemployment rate of 38%, and a food inflation of 12.5%. Average rainfall
decreased from 1075 mm in 2015 to 550 mm in 2024, reflecting a downward trend
and worrying climate instability. Finally, the food score assessment shows that
36.67% of households have a low score, 43.33% a borderline score, and only 20%
an acceptable score, confirming that nearly 80% of households live in a
situation of moderate to critical food insecurity.
The scientific contribution of this thesis lies in the
integration of geospatial tools to diagnose, map, and anticipate food risks at
the territorial level. It proposes innovative modeling of the interactions
between climatic, agricultural, demographic, and nutritional factors, and
provides a solid methodological basis for territorial planning, food crisis
management, and the formulation of resilience policies adapted to Sahelian
contexts.
Keywords: Geospatial; Food security;
Agriculture; Internally displaced persons; Food security index; Koulsé
(Burkina Faso).
CHAPITRE I :
INTRODUCTION
1.1. Contexte de l'étude
L'insécurité alimentaire et l'extrême
pauvreté constituent des défis majeurs à l'échelle
mondiale. La lutte contre ces problématiques demeure essentielle, alors
que les Nations Unies ont adopté le Programme de Développement
Durable (PDD) avec ses dix-sept Objectifs de Développement Durable (ODD)
à atteindre d'ici 2030. L'ODD2 vise à éradiquer la faim,
à garantir à tous un accès à une alimentation
sûre, nutritive et suffisante tout au long de l'année, et à
mettre fin à toutes les formes de malnutrition (FAO et al.,
2020). En 2024, la faim aiguë toucha plus de 295 millions de personnes
réparties dans 53 pays et territoires, marquant une hausse de
près de 14 millions par rapport à 2023. Par ailleurs, le nombre
de personnes subissant des niveaux de faim catastrophiques atteignit un seuil
sans précédent (GRFC, 2025). Cependant,
l'insécurité alimentaire reste une problématique complexe
affectant de nombreuses régions du globe. Plus de 582 millions de
personnes pourraient être chroniquement sous-alimentées d'ici
2030, dont environ la moitié sur le continent africain (FAO, 2024). En
Afrique, la situation est particulièrement alarmante. Les pays les plus
touchés incluent la République Centrafricaine, où 51 % de
la population vit dans une situation d'insécurité alimentaire de
phase IPC 3 ou plus, et le Soudan du Sud, où ce chiffre
s'élève à 55 % (FAO, 2021). L'insécurité
alimentaire, exacerbée par les conflits, les chocs climatiques et les
crises économiques, continue de s'aggraver, affectant les populations
les plus vulnérables.
Au Burkina Faso, la lutte contre la faim et la malnutrition
reste un défi central. En 2022, environ 20 % de la population
était en situation d'insécurité alimentaire, un chiffre
susceptible de croître si des mesures concrètes ne sont pas mises
en oeuvre (FAO, 2022). Le pays a développé de nombreuses
politiques, stratégies et plans en matière de
sécurité alimentaire et nutritionnelle, dans le but de
réaliser l'ODD2 (PAM, 2017). Cependant, des facteurs
sécuritaires, environnemental et les crises économiques
compliquent l'accès des populations aux produits agricoles. Les
régions du Nord, de l'Est et deKoulsésont particulièrement
affectées par une baisse des rendements agricoles, des ressources
économiques limitées et l'insécurité
grandissante.La région deKoulsé, les activités principales
sont l'agriculture, l'élevage et le commerce, les moyens de subsistance
de la population sont gravement compromis par la sécheresse,
l'insécurité et l'exode rural (HCM, 2022). Cette étude
vise à analyser les facteurs déterminants de la
sécurité alimentaire dans cette région et à
proposer des recommandations pour renforcer la résilience des
populations locales face aux crises alimentaires.
1.2. Problématique
Le changement climatique et la dégradation des
conditions socio-économiques ont profondément affecté la
sécurité alimentaire au cours des deux dernières
décennies. L'insécurité alimentaire et la malnutrition
continuent de représenter des défis majeurs pour les populations
vulnérables, exacerbés par la sécheresse, l'inondation et
les perturbations socio-économiques (FAO, 2021).
La sécurité alimentaire dans la région
deKoulséa été considérablement affectée par
le changement climatique et la dégradation socio-économique.
Cette région, où l'agriculture constitue la principale source de
nutrition et de revenu,fait face à des défis multiples. Les
sécheresses prolongées, les inondations soudaines et les
variations de températures perturbent les systèmes agricoles,
réduisant les rendements agricoles, la régression des zones de
pâturage ce qui exacerbent l'insécurité alimentaire (FAO,
2020). À ces contraintes climatiques s'ajoutent les conflits internes et
les déplacements de populations, qui perturbent non seulement les
activités agricoles mais limitent également l'accès des
populations aux marchés (PAM, 2021).
En outre, la dégradation
des ressources naturelles, notamment par la désertification et la
déforestation, aggrave la situation. La perte de terres arables et la
raréfaction des ressources en eau restreignent les capacités des
communautés à produire des denrées alimentaires
suffisantes pour leur subsistance (FAO, 2021). Ces interactions complexes entre
facteurs climatiques, socio-économiques et sécuritaires rendent
la région deKoulséparticulièrement vulnérable
à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition.
Depuis 2021, l'accès à la nourriture s'est
détérioré, en particulier pour les communautés avec
un grand nombre de personnes déplacées internes (PDI). Les
défis économiques ont poussé les populations à
adopter des stratégies risquées, compromettant leur
sécurité alimentaire future. Malgré la
disponibilité sur les marchés, les défis
économiques ont conduit à une réduction significative des
stocks de denrées alimentaires. Cette situation a
généré une hausse des prix et a affecté la demande
alimentaire (PAM, 2021). La région a connu 39 incidents
sécuritaires en 2021, exacerbant les problèmes de
sécurité alimentaire. Ces incidents ont contribué à
la déstabilisation dans la commune et à l'augmentation des
déplacements internes. En juin 2021, près de 1 million de
personnes étaient déplacées dans les quatre régions
du Burkina Faso, dont 46,3 % dans la région deKoulsé. Ces
déplacements ont aggravé la situation de la
sécurité alimentaire à dans la région (FAO,
2021).
Face à cette situation préoccupante, l'analyse
géospatiale se présente comme une approche innovante et
prometteuse pour identifier les facteurs clés influençant la
sécurité alimentaire et pour développer des
stratégies adaptées visant à renforcer la
résilience des populations locales. Cette étude sur l'analyse
géospatiale de la sécurité alimentaire dans la
région de Koulsé, Burkina Faso s'inscrit dans cette
démarche, en proposant une analyse approfondie des déterminants
de l'insécurité alimentaire dans le Koulséet des solutions
pour y remédier.
1.3. But et objectif
1.3.1. Questions de recherche
Dans ce contexte présenté ci-dessus, notre
question principale est de savoirComment les
dynamiques socio-économiques et environnementales influencent-elles la
sécurité alimentaire dans la région de Koulséau
Burkina Faso ? Cette question principale soulève les questions
spécifiques suivantes :
1. Quelles communes
présentent un risque d'insécurité alimentaire ?
2. Comment la production agricole, les facteurs
économiques et le climat influencent-ils la sécurité
alimentaire ?
3. Quel est l'indice de score alimentaire mesuré dans
ma région de Koulsé ?
1.3.2.
Hypothèses d'étude
Dans le cadre de cette étude, nous postulons que les
dynamiques socio-économiques et environnementales jouent un rôle
déterminant dans la configuration de la sécurité
alimentaire dans la région deKoulsé. L'hypothèse
général nous permet de formuler des objectifs spécifiques
suivants :
i. Certaines communes de la région de Koulsé
présentent un risque plus élevé d'insécurité
alimentaire que d'autres.
ii. La production agricole, les facteurs économiques et
les conditions climatiques ont un impact direct sur le niveau de
sécurité alimentaire dans la région.
iii. L'indice de score alimentaire mesuré dans la
région de Koulsé reflète les disparités
territoriales et les influences des facteurs socio-économiques et
environnementaux.
1.3.3. Objectif d'étude
Cette étude a pour objectif général d'évaluer les facteurs déterminants de
la sécurité alimentaire dans la région de Koulséen
vue de renforcer la résilience des populations face aux crises
alimentaires. Cet objectif général permet de formuler des
objectifs spécifiques suivants :
a) Identifier les communes à
risque d'insécurité alimentaire.
b) Analyser la production, les facteurs économiques et les
données climatiques.
c) Déterminer l'indice de score alimentaire dans la
région de Koulsé.
CHAPITRE II : REVUE DE
LITTERATURE
2.1. Sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire mondiale a connu une
détérioration marquée à partir de 2020,
après une période de relative stabilité entre 2014 et
2019. La pandémie de COVID-19 a exacerbé les
vulnérabilités existantes, en aggravant les effets des conflits,
des chocs climatiques et des ralentissements économiques(FAO, 2021). En
2020, entre 720 et 811 millions de personnes ont été
confrontées à la faim, soit une augmentation de 118 millions par
rapport à l'année précédente. L'Afrique est
particulièrement touchée, avec 21 % de sa population en situation
d'insécurité alimentaire. En 2022, ce chiffre est monté
à 282 millions de personnes sous-alimentées,
soit une hausse de 57 millions depuis le début de la pandémie.
Ces tendances mondiales soulignent l'urgence d'une réponse
coordonnée pour atteindre les Objectifs de Développement Durable,
notamment l'éradication de la faim d'ici 2030(FAO, 2021).
L'Afrique subsaharienne est confrontée à une
crise alimentaire sans précédent, alimentée par une
combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. Les conflits
armés, les déplacements de populations, la variabilité
climatique, et les effets indirects de la guerre en Ukraine ont perturbé
les chaînes d'approvisionnement et augmenté le coût des
denrées alimentaires. Environ 78% de la population africaine n'a pas les
moyens de se nourrir sainement, ce qui compromet gravement la
sécurité nutritionnelle. Les femmes et les enfants sont les plus
exposés, avec des taux élevés de retard de croissance,
d'anémie et d'émaciation. Malgré les efforts des
États et des partenaires internationaux, le continent n'est pas en voie
d'atteindre les cibles de Malabo pour 2025 ni les ODD pour 2030(FAO, 2022).
Le Burkina Faso a mis en place des politiques en
matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le
cadre de la lutte contre le problème de l'insécurité
alimentaire et de malnutrition. Après la crise alimentaire de 1972-1973,
le Burkina a procédé à l'élaboration de la
Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle
(PNSAN), qui s'inscrit dans la dynamique de l'Etude Nationale Prospective
Burkina (ENPB) 2025, et la Stratégie de Croissance
Accélérée et de Développement Durable (SCADD), qui
prend en compte les orientations de la décentralisation. Environ 78% des
provinces connaissent une des formes crise alimentaire en 2022 il
déclare que 3,8 millions de personnes sont confrontés à la
sous-alimentation avec 2,2 millions de personnes en situation
d'insécurité alimentaire grave due principalement à la
crise sécuritaire (MAAH, 2022).
La situation alimentaire au Burkina Faso s'est encore
détériorée en 2023, notamment dans les régions du
nord et de l'est du pays. Selon les dernières analyses du réseau
FEWS NET, plusieurs communes comme Djibo, Arbinda, Markoye et Sebba sont
soumises à des blocus prolongés par des groupes armés non
étatiques, empêchant l'accès aux marchés et aux
sources de revenus. Ces zones sont classées en Phase 4 (Urgence) de
l'IPC, avec un risque croissant de basculement vers la Phase 5 (Famine) si
l'aide humanitaire n'est pas intensifiée. Les populations y sont
contraintes de recourir à des stratégies de survie
extrêmes, telles que la consommation d'aliments sauvages ou la
mendicité, malgré les menaces sécuritaires.Face à
cette crise multidimensionnelle, le gouvernement burkinabè a
adopté en mai 2023 un Plan de réponse et de soutien aux
populations vulnérables à l'insécurité alimentaire
et à la malnutrition (PRSPV), doté d'un budget de 215 milliards
de FCFA. Ce plan vise à améliorer l'accès à l'eau
potable, aux intrants agricoles, aux équipements de production, et
à renforcer l'alimentation du bétail. Il introduit
également des innovations en matière de résilience, en
orientant une partie des ressources vers le soutien à la production
agricole, notamment dans le cadre de la campagne humide 2023. Cette approche
intégrée cherche à réduire la dépendance
à l'aide alimentaire et à renforcer les capacités locales
de production.
2.2. Définition des concepts
v Sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire existe lorsque tous les
êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et
économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive
permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et
préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (SMA,
1996).
v Insécurité alimentaire
L'insécurité alimentaire est la situation des
populations qui sont en-deçà du seuil requis pour s'alimenter
convenablement à partir de leur propre production et/ou de leur revenu
annuel. Parmi les formes d'insécurités alimentaire figurent
l'insécurité alimentaire conjoncturelle qui est due à des
événements non prévus et l'insécurité
alimentaire structurelle due à une incapacité permanente à
répondre aux besoins alimentaires des membres de la famille
(Ouédraogo, 2004).
v Disponibilité alimentaire
La disponibilité alimentaire est en lien avec l'offre
alimentaire. Cette dimension est déterminée par le niveau de la
production alimentaire, le niveau des stocks et le commerce net. La
disponibilité est atteinte lorsqu'une quantité suffisante
d'aliments sains et nutritifs est disponible constamment pour les individus
dans un pays, lorsque ces aliments se trouvent à leur portée.
Cette quantité de nourriture doit répondre aux
préférences alimentaires des individus (FAO, 2008).
v Accessibilité alimentaire
L'accessibilité alimentaire est l'approvisionnement
adéquat en denrées alimentaires qu'il soit national ou
international ne garantit pas la sécurité alimentaire des
ménages. Cette dimension est essentiellement liée aux
infrastructures, aux installations de marché et de stockage, à la
stabilité politique, à la sécurité et aux
contraintes légales, culturelles ou religieuses (FAO, 2008).
v Utilisation alimentaire
L'utilisation alimentaire est la façon dont le corps
tire le meilleur parti des différents aliments absorbés. Un
apport suffisant en énergie et en nutriments par les individus est le
résultat de bonnes pratiques alimentaires, de la préparation des
aliments, de la diversité du régime alimentaire et de la
distribution des aliments au sein des ménages (FAO, 2008).
v Stabilité alimentaire
La stabilité alimentaire est atteinte lorsqu'un
approvisionnement fiable en produits alimentaires est disponible pour tous
à tout moment. Des conditions météorologiques
défavorables, l'instabilité politique ou des facteurs
économiques (chômage, hausse des prix des aliments) peuvent
impacter, l'accès, la disponibilité ou l'état nutritionnel
et par conséquent la sécurité alimentaire (FAO, 2008).
v Vulnérabilité alimentaire
La vulnérabilité alimentaire est le degré
auquel les personnes risquent d'être exposées à un
préjudice, des dommages, des souffrances et la mort. Ce risque est en
fonction des conditions physiques, économiques, sociales, politiques,
techniques, idéologiques, culturelles, écologiques et
institutionnelles qui caractérisent le contexte de ces personnes
(Ouédraogo, 2004).
v Soudure alimentaire
La soudure alimentaire correspond à la période
de l'année durant laquelle l'on se serre la ceinture en termes de
consommation alimentaire : au lieu de deux repas par jour, on en prendra un
seul afin d'économiser le grenier jusqu'à la prochaine
récolte (Ouédraogo, 2004).
v Disette
La disette correspond à la phase de la crise
alimentaire ou les gens maigrissent. Les stocks alimentaires sont
épuisés ou sont en voie de l'être. Le manque d'aliment est
général dans le village. On consomme des feuilles alimentaires de
brousse (Ouédraogo, 2004).
v Famine
La famine est une situation de manque total d'accès
à l'alimentation, de graves perturbations sociales et de
déplacements massifs de populations avec un épuisement des avoirs
relatifs aux moyens d'existence. Il y a mort d'homme (Ouédraogo,
2004).
v Malnutrition
La malnutrition est une condition physiologique anormale
provoquée par une consommation insuffisante,
déséquilibrée ou excessive de macronutriments et/ou de
micronutriments. Elle comprend à la fois les problèmes de
dénutrition (retard de croissance, émaciation et carences en
vitamines et minéraux) ainsi que les situations d'excès
pondéral ou d'obésité. Conclusion la malnutrition est un
état de déséquilibre alimentaire soit en excès ou
en défaut (FAO et al., 2020).
v Agriculture
L'agriculture est définie comme un ensemble des
activités humaines visant à produire des végétaux
et à élever des animaux pour répondre aux besoins
alimentaires, économiques et industriels de l'homme (CIRAD, 2003).
v Système d'Information
Géographique(SIG)
Le SIG est un cadre conçu pour capturer, stocker,
manipuler, analyser, gérer et présenter des données
spatiales ou géographiques. Le SIG permetd'analyser les relations
spatiales entre différents types de données et de produire des
cartes et des rapports détaillés (ESRI,2024).
v Télédétection
La télédétection est une collecte et
interprétation concernant la surface et l'environnement de la terre ou
d'autres corps céleste à une certaine distance. Elle rassemble
les données en présentant le rayonnement qui est émis
naturellement ou reflété par la surface de l'objet ou depuis
l'atmosphère, ou par la détection des signaux transmis depuis un
appareil et reflétés vers ce dernier. En plus ces méthodes
sont notamment la photographie aérienne, le radar et l'image satellite
(ESRI,2024).
2.3. Historique des crises alimentaires au Burkina Faso
Le Burkina Faso, pays sahélien d'Afrique de l'Ouest, a
été confronté à de nombreuses crises alimentaires
au fil des décennies, résultant de facteurs climatiques,
économiques et sociopolitiques. La vulnérabilité de son
agriculture, fortement dépendante des précipitations et sujette
aux effets du changement climatique, a régulièrement
exposé les populations à des périodes de pénurie et
de malnutrition. Par ailleurs, l'instabilité régionale et les
conflits armés ont amplifié les difficultés d'accès
aux ressources alimentaires, fragilisant la sécurité alimentaire
du pays.
v 1973-1974
Une grave crise alimentaire a frappé le Burkina Faso,
ainsi que d'autres pays du Sahel crises. Cette période fut
marquée par une grande sécheresse qui a conduit le pays à
la famine, mettant ainsi plus de 100000 personnes en état
d'insécurité alimentaire avec un déficit
céréalier de 330000 tonnes. La crise a conduit à
l'implémentation de systèmes d'alerte précoce pour mieux
gérer les futures crises (FAO, 1975).
v 1984-1985
Cette crise est due à une faible pluviométrie
sur le territoire Burkinabé, provoquant la famine dans les
régions du Nord, Sahel et l'Est. Une nouvelle crise alimentaire a
touché la région, renforçant la nécessité de
dispositifs de prévention et de gestion des crises alimentaires (G.
DUPRE et D. GUILLAUD, 1985).
v 1995-1996
C'est une crise causée par le manque de pluies ou
arrêt précoce auxquels est venue se surimposer la
dévaluation du franc CFA de 1994 qui a provoqué une très
forte inflation lorsque les commerçants ont voulu
récupérer leur perte financière ; ce qui a engendré
des pénuries localisées et la hausse spectaculaire des prix.
v 2007-2008
En raison des émeutes de la faim au Burkina Faso, les
produits alimentaires ont connu une hausse importante des prix, notamment le
riz importé qui a fait subir au riz local le même mouvement.
Seules les céréales locales restent relativement abordables
(Kaboré et Ouédraogo, 2008).
v 2014-2016
Les conflits intercommunautaires au Burkina Faso ont un impact
profond sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les
régions du nord et du nord-est du pays. Ces tensions perturbent les
systèmes alimentaires en limitant l'accès aux terres agricoles,
en réduisant la production et en entravant la distribution des
denrées essentielles. Dans certaines provinces, les attaques
armées et les déplacements forcés ont contraint les
agriculteurs à abandonner leurs exploitations, entraînant une
baisse significative de la production locale. De plus, la dépendance
croissante des populations urbaines aux aliments importés aggrave la
vulnérabilité alimentaire, car les chaînes
d'approvisionnement sont souvent perturbées par
l'insécurité (CIAT, 2024).
v 2016-2025
La crise sécuritaire au Burkina Faso a eu un impact
significatif sur la sécurité alimentaire, notamment depuis
l'intensification des conflits armés et des attaques de groupes
armés non étatiques. En 2025, environ 2,7 millions de personnes
sont touchées par l'insécurité alimentaire, dont 423 338
en phase d'urgence. Les régions les plus affectées sont celles du
Sahel, de l'Est et de Koulsé, où l'accès aux terres
agricoles est limité et la production céréalière a
chuté jusqu'à 74,6 % dans certaines provinces. La crise a
également perturbé les marchés agricoles, entraînant
une hausse des prix des céréales de 22 % à 37 % par
rapport à la moyenne quinquennale. Cette situation aggrave la
précarité des ménages, en particulier ceux dirigés
par des femmes et les déplacés internes, qui peinent à
accéder à une alimentation suffisante (Oxfam, 2025).
2.4. Présentation du milieu d'étude
La région de Koulséest l'une des est l'une des
17 régions du Burkina Faso. Elle est située entre12°40' et
14° Nord et entre 0°15' et 25° Ouest. Son chef-lieu est Kaya qui
se trouve à environ 100 km de la capitale Ouagadougou. La région
de Koulsédu Burkina Faso est limitée au nord par les
régions du Yaadga, Soum et Liptako au sud par la région du
Nakambé, à l'est par la région du Sirba et à
l'ouest par la région d'Oubri. La région de Koulsé couvre
une superficie de 19.508 km2 soit 7% du territoire national
Burkinabè. Elle se repartie entre les provinces du Bam, du Namentenga et
du Sandbondtenga. Sa population est essentiellement composée de mossi et
de Peulh. Le chef-lieu de la région est Kaya situé à
quelques 100 Km de Ouagadougou. La région de Koulséest
composée de 28 communes.Les principales activités
économiques de la région reposent sur l'agriculture,
l'élevage, l'artisanat, l'exploitation minières et l'exploitation
du bois. La carte ci-dessous est la représentation de la zone
d'étude.

Figure 1: Situation de la zone
d'étude
2.1. 2.5. Caractéristique
physique
2.5.1. Relief
La région de Koulséest
caractérisée par la présence de deux unités
géomorphologiques que sont les plateaux latéritiques sur roches
sédimentaires et les chaînes birrimiennes sur roches cristallines.
Les plateaux latéritiques constituent une vaste pénéplaine
monotone peu accidentée correspondant au versant du Niger (Barsalogho,
Boulsa, Tougouri) et ont une altitude comprise entre 300 m et 350 m. Toutefois,
la monotonie de cette unité est souvent rompue par endroits par des
vallées et des formations collinaires que sont : les vallées du
Nakambé au Centre-Sud et la Sirba à l'Est. Les chaînes
birriminiennes à l'Ouest dans le Bam se caractérisent par des
collines aux sommets tabulaires ou arrondis et sont très marquées
par le phénomène du cuirassement bauxitique ou ferrugineux. Elles
se regroupent soit en chaînes, soit se disposent linéairement et
culminent entre 484 m et 511 m (INSD,2022).
2.5.2. Types de sols
La région de Koulséoffre des sols à
dominance ferrugineux tropicaux à deux variantes : des sols ferrugineux
tropicaux peu profonds lessivés sur les glacis, plateaux,les sols
ferrugineux tropicaux profonds, difficiles à travailler dans les
bas-fonds. Ainsi, on rencontre Six types de sols :
- Les Lithosols sur cuirasse : sont des sols squelettiques,
ils ont une capacité de rétention d'eau quasi nulle sauf au
niveau de la diaclase où peuvent pénétrer les eaux de
pluie ;
- Les sols bruns eutrophes sur roches basiques ;
- Les sols ferrugineux tropicaux lessivés : ils sont
principalement aptes à la production des cultures pluviales notamment le
mil, le sésame, l'arachide et le niébé ;
- Les sols hydromorphes peu humifères à
pseudogley ;
- Les sols peu évolués d'érosion
gravillonnaire ;
- les sols sodiques.

Figure 2 : Pédologie de la
région
2.5.3. Climat
La région de Koulsédu Burkina Faso
bénéficie d'un climat sub-saharien, marqué par une
alternance entre une saison sèche prolongée et une saison
pluvieuse plus courte. D'octobre à mai, la sécheresse
prédomine avec des températures pouvant atteindre 40°C en
mars-avril, tandis que l'harmattan, un vent aride venu du Sahara,
soulève des nuages de poussière. À l'opposé, la
saison des pluies, qui s'étend de juin à septembre, apporte des
précipitations irrégulières oscillant entre 600 et 900 mm
par an, influençant directement la réussite des cultures,
dépendante de la répartition des eaux(DRAAH-CNR, 2021).
Les variations thermiques sont notables, avec des nuits
fraîches avoisinant 17°C en décembre et janvier.
L'humidité demeure faible en saison sèche, renforçant la
sensation de chaleur accablante. Les vents jouent un rôle
déterminant : l'harmattan dessèche l'atmosphère durant les
mois arides, tandis que les alizés maritimes tempèrent quelque
peu la chaleur durant la période humide. Ce climat façonne
profondément les activités économiques et agricoles de la
région, conditionnant la productivité des cultures et
l'accès aux ressources hydriques.

Figure 3: Précipitation moyenne
2022-2024
2.5.4. Réseau hydrographique
L'hydrographie de la région de Koulséest
marquée par une variabilité climatique significative,
influençant les ressources en eau. La région a connu des
changements notables entre 1961 et 2015, avec une diminution des
précipitations et une augmentation des périodes de
sécheresse (KABORE et al.,2019). Ces variations climatiques ont
un impact direct sur les cours d'eau et les retenues d'eau, affectant ainsi les
activités agricoles et la disponibilité de l'eau potable. En
outre la région est traversée par le bassin du Mouhoum et du
Nakanbé. La région est caractérisée par une grande
importance de forages et d'aménagements hydrauliques pour
répondre aux besoins croissants en eau, tout en soulignant les
défis posés par l'érosion et la dégradation des
sols.

Figure 4: Réseau hydrographique
2.5.5. Végétation
Avec une végétation de type soudano
sahélien dans la région, la région est
caractérisée par trois types de formations
végétales. Du Nord au Sud, la steppe arbustive fait
progressivement place à une steppe arborée, à la savane
arbustive et à la savane arborée. Les ressources
forestières dotées d'une composition floristique assez
variée couvrent une superficie de plus de 60 000 ha. La région
regorge d'une forte diversité biologique, et plus d'une soixantaine
d'espèces fournissent des Produits forestiers non ligneux (PFNL). Les
PFNL sont les fruits, graines, feuilles, fleurs, tiges, écorces, racines
et la sève. On retient en particulier l'Acacia sénégal,
Vitellaria paradoxa, le Tamarindus indica, le Bombax costatum, l'Adansonia
digitata et l'Acacia macrostatachya. Plus de 95% de la faune abattue dans les
Zones villageoises d'intérêt cynégétique (ZOVIC) est
aviaire, ce qui amène à dire que la faune sauvage dans la
région est essentiellement aviaire. La faune aquatique est peu
diversifiée par rapport à la faune terrestre.
2.6. Caractéristique humaine et
socio-économique
2.6.1. Démographie
Au plan démographique, la région de
Koulsécompte 1 874 669 habitants selon les résultats du
cinquième Recensement général de la population et de
l'habitation (RGPH), soit 9,1% de la population totale du Burkina Faso (INSD,
2022). C'est la cinquième région la plus peuplée. La
population est essentiellement composée de Mossi, de Peulh, de
Gourmantché et de Fulsé. Kaya, chef-lieu de la région,
avec une population de 121 970 habitants en 2019, soit 2,3 % de la population
urbaine du pays est le principal centre urbain de la région. La ville de
Kaya est la cinquième (5e) plus grande ville démographique du
Burkina Faso.

Figure 5: Densité de la population
2.6.2. Activités
socio-économiques
La région de Koulséest un espace où les
activités socio-économiques jouent un rôle fondamental dans
le quotidien des populations.
L'agriculture est l'activité principale et
pratiquée par une majorité de la population. Le mil, le sorgho,
le maïs et le niébé sont les cultures dominantes
principalement destinés à l'autoconsommation (MAAH, 2022).
Cependant, une partie de la production est commercialisée sur les
marchés locaux. Les techniques agricoles restent majoritairement
traditionnelles, bien que des efforts soient faits pour introduire des
pratiques modernes et améliorer les rendements. L'accès
limité à l'eau et les défis climatiquescompliquent souvent
les activités agricoles.
L'élevage est une activité complémentaire
essentielle à l'agriculture. Les habitants élèvent
principalement des bovins, ovins, caprins et volailles. Cette activité
joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire et
constitue une source importante de revenus pour les ménages. Les
produits issus de l'élevage, tels que le lait, la viande et les peaux,
sont utilisés localement et parfois vendus dans d'autres régions
(INSD, 2022).
L'artisanat est une activité économique
importante, particulièrement pour les femmes et les jeunes. Les artisans
de la région produisent une variété d'articles, notamment
des textiles, des poteries, des objets en cuir et des bijoux. Ces produits
reflètent le riche patrimoine culturel de la région et sont
souvent vendus sur les marchés locaux ou exportés vers d'autres
régions du pays. L'artisanat contribue non seulement à
l'économie locale, mais aussi à la préservation des
traditions culturelles.
Le commerce joue un rôle central dans l'économie
de la région, facilitant l'échange de biens et de services. Les
marchés hebdomadaires sont des lieux dynamiques où les habitants
vendent et achètent des produits agricoles, artisanaux et des biens de
consommation. Le commerce permet également de diversifier les sources de
revenus des ménages et de renforcer les liens économiques avec
d'autres régions du Burkina Faso (ANABEL, 2023).
CHAPITRE III :
METHODOLOGIE
3.1. Méthode et approches pour mesurer
l'insécurité alimentaire
3.1.1. Approche
générale
Ce travail s'inscrit dans une démarche
pluridisciplinaire mobilisant à la fois des outils d'analyse climatique,
des méthodes d'observation spatiale et des techniques
d'évaluation agro-statistique. L'objectif est de comprendre les
interactions entre les dynamiques climatiques, les transformations de
l'occupation du sol liées à la crise sécuritaire, et les
performances agricoles dans la région de Koulsé. L'approche
méthodologique repose ainsi sur l'intégration de données
climatiques, géospatiales et socio-économiques, analysées
à l'aide d'outils de géomatique et de traitement statistique.
3.1.2. Integrated
Phase Classification (IPC) de la FAO
Avec les différentes
méthodes et approches existant tant au niveau global que local, les
acteurs ont compris qu'il faut mettre en place un système permettant
d'uniformiser les stratégies de réponse aux crises (Kinet, 2019).
L'IPC a été élaboré par la FAO en 2004. Cet outil
de description de la sévérité de
l'insécurité alimentaire classifie les zones
étudiées en cinq phases : minimale, sous-pression, crise,
urgence, famine. Cette classification est réalisée pour la
situation en cours et pour la saison à venir sou forme de projection
(FAO, 2012).
3.1.3. Indice de
Faim Global
Cet indice développé par l'institut
international de la recherche sur les politiques alimentaires cible le niveau
macro (pays, régions). Il analyse la faim à la lumière de
trois indicateurs : l'indicateur de la FAO, l'indicateur de l'OMS qui
évalue la proportion d'enfants de moins de cinq ans en insuffisance
pondérale et l'indicateur de l'UNICEF sur la mortalité des
enfants de moins de cinq ans (Napoli et al., 2011).
3.1.4. Indice de la
faim développé par Action Aid
Cet indice est développé par l'ONG Action Aid.
Il mesure les résultats de la faim, mais aussi les engagements d'un pays
à éradiquer la faim en termes de droit légal à
l'alimentation, ainsi que les investissements de ce pays dans l'agriculture et
la protection sociale. C'est un indice publié en 2009 qui travaille
à l'échelle des ménages. Les différentes parties de
chaque composante de l'indice sont pondérées différemment
et les réalisations d'un pays sont évaluées par rapport
à ce que le pays est capable de réaliser. Cet indice peut
être appliqué à n'importe quel pays, il est très
bien noté en tant qu'instrument de plaidoyer et a une portée
mondiale, ce qui le rend utile pour le ciblage par pays ou par région
(Napoli et al., 2011).
3.1.5. Approche
nationale de la sécurité alimentaire au Burkina Faso
Depuis les années 90, les
auteurs et les praticiens préoccupés par la
vulnérabilité liée à la sécurité
alimentaire et nutritionnelle se sont engagés dans une longue tentative
de définir la vulnérabilité et de développer des
méthodes pour la mesurer (Dilley et Boudreau, 2001). Les indicateurs
pour la mesure de l'insécurité alimentaire existent pour
différentes échelles. Ces indicateurs vont du niveau mondial,
national, local et jusqu'au niveau des ménages ou des individus.
Le PNSAN à permit de comprendre la situation et
d'identifier les zones à risque et planifier les interventions
efficaces. Grâce à des outils tels que le Système d'Alerte
Précoce, l'Enquête Nationale de Sécurité Alimentaire
et Nutritionnelle, le Cadre Harmonisé, le Système de Suivi de la
Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, et les analyses
régionales spécifiques. Il dispose d'un cadre robuste pour lutter
contre l'insécurité alimentaire. Dans les lignes suivantes, nous
allons présenter différentes méthodes et indices
utilisés dans le suivi de la sécurité alimentaire dans le
monde.
3.2. Indices dérivés de satellites couramment
utilisés pour le suivi agricole
Les indices de végétation permettent de
surveiller les fluctuations saisonnières, interannuelles et à
long terme des paramètres structurels, phénologiques et
biophysiques de la végétation. Les indices de
végétation les plus couramment utilisés pour le suivi de
la végétation à l'échelle mondiale et locale sont
l'Indice de Végétation par Différence Normalisé
(NDVI) et l'Indice de Végétation Amélioré
(EVI).Landsat 8 et 9 offrent une résolution spatiale de 30 m, ce qui les
rend particulièrement adaptés à cette études
détaillées et localisées sur les détections de
variations subtiles, notamment dans les zones sombres comme les forêts
denses ou les plans d'eau. Grâce à leurs capteurs avancés,
OLI (Operational Land Imager) et TIRS (Thermal Infrared Sensor), ces satellites
permettent de produire des indices comme le NDVI (Normalized Difference
Vegetation Index), fournissant des données précises sur
l'état et l'évolution de la végétation. Avec une
résolution temporelle de 16 jours, Landsat 8 et 9 assurent un suivi
régulier et cohérent des changements de végétation
à travers le temps.La comparaison entre les valeurs de
référence et une valeur ponctuelle est appelée anomalie.
Cette valeur montre les changements dans la production agricole. Les images de
l'anomalie sont utiles pour mesurer la sécheresse par rapport à
l'état normal (SVS, 2021). Un changement positif est qualifiée
d'anomalie positive dans le cas contraire il s'agit d'une anomalie
négative. Dans ce cas précis, l'anomalie négative peut
servir d'alerte précoce. Les indices seront présentés en
deux groupes : ceux qui sont en rapport avec l'état des cultures et ceux
qui sont liés au niveau des précipitations ou de la
sécheresse.
3.3. Matériels et données
3.3.1.
Matériel
Dans le cadre de cette étude, plusieurs types de
matériels sont mobilisés pour la collecte et l'analyse des
données. Tout d'abord, un ordinateur portable PH équipé de
logiciels spécialisés tels que ArcGIS 10.8 et ENVI 5.3,
utilisés pour l'analyse spatiale, le traitement cartographique et le
traitement des images satellites. Excel est employé pour le traitement
des données quantitatives et qualitatives, tandis que Google Earth
Engine permet le traitement en cloud des séries temporelles d'images.
Enfin, des supports documentaires physiques et numériques, tels que des
mémoires, des articles, des rapports et des thèses, sont
consultés à la bibliothèque d'AFRIGIS ainsi que sur
Internet (Google Scholar, PAM, FAO).
3.3.2.
Données
Ø Données climatiques
Les données de température et de
précipitations annuelles couvrant la période 2015-2024 ont
été collectées auprès de DRAAH-CN. Ces
données, sous forme de séries temporelles, ont permis d'analyser
la variabilité interannuelle du climat dans la région.
Ø Données géospatiales
Les données spatiales utilisées comprennent :
- Des images satellites Landsat 8/9 de résolution 30 m
pour les années 2015, 2020 et 2025, permettant la cartographie de
l'occupation du sol.
- Des couches vectorielles représentant les limites
administratives, les infrastructures, les réseaux hydrographiques et les
zones agricoles issue de IGB.
- Des données sur la densité des PDI, issues des
bases de données du CONASUR.
Ø Données agricoles
Les statistiques agricoles (superficies emblavées,
volumes produits, types de cultures) ont été obtenues
auprès de la DRAAH-CN. Ces données sontcroisées avec les
caractéristiques pédologiques pour évaluer les
performances agricoles par province.
3.4. Traitement des données
Ø Analyse
climatique
Les données climatiques sont traitées à
l'aide de tableaux et de logiciels statistiques. On calcule les moyennes
annuelles, les écarts à la moyenne décennale ainsi que les
tendances afin d'identifier les années marquées par une
contrainte thermique ou hydrique. Des graphiques temporels sont produits pour
visualiser les fluctuations, et des interpolations spatiales, notamment par la
méthode IDW, permettent de cartographier les anomalies climatiques.
Ø Analyse spatio-temporelle de l'occupation du
sol et de l'insécurité
Les images satellites sont prétraitées
(corrections atmosphériques, découpage), puis classées
à l'aide de la méthode supervisée Maximum Likelihood dans
le logiciel ENVI. Trois dates clés (2015, 2020, 2025) sont retenues pour
analyser l'évolution de l'occupation du sol. Les changements sont
quantifiés par le calcul des surfaces par classe et des taux de
conversion. La densité des PDI est cartographiée à l'aide
de la méthode de densité par noyau (Kernel Density Estimation),
et les flux migratoires sont représentés par des cartes de flux
directionnels. Ces analyses permettent de croiser les dynamiques
sécuritaires avec les transformations spatiales.
Ø Analyse des zones agricoles et des
rendements
Les cartes pédologiques sont croisées avec les
cartes d'occupation du sol afin d'identifier les zones de production agricole
en fonction des types de sols. Les rendements agricoles sont calculés
à partir des données de production et des superficies
emblavées, puis cartographiés par province. Une analyse
comparative est menée pour évaluer l'influence des types de sols
et des conditions climatiques sur les performances agricoles.
Ø Trajectoire migratoire
Le flux de déplacement des PDI dans la région du
Centre-Nord du Burkina Faso a été réalisée à
partir des données fournies par le CONASUR. Ces données ont
été traitées dansArcGIS 10.8. Les flux migratoires ont
été modélisés sous forme de flèches
directionnelles reliant les communes de départ et d'arrivée, avec
une épaisseur proportionnelle au nombre de PDI recensés. Trois
classes de flux ont été définies pour faciliter la lecture
: 26-958, 959-2556 et 2557-7546 personnes. Les limites administratives ont
été intégrées pour contextualiser les mouvements,
et les symboles cartographiques ont permis de distinguer les points de
départ (rouges) et d'arrivée (noirs). Cette carte offre une
représentation synthétique des dynamiques migratoires internes
à un instant donné, tout en reconnaissant les limites
liées à l'évolution rapide des déplacements et
à la disponibilité inégale des données dans
certaines zones
Ø Calcul d'indice de la sécurité
alimentaire
L'évaluation de la sécurité alimentaire
repose sur une approche méthodologique rigoureuse combinant des
données quantitatives, qualitatives et spatiales. La collecte des
données s'appuie sur des enquêtes de terrain menées
auprès d'un échantillonnage représentatif de
ménages, sélectionné selon un échantillonnage
stratifié tenant compte des disparités géographiques et
socio-économiques. Le principal indicateur utilisé est le Score
de Consommation Alimentaire (SCA), calculé selon la méthodologie
de la FAO :

· fje représente la
fréquence de consommation (nombre de jours sur 7) du groupe
alimentaire,
· ùje est le poids nutritionnel
attribué à ce groupe selon sa valeur nutritive (par exemple, 4
pour les protéines animales, 3 pour les légumineuses, 2 pour les
céréales, etc.),
· n est le nombre total de groupes
alimentaires.
Les scores obtenus sont ensuite classés selon les
seuils standards :
· SCA <21 consummation pauvre
· 21 = SCA < 35: consommation limite : consommation
limitée
· SCA = 35: consommation acceptable : consommation
acceptable
L'Indicateur de Sécurité Alimentaire (ISA) a
été construit en agrégeant quatre dimensions fondamentales
: la disponibilité, l'accessibilité, l'utilisation et la
stabilité. Chaque pilier a été évalué
à l'aide d'indicateurs spécifiques : rendement agricole, prix des
denrées, diversité alimentaire, accès à l'eau
potable, variabilité des prix, etc. Un score pondéré a
été attribué à chaque dimension.

· DD = score de disponible
· AA = score accessible
· UU = score utile
· SS = score de stable
· á,â,ã,ä sont les coefficients
de pondération (égaux ou ajustés selon l'importance
relative des dimensions dans le contexte local).
Tableau 1 :
Description des données
|
Types de
données
|
Format
|
Source
|
Traitement
|
Utilisé
|
|
Démographiques
|
XLSX
|
INSD
|
Excel, ArcGis
|
Carte de la densité population
|
|
Administrative, Pédologie
|
SHP
|
IGB, BUNASOL
|
ArcGis
|
Cartographie de la zone d'étude et la
pédologie
|
|
Images satellitaires Landsat OLI
|
TIFF
|
USGS
|
ENVI
|
Carte d'occupation du sol ;
Identification des zones propices pour l'agriculture.
|
|
Production agricole
|
XLSX
|
DRAAH-CN
|
Excel, ArcGis
|
Cartographie de la production agricole ; tableau et
diagramme agricole
|
|
Climatiques
|
XLSX
|
DRAAH-CN
|
Excel, ArcGis
|
Cartographie des zones climatique ; diagramme
|
|
Personnes déplacées internes (PDI)
|
XLSX
|
CONASUR
|
Excel, ArcGis
|
Carte de flux des déplacements de population
|
|
Score alimentaire
|
XLSX
|
MAAH
|
Excel, ArcGis
|
Carte d'indice de score alimentaire
|
3.5. Base de données de la sécurité
alimentaire
Ø Conceptualisation de la base de données
La structuration d'un système d'information repose
avant tout sur la conceptualisation d'une base de données
adaptée. Dans le contexte de cette étude portant sur la
sécurité alimentaire, cette étape consiste à
modéliser de manière abstraite et logique les objets du monde
réel sous forme d'entités, d'attributs et de relations,
déterminant des contraintes techniques spécifiques. La
démarche suit une séquence rigoureuse :
· Analyse des besoins en données en fonction des
objectifs de l'étude
· Identification des entités pertinentes telles
que les communes, les ménages et les produits agricoles
· Définition des attributs caractéristiques
de l'entité de chaque entité, comme la surface cultivée,
la densité des PDI et le score alimentaire
· Détermination des relations qui lie ces
entités entre elles
· Spécification des cardinalités pour
chaque relation
Ces étapes permettent d'établir un schéma
conceptuel, illustré par un diagramme entité-association. Ce
schéma joue un rôle central dans la modélisation et la mise
en oeuvre de la base, que ce soit dans unSIG ou un système de gestion de
base de données (SGBD).
Ø Base de données
relationnelles
Le modèle relationnel est utilisé pour
structurer les bases de données dans les études territoriales. Il
repose sur l'organisation des données en relations (tables), chacune
constituée de tuples (lignes) et d'attributs (colonnes). Chaque relation
représente une entité et les clés primaires assurent
l'unicité des enregistrements, tandis que les clés
étrangères permettent la liaison entre les relations. Cette
structuration garantit l'intégrité des données, facilite
les mises à jour et permet une interrogation efficace à travers
le langage SQL.Dans le contexte de l'analyse de la sécurité
alimentaire dans la région de Koulsé, la base relationnelle
permet d'intégrer de façon cohérente les données
climatiques, démographiques, agricoles et nutritionnelles. Les
informations sur les communes peuvent être liées aux scores de
consommation alimentaire, aux données de production agricole et aux flux
des PDI à travers des jointures, facilitant ainsi la production de
cartographies thématiques et d'indicateurs agrégés.
Ø Élaboration des entités et
attributs
L'élaboration des entités et de leurs attributs
consiste à identifier les objets fondamentaux de l'étude, ainsi
que leurs caractéristiques descriptives. Dans le cadre de cette
recherche, les entités retenues incluent les communes, les
ménages, les produits agricoles, les indices climatiques et les PDI.
Chaque entité comporte des attributs spécifiques : la commune
possède un identifiant, une superficie, un taux
d'insécurité alimentaire et une densité des PDI ; le
ménage présente un score alimentaire, un revenu mensuel et une
distance aux marchés ; le produit agricole est décrit par son
type, sa superficie emblavée et son rendement. Cette structuration
facilite la cohérence des analyses statistiques et spatiales.
Ø Modélisation conceptuelle
La modélisation conceptuelle consiste à
représenter graphiquement les entités, leurs attributs et les
relations qui les unissent à l'aide du modèle
Entité-Association. Le schéma ci-dessous traduit cette logique
relationnelle :
· L'entité Commune est en relation
un-à-plusieurs avec l'entité Ménage, chaque commune
pouvant regrouper plusieurs ménages.
· L'entité Ménage possède un lien
vers l'entité Score Alimentaire, indiquant le niveau de
sécurité nutritionnelle.
· Une commune est également liée à
plusieurs Produits Agricoles, eux-mêmes associés à des
Rendements variables selon les types de sols et les conditions climatiques.
· L'entité PDI est associée à la
commune, indiquant la densité et les flux de déplacements
internes.
Ce schéma conceptuel permet une structuration efficace
des données et une intégration optimale dans les outils
géospatiaux comme ArcGIS ou Google Earth Engine, facilitant ainsi
l'analyse croisée entre dimensions spatiales et sociales.
PRODUIT_ID
COMMUNE_ID
TYPE_PRODUIT
SUPERFICIE_EMBLAVE
RENDEMENT
PRODUIT_AGRICOLE
COMMUNE_ID
NOM_COMMUNE
SUPERFICIE
TAUX_INSECURITE
DENSITE_PDI
COMMUNE
Production
Habitat
Rendement
INDICE_CLIMAT
MENAGE
INDICE_ID
COMMUNE_ID
TYPE_INDICE
VALEUR_INDICE
MENAGE_ID
COMMUNE_ID
SCORE_ALIMT_ID
REVENU_MENSUEL
DISTANCE_MARCHE
Climat
Déplacement
ISA
SCORE_ALIMT_ID
VALEUR_SCORE
SCORE_ALIMENTAIRE
PDI
PDI_ID
COMMUNE_ID
DENSITE
FLUX_DEPLACEMENT
Crise alimentaire
Figure 6: Diagramme conceptuel de la base de
données
3.5. Données
PDI, Score alimentaire, Démographique
Diagramme
BASE DE DONNEES
Prétraitement, Extraction de la zone d'étude
Classification supervisée ; Post classification
Couches pédologique
Projection ; superposition
Extraction pédologique
Extraction de la zone d'étude
Traitement statistique
Traitement statistique
Image Landsat OLI-TIR 2015, 2020 et 2025
Données pédologiques
Limites administratives
Données climatiques, Production agricole
Diagrammes température, précipitation et
agricole
Répartition des PDI ; Calcul de Score Alimentaire
Carte d'indice de score alimentaire
Zones agricoles
Flux de déplacement des PDI
Zones climatiques
Occupation du sol 2015, 2020 et 2025
Densitépopulation et PDI
Zone d'étude
Figure 7: Diagramme méthodologique
CHAPITRE IV :
RESULTATS
I. Identification des communes à
risque d'insécurité alimentaire dans la région de
Koulsé
1. Analyse spatio-temporelle de
l'occupation des sols dans la région de Koulsé
a. Situation d'occupation territoriale en 2015 avant la crise
sécuritaire
En 2015, la région de
Koulséprésentait une configuration agroécologique
équilibrée, marquée par une cohabitation fonctionnelle
entre terres cultivées, pâturages, formations
végétales et zones humides. Cette stabilité spatiale
favorisait une gestion harmonieuse des ressources naturelles, soutenue par la
mobilité pastorale, l'accessibilité aux marchés et la
résilience des systèmes de production vivriers. La figure
ci-dessous est l'occupation du sol en 2015.

Figure 8 : Occupation du sol en 2015
L'analyse de l'occupation du sol
en 2015 révèle une prédominance marquée du sol nu,
avec une superficie de 1711,66 km², représentative de la majeure
partie du territoire étudié. Cette dominance suggère une
forte pression anthropique et des conditions naturelles défavorables
à la couverture végétale. Les zones bâties couvrent
161,52 km², ce qui indique une urbanisation
modérée,concentrée autour des pôles
économiques ou des axes de communication. La végétation
naturelle, avec 158,81 km² témoignent d'une présence encore
significative d'écosystèmes préservés, bien que,
témoigne d'une présence encore significative
d'écosystèmes préservés, bien que
fragmentés.
Les terres agricoles occupent 150,91 km², ce qui traduit
une activité agro-pastorale relativement développée mais
limitée par rapport à l'étendue du sol nu. Cette situation
reflète des contraintes pédoclimatiques et une faible
mécanisation agricole. La faible superficie des plans d'eau 3,44
km² indique une rareté des ressources hydriques de surface, ce qui
pourrait avoir des implications sur l'irrigation, la biodiversité
aquatique et la résilience climatique de la région.
La proportion relativement élevée de zones
bâties par rapport aux terres agricoles et à la
végétation naturelle peut être interprétée
comme un signe d'urbanisation croissante, susceptible d'entraîner une
artificialisation des sols et une fragmentation écologique. Cette
dynamique pourrait accentuer les risques environnementaux tels que
l'érosion, la perte de biodiversité et les îlots de chaleur
urbains. Par ailleurs, la faible couverture végétale et la
prédominance du sol nu présentent des défis en
matière de gestion durable des ressources naturelles et de lutte contre
la désertification.

Figure 9 :
Statistique d'occupation du sol en 2015
b. Premiers impacts de la crise sécuritaire sur
l'usage du sol en 2020
L'année 2020 marque un
tournant critique dans la configuration spatiale de Koulsé,
révélant les premiers effets tangibles de la crise
sécuritaire sur l'usage du sol. Face à la montée de
l'insécurité, les mouvements massifs de populations ont
entraîné une réorganisation forcée des territoires :
abandon de zones agricoles jadis productives, extension
désordonnée des terres cultivées dans les zones refuges,
et dégradation rapide des écosystèmes. La figure
ci-dessous est la représentation d'occupation des sols en 2020.

Figure 10 : Occupation des sols en 2020
L'analyse spatio-temporelle de
l'occupation du sol en 2020 révèle une structuration territoriale
marquée par une prédominance de certaines catégories
d'occupation. Les résultats mettent en évidence les interactions
entre les dynamiques naturelles et anthropiques. Cette approche est essentielle
pour comprendre les enjeux liés à la gestion durable des
ressources et à l'aménagement du territoire. Les sols nus ont une
dominance dans la région avec une superficie de 1 645,09 km². Cette
prédominance se traduit une forte pression anthropique, une
dégradation des couvertures végétales et des conditions
climatiques défavorables. La végétation occupe 182,35
km², ce qui indique une présence relativement faible de zones
naturelles ou forestières, tandis que la zone agricole couvre 168,03
km², soulignant une activité agricole modérée. Le
bâti s'étend sur 174,52 km², ce qui témoigne d'une
urbanisation en croissance, et enfin, les zones d'eau ne représentent
que 15,44 km², suggérant une faible disponibilité ou
accessibilité des ressources hydriques.
La forte proportion de sol nu peut être
interprétée comme un indicateur de vulnérabilité
écologique, notamment en lien avec l'érosion, la
désertification et l'abandon des terres agricoles. La faible couverture
végétale et la modeste superficie agricole traduisent une
pression sur les écosystèmes et une possible réduction de
la biodiversité. L'expansion du bâti, bien que limitée,
pourrait être le reflet d'une urbanisation diffuse et d'un
développement périurbain. Quant à la faible
présence des plans d'eau, elle soulève des questions sur la
gestion des ressources hydriques et leur rôle dans la résilience
territoriale.

Figure 11 : Statistique d'occupation du sol
en 2020
c. Reconfiguration spatiale sous pression humanitaire et
écologique en 2025
En 2025, la région de Koulsé se trouve
confrontée à une transformation spatiale profonde,
conséquence directe de la persistance de la crise sécuritaire et
de ses répercussions humanitaires. Les déplacements massifs de
populations vers des zones perçues comme sûres provoquent une
concentration extrême des activités humaines, engendrant une
anthropisation accélérée du territoire. La figure
ci-dessous est la représentation d'occupation sol en 2025.

Figure 12 :
Occupation sol en 2025
L'analyse cartographique couplée aux données
statistiques permet d'identifier les tendances majeures d'utilisation du
territoire, de quantifier les superficies affectées à chaque
catégorie d'occupation, et d'évaluer les implications pour la
planification territoriale. Cette approche est essentielle pour anticiper les
besoins futurs en matière de gestion des ressources et
d'aménagement durable.Les données statistiques
révèlent une nette prédominance du sol nu, qui couvre 1
151,45 km², soit la plus grande partie du territoire régional.
Cette situation peut refléter une intensification des processus de
dégradation des terres ou une faible valorisation des espaces naturels.
La végétation occupe 182,37 km², ce qui indique une relative
occupe 182,37 km², ce qui indique une relative stabilité par
rapport à 2020, tandis que la zone agricole régresse à
146,13 km², suggérant une diminution des activités agricoles
ou une reconversion des terres. Le bâti s'étend sur s'étend
sur 691,12 km², marquant une forte croissance de l'urbanisation. Enfin,
les zones d'eau restent marginales avec 16,03 km², confirmant une faible
présence des ressources hydrique reste marginales avec 16,03 km²,
confirmant une faible présence des ressources hydriques.
La forte expansion du bâti entre 2020 et 2025 traduit
une urbanisation accélérée, probablement liée
à la croissance démographique et à l'extension des
infrastructures. Cette dynamique peut engendrer une pression croissante sur les
terres agricoles et les écosystèmes naturels. La réduction
des superficies agricoles et la persistance du sol nu présentent des
enjeux majeurs en termes de sécurité alimentaire, de gestion des
terres et de lutte contre la désertification. La stabilité
relative de la végétation pourrait résulter d'efforts de
conservation ou d'une résilience écologique locale. La faible
variation des zones d'eau suggère une stagnation dans la gestion ou le
développement des ressources hydriques.

Figure 13 :
Statistique d'occupation du sol en 2025
2. Evolution d'occupation du sol de la
région de Koulsé
a. Détection de changement entre 2015-2020

Figure 14: Détection de changement
entre 2015-2020
Les résultats cartographiques et statistiques
révèlent une dynamique spatiale significative entre 2015 et 2020.
La superficie totale affectée par des changements est répartie
comme suit : 813,14 km² ont connu une augmentation, 1221,17 km² une
régression, tandis que 102,73 km² sont restés stables. Ces
chiffres traduisent une forte instabilité du territoire, avec une
prédominance des zones en régression, représentant environ
55 % des changements détectés. Cette tendance peut être
liée à des facteurs anthropiques tels que l'urbanisation non
planifiée, la déforestation et l'exploitation agricole
intensive.La régression observée pourrait indiquer une
dégradation des écosystèmes ou une perte de couverture
végétale, ce qui soulève des préoccupations
environnementales majeures. L'augmentation, bien que significative (environ 36
% des changements), pourrait correspondre aux zones de reboisement, d'expansion
urbaine ou de développement agricole. La faible superficie stable
(seulement 4,6 % du total) témoigne d'une forte pression sur le
territoire, suggérant que les processus de transformation sont en cours
et vraisemblablement accélérés.

Figure 15: Statistique de détection de
changement
b. Détection de changement entre 2020-2025

Figure 16 : Détection de changement
entre 2020 - 2025
Les résultats révèlent une dynamique
territoriale significative entre 2020 et 2025. La superficie stable,
estimée à 1159,12 km², indique une portion du territoire qui
n'a subi aucun changement notable au cours de cette période. Cela peut
correspondre à des zones protégées, des espaces naturels
peu exploités ou des zones urbaines consolidées. Cette
stabilité est essentielle pour comprendre les zones résilientes
face aux pressions anthropiques ou environnementales.L'augmentation de
superficie, qui atteint 11 223,03 km² suggère une expansion
naturelles marquée par certaines catégories d'occupation du sol.
Ce changement est attribué à l'urbanisation, à l'extension
des terres agricoles et au reboisement dans certaines zones. Cette croissance
spatiale peut refléter des politiques d'aménagement du
territoire, une pression démographique ou des initiatives de
développement durable. Elle mérite une attention
particulière pour évaluer ses impacts sur les
écosystèmes et les ressources naturelles.

Figure 17: Statistique de
détection de changement entre 2020-2025
3. Évolution
de la densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020 et
2025
a. Situation de la densité des
PDI en 2020
En 2020, la région de
Koulsé connaît une première vague massive d'installation
des PDI, conséquence directe de l'intensification des violences dans les
zones rurales. Cette dynamique se traduit par une concentration
hétérogène des PDI autour de certaines communes
perçues comme relativement sûres, telles que Kaya, Barsalogho ou
Pensa, où les densités dépassent largement la moyenne
régionale. Cette pression soudaine sur les territoires d'accueil
déséquilibre l'accès aux ressources agricoles,
accroît la compétition foncière, et fragilise les
capacités d'adaptation des populations hôtes comme
déplacées. La figure ci-dessous représente la
densité des PDI dans la région de Koulsé en 2020.

Figure 18 : Densité des PDI en 2020
En 2020, la densité moyenne des PDI dans la
région s'élevait à 239 PDI/km², avec des pics
très marqués dans certaines communes : Kaya 2 655 PDI/km²,
Barsalogho 1 146 PDI/km² et de Pensa 1 097 PDI/km². Ces valeurs
traduisent une concentration exceptionnelle de déplacés dans des
espaces souvent déjà fragiles sur le plan économique,
social et écologique. En comparaison, d'autres communes comme Bouroum
218 PDI/km² ou Dablo 182 PDI/km² montrent une densité bien
inférieure, révélant des inégalités dans la
pression exercée sur les ressources locales.
Cette répartition hétérogène
influe directement sur la sécurité alimentaire régionale.
Dans les communes fortement peuplées, la pression foncière est
telle que les espaces cultivables sont surexploités, entraînant
une baisse de la fertilité des sols. Les ménages hôtes et
PDI se retrouvent en compétition pour l'accès aux ressources
agricoles, à l'eau et aux marchés, provoquant une rupture des
équilibres traditionnels de production. Par ailleurs, la forte
dépendance des PDI à l'aide humanitaire limite leur autonomie et
fragilise les systèmes alimentaires locaux. La figure ci-dessous est la
représentation statistique de la densité des PDI dans la
région de Koulsé en 2020.

Figure 19 : statistique de la densité
des PDI dans la région de Koulsé en 2020
b. Densité des PDI de la
région deKoulsé en 2025
La densité des PDI dans la région
deKoulséatteint un niveau critique, conséquence d'un afflux
continu vers des zones jugées relativement sécurisées.
Cette concentration extrême, notamment dans plusieurs communes perturbe
profondément l'organisation spatiale et aggrave les
déséquilibres sociaux, économiques et écologiques.
La surpopulation des zones d'accueil entraîne une saturation rapide des
infrastructures, une compétition accrue pour les ressources naturelles,
et intensifie les tensions entre communautés hôtes et
déplacées.Lafigureci-dessous est la représentation de la
densité des PDI dans la région de Koulsé en 2025.

Figure 20 :
Densité des PDI en 2025
La densité des personnes déplacées
internes dans la région de Koulséen 2025, illustrée par la
carte de la densité des PDI en 2025, montre une concentration
marquée dans certaines localités stratégiques. Cette
évolution reflète un déplacement massif vers des zones
perçues comme plus sûres, notamment dans les communes du
Sandbondtenga et du Namentenga, où les PDI représentent
désormais plus de 30 % de la population locale dans certaines communes.
Cette densité élevée traduit une pression humanitaire
importante et un bouleversement socio-spatial des territoires.Ce flux
migratoire impacte directement la production agricole. Dans les zones de
départ, les activités agricoles sont souvent interrompues : les
champs sont abandonnés, les cycles de culture sont rompus, et la
production céréalière chute en conséquence.
À l'inverse, dans les zones d'accueil, l'installation soudaine des PDI
engendre une surexploitation des terres et une compétition accrue pour
l'accès aux ressources agricoles. Les conflits fonciers se multiplient
entre les populations hôtes et déplacées, réduisant
la productivité agricole et compromettant les efforts d'autosuffisance
alimentaire. Ces perturbations ont des répercussions alarmantes sur la
sécurité alimentaire. Les données révèlent
une augmentation de l'insécurité alimentaire
modérée à sévère dans les localités
à forte densité de PDI, avec un accès réduit aux
denrées de base et une hausse des prix des produits agricoles. Les
réserves alimentaires s'amenuisent plus rapidement, accentuant la
vulnérabilité des ménages, en particulier parmi les
groupes déplacés. Cette situation souligne l'urgence d'une
réponse conjointe : humanitaire, agricole et sécuritaire, pour
restaurer la stabilité alimentaire dans le Koulsé. La figure
ci-dessous est la représentation statistique de la densité des
PDI dans la région de Koulsé en 2020

Figure 21 : Statistique de la densité
des PDI en 2025
La forte densité des PDI en 2025 dans la région
de Koulséprovoque une pression extrême sur les ressources, les
infrastructures et les équilibres socio-économiques locaux. Cette
concentration perturbe l'organisation spatiale, aggrave les tensions
communautaires et compromet la sécurité alimentaire. Les zones de
départ voient leur production agricole s'effondrer, tandis que les zones
d'accueil subissent une surexploitation des terres. L'insécurité
alimentaire s'intensifie, touchant particulièrement les ménages
déplacés.
4. Trajectoires migratoires des PDI dans
la région de Koulsé en 2025
En 2025, les trajectoires migratoires des PDI dans la
région de Koulsé traduisent une recomposition spatiale majeure,
marquée par des flux asymétriques depuis les zones rurales les
plus exposées vers des pôles perçus comme
sécurisés. Ces mouvements ne répondent pas à une
logique aléatoire, mais s'inscrivent dans des itinéraires
contraints par la violence, l'accessibilité des infrastructures et la
perception locale du risque. Les déplacements massifs, souvent
dirigés vers les chefs-lieux provinciaux ou communaux. La figure
ci-dessous est la représentation des flux de déplacement des PDI
de la région de Koulsé.

Figure 22: flux
de déplacement des PDI en 2025
L'analyse de la carte des flux de déplacement des PDI
dans la région de Koulsérévèle une dynamique
migratoire intense et asymétrique en 2025. Les mouvements sont
principalement orientés depuis des zones rurales touchées par
l'insécurité armée vers des centres plus
sécurisés. Ces flux traduisent une perte progressive de
contrôle territorial par l'État dans certaines communes rurales,
forçant les populations à abandonner terres, biens et
activités agricoles. Cette reconfiguration spatiale de la population a
des implications majeures sur les équilibres socioéconomiques
locaux.
Dans les zones de départ, l'exode massif des
populations provoque une forte baisse de la main-d'oeuvre agricole, ce qui
compromet la mise en valeur des terres et entraîne un recul notable de la
production vivrière. Les exploitations sont souvent abandonnées
ou pillées, entraînant une déstructuration du tissu
agraire. Ce déficit de production locale exacerbe la
vulnérabilité alimentaire des populations résiduelles, qui
se retrouvent à la fois privées de moyens d'existence et
exposées aux risques sécuritaires accrus en raison de l'absence
de services publics.
À l'inverse, les zones d'accueil enregistrent une
pression démographique rapide et imprévue, mettant à rude
épreuve les ressources naturelles disponibles, notamment l'eau et les
terres cultivables. L'arrivée massive de PDI intensifie la
compétition pour l'accès aux ressources agricoles, ce qui peut
engendrer des tensions sociales entre communautés hôtes et
déplacées. Les infrastructures sociales (centres de santé,
marchés, écoles) sont souvent sous-dimensionnées pour
répondre aux nouveaux besoins, accentuant les défis liés
à la sécurité alimentaire.
En somme, ces flux de déplacement modifient
profondément l'organisation spatiale et économique de la
région de Koulsé. Le déséquilibre induit entre
zones de départ et d'arrivée engendre une double
vulnérabilité. D'une part, la désintégration des
systèmes agricoles dans les zones d'origine et d'autre part, la
saturation des capacités de résilience dans les zones d'accueil.
Cela souligne la nécessité d'une réponse humanitaire
articulée avec des politiques de relèvement agricole et de
cohésion sociale durable.
II. Analyse de la production, des
facteurs économiques et des données climatiques
1. Répartition
géographique des zones de production agricole dans la région
Koulsé
La productivité agricole dans la région de
Koulsérepose en grande partie sur la nature et la répartition
spatiale des sols. Chaque type de sol détermine l'aptitude d'un
territoire à accueillir des cultures céréalières
spécifique. La figure ci-dessous représente les zones de
production de la région de Koulsé.

Figure 23 :Répartition de la
production agricole
L'analyse géospatiale menée dans la
régionmet en lumière une répartition
différenciée des zones agricoles. Cette répartition est
relative à la qualité du solet l'appuis des agents de la
direction agricole. Ces cultures sont des moyens stratégiques pour la
sécurité alimentaire locale. La carte révèle une
dominance significative des zones de production des légumineuses
(arachide, niébé, vouazou). Suivi de la production des
céréales rustiques (mil et sorgho), bien adaptées aux
climats semi-arides et aux sols légers, constituent une base alimentaire
essentielle pour les populations rurales. Leur répartition coïncide
souvent avec des zones à précipitations modestes,
témoignant d'un usage raisonné des terres marginales aux
rendements limités mais stables.Enfin, la production du riz bien
qu'inferieur aux autres productions exigent des espaces de bas-fond et riche en
nutriment.
2. Performance de la production agricole
dans la région de Koulsé
Les performances agricoles dans la région de
Koulsé varient fortement d'une province à l'autre, en fonction de
facteurs agroécologiques, climatiques et socio-spatiaux. Cette
hétérogénéité des rendements
reflétée par des écarts marqués en superficie
emblavée, en volumes produits et en types de cultures dominantes
révèle des dynamiques agricoles profondément
ancrées dans les réalités locales. La figure ci-dessous
est met en évidence les rendements agricoles de Koulsé.

Figure 24 :
Rendements agricoles
L'analyse des rendements agricole et de superficies
cultivées dans la région de Koulsépour la campagne
agricole de 2023-2024 révèle une distribution spatiale
contrastée des productions céréalières. Les
provinces de Sandbondtenga, Bam et Namentenga présentent chacune des
dynamiques agricoles spécifiques, directement liées à la
nature des sols, aux conditions climatiques.La province de Sandbondtenga se
démarque nettement par ses performances agricoles, en termes de
superficie emblavée qui est de 124000 ha que de volumes produits,
notamment en maïs qui est de 14684 tonnes, 11827 tonnes pour le riz et
67886 tonnes pour le sorgho. Ces rendements élevés s'expliquent
par la présence de sols limono-argileux profonds et argileux-limoneux,
bien identifiés sur la carte, offrant une bonne rétention d'eau
et une fertilité élevée. Sandbondtenga apparaît
ainsi comme un pôle de production intensifiée qui dépasse
la simple subsistance et contribue significativement à
l'approvisionnement régional en céréales.
La province de Bam, bien que dotée d'une superficie
emblavée importante de 67000 ha, enregistre des productions agricoles de
2270 tonnes de mil, 2047 tonnes de maïs, 1702 tonnes de riz et de 32489
tonnes de sorgho. Cette faible productivité s'explique par une
prédominance des sols sablo-limoneux, peu profonds et faiblement
fertilisants, principalement adaptés au mil et au sorgho. Ce constat
souligne la prévalence d'une agriculture extensive et vulnérable,
tributaire de conditions climatiques incertaines et de pratiques culturales peu
intensives.La province de Namentenga présente une situation
intermédiaire, avec 51822 ha emblavés, et des résultats
relativement équilibrés soit 6045 tonnes de mil, 5024 tonnes de
maïs, 3 437 tonnes de riz et 36056 tonnes de sorgho.

Figure 25 : Statistique de
la production agricole
3. Facteur
socioéconomique de la sécurité alimentaire dans la
région du Koulsé
a. Indicateur social et économique d'accès
à la nourriture
Les facteurs socioéconomiques constituent une approche
pour cerner les causes structurelles de l'insécurité alimentaire
dans les milieux ruraux. Dans la région, les indicateurs
révèlent une vulnérabilité marquée des
ménages face à l'accès à une alimentation
suffisante et équilibrée.

Figure 26 : Statistique des indicateurs
d'accès à la nourriture
Les ménages de Koulsé disposent d'un revenu
mensuel moyen d'environ 28 000 FCFA, un niveau insuffisant pour répondre
à leurs besoins alimentaires de manière adéquate. Cette
situation est accentuée par un taux de chômage élevé
estimé à 38 %, traduisant une précarité
généralisée de l'emploi et un accès limité
à des sources de revenus stables. Les coûts élevés
des denrées de base, notamment le mil (325 FCFA/kg) et le maïs (300
FCFA/kg), restreignent davantage la capacité des populations à
subvenir à leurs besoins alimentaires. En parallèle, une
inflation alimentaireannuelle de 12,5 % fragilise davantage le pouvoir d'achat
des ménages, surtout en période de soudure.
De plus, près de la moitié des localités
(52?%) se trouvent à plus de 5 km d'un marché, ce qui limite non
seulement l'accès physique aux produits alimentaires mais engendre
également des coûts supplémentaires liés au
transport. Cette contrainte logistique contribue à l'aggravation de
l'insécurité alimentaire dans les zones les plus
isolées.
b. Importation des produits
alimentaire
La région dépend largement des importations pour
satisfaire ses besoins alimentaires essentiels. L'étude des volumes et
origines des produits importés permet d'évaluer le niveau de
dépendance extérieure et ses implications sur la
sécurité alimentaire locale.
Tableau 2 :
Importation des produits alimentaire
|
Produit
|
Provenance
|
Port d'entré
|
Quantité
|
Coût
|
|
Riz
|
Inde, Thaïlande
|
Abidjan
|
300 000 tonnes
|
100 Milliards
|
|
Blé
|
France, Russie
|
Lomé
|
150 000 tonnes
|
40 Milliards
|
|
Lait
|
France, Belgique
|
Cotonou
|
20 000 tonnes
|
15 Milliards
|
|
Huile
|
Indonésie, Malaisie
|
Tema
|
50 000 tonnes
|
25 Milliards
|
|
Poisson
|
Pays-Bas, Chine
|
Abidjan
|
40 000 tonnes
|
30 Milliards
|
|
Sucre
|
Brésil, France
|
Lomé
|
25 000 tonnes
|
10 Milliards
|
La forte dépendance structurelle de Koulsé
à l'égard des marchés internationaux. Le riz,
denrée de base dans l'alimentation quotidienne, représente la
plus grande part des importations, avec environ 300000 tonnes acheminées
principalement d'Inde et de Thaïlande.Le blé, expédié
depuis la France et la Russie, atteint 150000 tonnes,pour les produits
transformés (farines, pains, pâtes). Quant au lait, importé
à hauteur de 20000 tonnes de la France et Belgique, il comble un
déficit local en produits laitiers.L'huile végétale, en
provenance de l'Indonésie et Malaisie, s'élève à
50000 tonnes. Le poisson, avec 40000 tonnes importées des Pays-Bas et de
la Chine. Le sucre, provenant du Brésil et de la France pour un total de
25000 tonnes.Cela confirme son importance stratégique dans le
régime alimentaire local

Figure 27 : Statistique des quantités
de produit importé
c. Accessibilité alimentaire dans la région de
Koulsé
L'accessibilité à la nourriture constitue une
composante essentielle de la sécurité alimentaire. Dans la
région de Koulsé, une analyse des données disponibles
permet d'identifier les facteurs qui conditionnent la capacité des
populations à se procurer des denrées alimentaires de
manière régulière. La figure ci-dessous est
l'accessibilité alimentaire dans la région de Koulsé.

Figure 28 : Accessibilité
alimentaire
L'analyse des résultats d'accessibilité
alimentaire dans la région de Koulsémet en lumière des
disparités marquées entre les différentes localités
en matière d'accès aux produits alimentaires. Cette
accessibilité est évaluée selon plusieurs critères
intégrés dans la base de données : la fréquence des
marchés, leur capacité d'accueil, leur localisation
géographique et les infrastructures routières environnantes. Les
marchés quotidiens situés dans des zones urbaines, tels que Kaya
ou Kongoussi, bénéficient d'une accessibilité optimale.
Ils sont caractérisés par une fréquence
élevée, une grande capacité et un maillage routier de
qualité. Cette situation favorise non seulement l'approvisionnement
régulier des denrées alimentaires, mais aussi une
diversité accrue de produits, participant ainsi à une
sécurité alimentaire consolidée.Les marchés
hebdomadaires de petite capacité, majoritairement localisés en
zones rurales, présentent une faible accessibilité. Cette
configuration est souvent associée à une insuffisance des
infrastructures routière et la situation sécuritaire. Ces
éléments limitent considérablement la mobilité des
populations ainsi que la fluidité des circuits de distribution
alimentaire. Il en résulte une vulnérabilité accrue des
ménages ruraux, exposés à une instabilité de
l'approvisionnement et à une hausse des coûts alimentaires durant
certaines périodes de l'année, notamment en saison pluvieuse.La
corrélation entre accessibilité alimentaire et
accessibilité physique des marchés s'avère donc
structurelle. Les localités les mieux desservies sur le plan routier
tendent à offrir une meilleure sécurité alimentaire,
tandis que les zones enclavées souffrent d'un déficit
d'approvisionnement et d'un isolement logistique.
4. Analyse des variables
température et précipitation dans la région de
Koulsé
a. Variable température dans la région de
Koulsé
La régionest marquée par une forte
variabilité thermique constituant un indicateur clé. Entre 2015
et 2024, les températures moyennes annuelles ont connu des fluctuations
significatives, traduisant des dynamiques atmosphériques complexes
souvent liées au changement climatique global. Cette variabilité,
loin d'être anodine, influence directement les systèmes de
production agricole et les conditions de vie des populations

Figure 29 :
Température moyenne entre 2015-2024
Les températures moyennes annuelles de la région
sur la période 2015-2024 révèle une variabilité
notable. La température moyenne la plus élevée a
été enregistrée en 2016 avec 35,39°C, tandis que la
plus basse a été enregistrée en 2017 avec 29,03°C,
indiquant une amplitude thermique de 6,36°C sur la décennie. La
moyenne globale sur l'ensemble des dix années est d'environ
32,79°C, avec un écart-type augmentant à 1,83 °Centre
années, ce qui témoigne d'une fluctuation modérée
autour de la moyenne. Ces données révèlent une alternance
entre années chaudes et relativement tempérées, sans
tendance linéaire évidente à la hausse ou à la
baisse.
L'analyse des variations annuelles montre que les
années 2016, 2018, 2019, 2022 et 2024 ont connu des températures
supérieures à la moyenne décennale due à des
épisodes de sécheresse. En revanche, les années 2017 et
2020 se démarquent par des températures plus basses,liées
à une augmentation de la couverture nuageuse.

Figure 30 :Température moyenne entre
2015-2024
b. Analyse de la pluviométrie dans la région de
Koulsé
La pluviométrie constitue
un déterminant fondamental de la dynamique agricole et écologique
dans la région de Koulsé. Entre 2015 et 2024, cette région
a connu une forte variabilité interannuelle des
prélèvements, oscillant entre des excès ponctuels et des
déficits hydriques marqués. Ce régime instable,
symptomatique des effets du changement climatique, complexifie la planification
des activités agricoles et exacerbe la vulnérabilité des
écosystèmes locaux. La figure ci-dessous est une
représentation des précipitations moyenne de 2015 à 2024.

Figure 31 :
Précipitations moyenne entre 2015-2024
L'analyse des données pluviométriques sur la
période 2015-2024 dans la région révèle une forte
variabilité interannuelle, caractéristique des zones
sahéliennes soumises à des aléas climatiques. Les
collectes annuelles oscillent entre un maximum de 1075 mm en 2015 et un minimum
de 550 mm en 2024, traduisant une tendance générale à la
baisse. Cette diminution progressive, notamment marquée à partir
de 2019, suggère une dégradation des conditions climatiques. La
moyenne des prélèvements sur la décennie s'établit
à environ 799 mm, avec un écart-type élevé,
témoignant de l'instabilité du régime
pluviométrique. Les années 2015, 2017 et 2022 se
démarquent par des niveaux supérieurs à la moyenne
(respectivement 1075 mm, 984 mm et 1039 mm), tandis que les années 2019,
2021 et 2024 affichent des déficits pluviométriques significatifs
(620 mm, 603 mm et 550 mm). La figure ci-dessous est le diagramme des
précipitations annuelle de la région de Koulséde la
période de 2015 à 2024.

Figure 32
:Précipitations moyenne entre 2015-2024
III. Évaluation de l'indice de la
sécurité alimentaire dans la région de Koulsé
1. Score de consommation alimentaire
Lescore de consommation alimentaire (SCA) permet
d'évaluer la qualité et la diversité nutritionnelle des
régimes alimentaires des ménages. Ce score constitue un
indicateur clé pour mesurer le niveau de sécurité
alimentaire dans la région.

Figure 33 : Score de consommation
alimentaire
La consommation alimentaire dans la région
révèle des disparités notables entre les niveaux de
pauvreté, de limite et d'acceptabilité pour les principaux
groupes alimentaires. Les scores observés pour la catégorie
« Pauvre » sont inférieurs aux seuils « Limite » et
« Acceptable », indiquant une insuffisance nutritionnelle
marquée. Le score du mil 5% reste constant entre les seuils «
Pauvre » et « Limite », mais est largement inférieur au
seuil « Acceptable » 9%, traduisant une consommation minimale dans
les foyers les plus vulnérables. De même, la viande et le lait
affichent des scores de 28% et 14% respectivement dans la catégorie
« Pauvre », bien en dessous des seuils acceptables (64%
pour la viande et 53% pour le lait), ce qui suggère une faible
accessibilité aux sources de protéines animales. Les
écarts entre les seuils mettent en évidence une transition
progressive mais insuffisante vers une alimentation équilibrée.
Le sorgho passe de 18% (Pauvre) à 32% (Limite), puis à 5%
(Acceptable), illustrant une relative de la consommation, mais toujours en
deçà des recommandations nutritionnelles. Le riz et le maïs
suivent une tendance, avec des scores qui augmentent respectivement de 7%
à 15% puis à 78% pour le riz, et de 17% à 24% puis
à 59% pour le maïs. Ces progressions indiquent une
dépendance croissante aux céréales, mais aussi une
vulnérabilité persistante face à la diversité
alimentaire, notamment en ce qui concerne les produits d'origine animale.
2. Identification
des indicateurs clés
L'étude des différents indicateurs relatifs
à la sécurité alimentaire permet de mieux cerner les
facteurs qui influencent l'accès et la disponibilité des aliments
dans un territoire donné. Dans la région de Koulsé, ces
paramètres mettent en évidence les défis structurels
auxquels les populations sont confrontées. Sur le plan de la
disponibilité, la faiblesse des rendements agricoles et la
variabilité de la production céréalière limitent la
constitution de stocks suffisants, en particulier en saison sèche. Ce
manque de régularité dans la production expose la région
à une forte dépendance vis-à-vis des apports
extérieurs.L'accessibilité, les revenus modestes des
ménages, combinés à la hausse continue des prix des
denrées, réduisent considérablement la capacité
d'achat. De plus, l'éloignement des marchés dans certaines
localités accentue les inégalités d'accès à
l'alimentation, surtout en période de soudure.L'utilisation, la faible
diversité alimentaire et l'accès limité à l'eau
potable compromettent la qualité nutritionnelle des repas, avec un
impact visible sur la santé infantile.
Tableau 3 : Les dimensions de la
sécurité alimentaire
|
Piliers
|
Indicateurs possibles
|
|
Disponibilité
|
Rendement agricole, production
céréalière, accès aux stocks
|
|
Accessibilité
|
Revenu moyen, prix des denrées, distance aux
marchés
|
|
Utilisation
|
Diversité alimentaire, accès à l'eau
potable, nutrition infantile
|
|
Stabilité
|
Variabilité des prix, chocs climatiques, conflits
|
3. Indicateur de
score alimentaire
L'évaluation de la
sécurité alimentaire repose sur une lecture attentive des
indicateurs clés permettant de juger de la qualité, de la
diversité et de la fréquence de consommation des aliments. Dans
la région de Koulsé, l'analyse des données
collectées permet de dégager les dynamiques alimentaires et les
vulnérabilités spécifiques des ménages. La figure
ci-dessous est la représentation d'indicateur de score alimentaire dans
la région de Koulsé.

Figure 34 : Indicateur de score
alimentaire
L'analysedu score alimentaire dans la région met en
lumière une situation nutritionnelle préoccupante. L'indicateur
de score alimentaire (ISA) permet de mesurer la diversité et la
fréquence de consommation des groupes d'aliments essentiels au sein des
ménages. Dans cette région, les résultats
révèlent que plus de 36,67 % des ménagesprésentent
un score faible, ce qui signifie qu'ils consomment très peu d'aliments
variés, se limitant souvent aux céréales de base. Cette
faible diversité alimentaire est un signe clair
d'insécurité alimentaire sévère, avec des risques
accumulés de malnutrition, notamment chez les enfants et les femmes
enceintes.
La proportion importante de la population, soit 43,33 %, se
situe dans la catégorie des scores alimentaires limites. Ces
ménages consomment une alimentation légèrement plus
diversifiée, mais toujours insuffisante pour répondre aux besoins
nutritionnels quotidiens. Ils sont dans une situation fragile, où le
moindre choc économique et climatique pourrait aggraver leur
vulnérabilité. Cette catégorie représente une zone
d'alerte pour les acteurs humanitaires, car elle regroupe des ménages
qui oscillent entre précarité et survie.20 % des ménages
atteignent un score alimentaire jugé acceptable. Cela signifie qu'ils
ont accès à une alimentation relativement
équilibrée, comprenant des protéines, des légumes,
des fruits et des produits laitiers. Ces ménages
bénéficient d'un meilleur accès aux marchés, de
revenus plus stables ou d'une aide humanitaire régulière.
Toutefois, leur proportion reste faible, ce qui montre que la
sécurité alimentaire demeure un défi majeur dans la
région. L'évaluation de l'ISA dans la région de
Koulsé révèle que près de 80 % des ménages
vivent dans une situation d'insécurité alimentaire
modérée à critique. La figure ci-dessous est la
représentation statistique du score alimentaire des communes de la
région de Koulsé.

Figure 35 : Statistique du score alimentaire
des communes
CHAPITRE V :
DISCUSSION
I. Communes à risque
d'insécurité alimentaire
L'analyse spatio-temporelle de
l'occupation des sols àKoulsé entre 2015 et 2025
révèle une transformation territoriale marquée par une
régression des terres agricoles, une expansion du bâti et une
prédominance croissante du sol nu. En 2015, la configuration
agroécologique était relativement équilibrée, mais
dès 2020, les effets de la crise sécuritaire ont induit une
reconfiguration spatiale sous pression humanitaire. En 2025, l'urbanisation
accélérée et la réduction des terres cultivables
traduisent une anthropisation intense du territoire. Ces résultats
confirment l'hypothèse d'une dégradation écologique
liée à l'insécurité et aux flux migratoires. Ils
rejoignent les observations de Regions4 (2024), qui identifient dans la
région de Koulséune dégradation continue des ressources
naturelles, une irrégularité pluviométrique et une baisse
significative des précipitations annuelles.
La densité PDI entre 2020 et 2025 met en
évidence une pression démographique extrême sur les
communes d'accueil, notamment Kaya, Barsalogho et Pensa. Cette concentration
perturbe l'organisation spatiale, aggrave les tensions communautaires et
compromet la sécurité alimentaire. Ces résultats
confirment les analyses du Cadre Harmonisé (2024), qui identifie plus de
24,9 millions de personnes en situation de crise alimentaire au Nigeria, avec
une aggravation prévue pendant la saison de soudure.
II. Production, les
facteurs économiques et les données climatiques
L'analyse climatique montre une
baisse progressive des précipitations moyennes, passant de 1075 mm en
2015 à 550 mm en 2024. Cette tendance est cohérente avec les
analyses de Salami et al. (2024), qui identifient une forte variabilité
interannuelle dans le nord du Nigeria, avec des risques accrus de
sécheresse et de stress hydrique. Ces résultats confirment
l'hypothèse d'une instabilité climatique affectant directement la
sécurité alimentaire.
Les performances agricoles dans les provinces de
Sandbondtenga, Bam et Namentenga révèle une forte
hétérogénéité spatiale des rendements.
Sandbondtenga se distingue par ses rendements élevés,
portés par des sols fertiles et une meilleure rétention hydrique,
tandis que Bam illustre les limites d'une agriculture extensive sur des sols
peu profonds. Ces résultats confirment les recommandations de la FAO
(2022), qui plaide pour une intensification durable et ciblée des
pratiques agricoles dans les zones à fort potentiel. Ils infirment
cependant les approches uniformes de développement rural, qui
négligent les spécificités pédoclimatiques locales.
La fragmentation du territoire agricole observée dans cette étude
souligne la nécessité d'une planification fine de
l'aménagement du territoire, intégrant les données
agroécologiques pour renforcer la résilience alimentaire.
III. Indice de sécurité alimentaire dans la
région de Koulsé
L'évaluation du score de
consommation alimentaire et de l'indice de sécurité alimentaire
montre que près de 80 % des ménages vivent dans une situation
d'insécurité alimentaire modérée à critique.
Cette vulnérabilité nutritionnelle est exacerbée par la
hausse des prix, la faible diversité alimentaire et la dépendance
aux importations. Ces résultats infirment les analyses d'Adedipe (2021),
qui suggère que l'augmentation des importations pourrait stabiliser
l'accès aux denrées. Cette étude infirme cette
hypothèse en montrant que la dépendance aux marchés
internationaux expose la région à des risques logistiques et
économiques, réduisant l'accessibilité réelle aux
aliments. L'approche territorialisée adoptée ici permet de
nuancer les conclusions trop globales sur la sécurité
alimentaire.
CONCLUSION ET
SUGGESTIONS
Conclusion
L'analyse géospatiale de la sécurité
alimentaire dans la région de Koulsé, au Burkina Faso, a permis
de mettre en évidence les dynamiques complexes et multidimensionnelles
qui sous-tendent l'insécurité alimentaire dans un contexte
sahélien marqué par l'instabilité sécuritaire, la
vulnérabilité écologique et les fragilités
socio-économiques. En mobilisant une approche intégrée
combinant données satellitaires, indicateurs climatiques, statistiques
agricoles et variables socio-économiques. Cette étude a
démontré la pertinence des outils géospatiaux pour
diagnostiquer, cartographier et anticiper les risques alimentaires à
l'échelle territoriale.
Les résultats révèlent une recomposition
spatiale accélérée du territoire entre 2015 et 2025,
traduite par une anthropisation croissante, une régression de la
végétation et une saturation des zones d'accueil des PDI. Cette
transformation, induite par la crise sécuritaire, a profondément
perturbé les équilibres agroécologiques, entraînant
une baisse des rendements agricoles, une dégradation des ressources
naturelles et une pression foncière exacerbée. L'analyse
spatio-temporelle de l'occupation du sol montre une perte de résilience
des systèmes de production vivriers, accentuée par l'abandon des
zones agricoles productives et la surexploitation des terres refuges.
Sur le plan agricole, la disparité des performances
entre les provinces de Sandbondtenga, Bam et Namentenga illustre l'influence
déterminante des facteurs pédoclimatiques et des pratiques
culturales sur la productivité. Tandis que Sandbondtenga se distingue
par des rendements élevés grâce à des sols fertiles
et une meilleure gestion hydrique, Bam reste piégée dans une
agriculture extensive peu productive. Cette
hétérogénéité appelle à une
territorialisation des politiques agricoles, fondée sur une connaissance
fine des potentialités locales.
Les facteurs socio-économiques aggravent cette
vulnérabilité structurelle: faibles revenus, chômage
élevé, inflation alimentaire et éloignement des
marchés limitent l'accessibilité économique et physique
à une alimentation suffisante. La dépendance structurelle aux
importations expose la région aux chocs exogènes, tandis que
l'instabilité climatique marquée par des fluctuations thermiques
et pluviométriques importantes compromet la planification agricole et
accentue les risques de stress hydrique.L'évaluation de l'ISA confirme
une situation critique : près de 80 % des ménages
présentent un score alimentaire faible ou limite, traduisant une
consommation peu diversifiée et une insécurité
nutritionnelle chronique. Cette situation est particulièrement alarmante
dans les communes à forte densité de PDI, où la
compétition pour les ressources, la saturation des infrastructures et la
dépendance à l'aide humanitaire fragilisent les mécanismes
de résilience communautaire.
En définitive, cette étude démontre que
la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé ne
peut être appréhendée de manière sectorielle ou
ponctuelle. Elle exige une approche systémique, territorialisée
et résiliente, intégrant les dimensions spatiales, sociales,
économiques et environnementales. L'analyse géospatiale s'impose
ainsi comme un levier stratégique pour la gouvernance alimentaire, en
permettant une planification fondée sur l'évidence, une
allocation ciblée des ressources et une anticipation des crises.
Suggestions
Les suggestions suivantes découlent des
résultats de cette étude et visent à renforcer durablement
la sécurité alimentaire dans la région de Koulsé.
Elles s'adressent aux principaux acteurs impliqués dans la gestion
territoriale, agricole et humanitaire.
Ø À l'endroit de l'État
burkinabè
1. Institutionnaliser l'usage des outils géospatiaux
dans la planification agricole et la gestion des risques alimentaires.
2. Créer un observatoire national de la
sécurité alimentaire intégrant données climatiques,
économiques et sociales.
Ø À l'endroit des collectivités
territoriales
1. Faciliter l'accès à l'eau pour l'agriculture
à travers des forages, des barrages de retenue et des systèmes
d'irrigation.
2. Créer des cadres de concertation multi-acteurs pour
coordonner les interventions en matière de sécurité
alimentaire.
Ø À l'endroit des ONG et
associations
1. Renforcer les dispositifs d'alerte précoce
communautaires pour anticiper les crises alimentaires.
2. Plaider pour une meilleure coordination humanitaire entre
acteurs locaux, nationaux et internationaux.
Contribution
scientifique
Ce travail apporte une contribution significative à la
compréhension des dynamiques territoriales de l'insécurité
alimentaire dans les zones sahéliennes, en mobilisant une approche
géospatiale intégrée.
Ø Sur le plan méthodologique
La démonstration pertinente de l'utilisation
combinée des données satellitaires (Landsat 8/9), des indicateurs
climatiques, des statistiques agricoles et des flux migratoires pour
modéliser les risques alimentaires à l'échelle locale.
L'intégration du Score de Consommation Alimentaire (SCA) et de l'Indice
de Sécurité Alimentaire (ISA) dans un système
d'information géographique (SIG) constitue une innovation dans
l'évaluation spatiale de la vulnérabilité
nutritionnelle.
Ø Sur le plan analytique
L'étude révèle une reconfiguration
spatiale accélérée du territoire de Koulsé entre
2015 et 2025, marquée par une anthropisation croissante, une
dégradation écologique et une saturation des zones d'accueil des
PDI. Elle met en évidence les disparités agricoles entre
provinces, les effets des facteurs socio-économiques sur
l'accessibilité alimentaire, et l'impact direct des variables
climatiques sur la productivité.
Ø Planification territoriale
Cette recherche propose une base scientifique pour la
planification territoriale, la gestion des crises alimentaires et la
formulation de politiques de résilience adaptées aux contextes
sahéliens. Elle ouvre la voie à une utilisation
stratégique des outils géospatiaux dans les systèmes
d'alerte précoce et la gouvernance alimentaire.
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