4. Trajectoires migratoires des PDI dans
la région de Koulsé en 2025
En 2025, les trajectoires migratoires des PDI dans la
région de Koulsé traduisent une recomposition spatiale majeure,
marquée par des flux asymétriques depuis les zones rurales les
plus exposées vers des pôles perçus comme
sécurisés. Ces mouvements ne répondent pas à une
logique aléatoire, mais s'inscrivent dans des itinéraires
contraints par la violence, l'accessibilité des infrastructures et la
perception locale du risque. Les déplacements massifs, souvent
dirigés vers les chefs-lieux provinciaux ou communaux. La figure
ci-dessous est la représentation des flux de déplacement des PDI
de la région de Koulsé.

Figure 22: flux
de déplacement des PDI en 2025
L'analyse de la carte des flux de déplacement des PDI
dans la région de Koulsérévèle une dynamique
migratoire intense et asymétrique en 2025. Les mouvements sont
principalement orientés depuis des zones rurales touchées par
l'insécurité armée vers des centres plus
sécurisés. Ces flux traduisent une perte progressive de
contrôle territorial par l'État dans certaines communes rurales,
forçant les populations à abandonner terres, biens et
activités agricoles. Cette reconfiguration spatiale de la population a
des implications majeures sur les équilibres socioéconomiques
locaux.
Dans les zones de départ, l'exode massif des
populations provoque une forte baisse de la main-d'oeuvre agricole, ce qui
compromet la mise en valeur des terres et entraîne un recul notable de la
production vivrière. Les exploitations sont souvent abandonnées
ou pillées, entraînant une déstructuration du tissu
agraire. Ce déficit de production locale exacerbe la
vulnérabilité alimentaire des populations résiduelles, qui
se retrouvent à la fois privées de moyens d'existence et
exposées aux risques sécuritaires accrus en raison de l'absence
de services publics.
À l'inverse, les zones d'accueil enregistrent une
pression démographique rapide et imprévue, mettant à rude
épreuve les ressources naturelles disponibles, notamment l'eau et les
terres cultivables. L'arrivée massive de PDI intensifie la
compétition pour l'accès aux ressources agricoles, ce qui peut
engendrer des tensions sociales entre communautés hôtes et
déplacées. Les infrastructures sociales (centres de santé,
marchés, écoles) sont souvent sous-dimensionnées pour
répondre aux nouveaux besoins, accentuant les défis liés
à la sécurité alimentaire.
En somme, ces flux de déplacement modifient
profondément l'organisation spatiale et économique de la
région de Koulsé. Le déséquilibre induit entre
zones de départ et d'arrivée engendre une double
vulnérabilité. D'une part, la désintégration des
systèmes agricoles dans les zones d'origine et d'autre part, la
saturation des capacités de résilience dans les zones d'accueil.
Cela souligne la nécessité d'une réponse humanitaire
articulée avec des politiques de relèvement agricole et de
cohésion sociale durable.
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