Recommandations pour une
digitalisation monétaire inclusive et durable
1. INTEROPÉRABILITÉ OBLIGATOIRE ET
SUPERVISION RENFORCÉE (priorité immédiate)
La BRH doit imposer l'interopérabilité technique
complète entre toutes les plateformes de monnaie mobile (MonCash,
NatCash, LajanCash), permettant les transferts directs entre portefeuilles
comme le modèle bancaire établi en 2020. Cette mesure
éliminerait les coûts de conversion inter-plateformes qui
pénalisent actuellement les usagers et favoriserait une concurrence
basée sur la qualité plutôt que sur les effets de
réseau captifs. Parallèlement, un cadre de supervision
renforcé des agents doit être établi : audits
inopinés pour vérifier les tarifs officiels, système de
plaintes accessible via USSD, sanctions progressives contre les surcharges
abusives, et publication trimestrielle des statistiques de conformité.
Un fonds de garantie des dépôts spécifique à la
monnaie mobile (plafond de 10 000 HTG) protégerait les utilisateurs
vulnérables en cas de défaillance d'opérateur.
2. INTÉGRATION SYSTÉMATIQUE DANS LES
PROGRAMMES GOUVERNEMENTAUX (priorité stratégique)
Le gouvernement doit adopter une politique de "digital par
défaut" pour tous les paiements publics : salaires de la fonction
publique, programmes sociaux (pensions, allocations), transferts humanitaires,
et collecte de taxes/redevances. Cette institutionnalisation créerait
une demande massive et pérenne pour les services digitaux tout en
améliorant la traçabilité fiscale. Les incitations
fiscales ciblées (réduction de 20-30% d'impôts pour les PME
adoptant les paiements électroniques, déduction pour
équipements POS) et la subvention des frais de transaction pour les
micro-paiements (<100 HTG) et les populations vulnérables
réduiraient les barrières économiques à l'adoption.
Un statut fiscal simplifié de "micro-entrepreneur digital" faciliterait
la formalisation progressive de l'économie informelle.
3. INFRASTRUCTURE TECHNOLOGIQUE ET IDENTITÉ
DIGITALE (priorité structurelle)
Le développement d'une plateforme nationale
d'identité digitale biométrique résoudrait
simultanément les problèmes de conformité KYC et
d'exclusion des populations rurales sans documents officiels. Cette
infrastructure permettrait l'ouverture de comptes à distance,
réduirait les coûts de conformité, et éviterait les
blocages massifs comme ceux observés suite à la Circulaire 121.
L'émission de cartes de débit (physiques et virtuelles)
liées aux comptes MonCash/NatCash, en conformité avec PRONAP et
les réseaux Visa/Mastercard, élargirait l'acceptation universelle
auprès de tous les commerçants équipés de terminaux
POS. L'établissement d'un standard national de codes QR
interopérables, inspiré du modèle indien UPI,
simplifierait l'acceptation marchande sans investissements lourds.
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