WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La biosecurite dans le protocole de cartagena


par Alassani KOUNTE
Universités de Lome, Maastricht, Liege, Abomey Calavi - DEA 2001
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

A - La mise en oeuvre du principe de précaution

Le principe de précaution est apparu à propos de problèmes liés à l'environnement de façon explicite vers 1980 et a connu depuis lors un développement fulgurant. Après avoir reçu une consécration publique à la conférence de Rio en 1992, il fut, la même année inscrit dans le traité de Maastricht et fut, en 1995, son entrée dans le droit français. Le principe de précaution est désormais une référence incontournable dans tous les domaines relatifs aux risques. Il a largement débordé le champ du droit de l'environnement. Il est devenu le guide d'action en matière d'OGM, de santé des consommateurs et de sécurité alimentaire40.

Le principe de précaution est réaffirmé dans le préambule du protocole, dans l'énoncé de l'objectif (avec une référence au principe 15 de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement) et dans les dispositions relatives à la prise de décisions par une partie importatrice concernant l'importation d'un organisme vivant modifié :

« L'absence de certitude scientifique due à l'insuffisance des informations et connaissances scientifiques pertinentes concernant l'étendue des effets défavorables potentiels d'un organisme vivant modifié sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique dans la partie importatrice, compte tenu également des risques pour la santé humaine, n'empêche pas cette partie de prendre comme il convient une décision concernant l'importation de l'organisme vivant modifié en question pour éviter ou réduire au minimum ces effets défavorables potentiels. »

Le principe de précaution est exprimé de manière positive dans le traité de l'Union Européenne depuis la réforme par le traité de Maastricht41 et dans les lois nationales comme la loi française du 02 Février sur le renforcement de la protection de l'environnement, dite loi Barnier qui stipule que « l'absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable »

Depuis, il a débordé les questions qui touchent à l'environnement à propos desquelles il avait été conçu pour englober les problèmes relatifs à l'alimentation et à la santé.

39. Voir le site ww2.creaweb.fr/bv/ogm/risques.html

40. Cf Michel PRIEUR opcit, page 154

41. Article 130 R du traité de Rome tel que modifié par le traité de Maastricht

L'une des principales applications touchant à l'activité agricole est relative aux plantes et OGM. Ainsi, la conférence sur la biosécurité qui s'est tenue en Août 1998 exprime les positions suivantes : `'Notant que conformément au principe de précaution, l'absence de preuves scientifiques irréfutables ne devrait pas être invoquée pour reporter la prise de mesures nécessaires pour éviter ou réduire au maximum les risques, lorsqu'ils existent, posés par les organismes vivants modifiés résultant de la biotechnologie. Considérant aussi que malgré les connaissances considérables accumulées, il reste une part importante d'inconnu, en particulier s'agissant de l'interaction entre l'environnement et les organismes vivants modifiés issus de la biotechnologie moderne''.

Greenpeace s'oppose, au nom du principe de précaution, à la dissémination d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement, « car les conséquences à moyen et à long terme sont totalement inconnues »42

Le principe de précaution permet donc permet de :

 

Traduire en fait un principe inscrit en droit

 

Définir un seuil d'acceptabilité du risque

 

Distribuer la responsabilité

 

Compenser en procédures le manque de certitudes

 

Inscrire la décision dans une démarche d'assurance qualité en réorganisant l'expertise sur les risques (transparence, traçabilité, ...)    

 

B- Les mesures susceptibles d'être prises par les Parties à l'échelon national

Dans le cadre d'accords pour l'environnement, la convention sur la diversité biologique, les pays sont convenus de prendre des mesures visant à protéger la biodiversité et le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques fournit un cadre réglementaire international au mouvement transfrontière des OGM. Les pays ont accepté de coopérer, dans le cadre du Codex Alimentarus, de la convention international pour la protection des végétaux et de l'office internationale des épizooties, pour la protection de la santé des êtres humains, des végétaux et des animaux respectivement.

En effet, la convention sur la diversité biologique vise à préserver la diversité biologique, favoriser une exploitation rationnelle des éléments qui la composent et encourager un partage équitable des bénéfices tirés de l'utilisation des ressources génétiques. Son protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques dispose que les produits agricoles susceptibles de contenir des OGM et destinés à l'exportation doivent impérativement être clairement identifiés comme tels et autorise les Etats à déclarer s'ils sont disposés ou non à accepter leur importation43.

Ce protocole prévoit que chaque pays ait élaboré une réglementation au sujet des OGM avant de se lancer dans une expérimentation. L'Autriche et la Nouvelle Zélande ont été parmis les premiers à créer leur propre programme de biosécurité. Le ministère de l'agriculture et des forêts de la Nouvelle Zélande a mis en place la « biosecurity authority » en juillet 1999 afin de protéger la biodiversité unique de la Nouvelle Zélande et faciliter des exportations en gérant les risques pour la santé des végétaux et des animaux.

42. www.greenpeace.org

43. ABC des Nations Unies, New York, 2001 page 305

En Autriche, le département de l'agriculture, des pêches et des forêts a créé une unité « biosecurity » en octobre 2000 afin d'évaluer les risques de quarantaine associés aux importations des produits et de mener des négociations techniques sur les questions d'accès aux marchés d'exportation avec les organismes de contrepartie à l'étranger44. La Côte d'Ivoire s'y était attelée, mais son effort a été stoppé par le coup d'état de décembre 1999. Le Mali et le Burkina y travaillent à travers leur comité de biosécurité45.

Le protocole offre aux pays la possibilité d'obtenir des informations avant de consentir à l'importation d'organismes issus de la biotechnologie. Il reconnaît à chaque Etat le droit de réglementer ces organismes, en accord avec ses obligations internationales. En outre, il crée un cadre propice à l'amélioration des capacités des pays en développement en ce qui concerne la protection de la biodiversité.

Un pays peut, conformément à son cadre réglementaire national et dans la mesure où cela est compatible avec l'objectif du protocole, décider de soumettre certains types d'OGM à une évaluation des risques ou à d'autres exigences

Le Togo a signé ce protocole le 24 Mai 2000 et se doit donc de prendre des mesures adéquates pour la prévention des risques biotechnologiques. Le projet biosécurité est l'une de ces mesures. Il devra aboutir à la mise en place du cadre national de biosécurité. Il s'agira d'un ensemble de systèmes législatif, administratif et décisionnel incluant l'évaluation et la gestion des risques, de même qu'un mécanisme de participation et d'information publique46.

La mise en place du cadre national de biosécurité permettra au pays de :

· Etre en mesure de faire un choix, dont il aura informé les parties concernées, sur la possibilité d'importer, d'utiliser ou non les OGM ;

· Mettre en place le moyen qui l'aidera à estimer, évaluer et gérer un éventuel effet pervers lié aux mouvements transfrontières, au transit, à la manipulation et à l'utilisation des OGM ;

· Donner l'occasion à tous les centres de décision de s'exprimer ;

· Renforcer ses capacités humaines et institutionnelles pour les aspects techniques et l'évaluation des risques ;

· Prendre des décisions durables relatives à l'utilisation des OGM ;

· Etre en conformité avec les dispositions du protocole de Cartagena

44. voir le site www.fao.org/ag/fr/magazine/01031.htm)

45 .FAUJAS (Alain) jeune afrique l'intelligent précité page 68

46. source Togo presse no 6674 du 12 déc 2003 page 4

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"   Martin Luther King