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La biosecurite dans le protocole de cartagena


par Alassani KOUNTE
Universités de Lome, Maastricht, Liege, Abomey Calavi - DEA 2001
  

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Chapitre 2 : L'application du principe de précaution dans le domaine de la biotechnologie moderne

Le principe de précaution propose, en situation d'incertitude de considérer le risque encore hypothétique comme avéré et de prendre des mesures de protection à son égard. Il efface ainsi le retard entraîné, dans la démarche classique par le délai d'établissement de la preuve. Indissociable des 3 autres principes de gestion (principe d'action préventive, de « pollueur-payeur70 » et de participation), le principe de précaution défini par la loi Barnier (1995) dit en substance que l'absence de certitudes nous impose la précaution mais tout en considérant son coût.

Ce deuxième chapitre sera donc consacré aux OVM et le principe de précaution (section 1) et à la réglementation des produits génétiquement modifiés par le protocole (section 2).

SECTION 1 : LES OVM ET LE PRINCIPE DE PRECAUTION

Nous verrons successivement dans cette première section la sécurité alimentaire (paragraphe 1) ensuite la prévention des risques biotechnologiques (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : La sécurité alimentaire

Face à la multiplication des drames sanitaires, la sécurité alimentaire s'avère nécessaire (A) aussi, il importe de multiplier les mesures de protection (B)

A : La nécessité d'une sécurité alimentaire

« Que pouvons nous encore manger ? » Une préoccupation souvent entendue lors des crises de la vache folle en 1996 en 2000 et encore aujourd'hui avec l'apparition de cette maladie aux USA.

Avec la crise de la vache folle, sécurité alimentaire, principe de précaution et communication de risques sont devenus des maîtres mots. Deux crises majeures ont jalonné l'histoire de la vache folle : en 1996, lorsqu'on apprenait que la maladie pouvait se transmettre à l'homme et en 2000, lorsque l'Union européenne prenait conscience qu'elle était aussi amplement touchée par la vache folle. Le consommateur se découvrait des angoisses alimentaires et s'interrogeait sur l'intégrité des aliments. Avec la crise de la vache folle, l'image bucolique de la vache paissant stoïquement l'herbe fraîche en regardant passer les trains a pris du plomb dans l'aile.

Plus personne ne conteste aujourd'hui la nécessité d'une sécurité alimentaire intégrale, « de l'étable à la table », sur toute la filière alimentaire. La sécurité alimentaire commence par l'alimentation animale et se poursuit à la ferme. L'exemple de la vache folle, mais aussi les autres scandales alimentaires comme le poulet à la dioxine, nous le montre: si l'on veut obtenir des denrées alimentaires de qualité, la production primaire dans ses multiples aspects (alimentation des animaux, conditions de vie, hygiène de l'étable, utilisation de médicaments, etc.) doit être optimale.

70. Dans son orientation générale, il s'agit d'un principe simple selon lequel l'opérateur d'une activité dangereuse qui cause un dommage à l'environnement doit réparer les conséquences de celui-ci.

Garantir la sécurité alimentaire n'est pas toujours chose aisée. La vache folle en est l'exemple par excellence. On ne connaissait presque rien des maladies à prions lorsque le premier cas de vache folle est apparu en Grande-Bretagne en 1986. Depuis, des progrès énormes ont été faits dans la compréhension de la maladie. Toutefois, malgré ces progrès, la vache folle reste toujours entourée d'énigmes dont une de taille : quel est le risque exact encouru par l'homme ? Certains l'estiment minime, d'autres sont plus alarmistes.

Bien que le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques soit le seul instrument international consacré exclusivement aux OGM, il n'existe pas dans le « vide ». La convention sur la diversité biologique, à laquelle est rattachée le protocole, demande elle-même aux gouvernements de mettre en place des moyens pour réglementer, gérer ou maîtriser les risques associés à l'utilisation et à la libération d'OGM. Il existe en outre plusieurs instruments internationaux et processus d'établissement des normes traitant de divers aspects de la prévention des risques biotechnologiques.

Il s'agit notamment des instruments suivants :

La commission du Codex Alimentarius, qui traite des problèmes de sécurité alimentaire et de santé du consommateur. Cette commission a établi une équipe de travail intergouvernementale spéciale sur les aliments dérivés des biotechnologies, chargée d'élaborer des normes et des lignes directrices pour les produits alimentaires issus du génie génétique. La commission s'intéresse aussi à l'étiquetage de ces aliments pour permettre au consommateur de faire un choix éclairé.

La convention internationale pour la protection des végétaux, qui a pour mandat de protéger la santé des plantes en évaluant et en gérant les risques phytosanitaires. Cette convention est en train d'établir des normes relatives aux risques phytosanitaires associés aux OGM et aux espèces envahissantes. Tout OGM susceptible d'être considéré comme ravageur est couvert par cet instrument.

L'office international des épizooties (OIE), qui élabore des normes et des lignes directrices pour prévenir l'introduction d'agents infectieux et de maladies dans le pays importateur lors de mouvements commerciaux transfrontières d'animaux, de matériel génétique animal et de produits animaux..

En réaction contre la sécurité alimentaire, Philipe KOURILSKY dans son ouvrage « Du bon usage du principe de précaution » précité p142-144, écrit : « la question de la sécurité alimentaire relève plus de fantasmagorie que de la réalité. Des centaines de millions de personnes ont aux USA, en Chine et ailleurs consommé pendant des années et consomment toujours, des OGM sans qu'aucune incidence sanitaire ait été relevée. En outre, il n'existe aucune base logique ou scientifique qui légitime l'interrogation »71.

La nécessité d'une sécurité alimentaire aboutit à une multiplication des mesures de précaution qui fera l'objet ne notre (B).

71. Philipe KOURILSKY, du bon usage du principe de précaution  précité p142-144

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus