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Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

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par Houssam Abu Mussallam Houssam El-Yafi
Université Lumière Lyon 2 - DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT) 2004
  

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UNE MÉTHODOLOGIE DE LA TRADUCTION MÉDICALE : DES PROBLÈMES ET DES SOLUTIONS

I. Introduction

La traduction est un métier qui exige des compétences, des connaissances, des expériences ainsi que la curiosité et l'ouverture d'esprit. La force de vos idées, l'efficacité de vos messages, la valeur de votre créativité doivent rester intactes quelles qu'en soient la langue et la culture.

La traduction se définit comme « un fait de convertir un texte d'une langue dans une autre langue. Elle s'oppose à l'interprétation : la traduction concerne des documents écrits alors que l'interprétation concerne des messages oraux »230(*).

Personne n'ignore les difficultés que le traducteur rencontre quand il se met à transmettre des informations d'une langue à une autre. Il s'agit d'une opération compliquée qui sert à reproduire un texte d'une langue donnée dans une autre langue. Cette dernière qui se diffère globalement, dans sa composition interne - syntaxique, morphologue, sémantique ... etc.- de la langue originale de texte.

La traduction spécialisée se distingue, à son tour, de la traduction générale. Elle exige un certain nombre de compétences non obligatoires pour un traducteur de textes non spécialisés.

La traduction spécialisée dans un domaine scientifique nous concerne le plus dans ce chapitre. Signalons du début que nous ne traitons pas ici les aspects purement théoriques de la traduction scientifique spécialisée mais plutôt les aspects pratiques et appliqués de la traduction spécialisée dans un domaine précis, c'est le domaine de la biochimie médicale.

La traduction médico-biochimique pose un certain nombre de difficultés. Nous proposons ici une méthodologie propre à ce domaine, permettant au traducteur de trouver des solutions et d'éviter les nombreux pièges de cette langue de spécialité.

II. La traduction de la biochimie médicale est une traduction particulière

Pourquoi parler d'une méthodologie particulière à la traduction médicale ?

En quoi la traduction dans ce domaine diffère-t-elle de celle qui se pratique dans d'autres domaines, comme l'économique, le technique ou le juridique par exemple ?

Pour notre part, nous croyons que la traduction médicale diffère des autres champs de traduction sous certains aspects. Ainsi, prenons la phase de décodage. Cette phase exige une compréhension sémi-totale du texte à traduire. On ne peut traduire que ce que l'on comprend bien. Pour décoder, il faut donc bien comprendre. Or il nous semble que, de tous les domaines, le domaine médical est peut-être celui qui est le plus difficile à appréhender.

On peut s'accorder qu'il est plus facile de comprendre les articles d'un traité politique rédigé, que de comprendre ce qui se passe au cours de l'attaque du virus de l'immunodéficience humaine. Il suffit de se rappeler que la plus petite cellule du corps humain est plus complexe dans sa structure et son fonctionnement que le plus complexe des moteurs ou des ordinateurs.

On peut donc déduire que, pour qui n'est pas médecin, les textes médicaux ne se laissent pas facilement décoder. Par contre, cela ne signifie pas que seuls les médecins qui sont habilités à faire de la traduction médicale ?

Amal Jammal voit que :

« Rares sont les médecins qui consentent à troquer leur stéthoscope contre la plume et le dictionnaire. Et s'ils le faisaient, il leur faudrait, en sus, apprendre à éviter les nombreux pièges que comporte l'opération traduisante (interférences entre langue de départ et langue d'arrivée, difficultés syntaxiques inhérentes aux différences structurelles des deux langues, etc.) »231(*).

À défaut donc du traducteur idéal - qui peut être un médecin ayant reçu une formation en traduction - il existe des traducteurs médicaux qui ne sont pas des médecins et qui font très honorablement leur métier. Mais la question reste : Comment, ces traducteurs, parviennent à la faire?

C'est là que nous étudions une méthodologie particulière, qui s'intéressera successivement à la phase du décodage et à celle du transcodage.

III. Une étude d'une méthodologie de traduction médico-biochimique

A. LA PHASE DU DÉCODAGE

Ce type de traduction implique une démarche documentaire méthodique, soumise à des contraintes qui sont assez contradictoires, une prise de conscience de certains aspects particuliers qui peuvent faire obstacle à la compréhension du texte médical.

1. La démarche documentaire

Elle doit être méthodique et limitée. Elle se soumet à une autodiscipline intellectuelle stricte. Nous nous expliquons.

a) Une démarche méthodique

Nous avons parlé plus haut de la nécessité de comprendre le texte avant de le traduire. Il nous faut mentionner, à ce stade, que Schumacher fait la distinction entre compréhension et connaissance. Il dit que «  dans le processus de la cognition, la compréhension est l'échelon le plus élémentaire si la connaissance en est l'étape ultime »232(*).

Dans le domaine médical, où la compréhension pour qui n'est pas médecin peut paraître un enjeu, nous prétendons qu'il est possible de comprendre un sujet à l'aide d'une documentation efficace. Cela ne signifie pas toutefois qu'on connaîtra ce sujet.

Amal dit qu'  « On peut comprendre le processus pathologique qui sous-tend l'inflammation articulaire par exemple, on ne devient pas pour autant un rhumatologue »233(*). On conclue qu'avant de traduire, il est nécessaire de se documenter à fond. Pour cela on peut proposer au traducteur un itinéraire logique.

Suite à la lecture du document à traduire, un document qui traite , par exemple, une maladie donnée ou encore d'un médicament proposé pour le traitement d'une maladie, le traducteur lui faut tout d'abord déterminer quel est l'appareil, le système, l'organe ou les tissus que la maladie attaque.

Il lui faut ensuite se documenter sur la structure de cet appareil ou de cet organe, donc sur son anatomie234(*) - ou sur son histologie dans le cas des tissus -, puis sur son fonctionnement, donc sur sa physiologie235(*), ensuite sur la maladie elle-même (son étiologie, son évolution, ses signes et symptômes, etc.) et enfin sur le médicament qui est censé la traiter (la classe à laquelle il appartient, sa composition, son mode d'action, ses effets indésirables, etc.). Ce passage sera clair dans le schéma ci-dessous :

Voici donc ce que serait l'ordre séquentiel d'une telle démarche documentaire : ???anatomie  /'ilm al-tash / ???physiologie  /'ilm wadâ?if fi-al-?a'dâ?/???pathologie / 'ilm al-?amrâd/ ???pharmacologie236(*) /'ilm al-saydala/.

Prenons, à titre d'exemple, l'impossibilité de traduire un texte scientifique sur le sida sans savoir quelles sont les composantes et la biochimie du système immunitaire, comment celui-ci fonctionne face à l'agresseur, ce qu'est un « rétrovirus »237(*) et comment celui-ci parvient à brouiller les cartes et à vaincre les défenses naturelles de l'organisme.

C'est dire qu'il s'agit de s'interdire de traduire un texte médical, si simple qu'il puisse paraître à première vue, avant de s'assurer que l'on a bien compris de quoi il s'agit. La démarche peut paraître longue, elle n'en est pas moins cruciale si l'on veut éviter les faux-sens.

De plus, elle a d'autres avantages non négligeables, C'est à lire sur le sujet, on acquiert sans douleur le vocabulaire qu'on peut appeler « périphérique »238(*) ou le vocabulaire-appuis, c'est-à-dire les cooccurrents de certains termes, des tournures de phrase particulières, bref toute la phraséologie propre au sujet.

Nous concluons l'existence d'une nécessité d'une démarche documentaire méthodique à suivre par le traducteur d'un texte médical ou biochimique.

b) Une discipline intellectuelle

Il ne suffit pas en effet que la démarche documentaire soit méthodique, il faut aussi qu'elle soit soumise à une discipline de l'esprit car, aussi étonnant que cela puisse paraître, le plus difficile dans ce métier, ce n'est pas de devoir se documenter, mais d'avoir assez de volonté pour cesser de le faire.

La tentation est grande en effet d'en savoir toujours plus, d'aller toujours plus loin. Après tout, qu'est-ce qui peut nous intéresser plus que notre corps et ce qui risque de l'affecter ?

Nous présumons que le traducteur a compris globalement ce dont il s'agit. Nous disons bien globalement, parce que la phase de décodage peut comporter certains pièges sémantiques particuliers au domaine médical, que le traducteur doit connaître s'il veut les éviter : ceux qu'entraînent les interférences entre la langue de départ et la langue d'arrivée (du français ou de l'anglais à l'arabe); ceux qui sont inhérents à la structure syntaxique de la langue source - l'anglais par exemple - ; ceux que provoque parfois des obstacles terminologiques dans le texte de départ.

2. Le repérage des pièges sémantiques

De nombreux exemples de termes arabes sont considérés des emprunts externes de nécessité, puisque la plupart des termes scientifiques et techniques arabes contemporains ont été transférés à partir des équivalents de termes anglais ou français correspondants déjà existent.

Bien entendu que l'arabe possède ses propres moyens de dénomination déjà évoqués dans les chapitres précédents. Mais 1'emprunt de nécessité est un transfert rapide d'un signe accompagné de son dénotatum, jugé inexistant et indispensable en langue arabe. Cet emprunt répond à une nécessité pratique et à un besoin rapide pour l'intellectuel, pour le  chercheur ou pour le médecin. Ajoutant que ces sciences se développent dans leur langue d'origine. L'arabe se trouve obligé d'emprunter massivement par ces motifs à l'anglais et au français.

Dans la traduction médicale, le traducteur se trouve face à face avec les termes français et anglais employés dans les ouvrages à traduire. Il est, donc, invité à s'armer par un arsenal syntaxique et sémantique pour éviter la confusion entre les faux amis franglais d'un côté, et les pièges syntaxique d'un autre côté.

Nous essayons ci-après de nous expliquer en donnant des exemples pratiques :

a) Les « faux amis » sémantiques (cas de l'anglais et le français)

Nous n'avons pas la volonté de dresser ici une liste exhaustive des anglicismes particuliers à la langue médicale. Nous signalons seulement une catégorie plus pernicieuse, celle qui ne sont visibles qu'à l'oeil averti : les faux amis sémantiques. Comme on le sait, ce sont des termes qui ont une grande similitude de forme, mais une petite divergence de sens. En voici un exemple :

- Faux ami - cas d'un nom :

A - abnormality  n'est pas anormalité en français (puisque ce terme semble ne s'appliquer qu'à tout écart par rapport à une norme établie par le cerveau humain), mais bien anomalie (qui qualifie une déviation biologique). Donc, abnormality  équivaut /gayr ?'tiyadiyya/ et l'anomalie équivaut /sudûdiyya/ en arabe.

B- course : ce terme peut avoir deux sens : il peut signifier évolution ; exemple : « The course of brucellosis is usually protracted » : « L'évolution de la brucellose est habituellement longue » ; ou il peut signifier aussi série (d'injections par exemple) : « There was no response to a course of penicillin injections », qui se rendrait alors par : « La série d'injections de pénicilline demeura sans effet. », en conséquence, le premier "course" équivaut /numuww/ ou /tatawwur/ , par contre, le deuxième "course" se traduit pas /silsilat ?l-haqnn/.

C- damage : l'anglais traite le corps comme une machine ou un moteur. Lorsqu'il y a un disfonctionnement ou une agression de l'organisme, il parlera de damage. Le français rend cette notion par altération ou trouble ou encore lésion. Ça veut dire que l'équivalant /kalal/ ou / idtirâb/ sont valables pour "damage" de l'anglais et "lésion" du français qui ne signifie pas "dommage".

D- history : dans la plupart des cas, ne se traduit pas en français par histoire. Le terme anglais a en fait plusieurs équivalents français, qui varient selon le déterminant. Utilisé seul en anglais, history indique généralement l'ensemble des données recueillies auprès du patient, qui permettront au médecin de se faire une idée de l'état de ce patient. C'est donc son dossier médical ou son anamnèse, /sizil tibbiyy/. Mais l'on a aussi personal history = antécédents personnels239(*/sâbiqât maradiyyah/, family history = antécédents familiaux240(*/ sizil ?l-'â?ila ?l-tibbiyy/ et case history = observation médicale ou histoire de la maladie241(*) /tatawwur ?l-marad/ ou /târyk ?l-marad/.

- Faux ami - cas d'un verbe :

A- to control il s'agit d'un verbe qui peut avoir plus d'un sens en anglais et qui signifie, en français, vérifier et en arabe /râza;a/, /fahasa/ ou /haqqaqa/ mais aussi, selon une acception récemment admise par les dictionnaires, il signifie prendre le dessus ou maîtriser /saytara/. Dans la langue générale ou dans d'autres langues de spécialité, cette polysémie et l'ambiguïté qui en résulte peuvent ne pas prêter à conséquence. Mais dans la langue médicale, elle est parfois gênante. Lorsqu'on précise que le médecin must control a patient's hypertension, dit-on qu'il lui faut abaisser les chiffres tensionnels de ce malade ou qu'il doit le voir à intervalles réguliers pour vérifier sa tension artérielle ? Fort heureusement, ce verbe pluriréférentiel anglais a, en français, plusieurs équivalents monoréférentiels possibles qui diffèrent selon le cooccurrent auquel ils sont accolés. Ainsi on peut avoir pour to control anxiety : calmer l'anxiété /taqlît ?l-tawattur/ et to control diabetes : équilibrer le diabète /muwâzanat -al-sukkar fi-l-damm/. On écrira aussi assécher un oedème, corriger des effets indésirables ; dans certains cas, lutter contre une maladie, abaisser ou réduire des chiffres tensionnels élevés, ou les stabiliser s'ils ont atteint le niveau désiré, etc.

B- to refer (referring, referral) : terme assez compliqué à traduire puisqu'on ne peut le rendre par référer /yurazi' ?l-tabîb/ (un patient à un spécialiste par exemple). En français, ce verbe se conjugue soit à la forme pronominale : se référer à quelqu'un (recourir à lui comme à une autorité) ou se référer à quelque chose (le prendre comme référence) /?hâl nafsahu 'ala/ ou /raja'a ila/ dans le sens de /marzi'iyya/ ou /istinâd/; soit comme verbe transitif indirect : en référer à quelqu'un (lui soumettre le cas pour qu'il en décide) /kada'a li ?mri fulân/ ou /tabi'a fulân/ . To refer a patient to a specialist ne se traduit donc pas par référer un malade à un spécialiste, mais plutôt par l'adresser à ou encore le diriger vers un spécialiste /tahwîl ?l-marîd li muktas/. Mais la chose se complique lorsqu'il s'agit de traduire le substantif referral. On ne peut dire l'adresse du malade à ou sa direction vers un spécialiste. À défaut, on peut opter, à reculons à cause de la connotation réifiante du terme, pour acheminement du malade, ou alors se résigner à recourir à la périphrase lourde : le fait d'adresser le patient..., etc.

- Faux ami - cas d'un adjectif : fluid : n'est pas fluide en français /ma?i'/, mais bien liquide /sâ'il/.

- Faux ami - cas d'un nom composé :

A- side effect : jusqu'à tout récemment, le calque effet secondaire /?'râd tânawiyya/ ou /?'râd zanibiyya/n'était entaché d'aucun blâme. Cependant, ce que l'anglais désigne par side effect est en fait un effet secondaire non voulu qui, pour le moins, incommode le malade, mais qu'il doit subir pour bénéficier de l'effet thérapeutique. Dire de cet effet non désiré qu'il est secondaire n'exprime pas vraiment toute la réalité.

Au terme « secondaire » n'est attaché en fait aucun sens péjoratif. Autrement dit, on peut avoir un effet secondaire à l'effet primordial recherché par le traitement mais qui serait néanmoins bénéfique. Prenons le cas de l'aspirine par exemple : administrée contre les maux de tête, elle pourrait avoir, comme effet secondaire, désirable, pour certains, de liquéfier le sang. Mais elle pourrait aussi avoir pour effet secondaire indésirable d'aggraver un ulcère d'estomac. Donc « secondaire » en soi n'indique rien de mauvais et pèche par son imprécision. Effet secondaire indésirable ou effet indésirable / târ salbiyyat/ ou /?'rad gyr margûbah/ tout court aurait l'avantage d'être monosémique et beaucoup plus descriptif de la réalité.

b) Les pièges qui découlent du phénomène de la juxtaposition propre à la syntaxe anglaise :

Parmi les difficultés du décodage, le traducteur devra repérer celles qui se rapportent au découpage des phrases anglaises.

«L'anglais en effet est une langue qui s'accommode parfaitement de la juxtaposition des différents éléments de la phrase et l'auteur anglophone ne se sent pas obligé de préciser, dans les séquences déterminants/déterminés, qui fait quoi. Il peut lui arriver d'aligner les composants de la phrase, sans les mots-liens qui expliqueraient leur relation, et de compter sur l'intelligence ou l'intuition du lecteur pour faire le reste »242(*).

L'anglais médical peut avoir un terme comme:

Partially purified beta-lactamase preparations

Pour qui ne sait pas exactement de quoi il ressort - d'où encore une fois l'importance de la démarche documentaire - le syntagme n'est pas claire. Qu'est-ce qui est purifié : les préparations - auquel cas le participe passé se mettrait au féminin pluriel - ou la bêta-lactamase - et alors le participe passé prendrait la marque du féminin singulier ?

« Il arrive que, dans une phrase, à cause de ce phénomène de juxtaposition et donc de l'absence de certains mots clés nécessaires à la relation syntactico-sémantique qui régit les éléments de la phrase, seule une prescience de la signification de l'ensemble permet de décoder correctement les composantes de la phrase »243(*).

Prenons l'exemple d'un article portant sur la résistance des antibiotiques intitulé :

The Precise Role of the Antibiotic Resistance to Beta-lactamase Hydrolysis.

Que l'on traduise innocemment ce titre par :

/ al-dawr al-mohaddad li-moqawamat t-lmudad al-hayawiyy fî-l-bîtâlâktûmâz/, en français « Le rôle précis de la résistance de l'antibiotique à l'hydrolyse de la bêta-lactamase » et l'on aura commis un contresens, puisqu'en réalité, dans l'article, il ne s'agit nullement de la résistance de l'antibiotique à l'hydrolyse de la bêta-lactamase, mais plutôt de la résistance de l'antibiotique à sa propre hydrolyse par la bêta-lactamase. En effet, cette substance est l'agent destructeur de l'antibiotique ; pour celui-ci, résister à la lyse (c'est-à-dire à la destruction) de son ennemi, serait signer son propre arrêt de mort. En réalité, le titre anglais aurait dû être : The Precise Role of the Antibiotic Resistance to Its Hydrolysis by the Beta-lactamase et donc, la traduction arabe était inexacte et est à reformuler.

3. La recherche terminologique

Le traducteur ayant dégagé le sens général du texte passe à la recherche des équivalents des termes techniques qui lui semblent « opaques »244(*). Cette recherche peut être simple, quand les termes et leurs équivalents sont monosémiques et bien répertoriés dans les dictionnaires, ou elle peut relever du casse-tête plutôt que de la terminologie. Là, les difficultés sont de plusieurs ordres :

Pour désigner une notion donnée, l'auteur utilise un terme voisin de celui qu'il aurait dû employer ; ou il s'agit d'un terme pour lequel le dictionnaire bilingue donne plusieurs équivalents possibles et le choix du bon ne va pas toujours de soi ; ou enfin il s'agit d'une notion nouvelle dont le nom ne figure pas encore dans les dictionnaires, et c'est alors tout le problème de la néologie dont l'étude est trop vaste pour être abordée ici.

a) Le flou terminologique

Il est imputable à la présence, dans la langue médicale, de notions voisines mais non identiques. Exemple :

mortality rate et fatality rate que peuvent être traduits par /mu'addal al-wafayât/.

À cause de la synonymie qui existe dans la langue générale entre mortel, et fatal, /qâtil/ et /fâtik/, on pourrait déduire que cette synonymie s'étend aux substantifs dont ils sont dérivés. Or, ceci n'est pas tout à fait vrai dans la langue générale et complètement faux dans la langue médicale car :

- Le taux de mortalité est le nombre de décès rapporté à la population générale, malades et bien-portants confondus (exemple : Le taux de mortalité annuel du sida a été de 50/100 000) ; qui doit se traduire en arabe par /mu'addal al-wafayât/. Alors que :

- Le taux de fatalité est le nombre de décès rapporté à la population malade seulement (exemple : Le taux de létalité annuel du sida a été de 500/1 000), qui doit se traduire en arabe par /mu'addal al-fat:k al-maradi/

Un autre exemple de confusion entre l'anglais et le français : trial et study. Très souvent, on a pu voir les deux termes utilisés indifféremment, parfois dans un même paragraphe, pour désigner la même notion ! Or, ils ne sont pas synonymes puisque l'essai (trial) est une expérimentation à visée thérapeutique, alors que l'étude (study) est une activité d'observation, comme l'étude prospective par exemple. Et même lorsque l'étude est expérimentale, elle ne peut être confondue avec l'essai, parce qu'elle n'a pas toujours une visée thérapeutique et que, par conséquent, elle peut avoir pour objet des animaux ou même des micro-organismes, alors que l'essai ne s'applique en général qu'à l'humain.En arabe, l'équivaut de "study" doit être ici / mûraqaba / ou / taharriyy/, par contre, le terme "trial" peut avoir comme équivalent le terme / dirâsa 'ilaziyyah / ou / taqassi 'ilâziyy/.

b) Le choix du bon équivalent

Le dictionnaire bilingue donne, pour un terme anglais ou français, un équivalent arabe mais cet équivalent ne semble pas s'insérer logiquement dans le contexte. Ou encore, le dictionnaire bilingue donne, pour un terme anglais ou français, plusieurs équivalents arabes mais le contexte ne permet pas de privilégier l'un d'eux avec une certitude absolue.

Il faut alors recourir à la consultation de dictionnaires unilingues ou, à défaut, de manuels ou de revues unilingues, y trouver des contextes définitoires et ensuite juxtaposer les champs sémantiques des termes anglais et français pour s'assurer de leur équivalence arabe absolue.

c) La néologie

C'est là un des problèmes les plus aigus de la terminologie médicale. Les découvertes dans les domaines scientifiques - celui des sciences de la santé notamment - ont été nombreuses et importantes ces dernières années. Or, aux notions nouvelles, il faut souvent des mots nouveaux ou encore un réaménagement de ceux qui existent déjà dans la langue.

«Mais qu'arrive-t-il lorsque cette intendance terminologique  ne suit pas ? Il se creuse un vide terminologique que le chercheur sera souvent tenté de combler à sa façon, à partir de son propre réservoir linguistique - qui n'est pas nécessairement celui du voisin - et à partir de son propre imaginaire. Il peut alors s'ensuivre une pléthore de pseudo-synonymes ou des néologismes fantaisistes qui ne s'insèrent pas toujours avec le même bonheur dans la langue médicale »245(*).

Cependant, encore une fois, le sujet est trop complexe et trop large pour être traité dans un paragraphe. Il mérite une étude approfondie et la conjonction de plusieurs compétences.

Voilà donc, très brièvement, les différentes composantes de l'opération décodage (démarche documentaire, repérage des pièges sémantiques et recherche terminologique), ainsi que certaines des difficultés que cette phase peut présenter à l'auteur.

B. LA PHASE DU TRANSCODAGE

Nous aborderons maintenant la phase de transcodage. Le traducteur a donc bien compris le sens du texte, connaît les équivalents des termes « techniques » et s'apprête à rendre ce texte le plus fidèlement possible en arabe. Si, dans la phase de décodage, la première question que se posait le traducteur était « de quoi s'agit-il ? », dans la phase de transcodage, les deux questions primordiales seront :

À qui le texte est-il destiné ? ; Et

À quel type discursif appartient-il ?

1. Le destinataire du texte d'arrivée ou le choix du niveau de langue

Selon que le texte s'adresse au grand public (exemple : la brochure que l'on trouve à la disposition du patient dans le cabinet du médecin), ou au personnel paramédical (manuel de formation ou argumentaire destiné aux visiteurs médicaux), ou encore au médecin spécialiste ou généraliste (article scientifique ou films dans le cadre de la formation continue), le traducteur choisira, le niveau de langue dont il dispose, celui qu'il utilisera pour transcoder le texte de départ.

Il est évident que, s'il s'agit d'une brochure grand public, parler d'hyperlipidémie / talayyuf ?d-dam /au lieu d'un excès de gras dans le sang / zyâdat ?l-duhûn fi-d-dam/ ne semble pas très astucieux. Inversement, dans une monographie destinée à informer le médecin sur les caractéristiques d'un produit donné, ou encore dans un tiré à part d'une revue scientifique, on ne pourra pas parler de maux de tête /?âlâm al-r-ra?s/ ou de démangeaisons ; on choisira un niveau de langue plus spécialisée, plus savant, et l'on parlera de céphalée et de prurit / sudâ'/, même si, ce faisant, on diffère du niveau de langue adopté par l'anglais.

Celui-ci, en effet, ne s'embarrasse guère de ces distinctions et utilisera volontiers, quel que soit le destinataire du texte, le mot de la langue générale. C'est ainsi que, dans des textes très spécialisés, on trouvera fréquemment headache, backache, joint pain, rash, etc.

2. Le type discursif du texte à traduire

« La  tonalité  de l'écriture - le choix du style et celui des mots selon leur connotation - seront en fonction du type du texte à traduire. Celui-ci, en effet, dans le contexte de la traduction médicale, peut être : informatif, comme la monographie du produit ou l'article scientifique. Il a alors pour unique but de transmettre le plus fidèlement possible l'information »246(*).

Donc, le type discursif commande des mots neutres, univoques, sans connotation péjorative ou méliorative, et un style économique et concis.

Le contexte de la traduction médicale, peut être : exhortatif 247(*), comme la pièce publicitaire, celle qui présente au médecin les avantages potentiels d'un médicament. Ici, le texte - comme tout texte publicitaire - ne se contentera pas de transmettre une information, mais il s'efforcera de provoquer chez le lecteur ou l'auditeur une réaction psychologique qui se traduirait par un acte, en l'occurrence la prescription de tel médicament, de préférence à tel autre.

De façon générale, Les moyens stylistiques utilisés par le texte de départ pour influencer le destinataire devront alors se trouver dans la langue arabe qui est la langue d'arrivée.

« Ce type de texte fera appel à la compétence publicitaire du traducteur, donc à ses connaissances des nuances linguistiques et stylistiques, mais surtout à sa créativité ; celle-ci cependant devra être contenue dans les limites, très étroites, imposées par les principes d'éthique et de prudence inhérents à tout ce qui touche à la santé de l'humain »248(*) .

Il faut mentionner enfin que le texte peut être de type expressif et émotif, et là le traducteur s'attachera à rendre essentiellement, et avec la plus grande fidélité, les émotions de l'auteur. C'est, par exemple, le cas du poème. Il est évident que ce troisième type de texte trouvera rarement sa place dans la traduction médicale.

3. Le repérage des pièges propres à la phase de transcodage

Une fois que le traducteur aura choisi le niveau de langue et le style du texte à transcoder, il lui restera à éviter certains pièges qui peuvent se placer sous ses pas à cette étape du transcodage. En voici brièvement quelques-uns :

a) Le problème de l'adjectivation

Certains termes anglais ou français peuvent subir l'adjectivation sans problème. Exemple : resistance of a bacteria devient bacterial resistance, en français résistance d'une bactérie / muqawamt-u-al-baktîryâ / peut s'écrire résistance bactérienne /muqawamat-un baktîriyya/. Cependant, ce modèle ne s'applique pas avec un parallélisme constant à l'anglais et au français, donc, il faut que le traducteur arabe soit prudent. Van Hoof 249(*) cite les paires suivants " skeleton/squelette" /haykal/ où certains hésiteraient à traduire skeletal muscles par muscles squelettiques /'adalât haykaliyya/, à cause de l'aspect affectif de l'expression. En fait, les spécialistes connaissent muscles squelettiques ne touche pas la réalité histologique de ces muscles, ils préfèrent plutôt le terme muscles du squelette /'adalât ?l-haykal/.

b) Les problèmes de synonymie

« Le langage médical est peut-être le plus beau cas de prolifération synonymique que l'on puisse imaginer »250(*). En anglais comme en français, la même entité pathologique peut être désignée par une dizaine de termes. Cela engendre des difficultés traductologiques pour le traducteur arabe qui se trouve face aux synonymes d'un côté, inutiles pour lui et d'un autre côté, causent un malentendu dans le texte médical de la langue-source.

Ainsi, en anglais, angioneurotic edema251(*) /wadma wi'â?iyya 'asabiyya/252(*), a de nombreux synonymes : acute circumscribed edema, acute essential edema, angioedema, Bannister's disease, giant urticaria, migratory edema, Milton's disease, Milton urticaria, nonhereditary angioneurotic edema, Quincke's disease, Quincke's edema, etc.

Et ce cas de synonymie existent, en conséquence, en français où l'on a en effet, pour la même maladie, oedème de Quincke, maladie de Quincke, maladie de Milton, urticaire géante, angioneurose cutanée, oedème aigu angioneurotique, urticaire oedémateuse, etc

Cette prolifération synonymique - qui va envahir également l'arabe- explique que les besoins des usagers de la langue médicale d'engager une opération de normalisation. Selon Ammal cette opération qui a commencé avec la rédaction du Dictionnaire français de médecine et de biologie et qui se poursuit toujours dans les sous-langues des spécialités médicales. Amal ajoute que le vocabulaire ne s'y est pas encore stabilisé.

Dans le monde arabe, on parle aujourd'hui d'UMD "unified medical dictionary", un projet de normalisation présidé par Dr M.H. Khayat en Egypte. Ce projet - qui a vu le jour dans l'année 2000- acquiert de plus en plus d'importance après sa diffusion en édition CD par l'organisation internationale de la santé.

c) Le problème des abréviations

Tout langage scientifique ou technique qui se respecte se forge ses propres abréviations. Le langage médical n'échappe pas à la règle et cela ne facilite pas le travail du traducteur, puisqu'il va sans dire que, dans la grande majorité des cas, les abréviations ne seront pas - ou ne devraient pas être - les mêmes dans les différentes langues, française, anglaise ou arabe .

Exemple : IM qui est l'abréviation de intramuscular aura pour équivalent IM l'abréviation de intramusculaire en français et qui donne /tibb bâtiniyy/ an arabe.

Mais il arrive que la même abréviation indique deux ou plusieurs notions différentes et l'on a par exemple :

SR qui peut être l'abréviation de :

- sedimentation rate = vitesse de sédimentation /sur'at ?t-t-atatafful/253(*).

- sinus rhythm = rythme sinusal /nadm zaybiyy/.

- slow-release = à libération lente /batiyy? ?l-?itlâq/.

- stimulus response = stimulus-réponse /rad fi'l ?âniyy/.

De toute manière, au risque de se tomber dans la mal traduction, il y a une politesse à suivre consistant d'abord à écrire le terme ou la locution nominale en toutes lettres la première fois - dans la première citation du terme dans le texte -, suivie de l'abréviation entre parenthèses. On utilise par la suite l'abréviation jusqu'à la fin de l'article à traduire.

Pour terminer, Nous n'avons mentionné jusqu'ici que les pièges les plus courants de la traduction médicale. Le sujet est très vaste d'être abordé dans un bref chapitre. Rappelons que dans cette méthodologie propre à la traduction médicale, nous n'avons traité que deux phases de l'opération traduisante - le décodage et le transcodage - parce qu'elles présentent toutes deux une démarche et des pièges particuliers à ce domaine.

Mais il va de soi qu'en traduisant, il faut tenir compte d'une troisième phase, celle qu'on peut appeler rédactionnelle, avec tout ce qu'elle implique d'exigence de clarté, de logique, de style et d'élégance dans l'expression de la pensée. À ces impératifs, le traducteur médical ne peut se soustraire, quelles que soient la nature, l'imperfection ou la difficulté du texte à traduire. Goethe dit « Il faut toujours, pour bien écrire, avoir quelque chose à dire ». Pour le traducteur, qui a franchi l'étape du « quoi dire », il restera à se concentrer sur le « bien écrire ».

IV. Conclusion

Nous terminons à l'aide de ce chapitre notre travail par une étude promettant d'une méthodologie de traduction médicale arabe. Nous avons vu les difficultés que le traducteur arabe de spécialité médicale rencontre, ainsi que certains pièges traductologiques périlleuses. Il n'est pas à ignorer l'existence d'une large divergence entre les différents termes médicaux employés dans le monde arabe. Cet acte est justifiable. Cette méthodologie est considérée comme un essai pour mettre les points sur les i dans ce qui concerne les deux phases importants dans l'opération de traduction médicale, celles de décodage et de transcodage. Ce sujet qui sera traité beaucoup plus en détails dans notre prochaine étude. A côté d'autres questions assez importantes qui se sont fortement imposées dans notre travail et qui exigent toujours la recherche à des réponses satisfaisantes.

CONCLUSION

De façon générale, Nous pouvons dire que l'objectif de ce travail a été atteint. La Terminologie d'arabe est devenue pour nous une science plus concrète. Grâce à la terminologie, nous nous sommes rendus compte que le travail du terminologue est important car c`est lui qui isole le concept et trouve une définition adéquate pour ce dernier.

La terminologie arabe de biochimie, terminologie qui a été récemment transféré à l'arabe est en train de se développer au fil de temps. Les intellectuels arabes, sont conscients de 1a grande valeur et l'importance de la biochimie. Il est, donc, nécessaire de répondre aux besoins des scientifiques et lecteurs arabophones en général.

Nous avons tenté, dans cette étude, de faire un passage englobant, des termes arabes de biochimie tels qu'ils sont présentés dans les ouvrages arabes (scolaires et universitaire). L'étude que nous avons réalisée, n'est pas considérée exhaustive. Par contre, elle est conçue à montrer clairement les différents procédés, les moyens et les limites de la formation des termes de la biochimie. L'analyse de divers phénomènes terminologiques arabes a été développée côté à côté avec l'analyse terminologique générale.

D'ailleurs, Il est important de dire que l`élaboration d'une définition terminologique implique une connaissance approfondie du domaine étudié, c'est le cas de la biochimie. De ce fait, la Terminologie permet la description et l'analyse des termes sur plusieurs niveaux.

Ainsi, l'étude des termes arabes relatifs à la biochimie a permis la nomination de certains concepts ainsi qu'une meilleure compréhension de ces derniers. Par conséquent, le travail terminologique permet cette compréhension car c`est lui qui détermine la fonction et l'utilisation d'un terme dans une communauté linguistique destinée, comme la communauté arabe se scientifiques.

C'est grâce au travail fourni par les terminologues aussi que le non spécialiste accède au vocabulaire spécifique d'un domaine du savoir. Le terminologue joue un rôle essentiel dans une société car il tente définir un concept tout en gardant les caractéristiques de ce dernier.

Le résultat de notre recherche a permis l`élaboration d'un modèle de terminologique fine.

Dans le premier chapitre : nous avons étudié la structuration et l'organisation du domaine de biochimie. L'historique de la biochimie a mit l'accent sur l'importance de ce domaine excrément vital. Les fiches et les schémas qui ont été élaborés aident profondément à construire une perspective complète de cette science.

Dans le deuxième chapitre : nous avons fait lumière sur quelques principes de terminologie, la relation entre terme et unité référentielle et les différant aspects de la terminologie arabe. Nous avons aussi distingué logiquement entre la terminologie et la lexicologie, les objectifs et les fonctionnements de chacune de ces deux disciplines linguistiques. La langue commune et la langue de spécialité avaient eu un lieu dans notre travail. La distinction entre ces deux langues nous a menée à mieux comprendre les limites de chacune d'entre elles.

Dans le troisième chapitre : nous avons traité les moyens de formation des termes biochimiques par le système de nomination qui permet la formation d'unités composées d'une seule lexie, les unités terminologiques simples (UTS). L'affixation, la centaurisation et la flexibilité de la racine arabe sont des procédés qui ont été développés dans le cadre de la création lexicale arabe de la biochimie.

Dans le quatrième chapitre : Les différents volets de système de communication ont été étudiés. Ce moyen de formation assure des syntagmes composés de plusieurs lexies, les unités terminologiques complexes (UTC).

Dans le cinquième chapitre : nous avons établi une étude sur le transfert sémantique et ses influences sur les termes arabes de biochimie. Les différents types de métaphores, de métonymies d'hypallage et de résurgence relatives à biochimie ont été traités séparément.

Dans le sixième chapitre : nous avons noté le recours croissant à l'emprunt dans les termes biochimiques arabes. L'emprunt présente un double aspect. D'une part, un aspect positif dans la mesure où les termes empruntés ne produisent pas des difficultés de compréhension. D'autre part, un aspect négatif dans la mesure ou les termes empruntés sont en rupture avec le système de communication de l'arabe et avec les systèmes phonologique, graphique et syllabique de 1'arabe. Dans ce chapitre, nous avons également mené une petite étude sur les différents types d'emprunts, le statue général de l'emprunt et les différents aspects d'identification des emprunts dans la langue emprunteuse - cas de l'arabe biochimique.

Quoi qu'il en soit, il est clair que 1'emprunt n'est qu'une face concrète, observable, du contact interlinguistique. Et comme nous avons tenté de le démontrer entre les deux systèmes engagés (arabe et latin). Il pourrait donc être intéressant d'analyser de façon plus approfondie ce contact, par comparaison de ses répercussions linguistiques de part et d'autre. Finalement, 1'emprunt peut être abordé sous différents angles.

Dans le septième chapitre : nous avons établi essentiellement une étude sur la présentation et le comportement des sigles arabes de biochimie dans les textes où des différents aspects ont été traités.

Dans le huitième chapitre : L'étude de la traduction médicale nous a conduit - dans ce chapitre - de tenter à caractériser et à structurer une jeune méthodologie de traduction médicale. Ce travail qui nous amené dans un survol rapide sur les pièges auxquelles le traducteur arabe doit faire attention. Ce travail promettant était accompagné par plusieurs exemples pratiques importants.

Finalement, l'étude de ces différents aspects de terminologie arabe -le cas de la terminologie biochimiques ici - nous a accordé la possibilité d'observer des phénomènes très importants pour l'opération d'élaboration d'une vision terminologique arabe complète qui est toujours en cours. Citons à titre d'exemples, l'existence d'une sorte de synonymie inutile, les UR qui sont mal désignées par des UT aussi mal dérivés ou mal structurés morphologiquement, la divergence arabe sur les normes d'une terminologie stable, l'absence du rôle de normalisation pour la terminologie biochimique aussi bien l'absence d'un dictionnaire spécialisé en biochimie dans le monde arabe. Ils sont des sujets qui méritent d'être traités dans des projets à venir.

A la fin de l'étude de cette terminologie technique et scientifique qui est celle de biochimie, la lumière au fond de tunnel reste loin d'être vue pour de nombreuses questions : Comment cette terminologie biochimique va-t-elle évoluer ? Que sont-t-ils les solutions possibles pour les variations morphologiques, les normes terminologiques arabes, la normalisation ou l'unification des termes arabes et l'existence d'un dictionnaire spécialisé en biochimie? Peut-être les prochaines années et les prochaines études sur de larges corpus nous ramènent à trouver des réponses et des solutions à toutes les questions et les problèmes que nous avons évoqués.

* 230 http://fr.wikipedia.org/wiki/Traduction

* 231 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2, l'Université de Montréal, Canada

* 232SCHUMACHER, Nestor (1973) : « Analyse du processus de traduction : conséquences méthodologiques », Meta, 18 (3), p. 310.

* 233 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2, l'Université de Montréal, Canada

* 234 L'anatomie est une science descriptive étudiant la structure, la topographie, et la rapport des organes entre eux.

* 235 La physiologie (du grec öýóç, phusè, la nature, et ëüãïò, logos, l'étude, la science) étudie le fonctionnement mécanique, physique et biochimique des organismes vivants, animaux ou végétaux, de leurs organes et de leurs organisations, de leurs structures et de leurs tissus.

* 236 La pharmacologie est la science qui étudie les molécules capables de produire un effet sur les organismes vivants.

* 237 Un rétrovirus est un virus qui contient des brins d'ARN. Pour infecter une cellule, le rétrovirus doit transcrire son ARN en ADN, à l'aide de protéines spécifiques, ce processus est appelé rétrotranscription. Ensuite, cette copie ADN de l'ARN viral est intégrée dans l'ADN de la cellule cible.

* 238 Terme employé par Ammal Jammal.

* 239 Tout événement antérieur à une maladie, qui concerne l'état de santé du sujet examiné

* 240 Tout événement antérieur qui concerne l'état de santé de la famille du sujet examiné

* 241 Observations concernant l'évolution de la maladie, le résultat des épreuves biologiques et radiographiques, etc.

* 242 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

* 243 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada

* 244 Terme employé par Amal Jammal.

* 245 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

* 246 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

* 247 Terme employé par Amal Jammal.

* 248 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

* 249 VAN HOOF, Henri (1970) : « La traduction médico-pharmaceutique », Meta, 15 (2), p. 99-100

* 250 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

* 251 Une variété d'urticaire caractérisée par la formation brusque d'infiltrations oedémateuses sous-cutanées.

* 252 UMD "unified medical dictionary", Dr M.H. Khayat.

* 253 Des termes arabes tirés de "UMD : unified medical dictionary", Dr M.H. Khayat.

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