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Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

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par Houssam Abu Mussallam Houssam El-Yafi
Université Lumière Lyon 2 - DEA en Langues et Cultures étrangères (LTMT) 2004
  

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    Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

    Les Modes et Les Moyens de Formation Des Termes Biochimiques

    Introduction Générale

    En tant qu'ex-étudiant de médecine et passionné par la langue arabe. J'avais rêvé depuis longtemps d'étudier la linguistique appliquée au domaine de la terminologie et la traduction spécialisée, et plus précisément à celui de la terminologie biochimique. Ainsi qu'un bon nombre de circonstances - académiques et personnelles - m'ont conduit vers la terminologie de la biochimie.

    L'objet de ce mémoire de DEA est donc de présenter une étude descriptive sur les modes et les moyens de la formation de termes de la biochimie arabe sous la lumière de la théorie élaborée par M/ Xavier Lelubre et M/André Roman. Ainsi que de comparer la formation d'un bon nombre de termes biochimiques arabes dans son système d'accueil avec leurs modèles dans le système d'origine - français et anglais - au moment de leur transfert.

    Il existe relativement peu d'études théoriques sur le sujet et surtout la biochimie arabe. Les termes arabes de biochimie sont des unités qui ont été récemment transféré à l'arabe et ils sont en train de se développer au fil de temps. Les intellectuels arabes, sont conscients à la grande valeur et l'importance de la biochimie. Il est, donc, nécessaire de répondre aux besoins des scientifiques et lecteurs arabophones en général.

    Nous allons tenter, dans cette étude aussi, de faire un passage englobant, des termes arabes de biochimie tels qu'ils sont présentés dans les ouvrages arabes (scolaires et universitaire). L'étude que nous allons réaliser, n'est pas considérée exhaustive. Par contre, elle est conçue à montrer clairement les différents procédés, les moyens et les limites de la formation des termes de la biochimie. L'analyse de divers phénomènes terminologiques arabes va se développer côté à côté avec l'analyse terminologique générale.

    Il est important de dire qu'avec les découvertes constantes dans ce domaine, il y a eu un véritable bouillonnement de savoir sur les secrets dissimulés dans les cellules du corps humain. C'est une nouvelle forme de coopération dans la production des savoirs biologiques et un moyen important pour rester en phase avec les ténèbres intérieurs de l'être vivant. Cette science a fait un saut énorme dans les branches de la biologie autant que dans la chimie. La biochimie, en fin de compte, est la science qui relie la chimie et la biologie pour un objectif simple, qui est de faire progresser notre connaissance de la composition chimique profonde de notre microsystème cellulaire.

    En fait, le progrès scientifique et technique d'un domaine nouveau se détermine par la rapidité du développement de ses branches. La biochimie est une parmi ces sciences qui représente une branche principale de la biologie. Cette dernière est considérée comme la science la plus vitale pour l'être humain. La biochimie moderne s'occupe de l'étude de la cellule vivante comme un système d'influences mutuelles dans les opérations chimiques. Cela est devenu possible après les grands succès concrétisés dans la cytologie, la biologie moléculaire, l'ingénierie génétique, l'enzymologie, et l'énergie biologique.

    Ces sciences nous ont donné une perspective avancée dans la compréhension de la base physique et chimique de l'activité vitale. En plus, elles nous ont fait la lumière sur plusieurs mécanismes moléculaires, génétiques et sur la manière d'organisation des opérations chimiques du corps humain. Aujourd'hui, et grâce à la biochimie, le monde connaît une large application industrielle dans les domaines de la médecine, la pharmacologie, l'agriculture et l'industrie alimentaire.

    La biochimie a vu le jour - depuis un centaine d'années - aux Etats-Unis et en Europe 1(*)-, et comme on fait pour tout domaine nouveau, on a structuré les notions ou les unités référentielles (UR) relatives au domaine de la biochimie. On les a dénommées par divers procédés de dénomination et on les a définies. Notre choix pour ce sujet est motivé par le fait de savoir comment certains scientifiques arabophones ou traducteurs forment les termes d'un domaine très récent aux lecteurs arabophones.

    I. Choix du sujet et constitution du corpus

    Nous avons constitué un corpus principal formé de quatre manuels scolaires jordaniens, un ouvrage universitaire jordanien et un autre syrien : al-kîmyâ? Lis-saff fi-t-tânî t-tânawî ?l-`ilmiyy / manhaz zadîd (La Chimie, Terminale, série scientifique2(*) / nouveau programme, 2001), al-kîmyâ? Lis saff fit-tanî t-tânawî ?l-`ilmiyy (La Chimie, Terminale, série scientifique, 1991), al-kîmyâ? Lis saf al- ?awwalwa t-tânawî ?l-`ilmiyy / manhaz zadîd (La Chimie de première, série scientifiques / nouveau programme, 2003), al- ?ahyâ? lis saffayn al- ?wwal wa-t-tânî t-tânawî ?l-`ilmiyy (la biologie de baccalauréat terminal et de première, série scientifiques / nouveau programme, 2003), al-wazîz fî l-kîmyâ? ?l-hayawiyya ( L'essentiel de la biochimie 1992) et  ?l-kîmyâ? ?l-hayawiyya (La biochimie 1996).

    Remarquons que l'ouvrage universitaire jordanien al-wazîz fî l-kîmyâ? ?l-hayawiyya est consacré totalement au domaine de la biochimie tandis que l'ouvrage universitaire syrien ?l-Kîmyâ? ?l-hayawiyya traite des textes liés à la biochimie.

    Pour établir une étude scientifique de la formation et du fonctionnement des termes arabes de biochimie, nous avons rassemblé ces six ouvrages qui couvrent notre domaine de la biochimie. Nous avons également consulté deux sources secondaires de type référentiel :

    - L'ouvrage de référent de l'académie arabe de la Jordanie madkal ?ila l-kîmyâ? al-hayawiyya lilkaliyya al-hayyah wa `ilm wadâ?ifihâ, (Une introduction de la biochimie et de la physiologie de cellule,1986)3(*).

    - L'ouvrage universitaire irakien al-kîmyâ? al-hayawiyyah li-llibtîdâ?iyyât tufayliyyah, (la biochimie du protozoaire parasite, 1982)4(*).

    1. Caractérisation des sources

    a) Sources principales

    Les manuels scolaires jordaniens al-kimyâ ? et al- ?ahyâ? Sont des ouvrages publiés par le ministère d'éducation nationale en Jordanie. Ils contiennent à la fois des chapitres qui relèvent de la chimie, de la biologie et de la biochimie. Ils sont adoptés dans les lycées publics et privés en Jordanie.

    Toutefois, la majorité des sujets traite des domaines de la biologie et de la chimie avec leurs branches. Notons que nous écartons dans cette étude tous les textes concernant le domaine de la biologie et de la chimie générale et que nous nous contentons d'examiner ceux qui sont uniquement en rapport avec le domaine de la biochimie.

    b) Sources secondaires

    - L'ouvrage de référent publié par l'académie arabe de Jordanie Madkal ?ilâ l-kîmyâ? ?l-hayawiyya li-l-kaliyyah al-hayyah wa `ilm wadâ?ifihâ, est un grand ouvrage de volume académique et en grand format qui couvre les filières de la biochimie de manière détaillée.

    - L'ouvrage universitaire irakien al-kîmyâ? ?l-hayawiyyah li-libtidâ?iyyâti t-tufayliyyah, (la biochimie du protozoaire parasitique), contient des cours - du niveau universitaire - spécialisés dans une branche de la biochimie, la biochimie parasitique.

    2. Caractérisation des textes

    a) Sources principales

    Les textes des manuels jordaniens sont rédigés par une équipe composée de rédacteurs spécialistes et de professeurs universitaires jordaniens. Les textes, en majorité, sont traduits à partir de l'anglais5(*).

    Après avoir examiné un échantillon de ces textes, nous pouvons dire que ce sont des textes scientifiques non techniques transmettant une information factuelle destinée à des lecteurs qui cherchent à comprendre, comme la communauté étudiante.

    Il convient de clarifier dans ce cadre la différence entre un texte technique et un texte scientifique. Le texte technique est basé sur deux aspects importants : la compréhension et l'action, c'est-à-dire l'application. Il est fait de manière à ce que le lecteur puisse saisir bien le contenu des informations et des indications afin de les mettre en exécution. Quant au texte scientifique, il s'agit d'une information purement intellectuelle avec une touche théorique non approfondie. Autrement dit, dans un texte traitant la chimie organique, il ne s'agit pas d'apprendre aux lecteurs à préparer des composants chimiques, mais de donner aux lecteurs des indications susceptibles de les aider à bien comprendre une science nouvelle pour eux, comme celle de la biochimie.

    Contrairement aux deux ouvrages universitaires qui se chargent à présenter des informations approfondies, il s'agit de textes scientifiques transmettant une information approfondie de biochimie. Les textes s'adressent à un public averti, familier avec le domaine de biochimie, bon connaisseur de la biologie et de la chimie spécialisée, public composé d'universitaires, de professionnels, etc.

    b) Sources principales

    - Dans l'ouvrage de référent de l'académie arabe de la Jordanie madkal ?ila al-kîmyâ ? ?l-hayawiyyah li-l-kaliyyah al-hayyah wa `ilm wadâ?ifihâ, les textes sont destinés à un public qui a besoin de se référer à une information rapide ou à une consultation concernant un sujet relève de la biochimie.

    - Dans l'ouvrage universitaire irakien al-kîmyâ? ?l-hayawiyyah li-l-?btidâ?iyyâti t-tufayliyyah, (la biochimie du protozoaire parasitique), les textes visent essentiellement un public avancé qui cherche une information spécialisée en biochimie de la microbiologie.

    II. Présentation des travaux : problèmes posés et méthodologie suivie

    Les problèmes que nous examinons dans notre travail sont tous omniprésents dans notre corpus. Ils concernent les modes de formation et la formation des termes arabes de la biochimie. Les termes que nous choisissons d'examiner sont ceux qui sont fréquent dans les manuels scolaires jordaniens. Pour donner une étude globale du domaine de biochimie, nous nous avons repéré des termes qui couvrent à la fois les trois composantes du domaine étudié :

    - Composantes vivantes : «cellule animale», /kaliyya hayawaniyya/. 

    - Composantes mécaniques ou opérationnelles : «transport actif», /naql nasit/.

    - Composantes matérielles  et composés chimiques : « lactose » (le sucre du lait), /sukkar ?l-labann/..

    Dans la première partie, nous indiquons la structuration et l'organisation générale du domaine de biochimie. Nous présentons également les principes de terminologie et ses processus sur lesquels notre travail se base.

    Dans la deuxième partie générale, nous étudions les modes et les moyens de formation des termes arabes dans le cadre de la théorie élaborée par A. ROMAN en nous basant également sur les travaux faits par X. LELUBRE dans le domaine de la terminologie arabe6(*) ; nous examinons comment le système de nomination et le système de communication de l'arabe se complètent dans la formation des unités terminologiques. Le sous-système d'affixation couvre - à son tour - une grande partie intégrée au système de nomination et auquel, les termes qui représentent les noms de composés chimiques et biochimiques font recours. Cela devrait être le résultat logique de " IUPAC " (le système international de nomination des composés chimiques élaborés par l'union internationale de la chimie pure et appliquée).

    Nous nous intéressons également à la formation des termes arabes crées à partir de termes métaphoriques anglais ou français. Les autres modes de formation ont une large trace dans notre corpus, surtout le procédé de siglaison qui est utilisé largement dans la formation des termes biochimiques. L'emprunt est un autre procédé largement observé dans notre corpus et au quel, un chapitre entier sera consacré.

    Le rapport entre UR et terme est examiné dans le cadre de l'approche terminologique classique de Wüster7(*) ; nous examinons surtout si les termes (unités graphique ou linguistiques) sont transparents et s'ils désignent clairement les UR (extralinguistiques) auxquelles ils renvoient. Nous étudions également le phénomène de polysémie et de la variation de termes arabes qui existe pour une seule unité référentielle.

    Le huitième chapitre de notre travail traitera le rôle joué par le traducteur arabe dans le cadre de la méthodologie de la traduction spécialisée et le souci de la précision terminologique dans le processus de traduction arabe. Cette partie sera élaborée sous l'influence de travaux développés par Amal Jammal.8(*)

    PREMIÈRE PARTIE

    DE LA PRÉSENTATION DU DOMAINE DE BIOCHIMIE À LA PRÉSENTATION DE LA TERMINOLOGIE ET SES PRINCIPES

    Premier Chapitre

    LA PRESENTATION DU DOMAINE DE BIOCHIMIE

    I. Introduction

    · Qu'est ce qu'on entend par domaine?

    Un domaine est une structuration ou une organisation des connaissances. Il représente un système conceptuel ou une organisation conceptuelle. Selon Bruno DE BESSÉ9(*) : « le domaine est la seule façon d'identifier, de délimiter, dedénommer une structure cognitive, une structure conceptuelle, un système conceptuel ».

    Le domaine donne et fait partie des informations sur le concept. Il est une face constituante de la définition. Il permet d'indiquer le système conceptuel auquel appartient le concept.

    Le domaine est formé par le regroupement de unités référentielles, liées entre eux par un ou plusieurs points communs. C'est un ensemble regroupé d'UR qui construit des systèmes de connaissances. « Le domaine permet deregrouper, de mettre en ordre des concepts et de construire des systèmes cognitifs »10(*).

    L'espace conceptuel d'un domaine peut être délimité selon les fonctions de la vision des connaissances, des pratiques sociales, des besoins des utilisateurs et d'un point de vue particulier ou d'une perspective.

    « Il existe plusieurs façons de procéder au découpage des connaissances et des activités, qui correspondent à plusieurs points de vue. Les domaines n'ont pas d'existence par eux-mêmes. Ils sont délimités du point de vue du chercheur, de l'ingénieur, du technicien, de I'amateur, [...] C'est en fonction [...] d'un cadrage, que sera déterminé le contour d'un espace conceptuel ».11(*)

    De nombreux domaines se croisent et sont interdépendants. D'ou, il est toujours difficile de délimiter un domaine par rapport à un autre domaine. Les contenus de différents domaines sont interdépendants par une pénétration réciproque : c'est bien le cas pour celui de biochimie qui a fait appel au domaine de la cytologie et de la physique organique. Il est à souligner que la biochimie fait un recours constant aux composantes cytologiques et aux opérations physicochimiques. Ce que nous pouvons déduire en étudiant les UT de domaine de la biochimie. Notons à titre d'exemple : « chromosomes12(*) » /kurumûsûmât/, « nucléosomes13(*) » /nîyûklîyûtydât/, « transport actif14(*) » /naql nasit/, ... etc.

    Toutefois, en vue de l'étude terminologique d'un domaine, il faut toujours essayer de déterminer la nature et les limites de ce domaine, « de savoir quelles sont les unités référentielles (UR) qui en relèvent et celles qui lui sont extérieures ».15(*)

    Lelubre affirme que « il convient ainsi de délimiter et de caractériser ce domaine. Un domaine de spécialité est contigu à d'autres domaines, et est souvent à l'intersection d'autres domaines, avec lesquels il a des éléments communs ».16(*)

    Le domaine est un cadrage auquel l'UR appartient. En conséquence, un terme ne peut pas être défini hors du domaine de spécialité de son appartenance. « Toute étude terminologique doit prendre en compte le domaine de spécialité dont relèvent les termes étudiés : les unités référentielles (concepts) qui leur correspondent sont définies dans le cadre de ce domaine de spécialité ».17(*)

    Le domaine n'est pas un corps de gènes identiques. Le domaine contient plusieurs sous-domaines. Ces derniers sont toujours susceptibles d'être à leur tour un objet de redécoupage.

    « Le domaine lui-même comprend plusieurs sous-domaines, qui peuvent à leur tour se subdiviser en sous-domaines. [...] il s'agit donc pour le terminologue de structurer le domaine relatif à la terminologie étudiée. Puis à l'intérieur de chaque sous domaine, il convient d'établir les relations existant entre les unités référentielles relatives à ce sous domaine ».18(*)

    Notre objectif n'est pas de faire une étude exhaustive sur la classification du domaine de biochimie puisque nous centrons cette recherche essentiellement sur les modes et les moyens de formation des termes biochimiques en discours scientifique. Cette classification des sous domaines, des domaines connexes représentés selon la forme qu'on appelle "l'arbre du domaine", c'est-à-dire une arborisation qui prend en considération les rapports entre toutes les UR qui constituent le domaine.

    Nous nous contentons dans ce chapitre, d'exposer l'historique du domaine de biochimie, d'examiner brièvement la nature de ses UR et de présenter une simple proposition d'un arbre de domaine qui sert comme un miroir de la formation interne de domaine de la biochimie.

    II. Le domaine de la biochimie

    "L'humanité ne supporte pas la pensée que l'homme est né par hasard, par erreur, seulement parce que quatre atomes insensés se sont tamponnés sur une autoroute mouillée. Dès lors, il faut trouver un complot cosmique, Dieu, les anges, ou les diables."19(*)

    La biochimie est le domaine où se rencontrent chimie et biologie. La biochimie étudie donc particulièrement la corrélation entre la structure des molécules naturelles et les conséquences sur leur activité.

    La biochimie permet de comprendre selon quels processus chimiques fonctionnent les organismes vivants, des plus simples comme les bactéries et les virus, jusqu'aux plus complexes, comme les insectes, les mammifères et surtout les humains.

    · Quelques étapes dans l'histoire de la biochimie

    La biochimie est apparue à la fin du 19ème siècle. Elle est restée longtemps isolée de la chimie organique. La chimie organique est née de la médecine et de la biologie. Les retombées de la biochimie sont nombreuses, toutes les techniques actuelles utilisées en médecine, en pharmacologie ou en génie génétique lui doivent une forte contribution.

    · Louis Antoine de Lavoisier, en 1780, montre que les animaux consommaient de l'oxygène, mais cette étude est restée en marge des travaux de l'époque qui consistaient essentiellement à de la classification. Ce n'est qu'au 19e siècle que la chimie s'occupe vraiment de la vie, à travers de ce qu'on appelle maintenant l'enzymologie.

    · En 1783, Lazzaro Spallanzani étudie l'action du suc gastrique de requin sur les aliments. Il s'est aperçu que c'est le suc qui liquéfie la viande par réaction chimique, et que les mouvements des parois de l'estomac ne sont pas nécessaires et que la température a une grande influence.

    · En 1815, Louis Joseph décrit la fermentation alcoolique.

    · C'est toutefois Anselme Payen et Jean-François Persoz qui vont décrire la première enzyme en 1833.

    · En 1834, Theodor Schwann décrit la pepsine. Il l'isole en 1836, alors qu'il étudiait les processus digestifs. C'est la première enzyme obtenue à partir d'un tissu animal.

    · En 1838, le Baron Charles Cagniard montre que la fermentation était causée par des organismes vivants.

    · Cette idée fut confirmée et élargie par Louis Pasteur de 1858 à 1871.

    · En 1879, Kühne suggère le terme d'enzyme pour tous les ferments et en 1898 Duclaux proposa le suffixe ase pour les nommer.

    · En 1889 Altman sépare les acides nucléiques de leur gangue protéique et en 1900, Wilson remarque que les chromosomes sont identiques en composition à la nucléine de Miechler.

    · En 1891, Georg Ernst Stahl et Justus Liebig pense que le ferment était une substance chimique produite par un organisme en décomposition et dont les atomes, en agitation intense et permanente, cassaient la molécule de sucre en CO2 et éthanol, plus solides.

    · En 1897, Hans et Edouard Büchner parviennent à extraire de la levure un extrait acellulaire capable de fermenter le sucre en éthanol.

    · En 1926 la première enzyme, l'uréase, se cristallise.

    · En 1932, Takahashi propose un modèle de structure de l'ADN.

    · En 1938, Hamarsten, Singer et Levene déterminent séparément le poids moléculaire de l'ADN, par biréfringence et ultracentrifugation.

    · En 1944, Todd réalise la synthèse des désoxyoligonucléotides lui permettant de faire un ADN polymère 3',5' ester phosphate. Il est récompensé pour ces travaux par le Prix Nobel de chimie en 1957. Et à partir de ce jour, on va donner le nom « Biochimie » à cette science.

    · En 1955, Sanger donne la séquence de l'insuline qui comporte 600 acides aminés. Ce n'est qu'en 1966 que Merrifield et Wang en proposent une voie de synthèse.

    · Khorana réalise en 1957 la première synthèse de gène (environ 150 paires de bases). Actuellement, on utilise des appareils synthétiseurs d'acide nucléique.

    La biochimie repose d'une part sur l'analyse des molécules qui composent l'organisme, et d'autre part sur les mécanismes qui se produisent lors des étapes importantes de la vie de cet organisme, comme la nutrition, la reproduction, la défense immunitaire, la croissance.

    III. Structuration et organisation des domaines de biochimie

    Pour traiter d'un domaine de spécialité donné, nous avons besoin de dénommer les unités référentielles20(*), qui le constituent. C'est ce qu'étudie la terminologie discipline. La terminologie n'étudie pas un terme tout seul, mais un terme - comme entité linguistique - par rapport à son référent - extralinguistique - . La terminologie cherche - par cela - à dénommer les UR qui font partie d'un tout cohérent qui est le domaine.

    Pour la biochimie, elle cherche essentiellement à traduire en s'appuyant sur de réactions chimiques et de phénomènes physico-chimiques l'origine de ces trois caractéristiques suivantes des êtres vivants21(*) :

    1. La gestion de l'énergie, l'ATP

    2. Les mécanismes de l'autoréparation

    3. Le mystère de la reproduction

    La description moléculaire du monde biochimique peut se faire selon différents classements. On a coutume dans une première approche de la biochimie de décrire les trois classes de molécules selon :

    1. les substances minérales /mawâd ma'daniyya/.

    2. les protéines, constituées d'acides aminés /brûtînât/.

    3. les lipides /sûhûm/.

    4. les glucides /zlûsîdât/.

    Mais il y a un classement qui illustre davantage l'aspect fonctionnel des molécules biochimiques. C'est dans le classement suivant :

    1. Les molécules de structure : membranes et protéines.

    2. Les protéines fonctionnelles : les enzymes.

    3. Les molécules de l'information génétique : les acides nucléiques et l'ADN.

    4. Transmission de l'information : des hormones aux réseaux neuronaux.

    5. L'apport énergétique : sucres, graisses et métabolisme.

    Interaction avec des corps extérieurs : toxicochimie et immunologie.

    La figure ci-dessous fait lumière sur l'arbre généalogique du domaine de biochimie :

    - La carte généalogique du domaine 

    Pour savoir comment est organisé le domaine de la biochimie et comment il fonctionne, il est plus pratique d'examiner la structuration des UR qui le composent et les relations entre ces UR. « Ce n 'est pas une terminologie donnée - ensemble formé par des dénominations - qui constitue un système, mais le domaine référentiel concerné où les unités référentielles font système : c'est au niveau du réfèrent qu 'il y a structuration .22(*)

    - Nature des unités référentielles 

    Les UR qui constituent le domaine de biochimie sont de nature diverse. Nous avons reparti ces UR à l'intérieur de quatre types de composantes qui sont présentées dans cette catégorisation générale :

    · Composantes vivantes : on distingue les cellules végétales et animales et ses éléments plus petits vivant comme « chromosomes » et « nucléosomes ».

    · Composantes mécaniques ou opérationnelles : qui couvre les opérations chimiques et physiques qui se déroulent à l'intérieur de la cellule vivante. Citons de notre corpus à titre d'exemple : "transport actif", "acétylisation"23(*) /?stalah/, " polymérisation"24(*) /balmarah/et " réactions de substitution "25(*) /tafa'ulât al-tabdîl/.

    · Composantes matérielles  et composés chimiques : qui englobent les matières chimiques ayant un rôle à l'intérieur de la cellule vivantes comme, " lactose "26(*) (le sucre du lait), " maltose "27(*) (le sucre de la malt) /sukkar al-sa'îr/, " saccharose "28(*) (le sucre de la table) /sukkar al-mâ?ida/.

    On trouve ci-dessous une classification des UR sous la forme d'un arabe (figure B) et une représentation compositrice des sous-domaines et des domaines annexes de biochimie (figure C) :

    - Les types de composantes

     

    - L'arbre de domaine 

    Deuxième Chapitre

    LA TERMINOLOGIE

    (DÉFINITION ET PRINCIPES)

    I. Introduction

    Dans ce domaine de la biochimie, nous étudions les termes biochimiques, leurs modes et leurs moyens de formation. Nous aimeront à présent attirer l'attention sur deux points :

    · Premièrement, la difficulté de rechercher des documents en langue arabe relatifs à la biochimie, car la plupart de documents universitaires est présentée en anglais et en français.

    · Deuxièmement, tous ces documents relèvent bien entendu d'un domaine très spécialisé. Ce qui demande une lecture scientifique attentive afin de pouvoir comprendre le fond de la matière purement scientifique.

    Notre travail s'inscrit dans un cadre essentiellement terminologique. Pour cette raison, il est indispensable d'examiner rapidement quelques questions relatives à cette branche linguistique comme : qu'est-ce qu'un terme ? Quelle relation entretient-il avec son référent ou unité référentielle (UR) ? Et comment les traits de substance (TS) d'un terme sont ils motivés à travers la dénomination du terme ?

    II. Qu'est-ce que la terminologie ?

    Pour élaborer un travail terminologique, il nous a fallu dans un premier temps comprendre ce que signifiait la Terminologie et le terme. La Terminologie est un terme qui peut avoir différentes significations. En effet, Terminologie désigne un ensemble de publications (dictionnaires, glossaires) où les termes d'un domaine sont représentés. Ce terme peut également designer l'ensemble des termes d'un domaine du savoir. Dans ce cas, on parlera des Terminologies qui sont les ensembles de vocabulaires spécialisés d'un domaine ou d'une discipline

    GOUADEC29(*) voit la Terminologie comme étant une discipline qui étudie le lexique. De ce fait nous pouvons déduire que la Terminologie est une science interdisciplinaire, qui a essentiellement recours à la théorie de la linguistique.

    Après ces éclaircissements sur les diverses notions de Terminologie, nous considérons que la Terminologie est avant tout « une activité intellectuelle qui se consacre à l'étude scientifique des termes. ».30(*)

    Ainsi, la Terminologie étudie un vocabulaire spécialisé. Plus justement, la Terminologie s'intéresse aux unités Terminologiques en tant que désignations d'un concept appartenant à un système conceptuel Nous comprenons par  système conceptuel, l'ensemble des termes d'un même domaine de spécialité qui - comme l'affirme Claude GERMAIN31(*) - est nécessaire au développement d'une discipline et permet une compréhension plus approfondie de celle-ci.

    Alain REY32(*) considère que le travail terminologique consiste à nommer, à distinguer au moyen de signes du langage une réalité. DE BESSÉ33(*) définit le travail terminologique comme consistant à délimiter, à distinguer et à définir des concepts. Ces deux réflexions sont complémentaires dans la mesure ou elles confirment que I'activité terminologique a pour but d'organiser, de structurer, de classifier et de nommer les concepts d'un domaine du savoir.

    III. La Terminologie et la Lexicologie 

    La Terminologie et la Lexicologie peuvent être traitées comme des disciplines ayant des affinités entre elles. RONDEAU distingue la Lexicologie de la Terminologie par le fait que "la lexicologie s'intéresse au mot sous toutes ses formes et la terminologie n'étudie qu'un sous-ensemble des mots : les termes »34(*). Le lexicologue s'occupe donc de l'unité lexicale, c'est-à-dire, de I'unité qui vise le niveau d'analyse du lexique alors que le terminologue isole et décrit !`unité terminologique en tant que « symbole conventionnel représentant une UR définie dans un certain domaine du savoir ». 35(*)

    Ainsi, le lexicologue étudie le lexique englobant différentes théories linguistiques et méthodes qui peuvent être descriptives, appliquées, historiques, structurales, et sociales, entre autres.36(*)

    En effet, pour le lexicologue, le lexique, c'est-à-dire, « l'ensemble virtuel des mots d'une langue »37(*) est l'objet d'une étude globale de la langue courante. Alors qu'au contraire, le lexique est "de spécialité" pour la Terminologie.

    GUILBERT38(*) parle de lexique spécifique pour une langue de spécialité. Par lexique spécifique, nous comprenons que c'est un vocabulaire propre à un domaine d'application.

    De plus,  la Terminologie valorise la monosémie c'est-à-dire, le fait qu'un terme se rapporte à un seul référent. GUILBERT39(*) parle de « monosémie référentielle».

    RONDEAU40(*) qualifie le rapport entre la dénomination du terme et une notion de monoréférentiel. C'est-à-dire que " pour un terme donné, une dénomination correspond une notion et une seule" De cette façon, un terme se compose d'une dénomination et d'une UR.

    D (dénomination)

    Terme = -------------------------------------------

    N (notion) / UR

    Guy RONDEAU, qui représente 1'ecole québécoise, définit le terme comme : «  essentiellement un signe linguistique à double face (notion et dénomination) faisant partie d'un ensemble notionnel donné et se définissent par rapport à cet ensemble dans un domaine scientifique ou technique excluant la langue commune ».41(*)

    Il est utile sur ce stade de noter que la monosémie est possible, mais parfois dans la pratique un concept peut être dénommé par plusieurs désignations, ce qui veut dire, qu'un terme donné à des synonymes, soit : des termes d'une langue désignant la même notion et se situant à un même niveau de langue ou à un même niveau de conceptualisation.

    Mais, il est très difficile de distinguer les vrais synonymes des quasis - synonymes. En d'autres mots. Il est vrai qu'il est parfois difficile de considérer que deux désignations renvoient à un même concept. Voyons les noms de "Lion" l'animal en arabe où nous trouvons une centaine de désignations comme / dorgâm /, / Osâmâ/, / hamzah/, /gadanfar/ ...etc, il y a certainement une certaine nuances sémantiques entre ces désignations. Donc, nous parlons des quasi-synonymies et non pas des synonymies.

    Plus simplement, RONDEAU42(*) qualifie la synonymie comme étant la possibilité de trouver pour une notion donnée plusieurs dénominations différentes, à I'intérieur d'une même langue.

    La méthodologie utilisée par le terminologue est onomasiologique, c'est-à-dire qu'à partir d'un concept, il essaye de trouver la désignation correspondante. Le lexicologue utilise une méthodologie différente. En effet, sa méthodologie est purement sémasiologique.

    Le lexicologue valorise la polysémie à savoir, un signifiant a plusieurs significations. La polysémie est alors équivalente de richesse lexicale et sémantique; la monosémie, une désignation par un concept, est un idéal, toujours plus improbable, que le terminologue veut attendre. Alors que le terminologue étudie les termes qui constituent une langue de spécialité, le lexicologue étudie le vocabulaire de la langue courante, c'est-à-dire un ensemble d'unités lexicales propres de la langue courante

    Le lexicologue et le terminologue étudient le vocabulaire d'un lexique qui leur est propre, chacun respectant une méthodologie. Ainsi. Le terminologue s'intéresse au lexique « étudiant la dénomination des notions »43(*) et répond aux besoins d'une classe professionnelle. Alors que le lexicologue s'intéresse à la "description" d'un système mettant I'accent sur « les contrastes phonologiques et phonétiques, contrastes syntaxiques, morphologiques, contrastes lexico-sémantiques portant sur tout les éléments du lexique ».44(*)

    Nous pouvons donc conclure que terminologie et lexicologie se différencient dans la mesure où l'une observe la relation entre l'UR et I' unité terminologique et l'autre observe I' unité lexicale. Elles se différencient aussi par le fait qu'elles utilisent une méthodologue différente.

    IV. Qu'est-ce qu'un terme ?

    Le terme " terminologie " renvoie dans la littérature à plusieurs acceptions différentes de la terminologie, à savoir:

    - la liste des termes concernant un certain domaine.

    - la discipline qui étudie les termes.

    Cela est clair dans la définition présentée par le Grand dictionnaire Encyclopédique Larousse qui distingue entre les deux acceptions de la terminologie suivantes :

    «  1- La terminologie est l'ensemble des termes rigoureusement définis, qui sont spécifiques d'une science, d'une technique, d'un domaine particulier de l'activité humaine. 2- Discipline qui a pour objet 1'étude théorique des
    dénominations des objets ou des concepts utilises par tel ou tel domaine du savoir, le fonctionnement dans la langue des unités terminologiques, ainsi que les problèmes de traduction de classement et de documentation qui se posent a leur sujet  ». 45(*)

    Mais le Dictionnaire Encyclopédique Quillet se contente à la première acception de la terminologie, la définissent seulement comme «  l'ensemble des termes techniques d'une science ou d'un art; leur signification ».46(*)

    Gouadec donne une définition claire, mais il laisse une marge de confusion entre le mot orthographique - qui est tout ce que se trouve entre deux blancs - et le terme - qui est une entité linguistique spécialisée qui concerne un ensemble précis-, il dit : « Un terme est une unité linguistique désignant un concept [...]. Le terme est l'unité de désignation d'éléments de l'univers perçu ou conçu. Il ne se confond que rarement avec le mot orthographique ».47(*)

     Xavier LELUBRE48(*) note que cette définition n'évoque pas le caractère référentiel du terme puisqu'elle considère le terme comme étant tout simplement un signe linguistique au sens défini par F. DE SAUSSURE, en d'autres termes une unité linguistique comportant un signifiant et un signifié.

    Alain REY voit que la terminologie : «s'occupe d'ensembles structurés de noms, dénotant des ensembles d'objets (les référents individuels, les particuliers de la logique) groupés en classes par des critères qu'expriment leurs définitions ».49(*)

    Alain REY50(*) montre que le nom s'oppose au mot. C'est que le mot est «  signe appartenant au lexique d'une langue naturelle « , et «  s'analyse comme tout signe en une face signifiante et une face signifiée indissolubles de son usage dans le fonctionnement de la langue à laquelle il appartient [...] ». Le nom pour REY est lié à la chose ou à l'objet,  tandis que «  le nom (au sens logicophilosophique de l'anglais name) renvoie à un élément distinct de 1'experience humaine, individuelle ou collective, qu'il désigne ou dénote ». 

    Le nom est soit réparti dans une classe (c'est alors un nom commun) soit au contraire unique (c'est alors un nom propre). «  Le rapport essentiel, en ce qui concerne la problématique du nom (et non pas du signe, ou du mot) est celui qui le relie à la "chose", à "l'objet" individuel, au "particulier", qu'il soit (nom commun) ou ne soit pas (nom propre) classé, réparti dans une classe ».51(*)

    REY affirme finalement que «  le nom est l'objet même de la terminologie en effet, un nom définissable à 1'interieur d'un système cohérent, énumératif et/ou structuré est un terme ».52(*)

    LELUBRE note que: « Dans un domaine de spécialité, le terme n'est que la dénomination d'une unité référentielle, extralinguistique »53(*). LELUBRE met en premier lieu l'aspect référentiel du terme et explicite la nature de la relation entre terme et UR. Il ajoute : «  le terme ne tire son existence que de son rapport avec un référent, extra- linguistique »54(*). Par l'unité référentielle (UR), on entend une classe, c'est-à-dire « un ensemble d'objets définis par le fait qu'ils possèdent tous et possèdent seuls un ou plusieurs caractères communs d'entités particulières de référents, individuels ».55(*)

    Le terme est donc relié à une classe d'UR et non par à un référent individuel. Par exemple quand nous utilisons le terme "hormone"56(*) /harmûn/, nous ne signifions pas la dénomination d'un hormone particulier, mais de la classe des "hormone", c'est-à-dire des matières chimiques possédant un certains traits spécifiques « une classe ou un ensemble de référents ». Nous adoptons cette conception du terme dans notre travail.

    Un autre exemple tiré de notre corpus : le terme « vitamine » /fîtâmînât/ n'est pas la dénomination d'un composant chimique particulier, mais de plusieurs sortes de vitamine qui portent plus ou moins les mêmes caractères, ou plus précisément : « un groupe de molécules essentielles au métabolisme et, ainsi, à la croissance et au bon fonctionnement de l'organisme. ».57(*)

    V. Quel est le rapport entre le terme et l'unité référentielle ?

    Théoriquement et idéalement, «  à une unité référentielle doit correspondre un terme et un seul (sinon, il y a synonymie) et à un terme doit correspondre une unité référentielle et une seule (sinon, il y a polyvalence - homonymie ou bien polyréférentialité) »58(*).

    Lelubre voit qu'il y a deux sorte de synonymies : une synonymie vraie représentée en langue de spécialité et une autre rarement vraie représentée en langue commune : «  en langue commune, la synonymie vraie est rare, en raison des phénomènes de connotation, de niveau de langue, qui entrent inévitablement en jeu. Autant qu'en terminologie, la synonymie est vraie, une synonymie référentielle : elle ne porte que sur la dénomination de l'unité référentielle »59(*).

    CABRÉ souligne que la question d'univocité est une sorte d'utopie irréalisable :

    « En théorie, les termes, à la différences des mots du lexique commun, sont des unités univoques (la relation entre forme et concept est unique) et monoréférentielles (un terme désigne un seul concept). Théorie et réalité, cependant, ne se recouvrent pas toujours complètement, et la terminologie n'est pas exceptionnelle de ce point de vue [...] Ainsi, une forme peut être porteuse de différents signifiés (polysémie) et un concept peut être porteur de différents signifiants (synonymie ».60(*)

    La question de synonymie ou de polyvalence est large. Et nous signalons que cette question sera traitée en détails dans le cinquième Chapitre. Notons à titre d'exemple quelques cas de termes synonymiques trouvés dans notre corpus. Nous en avons relevé trois exemples :

    Pour le terme «Biochimie»61(*) : /al-kîmiâ? al-hayawiyyah/62(*) et /bîûkîmyâ?/63(*).

    Pour le terme «Centre actif» : /maqar fa''âl/64(*) et /mawqi' nasit /65(*).

    Pour le terme «lipides»66(*) : /sahmiyyât/67(*) et /duhûn/68(*).

    VI. Langue commune et langue de spécialité 

    Techniquement, il est important de comprendre la différence entre la langue commune et une langue de spécialité. RONDEAU souligne dans sa définition du terme que le domaine auquel appartient le terme technique ou scientifique exclut la langue commune : «  essentiellement un signe linguistique [...] se définissent par rapport à cet ensemble dans un domaine scientifique ou technique excluant la langue commune ».69(*)

    La langue de spécialité et la langue commune ou courante ne se différencient pas nettement l'une de l'autre. La langue de spécialité peut être fondée sur la langue courante.

    D'après RONDEAU, on comprend par langue commune « 1'ensemble des mots et expressions qui, dans le contextes où ils sont employés, ne se réfèrent pas à une activité spécialisée »70(*), alors que pour GUILBERT la langue courante est :

    « L'ensemble des moyens d'expressions à disposition des membres d'une communauté linguistique. Cet ensemble, théoriquement défini, est constitué par des éléments caractéristiques (syntaxiques et lexicales) utilisés par plusieurs groupes socioculturels ; ces éléments (surtout lexicaux) trouvent leur origine dans différents domaines de la propre expérience d'une communauté "71(*)

    Par contre, pour KOCOUREK la langue de spécialité a un sous-système. En effet, il considère la langue de spécialité comme «  une sous-langue de la langue naturelle, c'est-à-dire de la langue commune »72(*).

    De ce fait, la langue de spécialité a des ressources communes avec la langue courante mais possède ses propres caractéristiques. La langue de spécialité a tendance à «  définir son unités lexicales, contrôler la polysémie et l'homonymie, supprimer les synonymes, simplifier et délimiter les moyens syntaxiques, neutraliser ou contenir 1'émotivité et la subjectivité ». KOCOUREK la définit comme " un instrument qui sert à signifier le contenu spécialisé, à le communiquer ".

    En ce qui concerne la langue de spécialité, cet auteur fait encore la différence entre langue de spécialité et langues de spécialité « Nous employons donc, selon la cas le singulier pour l'unité de la langue de spécialité et le pluriel pour rappeler la diversité ». C'est-à-dire que la langue de spécialité rend compte d'un domaine particulier et que les langues de spécialité renvoient à l'ensemble des microsystèmes linguistiques des différents domaines du savoir.

    Selon RONDEAU73(*) ; l'ensemble des langues de spécialité est réparti en trois zones

    - La zone mitoyenne zone qu'il considère " la plus rapprochée de la langue commune". il considère cette zone la plus proche de la langue commune car c'est sur la langue commune que le vocabulaire spécialisé se construit.

    - La zone centrale des langues de spécialité, zone où se trouve des termes communs à plusieurs domaines du savoir.

    - La zone des ensembles ultra spécialisés, c'est-à-dire, la zone des techniques de la recherche d'avant-garde » (Ex. chimie, mathématique). C'est une zone ou le vocabulaire employé est très opaque et hermétique dans la mesure ou il est crée, définit et compris par un groupe socioprofessionnel réduit

    RONDEAU voit que les frontières entre les différentes zones sont franchissables ou "perméables" - selon son propre terme, c'est-à-dire, que la frontière entre les zones de langues de spécialité et la langue commune (et vice-versa), peuvent s'influencer et se compléter. Pour cela on comprend que le terme d'une zone de langue de spécialité passant vers la langue commune peut prendre plusieurs significations car l'unité terminologique perd son aspect spécifique en entrant dans le vocabulaire de la langue commune.

    Un exemple tiré de notre corpus, dans le domaine de la biochimie, le terme /haffâz/ qui signifie "catalyseur" se réfère à une « Substance qui, utilisée en faible proportion, augmente la vitesse d'une réaction chimique et qui, théoriquement, reste chimiquement inchangée à la fin de la réaction »74(*) alors que dans la langue courante / haffâz / a une signification polysémique comme : « celui qui encourage les autres », « qui initie ». Nous pouvons répartir ce terme à la zone centrale car il s'agit d'un terme commun entre plusieurs domaines : la biochimie ou la chimie, la physique et la langue soutenue d'académiciens ou de politiciens.

    En conclusion, nous pouvons affirmer qu'une langue de spécialité se caractérise et se différencie des autres langues de spécialité et de la langue commune par le fait de posséder un vocabulaire spécifique, l'appartenance à un domaine identifiable et la possession d'une méthodologie différentes de dénomination.

    KOCOUREK définit le contenu de la langue de spécialité comme reflétant « toutes les composantes essentielles de la spécialité, tel que le monde de spécialité (les choses étudiées), les concepts correspondants, les connaissances accumulées, les buts visés, les méthodes employées et les spécialistes en tant que spécialistes »75(*). En effet, la langue de spécialité et la langue courante s'enrichissent mutuellement, car la langue de spécialité emprunte le vocabulaire de la langue courante (la terminologisation). D'un autre côté, la langue courante augmente son vocabulaire car elle reçoit des termes nouveaux.

    VII. Les traits de substance de l'UR 

    En lexicologie, le signifié d'un mot peut comporter plusieurs éléments appelés sèmes qui sont les plus petites unités porteuses de sens non susceptibles de réalisation indépendantes. Lelubre dit qu' «  en terminologie on ne parle pas de sèmes, mais de traits de substance [ou traits conceptuels selon certains auteurs comme Ph. THOIRON], traits propres à I'unité référentielle »76(*). Lelubre ajoute qu'  « en terminologie, on part de la réalité extérieure à la langue, extra-linguistique : l'UR ».

    Cette opération qui se consiste à mettre en relation entre une unité référentielle « extra-linguistique » et une unité lexicale « linguistique » pour donner une « unité terminologique - UT » s'appelle « la dénomination ».

    Les spécialistes parlent de deux démarches de dénominations : une démarche onomasiologique et une démarche sémasiologique, Lelubre montre que les démarches en lexicologie et en terminologie ne sont pas les mêmes : « en lexicologie, la démarche est une démarche sémasiologique : on part du mot - du signe - pour arriver à la notion [...]  en terminologie, ma démarche fondamentale est une démarche onomasiologique : on part de l'unité référentielle pour arriver à la dénomination »77(*).

    Mais Lelubre voit que le terminologue ne se limite pas à la démarche purement onomasiologique, mais ont en général recourt aux deux démarches, onomasiologique et sémasiologique :

    « Quand les terminologues ont à traiter un domaine, ils combinent les deux démarches successivement

    - démarche onomasiologique

    Exploration du "champ notionnel" du domaine ; organisation des unités référentielles de manière hiérarchique : c'est la construction de I'arbre du domaine. On inscrit alors aux noeuds des arbres les dénominations existantes. Le travail à ce niveau repose sur la consultation de la documentation relative à ce domaine (manuels, encyclopédies,.) ; elle est l'affaire du spécialiste du domaine.

    - la démarche sémasiologique

    La démarche sémasiologique utilisée par les terminologues consiste à faire le recensement des dénominations relevant d'un domaine, explorer les unités référentielles qu'elles recouvrent et pouvoir ainsi les classer. Cela implique le dépouillement de documents traitant du domaine étudié. Les terminologues procèdent à la collecte des termes en dépouillant la littérature traitant de ce domaine, y compris, bien sur, les dictionnaires spécialises »78(*).

    Mais pour dénommer une UR, est-ce qu'on tient compte de tous les traits de substances de cette UR ; ou on en choisit quelques-uns. Thoiron affirme que «  la nomination ne doit pas être assimilée à la description, ou à la définition du concept »79(*).

    Les traits choisis peuvent différer d'une langue à une autre. «  Par exemple dans 'fire fighter', les traits dénotés par le terme anglais sont "homme combattant" et "feu", à 1'exclusion d'autres traits. Pour le terme français "pompier", les traits de substance retenus sont "machine porté par un homme" et "une valeur grammaticale d'agent". Un autre exemple cité par Lelubre : « Par exemple dans "computer", les traits dénotés par le terme anglais sont "machine" et "calculer", à 1'exclusion d'autres traits. Pour le terme français "ordinateur", les traits de substance retenus sont "machine" (eur) et "mise en ordre" »80(*).

    Dans le monde arabe, le travail terminologique est tributaire des terminologies anglaise et française. Pour former le terme arabe, on tient compte, pour la plupart des cas, des traits de substance choisis par le français ou l'anglais. Lelubre affirme qu' « il s'agit bien d'une activité de transfert de terminologie, pour laquelle c'est la forme linguistique du terme source qui prédomine, constituant la base sur laquelle s'effectue le travail terminologique, qui est la recherche du terme cible »81(*).

    Concernant la langue arabe, note ce qui suit :

    « Les conditions sociolinguistiques, comme, de manière négative, le volume de la terminologie à traiter, la culture scientifique des spécialistes en langue étrangère, mais aussi, de manière positive, l'intérêt de calquer et de serrer

    Au plus prés, par une correspondance facile à décoder, en quelque sorte transparente, - ce qui est une option possible, tout à fait acceptable, à condition qu'on la prenne en connaissance de cause - les termes français et anglais, répandus internationalement, et qui sort les références pour les scientifiques, et plus largement, les usagers arabes, font qu'il ne peut être, de fait, question de démarche terminologique autonome »82(*).

    LELUBRE nous présente trois schémas83(*) afin d'illustrer mieux ses propos : Dans le premier schéma : le terme arabe adopte le ou les même (s) trait(s) de substance choisi(s) par le français ou l'anglais,

    Dans le deuxième schéma : L'arabe choisit ou l'un ou l'autre des traits de substance, quand chaque langue choisi des traits de substances différentes,

    Dans le troisième schéma : l'arabe choisit un TS non sélectionné par le français ou l'anglais dans une démarche autonome,

    VIII. Conclusion

    Grâce à la terminologie nous nous sommes rendu compte que le travail du terminologue est important car c`est lui qui isole l'UR et trouve une définition adéquate pour ce dernier. Dans la deuxième partie, nous allons étudier plus concrètement les UR de la biochimie. Nous examinerons aussi le rapport entre les termes "UT " de la biochimie et les UR dénotés et non dénotés. Les exemples vont nous montrer, si les TS exprimés à travers les termes arabes de la biochimie dénotent clairement les UR correspondantes.

    DEUXIÈME PARTIE

    LES MODES ET LES MOYENS DE LA FORMATION DES TERMES DE

    BIOCHIMIE

    INTRODUCTION À LA DEUXIÈME PARTIE84(*)

    La langue arabe, comme les autres langues, dispose de plusieurs moyens qui représentent un grand système englobant des mécanismes pour former des termes spécialisés.

    Le premier moyen (développé dans le troisième chapitre) concerne la formation de termes à l'aide du système de nomination et du système de communication (ce dernier sera l'objet d'étude dans le quatrième chapitre).

    Dans le cadre des deux systèmes précédents, nous étudions (au cinquième chapitre) un moyens assez important dans la formation des termes arabes, c'est l'utilisation des tropes (métonymie, métaphore, et hypallage) dans un cadre plus large, intitulé le transfert sémantique.

    Un autre procédé de formation des termes arabes, occupe un large chapitre (le sixième), où nous développons une étude détaillée sur l'emprunt arabe. L'emprunt n'est ni un phénomène nouveau, ni une spécificité de l'arabe. Mais il y a des signes qui montrent que l'arabe spécialisé ne peut survivre sans avoir recours aux ressources d'autres langues.

    L'arabe de la biochimie fait appel à grande quantité d'unités lexicales par recours à la siglaison (analysée au septième chapitre). La siglaison représente un moyen largement utilisé dans l'arabe technique et scientifique. La troisième partie s'intéresse à la traduction spécialisée. C'est le huitième chapitre qui fera le fond d'une étude à développer, concernant la méthodologie de la traduction médicale.

    LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DES SYSTÈME DE NOMINATION ET SYSTÈME DE COMMUNICATION

    I. Introduction générale

    1. Le cadre théorique de la terminologie arabe 

    La langue est un système de systèmes. Toute langue humaine dispose, comme matériau phonétique, de consonnes (C ), de voyelles ( V ) et de syllabes ( S ). Ce matériau est organisé en deux grands systèmes.

    1- un système de phonèmes : les consonnes C et les voyelles V.

    2- un système de syllabes S.

    En arabe, le système syllabique est composé de syllabes qui sont uniquement de deux types, à savoir : S = {CV, CVC}. A. ROMAN voit que :

    « Un tel sous-système syllabique détermine, dans le fonctionnement de la langue, une disjonction du sous-ensemble des consonnes, {C} et du sous ensemble des voyelles, {V} : y = {CV, CVC} => {C} n {V} = ?. Cette disjonction, des lors que les consonnes et les voyelles peuvent être utilisées indépendamment les unes des autres, permet l'attribution systématique de taches différentes aux consonnes et aux voyelles »85(*)

    Selon le point de vue d'A. Roman, adopté dans notre travail, la langue arabe est un «  un système composé de quatre sous-systèmes interdépendants

    · un sous-système de phonèmes, consonnes et voyelles

    · un sous-système de syllabes [...]

    · un sous-système de nomination

    · un sous-système de communication »86(*).

    Or, deux taches fondamentales doivent être assurées par toute langue humaine: l'une étant assurée par le système de nomination de la langue afin de permettre aux hommes de nommer et donc de transformer en objets linguistiques:

    - « Des res ou entités du monde imaginées par eux, étrangères aux temps, dont le temps n'est pas une composante »87(*) (dénotent soit un objet " table " soit une idée " liberté").

    - des modus ou entités du monde imaginées par eux, dont « le temps, s'inscrivant dans un déroulement apparent du temps »88(*) (dénotent soit une action " manger " ou un changement " libérer " soit encore une actualisation, c'est-à-dire un résultat d'une action ou d'un changement, « libre »).

    Les unités de nomination de la langue sont ainsi les images linguistiques des RES et des MODUS inventés par les hommes.

    L'autre tâche étant assurée par le système de communication de la langue pour permettre aux hommes de communiquer entre eux. La langue est donc un système de systèmes: un système phonologique, un système syllabique, un système de nomination et un système de communication. Tous ces systèmes sont interdépendants.

    2. Les moyens de la création lexicale en arabe 

    L'arabe dispose de plusieurs moyens : d'abord, de son système de nomination, mais ce système qui permet la création d'unités terminologiques simples (UTS)89(*) se trouve rapidement saturé face au nombre important de termes qu'il faut créer. La langue doit alors recourir au système de communication qui permet la création d'unités terminologiques complexes.( UTC )90(*), en combinant linéairement des formes créées, entre autres, par le système de nomination.

    La langue dispose aussi d'un autre moyen, dans le cadre de ces deux systèmes : c'est l'utilisation des tropes (métaphore, métonymie et hypallage), qui permettent de créer des termes à partir de lexies déjà existantes en jouant sur les changements de sens, c'est-à-dire, sur le plan sémantique. Une autre possibilité s'offre encore à la langue, c'est l'emprunt. Le terme emprunté peut être par la suite intégré au système ou pas. Nous verrons plus tard comment chacun des deux systèmes de nomination et de communication peut participer à la création d'unités terminologiques.

    Troisième Chapitre

    LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE NOMINATION

    La formation des UTS à l'aide du système de nomination

    Les unités terminologiques créées en arabe par le système de nomination sont des unités lexicales simples (UTC) constituées par un seul mot91(*), le mot étant défini comme une unité morphologique syntaxique autonome.

    · Le système de nomination de l'arabe (les res et les modus) 

    Ce système est construit en arabe sur des racines de consonnes. La plupart des unités de nomination sont construites sur des racines (les unités fléchies), les autres, qui ne sont pas construites sur des racines sont appelées unités amorphes. Quand il s'agit des unités fléchies, le système de nomination prend en compte:

    a- Les unités de nomination générale, ou encore pro-formes, non spécifiées sémantiquement. Peu nombreuses, elles ont été construites sur des racines mono consonantiques (vc). Ces unités désignent toujours un seul élément,,qui est soit unique ( ex: « Tu »), soit montré comme unique ( ex: « Celui » ), soit encore non différencié. Ces racines monoconsonantiques sont formées sur les consonnes: /w/, /m/, /n/, /t/, /k/, et les avatars d'une ancienne occlusive médio-palatale sourde : /c/, /s/ /h/, / ?/, /y/, /yy /.

    b- Les unités de nomination particulière, ou encore formes spécifiées sémantiquement. Elles ont été construites, dans le système, sur des racines de trois consonnes ( vCCC ), parce que cette combinatoire pouvait produire en nombre suffisant, et avec une économie optimale, les arrangements constituant les racines, c'est-à-dire les premiers signifiants de leurs sens " particuliers "92(*). Ces deux types d'unités de nomination peuvent être combinés.

    1. Les unités amorphes 

    Elles englobent les modalités, qui font partie du système linguistique, et les unités amorphes hors système93(*) que constituent, entre autres, les emprunts, les sigles et les unités brachigraphiques.

    Les modalités sont des pièces du système de nomination, non construites sur des racines. Les signifiants de ces modalités sont:

    - les voyelles, dont le système syllabique impose 1'emploi et dont c'est la position par rapport aux consonnes radicales qui établit le signifié qui leur est propre.

    Les unités libres, comptant au moins une syllabe. Nous ne garderons ici que celles intervenant dans la formation des UTS.

    · Les modalités qui déterminent une res

    - le nombre: le singulier, le duel et le pluriel.

    - le défini, par l'article défini ( ?al), qui est un morphème de quantification et donc une modalité de détermination. Il se connecte à une res, par exemple: devant une res nom commun, (?al) est une " unité numérale " qui arrête le nombre de la res; le syntagme constitué par /(?al)/ et la res est 1'etiquette d'un ensemble : /(?a)l-hurmûn/ " le hormone ", /(?a)-l fitamîn/ " le vitamine". ou d'un sous-ensemble : / (? a)l-hurmûnât/ " les hormones ", /(?a)-l fitamînât/ " les vitamines".

    Il peut être aussi connecté à un modus qu'il se transforme alors en res. Des nombreux termes sont ainsi des modus transformés en res par l'article, par exemple le mot /ta?aksud/ est un modus " le fait d'oxygénation "94(*) et transformé par l'article /(?a)l/ en res, dans l'unité terminologique complexe: /tafâ'ulât l-ta ?aksud/, soit " les réactions d'oxygénation ".

    · Les unités fléchies : les res

    Comme nous l'avons signalé précédemment, le système de nomination de la langue arabe prend en compte deux sortes d'unités de nomination quand il s'agit des unités fléchies: unités de nomination générale et unités de nomination particulière. En ce qui concerne notre étude, c'est la deuxième sorte d'unité qui nous intéresse le plus, car Il n'existe que deux modus qui soient des unités de nomination générale, construits sur une racine monoconsonantiques : le modus "faire", qui a deux signifiants /s/ et / ?/ toujours en position préfixale, et le modus "être" qui a un seul signifiant /y/ toujours en position suffixale.

    Les unités de nomination particulière peuvent être construites sur une ou plusieurs racines, mono- ou triconsonantiques et parfois même, hors système, - c'est-à-dire - quadriconsonantiques.

    Celles qui sont construites sur une seule racine vCCC et dénotant des res semblent, dans le proto-arabe, avoir été distinguées des formes des modus construites de la même manière, par leurs voyelles, selon le schéma suivant:

    RES MODUS

    ? C1 V1 C2 Ö C3 ? C1 V1 C2 V2 C3

    Pour A. Roman95(*) , il semblait que les voyelles aient été utilisées selon la distribution suivante : /a/ : modalité ( + animé ) ex: /?akÖl/ " le manger ", /i/ : modalité ( - animé ) ex: /zisÖm/ " corps », /u/ : variante conditionnée de /i/ ex: /duhÖn/ " graisse " /kubÖz/ " pain". En arabe historique, il ne reste plus que des traces lexicalisées, c'est-à-dire qui ne sont plus systématiques, donc plus signifiantes, de cette distribution vocalique.

    Nous avons trouvé quelques termes construits de cette façon dans le domaine de la biochimie. En voici quelques exemples: /duhÖn/, "lipide"96(*), /hamÖd/,"acide"97(*) . Les unités de nomination particulière dénotant des res peuvent être aussi construites sur une racine v C de res et une forme de racine vCCC. Et, dans ce cas, les exemples qu'offre la langue arabe historique rompent avec la disjonction des res et des modus que nous avons vue plus haut: ils présentent tous une voyelle entre C2 et C3, voyelle caractérisent un modus. Il existe plusieurs combinaisons:

    1-v C + v CCVC+ suffixe : les racines v CCC et vC sont des racines de res. Le schéma v C + v C1C2VC3 + ât est réalisé v C + VC1C2aC3 + ât, où /t/ est la modalité d'abondance98(*). « C'est le cas de la forme /ma-f'al-ât/ où /m/ est le pro-lieu, comme /ma-ktab-ât/ " lieu ou se trouvent de nombreux livres ». C'est une forme que nous n'avons pas trouvée parmi les termes relatifs à la biochimie de notre corpus.

    2-Une forme de modus à racine vCCC et une racine de res vC : le premier élément v CCC est un modus et le second vC la pro-res, /t/, avatar de /m/, la res générale99(*) . Les schèmes qui actualisent le modus comprennent : /fâ'il/, /maf'ûl/, /fa'ûl/, /fu''ûl/. Comme /fâ'il+ ât/ : le MODUS est un MODUS agentis comme : / 'â?il/ et /'a?ilât/ dans le terme /'a?ilât 'udwiyya/100(*), " familles organiques", et /'âmil/ dans le terme /'awâmil musâ'ida hayawiyya/101(*), " catalyseurs biologiques".

    Il y a aussi des cas où le modus est un modus determinans et un autre cas où le modus est un modus determinans à modalité intensive, mais nous n'en avons pas trouvé d'exemple dans notre corpus.

    Il existe d'autres unités de nomination particulière dénotant des res et construites sur trois racines ou même davantage, avec notamment le recours aux deux racines monoconsonantiques réalisées respectivement /yy/, avatar la racine de modus * vC " être " et /t/, avatar de la res générale /m/. La combinaison de ces deux racines à une forme, quelque soit la racine de cette forme, triconsonantiques ou quadriconsonantiques, permet de nommer des res abstraites et ce procédé est très utilisé dans les langues de spécialité, en constituant ce qu'on appelle le masdar sinâ'iyy avec l'ensemble (iyyat) qui se comporte comme un véritable suffixe et qui correspond à certains des nombreux suffixes de l'anglais et du français (-isme, -ite...). Bien entendu, il ne s'agit pas de la séquence (-iyyat) trouvée dans de nombreux adjectifs.

    Exemple : "polysaccharide" /sukkariyyât/102(*), /sahmiyyât/103(*) "lipides", /mâ?iyyât/ dans le terme /mâ?iyyât al-fahm"104(*) hydrate de carbone ".

    · Les unités fléchies: les modus

    Il convient de distinguer le modus personnel ou verbe des modus impersonnels (" nom d'action ", participes, etc...), tels ceux que la tradition grammaticale arabe appelle masdar ?ism al-fâ'il, ?ism al-maf'ûl, ?ism al-?a:la, ?ism al-makân et ?ism al-zamân, etc.

    a) Les modus personnels ou verbes

    On distingue les verbes construits sur une racine triconsonantiques vCCC, appelés verbes simples ; exemple : /naqal/, "transporter", les verbes construits sur le même type de racine mais avec addition de modalités ; exemples : /qallala/, "diminuer", /rakkaza/, "concentrer", et les verbes construits sur une racine triconsonantiques et une ou deux racines monoconsonantiques ; exemples / ?astara/, "estérifier"105(*).

    Ces deux dernières - tirés de notre corpus- catégories de verbes correspondent aux verbes augmentés de la Tradition ou les types de verbes construits par modalités ajoutées.

    Les verbes qui ont pour schème la IIe forme verbale de la tradition orientaliste qui est /fa''ala/. Le verbe " itératif "ou la modalité itérative est produite par l'allongement de C2. Il a pour forme : /fa''ala/ ex: /haffaza/ "favoriser". Le schème /fa''ala/ a pour valeur de base la "répétition du procès" ou une valeur itérative qui produit à son tour une valeur seconde considérée comme la conséquence du sens itératif : c'est la valeur intensive comme /rakkaza/ , "concentrer". La modalité intensive est produite par l'allongement de C3. Elle est réservée aux verbes exprimant des changements de couleurs, d'états ou des défauts physiques

    Il y a aussi, les verbes à transitivité déficiente ou incertaine : ils sont produits par l'allongement de la première voyelle ; ils ont pour forme /fâ'ala/ qui est la IIIe forme de la tradition orientaliste. Exemple : /râfaqa/ "accompagner" Dans /râfaqa a-t-tafâ'ul/.

    Des verbes construits sur une racine vCCC de modus et une racine vC de res. Cette dernière racine est la racine du morphème écho du morphème de personne. Elle réfléchit le morphème de personne comme dans les verbes pronominaux en français. Elle a pour signifiants /t/ ou son avatar /n/.

    Le morphème écho de signifiant /t/, combine avec la forme simple du verbe a pour forme /?ifta'ala/. C'est la VIIIe forme de la tradition orientaliste. Exemple : /?iktasaba/ (acquérir). El le morphème écho /t/ se combine également avec les formes augmentées par modalités ajoutées. Exemple, le morphème écho /t/ se connecte à la IIIe forme verbale /fâ'ala/ pour donner /tafâ''ala, VIe forme de la tradition orientaliste, comme dans le verbe /tamâzaza/ (se mêler).

    Bien aussi, les verbes construits sur deux racines de modus : la racine vC du modus "faire" et une racine vCCC. Il s'agit, comme nous l'avons vu plus haut, du modus "faire", unité de nomination générale. Ces verbes ont pour forme /?af'ala/, et /?istaf'ala/. Exemples : / ?istamarra/ "se continuer", / ?staqarra/, "se stabiliser".

    Dans notre corpus, la forme de verbe construite sur une racine quadriconsonantiques vCCCC est largement présentée. Il s'agit des termes scientifiques reproduits d'une opération d'amalgame ou des formes amalgamés comme : /halzana/106(*), "halogéner" et /halma ?a/107(*), "hydrolyser".

    b) Les modus impersonnels 

    Dans cette catégorie de modus nous citons :

    1. Le nom d'action ou le /masdar/ de la Tradition grammaticale

    Il n'a pas de morphème de temps général et il représente l'action faite par le verbe. Parmi les noms d'action correspondant à la forme simple du verbe, nous avons relevé /al-musâwuga/ (isomérisation), nom d'action correspondant au verbe /sâwaga/.

    Quant aux noms d'action correspondants aux formes augmentées du verbe, ils sont construits chacun selon un schème déterminé.

    Au schème /fa''ala/ (Ile forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /taf'îl/. C'est le cas de /hammada/ (le faisant acide) donne /tahd/ "acidification".

    Au schème /?af'ala/ (IVe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /?if'âl/. C'est le cas de /?asba'a/ (saturer la solution) /?isbâ'/, "saturation".

    Au schème /tafa''ala/ (Ve forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action qui est /tafa''ul/. C'est le cas de /tahallala/ (se dessoudre) /tahallul/ "dissolution".

    Au schème /tafâ'ala/ (VIe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action /tafâ'ul/. C'est le cas de /tarasaba/ (précipiter) /tarasub/, "précipitation".

    Au schème /?ifta'ala/ (VIIIe forme de la tradition orientaliste) correspond un nom d'action régulier qui est /?ifti'âl/. C'est le cas de /?intasara/ (se diffuser dans la solution) /?intisâr/,"diffusion".

    Au schème /?istaf'ala/ correspond un nom d'action régulier qui est /?istif'âl/. C'est le cas de /?istaqlaba/ "se métaboliser" / ?istiqlâb/, "métabolisation" et un autre cas quadriconsonantique /istana'a/ "fabriquer" , /istinâ'/108(*) "fabrication".

    2. Le nomen loci vel temporis109(*)

    Ce sont les ism al-makân et ism-zama:n de la tradition grammaticale arabe. Voici un exemple tiré de notre corpus : /maqarr fa''âl/, ( centre actif ».

    3. Le nomen instrumenti110(*)

    C'est le ism al-âla de la tradition grammaticale arabe. Il a trois schèmes qui sont utilisés dans les terminologies techniques et scientifiques : /mif'al/ (schème correspondant au verbe " simple ", /mif'ala/ (schème développé hors système du schème /mif'al/), et /mif'âl/ (schème qui peut être formé à partir de noms concrets) pour lesquels nous n'avons pas trouve d'exemples dans notre corpus.

    4. Les modus à aspect spécifié ou modus non informis

    Les modus agentis vel patientis, ce sont les ism al-fâ'il Nomen agentis selon la terminologie d'André ROMAN et ism al-maf'ûl Nomen patientis selon la terminologie d'André ROMAN:

    a- Les MODUS agentis

    Et Voici un exemple tiré de notre corpus :

    · /fâ'il/ : /'âmil/ dans /'âmil ?idmisâs/ ," et /râbit/111(*) dans /maqqarr al-?inzîm ya'mal 'an tarîq kafd al-râbit", relateur ".

    · sur le schème /mufa''il/ : /muwallid/ dans /muwallid al-?inzîm/112(*) ,"générateur".

    · sur le schème /mufâ'il/ : /musâ'id/ dans /'âmil musâ'id 'ala a-t-tafâ'ul/ 113(*)," assistant ".

    b- Les MODUS patientis

    et Voici un exemple tiré de notre corpus :

    · /maf'ûl/: /mahlûl / " solution "114(*).

    · /mufa''al/ : /murakkaz/ " concentré "115(*).

    · /mustaf'al/ : /mustahlab/ " lactate"116(*).

    La plupart des participes passifs que nous avons relevés correspondent à la forme /mufa''al/ et la forme /mufa'lal/. Exemples

    · /muhadraz/ dans l'UTC /mahlûl muhadraz/ (solution hydratée)

    · /mu?aksad/ (oxygéné).

    · /mubalmar/ dans /sukkar mubalmar/ (sucre polymérasé).

    5- Les MODUS determinans117(*)

    Il se trouve sur le schème /fa'ûl/ : forme simple, mais le plus fréquent est : /fa'îl/.

    Des exemples tirés de notre corpus :

    · /sadîd al-tafâ'ul/ " fortement réactif ".

    · /da'îf ?ltafâ'ul/ "faiblement réactif ".

    II. Le système de nomination de l'Arabe : L'affixation comme un moyen de création lexicale   

    En ce qui concerne la formation des termes par affixes (préfixes et suffixes) et formants (lexies empruntées au grec ou au latin), il convient de souligner que les domaines de la chimie en général et de biochimie en particulier font appel massif aux formants et aux affixes.

    L'arabe classique possède un ensemble réduit de racines monoconsonantiques utilisées comme préfixes ou suffixes. En Arabe moderne, dans les domaines de spécialité et surtout dans les domaines médicaux, il y a de nouveaux affixes, créés de l'Arabe (création endogène) ou bien empruntés (création exogène)118(*).

    III. Le recours à des affixes et à des formants en biochimie 

    On distingue généralement les affixes et les formants :

    - Les affixes sont des pièces du système de nomination de la langue, constituants - en synchronie -, c'est un ensemble fermé. Lelubre rappelle que « Les affixes n'ont aucune autonomie : ils ne peuvent apparaître que comme constituants d'une unité de nomination, étant placés avant une base - il s'agit alors de préfixes - ou bien après- il s'agit alors de suffixes- »119(*) .

    En français comme en anglais, les affixes sont une composante intégrée dans les deux langues, donnant à titre d'exemple : le suffixe « -isme » dans « métabolisme »120(*) /binâ?/, ou le formant « -ité » dans « réceptivité » /qâbiliyyat-u-t-talaqqiyy/.

    - Les formants qui sont des éléments constitués à partir de lexies, prises telles quelles ou bien tronquées. Lelubre note que « Certains formants peuvent être syntaxiquement autonomes. Ils peuvent être crées à partir d'emprunts faits à d'autres langues »121(*). Il souligne que « C'est le cas en français et en anglais de nombreux formants crées à partir de lexies latines ou grecques, langues qui ont constitué en Occident depuis des siècles un vivier linguistique pour la formation des termes scientifiques. Ces formants savants sont parfois appelés confixes »122(*).

    Quand il s'agit des formants en position préfixale, nous parlons des - formants antéposés -, ou en position suffixale nous parlons donc des - formant postposés - : Exemples en Fr : formants en position antéposée : « auto- »  dans autobus, et « photo -»  dans photographique. Formants en position postposée : « -mètre» dans thermomètre et « -scope », dans «  microscope ».

    Les formants d'une langue donnée constituent une liste ouverte contrairement aux affixes. Lelubre note que « les formants constituent une liste a priori ouverte, susceptible en fonction des besoins de nomination d'être augmentée pour tel ou tel domaine »123(*).

    L'arabe, est une langue sémitique. Elle s'appuie dans la formation de ses unités de nomination simples sur l'istiqaq. Lelubre rappelle que l'arabe « est une langue très pauvre en formants, au contraire du français et de l'anglais, langues indoeuropéennes, où les unités de nomination sont formées par agencement d'affixes ou de formants avec des radicaux syllabiques »124(*).

    L'arabe est confronté à l'anglais et au français, dans sa terminologie scientifique. Ce qui le fait employer massivement, les affixes et les formants dans la création et le développement de leurs terminologies purement scientifiques. Dans le domaine de la biochimie, on parle d'un système de dénomination international fait par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (abrégé en UICPA ou en anglais IUPAC : International Union of Pure and Applied Chemistry). C'est une organisation non gouvernementale qui s'intéresse aux progrès en chimie. Elle est l'autorité reconnue pour le développement de règles à adopter pour la nomenclature, les symboles et la terminologie des éléments chimiques et de leurs dérivés.

    L'arabe possède plusieurs façons d'accueillir les affixes 

    - l'emprunt pur et simple de termes ou bien - très fréquent -, c'est le cas de la biochimie arabe où l'arabe a transféré des listes d'affixes pré organisés en anglais et en français.

    - L'arabe s'offre une autre possibilité, celle qui consiste à doter I'arabe des affixes et des formants qui lui font défaut. Lelubre ajoute que « C'est ainsi que l'arabe moderne a développé, dans certains domaines de spécialité, de nouveaux affixes et crée des formants »125(*).

    L'arabe fait recours à la (création endogène) ou à l'emprunt (création exogène) », selon cette classification :

    1. Préfixes et formants antéposés endogènes 

    Le préfixe de négation /lâ/ représente le seul préfixe qui soit largement utilisé- il l'est depuis le Moyen Age- Il est écrit en général séparé de la forme qu'il précède. II n'a pas d'influence sur la flexion et la détermination de la forme qu'il précède. Voilà un exemple tiré de notre corpus : /tafâ'ulât lâ dawiyyah /126(*), 'dark reactions''127(*).

    2. Préfixes et formants antéposés exogènes 

    II s'agit de préfixes ou de formants qui sont directement empruntés au français et à l'anglais (formants d'origine gréco-latine).

    Bien entendu que l'IUPAC possède une liste définie de préfixes, qui a été transférée à l'arabe comme elle est, mais en la se transcrivant en lettres arabes. Notons à titre d'exemple : «di-, tri- , tétra- ,iso, para,dé ...etc. » dans les termes biochimique suivants :  noté en arabe «  », et transcrit / ?izû ?anzîmât/ ,en français « isoenzymes »128(*), un autre terme noté en arabe «  », et transcrit /barâturmûn/ ,en français « hormone parathyroïde »129(*). Le préfixe « mono »
    est généralement omis, dans les noms chimiques, mais il est utilisé pour préciser qu'un seul groupe caractéristique à été modifié : acide monoperoxyphtalique.

    Soulignons que l'arabe se dote des préfixes et des formants traduits à partir du français et de l'anglais. Ils sont complètement intégré dans le corps d'arabe, notons à titre d'exemple : le terme français « désoxyribonucléique » où on trouve le format « -dé » traduit en arabe par «  » /lâ / dans le terme / hamd raybûziy lâ ?l-uksîzîny/130(*), la même chose dans le terme « electronégativité » où le formant « électro -» se traduit par « », /kahrû/ dans le terme arabe /?idâ-ktalafat al-d-darratân fi-l-kahrûsalbiyya/131(*).

    Un problème à remarquer sur le niveau typographique dans le transfert des termes français ou anglais vers l'arabe, il s'agit d'un nuance graphique de traduction : le terme français « éther »132(*) s'écrit en arabe par trois formes graphiques : / ?aytar/, / ?îtar/ et / ?ytar/. Un autre terme s'écrit par fois avec hamza-tul- qat' « hamza de coupure »1 et parfois sans hamzah dans le même ouvrage : le terme « enzymes » s'écrit/ ?anzîmât/ et /?inzîmât/. Ce dernier se trouve en rupture avec la syllabe arabe.

    3. Suffixes endogènes 

    L'arabe possède un jeu restreint de suffixes, largement mis à contribution. Ce sont des suffixes grammaticaux comme :

    a)Des suffixes grammaticaux : les anciens suffixes du système de nomination, les suffixe du pluriel et du duel /ât/, /ân/, ...etc.

    b) Des suffixes lexicaux : les anciennes racines monoconsonantiques : /t/, représentant la res générale, /iyyah/ et /iyy/.

    Notons aussi l'ensemble suffixal /iyy+ât/, formé de /iyy/ et du suffixe /ât/ du féminin pluriel, utilisé pour des termes dénommant des branches de la connaissance, en concurrence d'ailleurs, avec /iyyât/. Voilà des exemples tiré de notre corpus : un exemple au pluriel /sukkariyyât kumasiyyah/133(*) « 5'-saccharides » et le singulier est / sukkar kumasiyy/. Au pluriel /suhûm brûtûblâzmiyyah/134(*) « lipides protoplasmiques » et /sahmiyyât/ « lipides » et ce qui étonne, c'est le non existence du singulier arabe pour "lipide"135(*). Les auteurs ne font pas recours à un équivalent singulier malgré l'existence du singulier dans la langue source. Ils emploient le terme au pluriel seulement.

    On trouve aussi - mais ils sont peu utilisés- les ensembles suffixaux /+âniyy/ et /+âniyyât/, concurrents de /iyyi/ et /iyyât/ ce que nous n'avons pas trouvé dans notre corpus.

    4. Suffixes et formants postposés exogènes

    L'arabe a emprunté à la langue turque et persane depuis longtemps. Rappelons à titre d'exemple un suffixe utilisé encore de nos jours dans de nombreux dialectes arabes -, le suffixe /ziyy/ pour les noms de métier comme /kahrabziyy/ « électricien ». Lelubre rappelle que « les suffixes ou formants empruntés à l'anglais et au français (et au grec et au latin, par le truchement de ces deux langues), sont devenus assez nombreux, se suffixant à des substantifs arabes ou empruntés depuis longtemps ».

    - Un autre exemple (UTS) cité dans notre corpus /sukkarûz/, "succharose" où le suffixe /ûz/ représente un suffixe exogène postposé.

    - Un autre exemple (UTC) cité dans notre corpus /sahmiyyât sukkarîdiyya mu'tadila/136(*), " glycolipides" où le suffixe /îd/ représente un suffixe exogène postposé.

    - Ce qui se trouve aussi dans /mahlûl kibrîtât al-nuhâs/137(*) et /hamd al-kibrîtîk/138(*), où les suffixes /tât/ et /îk/ représentent des suffixes exogènes postposés.

    IV. La création de racines nouvelles 

    L'arabe a la possibilité s'enrichir son stock de racines. C'est un procédé parfaitement admis par les instances terminologiques arabes en langue de spécialité. Ce procédé peut être endogène (l'arabe tire une racine nouvelle à partir d'unités de nomination ou de syntagmes arabes préexistés) ou exogène (à partir d'emprunts). A savoir que la racine créée est la plupart du temps quadriconsonantiques :

    1. Création endogène 

    Elle peut se faire à partir d'une lexie ou d'un syntagme :

    A partir d'une unité de nomination formée par le système de nomination de l'arabe. C'est la cas de la racine vq-l-b, formée à partir de /qalaba/ le terme «métabolisme»139(*) /?istaqlab/140(*) , et le verbe /?istaqlaba/ « métaboliser » pour donner une racine nouvelle de cinq consonnes.

    L'arabe se dote par un autre moyen pour créer une nouvelle lexie à partir de deux lexies préexistantes au moyen du procédé de la centaurisation (ou amalgame) - qui est l'un des procédés que la Tradition grammaticale arabe englobe sous le terme de naht . Lelubre ajoute que «  la nouvelle lexie est constituée d'éléments, radicaux ou non, de deux lexies tronquées, généralement la première par apocopé et la seconde par aphérèse, et emboîtées l'une dans l'autre ; cette lexie peut être formée ainsi de quatre ou cinq consonnes ».

    Cette création de lexie par centaurisation peut, dans certain cas, aboutir à la formation d'une nouvelle racine, donnons à titre d'exemple une racine amalgamé tiré de notre corpus : la racine quadriconsonantiques :

    - vh-l-m-? ou vh-l-m-h dans le terme /halma?at141(*) al-sukkarûz/142(*), « hydrolysation de saccharose » qui possége un terme homogène qui est /halmaha/. Ces racines sont les produits d'une opération de centaurisation de lexies / hallala/, « analyser » et /mâ ?/, « l'eau » pour donner le sens « analyser par l'eau ».

    2. Création exogène 

    A partir de la racine créée, L'arabe utilise alors son système de nomination actuel pour former des termes arabes.

    - Exemple de racine quadriconsonantiques créée : la racine v b-l-m-r, créée à partir de l'anglais et du français « polymère » et duquel l'arabe dérive / balmara/ « polymérisation » et /mubalmarât/, « des polymères ».

    - Exemple d'un racine quadriconsonantique créée : la racine v ?-s-t-r, créée à partir de l'anglais et du français « ester »143(*) et duquel l'arabe dérive / ?astara/, «  estérification » dans /tafâ'ulât al-?stara/.

    Il est à souligner que la biochimie est un des domaine les plus riche par les racines amalgamé exogènes, notons à titre d'exemples les termes suivant qui sont dérivés à partir d'une racine amalgamé - quadriconsonantiques et triconsonantiques - :

    - / dahirat ?l-daylaza/144(*), « dialysation ou dialyses phenomenon ».

    - / tafâ'ul ?l- ?astala/145(*), « acétylisation ».

    - / tafâ'ul ?l- ?alkala/146(*), « alkylation »147(*).

    - / tafâ'ul ?l- balmara/148(*), « polymérisation ».

    V. La centaurisation 

    La centaurisation ou l'amalgame (appelé aussi par le naht dans la tradition arabe) consiste en l'amalgame

    - soit de deux racines : comme on a vu précédemment

    - soit de deux formes existantes :

    · /'usara ma'tukalawiyya/ « jus pancréatique ». Ce sont chacune des deux formes qui s'amalgament et perdent, la première par apocopé et la seconde par aphérèse une ou plusieurs syllabes. Il s'agit en fait de la réduction d'une unité constituée dans le cadre du système de communication. Mais, il est à remarquer l'existence d'un passage morphologique non motivé dans ce terme / ma'tukalawiyya/. La première forme est à l'origine "ma'awiyya" et la deuxième forme est à l'origine "kalawiyyaa". La première forme a perdu par centaurisation son suffixe grammatical et une partie de son morphème lexical. Ce dernier qui a été remplacé par la lettre / t / sans motivation.

    · /fahma?iyyât/149(*) " hydrocarbonés" , ici aucune des deux formes qui s'amalgament n'a perdu aucun syllabe.150(*)

    VI. Conclusion 

    Nous avons remarqué, d'après l'étude des termes figurant dans notre corpus, qu'il y a un nombre limité d'unités arabes formées à l'aide du système de nomination. La plupart d'exemples représentent un élément - UTS- réparti dans un UTC englobante. Lelubre l'affirme quand il dit que : « les limites du système de nomination sont inscrites dans ce système lui-même, celui-ci ne pouvant générer qu'un nombre limité de formes »151(*).

    Quatrième Chapitre

    LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE DANS LE CADRE DU SYSTÈME DE COMMUNICATION

    La formation des UTC à l'aide du système de communication

    I. Le système de communication de l'arabe 

    Le système de communication joue deux rôles importants, à savoir

    1- assurer l'insertion des unités de nomination produites par le système de nomination au sein de la phrase qui est son unité maximale, La phrase étant l'unité maximale du système de communication ;

    2- permettre de créer des unités terminologiques, formées de plusieurs constituants (U.T.C.), et non pas formées d'un seul constituant (UTS)

    Pour ce système, 1'arabe dispose de : voyelles désinentielles fonctionnels et coordonnants.

    Les fonctionnels spécifiées sémantiquement sont

    - les prépositions: unités amorphes, telles que: /'ala:/ qui signifie " sur, contre "; /fî/ qui signifie " dans "; /li/ " pour "; /min/ " de "; /bi/ " par".

    - quelques fonctionnels supplémentaires, tels que: /baina/ qui signifie " entre "; /tahta/ " au-dessous "; /dûna/ " en-delà "; /didda/ " contre "; /fawqa/ " au dessus ".

    - quant aux coordonnants, ceux qui sont susceptibles d'être utilisés dans la formation d'unités terminologues complexes sont : /wa/ " et "; /?aw/ ou ", aussi le coordonnant "zéro" (avec le tiret (-).

    Avant de développer la formation des UTC relatives à la biochimie, nous présentons la structure de la phrase.

    II. Les relations constitutives de la phrase 

    La phrase est composée d'un noyau comportant deux et seulement deux unités de nomination, X et Y, qui peuvent recevoir des extensions. André roman dit que x et y « sont les deux éléments fondamentaux, structurellement nécessaires et inomissibles (.) Reliés par une relation biunivoque de cooccurrence »152(*).

    A. ROMAN souligne que le sous-système de communication, ce serait donc établi, pour toutes les langues du monde semble-t-il selon le plan suivant :

    Roman ajoute que :

    « Dans ce plan, les unités de nomination "x" et "y" sont les deux éléments fondamentaux, structurellement nécessaires et inamissibles, du noyau de la phrase, ses éléments "nucléaires", reliés par une relation biunivoque de cooccurrence à l'instar des deux voix d'un duo. De fait, ces éléments sont au nombre de deux parce qu'un système ne peut comprendre moins de deux éléments ; et ils ne sont que deux parce qu'un système comprenant plus de deux éléments est un système complexe et qu'au demeurant sa complexité serait ici inutile. La relation biunivoque, " ?-------?" [...] solidaire ces deux éléments, elle les identifie, faisant d'eux les constituants mêmes du noyau de la phrase »153(*).

    Les unités de nomination "x" et "y" constituent donc des bases. Elles peuvent recevoir des extensions x' et y'. Ces bases peuvent être complexes, c'est-à-dire décomposables en base et en extension : { x (+ E...)} ; les extensions, à leur tour, peuvent être complexes contenant d'autres extensions : {x' (+E...).

    III. Les expansions de système de communication 

    Il existe en arabe deux types d'extension

    - par coordination : l'extension par coordination est une relation de liaison de deux ou plusieurs éléments à l'appuis de la préposition / wâw /, « et ». Notons à titre d'exemple l'expansion du terme abrégé (UICPA ou IUPAC) / ?l-ittihâd ?l-dawli lilkîmyâ ? ?l-bahta wa tatbîqiyyah/, (L'Union internationale de chimie pure et appliquée). La préposition /wa/ a relié l'extension par coordination / al-tatbîqiyyah/, (appliquée)  avec la base / al-bahta/, (pure).Cette base porte le numéro quatre selon l'ordre général des bases dans cette UTC.

    - par subordination : l'extension par subordination est une relation hiérarchisée dont les unités sont les fonctionnels. Il en existe quatre types:

    a- L'extension ou 1'expansion d'identification et d'identité

    L' « épithète » « le qualificatif / na't » ou l' « appositif », « le substitut » ou le « badal » de la tradition arabe.

    Exemples de qualificatifs : / ?ahd duhniyyah/ "lipides simples". La base est /?ahd/ ; l'extension est /duhniyyah/, adjectif de relation formé par ajout du suffixe nominal de relation /yâ ?an-nisba/. Un autre exemple, /haydrokarbonât mosba'a/ "Hydrocarbonés saturés"154(*). La base est /haydrokarbonât/; l'extension est /musba'a/, adjectif de employé au féminin ou pluriel. Les exemples dans notre corpus sont très nombreux.

    Lelubre souligne que « L'expansion d'identification est très fréquente dans la formation des unités terminologiques complexes en arabe ».

    b- L'expansion modale

    Selon Lelubre, « elle dénote dans la phrase une certaine actualisation de sa base ». La base de cette expansion est un modus. C'est le complément absolu (/maf'ul mutlaq/ de la Tradition). Nous pouvons l'appeler aussi le " complément absolu ". Exemple cité dans les travaux de Lelubre : /mustaqtab ?ihlîziyyân/, "polarisé elliptiquement".

    Nous n'avons pas trouvé un exemple d'expansion modale dans notre corpus.

    c- L'expansion annective ou expansion d'annexion 

    C'est le complément de nom de la tradition /mudâf ilayhi. Les exemples de cette forme sont très nombreux dans le domaine de la biochimie. Exemple : /tafa'ulât ?l-humûd ?l-karbuksîliyyah/ (les réactions des acides carboxyliques). La base est, / tafa'ulât /, le pluriel féminin du singulier /tafa'ul/. L'extension est /?l-humûd / qui est le pluriel du nom /hâmid/ (acide) à côté d'autres pluriel possibles comme /?ahd/ et /hawâmid/ .Cette extension à son tour devient la base pour une autre extension d'identité / ?l-karbuksîliyyah/.

    A savoir qu' « Une unité terminologique complexe formée par extension peut à son tour recevoir une extension, et ainsi de suite. Cette propriété récurrente est largement utilisée dans la formation des unités terminologiques complexes, pouvant ainsi aboutir à des termes assez longs »155(*).

    Lelubre commente sur ce type  disant que : « De très nombreuses unités terminologiques complexes sont formées par expansion annective »156(*).

    d- L'expansion complétive

    Ce sont les compléments circonstanciels ou le maf'ûI bihi et le jarr wa majrûr de la Tradition. Dans le cadre de la formation d'une unité terminologique, elle est introduite par une préposition ou par un zârr wa mazrûr/. C'est-à-dire que cette extension nécessite la présence d'un fonctionnel. Exemple /binâ? halaqiyy lilglûkwz/ "Glucose cyclique"157(*). Nous avons affaire dans cet exemple à une base qui est / halaqi / - l'extension d'identité de la 1ère base / binâ? / - suivie d'une extension complétive introduite par le fonctionnel / li/ (pour).

    IV. Les unités terminologiques complexes formées par combinaison d'expansion

    Rappelons qu'une unité terminologique complexe - formée par extension peut recevoir une extension et ainsi de suite (cette propriété est largement utilisée dans la formation d'UTC). Cette expansion peut être une expansion d'identification, annective, complétive ou encore une combinaison de ces divers types d'expansion, par exemple:

    - /?anzîmât nazi'a li-l-haydrûzîn/, 'déhydogenase enzymes' , Ici, nous trouvons une expansion d'identification et une autre expansion d'annexion.

    - /tarkîb brûtûblâzim al-kaliyyah/, (la composition du protoplasme cellulaire). Ici, nous trouvons deux expansions d'annexion consécutives.

    Autre expansion du même genre: / tafâ'ulât al-humûd wal qawâ'id ?l-`udwiyyah/, en anglais  'acids bases reactions'
    Nous sommes, ici, devant une UTC qui comprend trois base et trois expansions différentes : d'annexion, par coordination et d'identification.

    Lelubre parle de quelques cas particulier d'UTC comme :

    a) La phrase translatée terminologisée qui se compose à l'appuis de /mâ/ (ce qui). Mais nous n'avons pas trouvé un exemple dans notre corpus.

    b) Les Constructions en rupture avec le système de communication de 1'arabe. On rencontre de telles constructions, comme par exemple la composition à l'appui d'un trait d'union, qui est une innovation, emprunté à l'anglais. il s'agit ici d'unité physique, dont justement la construction syntaxique est différente de ce qu'impose le système de communication de l'arabe.

    Lelubre ajout que « de tels syntagmes n'ont pas vocation à recevoir les voyelles désinentielles. Ils sont en rupture avec le système de communication : ils relèvent d'une syntaxe différente, une syntaxe sans déclinaison, comme le sont, entre autres, tirés des langues arabes parlées »158(*). Nous n'avons pas relevé un exemple pareil dans notre corpus.

    V. Conclusion 

    Nous avons remarqué, d'après 1'examen des termes (UTC) figurant dans notre corpus, qu'il y a un grand nombre d'unités arabes (biochimiques) formées à l'aide du système de communication. La plupart de ces UTC ont une expansion d'identification et annective.

    Cinquième chapitre

    LA FORMATION DE TERMES ARABES DE BIOCHIMIE PAR RECOURS AU TRANSFERT SEMANTIQUE

    I. Le recours au transfert sémantique

    Pour pouvoir répondre à l'énorme demande terminologique dans les nouveaux domaines techniques et scientifiques, toute langue est contrainte de réutiliser son stockage de mots et de lexies déjà existant, en attribuant de nouveaux sens à ces lexies par l'emploi des tropes (figures de mots), comme la métonymie, la métaphore, l'hypallage et la résurgence (l'istinbât dans la tradition grammaticale arabe).

    Lelubre commente : « Cette ressource est au contraire du recours au systèmes de nomination et de communication de la langue, est une ressource linguistiquement asystématique ». C'est-à-dire, elle s'oppose au principe de système habituel de néologisme159(*).

    Les figures de style constituent une partie importante de toutes les langues. On ne peut pas envisager les figures seulement en tant que partie de la rhétorique, car il va de soi qu'elles jouent un rôle primordial dans l'évolution des langues. Existant dans tous les registres, elles constituent même un des principaux facteurs de formation de l'argot. Issues de changements sémantiques, elles produisent des glissements de sens. Il y a plusieurs types de figures de style, ce qui nous concerne dans le transfert sémantique est : la métaphore, la métonymie et l'hypallage.

    II. Les figures de transfert sémantiques 

    1- La métonymie160(*)

    Elle réalise généralement l'extension au référant entier du nom d'une qualité, d'une forme, d'une fonction de l'une de ses composantes. « La métonymie saisit immédiatement le réfèrent qu'elle nomme par un nom qui, en quelque sorte, lui revient en raison de son appartenance à un ensemble : essentiellement, la partie pour le tout, le tout pour la partie » (A. Roman, cité par Lelubre », par exemple: " boire un verre " pour " boire le contenu de ce verre"161(*).

    La métonymie est une opération de nomination référentielle et non pas linguistique. Lelubre s'accorde avec Dumarsais que « la métonymie s'appuie dans bien des cas sur un phénomène de contiguïté référentielle (ainsi, dans le cas de faction et du résultat de faction : il s'agit de deux phases intrinsèquement liées) ; cela est d'ailleurs la source du phénomène de polyréférentialité (une même dénomination, pour deux unités référentielles proches l'une de l'autre), qui peut être gênant en terminologie, mais difficilement évitable »162(*).  

    La métonymie est très fréquente dans la langue technique, et en particulier, les noms d'unités en Physique et en chimie. Surtout dans un type de métonymie appelé « antonomase » où un nom propre (ou une périphrase énonçant sa qualité essentielle), est utilisé comme nom commun, ou inversement. L'antonomase est donc un trope qui permet d'employer  un nom commun pour signifier un nom propre ; un nom propre pour signifier un nom commun ; un nom propre pour signifier un autre nom propre. Voilà quelques exemples tirés de notre corpus :

    - /tarkîb luwîs/, 'Lewis symbole' 3 (The Lewis structure of a covalent compound or polyatomic ion shows how the valence electrons are arranged among the atoms in the molecule to show the connectivity of the atoms)163(*) où le nom du savant qui découvre devient le nom de la découverte.

    La même chose dans le terme :

    - /mahlûl tûlinz/, (la solution de Tollen) où le nom du créateur devient le nom de la création. Mais il est important de noter que le terme arabe a été traduit à partir de l'anglais. Nous trouvons le « s » de possession (valeur syntaxique d'anglais) dans le terme arabe. L'intéressant est dans la transformation de « s » anglais en « z » conformément à la prononciation d'origine (Tollen's solution).

    La métonymie est fréquente entre l'action et le résultat de cette action. Voici deux exemples : l'action de composer dans /tarkîb ?anzîmî/, "la composition enzymatique" et le résultat ou le produit la composition / tarkîb ?nzîmî /, "composition", et /tanzîm/ dans le terme /tanzîm hirmûniyy/164(*) " organisation des hormones " qui signifie " le fait d'organiser " ou " ce qui est organisé.

    Il est à souligner que la métonymie, qui ne crée généralement pas de forme lexicale nouvelle, peut être la source d'une création de nouvelles formes lexicales, tant dans le cadre du système de nomination que celui du système de communication. Un terme formé par recours à la métonymie peut être la source de dérivation des adjectifs ou des noms.

    2- La métaphore165(*)

    DU MARSAIS définit la métaphore disant que c'est une «  une figure par laquelle on transporte pour ainsi dire la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans 1'esprit »166(*).

    Pierre FONTANIER affirme, à son tour que la métaphore consiste « à présenter une idée sous le signe d'une autre idée plus frappante, ou plus connue, qui d'ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d'une certaine conformité ou analogie »167(*).

    LE GUERN résume le processus métaphorique à 1'aide de quelques lignes «la métaphore s'explique [...] par la suppression ou plus exactement par la mise entre parenthèses d'une partie des sèmes constitutifs du lexème employé »168(*).

    Donc, la métaphore est basée sur le fait qu'un trait de similarité choisi comme un " attribut dominant " devient le nouveau nom. Elle porte sur le réfèrent, nécessairement; mais le nom qui est donné au réfèrent n'est plus le seul produit du système de nomination de la langue, il est aussi le produit d'une autre opération, culturelle, de transfert, dont le domaine n'est plus la langue.

    ROMAN affirme que la métaphore est un moyen de nomination référentielle puisque le nouveau nom donné au réfèrent n'est plus le seul produit du système de nomination de la langue mais il est le produit d'une opération, culturelle, de transfert »169(*) . Il note que la métaphore est «  une opération de nomination non pas linguistique mais référentielle. Le "nom" qui est ainsi donné à la res est un "nom" nouveau en ce sens qu'il naît d'une rupture sémantique »170(*). Cette opération de transfert met en évidence, selon ROMAN, un trait de similarité entre deux unités référentielles (UR).

    C'est un moyen possible de la nomination partielle, imaginée entre deux unités référentielles sélectionnées et non pas une relation constatée entre elles. Voyons maintenant quelques exemples:

    - /'â?ilât `udwiyyah/, ( familles organiques ), ici le mot « famille » - qui est une forme de regroupement sociale- est métaphoriquement utilisé pour exprimer un groupe des composante organiques identiques entre elles.

    - /mudîbât qutbiyyah/, (Solvants polaires), dans ce terme la lexie « pôle » est remployé métaphoriquement à cause d'une relation de similarité entre le pôle géographique et ce type de solvants très forts. Ces solvants sont utilisés lorsqu'il s'agit de mettre en réaction des composés organiques pour engendrer des nucléophiles anioniques. Le rôle de ce type de solvant ressemble dans son fonctionnement le pôle géographique.

    Il est intéressant de signaler que le terme est traduit à partir de la langue source après sa soumission à une opération métaphorique.

    - / ?zsâm nawawiyya/, "Nucléosomes", le terme adjectival /nawawiyy/ est dérivé du mot /nawâh/ "noyau" qui est ,à son tour, métaphorisé grâce à sa forme similaire à un noyau naturel du fruits.

    D'autres exemples sur les termes biochimiques formés par recours à la métaphore :

    - /?akl kalawiyy/171(*) , "Phagocytose" , ici , le terme arabe signifie que la cellule mange comme un être humain. Sachant que le terme "Phagocytose" signifie « la Capture et ingestion par une cellule de particules solides inertes ou vivantes du milieu ambiant».

    - /surb kalawiyy/172(*), " Pinocytose", ici, le terme arabe signifie que la cellule boit comme un être humain. Sachant que le terme " pinocytose" signifie «Capture et absorption par une cellule de gouttelettes de liquide du milieu extracellulaire».

    A savoir que la terminologie technoscientifique fait souvent appel à la métaphore comme étant un procédé de création terminologique très fécond. Mais ce n'est pas toujours valable, car les terminologues arabes conservateurs n'apprécient pas la réutilisation des termes anciens en leur donnant des sens nouveaux. Ils voient ce procédé moins productif, Lelubre dit que :

    « Ce procédé de formation de termes, souvent invoqué et en particulier préconisé par les terminologues arabes conservateurs, est en fait peu productif : les unités référentielles nouvelles appellent des termes nouveaux ; par ailleurs, dans bien des domaines, surtout en arabe, ces termes anciens continuent à relever d'approches toujours en vigueur»173(*).

    3- L'hypallage

    C'est une opération de nomination par capture ; une base capture l'expansion d'une autre base. Elle est de nature linguistique.

    L'hypallage est un procédé de rhétorique par lequel on attribue à certains mots d'une phrase ce qui convient à d'autres Il est à noter que l'hypallage ne sème pas la confusion quant au sens de la phrase. Il s'agit d'un jeu esthétique. Autrement, sans l'apport du jeu, il s'agit d'une erreur.

    L'hypallage propose des jeux intéressants dans le texte parce qu'elle permet, sans perdre le sens véritable de la phrase, de lui conférer des éléments nouveaux

    Quelques exemples tirés de notre corpus :

    - /tafâ'ulât daw?iyyah/ 'light reactions'174(*) en anglais. Dans le glossaire anglais, il s'agit d'une sorte de réactions qui a besoin de la lumière pour se dérouler. Et non pas des réactions qui produisent de la lumière. Ce sens sous entendu dans la dénomination par hypallage. Nous proposons de le nommer 'light dependent reactions'. Il est bien entendu que le terme arabe est traduit à partir de l'anglais.

    - /quwâ fanderfâl/, en anglais 'Van der waals powers', "forces de Van der Waals". Il ne s'agit pas d'un Van der Waals musclé ou un homme qui préside une puissance invulnérable mais il s'agit d'un savant qui a découvert ces sortes de force - des interactions de faible intensité entre atomes, molécules, ou une molécule et un cristal - . Il est à souligner que le terme anglais a été transmis à l'arabe en deux termes : Une fois transcris avec /v/ pour le /v/ de Van et le /v/ de Waals tout attachés et une autre fois transcris par /f/ pour le /v/ de Van et le /v/ de Waals tout attachés avec une /s/ comme terminaison. Cela est considéré comme une erreur phonologique car l'arabe le phonème /v/ est étrange à la langue arabe.

    4- La résurgence175(*)

    C'est le fait de donner un nouveau sens à un terme ancien, terme tombé en désuétude, et qui ne sera désormais utilisé qu'avec sa nouvelle acception dans le domaine de spécialité.

    Lelubre dit que « Ce transfert sémantique peut s'opérer aussi diachroniquement. Il s'agit alors de résurgence (en arabe istinbat), où l'on donne une acception nouvelle à un terme ancien, tombé en désuétude, terme qui ne sera désormais utilisé qu'avec sa nouvelle acception (encore que son acception ancienne puisse subsister, mais de manière très marginale).

    Par exemple : /qâfilât/ " convois " (voitures), avant " file de chameaux ". Nous n'avons pas trouvé des termes biochimiques de ce type dans notre corpus.

    C'est aussi la réutilisation du stock de termes arabes anciens qui font partie du /turât/, par exemple:/suhûm/ est un terme ancien arabe qui est utilisé dans le sens (des graisses). Aujourd'hui il est remployé dans un sens spécialisé dans la biochimie pour signifier (lipides), qui sont des matières biochimiques constitués d'acides gras saturés ou insaturés.

    III. Conclusion 

    Nous avons étudié dans ce chapitre le premier procédé examiné dans notre corpus, qui concerne la formation des termes arabes de biochimie par recours au transfert sémantique. Nous avons remarqué aussi que ce procédé est largement utilisé dans la terminologie technoscientifique arabe. Le quatrième procédé, largement adopté dans notre corpus, concerne la formation de termes arabes de biochimie par emprunt, procédé que nous rencontrons souvent dans la formation de certains termes technico-scientifiques et pour laquelle nous allons consacrer un large chapitre.

    Sixième chapitre

    LA FORMATION DE TERMES ARABES DE BIOCHIMIE PAR RECOURS À L'EMPRUNT

    I. Introduction

    La possibilité croissante des échanges entre les communautés linguistiques - la communication linguistique - a certainement une conséquence : l'emprunt linguistique.

    L'emprunt constitue néanmoins une caractéristique commune à toutes les langues, et devrait donc être un possédant de certains mécanismes linguistiques.

    Cependant, il existe relativement peu d'études théoriques sur le sujet ; la plupart des travaux s'intéressent essentiellement, en effet, au mode d'assimilation de l'emprunt dans la langue d'accueil - le cas de l'arabe au moins-. Il ressort que 1'emprunt est considéré comme un nouvel élément de la langue emprunteuse, généralement étudié à la lumière de celle-ci sans observer 1'emprunt relativement à son système linguistique d'origine.

    Notre corpus récolté contient beaucoup d'emprunts. Ceux qui sera le fond d'une études axée sur 1'aspect linguistique, Mais il n'est probablement pas inutile de décrire brièvement quelques-uns des aspects extralinguistiques.

    Il apparaît clairement dans le domaine de le la biochimie en particulier qu'il y a des création de beaucoup de termes basés sur l'emprunt externe. A noter que les termes relatifs à Biochimie ont été, presque tous, transférés à l'arabe à partir d'anglais ou de français; notre corpus contient une grande quantité d'unités terminologiques (UT) empruntées à ces deux langues.

    II. L'emprunt linguistique

    L'emprunt n'est ni un phénomène nouveau, ni une spécificité de l'arabe. L'histoire semble en effet démontrer qu'aucun système linguistique (langue, dialecte, patois ou langue de spécialité) ne peut survivre en complète autonomie et faire face aux progrès de l'humanité, sans se communiquer avec d'autres systèmes linguistiques, plus avancés ou mieux adaptés.

    «  Aucun peuple n'a pu développer une culture autochtone à l'abri de tout contact avec d'autres peuples, qu'il s'agisse de guerres ou de relations économiques, si bien que, nécessairement, sa langue s'est trouvée en rapport avec une ou d'autres langues, et en a reçu une influence quelconque, si minime soit-elle »176(*).

    L'emprunt dans la langue arabe et particulièrement dans le vocabulaire arabe spécialisé contient de nombreux exemples de termes spécialisés empruntées. Ils remontent à des périodes plus ou moins anciennes. Ces périodes ont été décrites et présentées par X. LELUBRE177(*) selon 1'ordre chronologique suivant :

    - Période antéislamique : des emprunts faits aux langues sémitiques comme l'araméen et l'hébreu et aux langues non sémitiques comme le persan et le grec. Par exemple /qistâs/ «  balance ».

    - Epoque abbasside : emprunts au grec (LELUBRE cite : /fîzîqâ/ « physique », /magnâtîs/ «  aimant »   et au persan (LELUBRE cite /?ustuwânat/ «  cylindre », /birkâr/ « compas ».

    - Période de la domination ottomane : emprunts à l'italien, au français et à l'ottoman (termes turcs et persans).

    - Depuis la Nahda (Renaissance arabe) : emprunts au français et à l'anglais.

    · Définition de 1'emprunt linguistique 

    La majorité des linguistes définissent le processus d'emprunt comme le transfert d'unités linguistiques d'une communauté linguistique - ou d'un parler - à d'autre, Haugen, quant à lui, en propose une définition plus technique : « the attempted reproduction in one language of patterns previously found in another ».

    Ainsi, si 1'emprunt se traduit effectivement par un transfert, Nous pouvons, donc, abréger l'acte de création à l'imitation d'un modèle préexisté dans la langue source, mais avec quelques exceptions dépendant du système interne de la langue emprunteuse.

    Le sens de l'emprunt en français s'éloignent de cela en présentant deux sens différents : R. KOCOUREK178(*) note : «comme la plupart des noms d'action issus d'une nominalisation à source verbale, le nom emprunt signifie : 1) l'acte (1'action, le procédé), 2) le résultat de 1'acte, c'est-à-dire 1'élèment linguistique emprunté (emploi métonymique) ». Pour éviter toute confusion ou ambiguïté, KOCOUREK utilise les expressions « mot emprunté » , « unité lexicale empruntée » ou « terme emprunté » pour renvoyer au sens (2) c'est-à-dire à 1'élèment linguistique emprunté.

    En arabe, selon Lelubre :

    « On retrouve la même ambivalence entre le fait d'emprunter, qui se dit : isti'ara, iqtibas, igtirad, ta'rib, et son résultat, ce qui est emprunté, [.. .] pour lequel existent aussi d'autres équivalents' Traditionnellement, /dakil/ = d'origine étrangère, /?a'zamiyy/ = non arabe (persan à l'origine), /mu'arrab/ = emprunté anciennement, avant l'Islam et au premier siècle de I'Islam, /muwallad/ _ emprunté après le premier siècle de l'islam »179(*).

    · Emprunt interne et emprunt externe 

      Effectué pour des raisons communicatives, 1'emprunt s'inscrit à tous les niveaux de la parole organisée. On distingue ainsi :

    Les emprunts internes qui, eux, sont réalisés de façon souvent multidirectionnelle à l'intérieur d'un système linguistique donné idiolectes, dialectes, sociolectes, technolectes, etc. C'est l'emprunt de la langue à elle-même. Ainsi, un vocabulaire spécialisé peut emprunter au vocabulaire commun, et réciproquement, ou à un autre vocabulaire spécialisé.

    Les emprunts externes, qui se produisent entre deux langues .C'est l'emprunt de lexies ou de termes à une langue étrangère. C'est à ce genre d'emprunt que Louis DEROY fait allusion dans sa définition suivante : « l'emprunt est une forme d'expression qu'une communauté linguistique reçoit d'une autre communauté »180(*).

    Les études ont montré que la plupart d'emprunts externes s'inscrit dans le cadre d'un emprunt appelée « emprunt sémantique », Lelubre commente :

    « Dans la littérature, on distingue un deuxième type d'emprunt, un emprunt sous forme de calque (appelé emprunt sémantique), au tours duquel les éléments constituants de la lexie d'origine sont traduits ou adaptés dans la langue emprunteuse, au sein d'une UTC ou d'une UTS. [...] Ce sont les mêmes traits de substance des unités référentielles dénommées dans la langue d'origine qui sent ici prises en considération par la langue d'accueil. A ce titre, de nombreux exemples de termes arabes considérés supra relèvent bien entendu de ce type d'emprunt, puisque la plupart des termes scientifiques et techniques arabes contemporains ont été et sont formés comme équivalents de termes anglais ou français correspondants déjà existe »181(*).

    Rappelons que ce type d'emprunt est très fréquent dans notre corpus, notons à titre d'exemples : / ?ikz kalawiyy/, « exocytose »182(*), / ?anzîmât musâ'ida/ « coenzymes »183(*), / ?intisâr musahhil/ « diffusion faciliteur »184(*).

    Il est important de noter que dans les textes de spécialité, les emprunts portent le nom d'emprunts terminologiques. Selon L. GUILBERT, les emprunts terminologiques sont des emprunts dénotatifs, c'est-à-dire des «désignations de produits, de concepts qui ont été créés dans un pays étranger »185(*). Leur introduction au sein d'une société se fait souvent avec la chose ou l'instrument.

    Dans ce qui concerne la biochimie, Il est à noter que l'IUPAC possède une liste définie d'emprunts, qui a été transférée à l'arabe comme elle est, mais en la se transcrivant en lettres arabes. Il s'agit de désignations de produits qui ont été découvert et dénommés dans un pays étranger. Le tableau suivant nous démontre quelques exemples :

    Matière biochimique

    Le suffixe s'écrit en arabe au sing. et au plur.

    Le suffixe en anglais et en français

    Acide carboxylique

    /?asîd karbûksîliyy/, /?asîdât karbûksîliyya/

    acide...-carboxylique
    acide...-oïque

    Sels d'acides

    /karbuksîl/ pl. /karbuksîlât/

    ...-carboxylate
    ... carboxyle

    Amides

    / ?amîd/ pl. / ?mîdât/

    (carbox) - amide

    Cétones

    /sîtûn / pl. /sîtûnât/

    -one

    Alcools - phénols

    /fînûl/ pl. /fînôlât/

    -ol

    Thiols

    /tiyûl/ pl. /tiyûlât/

    -thiol

    Amines

    / ?mîn/ pl. / ?minât/

    -amine

    · Statuts de 1'emprunt 

    L'emprunt étant par définition allogène, il revêt un statut qui diffère selon son mode d'intégration dans la langue d'arrivée ; trois différents types d'emprunt sont ainsi communément distingués.

    a) L'occasionnalisme

    Selon Deroy, les occasionnalismes sont des « mots étrangers qui sont employés à 1'occasion, par une sorte de connivence avec un auditeur ou un lecteur qu'on sait ou qu'on suppose averti, pour exprimer une nuance, une singularité, une fantaisie ou toute autre particularité considérée en l'occurrence comme autrement inexprimable »186(*). Lorsqu'ils sont transcrits, ces mots sont généralement distingués typographiquement des autres (italiques, guillemets) ou associés à un ou plusieurs équivalent(s). Les occasionnalismes sont en fait des citations, intégrées dans des actes de communication particuliers ; partant, ils sont surtout d'ordre stylistique. Ce que nous trouvons chez les philosophes, les religieux ou les professeurs qui s'adressent à leur publique par des mots latins ou des expressions latines comme " Ab imo pectore187(*) ", " Ars longa, vita brevis188(*) " ou " Abusus non tollit usum189(*) " etc.

    b) Le xénisme

    Selon Deroy, les xénismes sont « les mots qui, bien qu'assez couramment employés, au moins dans certains milieux, sont encore sentis comme étrangers190(*). Humbley ajoute que le « xénisme est défini par rapport à ce qu'il désigne, une chose, une réalité extralinguistique qui n'existe pas dans le contexte national »191(*). Le xénisme se distingue donc de 1'occasionnalisme par sa fréquence d'emploi ; purement référentiel, il est supposé être suffisamment commun pour être compris par tous, sans explicitation ni connivence. Par exemple : "mode" quand nous parlons en arabe de tous ce qui est moderne et" lubie" quand nous voulons parler d'un groupe politique , social ou économique qui a des intérêts dissimulés à réaliser.

    c) L'emprunt proprement dit

    Toujours selon Deroy, les emprunts proprement dits sont des « mots tout à fait naturalisés dans la langue preneuse et qui ne sont plus identifiables par le locuteur ordinaire »192(*). A la différence des occasionnalismes et des xénismes, ils sont importés conjointement avec la réalité qu'ils désignent ; ce rapport de nécessité entre le signe et son réfèrent justifie l'emprunt en soi et lui confère un statut linguistique analogue à celui des mots dits hérités.

    En résume, le statut de l'emprunt est essentiellement fonction de facteurs paralinguistiques : "sentiment" du locuteur, réalité référentielle, fréquence, etc.

    III. L'identification des emprunts dans la langue emprunteuse 

    L'emprunt visant à s'intégrer au système emprunteur, il est souvent malaise de le distinguer des éléments hérités du système ; pour ce faire, deux méthodes se proposent.

    1- Il y a deux méthodes d'identification 

    a) L'étude diachronique

    Cette approche historique se décompose en deux étapes : recherche du néologisme par comparaison intralinguistique et recherche de son origine par comparaison interlinguistique.

    b) L'étude synchronique

    L'approche synchronique consiste en une description de 1'etat de la langue à un moment donné, sans égard pour ses éventuels changements antérieurs ou postérieurs. Mais cette approche ne permet guère d'identifier un emprunt parfaitement assimilé. Ainsi, si la diachronie permet de déceler 1'emprunt, la synchronie en autorise 1'etude respectivement au système linguistique.

    2- Il y a aussi des critères d'identification 

    L'allogénéité d'un signe se trahit par la présence de traits ne concordent pas avec la configuration typique des signes hérités ; cette non concordance est observable à plusieurs niveaux.

    a) Critère grapho-phonique

    Le principal indice d' allogénéité est la présence de graphèmes ou de phonèmes inconnus du système grapho-phonique accueillant : ainsi le graphème « gu / v / p » qui se remplacent en arabe par [g],[f],[b] et se transcrivent avec des lettres arabes étrangères à l'alphabet arabe. Ces lettres - hors système d'arabe - s'écrivent avec trois points ( pour GU ) , ( pour V ) et ( pour P ).

    b) Critère morphosyntaxique

    L'emprunt peut aussi révéler son allogénéité par sa forme, qui n'est pas ordinairement signifiante dans la langue emprunteuse comme le verbe (être) qui n'existe ni en arabe ni dans les autres langues sémitiques. Même sa motivation par étymologie syntaxique ne peut lui ôter ce caractère étranger /handasa/, « ingénierie », un mot emprunté au persan.

    c) Critère sémantique

    L'apparition, dans un mot, d'un sens nouveau résulte soit d'une évolution propre, soit d'un emprunt sémantique. Pour déceler ce dernier, il convient de rapporter le sémantème à un modèle virtuel.

    Mais l'expérience a depuis longtemps démontré que ces critères sont, malgré tout, rarement déterminants.

    IV. La motivation et la typologie de l'emprunt 

    À 1'origine est, naturellement, une «  motivation de manque, qui réside dans la non-conformité des termes existant dans le lexique et le contenu à exprimer193(*) . Si 1'emprunt est effectivement réalisé pour une raison qui, quoi qu'il en soit, semble toujours bonne et suffisante au locuteur, on distingue néanmoins deux modes de motivation.

    1. L'emprunt de nécessité

    Egalement appelé «emprunt dénotatif »194(*) ,1'emprunt de nécessité est le transfert, d'une langue à 1'autre, d'un signe accompagne de son dénotatum, jugé inexistant et indispensable en langue emprunteuse. Visant donc à combler une lacune onomasiologique, il répond à une «nécessité pratique »195(*) .C'est le cas en arabe. L'arabe emprunte massivement par ce motif à l'anglais et au français.

    2. L'emprunt de luxe

    Selon Deroy, il s'agit d'un emprunt « logiquement inutile et qui a été pris alors qu'une désignation existait ou était possible dans la langue emprunteuse196(*). Le signe est ainsi transféré avec son dénotatum, certes, mais un dénotatum qui se superpose à celui ou ceux existant déjà en langue emprunteuse et qui s'en distingue par sa compréhension : 1'emprunt de luxe - ou « emprunt connotatif »197(*) - « vise principalement 1'evocation, à propos du concept dénoté, de toute une civilisation, d'une culture, d'une pratique prestigieuse - ou méprisée ». Exemple : en arabe, se dit /tilifizin/, « télévision en français ou television en anglais » au lieu d'utilisé le terme arabe /tilfâz /, aussi bien dans le mot /râdiû /, « radio » à la place de dire « midiâ'/ ... etc.

    V. Les différentes formes d'emprunt 

    1. Emprunt intégral

    Emprunt d'unités morphosémantiques - signifiant et signifié -, sans substitution de forme. Ex. : / sânwîs/ « sandwich ».

    2. Emprunt sémantique

    Emprunt de signifié, transplanté dans un signe autochtone. Haugen distingue trois sortes d'emprunts sémantiques, selon le type de transplantation : 1) les analogues 2) les homologues et 3) les homophones.198(*)

    3. Emprunt syntagmatique

    Emprunt par reproduction d'une séquence étrangère, dont le sens global diffère de celui de la somme des éléments ; les syntagmes ainsi reproduits sont généralement des calques, c'est-à-dire des syntagmes composés d'éléments autochtones, individuellement équivalents aux éléments originaux. Exemple d'un syntagme français emprunté à l'anglais : lune de miel.

    4. Emprunt syntaxique

    Emprunt par reproduction de certaine forme d'agencement fonctionnel de la chaîne parlée étrangère. Cet emprunt se traduit en langue preneuse par des modifications syntaxiques.

    5. Emprunt d'un morphème

    Emprunt d'affixes signifiants, autorisant généralement une plus grande concision en langue emprunteuse. Exemple en arabe dialectal : le suffixe du métier /ziyy/ dans /kahrabziyy/ « électricien ».

    6. Emprunt phonémique

    Emprunt par reproduction, plus ou moins fidèle, de phonèmes n'existant pas dans le système phonétique emprunteur. (Voir précédemment).

    7. Emprunt graphèmique

    Emprunt par reproduction de graphèmes allogènes au système grapho-phonique de la langue emprunteuse. (Voir précédemment).

    8. Emprunt réfectionnel

    « Fréquence en accroissement de certains éléments à cause de 1'influence étrangère et renouvellement de certaines formes anciennes »199(*). L'emprunt réfectionnel consiste en la réactivation, dans l'usage, d'un élément linguistique existant mais relativement inusité ; c'est naturellement le contact avec une langue étrangère, faisant couramment usage d'un élément équivalent - sémantiquement et morphologiquement -, qui déclenche cette réfection. Ex. en français : bien-être, individu, investigation.

    Sachant qu'il y un passage à courir par la lexie empruntée. Sans entrer dans ces détails, le cheminement global de 1'emprunt dans la langue preneuse, depuis son arrivée jusqu'a son assimilation ou son rejet peu être présenté selon cette schéma :

    Assimilation

    Transfert Intégration La langue

    Rejet

    Deroy dit que :

    « L'emprunt est un intrus. Il n'est pas reçu d'emblée dans la langue emprunteuse à légal des mots autochtones. Il s'insinue peu a peu, se travestit, se fait familier, laisse oublier son origine étrangère. Sa pénétration est différente selon les classes sociales et même elle varie d'un individu à l'autre selon 1'age, le degré de culture, les traditions familiales, les opinions politiques, le sexe »200(*).

    VI. Les conditions de l'emprunt 

    Il apparaît en effet qu'il y a un certain nombre de conditions qui constituent un terrain favorable à l'emprunt :

    · Conditions linguistiques

    a) Contact entre langues

    La condition fondamentale de l'emprunt est avant tout une situation de bilinguisme : il ne peut y avoir emprunt que s'il y a, à un moment donné, situation de communication bilingue, totale ou partielle, entre individus, groupes ou communautés tout entières.

    Par ailleurs, tout comme l'emprunt qui en résulte, le contact linguistique peut être direct ou indirect.

    b) Compétence néologique

    Comme l'affirme Saussure201(*) , toute langue vivante est soumise aux principes étroitement liés de mutabilité et d'immutabilité : si le "conservatisme" prédomine souvent, la néologie n'en est pas pour le moins constante et nécessaire ; toute langue est donc, initialement, apte à se modifier. Quoique la néologie puise généralement dans un fonds antique, elle recourt également à des sources externes, actuelles et dynamiques, pour designer des réalités nouvelles ou pour « remplacer un mot use parfois affectivement par un terme d'autant plus noble qu'il est moins fréquent »202(*) .

    c) Besoin de dénotation et/ou de connotation

    Qu'il soit dénotatif ou connotatif, l'emprunt a une fonction de communication et vise à combler une carence réelle ou imaginée ; il procède d'un vouloir-dire et se traduit par la recherche d'une dénomination ou d'une certaine forme d'expressivité, jugées inexistantes dans la langue emprunteuse.

    d) Ecarts quantitatifs du lexique

    Certains linguistes estiment qu'une langue emprunte pour corriger les variations quantitatives de son lexique. En français, il n'y a pas beaucoup de mots commençant par « k ».

    · Conditions extralinguistiques

    a) Relations entre communautés

    Des lors que deux communautés linguistiques sont en contact linguistique, elles entretiennent nécessairement des relations ; ces dernières se développent et s'organisent sur la base d'idées. Toute relation sociale, économique, culturelle ou politique entre deux communautés suppose donc préalablement certaine concordance idéologique. Le cas entre le français et l'anglais.

    b) Rapport affectif entre communautés

    Si les relations entre communautés conditionnent 1'emprunt, elles n'en déclenchent pas véritablement le processus : celui-ci trouve son origine dans la nature de ces relations, dans «  1'attitude de la communauté linguistique, ou plus précisément de la communauté socioculturelle, celle qui se définit par sa culture et ses cadres de pensée, en face d'une autre culture »203(*). Dans une situation de contact - de rapport idéologique -, chaque communauté se positionne vis-à-vis de 1'autre ; ce comportement se fonde sur un jugement appréciatif, subjectif, allant de l'amélioration (prestige) à la péjoration (mépris).

    VII. Les types d'emprunt en arabe (en langue de spécialité)

    « L'emprunt est très généralement traits, d'abord au niveau phonologique (les phonèmes étrangers tendent à être remplacés par des phonèmes de la langue accepteuse), au niveau syllabique, au niveau morphologique et enfin au niveau syntaxique »204(*).

    Les lexiques empruntés soumis à une opération de surveillance linguistique dans la langue d'accueil afin qu'ils se conforment à son statut général. Le défaut se produit de l'existence de quelques emprunts qui se trouvent en rupture avec le système syllabique (graphique ou phonologique) d'arabe.

    Comme le cas des syllabes /CCV/, /CV:C/, /CV: + V:C/ comme dans /spîrmatûzuîd/ « spermatozoïde » et / ?iuwbâk/ « IUPAC ». Cela indique leur non intégration au système d'arabe.

    Lelubre souligne qu'en arabe « l'orthographe (sans parler de leur prononciation effective dans l'emploi oral...) est variable (et parfois, dans un même ouvrage, on peut voir le même terme écrit différemment selon les pages !) ». Cela est multi-présents dans notre corpus :

    - /?anzîmât/ et /?inzîmât / pour « enzymes ».

    - /glaykuzîn/ et /zlaykuzîn / pour « glycogène »205(*).

    - /rîbûz/ et /râybûz/ pour «ribose »206(*).

    Il ajoute comme une sorte d'exemple :

    « [...] il arrive que la consonne géminée soit rendue en arabe par un double graphème, au lieu de l'utilisation du signe graphique appelé sadda, ce qui est en contradiction avec les règles graphiques de l'arabe. Ainsi, l'emprunt, emprunt ancien au persan, /billawr/ est écrit dans certains ouvrages avec deux graphèmes lâm »207(*).

    Cependant, On peut distinguer généralement plusieurs degrés dans l'accueil et l'acclimatation de l'emprunt en arabe :

    · L'emprunt d'un radical 

    De manière intégrale, le terme est pris tel qu'il est. Le terme ainsi emprunté forme un radical amorphe. Notre corpus contient plusieurs exemples :

    - /?antîzîn/ « antigène »208(*) ,

    - /?ansûlîn / et / ?insûlîn/ « Insuline »209(*),

    - /hidrukarbûnât/ « hydrates de carbone », ici le terme en arabe a reçu le suffixe de pluriel féminin aussi.

    Lelubre commente « Ces emprunts sont, pour la plupart, susceptibles de recevoir les suffixes du pluriel, [...] Quelques emprunts sont de forme plus facilement assimilable par l'arabe et admettent un pluriel brisé »210(*).

    Cependant l'arabe a emprunté au file de l'histoire beaucoup de termes ainsi que des racines. Ces dernières sont difficilement distinguées de racines proprement arabes. Exemples des emprunts anciens : /dîwân/ « ministère », /zumruk / « douane », / kîmyâ?/ « chimie » et /?ustuwâna/ « cylindre ».

    Des exemples d'emprunts contemporains tiré de notre corpus : / mâltûz/ « maltose » appelé aussi /sûkkar ?ssa'îr/ « le sucre de malte », et /lâktûz/ « lactose » appelé aussi /sûkkar ?lhalîb/ « le sucre du lait ». Notons que la plupart des noms d'unités sont emprunté à l'anglais et au français, exemple / ?nzistrûm/ « angström »211(*) et /mîllîmitr/ « millimètre ». Et bien sur, les noms propres. Et voilà quelques exemples tirés de notre corpus : /kribs/ dans l'UTC /halaqat kribs/ « cycle de Krebs »212(*) et /mârkufînîkûf/ dans l'UTC /qâ'idât mârkufînîkûf/ « Markovinikoff's rule »213(*).

    · L'emprunt d'affixe ou de formant 

    Ce sont des affixes ou des formants d'origine gréco-latine pour la plupart. Ils sont alors réutilises comme tels - voir troisième chapitre.

    · La création de racine à partir d'un emprunt

    Il y a création d'une racine triconsonantiques ou quadriconsonantiques, à partir de laquelle l'arabe utilise son système de nomination actuel pour former des terries arabes - voir troisième chapitre.

    Exemple : cas où l'arabe crée une nouvelle racine à partie d'un emprunt : vb-l-m-r pour donner / al-balmara/ « polymérisation ». La même chose pour v?-s-t-l pour donner / al-?astala/ « Acétylisation ».

    VIII. L'emprunt dans les textes arabes de Biochimie 

    Le domaine de Biochimie étant apparu et s'étant développé en dehors des frontières du monde arabe, l'anglais et le français ont occupés dans ce domaine le toit et le sol. Les textes de la biochimie sont en majorité, traduits à partir de textes franco-anglais (voir le bref historique de la biochimie au deuxième chapitre). Si nous examinons de près ces textes, nous voyons qu'ils abondent en UT empruntées à ces deux langues (langues donneuses).

    L'étude des textes de notre corpus nous a montré que le système international de dénomination de produits chimiques purs (IUPAC) s'impose aux langues d'accueil pour des raisons purement extralinguistiques. En conséquence, l'arabe se soumit à ce système international en essayant d'habiller les éléments de ce système une tenu arabe. Nous pouvons dans la plupart d'emprunt IUPAC appliquer les règles arabe de nombre et de genre ainsi que les règles de dérivation internes (noms, verbes, adjectifs, ...etc).

    IX. Conclusion

    Cette brève analyse est loin d'être complète. De nombreux facteurs et critères de dénomination par recours à l'emprunt ont été évoqués. CE qui seraient pourtant susceptibles d'offrir quelque résultat intéressant dans nos études d'avenir. Quoi qu'il en soit, il est clair que 1'emprunt n'est qu'une face concrète et présente dans les termes biochimiques arabes. Il est observable, comme nous avons tenté de le démontrer. Finalement, nous avons fait le survol de l'emprunt, quatrième moyen qui prévaut dans notre corpus en ce qui concerne la formation des termes arabes de biochimie. Le dernier moyen que nous traitons dans cette étude - moyen très utilisé dans notre corpus - est la formation des termes de biochimie par siglaison.

    Septième Chapitre

    LA FORMATION DES TERMES ARABES DE BIOCHIMIE
    PAR SIGLAISON

    I. Introduction

    La biochimie comme tout domaine technique et scientifique, a recours à la siglaison pour dénommer une bonne partie de ses concepts. Il est observable la grande fréquence d'emploi de sigles dans les domaines technico-scientifiques.

    Cette partie de notre recherche sera consacrée à 1'etude d'un échantillon de sigles arabes tirés de notre corpus. En premier lieu, nous définissons le processus de siglaison et nous en faisons un petit aperçu historique. Nous montrons la différence, au cours de notre travail, entre les acronymes, les sigles, les abréviations et les signes brachygraphie. Nous faisons, à côté de cela, une petite étude statistique accompagnée de remarques et de constatations.

    II. Définition du sigle

    Le sigle fait partie d'une famille linguistique basée sur la réduction morphologique. Cette famille comprend la siglaison, l'abréviation, le nom symbolique, la centaurisation - naht dans la tradition arabe -, l'aphérèse (c'est la chute en français d'un phonème ou d'une syllabe au début d'un mot, ex.: [auto] bus = bus) et l'apocope (c'est la chute d'un phonème ou d'une syllabe à la fin d'un mot, ex.: télé [vision] = télé) ...etc.

    Il existe plusieurs méthodes pour abréger des groupes de mots, dont les plus courantes sont la siglaison ou l'acronymie.

    L'acronymie est la formation d'un sigle au moyen d'un ensemble de lettres initiales servant d'abréviation. Le sigle obtenu, nommé acronyme, se prononce comme un mot normal. Il s'écrit sans point entre les lettres le composant. Il forme soit un nom commun, tout en minuscules comme laser, radar, sida, etc. soit un nom propre, avec une simple capitale initiale comme Nasa, Otan, Unesco.

    Les linguistes accordent le sigle le statue d'unité lexicale, ce qui signifie qu'il peut faire l'objet d'une description linguistique détaillée à l'instar de toute autre unité lexicale.

    KOCOUREK214(*) considère les sigles comme des unités lexicales et appelle à les soumettre à une large description linguistique.

    « Le fait de dire que les sigles sont des unités lexicales. Il en produit que cette unité mérite d'être présentée en description linguistique plus détaillée : ses variantes graphiques [...], sa classe lexicale [...], son genre [...], etc. ».

    Le sigle apparaît en quelque sorte comme « un emprunt de la langue à elle-même »215(*) ; autrement dit, la langue emprunte à elle-même une forme de lexie déjà existante et la représente sous une deuxième forme (sigle). Or, entre les deux formes reste établis des liens solides qui se manifestent à travers une représentation graphique prenant en compte les initiales ou les syllabes de la première forme.

    Lelubre définit le sigle comme étant « en quelque sorte un emprunt de la langue à elle-même  -, en gardant soit les lettres initiales des éléments constituants de ce syntagme, soit les premières syllabes, soit encore d'autres syllabes. Certains se trouvent mixtes de ce point de vue »216(*).

    En fin de compte, Un sigle est un ensemble de lettres initiales formant un mot servant d'abréviation. Le sigle peut se prononcer entièrement, comme par exemple IUPAC, nous disons que c'est un acronyme. C'est quand on l'épelle lettre par lettre aussi, par exemple ADN., a-dé-n, ou ATP, a-té-pé.

    A rappeler que nous écrivons parfois l'abréviation avec des points après les lettres. Mais dans l'usage courant, la tendance est à la suppression des points pour tous les sigles.

    Il est aussi important de noter que certains sigles courants entraînent la formation de dérivés, c'est-à-dire que le sigle à son tour peut être une base d'une dérivation morphologique. Par exemple : cégétiste (membre de la CGT). Mais nous n'avons pas trouvé un exemple pareil dans notre corpus.

    Certains sigles sont aussi écrits tels qu'on les prononce, devenant ainsi des noms communs (et s'accordent donc en genre et en nombre), par exemple : un cédérom, peut avoir une forme pluriel comme « des cédéroms ».

    Par contre, il est important de noter qu'une des règles françaises du sigle, la plus importante, est l'invariabilité. C'est-à-dire que le sigle ne prend pas la marque du pluriel. Par exemple : pour ADN il n'y a pas de pluriel, l'unité lexicale « ADNs » n'a pas de lieu. C'est le cas de l'arabe aussi.

    L'arabe contient un bon nombre d'exemples de sigle. Nous citons quelques autres exemples relevant des domaines divers :

    - Economique : /sîn-mîm-mîm/ veut dire /sarikat musahama mahdûda/, « société d'attribution limitée ».

    - Politique : /zîm-`aîn-mîm/ veut dire /zumhûriyya `arabiyyah misriyya/, « la république arabe d'Egypte ».

    - Médiatique : /wa-f-â/ veut dire / ?l-wikâla l-filistîniyya li-l-?nbâ?/, « l'agence palestinienne de presse ».

    Le phénomène de siglaison a commencé par gagner du terrain de plus en plus au cours du XXe siècle. D. Nakos dit : «  depuis la Seconde Guerre mondiale, les sigles sont devenus numériquement plus importants, ne serait-ce que par la présence d'organismes de plus en plus nombreux à designer et la nécessité de recourir à un langage international simple et codifié dans le cas des nouvelles technologies »217(*).

    Les sigles - selon Calvat- constituent un phénomène lexical productif puisqu'ils donnent lieu à des néologismes. Il dit que: «  la siglaison [...] devient donc en quelques dizaines d'années un phénomène de créativité lexicale d'une ampleur sans précèdent »218(*).

    Cette créativité se manifeste aussi bien dans le vocabulaire général qu'au sein des discours spécialisés. (Voir précédemment)

    Le phénomène de siglaison aide à économiser d'espace, puisque l'écriture est le mode de communication prépondérant dans le domaine de la siglaison. Cette fonction tachygraphique va dominer à travers les siècles et va se manifester dans plusieurs domaines. Elle est utile à la fois pour le rédacteur et pour le lecteur. Comme l'indique CALVET : «  l'économie ainsi réalisée [...] se manifeste dans plusieurs domaines ; celui qui écrit en profite, la composition s'en trouve raccourcie, le lecteur enfin perçoit plus vite »219(*).

    Les savants cherchaient essentiellement la brièveté et l'économie d'espace dans leurs écrits. Un exemple donné par A. ROMAN pour manifester cette particularité : « /zîm cayn sîn/, pour / ?al zumhûriyyat al'arabiyyat as sûriyyat/, "République Arabe Syrienne" »220(*).

    III. La typologie des sigles

    Comme nous l'avons déjà vu, la siglaison repose sur le processus de réduction ; en effet, il existe plusieurs modes de réduction de sigles. Nous pouvons former un sigle par la réduction d'un syntagme à l'initiale de chaque mot qui le forme. Exemples du domaine de biochimie

    "ARN"221(*) = Acide ribonucléique /?l-hamd al-nawawiyy ar-ribiyy/ ou /ranâ/.

    "ADN"222(*) = Acide Désoxyribonucléique /?l-hamd al-nawawiyy ar-ribiyy al-manzû' al-?uksizîn/ ou /danâ/.

    "ATP"223(*) = Adénosine-5'-triphosphate /tulâtiyy fusfât al-?dînûzîn/.

    Nous pouvons également le former par la réduction d'un syntagme à une partie des syllabes, ce qui aboutit à la formation de sigles syllabiques. Exemple du domaine de biochimie

    ' YADEH ' = yeast alcohol dehydrogenase /kuhûl ?wwaliyy gayr muhadraz/.

    De façon esthétique, nous avons la possibilité de former le sigle par le regroupement de lettres initiales et de syllabes à la fois. Exemple

    ' PAGE ' 224(*) /zil 'adîd ?l-krîlâmîdât/ : A = Polyacrylamide, G = gel. Nous trouvons que la première unité lexicale a doué le sigle par deux lettres et la lettre « e » a été ajoutée à la fin de sigle afin de construire de la manière esthétique. Le mot « PAGE » est existé dans le vocabulaire générale de la langue anglaise ce qui facilite - peut-être - le renvoie à son concept, malgré la polémique de la polysémie qu'il évoque.

    V. Les sigles dans les domaines techniques, le cas de la biochimie

    Dans le domaine de la biochimie, il est observable l'usage massif des sigles en contexte. Cela peut être ramené à certaines causes dont nous énumérons les suivantes.

    Le passage des termes-syntagmes - longs - aux sigles a pour fonction de remplacer les longues chaînes par d'autres beaucoup plus courtes peuvent être utilisés dans le discours. On y recherche, surtout pour les domaines scientifiques et techniques l'économie rédactionnelle, la simplicité et la brièveté. On dit : /?ts-dî-?il/ à la place de dire ' intermediate denisty lipoprotein '.

    Il est clair que les syntagmes longs et complexes relatifs à la biochimie nécessite la formation des sigles puisqu'ils peuvent dans certains cas bloquer la mémorisation chez les lecteurs.

    Les termes-syntagmes peuvent devenir trop longs surtouts dans un domaine comme celui de la biochimie ou la licence terminologique est souvent confondu avec l'innovation technologique. Dans un pareil cas, l'imprévisibilité de la capacité de la mémoire tampon. CHUKWU définit la mémoire tampon comme étant « la mémoire à court terme des psychologues »225(*). Lors du décodage des termes peut donner lieu à des problèmes. Ainsi les sigles peuvent être une démarche permettant de soulager la mémoire tampon humaine.

    Quelque soit le genre des textes technico-scientifiques, les sigles y sont omniprésents. On commence à leur accorder une place privilégiée par rapport à leurs formes développées de telle sorte qu'ils figurent seuls dans les contextes.

    Le rôle des sigles relatifs à la biochimie mérite d'être approfondi à travers l'étude de leur comportement dans les textes spécialisés. Mais avant tout, il est indispensable de mentionner qu'un système de dénomination commun et international comme l'IUPAC rend la quantité de sigles biochimiques, de plus en plus, grande. Ce système est basé, en effet, sur les signes brachigraphiques qui comprennent des lettres, des chiffres, des symboles de valeurs spéciales ... etc.

    En fait, ce système a été crée pour un objectif simple c'est de faciliter la coopération scientifiques entre les chimiste dans les différents coins du monde. A noter qu 'avant la nomenclature IUPAC on appelait les composés chimiques à partir de leur origine, et parfois le même composé pouvait avoir plusieurs noms , parmi lesquels le nom IUPAC n 'est pas le plus couramment utilisé. (Voir l'annexe IUPAC).

    VI. Les sigles arabes de biochimie en contexte

    Nous présentons dans cette section une description des divers usages de quelques sigles dans notre corpus. Nous utilisons la dénomination "forme développée" pour renvoyer à la forme syntagmatique - longue et complète - qui a donné naissance au sigle.

    Notons que tous les sigles observés dans notre corpus sont présentés entre guillemets et constituent des emprunts intégraux à 1'anglais ou au français.

    L'usage dans le texte de sigles arabes associés à leurs formes arabes, anglais ou français développés pour des raisons différentes :

    - Des raisons extralinguistiques visant la clarification et la compréhension de la part du lecteur.

    - Des raisons linguistiques visant l'origine du terme

    A noter que cela veut dire une double ou une triple existence de chaque terme. Ce qui évoque - peut être- la question de l'incertitude du traducteur ou l'auteur et la question du besoin d'une opération collective d'unification des termes arabes.

    Certains sigles arabes sont présentés avec leurs formes développées selon l'ordre suivant :

    - Forme arabe développé du sigle ????sigle anglais ou français sans guillemets.

    Un exemple tiré de notre corpus :

    · ATP = adenosine triphosphate / adénosine triphosphate (unité d'énergie dans les réactions biologiques).

    Définition : « Nucléotide à trois molécules d'acide phosphorique». , « L'ATP contient une base azotée purique : l'adénine, et un sucre : le ribose. C'est un des corps les plus importants du métabolisme cellulaire. Il joue le rôle de transporteur d'énergie qui est accumulée au niveau des liaisons phosphate. Il se forme par phosphorylation de l'adénosine diphosphate (ADP) grâce à l'énergie libérée lors du transport des électrons dans la chaîne respiratoire (phosphorylation oxydative). Ces liaisons se forment également lors de la glycolyse (Ex. : formation de pyruvate). Cette énergie est cédée en libérant P et ADP grâce à l'adénosine triphosphatase, réaction couplée à de nombreuses réactions du métabolisme qui nécessitent un apport d'énergie.»226(*).

    Dans le texte arabe, on trouve le sigle noté ADP accompagné de la forme développé / ?adinozîn tulâti l-fusfât/.

    Ou

    - Forme anglais développé entre guillemets ????sigle arabe entre crochets (accompagné - parfois- par le sigle anglais ou français

    Un exemple tiré de notre corpus :

    · LDH /nâzi'at al-haydrûzîn al-lâktatiyya/ = lactate dehydrogenase / lactodéshydrogénase (isoenzyme).

    Définition : « Isoenzyme qui se présente sous 5 formes moléculaires, résultant des 5 combinaisons possibles en proportions variables de 2 sous-unités A et B. On peut les séparer par électrophorèse. Elles catalysent la réduction de l'acide lactique en acide pyruvique (en anaérobiose : Bactéries lactiques; muscles parfois) »227(*).

    Dans le texte arabe, on trouve le sigle noté / ?il-dî-?ts/ accompagné de la forme anglais développé « lactate dehydrogenase », et expliqué en arabe brièvement par / ?anzîm mutamâtil al- ?asl/.

    ou

    - Des sigles anglais ou français introduits au coeur du texte arabe tels qu'ils sont dans leurs langues de départ mais accompagnés par une syntagme-commentaire ou une flash-explication en arabe. Ce qu'on trouve dans la plupart des cas.

    Sigle anglais ou français ????syntagme-commentaire en arabe

    Un exemple tiré de notre corpus :

    · NADH228(*) = nicotinamide-adénine-dinucléotide  

    Définition : « Coenzyme dinucléotidique formée de l'association d'acide adénylique et de nicotinamide-mononucléotide. Transporteur d'oxygène essentiel au métabolisme cellulaire, il existe à l'état oxydé : NAD, et à l'état réduit, NADH »229(*).

    Dans le texte arabe, on trouve le sigle noté « NADH » accompagné d'un syntagme-commentaire en arabe / huwa nâtiz `amaliyyat taqwîd ?l-sikrîdât/ et sans le sigle équivalent arabe ni un équivalent terminologique arabe.

    Nous avons remarqué que ce genre de représentation concerne généralement le premier emploi des sigles cités ci-dessus dans un texte donné. Toutefois, dans les occurrences qui suivent directement le premier emploi, ces sigles sont détachés de leurs formes développées et sont employés seuls au cours des textes.

    L'étude que nous avons menée ci-dessus n'est pas exhaustive puisque les données ont été extraites manuellement du corpus. Nous espérons bien, dans les étapes à venir de notre recherche avoir des outils informatiques pour filtrer les contextes d'emploi des sigles biochimiques pour donner des résultats statistiques.

    VI. Conclusion

    Nous clôturons à l'aide de ce chapitre l'étude des deux systèmes et deus processus de formation de termes arabes de biochimie, systèmes et processus largement utilisés dans notre corpus. Le pas prochain est une étape liée à nos conclusions déduites à travers ce long travail. Il traite des propositions d'une méthodologie de la traduction médico-biochimique. Le chapitre contiendra une partie théorique avec des exemples appliqués et pratiques.

    TROISIEME PARTIE

    LA TRADUCTION SPÉCIALISÉE

    (MÉDICALE)

    Huitième Chapitre

    UNE MÉTHODOLOGIE DE LA TRADUCTION MÉDICALE : DES PROBLÈMES ET DES SOLUTIONS

    I. Introduction

    La traduction est un métier qui exige des compétences, des connaissances, des expériences ainsi que la curiosité et l'ouverture d'esprit. La force de vos idées, l'efficacité de vos messages, la valeur de votre créativité doivent rester intactes quelles qu'en soient la langue et la culture.

    La traduction se définit comme « un fait de convertir un texte d'une langue dans une autre langue. Elle s'oppose à l'interprétation : la traduction concerne des documents écrits alors que l'interprétation concerne des messages oraux »230(*).

    Personne n'ignore les difficultés que le traducteur rencontre quand il se met à transmettre des informations d'une langue à une autre. Il s'agit d'une opération compliquée qui sert à reproduire un texte d'une langue donnée dans une autre langue. Cette dernière qui se diffère globalement, dans sa composition interne - syntaxique, morphologue, sémantique ... etc.- de la langue originale de texte.

    La traduction spécialisée se distingue, à son tour, de la traduction générale. Elle exige un certain nombre de compétences non obligatoires pour un traducteur de textes non spécialisés.

    La traduction spécialisée dans un domaine scientifique nous concerne le plus dans ce chapitre. Signalons du début que nous ne traitons pas ici les aspects purement théoriques de la traduction scientifique spécialisée mais plutôt les aspects pratiques et appliqués de la traduction spécialisée dans un domaine précis, c'est le domaine de la biochimie médicale.

    La traduction médico-biochimique pose un certain nombre de difficultés. Nous proposons ici une méthodologie propre à ce domaine, permettant au traducteur de trouver des solutions et d'éviter les nombreux pièges de cette langue de spécialité.

    II. La traduction de la biochimie médicale est une traduction particulière

    Pourquoi parler d'une méthodologie particulière à la traduction médicale ?

    En quoi la traduction dans ce domaine diffère-t-elle de celle qui se pratique dans d'autres domaines, comme l'économique, le technique ou le juridique par exemple ?

    Pour notre part, nous croyons que la traduction médicale diffère des autres champs de traduction sous certains aspects. Ainsi, prenons la phase de décodage. Cette phase exige une compréhension sémi-totale du texte à traduire. On ne peut traduire que ce que l'on comprend bien. Pour décoder, il faut donc bien comprendre. Or il nous semble que, de tous les domaines, le domaine médical est peut-être celui qui est le plus difficile à appréhender.

    On peut s'accorder qu'il est plus facile de comprendre les articles d'un traité politique rédigé, que de comprendre ce qui se passe au cours de l'attaque du virus de l'immunodéficience humaine. Il suffit de se rappeler que la plus petite cellule du corps humain est plus complexe dans sa structure et son fonctionnement que le plus complexe des moteurs ou des ordinateurs.

    On peut donc déduire que, pour qui n'est pas médecin, les textes médicaux ne se laissent pas facilement décoder. Par contre, cela ne signifie pas que seuls les médecins qui sont habilités à faire de la traduction médicale ?

    Amal Jammal voit que :

    « Rares sont les médecins qui consentent à troquer leur stéthoscope contre la plume et le dictionnaire. Et s'ils le faisaient, il leur faudrait, en sus, apprendre à éviter les nombreux pièges que comporte l'opération traduisante (interférences entre langue de départ et langue d'arrivée, difficultés syntaxiques inhérentes aux différences structurelles des deux langues, etc.) »231(*).

    À défaut donc du traducteur idéal - qui peut être un médecin ayant reçu une formation en traduction - il existe des traducteurs médicaux qui ne sont pas des médecins et qui font très honorablement leur métier. Mais la question reste : Comment, ces traducteurs, parviennent à la faire?

    C'est là que nous étudions une méthodologie particulière, qui s'intéressera successivement à la phase du décodage et à celle du transcodage.

    III. Une étude d'une méthodologie de traduction médico-biochimique

    A. LA PHASE DU DÉCODAGE

    Ce type de traduction implique une démarche documentaire méthodique, soumise à des contraintes qui sont assez contradictoires, une prise de conscience de certains aspects particuliers qui peuvent faire obstacle à la compréhension du texte médical.

    1. La démarche documentaire

    Elle doit être méthodique et limitée. Elle se soumet à une autodiscipline intellectuelle stricte. Nous nous expliquons.

    a) Une démarche méthodique

    Nous avons parlé plus haut de la nécessité de comprendre le texte avant de le traduire. Il nous faut mentionner, à ce stade, que Schumacher fait la distinction entre compréhension et connaissance. Il dit que «  dans le processus de la cognition, la compréhension est l'échelon le plus élémentaire si la connaissance en est l'étape ultime »232(*).

    Dans le domaine médical, où la compréhension pour qui n'est pas médecin peut paraître un enjeu, nous prétendons qu'il est possible de comprendre un sujet à l'aide d'une documentation efficace. Cela ne signifie pas toutefois qu'on connaîtra ce sujet.

    Amal dit qu'  « On peut comprendre le processus pathologique qui sous-tend l'inflammation articulaire par exemple, on ne devient pas pour autant un rhumatologue »233(*). On conclue qu'avant de traduire, il est nécessaire de se documenter à fond. Pour cela on peut proposer au traducteur un itinéraire logique.

    Suite à la lecture du document à traduire, un document qui traite , par exemple, une maladie donnée ou encore d'un médicament proposé pour le traitement d'une maladie, le traducteur lui faut tout d'abord déterminer quel est l'appareil, le système, l'organe ou les tissus que la maladie attaque.

    Il lui faut ensuite se documenter sur la structure de cet appareil ou de cet organe, donc sur son anatomie234(*) - ou sur son histologie dans le cas des tissus -, puis sur son fonctionnement, donc sur sa physiologie235(*), ensuite sur la maladie elle-même (son étiologie, son évolution, ses signes et symptômes, etc.) et enfin sur le médicament qui est censé la traiter (la classe à laquelle il appartient, sa composition, son mode d'action, ses effets indésirables, etc.). Ce passage sera clair dans le schéma ci-dessous :

    Voici donc ce que serait l'ordre séquentiel d'une telle démarche documentaire : ???anatomie  /'ilm al-tash / ???physiologie  /'ilm wadâ?if fi-al-?a'dâ?/???pathologie / 'ilm al-?amrâd/ ???pharmacologie236(*) /'ilm al-saydala/.

    Prenons, à titre d'exemple, l'impossibilité de traduire un texte scientifique sur le sida sans savoir quelles sont les composantes et la biochimie du système immunitaire, comment celui-ci fonctionne face à l'agresseur, ce qu'est un « rétrovirus »237(*) et comment celui-ci parvient à brouiller les cartes et à vaincre les défenses naturelles de l'organisme.

    C'est dire qu'il s'agit de s'interdire de traduire un texte médical, si simple qu'il puisse paraître à première vue, avant de s'assurer que l'on a bien compris de quoi il s'agit. La démarche peut paraître longue, elle n'en est pas moins cruciale si l'on veut éviter les faux-sens.

    De plus, elle a d'autres avantages non négligeables, C'est à lire sur le sujet, on acquiert sans douleur le vocabulaire qu'on peut appeler « périphérique »238(*) ou le vocabulaire-appuis, c'est-à-dire les cooccurrents de certains termes, des tournures de phrase particulières, bref toute la phraséologie propre au sujet.

    Nous concluons l'existence d'une nécessité d'une démarche documentaire méthodique à suivre par le traducteur d'un texte médical ou biochimique.

    b) Une discipline intellectuelle

    Il ne suffit pas en effet que la démarche documentaire soit méthodique, il faut aussi qu'elle soit soumise à une discipline de l'esprit car, aussi étonnant que cela puisse paraître, le plus difficile dans ce métier, ce n'est pas de devoir se documenter, mais d'avoir assez de volonté pour cesser de le faire.

    La tentation est grande en effet d'en savoir toujours plus, d'aller toujours plus loin. Après tout, qu'est-ce qui peut nous intéresser plus que notre corps et ce qui risque de l'affecter ?

    Nous présumons que le traducteur a compris globalement ce dont il s'agit. Nous disons bien globalement, parce que la phase de décodage peut comporter certains pièges sémantiques particuliers au domaine médical, que le traducteur doit connaître s'il veut les éviter : ceux qu'entraînent les interférences entre la langue de départ et la langue d'arrivée (du français ou de l'anglais à l'arabe); ceux qui sont inhérents à la structure syntaxique de la langue source - l'anglais par exemple - ; ceux que provoque parfois des obstacles terminologiques dans le texte de départ.

    2. Le repérage des pièges sémantiques

    De nombreux exemples de termes arabes sont considérés des emprunts externes de nécessité, puisque la plupart des termes scientifiques et techniques arabes contemporains ont été transférés à partir des équivalents de termes anglais ou français correspondants déjà existent.

    Bien entendu que l'arabe possède ses propres moyens de dénomination déjà évoqués dans les chapitres précédents. Mais 1'emprunt de nécessité est un transfert rapide d'un signe accompagné de son dénotatum, jugé inexistant et indispensable en langue arabe. Cet emprunt répond à une nécessité pratique et à un besoin rapide pour l'intellectuel, pour le  chercheur ou pour le médecin. Ajoutant que ces sciences se développent dans leur langue d'origine. L'arabe se trouve obligé d'emprunter massivement par ces motifs à l'anglais et au français.

    Dans la traduction médicale, le traducteur se trouve face à face avec les termes français et anglais employés dans les ouvrages à traduire. Il est, donc, invité à s'armer par un arsenal syntaxique et sémantique pour éviter la confusion entre les faux amis franglais d'un côté, et les pièges syntaxique d'un autre côté.

    Nous essayons ci-après de nous expliquer en donnant des exemples pratiques :

    a) Les « faux amis » sémantiques (cas de l'anglais et le français)

    Nous n'avons pas la volonté de dresser ici une liste exhaustive des anglicismes particuliers à la langue médicale. Nous signalons seulement une catégorie plus pernicieuse, celle qui ne sont visibles qu'à l'oeil averti : les faux amis sémantiques. Comme on le sait, ce sont des termes qui ont une grande similitude de forme, mais une petite divergence de sens. En voici un exemple :

    - Faux ami - cas d'un nom :

    A - abnormality  n'est pas anormalité en français (puisque ce terme semble ne s'appliquer qu'à tout écart par rapport à une norme établie par le cerveau humain), mais bien anomalie (qui qualifie une déviation biologique). Donc, abnormality  équivaut /gayr ?'tiyadiyya/ et l'anomalie équivaut /sudûdiyya/ en arabe.

    B- course : ce terme peut avoir deux sens : il peut signifier évolution ; exemple : « The course of brucellosis is usually protracted » : « L'évolution de la brucellose est habituellement longue » ; ou il peut signifier aussi série (d'injections par exemple) : « There was no response to a course of penicillin injections », qui se rendrait alors par : « La série d'injections de pénicilline demeura sans effet. », en conséquence, le premier "course" équivaut /numuww/ ou /tatawwur/ , par contre, le deuxième "course" se traduit pas /silsilat ?l-haqnn/.

    C- damage : l'anglais traite le corps comme une machine ou un moteur. Lorsqu'il y a un disfonctionnement ou une agression de l'organisme, il parlera de damage. Le français rend cette notion par altération ou trouble ou encore lésion. Ça veut dire que l'équivalant /kalal/ ou / idtirâb/ sont valables pour "damage" de l'anglais et "lésion" du français qui ne signifie pas "dommage".

    D- history : dans la plupart des cas, ne se traduit pas en français par histoire. Le terme anglais a en fait plusieurs équivalents français, qui varient selon le déterminant. Utilisé seul en anglais, history indique généralement l'ensemble des données recueillies auprès du patient, qui permettront au médecin de se faire une idée de l'état de ce patient. C'est donc son dossier médical ou son anamnèse, /sizil tibbiyy/. Mais l'on a aussi personal history = antécédents personnels239(*/sâbiqât maradiyyah/, family history = antécédents familiaux240(*/ sizil ?l-'â?ila ?l-tibbiyy/ et case history = observation médicale ou histoire de la maladie241(*) /tatawwur ?l-marad/ ou /târyk ?l-marad/.

    - Faux ami - cas d'un verbe :

    A- to control il s'agit d'un verbe qui peut avoir plus d'un sens en anglais et qui signifie, en français, vérifier et en arabe /râza;a/, /fahasa/ ou /haqqaqa/ mais aussi, selon une acception récemment admise par les dictionnaires, il signifie prendre le dessus ou maîtriser /saytara/. Dans la langue générale ou dans d'autres langues de spécialité, cette polysémie et l'ambiguïté qui en résulte peuvent ne pas prêter à conséquence. Mais dans la langue médicale, elle est parfois gênante. Lorsqu'on précise que le médecin must control a patient's hypertension, dit-on qu'il lui faut abaisser les chiffres tensionnels de ce malade ou qu'il doit le voir à intervalles réguliers pour vérifier sa tension artérielle ? Fort heureusement, ce verbe pluriréférentiel anglais a, en français, plusieurs équivalents monoréférentiels possibles qui diffèrent selon le cooccurrent auquel ils sont accolés. Ainsi on peut avoir pour to control anxiety : calmer l'anxiété /taqlît ?l-tawattur/ et to control diabetes : équilibrer le diabète /muwâzanat -al-sukkar fi-l-damm/. On écrira aussi assécher un oedème, corriger des effets indésirables ; dans certains cas, lutter contre une maladie, abaisser ou réduire des chiffres tensionnels élevés, ou les stabiliser s'ils ont atteint le niveau désiré, etc.

    B- to refer (referring, referral) : terme assez compliqué à traduire puisqu'on ne peut le rendre par référer /yurazi' ?l-tabîb/ (un patient à un spécialiste par exemple). En français, ce verbe se conjugue soit à la forme pronominale : se référer à quelqu'un (recourir à lui comme à une autorité) ou se référer à quelque chose (le prendre comme référence) /?hâl nafsahu 'ala/ ou /raja'a ila/ dans le sens de /marzi'iyya/ ou /istinâd/; soit comme verbe transitif indirect : en référer à quelqu'un (lui soumettre le cas pour qu'il en décide) /kada'a li ?mri fulân/ ou /tabi'a fulân/ . To refer a patient to a specialist ne se traduit donc pas par référer un malade à un spécialiste, mais plutôt par l'adresser à ou encore le diriger vers un spécialiste /tahwîl ?l-marîd li muktas/. Mais la chose se complique lorsqu'il s'agit de traduire le substantif referral. On ne peut dire l'adresse du malade à ou sa direction vers un spécialiste. À défaut, on peut opter, à reculons à cause de la connotation réifiante du terme, pour acheminement du malade, ou alors se résigner à recourir à la périphrase lourde : le fait d'adresser le patient..., etc.

    - Faux ami - cas d'un adjectif : fluid : n'est pas fluide en français /ma?i'/, mais bien liquide /sâ'il/.

    - Faux ami - cas d'un nom composé :

    A- side effect : jusqu'à tout récemment, le calque effet secondaire /?'râd tânawiyya/ ou /?'râd zanibiyya/n'était entaché d'aucun blâme. Cependant, ce que l'anglais désigne par side effect est en fait un effet secondaire non voulu qui, pour le moins, incommode le malade, mais qu'il doit subir pour bénéficier de l'effet thérapeutique. Dire de cet effet non désiré qu'il est secondaire n'exprime pas vraiment toute la réalité.

    Au terme « secondaire » n'est attaché en fait aucun sens péjoratif. Autrement dit, on peut avoir un effet secondaire à l'effet primordial recherché par le traitement mais qui serait néanmoins bénéfique. Prenons le cas de l'aspirine par exemple : administrée contre les maux de tête, elle pourrait avoir, comme effet secondaire, désirable, pour certains, de liquéfier le sang. Mais elle pourrait aussi avoir pour effet secondaire indésirable d'aggraver un ulcère d'estomac. Donc « secondaire » en soi n'indique rien de mauvais et pèche par son imprécision. Effet secondaire indésirable ou effet indésirable / târ salbiyyat/ ou /?'rad gyr margûbah/ tout court aurait l'avantage d'être monosémique et beaucoup plus descriptif de la réalité.

    b) Les pièges qui découlent du phénomène de la juxtaposition propre à la syntaxe anglaise :

    Parmi les difficultés du décodage, le traducteur devra repérer celles qui se rapportent au découpage des phrases anglaises.

    «L'anglais en effet est une langue qui s'accommode parfaitement de la juxtaposition des différents éléments de la phrase et l'auteur anglophone ne se sent pas obligé de préciser, dans les séquences déterminants/déterminés, qui fait quoi. Il peut lui arriver d'aligner les composants de la phrase, sans les mots-liens qui expliqueraient leur relation, et de compter sur l'intelligence ou l'intuition du lecteur pour faire le reste »242(*).

    L'anglais médical peut avoir un terme comme:

    Partially purified beta-lactamase preparations

    Pour qui ne sait pas exactement de quoi il ressort - d'où encore une fois l'importance de la démarche documentaire - le syntagme n'est pas claire. Qu'est-ce qui est purifié : les préparations - auquel cas le participe passé se mettrait au féminin pluriel - ou la bêta-lactamase - et alors le participe passé prendrait la marque du féminin singulier ?

    « Il arrive que, dans une phrase, à cause de ce phénomène de juxtaposition et donc de l'absence de certains mots clés nécessaires à la relation syntactico-sémantique qui régit les éléments de la phrase, seule une prescience de la signification de l'ensemble permet de décoder correctement les composantes de la phrase »243(*).

    Prenons l'exemple d'un article portant sur la résistance des antibiotiques intitulé :

    The Precise Role of the Antibiotic Resistance to Beta-lactamase Hydrolysis.

    Que l'on traduise innocemment ce titre par :

    / al-dawr al-mohaddad li-moqawamat t-lmudad al-hayawiyy fî-l-bîtâlâktûmâz/, en français « Le rôle précis de la résistance de l'antibiotique à l'hydrolyse de la bêta-lactamase » et l'on aura commis un contresens, puisqu'en réalité, dans l'article, il ne s'agit nullement de la résistance de l'antibiotique à l'hydrolyse de la bêta-lactamase, mais plutôt de la résistance de l'antibiotique à sa propre hydrolyse par la bêta-lactamase. En effet, cette substance est l'agent destructeur de l'antibiotique ; pour celui-ci, résister à la lyse (c'est-à-dire à la destruction) de son ennemi, serait signer son propre arrêt de mort. En réalité, le titre anglais aurait dû être : The Precise Role of the Antibiotic Resistance to Its Hydrolysis by the Beta-lactamase et donc, la traduction arabe était inexacte et est à reformuler.

    3. La recherche terminologique

    Le traducteur ayant dégagé le sens général du texte passe à la recherche des équivalents des termes techniques qui lui semblent « opaques »244(*). Cette recherche peut être simple, quand les termes et leurs équivalents sont monosémiques et bien répertoriés dans les dictionnaires, ou elle peut relever du casse-tête plutôt que de la terminologie. Là, les difficultés sont de plusieurs ordres :

    Pour désigner une notion donnée, l'auteur utilise un terme voisin de celui qu'il aurait dû employer ; ou il s'agit d'un terme pour lequel le dictionnaire bilingue donne plusieurs équivalents possibles et le choix du bon ne va pas toujours de soi ; ou enfin il s'agit d'une notion nouvelle dont le nom ne figure pas encore dans les dictionnaires, et c'est alors tout le problème de la néologie dont l'étude est trop vaste pour être abordée ici.

    a) Le flou terminologique

    Il est imputable à la présence, dans la langue médicale, de notions voisines mais non identiques. Exemple :

    mortality rate et fatality rate que peuvent être traduits par /mu'addal al-wafayât/.

    À cause de la synonymie qui existe dans la langue générale entre mortel, et fatal, /qâtil/ et /fâtik/, on pourrait déduire que cette synonymie s'étend aux substantifs dont ils sont dérivés. Or, ceci n'est pas tout à fait vrai dans la langue générale et complètement faux dans la langue médicale car :

    - Le taux de mortalité est le nombre de décès rapporté à la population générale, malades et bien-portants confondus (exemple : Le taux de mortalité annuel du sida a été de 50/100 000) ; qui doit se traduire en arabe par /mu'addal al-wafayât/. Alors que :

    - Le taux de fatalité est le nombre de décès rapporté à la population malade seulement (exemple : Le taux de létalité annuel du sida a été de 500/1 000), qui doit se traduire en arabe par /mu'addal al-fat:k al-maradi/

    Un autre exemple de confusion entre l'anglais et le français : trial et study. Très souvent, on a pu voir les deux termes utilisés indifféremment, parfois dans un même paragraphe, pour désigner la même notion ! Or, ils ne sont pas synonymes puisque l'essai (trial) est une expérimentation à visée thérapeutique, alors que l'étude (study) est une activité d'observation, comme l'étude prospective par exemple. Et même lorsque l'étude est expérimentale, elle ne peut être confondue avec l'essai, parce qu'elle n'a pas toujours une visée thérapeutique et que, par conséquent, elle peut avoir pour objet des animaux ou même des micro-organismes, alors que l'essai ne s'applique en général qu'à l'humain.En arabe, l'équivaut de "study" doit être ici / mûraqaba / ou / taharriyy/, par contre, le terme "trial" peut avoir comme équivalent le terme / dirâsa 'ilaziyyah / ou / taqassi 'ilâziyy/.

    b) Le choix du bon équivalent

    Le dictionnaire bilingue donne, pour un terme anglais ou français, un équivalent arabe mais cet équivalent ne semble pas s'insérer logiquement dans le contexte. Ou encore, le dictionnaire bilingue donne, pour un terme anglais ou français, plusieurs équivalents arabes mais le contexte ne permet pas de privilégier l'un d'eux avec une certitude absolue.

    Il faut alors recourir à la consultation de dictionnaires unilingues ou, à défaut, de manuels ou de revues unilingues, y trouver des contextes définitoires et ensuite juxtaposer les champs sémantiques des termes anglais et français pour s'assurer de leur équivalence arabe absolue.

    c) La néologie

    C'est là un des problèmes les plus aigus de la terminologie médicale. Les découvertes dans les domaines scientifiques - celui des sciences de la santé notamment - ont été nombreuses et importantes ces dernières années. Or, aux notions nouvelles, il faut souvent des mots nouveaux ou encore un réaménagement de ceux qui existent déjà dans la langue.

    «Mais qu'arrive-t-il lorsque cette intendance terminologique  ne suit pas ? Il se creuse un vide terminologique que le chercheur sera souvent tenté de combler à sa façon, à partir de son propre réservoir linguistique - qui n'est pas nécessairement celui du voisin - et à partir de son propre imaginaire. Il peut alors s'ensuivre une pléthore de pseudo-synonymes ou des néologismes fantaisistes qui ne s'insèrent pas toujours avec le même bonheur dans la langue médicale »245(*).

    Cependant, encore une fois, le sujet est trop complexe et trop large pour être traité dans un paragraphe. Il mérite une étude approfondie et la conjonction de plusieurs compétences.

    Voilà donc, très brièvement, les différentes composantes de l'opération décodage (démarche documentaire, repérage des pièges sémantiques et recherche terminologique), ainsi que certaines des difficultés que cette phase peut présenter à l'auteur.

    B. LA PHASE DU TRANSCODAGE

    Nous aborderons maintenant la phase de transcodage. Le traducteur a donc bien compris le sens du texte, connaît les équivalents des termes « techniques » et s'apprête à rendre ce texte le plus fidèlement possible en arabe. Si, dans la phase de décodage, la première question que se posait le traducteur était « de quoi s'agit-il ? », dans la phase de transcodage, les deux questions primordiales seront :

    À qui le texte est-il destiné ? ; Et

    À quel type discursif appartient-il ?

    1. Le destinataire du texte d'arrivée ou le choix du niveau de langue

    Selon que le texte s'adresse au grand public (exemple : la brochure que l'on trouve à la disposition du patient dans le cabinet du médecin), ou au personnel paramédical (manuel de formation ou argumentaire destiné aux visiteurs médicaux), ou encore au médecin spécialiste ou généraliste (article scientifique ou films dans le cadre de la formation continue), le traducteur choisira, le niveau de langue dont il dispose, celui qu'il utilisera pour transcoder le texte de départ.

    Il est évident que, s'il s'agit d'une brochure grand public, parler d'hyperlipidémie / talayyuf ?d-dam /au lieu d'un excès de gras dans le sang / zyâdat ?l-duhûn fi-d-dam/ ne semble pas très astucieux. Inversement, dans une monographie destinée à informer le médecin sur les caractéristiques d'un produit donné, ou encore dans un tiré à part d'une revue scientifique, on ne pourra pas parler de maux de tête /?âlâm al-r-ra?s/ ou de démangeaisons ; on choisira un niveau de langue plus spécialisée, plus savant, et l'on parlera de céphalée et de prurit / sudâ'/, même si, ce faisant, on diffère du niveau de langue adopté par l'anglais.

    Celui-ci, en effet, ne s'embarrasse guère de ces distinctions et utilisera volontiers, quel que soit le destinataire du texte, le mot de la langue générale. C'est ainsi que, dans des textes très spécialisés, on trouvera fréquemment headache, backache, joint pain, rash, etc.

    2. Le type discursif du texte à traduire

    « La  tonalité  de l'écriture - le choix du style et celui des mots selon leur connotation - seront en fonction du type du texte à traduire. Celui-ci, en effet, dans le contexte de la traduction médicale, peut être : informatif, comme la monographie du produit ou l'article scientifique. Il a alors pour unique but de transmettre le plus fidèlement possible l'information »246(*).

    Donc, le type discursif commande des mots neutres, univoques, sans connotation péjorative ou méliorative, et un style économique et concis.

    Le contexte de la traduction médicale, peut être : exhortatif 247(*), comme la pièce publicitaire, celle qui présente au médecin les avantages potentiels d'un médicament. Ici, le texte - comme tout texte publicitaire - ne se contentera pas de transmettre une information, mais il s'efforcera de provoquer chez le lecteur ou l'auditeur une réaction psychologique qui se traduirait par un acte, en l'occurrence la prescription de tel médicament, de préférence à tel autre.

    De façon générale, Les moyens stylistiques utilisés par le texte de départ pour influencer le destinataire devront alors se trouver dans la langue arabe qui est la langue d'arrivée.

    « Ce type de texte fera appel à la compétence publicitaire du traducteur, donc à ses connaissances des nuances linguistiques et stylistiques, mais surtout à sa créativité ; celle-ci cependant devra être contenue dans les limites, très étroites, imposées par les principes d'éthique et de prudence inhérents à tout ce qui touche à la santé de l'humain »248(*) .

    Il faut mentionner enfin que le texte peut être de type expressif et émotif, et là le traducteur s'attachera à rendre essentiellement, et avec la plus grande fidélité, les émotions de l'auteur. C'est, par exemple, le cas du poème. Il est évident que ce troisième type de texte trouvera rarement sa place dans la traduction médicale.

    3. Le repérage des pièges propres à la phase de transcodage

    Une fois que le traducteur aura choisi le niveau de langue et le style du texte à transcoder, il lui restera à éviter certains pièges qui peuvent se placer sous ses pas à cette étape du transcodage. En voici brièvement quelques-uns :

    a) Le problème de l'adjectivation

    Certains termes anglais ou français peuvent subir l'adjectivation sans problème. Exemple : resistance of a bacteria devient bacterial resistance, en français résistance d'une bactérie / muqawamt-u-al-baktîryâ / peut s'écrire résistance bactérienne /muqawamat-un baktîriyya/. Cependant, ce modèle ne s'applique pas avec un parallélisme constant à l'anglais et au français, donc, il faut que le traducteur arabe soit prudent. Van Hoof 249(*) cite les paires suivants " skeleton/squelette" /haykal/ où certains hésiteraient à traduire skeletal muscles par muscles squelettiques /'adalât haykaliyya/, à cause de l'aspect affectif de l'expression. En fait, les spécialistes connaissent muscles squelettiques ne touche pas la réalité histologique de ces muscles, ils préfèrent plutôt le terme muscles du squelette /'adalât ?l-haykal/.

    b) Les problèmes de synonymie

    « Le langage médical est peut-être le plus beau cas de prolifération synonymique que l'on puisse imaginer »250(*). En anglais comme en français, la même entité pathologique peut être désignée par une dizaine de termes. Cela engendre des difficultés traductologiques pour le traducteur arabe qui se trouve face aux synonymes d'un côté, inutiles pour lui et d'un autre côté, causent un malentendu dans le texte médical de la langue-source.

    Ainsi, en anglais, angioneurotic edema251(*) /wadma wi'â?iyya 'asabiyya/252(*), a de nombreux synonymes : acute circumscribed edema, acute essential edema, angioedema, Bannister's disease, giant urticaria, migratory edema, Milton's disease, Milton urticaria, nonhereditary angioneurotic edema, Quincke's disease, Quincke's edema, etc.

    Et ce cas de synonymie existent, en conséquence, en français où l'on a en effet, pour la même maladie, oedème de Quincke, maladie de Quincke, maladie de Milton, urticaire géante, angioneurose cutanée, oedème aigu angioneurotique, urticaire oedémateuse, etc

    Cette prolifération synonymique - qui va envahir également l'arabe- explique que les besoins des usagers de la langue médicale d'engager une opération de normalisation. Selon Ammal cette opération qui a commencé avec la rédaction du Dictionnaire français de médecine et de biologie et qui se poursuit toujours dans les sous-langues des spécialités médicales. Amal ajoute que le vocabulaire ne s'y est pas encore stabilisé.

    Dans le monde arabe, on parle aujourd'hui d'UMD "unified medical dictionary", un projet de normalisation présidé par Dr M.H. Khayat en Egypte. Ce projet - qui a vu le jour dans l'année 2000- acquiert de plus en plus d'importance après sa diffusion en édition CD par l'organisation internationale de la santé.

    c) Le problème des abréviations

    Tout langage scientifique ou technique qui se respecte se forge ses propres abréviations. Le langage médical n'échappe pas à la règle et cela ne facilite pas le travail du traducteur, puisqu'il va sans dire que, dans la grande majorité des cas, les abréviations ne seront pas - ou ne devraient pas être - les mêmes dans les différentes langues, française, anglaise ou arabe .

    Exemple : IM qui est l'abréviation de intramuscular aura pour équivalent IM l'abréviation de intramusculaire en français et qui donne /tibb bâtiniyy/ an arabe.

    Mais il arrive que la même abréviation indique deux ou plusieurs notions différentes et l'on a par exemple :

    SR qui peut être l'abréviation de :

    - sedimentation rate = vitesse de sédimentation /sur'at ?t-t-atatafful/253(*).

    - sinus rhythm = rythme sinusal /nadm zaybiyy/.

    - slow-release = à libération lente /batiyy? ?l-?itlâq/.

    - stimulus response = stimulus-réponse /rad fi'l ?âniyy/.

    De toute manière, au risque de se tomber dans la mal traduction, il y a une politesse à suivre consistant d'abord à écrire le terme ou la locution nominale en toutes lettres la première fois - dans la première citation du terme dans le texte -, suivie de l'abréviation entre parenthèses. On utilise par la suite l'abréviation jusqu'à la fin de l'article à traduire.

    Pour terminer, Nous n'avons mentionné jusqu'ici que les pièges les plus courants de la traduction médicale. Le sujet est très vaste d'être abordé dans un bref chapitre. Rappelons que dans cette méthodologie propre à la traduction médicale, nous n'avons traité que deux phases de l'opération traduisante - le décodage et le transcodage - parce qu'elles présentent toutes deux une démarche et des pièges particuliers à ce domaine.

    Mais il va de soi qu'en traduisant, il faut tenir compte d'une troisième phase, celle qu'on peut appeler rédactionnelle, avec tout ce qu'elle implique d'exigence de clarté, de logique, de style et d'élégance dans l'expression de la pensée. À ces impératifs, le traducteur médical ne peut se soustraire, quelles que soient la nature, l'imperfection ou la difficulté du texte à traduire. Goethe dit « Il faut toujours, pour bien écrire, avoir quelque chose à dire ». Pour le traducteur, qui a franchi l'étape du « quoi dire », il restera à se concentrer sur le « bien écrire ».

    IV. Conclusion

    Nous terminons à l'aide de ce chapitre notre travail par une étude promettant d'une méthodologie de traduction médicale arabe. Nous avons vu les difficultés que le traducteur arabe de spécialité médicale rencontre, ainsi que certains pièges traductologiques périlleuses. Il n'est pas à ignorer l'existence d'une large divergence entre les différents termes médicaux employés dans le monde arabe. Cet acte est justifiable. Cette méthodologie est considérée comme un essai pour mettre les points sur les i dans ce qui concerne les deux phases importants dans l'opération de traduction médicale, celles de décodage et de transcodage. Ce sujet qui sera traité beaucoup plus en détails dans notre prochaine étude. A côté d'autres questions assez importantes qui se sont fortement imposées dans notre travail et qui exigent toujours la recherche à des réponses satisfaisantes.

    CONCLUSION

    De façon générale, Nous pouvons dire que l'objectif de ce travail a été atteint. La Terminologie d'arabe est devenue pour nous une science plus concrète. Grâce à la terminologie, nous nous sommes rendus compte que le travail du terminologue est important car c`est lui qui isole le concept et trouve une définition adéquate pour ce dernier.

    La terminologie arabe de biochimie, terminologie qui a été récemment transféré à l'arabe est en train de se développer au fil de temps. Les intellectuels arabes, sont conscients de 1a grande valeur et l'importance de la biochimie. Il est, donc, nécessaire de répondre aux besoins des scientifiques et lecteurs arabophones en général.

    Nous avons tenté, dans cette étude, de faire un passage englobant, des termes arabes de biochimie tels qu'ils sont présentés dans les ouvrages arabes (scolaires et universitaire). L'étude que nous avons réalisée, n'est pas considérée exhaustive. Par contre, elle est conçue à montrer clairement les différents procédés, les moyens et les limites de la formation des termes de la biochimie. L'analyse de divers phénomènes terminologiques arabes a été développée côté à côté avec l'analyse terminologique générale.

    D'ailleurs, Il est important de dire que l`élaboration d'une définition terminologique implique une connaissance approfondie du domaine étudié, c'est le cas de la biochimie. De ce fait, la Terminologie permet la description et l'analyse des termes sur plusieurs niveaux.

    Ainsi, l'étude des termes arabes relatifs à la biochimie a permis la nomination de certains concepts ainsi qu'une meilleure compréhension de ces derniers. Par conséquent, le travail terminologique permet cette compréhension car c`est lui qui détermine la fonction et l'utilisation d'un terme dans une communauté linguistique destinée, comme la communauté arabe se scientifiques.

    C'est grâce au travail fourni par les terminologues aussi que le non spécialiste accède au vocabulaire spécifique d'un domaine du savoir. Le terminologue joue un rôle essentiel dans une société car il tente définir un concept tout en gardant les caractéristiques de ce dernier.

    Le résultat de notre recherche a permis l`élaboration d'un modèle de terminologique fine.

    Dans le premier chapitre : nous avons étudié la structuration et l'organisation du domaine de biochimie. L'historique de la biochimie a mit l'accent sur l'importance de ce domaine excrément vital. Les fiches et les schémas qui ont été élaborés aident profondément à construire une perspective complète de cette science.

    Dans le deuxième chapitre : nous avons fait lumière sur quelques principes de terminologie, la relation entre terme et unité référentielle et les différant aspects de la terminologie arabe. Nous avons aussi distingué logiquement entre la terminologie et la lexicologie, les objectifs et les fonctionnements de chacune de ces deux disciplines linguistiques. La langue commune et la langue de spécialité avaient eu un lieu dans notre travail. La distinction entre ces deux langues nous a menée à mieux comprendre les limites de chacune d'entre elles.

    Dans le troisième chapitre : nous avons traité les moyens de formation des termes biochimiques par le système de nomination qui permet la formation d'unités composées d'une seule lexie, les unités terminologiques simples (UTS). L'affixation, la centaurisation et la flexibilité de la racine arabe sont des procédés qui ont été développés dans le cadre de la création lexicale arabe de la biochimie.

    Dans le quatrième chapitre : Les différents volets de système de communication ont été étudiés. Ce moyen de formation assure des syntagmes composés de plusieurs lexies, les unités terminologiques complexes (UTC).

    Dans le cinquième chapitre : nous avons établi une étude sur le transfert sémantique et ses influences sur les termes arabes de biochimie. Les différents types de métaphores, de métonymies d'hypallage et de résurgence relatives à biochimie ont été traités séparément.

    Dans le sixième chapitre : nous avons noté le recours croissant à l'emprunt dans les termes biochimiques arabes. L'emprunt présente un double aspect. D'une part, un aspect positif dans la mesure où les termes empruntés ne produisent pas des difficultés de compréhension. D'autre part, un aspect négatif dans la mesure ou les termes empruntés sont en rupture avec le système de communication de l'arabe et avec les systèmes phonologique, graphique et syllabique de 1'arabe. Dans ce chapitre, nous avons également mené une petite étude sur les différents types d'emprunts, le statue général de l'emprunt et les différents aspects d'identification des emprunts dans la langue emprunteuse - cas de l'arabe biochimique.

    Quoi qu'il en soit, il est clair que 1'emprunt n'est qu'une face concrète, observable, du contact interlinguistique. Et comme nous avons tenté de le démontrer entre les deux systèmes engagés (arabe et latin). Il pourrait donc être intéressant d'analyser de façon plus approfondie ce contact, par comparaison de ses répercussions linguistiques de part et d'autre. Finalement, 1'emprunt peut être abordé sous différents angles.

    Dans le septième chapitre : nous avons établi essentiellement une étude sur la présentation et le comportement des sigles arabes de biochimie dans les textes où des différents aspects ont été traités.

    Dans le huitième chapitre : L'étude de la traduction médicale nous a conduit - dans ce chapitre - de tenter à caractériser et à structurer une jeune méthodologie de traduction médicale. Ce travail qui nous amené dans un survol rapide sur les pièges auxquelles le traducteur arabe doit faire attention. Ce travail promettant était accompagné par plusieurs exemples pratiques importants.

    Finalement, l'étude de ces différents aspects de terminologie arabe -le cas de la terminologie biochimiques ici - nous a accordé la possibilité d'observer des phénomènes très importants pour l'opération d'élaboration d'une vision terminologique arabe complète qui est toujours en cours. Citons à titre d'exemples, l'existence d'une sorte de synonymie inutile, les UR qui sont mal désignées par des UT aussi mal dérivés ou mal structurés morphologiquement, la divergence arabe sur les normes d'une terminologie stable, l'absence du rôle de normalisation pour la terminologie biochimique aussi bien l'absence d'un dictionnaire spécialisé en biochimie dans le monde arabe. Ils sont des sujets qui méritent d'être traités dans des projets à venir.

    A la fin de l'étude de cette terminologie technique et scientifique qui est celle de biochimie, la lumière au fond de tunnel reste loin d'être vue pour de nombreuses questions : Comment cette terminologie biochimique va-t-elle évoluer ? Que sont-t-ils les solutions possibles pour les variations morphologiques, les normes terminologiques arabes, la normalisation ou l'unification des termes arabes et l'existence d'un dictionnaire spécialisé en biochimie? Peut-être les prochaines années et les prochaines études sur de larges corpus nous ramènent à trouver des réponses et des solutions à toutes les questions et les problèmes que nous avons évoqués.

    L' IUPAC

    L'Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée. C'est association fondée en 1919. Une organisation non gouvernementale rassemblant la communauté des chimistes de plus de 60 pays par l'intermédiaire d'une part d'organisations nationales représentatives adhérentes ou associées.

    Par ailleurs l'IUPAC a donné un statut d'association à un certain nombre d'organisations internationales fédératives à caractère géographique (Fédération Européenne des Sociétés Chimiques, par exemple) ou à caractère thématique (comme les Fédérations Européennes de Biotechnologie, de Corrosion, de Photochimie, etc..). Enfin l'IUPAC a mis en place un système d'adhésion individuelle de façon à informer directement le plus grand nombre de chimistes.

    L'IUPAC est structurée en 8 Divisions thématiques :

    Chimie Physique et Biophysique

    Chimie Inorganique

    Chimie Organique et Biomoléculaire

    Chimie Macromoléculaire

    Chimie Analytique

    Chimie et Environnement

    Chimie et Santé Humaine

    Nomenclature Systématique et Représentation Structurale (Création en 2001)

    A ces Divisions s'ajoutent un certain nombre de Comites trans-divisionnels dont les objectifs pressentent un intérêt majeur pour l'avenir de la Chimie. Comme par exemple le « CHEMRAWN » (Chemical Research Applied to World Needs), et « Committee on Teaching of Chemistry » (CTC), le « Committee on Chemistry and Industry » (COCI).

    On leur doit une action continue de veille et d'incitation sur des sujets sensibles comme la Chimie Verte et le Développement Durable, les problèmes de Sécurité Industrielle dans la Chimie, les Biotechnologies et la Pharmacie, les OGM dans l'Alimentaire, les Oestrogéniques dans l'Environnement, etc...,

    La Conventions d'IUPAC

    Vous explique entre autre l'usage de la ponctuation, des préfixes et autres parenthèses.

    - Hydrure fondamental ou hydrure parent

    Système d'atomes formant une structure acyclique non ramifiée, cyclique (ou combinaison des deux) ayant un nom semi-systématique ou trivial, à laquelle seuls des atomes d'hydrogène sont liés.
    Ex. cyclohexane, styrène, pyridine

    - Atome ou groupe substituant (Radical*)

    Atome ou groupe qui remplace un ou plusieurs atomes d'hydrogène liés à une structure fondamentale ou à un groupe caractéristique.
    Ex. méthyl, etc.

    - Groupe caractéristique

    Un seul atome (-Cl ou =O) ; un hétéroatome portant un ou plusieurs atomes d'hydrogène ou d'autres hétéroatomes (-NH2, -OH, -SO3H,....), ou un groupe hétéroatomique lié à (ou contenant) un seul atome de carbone (-CHO, -CN, -COOH, -N=C=O) fixé sur un hydrure fondamental.

    - Groupe principal

    Groupe caractéristique choisi pour être désigné par un suffixe (nomenclature substitutive) et/ou par un nom de classe fonctionnelle (nomenclature radicofonctionnelle).
    Choix du groupe principal : voir tableaux des radicaux et des composés polycycliques.

     

    Position des indices

    Les indices de position (chiffre et/ou lettre) sont placés immédiatement avant la partie du nom à laquelle ils se rapportent (sauf pour les formes contractées)
    hex-2-ène et pas 2-hexène; 2-pyridyle (forme contractée de pyridin-2-yle)
    L'indice 1 peut être omis lorsqu'il n'y a aucun risque d'ambiguïté : 2-chloroéthanol ou 2-ényl (2-én-1-yl).

    Ponctuation

    - Virgules :

    - pour séparer les indices qui se rapportent à la même partie d'un nom : 1,2- ; N,N- ...
    - pour séparer les lettres ou combinaisons de lettres indiquant les sites de fusion pour les cycles condensés : dibenzo[a,j]anthracène

    - Points :

    - pour séparer les chiffres des systèmes pontés (système de von Bayer) : bicyclo[3.2.1]octane
    - pour séparer les chiffres dans certains noms spiraniques : 6-oxaspiro[4.5]décane

    - Double-points :

    - pour séparer des ensembles d'indices en relation (si un degré plus élevé de séparation est désiré, des points-virgules sont utilisés : 1,4,5,8-tétrahydro-1,4:5,8-diméthanoanthracène.

    - Traits d'union :

    · séparent les indices de position ou les syllabes composant le nom.

    · séparent les indices adjacents se rapportant à différentes parties du nom.

    · séparent deux parties indiquant la position du site de fusion dans les systèmes condensés : thiéno [3,2-b]furane.

    · séparent un descripteur stéréochimique et le nom : (E)-but-2-ène

    rem. : après les parenthèses, on n'emploie un trait d'union que si les parenthèses sont suivies d'un indice : acide 4-(chlorocarbonyl)-2-méthylbenzoïque

    - Espaces :

    · séparent les mots dans la plupart des noms radico-fonctionnels et des noms de classe fonctionnelle :

    o acides et leurs dérivés

    o dérivés des composés carbonylés (acétals, cétals)

    o composés oxygénés et leurs analogues chalcogénés (alcools, éthers, ...)

    · séparent les mots dans les noms additifs : oxyde de styrène rem. : jamais d'espace (ni de tiret) entre le nom du dernier substituant et l'hydrure parent

    - Préfixes multiplicatifs :

    · di-, tri- , tétra- , ...
    multiplication des suffixes : -diol
    multiplication des radicaux (substituant non substitué) : diméthyl
    modifications fonctionnelles simples : diaza

    · bis, tris, tétrakis, ...
    multiplication des radicaux substitués : bis(2-aminoéthyl)
    modification fonctionnelle : bis(phosphate)
    lorsque l'emploi de di, tri ,... conduit à une ambiguïté : tris(décyl)

    · bi, ter, quater, ...
    noms d'assemblage de cycles : biphényle ou 2,2':6',2'':6'',2'''-quaterpyridine

    · mono
    est généralement omis dans les noms chimiques, mais il est utilisé pour préciser qu'un seul groupe caractéristique à été modifié : acide monoperoxyphtalique

    - parenthèses :  

    o autour des radicaux substitués : (chlorométhyl)silane

    o autour des radicaux simples pour séparer les indices de position de même type se rapportant à des éléments structuraux différents (même s'il n'y en a qu'un seul), et pour éviter toute ambiguïté 4-(4-pyridyl)benzamide, chloro(méthyl)silane

    o après les préfixes multiplicatifs : 1,3,5-tris(décyl)cyclohexane

    o pour isoler le second indice d'une liaison multiple (lorsque le second indice diffère de plus d'une unité) : bicyclo[6.5.1]tétradéc-1(13)-ène et pas hex-2(3)-ène

    o autour de l'hydrogène indiqué et son indice : pyridin-2(3H)-one

    o pour les descripteurs stéréochimiques tels que E, Z, R,S, ...

    - crochets :  

    o autour des descripteurs indiquant les sites de fusion dans les systèmes cycliques condensés : dibenzo[b,e]oxépine

    o autour des indications de grandeur des systèmes bicycliques et pour certains composés spiraniques bicyclo[3.2.1]octane ou dispiro[5.1.7.2]heptane; spiro[cyclopentane-1,1'-indène]

    o autour des indices des doubles liaisons des ponts et des hétéroatomes pour les systèmes cycliques condensés 4a,9a-but[2]énoanthracène; 4H-[1,3]oxathiolo[5,4-b]pyrrole

    o autour des substituants pour lesquels des parenthèses ont déjà été utilisées

    o autour des descripteurs des composés isotopiquement modifiés : [13C] méthane

    - accolades :  

    o autour des substituants pour lesquels des crochets ont déjà été utilisés : 2-{2-[1-(2-aminoéthoxy)éthoxy]éthoxy}propiononitrile
    rem.: ordre des divers signes : ...{[({[( )]})]}....

    - lettres italiques :  

    o descripteurs des sites de fusion : thiéno[3,2-b]furane

    o descripteurs ortho, méta, para : o, m, p

    o indices de position de la fixation de substituants sur des hétéroatomes O-, N-, P-, S-

    o pour les hydrogènes indiqués ou ajoutés

    o descripteurs stéréochimiques : R, S, RS, R*, E, Z, ...

    - mots et syllabes (descripteurs structuraux et stéréochimiques) :

    o sec-, tert-, mais pas iso ni cyclo (s-Bu mais i-Pr)<

    o cis, trans, rel

    o abéo, rétro mais pas homo, nor ou seco

    - élision :

    o élision du "e" terminal de l'hydrure parent si le suffixe commence par: a, i, o, u, y
    heptan-2-one, pent-4-én-2-ol, propan-2-ure

    o dans le système de Hantzsch-Widman, le "a" terminal d'un préfixe correspondant à un élément suivi d'une voyelle : 1,3-oxazole (et pas oxaazole)

    o lettre "a" dans les affixes multiplicatifs suivis d'un préfixe commençant par "a" ou "o" : benzènehexol

    - pas d'élision :  

    o nomenclature conjonctive : cyclohexanthanol

    o nomenclature de remplacement : 2,4,8,10-tetraoxaundécane

    o multiplication des structures fondamentales : acide éthylènediaminetétraacétique

    o préfixes multiplicatifs devant des substituants : 1,3,6,8-tetraoxo-...

    o radicaux composites : acide4-(thioacéthyl)benzoïque

    o nomenclature de fusion (nouveau par rapport aux règles de 1979): la lettre "o" terminale de acénaphto, benzo, naphto, pérylo; la lettre "a" terminale de cyclopropa, cyclobuta, etc. devant une voyelle.

    - Ordre des préfixes :

    Les préfixes non séparables indiquent soit une modification du squelette (nor, seco, homo, abéo, rétro,...) soit le remplacement d'atomes (oxa, aza, ...) du squelette de l'hydrure parent. Ils sont cités par ordre alphabétique immédiatement devant le nom de l'hydrure parent.
    rem.: dans la nouvelle édition des règles IUPAC, les préfixes suivants sont non séparables

    · préfixes soustractifs : anhydro, déhydro, déméthyl

    · préfixes additifs : dihydro, tétrahydro, etc.

    - Préfixes séparables :

    Les préfixes séparables désignant des substituants sont énoncés avant les préfixes non séparables, par ordre alphabétique suivant les critères suivants :

    1. Les radicaux simples sont classés suivant l'ordre alphabétique sans tenir compte des affixes multiplicatifs : 2,5,8-trichloro-1,4-diméthylnaphtalène

    2. Les radicaux substitués sont considérés comme commençant par la première lettre de leur nom complet : 7-(1,2-difluorobutyl)-5-éthyltridécane

    3. Quand plusieurs radicaux ont les mêmes lettres, la priorité pour la citation est donnée au radical dont l'indice est le plus bas lors de la première différence : 6-(1-chloroéthyl)-5-(2-chloroéthyl)-1H-indole

    4. o- avant m- avant p-

    - Ensemble d'indice le plus bas :

    Ensemble d'indices qui, comparé terme à terme avec d'autres ensembles d'indices, chacun classé par ordre croissant, présente l'indice le plus bas à la première différence : 2,3,6,8 < 2,4,5,7 < 3,4,6,8
    Les indices, lettres capitales et lettres grecques sont plus bas que les chiffres : N,a,1,2 < 1,2,4,6

    Références Particulières

    (1) IUPAC, Organic Chemistry Division, Commission on Nomenclature of Organic Chemicals, "Nomenclature of Organic Chemicals", 1979, J. Rigaudy, S.P. Kleaney, Eds, Pergamon Press, 1979.

    (2) A Guide to IUPAC Nomenclature of Organic Compounds, Recommendations 1993; J.-Cl. Richer, R. Panico, W. H. Powell, Eds; Blackwell, 1993.

    La Convention des fiches terminologiques

    Code utilisée

    Décodage

    JSBiM1

    La biologie- Manuel - terminal/Bac jordanien/Nouvelle méthode2003/ section scientifique. JSBiM1

    JSCM2

    La chimie - Manuel - terminal/Bac jordanien/Nouvelle méthode2001/ section scientifique. JSCM2

    La chimie - Manuel - terminal/1er jordanien/Nouvelle méthode2003/ section scientifique. JSCM3

    La chimie - Manuel - terminal/Bac jordanien/Ancienne méthode1996/ section scientifique. JSCM4

    JUBH5

    /?l-wazyz fi-al-kimya? ?l-hayawyyah / - Ouvrage universitaire/Jordan Univ. / Jordan 1992. JUBH5

    SUBN6

    Biochemistry - Ouvrage universitaire/ALEPPO Univ. / Syrie 1996. SUBN6

    IUBQ7

    Biochemistry of Parasitic Protozoa- Ouvrage universitaire/AL-MOUSSUL Univ. / Irak 1982. IUBQ7

    JUBA8

    Biochemistry et Phisiology of the Cell- Ouvrage Académique/ L'académie arabe de la Jordanie / Jordanie 1986. JUBA8

    JUBG9

    Biochemistry Glossary (Anglais-arabe) - Jordanie - 2002. JUBG9

    JUBG10

    Biochemistry Glossary (Arabe-Anglais) - Jordanie - 2002. JUBG10

    EUBD11

    UMD Dictionarie of Biochemistry and Chemistry - Egypte 2000. EUBD11

    * 1 Voir "quelques stations dans l'histoire de la biochimie", premier chapitre.

    * 2 Le système éducatif jordanien se diffère de son équivalent français en se divisant en 10 classes préparatoires appelés parfois élémentaires et deux ans directionnels /tawzîhîyy/. Dans la dixième l'élève est invité de choisir la série qui lui convient. Les séries sont nombreuses. La série scientifique est une d'eux.

    * 3 Cet ouvrage a été publié pour la première fois en 1986. C'est une traduction d'un ouvrage américain de N. A. Edwards et K.A. Hanau qui a été réalisé sous la direction de Ilyâs Bidûn.

    * 4 Cet ouvrage est adopté par l'université de Mossoul en Irak. Il a été publié en 1982. C'est le fruit d'une traduction faite par Dr. Qusay al-Zalabi à partir d'un ouvrage américain de W. E. Gulleridge et G. H. Coombs.

    * 5 L'équivalent qui accompagne chaque terme nouveau - en arabe - est mentionné dans le contexte en anglais et entre guillemets. La glossaire et les références bibliographiques - à la fin des manuels- sont tous en anglais.

    * 6 La démarche suivie dans ce travail coïncide avec le plan de classement (SDN, SDC, moyens de tropes et moyen de l'emprunt), ce plan qui a été adopté par M/ Lelubre en 2003-2004. Notons que cette démarche a été soumise à une modification de classement en 2005 pour donner (SDN, SDC et Emprunt).

    * 7 Ingénieur autrichien considéré comme le père de la terminologie moderne, il a mis dizaine d'ouvrages en terminologie .Sa théorie terminologique traditionnelle est adopté par l'école de Vienne "INFOTERM".

    * 8 Linguiste et chercheuse spécialiste en traduction médicale à l'université de Montréal au Québec.

    * 9 DE BESSE, Bruno (2000) : « Le domaine », in BEJOINT, Henri et Philippe THOIRON, dir. Le sens en terminologie, Lyon, PUL, p. 183

    * 10 Ibid.: 183

    * 11 DE BESSE, Bruno (2000) : « Le domaine », in BEJOINT, Henri et Philippe THOIRON, dir. Le sens en terminologie, Lyon, PUL, p. 187.

    * 12 Organites en forme de bâtonnets qui apparaissent par paires dans le noyau cellulaire au moment de la mitose et qui se partagent longitudinalement de façon à répartir également les gènes dont ils sont porteurs dans les cellules filles.

    * 13 Particule élémentaire de la chromatine composée à la fois d'ADN et d'histone.
    Élément de la chromatine formé par l'enroulement du DNA (140 paires de bases) sur un octamère d'histones (une paire de H2A, H2B, H3 et H4).

    * 14 Mode de passage transmembranaire d'une substance dans lequel cette dernière se combine temporairement à un transporteur et qui, s'effectuant à l'encontre d'un gradient de concentration, requiert de l'énergie.

    * 15 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, p93.

    * 16 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : «Introduction à la terminologie arabe", deuxième partie.

    * 17 Ibid..

    * 18 Ibid.

    * 19 U. Eco, Le pendule de Foucault, 1990, p. 326

    * 20 Unité référentielle est un terme utilisé par Lelubre, "dans un domaine de spécialité, le terme n'est que la démonstration d'une unité référentielle, extra-linguistique") : «Introduction à la terminologie arabe", deuxième partie.

    * 21 Teutsch G. 1997 - La chimie médicinale - Pour la Science, 241, p. 106-112. L'élaboration de nouveaux principes actifs à partir de la connaissance structurale des molécules cibles et des récepteurs

    * 22 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I.

    * 23 Réaction chimique par laquelle un groupe acétyle est introduit dans un composé, comme dans la transformation de la cellulose en acétate de cellulose.

    * 24 Combinaison de monomères et polymères par chaleur et pression, sans déchets ni sous produits. Formation d'une macromolécule par union de plusieurs molécules identiques. Processus par lequel deux ou plusieurs molécules du même corps se combinent pour former un polymère.

    * 25 Dans le traitement des aliments, modifications (de couleur, par exemple) causées par des enzymes.

    * 26 Édulcorant nutritif dérivé du petit lait.

    * 27Diholoside réducteur formé de deux molécules de glucose. Le maltose est un constituant du glycogène et de l'amidon. Sucre formé par action d'enzymes digestives sur l'amidon

    * 28 Diholoside non réducteur formé de glucose et de fructose

    * 29 GOUADEC (1990) : «  Terminologie Constitution des données ». AFNOR, Paris.

    * 30 RAHAINGOSON, H (1985) : «  Lexicologie, Lexicographie, Terminologique », Guide de Recherche en lexicographie et Terminologie Agence de Coopération culturelle et technique. Paris. p13.

    * 31 GERMAIN .C (1989) «Un cadre conceptuel pour la didactique des langues » ELA n2, p 75

    * 32 REY, Alain (1992) (1ère éd. 1979) : « La terminologie : noms et notions », Paris, PUF, coll. Que sais je ?, 127p.

    * 33 BESSE B.DE (1990): « La définition terminologique Actes du colloque : La définition » : Centre d'études du lexique.

    * 34 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin, p63.

    * 35 FELBER H (1987) : «Manuel de Terminologia », UNESCO- INFOTERM, Paris. p3.

    * 36 REY A (1976 b) "La terminologie : Réflexions sur une pratique et sur sa théorie " Terminologie.

    * 37 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse.

    * 38 GUILBERT, Louis (1973) : « La spécificité du terme scientifique et technique » ; Langue Française n°17: Larousse, Paris

    * 39 Ibid.

    * 40 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin, p21.

    * 41 Ibid., p43.

    * 42 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin,

    * 43 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin, pp 21-22..

    * 44 REY, Alain (1992) (1ère éd. 1979) : « La terminologie : noms et notions », Paris, PUF, coil. Que sais je ? , p53.

    * 45 G.D.E.L., 1985 : 10 143.

    * 46 Quillet, 1977.

    * 47 GOUADEC, D (1990) : «  Terminologie Constitution des données ». AFNOR, Paris. p3.

    * 48 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2.

    * 49 REY, Alain (1992) (1ère éd. 1979) : « La terminologie : noms et notions », Paris, PUF, coil. Que sais je ?. p 21.

    * 50 Ibid.

    * 51 Ibid

    * 52 REY, Alain (1992) (1ère éd. 1979) : « La terminologie : noms et notions », Paris, PUF, coil. Que sais je ?.. p22.

    * 53 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I.

    * 54 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. p11.

    * 55 Ibid. p12.

    * 56 Substance produite dans un organe (glande endocrine) et transportée par le sang dans un autre organe ou dans un tissu dont elle excite ou inhibe le développement et le fonctionnement

    * 57 Collectif (1994) Dictionnaire de médecine Flammarion, 5e éd., 1010 p., Flammarion Médecine Sciences, Paris

    * 58 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I.

    * 59 Ibid.

    * 60 CABRE, Maria Teresa (1998) : « La terminologie : théorie, méthode et applications », Paris, Armand Colin, Ottawa. pp 185-186.

    * 61 Science qui traite de la constitution chimique des êtres vivants et des réactions chimiques dont ils sont le siège

    * 62 JUBA8: 6

    * 63 JUBA8 : 9

    * 64 SUBN6 : 122

    * 65 JSBiM1 : 216

    * 66 Graisses qui circulent dans le sang sous la forme de particules.

    * 67 SUBN6 : 047

    * 68 JSBiM1 : 338

    * 69 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin, p43.

    * 70 Ibid. p24.

    * 71 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse..

    * 72 KOCOUREK, Rostislav (1991) (1ère éd. 1982) : « La langue française de la technique et de la science », Wiesbaden, Oscar Brandstetter Verlag.

    * 73 RONDEAU, Guy (1991) : « Introduction a la terminologie », Québec, Gaétan Morin, p24.

    * 74 http://www.granddictionnaire.com

    * 75 KOCOUREK, Rostislav (1991) (1ère éd. 1982) : « La langue française de la technique et de la science », Wiesbaden, Oscar Brandstetter Verlag.

    * 76 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I.

    * 77 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I

    * 78 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I

    * 79 THOIRON, Philippe (1994) : « La terminologie multilingue : une aide a la maîtrise des concepts », Meta, Montréal, Presses de l'université de Montréal, vol. 39, n'4, p767.

    * 80 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2.Chap.I

    * 81 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. p525.

    * 82 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. p525p.

    * 83 Ibid. pp 552-562

    * 84 La démarche suivie dans ce travail se coïncide avec le plan de classement (SDN, SDC, moyens de tropes et moyen de l'emprunt), ce plan qui a été adopté par M/ Lelubre en 2003-2004. Notons que cette démarche a été soumise à une modification de classement en 2005 pour donner (SDN, SDC et Emprunt).

    * 85 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, pp 18-19.

    * 86 Ibid. pp. 16-17..

    * 87 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p 14.

    * 88 Ibid. p14.

    * 89 Unité terminologique simple.

    * 90 Unité terminologique complexe.

    * 91 Dans le langage courant, un mot est une suite de caractères graphiques ou de sons formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur (blanc typographique à l'écrit, pause à l'oral).

    * 92 ROMAN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. p 7.

    * 93 Ibid. pp 80-85.

    * 94 Réaction chimique caractérisée par la fixation d'oxygène sur une molécule biologique.

    * 95 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. pp 33-34.

    * 96 Nom générique des esters d'acides gras rencontrés dans les tissus vivants, de poids moléculaire élevé, et qui sont caractérisés par leur insolubilité dans l'eau et leur solubilité dans les solvants organiques (chloroforme, éther, alcool, etc.).

    * 97 Se dit de toute substance pouvant libérer des protons ou ions H+.

    * 98 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. p 39.

    * 99 Ibid. p 39.

    * 100 JSCM2 : 198

    * 101 JSBiM1 : 216

    * 102 JSCM4 : 430

    * 103 SUBN6 : 047

    * 104 SUBN6:023

    * 105 Procédé chimique par lequel un acide se combine avec un alcool pour former un ester.
    Réaction par laquelle un alcool réagit avec un acide pour donner un ester.

    * 106 JSCM3 : 235

    * 107 JUBH5 : 032

    * 108 SUBN6 : 023

    * 109 Nomen loci vel temporis selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism al-makan wa z-zaman/ scion la Tradition.

    * 110 Nomen instruments selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism al-?ala/ scion la Tradition.

    * 111 SUBN6 : 141

    * 112 SUBN6 : 128

    * 113 JSCM3 : 254

    * 114 Liquide formé par la dissolution d'une substance solide (p. ex. médicament) dans un solvant.

    * 115 Qualifie une solution ou une pulpe qui contient une forte proportion de produits dissous ou de solides en suspension.

    * 116 Sel dérivant de l'acide lactique.

    * 117 Nomen agentis selon la terminologie d'André ROMAN et /?ism mubalaga/ selon la Tradition

    * 118 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. p 189.

    * 119 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 120 Ensemble des réactions biochimiques catalysées par des enzymes appropriées et aboutissant à des synthèses (anabolisme) ou à des dégradations (catabolisme) de molécules biologiques.

    * 121 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 122 Ibid.

    * 123 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 124 Ibid.

    * 125 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

    * 126 JSBiM1: 220

    * 127 Réactions déclenchées sans la lumière solaire.

    * 128 Terme désignant les diverses formes d'une même enzyme, différenciées par leur structure moléculaire.

    * 129 Hormones se produisent de petites glandes endocrines au nombre de quatre, deux supérieures et deux inférieures, situées habituellement derrière le lobe latéral du corps thyroïde.

    * 130 JUBH5 : 155

    * 131 JSCM3 : 243

    * 132 Oxyde d'éthyle volatil et très inflammable.

    * 133 JSCM4 : 424

    * 134 JUBH5 : 061

    * 135 Ce qui signifie le non existence d'un équivalent singulier, malgré la possibilité de dériver un singulier sur le schème de déminutif /fu'ayl/ pour donner /suhaym/.

    * 136 SUBN6 : 052

    * 137 JSCM3 : 167

    * 138 JSCM3 : 164

    * 139 Processus des modifications chimiques continues qui ont lieu dans l'organisme vivant.

    * 140 SUBN6 : 178

    * 141 Ce terme est cité dans deux formes différentes /halma?a/ et /halmaha/, le /ha/ a remplacé le /?a/ pour la légèreté de prononciation.

    * 142 JUBH5 : 032

    * 143 Composé chimique résultant de l'action d'un acide carboxylique sur un alcool ou un phénol, avec élimination d'eau.

    * 144 SUBN6 : 084

    * 145 JUBH5 : 113

    * 146 JUBH5:111

    * 147 Réaction entre un alcène et un hydrocarbure à chaîne ramifiée.

    * 148 JSCM3 : 248

    * 149 JUBH5 : 031

    * 150 Nous avons trouvé deux autres synonymes pour ce terme en arabe : /mâ?ât al-karbûn / et /mâ?iyyât al-fahm/.

    * 151 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, p257. Et ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p179.

    * 152 ROMAIN André, (1990) : « La Grammaire de 1'arabe », coll. " Que Sais-je ?/' n°1275, P.U.F., Paris, 1990. pp 86-87.

    * 153 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p 154-155.

    * 154 Hydrocarbonés amenés à la capacité de saturation; se dit du complexe d'absorption saturé d'un cation donné.

    * 155 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires et cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

    * 156 Ibid.

    * 157 Qualifie une molécule dont la structure comporte une chaîne fermée.

    * 158 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

    * 159 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

    * 160 Du grec metaphora, la métaphore est une figure de rhétorique. La métaphore est une figure de style implicite. C'est une comparaison sans outil de comparaison. Elle associe deux sèmes afin de créer une certaine image, une correspondance inédite impossible dans la realité. Ainsi, la métaphore remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B.

    * 161 Petit Robert 1192.

    * 162 DU MARSAIS, César (1977) (1ere éd. 1730) : « Traite des tropes », Paris, Le Nouveau Commerce, 322p.

    * 163 http://onsager.bd.psu.edu/~jircitano/lewis.html

    * 164 JSBiM1: 334

    * 165 La métonymie (du grec metônumia, « changement de nom ») est une figure de rhétorique par laquelle un concept est dénommé à partir d'un mot désignant un autre concept. Il existe donc une relation obligée comme, par exemple, la cause pour l'effet, la partie pour le tout, ou le contenant pour le contenu.

    * 166 DU MARSAIS, César (1977) (1ere éd. 1730) : « Traite des tropes », Paris, Le Nouveau Commerce, p155.

    * 167 FONTANIER, Pierre (1977) (1ère éd. 1830) : « Les figures du discours », Paris, Flammarion, p 99.

    * 168 LE GUERN, Michel (1973) : « Sémantique de la métaphore et de la métonymie », Paris, Larousse, p 15.

    * 169 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p190.

    * 170 Ibid p 187.

    * 171 JSBiM1: 212

    * 172 JSBiM1: 212

    * 173 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3

    * 174 Réactions déclenchées par la lumière solaire.

    * 175 /al ?istinbât/ dans la tradition arabe.

    * 176 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse. P 89.

    * 177 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2. pp 290-291.

    * 178 KOCOUREK, Rostislav (1991) (1ère éd. 1982) : « La langue française de la technique et de la science », Wiesbaden, Oscar Brandstetter Verlag, p 153.

    * 179 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, p 280.

    * 180 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique », Paris, Les belles Lettres, in TOURATIER, Christian, Les problèmes de l'emprunt, Cercle Linguistique d'Aix-En-Provence, Travaux 12, 1994, p. 11.

    * 181 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 182 Rejet par la cellule d'une particule étrangère

    * 183 Molécule non protéinique qui dépend d'enzymes protéiniques principales; est indispensable à leur bon fonctionnement.

    * 184 Mode de passage transmembranaire d'une substance dans lequel cette dernière se combine temporairement à un transporteur et qui, s'effectuant dans le sens d'un gradient de concentration, ne consomme pas d'énergie.

    * 185 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse. P 91.

    * 186 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique ». Paris : Les Belles Lettres. Edition revue et augmentée, 1980.

    * 187 Du plus profond du coeur et de la poitrine.

    * 188 L'art est long, la vie est courte.

    * 189 L'abus n'exclut pas l'usage.

    * 190 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique ». Paris : Les Belles Lettres. Edition revue et augmentée, 1980. p 224.

    * 191 HUMBLEY, John (1974) : « Vers une typologie de 1'emprunt linguistique », Cahiers de lexicologie, Paris, Didier/Larousse, vol. 2, no 25, p65.

    * 192 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique ». Paris : Les Belles Lettres. Edition revue et augmentée, 1980. p 224.

    * 193 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse. P 45.

    * 194 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse p 91.

    * 195 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique ». Paris : Les Belles Lettres. Edition revue et augmentée, 1980. p 137.

    * 196 Ibid. pp 171-172.

    * 197 GUILBERT, Louis (1975) : « La créativité lexicale ». Paris : Larousse. P 137.

    * 198 Voir « The Analysis of Linguistic Borrowing. Language» de Haugen, Vol. 26, n° 2.210-231.

    * 199 HUMBLEY, John (1974) : « Vers une typologie de 1'emprunt linguistique », Cahiers de lexicologie, Paris, Didier/Larousse, vol. 2, no 25, p52.

    * 200 DEROY, Louis (1956) : « L'emprunt linguistique ». Paris : Les Belles Lettres. Edition revue et augmentée, 1980. p 215.

    * 201 SAUSSURE, Ferdinand (de) (1976) : « Cours de linguistique générale ». Paris : Payot. P 104.

    * 202 Dubois, Jean (1963). « L'emprunt en français. L'information littéraire ». Vol. 15, n° 1. p 12.

    * 203 Dubois, Jean (1963). « L'emprunt en français. L'information littéraire ». Vol. 15, n° 1. p 11.

    * 204 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 205 Substance de réserve glucidique découverte par Claude Bernard dans le foie.

    * 206 Pentose entrant dans la constitution des nucléotides et des acides ribonucléiques. Son dérivé, le 2-désoxyribose entre dans la constitution des désoxyribonucléotides et de l'acide désoxyribonucléique.

    * 207 LELUBRE, Xavier (1992) : « La terminologie arabe contemporaine de l'optique : faits - théories - évaluation », thèse de doctorat, université Lumière-Lyon 2, p 297.

    * 208 Toute substance capable de déclencher une réponse immunitaire, que cette dernière soit à médiation humorale (anticorps) ou à médiation cellulaire (lymphocytes T).

    * 209 Hormone produite par les îlots de Langerhans du pancréas.

    * 210 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 211 Unité de mesure de longueur correspondant à un dix-milliardième de mètre ou un dix-millième de micromètre, c'est-à-dire 10-10 mètre.

    * 212 Suite de réactions métaboliques qui réalise l'oxydation complète du radical acétyle de l'acétyl-coenzyme A, chez tous les organismes vivants. L'organisme dispose là de sa principale source énergétique.

    * 213 Règle de Markovnikoff.

    * 214 KOCOUREK, Rostislav (1991) (1ère éd. 1982) : « La langue française de la technique et de la science », Wiesbaden, Oscar Brandstetter Verlag, p 162.

    * 215 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 216 LELUBRE, Xavier (2003-2004) : « Introduction à la terminologie arabe », séminaires & cours de DEA Lexicologie et Terminologie Multilingues ; Traduction, université Lumière Lyon 2. chap 3.

    * 217 NAKOS, Dorothy (1990) : « Sigles et noms propre », Meta, Presses de l'université de Montréal, vol. 35, no 2, pp. 407-408.

    * 218 CALVET, Louis-Jean (1980) : « Les sigles », Paris, PUF, coll. Que sais je?, P16.

    * 219 Ibid. p 29.

    * 220 ROMAN, André (1999) : « La création lexicale en arabe », Lyon, PUL, p 147.

    * 221 Macromolécule formée par la polymérisation de nombreux nucléotides dont le sucre est le ribose, présente dans le cytoplasme, les mitochondries ainsi que dans le noyau cellulaire et servant d'intermédiaire dans la synthèse des protéines.

    * 222 Macromolécule de poids moléculaire élevé, formée de polymères de nucléotides dont le sucre est le 2-désoxyribose, qui se présente sous forme d'une double chaîne hélicoïdale dont les deux brins sont complémentaires, et qui constitue le génome de la plupart des organismes vivants.

    * 223 Nucléoside polyphosphaté possédant un important potentiel de transfert, en particulier vis-à-vis des phosphates, Adénine-Ribose-P-P-P.

    * 224 Méthode utilisée pour l'analyse et la séparation d'un mélange de protéines immobilisées sur un support de gel de polyacrylamide, et qui est basée sur la vitesse relative de migration.

    * 225 CHUKWU, Uzoma (1993) : « La terminologie informatique : a la recherche de clés d'accès », in ARNAUD, Pierre L.J et Philippe THOIRON, dir. Aspects du vocabulaire, Lyon, PUL, p 26..

    * 226 http://www.granddictionnaire.com

    * 227 Ibid.

    * 228 - UMD.

    * 229 http://www.granddictionnaire.com

    * 230 http://fr.wikipedia.org/wiki/Traduction

    * 231 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2, l'Université de Montréal, Canada

    * 232SCHUMACHER, Nestor (1973) : « Analyse du processus de traduction : conséquences méthodologiques », Meta, 18 (3), p. 310.

    * 233 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2, l'Université de Montréal, Canada

    * 234 L'anatomie est une science descriptive étudiant la structure, la topographie, et la rapport des organes entre eux.

    * 235 La physiologie (du grec öýóç, phusè, la nature, et ëüãïò, logos, l'étude, la science) étudie le fonctionnement mécanique, physique et biochimique des organismes vivants, animaux ou végétaux, de leurs organes et de leurs organisations, de leurs structures et de leurs tissus.

    * 236 La pharmacologie est la science qui étudie les molécules capables de produire un effet sur les organismes vivants.

    * 237 Un rétrovirus est un virus qui contient des brins d'ARN. Pour infecter une cellule, le rétrovirus doit transcrire son ARN en ADN, à l'aide de protéines spécifiques, ce processus est appelé rétrotranscription. Ensuite, cette copie ADN de l'ARN viral est intégrée dans l'ADN de la cellule cible.

    * 238 Terme employé par Ammal Jammal.

    * 239 Tout événement antérieur à une maladie, qui concerne l'état de santé du sujet examiné

    * 240 Tout événement antérieur qui concerne l'état de santé de la famille du sujet examiné

    * 241 Observations concernant l'évolution de la maladie, le résultat des épreuves biologiques et radiographiques, etc.

    * 242 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

    * 243 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada

    * 244 Terme employé par Amal Jammal.

    * 245 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

    * 246 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

    * 247 Terme employé par Amal Jammal.

    * 248 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

    * 249 VAN HOOF, Henri (1970) : « La traduction médico-pharmaceutique », Meta, 15 (2), p. 99-100

    * 250 JAMMAL, Amal (1999) : « une méthodologie de la traduction médicale », Meta, XLIV, 2., l'Université de Montréal, Canada.

    * 251 Une variété d'urticaire caractérisée par la formation brusque d'infiltrations oedémateuses sous-cutanées.

    * 252 UMD "unified medical dictionary", Dr M.H. Khayat.

    * 253 Des termes arabes tirés de "UMD : unified medical dictionary", Dr M.H. Khayat.






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