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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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C. L'hyperfiction dans la littérature internétaise française d'aujourd'hui : esquisse de typologie

L'hyperfiction malgré les définitions théoriques est un genre qui emprunte aux autres genres littéraires sur Internet les modalités de son discours et/ou les modalités de structures. Nous l'avons déjà vu l'hypertexte est à la fois un concept qui fait appel au science cognitive, un outil informatique pour la lecture-écriture, et un support technologique. Ces trois sens de l'hypertexte sont en étroite corrélation, ainsi pour comprendre comment elle fonctionne il est manifeste qu'une typologie s'impose, afin d'essayer de définir l'hyperfiction comme un rhizome. Les oeuvres du corpus emprunte essentiellement à quatre types d'hypertextes et de la littérature informatique : à première vue l'hyperfiction se définit en opposition ou en complémentarité avec l'hypertexte littéraire, à seconde vue elle s'apparente aussi à la littérature informatique et au générateur de texte, avec du recul elle peut aussi être mise en relation avec le récit dit « interactif », et une de ses variantes qui est l'écriture dite participative, et en définitive elle emprunte également à la littérature éditée en épisode. Cette typologie tentera en conclusion d'établir des constantes et variables de l'hyperfiction.

Il est à noter qu'il existe d'autres hypertextes, notamment l'hypertexte dit « documentaire », et l'hypertexte « pédagogique » mis en évidence notamment par Hélène Godinet Hustache107(*), mais il ne seront pas pris en compte : l'hypertexte dit « documentaire » est généralement présenté en opposition à la fiction, et l'hypertexte éducatif se définit dans une approche didactique, qui est celle de l'écriture d'oeuvres. De plus, les oeuvres du corpus se définissent et nous le verrons dans cette partie essentiellement dans la lecture plaisir, sans application pédagogique, dans la mesure où elles s'adressent à des adultes. L'hyperfiction se situe, malgré ses origines révolutionnaires et utopistes, à la fois en complémentarité et en opposition avec le livre. Dans cette partie seront prises en compte, les stratégies éditoriales et humaines, comme l'auto-médiation, le choix du collectif et/ou de l'individuel. La relation auteur-lecteur participe à la représentation communément admise qu'Internet est un médium ouvert, hétérogène, « interactif ». Il existe suivant les genres, les auteurs des degrés d'interactivité, et d'interaction.

1. l'hypertexte littéraire, l'hyperlivre et les bases de données

a) hypertexte narratif vs hypertexte littéraire

Hélène Godinet Hustache dans, Lire-écrire des hypertextes108(*) distingue l'hypertexte narratif et l'hypertexte littéraire. L'hypertexte narratif correspondrait à l'hyperfiction, alors que l'hypertexte littéraire est considéré comme l'informatisation d'un livre, les liens hypertextes correspondent à l'organisation de celui-ci en chapitre, sous-parties...L'hypertexte littéraire est connu aussi sous le nom d'hyperlivre, dont la définition nous est donnée par Gabriel Otman :

« l'objet de l'hyperlivre est d'offrir à son lecteur un mode de circulation non linéaire de lui permettre de retrouver des citations, de suivre les pérégrinations d'un mot dans ses différentes occurrences ou d'étudier un thème en réalisant des regoupements. On comprendra qui les hyperlivres concernent prioritairement les oeuvres classiques de notre patrimoine littéraire. L'hyperlivre n'est donc qu'un livre électronique construit autour de nombreux liens hypertextuels. » 109(*)

Au regard de cette définition l'hyperlivre pourrait s'apparenter à FRANTEXT, la base de données de l'INaLF, dans la mesure où elle est présentée ainsi, et qu'elle peut se définir comme un vaste corpus, à dominante littéraire, constitué de textes français qui s'échelonnent du XVIe au XXe siècle. Sur l'intégralité du corpus, il est possible d'effectuer des recherches simples ou complexes. Sur un sous-ensemble comportant des oeuvres en prose des XIXe et XXe siècles, les recherches peuvent en outre répondre à des critères syntaxiques (base catégorisée). De plus sur le « web » ont été publiées des oeuvres dont les liens renvoient à un lexique, comme par exemple une Araignée dans la toile110(*), les « hypermots » correspondent généralement au vocabulaire de l'informatique et de la cyberculture, dont la définition est donnée dans le glossaire. Dans les formats numériques proposés par les différentes maisons d'éditions, il est possible de rencontrer des liens, qui renvoient directement vers un glossaire.

L'hypertexte littéraire se définit comme la simulation de gloses, c'est-à-dire la possibilité offerte aux lecteurs grâce notamment au traitement de texte, d'insérer des notes, des commentaires...L'hyperlivre s'apparente au premier niveau d'interactivité que nous avons mis en évidence dans le chapitre Du lecteur consulteur au lecteur interactif. De plus sont classés sous cette catégorie les projets tels que Xanadu, NLS Augment, et Intermedia, ou encore Fress, dans la mesure où ils sont caractérisés essentiellement par leur facilité d'annotation et par la prédominance de liens organisationnels qui mettent en évidence la structure interne des noeuds.

Intermedia111(*) est un logiciel développé par l'Université de Brown, vers 1986, où l'auteur rédige différents textes ou figures précédés de mots charnières (les liens). Les textes sont ensuite réunit par les liens auxquels les mots clefs sont rattachés. Fress112(*) s'inscrit également dans le projet de l'Université de Brown : il est une base de donnée littéraire où le lecteur peut passer en revue des passages selon un système de filtre : intérêt, pérégrination d'un mot...L'usager peut modifier la structure du document, il peut ajouter des notes, effacer ses recherches et éditer sa recherche selon un mot-clef. Plus récemment des bases de données littéraires, comme Gallica113(*), offrent des textes en mode image ou en mode texte accessibles directement en ligne. Le mode image permet justement une consultation du livre organisée en fonction des numéros de pages.

* 107 Hélène Godinet-Hustache, Lire-écrire des hypertextes, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, coll. « Thèse à la carte », 1998.

* 108 Ibid. p 166-211

* 109 Gabriel Otman, Les mots de la cyberculture, Paris, Belin, coll. « le français retrouvé », 1998, p 157

* 110 Aline (page personnelle) (date : le 30 octobre 2000) Une araignée dans la toile, [en ligne]. http://perso.wanadoo.fr/aline.elorn/page1.htm

* 111 Jacques Savoy, le livre électronique, EBOOK3, Berne-Paris, P. Lang éditeur, « Publication universitaires européennes » 1987. pp 85-93

* 112 ibid. p 87

* 113 http://.gallica.bnf.fr

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