WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les enjeux environnementaux, économiques, sociaux et politiques de l'accès à l'eau dans l'agglomération de Lima et plus spécialement dans les quartiers dits « asentamientos humanos », quel avenir pour une ville assoifée ?

( Télécharger le fichier original )
par Claire Gaillardou
UFR de Géographie Bordeaux III - DEA de géographie, mention développement, sociétés et cultures 2007
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION GENERALE

La problématique de l'eau dans les pays en développement est aujourd'hui celle des échecs des politiques et du manque de concertation entre secteur privé, secteurs public et population, à la recherche d'un projet commun.

Nous avons ici essayé de faire un état des lieux de la situation actuelle de l'accès à l'eau à Lima, afin de comprendre quels étaient les facteurs qui étaient responsables aujourd'hui d'une distribution inégalitaire des ressources et quelles étaient les solutions envisagés pour contribuer à un accès à « l'or bleu » pour tous.

A Lima, nous avons pu analyser que les bases du problème hydrique résultaient d'un contexte d'aridité, doublé d'un accroissement démesuré de la population ne permettant pas d'assurer dans les conditions actuelles un accès à l'eau potable pour tous. De plus cette situation qu'on pourrait qualifier de « stress hydrique », doublée du poids démographique et des conséquences sanitaires qui entourent les « asentamientos humanos », pèse sur l'environnement de la capitale, mettant en danger de contamination les ressources existantes.

Il est donc urgent de trouver des solutions permettant un accès à l'eau inscrit dans un processus de développement durable.

A partir de cette situation intervient l'Etat, au travers de l'entreprise d'eau de la métropole, la SEDAPAL, qui malgré des projets d'approvisionnement existants, ne peut les réaliser, par faute d'une réelle possibilité et volonté d'investissement budgétaire dans ce domaine.

La dette nationale du Pérou est importante et sa côte de crédit est faible dans le système financier international. Le niveau d'investissements requis pour exploiter de nouvelles sources d'eau n'est sans doute pas réalisable dans un avenir prévisible. Par conséquent, la solution immédiate au problème doit comporter une meilleure gestion et la protection des bassins du Rímac et du Chillón ainsi que de l'aquifère de Lima, la réutilisation des eaux usées (du moins aux fins de l'irrigation et de l'industrie) et un effort de rénovation du réseau de distribution pour limiter les pertes d'eau.

A travers l'étude de différents projets alternatifs, nous avons pu constater qu'il suffit parfois d'installations simples et peu couteuses pour utiliser dans de bonnes conditions toute l'eau potentiellement disponible. Mais on peut également, en certains cas, être amené à envisager la réalisation d'ouvrages plus importants, plus complexes et plus chers, tels que les projets de détournement de lagunes andine envisagés par la SEDAPAL, que nous avons pu détailler dans notre deuxième partie.

S'il est établi, en effet, que, dès les civilisations les plus anciennes, l'homme s'est efforcé de mettre en valeur les ressources hydrauliques qu'il trouvait sur son territoire, ces travaux répondaient généralement à un besoin immédiat unique, les autres utilisations n'intervenant qu'accessoirement. C'est seulement au cours de ces dernières décennies qu'est apparue la notion du « développement intégré des grands bassins fluviaux », c'est-à-dire selon Louis SERRA1, de l'utilisation méthodique des ressources hydriques à des fins multiples en vue de la satisfaction et de l'intérêt du plus grand nombre.

Cette vision est cruciale. C'est par le développement simultané de tous les enjeux et les acteurs du problème, orchestrés dans un plan d'ensemble, qu'on en obtiendra le rendement maximal.

La solution définitive consisterait à réévaluer le potentiel environnemental de croissance de la ville de Lima en l'intégrant dans une politique nationale démographique et économique.

Le milieu ambiant est fragile et il y a une limite au degré d'urbanisation qui serait supportable. Il y a déjà longtemps que cette limite a été dépassée. La plaine côtière ne peut pas supporter une population de 8 millions d'habitants (encore moins une population de 10 millions comme l'indiquent les projections pour la prochaine décennie) sans subir des effets préjudiciables irréversibles. Cependant, aujourd'hui il est plus raisonnable de se baser sur une trame de projets de développement des

1 Page 364 de l' Encyclopaedia Universalis (139 auteurs, dont BARBAULT, Robert, BLANDIN, Patrick, CHABOT, Bernard, DAUTRAY, Robert, DELEAGE, Jean-Paul, DORST, Jean, DUPLESSY, Jean-Claude, EWALD, François, JUBERTHIE, Christian, KHAN, Axel, KANDEL, Robert, LAUBIER, Lucien, PERES, Jean-Marie, RAFFIN, Jean-Pierre), 2001, Dictionnaire de l'écologie, Paris : Albin Michel, 1399 pages.

infrastructures au niveau local pour faire face à l'urgence sans aggraver les processus actuels de dégradation de la qualité de l'eau.

. Pour résoudre le problème de l'accès à l'eau à l'échelle locale, les acteurs que nous avons côtoyé au cours de ce travail de recherche, se fondent sur un maillage participatif, et gèrent les projets de la conception à la maintenance. Ainsi, totalement ancré dans un processus de démocratie participative, ces projets sont soutenables et valides dans des échelles de temps très longues, en accord avec les caractéristiques sociaux-économiques de ces populations.

A plus petite échelle, sur le plan national, il existe également des plan de développement qui pourrait être appliques, à l'image de la révolution hydraulique espagnole, en faisant de l'accès à l'eau une politique nationale et en investissant le budget de l'Etat vers cette voie.

Il n'y a pas une, mais des réponses au problème de l'accès à l'eau à Lima. L'approche systémique que nous avons retenu dans ce travail de recherche est la seule qui tienne la route tant le sujet est complexe. Comme le souligne pertinemment Michel CAMDESSUS1, « L'eau est au coeur de notre système Terre. Si l'eau va mal, la Terre va mal et la Terre c'est nous. C'est donc sur tous ces fronts macro ou microéconomiques, locaux ou universels qu'il nous faut agir, la où nous somme les mieux placés pour provoquer un changement, aussi minime soit-il. ».

Grace à cette analyse de projets à plusieurs échelles spatiales et directives, il s'avère évident que les efforts futurs ne doivent négliger aucune piste, en allant vers une concertation et une coopération des politiques privées et publiques existantes.

On estime qu'il faut disposer de 36 milliards de dollars pour procurer de l'eau potable et un assainissement adéquat à toute l'humanité, soit 4% des dépenses militaires et d'armes dans le monde. Fournir l'eau à l'humanité dépend donc en réalité des priorités que les hommes s'assignent, car « ce que nous faisons de notre eau reflète au final nos valeurs les plus profondes »2. A nous de prendre aujourd'hui les meilleurs choix de développement.

1 CAMDESSUS, Michel, BADRE, Bertrand, CHERET, Ivan, TENIERE-BUCHOT, Pierre-Frédéric, 2004, Eau, Paris : Editions Robert Laffont, 289 pages.

2 BOUGUERRA, Mohamed Larbi, 2003, Les batailles de l'eau, Pour un bien commun de l'humanité, Paris : Editions Charles Léopold Mayer et Les Editions de l'Atelier, collection Enjeux Planète, 239 pages.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo