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Le conflit au Cachemire

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par Antoine Sauvagnargues
ILERI - Master 2008
  

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Antoine Sauvagnargues

ILERI 3

2006-2007

Géopolitique des menaces transnationaleS

Mini-mémoire

Le conflit au Cachemire

SOMMAIRE

INTRODUCTION

I / Aspects généraux et historiques

A) Données essentielles

B) Bref aperçu historique

C) La présence britannique

II / L'Inde et le Pakistan : les « frères ennemis »

A) Les guerres indo-pakistanaises

B) La menace nucléaire

1 - Le nucléaire indien

2 - Le nucléaire pakistanais

3 - Le Cachemire et le problème du nucléaire

III / Implications internationales du conflit au Cachemire

A) La Chine et l'Aksai Chin

B) Le Cachemire dans le monde après le 11 septembre 2001

CONCLUSION

ANNEXES

BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION

Le monde globalisé du 21ème siècle est de plus en plus en proie à des conflits locaux, régionaux, ancrés dans l'histoire et qui, avec le temps, tendent à se propager à un plus grand nombre d'intervenants, à s'internationaliser. Parmi ces conflits historiques, on retrouve la question du Cachemire, lourd héritage de la présence britannique dans le sous-continent indien.

D'un côté, l'Inde, principale héritière de l'ancien Raj britannique, qui met en avant son caractère laïque, le fonctionnement démocratique ininterrompu de ses institutions et l'existence d'une importante communauté musulmane sur son sol, qui représente environ 120 millions de personnes. De l'autre côté, le Pakistan, qui a échoué à rassembler les musulmans du sous-continent et a connu plusieurs dictatures militaires.

La question du Cachemire constitue la principale pomme de discorde entre les deux États et a jusqu'à présent structuré leurs diplomaties respectives. Aux trois quarts peuplé de musulmans, ce territoire est tout à la fois revendiqué par l'Inde et par le Pakistan. Coupé en deux par une "Ligne de contrôle" depuis 1949, le Cachemire constitue donc un enjeu territorial renvoyant à la nature de l'identité nationale des deux États. Il a conduit ceux-ci à s'affronter à de nombreuses reprises et entretient une tension larvée.

La possession, avérée depuis 1998, de l'arme nucléaire par chacun des deux rivaux est susceptible, en cas de nouvelle tension, d'aboutir à une crise majeure. De plus, dans chacun de ces deux pays, les radicalismes nationalistes et religieux s'affirment. Cette situation est d'autant plus grave que l'on assiste à une montée en puissance d'un terrorisme islamiste présent aux frontières indiennes et pakistanaises, surtout depuis qu'il a été chassé fin 2001 de l'Afghanistan voisin.

En 2002, les deux États paraissaient être sur le point de connaître un nouvel affrontement majeur. L'intervention de la communauté internationale, emmenée par les États-Unis, a permis de surmonter cette crise. Le 25 novembre 2003, sur une proposition du Pakistan, les deux États ont proclamé un cessez-le-feu de part et d'autre de la Ligne de contrôle. En janvier 2004, Delhi et Islamabad ont entamé un "dialogue global" incluant le problème du Cachemire. Peut-être le premier pas sur le long chemin de la résolution pacifique des différends opposant les deux États.

Ainsi, la question du Cachemire demeure en suspend depuis déjà 60 ans et paraît en voie de résolution. Cependant, comment et en quoi cet affrontement, d'abord frontalier et régional, peut-il représenter une menace croissante pour la stabilité de l'ordre international ?

C'est donc en se penchant sur les données essentielles et une vision globale de l'histoire de la région qu'il apparaît ensuite possible de cerner ce conflit qui a opposé les « frères ennemis » indiens et pakistanais à de maintes reprises et qui crée une tension constante et supplémentaire de par la possession de l'arme nucléaire dans les arsenaux de part et d'autre de la frontière. Cette dernière composante est alors le facteur qui nous permet de voir enfin en quoi la donne a changé depuis 1998 et les essais nucléaires en Inde et au Pakistan et surtout ce qui a été bouleversé par les attentats du 11 septembre 2001 et les implications alors internationales du conflit au Cachemire.

I / Aspects généraux et historiques

A) Données essentielles :

L'Inde1(*) compte plus d'1 095 000 000 d'habitants, ce qui fait d'elle le deuxième pays le plus peuplé au monde. Toutefois, ayant presque maîtrisé sa politique démographique, elle connaît une augmentation rapide de sa population. Celle-ci augmente d'environ 19 millions d'individus par an. Les prévisions font de l'Inde le pays le plus peuplé du monde d'ici 2035. Cela est du à sa nature démocratique qui axe sa politique démographique vers une responsabilisation individuelle plutôt que sur une politique contraignante, à l'inverse de la Chine qui force sa population à appliquer la politique de l'enfant unique.

L'Inde a un littoral qui s'étend sur plus de sept mille kilomètres. Elle partage ses frontières avec le Pakistan à l'ouest, la République populaire de Chine, le Népal, et le Bhoutan au nord-est, le Bangladesh et le Myanmar à l'est. Sur l'océan Indien, elle est à proximité des îles de la République des Maldives au sud-ouest, du Sri Lanka au sud, et de l'Indonésie au sud-est. L'Inde réclame également une frontière avec l'Afghanistan au nord-ouest.

Elle est également le foyer de civilisations parmi les plus anciennes, et un carrefour historique important des grandes routes commerciales. Parmi la vingtaine de religions, ce sont les hindouistes qui, de loin, sont les plus nombreux (82 %) devant les musulmans (12 % dont la plupart résident dans le Nord-Ouest, comme au Jammu-et-Cachemire), les chrétiens (3 %, surtout au sud), les bouddhistes (1 %), les sikhs (essentiellement au Punjab), les jaïns (beaucoup au Gujarat), les parsis (à Bombay) et les juifs

L'Inde est une fédération d'États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. Il y a vingt-huit États, six territoires, et le territoire de la capitale New Delhi. Sa superficie est de 3 287 590 km².

B) Bref aperçu historique :

L'Inde a toujours réussi à résister aux invasions, famines, persécutions religieuses ou soulèvements politiques. Aujourd'hui, malgré les difficultés de composer avec de nombreuses ethnies et langues différentes et avec la diversité géographique du pays, l'Inde tente avec un certain succès de demeurer une démocratie. 

Le pays a subi au cours des siècles de nombreuses invasions de la part de marchands, mais aussi de peuples puissants venus du monde entier, qui y ont laissé leurs traces. Ce sont les Aryens indo-européens dès 2000 avant notre ère, les Grecs avec Alexandre le Grand en 326 avant notre ère, les Moghols au 16ème siècle, les Britanniques aux 18ème et 19ème siècles, sans oublier, selon les époques, les Bactriens, les Scythes, les Parthes, les Koushites, les Huns, les Avars, les Turcs, les Afghans, les Portugais, les Hollandais et les Français.

La première civilisation importante se constitua aux environs de 2500 avant notre ère le long de la vallée de l'Indus (actuellement le Pakistan); cette civilisation subit les invasions des Indo-Aryens, lesquels implantèrent l'hindouisme, ainsi que leur culture et les structures sociales (dont les castes) encore en vigueur aujourd'hui.

Au cours des siècles suivants, soit de 1500 à 200 avant notre ère, les Indo-Aryens prirent le contrôle de tout le nord de l'Inde en expulsant les Dravidiens plus au sud du sous-continent. On en constate encore aujourd'hui les conséquences linguistiques de cette répartition territoriale: les langues indo-iraniennes au nord, dravidiennes au sud. C'est durant cette période que les Vedas (écritures sacrées hindoues) furent écrites et que le système de castes fut définitivement établi.

En 326, Alexandre le Grand établit des colonies grecques à l'ouest du pays, mais il ne resta pas longtemps. La dynastie Maurya prend alors le pouvoir en 321 et devint l'un des empires les plus puissants et les plus étendus. Son apogée sera atteinte par le règne d'Asoka sur tout le pays (273-236) et empire s'écroulera en 184. Par la suite, il s'ensuivit une période de créations multiples d'empires jusqu'en 319 de notre ère, date de la fondation de l'empire Gupta, qui dura jusqu'en 606, alors que le nord de l'Inde se fragmenta en plusieurs royaumes hindous séparés. Celui-ci se réunifia à l'arrivée des musulmans au 9ème siècle.

Puis, du 16ème siècle au 18ème siècle, l'Inde fut essentiellement constituée de trois empires. L'empire Moghol, un empire musulman, contrôla une bonne partie de l'Inde. Il perdit progressivement le pouvoir contre les britanniques jusqu'à sa chute en 1757, lors de la bataille de Plassey. Celui des Rajputs correspondait à une caste de guerriers hindous, qui régna durant la période musulmane surtout sur le Rajasthan. Enfin, les Marathes constituèrent un empire au nord et au centre de l'Inde, lequel exista de 1646 à la fin du 18ème siècle.

Dès 1600, les britanniques exercèrent leur pouvoir par la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, qui établit plusieurs comptoirs commerciaux et exerça, pendant 250 ans, le contrôle en Inde pour le compte du gouvernement britannique. D'autres comptoirs commerciaux furent implantés par les danois et les hollandais et, en 1672, les français s'établirent à Pondichéry. Les rivalités franco-britanniques s'accentuèrent autour du contrôle du commerce indien, mais les Français furent exclus de l'Inde en 1763 par le traité de Paris.

C) La présence britannique :

Les britanniques considérèrent le pays comme une zone de prospérité financière et ils ne touchèrent ni à la culture, ni aux croyances, ni aux religions du sous-continent. Sous la couronne britannique, l'Inde resta un ensemble d'Etats hétéroclites, dirigés par des maharajahs et des nawabs, dont plusieurs restèrent relativement indépendants. Par leur intérêt pour le commerce, les britanniques exploitèrent les mines de charbon et de fer, développèrent la production de thé, de café et de coton, améliorèrent l'agriculture en élaborant des systèmes d'irrigation modernes et construisirent un vaste réseau de chemins de fer. Ils apportèrent également une forte structure gouvernementale et législative qui se révèlera très utile lors de l'indépendance, allant jusqu'à instaurer la langue anglaise comme langue administrative.

A la fin du 19ème siècle, les britanniques commencèrent à préparer l'indépendance future de l'Inde en déléguant le pouvoir aux indiens mais tout en gardant le contrôle. A partir de 1882, ils établir la Self Government Act (loi sur l'autonomie locale), système politique fondé sur des élections qui s'étendra aux provinces au début du 20ème siècle. En 1885, le parti du Congrès est fondé par une intelligentsia indienne soucieuse de s'intégrer dans l'administration. Les britanniques vassalisèrent le Cachemire pour le compte du rajah Gulab Singh.

Au début du 20ème siècle, l'opposition du parti du Congrès grandit et se concrétisa après la Première Guerre Mondiale avec Gandhi, avocat indien de retour d'Afrique du Sud et révolté par les discriminations raciales dont il a été le témoin sur place. Il adopta la politique de la résistance passive puis le concept de désobéissance civile dix ans plus tard, amenant le Congrès à réclamer l'indépendance dès 1927. En 1906, la Ligue musulmane est créée par Mohammed Ali Jinnah dans le but de défendre les intérêts de la communauté musulmane.

La fin de la Seconde Guerre Mondiale amena les britanniques à s'apercevoir que la l'indépendance de l'Inde était inévitable. Ils n'avaient plus le pouvoir ni la volonté de maintenir le « joyau de la Couronne britannique » dans leur giron.

De plus, à cette époque, l'importante minorité musulmane commence à sentir qu'une indépendance de l'Inde signifierait un pays à majorité hindoue. En effet, la majorité hindoue s'est très vite retrouvée privilégiée par les britanniques en tant que détenteurs du pouvoir. Les musulmans se sont donc rapidement trouvés marginalisés et c'est pourquoi l'Inde a, pendant longtemps, été divisée par des idéologies purement religieuses : d'un côté Jinnah et la Ligue musulmane, de l'autre Nehru et le Congrès, à domination hindoue.

Le 20 mars 1947, Lord Mountbatten est nommé Vice-roi par le gouvernement britannique, afin de régler rapidement le problème de l'indépendance en Inde, cette dernière en proie à de forts affrontements entre les deux confessions. Après avoir tenté de convaincre Jinnah qu'une Inde unifiée était le choix raisonnable à faire, Nehru prit la décision, à contrecoeur, de diviser les pays.

Le 15 août 19472(*), l'Inde obtient son indépendance et Jawaharlal Nehru devient premier ministre. Mais le pays fut aussitôt séparé en deux entités: l'Inde hindoue et le Pakistan musulman. Cette partition a été le déclencheur d'un mouvement de population considérable (6 millions de musulmans et 4 millions d'hindous), les musulmans se rendant au Pakistan, les hindous en Inde, entraînant des massacres terribles entre les deux communautés religieuses.

La division du sous-continent indien, la Partition, continue encore aujourd'hui de faire couler le sang. Ce combat fratricide est présent principalement dans la région du Cachemire, au nord de l'Inde. Elle est depuis 1947 revendiquée par les deux pays, malgré des accords dits de statu quo, signés par le maharajah Hari Singh sur les recommandations de Lord Mountbatten, le 12 août 1947, alors que le souverain hindou de cette région à majorité musulmane hésitait à rattacher son domaine à l'Union indienne ou au Pakistan. Depuis, le Cachemire est divisé en deux : la partie indienne, le Jammu-et-Cachemire, et la partie pakistanaise, l'Azad Cachemire. Cette situation a été la source de trois guerres entre les deux pays, le tout sous la pression de la dissuasion nucléaire.

II / L'Inde et le Pakistan : les « frères ennemis »

L'Inde et le Pakistan forment un couple complexe et conflictuel. Ils sont souvent présentés comme des « frères ennemis » par ce qu'ils sont issus de la partition de l'empire britannique des Indes.3(*)

En outre, l'Inde et le Pakistan dans leur confrontation au sujet du Cachemire ont développé et théorisé deux conceptions différentes de la nation. Pour l'Inde, la fédération indienne est à même d'accueillir en son sein toutes les religions et tous les particularismes, la république indienne est laïque et « pluriethnique », même si la majorité de la population de l'Inde est de religion hindoue. Les musulmans ont en Inde les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres citoyens. Le Pakistan, a contrario, a été créé pour rassembler tous les musulmans de l'ancien empire des Indes. A ce titre, la population du Cachemire a toute sa place au sein du Pakistan4(*).

Pour chacun des deux Etats, le conflit est le signe que l'autre refuse la règle de la partition. En Inde, certains y voient le souhait du Pakistan de rassembler tous les musulmans habitant en Inde au-delà même du Cachemire et estiment que tout compromis à son sujet menacerait l'intégrité de la fédération. Au Pakistan, en revanche, l'attitude de l'Inde au Cachemire est vécue comme le refus de la partition, de l'existence même du Pakistan et de sa vocation historique à accueillir et garantir les droits des musulmans.

Le conflit à propos du Cachemire a déjà provoqué trois guerres entre les deux pays et prend ses racines dans l'inachèvement de la partition de 1947.

A) Les guerres indo-pakistanaises :

A l'indépendance en 1947, le maharajah Hari Singh avait donc signé un accord de statu quo, un semblant d'indépendance, avec le Pakistan afin de préserver les voies de communications terrestres et télégraphiques, qui à l'époque passaient par l'Etat nouvellement créé par la partition. C'est ce dernier qui, le premier, ébranla l'indépendance du Jammu-et-Cachemire. En effet, au mois de septembre 1947, le Pakistan coupa ces voies de communication et de ravitaillement. Victime de raids de tribus pathanes venues du Pakistan et auxquelles se joint une partie de la population locale, le Cachemire demande en octobre 1947 à être rattaché à l'Inde pour contrer ces attaques. L'armée indienne combat dès lors celle du Pakistan, venue en renfort dès le mois de mars 1948.

A la demande de l'Inde, l'ONU intervient et négocie un cessez-le-feu. Celui-ci entre en vigueur le 1er janvier 1949. Les armées indienne et pakistanaise se retirent de part et d'autre d'une Ligne de contrôle qui divise le Cachemire en deux. Les deux tiers forment l'État fédéré indien du Jammu-et-Cachemire avec pour capitale Srinagar. Quant au Pakistan, il administre le dernier tiers, qui comprend deux entités : l'Azad Cachemire («Cachemire libre») et les Territoires du Nord. Un référendum d'autodétermination doit être organisé par l'Inde, qui s'y refuse par la suite et la monarchie cachemirie est abolie en 1952.

En 1965, un deuxième conflit éclate entre les deux pays ; sans doute le plus violent qu'ils ne se soient jamais livré. Le 5 août, le Pakistan provoque l'Inde. C'est l'opération Gibraltar. Après quelques escarmouches initiales, le premier engagement majeur entre les deux parties eu lieu le 14 août. A la suite des premières avancées de l'Inde dans le secteur nord, les forces pakistanaises se sont concentrées près de Tithwal, Uri, et Poonch. Au cours d'une contre-offensive puissante, les troupes indiennes ont progressé dans le Cachemire occupé et se sont emparées d'un point stratégique : le col de Haji Pir, ce qui représente une percée de huit kilomètres sur le territoire pakistanais.


Le Pakistan répliqua alors en lançant l'opération Grandslam afin de s'emparer du pont d'Akhnoor et, par ce moyen, couper la voie de ravitaillement au sud-ouest du Cachemire. Le 1er septembre, un assaut pakistanais dans le secteur sud, au Punjab, infligea de lourdes pertes aux forces indiennes. Le 2 septembre, l'Inde a recours au soutien aérien, auquel le Pakistan réplique par d'autres raids aériens au Cachemire et au Punjab.

La guerre se trouvait alors dans une impasse lorsque le Conseil de Sécurité des Nations Unies vota à l'unanimité une résolution, le 20 septembre, qui appelait à un cessez-le-feu. New Delhi et Islamabad acceptèrent ce cessez-le-feu et la guerre prit fin le 23 septembre 1965. Cet affrontement a fait 3 000 victimes indiennes et 3800 pakistanaises.

A la suite de cette guerre, à l'initiative de l'Union soviétique, les deux belligérants se rencontrent à Tachkent et signent la « Déclaration de Tachkent » le 10 janvier 1966. Cette déclaration représente d'importantes concessions pour l'Inde, sans réellement donner satisfaction au Pakistan. En effet, l'Inde accepte d'abandonner deux positions stratégiques : le col du Haji Pir et Kargil.

Cependant, ce conflit est aussi à l'origine de l'émergence de quelques groupuscules « indépendantistes » comme le Front de Libération du Jammu-et-Cachemire, qui fera parler de lui vingt ans plus tard. Pour le Pakistan, cette guerre a essentiellement mobilisée l'opinion du Pakistan occidental. L'Inde en profite alors pour apporter un soutien discret à la Ligue Awami, parti autonomiste du Pakistan oriental.

En 1971, une nouvelle guerre éclate entre l'Inde et le Pakistan, en raison de l'intervention de l'armée indienne au côté des militants de l'indépendance du Pakistan oriental, l'actuel Bangladesh. En effet, depuis la partition, le Pakistan est un Etat divisé en deux parties distantes de plusieurs milliers de kilomètres. La partie orientale est plus peuplée que la partie occidentale et de langue différente. Rapidement des difficultés apparaissent entre le Pakistan oriental et le Pakistan occidental en raison de la domination des Penjabis et de la non-reconnaissance de la langue bengalie.

Ce combat à l'origine culturelle et linguistique se transforme en une lutte politique menée par la Ligue Awami fondée en 1949 et dirigée par le Cheikh Mujibur Rahman. Son audience va croître sans cesse sous l'effet des répressions des gouvernements militaires successifs, jusqu'à ce que la démission du général Ayub Khan en 1970 amène à la tenue d'élections libres où le Pakistan oriental se voit reconnaître son importance démographique. Il devait disposer de 162 sièges sur 300. Le résultat des élections permet à la Ligue Awami d'obtenir 160 sièges contre 81 au Parti du Peuple de Bhutto. Ce résultat inacceptable pour Ali Bhutto et les militaires conduisit à une répression de grande ampleur au Pakistan oriental qui en réaction proclama son indépendance le 27 mars 1971. La fuite de près de 10 millions de réfugiés en Inde amena celle-ci à intervenir aux côtés des Bengalis, avec le soutien de l'URSS, en décembre 1971. Le 15 décembre 1971 la guerre prenait fin par la défaite du Pakistan et la reconnaissance de l'indépendance du Bangladesh.

Cette guerre aboutit à un accord diplomatique extrêmement important dit « accord de Simla » en 1972. Par cet accord, l'Inde et le Pakistan conviennent que tout différend bilatéral, y compris le Cachemire, doit être résolu au même niveau.

Ces accords fondent la position diplomatique actuelle de New Dehli au sujet du Cachemire. L'Inde refuse, en se basant sur cet accord, toute internationalisation de la question du Cachemire et toute médiation internationale de quelque nature qu'elle soit. Elle estime également que la résolution de l'ONU suivant la partition est désormais caduque. D'une part, les populations cachemiries ont marqué leur adhésion libre et démocratique à l'Inde en participant aux élections locales et nationales, il n'est donc plus question de plébiscite, la population du Cachemire adhérant à l'Inde par un « plébiscite de tous les jours ». D'autre part, l'intervention de l'ONU n'est plus souhaitée puisque les deux pays ont convenu de résoudre la question au niveau bilatéral.

De son côté, le Pakistan tient une position inverse. Il souhaite une médiation internationale au sujet du Cachemire, estimant que ce conflit est, par nature, d'envergure internationale et qu'il ne peut être résolu uniquement par des échanges bilatéraux. Il demande également l'application du droit international, c'est à dire de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies demandant que la population cachemirie soit consultée. Il récuse la thèse indienne sur l'expression de volonté de la population du Cachemire en raison de l'importante abstention et du boycott des élections par les partis favorables à l'autonomie ou au rattachement au Pakistan.

Depuis les Accords de Simla en 1972 et l'indépendance du Bangladesh, la situation entre les deux pays s'est figée dans une forme de statu quo. Mais en arrière-plan de ces affrontements, un nouveau fondamentalisme musulman commence à se manifester sous l'influence d'écoles coraniques financées par l'Arabie Saoudite. Depuis 1989, au Jammu-et-Cachemire, le réveil d'un islam militant qui a pris le pas sur les anciens partis politiques (dont la Conférence nationale de Farook et Omar Abdullah) a en partie modifié les données de cette question que rend potentiellement explosive l'acquisition, en 1998, de l'arme nucléaire par les deux belligérants. Outre des affrontements sporadiques qui opposent régulièrement les deux armées, celles-ci se sont de nouveau combattues en 1999, mais dans un contexte différent d'auparavant du fait de la présence, dorénavant, de l'arme nucléaire.

B) La menace nucléaire :

En mai 1998, l'Inde puis le Pakistan ont effectué des essais nucléaires et ont ainsi brisé un tabou international qui limitait le nombre des pays dotés de l'arme nucléaire à ceux reconnus officiellement par le Traité de non prolifération (TNP) de 1968, c'est à dire les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Jusqu'à cette date, aucun des pays dit « du seuil » n'avait franchi cette étape.

Le fait que ces deux Etats disposent désormais, même en nombre limité, d'armes nucléaires modifie en profondeur l'équilibre régional, les conséquences potentielles d'un conflit au Cachemire et le cadre de leurs relations bilatérales.

L'engagement de l'Inde et du Pakistan dans des programmes d'armement nucléaire s'explique par une relation de concurrence : l'Inde avec la Chine et le Pakistan avec l'Inde. Pour l'Inde, la rivalité avec le Pakistan est une motivation beaucoup moins importante que sa rivalité avec la Chine. C'est donc dans ce cadre que l'Inde a décidé de se doter de l'arme nucléaire, celle-ci pouvant, en outre, lui procurer un avantage supplémentaire vis-à-vis du Pakistan. Celui-ci s'est doté de l'arme nucléaire, essentiellement pour maintenir la parité avec l'Inde.

1 - Le nucléaire indien :

L'Inde a été jusqu'au début des années 1960 un partisan convaincu de la lutte contre la prolifération. La guerre et la défaite indienne contre la Chine en 1962, puis l'explosion de la première bombe thermonucléaire chinoise en 1964 vont toutefois modifier radicalement la position de l'Inde. Le développement de la puissance militaire avec l'appui d'une grande puissance et l'acquisition de l'arme nucléaire dans un second temps deviennent des priorités pour tenir la Chine en respect puis rivaliser avec elle.

Le programme nucléaire indien sera mené essentiellement sur une base nationale, sans aide extérieure. Il aboutira à « l'explosion pacifique » de 1974, puis à des essais balistiques et enfin, après la victoire du BJP aux élections législatives, aux cinq essais nucléaires de mai 1998. Le choix du premier ministre A.B. Vajpayee est d'une haute valeur politique. Il vise à affirmer le rôle de l'Inde comme grande puissance, en Asie et dans le monde, au même titre que la Chine. Elle veut ainsi, vis-à-vis d'elle même et vis-à-vis des autres pays, indiquer qu'elle n'est plus en position de second par rapport à la Chine qui a été reconnue comme un grand pays asiatique dès 1945 au moment de la création du Conseil de sécurité.

Le choix d'effectuer ces essais est pleinement cohérent avec la candidature de l'Inde à un poste de membre permanent. Il est aussi pleinement cohérent avec la volonté de l'Inde d'être un pays présent sur l'ensemble des questions mondiales comme sur l'ensemble des questions régionales. Son affirmation, à plusieurs reprises, de sa volonté de se doter de trois porte-avions afin de maîtriser l'ensemble de la zone maritime de l'Océan indien alors que pour l'instant elle ne dispose que d'un seul bâtiment ancien, le Viraat, et que ses capacités budgétaires ne lui permettent pas d'envisager la réalisation de ce projet à moyen terme est cependant le signe de l'ambition de l'Inde comme grande puissance.

2 - Le nucléaire pakistanais :

Quant au Pakistan, il a commencé à développer un programme militaire près de 10 ans après l'Inde. Les éléments déclencheurs semblent avoir été la défaite rapide face à l'Inde en 1971 et la première explosion indienne de 1974. La bombe pakistanaise s'inscrit ainsi pleinement dans la rivalité avec l'Inde. A la différence de cette dernière, le programme nucléaire pakistanais est beaucoup plus militaire que civil. Il se veut aussi, au moins sous la direction d'Ali Bhutto, un projet politique pour le monde musulman. C'est l'idée de « bombe islamique ». Le Pakistan deviendrait ainsi le leader du monde musulman en lui assurant une revanche historique vis à vis de l'Occident et en lui offrant sa « protection nucléaire ».

Le programme nucléaire militaire pakistanais a été mené avec l'appui de pays étrangers, notamment de la Chine. Dans le domaine balistique, on retrouve la présence de la Chine et de la Corée du Nord.

Plus que pour l'Inde, le coût de ce programme d'armement nucléaire a été un problème pour le Pakistan. On rapporte qu'Ali Bhutto déclarait les Pakistanais prêts à « manger de l'herbe » pour permettre à leur pays de se doter de l'arme atomique.

Cependant, l'escalade de la tension due à la détention de l'arme nucléaire par ces deux éternels rivaux devient de plus en plus préoccupante en 1998. En effet, en mai de cette année, l'Inde effectue cinq essais nucléaires. Ceux-ci sont immédiatement suivis par six tests de la part du Pakistan qui donne ainsi un signe politique fort : le Pakistan ne se laissera pas intimider par la puissance indienne voisine.

3 - Le Cachemire et le problème nucléaire :

La préoccupation principale de la communauté internationale à l'heure actuelle est la situation du Cachemire dans cette configuration. En effet, le problème du Cachemire aurait pu demeurer un problème bilatéral si les deux belligérants n'étaient pas dotés de la puissance nucléaire. La crainte de voir se démarrer une guerre conventionnelle se transformant en guerre nucléaire entre les deux pays à propos du Cachemire se faisait de plus en plus grandissante.

Cette question s'est surtout posée lors de la crise du Kargil5(*) en 1999, lorsque des militants cachemiris, soutenus par l'armée pakistanaise dirigée par le général Musharraf, s'infiltrèrent au-delà de la ligne de contrôle et s'emparèrent de positions montagneuses au moment de la fonte des neiges. Cette action mit fin à la tentative de détente amorcée en juillet 1998 entre le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif et le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee.

L'Inde réagit très fermement en engageant des moyens importants, notamment aériens. La tentative pakistanaise de remettre en cause la situation du Cachemire fut condamnée par la communauté internationale. Les Etats-Unis, notamment, exercèrent une forte pression et obtinrent le retrait des militants et de l'armée pakistanaise. Le recul du pouvoir civil face aux pressions internationales lors de la « crise de Kargil » est d'ailleurs l'une des raisons du coup d'Etat militaire ayant porté le général Pervez Musharraf au pouvoir en octobre 1999.

Plusieurs hypothèses ont alors été émises à propos du rôle joué par la présence d'armes nucléaires dans les arsenaux indiens et pakistanais. L'une d'elle niait une fonction quelconque du nucléaire dans la crise et que le statut de puissance nucléaire n'empêchait pas une guerre ouverte entre les deux pays. En revanche, selon une autre hypothèse, la possession de l'arme nucléaire par chaque acteur empêcha le conflit de dégénérer en guerre ouverte. Pour certains observateurs, en ce qui concerne l'Inde, le statut de puissance nucléaire fut un élément constitutif de la crise. Toutefois, les motivations étaient bien différentes. Il voulait manifester sa volonté d' « internationaliser comme point nucléaire explosif, requérant l'intervention urgente d'une tierce partie. »6(*) Il est évident que les objectifs du Pakistan ont été atteints car l'intervention des Etats-Unis est sans aucun doute la conséquence directe de cette nucléarisation de la région.

Pendant 60 ans, le Cachemire a été la source de multiples tensions entre l'Inde et le Pakistan. Depuis la partition en 1947, les deux pays se sont livrés trois guerres « fratricides » afin de légitimer sa présence et sa domination sur la région. Il y a maintenant presque dix ans que les deux voisins ont acquis le statut de puissance nucléaire, transformant ainsi ce conflit bilatéral en conflit international. Dorénavant, le Cachemire est devenu le centre d'intérêt des grandes puissances mondiales, à commencer par la Chine, déjà relativement impliquée dans ce conflit frontalier. De plus, la situation en Afghanistan et la montée de l'islamisme dans le secteur font entrer de nouvelles composantes dans la géopolitique cachemirie...trouver fin de la phrase sur nouvelle donne 2001

III / Implications internationales du conflit au Cachemire

A) La Chine et l'Aksai Chin :

En 1962, la Chine use de sa stratégie guerrière pour ravir les territoires de l'Aksai Chin et inflige à l'Inde sa plus cuisante défaite.

L'Aksai Chin, ou "le désert des pierres blanches", est un vaste plateau désolé, à plus de 5000m d'altitude, à l'est du col de Karakoram. Il n'est qu'une dépendance sans valeur du royaume du Ladakh auquel son sort se trouve lié à l'invasion du Tibet par les Chinois et leur volonté de renforcer leur contrôle sur les provinces instables d'Asie Centrale.

Le 20 octobre 1962, les troupes de l'armée populaire de Chine lancent une offensive sur le plateau de l'Aksai Chin. L'Inde réplique aussitôt. Débute alors une guerre entre les deux pays, qui fera des centaines de morts dans les deux camps.

Le 18 novembre 1962, la Chine se retire mais garde le contrôle de 47 735 km2 du plateau de l'Aksai Chin. Le désaccord avec l'Inde porte sur près de 120 000 km2 aujourd'hui. L'essentiel du territoire revendiqué par l'Inde est au Nord-Ouest, sur l'Aksai Chin, et au Nord-Est, sur une grande partie de l'Himachal Pradesh.

Les Chinois soutiennent aujourd'hui que les frontières initialement fixées lors du traité de Drangtsé signé en 1842 ne sont pas légitimes et n'ont été délimitées que par un alignement de bornes tracé au sol. Ils ajoutent qu'ils ne sont pas tenus de respecter le traité vu que le gouvernement de Pékin n'a pas été impliqué dans sa rédaction. Pourtant, l'un des signataires, tibétain de naissance, avait rang mandarinal mais le Tibet et les tibétains étant rayés de la carte en 1962, le traité fut déclaré caduc.

Cette défaite conduit à l'isolement politique de l'Inde. Nehru songe à s'allier aux Etats-Unis mais finalement s'y refuse. Khrouchtchev est le seul à ne pas adopter le point de vue de la Chine, sauvant ainsi l'honneur de l'Inde, ce qui signe définitivement la rupture sino-soviétique. Néanmoins, l'Inde tire de sa défaite une leçon : elle comptera dorénavant plus que jamais sur ses propres forces dans le domaine de la sécurité.

C'est aussi vraisemblablement à cette époque que l'Inde commence à penser secrètement à l'arme nucléaire. En 1962 toujours, la Chine acquiert en plus un territoire de 5 180 km2 dans le Karakoram, jouxtant les frontières du Pakistan, validé par traité et naturellement contesté par l'Inde.

Même si elle reste relativement en retrait depuis le conflit de 1962, la Chine demeure, avec le Pakistan, le principal adversaire de l'Inde.

Le spectaculaire rapprochement sino-américain en 1972 a fait craindre à l'Inde la perspective d'un triangle Chine - Etats-Unis - Pakistan dirigé contre elle. Les années 1980 ont engendré de nouvelles tensions menaçant l'Inde, notamment avec l'intervention soviétique en Afghanistan, et la lutte des indépendantistes tamouls au Sri Lanka.

Par le jeu des rapports entre l'Inde et la Chine, la situation entre les deux pays est reliée aux problématiques internationales des armements nucléaires. En effet, l'Inde fixe le niveau de son arsenal beaucoup plus en fonction des possibilités chinoises que pakistanaises. C'est pour cette raison qu'elle souhaite se doter à terme de la triade traditionnelle de vecteurs : bombardiers, sous-marins, missiles au même titre que la Chine.

Cette capacité est perçue comme le corollaire du rang de grande puissance. Or la Chine elle-même, fixe le niveau de son arsenal non pas en fonction de l'arsenal indien mais par rapport à ceux de la Russie et des Etats-Unis. Il est donc très probable que par cette voie, l'évolution de la doctrine nucléaire américaine et de son arsenal défensif et offensif confortera la volonté de la Chine de moderniser et de développer son propre arsenal. L'Inde sera encline à suivre cette évolution et par le même mécanisme, le Pakistan se devra lui aussi de maintenir une parité minimale avec l'Inde.

On constate donc un effet de contagion de la course aux armements des grandes puissances traditionnellement nucléaires vers le couple indo-pakistanais. Il semble également évident que la nucléarisation du Pakistan ne peut laisser indifférent son autre grand voisin : l'Iran. Cette situation ne peut que l'encourager à acquérir à son tour l'arme nucléaire, ce qui serait très grave pour l'équilibre du Proche-Orient.

B) Le Cachemire dans le monde après le 11 septembre 2001 :

Les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan ont eu des conséquences très graves sur la situation intérieure du Pakistan, sur la situation au Cachemire et donc sur les relations indo-pakistanaises, provoquant l'une des plus graves tensions entre les deux pays depuis la crise de Kargil en 1999.

L'implication du Pakistan en Afghanistan obéit à des motivations complexes et multiples d'ordre ethnique, stratégique, diplomatique et économique. Tout d'abord, la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, héritée de la période coloniale, ne s'appuie sur aucune réalité physique ou humaine. La frontière divise deux groupes ethniques du Pakistan : les Pathans et les Balouches, pour qui la frontière n'a pas ou peu de réalité. Certaines tribus du Nord-Ouest du Pakistan passeraient même la frontière selon les saisons pour assurer un pâturage au bétail. Cette frontière a donc été contestée dès 1947 par l'Afghanistan, qui, dirigé à l'époque par un roi de la dynastie Durani d'origine pachtoune, souhaitait réunifier les territoires pachtounes sous son autorité et se trouvait l'allié de revers naturel de l'Inde. L'enjeu ethnique est réapparu au cours du conflit contre l'Union soviétique puis à nouveau au moment de la prise de pouvoir par les Talibans à partir du Pakistan, celui-ci préférant un Afghanistan sous son influence lui permettant d'exploiter la présence pachtoune au-delà de sa frontière.

Ensuite, l'implication du Pakistan en Afghanistan s'explique par des raisons stratégiques. En conflit avec l'Inde, le Pakistan se devait, d'une part, d'éliminer tout risque d'alliance de revers et, d'autre part, essayer d'acquérir une certaine « profondeur stratégique » pour compenser le déséquilibre des forces entre les deux pays et le fait que ses centres vitaux se situent à proximité de la frontière indienne. Cet objectif a été continuellement poursuivi de 1979 à septembre 2001. Il est la principale justification du soutien pakistanais apporté aux moudjahidin afghans contre les Soviétiques puis aux Talibans à partir du milieu des années 1990.

Les motivations pakistanaises sont enfin diplomatiques et économiques. La chute de l'Union soviétique et l'indépendance des pays musulmans d'Asie centrale a semblé offrir un champ diplomatique nouveau pour le Pakistan. Le gouvernement pakistanais a pensé, au début des années 1990, pouvoir y jouer un rôle majeur de « puissance islamique », trouvant des appuis diplomatiques lui permettant de contrebalancer la puissance indienne. Ce projet diplomatique, dans lequel un Afghanistan sous influence était une tête de pont, était complété par un grand dessein économique visant à faire du Pakistan le débouché maritime des richesses économiques, notamment pétrolières et gazières, des pays d'Asie centrale. La possible réalisation de réseaux de transports d'hydrocarbures par la société américaine Unocal est ainsi apparue au moment de la prise du pouvoir par les Talibans comme une des raisons du soutien accordé dans un premier temps aux Talibans et au Pakistan par les Etats-Unis. Le Pakistan et l'Arabie Saoudite étaient d'ailleurs parmi les rares pays à avoir reconnu l'autorité des Talibans.

De plus, les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan ont eu des retombées sur la situation au Cachemire puisque progressivement, au cours des années 1990, des liens s'étaient établis entre les Talibans, Al Qaïda et les différents militants du djihad au Cachemire en raison de sa proximité géographique. Le Cachemire est rapidement apparu comme le terrain de repli potentiel des militants islamistes. Trois attentats, deux au Cachemire et un à New Delhi le 12 décembre 2001 contre le Parlement indien, ont conduit les deux pays au bord d'un conflit ouvert, nécessitant une médiation internationale active.

A la suite de l'attentat contre le Parlement indien à New Delhi, l'Inde a pris un ensemble de mesures de rétorsion contre le Pakistan, jugé responsable des infiltrations de militants cachemiris à partir de la zone contrôlée par Islamabad. Elle a rappelé une grande partie de ses diplomates présents à Islamabad, rompu les liaisons aériennes, ferroviaires et routières et a surtout mobilisé près de 700.000 hommes sur la frontière avec le Pakistan.

Par ailleurs, l'Inde exige que le Pakistan aille au-delà des seuls discours et prenne des mesures concrètes contre les groupes terroristes, notamment en faisant cesser les infiltrations et en acceptant d'extrader 20 personnes soupçonnées d'activités terroristes. Le Pakistan a, de son côté, répliqué par des mesures analogues : rappel des diplomates, rupture des communications, mobilisation de l'armée pakistanaise.

Un nouvel attentat au Cachemire indien au mois de mai 2002 a aggravé la tension et conduit à une menace réelle de guerre entre les deux pays, qui s'est traduit sur le terrain par la multiplication des incidents frontaliers, des accrochages et des duels d'artillerie. Le Pakistan a également mené, dans ce contexte pourtant déjà extrêmement tendu, des essais balistiques pour montrer sa détermination.

Au début du mois de juin 2002, les missions de bons offices entreprises par la Russie sous l'égide de Vladimir Poutine, puis par les Etats-Unis, ont permis de renouer les fils du dialogue et de donner les premiers signes de désescalade. L'Inde a ainsi décidé de rouvrir son espace aérien après avoir constaté une baisse significative des infiltrations. Ces premiers signes restent toutefois extrêmement fragiles et devront être confirmés, l'éventualité d'un nouvel attentat entraînant une nouvelle aggravation de la tension, voire un embrasement régional ne pouvant être exclue.

Sur le fond de ce conflit, aucune solution ne semble se dégager à moyen terme. Les deux pays restent figés sur leurs positions, revendiquant chacun l'ensemble du Cachemire. L'Inde reste fermée à toute médiation internationale sur le sujet en se fondant sur l'accord de Simla de 1972. Au cours de ses entretiens, la délégation a souvent évoqué, avec les représentants des deux parties, l'hypothèse d'une médiation internationale : à chaque fois, une telle hypothèse était écartée par les interlocuteurs indiens alors que les interlocuteurs pakistanais saisissaient toujours cette option pour témoigner de la bonne volonté du Pakistan pour résoudre le conflit selon les règles du droit international.

Cependant au-delà de ces prises de positions officielles trois directions sont ouvertes : la réunification du Cachemire et son indépendance, un référendum aboutissant à son rattachement à l'un des deux pays ou encore le gel de la situation actuelle en transformant la « ligne de contrôle » de 1947 en frontière internationale.

La réunification du Cachemire, ainsi que son indépendance éventuelle, trouverait vraisemblablement de nombreux soutiens au sein de la population cachemirie qui souhaite une très large autonomie et n'est pas toujours favorable à son rattachement au Pakistan. Cependant, cette hypothèse ne semble pouvoir satisfaire aucune des puissances qui se partagent aujourd'hui l'Etat historique du Jammu-et-Cachemire. La Chine ne souhaite en aucun cas voir remise en cause l'annexion en 1962 d'une partie du Cachemire. L'Inde est défavorable à l'indépendance d'un des Etats composant l'Union indienne ce qui constituerait un précédent pour d'autres populations ayant des velléités séparatistes. Elle ne satisferait enfin pas le Pakistan pour qui le Cachemire, du fait de sa population à majorité musulmane, devait naturellement intégrer le Pakistan au moment de la partition ;

Ensuite, organiser un référendum aboutissant au rattachement de cet Etat à l'un des deux pays reviendrait finalement à appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu de 1948 qui demandait le retrait des troupes pakistanaises et un plébiscite d'autodétermination. Cette solution aurait aujourd'hui la préférence d'Islamabad qui pense que la population cachemirie choisirait le rattachement au Pakistan.  Elle est exclue par l'Inde qui l'estime caduque et trop défavorable. Un tel référendum pourrait aussi conduire à un démembrement du Cachemire, les régions de Jammu et du Ladakh, majoritairement hindoue et bouddhique, pouvant choisir de ne pas être rattachées au Pakistan ;

Enfin, le gel de la situation actuelle et la transformation de la « Ligne de contrôle », établie en 1949 et rectifiée en 1972, en frontière internationale a la faveur de l'Inde. Elle entérinerait son avantage sur le terrain et sa domination sur la partie la plus peuplée et la plus riche du Cachemire. Elle ne fait pourtant pas l'unanimité en Inde. Les Pakistanais y restent évidemment très hostiles. La solution du gel de la situation sur le terrain et la reconnaissance de la situation de fait ont été retenues par l'Inde et le Pakistan vis-à-vis de la Chine pour dépasser le conflit territorial.

En fait, jusqu'à présent, les deux parties paraissaient se satisfaire d'une situation d'affrontement indirecte et larvée, espérant une victoire à long terme, tout en retirant des bénéfices politiques ou économiques à court terme sans remise en cause douloureuse. Le conflit avec l'Inde est l'une des justifications de l'importance du budget de l'armée pakistanaise. Du côté indien, l'opposition avec le Pakistan reste un ressort nationaliste utile dans les périodes électorales.

Les évolutions géopolitiques de l'après guerre froide faisant des Etats-Unis la seule grande puissance et l'Etat pivot des relations internationales ainsi que le désir de l'Inde d'être reconnue internationalement comme grande puissance pourraient cependant faire évoluer la situation. En effet, à la suite des attentats du 11 septembre, l'Inde et le Pakistan ont tous les deux sollicité le soutien des Etats-Unis dans la région, aucune autre puissance pouvant aujourd'hui offrir les avantages potentiels d'une telle alliance. Les deux pays ne peuvent donc plus « jouer un bloc contre l'autre »7(*). Cette conjonction d'intérêts des deux pays à bénéficier du soutien économique et politique américain pourrait à l'avenir être le ressort d'un éventuel accord.

L'Inde reste en outre convaincue qu'elle devrait être le partenaire principal des Etats-Unis dans la région en tant que « plus grande démocratie du monde » et pays à forte capacité de développement. L'Inde entend également être reconnue par les grandes puissances comme une des leurs. Or, le conflit du Cachemire est un handicap qui l'empêche de faire avancer de manière significative sa candidature au Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, le Pakistan, s'il continuait à mener une politique tournée vers la stabilité régionale, le développement économique et la démocratie, pourrait accepter plus facilement un compromis sur le Cachemire et y trouver un avantage financier à travers l'aide internationale et les perspectives de développement, comme l'avait laissé apparaître les discussions entamées entre Nawaz Sharif et A.B. Vajpayee en 1998-1999.

CONCLUSION

Ainsi, depuis 60 ans, le conflit au Cachemire a fait un nombre considérable de victimes dans les deux camps sans qu'aucune solution satisfaisante, pour l'une ou l'autre partie, ne soit trouvée afin de régler la situation.

De plus, depuis l'apparition de la bombe nucléaire dans cette région hautement instable dans les années 1990 a complètement changé la donne, transformant ainsi ce conflit bilatéral en conflit multilatéral, impliquant non seulement les grands pays voisins comme la Chine mais aussi plus largement les Etats-Unis.

Cependant, depuis la crise du Kargil en 1999, les relations entre l'Inde et le Pakistan autour de la question cachemirie ont subi un pic de tensions, du fait de la pression nucléaire, avant d'entamer, depuis 2001-2002, des discussions afin de tenter de régler pacifiquement ce combat fratricide.

Mais il n'empêche que dorénavant la question du Cachemire est devenue révélatrice de la géopolitique internationale contemporaine. Cette « poudrière » est devenue le point de rencontre de nombreuses convoitises transnationales. Le Pakistan s'est transformé en point névralgique de la contestation islamiste depuis l'invasion américaine en Afghanistan la chute du régime taliban. Toutefois, le jeu des alliances interétatiques et les nouvelles relations qu'entretiennent séparément l'Inde et le Pakistan avec les Etats-Unis représente un espoir pour la lutte pour l'hégémonie au Cachemire.

Aujourd'hui, le combat religieux et frontalier s'est déplacé vers une lutte pour s'approprier les richesses de cette région montagneuse, à commencer par l'eau.

"La région du Cachemire située à très haute altitude dans l'Himalaya est, en outre, un véritable "château d'eau" pour l'Inde et le Pakistan car elle permet de contrôler le bassin de l'Indus. Or pour ces deux pays l'eau du fleuve est vitale pour irriguer les cultures et nourrir les populations. Le partage des eaux de l'Indus et de ses affluents est organisé dans le cadre d'un traité bilatéral en date du 19 septembre 1960. Ce partage, tout en étant habituellement respecté par les deux parties, reste soumis à l'état des relations entre les deux pays. En 1965, l'Inde a essayé "d'assécher" le Pakistan et dans la crise actuelle, des voix en Inde se font entendre pour proposer cette mesure de rétorsion contre le Pakistan et les incursions au Cachemire."8(*)

ANNEXES

- Annexe 1 : Carte politique de l'Inde

- Annexe 2 : L'indépendance et la partition de l'Inde (1947-1948)

- Annexe 3 : Chronologie du conflit indo-pakistanais

- Annexe 4 : Carte politique du Cachemire

- Annexe 5 : La crise du Kargil

Annexe 1

Carte politique de l'Inde

Annexe 2


L'indépendance et la partition de l'Inde (1947-1948)

Annexe 3

Chronologie du conflit indo-pakistanais

15 août 1947 : partition de l'Empire britannique des Indes en 2 Etats, l'Union indienne et le Pakistan. Le Cachemire, dont la population est en majorité musulmane et le maharaja hindou, demande son rattachement à l'Union indienne.

1947-1948 : 1ère guerre indo-pakistanaise.

Août 1965 : 2ème guerre indo-pakistanaise.

Décembre 1971 : 3ème guerre indo-pakistanaise. Création du Bangladesh.

1972 - accord de Shimla, par lequel l'Inde et le Pakistan s'engagent à régler la question du Cachemire dans un cadre bilatéral.

Janvier 1990 : début de l'insurrection au Cachemire. L'Etat est administré directement depuis New Delhi.

11-13 mai 1998 : essais nucléaires indiens.

28-30 mai 1998 : essais nucléaires pakistanais.

20-21 février 1999 : sommet de Lahore prévoyant notamment des mesures de confiance dans le domaine nucléaire.

12 mai - 4 juillet 1999 - « guerre de Kargil » : affrontement entre les armées indienne et pakistanaise au Cachemire.

4 juillet 1999 - visite aux Etats-Unis du Premier ministre pakistanais, Muhammad Nawaz Sharif. Acceptation du retrait des troupes pakistanaises du Cachemire indien.

11 juillet 1999 - réunion à Wagah (Pakistan) des commandants des opérations militaires pakistanais et indiens. Accord sur le retrait des forces militaires le long de la ligne de contrôle - le 12 : l'Inde suspend ses frappes aériennes au Cachemire. Début du retrait des forces pakistanaises.

1999-2000 : série d'affrontements locaux et de tirs d'artillerie de part et d'autre de la LoC (Line of Control).

26 juin 2000 - adoption d'une résolution par l'assemblée régionale à Srinagar recommandant le retour au statut particulier dont l'Etat du Jammu et Cachemire bénéficiait avant 1953 (le Pakistan ne reconnaissant pas la légitimité de cette assemblée). Rejet de cette résolution par New Delhi.

14-16 juillet 2001 - Sommet d'Agra : visite du président pakistanais, le général Pervez Musharraf. Rencontre avec le Premier ministre, Atal Behari Vajpayee. Echec des discussions.

13 décembre 2001 : attentat contre le Parlement indien à New Delhi par un groupe cachemiri (14 morts)

mars-août 2002 : fortes tensions entre l'Inde et le Pakistan, assorties de la menace de l'emploi d'armes nucléaires.

18 avril 2003 : discours à Srinagar (Cachemire, Inde) du Premier ministre, Atal Bihari Vajpayee, dans lequel il tend la « main de l'amitié » au Pakistan.

25 novembre 2003 - cessez-le feu indo-pakistanais à l'initiative du Pakistan.

5-6 janvier 2004 - sommet de la SAARC à Islamabad et lancement du dialogue composite entre l'Inde et le Pakistan.

24 septembre 2004 - entretien à New York, en marge de la 59ème assemblée générale des Nations unies, entre le président pakistanais, Pervez Musharraf et le Premier ministre indien, Manmohan Singh. Communiqué conjoint sur l'examen des « options possibles pour un règlement pacifique négocié » dans le conflit du Cachemire.

10 novembre 2004 - annonce, par le Premier ministre indien, Manmohan Singh, d'une réduction des troupes stationnées au Cachemire (Inde) pendant les mois à venir.

24 novembre 2004 - dans le cadre de la présidence pakistanaise de l'Association des 7 pays d'Asie du Sud pour la coopération régionale (SAARC), visite en Inde du Premier ministre pakistanais, Shaukat Aziz. 1ère visite de ce niveau depuis 1991.

7 avril 2005 - ouverture d'une liaison d'autocar entre Muzzaffarabad (Pakistan) et Srinagar (Inde), dans le cadre du dialogue composite indo-pakistanais. Plusieurs attentats le jour même sur le trajet.

16-18 avril 2005 - visite en Inde du président pakistanais, Pervez Musharraf : proposition pakistanaise de faire évoluer la ligne de contrôle (LOC) au Cachemire en "frontière souple" (soft border). Présence aux côtés du Premier ministre indien, Manmohan Singh, au match de cricket opposant les 2 pays.

2-5 juin 2005 - visite au Pakistan d'une délégation de séparatistes du Cachemire (dont des membres de l'organisation modérée Hurriyat) : 1ère visite de ce type depuis 1989. Rencontre avec le Premier ministre, Shaukat Aziz.

5 septembre 2005 - rencontre à New Delhi (Inde) entre le Premier ministre, Manmohan Singh et les séparatistes modérés du Cachemire (Hurriyat).

12 septembre 2005 - échange à Wagah (frontière indo-pakistanaise) de plus de 500 prisonniers civils indiens et pakistanais dans le cadre du processus de paix entre les 2 pays.

15 septembre 2005 - entretien à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, entre le président pakistanais, Pervez Musharraf et le Premier ministre indien, Manmohan Singh. Déclaration commune sur la volonté de régler pacifiquement l'ensemble des conflits bilatéraux, y compris la question du Cachemire.

8 octobre 2005 - séisme au Cachemire (essentiellement pakistanais) : plus de 85 000 morts.

29 octobre 2005 - annonce par l'Inde et le Pakistan de l'ouverture de la frontière en 5 endroits à la suite du séisme du 8 octobre.

29 octobre 2005 - triple attentat à New Delhi à la veille de la fête hindoue de Diwali, dans les marchés de Sarojini et de Paharganj et la zone industrielle d'Okhla : plus de 70 morts. Attentats revendiqués par le groupe "Inquilab", lié aux groupes islamistes opérant au Cachemire.

12 novembre 2005 - entretien à Dacca (Bangladesh) entre les Premiers ministres indien, Manmohan Singh et pakistanais, Shaukat Aziz, en marge du sommet de l'Association des pays d'Asie du Sud pour la coopération régionale (SAARC).

28 décembre 2005 - fusillade contre une faculté de sciences à Bangalore (Inde) attribué au groupe Lashkar-e-Taiba, groupe rebelle islamiste basé au Pakistan, actif au Cachemire : 1 mort.

Annexe 4

Le Cachemire contemporain

Annexe 5

La crise du Kargil

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages généraux :

· Le dictionnaire historique et géopolitique du 20ème siècle, sous la direction de Serge Cordelier, Edition La Découverte (troisième édition augmentée), 2005

Livres :

· L'Inde contemporaine, d e 1950 à nos jours, sous la direction de Christophe Jaffrelot, Edition Fayard CERI, 2005

· La stratégie de l'Inde pour le 21ème siècle, Olivier Guillard, Edition Economica, 2000

· Cachemire, le paradis perdu, Claude Arpi, Editions Philippe Picquier, 2004

· Le Cachemire dans le conflit indo-pakistanais (1947-2004),Nathalène Reynolds, Edition l'Harmattan, 2005

· Kashmir, roots of conflict, paths to peace, Sumantra Bose, Harvard University Press, 2003

Revues:

· Questions Internationales: L'Inde, grande puissance émergente, septembre-octobre 2005

Sites Internet :

· www.sénat.fr

· www.ladocumentationfrancaise.fr

· www.diplomatie.gouv.fr

· www.crisisgroup.org

· www.satp.org

· www.monde-diplomatique.fr

· www.blankonthemap.fr

· www.biblio.college.interarmees.defense.gouv.fr

· www.ceri-sciencespo.com

* 1 Cf annexe 1

* 2 Cf annexe 2

* 3 Cf annexe 3

* 4 Cf annexe 4

* 5 Cf annexe 5 : La crise du Kargil

* 6 In Les ambitions internationales de l'Inde à l'épreuve de la relation indo-pakistanaise, F. Grare, Les études du CERI, n°83

* 7 In Rapport de la commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan

* 8 In Rapport de la commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan






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