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Les jeunes face au cannabis en Guadeloupe

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par Chantal Dongal
Université Paris V - DU addictologie 2008
  

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I - PARTIE THEORIQUE

A) JEUNES ET CANNABIS

Le cannabis ou marijuana est la drogue la plus répandue dans le monde et la plus utilisée par les jeunes.

L'usage et le trafic de cannabis constituent toujours un délit puni par la loi.

En Guadeloupe le mode de consommation le plus courant est le joint, on peut situer l'usage du cannabis dans le sillage du mouvement rasta dans les années 1970 avec comme personnage emblématique le célèbre chanteur Bob Marley.

Les rastafariens prônent l'usage rituel du cannabis (ganja, kaya coolie), herbe sacrée.

Fumer constitue pour eux un moyen de relaxation et de communication spirituelle positive avec Jah (Dieu). Ils préconisent un mode de vie en harmonie constante avec la nature considérée comme toute puissante.

Dans la même logique ils ne consomment pas d'alcool et sont végétariens et se laissent pousser les cheveux (Dreadlocks). L'usage «religieux» des premiers consommateurs rastafariens a dérivé vers un usage toxicomaniaque classique en s'élargissant à d'autres catégories d'utilisateurs.

Dans son ouvrage « Crack et cannabis » le professeur Aimé Charles Nicolas met en évidence la représentation négative du cannabis par la population antillaise. Bien que minimisée par la Direction Générale de la Santé du fait de sa faible toxicité, la consommation de cannabis inquiétait le corps social antillais.

Nous assistons dès lors à une «diabolisation» de l'herbe. A la différence des îles anglophones, le cannabis ne faisait pas partie intégrante de la culture des Antilles françaises. «L'herbe» c'était la DROGUE, on ne disait pas il fume «l'herbe» mais «il prend» de la drogue. Le mouvement rasta suscitant la méfiance d'une grande majorité de la population était considéré comme une «secte».

Ce mouvement prônait un mode de vie inhabituel, de nouveaux rites, de nouveaux modes de communication, vocabulaire (exemple : cool, tchad etc.), de nouvelles musiques et préconisait aussi un retour aux sources à savoir la culture africaine (roots).

Fascinés par ce mode de fonctionnement une partie des jeunes Antillais l'adoptèrent, notamment ceux qui étaient psychologiquement fragiles et en manque de repères dans le but de se démarquer des adultes et de s'opposer aux règles établies.

L'usage du cannabis s'est considérablement développé dans les années 1980, cet usage étant répandu d'une part dans les quartiers défavorisés de la périphérie pointoise (de Pointe-à-Pitre, ville principale de la Guadeloupe), ainsi que chez certains jeunes de conditions «sociale élevée», à savoir les parents «fonctionnaires» ou de profession libérale.

La consommation étant liée au désir de connaître des sensations fortes ou dans un contexte de révolte par rapport à l'ordre établi surtout en opposition au modèle familial.

Actuellement, l'usage du cannabis s'est répandu dans l'ensemble des communes de la Guadeloupe.

Par ailleurs, la consommation et la vente qui se faisaient en cachette, se font au grand jour, alors qu'auparavant, il existait une nette séparation entre les consommateurs d'alcool et les fumeurs de cannabis (l'alcool étant considéré comme la drogue des vieux) ; la plupart des jeunes consommateurs pratique le mélange des deux substances, ce qui augmente la dangerosité de la consommation.

Une boisson très prisée par les jeunes consommateurs se présente sous la forme d'un vin blanc liquoreux de très mauvaise qualité qu'ils appellent communément «macaque», en référence à l'étiquette qui représente un animal ressemblant à un singe.

La consommation se fait en plus en groupe dans des lieux publics, appelés traditionnellement des «biks» où se réunissent des jeunes pour la plupart en échec scolaire ou en chômage.

L'absorption excessive d'alcool et de cannabis se termine quelquefois de manière dramatique (accident de booster, bagarre, meurtre) au désespoir de la famille et des autorités locales.

L'adolescence, période de transformation physique et de transition entre l'enfance et l'âge adulte constitue une période de vulnérabilité pendant laquelle la vigilance et l'attention des parents s'imposent.

Comme l'exprime le professeur Daniel Marcelli, Psychiatre spécialiste de l'adolescence «les concepts de drogues douce ou dure n'ont aucune utilité seul le mode de consommation est à prendre en compte».

Il distingue ainsi 4 catégories de fumeurs :

· le fumeur occasionnel ou l'usage récréatif convivial qui n'a aucune conséquence sur la santé ou la scolarité,

· le petit fumeur régulier de 5 à 15 grammes par mois avec des pointes le Week-End, cette consommation peut correspondre à un moment difficile à passer pour l'adolescent,

· le fumeur auto thérapeutique de 20 à 60 grammes, l'effet recherché est un effet anxiolytique ou hypnotique. Cette consommation devient problématique car elle entraîne des troubles inévitables : amoindrissement de la concentration, perte de toute motivation en dehors de désir de fumer d'où nécessité d'une psychothérapie,

· le toxicomane de 60 à 150 grammes par mois, ces fumeurs (une minorité) s'excluent rapidement du système scolaire. Ils peuvent avoir des troubles graves de la personnalité d'où la nécessité d'un traitement dans un centre spécialisé obligatoire.

L'âge des consommateurs est également à prendre en compte comme le souligne le docteur Alain Morel Psychiatre, Secrétaire général de la Fédération Française d'Addictologie.

Entre 13 et 16 ans le cerveau se réorganise, met en place de nouvelles connexions et trop de cannabis à cette période perturbe le développement de l'adolescent et l'handicape dans la recherche de son équilibre psychique sans compter le risque de tomber un jour sur un produit trop fortement dosé qui conduit tout droit à un «Bad trip».

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