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Contre histoire de la philosophie / le laboratoire de la philosophie vivante chez Michel Onfray

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par Rania Kassir
Universite Libanaise - DEA 2008
  

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D. Les contradictions internes du système :

Ces contradictions se rapportent à trois points essentiels : le rejet de l'historiographie anti-hédoniste, l'intrusion de certains philosophes dans l'historiographie alternative et enfin l'érotique solaire de Michel Onfray.

Commençons par le premier point. A la lumière de nos analyses précédentes, nous avons remarqué que l'objectif de Michel Onfray était de déterrer et de construire une « contre-histoire de la philosophie ». Cette contre-histoire s'opposait à toute philosophie hostile à l'hédonisme. Or nous remarquons que Michel Onfray fait parfois crédit à l'historiographie combattue pour transmettre certaines idées ou pour se battre contre l'historiographie idéaliste elle-même.

Ceci est manifeste premièrement dans le cas Socrate.746(*) Dans l'érotique solaire, on a vu un certain Onfray repoussant Le Banquet de Platon au motif qu'il plaide en faveur du désir comme manque. Or cet ouvrage de l'historiographie idéaliste a été consulté pour décrire Socrate, ce Maître éminent. Onfray dans La lueur des orages désirés ne fait que démarquer son adversaire théorique Platon et son oeuvre. Il écrit à propos de Socrate : «Ainsi, au banquet pendant que tout le monde boit, il demeure lucide, intact, net et disponible intellectuellement quand tous sont ivres morts ; lorsque tous s'effondrent, terrassés par une nuit blanche, puis dorment à poings fermes, il veille, dispos, détendu, ignorant la fatigue ; tous crèvent de froid dans l'hiver de la bataille de Potidée, lui ne ressent pas la morsure du gel. »747(*). Là, nous nous demandons : pour quelle raison Onfray adopte un passage et rejette un autre bien qu'ils relèvent tous deux du même ouvrage ? En plus, le passage adopté par Onfray n'est-il pas celui d'Alcibiade (l'admirateur de Socrate selon Platon) et le passage rejeté celui d'Aristophane (un responsable du procès de Socrate selon Platon) ?748(*) A ce compte, Onfray - l'ennemi théorique de Platon - se range-t-il du côté des amis de Platon et s'écarte-t-il de ses ennemis ?

Le stoïcisme, de son côté, offre un second exemple de ce manque de cohérence chez Onfray. Ce mouvement philosophique a été considéré à plusieurs reprises par Onfray comme l'ami théorique du platonisme et du christianisme. A ce sujet, on lit, dans Les ultras des lumières : « Dans son dégoût de la vie, le stoïcisme ressemble à s'y méprendre au christianisme. L'éloge de l'idéal ascétique [est] commun aux deux visions du monde.»749(*)

Or, les stoïciens qui défendent le dégoût de la vie glisseront dans l'amour de cette dernière quand Michel Onfray abordera dans son ouvrage Féeries anatomiques la question du suicide. Michel Onfray fait appel à la pensée des stoïciens - ces penseurs ascétiques- pour combattre d'autres ascétiques, à savoir les chrétiens. Dans la partie réservée à la bioéthique et particulièrement dans la pédagogie de la mort, nous avons appris que la mort volontaire défendue par Onfray nous aide à se dégager de la morale chrétienne car elle élit la vie contre la mort, l'hédonisme contre la souffrance et la liberté contre la soumission. Or ces trois points pour dépasser le christianisme se rencontrent chez les stoïciens et particulièrement chez Sénèque.

Dans ses Lettres à Lucilius750(*) - cette référence majeure sur la mort volontaire - Sénèque a en fait condensé l'essentiel de la pédagogie de la mort chez Onfray. Dans la lettre 12 nous lisons : « C'est une souffrance de vivre dans la nécessité, mais il n'y a nulle nécessité d'y vivre ! » : Michel Onfray en emprunte le triomphe de la liberté à la soumission. Dans la lettre 70, nous lisons : « ce n'est pas de vivre qui est désirable, c'est de vivre bien » : Michel Onfray en puise l'élection de l'hédonisme et l'éviction de la souffrance. De même, dans la lettre 93, nous lisons : « Voici mon voeu, Lucilius : tâchons qu'à l'instar des métaux précieux notre vie gagne non en volume, mais en valeur. Mesurons la par ses oeuvres, non par sa durée. » Michel Onfray en tire le rejet de la mort au profit de la vie.

Ces constats retrouvent leur consistance lorsque Michel Onfray confie lui-même que le stoïcisme est incontournable dans la question du suicide. Il constate dans Féeries anatomiques que : « La pensée stoïcienne formule la théorie la plus achevée dans et hors l'Antiquité sur la question du suicide. Si aujourd'hui on cherche les moyens de justifier philosophiquement la mort volontaire, on les trouve dans une poignée de Lettres à Lucilius de Sénèque, un sommet sur le sujet, une somme impossible à dépasser. »751(*) Ceci étant posé, nous nous demandons : un philosophe ascétique peut-il défendre la vie ? Ne serait-elle pas une contradiction ? Les stoïciens relèvent-ils alors de l'histoire de la philosophie ou de la contre-histoire de cette philosophie ?

La troisième référence rejetée et reprise à la fois par Michel Onfray est le « pessimisme ». Certes, ce mouvement philosophique n'appartient pas à la philosophie idéaliste mais les deux sont renvoyés dos à dos par Onfray puisqu'ils participent à une philosophie anti-hédoniste. Dans la conclusion à la troisième partie, on s'est aperçu que le pessimisme pour Onfray est une étape transitoire destinée à être remplacée par « l'hédonisme tragique ». Or cette option est mise en doute lorsque le philosophe justifie dans La puissance d'exister752(*) sa « métaphysique de la stérilité ».

Ce faisant, il endosse l'habit d'un pessimiste et pose en premier lieu « l'inconvénient d'être né » . Nous lisons à ce sujet : « Quelle légitimité a-t-on pour faire surgir du néant un être auquel on ne propose, in fine, qu'un bref passage sur cette planète avant retour vers le néant dont il provient ? »753(*) Et « Seul le célibataire aimant supérieurement les enfants plus loin que le bout de son nez et mesure les conséquences à infliger la peine de vie à un non-être. »754(*). A la lecture de ces deux passages, nous nous sommes déterminés à poser un ensemble de questions : Michel Onfray est-il devenu un Cioran qui déclare la folie des géniteurs et récuse le « croisez et multipliez » ? 755(*) Ou bien est-il un disciple de Schopenhauer qui trouve qu'en perpétuant l'espèce on perpétue la souffrance, donc la vie ? Est-il quelqu'un qui préfère le néant, le non-être à la vie ? Est-ce que lui pèse d'être éloigné de son véritable lieu (le néant) comme Cioran756(*)? Ces différentes questions posées permet de ranger Onfray dans la rubrique de ceux qui posent l'illégitimité d'une vie considérée comme une peine plutôt dans celle de ceux qui déclarent le caractère exceptionnel de la vie, donc la valeur de celle qui se déroule entre deux néants.

La seconde raison qui détermine Onfray à retomber dans le pessimisme est « la fiction de toute sculpture de soi ». Onfray s'interroge dans le même ouvrage : « Est-elle si extraordinaire, joyeuse, heureuse, ludique, désirable, facile la vie qu'on en fasse cadeau à des petits d'homme » ? Faut-il aimer l'entropie, la souffrance, la douleur, la mort qu'on offre ? »757(*) Et « Il faut beaucoup d'innocence et d'inconséquence pour s'engager dans l'édification d'un être quand souvent, très souvent, on ne dispose pas même des moyens d'une sculpture de soi ou d'une construction de son propre couple dans la forme appropriée à son tempérament. Freud a pourtant prévenu : quoi qu'on fasse, une éducation est toujours ratée. Un regard sur la biographie de sa fille Anna lui donne ô combien raison ! »758(*) Là encore, nous nous demandons : Le philosophe qui plaide pour réaliser « l'intellectuel collectif » de Bourdieu et fait fonctionner l'esprit critique de ses disciples peut-il craindre l'atrocité de la vie ? Onfray a-il oublié qu'il invite les hommes à employer leur « énergie » pour sculpter « le chaos » et pour plier le réel à leur volonté ? Et même si cette sculpture de soi est vouée parfois à l'échec, la réussite n'est-elle pas dans la tentative et l'essai759(*) ?

Bref, on a remarqué dans le premier point que des pensées anti-hédonistes : le platonisme, le stoïcisme et le pessimisme ont été reprises par le philosophe du « pur plaisir d'exister ».

Nous examinons à présent le second point ou l'introduction mal fondée de certains penseurs de la contre-histoire.

Nous nous nous penchons principalement sur Gassendi 760(*)- l'un des penseurs placés à tort par Michel Onfray dans la case des libertins baroques. Ces penseurs ont été présentés par Onfray comme développant une pensée anti-catholique et anti-monarchiste. C'est ce qui fait leur mérite par rapport au cartésianisme. Pour autant, on remarque qu'un soi-disant alternatif vient réclamer en plein 17ème siècle un catholicisme pur et simple ; ce qui fait reculer la pensée des libertins baroques.

Certainement, la contre-histoire de la philosophie doit beaucoup à Gassendi la réhabilitation de la pensée d'Epicure - l'une des figures de l'atomisme de l'Antiquité - et l'identification des responsables de la mauvaise réputation d'Epicure : les stoïciens (Chrysippe, Zénon, Cléanthe, Cicéron et Plutarque) et quelques Pères de l'Eglise (Clément, Lactance et Ambroise).761(*) Pourtant, cette réhabilitation de l'atomisme ne fait pas de Gassendi un véritable alternatif et un bon penseur matérialiste car Onfray a dit de lui : «Gassendi précise qu'il réhabilite son héros [Epicure],certes, mais dans la mesure du convenable chrétien ; si d'aventure, il doit choisir entre une pensée d'Epicure et un dogme de l'Eglise catholique, sans aucun état d'esprit, il optera pour sa religion. »762(*). Ce catholique qui ne fait aucune concession en ce qui concerne sa religion est incapable de relever le défi et de triompher de son rival (Descartes).

Dans les pages qui viennent, nous montrons que Descartes a été plus raisonnable que Gassendi. Descartes a montré dans la troisième méditation (De Dieu qu'il existe) de ses Méditations métaphysiques,763(*) l'existence de Dieu par le truchement de la raison. Il part tout d'abord de l'idée de perfection qui est en lui. Mais lui étant imparfait, il ne peut être la source de la perfection. D'où l'existence d'un Dieu qui sera à l'origine de cette perfection. Descartes se demande : « Comment serait-il possible que je puisse connaître que je doute et que je désire, c'est-à-dire qu'il me manque quelque chose et que je ne suis pas tout parfait, si je n'avais pas en moi aucune idée d'un être plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je connaîtrais les défauts de ma nature ? »764(*). Deuxièmement, Descartes part de la bonté de Dieu pour affirmer son existence. Dieu est bon. Il ne me trompe pas dans les vérités scientifiques (véracité divine) donc Dieu existe. « Cette même idée [l'idée de Dieu ]est aussi fort claire et fort distincte, puisque tout ce que mon esprit conçoit clairement et distinctement du réel et de vrai, et qui contient en soi quelque perfection, est contenu et renfermé tout entier dans cette idée. »765(*) Troisièmement, Descartes part de Dieu le créateur à son existence. Si dans la première preuve, on a montré que l'homme n'a pu produire l'idée de perfection puisque il est un être imparfait, on va montrer maintenant que cet homme qui a l'idée de perfection en lui ne peut être crée par autre chose que par cet être parfait dont il a l'idée. Descartes posait que si l'homme était créateur de lui-même, certes il serait capable de donner à lui-même tout ce qui lui manquait. Par conséquent, il ne désirerais et ne douterais plus jamais. Comme ceci n'est pas vrai, il s'ensuit que Dieu est l'auteur de son être766(*).

Cette manière de prouver l'existence de Dieu n'attire pas les suffrages de Gassendi, car il trouve que la raison est un instrument dont la certitude et la véracité ne sont pas assurées. La raison aux yeux de Gassendi a une vision assez restreinte des choses. De là, il trouve que Descartes - le rationaliste - ne fait qu'incarner l'arrogance humaine et que blesser la modestie du croyant. Pour Gassendi, seulement celui qui est touché par la grâce peut connaître Dieu. A ce titre, rien ne sépare Gassendi des simples croyants puisque leurs manières de pensée se croisent : Prier, dire la messe, se soumettre aux dogmes de l'Eglise, croire à l'immortalité de l'âme, à un Dieu bienfaisant et créateur du monde, respecter la monarchie.767(*)

Sur ce, Michel Onfray décrète : « le plus libertin des deux, c'est Descartes ! L'Eglise d'ailleurs ne s'y trompe pas. Très vite et très tôt, elle envoie la troupe jésuite combattre Descartes et sa philosophie avant de mettre l'oeuvre complète à l'index le 20 novembre 1663 ! Quand à Gassendi, matérialiste, atomiste et épicurien, il n'eut jamais cet honneur - preuve de l'orthodoxie de son christianisme malgré ses incursions dans le domaine du Jardin. »768(*). Et, dans la conclusion, ajoute-t-il : « L'Eglise lui rend la politesse, et on la comprend : elle n'inquiète jamais de son vivant, ni même après, l'homme ou l'oeuvre, épargnés par l'index et les critiques. »769(*) .

Subséquemment à ces analyses, ne peut-on affirmer, en fin de compte, que la figure du fervent croyant l'emporte avec Gassendi sur celle du philosophe alternatif et que Michel Onfray a tort de le placer parmi les philosophes réalistes ?

Cette rupture marquée dans les idées de Michel Onfray est finalment manifeste dans le dernier point examiné par nous : l'érotique solaire.

Il n'y a pas de doute que l'érotique proposée par Onfray a le mérite de sauver la liberté individuelle, d'élargir le champ d'action de chacun (le nomadisme contre le couple fusionnel) tout en prémunissant contre la débauche, le mensonge, la misogynie, la négligence d'autrui et le libertinage féodal. Cette érotique solaire ne se pratique donc qu'entre des contractants à la hauteur, à savoir honnêtes, francs, libres et qui se plaident pour la réalisation d'un objectif commun « jouir et faire jouir sans faire du mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois toute la morale. »770(*). Jusqu'ici, nous sommes dans le meilleur des mondes possibles pour reprendre l'expression de Leibniz, car chacun tout en faisant partie d'une société donnée a le pouvoir d'agir selon sa propre détermination et sans aucune dépendance.

Néanmoins, en poursuivant Onfray dans son odyssée dans la terre des philosophes alternatifs, on se heurte à des pensées qui contrastent gravement avec l'érotique solaire proposée par lui. A examiner certains philosophes alternatifs, on se trouve confronter à des passages qui légifèrent la misogynie, la réduction des femmes aux ovaires et l'attaque de tout « féminisme libertaire » dans lequel la femme est un agent actif dans le contrat. En somme, le contraire de ce que propose Onfray.

Ce dernier nous rapporte que Simon le magicien - un des gnostiques licencieux - a entrepris d'interpréter certains versets de Paul de Tarse. Il voit, à titre d'exemple, dans l'invitation de Paul dans le proverbe (I, 14) à mettre en commun tout ce qu'on possède, une exhortation à mettre aussi les femmes. « Dont acte, précise Simon : les femmes faisant partie du patrimoine, elles doivent être communes à toutes et à tous ! »771(*). Cette défense de la communauté des femmes, comme nous le montre Michel Onfray, est commune à tous les gnostiques licencieux, pas seulement le premier d'entre eux Simon.772(*) Certes, Michel Onfray peut ne pas faire sienne les idées des gnostiques licencieux, toutefois, le silence sur ces idées est une sorte d'approbation. Portant un jugement sur les gnostiques licencieux, Michel Onfray affirme que « si les deux se trompent, car il n'existe aucun endroit au bout de la route, l'un des deux chemins paraît tout de même plus réjouissant à emprunter. »773(*). Dans ce passage, nous voyons un Onfray qui se contente de reprocher aux gnostiques licencieux leur croyance au salut de l'âme mais le philosophe s'abstient de discuter ce qui est blâmable chez eux, à savoir la communauté des femmes. Ceci est bien exprimée par l'adjectif suivant  « plus réjouissant ».

La misogynie prônée par les gnostiques licencieux se trouve de même chez un autre auteur « baptisé » par Onfray. Cette fois, c'est un auteur du 17ème siècle, à savoir Cyrano. Dans Les libertins baroques, Michel Onfray a vu que la république libertaire de Cyrano , à l'opposé des thuriféraires de l'idéal ascétiquevient donner une grande place au corps. « Ainsi quand, dans le Royaume des Amoureux, on organise la sexualité. Les mâles vigoureux disposent de vingt, trente ou quarante filles, chacun a droit à deux femmes dans le même lit pas plus. »774(*). Et, Onfray ne se limite pas à une description passive mais il dit ce qu'il pense sur ce sujet : « Quel individu refuserait de vivre en pareille cité ? »775(*)

La misogynie n'est pas bien le seul reproche qu'on puisse faire à certains philosophes alternatifs. Mais il faut également examiné le comment du « nomadisme » chez eux. Nous avons appris avec Onfray qu'il existe différents agencements pour sculpter nos désirs et que le couple fusionnel prôné par le christianisme est loin d'être le seul agencement possible. Toutefois, la seule limite au nomadisme s'avère chez Onfray la faillite du « jouir et faire jouir », autant dire le fait de porter préjudice à la raison. Or, quelques passages repérés dans cette histoire alternative prouvent que le nomadisme s'achemine parfois vers une licence sans mesure. Michel Onfray répétant Clément d'Alexandrie racontent comment : « les gnostiques se retrouvent dans des banquets où ils consomment de nourriture aphrodisiaques avant d'éteindre les lumières et s'unir de toutes les façons possibles avec tous les partenaires pensables, au gré des hasards de l'obscurité. Un genre de communisme réalisé. »776(*). Sans donner son avis, Michel Onfray se contente d'exposer celui du Père de l'Eglise : « pratique de chiens, de porcs et de boucs. ».777(*) cette phrase laisse la position de Michel Onfray floue : notre philosophe se range-t-il alors du côté du Père de l'Eglise ou des gnostiques licencieux ?

Dans le même ordre d'idées, Onfray nous a écrit la façon dont les adeptes du Libre-Esprit pensent leur « nomadisme » sans pour autant manifester son approbation ou son réprobation. Il relate dans l'Art de jouir que les frères et soeurs du Libre-Esprit voient que tout ce que «  l'homme fait au-dessous de la ceinture » est bienvenue. De là, ils pratiquent l'inceste, copulent avec leurs mères ou leurs soeurs dans n'importe quel endroit et de préférence dans un lieu sacré comme l'autel de l'Eglise.778(*) Plusieurs questions émergent de ces analyses : Qu'est ce qui empêche ce défenseur d'une érotique solaire et non féodale de s'abstenir à reprouver publiquement ces pratiques perverses ? Et, même si ces alternatifs défendent le corps, notre philosophe n'a-t-il pas dit que la culture doit succéder à la nature ? De même, n'a-t-il pas confessé dans Le désir d'être un volcan qu'il a attisé la haine d'une jeune vierge par fidélité amoureuse et par respect de la parole donnée ou du nomadisme raisonnable ?779(*)

* 746 Le désir de s'écarter du Socrate platonisé est bien exprimé par cette déclaration de Michel Onfray : «  Socrate, bien-sûr, ne peut-être que fascinant pour qui cherche sa consistance en dehors des perspectives de Platon. » Cf. Cynismes, op.cit, p.19

* 747 La lueur des orages désirés, op.cit., p.188.

Platon a parlé des qualités ci-dessus de Socrate dans Le Banquet p.97 ; p.98

* 748 Cf. Platon, Le Banquet, op.cit., p.29.(notes et commentaires de B.Piethe.)

* 749 Les ultras des lumières,op.cit., p.134

* 750 Cf. SÉNÈQUE, Lettre à Lucilius, Mille et une nuits, 2002

* 751Féeries anatomiques, op.cit., p.345

* 752 Ce livre est publié en 2006 et ne fait pas partie de la période de jeunesse.

* 753 La puissance d'exister, op.cit., p.134

* 754 Idem

* 755 Cf. La Mélancolie Joyeuse, op.cit., p.26

* 756 Ibid.,p.43

* 757 La puissance d'exister, op.cit, p.134

* 758 Ibid, p.135

* 759 La sculpture de soi, op.cit, pp.37-40

* 760 Cf. Les libertins baroques, pp.157-197 (partie Gassendi)

* 761 Onfray lui-même est tributaire de Gassendi dans sa critique du «  pourceau d'Epicure », voir la deuxième partie du mémoire.

* 762 Les libertins baroques, op.cit., p.186

* 763 Cf. René DESCARTES, Méditations métaphysiques 1, 2 et 3, Gallimard, 2006, pp.31-56

* 764 Ibid., p.47

* 765 Idem.

* 766 Ibid., pp.50-53

* 767 Les libertins baroques, op.cit., p.178 ; p.179 ; p.180

* 768 Ibid., p.181

* 769 Ibid., p.197

* 770 Maximes de Chamfort in L'Art de jouir, op.cit., p.199

* 771 Le christianisme hédoniste, op.cit., p.51

* 772 Ibid., p.78

* 773 Ibid., p.62

* 774 Les libertines baroques, op.cit., p.233

* 775 Idem

* 776 Le christianisme hédoniste,op.cit., p.65

* 777 Idem

* 778 Cf. L'Art de jouir, op.cit., p.225

* 779 Cf. Le désir d'être un volcan, op.cit., p.134.

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