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La valorisation des productions agricoles locales, les circuits courts de distribution et le développement de l'offre agrotouristique dans la région centre-du-québec


par Marie-Laure SOULIER
Université Jean Moulin Lyon 3 - Master 1 Géographie et Aménagement 2009
  

Disponible en mode multipage

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Juillet 2009

SOULIER Marie-Laure

Master 1 Géographie et Aménagement du territoire

Diplôme Universitaire en Ingénierie de l'Espace Rural

École Supérieure Européenne en Ingénierie de l'Espace Rural

Université Jean Moulin-Lyon3

Ministère de l'agriculture, des pêcheries,
de l'alimentation du Québec
767 Boulevard Pierre Roux Est
G6T 1S7 Victoriaville
Québec - CANADA

Région Centre-du-Québec, photos MAPAQ

Tuteur pédagogique : Madame Honegger Anne Maître de stage : Madame DUMOULIN Sonia

La valorisation des productions agricoles locales, les circuits courts
de distribution et le développement de l'offre agrotouristique dans
la région Centre-du-Québec

Résumé

La remise en cause de l'agriculture moderne productive au niveau mondial, ainsi que l'émergence de nouvelles tendances sociales dans la population, amènent des bouleversements dans les paysages ruraux des pays développés. La valorisation des productions agricoles locales et les circuits courts de distribution apparaissent ainsi comme des solutions alternatives pour redynamiser l'économie d'une région mais aussi pour développer un sentiment d'appartenance au Centre-du-Québec. C'est du moins ce vers quoi la région Centre-du-Québec veut tendre en développant des modes de commercialisation qui rapproche le consommateur du producteur.

Abstract

Today's agri-business sector is having to face up to increasing competition and is undergoing both modernisation and structural and spatial concentration. In this context, the means available in rural areas have become particularly fragile. A variety of solutions have been adopted as valorisation of agricol product and short way of distribution they are alternatives solutions that Centre-du- Québec area intented to put in place.

REMERCIMENTS

Je tiens à remercier mon maître de stage, Madame Sonia DUMOULIN, pour m'avoir permis de réaliser mon stage dans l'équipe de l'Aménagement du Territoire de la direction régionale du ministère de l'agriculture, des pêcheries, de l'alimentation du Québec mais aussi pour m'avoir encadré durant mon cette expérience.

Je remercie également Madame Angèle Rivard-Martin qui a bien voulu m'accepter en tant que stagiaire sur le montage de son projet de marché de solidarité régionale de Victoriaville. J'ai beaucoup apprécié ses remarques, ses conseils et sa bonne humeur. Grâce a elle j'ai énormément appris tant au niveau technique qu'au niveau relationnel.

Merci à Monsieur FRECHETTE Lionel, Préfet de la MRC d'Arthabaska qui m'a accueilli de façon remarquable et qui était présent à tout moment, et à Monsieur BROCHU Guy, qui fut un premier contact fort important pour la recherche de stage au Québec.

Enfin, merci a l'ensemble du personnel pour sa sympathie, sa bonne humeur, sa disponibilité et son envie de partager les connaissances permettant ainsi aux stagiaires d'emmagasiner un maximum d'informations dans différents domaines.

Encore une fois merci a tous!

SOMMAIRE

Introduction générale p.6

Méthodologie p.8

Partie 1 : Le territoire et ses enjeux p.11

I. Présentation générale de la région Centre-du-Québec : un espace rural

stratégique en mutation p.12

1.1. Situation géographique et caractéristiques physiques d'une région située au coeur de la province du Québec p.12

1.2. Situation socioéconomique : une région nouvellement créée qui se cherche une identité propre p.19

1.3. Zoom sur les activités agricoles et agroalimentaires dans la région Centre-du-Québec

p.23

II. Un stage au coeur des problématiques agricoles modernes, une expérience

enrichissante pour ma vie professionnelle future p.34

2.1. Un stage au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), en partenariat avec plusieurs intervenants du milieu p.34

2.2. Le stage en lui-même, entre communication, comparaison et réciprocité p.37

Partie 2 : Vers des pratiques agricoles et de commercialisations alternatives p.41

I . Les systèmes de valorisation et de commercialisation des productions agricoles locales de la région Centre-du-Québec p.42

1.1. L'agrotouristique dans la région Centre-du-Québec : méthode de valorisation du travail de la ferme et des produits locaux p.42

1.2. Circuits touristiques et les festivals : outils de promotion des produits du territoire

p.58

1.3. Les marchés locaux : système de vente en circuits courts p.61

II. Enjeux d'aménagements et opportunités pour la mise en place de nouvelles pratiques de consommation et de production au niveau local p.70

2.1. La valorisation des productions agricoles locales dans la région Centre-duQuébec : un secteur en émulation mais avec peu d'expérience p.70

2.2. Au-delà du secteur agricole et économique p.72

2.3. Les enjeux et les défis p.73

Conclusion générale

Bibliographie p.78

Tables des figures

Tables des tableaux

Tables des matières

Annexes p.82

Introduction générale

Les filières agro-alimentaires modernes sont aujourd'hui remises en cause au niveau mondial. Elles sont confrontées à une concurrence exacerbée et subissent un mouvement de modernisation et de concentration structurelle et spatiale. Les réactions face à ces réalités globalisantes sont variées, certains préconisent l'intensification des productions, d'autres le travail sur la qualité et la diversification des produits agricoles.

Que l'on soit en France ou bien au Québec, la question de l'agriculture est essentielle pour l'avenir ; elle représente, en effet, un secteur économique important, créateur de richesse, le déploiement de ce secteur sur les territoires Français ou Québécois, en fait un pilier de la vitalité économique et sociale. En outre, il façonne les paysages et entretient des liens étroits avec l'environnement. De plus, des deux cotés de l'Océan Atlantique, le secteur primaire est soutenu par des politiques agricoles qui définissent a l'agriculture des objectifs et des stratégies. Alors que la Politique Agricole Commune Européenne va être renégociée sous peu, le 12 février 2008, la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois rendait public son rapport final. Ce rapport invite le milieu agricole et agroalimentaire à s'engager dans une démarche de changement. Dans cet esprit, le gouvernement du Québec annonçait, le 6 mars 2008, sa vision d'avenir pour l'agriculture et l'agroalimentaire québécois, intitulée La fierté d'en vivre. Le plaisir de s'en nourrir. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a donc mis en oeuvre une stratégie d'accroissement des achats de produits alimentaires québécois sur le marché intérieur. Cette stratégie sur la valorisation des productions agricoles locales définit le rôle qu'entend jouer le gouvernement en matière de promotion des produits québécois. Concrètement, cette stratégie s'est traduite dans les régions par le lancement de nombreuses campagnes de communication comme par exemple dans la région Centre-duQuébec : « Le Centre-du-Québec, goutez-y ! ».

La région Centre-du-Québec apparait, en effet, comme une région très dynamique à tous les points de vue, elle apparait également comme une région stratégique. Située au « centre du Québec ~, c'est-à-dire entre Montréal et Québec, elle est au coeur de la partie habitée de la province Québécoise ; elle apparait ainsi comme une région de transit entre deux pôles urbains.

On constate toutefois que le mouvement amorcé au niveau provincial sur la valorisation des productions agricoles locales correspond au développement, au Québec comme en Europe, de nouvelles tendances sociales. En effet, les dispositifs de vente directe connaissent, actuellement, un développement sans précédent. Une nouvelle dynamique se met en place depuis quelques mois dans la région Centre-du-Québec notamment. Les circuits courts de distribution y apparaissent sous la forme de l'agrotourisme, des marchés de solidarités régionaux, des festivals, des routes et circuits touristiques.

Les acteurs du territoire sont nombreux a contribuer a l'émergeance de cette rééducation à la consommation locale. Mon travail sur l'agrotourisme ainsi que sur la marché de solidarité régionale de Victoriaville, durant mon stage au ministère de l'agriculture, s'intègre a cette démarche avec comme porte d'entrée le programme « le Centre-du-Québec, goutez-y ! » mis en place par le MAPAQ le 4 mai 2009.

En corrélation avec la demande toujours plus importante des consommateurs, on voit de plus en plus de producteurs qui choisissent de vendre leur production directement. Ces pratiques sont, malgré tout, peu en phase avec le fonctionnement classique agricole Québecois qui privilégie, notamment dans la région Centre-du-Québec, la distribution en circuits longs, selon le modèle modernisateur agricole des années 60. Elles sont, pourtant, de plus en plus répandues, ainsi dans le contexte d'un territoire de transit fortement marqué par une agriculture intensive, en quoi la valorisation et la commercialisation des productions agricoles en circuits courts peut-elle contribuer au développement d'une économie rurale dynamique et d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement ?

Ainsi, dans un premier temps, nous verrons comment est organisé le territoire Centricois et quels sont les principaux enjeux de l'agriculture dans la région Centre-duQuébec. Puis nous nous attacherons spécifiquement aux acteurs du territoire ainsi qu'à mes missions de stage.

Dans un second temps, nous dresserons un portrait de tous les moyens mis en place au Centre-du-Québec qui permettent de développer les circuits courts de distribution, puis nous évaluerons les problématiques, ainsi que les défis et les enjeux que ces systèmes posent.

Méthodologie

Ce mémoire vise à présenter les différentes problématiques liées qu'aux circuits courts de distribution ainsi qu'à la valorisation des productions agricoles locales à forte valeur ajoutée.

Ce document est fondé en partie sur le travail que j'ai réalisé durant mon stage de quatre mois au Québec, a travers lequel j'ai pu travailler sur la question de l'agrotourisme notamment par la mise en place d'une enquête visant a mieux connaitre les attentes des producteurs au Centre-du-Québec ainsi que sur le montage de projet d'un marché local de producteurs.

Mon étude porte sur la région Centre-du-Québec puisque c'est a cette échelle que j'ai du travailler pour structurer le secteur de l'agrotourisme avec l'objectif d'établir un portrait de l'agrotourisme au Centre-du-Québec pour le comité AgroTourisme Centre-duQuébec. L'enquête consistait à contacter par téléphone chaque producteur agricole lié à l'agrotourisme qui était inscrit dans les banques de données du MAPAQ. Cette tache de renseignements a été effectuée sur une période de trois semaines durant les mois de mai et de juin 2009.

Ensuite s'en est suivie une période de traitement des données sous Access. L'enquête a également permis de remettre à jour les données informatiques du MAPAQ dans lesquelles les entreprises agricoles sont enregistrées. Concernant le montage de projet relatif au marché de solidarité régionale de Victoriaville, j'ai rencontré Madame Angèle Rivard-Martin avec qui nous avons constitué le Plan d'affaire du marché que nous avons présenté au CLD Bois-Francs. Par la suite j'ai interrogé des consommateurs, afin de cerner le rôle qu'ils pouvaient jouer dans la promotion et la diffusion de ces dispositifs, notamment, parce qu'ils semblaient avoir une grande importance aux yeux des producteurs.

C'est a partir de ces deux projets que cette réflexion sur la commercialisation et la distribution des produits locaux est née. Nous tenterons de mettre en lumière dans ce mémoire le rôle des circuits courts de distribution dans la région Centre-du-Québec, leurs retombées mais aussi sur les défis qu'ils ont a relevé pour l'avenir.

Partie 1 :

Le territoire et ses

enjeux

I . Présentation générale de la région Centre-du-Québec : un espace rural stratégique en mutation

La situation géographique et les caractéristiques physiques de la région Centre-duQuébec confèrent une position stratégique à ce territoire. Cette région se situe au centre névralgique de la province du Québec. De plus, les marchés américains très proches favorisent le développement de son économie en général et créent sur le territoire des mutations culturelles, sociales et économiques.

1.1. Situation géographique et caractéristiques physiques d'une région située au coeur de la province du Québec

Située a l'est de la région Montérégie et a l'ouest de la région Chaudière-Appalaches, la configuration géographique de la région Centre-du-Québec, en fait d'une part une région incontournable de passage mais aussi une région de transit oü l'on ne s'arrête pas forcément.

1.1.1. Une région de transit à dominante rurale prise entre deux pôles urbains

La région Centre-du-Québec se situe sur la Rive-Sud du Saint-Laurent, à mi-chemin entre deux gros pôles urbains majeurs : Montréal et Québec. Montréal concentre les pouvoirs économiques de la province Québécoise alors que Québec concentre les pouvoirs politiques et législatifs de la province. Ce positionnement géographique stratégique de la région est renforcé par un maillage routier et autoroutier dense au niveau provincial. Ces deux éléments font du Centre-du-Québec, une région incontournable; d'autant plus que les marchés Américains sont tous proches. En effet, la région Centre-du-Québec est notamment traversée par deux axes routiers importants :

Fig. 1 : schéma de l'organisation territoriale de la région

 
 

-la route 55 qui mène vers la Mauricie au nord et vers les ÉtatsUnis au sud en 4 heures de route.

-l'autoroute transcanadienne (autoroute 20) qui permet de rejoindre Québec ou Montréal en l'espace d'une à deux heures de route.

Source : MAPAQ-SOULIER Marie-Laure -Avril 2009

 

Toutefois, si le positionnement géographique est une chance pour la région, du fait de la proximité des marchés, il apparait aussi comme un territoire de transit à dominante

rurale oü l'on ne fait que passer et oü l'on ne s'arrête pas. Là est tout le défit de la région : entrainer une mutation économique, culturelle et sociale. Il s'agit de créer une identité propre au Centre-du-Québec tout en rendant la région attractive. Le Centre-du-Québec doit se démarquer et être attractif tant au niveau du tourisme, de la qualité de vie et de l'innovation afin de retenir la population sur le territoire et afin d'attirer des touristes et de nouveaux habitants sur le territoire. En effet, les municipalités de la région Centre-duQuébec sont à dominantes rurales, elles ne présentent donc aucun caractère exceptionnel pour les visiteurs. La trame urbaine sur la région représente 2 % du territoire. Toutefois, les municipalités de la région sont globalement bien desservies; elles se trouvent toutes à une demi-heure de route d'un pôle urbain offrant des services plus complets. La présence de deux villes de moyenne importance, Victoriaville et Drummondville, assure la plupart des services essentiels à la population de la région.

Fig. 2 : Les municipalités régionales de comté de la région et leurs pôles urbains

Si la région a une position géographique stratégique, elle est aussi marquée par des reliefs distincts et des climats variables.

1.1.2. Une région marquée par des reliefs distincts et des climats variables

La région Centre-du-Québec s'étend sur deux grandes régions physiographiques : sur les basses terres de la plaine du Saint-Laurent et sur les montagnes appalachiennes. Le piémont, une bande de terre inclinée, constitue une zone de transition entre les deux régions. La région est limitée au nord-ouest par le fleuve Saint-Laurent et occupe une superficie de 6 950 km2. Le Centre-du-Québec s'étend sur un territoire relativement plat, sauf dans sa partie montagneuse appalachienne, au sud-est. Avec son relief ondulé et vallonné, le pied des Appalaches est composé de sols propices aux élevages et à la croissance des érables à sucre. Il y a 15 000 ans, les glaciers qui recouvraient la région Centre-du-Québec ont exercé leur action comme agent de structure et de transport. Après leur fonte, ils ont laissé des dépôts qui se sont accumulés de différentes façons et ont servi de roche-mère aux sols qui se trouvent au pied des Appalaches. À mesure que les glaciers reculaient vers le nord, les eaux de la mer de Champlain envahissaient les parties basses de la région. Pendant la période de submersion marine, les sédiments argileux se sont accumulés sur de grandes surfaces dans la partie nord-ouest. La partie centrale de la région est recouverte surtout de sable et de gravier, et parsemée de petits ilots de loams sableux et argileux propices à la culture de la céréale et des fourrages. Dans la partie nord-ouest du Centre-du-Québec, le relief plan et les sédiments argileux, qui s'y sont déposés, créent des conditions favorables a plusieurs cultures de céréales et de légumes.

Fig. 3 : Carte du Québec

Le relief en lui-même ne représente donc pas un obstacle pour la région, en revanche, le climat est bien plus problématique. En effet, quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref ainsi qu'un automne frais et coloré. Les saisons les plus marquées restent l'été et l'hiver. Les étés sont chauds et souvent très humides. La période chaude dure environ deux mois. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol généralement de novembre à avril), très neigeux et humides. Ils représentent un handicap pour la région notamment au niveau des transports car les tempêtes de neige paralysent les réseaux routiers. Les températures représentent également une limite au développement du territoire car les variations de température sont très importantes, de fait elles abîment énormément les réseaux routiers (apparition de gros nids de poule) qu'il faut rénover chaque année. Les températures peuvent atteindre les 35 °C en été et descendre sous la barre des -40 °C en hiver.

Cette configuration physique a conféré au Québec un environnement diversifié et des ressources naturelles riches.

1.1.3. Environnement et ressources naturelles

L'abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec est remarquable par les richesses naturelles de son vaste territoire marqué par de grandes étendues de terre et de forêt. En effet, les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km; de plus, l'immense majorité (90,5 %) de ces dernières sont de propriété publique. Le Québec est également riche de ses nombreux cours d'eau, très exploités par la société Hydro-Québec, une société d'État québécoise qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois pour la création de l'électricité. Hélas une grande majorité des cours d'eau sont aujourd'hui pollués. Cette exploitation a tout de même permis de modifier le bilan énergétique du Québec en vingt ans. L'électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d'énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. De plus, la province Québécoise se distingue dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux, riche de ses ressources minières, elle compte environ trente mines, 158 entreprises d'exploration et une quinzaine d'industries de première transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitées, dont les plus importantes sont l'or, le fer, le titane, l'amiante, le cuivre, le zinc et l'argent. À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. La région Centre-du-Québec, se démarque fortement dans se secteur avec l'exploitation d'une mine d'amiante a ciel ouvert à Asbestos (voir le fig.4 ci-dessous). Les ressources Québécoises ont été très exploité jusque dans les années 1980, sans se soucier des répercutions sur l'environnement. A ce moment, un virage a été opéré par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui est le gestionnaire du territoire public, des ressources forestières, minérales, énergétiques et fauniques ainsi que de l'information foncière. Ainsi, en 1985, le Ministère, dans le but d'assurer la conservation des ressources naturelles et du territoire, a créé la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) qui est une société d'État qui a pour mandat d'administrer et de développer des territoires naturels et des équipements touristiques. La Sépaq s'est donnée la mission d'assurer l'accessibilité, la mise en valeur et la protection de ces équipements publics pour le bénéfice de sa clientèle, des régions du Québec et des générations futures, par la gestion des

parcs nationaux. La Sépaq relève aujourd'hui de l'autorité de la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Ainsi, une prise de conscience de la nécessité de protéger le territoire s'est amorcée par une mutation au niveau de la gestion et de l'exploitation des ressources. Jusque là peu protégées, le gouvernement Québécois cherche depuis une vingtaine d'années à mettre en valeur ses ressources et à les sauvegarder.

Fig. 4 : photographie mine d'Asbestos

Source : mine d'Asbestos, photographie personnelle, mars 2009

Il faut ainsi noter que la gestion et l'exploitation des ressources naturelles et économiques dépendent en grande partie de l'organisation territoriale du territoire.

1.1.4. Organisation territoriale de la province et de la région

La province du Québec est divisée en 17 régions administratives à la tête desquelles se trouve habituellement une Conférence régionale des élus (CRÉ). Dans leurs compétences propres, ces régions servent a organiser l'administration publique québécoise et a créer des unités de division pour les différents services du gouvernement du Québec. Elles sont formées par les résidents et municipalités d'une même région d'appartenance, dont le regroupement avec les autres régions constitue ultimement l'État du Québec. Les CRÉ agissent normalement en tant qu'interlocuteurs privilégiés pour leur région respective auprès du Conseil des ministres du Québec. Leur pouvoir décisionnel et de dépenses relèvent cependant et uniquement des mandats qui leur sont confiés par le gouvernement québécois.

Fig. 5 : schéma de l'organisation administrative du

Québec

Source : Institut de la statistique du Québec (ISQ), Profil de la région Centre-du-Québec Tableau 1 : Organisation administrative du Québec

Numéros des régions administratives

Région administrative

Région administrative

01

Bas-Saint-Laurent

09

Côte-Nord

02

Saguenay-Lac-SaintJean

10

Nord-du-Québec

03

Capitale-Nationale

11

Gaspésie-Îles-de-laMadeleine

04

Mauricie

12

Chaudière-Appalaches

05

Estrie

13

Laval

06

Montréal

14

Lanaudière

07

Outaouais

15

Laurentides

08

Abitibi-Témiscamingue

16

Montérégie

 

17

Centre-du-Québec

Source : Institut de la statistique du Québec (ISQ), Profil de la région Centre-du-Québec

Les régions sont elles mêmes divisées en municipalités régionales de comté (MRC), ce sont des entités qui regroupent plusieurs municipalités (l'équivalent de nos communes). Les MRC ont pour rôle de d'assurer un consensus régional sur leur territoire, elles ont compétence dans les domaines de la culture, de l'aménagement du territoire, dans l'équilibre de son environnement, ainsi que dans le développement socio-économique. Elles ont pour rôle de sensibiliser les municipalités locales aux enjeux régionaux et de favoriser la concertation des

milieux. La région Centre-du-Québec, en elle même comprend cinq municipalités régionales de Comté (MRC) :

La MRC d'Arthabaska compte 24 municipalités.

La MRC de Bécancour compte 12 municipalités.

La MRC de Drummond compte 18 municipalités.

La MRC de L'Érable compte 11 municipalités.

La MRC de Nicolet-Yamaska compte 16 municipalités.

Fig.6 : les MRC de la région Centre-du-Québec

Source : MAPAQ, 2008

La région Centre-du-Québec compte, au total, 84 municipalités réparties sur ces cinq MRC. D'une manière générale, les municipalités sont plutôt bien équipées au niveau des services de base. La plupart des municipalités disposent, par exemple, d'artisans et commerces essentiels (dépanneurs notamment). La région Centre-du-Québec a une organisation territoriale décentralisée, ce qui semble normal vu l'étendue du territoire. Elle dispose de plusieurs pôles d'attraction qui « drainent » les municipalités environnantes. Drummondville est la ville-pôle de la MRC de Drummond ; l'agglomération urbaine regroupe près de 69 000 habitants. Elle dispose de nombreux services sportifs, médicaux et sociocommunautaires. Victoriaville est la ville principale de la MRC d'Arthabaska. On y compte le plus grand nombre d'habitants (près de 40 000 habitants), d'entreprises, d'institutions, de commerces et de

services. L'agglomération de Plessisville (près de 7 000 habitants), dans la MRC de l'Érable, constitue un pôle d'attraction dynamique où sont regroupés la plupart des services et entreprises. Les secteurs d'activités les plus importants sont l'industrie du métal, de la machinerie, du bois, du meuble, de l'alimentation, de l'agroalimentaire et de l'habillement. Bécancour est un important centre de polarisation pour la MRC de Bécancour ; elle est dotée de multiples équipements récréotouristiques et patrimoniaux. Nicolet est au coeur du développement de la MRC de Nicolet-Yamaska, ce centre urbain compte près de 8 000 habitants, il dispose surtout de services éducatifs, culturels et touristiques.

La région Centre-du-Québec est une région qui a été crée il y a une quinzaine d'année, de ce fait l'organisation territoriale de la région Centre-du-Québec est relativement ressente. En effet auparavant la région Centre-du-Québec n'existait pas, elle était comprise dans la région Mauricie-Bois-Francs. Ce caractère confère à la région Centre-du-Québec une situation socioéconomique particulière.

1.2. Situation socioéconomique : une région nouvellement créée qui se cherche d'une identité propre

Étant une entité nouvelle, la région Centre-du-Québec doit depuis sa création protester sa légitimité et son utilité

1.2.1. Le Centre-du-Québec : une région nouvellement créée qui proteste sa légitimité

La région administrative du Centre-du-Québec à été créée en 1997. Avant cette date, c'est-à-dire de 1987 à 1997, la région était intégrée à la région de la Mauricie, autrefois appelée Mauricie-Bois-Francs. Dissoute le 30 juillet 1997, cette dernière était composée des actuelles régions administratives de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Les traces de cette union demeurent encore très présentes dans la région, notamment au niveau de la répartition des services d'Etat. En effet, les bureaux administratifs font doublon dans la région Centre-du-Québec, entre les villes de Drummondville, de Nicolet et de Victoriaville, parce qu'il n'y a pas sur la région une ville suffisamment importante pour imposer son aura. De plus, au niveau de la culture, l'administration des budgets et des activités reste gérée par l'ancienne entité Mauricie-Bois-Francs. Effectivement, sur le territoire Centre-du-Québec, il n'y a pas de ville suffisamment importante pour supporter a elle seule le domaine de la culture qui en revanche est un secteur bien plus représenté sur la ville universitaire de TroisRivères. La région Centre-du-Québec est en quelque sorte divisée en deux : la région située autour de l'autoroute 20 (Drummondville, Victoriaville, Plessisville) et la région située près du fleuve (Nicolet et Bécancour) qui regarde et travaille davantage avec la région de la Mauricie. Le projet de dissociation de l'ancienne région Mauricie-Bois-Francs a été porté par les élus de l'actuelle région Centre-du-Québec qui considéraient que leurs projets pour la région n'étaient pas suffisamment pris en compte dans l'entité administrative Mauricie-BoisFrancs. Ainsi, à leurs yeux les projets favorisés étaient ceux proposés par les élus de la rive nord du St Laurent. Le projet a été porté par l'ancien ministre des transports du Québec et député du territoire d'Arthabaska : M. Jacques BARRY. De ce fait, la région Centre-duQuébec est une entité toute récente, elle n'a qu'une douzaine d'année. De plus, il est a noter que ce projet de division a été porté par les élus locaux et non pas par la population dans son ensemble. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi la région Centre-du-Québec

cherche à se légitimer et à se créer une identité propre qui soit différente des représentations mentales que l'ancienne région Mauricie-Bois-Francs mettez en avant auparavant. Il s'agit donc pour la région Centre-du-Québec de créer une identité collective capable à fédérer la région car nombre d'autochtones ne savent pas qu'ils appartiennent à cette entité administrative.

La difficulté de créer une identité collective sur la région vient également du fait que le Centre-du-Québec est un territoire étendu qui cherche à être attractif.

1.2.2. De grands espaces peu densément peuplés qui cherchent à être attractifs

Le Québec dans son ensemble est marqué par ses grands espaces non urbanisés; alors que la densité de la population du Québec est d'environ 4,9 habitants par kilomètre carré, 80 % de sa population est principalement répartie au sud, près des rives du fleuve Saint-Laurent. En effet, le Nord du Québec compte pour 43 % du territoire or seulement 40 637 Québécois y habitent. Si l'on considère les zones urbanisées, ainsi que la démographie Québécoise, la région Centre-du-Québec apparait de fait comme une région centrale pour la province non pas du point de vue géographique stricte mais comme nous l'avons vu plus haut du point de vu de l'économie, des pouvoirs législatifs et de la sociologie. La région du Centre-du-Québec est en croissance depuis les quinze dernières années. Elle représentait 3,0 % de la population du Québec en 2007, soit 228 865 habitants. Cette population, répartie sur un territoire de 6 921 km2, a une densité de 33 habitants/km2.

Fig. 7 : évolution démographique au Centre-du-Québec

Evolution démographique et perspectives, 1971-2021

Sources : Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec. Compilation : Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

On remarque que la population au niveau de la région se concentre surtout autour des centres urbains importants, tel que Drummondville et Victoriaville, comme le montre le tableau ci-dessous.

MRC

Principales municipalités

Population

Drummond

Drummondville

48 535

Arthabaska

Victoriaville

40 562

Bécancour

Bécancour

11 436

Nicolet-Yamaska

Nicolet

7 866

L'Érable

Plessisville

6 716

Source : CLD Bois-Francs

La MRC d'Arthabaska compte 66 160 habitants, la MRC de Bécancour compte 19 150 habitants, la MRC de Drummond compte 92 271 habitants, la MRC de L'Érable compte 23 917 habitants, la MRC de Nicolet-Yamaska compte 22 915 habitants. Depuis 1971, la population du Centre-du-Québec n'a cessé de progresser, mais ce à un rythme de plus en plus modéré. En outre, les perspectives démographiques pour la région demeurent bonnes, bien qu'un ralentissement du rythme de croissance de la population soit prévu jusqu'en 2021. Cette croissance est due, notamment, à un solde migratoire total positif et est alimenté à la fois par les mouvements migratoires internationaux et interrégionaux.

Si l'identité québécoise est marquée par ces faibles densités démographiques, elle a aussi été construite sur un refus et une négation de l'Américanité, toutefois au quotidien il est évident que la société québécoise en elle-même est marquée par le mode de vie nord Américain.

1.2.3. Le mode de vie Nord Américain dans la sociologie Centricoise

L'identité québécoise a été construite sur un rejet et sur une négation de l'Américanité. Un postulat populaire affirmait que la culture Québécoise était fondamentalement distincte de ses voisines, il a suscité pendant un siècle un discours de la différence qui s'est nourri de tous les traits réels et imaginaires (stéréotype de la surfécondité québécoise au cours du dernier tiers du XIXe siècle, stéréotype de la famille solidaire, omniprésente et travailleuse, pivot de la société rurale québécoise) pouvant accréditer la distance qui séparait le Québec de l'Amérique. Malgré ce refus de l'Américanité, de fortes similitudes retiennent l'attention entre la société québecoise et américaine. Tant au niveau de l'urbanisme qui est étalée, perpendiculaire et sans centre ville, de l'architecture pavillonnaire, des pratiques de consommations, du mode de vie quotidien animé par de grosses voitures et des chaines de « fast-food p... On pourrait caractériser par trois traits la dynamique culturelle nord américaine. D'abord, le phénomène de rupture y est essentiel, a la fois au plan des pratiques culturelles et au plan du discours; M. Laroche en 1970 dans son ouvrage L'homme américain, insiste sur le concept de rupture dont a fait preuve « l'homme venu d'outre-mer et qui a dû rompre avec sa civilisation originelle ». En deuxième lieu, on assiste a un phénomène d'appropriation du nouveau territoire, cet aspect se révèle dans les modes

d'aménagement matériel, les formes du paysage, les techniques, mais aussi au plan symbolique dans la toponymie, le vocabulaire, l'expression littéraire et artistique. En troisième lieu, il y a une volonté de recommencement, de recréation collective qui s'affirme dans les projets de société; elle s'exprime notamment au plan local par la volonté séparatiste. Ces perspectives font inévitablement surgir le concept d'Américanité. En effet, le Québec est marqué par le modèle étasunien, mais il est évident que l'on a affaire ici à une grande diversité de trames historiques. Il est intéressant de voir que les auteurs Québécois portent un grand intérêt au concept d'américanité tout en le congédiant périodiquement, tant au niveau linguistique (rejet de l'anglais), qu'au point de vue des modes de vie (rejet des fast-foods, rejet du mode de transport avec de grosses voitures, rejet des grande chaine de distribution...). L'américanité est vécue au Québec comme un problème, a la fois proche et distant, à la fois identité et altérité. Toute l'ambigüité de la société québécoise repose dans le fait qu'elle se situe dans un entre deux. Le Québec est situé en Amérique et en a hérité des modes de fonctionnement toutefois le Québec a été peuplé par des européens qui ont gardé des liens étroits avec le vieux continent et notamment avec la France. Cet état d'ambiguïté, d'hésitation et d'inquiétude constitue une coordonnée fondamentale de la culture québécoise comme francophonie nord-américaine. Au lieu d'un résidu à liquider ou d'une contradiction a résoudre, il s'agit d'une tension créatrice. La culture Québécoise cherche aujourd'hui à redéfinir son avenir et sa position dans le monde; il apparait évident dans ce contexte que l'investissement dans l'américanité est tempéré par une ouverture sur l'Europe, en particulier sur la France; par nécessité la culture québécoise sera toujours une culture en tension et en extension. Cela se matérialise très clairement dans la société par la tension qui s'exprime autour de la francophonie avec un rejet de l'anglais.

1.2.3. Positionnement économique de la région

Le secteur primaire comprenant la filière agricole, de l'agroalimentaire et de l'acériculture, est une des forces de la région avec un total de 19 100 emplois. Les secteurs de l'abattage, de la transformation des viandes et des produits laitiers sont ceux qui créent le plus d'emplois. A elle seule, la transformation alimentaire génère 23 % des emplois de l'ensemble de l'industrie bioalimentaire régionale. Ces emplois représentent 3,9 % du nombre total des emplois dans le Centre-du-Québec, ce qui est assez important comparativement à la moyenne provinciale, qui se situe à 2%. La région du Centre-duQuébec peut être qualifiée de région manufacturière. En effet, le secteur de la fabrication accapare 26,4 % des emplois dans la région comparativement à 14,1 % au Québec. Aux secteurs traditionnels de la transformation du bois, du sciage et du meuble, s'ajoutent les industries spécialisées dans les technologies de pointe et les industries lourdes comme l'aluminerie implantée dans le parc industriel de Bécancour. Celui-ci possède un port en eau profonde ouvert à l'année. Au Centre-du-Québec, le secteur tertiaire compte une part moins grande des emplois que l'ensemble du Québec. Plus précisément, la proportion d'emplois est nettement plus faible dans les services publics (services gouvernementaux, enseignement, santé et services sociaux) et dans les services moteurs (services financiers, commerce de gros, services professionnels, etc.). De 1999 à 2002, le taux d'emploi de la région du Centre-du-Québec a été plus faible que celui de l'ensemble du Québec. Depuis, le taux d'emploi de la région est en progression continue avec une croissance annuelle moyenne de 2,0 %. En résumé, la performance du marché du travail de la région du Centredu-Québec surpasse celle de l'ensemble du Québec.

1.3. Zoom sur les activités agricoles et agroalimentaires dans la région Centre-du-Québec 1.3.1. Comprendre l'évolution du secteur primaire au Québec

De la naissance de l'agrobusiness au Québec à la doctrine dominante

L'agriculture au Québec a subi une première vague d'industrialisation au cours des années 1940 et 1950; le nombre d'exploitants de fermes a temps complet est alors passé de 133 000 en 1941 à 109 000 en 1951. L'exode rural de la campagne vers la ville a suivi le même rythme. Le secteur primaire au Québec de même que le monde rural Québécois est longtemps resté sous l'influence de l'Église qui a eu très tôt la volonté de freiner l'industrialisation de l'agriculture. En effet, déjà en 1926, pour freiner ce mouvement d'industrialisation, l'Église avait réussi a prendre le contrôle de l'Union des cultivateurs catholiques (UCC), qui allait devenir l'Union des producteurs agricoles (UPA) en 1972, en évinçant de l'organisation les agriculteurs progressistes des Fermiers unis du Québec, rattachés aux Fermis unis des l'Ontario et de l'Ouest Canadien. En 1951, cependant, devant le retard qu'accuse l'agriculture Québécoise par rapport a celle de l'Ontario, une commission d'enquête est créée : la commission Héon. Il y a alors 140 000 fermes au Québec. Le verdict de la commission est sans appel : il y en a 100 000 de trop. Selon la commission Héon, 40 000 fermes bien équipées et bien gérées étaient plus en mesure de relever des nouveaux défis plutôt que 140 000 petites fermes aux méthodes obsolètes qui pénalisaient par leur faible rendement et l'absence de contrôle de qualité, ceux qui avaient accepté d'investir. La commission propose alors de faire disparaitre 100 000 fermes en exigeant des standards de qualité et de sécurité sanitaire plus élevés pour décourager les petits fermiers qui s'en tiennent aux pratiques traditionnelles et en soutenant le modernisation par des programmes d'aides aux semences certifiées, aux troupeaux de race, aux fosses a fumier... La méthode continue d'être appliquée; en effet, il ne reste a peine plus de 30 000 fermes au Québec en 2002. Toutefois, c'est au début des années 1990 avec la globalisation de l'économie et l'introduction des produits agricoles dans les négociations du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), de l'ALENA, et de l'UPA, de pair avec les gouvernements et les grandes entreprises agroalimentaires, s'engagent résolument dans une orientation productiviste et un modèle industriel et marchand, pourtant vivement dénoncé lors des États généraux du monde rural tenus en 1991. L'industrie porcine devient alors le fer de lance de ce modèle agricole industriel basé sur la « méga-entreprise spécialisée». Ce développement rapide et intensif bouleverse les équilibres traditionnels de la campagne et de la cohabitation rurale par le développement des méga-porcheries avec fumier liquide vis-à-vis de la qualité de l'eau, de l'environnement, des sols, des cultures.... La croissance de l'industrie porcine est favorisée par une série de politiques agricoles votée sous la pression des producteurs de porcs : la loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (loi 23) en 1996, qui confère un droit de produire prioritaire aux producteurs agricoles en zone verte; un règlement sur la réduction de la pollution d'origine agricole négocié a la baisse; une restriction sévère des pouvoirs d'aménagement et de la réglementation des municipalités concernant les activités agricoles (la loi 184 de juin 2004, empêche systématiquement les élus locaux de poser des contraintes réglementaires au développement agricole industriel)...Le sommet des décideurs en agroalimentaire a SainteHyacinthe 1997 et 1998 a donner a l'agrobusiness québécois sa charte de officielle. L'agriculture est alors considérée comme une industrie majeure et doit devenir le fer de lance assurant le positionnement québécois sur les marchés mondiaux. On ne parle plus de

qualité de l'alimentation, d'autosuffisance alimentaire, ni de vitalité du monde rural, on se fixe comme objectif de doubler les exportations agricoles d'ici 2010 et plutôt de viser l'exportation de produits diversifiés et transformés. Le Québec exporte actuellement 50% de sa production de porc, or cette proportion pourrait s'élever à près de 70% si on en croit les rapports du Forum de l'automne 2005. Devant la pression croissante des citoyens, soutenus par l'Union paysanne en juin 2002, le gouvernement négocie avec l'UPA et les unions municipales un ensemble de mesure visant a permettre l'accalmie :

> Des consultations du bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le développement durable dans l'industrie porcine

> Des moyens supplémentaires de contrôle pour le ministère de l'environnement (accès aux dossiers de la Financière agricole sur les animaux assurés)

> Un règlement révisé sur les exploitations agricoles qui inclut comme outil de
contrôle des plans de fertilisation basés sur le bilan phosphore, ferme par ferme.

Le financement par l'État, un domaine significatif du changement de la politique agricole

L'agriculture est un secteur majeur de l'économie Québécoise, mais elle est aussi le secteur le plus subventionné par l'intermédiaire d'un grand nombre d'outils et de programmes destinés aux producteurs agricoles : crédit agricole, aide a l'établissement et a l'amélioration des terres, assurances pour les récoltes, le bétail et le revenu, aide en agroenvironnement (fosses a fumier, bandes riveraine, retrait des animaux des cours d'eau, haies brise vent et haies brise odeur, clubs agroenvironnementaux...). On estime actuellement à plus de un milliard de dollars par année ces contributions publiques à l'agriculture québécoise, ce qui équivaut d'après les données du ministère de l'agriculture a 50% du revenu net moyen des agriculteurs. Jusqu'à présent il y avait peu de soutien pour les exploitations marginales, l'agriculture biologique, la transformation et la mise en marché locale. Or depuis deux ans, suite à la publication du rapport de la commission de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois en janvier 2008, un virage s'est opéré. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcherie et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) est le premier à promouvoir ces domaines qui apparaissent comme novateur avec le programme provincial : « la fierté d'en vivre, le plaisir de s'en nourrir ». En effet, le rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, à mis en lumière la nécessité de changer les pratiques agricoles Québécoises, de les rendre plus respectueuses de l'environnement et de relocaliser l'agriculture. Le gouvernement a souscrit a une vision d'un secteur agricole et agroalimentaire qui a pour mission première de contribuer à nourrir les Québécois et les Québécoises tout en tirant profit de son plein potentiel sur les marchés d'ici et d'ailleurs, d'offrir des aliments sains, de respecter les principes du développement durable et de diversifier les entreprises et les productions. Ce programme a été repris en parti, au niveau régional avec la campagne lancée le 4 mai 2009 : « Le Centre du Québec, goutez-y! », le but de cette campagne de communication est d'inciter le consommateur a acheter des produits locaux. La démarche est différente au niveau du financement, on ne subventionne pas directement le producteur, on est plus dans une démarche de communication; on essaie avec ces nouveaux programmes de changer les habitudes du consommateur, on cherche a le sensibiliser au pouvoir qu'il possède sur son territoire en tant qu'acheteur qui a le choix dans les produits qu'il met dans son panier d'épicerie.

1.3.2. Une agriculture intensive, spécialisée et productive avec circuits longs

Le portrait de l'agriculture Centricoise

L'agriculture centricoise est assez bien répartie sur l'ensemble du territoire. Dans la région Centre-du-Québec, on compte 3 448 entreprises qui cultivent près de 240 000 hectares. En 2006, la superficie moyenne des terres en culture dans la région était de 89 hectares par entreprise, alors que la moyenne québécoise était de 81 hectares. Cette superficie moyenne a fortement augmenté depuis 1981. De façon générale, ce sont les cultures annuelles telles que le maïs grain et le soya qui ont pris le plus d'expansion. On observe une diminution du nombre d'exploitations, mais une augmentation évidente de la taille des exploitations, comme le montre le tableau ci-dessous :

Tableau 2 : évolution de la taille des fermes

1956

45 ha

1961

56 ha

1981

68 ha

1991

81 ha

2006

89 ha

Source : MAPAQ Cette croissance est observée principalement dans les MRC de Bécancour, d'Arthabaska et de Nicolet-Yamaska. En somme, 37 % de la zone réservée a l'agriculture est cultivée. Le reste de la zone agricole est principalement en forêt. De fait, les entreprises agricoles sont moins nombreuses, mais plus spécialisées, plus performantes et plus productives. Le secteur agricole représente un marché important, il crée à lui seul quelque 6 500 emplois sur la région. Selon le portrait agriculture et agroalimentaire dans la région Centre-duQuébec, réalisé par le MAPAQ en 2008, les productions animales dominent dans la région du Centre-du-Québec. Près de 65 % des revenus agricoles de la région proviennent de la production de lait, de porcs et de volaille.

Tableau 3 : Répartition des types de productions végétales dans la région Centre-du-Québec

Au sein de la région Centre-du-Québec, on retrouve principalement les productions suivantes :

> La production laitière

La production laitière constitue la principale production agricole du Centre-du-Québec, avec 1153 entreprises laitières et un cheptel de près de 63 000 vaches.

Cette production génère plus du tiers de l'ensemble des revenus agricoles de la région. Depuis 1981, la région a enregistré une diminution du nombre de fermes laitières de l'ordre de 66 %. Performantes, ces exploitations ont néanmoins augmenté de 12 % leur production de lait.

> La production porcine

La production porcine est la deuxième en importance dans le Centre-du-Québec. En 2005, les 360 entreprises de la région possédaient un cheptel de 698 000 têtes en inventaire (truies, porcelets et porcs d'engraissement). Cependant, cette croissance a été ralentie par certains événements tels que le moratoire sur la production porcine, les nouvelles normes environnementales, l'augmentation des investissements nécessaires et l'éclosion de nouveaux foyers de maladies.

> L'aviculture

En 2005, 11 % du cheptel de poulet québécois était produit dans le Centre-du-Québec. Le nombre d'entreprises avicoles pour tout type de volailles se situait a 127. Au cours des vingtcinq dernières années, la production avicole a connu une fluctuation qui s'est traduite par une diminution du tiers du nombre de fermes avicoles et une augmentation de 50 % du nombre de têtes.

> La production bovine

La production bovine se situe au second rang dans la région en ce qui concerne le nombre d'entreprises agricoles. En 2005, ce secteur dont le nombre de fermes est en croissance comptait 884 entreprises. Le Centre-du-Québec occupe le premier rang provincial en ce qui a trait au nombre de veaux de lait produits et le second rang pour la production de veaux de grain. Néanmoins, la taille des troupeaux demeure restreinte, avec une moyenne de 38 bêtes. Étant donné que le modèle de production pour faire vivre une famille est d'environ 105 vaches, les propriétaires exploitent souvent leur entreprise bovine à temps partiel.

> La production ovine

La production ovine a connu une forte expansion. Avec ses 27 300 bêtes, le Centre-duQuébec détenait 10 % du troupeau de moutons québécois en 2005. La spécialisation des entreprises et le regroupement de la mise en marché de leurs produits ont permis aux producteurs de quadrupler la taille moyenne de leur troupeau par rapport à 1981.

> La production caprine

La production caprine a connu une forte expansion. La taille du cheptel caprin total a grossi de sept fois entre 1981 et 2006. La région produit 37 % des chèvres du Québec. Ce développement exceptionnel de la production a amené les acteurs de la région à définir cette production comme un des secteurs prioritaires du Centre-du-Québec en ce qui a trait aux produits laitiers de spécialité.

> Les productions végétales

La région du Centre-du-Québec se classe au deuxième rang des régions productrices de céréales et de protéagineux au Québec. Les superficies de ces cultures ont augmenté considérablement depuis 1981. Plusieurs facteurs expliquent ces changements, comme la consolidation de la production laitière, qui a eu pour effet de libérer une quantité importante de terres qui furent récupérées par ce type de culture et la mise en valeur des

terres abandonnées, le défrichement et l'abandon des cultures pérennes comme le foin et les pâturages. Parallèlement, la superficie des prairies et des pâturages a diminué de 27 % depuis 1981.

> La canneberge

La canneberge s'est fortement développée sur des sols jugés peu propices a d'autres cultures parce qu'ils étaient situés a proximité des milieux humides et sablonneux acides. De 1992 a 2002, le nombre de producteurs est passé de trois a plus d'une trentaine, et les superficies cultivées, de 127 à près de 1 200 hectares. Le Centre-du-Québec s'est taillé une position de chef de file dans la production de canneberges. Globalement, cette industrie a généré quelque 500 emplois dans la région au cours des dix dernières années. La croissance de ce secteur d'activité a amené des investissements de l'ordre de 12 millions de dollars pour l'année 2005-2006. On considère aujourd'hui cette production comme étant aussi importante pour le Centre-du-Québec que le bleuet peut l'être pour le Lac-Saint-Jean. La région détient le plus grand nombre de superficies destinées à la culture de canneberges biologiques a l'échelle mondiale. Cette production de créneau a pu se développer notamment grâce à des investissements importants dans la transformation de ce petit fruit.

> Les fruits et légumes

Quoique moins présente dans le Centre-du-Québec que dans les autres régions environnantes, la production de fruits et de légumes s'est développée sur de petites surfaces dans la région centricoise, à partir de la vente à la ferme et dans les marchés publics.

La culture des arbres fruitiers et des petits fruits, excluant la canneberge, a connu une certaine expansion durant les vingt-cinq dernières années. Malgré la diminution du nombre de fermes productrices de fruits, le nombre d'hectares consacrés a ce type de culture a plus que triplé de 1981 à 2006. En 2005, les superficies cultivées pour les fruits occupaient près de 380 hectares dans la région du Centre-du-Québec. Avec ses 43 hectares, la culture du bleuet en corymbe dans le Centre-du-Québec équivaut à 18 % du territoire québécois alloué à cette culture. La fraise occupe la deuxième plus grande superficie réservée à la culture des petits fruits dans la région, ce qui correspond à 5,3 % des superficies totales du Québec.

Les superficies servant a la culture de légumes a l'état frais dans la région du Centre-duQuébec représentent 3,6 % des superficies au Québec. La production de légumes de transformation est en déclin depuis 2005 en raison de la forte compétition internationale.

> L'acériculture

La superficie des érablières de la région du Centre-du-Québec représente 10 % de celle de l'ensemble des érablières exploitées au Québec. L'acériculture s'est développée considérablement dans la région, et le nombre d'entailles est passé de 2,1 millions à 3,2 millions entre 1981 et 2006, soit une augmentation de 52 %. En 2006, on dénombrait près de 800 producteurs dans le Centre-du-Québec. Ils produisaient plus de 7 millions de livres de sirop d'érable, ce qui permet a la région d'occuper le quatrième rang québécois en la matière. L'agriculture biologique, sur laquelle reposaient les activités de 17 transformateurs et de 91 entreprises en 2005, connaît une croissance de l'ordre de 20 % depuis 2002 en termes de nombre de producteurs. La plus grande proportion de fermes biologiques est localisée dans la MRC de L'Érable. L'acériculture est d'ailleurs le secteur qui présente le plus fort taux de production biologique de la région.

Description des pratiques agricoles au Centre-du-Québec

L'exploitation industrielle moderne est une entreprise commerciale, elle n'a plus la fonction d'autosuffisance de la ferme familiale traditionnelle de 100 arpents (40 hectares environ). Il est intéressant de voir qu'au Québec on ne parle pas d'exploitation agricole mais bel et bien d'entreprise agricole, ce trait au niveau du langage est évocateur, l'entreprise agricole doit dégager des bénéfices, alors que chez nous l'exploitation agricole vise en premier lieu à mettre en valeur un terroir. L'agriculture dans ce contexte revêt un aspect industriel qui n'a alors plus aucun lien avec la nature. La tailles de ces méga-exploitation ne cesse d'augmenter depuis les années 1950, comme en témoigne le tableau ci-dessous, les exploitations sont de plus en plus grandes, elles sont aussi de plus en plus chères, elles deviennent ainsi inabordables pour la relève. De fait, une tendance s'est amorcée, les fermes sont rachetées par les grandes compagnies du secteur agroalimentaire. Les exploitations modernes au Québec et qui plus est dans la région Centre-du-Québec, se spécialisent dans une super production en respectant des règles strictes. Les méga-élevages intensifs de poulets, de porcs, de bovins, sont la plupart du temps des élevages dit « sans sol » ou « hors sol », les animaux ne sortent plus aux pâturages, on les parque dans des bâtiments agricoles a longueur d'année, si bien que le stress, l'enfermement et la non stabulation les rend vulnérables aux maladies. Au cours de mon stage, j'ai eu la chance de visiter, la ferme Landrynoise, une entreprise agricole laitière qui comptait plus de mille vaches, l'organisation de l'exploitation est impressionnante, toutes les opérations (traites, nettoyage,...) sont robotisées, le plus frappant est que les bêtes ne sortent pas de la stabulation.

Fig. 8 : Photographie ferme automatisée

Source : ferme landrynoise-mai 2009-photographie personnelle

Les antibiotiques et les hormones sont couramment utilisés pour accélérer la croissance des animaux, les inséminations artificielles et la sélection génétique sont utilisées systématiquement. L'alimentation des animaux obéit aux contraintes de l'automatisation et du rendement. J'ai eu la chance de visiter une exploitation agricole parmi les plus grande du Québec, il s'agissait d'une entreprise laitière qui comptait 600 vaches, chaque vache a un collier qui indique a un robot de délivrer tant de nourriture à cette bête, les rations sont calculées par ordinateur en fonction du rendement de chacune; la bête ne dispose alors que de quelques minutes pour manger. On cherche à maximiser les rendements par l'ajout de céréales et d'ensilages riches en protéines. Les vaches ne sont plus des animaux mais des machines à lait. Un autre robot racle en permanence les fumiers semi-liquides. En effet, on utilise relativement peu de litière, pour éviter de manipuler les déjections on installe les animaux sur des matelas fait à partir de pneus, les déjections sont évacuées avec des jets d'eau, l'épandage doit s'effectuer sur de grandes étendues de terres, tout ce qui ne peut être absorbé par les plantes risques de polluer l'eau et l'environnement. Le compostage des fumiers solides, mélangés à une litière permettrait de résoudre les problèmes de pollution de l'eau et les problèmes d'odeur (le fumier composté avec litière ne sent pas, il ne contamine pas l'eau parce que l'azote et le phosphore y sont intégrés a la matière organique, de plus ainsi les volumes diminuent). De plus, comme les animaux sont en captivité et que l'on a de moins en moins besoin de pâturages et de fourrages, on élimine les rotations de culture nécessaires a la régénération des sols, en faveur du maïs parce qu'il peut absorber plus du double de lisier. Les pesticides sont utilisés en abondance par les producteurs comme j'ai pu le constater lors d'une formation que le club agroenvironnement Bois-Francs avait organisée pour apprendre aux producteurs à gérer les mauvaises herbes. Les agronomes eux-mêmes préconisent des traitements d'herbicides préventifs pour améliorer les rendements, toutefois l'utilisation des pesticides chimiques provoque de graves pollutions. Les riverains ne peuvent souvent pas boire l'eau de leur puits de surface. L'agriculture au Québec agit depuis depuis plusieurs décennies selon un mode de production industriel qui est préoccupé par la conquête de grands marchés d'exportation. De fait, tout l'écosystème rural est bouleversé, les paysages ne sont plus entretenus par les agriculteurs (déboisement massif pour la culture de la canneberge, disparition des animaux des pâturages, disparition des clôtures, des haies...), la terre est envisagée comme un outils de production et non plus comme une ressource organique nécessaire a la vie; l'eau et les sols sont les premières ressources affectées par la surexploitation, par l'abandon des rotations de cultures, par la destructions des bandes riveraines... De plus, au niveau de la commercialisation des produits, la majorité des agriculteurs passent par les circuits longs pour diffuser leurs produits et suivent cette logique de filière :

Tableau 4 : les circuits longs de distribution

Compagnie
Négociant
Grossiste
Distributeur
Consommateur

Source : schéma personnel

Dans ce système, le producteur apparaît comme un simple rouage d'une grande entreprise. Il ne gère, en fait, qu'une toute petite partie de l'activité globale de production. Il n'a plus en charge, ni le choix des aliments pour les productions animales, ni le choix des intrants pour les productions végétales. Le choix des variétés et races lui échappe également, car la nature de la production doit correspondre à la demande du marché. Par ailleurs, il ne suit pas son produit jusqu'au bout de la chaîne. Il devient, en fait, un spécialiste de l'activité de production. Cette organisation, en circuits longs, convient tout particulièrement aux producteurs possédant des surfaces d'exploitation assez importantes. Ce sont, majoritairement, de grandes exploitations industrielles.

En raison du caractère majoritairement intensif et donc très productif des exploitations, la règle est donc d'utiliser les circuits longs de distribution. Pourtant depuis quelques années de nouvelles tendances s'amorcent dans le domaine touristique et agroalimentaire.

1.3.3. De nouvelles tendances dans le domaine touristique et de l'agroalimentaire : sortir des circuits de distribution institutionnalisés, diversifier les modes de productions et valoriser les productions

La croissance de l'intérêt pour l'agrotourisme n'est pas étrangère à l'augmentation importante de la demande pour les aliments santé et biologiques et de la recherche d'une alimentation saine.

Les tendances dans le domaine de l'agroalimentaire : a la recherche d'une alimentation saine

Le retour à la terre et les produits provenant directement de la ferme constituent une nouvelle tendance dans le domaine de l'agroalimentaire. Le consommateur demande de plus en plus une agriculture alternative, à taille humaine. En effet, les consommateurs développent une curiosité accrue au sujet de la provenance et des méthodes de fabrication des produits. Le vieillissement de la population, l'augmentation du niveau de scolarité, une plus grande diffusion de l'information, l'accroissement du taux d'obésité chez les jeunes, les reportages à sensation (p. ex. : ((Supersize Me))), le phénomène de (( malbouffe )) et les scandales liés à la sécurité et à la salubrité des aliments ont largement contribué à cette tendance qui progresse dans la société vers la recherche d'une alimentation plus saine. Par ailleurs, le mouvement croissant du ((slow food)) (par opposition au ((fast food)) et à la production de masse industrielle) a contribué à promouvoir les produits frais, les produits, locaux, les productions artisanales, l'agriculture durable et le plaisir de cuisiner et prendre son temps pour manger. Tout cela dans une perspective que l'on peut bien manger tout en réservant l'environnement. Ce courant ne peut qu'être bénéfique à l'agrotourisme. Les consommateurs sont de plus en plus conscients du rôle majeur d'une alimentation saine dans l'amélioration de leur santé et celle de leur famille. Dans cette optique, ils ont de plus en plus tendance à se méfier des produits de masse, à rechercher davantage les produits santé, biologiques, de meilleure qualité, frais et à fréquenter les marchés publics, les fermes, les kiosques en bordure des routes et les événements champêtres pour découvrir et se procurer des produits frais de qualité. Dans un tel contexte, le secteur de l'agrotourisme peut saisir cette opportunité pour se positionner comme une alternative crédible pouvant répondre aux besoins et attentes ces consommateurs. De plus, on assiste à un engouement

sans précédent pour les aliments biologiques : aux États-Unis ; selon une enquête de Zins Beauchesne et associés effectuée auprès de 600 consommateurs québécois, 84,6% d'entre eux achètent au moins occasionnellement des produits biologiques, et environ un cinquième des ménages prévoient augmenter leur consommation de produits biologiques au cours des prochains mois. Pour leurs achats de produits biologiques, les consommateurs de produis biologiques ont davantage tendance a se tourner vers d'autres canaux que les supermarchés traditionnels, dont les marchés publics, les kiosques en bordure des routes, les réseaux d'agriculture soutenue par la communauté (ASC).

Cette tendance est favorable au développement de l'agrotourisme puisque, pour leurs achats de produits biologiques, les consommateurs se tournent vers d'autres canaux que les supermarchés traditionnels en achetant, notamment, directement à la ferme et dans les marchés publics.

 

La montée des canaux alternatifs de distribution en réponse à la concentration du secteur de la distribution alimentaire

Fig. 9 : photographie chèvres au pâturage

Source : photographie MAPAQ-26 mai 2009

La récente vague de fusions qui a transformé le secteur de la distribution alimentaire au Québec et au Canada a poussé bon nombre de producteurs a se tourner vers d'autres canaux de distribution, dont la vente directe aux consommateurs. Alors que les trois géants de l'alimentation, Loblaws, Sobeys et Métro, occupent plus de 80% du marché au Québec, l'accès aux supermarchés est devenu véritablement problématique pour plusieurs petits producteurs qui n'arrivent plus à satisfaire aux exigences élevées de ces grands distributeurs (p. ex. : pression sur les prix, quantités minimums requises, spécifications relatives à l'emballage, etc.). Afin de pallier cette situation, plusieurs producteurs se tournent vers la vente directe aux consommateurs, dont notamment : la vente à la ferme, les kiosques en

bordure des routes, les marchés publics, et y trouvent leur compte. Les exploitants qui intéressés par ces tendances misent sur la qualité de leurs produits, ils ne sont pas forcément en production biologique toutefois, ils recherchent une agriculture alternative de type agriculture raisonnée. Au cours de mon stage j'ai par exemple visité une ferme caprine dont les exploitants avaient à coeur d'envoyer les bêtes au pâturage pour la qualité de la viande. Ce type d'expérience est encore relativement rare au Centre-du-Québec, si bien que cet exploitant était vu par sa profession comme un avant-gardiste.

Par ailleurs, les consommateurs qui fréquentent ces réseaux alternatifs s'attendent à vivre une expérience de « magasinage » agréable et aiment y prendre davantage leur temps comparativement aux magasins d'alimentation plus traditionnels. Le gouvernement du Québec a bien compris cette problématique puisqu'il a lancé en 2008 la campagne publicitaire « Mettez le Québec dans votre assiette » (voir le logo ci-dessous), l'objectif de cette campagne est de sensibiliser le consommateur à acheter pour de 30$ canadiens par an par foyer de produits locaux afin de soutenir l'économie l'agriculture locale.

Fig. 10 : logo « mettez le Québec dans votre assiette »

Source MAPAQ, campagne de communication lancée en 2008

La région Centre-du-Québec a décliné cette idée provinciale, en lançant le 4 mai dernier la campagne régionale : « Le Centre-du-Québec, goutez-y ! ».

Fig. 11 : logo le Centre-du-Québec, goutez, y ! »

Source : MAPAQ, Campagne de communication lancée le 4 mai dernier

L'idée est de sensibiliser le consommateur au pouvoir d'acheteur qu'il détient sur l'économie de sa région, l'objectif est aussi d'amener le consommateur a faire son « épicerie » dans des lieux différents des supermarchés et à connaitre les producteurs et les produits de sa région. Si cette mouvance se met en place c'est aussi grâce à de nouvelles tendances sociales.

De nouvelles tendances sociales : le consommateur citoyen entre recherche d'authenticité et sentiment de nostalgie

Paradoxalement, le phénomène de mondialisation qui s'est intensifié au cours des dernières décennies et la consommation de masse qui en découle, ont contribué à accentuer l'intérêt des consommateurs envers les produits plus authentiques, spécialisés et personnalisés : les produits régionaux et du terroir qui impliquent le travail d'un artisan (ou artisan-producteur) répondent a des besoins d'authenticité, de tradition, de qualité, de spécificité et de provenance. Afin de protéger ces produits, une nouvelle Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants (sanctionnée le 19 avril 2006) permet d'encadrer l'utilisation des appellations réservées et de termes utilisés dans la désignation de produits régionaux et de niche afin de les mettre en valeur, par exemple pour les termes comme « terroir », « fermier » ou « artisanal ». L'intérêt des Québécois a l'égard de ces produits est bien réel. Selon une étude mandatée par Solidarité rurale du Québec au printemps 1999, 61% de la population québécoise s'est dite intéressée aux produits du terroir, dont 24% très intéressée. En outre, les offres considérées comme authentiques, traditionnelles, enracinées, vraies, augmentent fortement leurs impacts sur les clientèles. Les produits régionaux et du terroir sont ainsi intimement associés à l'agrotourisme : la nostalgie pour les mets maison et le savoir-faire d'antan devient donc une tendance très favorable. Conséquence d'une couverture médiatique accrue, la société nord-américaine se préoccupe de plus en plus des causes environnementales. Les valeurs émergentes liées à cette tendance de société sont notamment : le retour aux sources (Essences ou Going backto-basics); les préoccupations environnementales (Earth); la consommation de produits «équitables» provenant de compagnies ayant une éthique sociale et directement du producteur (Ethics). Les produits alimentaires citoyens découlent de cette tendance émergente. Ces derniers sont généralement caractérisés par la présence d'une certification (ex. : certification biologique), le respect des conditions de travail du personnel ou des fournisseurs (p. ex. : commerce équitable), le respect de l'environnement, le respect du bienêtre des animaux, et/ou l'appartenance à la communauté (par ex. : produits locaux, marchés de solidarité). Les activités encourageant l'agriculture locale et durable (à petite échelle), tels que l'agrotourisme ou les marchés locaux, s'inscrivent favorablement dans cette tendance. De plus, les fêtes champêtres et les circuits régionaux semblent connaître un regain d'intérêt. En effet, plusieurs apprécient fréquenter les multiples fêtes champêtres et gourmandes offertes dans les régions du Québec ou visiter les nombreux circuits agrotouristiques, et ce, principalement pendant la saison estivale. Ces événements et circuits offrent une excellente visibilité aux producteurs régionaux auprès des consommateurs tout en leur permettant de créer des liens avec les autres intervenants du milieu.

Très précisément ce sont ces nouvelles tendances dans le domaine touristique et de l'agroalimentaire qui m'intéressent pour ma vie professionnelle future. D'autant plus, que les tendances rencontrées au Québec se déroulent certes dans un contexte et dans une culture nord américaine, toutefois, les problématiques autour de ces sujets sont très proches des problématiques rencontrées en France.

II. Un stage au coeur des problématiques agricoles modernes, une expérience enrichissante pour ma vie professionnelle future

Le ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec est un acteur essentiel et incontournable du monde rural, d'autant plus qu'il travaille avec plusieurs intervenants du milieu.

2.1. Un stage au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), en partenariat avec plusieurs intervenants du milieu

Parce qu'il est une structure publique qui dépend directement du gouvernement du Québec le MAPAQ structure l'espace rural dans son ensemble.

2.1.1. Présentation du MAPAQ, un organisme qui structure le monde rural Présentation du rôle et des missions du MAPAQ

Fig.12 : Logo MAPAQ

Source : réseau intranet MAPAQ

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) est un organisme public qui dépend du gouvernement du Québec. Le MAPAQ par une organisation décentralisée est présent directement sur le territoire par l'intermédiaire des bureaux régionaux. Sur la région Centre-du-Québec, le bureau régional se situe à TroisRivières. Le MAPAQ influence et appuie l'essor de l'industrie bioalimentaire québécoise dans une perspective de développement durable. Le MAPAQ a pour mission de conseiller les agriculteurs pour leurs financements (demandes de subvention, relève agricole...) et dans les réalisations techniques qu'ils comptent accomplir (établissement de fosses a lisier, réalisations de bandes riveraines, construction de bâtiments agricoles...). Toutefois, les missions du MAPAQ évoluent. De plus en plus, le MAPAQ se doit de valoriser les productions agricoles locales par des actions de communication et des stratégies marketing (ex : campagne de communication « le Centre-du-Québec, goutez-y ! »). Les agents du MAPAQ se doivent également de faire appliquer sur le terrain des programmes environnementaux (ex : le programme prim'vert qui vise par exemple au retrait des animaux des cours d'eau).

Présentation du fonctionnement de la structure

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) est constitué de directions générales. Sur le plan administratif, le MAPAQ est sous la responsabilité du sous-ministre, qui veille à la réalisation de sa mission et ses orientations. Il est assisté de sous-ministres adjoints ou associés en charge des directions générales. Les

différentes directions du MAPAQ ont des mandats spécifiques. Elles jouent des rôles précis dans l'application des politiques nécessaires au développement du secteur agroalimentaire.

Le MAPAQ n'est pas le seul intervenant du monde rural, il travaille avec de nombreux partenaires sur différents projets.

2.1.2. Les partenaires du monde rural du MAPAQ, leurs missions et leurs rôles

Les Associations Touristiques Régionales (ATR)

Les associations touristiques régionales (ATR) sont des organismes privés sans but lucratif et autonomes qui contribuent au développement et à la mise en valeur de l'industrie touristique québécoise. Il y a une ATR par région. Les ATR regroupent des membres provenant des divers secteurs touristiques : hébergement, attraits, équipements touristiques, événements, commerces et services divers.

La Corporation de Développement Agro-Forêt Centre-du-Québec (CDAFCQ)

Fig. 13 : logo CDAFCQ

Source : site internet CDAFCQ

La mission de la corporation de développement agroalimentaire-forêt du Centre-duQuébec est d'offrir aux organisations oeuvrant autour du secteur agroalimentaire, une tribune afin d'échanger et de développer des outils susceptibles de stimuler le dynamisme dans les domaines de la production agricole, de la foresterie et des pêcheries, de la transformation, du transport, de la commercialisation et de la consommation. Ses objectifs sont : instaurer et maintenir la concertation Inter-MRC du secteur agroalimentaire et forêt, établir et actualiser le plan de développement stratégique régional en collaboration avec ses partenaires, concrétiser des idées et des projets issus des besoins du milieu.

Les Centres Locaux de Développement (CLD)

La mission d'un CLD est de mobiliser l'ensemble des acteurs locaux dans une démarche commune tournée vers l'action en vue de favoriser le développement de l'économie et la création d'emplois sur son territoire dans le cadre d'un partenariat entre le gouvernement et la communauté locale. Les CLD offrent des services de première ligne d'accompagnement ou de soutien technique ou financier auprès des entrepreneurs potentiels ou déjà en activité (plan d'affaires, recherche de financement, support à la gestion, etc.) individuels ou collectifs (incluant les entreprises d'économie sociale) quel que soit leur âge ou le stade de développement de l'entreprise.

L'Union des producteurs agricole (UPA)

Fig. 14 : logo UPA

Source : site internet UPA

L'Union des producteurs agricoles (UPA) est une organisation syndicale professionnelle. Tous les producteurs agricoles qui dépassent 5000$ canadien de bénéfices par an par la vente de leurs produits doivent cotiser au syndicat agricole unique et obligatoire qu'est l'UPA. En effet, en 1972, avec l'adoption de la loi sur les producteurs agricoles, l'UPA est déclarée seule association accréditée; ainsi, tout producteur accrédité au ministère de l'agriculture doit payer obligatoirement une cotisation a l'UPA et est considéré comme membre de l'UPA. L'UPA a pour mission principale de promouvoir, défendre et développer les intérêts professionnels, économiques, sociaux et moraux des producteurs agricoles et forestiers du Québec, sans distinction de race, de nationalité, de sexe, de langue et de croyance. De plus, en constante interaction avec l'ensemble de la société québécoise, l'UPA vise à l'améliorer des conditions de vie sur le plan social, économique et culturel du milieu rural.

Solidarité rurale du Québec

Fig.15 : logo solidarité rurale du Québec

Source : site internet

La mission de Solidarité rurale du Québec est de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural, de ses villages et de ses communautés, de manière à renverser le mouvement de déclin et de déstructuration des campagnes québécoises. Le modèle de développement soutenu par Solidarité rurale du Québec mise sur la spécificité du monde rural, sur le plan de son environnement naturel comme de son organisation sociale et culturelle.

Club-conseils en environnement (CCAE)

Les clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) sont des regroupements volontaires de producteurs agricoles dont l'objectif est de favoriser le développement durable des exploitations agricoles québécoises en adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement. La mission des clubs consiste également a sensibiliser les agriculteurs a l'environnement qu'ils exploitent et au rôle qu'ils ont à jouer pour la préservation des ressources naturelles.

Les associations sectorielles

Les associations sectorielles (p. ex. : Association des restaurateurs de cabanes à sucre, Association des vignerons du Québec, Société des fromages fins, Fédération des producteurs de pommes, Fédération des éleveurs de grands gibiers, Association des chèvres laitières) peuvent intervenir dans la promotion verticale de leurs produits à l'échelle provinciale mais aussi dans la mise en marché, l'amélioration de la qualité, et la recherche et développement.

Mon stage m'a amené a travailler avec les différents partenaires du MAPAQ que je viens de citer. Mon travail a été riche au point de vue de la communication mais il m'a aussi permis d'établir des parallèles avec la France.

2.2. Le stage en lui-même, entre communication, comparaison et réciprocité

J'ai eu la chance de trouver un stage dans un pays qui me fascinait et dans une structure qui correspondait parfaitement à mes attentes.

2.2.1. Le choix du stage et du pays

La Politique Agricole Commune Européenne se veut, aujourd'hui, résolument environnementale. Ce sujet m'a amené a me poser plusieurs questions pour l'avenir, quelle est l'agriculture que nous voulons pour demain ? Doit-elle être intensive? Doit-elle être de qualité ? Faut-il l'envisager de façon durable ? Doit-elle être productive ou environnementale ? Comment valoriser auprès du consommateur les produits issus d'une agriculture locale ? C'est sur ces problématiques que j'ai étudié depuis trois ans dans ma formation de façon globale que j'ai fondé le thème de mon projet de stage. Dans mon projet, ce stage a l'étranger devait me permettre sur le court terme d'approfondir ces questions et de mettre en pratique des méthodes concrètes pour y répondre en allant chercher hors Europe un regard différent sur le milieu agricole. En effet, j'ai choisi cette thématique parce qu'il s'agit a la fois d'un sujet classique que la plupart des pays développent mais aussi un sujet d'avenir puisque l'agriculture dans les pays du Nord est en transition. Le premier objectif de mon projet était de voir comment est-ce que les acteurs appliquent ces réflexions sur le terrain. Le second objectif de mon projet était de trouver un stage qui me permette d'établir des parallèles avec la France, je voulais trouver un pays où les choses étaient potentiellement comparables (les exigences de qualité ou de productivité ; les méthodes ; les structures ; les études de marché...) et oü je pourrais avoir des échanges avec les exploitants et les conseillers agricoles et les agronomes, en cela le MAPAQ était idéal. « La fierté d'en vivre, le plaisir de s'en nourrir! » telle est la devise du Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec, depuis le commencement de ma formation de géographe c'est ainsi que je considère le secteur agricole. L'agriculture a été longtemps dénigré à mes yeux (stéréotype des campagnes reculées), le MAPAQ a su à mon avis redonner une image positive du monde agricole un public non initié, c'est pourquoi le fait de réaliser un stage au MAPAQ a été pour moi une grande satisfaction pour profiter de l'expérience et de l'expertise de cette structure. Au-delà du stage, la découverte du Canada me fascinait. Le Canada présentait pour moi plusieurs intérêts ; c'est pourquoi je me suis focalisée sur ce pays dès le début du projet sans changer

d'idée sur ce choix car ce pays regroupait tous les aspects qui m'attiraient. Tout d'abord c'est un pays très différent des pays européen, qui est marqué par le modèle étasunien, nous l'avons vu. De plus, depuis plusieurs années le Canada s'est fait remarquer pour ses avancées en matière de protection de l'environnement en lien avec l'agriculture (rôle des clubs agroenvironnement, rôle des politiques environnementales...). Ensuite c'est un pays oü le secteur primaire est très présent. L'agriculture a longtemps été au coeur du mode de vie et de l'économie du Québec, si la part de la population qui en vit a beaucoup diminué, elle demeure un secteur économique de première importance. Jusque là très intensive l'agriculture semble, aujourd'hui être a un moment de transition tout comme l'Europe. Les problématiques entre les deux continents semblent très proches, ce qui facilite les comparaisons. Enfin, le Canada apparaît comme un pays occidental dont le fonctionnement administratif semble assez proche du modèle Français, de plus, aujourd'hui le Canada et plus particulièrement le Québec semble avoir les mêmes problématiques que la France ; notamment sur la question de l'agriculture comme je l'ai déjà évoqué mais aussi sur les questions de la répartition de la population. En effet, nous l'avons vu, si le Québec est vaste, il est faiblement peuplé, et la répartition de sa population est très inégale. Le nord du Québec est très peu peuplé alors que 80 % de la population québécoise vit près des rives du fleuve Saint-Laurent. La France connait les mêmes problèmes de peuplement avec des littoraux et des grandes villes où se concentre les populations et des espaces ruraux plus où moins vident notamment dans les zones de moyennes montagnes telles que le Massif Central. C'est aussi pour cette raison que le Québec m'intéressait, je tenais à voir comment est-ce que les acteurs locaux géraient ces espaces ruraux rudes en hiver et comment est-ce qu'ils les dynamisaient.

Je tenais donc a réaliser un stage professionnel dans un pays qui m'attirait mais aussi dont les missions de stage me passionnaient.

2.2.2. Les attentes du MAPAQ et les missions de stage

Ma structure de stage et moi-même attendions de ce stage d'avoir des échanges constructifs et comparatifs sur le savoir faire Québécois et Français, notamment sur la méthodologie utilisée pour monter un projet. De plus, le MAPAQ tenait par ce stage à mieux appréhender la vision culturelle de la France et de l'Europe en matière d'environnement, d'agriculture et de relève agricole. En effet, en matière de développement rural le Québec s'inspire beaucoup de ce qui se fait en France.

Je travaillais pour la MAPAQ à la direction régionale Centre-du-Québec sur le dossier de l'agrotourisme dans la région Centre-du-Québec. L'agrotourisme dans la région s'est structuré autour du comité AgroTourisme Centre-du-Québec. Ce comité a été créé il y a un an, par plusieurs acteurs du développement local, nous y reviendrons dans la partie 2. Ainsi, plusieurs organismes s'occupent du comité mais il n'y a pas une personne attitrée a la gestion de ce dossier, de ce fait et parce que ma maitre de stage était prise dans plusieurs dossiers, le MAPAQ attendait de moi que je fasse preuve de beaucoup d'autonomie dans mon travail. De plus, le MAPAQ attendait de moi une bonne aptitude rédactionnelle afin que je puisse rédiger les comptes rendus de séances du comité, le diagnostic de territoire de la région Centre-du-Québec, la stratégie de communication du comité et le diagnostic lié aux entreprises agrotouristiques. Enfin, le MAPAQ attendait de mon comportement, une

attitude sociable permettant le travail en équipe afin de faciliter la transmission des informations entre les différents intervenants du comité.

Lors de mon entrée en fonction le comité devait se doter d'un plan d'action, ainsi la première de mes missions de stage fut de contribuer a l'élaboration du Plan d'Actions du comité. Une fois le Plan d'Actions adopté, le comité AgroTourisme Centre-du-Québec m'a confié les missions suivantes :

Elaborer une enquête a soumettre aux entreprises agricoles liées a l'agrotourisme dans le but de mieux connaitre leurs attentes et leurs besoins ;

A partir de l'enquête rédiger le portrait de l'agrotourisme au Centre-du-Québec ; Rédiger un diagnostic de territoire de la région Centre-du-Québec dans le but de connaitre les forces et les faiblesses du territoire ;

Rédiger la stratégie de communication du comité afin de faire connaitre le secteur agrotouristique au grand public et aux entreprises agricoles.

2.2.3. Suivi et déroulement du stage

Mon stage a débuté le 16 mars 2009, les premières semaines et l'élaboration du Plan d'actions m'ont servi d'entrée en matière pour apprendre a cerner le milieu, connaitre les acteurs du territoire et les attentes de ma structure de stage. Une grande autonomie m'a été laissé quant-à la gestion de mon travail; l'essentiel pour ma structure de stage était que je lui remette en temps voulu les documents attendus. Pour cela, nous avons élaboré, au début du stage, avec ma maitre de stage un échéancier. Chaque mardi, nous faisions avec le bureau une réunion de travail d'une heure qui permettait a chacun de dire oü est-ce qu'il en était dans son travail et quel était son emploi du temps pour la semaine à venir. Ce mode de fonctionnement m'a permis de m'intégrer très facilement a l'équipe de travail car il permet de souder les individus au sein d'une même d'équipe bien que chacun aient des activités très diversifiées.

2.2.4. Bilan du stage

En tant que fille d'agriculteur je connais relativement bien le milieu agricole, son paysage et ses structures, ses problématiques, ses inquiétudes, sa mentalité et ses réalités. Etant étudiante en géographie, mes études et mes stages dans des structures agricoles (SAFER et ADASEA), m'ont amené a travailler sur des études de cas (la naissance et la commercialisation de l'AOC du fromage St Nectaire, de la lentille verte du PUY, les questions sur le foncier (remembrement, expropriation...), la baisse du nombre d'exploitants...) et sur les modes de valorisation des productions locales à forte valeur ajoutée mais je connaissais beaucoup moins la réalisation pratique de mise en place des filières de qualité. Ce stage au MAPAQ m'a été très bénéfique de ce point de vue, il m'a permis de mieux comprendre la naissance d'un projet de valorisation et sa mise en oeuvre. De plus, ma structure de stage m'a fait confiance et m'a laissé une grande liberté d'actions, ce mode de fonctionnement m'a permis d'entrer directement en contact et de rencontrer les acteurs du développement local ; je n'étais pas considérée comme stagiaire par mes collègues mais bel et bien comme une collègue de travail a part entière. C'est cette sociabilité et cette confiance qui m'avait manqué dans mes stages précédents. De fait, j'ai eu de vrais échanges constructifs avec mes collègues de travail, cela nous a permis de savoir à tous, où est-ce que l'on allait dans nos projets de développement. Enfin, ce stage a été très enrichissant pour moi, tant du point de

vue professionnel que du point de vue humain. Aller travailler au Québec est un plaisir, mes relations de travail y étaient plus franches et plus simples que lors de mes expériences professionnelles précédentes. Les Québécois sont moins attachés a l'ordre hiérarchique que notre société ; vous pouvez très facilement tutoyer le Directeur régional de votre structure de stage, vos collègues savent vous mettre a l'aise. En revanche, au niveau de mon travail, si j'ai été passionné par ma mission de stage, il m'a semblait, notamment au commencement de mon stage, que le comité AgroTourisme Centre-du-Québec, ne savait pas très bien par où commencer ni comment procéder pour développer le secteur agrotouristique. Pendant un mois, j'ai senti l'objectif du projet sans comprendre la stratégie que le comité avait mis en place pour y arriver, ce tâtonnement a été désagréable, d'autant plus que le comité existait déjà depuis un an. De plus, il m'a semblait que les membres du comité ne s'impliquait pas vraiment dans le secteur, cela m'a un peu déstabilisé. Un autre point m'a manqué, je n'ai pas du tout touché à la cartographie lors de mon stage, en effet, le bureau de Victoriaville où je travaillais, ne disposait pas de ce logiciel, cet élément m'a gêné pour la rédaction de mes diagnostics.

La thématique de mon stage portait sur la valorisation des productions agricoles locales, dès le début de mon stage j'en suis venue a travailler sur les modes de valorisation des productions agricoles locales en amont de la filière, par l'agrotourisme notamment.

Partie 2 :

Vers des pratiques

agricoles et de

commercialisations

alternatives

I . Les systèmes de valorisation et de commercialisation des productions agricoles locales de la région Centre-du-Québec

L'agrotourisme, en effet est un des systèmes de valorisation des productions agricoles locales. Tout d'abord par sa « mission éducative » il permet de montrer au public comment sont produits et élevés les mets qu'ils vont éventuellement acheter. De plus, il permet de commercialiser les productions agricoles des entreprises locales en circuits courts de distribution.

1.1. L'agrotouristique dans la région Centre-du-Québec : méthode de valorisation du travail de la ferme et des produits locaux

Au-delà de la valorisation des produits agricoles, l'agrotourisme permet également de revaloriser le travail agricole et le métier d'agriculteur. C'est pour toutes ces raisons que le comité AgroTourisme Centre-du-Québec cherche à développer ce secteur au Centre-duQuébec.

1.1.1. L'agrotourisme au Centre-du-Québec

Dans l'optique de réaliser un portrait de l'agrotourisme au Centre-du-Québec une enquête respectant une méthodologie a été élaboré.

Méthodologie de l'enquête

Pour créer le questionnaire, une grille d'analyse recensant les objectifs de l'enquête a été élaborée. La conception de ce système d'enjeux et de critères privilégiés a permis de préciser et de structurer les objectifs et les sous-objectifs à cerner par le biais du questionnaire. Une première version du questionnaire d'enquête a été élaborée sur la base des informations recueillies auprès des intervenants du milieu faisant partie du comité. Par la suite, le questionnaire fut commenté par certains intervenants du comité, à savoir les représentants de l'Association touristique régionale (ATR), de la Corporation de développement agroalimentaire-forêt Centre-du-Québec (CDAFCQ), de Tourisme Bois-Francs et de l'office de tourisme de Bécancour. Ce questionnaire a été soumis à un test auprès d'un gestionnaire d'entreprise offrant des activités liées a l'agrotourisme ou des produits agroalimentaires destinés à une clientèle touristique. Les difficultés rencontrées portaient principalement sur les modalités de structuration de certaines questions et sur la terminologie reliée au secteur agrotouristique. Suite a l'ensemble de la démarche de recherche réalisée, une deuxième version du questionnaire a été élaborée. Ce dernier questionnaire comportait 24 questions principales et couvrait un certain nombre de variables structurées autour des dimensions d'activités, de production et de revenus liés a l'agrotourisme, de mise en marché et d'activités promotionnelles, de réseautage et de soutien a l'agrotourisme et des suggestions a apporter pour améliorer le secteur agrotouristique. Ensuite, le questionnaire fut entré sous le logiciel Access, ce qui nous a permis de saisir directement les réponses des répondants. Nous avons ensuite traité les résultats de l'enquête avec le logiciel Excel a l'aide de tableaux croisés entre Excel et Access. Notre banque de données comprenait 63 entreprises et l'enquête téléphonique s'est déroulée du 20 mai au 8 juin 2009, sur une période de trois semaines. Sur les 63 entreprises inscrites dans la banque d'informations, voici comment se répartissent les résultats obtenus lorsque les sondeurs ont tenté de les rejoindre :

31 = questionnaires complétés

8 = refus de répondre

24 = non éligibles (ne se reconnaissent pas dans la définition de l'agrotourisme énoncée cidessous, n'ont jamais oeuvré ou n'oeuvrent plus dans le domaine agrotouristique ou n'ont aucun contact avec la clientèle touristique (production et vente exclusivement)). La population totale est de 63 entreprises (nombre d'entreprises inscrites dans la banque de données). Or, nous avons effectué une opération de toilettage de la banque de données du MAPAQ en posant aux répondants cette première question après leur avoir lu la définition de l'agrotourisme : « vous considérez-vous faire de l'agrotourisme ? ». Sur les 63 entreprises de ces entreprises interrogées, 31 ont répondu positivement. Ces dernières sont donc considérées comme centrales a l'agrotourisme, les 32 autres ayant répondues négativement sont considérés comme entreprises connexes. Nous sommes partis sur le choix de nous intéressés seulement aux entreprises centrales a l'agrotourisme ; en effet, une enquête sur les entreprises dites connexes sera peut-être réalisée l'an prochain par le comité. Ainsi les 31 entreprises dites centrales constituent l'échantillonnage. En effet, il comprend des entreprises diversifiées (en production végétale et en production animale) oeuvrant toutes en agrotourisme. L'enquête que nous avons menée au mois de juin laisse ressortir sur la région Centre-du-Québec, un total de 31 entreprises agrotouristiques de type central et 24 entreprises de type connexe ou ne pratiquant plus d'activités liées a l'agrotourisme.

Selon le Groupe de concertation sur l'agrotourisme, la définition de l'agrotourisme, qui a fait l'objet d'un consensus, est : «Une activité touristique complémentaire de l'agriculture ayant lieu dans une exploitation agricole. Il met des productrices et producteurs agricoles en relation avec des touristes ou des excursionnistes, permettant ainsi à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production par l'accueil et l'information que leur réserve leur hôte».

Fig. 16 : L'agrotourisme au Centre-du-Québec

Source photographie MAPAQ-mai 2009

Portrait des producteurs liés agrotourisme (intégrant les travaux sur l'enquête des producteurs liés a l'agrotourisme)

L'étude les entreprises liées a l'agrotourisme au Centre-du-Québec effectuée en juin 2009, montre qu'il y a une effervescence dans le secteur de l'agrotourisme depuis 3 ans dans la région Centre-du-Québec. En effet, 12 entreprises agrotouristiques sur 31 sont en démarrage. Elles représentent une part d'autant plus importante que ces entreprises sont recensées sur une période plus courte (3 ans) que les entreprises ayant 4 a 10 ans d'âge (période de 6 ans) ou encore que les entreprises ayant plus de 11 ans d'âge (période infinie...). En effet, sur l'ensemble des entreprises interrogées, on se rend compte que près de 40% (soit 12 entreprises sur 31) d'entre elles ont moins de 3 ans et sont en démarrage.

Fig. 17 : âge des entreprises agrotouristiques

Source : étude sur les entreprises agrotouristique de la région Centre-du-Québec-Marie-
Laure SOULIER-MAPAQ-juin 2009

Au niveau de l'analyse, trois groupes ressortent et se montrent plus présents sur le devant de la scène : il s'agit tout d'abord du groupe des jeunes entreprises en démarrage qui est rempli d'idées pour le secteur agrotouristique dans son ensemble, mais qui a besoin d'être rassuré, puis du groupe des entreprises agrotouristiques expérimentées qui ont débuté seules, sans aide, ni conseils, d'oü l'importance du réseautage. Le groupe des entreprises d'âge moyen se trouve dans un entre-deux; ces entreprises ont passé du cap du démarrage, elles envisagent des projets à long terme pour améliorer leur entreprise et le secteur agrotouristique. Dans l'ensemble, les entreprises interrogées se sont très bien adaptées au niveau de la logistique et de l'accueil a recevoir du public sur la ferme, alors qu'une minorité des répondants au questionnaire ont reçu une formation en agrotourisme. En effet, sur l'ensemble des entreprises interrogées, une minorité a reçu une formation en agrotourisme, 23% seulement, soit 7 entreprises sur 31. La formation la plus suivie par les entreprises a été « l'agrotourisme du rêve à la réalité ». Les fermes qui ont reçu cette formation sont en

grande majorité des jeunes entreprises ayant moins de 3 ans. En effet, 5 entreprises sur 7 qui ont reçu la formation sont des jeunes entreprises en démarrage. Ces résultats démontrent que près de 80% des entreprises agrotouristiques ont appris à recevoir du public chez elles par leur propre expérience. Hélas, on ne connaît pas la proportion des entreprises qui se sont engagées dans l'agrotourisme mais pour qui l'aventure n'a pas fonctionné. En effet, recevoir du public a la ferme n'a rien d'inné. La prolifération des entreprises agrotouristiques dans la région correspond aux recommandations formulées par la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois de janvier 2008. L'agrotourisme s'inscrit parfaitement dans cette tendance puisqu'il permet de montrer au consommateur de quelle façon est fabriqué le produit qu'il va éventuellement acheter. D'un point de vue économique, une surprise ressort de l'enquête. Du point de vue économique, il ressort de l'enquête deux grandes tendances :

1) Pour une entreprise agrotouristique sur deux, l'agrotourisme est une activité complémentaire qui s'ajoute a l'entreprise dans un but de diversification des revenus et des activités. L'agrotourisme apparaît alors, pour ces entreprises, comme un complément pouvant représenter jusqu'à 30% des revenus totaux de la ferme.

2) Pour un tiers des entreprises, l'agrotourisme est un revenu a part entière qui génère des fonds importants. En effet, 32% des entreprises interrogées répondent que leurs activités agrotouristiques dégagent plus de 50% de leurs revenus totaux. Parmi ce dernier résultat, il ressort que 4 entreprises sur 10 qui dégagent plus de 50% de leurs revenus totaux sont des entreprises de grande envergure qui accueillent plus de 3000 visiteurs par an. Dans l'ensemble, les entreprises interrogées se sont très bien adaptées a recevoir du public sur la ferme. Toutes les entreprises interrogées déclarent avoir de l'eau potable sur leur lieu de réception du public, il en va de même pour le stationnement. Presque toutes les entreprises disposent de toilettes sur la ferme. Les trois quarts d'entre elles ont également une aire de repos. La moitié des entreprises affirment disposer d'un accès pour personnes à mobilité réduite. Ces chiffres sont très positifs, ils laissent supposer qu'il ne serait pas trop difficile pour ces entreprises de s'adapter a une charte de qualité d'accueil avec des critères de qualité de base (eau potable, toilettes sur le lieu de réception, propreté...). Pour ce qui est du nombre de visiteurs accueillis par les entreprises agrotouristiques, on remarque véritablement trois groupes bien distincts se dégager. Les groupes sont relativement bien répartis en nombre d'entreprises. Une majorité d'entreprises (35%) reçoit moins de 1000 visiteurs par an. Ce chiffre s'explique en partie du fait que certaines entreprises sont en démarrage et ont débuté leur exercice l'an passé. Ainsi, pour certaines, une année ne s'est pas encore écoulée depuis l'offre agrotouristique. Ensuite, on remarque qu'il y a un groupe d'entreprises intermédiaires qui est bien marqué (26%), puis il y a un groupe d'entreprises plus important en capacité d'accueil (26%) qui arrive a recevoir plus de 3000 visiteurs par an.

Fig. 18 : Nombre de visiteurs par entreprises

Source : étude sur les entreprises agrotouristique de la région Centre-du-Québec-Marie-
Laure SOULIER-MAPAQ-juin 2009

Parmi les répondants, 49% ont affirmé accueillir des visiteurs et des acheteurs locaux dont la principale provenance était la région Centre-du-Québec; 40% des répondants, des clients en provenance de la province de Québec, alors que 7%, de la clientèle européenne.

Fig.19 : Principale provenance de la clientèle

Source : étude sur les entreprises agrotouristique de la région Centre-du-Québec-Marie-
Laure SOULIER-MAPAQ-juin 2009

La clientèle des entreprises agrotouristiques est donc en majorité locale. Toutefois, il est surprenant de constater que la part de la clientèle européenne est plus importante que la part de la clientèle issue du Canada (2%). On retrouve ici une composante historique et culturelle propre au Québec. On remarque aussi que les entreprises qui dégagent le plus de marge bénéficiaire grâce a l'agrotourisme sont des entreprises expérimentées (5 entreprises sur 10) de plus de 11 ans. Ces chiffres sont importants, cela prouve que les activités agrotouristiques peuvent permettre une viabilité de l'entreprise. Toutefois, en agrotourisme, la plus grande part des revenus provient de la vente de produits transformés. Or, cet aspect n'arrive qu'en seconde place des activités proposées par les entreprises agrotouristiques après les activités d'animation. En effet, selon l'étude élaborée en 2008 par le MAPAQ : Agriculture et Agroalimentaire du Centre-du-Québec, une proposition géographique avantageuse, un sol et un climat propices à la plupart des cultures, une industrie de transformation riche et diversifiée, les touristes profitent des visites à la ferme pour acheter des produits de l'entreprise dans 56% des cas et pour manger dans 45% des cas. Afin d'accroître leurs revenus, les entreprises de la région doivent transformer et vendre davantage leurs produits à la ferme. Les entreprises que nous avons interrogées sont en grande majorité en production végétale, ce sont des entreprises familiales, où le contact avec le producteur est privilégié.

Fig. 20 : Principaux domaines de production des
entreprises

Source : étude sur les entreprises agrotouristique de la région Centre-du-Québec-Marie-
Laure SOULIER-MAPAQ-juin 2009

Les entreprises sondées offrent des activités et des produits diversifiés (taux de diversité : 6,3 produits ou activités par entreprise). Il ressort de l'étude sur que les entreprises agricoles qui font de l'agrotourisme sont essentiellement des entreprises en production végétale, notamment dans le domaine des fruits et légumes et de l'acériculture. 35% des entreprises engagées dans l'agrotourisme font de la production animale, alors qu'elles sont près de 65%

à faire de la production végétale. En effet, ces deux domaines de productions se démarquent véritablement des autres; si l'on cumule les chiffres qui ressortent de la production maraîchère et des fruits, on obtient un chiffre s'élevant a 32%, ce qui veut dire que près d'un tiers des entreprises agrotouristiques produisent des fruits et légumes. Quant à l'acériculture, ce domaine regroupe 20% des entreprises agrotouristiques. De plus, les activités liées a l'agrotourisme de la région sont offertes sur des périodes très variées (de quelques semaines à une année complète). Il ne nous est pas permis de définir une « période touristique type ~ dans l'agrotourisme car les périodes d'activités varient beaucoup en fonction des types de produits et des profils des entreprises. Toutefois, on remarque que la plupart des entreprises sont ouvertes du mois de juin au mois d'octobre. On remarque, notamment, que le mois de septembre est le mois oü il y a le plus d'entreprises ouvertes, les entreprises jouant sur le fait que les arrière-saisons (les automnes) sont encore douces pour les activités touristiques. Pour les entreprises végétales, ces périodes sont particulièrement adaptées a l'agrotourisme puisqu'elles sont compatibles avec les récoltes et cueillettes. En effet, ces entreprises peuvent concilier leurs productions végétales, tout en ajoutant à leur entreprise, une valeur ajoutée en faisant visiter leur entreprise et en sensibilisant le public à l'agriculture et aux modes de production. Une autre période se démarque au niveau de l'ouverture des entreprises agricoles, elle s'étend du mois de mars au mois d'avril, cette période correspondant aux entreprises agrotouristiques acéricoles qui sont ouvertes pour le temps des sucres. Tous les répondants a l'enquête affirment faire des activités d'animation, comprenant des activités de centre d'interprétation documentaire vidéo et de musée/exposition. Aussi, 34% des entreprises que nous avons interrogées effectuent des activités d'animation de type centre d'interprétation.

Fig. 21 : activités proposées

Source : étude sur les entreprises agrotouristique de la région Centre-du-Québec-Marie-
Laure SOULIER-MAPAQ-juin 2009

Les entreprises offrant des activités de restauration et de l'autocueillette se situent dans des proportions équivalentes, soit environ 7%. Les services et les activités que l'on retrouve le moins fréquemment sont les gîtes à la ferme, les documentaires et les expositions, ainsi que les musées. Les moyens de promotion pour faire connaître les entreprises agrotouristiques sont assez diversifiées. Les répondants comptent beaucoup sur le bouche à oreille pour promouvoir leur entreprise à long terme. Ainsi, la plupart des entreprises ont conscience qu'elles doivent offrir des services de qualité pour la pérennité de leur entreprise. La clientèle agrotouristique est diversifiée et locale (région Centre-du-Québec); elle est surtout représentée par une clientèle familiale et individuelle. Au vu de ces résultats, il semble que les entreprises agrotouristiques aient déjà une bonne sensibilisation aux modes de promotion à utiliser pour faire connaître leur entreprise. On peut en déduire que les chefs d'entreprises sont conscients que les modes de promotion sont essentiels pour la viabilité de leur entreprise, car ils permettent d'attirer le public sur leur lieu de production. Il semble que, globalement, le concept de développement durable soit plutôt bien assimilé par les producteurs du Centre-du-Québec, la majorité le comprend dans le sens d'avoir une vision a long terme pour le développement de leur entreprise tout en préservant l'environnement. Enfin , pour terminer ce portrait de l'agrotourisme au Centre-du-Québec il est bon de consulter la répartition spatiale des fermes agrotouristiques sur la région qui se présente ainsi (voir le figuré 25 ci-dessous) : sur un total de 31 fermes agrotouristiques dans la région, il y en a 10 sur la MRC d'Arthabaska (dont 6 entreprises en production végétale (acériculture et maraichage) et 4 en production animale (production bovine et porcine)), 7 sur la MRC de Bécancour (dont 3 en production animale (production caprine et équestre) et 4 en production végétale (production viticole, maraichère et acériculture), 3 sur la MRC de Drummondville (dont 2 en production animale (production bovine et ovine) et une en production florale), 6 sur la MRC de l'érable (dont 4 en production animale (volailles, production bovine et ovine) et 2 en production florales et maraichère), et 5 sur la MRC de Nicolet-Yamaska en production végétale (acériculture, production viticole et maraichère). Ces fermes sont réparties de façon assez uniforme sur le territoire. On constate toutefois une plus forte concentration d'entreprises agrotouristiques sur la MRC d'Arthabaska. Toutefois, le faible nombre d'entreprises au niveau régional rend difficile la mise en place d'une route ou d'un circuit agrotouristique vu l'éloignement entre les fermes.

Bien évidemment l'enquête qui a été réalisé auprès de producteurs liés a l'agrotourisme avait pour but de mieux cerner les attentes des producteurs par rapport au comité AgroTourisme Centre-du-Québec, un comité peu connu par les producteurs agrotouristiques.

Les attentes des producteurs

Les entreprises que nous avons interrogées ont des attentes par rapport au comité AgroTourisme Centre-du-Québec. Toutefois selon l'âge des entreprises les besoins ne sont pas les mêmes. En effet, il ressort de l'étude que les entreprises en démarrage sont surtout en attente d'aide au démarrage, par des financements notamment mais aussi par des conseils, 71% des répondants trouvent cette question importante.

Elles attendent du comité qu'il favorise la mise en relation des entreprises agrotouristiques entre elles. En effet, les jeunes entreprises en démarrage sont surtout en attente de conseils de leurs aînés, ils souhaitent rencontrer des entrepreneurs, dans leur domaine, qui ont de l'expérience et des conseils a leur donner. Les jeunes entreprises attendent également du comité AgroTourisme Centre-du-Québec qu'il assure une promotion des entreprises agrotouristiques moins dispendieuse pour les entreprises en démarrage et qu'il favorise le rapprochement du producteur et du consommateur. Les entreprises d'âge moyen, quant a elles, attendent du comité qu'il fasse connaître les entreprises agrotouristiques de la région aux consommateurs en incitant les organisateurs d'évènements touristiques ou culturels a inviter les producteurs agrotouristiques.

Les entreprises plus expérimentées ont aussi des attentes (développer des circuits touristiques), mais on remarque qu'elles comptent moins sur le comité que sur elles-mêmes. En effet, ces entreprises agricoles se sont le plus souvent développées seules, d'après leurs propres expériences, ainsi on sent qu'elles ont moins d'attente vis-à-vis du comité. En l'occurrence, ce serait plutôt le comité AgroTourisme Centre-du-Québec qui aurait besoin de ces entreprises agrotouristiques, car elles ont une expérience pratique du secteur et parce qu'elles sont le plus a même pour conseiller les entreprises en démarrage.

En revanche, toutes les entreprises du secteur souhaitent que le comité développe des circuits ou des routes touristiques, 74% des répondants affirment, sous réserve des conditions de l'offre, être intéressés a adhérer a une route touristique. Les 13% qui ne souhaitent pas adhérer à un nouveau circuit touristique ne se pressentent pas assez prêts au niveau de la logistique pour accueillir beaucoup de visiteurs, ou bien ils estiment ne pas avoir assez de temps à consacrer à cet évènement hypothétique. Beaucoup considèrent que l'agrotourisme n'est pas assez présent sur les foires et autres évènements culturels ou touristiques. Certains producteurs attendent du comité AgroTourisme Centre-du-Québec qu'il permette aux entreprises agrotouristiques d'être présentes à ces évènements dans le but d'avoir une meilleure visibilité auprès du consommateur.

En ce qui concerne le maillage des activités liées a l'agrotourisme avec des entreprises du secteur touristique, culturel ou sportif de la région, cette stratégie est mise de l'avant par 16 % des répondants. Dans ce domaine la pratique n'est pas très rependue c'est pourquoi les producteurs attendent du comité qu'il mette les entreprises agrotouristiques en lien entre elles, cette question étant « importante » pour 29% des entreprises. Le comité doit ainsi inciter à la création des foires et des événements culturels en lien avec l'agrotourisme. Cette suggestion a été soulevée plusieurs fois dans les commentaires émis par les répondants. Une autre des attentes fortes des producteurs agrotouristiques concerne

la mise en place de formations adaptées aux entreprises agrotouristiques, d'autant plus que les formations permettent également un réseautage des entreprises. La formation est, en effet, le point le plus attendu par les entrepreneurs qui font de l'agrotourisme; 77% des répondants jugent cette question « importante ~. Pour les jeunes entreprises, il s'agit d'acquérir des techniques et des astuces pour accueillir le public et retenir son attention; pour les entreprises plus expérimentées, il s'agit de se remettre a jour dans les nouvelles tendances de la clientèle ou bien d'acquérir de meilleurs réflexes d'accueil. Le travail sur un outil reconnaissant la qualité des services et des produits des entreprises est également très attendu. En effet, la question autour des contrôles de la qualité semble « importante » pour 87% des chefs d'entreprises. 71% des répondants de l'enquête sont prêts a s'engager dans une démarche de qualité avec un cahier de charges. Ce résultat est très positif, car il montre que les producteurs ont pris conscience de la nécessité d'avoir une démarche de qualité pour mieux vendre le secteur agrotouristique et que les producteurs ont aussi des attentes par rapport aux outils permettant de prouver la qualité de leur entreprise.

Plusieurs acteurs contribuent au développement de l'agrotourisme et des circuits courts de distribution dans la région Centre-du-Québec. Nombres de regroupements permettent de d'établir des réflexions sur les valorisations des produits locaux notamment par l'agrotourisme.

1.1.2. Les regroupements et les réflexions autour de l'agrotourisme

Les journées sur l'Innovation et le progrès en agroalimentaire au Centre-duQuébec (INPACQ)

Il s'agit de douze journées et autant de thématiques sur l'innovation et le progrès en agroalimentaire. Les Journées sur l'Innovation et le progrès en agroalimentaire au Centredu-Québec (INPACQ) s'adressent aux producteurs, entrepreneurs, intervenants du milieu, conseillers et transformateurs. Ces journées sont organisées conjointement par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), le journal Forum, la Fédération des caisses Desjardins de la région du Centre-du-Québec. Ces journées INPACQ existent depuis seulement 4 ans mais sont devenues un rendez-vous incontournable pour les acteurs agricoles et agroalimentaires du Centre-du-Québec. Chaque année, le concept est revisité et adapté aux besoins des participants. Ces journées représentent un moyen privilégié d'avoir accès à une information de pointe sur les dernières innovations et les récents progrès dans ces secteurs. Elles mettent aussi en avant la volonté de concertation qui est déployée dans la région Centre-du-Québec. En 2010, l'agrotourisme au Centre-du-Québec constituera un sujet majeur durant les journées INPACQ car ce domaine est considéré de façon prioritaire pour son développement.

Le comité AgroTourisme Centre-du-Québec

Le comité AgroTourisme Centre-du-Québec a été créé en avril 2008, à la suite de la journée INPACQ, par trois organismes de développement local (l'association touristique régionale Centre-du-Québec, MAPAQ Centre-du-Québec et la CDAFCQ). Il rassemble des producteurs liés a l'agrotourisme mais aussi des intervenants du milieu (MAPAQ, ATR, CDAFCQ...). Directement lié à la démarche « le Centre-du-Québec, goutez-y! », le but principal du comité est de structurer l'offre agrotouristique de la région Centre-du-Québec. Le plan d'actions du comité définit des orientations de travail pour les trois ans a venir, dans

le but de répondre à trois objectifs clefs : accroître la qualité et la quantité des entreprises agrotouristiques de la région, par la mise en place d'une charte de qualité régionale garantissant la qualité d'accueil et des services au prés des touristes; fédérer et réseauter les entreprises agrotouristiques entre elles, par la mise en place de journées de visite chez des entreprises agrotouristiques et dans le but de créer des liens entre les producteurs; promouvoir et faire connaître les entreprises agrotouristiques de la région auprès des touristes en bonifiant les démarches promotionnelles en place et en créant éventuellement de nouveaux circuits de commercialisation.

La fédération des Agricotours du Québec

Fondée en 1974, la Fédération des Agricotours du Québec est à l'origine du développement des gîtes touristiques ou «bed & breakfasts» au Québec. En plus d'avoir initié cette formule, elle s'est donnée comme mission de développer des programmes d'hébergement, de loisirs et d'activités a la ferme pour les vacances. Ces bannières d'hébergement et d'agrotourisme sont des «labels de qualité~ doublés d'un processus d'accréditation qui permet un choix minutieux des hôtes et des établissements. Actuellement les bannières reliées a l'agrotourisme sont : Gîte du Passant à la ferme; Table Champêtre Relais du Terroir; Fermes Découverte. Cette plus-value permet aux entreprises agrotouristiques, qui ont entrepris une démarche de reconnaissance de leurs activités, de se distinguer sur le plan de la qualité. La Fédération est le seul organisme au Québec qui a entrepris un programme de certification d'entreprises agrotouristiques et le seul organisme provincial de certification (reconnaissance de la qualité) et de commercialisation ayant une structure permanente. De plus, la Fédération a développé des services-conseils aux producteurs par le biais de collaboration avec l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (soutien-conseil en cuisine) et des outils de savoir-faire en agrotourisme. À l'heure actuelle, la Fédération compte 93 membres affichant des bannières agrotouristiques dont plusieurs sont des leaders dans leur secteur d'activité ou leur région.

Le groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec

En activité depuis septembre 1998, le Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec se donne pour mission de promouvoir et de favoriser le développement de l'agrotourisme en privilégiant : la recherche d'une vision partagée des perspectives de développement et des priorités d'action; la détermination et la proposition des paramètres favorables au développement de cette activité; l'échange d'information entre les organisations impliquées en agrotourisme; la collaboration avec les organisations engagées dans l'élaboration et la réalisation d'activités, d'événements et d'outils de développement. Le Groupe fonctionne en réseau avec ses organisations membres, des collaborateurs et des partenaires. Ses principales réalisations ont été : d'élaborer une définition de l'agrotourisme qui fait consensus; de réaliser des études afin d'approfondir la connaissance de l'offre et de la demande du secteur (p. ex. : portraits régionaux, portraits d'entreprises agrotouristiques); d'étudier et de faire des recommandations sur la réglementation sur l'aménagement et la protection du territoire agricole afin de faire reconnaître l'agrotourisme, telle que définie par le Groupe, dans la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA) et dans les orientations gouvernementales aux MRC; de participer au développement des pictogrammes et critères de signalisation touristique ajustés pour l'agrotourisme; de recommander des standards de qualité pour les entreprises et les circuits (p. ex. : guide de qualité pour les entreprises, guide de procédure pour un circuit ou une route); d'échanger de

l'information entre les organisations (p. ex. : banque de données du MAPAQ, site Internet); d'apporter un soutien technique a l'organisation des colloques nationaux.

Relevant à la fois des domaines touristique et agroalimentaire, les producteurs agrotouristiques doivent respecter les règlements et lois de ces deux domaines. Nous présenterons ici les aspects législatifs et réglementaires, ainsi que les problématiques rencontrées dans la pratique agrotouristique.

1.1.3. Aspects législatifs et réglementaires

Les principales lois qui encadrent la pratique de l'agrotourisme sont les suivantes.

-Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA), qui vise à protéger le territoire agricole des pressions extérieures (urbanisation). La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a pour mission de «garantir pour les générations futures un territoire propice à l'exercice et au développement des activités agricoles» en veillant au respect de cette loi. Elle a pour rôle d'endiguer les pressions qui s'exercent sur le territoire agricole et de maintenir un bon équilibre entre la protection du territoire et des activités agricoles et les besoins collectifs en espace exprimés par les municipalités et les MRC. Comme la LPTAA a une incidence directe sur le développement de l'agrotourisme et des activités agrotouristiques mises en place par les producteurs agricoles, il devient important de limiter les risques de confusion, quant au statut accordé aux diverses activités (notamment pour les volets hébergement, restauration et animation qui sont considérés comme des activités commerciales non agricoles dans la LPTAA). L'adoption par la CPTAQ de la définition de l'agrotourisme telle que proposée par le Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec devrait aller dans ce sens.

-Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, qui indique le processus d'adoption des schémas d'aménagement révisés (SAR) que doivent suivre les MRC. Cependant, ceux-ci varient d'une MRC à l'autre. Dans la mesure où l'agrotourisme ne fait pas partie des priorités de développement dans chaque MRC, la signification donnée au concept demeure très variable. L'adoption par les MRC de la définition proposée par le Groupe de concertation en agrotourisme pourrait assurer un cadre d'aménagement propice au développement d'activités et d'entreprises agrotouristiques. Loi sur la Société des Alcools, qui régit la fabrication et la vente de boissons alcooliques. L'ensemble des permis sont délivrés par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

-Loi sur les produits alimentaires, qui contribue à la protection de la santé publique notamment en établissant des normes relatives a l'innocuité des produits alimentaires et a la loyauté des ventes. Les producteurs agrotouristiques ayant des activités de transformation, de restauration et de vente au détail sont visés par cette loi nécessitant l'enregistrement et l'obtention d'un permis du MAPAQ selon les activités exercées. La dégustation comme telle (gratuite) n'exige pas de permis. Cependant, les exploitants sont assujettis aux dispositions réglementaires existantes et doivent rencontrer les normes prescrites le cas échéant (normes d'hygiène de construction, d'étiquetage, etc.). Par contre, l'absence de catégorie spécifique pour les fermes dans les règlements concernant la restauration demeure problématique puisque les normes applicables sont les mêmes que pour les établissements de restauration commerciaux, alors que le contexte « pratique » est très différent.

-Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants visant a encadrer l'utilisation des termes « terroir » et « fermier ». Cette Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants (sanctionnée le 19 avril 2006) permet de garantir aux consommateurs l'authenticité de termes qui sont de plus en plus utilisés dans la désignation de produits régionaux et de niche afin de les mettre en valeur, par exemple, les termes terroir, fermier ou artisanal.

-Loi sur les établissements d'hébergement touristique, qui confirme l'obligation de détenir une attestation de classification du ministère du Tourisme et les exigences à respecter selon les spécificités (extérieur de l'édifice, installations sanitaires, commodités, services, etc.) de chacune des catégories d'établissements.

-Orientation gouvernementale en matière d'aménagement, qui définit les immeubles protégés (établissements sensibles aux odeurs qui doivent respecter des distances séparatrices avec les activités agricoles) et la directive liée à la détermination des distances séparatrices relatives à la gestion des odeurs en milieu agricole. La notion d'immeuble protégé et l'application des paramètres sur les distances séparatrices (odeurs) s'appliquent :

> au bâtiment servant à des fins de dégustations de vins dans un vignoble ou

un établissement de restauration de 20 sièges et plus détenteur d'un

permis d'exploitation à l'année ainsi qu'une table champêtre ou toute

autre formule similaire lorsqu'elle n'appartient pas au propriétaire ou à

l'exploitant des installations d'élevage en cause;

> à l'établissement d'hébergement au sens du Règlement sur les établissements touristiques, à l'exception d'un gîte touristique, d'une résidence de tourisme ou d'un meublé rudimentaire;

> les commerces (ou les activités commerciales) ne font plus partie des immeubles protégés à moins qu'une MRC en justifie la nécessité (cas particuliers) auprès du gouvernement.

-Loi sur la qualité de l'environnement, qui a été adoptée en vue d'assurer la protection de l'environnement. A ces lois provinciales, s'ajoutent des règlements municipaux (zonage) qui définissent les usages permis en fonction des zones de territoires. Les producteurs qui souhaitent signaliser leur activité sur la route doivent aussi prendre en considération les programmes de signalisation touristique développés par le ministère du Tourisme et le ministère des Transports.

Pour respecter les différentes lois et différents règlements, les producteurs agricoles doivent donc souvent se procurer plusieurs permis, auprès de plusieurs ministères, ce qui crée parfois des complications. Selon le type et l'envergure des activités proposées par l'établissement agrotouristique, les permis à demander peuvent concerner :

-Les boissons alcooliques : permis de production artisanale, de producteur artisanal de bière ou de distillateur; permis de restaurant/de réunion pour vendre; permis de restaurant/de réunion pour servir.

-La restauration : permis de préparation générale d'aliments du MAPAQ ; droits de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (pour musique d'ambiance); contrat avec la guilde des musiciens (pour prestation de musiciens); déclaration des pourboires des employés.

-La transformation : permis de préparation d'aliments catégorie « préparation générale » pour les producteurs transformateurs qui font exclusivement de la préparation à des fins de vente au détail.

Fig. 23 : l'agrotourisme et les enfants

Source MAPAQ-mai 2009

-La vente au détail : permis de préparations d'aliments catégorie « maintenir chaud ou froid » pour les producteurs qui font uniquement la vente au détail de produits qu'ils ont gardés chauds ou froids qu'ils n'ont pas préparés.

-L'hébergement : attestation obligatoire de classification auprès de la Corporation de l'industrie touristique du Québec; application de la taxe d'hébergement. Enfin, les exploitants qui présentent des animaux d'espèces fauniques doivent aussi acquérir un permis de garde a des fins d'exhibition (en particulier pour les grands gibiers et les espèces exotiques). Les contraintes législatives et réglementaires entourant la pratique agrotouristique sont nombreuses, relevant à la fois des domaines touristique, agricole et alimentaire. Si d'un côté elles permettent de garantir un certain niveau de qualité, de salubrité et de sécurité des produits et services, elles représentent, d'un autre côté, un véritable enjeu pour les producteurs agricoles, qui doivent réussir à les connaître, les comprendre et les respecter

1.1.4. Problématiques de l'agrotourisme et stratégies de développement

Il ressort de l'enquête liée aux entreprises agrotouristiques dans la région Centre-duQuébec que le secteur agrotouristique peut être une activité rentable et viable si les chefs d'entreprises s'y prennent bien et sont bien conseillés; en cela, le comité AgroTourisme Centre-du-Québec doit jouer un rôle de soutien. L'agrotourisme est une activité économique intéressante qu'il ne faut pas négliger; ce secteur a des répercussions indirectes sur toute l'économie de la région (offices de tourisme, les hôtels, camping...). L'agrotourisme a aussi un rôle pédagogique qui peut contribuer à son développement. En effet, l'agrotourisme se situe en amont des actions qui consistent a convaincre le consommateur a l'achat de produits agricoles locaux parce qu'il montre au consommateur comment sont fabriqués les produits locaux et parce que le producteur peut répondre aux questions du visiteur, chose impensable dans un centre commercial.

Toutefois, la difficile conciliation des activités agricoles, familiales et administratives avec le volet touristique fait en sorte que les producteurs agrotouristiques ne sont pas toujours capables de trouver le temps d'accroître leurs compétences en tourisme, en accueil de clientèles (animation, bilinguisme, service) et en promotion touristique, ni leurs connaissances du marché. De plus, le manque d'organisation et d'adaptation des producteurs agrotouristiques aux heures d'ouverture correspondant aux besoins de la clientèle touristique limite l'accessibilité du visiteur et nuit a l'intégration des producteurs agrotouristiques dans les réseaux de distribution qui demandent des garanties.

Concernant la promotion et la distribution, la commercialisation des produits locaux n'est pas encore très rependue. Ils sont par conséquent, très peu intégrés dans les réseaux de distribution et les forfaits. La confusion sur la définition de l'agrotourisme chez différents intervenants, qui tendent à utiliser le terme agrotouristique pour des activités qui ne se déroulent pas sur une ferme, entraîne une mauvaise connaissance ou compréhension de celles-ci. Grace a l'enquête sur l'agrotourisme au Centre-du-Québec, il ressort que dans bien des cas, la petite taille et la nature même des activités de plusieurs producteurs agrotouristiques ne permettraient pas d'accueillir des groupes. D'autant plus qu'il existe peu de forfaits agrotouristiques et, mis à part les initiatives découlant des circuits et des routes, il y a très peu de réseautage entre les producteurs, établissements d'hébergement, restaurateurs et autres attraits. Une autre des problématiques soulevées par l'enquête sur la région Centre-du-Québec concerne les efforts de commercialisation non concertés (municipalités, MRC, MAPAQ, CDAFCQ, offices de tourisme, CLD, ATR, associations, circuits) qui diminuent l'impact auprès des clientèles cibles tout en multipliant les approches (payantes) auprès des producteurs. Ainsi, malgré les nombreux efforts de promotion déployés, la multiplicité d'outils nécessite plusieurs investissements pour le producteur agrotouristique, ce qui est onéreux pour les producteurs en démarrage qui n'ont pas les moyens de s'offrir cette promotion au démarrage de leur entreprise.

De plus, ce système engendre un certain éparpillement dans la promotion, voire même de la confusion pour le visiteur. Toutefois, l'accroissement du tourisme de proximité, des escapades de dernière minute, des voyages intergénérationnels, l'intérêt accru pour le tourisme culturel et l'apprentissage, la recherche d'authenticité, d'originalité et de diversité sont également toutes des tendances observées dans l'industrie touristique qui facilitent le développement de l'agrotourisme puisque ce dernier répond aux besoins des touristes de pouvoir faire des activités à proximité, sur une courte période de temps, apprendre et voir des choses nouvelles et différentes mais vraies, le tout en famille. Dans cette veine, il s'agit de faire du développement durable une stratégie de développement pour l'agrotourisme ; en effet, il ressort de l'étude que les producteurs ont pris conscience, d'une part, qu'ils peuvent en faire sans engendrer de gros coûts financiers (compost, tri sélectif, ...) et, d'autre part, que le fait d'appliquer des mesures de développement durable peut être très favorable pour l'image de leur entreprise auprès d'un consommateur qui recherche une authenticité et des modes de production durables.

De plus, un autre axe de développement doit s'occuper de développer chez les habitants du territoire un sentiment d'appartenance a la toute jeune région Centre-duQuébec. En effet, l'agrotourisme en faisant vivre une expérience exceptionnelle au consommateur peut créer un sentiment d'appartenance a un territoire et aux produits locaux qui s'y rattachent. Pour avoir plus d'impact dans cette entreprise, il serait bon de rattacher l'agrotourisme a la campagne promotionnelle : « Le Centre-du-Québec, goûtez-y!».

Enfin, dans l'optique de garantir un bon niveau de qualité des services et des produits, un dernier axe de développement doit s'efforcer de faire émerger une charte de qualité régionale avec un cahier de charges commun pour toutes les MRC afin de faciliter les critères de comparaison au niveau régional pour le client. En revanche, l'enquête réalisée ne donne le point de vue que des producteurs, le point de vue des clients est manquant, c'est pourquoi le MAPAQ en collaboration avec l'ATR Centre-du-Québec tient l'an prochain à réaliser une enquête spécifique auprès des touristes ainsi qu'une enquête sur les entreprises connexes a l'agrotourisme pour compléter l'enquête liées aux producteurs faisant de l'agrotourisme.

Outre l'offre individuelle des producteurs agrotouristiques, il faut bien voir que la création d'une route ou d'un circuit à dominante agrotouristique a facilité la promotion et la mise en marché des productions agricoles locales et de leur commercialisation en circuits courts.

1.2. Circuits touristiques et les festivals : outils de promotion des produits du territoire

Les circuits touristiques et les festivals sont des outils de promotion des produits du territoire; ils ont pour clientèle privilégiée les touristes qui ne connaissent pas la région. Ils doivent satisfaire les représentations mentales des visiteurs qui se figureront plus facilement les produits locaux à consommer.

1.2.1 Les circuits ou routes touristiques en place : un moyen pour retenir les touristes sur le territoire et pour développer la commercialisation des produits à forte valeur ajoutée

Les circuits ou routes sont créées et gérées au niveau provincial ils disposent d'un budget de fonctionnement variant de 10 000 $ à plus de100 000 $. La gestion s'effectue souvent par les membres de réseaux agroalimentaires. On mentionne qu'idéalement, un circuit ou route devrait avoir un budget d'au minimum 20 000 $. Selon plusieurs intervenants interrogés lors de mon enquête auprès des agriculteurs faisant parti d'un circuit ou d'une route touristique, ce qui fait le succès de certains circuits ou routes, ce sont les éléments suivants :

· une bonne concertation entre les producteurs, transformateurs et restaurateurs dans la région (idées, collaboration, participation), mais également avec l'ATR et la table de concertation agroalimentaire. Les circuits incluent aussi maintenant l'hébergement en petites auberges ou gîtes, ce qui devient un maillage intéressant pour le marketing croisé; une ressource dédiée qui met du temps et de la passion à le gérer et le faire progresser, mais aussi qui encadre les entreprises membres (plusieurs n'ont pas de structure formelle ou de permanence);

· un certain dynamisme régional assuré par le respect d'un cahier des charges par les producteurs (ce qui contribue également au rehaussement de la qualité);

· des outils promotionnels de qualité avec un visuel attrayant, une carte routière claire et facile à suivre, de bonnes descriptions des entreprises dans les guides, un affichage adéquat;

· la présence d'un bassin de population et de touristes à proximité.

Notons aussi l'importance d'avoir une grille horaire commune à être respectée par tous les membres du circuit ou route.

Les routes et circuits les plus reconnus et suivis au niveau de la province du Québec sont la Route des vins du Québec et la Route gourmande des fromages fins du Québec. Au niveau de la région centre-du-Québec, la route des fromages est la plus suivi grâce à la renommée du festival des fromages de Warwick sur lequel nous reviendrons dans la partie suivante. A un niveau plus local vient ensuite la balade gourmande, qui est organisée par Tourisme Bois-Francs (voir le figuré 27 ci-dessous du circuit 2009), ce circuit se déroule sur deux fins de semaine sur la MRC d'Athabaska, ce qui est peu contraignant pour les producteurs qui font durant des journées de la vente directe aux touristes. Ce circuit d'après les données recueillies auprès de tourisme Bois-Francs permet aux producteurs d'assurer prés de 50% de leur chiffre d'affaire a l'année. Ces circuits, permettent aux touristes et aux consommateurs de se représenter un terroir ainsi que le mode de fabrication des produits qu'ils vont consommer.

Vu le succès rencontré par ce circuit le comité AgroTourisme Centre-du-Québec compte développer ces circuits qui mettent en avant des producteurs mais aussi des marchés locaux oü l'on peut acheter des produits régionaux. Seulement la distance entre les producteurs agrotouristiques rend difficile la mise en place de ce type de circuit. Ces routes ou circuits, contribuent également à retenir les touristes sur le territoire Québécois pendant leurs vacances, il s'agit aussi par ce moyen de leur faire aimer la région et ses produits en les attachant a la région par des représentations mentales, afin qu'ils achètent plus tard, une fois rentré chez eux des produits qui leur évoquent des souvenirs.

Ainsi, au-delà de l'aspect commercialisation, les circuits touristiques et les festivals permettent de sensibiliser les visiteurs aux productions locales, ils permettent également de faire connaitre la région aux touristes.

1.2.2 Les festivals de la région : un moyen pour faire connaître la région et mettre en valeur les produits locaux phares

Les festivals permettent de faire connaître le dynamisme d'une région. Ils permettent de mettre en valeur un produit phare de la région. Au niveau de la région Centre-du-Québec le festival le plus important est le festival des fromages de Warwick sur la MRC d'Arthabaska qui se déroule en juin. Le festival des fromages de Warwick est le plus important festival en Amérique du Nord concernant ce nouveau marché que représente le secteur fromager. En effet, au Québec, le secteur fromager est en plein développement depuis une vingtaine d'année, suivant le modèle Français, les Québécois essayent de développer une offre diversifiée ainsi qu'une culture du fromage allant de paire avec une culture du vin. Hélas, la réglementation sanitaire du Québec interdit la fabrication des fromages au lait cru. Le secteur fromager a été gravement touché par une crise a l'hiver 2009. En effet, des fromages contrôlés par le ministère de l'agriculture ont décelé contenir des traces de listéria, de fait la plupart des fromages de la province ont été jeté, les consommateurs ont eu peur d'en manger et d'en acheter. C'est pourquoi cette année le festival des fromages de Warwick était très important, il se devait de redonner une bonne image du secteur laitier. Vient ensuite le festival international de l'érable a Plessisville sur la MRC de l'érable qui se déroule en avril, ce festival vise faire connaitre aux visiteurs les produits de l'érable qui sont élaborés sur la région Centre-du-Québec dans une ambiance festive. L'objet de ces festivals est de mettre au premier plan un produit local et de le valoriser par le dynamisme du territoire qui organise cette fête autour d'un produit. Il s'agit ainsi de sensibiliser le consommateur à un produit par une ambiance festive.

Si les festivals sont très utiles pour faire connaitre et mettre en valeur les produits locaux, il s'agit aussi de faciliter la distribution et la commercialisation des produits agricoles a fortes valeur ajoutée tout au long de l'année. Dans cette démarche les marchés locaux de type marchés publics ou encore les nouveaux marchés de solidarité régionaux apparaissent comme de véritables outils permettant le rapprochement du consommateur avec le producteur.

1.3. Les marchés locaux : système de vente en circuits courts

Les marchés locaux sont des intermédiaires entre le producteur et le consommateur, on peut alors parler de circuit court de distribution. En effet, au Québec, pour qu'un marché

soit caractérisé de « circuit court de distribution » il ne doit pas y avoir plus de deux intermédiaires entre le consommateur et le producteur.

1.3.1 Portrait d'un marché local de distribution dans la région Centre-du-Québec : Le marché de solidarité régionale de Victoriaville (MSRV)

Fig.25 : logo du MSRV, source MSRV

Le marché de solidarité régionale de Victoriaville est un projet qui a débuté a l'automne 2008 et qui a vu le jour dés le début du mois de juillet 2009.

Le marché de Victoriaville a été développé sur le modèle du marché de solidarité régionale de Sherbrooke qui fut créé par les Amis de la Terre en Estrie il y a une dizaine d'années.

Les intervenants du milieu rural n'ont donc rien a voir avec cette initiative qui fut lancée par un groupe de citoyens soucieux de manger des produits locaux afin de réduire leur impact sur

l'environnement et de favoriser l'économie de leur région. Le Marché de solidarité régionale de Victoriaville est un organisme a but non lucratif. L'élection des membres du conseil d'administration (CA) se fait de façon démocratique. Au départ, le marché est géré par le groupe promoteur provisoire. Quelques mois après l'ouverture, le conseil d'administration est élu par les membres bénévoles lors d'une assemblée générale annuelle. La mission du marché est de rendre les produits régionaux accessibles à la population de Victoriaville et des environs en créant un lien direct entre consommateurs et producteurs.

Pour respecter leur éthique de fonctionnement, le marché de solidarité privilégie des critères pour sélectionner les producteurs qui alimentent le marché. Ainsi, ces derniers doivent être situé dans un rayon de 75 km du point de chute (voir la carte des producteurs ci-dessous), ils doivent également avoir accès à Internet, avoir des points de vente limités ou inexistants dans les grandes surfaces, respecter les normes du MAPAQ, avoir des méthodes de production respectueuses de l'environnement (sans être obligatoirement biologique), être ouvert a l'amélioration constante des méthodes vers une production écologique, offrir des produits différents des produits déjà disponibles au Marché ou des produits dont la demande excède l'offre, être ouvert a participer a des activités avec les membres (ex : dégustation).

L'objectif du marché est d'encourager le développement régional et l'esprit de communauté, de solidarité et de responsabilité environnementale. Il s'agit ainsi de faciliter l'accès aux produits alimentaires régionaux, de créer un contact direct entre le producteur et le consommateur, de réduire l'impact de notre consommation sur l'environnement, d'offrir un prix équitable pour le producteur et pour le consommateur, d'encourager la relève agricole de la région et de favoriser les contacts humains et le sentiment d'appartenance a notre région.

Au niveau du fonctionnement du marché, chaque semaine, les producteurs inscrivent les produits qu'ils désirent mettre en vente ainsi que leur prix sur le site web du Marché. Les adhérents peuvent passer une commande en ligne chaque semaine durant une période déterminée (par exemple du vendredi au mardi). Après la date butoir (mardi dans l'exemple), les producteurs reçoivent les bons électroniques détaillant les commandes faites par les adhérents, ce qui leur permet de préparer la marchandise, pour ensuite aller la livrer au local du Marché lors de la journée de distribution hebdomadaire (le jeudi par exemple). Lors de la réception, un gestionnaire du Marché vérifie la quantité et la qualité de la marchandise, puis le producteur est payé par chèque. Les fournisseurs livrent leurs produits entre 9h et 15h et le marché est ouvert aux adhérents de 15h30 à 20h. L'adhérent vient au Marché avec ses sacs ou ses contenants et des bénévoles lui distribuent les produits qu'il a commandés. Il paye ensuite sa facture par carte de débit. L'intégralité du prix des marchandises est remise aux producteurs. Toutefois, pour se financer, le Marché ajoute 15% au prix total de la facture payée par l'adhérent.

Une contribution de 20 $ par année est aussi demandée aux adhérents. Le prix de vente des produits est fixé par les producteurs, auquel le Marché ajoute 15 % pour la couverture des frais de gestion. Ce pourcentage est nettement inférieur aux frais de distribution et de vente ajoutés par les intermédiaires traditionnels. Cette façon de procéder permet d'atteindre un des objectifs du marché, soit offrir un prix équitable autant pour le consommateur que pour le producteur.

Conclusion

Le Marché de solidarité régionale de Victoriaville vise à permettre un accès facile à des produits régionaux qui sont issus d'une méthode de production respectueuse de l'environnement. Le Marché offre des produits diversifiés pour répondre aux attentes du consommateur. De plus, l'autre avantage du marché est qu'il est ouvert durant toute l'année, ce qui permet un accès facile aux produits régionaux a l'année, alors que tous les marchés publics de la région ferment l'hiver. Toutefois, on constate que les intervenants du milieu peu participent au montage de ce projet original et novateur.

Le marché a une incidence sur les producteurs. En effet, parce qu'il offre une variété de produits frais et surgelés qui se doit d'être diversifiée, le marché incite les producteurs a diversifier leurs activités au sein de la ferme mais il pousse aussi les producteurs a se différencier entre eux afin que toutes les fermes ne proposent pas toutes les mêmes produits. Le producteur est responsable de la qualité de ses produits.

Toutefois, lors de la livraison, le gestionnaire responsable du point de chute s'assure de la satisfaction des adhérents et des producteurs. Le marché de solidarité régionale de Victoriaville offre également des services connexes, telles que des visites chez les producteurs, des activités de dégustation, des échanges de recettes, etc. En cela, il peut aussi être considéré comme entreprise connexe à l'agrotourisme. Le Marché de solidarité ne se résume pas à la vente de produits locaux, il permet également aux gens de développer un sentiment d'engagement social et un contact avec le milieu rural; en cela il correspond bien aux nouvelles tendances sociales que nous avons évoqués plus haut.

Un autre des grand objectif du marché est de sensibiliser les consommateurs au rôle qu'ils ont a joué dans l'économie locale; pour ce faire, le Marché laisse, à la disponibilité des adhérents, un cartable où ils peuvent faire des commentaires et des suggestions sur le fonctionnement du Marché. Ainsi, les adhérents prennent part au processus de décisions et cela améliore les façons de faire et l'efficacité du Marché. Les gens se sentant impliqués, ils sont plus susceptibles de venir acheter des produits toutes les semaines. Ils peuvent exprimer leurs satisfactions par rapport à la qualité et à la diversification des produits offerts par les producteurs. Les producteurs consultent ce cartable afin de répondre aux commentaires reçus de la part des adhérents. Ce processus permet de renforcer le lien entre le producteur et le consommateur tout en optimisant la qualité des produits offerts.

Le marché de solidarité régionale de Victoriaville est véritablement novateur dans son mode de fonctionnement. En effet, l'objet du marché est de rapprocher les consommateurs et les producteurs pourtant l'outil utiliser est internet, cela peut sembler paradoxal. Cet exemple met en scène la théorie du « village planétaire » de M. Marshall McLuhan, ici cet exemple permet de rapprocher les gens d'une même région dans la réalité à partir des technologies de l'information et de la communication. En effet, ce marché s'ancre parfaitement dans l'ère du XXIème siècle dans un contexte où le temps est vu comme très précieux, il s'adapte a une clientèle pressée qui ne tient plus a perdre son temps pour faire son « épicerie » mais qui préfère passer sa commande depuis son domicile. Ce marché s'adresse aussi à une clientèle qui est déjà bien sensibilisée aux problèmes environnementaux ainsi qu'à l'économie locale et qui recherche une consommation plus saine et plus durable.

L'exemple du marché de solidarité régionale de Victoriaville est très intéressant, il est né de l'initiative de Melle Angèle Martin-Rivard avec qui j'ai travaillé sur le lancement du projet, toutefois si le projet comporte des forces il a aussi des faiblesses.

1.3.2 Force et faiblesses de ces modes de distribution

La grande force du marché est qu'il répond a un besoin criant d'encourager les producteurs locaux de la région, en cela le marché de solidarité régionale de Victoriaville partage la même préoccupation que les intervenants du milieu rural (MAPAQ, CDAFCQ, CLD...), c'est un très bon point pour le marché qui n'est pas un organisme public mais qui

peut aussi bénéficier des retombées des campagnes de communication émises par ces organismes.

De plus, le marché de solidarité met en avant une éthique sociale et environnementale forte bien en phase avec les nouvelles tendances sociales auxquelles une nouvelle clientèle aspire. Le MSRV se veut être un lieu de rencontre, un lieu d'échange. Lors de la journée de la collecte, jeunes et moins jeunes peuvent se côtoyer et échanger sur leur réalité respective. De plus, les membres du marché peuvent bénéficier de la flexibilité d'Internet pour faire leur commande et connaître la provenance des produits qu'ils achètent. Le lien direct entre les producteurs et les consommateurs permet d'éliminer les coûts générés par les intermédiaires et donc d'offrir des produits à un prix équitable. Le contact direct est également un avantage très important pour le producteur qui peut partager sa réalité et adapter son offre de produits selon la demande des consommateurs.

Une autre des forces du marché est de contribuer à augmenter le sentiment d'appartenance a la toute jeune région Centre-du-Québec. Effectivement, comme l'indique le Rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire, «il est essentiel que la société appuie et respecte ceux qui ont la mission de la nourrir. Il importe également de faire connaître le rôle socioéconomique de l'agriculture et sa contribution a la dynamique de l'occupation du territoire~1. Connaître et consommer les produits provenant de sa région apporte une fierté et un sentiment d'appartenance a celle-ci. L'agriculture exprime la personnalité d'un peuple.

Toutefois, si le marché de solidarité dispose de nombreuses forces il faut également noter certaines faiblesses, tout d'abord, il faut noter que toute la population Centricoise ne dispose pas encore d'un accès internet et que toute la population n'est pas encore prête à diversifier ses pratiques pour les commissions, c'est-à-dire à faire son épicerie en plusieurs endroits. De plus, le marché de solidarité ne permet pas de voir les produits que l'on va acheter, autrement dit, le consommateur s'engage à acheter le produit sans le voir. Ainsi tout le marché repose sur la confiance entre le producteur et le consommateur. Au niveau du fonctionnement il faut noter que le marché est supporté par nombre de bénévoles ; en effet, l'objectif du marché de solidarité étant de faire participer le citoyens a des activités de rencontre et de solidarité, on peut s'interroger sur l'endurance des bénévoles pour participer à ce projet.

Enfin, il faut bien voir que peu de producteurs peuvent bénéficier de ce mode de commercialisation. Effectivement, le marché ne recrute qu'un seul producteur par produit, et que pour le moment le marché ne souhaite pas dépasser le nombre de 15 producteurs. Le marché exclut également tous les producteurs qui sont situé à plus de 75 km de Victoriaville.

Ainsi, les marchés de type solidarité régionale doivent être situés à proximité des bassins de population de la région cela exclut de fait les producteurs dont le siège social est situé trop loin du marché. De ce fait, de nombreux marché de solidarité régionale ont tendance à se déployer partout où un bassin de population le permet, cela entraine alors une concurrence entre les producteurs en périphérie des villes.

1 Rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois: http://www.caaaq.gouv.qc.ca/documentation/rapportfinal.fr.html (consulté en mars 2009)

Tous les supermarchés tels que IGA, Métro, Super C, Loblaws...

Le Marché Le

Végétarien

Marchés d'alimentation

Forces

Heures d'ouverture très accessibles

Emplacements dispersés dans la ville

Beaucoup de variétés Modes de paiement
diversifiés

Heures d'ouverture très accessibles

Ouverture plus grande que les supermarchés pour les produits locaux

Beaucoup de variétés Modes de paiement
diversifiés

Faiblesses

Aucun contact avec les producteurs

Incertitude de la provenance de certains produits

Faible ouverture aux produits locaux

Produits biologiques

dispendieux

Peu de variétés de produits biologiques et ils proviennent surtout des États-Unis Fraîcheur parfois discutable Impact environnemental

important à cause du transport alimentaire et de la distribution

Aucun contact avec les producteurs

Variété limitée de produits locaux

Prix élevé des produits locaux Plusieurs produits biologiques en provenance des États-Unis ou d'autres pays

Impact environnemental

important à cause du

1.3.3 Le redéploiement des marchés locaux et les problèmes de concurrences

Les marchés publics tels que nous les connaissons en Europe avaient totalement disparu dans la région Centre-du-Québec dans les années 1980 avec l'agrandissement des supermarchés qui proposaient tous les produits en un même lieu. Ce n'est qu'au début des années 2000 que des initiatives ont été lancé pour redémarrer des marchés publics classiques un jour par semaine, hélas la clientèle n'était plus habituée à ce fonctionnement et nombre de ces marchés n'ont pas fonctionné. En ce qui concerne le marché de solidarité régionale, la question est différente, il faut envisager le marché comme un organisme avec une structure (le CA) qui s'approvisionne auprès des producteurs tout comme les centres commerciaux et ne pas voir le marché comme un regroupement volontaire de producteurs qui se rassemblent pour vendre leurs produits. Il faut envisager la concurrence des marchés a plusieurs niveaux. Il y a tout d'abord la concurrence des marchés de solidarité avec les supermarchés, cependant il faut aussi noter la concurrence que les marchés de solidarité génèrent entre eux chez les producteurs. Dans un premier temps, le tableau ci-dessous dresse un portrait des forces et faiblesses de la concurrence, ainsi que celles du Marché.

Tableau 5 : tableau concurrentiel des marchés

 
 

transport alimentaire et de la distribution

La Coopérative La

Manne

Heures d'ouverture très

accessibles

Ouverture plus grande aux produits locaux

Grande variété de produits biologiques

Commerce à

administration locale

Modes de paiements

diversifiés

Aucun contact avec les

producteurs

Variété de produits locaux

limitée

Prix des produits locaux élevé Prix des produits biologiques élevé

Plusieurs produits biologiques en provenance des États-Unis et d'autres pays.

Impact environnemental

important à cause du transport alimentaire et de la distribution

Le Marché public des Bois-Francs

Heures d'ouverture

accessibles en saison

Grande ouverture aux

produits locaux

Fraîcheur

Ouverture saisonnière

seulement

Incertitude de la provenance de certains produits

Variété de produits locaux

limités

Prix des produits locaux élevé

Jardins de Tourmaline (ASC)

Produits locaux biologiques Contact direct avec le producteur

Fraîcheur

Prix équitable

Variété de produits limitée

principalement aux légumes Jours et heures fixes
d'ouverture a la ferme Emplacement éloigné dans la ville

Le Marché de solidarité régionale

Grandes variétés de

produits locaux

Local situé en ville Connaissance exacte de la provenance des produits Commandes par Internet Liens entre producteurs et consommateurs

Prix équitable

Fraîcheur et qualité des

produits

Convivialité du service

Diversité limitée au départ Jours et heures fixes de
distribution

Mode de paiement limité

(Interac)

Source : tableau personnel

Le Marché permet un accès à plus de produits locaux que tout autre concurrent. Il est important de mentionner que les grands réseaux de distribution ne sont pas toujours accessibles aux petits producteurs. De plus, les prix payés par ces réseaux ne sont pas souvent avantageux pour les producteurs. Ces derniers sont donc a la recherche d'un marché leur permettant de tirer un meilleur prix de leurs produits tout en évitant de devoir assumer des pertes et des retours d'inventaires. Dans un second temps, il faut se pencher sur la future disposition des marchés de solidarités. En effet, il est prévu que des marchés de solidarités ouvrent sous peu à Plessisville, à Bécancours, à Nicolet et à Drummondville. L'éclosion de ces marchés dans la région centre-du-Québec, dans un milieu rural peu peuplé, faiblement industrialisé et plus ou moins homogène (si l'on excepte le relief) m'est apparu comme l'application concrète de la théorie de Christaller sur les places centrales. En effet, selon Christaller la loi du marché est le facteur premier de l'organisation des places centrales. Ainsi, Christaller affirme que le producteur a intérêt a se placer au centre d'une aire de marché pour diminuer au maximum la (( distance économique » de la clientèle potentielle. Ce que Christaller nomme la (( distance économique » est ce cout relatif de l'accès a un bien ou a un service central, c'est-à-dire que la somme des couts engendrés par la distance est primordiale. Le consommateur dans ce modèle a intérêt a s'adresser a la place centrale la plus proche pour acquérir un bien, plus il est éloigné moins il a intérêt à se rendre à la place centrale. Ainsi, il arrive un moment oü le consommateur au lieu d'aller a la place centrale A ira à la place centrale B, de sorte autour de la place centrale, une aire circulaire de marché apparaît qui s'étend jusqu'à l'aire circulaire de la place voisine. C'est exactement ce phénomène qui se passe avec les marchés de solidarités, ils sont situés au plus prés des bassins de population et les producteurs les plus intéressés sont aussi ceux qui sont le plus proche du marché, les producteurs plus marginaux sont souvent rebutés par la (( distance économique ».

Conclusion :

L'émergence de ces marchés crée des dynamiques dans l'espace rural Centricois, toutefois, un problème se pose si l'on observe consciencieusement la carte des producteurs on remarque que nombre de producteurs ne devraient pas faire partis du marché de solidarité régionale de Victoriaville puisqu'ils se trouvent a proximité d'un autre pole urbain. Ainsi pour le moment le marché de solidarité de Victoriaville occupe une aire circulaire très vaste qui s'étend sur les aires circulaires des autres pôles urbains. Il y aura donc une concurrence pour les aires circulaires lorsque les autres marchés vont se développer. De plus, un autre problème se pose pour les producteurs qui se situent aux marges de tous les marchés, ces derniers se retrouveront exclus par la «distance économique ».

Les principaux constats ressortant de l'analyse du secteur de la diversification et de la commercialisation en circuit court en région ainsi que de l'enquête qui a été soumise aux entreprises agricoles liées a l'agrotourisme, nous permettent de poser un diagnostic stratégique mettant en évidence les enjeux d'aménagement et les opportunités pour la mise en place de nouvelles pratiques de consommation et de production au niveau local.

II. Enjeux d'aménagements et opportunités pour la mise en place de nouvelles pratiques de consommation et de production au niveau local

La valorisation des productions agricoles locales en circuit court au Centre-du-Québec est un domaine nouveau. Ce secteur est en effet caractérisé, d'une part, par une émulation au niveau des acteurs pouvant favoriser son développement mais aussi par une expérience faible dans la mise en valeur des produits.

2.1. La valorisation des productions agricoles locales en circuit court dans la

région Centre-du-Québec : un secteur en émulation mais avec peu d'expérience

Ainsi le secteur de la valorisation des productions locales en circuit court comporte

des forces et des atouts mais aussi des faiblesses et des handicaps à corriger.

2.1.1 Les forces et les atouts du secteur

Dans un premier temps, on constate que la valorisation des productions locales en circuits court au Centre-du-Québec peut s'appuyer sur certaines forces pouvant significativement contribuer au développement du secteur.

Les producteurs de la région dégagent une forte émulation pour développer le secteur. Le Centre-du-Québec compte un nombre important de produits transformés de qualité (canneberges, l'oie de la baie du Febvre, miel, produits de l'érable...) reconnus et appréciés, de plus ces derniers complètent avantageusement l'offre agrotouristique. En effet, il y a eu chez les producteurs une prise de conscience de la nécessité de produire des produits de qualité allant de paire avec un changement au niveau des tendances sociales, d'autant plus qu'il y a un marché pour ce type de produits locaux vus de meilleure qualité pour la santé.

L'offre des produits locaux est diversifiée a l'échelle de la région. De plus l'agrotourisme au Centre-du-Québec propose des visites diversifiées (acériculture, porcs au pâturage, autocueillette de fruits et légumes...) tant au niveau des producteurs agrotouristiques que des produits et expériences proposés, qui sont généralement de qualité et authentiques. Cette offre variée et riche devient plus attrayante et incite l'amateur d'agrotourisme aux visites répétées dans une entreprise agrotouristique sans pour autant vivre chaque fois la même expérience. L'élargissement de la gamme de prestations offerte par les producteurs agrotouristiques individuellement (interprétation, visites guidées, dégustations, restauration, événements) crée un effet d'entraînement positif tout en contribuant à renforcer et renouveler l'offre agrotouristique du Québec.

Les produits innovants, exclusifs ou régionaux (canneberges, produits de l'érable...) permettent à diverses régions de se distinguer tout en contribuant à rehausser la qualité de l'offre et a bonifier l'expérience du visiteur. Le système de certification pour la reconnaissance de la qualité mis en place par la Fédération des Agricotours permet de mettre en valeur les produits auprès des consommateurs. La certification biologique est trois fois plus répandue chez les producteurs sensibilisés à la commercialisation en circuit court (10%) que parmi l'ensemble du secteur agricole, ce qui représente un avantage en matière de positionnement dans ce créneau. Sur le plan de l'organisation un atout demeure déterminant sans toutefois être assez puissants pour devenir une force. En effet, l'existence de circuits et de routes bien développés qui ont aussi atteint une certaine notoriété sont des modèles sur lesquels le secteur peut s'appuyer pour commercialiser ses produits. Sur le plan de la demande comme le secteur a peu de contrôle sur la demande (il s'agit davantage d'une

résultante de plusieurs actions), nous aborderons sous ce thème, les atouts favorables au secteur : une incidence de pratique d'activités liées a l'achat local et a l'agrotourisme non négligeable dans la population adulte Centricoise démontre un intérêt certain sur lequel capitaliser pour le développement du secteur. Le bouche-à-oreille positif contribue à faire rapidement connaître les marchés publics et locaux et les entreprises agrotouristiques puisqu'il est la première source d'information des visiteurs (suivi des guides touristiques et des panneaux routiers). Sur le plan de la promotion et de la distribution, le secteur ne peut compter a l'heure actuelle sur de véritables forces au chapitre de la promotion et de la commercialisation, mais sur quelques atouts : plusieurs outils sont déjà utilisés par les producteurs agrotouristiques et les marchés locaux pour faire connaître leur offre individuellement (dépliants, brochures, annonces publicitaires, inscriptions dans les guides, signalisation, site Internet, cartes, etc.) de même que les beaux dépliants, sites Internet, guides et cartes, produits par certaines régions et regroupements ou circuits, contribuent à la notoriété globale de cette activité en plus de promouvoir une belle image du secteur.

L'existence d'événements reconnus (journées des saveurs dans les marchés publics avec dégustations proposées par les producteurs et des recettes préparées par des chefs) pouvant servir de leviers pour d'autres activités promotionnelles ou de communication. Le MAPAQ Centre-du-Québec a mis en place depuis le mois de mai 2009 une véritable stratégie de communication qui vise à attirer le consommateur Québecois dans les marchés publics. Le but est de lui apprendre à diversifier ses achats, à ne pas tout acheter dans les centres commerciaux, à privilégier les produits frais et locaux pour cuisiner. Il en va pour cette stratégie une démarche globale, le but est de réapprendre au consommateur à cuisiner des produits locaux tout en le sensibilisant au rôle que ses achats ont sur l'environnement en limitant les couts de transport des marchandises.

Conclusion :

Sur le plan de l'offre, on constate tout d'abord que le secteur est bien structuré avec des organismes capables de conseiller les producteurs. De plus il est intéressant de voir que les producteurs ont bien diversifié leurs productions pour s'adapter a un consommateur de plus en plus exigent du coté de la qualité. Trait caractéristique d'un secteur qui n'en est encore qu'au début de sa phase de croissance, Les circuits courts de distribution au Centre-duQuébec souffrent encore de certaines faiblesses et handicaps qui peuvent nuire à terme au développement du secteur s'ils ne sont pas corrigés.

2.1.2. Les faiblesses et les handicaps du secteur

Sur le plan de l'offre, le secteur a peu d'expérience. En effet, on retrouve une grande proportion de producteurs ayant démarré depuis peu leurs activités de valorisation des produits locaux et qui vivent des problématiques propres à des petites entreprises en développement ou en processus de diversification : peu d'expériences en tourisme, ressources limitées, problème de liquidités... De plus, au niveau de l'agrotourisme notamment, la qualité variable des prestations et de l'accueil d'un producteur agrotouristique à l'autre nuit a la diffusion d'une image forte, crédible et unique du secteur ainsi qu'à la qualité de l'expérience et au bouche-à-oreille qui en résultent. Toutefois, concernant l'organisation du secteur , on constate encore un manque d'organisation globale, de vision, d'unicité et d'éléments rassembleurs au sein de l'industrie, ce qui limite les efforts concertés de développement, de promotion et de commercialisation du secteur qui

pourraient augmenter leur force de frappe sur le marché. Cela s'explique aussi par le fait que ce secteur est novateur avec peu d'expérience sur la région Centre-du-Québec.

Parce que ce domaine est né des nouvelles tendances sociétales, il convient aussi de s'intéresser a la valorisation des productions locales en circuit court au-delà du secteur agricole et économique.

2.2. Au-delà du secteur agricole et économique

Il s'agit de trouver des opportunités pour développer les circuits courts de distribution.

2.2.1. Les opportunités et potentiel de développement des circuits courts de distribution Tout d'abord, il faut bien voir que la valorisation des productions agricoles locales et de l'agrotourisme sont associés quasi naturellement a l'espace rural.

La proximité avec la campagne pourrait permettre d'effectuer d'une part des activités complémentaires à la gastronomie locales (promenades à la campagne, plein air, vélo, visites culturelles et patrimoniales) et d'autres parts le partage d'une clientèle commune (adeptes d'aliments biologiques et du terroir, visiteurs de marchés publics, de foires agroalimentaires) feraient en sorte que le secteur de l'agrotourisme et de la commercialisation en circuit court gagneraient à établir des partenariats et à faire des promotions croisées. Le développement de spécificités régionales serait alors l'élément de différenciation interrégionale - contribuant au développement d'un sentiment d'appartenance a la région et à ses productions caractéristiques - permettrait globalement au Québec de s'appuyer avantageusement sur une offre diversifiée à valeur ajoutée.

De plus, l'augmentation du nombre de petites entreprises artisanales qui se spécialisent dans la transformation de produits dérivés de l'agriculture (boulangeries, fromageries artisanales, mielleries, fleurs séchées, produits de beauté, etc.) peut constituer un intérêt pour le touriste et compléter l'offre d'un circuit ou d'une région.

En ce qui a trait à la demande en agrotourisme notamment, plusieurs potentiels de développement porteurs peuvent favoriser l'essor du secteur, en effet, la situation des exploitations en zone périurbaine permet de tirer profit des excursionnistes des grandes villes. Enfin, la population consciente de l'importance de manger sainement, la popularité accrue des aliments naturels et biologiques, l'intérêt a manger plus frais et québécois, mais également les préoccupations croissantes de la population vis-à-vis de la provenance des aliments et des modes de production (suite aux problèmes de sécurité alimentaire) sont des mouvements favorables au développement de la diversification des produits locaux et la commercialisation en circuit court.

De plus, les tendances sociales (consommateurs citoyens, acheter pour se faire plaisir) sont également favorables aux modes de productions agricoles locaux puisqu'une proportion plus grande de consommateurs souhaitent encourager directement les producteurs (p. ex. : par le commerce équitable) et désirent de faire de l'acte d'achat une expérience agréable en achetant des produits locaux de qualité produits à proximité de leur lieu de résidence ; il y a un aspect social dans cette démarche le consommateur peut connaitre son producteur et soutenir l'économie locale. De plus, la visibilité offerte aux produits régionaux et du terroir grâce : a l'utilisation des produits par les restaurateurs qui sont une excellente vitrine; aux recettes valorisant les produits du terroir et spécialités

régionales; aux efforts isolés de certains détaillants (marchés publics, boutiques spécialisées) stimule l'intérêt et la notoriété pour les produits agricoles de la région.

Conclusion :

En effet, ces nouvelles tendances sociétales encouragent le retour aux sources, à la terre et aux produits régionaux. Il est a noter que l'intérêt pour le développement du tourisme culinaire et la création de forfaits thématiques ou régionaux par les voyagistes, grossistes ou transporteurs reste une opportunité de développement pour certains producteurs, notamment dans un horizon moyen-long terme. D'autant plus que le marketing croisé avec d'autres produits touristiques favorise la découverte des produits régionaux et permet de rejoindre de nouvelles cibles. Finalement, quelques menaces ou contraintes externes au secteur agricole peuvent venir limiter son développement a moins d'être contournées.

2.2.2. Les menaces et les risques

La saisonnalité des productions peut entraîner des baisses importantes d'activité et de revenus, notamment pour les producteurs agrotouristiques qui ne font pas de transformation ou qui ne mettent pas en valeur d'autres facettes que la récolte des produits. De plus, l'absence de normes de qualité commune à l'ensemble de la province Québécoise peut avoir à terme un impact négatif sur l'ensemble du secteur.

Les difficultés de cohabitation entre les productions agricoles de masse et les productions alternatives de qualité peuvent nuire également au développement du marché des produits locaux. En revanches, les besoins et attentes des consommateurs/touristes, de plus en plus connaisseurs et exigeants exercent une pression constante sur la qualité de l'accueil, l'originalité de l'offre et son renouvellement.

Finalement, les lois et règlements touchant les producteurs agrotouristiques deviennent des contraintes externes qu'il faut gérer, notamment les règlements qui sont contraignants et exigeants financièrement pour les producteurs (assurance, signalisation, installations, zonage, exigences d'accueil et d'aménagement du site); les règlements difficiles à comprendre et peu adaptés aux petits producteurs.

A la lumière des éléments que nous venons de voir ci-dessus, nous pouvons faire ressortir des enjeux et des défis pour développer la valorisation des productions agricoles locales.

2.3. Les enjeux et les défis

Le secteur de l'agroalimentaire en général est en pleine émulation dans la région Centre-du-Québec, mais il doit relever des enjeux et des défis. Dans un premier temps, il s'agit de convaincre le consommateur puis il s'agit dans un second temps de relever le défi de la qualité.

2.3.1. Éduquer le consommateur, « le retour à la terre »

Tout l'enjeu de la campagne de communication « le centre-du-Québec, goutez-y ! » (campagne issue de la campagne de promotion lancée en 2007 par le MAPAQ pour inciter la population à « mettre le Québec dans son assiette ») réside dans l'idée qu'il faut éduquer le consommateur à manger local et ainsi accroitre la consommation intérieure des aliments produits et transformés au Centre-du-Québec. Il s'agit de toucher le consommateur au niveau de ses représentations mentales, en lui rappelant les souvenirs gustatifs de son

enfance, en lui indiquant qu'il va soutenir l'économie de sa région, en l'amenant a participer lui-même aux activités de la ferme (autocueillette, agrotourisme....). L'enjeu est d'amener le consommateur à un « retour à la terre », à un retour dans son enfance. Nous l'avons vu la société Québécoise est fortement marquée par un modèle étasunien, il s'agit donc d'éduquer le consommateur a diversifier ses pratiques d'achats afin qu'il ne fasse pas toute son épicerie dans le même centre commercial, la stratégie est de ramener les consommateurs dans les marchés publics qui proposent des produits locaux avec des chefs qui apprêtent les produits locaux. La stratégie mise en place par la région Centre-du-Québec est de mettre en lumière les marchés publics, les kiosques à la ferme et les entreprises agroalimentaires, les entreprises agroalimentaires, les restaurants. Plus précisément, l'enjeu est de favoriser un secteur comprenant une diversité d'entreprises et de productions.

Conclusion :

Il s'agit au final surtout de rapprocher les entreprises de productions et de transformation du consommateur et citoyen. De plus, l'enjeu est aussi de sensibiliser le consommateur à un territoire afin qu'il se construise des représentations mentales liées a l'identité du terroir, ainsi le consommateur en achetant un produit local se rappellera de sa visite sur le terroir.

2.3.2. Les défis de la qualité des produits et des services sur le long terme

Le second enjeu du secteur agrotouristique concerne la qualité. Il s'agit de garantir au consommateur la qualité des produits locaux vis-à-vis du produit qu'il va acquérir. On parle bien sûr de la qualité en matière d'offre, mais également en ce qui concerne les ressources humaines et la gestion de l'entreprise. Tout le défi de la région Centre-du-Québec est de créer un label qui garantisse la qualité du produit vendu mais aussi qui reconnaisse la qualité des services fourni au consommateur. Il est nécessaire pour les responsables des marchés locaux mais aussi pour les producteurs locaux de comprendre les exigences à respecter afin que le consommateur ait confiance dans la filière agroalimentaire Centricoise. Pour ce qui est des ressources humaines, la formation des producteurs et de leur main-d'oeuvre devient primordiale pour assurer un service de qualité. Les producteurs qui se lancent dans l'aventure agrotouristique notamment ne disposent pas toujours des compétences spécifiques requises dans l'industrie touristique. Or, le tourisme est un métier et une spécialité, avec ses réseaux, ses stratégies, ses clientèles et ses problématiques propres. Il est donc crucial pour les exploitants d'acquérir les compétences nécessaires en promotion touristique et une bonne connaissance des visiteurs. Les exploitants et leurs employés doivent se former au service a la clientèle et a l'accueil de même qu'aux activités d'animation et d'interprétation pour permettre au secteur de répondre aux exigences des excursionnistes et des touristes. Enfin, les entrepreneurs agrotouristiques sont confrontés à des défis de taille tels que la pérennité de leur activité touristique au fil des saisons et la dualité des activités agricoles et touristiques.

Conclusion :

Ainsi, pour ce qui est de l'offre, il est primordial de s'assurer de la qualité des produits, mais également de la qualité des prestations, c'est-à-dire des activités originales et authentiques, des structures d'accueil et d'un service professionnel. C'est par la qualité conjuguée ~ l'originalité et l'authenticité personnifiées que la région Centre-du-Québec pourra se positionner a long terme par rapport a d'autres marchés agroalimentaires ainsi qu'à d'autres destinations agrotouristiques.

Conclusion générale

Dans la région Centre-du-Québec, l'agriculture apparait comme un secteur économique important et dynamique, qui pour continuer à exister doit sans cesse innover et se remettre en cause. Les stratégies visent à convaincre les Québécois d'acheter des produits locaux, le but comme l'indique clairement la stratégie de communication est de « mettre le Québec dans son assiette », dans cet esprit la valorisation des productions locales de qualité par des labels reconnus vise à doper les ventes des productions locales.

Certains producteurs, influencés par les nouvelles tendances sociales ainsi que par les préconisations du rapport sur l'agriculture et l'agroalimentaire : assurer et bâtir l'avenir, émis par la commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois en 2008, tentent de contourner les systèmes conventionnels du secteur agricole, notamment les circuits de distribution longs. Certains producteurs agrotouristiques ont pris cette initiative dans les années 80 ou les années 90, pourtant, c'est seulement depuis deux ou trois ans, sur le Centre-du-Québec, que ces pratiques alternatives connaissent un véritable succès et sont médiatisées. Leur multiplication peut paraître assez surprenante, étant donné l'attachement de la région au modèle modernisateur agricole qui fonctionne selon une logique de filière, avec de longs circuits de commercialisation.

Peut-on alors penser que l'on est en présence d'une transformation du secteur agricole qui favoriserait les pratiques de circuits courts et de vente directe ? Pour le moment au Centre-du-Québec, l'agriculture reste encore majoritairement industrielle et intensive, bien que les acteurs du développement à savoir le MAPAQ, les CLD, la CDAFCQ et les ATR cherchent à influencer un changement dans les pratiques des producteurs. En effet, l'agrotourisme au Centre-du-Québec reste encore très marginal même si quelques producteurs cherchent à changer de voie. Il est à noter que la création de route agrotouristique reste délicate étant donné l'éloignement kilométriques entre les fermes, cela rend difficile la mise en place de ce segment de développement. Toutefois, on constate que des changements sont a l'oeuvre dans ce segment professionnel. Tout d'abord, les producteurs, eux-mêmes, tentent de contourner les circuits longs pour retrouver une certaine qualité de travail, c'est par exemple ce vers quoi tendent les quinze producteurs qui se sont engagés à achalander le marché de solidarité régionale de Victoriaville.

Les consommateurs quant-à eux, suite à de nombreuses crises sanitaires dans l'agroalimentaire, cherchent a se rassurer sur la qualité des produits qu'ils consomment. La vente directe semble pouvoir répondre a ces exigences. D'abord, en raison des bonnes qualités intrinsèques du produit que peut expérimenter le consommateur. Egalement, parce que la vente directe permet une identification des produits à certaines bonnes pratiques culturales parce que l'on est en relation directe avec le producteur perçu comme bienveillant. Les consommateurs sont des acteurs importants, pour les producteurs pratiquant la vente directe, en tant que client et donc comme source de revenu, mais aussi parce qu'ils valorisent l'activité et la diffusent. Largement intéressés par ces dispositifs, et attentifs à la qualité, ils sont donc des partenaires primordiaux. Le succès de ces pratiques alternatives provient également d'une reconfiguration de l'environnement « institutionnel ~ des producteurs. Certains organismes d'accompagnement effectuent une modification de leurs objectifs, en termes de politique agricole qui bénéficie largement aux producteurs utilisant des modes de distribution alternatifs.

Le secteur primaire au Centre-du-Québec semble donc bien être en proie à quelques changements, d'abord en raison de la tentative de revalorisation de la profession par le MAPAQ qui tente de modifier les pratiques environnementales des producteurs ainsi que leurs pratiques de commercialisation et de diversification. Les consommateurs, on l'a vu, sont des acteurs extrêmement valorisants pour les producteurs. En ce qui concerne l'environnement « institutionnel » des producteurs, le changement se traduit par une reterritorialisation de l'accompagnement et de tout le système d'aides et de conseils. L'agrotourisme apparait comme un secteur clef qui permet notamment de retenir les touristes sur la région alors que précisément nous sommes dans une région de transit où l'on ne fait que passer pour se rendre de Montréal a Québec. Il se pourrait donc que l'on soit en présence d'une certaine relocalisation de l'agriculture au Centre-du-Québec avec des pratiques plus respectueuses de l'environnement. L'agriculture alternative telles que la polyculture et l'agrotourisme et les pratiques qui se rattachent aux circuits courts de commercialisation pour valoriser les produits agricoles locaux de qualité au travers des marchés de solidarité par exemple, ont donc véritablement un rôle a jouer dans l'économie, dans la dynamisme et dans la valorisation de la région mais aussi dans les représentations mentales des habitants Centricois. En effet, il s'agit aussi a travers ces démarches de créer une identité à cette région Centre-du-Québec qui n'a que douze ans et qui cherche à se faire accepter par sa population. Il y a donc un fort potentiel mobilisable au Centre-du-Québec tant au niveau des acteurs que des ressources, toutefois le secteur agroalimentaire doit encore relever des défis de taille tel que l'uniformisation de la qualité des services et des produits sur l'ensemble de la région mais aussi des enjeux environnementaux pour convaincre les entreprises agricoles de se convertir à des pratiques plus respectables.

Bibliographie

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Rome BOUCHARD, Plaidoyer pour une agriculture paysanne pour la sante du monde, ecosociete, Montreal, 2002

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MAPAQ Centre-du-Québec, AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE DANS LA RÉGION DU ENTRE-DU-QUÉBEC UNE POSITION GÉOGRAPHIQUE AVANTAGEUSE UN SOL ET UN CLIMAT PROPICES À LA PLUPART DES

CULTURES, UNE INDUSTRIE DE TRANSFORMATION RICHE ET DIVERSIFIÉE, 2008.

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Corporation de développement agroforesterie Centre-du-Québec : www.cdafcq.ca Ministère de l'agriculture, pêcherie, alimentation du Québec : www.mapaq.gouv.qc.ca Valorisation des fromages au Québec : www.routedesfromages.com/

Tourisme Bois-Francs : www.tourisme-bois-francs.ca

Tables des figures

Fig. 1 : schéma de l'organisation territoriale de la région

Fig. 2 : Les municipalités régionales de comté de la région et leurs pôles urbains Fig. 3 : Carte du Québec

Fig. 4 : photographie mine d'Asbestos

Fig. 5 : carte de l'organisation administrative du Québec Fig.6 : les MRC de la région Centre-du-Québec

Fig. 7 : évolution démographique au Centre-du-Québec Fig.8 : Photographie ferme automatisée

Fig. 9 : photographie chèvres au pâturage

Fig.10 : logo « mettez le Québec dans votre assiette » Fig. 11 : logo le Centre-du-Québec, goutez, y ! »

Fig.12 : Logo MAPAQ

Fig. 13 : logo CDAFCQ

Fig. 14 : logo UPA

Fig.15 : logo solidarité rurale du Québec

Fig.16 : L'agrotourisme au Centre-du-Québec

Fig. 17 : âge des entreprises agrotouristiques

Fig. 18 : Nombre de visiteurs par entreprises

Fig.19 : Principale provenance de la clientèle

Fig. 20 : Principaux domaines de production des entreprises Fig. 21 : activités proposées

Fig. 22 : carte des producteurs agrotouristiques de la région Fig. 23 : l'agrotourisme et les enfants

Fig. 24 : dépliant de la balade gourmande

Fig.25: logo du MSRV, source MSRV

Fig. 26 : carte des producteurs du marché de solidarité régionale de Victoriaville

Table des tableaux

Tableau 1 : Organisation administrative du Québec

Tableau 2 : évolution de la taille des fermes

Tableau 3 : Répartition des types de productions végétales dans la région Centre-du-Québec Tableau 4 : les circuits longs de distribution

Tableau 5 : tableau concurrentiel des marchés

Table des matières

Résumé p.2

Remerciements p.3

Introduction p.6

Méthodologie p.8

Partie 1 : Le territoire et ses enjeux p.9

III. Présentation générale de la région Centre-du-Québec : un espace rural

stratégique en mutation p.10

1.1. Situation géographique et caractéristiques physiques d'une région située au coeur de la province du Québec p.10

1.1.1. Une région de transit à dominante rurale prise entre deux pôles urbains p.10

1.1.2. Une région marquée par des reliefs et des climats variables p.12

1.1.3. Environnement et ressources naturelles p.13

1.1.4. Organisation territoriale de la province et de la région p.14

1.2. Situation socioéconomique : une région nouvellement créée qui se cherche une identité propre p.17

1.2.1. Le Centre-du-Québec : une région nouvellement créée qui proteste sa légitimité

p.17

1.2.2. De grands espaces peu densément peuplés qui cherchent à être attractifs p.18

1.2.3. Le mode de vie Nord Américain dans la sociologie Centricoise p.19

1.2.4. Positionnement économique de la région p.20

1.3. Zoom sur les activités agricoles et agroalimentaires dans la région Centre-du-Québec

p.21

1.3.1. Comprendre l'évolution du secteur primaire au Québec p.21

De la naissance de l'agrobusiness au Québec a la doctrine dominante p.21

Le financement par l'État, un domaine significatif du changement de la politique agricole p.22 1.3.2. Une agriculture intensive, spécialisée et productive avec circuits longs au Centre-

du-Québec p.23

Le portrait de l'agriculture Centricoise p.23

Description des pratiques agricoles au Centre-du-Québec p.26

1.3.3. De nouvelles tendances dans le domaine touristique et de l'agroalimentaire : sortir des circuits de distribution institutionnalisés, diversifier les modes de productions et valoriser les productions p.28
Les tendances dans le domaine de l'agroalimentaire : a la recherche d'une

alimentation saine p.28

La montée des canaux alternatifs de distribution en réponse à la concentration du secteur de la distribution alimentaire p.29 De nouvelles tendances sociales : le consommateur citoyen entre recherche d'authenticité et sentiment de nostalgie p .31

IV. Un stage au coeur des problématiques agricoles modernes, une expérience

enrichissante pour ma vie professionnelle future p.32

2.1. Un stage au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), en partenariat avec plusieurs intervenants du milieu p.32

2.1.1. Présentation du MAPAQ, un organisme qui structure le monde rural p.32

Présentation du rôle et des missions du MAPAQ p.32

Présentation du fonctionnement de la structure p.32

2.1.2. Les partenaires du monde rural du MAPAQ, leurs missions et leurs rôles p.33

ATR p.33

CDAFCQ p.33

Les CLD p.33

L'UPA p.34

Solidarité rurale du Québec p.34

Club-conseils en environnement (CCAE) p.34

Les associations sectorielles p.35

2.2. Le stage en lui-même, entre communication, comparaison et réciprocité p.35

2.2.1. Le choix du stage p.35

2.2.2. Les attentes du MAPAQ et les missions de stage p.36

2.2.3. Suivi et déroulement du stage p.37

2.2.4. Bilan du stage p.37

Partie 2 : Vers des pratiques agricoles et de commercialisations alternatives p.39

I . Les systèmes de valorisation et de commercialisation des productions agricoles locales de la région Centre-du-Québec p.40

1.1. L'agrotouristique dans la région Centre-du-Québec : méthode de valorisation du travail de la ferme et des produits locaux p.40

1.1.2. L'agrotourisme au Centre-du-Québec p.40

Méthodologie de l'enquête p.40

Portrait des producteurs liés agrotourisme p.42

Les attentes des producteurs p.49

1.1.2. Les regroupements et les réflexions autour de l'agrotourisme p.50

Les journées INPACQ p.50

Le comité AgroTourisme Centre-du-Québec p.50

La fédération des Agricotours du Québec p.51

Le groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec p.51

1.1.3. Aspects législatifs et réglementaires p.52

1.1.4. Problématiques de l'agrotourisme et stratégies de développement p.54

1.2. Circuits touristiques et les festivals : outils de promotion des produits du territoire

p.56

1.2.1 Les circuits ou routes touristiques en place : un moyen pour retenir les touristes sur le

territoire et pour développer la commercialisation des produits à forte valeur ajoutée

p.56

1.2.2 Les festivals de la région : un moyen pour faire connaître la région et mettre en

valeur les produits locaux phares p.59

1.3. Les marchés locaux : système de vente en circuits courts p.59

1.3.1 Portrait d'un marché local de distribution dans la région Centre-du-Québec : Le

marché de solidarité régionale de Victoriaville p.60

1.3.2 Force et faiblesses de ces modes de distribution p.63

1.3.3 Le redéploiement des marchés locaux et les problèmes de concurrences p.65

II. Enjeux d'aménagements et opportunités pour la mise en place de nouvelles pratiques de consommation et de production au niveau local p.68

2.1. La valorisation des productions agricoles locales dans la région Centre-duQuébec : un secteur en émulation mais avec peu d'expérience p.68

2.1.1 Les forces et les atouts du secteur p.68

2.1.2. Les faiblesses et les handicaps du secteur p.69

2.2. Au-delà du secteur agricole et économique p.70

2.2.1. Les opportunités et potentiel de développement des circuits courts de distribution

 

p.70

2.2.2. Les menaces et les risques

p.71

2.3. Les enjeux et les défis

p.71

2.3.1. Éduquer le consommateur, « le retour à la terre »

p.71

2.3.2. Les défis de la qualité des produits et des services sur le long terme

p.72

Conclusion

p.73

Bibliographie

p.75

Table des figures

p.77

Table des tableaux

p.78

Table des matières

p.79

Annexes

p.82

Annexes 1

Enquête sur les entreprises liées à l'agrotourisme

Nom de l'entreprise : N° de questionnaire :

Adresse : Date et heure de l'appel :

Téléphone : Personne contactée :

Courriel :

Activités et produits agrotouristiques

1. Est-ce que vous considérez faire de l'agrotourisme?

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

Si non, le questionnaire prend fin ici.

2. Quel genre d'entreprise possédez-vous?

PRODUCTION D'ANIMAUX

PRODUCTION VÉGÉTALE

Bovin de boucherie et veaux

lourds

Céréales/légumineuse/oléagineux

Bovin laitier

Maraîcher

Caprin (chèvre)

Fruits

Ovin (moutons)

Acériculture

Aquiculture

Pâturage

Porcin

Vignoble

Grands gibiers (autruches, cerfs, émeus, bisons, sangliers, wapitis, visons...)

Producteur plantes/fleurs

Volailles

Champignons

Apiculture (abeilles)

Fourrage récolté

Chevaux pour élevage

Autres

Autres

Ne sais pas Refus de réponse

3. Depuis combien d'années offrez-vous des activités agrotouristiques? 1 à 3 ans 4 à 10 ans + de 11 ans Ne sais pas Refus de réponse

4. Avez-vous reçu une formation en agrotourisme ou en tourisme? Oui Non Ne sais pas Refus de
réponse

Si oui, laquelle :

5. Sur votre lieu de production, offrez-vous aux touristes, des activités de:

Visites d'animation

et

De restauration

D'hébergement

De vente

produits

de

Musée/exposition

Repas de cabane

Gîte touristique

Dégustation

Centre

Aire de pique-

Camp de

Autocueillette

d'interprétation

nique

vacances

Étang de pêche

Documentaire vidéo

Cantine

Terrain de

Autres :

Autres :

Autres :

camping

 

-

--

Autres :

 
 
 

-

 

Ne sais pas Refus de réponse

6. Sur votre lieu de production, avez-vous :

Ne sais pas Refus de réponse Eau potable

Toilettes Aire de repos

Stationnement Accès pour personnes à mobilité réduite

7. A partir de votre ferme, quel(s) type(s) de produit(s) agricole(s) offrez-vous aux touristes?

PRODUCTIONS ANIMALES

PRODUCTIONS VÉGÉTALES

PRODUITS TRANSFORMÉS

Charcuterie/viande

Fruits et légumes

Fromages et produits laitiers

Oeufs

Plantes/fleurs

Boissons

Autres

Ne sais pas

Refus de réponse

Autres

Ne sais pas

Refus de réponse

Confitures/confiseries

Miel

Produits de l'érable

Produits non alimentaires

Autres :

Ne sais pas

Refus de réponse

8. Habituellement, quels sont les mois où vous offrez des activités agrotouristiques?

Ne sais pas Refus de réponse

Janvier Février Mars Avril

Mai Juin Juillet Août

Septembre Octobre Novembre

Décembre

9. Durant la période touristique, quels sont les jours de la semaine où vous êtes ouvert?

Ne sais pas Refus de réponse

Lundi Mardi Mercredi Jeudi

Vendredi Samedi Dimanche

Clientèle

10. Quelle est la principale provenance de votre clientèle?

Ne sais pas Refus de réponse

Centre-du-Québec Canada Europe

11. En général, quel type de clientèle fréquente votre établissement? Individuelle Groupes d'enfants Réunions
d'affaires/congres

Familiale Âge d'or Ne sais pas

Ne sais pas Refus de réponse

12. Selon vous, combien de touristes avez-vous reçu l'an passé?

- de 1000 de 1000 à 3000 + de 3000

Ne sais pas Refus de réponse

Mise en marché et activités promotionnelles

13. Quel est le pourcentage de revenus de vos activités agrotouristiques et de la vente de produits dans l'ensemble de vos revenus agricoles?

Moins de 10% 11 à 30% 31 à 50% + de 51% Ne sais pas

Refus de réponse

14. Quels moyens de promotion utilisez-vous pour faire connaître vos activités agrotouristiques?

Panneaux/Affiches Annonces publicitaires (radio, journaux) Site web

Guide touristique Foires/évènements Aucun

Dépliants touristiques Inscription à des circuits touristiques

Autres :

Ne sais pas Refus de réponse

15. Quel est votre degré de satisfaction des outils promotionnels que vous utilisez? Refus de réponse Sans opinion

Très satisfait Satisfait Peu satisfait Pas du tout

satisfait

Réseautage et développement de l'offre agrotouristique

 

16. Vos activités agrotouristiques sont-elles effectuées en réseau avec d'autres entreprises du secteur agricole ou agroalimentaire?

Oui Non Ne sais pas Refus de

réponse

Si oui, quelles activités propose cette entreprise?

Hébergement Visite et animation à la ferme

Restauration Vente de produits

Autres :

____

17. Vos activités agrotouristiques sont-elles effectuées en réseau avec d'autres entreprises du secteur touristique, sportif ou culturel?

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

Si oui, quelles activités propose cette entreprise ?

Hébergement Attraits-activités Restauration

Transport

Autres :

18. Faites-vous partie d'un circuit ou d'une route touristique (ex : route des vins...)?

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

Si oui

lequel?

19. Si un nouveau circuit ou route touristique était mis en place en région, sans frais supplémentaires pour vous, seriez-vous prêt à y adhérer?

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

20. Si une nouvelle démarche de qualité, sans frais supplémentaires pour vous, était mise en place avec un label associé, seriez-vous prêt à y adhérer? Par démarche qualite nous entendons le respect d'un cahier de charges concernant l'accueil du public et les services fournis.

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

21. Dans le but d'assurer le développement du secteur agrotouristique, le comité AgroTourisme Centre-du-Québec propose plusieurs actions à mettre en place.

Quel degre d'importance accordez-vous aux actions suivantes? Notez de 1 à 5 (5 étant le plus important et 1 étant le moins important).

Ne sais pas

Refus de réponse

 
 
 

Formation 1

2

3

4

5

Aide au démarrage 1

2

3

4

5

Réseautage 1

2

3

4

5

Outils de contrôle de la qualité des produits/services1

2

3

4

5

22. Pourriez-vous me dire dans vos mots ce que vous évoque le concept de « développement durable »?

23. Avez-vous déjà adopté une ou des orientations de développement durable sur votre entreprise?

Oui Non Ne sais pas Refus de réponse

Si oui lesquelles?

24. Avez-vous des attentes ou bien des suggestions concernant le secteur agrotouristique à communiquer au comité AgroTourisme Centre-du-Québec? Ne sais pas Refus de réponse






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