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L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en République Démocratique du Congo de 1977 à  2007 essai explicatif et tentative de solutions.

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par Emmanuel OTSHINGA
Université de kinshasa - Licence en économie monétaire 2009
  

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FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE
GESTION

DEPARTEMENT DES SCIENCES ECONOMIQUES

B.P. 832 KINSHASA XI

L'INTERACTION ENTRE LA MONNAIE ET LA CRISE
BANCAIRE EN RépuBlIquE démoCRAtIquE du CoNgo
de 1977 à 2007 : Essai Explicatif Et tEntativE
des solutions

OTSHINGA KIKOMBE Emmanuel

Gradué en Sciences Economiques et de Gestion

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du titre de licencié en en Scienc Economiques

Option : Economie Monétaire

Directeur : NGOY KASONGO Emile

Année Académique 2009-2010

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

i

IN MEMORIAM

A toi notre regrette mère Mado LITIMBA SINZE, dont le séjour sur la terre de nos ancêtres a été court, pour votre soutien tant moral que matériel.

Tu as été arraché cruellement à notre affection alors, qu'auprès de toi nous nous estimerons heureux, tu nous as donné tout amour d'une vraie Maman, et l'affection dont nous avons besoin toutes ces années.

Dommage que tu puisses être capable d'exprimer ce moment, que ce ressent ta disparition dans notre vie.

Laisse-nous te dire que tu as été super maman pour nous, ton amour et tes conseils nous manquerons à jamais.

Nous aurions souhaité que tu sois présente en ce dernier jour de mes études universitaires, mais l'homme propose Dieu dispose.

Que la terre de nos ancêtres soit douce et légère.

Emmanuel OTSHINGA K.

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EPIGRAPHES

« Ne fais pas Reproches à quelqu'un qui se moque de tout, si non il le détestera.
Mais si tu fais des remarques à un sage, il t'aimera ».

Proverbes 9 : 8

« S'il y a quelque chose de pire dans la vie, ce n'est pas de n'avoir pas réussi mais
de n'avoir pas essayé ; car la vie serait un bien perdu si on l'aurait vécue comme
on ne l'aurait pas voulue ».

Franklin delano ROOSEVELT 32ème Président des USA

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iii

DEDicAcE

Mon oncle Martin LITIMBA et Jaques LITIMBA

Maman Sisca SINZE et maman clémentine BADIPI

Mon grand frère Costack BADIPI et ma grande scour Mimi La famille LONGE et LITIMBA

Ma grande scour Betty Elongo et son Mari GuyJou Soku

Emmanuel OTSHINGA K.

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REMERCIEMENTS

En ce moment où nous allons devoir clôturer nos études Universitaires en Sciènes économiques et de gestion, option économie monétaire, qu'il nous soit permis d'exprimer notre gratitude à tous ceux qui de près ou de loin, ont contribuer à la réalisation de notre rêve à travers cette dissertation.

Ainsi, nous bénissons notre seigneur Jésus christ pour la force, la santé, l'intelligence et la sagesse qu'il a bien voulu nous accorder tout au long de notre parcours aussi difficile.

Du fon de notre coeur, nous remercions particulièrement le Professeur Emile NGOY KASONGO dont le dévouement, la rigueur et les exigences ont été favorable pour nous.

A travers lui, nous pensons très sincèrement a monsieur l'assistant Germain KAMBINGA qui accepté également de participer à la conception de ce travail, et par la même occasion nous remercions nos Professeurs et chefs des travaux qui ont participé à notre formations aux seins de la faculté: le Professeur TSHIUNZA MBIYE, Professeur MABI MULUMBA, Professeur KABAMBA NTENTA, Professeur NYEMBO SHABANI, Professeur BOLALUETE MBWEBEMBO, professeur André NYEMBWE MUSUNGAIE, professeur KATOKALE LUTINA

Le chef des travaux NGONGA NZINGA, le chef des travaux Paul LUANSANGU, le chef des travaux clément MUYA et le Emany MUKUNDI

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NYEMBO. Nous remercions également. Tous les corps académique, scientifique et Administratif de la faculté de sciences économiques et de gestion.

Notre gratitude va également à Maman Anna NZENGELE, Maman Annie MABUA, Maman OKAKO, Maman Albertine MABUA, à monsieur André LOSA, Monsieur Fabrice SAWELA LIKALA.

Que nos frères, scours, cousins cousines, Bijoux LITIMBA, Mibelle AKUKA, Michael LONGE, Reagan LONGE, J.P. LONGE, Sophora LONGE, Jaques ATENDA, SOUZI LITIMBA, Christian LITIMBA, Moïse MATUMONA, Merveille MATUMONA, Katya et Victoire LITIMBA.

Qu'il nous soit également permis de remercier tous nos amies et compagnons de lutte et de promotion Cissé MONGO, Fanfan NZITA, Alain PAMBU, Fabrice ZAGHOMBILA, Bien venu LISOLE, Guelphy MBAYA, Sylvie LUEGERA, Cédric KALEMASI, Junior KUYIKA, Cédric KABONGO, Rolince KALENGA , MIKEKOMBO, Alfred SAMBA, Richard LUKOKI, Trochet MASIALA et sans oublier JIJITA BONGO.

Que tous eux que nous n'avons pas cités ici comme nous l'aurions voulu soient sincèrement et cordialement remerciés.

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LisTE DEs ABREviATioNs

- BCC : Banque centrale du Congo

- DTS : Droits de tirages speciaux

- FASEG : Faculte des Sciences Economiques et de Gestion

- FED : Reserve federale (Banque centrales USA)

- FHB : circulation fiduciaire hors Banque

- FMI : Fond Monetaire International

- INF : Inflation

- M2 : monnaie au sens large c.à.d. M1 + Depôt à terme

- MM : Masse Monetaire

- PIB : Produit Interieur Brut

- PNB : Produit National Brut

- PPA : Parite du pouvoir d'Achat

- PUZ : Presse Universitaire Zaïroise

- RDC : Republique Democratique duc Congo

- TC : Taux de change

- TMM : Taux de croissance de la Masse Monetaire

- Tx CH : Taux de depreciation du taux de change

- Tx cre : Taux de croissance economique

- Tx FHB : Taux de croissance de circulation fiduciaire hors banque

- Tx infl : Taux d'inflation

- Tx rees : Taux de reescompte

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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INTRODUCTION

I. Problématique

La pensée économique au cours de trois dernières décennies de notre ère, reste, nul doute, dominer par la problématique des crises bancaires qui ont engendré des couts financier très importants et par conséquent entrainent un gaspillage de ressources particulièrement rares dans les économies dites émergentes. Loin d'être un fait isolé, ces crises sont un phénomène planétaire, plus de 130 pays ont connu des divers disfonctionnements bancaires significatif (1).

Ce fait, comme en font foi l'abondance des littératures a renouvelé l'intérêt de chercheurs pour le processus d'intermédiation bancaire et ses implications. La plus part des ces travaux abordent cette problématique en mettant l'accent soit sur les facteurs internes dits aussi endogènes, soit sur les facteurs externes autrement appelés exogènes.

Les facteurs endogènes renvoient à la notion de la gouvernance interne et externe des banques, en ce sens que les crises bancaires s'expliqueraient d'une part, par la défaillance dans le mode de gestion des banques et qu'elles se généralisent en suite dans tout le secteur suivant le mécanisme du marché, on part d'une crise isolée touchant une ou quelque banque vers une crise générale ; et d'autre part, par la faiblesse de la supervision dans le chef des autorités de régulation.

Les facteurs exogènes concernent essentiellement la contagion que nait la persistance de déséquilibre des fondamentaux, l'idée étant de dire que, les crises bancaires est l'une des conséquences de l'instabilité macro-économique qui nait dans d'autres sphères de l'économie et finisse par entamer le secteur bancaire.

Ces travaux, s'ils constituent incontestablement de sérieuses avancées dans l'explication et la compréhension de ces crises, éclipsent cependant de nombreux faits significatifs présents dans les économies qualifiées

1 D. Plihon et L. Miotti, « Libéralisation Financière, Spéculation et Crise Bancaires », Economie Internationale, La Revue du CEPH n° 85, 2001, p.4

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en développement, spécialement en République Démocratique du Congo où le rôle joué par la monnaie entant qu'actif financier, dans le processus qui a conduit à la crise bancaire dans ce pays, n'est pas de moindre, loin de là.

En effet, l'intermédiation bancaire en République Démocratique du Congo bien que peu développé a connu une rupture vers la fin de 1990 (2), cette dernière n'était que l'aboutissement logique d'une sombre période caractérisée par la baisse continue de dépôts et de crédit bancaire, et par la sous bancarisation de l'économie nationale (3).

Les implications de la monnaie, bien que laissées dans l'oubli dans la plus part des travaux traitant la crise bancaire en République Démocratique du Congo, est très déterminantes dans le processus qui a conduit à cette crise, les faits sont pourtant bien visibles ; à une certaines époque, précisément période 1980 - 1993, la monnaie de la République Démocratique du Congo, le Zaïre, avait perdu deux des trois qualités indissociables d'une bonne monnaie, à savoir :

1' Reserve de valeur et

1' Intermédiaire des échanges.

Durant cette période, à l'image de la Banque Centrale du Congo, l'institution d'émission et autorités de régulation, qui mettaient en circulation des billets que public n'accordait pas leur confiance, les quels des billets qui par ailleurs rendaient les opérations comptables difficile (4), les banques du second rang ont souffert cruellement de crédibilité, élément pourtant indispensable pour une banque, et les services qu'elles offrent étaient du coup méprisables. A cela s'ajoutèrent la dépréciation continue de la monnaie nationale dont la cause première était l'accroissement de la monnaie, et l'hyper inflation, à une époque où l'économie n'était pas encore officiellement dollarisé. Dans cet environnement les banques subissaient des diverses pertes notamment en terme de coût fixe.

Ces phénomènes ont eu un impact décisif dans le déclenchement et le déroulement de la crise bancaire en République Démocratique du Congo.

2 BCC, Rapport Annuel, 1993, p.189

3 R.LUKOKI, « La Crise Bancaire et l'Instabilité Macro-économique en République Démocratique du Congo de 1975 à 2007 », FASEG, Unikin, p.2

4 BCC, Op.cit., P. 190

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Ainsi donc, dans la perspective d'une relance, toutes leçons méritent qu'on y accorde une attention particulière, cela dans le but d'assurer les performances futures, c'est dans ce cadre que situera notre travail.

II. Intérêt du sujet

La stabilité du système financier est liée à la performance de l'économie moderne, les efforts que fournissent les différents gouvernements à travers le monde en témoignent la pertinence.

Ainsi soucieux de son avenir, le gouvernement de la République Démocratique du Congo s'est lancé depuis 2001 à travers les différents programmes économiques, à relancer son économie. Pour cette finalité le rôle du secteur bancaire apparait très décisif car à l'absence de marché financier, ce par ce secteur que le mouvement des capitaux se fait principalement. Cependant celui-ci ne peut jouer ce rôle que s'il connait un assainissement objectif.

Notre travail s'inscrit dans le cadre d'une contribution visant à relever des écueils qui pourront compromettre les objectifs de la croissance que les responsables de la politique économique se sont fixés car l'histoire témoigne des sérieuses raté en matière justement des différentes reformes qu'a connu la République Démocratique du Congo, du fait justement des insuffisances de diagnostic.

Ce travail se veut aussi un cadre de réflexion scientifique pour n'importe quel travail portant sur ce thème et les conclusions qui en de coulent sont à mettre dans ce bilan.

III. Hypothèses de travail Nous retenons trois hypothèses pour ce travail :

1' La crise bancaire en République Démocratique du Congo est liée directement à l'incohérence des politiques monétaires et indirectement à l'instabilité de la monnaie nationale

1' L'instabilité de la monnaie congolaise est due à l'absence des politiques économiques fiables et particulièrement au rythme de la croissance de masse monétaire

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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i' Le développement du secteur bancaire passe par la stabilité de la monnaie.

IV. Objectifs du travail

Tout travail scientifique comporte des objectifs. Pour cette étude

nous avons un objectif général et deux objectifs spécifiques.

IV.1. Objectif Général L'objectif général de notre travail est celui de trouver et d'expliquer

l'origine de la crise bancaire en République Démocratique du Congo et le rôle joué par la monnaie durant cette crise

IV.2. Objectif Spécifiques Cette étude se fixe objectifs spécifiques, à savoir :

1. Dans quelle mesure la stabilité de la monnaie peut permettre la relance des activités bancaire en RDC.

2. Vérifier si le secteur bancaire congolais est sorti de la crise eu égard à l'évolution récente des agrégats macro-économique (2001 - 2007).

V. Délimitation du sujet

Dans cette étude, nous parlerons de l'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007, essaie explicatif et tentative des solutions.

VI. Canevas du travail

Hormis l'introduction et la conclusion, notre recherche compte quatre chapitres. Le premier traite du cadre conceptuel, le second nous permet de comprendre la monnaie et son rôle dans l'économie, le troisième présente la crise bancaire en RDC et le quatrième donne une approche empirique de la monnaie dans le processus de la crise bancaire en RDC.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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CHAPITRE I. CADRE CONCEPTUEL

Ce chapitre introductif à pour vocation de donner un aperçu theorique de notre sujet, il est question de preciser les differents concepts relatifs aux thèmes de ce travail. Dans ce cadre, il en sera defini les concepts qui feront l'objet des chapitres qui vont suivre. Nous avons subdivise le chapitre en deux grandes sections :

· La première section se rapporte aux notions de la monnaie ;

· La deuxième section explicite les notions sur la crise bancaire

I.1. Aperçu Général sur la Monnaie

La monnaie, ce terme fait l'objet d'abondant travaux tant theorique que pratique, il en decoule plusieurs definitions de, nous allons presenter celles qui nous semblent être plus complète, ensuite nous traiterons des notions essentielles de la monnaie.

I.1.1. Définition de la Monnaie

La monnaie selon le professeur MABI MULUMBA peut être definie comme « tout bien ou un instrument qui est generalement accepte par une collectivite en paiement de biens et service ou creances ».5

Ce rôle peut être attribue à un bien ou un instrument ;

· Soit par la loi qui permet à tout acheteur ou tout debiteur de l'imposer immediatement en paiement d'une marchandise ou en relogement d'une dette sans que le vendeur ou le creancier puisse le refuser ou en discuter la valeur ;

· Soit par la coutume : ce deuxième element demontre que ce n'est pas l'obligation legale qui est la condition suffisante pour qu'un bien joue le rôle de la monnaie. Ce rôle provient essentiellement d'un consensus general de la collectivite.

Il ressort de cette definition deux elements essentiels :

5 MABI MULUMBA : « la monnaie dans l'economie » Ed. Cedi, Kinshasa 2001, p.18

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1.

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Existence d'un objet ou instrument dans une entité géographique ;

2. Acceptation de la monnaie par les membres de la collectivité.

La monnaie dans ce sens, serait tout objet qui circule dans une collectivité bien définie, comme moyen de paiement. Cet objet ne doit pas faire l'objet de contestation dans cet espace géographique, ce consensus social étant remplacé par l'autorité de l'Etat qui garantit l'usage de la monnaie sur la zone de sa souveraineté.

Il sied de souligner que pour certains économistes, la monnaie implique nécessairement deux dimensions qui font découler deux catégories de définitions :

La dimension juridique d'où découle la définition juridique de la monnaie, et la dimension économique d'où découle la définition économique.

D'après la première dimension, la monnaie est définie comme tout ce qui est généralement accepté en paiement de biens ou de services ou pour le remboursement de dettes. Le numéraire (ce qu'on appel communément l'argent liquide) ; les chèques et les dépôts en compte courant bancaires ou postaux, même les dépôts sur des comptes d'épargnes peuvent aussi servir de monnaie s'ils peuvent être transformés rapidement et facilement en numéraire ou virés sur des comptes courants.6

Du point de vue juridique, la monnaie doit répondre aux trois caractéristiques suivant :

· L'attribution de souveraineté ;

· Le territoire ;

· Le pouvoir d'achat.7

Ces définitions sont visiblement complémentaires, de toutes les manières, la monnaie peut être considérée comme tout objet accepté par le

6 F. MISHIKIN : << monnaie, banque et marchés financiers >> 8e Ed. Edition Pearson, Paris 2007, p. 65

7 KATO KALE : << question monétaire des pays envoie de développements >> note de cours deuxième années de licence, FASEG, UNIKIN, 2010

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membre d'une communauté en règlement des échanges des biens et services. Ce consensus social doit être renforcé par l'autorité de l'Etat dans les sociétés modernes.

I.1.2. Les fonctions de la monnaie

Les fonctions de la monnaie est l'une des rares notions qui fait l'unanimité chez les économistes. Que la monnaie consiste en coquillage ; en cailloux, en or ou en papier, peu importe la forme, elle a trois principales fonctions :

1. La fonction d'étalon de valeurs ou de numération (unité de compte)

2. La fonction d'intermédiaire des échanges ;

3. La fonction de réserve de valeur.

I.1.2.1. la fonction de numération

Cette fonction est appelé également fonction d'étalon de valeur ou d'unité de compte, est cette aptitude qu'à une monnaie à servir d'unité de mesurer de la valeur dans l'économie.

On dit souvent que la présence de la monnaie dans l'économie facilite les échanges ; dans ce sens qu'elle permet d'échanger des biens hétérogènes et concilie les besoins divergents; le rôle est effectif dans cette fonction. La monnaie sert dans ce cas d'unité de mesure des la valeur des biens et services. Cette attribution de la monnaie a permis de réduire les couts de transaction en diminuant le nombre de prix qu'il faut afficher et examiner dans cas d'absence de la monnaie lors des échanges (économie de troc). Cette fonction est indissociable à une manière.

I.1.2.2. la fonction d'intermédiaire des échanges

Avec la monnaie, celui qui a une vache et désir avoir du Riz, n'a pas besoin d'aller marchander avec la personne qui à du riz et qui désire de l'échange avec une vache.

Il lui suffit de vendre son produit et d'utiliser cette somme d'argent pour acheter du riz. C'est dans cela que tient le sens de la fonction d'intermédiaire des échanges.

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L'utilisation de la monnaie comme intermédiaire des échanges améliore l'efficacité économique et permet de minimiser le temps dépensé à échanger des biens ou des services.8

Cette fonction d'intermédiaire des échanges suppose bien évidement que la monnaie joue en même temps le rôle de numération sans lequel il serait alors impossible de comparer la valeur des biens échangés et qu'elle est une réserve de valeur.

I.1.2.3. la fonction de réserve de valeur

La monnaie étant un actif financier pure, elle doit permettre la conservation de valeurs dans le temps, ceci d'autant plus que tous les échanges ne s'effectuent pas sur même marché ni au même moment.

Cette fonction suppose que l'unité monétaire acquise aujourd'hui par la vente, doit permettre d'acheter un autre bien demain par exemple pour cela, elle doit garder sa valeur (pouvoir d'achat), en d'autre terme, situé dans le temps et dans l'espace, la monnaie est une réserve de valeur.9

Une réserve de valeur sert à épargner le pouvoir d'achat entre le moment où un revenu est reçu et celui où il est dépensé. Cette fonction de la monnaie est utile car en général on ne souhaite pas dépenser son revenu quand on le reçoit et on préfère le garder jusqu'au moment où on a le temps et le désir d'acheter. Plus loin nous verrons que cette fonction et celle d'intermédiaire des échanges manquaient cruellement aux différentes monnaies de la RDC durant le quinquennat 1990-1995, période de grande turbulence de l'économie Congolaise.

Pour mieux asseoir les chapitres qui vont suivre nous présentons brièvement, l'évolution historique de la monnaie, un accent particulier sera mis sur la forme de la monnaie telle qu'elle se présente aujourd'hui.

8 F. MISHIKIN, op cit, p.66

9 MABI MULUMBA, op cit, p.19

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I.1.3. brève historique de la monnaie

Pour qu'un instrument ou un bien sert de monnaie, il faut qu'il fasse l'objet d'un consensus général, c'est-à-dire l'acceptation par tous les membres de la communauté au sein de la quelle ce bien va circuler comme monnaie.

Cette précision justifie l'exclusion que nous faisons du troc, car le troc n'est pas une monnaie par ce qu'il ne fait pas l'objet d'un consensus général. Dans une économie de troc celui qui a le mouton par exemple, qu'il désir l'échanger avec une quantité donné du café doit trouver la personne qu'a le café et qui souhaite l'échanger avec un mouton. Mais cela ne veut pas dire que tous les moutons sont échangeables avec le café.

Nous catégorisons l'évolution de la monnaie en deux :

1) La monnaie concrète ou matérielle (ayant en soi une valeur propre) ;

2) La monnaie dématérialisée (sans valeur intrinsèque).

I.1.3.1. La monnaie concrète

Il s'agit de la forme première de la monnaie du point de vue historique, car elle est intervenue juste après le troc, c'est à partir de cette forme que la monnaie s'est imposé comme intermédiaire des échanges.

I.1.3.1.1.La monnaie marchandise

Il s'agit ici d'un choix porté sur un bien quelconque par le membre d'une communauté pour servir de moyen de paiement. Ce bien doit revêtir certaines qualités dont les principales sont :

· Homogénéité : sinon les contrats exprimés en cette monnaie sont d'un contenu incertain ;

· Malléabilité pour qu'il soit possible de le divisé en partir exactement égales ;

· Inaltérabilité sans laquelle la monnaie ne pourrait pas remplir sa fonction de réserve ni même servir de simple moyen d'échange.

Dans cette catégorie on retrouve certains biens de consommations, les biens à l'usage rare (coquillage), et les métaux précieux, il faudra retenir ici

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une monnaie constituée de marchandise désirable pour elle même est celle appelé une monnaie marchandise. 10

I.1.3.2. Monnaie de matérialisée

Contrairement à la forme précédente, la monnaie dématérialisée regroupe les différentes monnaie qui en soi n'a pas de valeur propre, elle a de valeur que dans la confiance que les agents économiques lui confer. Il s'agit :

· De la monnaie fiduciaire ;

· De la monnaie scripturale ;

· De la monnaie électronique ;

· De paiement électronique.

La monnaie fiduciaire est la forme première de la monnaie dématérialisée qui s'est imposé comme d'abord supplément aux insuffisances et inconvénients de la monnaie marchandise principalement la monnaie métallique.

Pour petit rappel, avec l'or et l'argent comme monnaie, en plus de probabilité du vol, il n'était pas aisé de circuler avec sa fortune. Cette forme de monnaie est lourde et difficile à transporter.

La raison principale pour laquelle ceux qui possédait des pièces d'or ou d'argent avaient pris l'habitude de les déposer chez des commerçants appelés orfèvres. Ces derniers délivraient un reçu en contre partie de ce dépôt. La pratique s'établit très vite entre commerçante de remettre ce reçu en paiement des biens vendus et services prestés au lieu de se servir du métal lui-même pour conclure la vente.

Les billets étaient des sortes de certificats de dépôts d'or ou d'argent convertible à tout moment.

Néanmoins, la numéraire pièce comme billet à évolué vers un statut de monnaie fiduciaire c'est-à-dire monnaie qui tire sa valeur de la confiance qu'inspire son émetteur, cette confiance ne dépend pas forcement de l'institution d'émission mais d'un ensemble de données macroéconomiques.

10 Mishkin, Op.cit p.70

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De nos jours la monnaie fiduciaire est la monnaie ou les billets émissent par la banque centrale du pays, elle a le cours légal, c'est-à-dire elle doit être acceptée par les agent économiques opérant dans l'intérieur des frontières nationales sous peine d'infraction. Son acceptation n'est plus un consensus mais plutôt une obligation légale. Plus loin nous verrons que cette règle ne se vérifie pas toujours (cas RD Congo).

La monnaie scripturale est exclusivement émise par les Banques du second rang (banque commerciale) la pratique consiste à un simple jeu d'écriture entre Banques sur ordre de leurs clients (d'où le terme de monnaie scripturale), avec le temps l'intervention de la lettre de change fut une étape importante dans l'évolution de la monnaie scripturale bien que leur acceptation était limitée au gens connaissant le débiteur ou le signataire successif, aujourd'hui la monnaie scripturale est représenté principalement par le chèque.

Tout comme la monnaie fiduciaire était née de la pratique du dépôt de métal, la monnaie scripturale naquit de la pratique du dépôt de billet.

Tout comme la monnaie fiduciaire est susceptible de subir de perte en terme de pouvoir d'achat, la monnaie scripturale subi la dépréciation.

L'avancé technologique a permis de mettre au point d'autre moyen de circulation de la monnaie plus sophistiqué sous forme de carte de crédit. Cette forme de paiement peut non seulement se substituer au chèque, mais peut remplacer aussi le numéraire.

La première forme de monnaie électronique est la carte de débit (carte de crédit, elle ne donne pas accès à un en principe aux USA comme la république démocratique du Congo, elle donne accès au crédit) mais permet seulement un paiement.

Une autre forme de monnaie la plus récente est celle des cartes prépayées ou porte monnaie électroniques. En les achetant pour un montant donné, comme une carte de téléphone, un consommateur peut réaliser des paiements chez tous les commerçants équipés d'un terminal.

Enfin, l'achat et la vente sur internet est aussi une autre forme de monnaie électronique, on peut l'obtenir en ouvrant un compte dans une Banque

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et en lui faisant transférer un montant sur ordinateur personnel. On peut aussi surfer sur internet et utiliser la monnaie électronique pour payer des achats en transférant directement de montant nécessaire de son ordinateur à celui du vendeur. Celui-ci peut aussi recevoir le paiement avant d'expédier les achats.

Avec le paiement électronique au lieu d'envoyer un chèque on peut se connecter sur le site internet de sa Banque et en quelconque clics, transmettre un ordre de paiement pour régler par exemple une facture.

I.2. La marche monétaire

Quel qu'en soit le développement du système de paiement seule la monnaie nationale a cours légale dans presque tous les pays. Elle est la liquidité par excellence, elle est par conséquent indispensable pour les échanges. Même ceux impliquent la Banque commerciales et ses clients. Cette monnaie se négocie particulièrement sur le marché monétaire, c'est dans ce marché que les banques, les établissements de crédit, le trésor public et la banque centrale interviennent.

Dans cette section, nous allons présenter les intervenants sur le marché monétaire, certaines opérations qui s'y déroulent et les instruments du dit marché. Mais avant tout, il sied de donner de précision à ce qu'on attend par marché monétaire.

I.2.1. Définition

D'après la Banque de France le marché monétaire est le marché des capitaux à court et moyen terme, par opposition au marché financier sur lequel d'effectuent les emprunts et placement à long terme.11

Il est évidant que cette catégorisation des marchés se fonde sur la notion de maturité des titres qui y sont échangés, dans ce sens le marché monétaire est un marché financier sur le quel seuls les instruments à court terme (dont l'échéance originelle est inférieure à un an) sont échangés.12 Généralement, le marché monétaire se subdivise en deux comportements :

11 E. LE SAOUT : « introduction aux marché financier » Ed. Economisa, paris,2008,p23

12 F. MISHIKI : op cit, p. 36

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·

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Le marché interbancaire exclusivement ouvert aux Banques entre elles, et d'autres institutions financières ainsi que le trésor public,

· Le marché des titres des créances négociable ouvert au public

I.2.2. Les intervenants

Plusieurs agents économiques interviennent sur le marché monétaire chacun dans le comportement qui lui est réservé.

On retrouve les agents ci-après dans le marché interbancaire : la banque centrale qui intervient pour réguler la monnaie qu'elle émet, c'est à travers ce marché que la banque centrale manipule en outre la politique monétaire ; le trésor public qui émet de titres ainsi que la caisse de dépôt est consignations.

Le marché des titres de créances est ouvert à tous. On y retrouve les entreprises et particuliers, mais également les Banques Commerciales et d'autres institutions de crédit ci-haut mentions.

I.2.3. Les opérations

Il faut distinguer les opérations qui se déroulent au marché

interbancaire avec celle qui se déroulent sur le marché de titres de créances.

I.2.3.1. Les opérations sur le marché interbancaire

Généralement trois types d'opérations se déroulent sur le marché bancaire à savoir :

· Les interventions de la Banque centrale ;

· Soit une opération de facilite permanent ;

· Soit l'intervention sur les réserves obligatoires

La Banque centrale intervient sur le marché interbancaire en tant que responsable de la politique monétaire et comme autorité de régulation du marché monétaire en général.

Les interventions de la Banque centrale se résument en trois grandes catégories suivantes :

· Soit une opération d'open market ;

· Soit d'intervention sur les réserves obligatoires.

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Par opérations d'open market, la banque centrale vend ou achète les titres contre sa propre monnaie afin d'augmenter ou diminuer les liquidités sur le marché : on parle de pris en pension et de mesure en pension de titres dans ce cas.

Par opération des facilités permanents, la Banque Centrale se présente principalement comme autorité de régulation : elle peut soit fixer un taux plafond pour les facilités des prêts, soit un taux planches pour facilités de dépôts.

Les réserves obligatoires sont les quotas obligataires que les Banques doivent déposer à la Banque Centrale comme réserve. Cette disposition réglementaire empêche les banques à utiliser tous les dépôts pour effectuer des prêts. La Banque Centrale détermine le taux de réserve obligatoire suivant les objectifs de la politique monétaire qu'elle désire à atteindre. Nous en reviendrons avec détails dans le chapitre III.

Les établissements de crédit interviennent sur le marché interbancaire entant que préteur ou emprunteur, suivant le niveau de leur trésorerie. Les banques préfèrent s'emprunter entre elle plutôt que recourir à la banque centrale, cette préférence se justifie par le fait que l'emprunt contracté au prés d'une autre Banque ou institution financière peut permettre d'augmenter le dépôt au près de la banque centrale afin de respecter le montant fixé mais aussi de disposer de réserve excédentaire comme dépôt remunerable. Le taux appliqué sur ce marché est libre c'est-à-dire déterminé suivant certains référentielles.

Le trésor public intervient sur le marché interbancaire entant qu'emprunteur pour le compte de l'Etat afin de financer le déficit de celui-ci. Il émet pour cela de bons négociables appelés bons du trésor à taux variable. Il est évident que le succès de ces interventions dépend de la crédibilité de l'état. En République Démocratique du Congo, ces opérations ne fonctionnent pas pour des raisons évidentes.

I.2.3.2. Les opérations sur le marché des titres de créance

Le marché des titres négociables est ouvert à priori à tous les agents économiques. En principe, les opérations qui s'y déroulent se font entre d'une part les Banques et d'autres les institutions financières et d'autres part les

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

15

agents économiques privés notamment les entreprises privées, les particuliers, les coopératives et autres.

Les interventions de la Banque Centrale ne sont pas visible à priori, car elles sont indirectes, il s'agit de répercutions sur l'actif des banques de couts dans leur passif.

I.2.4. Les instruments

Il existe plusieurs types d'instrument suivant le développement et la profondeur du marché.

Par instrument, il faut entendre les titres qui font l'objet de négociation dans le marché monétaire.

Sur le marché interbancaire les instruments négocié sont l'essentiel des contrats des prêts et d'emprunt négociable dont l'échéance est en général extrêmement courte ; on parle de prêts et emprunts en blanc désigner l'échange de liquidité en contrepartie de titres et la pension livrée implique la livraison des titres proposés en garantit des liquidités empruntées.

De façon concrète, le billet à ordre négociable permet de matérialiser les opérations de prêts/emprunts.13

Sur le marché des titres de créances deux types de titres font objet de négociation :

· Les titres à court terme dont l'échéance est inférieur à un au sont appelés « titres de créances négociables » (TCN) et « euro commerciale payer » (ECP)

· Les titres à moyen terme entre un an et cinq ans sont appelés « Bons à moyens terme négociable » (BMTN) en France.

Visiblement suivant l'économie il existe de nombreux titres, diverse appellations mais la maturité y est presque la même.

13 E. le SAOUT, op cit p. 24

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16

I.3. La crise bancaire

Les crises bancaires de ces deux dernières décennies ont suscité de nombreux travaux, ceux-ci constituent des avancés notoires dans la compréhension de ce fait économique de notre époque.

L'intérêt porté aux crises Bancaires vient du fait des couts substantiels et de la récurrence de ces crises. Une crise étant un fait passager et inhabituel sa genèse est difficilement identifiable et peut revêtir plusieurs formes, suivant l'évolution de l'environnement socio-économico-juridique et du marché. il s'en suit par conséquent l'évolution de concepts dans le temps et dans l'espace.

Dans le cadre de notre travail nous allons retenir que les définitions qui regroupent un nombre significatif d'élément ou événement pouvant permettre d'identifier le débat d'une crise, ensuite nous présenterons les indicateurs proprement dits d'une crise Bancaire.

Cette section comporte deux points :

· Le premier point traite de définition de la crise Bancaire et

· Dans le deuxième point nous présenterons les indicateurs les plus pertinents de crise Bancaire.

I.3.1. Définition de la crise Bancaire

Les crises ont fait l'objet de plusieurs définitions, nous en avons retenu deux : celle donné par KAMISKI et MEINHART (1999), et à SARRA BEN SLAMAZAVARI (2005)14

D'après KAMINSKI et REINHART une crise Bancaire est généralement précédée par les événements suivants : << Banks runs >>, << with drawls >> retraits massifs, liquidation forcée, fusion ou prises de contrôle des établissements bancaires par l'Etat, aide de l'Etat à une ou plusieurs Banques et une variation dans le dépôt des Banques.

Ceux deux auteurs ont donc retenu deux types d'événements pour marquer le début d'une crise bancaire :

14 SARRA BEN « évolution du système Bancaire tunisien » constatation d'indice de stresse, ESSEC, 2005, P.8

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

1.

17

Le panique Bancaire aboutissant à la fermeture contrôle ou rachat par un secteur public ou autre institution financière (cas du Venezuela1993)

2. Fermeture, fusions, rachats et interventions publique a grande échelle pour assistés un groupe ou institution financière importante (cas des USA 2008, Allemagne)

SARRA BEN semble reprendre les même les éléments pour définir à son tour une crise Bancaire elle écrit ; une crise bancaire revêt principalement deux formes :

· Soit un processus de panique bancaire du au retrait des dépôts qui a pour conséquence : la fermeture, la fusion ou prise de contrôle par le secteur public ou par d'autre institutions financières.

· Soit une dégradation de la qualité des actifs bancaires ce qui risque de mettra en place la solvabilité des banques.

En définitif, une crise Bancaire est une série d'événement qui à aboutisse à la rupture du processus d'intermédiation bancaire sur un espace économique donnée.

I.3.2. Indices et indicateurs d'une crise Bancaire

Les crises bancaires, comme d'autres faits économiques, peuvent être observées à l'aide de l'évolution d'un certains indicateurs qui peuvent être un agrégat, un ratio, une grandeur etc.

Cette notion ne renvoie pas explicitement à l'idée d'un seuil au sens strict mais plutôt à la notion de tendance, en ce sens que ces indicateurs permettent de terminer les périodes de stress qui correspondent à un intervalle de temps pendant lequel les indicateurs du système Bancaire signalant une tendance à la baisse. C'est l'évolution de ces indicateurs qui servent de soubassement pour déterminer la genèse d'une crise bancaire.

Dores et déjà il faudra savoir que les crises Bancaires comme d'ailleurs d'autres faits économiques sont assujettis a plusieurs interprétations, de ce fait, leurs indicateurs sont fonctions de l'approche retenu par l'analyste. Les

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

18

indicateurs que nous allons présenter dans les lignes qui suivent vont répondre à cette logique, ils sont exclusivement quantitatifs. Deux grandes approches priment dans la littérature économique portant sur les crises bancaires : approche macroéconomique et approche microéconomique.15

Ilya, par conséquent, les indicateurs à caractère macroéconomique et les indicateurs à vocation microéconomique. Ce premier type d'indicateurs se compose des éléments spécifiques aux Banques alors que le deuxième type d'indicateur regroupe les variables macroéconomiques.

Les indicateurs à caractères microéconomique sont :

· Taux d'intermédiation Bancaire ;

· Taux de croissance de crédit domestique ;

· Taux division des risques etc.

Les indicateurs à vocations macroéconomique que sont

· ~~é~it à 1i'é~onomie

Taux de croissance du ratio :

~~~

· Taux de croissance du ratio : 'f2

Reserve ~nternationate

Ratio ~~é~it à ~'é~onomie

.

PIE

. Taux de circulation fiduciaire hors banques

I.3.2.1. Taux d'intermédiation Bancaire

Ce ratio est le rapport entre les dépôts reçus par une Banque (ou le système Bancaire) et les crédits accordés par cette même Banque (ou le système Bancaire) au cours d'une période donnée.

Mathématiquement, nous pouvons formuler comme suit Tib = D x 100 où Tib : taux d'intermédiation Bancaire

Cr

D : dépôts reçus toute maturités

Cr : crédit accordés toute maturité confondues

15 Ezzedine et Al, op.cit, p.8.

*Ces approches seront représentées et analyse au chap.III où une section y exclusivement réserve

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

19

Ce ratio représente l'essentiel de l'activité traditionnelle d'une Banque à savoir : recevoir le dépôt et accorder les crédits.

Toute proportion gardée Tib >1 cela signifie que la totalité de dépôts n'est pas utilisée pour l'octroi de crédit, il y a donc de ressource oisives. Cette situation est en défaveur de la banque.

Tib <1, du point de vue financier, c'est une bonne situation en ce sens qu'il y a plus de gain que des charges dans la mesure où le bénéfice de l'activité Bancaire est située du côté de son actif. Dans cette situation, la Banque se trouve dans une position un peu dangereuse, parce qu'une partie de son actif n'est pas soutenue par les dépôts.

Tib = 1, cela veut dire qu'il y a égalité entre les dépôts et les crédits, c'est l'équilibre parfait, mais la Banque subie les charges liées au coût fixe.

I.3.2.2. Taux de Croissance de crédit domestique

Ceci est un fait : la période précédent les crises bancaires se

distinguées également par une augmentation rapide de crédit domestique.16

Le taux de la croissance de crédit domestique n'est pas indicateur en soi, mais sa comparaison avec d'autres taux qui le rendent pertinent. Dans la pratique ce taux est à comparer avec le taux de la croissance du PIB. Dans ce cas, lorsque le taux de croissance réel du crédit domestique au secteur privé est supérieur à celui du PIB on peut déjà prévoir un avenir sombre pour le secteur bancaire, car cette situation signifie qu'une partie du crédit n'est pas soutenue par le secteur réel.

La relation crédit-croissance n'est plus respectée, par présomption on peut également dire qu'on est en phase de formation de bulles spéculatives.

I.3.2.3. Ratio crédit à l'économie/PIB

Le ratio crédit à l'économie sur PIB est un bon moyen pour appréhender une crise Bancaire. Ce ratio est également un des indicateurs qui permettent de mieux comprendre les liens entre crises bancaires et de change.

16 JP Allégret, « Economie de la mondialisation, opportunité et fractures, éd. Deboeck, p190.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

20

Le crédit dont il est question dans cette ration est essentiellement celui accordé au secteur privé non financier. Ce ratio permet donc de mesurer le boom du crédit, ce dernier est une manière puissante d'appréhender l'accroissement des risques de crédit subis par les Banques commerciales d'où résulte une augmentation de la probabilité de dégradation des bilans Bancaires. Cela signifie que les Banques ont une plus forte vulnérabilité aux chocs macro économiques.

Cette dynamique est accentuée par l'augmentation de la production et l'emballement des prix des actifs qui précèdent les crises de change, dans un contexte où les actifs financiers et Immobiliers servent de collatéraux les Banques, le retournement des marchés des actifs signifie donc une chute de la richesse des emprunteurs, ce qui dégrade la situation en accentuant le rationnement du crédit. Les prêts sur productifs tendent à s'accroitre avant et après la crise Bancaire. Il s'agit donc d'un certain laxisme qui se manifeste durant la période de bonne perspective, les Banques privilégient les profits seulement. S'exposant au risque de chocs exogènes.

I.3.2.4. Ratio Mjréserves internationales

Ce ratio est le rapport entre la masse monétaire au sens du M1, c'està-dire les billets (monnaie fiduciaire) et les dépôts à vue, à laquelle on ajoute les dépôts à terme et le réserve en monnaie étrangère. Toute chose égale par ailleurs, lorsque l'économie enregistre un taux de croissance élevé de la masse monétaire (M2), cela peut considérer comme l'un des signes annonciateurs d'une crise Bancaire.17 La présomption ici est la formation des bulles spéculatives lorsqu'on rapporte M2 aux réserves de change, plus ce ration est élevé plus l'économie est vulnérable à une crise de confiance des investisseurs craignant le risque de change et de convertibilité des engagements.

En outre, ce ratio est un bon indicateur qui permet de mesurer également la capacité d'une Banque centrale, et donc le système Bancaire dans son ensemble, à confronter une baisse de réserve en devises suite à une panique Bancaire. De plus, selon Ezzedine Abdoub et al (2008), le ratio M2/réserve

17 JP Allgret, op.ci, p.194

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

21

internationales dispose d'un contenu informatif primordial, car il permet d'avoir une idée sur la capacité de l'économie à résister aux pressions spéculatives.

I.3.2.5. Ratio déficit budgétaire/PIB

Ce ratio contient deux notions importantes qui le rendent, d'ailleurs pertinent en termes de détection et de prévision de crise Bancaire :

- La notion d'éviction directe et indirecte.

- La notion de la dégradation de l'actif de Banque

D'une manière générale on désigne sous le vocable d'éviction le phénomène qui conduit l'activité économique du secteur public à supplanter celle du secteur privé dans le cas échéant. Il s'agit de l'éviction que provoque le financement de déficit Budgétaire : le crédit à l'état se fait au détriment de crédit à l'économie.

En déterminant son portefeuille plus de titres publics, les Banques s'exposent au risque en cas de non remboursement. En principe. L'état ne tombe jamais en faillite mais il peut se retrouver dans une situation d'insolvabilité temporaire. Ce dernier cas est récurant dans les pays en voie de développement, dans certains pays, comme la République démocratique du Congo, l'état peut devenir insolvable, et du coût ne rembourser pas les dettes qu'il a contractées auprès des Banques, ou il les rembourse avec décote.

Ce ratio n'est pas en soi un indicateur de la crise Bancaire mais contient des informations qui permettent de situer la période de stress.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

22

Conclusion

Ce premier chapitre de notre mémoire a pour vocation de préciser théoriquement les concepts sur lesquels notre travail va s'asseoir.

La monnaie, nous venons de la voir, est indissociable de ses trois principales fonctions à savoir :

- Intermédiaire des échanges

- Unité de compte

- Réserve de valeurs

Elle est le principal objet sur lequel se portent les échanges dans le marché de capitaux en général, et marchés monétaire en particulier parce que seule la monnaie Banque Centrale cours légal dans la plus part des pays.

Les monnaies (monnaie Banque Centrale, monnaie scripturale, monnaies électronique et autres) sont émises essentiellement par les banques entant que produit des celles-ci. Elles renseignent sur la crédibilité de ces dernières : les performances ou les défaillances des Banques ne sont pas sans conséquences sur les monnaies et vice versa. Il existe donc un lien de causalité théorique entre la monnaie et la crise Bancaire.

Dans les précédentes sections, il a été démontré que la panique bancaire est l'étape qui précède généralement les crises bancaires, et que cette panique peut résulter de toute information sur la situation des Banques et/ou toute autre information sur l'économie. On peut aisément envisager ce qu'une défiance du public sur les monnaies peut engendrer sur la performance des Banques. Nous y reviendrons avec détails dans les chapitres qui vont suivre, car l'un des objectifs majeur leur sont assignés.

Les crises Bancaires quant à elles, sont observables à l'aide des indicateurs ou ratios un fait important à souligner que ces ratios ne renvoient pas nécessairement à la notion d'un seuil mais plutôt, ils permettent de suivre l'évolution des Banques, et aussi de détecter les périodes de détresse. C'est donc l'évolution de ces ratios et/ou indicateurs qui permettent de déterminer de façon chiffrée, les prémisses des crises Bancaires. C'est ce que nous allons faire dans les chapitres III et IV.

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23

CHAPITRE II. COMPRENDRE LA MONNAIE

La monnaie est un terme d'usage courant, tout le monde en sait quelque chose. Mais, ses implications sur le plan macro economique et social ne sont pas faciles à deceler car la monnaie ne repond pas seulement aux motifs economiques mais elle fonde aussi la cohesion sociale.18

Dans le chapitre I nous avions defini et donne les differentes formes ainsi que les fonctions de la monnaie, dans le present chapitre de notre travail nous allons tenter de faire ressortir le rôle de la monnaie dans l'economie sur deux plans : Micro et Macro economiques, nous les analyserons ensuite entant qu'actif financier et moyen de paiement et enfin nous examinerons la situation monetaire au Congo au regard des theories ci-haut presentees.

Il sied de souligner avant tout que l'expression monnaie (au singulier) renvoie dans le cadre de ce memoire directement à la monnaie nationale (celle qui est emise par la Banque Centrale d'un pays, qui a donc cours legal). Chaque fois que ce terme sera utilise, il aura ce sens. Ce chapitre nous le subdivisons en trois sections :

- Dans la première section, rôle de la monnaie dans l'economie, nous presenterons les deux grandes ecoles de la pensee economique sur ce sujet

- La deuxième section, monnaie comme actif financier et moyen de
paiement, nous examinerons la monnaie sous ces deux aspects.

- La troisième et dernière section portera sur la situation monetaire en Republique democratique du Congo.

18 F. KABUYA Kalala et Matata Ponyo, « l'espace monétaire Kasaïen », Edition l'Harmattan, P.22.1999

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

24

II.1. Rôle de la monnaie dans l'économie

Le rôle de la monnaie dans l'économie peut être appréhendé de deux

manières :

- Premièrement en examinant les raisons de la Demande et la détention de la monnaie

- Deuxièmement en analysant l'importance de la politique monétaire dans les fluctuations économiques.

Et il convient de signaler que l'essentiel de ce qui va suivre a été tiré

dans les travaux de deux grandes écoles de sciences économiques à savoir :

Les Keynésiens avec Keynes et les classiques avec Friedman comme

chef de fil.

II.1.1. La demande de la monnaie

II.1.1.1. Approche Keynésienne de la demande de monnaie

L'approche Keynésienne de la demande de monnaie est la réponse de Keynes (et les adhérents à son analyse) à la question de savoir pourquoi les agents économiques demandent-ils la monnaie, en d'autre terme, on veut savoir les raisons de la détention de la monnaie. Pour Keynes, trois raisons majeures justifient cette demande :

- Motif de transaction

- Motif de précaution

- Motif de spéculation

Les deux premiers motifs sont fonction principalement du revenu et le troisième et dernier motif est fonction du Taux d'intérêt des titres. John Maynard Keynes est le premier à avoir systématisé les motifs pour lesquelles la monnaie est demandée.

1. Le motif de Transaction

La demande de la monnaie est déterminée par le volume de transactions effectuées par les agents économiques et celles-ci sont proportionnelles au revenu.19

19 MishKin, op.cit, p685.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

25

La constitution de cette forme d'encaisse permet entre autres de palier au besoin de liquidité qui nait suite au décalage entre les dépenses et la perception du revenu, et reste intimement lié au volume des échanges commerciaux : plus le volume de transaction est important, plus la demande de la monnaie augmente et étant donné que le volume de transactions est fonction de revenu, la demande de la monnaie pour motif de transaction est donc proportionnel au revenu.

Ce motif met en exergue la fonction d'intermédiaire des échanges que nous avions présenté au chapitre premier.

2. Le motif de précaution

La monnaie est demandée et détenue non seulement pour le besoin de transaction mais aussi pour le motif de précaution afin de faire face aux imprévus.

L'encaisse de précaution est destinée à financer des dépenses aléatoires, elle est fonction du revenu. « Dans les pays en voie de développement, l'encaisse de précaution revêt une grande importance. Tant d'événement sont aléatoires, dont la réalisation se traduit par des dépenses immédiates (exemple : Maladies dans les pays à sécurité sociale limitée, fêtes familiales, enterrements). ».20 Cette forme d'encaisse matérialise les fonctions de réserve de valeur et d'intermédiaire des échanges exposé dans le chapitre précédent.

La demande de la monnaie, pour motif de précaution est inversement proportionnelle à l'inflation, nous le verrons plus loin.

3. Le motif de spéculation

Ouvrons, une parenthèse pour définir le terme de spéculation. Selon l'économiste Classique Kaldor (1939), la Spéculation est « achat ou vente des biens avec intentions de revente (ou de rachat) à une date ultérieure, lorsque l'action est motivée par l'espoir d'une modification du prix en vigueur et par l'avantage lié à l'usage du Bien.21

20 M. Rudlott cité par E. MABI MULUMBA, op.cit, p41.

21 Kaldor cité par Plihon dans « la libéralisation financière : spéculation et crises Bancaires », revue du CEPH n°85 Ier Trimestre, 2001, P10.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

26

Ce motif répond plus à la raison de la détention de la monnaie que sa demande, bien que les deux concepts soient intimement liés.

L'encaisse pour motif de spéculation est destinée à réaliser un profit sur des titres à revenu fixe (les obligations) selon les variations de taux d'intérêt.

Il s'agit ici de la substitution monnaie-titre suivant la rentabilité anticipée chacun de ces actifs.

La demande de la monnaie pour motif de spéculation est fonction du Taux d'intérêt.

Il faudra souligner ceci : pour Keynes il y a deux catégories d'actifs utilisables comme réserve de valeur : la monnaie et les titres (principalement les obligations) chacun de ce deux actifs est préférable (demandé) en fonction sur rendement anticipé.

Les taux d'intérêt élevés, impliquant les cours des obligations baisses et le risque de perte en capital, rendent la détention des obligations plus préférable que celle de la monnaie.

A l'inverse ; si les taux d'intérêt sont bas, le risque de perte en capital est grand, il est favorable de détenir la monnaie pour profiter d'éventuelle hausse des cours futurs que de garder les obligations.

II.1.1.2. Approche Néoclassique de la Demande de la monnaie

Le rappel théorique que nous allons exposer dans cette sous section émane de Friedman, l'intitulé de la dite section se justifie par le fait que Milton Friedman lui se réclamait fréquemment de Irving Fisher et de la théorie quantitative.22

Cet auteur a répondu à la même question que Keynes mais contrairement à ce dernier, il considère plusieurs actifs comme substituables à la monnaie. Au lieu de chercher à analyser des motifs spécifiques de la demande de monnaie comme l'a fait Keynes, Friedman part dune idée simple : la fonction de demande de monnaie est analogue à la fonction de demande pour n'importe quel actif. Par conséquent il l'analyse avec la théorie générale de la demande

22 F. MishKin, op.cit, P.693.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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d'actifs (cette théorie sera abordée dans la section qui va suivre la présente). Pour
Friedman la demande de monnaie se présente sous forme d'équation suivante :

Md =f (YP rb - rm re - rmðème - rm)

P

Avec Md/P : demande d'encaisse réelle :

Yp : Revenu permanent

rm : Rendement anticipé de la monnaie

rb : Rendement anticipé des titres (autres que les actions) re : Rendement anticipé des actions

ðème : Taux d'inflation anticipé

Les signes situés sous l'équation indique l'influence positive (+) ou négative (-) exercée par chaque variable explicative sur la demande de monnaie. Dans cette équation, la demande de la monnaie, comme d'ailleurs des autres actifs, est fonction de deux variables :

- le revenu et

- le rendement anticipé

En claire, la demande de monnaie est une fonction croissante de la richesse comme le montre le signe positif situé sous le revu permanent. A côté de la monnaie, d'autres actifs existent. Friedman les répartis en trois catégories principales : les titres, les actions et les actifs réels (ou corporels).

Les différentiels de rendements anticipés entre ces actifs et la monnaie sont les trois autres variables explicatives de la demande de monnaie. Il a de croissante avec la demande de monnaie : Quand l'un d'eux augmente, la demande de monnaie diminue, d'où le signe négatif figurant au dessus de chacun. Ils découlent, tous les trois, du rendement anticipé de la monnaie rm.

II.1.2. Monnaie dans les fluctuations de l'économie

Lorsqu'on désire comprendre l'influence de la monnaie dans les

fluctuations économiques, on recourt généralement soit à la méthode structurelle soit à la méthode réduite. Dans le premier cas, on cherche à déterminer l'influence de la monnaie sur les autres variables de l'économie en précisant les différents canaux de transmission. Dans le deuxième cas on s'intéresse plus à déterminer cette influence qu'à comprendre ses voies par lesquelles elles les affectent. De toutes les façons cette problématique est la facette implicite du

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

28

débat sur la pertinence de la politique monétaire dans la régulation de l'économie. Ce problème continue toujours de faire le débat entre les keynésiens et les Monétaristes. Les premières étudient les effets de la monnaie sur l'activité économique en construisant un modèle structurel c'est-à-dire une description du fonctionnement d'une économie au moyen d'un système d'équations décrivant les canaux à travers lesquels la politique monétaire (et la politique budgétaire) affectent la demande et la production globale.

Les monétaristes, quant à eux ne précisent pas les différents canaux à travers lesquels la monnaie agit sur la demande globale mais, ils examinent l'effet de la monnaie sur l'activité économique en regardant si l'évolution de la production est étroitement reliée à l'évolution de la monnaie.

Conformément au thème de notre travail, nous ne présenterons pas le débat autour de la politique monétaire au contraire, nous examinerons les canaux par lesquels la monnaie influence les activités économiques.

La théorie économique en reconnait trois : il y a :

- Le mécanisme centré sur les taux d'intérêt : Effet coût du capital

- Le mécanisme agissant par le biais des prix des autres actifs : effets de richesse

- Le mécanisme centré sur le crédit : Effet de disponibilité de crédit.

II.1.2.1. Effet de Coût de Capital

Cet effet traduit le rôle du taux d'intérêt sur l'investissement et le

revenu.23

Il construit le principal canal de transmission entre le secteur monétaire et le secteur réel dans le schéma du type Keynésien. Le taux dont il s'agit est celui pratiqué pour la rémunération des placements longs (actions, obligations). Il mesure par conséquent « le coût d'acquisition de la monnaie pour les entreprises ».

23 E. BOLALEUTE ; « Politique monétaire », Notes de cours Ière licence, Faseg, Unikin, 2009, P.14.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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Logiquement, une hausse de ce taux, suite à l'augmentation de la masse monétaire stimule l'investissement productif. Car le coût de l'emprunt pour les entreprises est moins coûteux, inversement une hausse de taux d'intérêt pour freiner le rythme de la création monétaire, rend le titre préférable à la monnaie, et in fine, affecte négativement le secteur réel en freinant les nouveaux investissements. Il en est ainsi parce que le taux directeur de la Banque Centrale est la référence de tous les autres taux d'intérêt.

Le canal de transmission n'agisse pas seulement par l'intermédiaire des décisions des entreprises en matière de dépenses d'investissements en logement et l'acquisition des biens de consommation durables de consommateurs.

En République Démocratique du Congo, la Banque Centrale du Congo a souvent eu recours à ce canal. C'est ainsi qu'en 1970, sous l'impulsion des responsables de la politique économique qui considéraient le secteur agricole comme prioritaire, de taux de réescomptes particulièrement avantageux étaient prévus pour ce secteur. Elle en a fait, depuis 1990 son principal taux directeur.24

Une autre illustration, par la Banque Centrale du Congo de recours à cette voie est la fixation administrative de taux d'intérêt débiteurs pratiqué par les Banques. En effet, vers février 1974 la Banque Centrale du Congo cherchant à assurer un financement adéquat aux secteurs économiques jugés prioritaires (secteur agricole et de Petites et Moyennes Entreprises) a commencé à imposer le taux d'intérêt débiteurs applicables à toutes les Banques dans leurs opérations de crédit avec l'économie.

Cependant à partir de 1983 la tendance générale était allée dans les sens de la libéralisation des taux débiteurs. Déjà ils sont totalement libéralisés.

24 E. MABI MULUMBA, op.cit, pp.125-126.

250

200

150

100

50

0

Taux de Réescompte

Taux de Réescompte

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

30

Tableau n°1. Taux de réescompte en République Démocratique du
Congo

Année

1977

1978

1979

1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

Taux

10

10

12

12

15

15

20

20

25

30

29

Année

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Taux

37

55

45

55

55

95

145

125

233

13

22

Année

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Taux

120

120

140

24

8

14

29

40

23

Source : 1. E. Mabi Mulumba, op.cit

1. BCC : Condensé d'informations statistiques, n°24/2000.

Graphique n°1 : Evolution du taux de réescompte en RDC

II.1.2.2. Effets prix d'autres actifs

Le canal de transmission par les prix d'autres actifs montre l'influence de la variation du patrimoine financier des agents économiques due au mouvement de la monnaie su l'activité économique réelle. Il existe deux

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

31

actifs, en plus des obligations qui font l'objet de beaucoup d'intérêts dans la littérature consacrée aux mécanismes de transmissions : les actions et les obligations.

On suppose ici que les agents économiques principalement les ménages lissent leur consommation dans le temps, de ce fait, leurs dépenses sont fonction non pas de leurs revenus actuels mais de l'ensemble de ressources qu'ils perçoivent au cours de leur vie, les revenus procurés par les autres titres constitutifs du portefeuille y compris.

Une variation de rendement de l'un de ces titres augmente le revenu des agents économiques, et par conséquent le rythme de leurs dépenses. L'investissement étant stimulé, la production y suit. Quel lien avec la monnaie ?

Les prix des titres tels que les actions et les obligations sont largement influençables par le politique monétaire. Une baisse du taux d'intérêt directeur de la Banque centrale est susceptible de relancer l'économie. Pour des raisons déjà évoques dans le point précédent, et donc d'accroitre le taux de croissance de dividende (ou coupon) (ou de coupon futur), et par conséquent une augmentation de prix des obligations et même des actions nous allons y revenir.

Quant aux devises, elles influencent les activités économiques, par leur mouvement qui est résultant de plusieurs facteurs dont les principaux sont : le taux d'intérêt de dépôt Bancaire et le taux de change. On sait que la dépréciation d'une monnaie, toute chose restant égale par ailleurs, peut aboutir à la croissance économique et l'inflation.

Comme aussi le taux d'intérêt peut rendre une économie attrayante nous y reviendrons dans la section portant sur la monnaie comme actif financier.

II.1.2.3. Effet de disponibilité de crédit

La monnaie affecte l'économie réelle également par le canal de disponibilité de crédit. En effet, l'activité économique peut être directement freinée lorsque les autorités monétaires limitent le volume d'une source de financement, et que le jeu normal des taux d'intérêt dans les ajustements sur le marché du crédit est perturbé. Cet effet de rationnement joue d'autant mieux que

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

32

les agents économiques n'ont pas de solution de financement alternatif. Il est évident que ce canal, au regard du développement de marché des capitaux est quasi obsolète.

Afin de concourir à la réalisation des objectifs de la politique économique, la Banque Centrale du Congo recours souvent à ce mécanisme, déjà au lendemain de l'accession du pays à l'indépendance lors de la première grande réforme de novembre 1963, elle adopte cette politique dans le domaine de l'octroi de crédits aux entreprises en fixant à chaque Banque commerciale un plafond de crédits qu'elle est autorisée à accorder. Cette politique est supprimée depuis le 1er juin 1993.25

Tableau n°2 : Evolution de crédit Bancaire (Crédit accordé par les
Banques Commerciales)

Année

1977

1978

1979

1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

Crédit en million

de $ USD

552

700

467

346

284

310

214

115

131

162

204

202

166

Année

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Crédit en

million de $

164

66

64

102

69

52

46

17

384

64

94

49

USD

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Année

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Crédit en

million de $ USD

37

44

102

134

243

357

Source : Manipulation personnelle à partir de :

1. Rapports annuels : 1975, 1980, 1990, 1993, 2000 et 2007

2.Condensé d'informations statistiques 2000

25 Banque centrale du Congo « rapport annuel 1999l » p179

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

33

II.2. Monnaie comme actif financier et Moyen de paiement

La monnaie est un actif financier comme les autres (obligation, action, ...), s'il faut entendre par ce dernier un bien qui peut servir de réserve de valeur et qui peut faire l'objet de négociation sur le marche des capitaux mais, à la différence des autres actifs financiers, la monnaie ne procure pas en principe, de gain en capital, elle offre tout de même certains avantages en terme du pouvoir d'achat. Celui qui détient la monnaie dans son portefeuille peut profiter de la baisse de cours des actifs, par exemple, pour acheter plus de titres qu'il n'aurait acheté dans l'immédiat.

Du coût, les éléments influent sur la détermination des prix des actifs sont aussi applicables à la valeur de la monnaie. En d'autres termes, la qualité de l'émetteur, la confiance dans l'environnement macro économique et d'autres éléments politico socio économiques qui pèsent sur le choix dans la détention des actifs, s'imposent aussi dans le ca de la monnaie. Les mouvements dans la composition du portefeuille des agents économiques financiers comme non financiers ont des incidences sérieuses sur la stabilité de Banques et sur l'économie dans son ensemble.

Par ailleurs, en tant que moyen de paiement, la monnaie est indissociable de certaines qualités notamment, la conservation du pouvoir d'achat dans le temps exprimé en comparaison avec d'autres monnaies.

La perte ou la diminution du pouvoir d'achat suit à la détention d'une monnaie n'est pas sans conséquence sur le mouvement de monnaies et la performance du secteur Bancaire.

Dans cette section, nous allons essayer de ressortir de façon systématique les incidences de la qualité de la monnaie sur la performance du secteur Bancaire et sur l'économie dans l'ensemble ensuite nous élargissons notre analyse en y incluant la monnaie scripturale.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

34

II.2.1. Substitution Monétaire et la confiance dans les Banques

La confiance est l'un des éléments majeurs pour la bonne performance des activités Bancaire. On dit monnaie fiduciaire, il faut entendre par là, une monnaie dont la valeur intrinsèque est basée sur la confiance qu'inspire son émetteur. De nos jours cette confiance qu'inspire pas seulement de l'émetteur de la monnaie mais d'un parapluie d'élément économico-socio politique.

Un changement dans les fondamentaux de l'économie, comme un changement de régime politique peut freiner la valeur d'une monnaie. Selon la théorie traditionnelle de la porte feuille, les agents économiques désirent toujours détenir un portefeuille diversifié, cela pour se prémunir de risques. La monnaie étant un des actifs constitutifs du portefeuille, et étant substituable non seulement aux titres mais également entre elles, elle n'échappe pas à ce principe du portefeuille.

Les agents économiques peuvent bien se débarrasser d'une monnaie au profit d'une autre (monnaie domestique au profit des devises). Tout comme une rumeur peut faire fondre la valeur d'une monnaie.

Ce phénomène est très récurrent dans les pays en voie de développement au régime de change flexible, a de répercussion très significative sur le rendement des activités Bancaires et sur le taux de change.

Dans le Chapitre I, nous avions vu que dans le processus qui conduit à la crise Bancaire, la panique Bancaire est l'étape la plus importante (pour certains économistes, c'est la manifestation de la crise même) et qu'elle peut être provoquée par l'asymétrie de l'information, la perte en terme du pouvoir d'achat due à la détention d'une monnaie peut dans certains cas générer la panique bancaire et conduire par conséquent à la crise bancaire.

Le modèle de Diamant et Dybviga26 peut servir du cadre d'analyse pour ce fait. D'après ces auteurs, il y a l'asymétrie d'informations entre les Banques et les déposants. Les Banques ne connaissent pas les intentions des

26 Cité par JP Allegret, op.cit, p.265.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

35

déposants à propos de leurs retraits de dépôts. Les avoirs détenus dans les Banques sont liquides en ce qu'ils servent de moyens de paiement immédiats cela signifie que les déposants peuvent modifier leurs plans de dépenses consécutivement à des changements dans leurs préférences ou dans leurs anticipations.

Supposons qu'au sein d'une économie, les dépôts ne se font qu'en monnaie locale et qu'elle soit inconvertibles si les agents économiques anticipent une augmentation de l'offre de la monnaie domestique, ils en déduisent l'inflation dans les biens libellés en cette monnaie, in fine, la baisse de leur pouvoir d'achat futur suite à la détention dans leur portefeuille de la monnaie domestique, afin de se prémunir de cette perte, Ils se précipitent aux guichets de Banques pour retirer leurs épargnes afin de les convertir en d'autres actifs (devises ou dans les immobilisations corporelles et incorporelles). Il va s'en suivre la panique Bancaire si tous les agents adoptent le même comportement par effet de Contagion.

On part donc d'une Asymétrie d'information qui pousse les agents économiques à changer la composition de leur portefeuille. Cette mutation dans le portefeuille plonge les Banques dans les difficultés.

La panique Bancaire, dont nous parlerons en détail dans le chapitre III et IV, est un équilibre non désiré qui menace en permanence, le bilan des Banque. Cette situation s'explique par le fait que très souvent, la valeur faciale des dépôts est toujours supérieure à la valeur de liquidation du portefeuille bancaire.

Les retraits effectués par les déposants s'effectuent de manière séquentielle, selon le principe du premier arrivé, premier servi. Il en résulte de ce fait, ce qu'un déposant peut espérer retirer de la banque est fonction de sa place dans la queue. Or les déposants savent que partiellement ils ne pourront pas tous récupérer la totalité de la valeur faciale de leur dépôt. Plus un agent se situe loin dans la queue, et plus il anticipe que les autres déposants devant lui vont vouloir retirer des dépôts, plus il exprime une demande de retraits. Comme l'ensemble

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

36

des déposants font une telle anticipation, il se produit un problème sur les Banques la liquidité disparait dans l'économie. Et la raison d'être de Banques aussi entant qu'actifs financier et la liquidité par excellence, la monnaie peut être à l'origine de déséquilibrer du secteur Bancaire er de l'économie dans son ensemble. Cela est valable également si on analyse la monnaie comme moyen de paiement et produit des Banques.

Une défiance du public à l'encontre d'une monnaie scripturale ou fiduciaire est un signe d'une grande détresse pour le secteur bancaire et pour l'économie. Nous parlerons dans les deux derniers chapitres de notre travail.

II.2.2. Monnaie, Taux de change et inflation

La théorie économique atteste les liens évidents entre la monnaie, le taux de change et inflation.

Le taux de change est l'équivalent en monnaie étrangère d'une unité de la monnaie nationale (définition du taux de change au certain) c'est-à-dire le nombre d'unité de monnaie étrangère qu'il faudra dépenser pour avoir une unité de monnaie domestique. Il existe deux types d'opérations de change. Les opérations au comptant (spot), caractérisées par un dénouement immédiat ou presque. A cet type d'opération s'applique le taux de change au comptant et les opérations à terme c'est-à-dire à une date ultérieure déterminée au moment de la conclusion du contrat, de dépôt bancaires : à cette catégorie, si ce cours (taux de change) augmente alors la monnaie nationale s'apprécie.

Le taux de change fait aussi l'objet de cotation selon l'incertain, dans ce cas il exprime le prix en monnaie nationale d'une unité de monnaie étrangère, et si ce cours augmente, cela correspond à la dépréciation de la monnaie domestique.

Les échanges entre monnaies se font sur le marché de change. C'est sur ce marché que les devises nationales se vendent et s'achètent permettant ainsi d'assurer les règlements liés au commerce international mais aussi la conversion des capitaux quand les transferts d'épargne entre agents

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

37

économiques appartenant à des espaces monétaires distincts.27 Il faudra signaler le fait que ce marché est dénué de localisation géographique propre, il est planétaire et fonctionne en temps continu. Il s'apparente en réalité à un réseau. L'inflation peut être définie comme une hausse, plus ou moins rapide du niveau des prix, généralement différentielle. C'est-à-dire accompagnée d'une modification des prix et revenus relatifs. Cette définition est un choix car en réalité, il existe de nombreuses définitions. Notre choix se justifie par le fait que cette manière de définir ce concept renferme en elle les éléments clés dit concepts à savoir :

- Une hausse rapide du niveau des prix

- Généralité de cette hausse et la modification des prix relatifs

Voyons maintenant le lien entre ces variables : monnaie, taux de change et inflation. Pour mieux cerner cette relation nous allons distinguer le court terme et le long terme. A court terme, le taux de change est l'une des manières d'exprimer le prix d'actifs (dépôt bancaire et autres) domestiques comparé à des actifs étrangers (de même nature, mais libellés dans une autre monnaie).28 Entant le prix relatif de deux types d'actifs, le taux de change répond logiquement à la théorie de demande d'actifs.

Sommairement selon la théorie de demande d'actifs deux éléments déterminent la demande d'actifs : le rendement et le risque. Le taux de change dépend lui aussi de deux facteurs :

- Le taux des dépôts en devises

- Le taux de change futur anticipé.

Toute chose restant égale par ailleurs, le taux de change est fonction croissante du taux d'intérêt et décroissante des anticipations du taux de change ; le développement monétaire influencent le taux de change en modifiant à la fois les taux d'intérêt et les anticipations de change.

27 André Cartapanis, « Les marchés financiers internationaux », Ed. La découverte, Paris, P.59.

28 F. Mishkin, op.cit, P.602.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

38

Ces dernières sont étroitement liées aux anticipations d'inflation. L'inflation dépend des variations dans l'offre et de la demande de monnaie. En clair, tout actif est préférable en fonction du rendement relatif qu'il confère et du risque y associé, parce que son appréciation se fait en comparaison avec des actifs étrangers. On suppose alors que les agents économiques ou l'investisseur est devant deux actifs financiers l'un libellé en monnaie domestique et l'autre en monnaie étrangère. Le taux de rendement est le facteur le plus déterminant pour la demande de ces deux actifs.

Ce taux de rendement est égal au taux d'intérêt sur les avoirs libellés en monnaie nationale plus la dépréciation attendue de cette monnaie, ces deux dernières variables sont largement dépendante de mouvement de la monnaie. Si le rendement anticipé des actifs libellés en monnaie domestique est supérieur au rendement des avoirs en monnaie étrangère, les investisseurs vont demander plus les actifs nationaux qu'étrangers. Ce mouvement (demande des actifs nationaux) correspond à une sortie de fond dans l'économie et un flux de devises, du coup l'augmentation de devises par rapport à la monnaie nationale, suivant la loi de l'offre et de la demande, va occasionner l'appréciation de la monnaie domestique par rapport aux devises.

Si à l'inverse, les investisseurs anticipent une augmentation du rendement des actifs en devises par rapport aux actifs libellés en monnaie domestique la détention de première catégorie sera préférée.

Ce mouvement c'est-à-dire une augmentation de la demande des actifs étrangers correspond à une sortie des devises de l'économie nationale vers l'étranger. La baisse de devises par rapport à la monnaie nationale engendrera dans ce cas la dépréciation de la monnaie nationale. Ce qui est plus intéressant à souligner est le fait que ce rendement qui détermine le mouvement même des actifs lui-même de la demande et de l'offre des monnaies. En d'autres termes, le mouvement des monnaies détermine à la fois le taux d'intérêt et les anticipations de change. Bien entendu cet argument n'est valable que dans l'hypothèse d'une parfaite substituions des titres libellées en devises et ceux libellés en monnaie domestique. L'inflation, quant à elle n'est pas seulement un phénomène

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

39

monétaire, elle peut résulter aussi des constituants (les inputs) du coût de revient. De toutes les façons, l'inflation traduit le déséquilibre sur le marché des biens et services : les prix étant fonction des variations de l'offre et de la demande, la hausse de prix peut être due à un accroissement de la demande globale de biens et services face à une offre globale inélastique.

Parallèlement une augmentation de l'offre de monnaie face à une demande constante engendre, toute chose restant égale par ailleurs un sur plus de liquidité dans l'économie, par rapport au volume de production, cela va provoquer une tension sur la demande, l'insuffisance de l'offre pour contenir la demande aura pour conséquence immédiate la hausse des prix.

En République Démocratique du Congo, beaucoup d'études attestent l'existence d'une corrélation positive entre l'accroissement de l'offre de monnaie et l'inflation et entre l'offre de monnaie et le taux de change. D'autres travaux même établissent un lien de causalité invoqué29 entre l'accroissement de l'offre de la monnaie et l'inflation.

29 R. lukoki, op.cit, p.77

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

 
 

40

 
 
 
 

Tableau n°3 : Taux de croissance de la masse monétaire, inflation et le Taux de change en RDC de 1977 à 2007

Année

1977

1978

1979

1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

TMM

56

56

10

76

37

65

87

33

 
 
 

INF

63

68

99

37

41

35

101

33

27

33

100

Taux de change

0,8568

0,8359

1,7286

2,7999

4,3835

5,7500

12,8992

36,1292

49,8692

59,7083

112,401 7

Année

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

TMM

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

INF

122

96

233

3645

2990

4652

9797

370

753

-0,4

126

Taux
de
change

187,050 8

390,5082

718,153 3

15587,65 5

645549,08 3

7521803,8 3

1193,9525

7040,5075

50184,90

131344,75 6

160666, 1

Année

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

TMM

 
 
 
 
 
 
 
 
 

INF

527

451

160

20

10

32

22

20

10

Taux de change

4,0178

21,8209

206,6169

346,8104

404,5189

398,2337

474,0053

468,2789

516,7531

Source : - Banque Centrale, op.cit

- Vincent NGONGA « essai d'identification de cycle économique en RDC de 1960 à 2007 » Unikin, 2009.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

41

II.3. Situation monétaire en RDC

L'exposé théorique de précédent chapitre avait pour but de ressortir

les grandes lignes de la question monétaire de manière à rendre aisée la compréhension spécifique de la problématique de la monnaie au Congo que nous analysons sommairement analysé dans cette section. Nous allons y revenir en détail au dernier chapitre de notre travail, mais, cette fois là pour dégager, à l'aide d'un modèle économétrique, les éventuelles implications de la monnaie dans le processus qui a conduit à la crise Bancaire au Congo.

La situation étant la photographie d'un fait à un certain moment, nous procéderons par étape, premièrement en une analyse des principales réformes depuis l'indépendance du Congo, puis un examen de l'évolution des principaux agrégats monétaires.

II.3.1. Les principales Réformes monétaires au Congo de 1976 à 2008

Les réformes monétaires au Congo sont régulières, depuis les années

1960 la République démocratique du Congo a vécu au rythme d'au moins deux réformes monétaires chaque décennie. Ce fait est révélateur du souci de responsable de la politique économique à veiller à la bonne performance de l'économie, car la réforme, quelque soit sa forme, elle vise avant tout à corriger une tendance jugée dérangeuse, soit à redynamiser l'économie d'une certaine manière ou tout simplement corriger et redynamiser l'économie.

Depuis 1976, la République démocratique du Congo a connu 5 réformes monétaires dont certaines accompagnées de la restructuration du marché monétaire. Les opérations qui ont été qualifiées de réforme monétaire30 au Congo ont comporté un ou plusieurs de ces éléments31 :

- La modification de la parité externe de la monnaie nationale ; - L'émission d'une nouvelle unité monétaire ;

- Le retrait avec ou sans substitution, partiellement ou totalement des signes monétaires existants ;

30 Pour F. KABUYA et TSIUNZA MBIYE, la réforme monétaire peut être définie comme un ensemble des mesures d'ajustement de l'économie axées principalement sur l'assainissement de la monnaie elle-même.

31F. KABUYA et TSHIUNZA Mbiye, « L'économie congolaise et réforme monétaire de juin, 1998 », l'Afrique de
grand lac, annuaire 1999-2000, p2.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

42

- Le gel temporaire ou définitif d'une partie considérable. Nous présentons sommairement ces réformes :

II.3.1.1. La Réforme monétaire du 12 mars 1976

Cette réforme a conduit à la dévaluation du Zaïre monnaie par rapport à DTS. La réforme monétaire de 1976 est la troisième depuis l'accession du Congo à l'indépendance.

Avant cette année 1 Z étant égale à 1 DTS et 1 DTS valait 2 dollars US, après la réforme qui s'est opérée sous le couvert du rattachement du zaïre monnaie au DTS. 1Z revenait à 1,7 dollars US. On comprend donc ce que cet alignement avait comporté une dévaluation de la monnaie nationale de l'ordre de 41,5%.Ladite réforme était accompagnée dans le cadre du fonctionnement du marché monétaire par la politique restrictive et sélective du crédit : il s'agit des mesures contraignantes définies par la Banque centrale du Congo pour amener les Banques à la fois à ne pas octroyer les crédits au-delà d'un seuil et à orienter le crédit vers les secteurs jugés prioritaires.

Cette réforme était une réponse au processus de mise en place d'un programme de stabilisation exigé par le FMI.

La dévaluation affecte négativement le bilan des Banques : du côté de l'actif principalement par la perte de crédit accordé en monnaie dévalue, bien entendue si ce prêt n'est pas indexé cette perte est en valeur réelle :

Les banques ont besoins des devises pour satisfaire les besoins de leurs clientèles mais aussi pour assurer les opérations qu'elles ont avec l'extérieur, elles achètent ces devises avec la monnaie nationale dans le marché de change. Le changement de parité des monnaies a donc des incidences sérieuses sur l'actif des Banques.

Du côté du passif, elles seront amenées à rémunérer plus chers les avoirs libellés en monnaie étrangère. Comme à l'actif, cette perte est en terme réel.

Concernant la réforme de l'an 1976, elle a été associée avec d'autres mesures et la sélection de crédit, notamment l'encadrement de la restriction ne jouent pas en faveur des Banques car elles les contraient d'abandonner certaines

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

43

opérations rentables mais non priorité pour l'état, et à financer des activités qui peuvent être considérés à risque les Banques ne sont pas libre quant à la sélection de leurs opérations et du niveau ou volume du crédit à accorder.

Ces tracasseries administratives associées aux inconvénients de la dévaluation ne permettent pas au secteur Bancaire de s'épanouir, pas étonnant si le résultat de cette réforme était mitigieux32, comme en témoigne certains indicateurs que voici :

Tableau n°4

Année

Taux de

croissance du

PIB

Taux d'inflation

Taux de

croissance de

masse

Indice de la

dollarisation

1976

6,4

71,3

47

19

1977

0.4

63,1

59

15

1978

-5,3

67,6

54

12

1979

0,3

99,0

15

19

Source : Gaston Mongbondo « La dollarisation de l'économie congolaise :

Cause et conséquence » mémoire de DEA, FASEG, Unikin 2009, P.103- 113.

II.3.1.2. La réforme monétaire de décembre 1979

La réforme monétaire de décembre 1979 consistait principalement à la démonétisation des billets de 5 zaïres et à leur remplacement par d'autres billets de mêmes valeurs faciales. En même temps, il fut question d'opérer une importante déflation des moyens de paiement sans pourtant affecter la valeur externe de la monnaie nationale. L'échange manuel pour les particuliers devait se limiter à 3000Z par personne âgée de 18 ans et plus, et 5000Z (dont 50%, à verser en compte) pour les Petites et Moyennes Entreprises et 20.000Z (dont 50% à verser en compte bancaire) pour les autres entreprises de grande taille. Dans un premier temps, les avoirs en comptes à vue étaient disponibles à concurrence de 10% tandis que le reste serait progressivement libellé de l'économie.

Comme lors de la réforme de 12 mars 1976, cette réforme de décembre 1979 s'accompagne d'autres mesures applicables aux Banques. A cette

32 KABUYA et TSHIUNZA Mbiye, op.cit, P.2.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

44

occasion il fût instauré par la Banque Centrale du Congo, l'exigence d'un coefficient de réserve obligatoire et un plafond de refinancement des Banques pour les opérations de réescomptes et de mise en pensions.33

Ces mesures ne favorisaient pas le développement des banques, et ont les mêmes incidences que celles de la réforme précédente.

II.3.1.3. La réforme monétaire de septembre 1983

C'est la réforme de régime de change, cette réforme a comporté 3 points principaux :

- La modification du taux de change

- L'adhésion officiellement du régime des taux flottants - La libéralisation de la réglementation des changes.

La modification du Taux de change avait conduit à la révision de la parité de la monnaie nationale, donc une dévaluation de 77,5% partant de la parité de 1 Z = 0,1575 DTS en vigueur depuis le 22 juin 1981 à 1Z = 0,0354 DTS.

Le Taux de change, la valeur en monnaie étrangère, de la monnaie nationale, devait se déterminer librement sur le marché interbancaire des changes, dans ce nouveau régime de change.

La libéralisation de la réglementation de changes consistait à la suppression des mesures précédentes aux changes et échanges.

II.3.1.4. La réforme monétaire d'octobre 1993

Plusieurs analystes considèrent la réforme d'octobre 1993 comme l'une des plus importantes réformes qu'a connu la République Démocratique du Congo. Plusieurs objectifs ont été assignés à cette opération, les uns à court terme, les autres à long terme.34

A court terme, la réforme visait comme finalité :

- La réduction sensible du niveau de l'inflation par résorption partielle de la masse monétaire :

33 BCC, rapport annuel, 1980, p.156.

34 BCC, « Rapport annuel 1993 », P.194.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

45

- Décomprimer à des niveaux soutenables les coûts d'impression des signes monétaires afin de faciliter la comptabilisation et le dénouement des transactions ainsi que de restaurer un environnement économique favorable à la relance de l'activité économique.

A moyen terme : la réforme devrait contribuer au rétablissement progressif des équilibres fondamentaux de l'économie grâce à l'action combinée de l'encadrement durable de la demande et de la promotion des activités productives.

Pour cette réforme, les mesures d'accompagnement assignées étaient les suivantes :

- Un plafonnement de crédit à l'état considéré comme la principale cause des dérapages monétaires, son expansion était fixée à 177,6 millions de nouveaux zaïres ;

- Favoriser le crédit à l'économie, son en cours devait s'élever à 539,6 millions de nouveaux zaïres fin décembre 1993 ;

- Le budget en devises prévoyait la mobilisation de 20,6 millions de dollars Américains au cours du dernier trimestre. L'essentiel de ces recettes devait servir à l'importation des produits de première nécessité ;

- Quant à la masse monétaire, elle devait s'accroitre de 66,8% au cours du dernier trimestre 1993.

In fine, les critères ci-dessus devaient permettre de limiter le taux d'inflation à 66,7%.

Cette réforme a été à la base du grand désordre monétaire particulièrement grave : émergence d'un nouveau espace monétaire ; la hausse exagérée des prix des biens et services, et la dépréciation accélérée de la monnaie nationale face aux devises. Dès le lancement des nouvelles unités monétaires introduites par la dite réforme on assiste à un phénomène raricisme dans l'économie.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

46

L'espace monétaire congolais s'est éclaté en deux où circulait deux unités monétaire différentes, l'une ayant cours légal et l'autre bénéficiant uniquement de la confiance de ses utilisateurs :

- Le premier espace couvrait les 9 provinces sur les 11 que compte la République Démocratique du Congo, où circulait la nouvelle unité monétaire : les nouveaux zaïres

- Le deuxième espace comptait deux Kasaï où circulèrent les anciennes unités monétaires officiellement démonétisées.35

L'existence de ces deux espaces monétaires a durée pendant 5 ans soit de 1993 à 1997, visiblement les Banques étaient les premières à encaisser de sérieux coûts dus à ce fait. En effet, les Banques ayant les filiales dans ce nouvel espace ont certaines dû fermer pour raison d'inconvertibilité car les Banques étant sous contrôle de la banque Centrale du Congo ne pouvaient pas opéraient avec une monnaie qui n'a pas cours légal, nous allons revenir sur ce, dans le chapitre III. Dans l'ensemble la situation économique après cette réforme était intenable pour les Banqués, les indicateurs macro économiques en témoignent.36

Tableau n°5

Année

1992

1993

1994

Indicateurs

 
 
 

Taux de croissance de PIB

- 10,5

-13,5

-3,9

Taux d'inflation

2.989,6

4651,7

9796,9

Indice de la dollarisation

91,99

92,71

99,54

Avoirs extérieurs nets

- 428,8

-427,3

581,3

Source : BCC, op cit, 1993, p201

Ces facteurs à eux seuls peuvent déclencher une crise Bancaire grave pour des raisons déjà évoquées.

35 Pour plus de détail, on eut consulté l'excellent ouvrage du professeur F. KABUYA et Monsieur Matata Ponyo, « l'espace monétaire kassaien : crise de légitimité et de souveraineté en période d'hyper inflation au Congo », 1993- 1997.

36 Données en millions de DTS Cfr rapport annuel, 1993, p.201.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

47

II.3.1.5. La Réforme monétaire de 1998

Suite aux dysfonctionnements notoires du système monétaire congolais à savoir :

- La multiplicité d'espaces monétaires ainsi que de taux de change ;

- La perte de confiance généralisée dans la monnaie nationale du
fait de l'instabilité persistante de sa valeur interne et externe ;

- La dollarisation excessive de l'économie ;

- La pénurie de signes monétaires au sein du système Bancaire ;

- La rupture de la parité interne entre la monnaie scripturale et la monnaie fiduciaire ;

- La désintermédiation accrue attestée par l'importation circulation fiduciaire hors Bancaire et la des articulations des paiements ;

- La diminution drastique du taux de liquidité de l'économie, atteignant 4,3% en 1997 contre 10 au cours des périodes antérieures.

le gouvernement de la République Démocratique du Congo a décidé, dès le mois de mai 1997, de confier à la BCC la tâche d'opérer une réforme monétaire impliquant le changement de l'unité monétaire ; devient le nouveau franc congolais.

La réforme monétaire de 1998 poursuivait les objectifs majeurs

suivants.37

- L'unification de l'espace monétaire ;

- La stabilité des prix intérieurs et du taux de change ;

- Le rétablissement du système des paiements ; - La restructuration du système bancaire ;

- La relance de l'activité économique ;

- Institution d'une nouvelle unité monétaire.

37 BCC, rapport annuel 1998, p.172

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

48

La stabilité des prix intérieurs et du taux de change devait être réalisée grâce une politique Budgétaire et monétaire rigoureuse basée d'une part, sur l'exécution équilibrée des opérations financières de l'Etat, et d'autre part, sur le contrôle strict des émissions monétaires. Le rétablissement du système des paiements consistait à homogénéiser l'éventail fiduciaire sur l'ensemble du territoire national et réduire les écarts de taux de change entre provinces. Pour cette finalité la Banque Centrale du Congo à retirer systématiquement et progressivement toutes les anciennes monnaies Zaïres dans les deux Kasaï et les nouveaux zaïres dans quatre provinces.

En outre, le décret loi n°066 du 20 avril 1998 portant assainissement des dépôts Bancaires visait 3 objectifs complémentaires à savoir la convertibilité des dépôts bancaires, le rétablissement de la parité entre le chèque autrement convertissable avec décote, et le retrait facile des espèces aux guichets des Banques.

La restauration du système Bancaire se fait à deux niveaux :

- Le décret-loi n°064 définit le cadre de la restructuration de la Banque Centrale

- Le décret-loi n°065 du 20 avril 1998 organise le régime spécial de restructuration des Banques et institutions financières en déséquilibre financier.

Cette réforme comme d'autres qui l'ont précédée n'ont pu réaliser les objectifs qui lui a été assignés faute de préparation et d'autres événements politique notamment la guerre de 1998 qui occasionnent plusieurs faits de nature à faire échouer ladite réforme ; la remise en circulation dans les territoires occupés, des billets d'anciennes monnaies déjà retirées ;Le ralentissement du rythme d'incinération des anciens billets retirés de la circulation, avec comme conséquence non seulement l'engagement des chambres fortes, mais aussi le risque de réinjection de ces monnaies etc.

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49

II.3.2. Evolution des principaux Agrégats Monétaires TABLEAU N°5

Année

Masse monétaire

Quasi monnaie

Crédit à

l'économie

Taux de
change en 1$

Indice de
dollarisation

Circulation fiduciaire Banque

197738

1.057721

181.712

-

0,8568

15

44

1978

1.650889

255.048

-

0,8359

12

48

1979

1.808889

390.083

-

1,7286

19

31

1980

3.178446

473359

972970

2,7999

31

48

1981

4.367330

637.789

1250425

4,3835

28

48

1982

7187855

1.055.533

1894886

5,7500

22

46

1983

13434343

3.609,9

2757301

12,8992

7

46

1984

17799686

3.786,9

4208198

36,1292

9

49

1985

22.924,8

3.417,7

6984781

49,8692

24

54

1986

37.995,5

7.681,7

11.437.4000

59,7083

76

50

1987

74.741

15.194

25096.000

112,4017

67

49

1988

169851

41.400

43.457.400

187,0508

54

49

1989

273605

70.239

73.510.000

390,5082

81

56

1990

1.704647

317.058

154.000000

718,1533

88

54

1991

18282194

731.707

2389000000

15587,055

97

59

1992

700717419

36.280138

5148000000

645549,083

92

47

1993

19903789564

18.815

104094000000

7521803,83

93

71

1994

374602678

2.987.700

82614950

1193,9525

100

74

1995

1927867754

8.042.650

563802439

7040,5075

99

87

1996

21575313

63.304390

4160308000

50184,90

98

38

1997

32775680

72.743350

4727297000

131344,756

99

46

1998

845042571

131636371

98296

160666,01

96

61

1999

3.915273633

247758362

333877

4,0178

99

75

2000

23558063993

2630705445

2948103

21,8209

100

68

2001

77143732

27.058671

13353185

206,6169

100

41

2002

98832881

36195806

13951854

346,8104

100

50

2003

130118714

58.008.653

19622998

404,5189

90

49

2004

22222541

105.179.634

41653869

398,2337

93

46

2005

277111477

216.104.039

63469253

474,0053

100

43

2006

436922182

213515712

120780458

468,2789

100

27

2007

658833855

340964375

197138479

516,7531

100

35

Source :

- BCC : rapports annuels : 1975, 1980, 1985, 1990, 1993, 1998, 2000 et 2007. - BCC : Condensé d'informations statistiques : 2000

Ces grandeurs sont analysées en détails dans les chapitres III et IV

38 De 1974 à 1993 en millions de Zaïres

De 1994 à 1998 en millions de Nouveaux zaïres De 1999 à 2007 en FC

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

50

Conclusion partielle

Ce chapitre avait comme objectif principal de faire ressortir les implications d'une monnaie dans l'économie en général et dans la performance du secteur Bancaire en particulier. Cela afin de permettre la saisie de la problématique des monnaies au Congo (monnaie scripturale et fiduciaire).

Il a été démontré que la confiance. en matière des monnaies (monnaies dans toutes ses formes) est un élément majeur, est que cette confiance ne dépend pas que des institutions d'émission mais, également d'autres facteurs notamment l'évolution des fondamentaux et certains éléments extraéconomiques (climat politique, ordre social), etc.

En conséquence les déterminants de la valeur d'une monnaie n'est pas à l'apanage des autorités monétaires, comme aussi les mouvements de la monnaie ne s'expliquent pas seulement au différentiel de taux d'intérêt appliqué par des Banques : les anticipations jouent un rôle clé.

Les désordres et le phénomène de substitution monétaire observé au Congo durant la période sous étude particulièrement durant la décennie 90 ne répondait qu'à l'incohérence de politique monétaire mais surtout en effondrement systématique des fondamentaux (avec une implication implicite du politique) sur lequel se fondent les anticipations des agents économiques.

Ce phénomène avait terni sérieusement l'image des Banques n'ont produit comme effet que le changement dans le niveau de prix, comme pour dire les vrais causes étaient à cherche ailleurs.

Les monnaies donc étant le produit des banques, elles reflètent réellement l'image de celles-ci, la défiance à l'égard d'une monnaie est une manifestation concrète d'un système désavoué par les agents économiques. Nous allons y revenir dans les chapitres qui vont suivre.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

51

ChapitrE III. CrisE baNcairE EN RDC : syNthèsE dEs
0faits

L'evolution des agregats economiques en RDC notamment : le credit à l'economie ; le depôt bancaire ; la circulation fiduciaire hors banque ; ainsi le nombre des guichets bancaires, attestent que le secteur bancaire congolais a connu une crise durant toute la decennie 1990. Cependant, cette periode n'est que le s'ocre d'une situation apparemment vielle car, l'intermediation bancaire au Congo vegetait bien avant cette decennie. Manifestement cette crise s'est remarquee par la faillite des certaines banques ; la liquidation ; la chute de credits et depôts bancaires, l'inconvertibilite au pair des engagements bancaires et une montee remarquable de la circulation fiduciaire hors banques. Plusieurs faits economiques sociopolitiques l'ont precede.

Dans ce chapitre nous examinons systematiquement l'evolution des principaux agregats economiques, enfin nous deriverons l'environnement global de la periode sous etude mais, bien avant cela, nous donnerons un bref aperçu theorique sur les crises bancaires.

III.1. Bref aperçu du débat sur les crises bancaires

La crise bancaire est un fait economique apparemment vieux mais son ampleur et sa multiplicite au cours de ce dernier demi-siècle a suscite de nombreux travaux.

Globalement, un examen de la litterature financière portant sur ces crises enseignes que deux courants de recherche ont essaye de determiner les principales causes des crises bancaires :39 le premier courant stipule que les crises bancaires reposent sur des fondements macroeconomiques et que les pres conditions inappropriees au processus de liberalisation financière constituent la principale cause des crises bancaires : en revanche, le deuxième courant marque surtout par les travaux d'Andre Cartapanis et Plihon, soutient l'idee que les crises bancaires reposent plutôt sur les causes micro-economiques :C'est le

39 Ezzeddine abdou et al, op.cit, p.3.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

52

comportement spéculatif des banques que permet la libéralisation financière qui en est la cause. Nous allons analyser ces deux courants.

III.1.1. Lien entre libéralisation financière et crise bancaire

Ce lien peut être appréhendé sous deux aspects : premièrement en se basant essentiellement sur les objectifs assignés à la libéralisation, deuxièmement, de façon empirique, en étudiant les répercutions de cette mesure sur le secteur financier.

Il convient de signaler que la libéralisation financière est l'une des étapes majeures du processus de la mondialisation, elle repose sur le principe de libre circulation des capitaux Suivant les objectifs assignés, on libéralise le secteur financier d'une économie pour lui permettre de jouer pleinement son rôle, en attirant particulièrement les capitaux étrangers, favoriser ainsi la bonne performance de l'économie. Selon certains auteurs dont Alfaro et Hammel (2007) Kim et Kenny (2006), Hao (2006) Menzie et Hiro (2005), Bekourt et al (2005)40, les pays en voie de développement qui souffrent de l'insuffisance des capitaux doivent libéraliser entièrement le système financier pour assurer son bon fonctionnement et amorcer la croissance économique rapide. L'idée de base est donc la suppression pure et simple de toute forme de répression financière car elle est préjudiciable pour l'économie. A terme avec la libéralisation financière, les banques ne devraient plus être contraintes de financer les déficits publics ou financer les secteurs moins rentables du point de vue économique mais jugés prioritaire par les responsables de la politique économique, comme cela fut le cas pour la RDC vers la décennie 1975-1985 (Cfr le Chapitre II). Ainsi en ayant plus de liberté d'initiative, les banques pourront se développer et faire développer les autres secteurs lucratifs, et accroitre par conséquent la compétitivité de l'économie. Les activités bancaires ou le secteur bancaire doit répondre uniquement à la logique du marché.

En définitive, selon les auteurs cités ci-haut, le libre épanouissement de la sphère financière permettrait le développement de la sphère réelle par une allocation optimale du capital et génère une croissance économique.

40 Plihon, op.cit, p.10.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

53

Mais, le résultat empirique de la libéralisation financière s'est avéré mytigieux ; au lieu de permettre l'éclosion du secteur financier, elle engendré de crises bancaires très significatives. L'étude menée par Kaminsky et reinhart est assez révélatrice sur ce sujet : sur 25 crises bancaires recensées entre la période 1970- mi 1995, le secteur financier a été libéralisé dans les cinq années précédentes dans les 18 cas. Il en est ainsi pour deux principales raisons : d'une part, en accordant aux banques plus de liberté, celles-ci ont l'opportunité de s'engager davantage dans les opérations de spéculations, motivées par la diminution de part de marché et de la baisse de rentabilité dans le secteur du fait de l'entrée des nouvelles banques dans la firme.

D'autre part, l'entrée des capitaux engendre un accroissement rapide des crédits bancaires et de la masse monétaire (contre partie exogène) favorisant l'inflation et la constitution de bulles spéculatives, parce que l'accroissement de crédit et ce supplément de la masse monétaire n'ont pas de fondement interne, c'est-à-dire, ils ne sont pas en relation directe avec le besoin de l'économie, l'appréciation de la monnaie qui en découle freine les exportations et ralentit la croissance. Cette évolution macroéconomique qui en fragilisant les agents financiers, porte préjudice aux banques.

III.1.2. La spéculation et les crises bancaires

Dans cette approche, les crises bancaires ne sont plus explicables par des causes exogènes, c'est-à-dire, par la libéralisation financière mais elles revêtent un fondement micro-économique, dans le sens qu'elles résultent du comportement délibéré des banques face aux risques ; les banques se laissent guider par le profit, et se livrent dans les opérations de spéculation.

Partant de la définition de spéculation donnée dans le chapitre deux, on peut selon Plhions, considérer que les opérations spéculatives ont quatre caractéristiques :

- Elles impliquent une prise de risque : prises de position sur les taux d'intérêt, les prix d'actif ou le taux de change

- Ces opérations sont motivées par l'espoir de plus-values liées aux variations anticipées des prix des actifs

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

54

- Elles sont pures ou sèches, c'est-à-dire qu'elles sont autosuffisantes et qu'elles n'ont pas de contre partie directe dans la sphère réelle de l'économie

- Elles s'effectuent plus à « crédit », c'est à dire que les capitaux engagés sont empruntés par les spéculateurs que cherchent à faire jouer des effets de levier.

Ces opérations sont souvent très rentables potentiellement mais elles comportent une part énorme des risques, les banques se livrent à ce genre d'opérations uniquement à cause de la rentabilité alléchante.

La spéculation qui selon Kindleberger, se caractérise aussi par deux concepts : l'euphorie et détresse financière, résulte elle-même d'un changement majeur (déplacement).

L'euphorie constitue la première phase de la spéculation, caractérisée par une perte de contact des agents économiques avec la réalité (les fondamentaux) et par des phénomènes de psychose collective : le sommet de l'asymétrie informationnelle.

La détresse financière est la phase finale de la spéculation qui précède la panique. Il s'agit de la situation où les spéculateurs se trouvent dans l'incapacité de pouvoir honorer leurs engagements.

Le déplacement est un événement extérieur, d'une ampleur importante, qui modifie les perspectives, les attentes et les centres de profit, ..., il peut être des événements politiques (guerres, changements de régime, ...) ou économique (découverte de nouvelles colonies ou de mines d'or, etc.).

De façon systématique, les banques ont adopté un comportement actif et délibéré de prise de risque, lié au fonctionnement même des marchés libéralisés et concurrentiels.

La crise est résultante d'un effet de contagion, elle peut naitre dans une ou plusieurs banques et frapper tous les secteurs.

En résumé, suivant cette logique, la libéralisation financière ainsi que les innovations suscitées par le marché financier, ont propulsé les banques

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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vers les opérations spéculatives. Cela non pas seulement parce que ces opérations se présentent comme une alternative alléchante mais surtout les banques privilégient désormais leur seul profit : la myopie face aux risques est le principal facteur déclencheur des crises bancaires de notre ère.

III.1.3. La réglementation et les crises bancaires

Face à la régénérescence des crises bancaires dans le temps et l'espace, et compte tenu des coûts énormes qu'elles engendrent sur le plan économique et social, on se pose la question de savoir s'il n'est-il pas possible de se préserver des crises ou de moins d'atténuer les coûts ? D'autres personnes s'interrogent sur la possibilité de contenir le risque systémique, c'est-à-dire d'éviter la transmission de choc d'un secteur vers un autre ou tout simplement empêcher l'effet de contagion entre les entités composantes d'un secteur et/ou entre les secteurs. Cette problématique est le fond du débat autour de la réglementation prudentielle. Tout le monde en est convaincu la pertinence mais la forme et le fond qu'elle doit prendre pose problème.

Après l'échec du Bale I et II, la question au tour de la réglementation future du système financier demeure d'actualité d'autant plus que, de l'aveu du J.P Landau, «l'économie est constamment soumise au risque d'une nouvelle crise.41 » L'histoire des crises bancaires montrent qu'après la sortie de crises, la question sur la réglementation s'impose vite. Le célèbre Glass-Steagall Act ou le Banking, Act de 1933aux USA, Bale I et II en sont des exemples.

Quelqu'un soit la vraie cause, les comportements des banques jouent un rôle décisif dans le processus qui conduit aux crises bancaires. D'où la nécessité d'en freiner l'élan.

D'après le vice-gouverneur de la Banque de France, la réglementation prudentielle doit agir plus directement sur les incitations individuelles et collectives. Cette réglementation, selon André Cartapanis doit être macro et micro prudentielle. La finalité d'une approche macro-prudentielle est de limiter le risque de détresse financière impliquant des pertes significatives en termes d'out put réel pour l'économie toute entière. Celle d'une approche micro-prudentielle est de limiter le risque de détresse financière pour des

41 J.P Landau, « Bulles et surveillance macro prudentielle » conférence organisée par la banque de France et l'école d'économie de Toulouse, Paris, Janv 2008.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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institutions individuelles indépendamment de leur impact sur le reste de l'économie.42

III.1.4. Les crises aux multiples causes : un diagnostic nécessaire

A l'évidence, les fondements des crises bancaires varient avec le temps et l'espace. La cause principale de la crise bancaire en Argentine (1994) n'est pas la même que celle des USA (2008) : alors que pour l'Argentine, les retraits de fond par les investisseurs étrangers suite à l'effondrement des fondamentaux avait précipité les banques dans la crise, aux USA ce le lâchement constaté sur le marché des immobiliers qui explique la crise : de même la crise coréenne de 1997 n'est pas identique avec celle observée en Grèce (2009). Parallèlement la crise d'Octobre 1929 aux USA laquelle avait donné naissance en 1933 au « banking Acte, n'a pas des mêmes fondements que celle de l'an 2008.

La structure du marché, les instruments ainsi que les agents intervenants dans le marché évoluent avec le temps, cela fait que les facteurs générateurs varient également.

Dans tous les cas, chaque crise peut être spécifique, le diagnostic s'impose comme une étape nécessaire pour l'identification des éléments à l'origine d'une crise bancaire, la similarité de ces crises ne diminue en rien leurs spécificités.

III.2. Evolution des principaux agrégats économiques en RDC 1976-2007

L'année 1976 est considérée par plusieurs économistes spécialistes du Congo comme l'année de manifestation de signe de détresse économique en RDC ! C'est en cette année qu'il a eu, de la part du gouvernement, le premier grand plan de redressement des fondamentaux accompagné par la dévaluation de la monnaie nationale de 41,2% par rapport au dollar américain43.

L'évolution des agrégats économiques que nous présentons dans ce chapitre atteste, à suffisance, que le secteur bancaire en RDC était en difficultés depuis 1976. Celles-ci sont administratives et fonctionnelle. Les problèmes

42 André Cartapanis « plaidoyer pour une réglementation macro prudentielle des banques », IEP, octobre 2008.p15

43 MUTAMBA LUKUSA, Déséquilibre macro-économique et ajustements au zaïre de 1976 à 1987, PUZ, Kinshasa, 1990, p.52

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

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d'ordre administratif incombe à la BCC, il s'agit de l'inadéquation de ces mesures au regard de l'évolution de l'environnement économique, et les difficultés fonctionnelles sont dues à l'instabilité macroéconomiques.

Globalement, la circulation fiduciaire hors banque a connu une évolution inquiétante, elle est restée positive durant la période sous étude, rapporté à la masse monétaire, le ratio CFHB/MM est resté au tour de 50,97% en moyenne durant la même période. Cela montre la défaillance et le caractère peu attrayant du système bancaire congolais. Nous allons y revenir.

Depuis 1976, la monnaie zaïroise-congolaise connait des dévaluations et des dépréciations significatives. L'évolution du taux de change que nous présenterons dans le tableau 8 le démontre bien. Parallèlement, l'évolution du taux croissance de la masse monétaire, du taux de l'inflation, du taux de la croissance de PIB et l'indice de la dollarisation prouve la spécificité de l'économie congolaise : avec un accroissement prononcée de la masse monétaire et une inflation galopante durant la décennie 90, le taux de croissance du PIB est demeurée négatif et l'évolution de l'indice de dollarisation qui s'en suit, donne une illustration concrète de l'incertitude qui règnent dans l'esprit des opérateurs économiques oeuvrant en RDC.

III.2.1. Circulation fiduciaire hors banque et le ratio CFHB/MM

L'évolution de la circulation fiduciaire hors banque que nous présentons dans cette sous section, comme les autres données traitées dans ce travail, est tirée principalement dans les différents rapports de la BCC.

Cet agrégat peut être considéré comme un indicateur de l'efficacité du secteur bancaire, dans la mesure où elle reflète l'attrait des services bancaires, c'est-à-dire, la capacité du secteur bancaire à attirer les capitaux nationaux. Rapproché à la masse monétaire, le ratio CFHB/MM est un bon indice qui renseigne sur l'aptitude des banques à véhiculer les impulsions de la politique monétaires.

Durant la période à laquelle notre travail se rapporte, l'évolution de ces indicateurs est la suivante :

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

58

Tableau n°7

Année

197644

1977

1978

1979

1980

 

1981

 

1982

 

CFHB

286

215

464768

799

975

566

124

1538

129

2090

297

3282

818

Taux CFHB

39

 

62

72

 

-29

 

177

 

36

 

57

 

CFHB

42

 

44

48

 

31

 

48

 

48

 

46

 

MM

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

6136683

8 802 233

12 293

18967

36421

82798

153662

425845

87

43

40

54

92

127

85

178

46

49

54

50

49

49

56

54

1991

1992

1993

1994

1995

10.830142

363 963515

13972038 158

271765

1644357

2443

3261

3768

318

505

59

47

71

74

87

1996

 

1997

 
 

1998

 

1999

2000

2001

8720

435

1521

70

580

514

520

041

2944499065

15962788910

31417133

403

 

84

 
 

238

 
 

472

442

-100

38

 

46

 
 

61

 
 

75

68

41

2002

2003

2004

2005

2006

2007

49757474

63148445

101467260

119934976

118233759

233252894

58

27

61

18

-1

97

50

49

46

43

27

35

Source :

- BCC, op.cit

- Auteurs sur base des données de la BCC

44 *De 1974 à 1993 en million de zaïres :

* En million de nouveaux zaïres à partir de 1994 *En FC à partir de 1999

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

59

Graphique n°2 : Evolution de la circulation fiduciaire hors banque et le ratio

CFHB

MM

1,6E+10

1,4E+10

1,2E+10

1E+10

CFHB

Taux CFHB
CFHB/MM

4E+09

2E+09

0

-2E+09

8E+09

6E+09

L'évolution de la circulation fiduciaire hors du circuit bancaire et le ratio CFHB/MM est demeurée croissante, 1979, 1994, 2001 et 2006 exceptées pour le premier indice. Les années 1991, 1992, 1993, 1995 et 1998 se distingue en terme de proportion d'accroissement : c'est à partir de 1991 que pour la première le taux de croissance de la circulation des espèces hors banques se chiffre à 4 chiffres, soit 2443%, ensuite 3261, 3768, 55 et 3281 respectivement pour l'an 1992, 1993, 1995 et 1998.

Dans l'ensemble le taux moyen de croissance de la circulation fiduciaire hors banque est de 413%.

Ce pourcentage montre l'effectivité dramatique de la dégradation progressive des activités bancaires ; il signifie que chaque année 413 % de la monnaie banque centrale échappe au circuit bancaire, et sont donc détenues par les agents économiques non financiers. Toutefois, il sied de souligner le fait que cette moyenne doit être interprétée avec réserve parce que, comme toute moyenne, elle est influencée par des valeurs aberrantes, en l'occurrence le pourcentage des années 1991, 1992, 1994, 2001 et 2006. Cette petite nuance ne

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

60

diminue en rien la portée de notre analyse car l'évolution annuelle atteste bien que le système bancaire congolais détériore au fil du temps.

Cela revient à dire aussi qu'avec le temps le moyen de financement en RDC se raréfie au détriment des opérateurs économiques évoluant dans le circuit normal (par opposé du circuit informel).

III.2.2. Taux de dépréciation et taux de croissance de la masse monétaire

Le taux de change sera notre première variable explicative dans le modèle qui va servir de validation empirique des arguments théoriques avancés dans les différents chapitres, parce que, seule cette variable reflète au mieux la qualité d'une bonne monnaie. En effet dans ses fonctions de réserve de valeurs et d'intermédiaire des échanges, la monnaie est censée jouir d'une certaine stabilité : celle-ci se fait en rapport avec les biens et les services locaux, et avec les autres monnaies. Dans ce contexte, la dépréciation comme l'appréciation d'une monnaie entame sérieusement le choix de sa détention. Le taux de change reflète mieux la qualité d'une bonne monnaie.

Par ailleurs, une augmentation de l'offre de monnaie par rapport à une devise, provoque une dépréciation de cette monnaie sur le marché des changes, du moins à cours terme. Dans la perspective de long terme, une augmentation de la monnaie à le même effet qu'une réforme monétaire : un changement dans le niveau des prix (Cfr le chapitre II).

En RDC, l'évolution du taux de change (sous différents régimes) et de la masse monétaire de 1976 à 2007 se présente comme suit :

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

61

Tableau n°8

Année

1976

1977

1978

1979

1980

1981

Taux de

change

0,8475

0,8568

0,8359

1,7286

2,7999

4,3835

Taux de

dépréciation

41

1

-3

52

38

36

MM

678675

1057721

1650995

1808889

9178446

4367330

TCMM

47

56

56

10

76

37

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

5.7500

12,90

36,13

49,87

59,71

112,4017

187,0508

24

55

64

28

16

47

40

7187855

13434343

17799986

22224,8

37995,5

74741

169851

65

87

32

29

66

97

127

Année

1989

1990

1991

1992

1993

1994

Taux de

change

390,5082

718,1533

15587,055

645549,083

729303,83

1193,9525

Taux de

dépréciation

52

46

95

98

91

97

MM

273605

1784647

18282194

770717419

19903789564

821403

TCM

61

187

2230

4116

2483

788

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

7040,5075

50184,90

131344,76

160666,01

4,0178

21,8209

206,6169

83

86

62

18

56

82

89

3398415

21575313

32 7756680

845042571

3915273633

23558063993

77143732

314

535

52

158

363

502

227

2002

2003

2004

2005

2006

2007

346,8104

404,5189

398,2337

474,0053

468,2789

516,7531

40

14

-2

16

-1

9

98832881

130118714

222.226541

277.111477

436922182

658833855

28

32

71

25

58

51

Sources : - BCC : rapports annuels, 1975, 1985, 1990, 1993, 1998, 2000

- BCC : condensés d'informations statistiques 1998 et 2000 - Auteurs sur base de données de BCC

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62

L'analyse de l'évolution du taux de change ; et de taux de croissance de la masse monétaire présentée au tableau n°8 montre l'instabilité chronique de la monnaie zaïroise-congolaise : exceptée les années 1978, 2004 et 2000, où le taux d'appréciation était de -3, -2 et -1 respectivement, la monnaie nationale se constamment fléchie face aux dollars américain. Les pourcentages de cette dépréciation sont en soi révélateurs de cette instabilité. Dans l'ensemble le taux de dépréciation est de 50% ; le plus bas niveau est celui de l'année 1977. Cette année là, le taux était de 1% tandis que le niveau le plus haut est celui de l'année 1992, 98%.

Il faut souligner le fait que le régime de change n'est pas resté le même durant la période d'étude, la valeur de la monnaie zaïroise-congolaise était déterminée soit par les monnaies de rattachement, soit fixée arbitrairement ou déterminée suivant l'évolution du marché : on est passé donc d'une période à une autre au régime de change soit administre soit libre.

Jusqu'à 1983, la valeur de zaïre monnaie était fixée par rapport aux devises en l'occurrence ; le dollar américain de 1971 à 1976 ; et le DTS de 1976 à 1983.

Cette situation mérite d'être analysée avec minutie ; elle signifie avant tout que durant la période de 1976-1983, la monnaie du zaïre (l'appellation du pays sous le règne de Mobutu) fluctuant non pas sur base des considérations économiques locales, mais plutôt en fonction de la valeur de monnaie de rattachement. En d'autres termes, la monnaie nationale, le zaïre, était dépendante de la politique monétaire du FED. Nous disons FED, parce que même dans la composition du DTS, le dollar américain était la monnaie dominante.

En principe la politique de rattachement d'une monnaie à une devise ne porte pas directement préjudice aux activités des banques car celles-ci pouvaient connaitre à l'avance les orientations de la politique monétaire nationale via la politique du FED. En revanche les banques devraient subir les effets collatéraux dus à cette politique, l'économie dans l'ensemble se trouve exposé directement par cette mesure. Voyons-en.

Lorsqu'un pays fixe la parité de sa monnaie à une devise, la détermination du taux de change échappe, par conséquent, à la politique interne,

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

63

autrement dit, la monnaie locale vaut ce que valle la monnaie étrangère ; en conséquence, la monnaie par sa valeur exprime en terme d'échange, peut être un obstacle majeur pour la réalisation des objectifs de la politique économique, car dans ce cas, elle peut s'apprécier alors que la conjoncture économique locale était en faveur d'une dépréciation, tout comme elle peut se déprécier alors qu'elle devrait plutôt s'apprécier.

Pour les activités des banques, on peut envisager trois incidences

possibles :

1. La perte en valeur réelle des dépôts et crédits bancaires, et les conséquences qui vont en découler

2. La sortie des capitaux

3. L'accroissement du risque systémique

4. L'incidence de la variation des prix sur les dépôts bancaires

La dépréciation d'une monnaie affecte la valeur de dépôts et de crédits bancaire : la dépréciation diminue la valeur, en terme du pouvoir d'achat, de dépôts effectués en monnaie qui subie ladite dépréciation. En raison de lien entre le taux de change et les prix des produits importés, la dépréciation rend les services bancaires moins intéressants, toute chose étant égale par ailleurs.

D'après DUPRIEZ, l'appréciation ou la surévaluation décourage les apports de capitaux frais quand elle ne les écarte pas complètement, parce qu'elle rend les exportations coûteuses. Et s'il existe un marché parallèle de devises, l'écart entre le taux de change sur ce marché et le taux de change officiel encourage les exportateurs à la fraude, ce qui contribue à réduire les recettes en devises. Les mêmes effets se produisent lors de la persistance d'une dévaluation ou dépréciation. Cette thèse se vérifie en RDC au cours de la période 1976-1979 durant laquelle l'écart entre les deux taux était à plus de 300%.

La politique de rattachement pour qu'elle ne entame pas les activités des banques, devrait être accompagnés d'une libéralisation financière intégrale afin de permettre aux banques de répercuter les coûts encaissés sur le marché, cela ne fût pas le cas pour le zaïre.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

64

En 1976, la BCC avait centré sa politique au tour de crédit, c'était la politique restrictive et sélective du crédit. Ces mesures ont été renforcées en 1979 par l'instauration d'un coefficient de réserve obligatoire imposé aux banques pour les opérations de réescompte et mise en pension. Toutes ces mesures étaient censées, dans un premier temps casser l'inflation et rééquilibré les fondamentaux.

Or en vertu de la solidarité des prix, et contenu la part importante des biens importés dans nos marchés avec le rattachement de zaïre monnaie au dollar, la maitrise de l'inflation échappait à la BCC. Ainsi donc ces mesures, outre le fait qu'elles étaient inopportunes, asphyxier inutilement les banques. Obliger de suivre la politique de la banque centrale du Congo, les banques subissaient les conséquences de l'instabilité macro-économiques à laquelle même la BCC n'y pouvait rien faire. Ces répressions financières et l'instabilité macroéconomiques sont deux facteurs explicatifs de l'émergence du risque systémique en RDC. A ce niveau, il est prématuré d'expliquer les facteurs à l'origine de cette dépréciation. On peut néanmoins, en avoir une idée en se référant a la théorie classique du mouvement de la monnaie.

« Cette théorie stipule qu'une augmentation de l'offre de monnaie d'un pays provoque une dépréciation de sa monnaie sur le marché des changes » : une augmentation de l'offre de monnaie zaïroise provoque une dépréciation de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies.

Il s'avère pertinent donc de voir le rythme de croissance de la masse monétaire afin d'avoir une idée sur les facteurs potentiels à l'origine de cette dépréciation continue. Le tableau n°8 donne, à cet effet, l'évolution de la masse monétaire. L'analyse de cette variable montre que la masse monétaire s'est accrue d'une année à une autre avec un rythme accéléré, les pourcentages de cette croissance sont énorme : le taux moyen d'accroissement est 408%, les valeurs extrêmes : 10% et 4116% respectivement pour les années 1979 et 1992. L'analyse des composantes de la masse monétaire pour ces deux années (à laquelle se rapportent les pourcentages extrêmes) : montre la prédominance de la circulation fiduciaire par rapport aux autres composantes (les quasis monnaies), au cours de ces années les fiduciaires englobées 31 et 47% de la masse monétaires.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

65

La masse monétaire quant à elle, donne une tendance sommairement identique avec celle du taux de dépréciation, du taux de change : son évolution demeure positive, les pourcentages de cette variation sont éloquents, dans certaines années, le taux de croissance de la masse monétaire s'est chiffré à quatre chiffre.

Globalement, les années 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1998, 1999, 2000 et 2001 se distinguent nettement des autres années, en termes de pourcentage, l'évolution de la masse monétaire en pourcentage se présente comme suit : 2230, 4116, 2483, 788, 314, 535, 158, 363, 202 et 2007. L'analyse de composante de la masse monétaire durant cette sous période donne l'image globale de facteurs à l'origine de cette variation soit l'évolution suivante :

1991

1992 1993

Circulation 10.845400

fiduciaire

364297400

14.078314700

Dépôt à vue en 7209700

monnaie nationale

39665000

5409721500

Dépôt à terme en 227100

monnaie nationale

9770200

4157461000

1997 1998

Circulation fiduciaire

152170580

514 520041

Dépôt à vue en monnaie nationale

71166400

123634128

Dépôt à terme en monnaie nationale

795920

4655542

Dépôt en devises

71947430

126980829

Provisions pour paiement des impôts

31676470

75252031

Sources : BCC : rapports annuels 1993 et 1998

On remarque dans cet échantillon la circulation fiduciaire représente en 1991, 59,3% de la masse monétaire, elle a baissé pour atteindre 47% en 1992 70,7% en 1993, 46% en 1997 et 61 en 1991, il y a donc une prédominance de cette composante par rapport aux autres.

45 *de 1991 à 1993 en milliards de zaïre * 1997 et 1998 en FC

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

66

De façon récurrente, la BCC attribue l'augmentation de la masse monétaire observée durant les différentes années à l'accroissement du crédit intérieur net, notamment des avances accordées au trésor public par le système bancaire (Cfr les différents rapports annuels). Des études empiriques attestent également cet argument.

Tout semble indiquer l'existence d'une corrélation apparente entre le mouvement de la masse monétaire et le taux de change en RDC durant la période à laquelle s'insère notre mémoire. Cependant la nature de cette corrélation apparente ne pourra être précisée que dans le chapitre IV.

II.2.3. Evolution du taux d'intermédiation bancaire, d'indice de dollarisation et du taux de réescompte

Le taux de réescompte est le principal lieu de référence pour les banques. Il détermine implicitement le coût de crédit bancaire d'une part, et le gain de dépôt bancaire d'autre part. Cela d'autant plus que le taux débiteur est déterminé en fonction du taux créditeur. Dans un environnement stable, seul le taux de réescompte illustre l'attrait des services bancaires traditionnels.

Toute proportion gardée, une augmentation du taux de réescompte devrait s'accompagner d'une diminution de crédit, et une diminution de ce taux produirait des effets inverses parce que, ce taux est le principal taux de refinancement pour les banques, et représente donc le coût d'acquisition des capitaux. Ce taux, nous le verrons est fortement influencé par le taux d'inflation. Les facteurs qui déterminent l'inflation, influencent également le taux de change, de ce fait, le taux de réescompte enferme en lui un certain aspect de la qualité d'une bonne monnaie. Son instabilité continuelle montre, en effet, que la monnaie ne jouit pas de toutes ses fonctions telles que décrites au chapitre précédent.

Parallèlement, l'indice de dollarisation semble également être déterminé par les mêmes facteurs et véhicules le même message que le taux de change. Ce dernier avec le taux de réescompte et d'inflation détermine le taux d'intermédiation bancaire. Au cours de la période en étude, leur évolution est la suivante :

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

67

Tableau n°9

Année

1977*

1978

1979

1980

1981

Crédit

473,115

585,504

807715

969104

1243052

Dépôt

693,152

850,9462

1436,4667

1845,1341

2516,129

Intérêt

1,4

1,45

1,78

1,90

2,02

Indice

15

12

19

31

28

1982

1983

1984

1985

986

1987

1989

1784,389

2757,301

4169,542

6515,300

9647,900

25096

43457

4663,25

8345,7824

9827,1424

11469,916

19046,947

31313

79538

2,62

3,62

2,37

1,78

1,97

1,25

2,83

22

7

9

24

76

67

54

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

73512

153957

2389000

461211206

8471296613

253305

801276

7446584

110147

188476

3982000

164325000

3707556000

205633

1173706

8271782

1,50

1,22

1,67

0,36

2,28

1,23

0,68

0,89

81

88

97

92

33

100

99

96

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

9446391

14620822

255821

2060141

10030877

12688768

17933681

11216919

174754186

5946344

5334041

314057688

443917312

614868728

1,18

1,45

2,31

2,65

3,10

3,46

3,45

99

96

99

100

100

100

90

2004

2005

2006

2007

40477153

63464184

113859978

193652769

1099125012

16161802

270665,2042

1844808567

2,71

2,54

2,38

2,34

93

100

100

100

Source : BCC ; op.cit

Il ressort de l'examen du tableau n°9 que le taux d'intermédiation est resté au tour de 2,06% durant la période 1980-1990 et au tour de 2,83 entre 2000 et 2007, avant et après ces deux périodes, il est resté autour de 1,50%, signe

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

68

visible des malaises dans le secteur bancaire. Sur l'ensemble de la période à laquelle se rapporte cette étude, le taux d'intermédiation bancaire n'a pas connu une évolution significative, au contraire, il est resté végétatif. Les fortes augmentations des dépôts bancaires observables au cours de décennie 1990, particulièrement la période 1990-1995 proviennent pour une large part des virements bancaires en faveur des fournisseurs du trésor public.46 L'analyse des dépôts bancaires selon la réparation géographique révèle que la plus grande part des dépôts se trouve concentrée à Kinshasa. Cette concentration est consécutive, selon la BCC, à l'inégalité de couverture du pays en structure bancaire.

Globalement, l'examen de la structure des dépôts bancaires par catégorie de déposants fait apparaitre la prédominance des entreprise privées, suivies des particuliers et des entreprises publiques.

Quant à l'évolution de l'indice de dollarisation, il est resté en dessous de 50% de 1976 à 1985, après cet indice est demeuré largement supérieur à 50%. Cela montre la dégradation de la monnaie zaïroise-congolaise. Précisons tout de même que le crédit présenté au tableau précédent est celui qui est octroyé par les banques aux entreprises et aux particuliers.

II.2.4. Evolution PIB constant au prix de 2000, du taux de

croissance globale et sectorielle entre 1976 et 2007

Le produit intérieur brut est l'une des grandeurs économiques de références pour mesurer la richesse crée dans une économie. C'est partant de lui qu'on déduit ou détermine d'autres agrégats notamment le revenu national. Le produit intérieur brut mesure l'ensemble des richesses crées dans une économie au cours d'une période, généralement une année. Cet agrégat à vocation à croitre d'une année à une autre, et à demeurer supérieur au taux de croissance démographique parce que, il reflète implicitement le revenu des habitants. Avoir à tout prix un taux de croissance du PIB positif, n'est-il pas le souci de tout gouvernement responsable ? L'évolution de cet agrégat en RDC entre 1976 et 2007, est présentée dans le tableau n°10 :

46 BCC : rapport annuel 1993, p.170. Cfr également le rapport annuel 1995

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

69

Année

 

PIB au prix de 2000 (en million de CDF)

TAUX DE CROISSANCE

PIB

AGRICULTURE

INDUSTRIE

SERVICES

1977

500,9

0,4

-3,30

0,92

3,00

1978

474,4

-5,3

0,17

-8,33

-5,28

1979

472,9

0,3

3,06

-6,14

4,70

1980

483,8

2,3

2,81

4,53

0,88

1981

495,4

2,4

2,68

4,81

1,23

1982

492,9

-0,5

3,21

-3,38

-1,27

1983

499,9

1,4

1,98

4,01

1,70

1984

527,7

5,6

2,78

12,43

3,47

1895

530,3

0,4

2,75

0,31

-4,20

1986

555,3

4,7

2,34

4,83

6,35

1987

570,3

2,7

2,04

0,96

3,56

1988

573,7

0,6

2,92

-1,94

-1,33

1989

565,7

-1,4

2,80

-4,98

-2,61

1990

528,4

-6,6

2,61

-18,93

-1,68

1991

483,8

-8,4

2,80

-19,86

-9,96

1992

433,1

-10,5

3,12

-29,92

-11,76

1993

374,6

-13,5

1,89

-15,77

-28,65

1994

360,1

-3,9

-0,82

-0,59

-10,01

1995

362,6

0,7

-2,25

10,86

-0,63

1996

358,6

-1,1

-2,85

6,55

-2,29

1997

339,2

-5,4

-2,77

-19,73

-1,31

1998

333,3

-1,7

-1,42

1,49

-4,73

1999

319,1

-4,3

-5,11

8,32

-6,83

2000

297,1

-6,9

-11,66

1,68

-6,69

2001

290,8

-2,1

-3,93

-1,69

-3,54

2002

300,9

3,5

0,47

9,35

4,94

2003

318,3

5,8

1,23

12,20

8,02

2004

339,5

6,6

0,64

18,32

7,46

2005

361,5

7,8

2,87

9,49

7,76

2006

381,7

5,6

3,2

4,5

9,1

2007

406,1

6,3

3,3

3,8

11,1

Source: V. NGONGO, op; cit

Ce tableau, riche de révélation, présente une évolution inquiétante du PIB, le taux de croissance est en chute libre depuis 1977. S'il faut voir un peu loin, la régression du produit intérieur brut était amorcée dès 1975. Sur une période de 31 ans, le PIB affiche le taux de croissance du PIB s'affiche avec un signe négatif 16 fois, avec le taux de croissance moyen, soit -0,59%.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

70

Globalement, le taux de croissance est resté positif pendant plus de 6 années consécutives que de 2002 à 2007, au rythme d'accomplissement seule cette période peut être considérée comme période de croissance, exceptée la période 2002-2005 l'économie congolaise n'a jamais enregistré un taux d'accroissement positif au moins trois ans de suite. La période allant 1989-2001 se remarque par la régression continue du PIB avec un taux de croissance moyen de -5%.

Nous n'allons pas nous lancer à argumenter les raisons de ces fluctuations du PIB, d'autant plus que cela ne s'inscrit pas dans le thème de notre travail mais, nous tenterons d'en avancer d'éventuelles conséquences pour le secteur bancaire.

Théoriquement l'existence d'une relation des causalités dans les deux sens entre la croissance et le crédit bancaire ne fait plus débat. On sait que les banques permettent de mobiliser l'épargne financière des agents à capacité de financement pour l'affecter à des usages plus productifs, exprimés par les agents économiques en besoin de financement, elles assurent donc la transformation de l'épargne en investissement productif (l'un des composantes majeures de revenu national). A l'inverse, on sait que l'épargne est aussi fonction de revenu, et que la régression économique en ralentissant les activités économiques, détruit les emplois et diminue le revenu potentiel de ménages, in fine, affecte négativement les activités des banques.

Dans le cas de la RDC, cette tendance à la régression du PIB donne présomption d'émergence de risque de défaut entendue comme risque de contre partie). Pas donc étonnant si le durant 31 ans le nombre des banques n'a augmenté que de 3%. En effet, en 1975 la RDC comptait 9 banques, et en 2007 elle en compte 12 (Cfr les rapports annuels de la Banque Centrale du Congo 1975 et 2007), mais aussi du risque systémique entendue comme le risque que la défaillance d'un agent économique face à ses engagements contractuels puisse se transmettre aux autres participants, en proie à des défaillances le long d'une chaine de réactions conduisant à des difficultés financières croissantes.47

Ces deux risques nés du fait que la baisse des activités que traduise le taux de croissance négatif du PIB, amène certaines entreprises dans la faillite et d'autres à réduire leurs activités, les entreprises et les ménages deux principaux clients des banques auront des difficultés pour honorer leurs engagements ans le temps.

47 A. cartapanis op.cit p10

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

71

Conclusion partielle

Ce chapitre avait comme vocation première de révéler un certain nombre des faits, en relation avec la Monnaie, qui peuvent avoir des liens implicites ou explicites avec la crise bancaire en RDC. Pour cette ultime finalité nous avions recensé quelques agrégats économiques qui selon les théories exposées sont susceptibles d'entamer le processus d'intermédiation bancaire en RDC, il s'agit principalement de :

- Taux de change

- Taux de croissance de la masse monétaire - Taux de croissance économique

- Taux de réescompte et

- Taux d'inflation

En outre pour observer la dite crise, nous avions porté notre regard sur l'évolution de taux de circulation fiduciaire hors banques pour des raisons évoquées ci haut

Après examen de ces variables deux observations peuvent être

notées :

1. La dépréciation continue du taux de change de la monnaie zaïroisecongolaise la régression chronique du PIB, la forte croissance de la masse monétaire associées avec l'hyperinflation fait de l'espace économique de la RDC, un espace incertain et dangereux pour les activités bancaires.

2. Les différentes mesures administratives décidées pour assainir le secteur bancaire national notamment le contrôle et l'orientation des crédits bancaires, auxquelles il fait ajouter l'utilisation de coefficient de réserve obligatoire et de taux de réescompte, n'apportent les effets escomptés, au contraire, elles asphyxient inutilement les activités bancaires.

Bref, deux facteurs majeurs susceptibles d'expliquer la part croissante de la dégradation du taux de circulation fiduciaire hors banques, la détérioration de l'environnement macroéconomique telle qu'en témoigne l'évolution de ces agrégats et la répression financière incombent exclusivement à la BCC.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

72

CHAPITRE IV. LA MONNAIE DANS LE PROCESSUS DE CRISE
BANCAIRE EN RDC : APPROCHE EMPIRIQUE

Dans ce dernier chapitre de notre travail, nous allons essayer de tester empiriquement les influences, mieux, le rôle de la monnaie dans la problematique de la crise bancaire en RDC. Ce rôle, nous l'observons au travers de certaines variables qui ont un pouvoir d'explication suffisant. Il s'agit de variables suivantes :

· Le taux de change ;

· Le taux de croissance de la masse monetaire ;

· Le taux de reescomptes ;

· Le taux d'inflation.

Ces influences seront observable à l'aide d'un modèle econometrique type Cobb Douglas où nous ajouterons egalement le taux de croissance economique parmi les variables explicatives ou exogènes.

Nous subdivisions ce chapitre IV en deux grandes sections :

· La première section donnees et methodologie dans cette section nous nous argumentons le choix porte sur ces variables et sur le modèle ;

· La deuxième section resultat d'estimation, conclusion et recommandations finales.

IV.1.Données et méthodologie

Les donnees utilisees dans ce travail ont ete toutes pour l'essentiel tirees dans differents documents de la Banque Centrale du Congo, il s'agit notamment de documents suivants : Rapports annuels et condenses d'informations statistiques. D'autres donnees ont pour origines certains travaux empiriques principalement ; les memoires de DEA de Mr Vincent NGONGA et Mr. Gaston MONGBONDO. Toutes ces donnees sont exprimees en pourcentages, elles sont donc des taux. Nous avons proceder à une analyse econometrique en une regression par la methode de moindre carree ordinaire.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

73

IV.1.1. Choix de variables

Les variables explicatives comme expliquée ont été choisies sur base de théorie exposées sur le chapitre II. Nous avions regroupé les variables qui sont susceptible d'avoir une incidence important sur la variable endogène. En claire, le choix porté sur les variables exogènes se fait sur base de deux critères :

1. Refléter la qualité d'une bonne monnaie ou en avoir une influence suffisante ;

2. Avoir une influence sur les activités de banques, cette influence doit être théoriquement évidente.

Ces critères, nous les avions établies en conformité avec les objectifs de notre travail tels qu'ils sont définis clairement à la section IV concernant la variable endogène, elle a été choisie sur base de considérations théoriques et empiriques, de l'empirisme parce que seule cette variable convient bien pour le cas spécifique de la crise bancaire au Congo (confère la sous section II.2.1.).

Nous avions donc choisi avec ces critères quatre variables exogènes trois de ces variables sont directement liées avec la monnaie qu'elles reflètent l'image.

IV.2. Méthodologie

Nous étudions le rôle de la monnaie dans la crise bancaire en RDC à l'horizon de 30 ans, soit de 1977 à 2007. Cette période regorge toutes les grandes turbulences qu'a connu l'économie congolaise : changement de régime de change, changement des cibles de la politique monétaire ; les programmes économiques la sous la supervision du FMI, les pillages, les guerres, etc. en plus, cette période satisfait au centre de significativité de l'échantillon.

Notre première estimation répondre à l'objectif principal de ce travail, à savoir trouver et expliquer l'origine de la crise bancaire en RDC en mettant accent particuliers sur le rôle de la monnaie via les variables qui incarnées la valeur de la monnaie.

Une deuxième régression sera faite afin d'établir la relation entre le taux de change et le taux de la croissance de la masse monétaire, cette estimation répond au premier volet des objectifs spécifiques, à savoir voir dans quelle

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

74

mesure la stabilite de la monnaie pourra permettre la relance des activites bancaires en RDC. Ces deux estimations se feront par la methode de moindre carree ordinaire.

IV.2.1. Présentation du modèle

Pour verifier nos theories et des presomptions relationnelles, ci-haut exposees, nous allons utiliser deux modèles : l'un modèle non lineaire et l'autre lineaire.

Le modèle non lineaire est le principal modèle sur lequel se fonde. Ce chapitre nous aussi tout notre travail, il se formule comme suit :

TxCFHB = A TXCHa.TX.infa.TX.reesr.TxCtre. ue (1)

Oil TxCFHB = Taux de croissance de circulation fiduciaire hors banque ;

TXCHa = Taux de derations du taux de change ;

TX.infa= Taux d'inflation

TX.rees = Taux de reescompte

TxCre = Taux den croissance economiques

Il s'agit donc d'un modèle de type Cobb-Douglas. Notre choix sur ce genre de modèle se justifie par le fait que les variables exogènes, choisies sur base des theories exposees dans les chapitres precedents, ont certes de liens avec la variable endogène mais la nature de ce lien n'est pas nettement etablie sur le plan theorique. En outre á, y, r, t et e conviennent bien afin de permettre la saisie du sens de ce lien. En ce sens, ces exposants representent dans le cas d'espèce des elasticites. Cette façon de proceder donne l'avantage d'interpretation. Ces exposants pourront interpreter directement en termes d'elasticite48. Bien evidemment, après avoir lineariser le modèle. Dans sa forme logarithmique, ce modèle se presente comme :

Ln TxCFHB = A + álnTX CH + ylnTXInf + rlnTxrees + tlnTxCre + u (2)

48 R. Bourbonnais, Econometrie Ge edition, DUNOD, p.158 OTSHINGA KIKOMBE Emmanuel

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

75

C'est sous cette forme (linéaire) qu'il sera estimé par la méthode moindre carrée ordinaire.

L'autre modèle qui viendra en complément des précédents sera linéaire et se formule comme suit :

TxCH = áTxMM (3) où TxMM : taux de croissance de la masse monétaire comme le mode (2), le modèle (3) sera également estimé à l'aide de la méthode de moindre carrée ordinaire

Concernant le choix de la méthode d'estimation, il se justifie par le simple fait que la fonction(2) bien que au départ non linéaire pouvait être linéariser. De même, la fonction (3) également est estimable par cette méthode. En plus la plupart des hypothèses statistiques sur le comportement des variables sont satisfaites ce qui fait de la méthode dite, ordinary least squares, la méthode appropriée pour ces données et ces modèles.

IV.3. Résultat d'estimation, conclusion et recommandation finale

Nous analysons d'abord le résultat des estimations, ensuite, nous allons conclure le travail avec les recommandations basées sur la lumière de notre analyse.

IV.3.1. Résultat des estimations

En nous servant de données des tableaux 1, 3, 5, 6 et 8 relatives à l'évolution des variables suivantes :

· Taux de croissance de circulation fudiciaire hors banque (Tableau n°7) : Tx XFHB ;

· Taux de variation de taux de change (Tableau n°8) ;

· Taux d'inflation (Tableau n°3) TXInf ;

· Taux de réescompte (Tableau n°1) TXrees ;

· Taux de croissance économique (Tableau n°10) Txcré.

Pour le modèle (2), nous avons obtenu le résultat suivant :

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

76

IV.3.1.1. Résultat économétrique

Nos tests donnent le résultat ci-après :

Dependent Variable: TXCFHB Method: Least Squares

Date: 02/01/11 Time: 09:12

Sample: 1977 2007

Included observations: 31

 
 

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

TXCH

8.311526

6.902231 1.204180

0.2394

TXCRE

-89.61356

30.68503 -2.920433

0.0071

TXINF

0.104403

0.074415 1.402972

0.1725

TXREES

-4.278934

3.077447 -1.390417

0.1762

C

122.9534

270.6717 0.454253

0.6534

R-squared

0.574015

Mean dependent var

425.0000

Adjusted R-squared

0.508478

S.D. dependent var

937.2291

S.E. of regression

657.0782

Akaike info criterion

15.96017

Sum squared resid

11225547

Schwarz criterion

16.19146

Log likelihood

-242.3827

F-statistic

8.758739

Durbin-Watson stat

1.653353

Prob(F-statistic)

0.000129

Il sied maintenant de procéder à un diagnostic du modèle 1

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

77

Test porte-manteau

Date: 01/31/11 Time: 18:49

Sample: 1977 2007

Included observations: 31

 
 
 
 
 
 

Autocorrelation

Partial Correlation

 

AC

PAC

Q-Stat

Prob

. |***

|

. |***

|

1

0.395

0.395

5.3099

0.021

. | . |

 

. *| . |

 

2

0.035

-0.143

5.3527

0.069

. *| . |

 

. | . |

 

3

-0.063

-0.026

5.4958

0.139

. *| . |

 

. *| . |

 

4

-0.100

-0.069

5.8772

0.209

. *| . |

 

. *| . |

 

5

-0.115

-0.062

6.3932

0.270

. *| . |

 

. *| . |

 

6

-0.119

-0.069

6.9691

0.324

. *| . |

 

. | . |

 

7

-0.105

-0.055

7.4380

0.385

. | . |

 

. | . |

 

8

-0.043

0.001

7.5183

0.482

. | . |

 

. *| . |

 

9

-0.038

-0.058

7.5860

0.576

. | . |

 

. | . |

 

10

-0.054

-0.053

7.7294

0.655

. *| . |

 

. | . |

 

11

-0.058

-0.050

7.8994

0.722

. *| . |

 

. *| . |

 

12

-0.065

-0.062

8.1285

0.775

. *| . |

 

. | . |

 

13

-0.062

-0.053

8.3504

0.820

. | . |

 

. | . |

 

14

-0.057

-0.056

8.5472

0.859

. | . |

 

. | . |

 

15

-0.015

-0.009

8.5620

0.899

. | . |

 

. | . |

 

16

0.000

-0.040

8.5620

0.930

H0 : Les erreurs se comporte comme un brut blanc

H1 : Les erreurs ne se comporte pas comme un brut blanc

L'hypothèse nulle n'est pas à rejeter car la valeur de Q-stat qui est de 8,5620 au dernier décalage de 16 associés à une probabilité de 0,930, nous indique que les erreurs se comportent comme un brut blanc.

Test de Normalité des erreurs H0 : il y a normalité

H1 : il n'y a normalité

L'examen visuel de la distribution de la série des erreurs donne une indication sur la forme de la distribution, ce test donne cet aspect :

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

78

Series: Residuals Sample 1977 2007 Observations 31

Mean

1.39e-13

Median

-65.98969

Maximum

1599.732

Minimum

-1363.053

Std. Dev.

611.7065

Skewness

0.386232

Kurtosis

3.720832

Jarque-Bera

1.441885

Probability

0.486294

12 10 8 6 4 2 0

 

-1000 0 1000

Visiblement, la série est bien distribuée. En outre, partant de la stabilité de Jacque-Berra nous disons donc les erreurs se comportent comme un brut bilan gaussien. Nous validons l'hypothèse nulle, les erreurs sont indépendamment identiquement distribuées.

Test d'auto corrélation des erreurs

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 5.673267 Probability 0.008772

Obs*R-squared 9.172734 Probability 0.010190

Partant du test Breusch Godfrey, et de la statistique de Durbin Wastson, nous constantans qu'il y a la présence d'auto corrélation d'ordre 1 et 2. Ceci nous inspire à une correction du modèle.

Test d'hétéroscédacité

ARCH Test:

F-statistic 1.966628 Probability 0.171797

Obs*R-squared 1.968818 Probability 0.160573

La statistique de Fisher de ARCH qui est de 2,7428 associés à une probabilité de 0,0830 nous indique qu'il y a l'absence d'hétéroscédacité. Il n'est donc pas bon de rejeter l'hyopthèse de homoscedacité.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

79

Test de cusum

15
10

5

0 -5 -10 -15

 

82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06

CUSUM 5% Significance

Ce test nous indique qu'au seuil de signification de 5%, le modèle est globalement stable.

Correction du modèle

Dependent Variable: TXCFHB Method: Least Squares

Date: 01/31/11 Time: 18:57 Sample (adjusted): 1979 2007

Included observations: 29 after adjustments

Convergence achieved after 18 iterations

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

TXCH

0.571676

0.810205 0.705595

0.4878

TXCRE

-3.032993

4.498383 -0.674241

0.5072

TXINF

0.051223

0.017007 3.011822

0.0064

TXMM

0.932307

0.042855 21.75487

0.0000

TXREES

-0.854422

0.588371 -1.452182

0.1606

AR(1)

-1.174663

0.196200 -5.987052

0.0000

AR(2)

-0.531331

0.197528 -2.689898

0.0134

 

R-squared

0.965889

Mean dependent var

449.6897

Adjusted R-squared

0.956586

S.D. dependent var

965.0665

S.E. of regression

201.0827

Akaike info criterion

13.65181

Sum squared resid

889553.1

Schwarz criterion

13.98185

Log likelihood

-190.9513

Durbin-Watson stat

2.298833

Inverted AR Roots

-.59-.43i

-.59+.43i

 

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

80

Test d'auto corrélation supérieur à 1

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 1.648677 Probability 0.217387

Obs*R-squared 3.853671 Probability 0.145608

Test d'auto corrélation

H0 : il y a l'absence d'auto corrélation H1 : il y a auto corrélation

On accepte l'hypothèse nulle d'absence d'auto corrélation d'ordre 1 partant de statistique de Durbin Waston et on accepte H0 pour l'auto corrélation d'ordre > 1 (absence de multicolinéarité).

IV.3.1.2. Interprétation de l'estimation du premier modèle

Au regard du résultat économétrique du dernier tableau de la sous section précédente, nous sommes à mesure d'affirmer qu'il y a relation inverse entre taux de croissance de la circulation fiduciaire hors banque et le taux de réescompte et le taux de croissance économique. Cela veut dire si le taux de croissance et le taux de réescompte augmente, toute chose étant égale par ailleurs, le taux de circulation fiduciaire hors banque diminue. Ce résultat est à interpréter avec réserve car les probabilités associés à ces deux variables, à savoir : le taux de réescompte et le taux de croissance économique ne sont pas dans la norme idéale, cela n'entame pas la bonté du modèle ni la porté des estimations. Le résultat concernant ces deux premières variables explicatives rejoint la théorie exposée à la sous section II.2.3. (Voir la page 65) : la diminution ou la régression économique perturbe les activités des banques. En raison du lien entre le taux débiteur et le taux créditeur des banques, une augmentation du taux de réescompte en faisant varier le taux débiteur, affecte également le taux créditeur et peut susciter les placements nouveaux. Ce le sens qu'il faudra donner au signe négatif de ces deux variables. On remarque aussi une forte élasticité s'il faut procéder ainsi, du taux de croissance économique par rapport à celle du taux de réescompte.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

81

Quand aux taux de change, et taux d'inflation, ils ont une relation positive avec le taux de croissance de circulation fiduciaire hors banque, le coefficient associé à ces deux variables est respectivement de 57% et 5%. Cela signifie tout simplement que la dépréciation comme l'inflation affecte négativement les activités des banques. Cela valide les hypothèses et l'essentiel des théories exposées dans les chapitres précédents. La dépréciation comme l'inflation rend les services des banques moins intéressants, les résultats économétriques confirme cela.

Par ailleurs, il y a lien de causalité entre le taux de change et le de croissance de la masse monétaire, c'est le sens des tableaux mis en annexe, stipule que toute augmentation de la masse monétaire s'accompagne d'une dépréciation de taux de change mais, le taux proportion reste faible en dessous de 40%.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

82

ConcLusion générALe eT LA recommAndATion

Le présent travail porte sur l'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007. Ce mémoire devrait trouver et expliquer l'origine de la crise bancaire au Congo en mettant un accent tout particulier au rôle joué par la monnaie dans ladite crise.

Nous avions formulés trois hypothèses afin de mener vos investigations :

- La crise bancaire en RDC est directement liée à l'incohérence des politiques monétaires et indirectement à l'instabilité de la monnaie nationale ;

- L'instabilité de la monnaie congolaise est due à l'absence des politiques économiques fiables particulièrement au rythme de la croissance de la masse monétaire ;

- Le développement du secteur bancaire passe par la stabilité de la monnaie.

Le recours à l'économétrie devrait permettre la validité ou le rejet de ces hypothèses.

Au regard du résultat trouvé à l'aide de deux modèle économétriques exposés au chapitre IV, nous sommes à mesure d'affirmer l'influence négative de la dégradation de la qualité de la monnaie sur les activités des banques. Les monnaies, nous l'avons vue, est un produit des banques et ont un contenu informationnel significatif sur la performance des banques ces monnaies sont indissociables de ces trois principales fonctions la défaillance de l'une de ces fonctions peut entamer sa valeur et perturber les activités des banques car la crise bancaire, peut être déclenchée par une simple rumeur.

Pendant longtemps, les données traitées dans ce travail, attestent que la monnaie Zaïroise (Congolaise) a perdu l'une de trois qualité d'une bonne même, à savoir la conservation du pouvoir d'achat dans le temps. La régression présentée au dernier chapitre de notre mémoire démontre que le corolaire de la dépréciation de la monnaie et de l'inflation, c'est l'augmentation de la circulation

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

83

fiduciaire hors banques. Mais leur pouvoir d'explication n'est pas déterminant. Cela traduit l'influence d'autres facteurs à l'explication de cette crise. Ces facteurs, au regard de nos investigations, sont à l'apanage de la banque centrale du Congo et à l'instabilité macroéconomies. Nos hypothèses sont donc valides (au moins deux).

Nous sommes convaincus que les responsables de la politique économique doivent veiller sur la stabilité de la monnaie et assainir l'environnement macroéconomique en supprimant particulièrement toutes formes de répressions financières afin de permettre aux banques de jouer pleinement leur rôle.

Les banques doivent rendre facile la compréhension de leurs services au public, de manière à promouvoir la culture bancaire au grand public. C'est-à-dire approcher la masse.

Elles doivent encore diversifier leurs services, de ne pas se contente seulement d'opération traditionnelles c'est-à-dire la réception des dépôts et l'octroi des crédits, elles doivent faire preuve d'imagination en offrant des services adaptés aux données nationales. En outre, elles doivent augmenter leurs présences et n'est pas se concentrer qu'aux grandes villes.

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

84

BIBLIOGRAPHIE

I .OUVRAGES

1. A. CARPANIS : << Les marchés financiers internationaux », Ed. La découverte, Paris, 2004

2. E. LESAOUT : introduction aux marchés financiers, Ed. Economica, Paris, 1999

3. F.MINSHKIN : Monnaie, banque et marchés financiers », 8eme Ed, Pearson, Paris, 2007

4. JP.ALLEGET et P. LE MERRE : économie de la mondialisation Au zaïre » 1976 à1987, PUZ, Kinshasa 1990

5. MABI MULUMBA : la monnaie dans l'économie » Ed. Cedi, Kinshasa 2000

6. MUTAMBA LUKUSA : le déséquilibre macro-économique et ajustement Opportunités et fractures », Ed. Debroeck, Bruxelles, 2008

7. R. BOURBONAIS, économétrie 6ème Ed, dunod »

II. ARTICLES

1. Bancaires », Economie Internationale, La Revue du CEPH n° 85, 2001

2. CARPANIS : « plaidoyer pour une réglementation macro prudentielle des banques », IEP, octobre 2008

3. D. Plihon et L. Miotti, << Libéralisation Financière, Spéculation et Crise

4. EZZEDDINE ET AL : << Apport de la gouvernance à l'explication des crises bancaires ; une analyse en données de panel »IEP, octobre 2008

5. F. KABUYA et TSHIUNZA Mbiye, << L'économie congolaise et réforme monétaire de juin, 1998 », l'Afrique de grand lac, annuaire 1999-2000

6. F. KABUYA Kalala et Matata Ponyo, « l'espace monétaire Kasaïen », Edition l'Harmattan, 1999

7. J.P LANDRO, << Bulles et surveillance macro prudentielle » conférence organisée par la banque de France et l'école d'économie de Toulouse, Paris, Janvier 2008

8. KEHO YAYA : efficacité macro économique du crédit bancaire en cote d'ivoire » document du travail n° 118, capec, 2005

9. SARRA BEN << évolution du système Bancaire tunisien » constatation d'indice de stresse, ESSEC, 2005

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

85

III. DOCUMENT OFFICIELS

1. BANQUE CENTRALE DU CONGO: rapports annuels 1993,1998 et 2005

2. BANQUE CENTRALE DU CONGO: condensé d'informations statistiques

IV. NOTE DES COURS ET MEMOIRES

1. E. BOLALEUTE ; « Politique monétaire », Notes de cours Ière licence, Faseg, Unikin, 2009

2. KATO KALE.ml : << question monétaire des pays envoie de développements » note de cours deuxième années de licence, faseg, unikin, 2010

3. R.LUKOKI << la crise bancaire et l'instabilité macro-économique en RDC de 1975 à 2007 »FASEG, Unikin

V. SITES INTRNET

1. WWW. africa - union.org

2. WWW.wikipedia.org

86

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

87

NNEXE

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

88

Statistique descriptive

 

TXCFHB

TXCH

TXCRE

TXINF

TXMM

TXREES

Mean

425.0000

47.52688

-0.493548

795.8903

419.9677

51.48387

Median

85.00000

46.00000

0.300000

96.00000

71.00000

29.00000

Maximum

3768.000

98.00000

7.800000

9797.000

4116.000

233.0000

Minimum

-100.0000

1.000000

-13.50000

-0.400000

10.00000

8.000000

Std. Dev.

937.2291

30.58925

5.306282

2012.999

897.9610

53.92209

Skewness

2.766934

0.255932

-0.517468

3.368975

3.005917

1.701368

Kurtosis

9.223934

1.809483

2.695759

14.43486

11.43526

5.409105

Jarque-Bera

89.59135

2.169140

1.503054

227.5348

138.5903

22.45227

Probability

0.000000

0.338047

0.471646

0.000000

0.000000

0.000013

Sum

13175.00

1473.333

-15.30000

24672.60

13019.00

1596.000

Sum Sq. Dev.

26351952

28071.06

844.6987

1.22E+08

24190019

87227.74

Observations

31

31

31

31

31

31

4000

3000

2000

1000

0

-1000

8

4

0

-4

-8

-12

-16

5000

4000

3000

2000

1000

0

100

80

60

40

20

0

10000

8000

6000

4000

2000

0

-2000

240

200

160

120

80

40

0

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

89

Graphique

TXCFHB

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXCRE

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXMM

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXCH

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXINF

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXREES

1980 1985 1990 1995 2000 2005

OTSHINGA KIKOMBE Emmanuel

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

90

Graphique d'ensemble

10000
8000
6000
4000
2000
0
-2000

 

1980 1985 1990 1995 2000 2005

TXCFHB TXINF

TXCH TXMM

TXCRE TXREES

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

91

Régression

Dependent Variable: TXCFHB Method: Least Squares

Date: 02/01/11 Time: 09:12

Sample: 1977 2007

Included observations: 31

 
 

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

TXCH

8.311526

6.902231 1.204180

0.2394

TXCRE

-89.61356

30.68503 -2.920433

0.0071

TXINF

0.104403

0.074415 1.402972

0.1725

TXREES

-4.278934

3.077447 -1.390417

0.1762

C

122.9534

270.6717 0.454253

0.6534

R-squared

0.574015

Mean dependent var

425.0000

Adjusted R-squared

0.508478

S.D. dependent var

937.2291

S.E. of regression

657.0782

Akaike info criterion

15.96017

Sum squared resid

11225547

Schwarz criterion

16.19146

Log likelihood

-242.3827

F-statistic

8.758739

Durbin-Watson stat

1.653353

Prob(F-statistic)

0.000129

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

92

Diagnostique du modèle Test porte-manteau

Date: 01/31/11 Time: 18:49 Sample: 1977 2007

Included observations: 31

Autocorrelation

Partial Correlation

 

AC

PAC

Q-Stat

Prob

. |***

|

. |***

|

1

0.395

0.395

5.3099

0.021

. | . |

 

. *| . |

 

2

0.035

-0.143

5.3527

0.069

. *| . |

 

. | . |

 

3

-0.063

-0.026

5.4958

0.139

. *| . |

 

. *| . |

 

4

-0.100

-0.069

5.8772

0.209

. *| . |

 

. *| . |

 

5

-0.115

-0.062

6.3932

0.270

. *| . |

 

. *| . |

 

6

-0.119

-0.069

6.9691

0.324

. *| . |

 

. | . |

 

7

-0.105

-0.055

7.4380

0.385

. | . |

 

. | . |

 

8

-0.043

0.001

7.5183

0.482

. | . |

 

. *| . |

 

9

-0.038

-0.058

7.5860

0.576

. | . |

 

. | . |

 

10

-0.054

-0.053

7.7294

0.655

. *| . |

 

. | . |

 

11

-0.058

-0.050

7.8994

0.722

. *| . |

 

. *| . |

 

12

-0.065

-0.062

8.1285

0.775

. *| . |

 

. | . |

 

13

-0.062

-0.053

8.3504

0.820

. | . |

 

. | . |

 

14

-0.057

-0.056

8.5472

0.859

. | . |

 

. | . |

 

15

-0.015

-0.009

8.5620

0.899

. | . |

 

. | . |

 

16

0.000

-0.040

8.5620

0.930

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

93

Test de normalité

Series: Residuals Sample 1977 2007 Observations 31

Mean

1.39e-13

Median

-65.98969

Maximum

1599.732

Minimum

-1363.053

Std. Dev.

611.7065

Skewness

0.386232

Kurtosis

3.720832

Jarque-Bera

1.441885

Probability

0.486294

12 10 8 6 4 2 0

 

-1000 0 1000

Test d'autocorrélation supérieur à 2

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 0.734189 Probability 0.490365

Obs*R-squared 1.787303 Probability 0.409159

Test d'hétéroscedasité

ARCH Test:

F-statistic 2.742831 Probability 0.083021

Obs*R-squared 5.052592 Probability 0.079955

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

94

Test de la multicollinéairité

 

TXCH

TXCRE
-

TXINF

TXREES

TXCH

1

0.652168593982895

0.576576377999822

0.68216778451507

 
 
 

-

 

TXCRE

-0.652168593982895

1

0.492071775010431

-0.370011733529385

 
 

-

 
 

TXINF

0.576576377999822

0.492071775010431

1

0.416323661016763

 
 

-

 
 

TXREES

0.68216778451507

0.370011733529385

0.416323661016763

1

Test de cusum

15
10

5

0

-5 -10 -15

 

82 84 86 88 90 92 94 96 98 00 02 04 06

CUSUM 5% Significance

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

95

Correction du modèle

Dependent Variable: TXCFHB Method: Least Squares

Date: 01/31/11 Time: 18:57 Sample (adjusted): 1979 2007

Included observations: 29 after adjustments

Convergence achieved after 18 iterations

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

TXCH

0.571676

0.810205 0.705595

0.4878

TXCRE

-3.032993

4.498383 -0.674241

0.5072

TXINF

0.051223

0.017007 3.011822

0.0064

TXMM

0.932307

0.042855 21.75487

0.0000

TXREES

-0.854422

0.588371 -1.452182

0.1606

AR(1)

-1.174663

0.196200 -5.987052

0.0000

AR(2)

-0.531331

0.197528 -2.689898

0.0134

 

R-squared

0.965889

Mean dependent var

449.6897

Adjusted R-squared

0.956586

S.D. dependent var

965.0665

S.E. of regression

201.0827

Akaike info criterion

13.65181

Sum squared resid

889553.1

Schwarz criterion

13.98185

Log likelihood

-190.9513

Durbin-Watson stat

2.298833

Inverted AR Roots

-.59-.43i

-.59+.43i

 

test d'autocorrélation supérieur à 1

 

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

 

F-statistic

1.648677

Probability

0.217387

Obs*R-squared

3.853671

Probability

0.145608

Test d'hétéroscedacité

 
 

ARCH Test:

 
 
 

F-statistic

2.734879

Probability

0.110204

Obs*R-squared

2.664936

Probability

0.102582

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

96

Deuxième modèle La régression entre le txch et txmm

Dependent Variable: TXCH Method: Least Squares

Date: 02/01/11 Time: 09:01

Sample: 1977 2007

Included observations: 31

 
 

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

C

38.84625

4.918124 7.898591

0.0000

TXMM

0.020670

0.005028 4.110768

0.0003

R-squared

0.368170

Mean dependent var

47.52688

Adjusted R-squared

0.346383

S.D. dependent var

30.58925

S.E. of regression

24.73037

Akaike info criterion

9.316282

Sum squared resid

17736.14

Schwarz criterion

9.408797

Log likelihood

-142.4024

F-statistic

16.89841

Durbin-Watson stat

0.929389

Prob(F-statistic)

0.000296

Diagnostic du modèle

Date: 02/01/11 Time: 09:03 Sample: 1977 2007

Included observations: 31

Autocorrelation

Partial Correlation

 

AC

PAC

Q-Stat

Prob

.

|**.

|

.

|**.

|

1

0.217

0.217

1.6050

0.205

.

*

| .

|

.

|* .

 

2

0.118

0.075

2.0990

0.350

.

| .

|

.

| .

 

3

-0.011

-0.054

2.1032

0.551

.

| .

|

.

| .

 

4

-0.048

-0.046

2.1887

0.701

.

.

 

.

* .

 

5

0.047

0.078

2.2773

0.810

.

* .

|

.

|* .

 

6

0.166

0.160

3.4000

0.757

. *| .

|

. *| .

|

7

-0.078

-0.173

3.6601

0.818

. | .

|

. | .

|

8

0.036

0.055

3.7182

0.882

. | .

|

. | .

|

9

0.005

0.038

3.7195

0.929

. | .

|

. | .

|

10

0.015

0.010

3.7312

0.959

. *| .

|

. *| .

|

11

-0.064

-0.122

3.9384

0.972

. *| .

|

. | .

|

12

-0.061

-0.041

4.1370

0.981

. *| .

|

. | .

|

13

-0.088

0.003

4.5817

0.983

. | .

|

. | .

|

14

-0.022

-0.026

4.6097

0.991

. | .

|

. | .

|

15

0.009

0.012

4.6153

0.995

. | .

|

. | .

|

16

0.000

-0.009

4.6153

0.997

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

97

Test de normalité

Series: Residuals Sample 1977 2007 Observations 31

Mean

-7.56e-15

Median

0.574997

Maximum

45.46171

Minimum

-39.00376

Std. Dev.

24.31470

Skewness

0.229695

Kurtosis

1.999000

Jarque-Bera

1.566845

Probability

0.456840

4

8

6

5

3

2

0

-40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40 50

7

1

Test d'autocorrélation des erreurs

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 5.673267 Probability 0.008772

Obs*R-squared 9.172734 Probability 0.010190

test d'hétéroscedasité

ARCH Test:

F-statistic 1.966628 Probability 0.171797

Obs*R-squared 1.968818 Probability 0.160573

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

98

Correction du modèle

Dependent Variable: TXCH

Method: Least Squares

Date: 02/01/11 Time: 09:08

Sample (adjusted): 1978 2007

Included observations: 30 after adjustments Convergence achieved after 10 iterations

Variable

Coefficient

C

43.58425

TXMM

0.013509

AR(1)

0.561183

R-squared

0.551868

Adjusted R-squared

0.518673

S.E. of regression

20.70706

Sum squared resid

11577.12

Log likelihood

-131.9020

Durbin-Watson stat

1.740968

Inverted AR Roots

.56

Std. Error t-Statistic Prob.

8.989472 4.848366 0.0000

0.005879 2.297829 0.0295

0.155693 3.604432 0.0012

Mean dependent var 49.07778

S.D. dependent var 29.84682

Akaike info criterion 8.993466

Schwarz criterion 9.133586

F-statistic 16.62502

Prob(F-statistic) 0.000020

Test d'autocorélation d'ordre 2

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 0.660568 Probability 0.525342

Obs*R-squared 1.505789 Probability 0.471001

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

99

TABLe Des mAtières

In memoriam i

Epigraphes ii

Dédicace iii

Remerciements iv

Liste des abréviations vi

Introduction 1

I. Problématique 1

II. Intérêt du sujet 3

III. Hypothèses de travail 3

IV. Objectifs du travail 4

IV.1. Objectif général 4

IV.2. Objectif spécifiques 4

V. Délimitation du sujet 4

VI. Canevas du travail 4

Chapitre i. Cadre conceptuel 5

I.1. Aperçu Général sur la Monnaie 5

I.1.1. Définition de la Monnaie 5

I.1.2. Les fonctions de la monnaie 7

I.1.2.1. la fonction de numération 7

I.1.2.2. la fonction d'intermédiaire des échanges 7

I.1.2.3. la fonction de réserve de valeur 8

I.1.3. brève historique de la monnaie 9

I.1.3.1. La monnaie concrète 9

I.1.3.1.1.La monnaie marchandise 9

I.1.3.2. Monnaie de matérialisée 10

I.2. La marche monétaire 12

I.2.1. Définition 12

I.2.2. Les intervenants 13

I.2.3. Les opérations 13

I.2.3.1. Les opérations sur le marché interbancaire 13

I.2.3.2. Les opérations sur le marché des titres de créance 14

I.2.4. Les instruments 15

I.3. La crise bancaire 16

I.3.1. Définition de la crise Bancaire 16

I.3.2. Indices et indicateurs d'une crise Bancaire 17

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

100

I.3.2.1. Taux d'intermédiation Bancaire 18

I.3.2.2. Taux de Croissance de crédit domestique 19

I.3.2.3. Ratio crédit à l'économie/PIB 19

I.3.2.4. Ratio M2/réserves internationales 20

I.3.2.5. Ratio déficit budgétaire/PIB 21

Conclusion 22

Chapitre II. Comprendre la monnaie 23

II.1. Rôle de la monnaie dans l'économie 24

II.1.1. La demande de la monnaie 24

II.1.1.1. Approche Keynésienne de la demande de monnaie 24

1. Le motif de Transaction 24

2. Le motif de précaution 25

3. Le motif de spéculation 25

II.1.1.2. Approche Néoclassique de la Demande de la monnaie 26

II.1.2. Monnaie dans les fluctuations de l'économie 27

II.1.2.1. Effet de Coût de Capital 28

II.1.2.2. Effets prix d'autres actifs 30

II.1.2.3. Effet de disponibilité de crédit 31

II.2. Monnaie comme actif financier et Moyen de paiement 33

II.2.1. Substitution Monétaire et la confiance dans les Banques 34

II.2.2. Monnaie, Taux de change et inflation 36

II.3. Situation monétaire en RDC 41

II.3.1. Les principales Réformes monétaires au Congo de 1976 à 2008 41

II.3.1.1. La Réforme monétaire du 12 mars 1976 42

II.3.1.2. La réforme monétaire de décembre 1979 43

II.3.1.3. La réforme monétaire de septembre 1983 44

II.3.1.4. La réforme monétaire d'octobre 1993 44

II.3.1.5. La Réforme monétaire de 1998 47

II.3.2. Evolution des principaux Agrégats Monétaires 49

Conclusion partielle 50

Chapitre III. Crise bancaire en RDC : synthèse des faits 51

III.1. Bref aperçu du débat sur les crises bancaires 51

III.1.1. Lien entre libéralisation financière et crise bancaire 52

III.1.2. La spéculation et les crises bancaires 53

III.1.3. La réglementation et les crises bancaires 55

III.1.4. Les crises aux multiples causes : un diagnostic nécessaire 56

III.2. Evolution des principaux agrégats économiques en RDC 1976-2007 56

L'interaction entre la monnaie et la crise bancaire en RDC de 1977 à 2007 : Essaie explicatif et tentative de solution

101

III.2.1. Circulation fiduciaire hors banque et le ratio CFHB/MM 57

III.2.2. Taux de dépréciation et taux de croissance de la masse monétaire 60

II.2.3. Evolution du taux d'intermédiation bancaire, d'indice de dollarisation et du
taux de réescompte 66
II.2.4. Evolution PIB constant au prix de 2000, du taux de croissance globale et

sectorielle entre 1976 et 2007 68

Conclusion partielle 71

Chapitre IV. La monnaie dans le processus de crise bancaire en RDC : approche

empirique 72

IV.1.Données et méthodologie 72

IV.1.1. Choix de variables 73

IV.2. Méthodologie 73

IV.2.1. Présentation du modèle 74

IV.3. Résultat d'estimation, conclusion et recommandation finale 75

IV.3.1. Résultat des estimations 75

IV.3.1.1. Résultat économétrique 76

IV.3.1.2. Interprétation de l'estimation du premier modèle 80

Conclusion générale et la recommandation 82

Bibliographie 84

Annexe 87






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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo