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Les relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République de Chine (Taà¯wan): enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du statut de la République de Chine (Taà¯wan).

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par Delwende Samuel BANDE
Université libre du Burkina - Maitrise en relations publiques internationales 2008
  

Disponible en mode multipage

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Les relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République de Chine (Taïwan) : enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du statut de la République de Chine (Taïwan).

INTRODUCTION

La géopolitique mondiale est en pleine reconfiguration depuis la chute du mur de Berlin qui mit fin à la confrontation Est-Ouest. En effet,

deux superpuissances, les Etats Unis et l'U.R.S.S. émergent du camp des vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. Autour d'eux vont se construire deux blocs d'états opposés par leur idéologie, c'est-à-dire démocratie libérale et économie de marché pour le bloc de l'Ouest et, dictature du parti et économie planifiée pour le bloc de l'Est1(*).

Leur rivalité fluctuante va marquer durablement les relations internationales jusqu'à ce que le bloc de l'Est se désintègre2(*) pour laisser place à un Etat super puissant, des Etats puissants, des moyennes puissances, et enfin des Etats faibles. Avec cette nouvelle donne, l'O.N.U. devient une tribune d'expression pour ces derniers Etats, ceci à cause de l'égalité « de jure » dans les décisions en Assemblée Générale.

Le droit diplomatique et consulaire vient alors régler les relations entre Etats. C'est ce qu'on appelle la normalisation des relations internationales, qui se fonde également sur trois autres facteurs non moins importants : le phénomène de la multiplication du nombre des Etats, le bouleversement technique dans le domaine des progrès scientifiques de tout ordre et enfin l'apparition des intérêts communs à toute l'humanité.3(*)

L'existence de relations diplomatiques entre deux Nations est une déclaration implicite de reconnaissance réciproque de la souveraineté de chacune des parties sur un peuple, un territoire avec un appareil politique dirigeant. Elles permettent d'assainir les tensions de l'environnement politique et promeuvent le droit de participation à la communauté internationale.

Dans une même optique d'affirmation, le Burkina Faso et la République de Chine ont établi des rapports diplomatiques. Relations aujourd'hui au beau fixe entre les deux Etats, il convient de rappeler qu'il fut un moment où elles avaient été rompues.

Il faut aussi souligner le statut particulier de Taïwan dans le concert des nations, statut de reconnaissance perdant de sa valeur au fil des années, et ceci au profit du rival de toujours et frère, son géant voisin Chinois, qui lui, prend de l'envol. En effet, l'histoire moderne tumultueuse de « l'Ile de Formose » lui a permis d'être tour à tour :

o la protégée des occidentaux avec en prime le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, en tant que représentante de l'Asie,

o ensuite la délaissée et enfin l'ignorée de presque la quasi totalité de la communauté internationale.

Tout cela l'incite vivement de nos jours à ne pas laisser s'éteindre ce statut d'Etat à part entière et se laisser envahir par la République Populaire de Chine.

Alors les relations diplomatiques avec le Burkina Faso, l'un des quatre pays parmi les plus pauvres4(*) à toujours reconnaitre Taïwan comme Etat souverain et indépendant, se comprend.

La question qui peut se poser ici alors est de savoir en quoi la reconnaissance de « l'Ile de Formose », par le Burkina Faso, peut elle avoir un impact important sur l'environnement des relations internationales. Quels sont les enjeux politiques véritables à l'ornière de la science politique, que peut engendrer la position du Burkina actuellement ? Ces relations sont-elles viables à court et à long terme vu l'évolution de l'environnement diplomatique actuel ?

A. Cadre général de l'étude

1. Problématique

« Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts ». Cette affirmation du Général de Gaulle, sonne un état de fait : la « realpolitik » qui prévaut dans les rapports entre Etats souverains et égaux. Les relations internationales sont sujettes de nos jours à un rapport de force, mettant en exergue des Etats puissants, dominant des moins puissants et usant de divers moyens de persuasion allant de la négociation à l'incitation voire à la contrainte à adopter leurs points de vue. Ceci est encore plus marqué par l'existence de moyens de communication et de déplacement rendant l'impact des distances et du temps presque nuls.

Mais la plupart du temps,

loin de faire naître la compréhension et l'amitié mutuelle, le raccourcissement des distances et l'amélioration des communications ont souvent engendré la tension et la méfiance. Nombreux sont ceux, en particulier dans les pays en voie de développement, qui en sont arrivés à redouter le village planétaire, synonyme à leurs yeux d'agression culturelle et de saignée économique. La mondialisation menace autant leurs valeurs que leur porte-monnaie.5(*)

Cette affirmation de l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, M. Koffi Annan, définit assez bien l'image du monde auprès des pays du tiers monde de manière générale.

Malgré tout, dans un système où la reconnaissance par la « Société Des Nations » est un gage de sécurité, il est d'une priorité absolue pour chaque nation, d'avoir une part active dans la construction de cette hégémonie mondiale incontournable. L'ignorer ou la négliger serait mettre en péril leur survie. Et c'est de cette construction que naît progressivement l'idée d'un droit international qui vienne réglementer des rapports de plus en plus ambigus et difficiles. « Le droit international est donc l'ensemble des normes juridiques qui règlent les relations internationales, c'est- à-dire des normes prescriptives, prohibitives ou permissives. »6(*) Son but principal est de réduire l'anarchie dans ces relations en assurant la coexistence entre les Etats et satisfaire des intérêts communs.7(*)

Mais sa mise en application pose problème car les Etats sont souverains et peuvent refuser de se soumettre à des règles communes, sans oublier l'inexistence de mesures de sanctions en cas de non respect, ce qui remet en cause le concept même de droit international. D'où parfois des situations complexes où un Etat se voit léser dans son droit le plus évident et doit procéder par des méthodes détournées pour accéder à ce statut d'indépendance.

Dans ce contexte politique international, il apparaît alors justifié que Taïwan puisse, après bien des péripéties et des soubresauts diplomatiques, vouloir retrouver sa place dans le concert des nations. « L'Ile de Formose », à l'histoire assez complexe, est soumise à rude épreuve dans cette volonté, face à un voisin Chinois, aux ambitions contradictoires avec les intérêts Taïwanais.

En effet, quelle stratégie adopter pour une reconnaissance internationale, à l'instar des autres nations souveraines ? L'atteinte de cet objectif majeur passe par l'établissement de relations diplomatiques avec les Etats qui lui reconnaissent sa souveraineté. Aussi, Taïwan a-t-il établi des relations diplomatiques avec le Burkina Faso, entre autres Etats.

Dans une déclaration liminaire, le ministre des Affaires Etrangères de la République de Chine, James Chih-Fang Huang, a confié que « Le but de la visite au président du Faso est de renforcer et consolider nos relations bilatérales avec notre ami le Burkina Faso »8(*).

L'objectif principal de cette recherche est d'examiner les enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du Statut de Taïwan, pour chacun des acteurs de la relation bilatérale.

Les objectifs spécifiques sont :

· Le Burkina Faso peut-il réellement contribuer à la notoriété internationale du statut de Taïwan ?

· Cette relation est-elle viable, après analyse de l'environnement politique externe ?

· Taïwan est-il capable d'assurer indéfiniment son indépendance face à un voisin un peu trop entreprenant à son égard ?

Les résultats attendus nous permettront de voir sous un nouveau jour une relation, qui, bon gré mal gré, continue à mobiliser les passions et à faire des émules. Les réponses qui seront développées permettront de prévoir la direction de cette coopération à moyen et à long terme.

Les objectifs de recherche étant définis, il nous reste une méthode de recherche pour conduire à bien notre thème.

2. Méthodologie de recherche

Tout travail de recherche scientifique nécessite l'adoption de méthodes de recherches. Pour la présente étude, deux (02) méthodes de collectes de données ont été prises en compte : la recherche documentaire et l'entretien.

a. Recherche documentaire

La recherche documentaire est l'un des moyens par excellence de collecte d'informations. Elle a toujours été au centre de tout travail scientifique et se définit par la consultation de documents portant sur le même sujet ou ayant le même champ d'étude.

Dans notre cadre, il s'est agi essentiellement de la consultation de documents relatifs à l'Histoire des relations entre Taïwan et le Burkina, l'exploitation des écrits journalistiques, l'analyse de revues spécialisées.

Pour cela, nous avons eu recours aux bibliothèques de la place qui offrent la possibilité de consulter des documents historiques et politiques. Ce sont :

§ La bibliothèque centrale de l'Université de Ouagadougou ;

§ La bibliothèque du département Histoire et Géographie de l'Université de Ouagadougou ;

§ La bibliothèque de la Faculté de Sciences Juridiques et Politiques de l'Université de Ouagadougou ;

§ Le centre culturel Français Georges Méliès ;

§ La bibliothèque de l'Assemblée Nationale du Burkina.

La documentation existante à l'ambassade de Taiwan au Burkina a également été consultée.

L'environnement technologique actuel rend de plus en plus indispensable l'exploitation de données sur la toile. En effet, Internet constitue une grande bibliothèque virtuelle que l'on a à portée de main et une source intarissable de données de tous genres.

Mais il convient tout de même de rappeler que malgré ce caractère infini de données, son usage doit être minutieux, car autant les données peuvent être de sources fiables, autant elles peuvent être de sources douteuses. Cela est dû au caractère libre de l'internet ou rien n'est soumis à une quelconque loi d'édition pour le moment.

Le choix de ce moyen se justifie dans le fait qu'il englobe de plus en plus la recherche documentaire et demeure une source rapide d'informations, peu coûteuse et fiable si certaines règles de recherches spécifiques sont prises en compte.

b. L'entretien

L'entretien de manière générale, est une méthode interactive de recherche. Il met en exergue le concept de communication au sens propre.  C'est un échange mettant en action un émetteur et un récepteur en vue d'avoir des informations sur un sujet donné.

Cela nécessite une intervention minime de la part du chercheur, afin de ne pas corrompre le message initial et de ne s'en tenir qu'aux informations initiales9(*). Pour ce faire, nous avons pu nous entretenir avec certains employés techniques de l'ambassade de Taïwan et certains cadres du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération s Régionale, département Asie Caraïbe Pacifique.

Ces préoccupations, feront l'objet de notre étude. Dans une première grande partie, nous présenterons les deux Etats sous tous leurs aspects afin de mieux saisir le caractère des relations établies entre eux.

Dans une deuxième partie, nous ferons l'historique de la relation diplomatique entre le Burkina Faso et Taïwan de 1961 à nos jours.

Enfin dans une dernière partie, nous analyserons l'évolution de la relation et sa viabilité à long terme, en tenant compte des menaces externes de nature diplomatique qui tentent d'annihiler la souveraineté de l'Ile de Formose.

Première Partie : Présentation générale des deux Etats

Pour une meilleure compréhension de notre thème, il importe avant tout de pouvoir se familiariser avec certaines notions propres à notre sujet d'étude. C'est alors avoir un aperçu assez concis et précis sur les Etats de la République de Chine et du Burkina Faso.

Dans cette première partie nous présenterons les deux Etats : les cadres historique, géographique, social, politique et économique.

Chapitre 1 - Le Burkina Faso

Etat au coeur de l'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso, « le pays des hommes intègres » est aujourd'hui un acteur incontournable dans la résolution pacifique des crises africaines (Togo, Côte d'Ivoire, la crise au Darfour entre autres10(*)). Il reste un partenaire privilégié des Institutions Internationales et de certains pays à la voie prépondérante dans la communauté internationale. Il est possible alors, de dire que la diplomatie burkinabé pèse dans l'échiquier international.

Afin de mieux saisir ce qu'est le Burkina Faso actuellement, il ne serait pas inutile d'avoir un regard sur sa géographie et son histoire de manière générale, avec un accent particulier sur l'aspect politique.

Section 1 - Cadre géographique et démographique

1. Géographie11(*)

Pays enclavé d'Afrique Occidentale, le Burkina Faso a ses frontières communes avec le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo.

Le Nord du pays est caractérisé par une terre semi-aride avec une très faible pluviométrie. Cette zone appelée aussi le Sahel, est au bord du désert. Elle est régulièrement soumise à des cycles de sécheresse. Le plateau central et l'Est peuvent être considérés comme semi désertiques, car étant l'objet de sécheresse ou de pluies abondantes selon les caprices des saisons. L'Ouest, le Sud, le Sud-ouest restent les parties les plus arrosées, possèdent les sols les plus fertiles et sont adaptés à l'agriculture.

Dans l'ensemble, le Burkina Faso est un territoire assez plat mais on trouve dans le Sud-ouest d'assez grandes collines, des chutes d'eau et des forêts denses. En outre, le pays de par les caractéristiques de sa flore et de sa végétation, appartient à un grand ensemble phytogéographique soudano-zambézienne allant du Sénégal à la Namibie en passant par la Somalie. Le couvert végétal du Burkina se distingue par la diversité des espèces mais aussi par sa variation selon les facteurs climatiques, les types de sols et l'influence de l'Homme. Trois principales zones sont identifiées :

· Le domaine sahélien où l'on rencontre des forêts rupicoles et une steppe arbustive et/ou arborée qui supplantent des arbres ou des arbustes rabougris souvent épineux. Ce domaine couvre le nord du pays.

· Le domaine soudanien est le plus étendu. On y rencontre des formations primaires composées de forêts claires, de savanes et de prairies. Quant aux formations secondaires, elles sont liées à l'action de l'Homme et constituées de savanes boisées, arborées ou arbustives. Ce domaine couvre le centre et une partie de l'ouest du pays.

· Le domaine soudano-guinéen se caractérise par l'existence de forêts galeries le long des rivières et dans les vallées, des îlots de forêts souvent sacrées et quelques forêts denses. Les espèces du domaine sahélien sont quasiment absentes tandis que celles du domaine soudanien sont importantes. Ce domaine correspond au Sud-ouest et une partie du sud du pays.

Tableau 1

Burkina Faso - Géographie physique 12(*):

 

Superficie :

274 200 Km2

 

Eau :

0.15 %

 

Terres cultivées :

13 %

 

Terres inexploitées :

22 %

 

Forêts :

26 %

Altitude minimale : 200 m (rivière Mouhoun)

Altitude maximale : 747 m (Tenakourou)

 

Le Burkina appartient aux climats tropicaux. Quatre (4) variantes spécifient le climat du Burkina : une période humide de juin à septembre, sèche et chaude de septembre à novembre, sèche et fraîche de décembre à mars et chaude de mars à juin. Trois zones climatiques se dessinent dans le pays :

· une zone de climat sahélien au Nord : on y enregistre 3 mois de pluies avec moins de 600mm d'eau/an, des températures extrêmes allant de 10° à 45°C ;

· Une zone de climat nord-soudanien au centre : 4 à 5 mois de pluies, 600 à 1000mm d'eau/an, températures comprises entre 13° et 40°C ;

· Une zone de climat sud-soudanien au sud : 6 mois de pluies, 1000 à 1300mm d'eau/an, température extrêmes : 12° et 38°C.

2. Démographie13(*)

Selon les résultats provisoires du recensement général de la population de décembre 200614(*), le pays est passé de 10 312 600 habitants en 1996 à 13 730 200 habitants en 2006 soit une augmentation de 350 000 habitants en moyenne par an.

Les femmes représentent 51,7% de la population et les hommes 48,3%.

L'une des caractéristiques de la population est aussi sa jeunesse. Les moins de 15 ans sont estimés à environ 48% de la population. La population est essentiellement rurale : 73% vivent en campagne. Le taux de natalité était estimé à 46%0 en 2003, celui de la mortalité à 20%0. L'espérance de vie à la naissance est de 52 ans. La densité est passée de 40,5 habitants au Km2 à plus de 45 habitants au km2. Les zones les plus peuplées sont les provinces du Kadiogo, du Houet (qui abritent respectivement la capitale Ouagadougou et Bobo Dioulasso la seconde ville du pays), le Boulkiemdé, le Kouritenga et l'Oubritenga.

Trois principales communautés religieuses sont présentes au Burkina Faso.

La communauté musulmane est la plus nombreuse. Les 52% environ de la population sont musulmans et ils sont fortement représentés au nord du pays. Les animistes constituent le deuxième groupe religieux le plus important. Actuellement à peu près 25.9% de la population sont des fidèles de cette religion et sont principalement installés dans les zones rurales. Les provinces de Poni, Tapoa et Nahouri sont les aires géographiques de forte concentration, avec respectivement 85% , 68% et 69%.

Quant aux chrétiens, ils sont environ 17.6% de la population, essentiellement des catholiques regroupés principalement dans les grands centres urbains tels que Ouagadougou, Koudougou, Koupéla. Mais de plus en plus d'églises protestantes voient le jour. Seulement moins de 1% de la population ne pratique aucune des religions.

Le Burkina Faso est habité par une soixantaine d'ethnies vivant en bonne harmonie. D'importance numérique inégale, les différents groupes occupent des zones géographiques déterminées. Chaque groupe se distingue des autres par la langue, les coutumes, l'organisation sociale, l'habitat. Selon l'origine historique, on distingue trois grands groupes composés de sous -groupes. Il s'agit :

· Des populations néo-soudaniennes comprenant les Moosé au centre, qui constituent la population majoritaire du pays (48%); les Gourmantché et les Songhay à l'Est (12%),

· Des populations Mandé au Sud et au Sud-Ouest composées des Marka, des Sana, des Bissa, des Dioula qui constituent le deuxième groupe (26%),

· Des populations au Nord, le Sahel, composées des Peul ou fulbé ; des Touareg, des Bella, constituant le dernier groupe (14%).

Section 2 : Cadre historico-politique

1. Constitution du Burkina Faso 15(*)

Les entités territoriales ethniques de la Haute Volta, aujourd'hui Burkina Faso, étaient intégrés à l'empire colonial français en Afrique. Avant la pénétration coloniale, le territoire actuel était constitué de formations politiques composites dont les plus stables furent les royaumes Moosé.

En 1919, la colonie de la Haute Volta est créée par un décret et regroupait les cercles de Gaoua, de Bobo Dioulasso, Ouagadougou, Dori, Dédougou, Say et Fada Gourma. Le 5 septembre 1932, la colonie de la Haute Volta est supprimée par un décret pour des raisons économiques et stratégiques avancées par l'administration française. En réalité il s'agissait de fournir de la main d'oeuvre aux plantations situées en Côte d'Ivoire, au chemin de fer Abidjan-Niger et à l'Office du Niger. Ainsi, elle fut partagée entre les colonies de la Côte d'Ivoire, du Niger et du Soudan. En 1945, le Mogho Naba Saga II créa l'Union pour la Défense des Intérêts de la Haute Volta (UDIHV) et entreprit une campagne pour la reconstitution de la colonie de Haute Volta.

Le 4 septembre 1947, la colonie de la Haute Volta est rétablie dans ses limites de 1932 par une loi. Elle accède à l'indépendance le 5 août 1960 et Maurice YAMÉOGO est élu premier président de la première République.

2. Essor politique et diplomatique16(*)

L'évolution politique du pays depuis les indépendances est caractérisée par une alternance de régimes d'exception (1966-1970, 1974-1977, 1980-1982, 1982-1983, 1983-1987, 1987-1991) et de régimes constitutionnels (1960-1966, 1970-1974, 1977-1980, 1991 à nos jours) avec une quasi-permanence des militaires au pouvoir dont la plus importante est celle de 1980 à 1987.

Le 4 août 1984, sous le Comité National de Révolution17(*), avec comme premier responsable le capitaine Thomas SANKARA, la Haute Volta est devenue le Burkina Faso qui signifie `pays des hommes intègres'. Le Front populaire du Capitaine Blaise COMPAORE, sous la pression des démocraties occidentales18(*) engagea le Burkina dans un renouveau démocratique avec la naissance en 1991 de la quatrième république, la plus longue de l'histoire du pays, et ce jusqu'à nos jours.

Depuis l'indépendance, les résultats des efforts de développement du pays, entrepris par les différents gouvernements, se révèlent des plus modestes. L'économie du Burkina demeure essentiellement agricole. Les principaux produits d'exportation sont le coton, les produits d'élevage, l'or, les fruits et les légumes, les cuirs et peaux. Le Burkina, toujours considéré comme un réservoir de main-d'oeuvre, exporte ses hommes vers les pays voisins, surtout la Côte d'Ivoire où ils sont plus de 2 000 000.

La société civile burkinabé est composite. Elle comprend les syndicats, les organisations de défense des droits de l'Homme, les associations culturelles, les autorités religieuses.

Elle contribue activement au développement du pays surtout à travers des activités de sensibilisation sur des préoccupations sociales, sanitaires, et éducatives dont les plus importantes sont l'excision, le VIH/SIDA, la scolarisation des filles. On dénombre plus de 400 ONG qui interviennent dans différents domaines.

En matière d'intégration régionale, le Burkina Faso témoigne d'un engagement de longue date (C.E.D.E.A.O., U.E.M.O.A., Conseil de l'Entente). Les obstacles à un développement humain durable sont divers et nombreux. Aux contraintes physiques (faiblesses des richesses, désertification, enclavement), s'ajoutent celles institutionnelles (pressions des institutions financières internationales). Le Burkina Faso est un pays pauvre en Afrique. Il reste cependant un important carrefour culturel avec des manifestations internationales telles que le Festival International du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FES.PA.C.O.) initié depuis 1972, la Semaine Nationale de la Culture (S.N.C) depuis 1983 et le Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (S.I.A.O.) depuis 1988.

Le Burkina Faso, par son activisme diplomatique, souhaite faire partie des acteurs avec lesquels il faudra compter désormais sur le plan international. L'initiative du président Compaoré sur le coton à l'O.M.C., visant le démantèlement des aides des pays développés à leurs producteurs de coton, ses nombreux déplacements à l'étranger, la tenue de nombreuses réunions à Ouagadougou (U.A., Francophonie, CEN-SAD., U.E.M.O.A.), ses médiations en vue d'instaurer la paix dans les pays en conflits armés, s'inscrivent dans cette optique de visibilité particulière dans la sous-région et sur le continent africain. Son charisme grandissant en Afrique lui vaut une attention particulière de la part des américains et des français.

Dans cette dynamique, c'est d'abord l'éligibilité du Burkina Faso depuis décembre 2004 à l'AGOA initié par les Etats-Unis d'Amérique. L'African Growth and Opportunity Act (AGOA) est une partie de la législation américaine qui, de manière significative, libéralise l'accès au marché des États-Unis pour 37 pays d'Afrique sub-saharienne (ASS) désignés. La loi originellement couvrait une période de 8 ans d'Octobre 2000 à Septembre 2008. Mais des modifications dans la loi, instruites par le président américain George Bush en Juillet 2004, prorogent l'AGOA jusqu'en 2015.

C'est ensuite la volonté du Burkina Faso d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement19(*), qui est félicitée et encouragée par les Etats-Unis et la communauté internationale, car les réformes entreprises sont notables. Dans ce cadre, les progrès les plus significatifs ont été enregistrés dans le domaine de l'accès à l'eau potable. Le taux net de scolarisation dans le primaire a augmenté d'environ 15 points de pourcentage en dix ans. Dans le domaine de la santé, des progrès ont également été enregistrés.

C'est aussi la rencontre à la Maison Blanche le 16 Juillet entre les présidents Blaise Comparé et Georges Bush, qui donne un signal fort à l'axe Ouaga-Washington .Le président burkinabé est félicité par son homologue « pour son leadership au sein des Nations Unies et dans la région. Vous êtes une force constructive pour la paix et la stabilité ».

L'axe Ouaga-Washington s'est d'ailleurs étoffé dans la logique de la visite du président Burkinabé, par la signature d'une convention entre le Burkina Faso et les Etats-Unis, à travers le Millenium Challenge Corporation20(*). D'un montant de 204 milliards de FCFA, cette subvention est destinée au financement de projets présentés par le Burkina Faso, dans les domaines de l'agriculture, de la sécurité foncière, des transports et de l'éducation des filles.

En somme, le Burkina Faso progresse résolument vers une assise internationale sur le plan diplomatique qui serait profitable et bienvenue pour d'autres.

Chapitre 2 - Taïwan

Section 1 - L'île de Formose : aux origines d'un Etat-Nation

1. Géographie21(*)

Située en Asie de l'Est, Taïwan est un État indépendant (appelé aussi république de Chine depuis 1949) situé au large de la Chine continentale. La capitale administrative est Taipei, mais la capitale officielle est Nanjing (Nankin).

L'île de 36.000 km² est séparée du continent par le détroit de Taïwan et est entourée au Nord par la mer de Chine orientale, par l'océan Pacifique à l'Est, au Sud par la mer de Chine méridionale. Elle possède un littoral de 1566 km, compte bien 88 îles et îlots, dont les plus éloignés sont à 150 km de l'île principale (Taïwan). Celle-ci est également connue sous le nom de Formosa (La Belle), qui lui fut donné en 1590 par les premiers navigateurs portugais (Ila Formosa).

Le terrain est montagneux et sauvage côté Est et occupe les 2/3 du pays. Ainsi, seulement 24% du terrain est exploitable de manière agricole. Le point le plus bas se situe au niveau de la Mer de Chine Méridionale tandis que le point le plus haut, Yu Shan, culmine à 3 997 m.

Comme ressources naturelles, Taïwan regorge de petits gisements de charbon, du gaz naturel, du calcaire, du marbre et de l'amiante. Les cultures permanentes restent insignifiantes et sont constituées essentiellement de vergers et de vignes à 1% des cultures, les autres se fixant à 75%.

Le climat est tropical et marin avec une saison pluvieuse pendant la mousson du Sud-ouest (Juin à Août). L'île de Formose est confrontée à des problèmes environnementaux tels la pollution de l'air et de l'eau par les émissions industrielles, des eaux usées non traitées, la contamination des réserves d'eau potable, le commerce des espèces en voie de disparition et enfin les déchets faiblement radioactifs. A cause du statut particulier de Taïwan, ces difficultés restent pour le moment hors du contrôle des Organisations Internationales concernant la sauvegarde de l'environnement.

Mais l'Etat a déjà pris des mesures tendant à la préservation de l'écosystème en classant 19.1% du territoire national en zones protégées.

2. Démographie et Economie22(*)

La population Taïwanaise est estimée à 22 800 000 habitants selon des données recueillies en 2005. Les plus grandes villes suivantes comptent respectivement pour Taipei la capitale : 2 700 000 hab., Kao-Hiong : 1 400 000 hab. et Taïtchong : 820 000 hab. La pyramide des âges fait ressortir une population active majoritaire mais vieillissante avec pour l'ensemble une prédominance du sexe masculin par rapport à celui féminin.

Tableau 2

Tableau de la pyramide des âges

Pyramide des âges

 
 
 

0-14 ans

21%

garçons 2 464 290

filles 2 268 627

15-64 ans

70%

hommes 8 010 014

femmes 7 774 296

65 ans et plus

09%

hommes 1 053 975

femmes 976 807

Le taux de natalité selon une estimation de 2005 pour 1000 naissances est de 12.64%, avec une espérance de vie de 77.26 ans.

Taïwan est une société aux différents groupes ethniques avec leurs propres langues et coutumes à prédominance chinoise.

La religion principale est un mélange de Bouddhisme, de Confucianisme et de Taoïsme, les religions les plus pratiquées dans cette partie du monde. Le Christianisme occupe la deuxième place avec 4.5 millions de fidèles dans la population totale. Toutes les autres religions sont pratiquées par seulement 2.5% de la population.  La société taïwanaise est à plus de 90% alphabétisée.

Sur le plan économique, Taïwan est classé par plusieurs revues économiques spécialisées, notamment World Economic Forum23(*), Economist Intelligence Unit, comme la 16e puissance commerciale mondiale et la 19e puissance économique mondiale.

Ceci est surtout dû à la vitalité de ses industries (21.4% du PIB) qui s'investissent surtout dans les hautes technologies dont la fabrication de microprocesseurs, dans l'optoélectronique et aussi dans les services qui représentent 73.33% du PIB. L'agriculture vient en dernier lieu avec une part minime de 1.7% du PIB. Elle se limite uniquement au riz, à la canne à sucre et à la patate douce. La pêche n'est pas en reste et évolue moyennement.

Malgré tout, le commerce extérieur reste très développé et tend de plus en plus à se concentrer en un circuit Taïwan-Chine Continentale, qui peut faire peur aux dirigeants de l'Ile à cause d'un éventuel usage de cette dépendance croissante en leur défaveur. Le tableau suivant nous permet de voir de manière succincte l'économie générale de l'île.

Tableau 3

Produit Intérieur Brut (PIB) 2005

346.4 milliards de dollars américains

Taux de Croissance économique 2005

4.03%

PIB par habitant 2005

15 291 dollars américains

Taux de chômage 2005

4.13%

Exportations 2005

198.43 milliards de dollars américains

Importations 2005

182.62 milliards de dollars américains

Réserves de devises

260 milliards de dollars américains

Investissements directs approuvés dans l'ile

4.23 milliards de dollars américains

Investissements directs approuvés hors de l'ile

8.45 milliards dont 6.01 vers la Chine

Données économiques synoptiques sur la République de Chine

Source : Coup d'oeil sur Taiwan 2007.

3. Données historiques24(*)

Aux XVIe et XVIIe siècles, Portugais, Espagnols et Hollandais se disputèrent tour à tour l'île de Formose, et y chassèrent une bonne partie des Chinois.

En 1683, l'île fut rattachée administrativement à l'Empire chinois et devint à nouveau une terre d'immigration. Des dizaines de milliers de partisans des Ming25(*) quittèrent les régions côtières du sud de la Chine et immigrèrent à Taïwan. Sous la domination des Qing26(*), les vagues d'immigration chinoise devinrent encore plus fortes dans l'île. Les aborigènes se révoltèrent à plusieurs reprises, mais les Chinois réussirent à mâter les rébellions. En 1758, les représentants du pouvoir impérial commencèrent à les assimiler totalement.

La guerre sino-japonaise de 1895 fit entrer Formose dans la zone japonaise, devenant alors la première colonie japonaise d'outre-mer. Plusieurs rébellions de la part de la population chinoise et des aborigènes de l'île furent réprimées dans le sang par les Japonais qui, en raison de l'intérêt stratégique de Taïwan, renforcèrent leur contrôle sur les insulaires, surtout à partir de 1939 ; l'île devint une colonie japonaise. L'occupation dura un demi-siècle (jusqu'en 1945). Les Chinois ont récupéré le contrôle du territoire après la 2e Guerre Mondiale. Après la victoire des Communistes sur le continent en 1949, 2 millions de Nationalistes se sont enfuis vers Taïwan et y ont établi un gouvernement utilisant la constitution de 1947 établie pour l'ensemble de la Chine, fondant la république de Chine nationaliste. De 1950 à 1971, le gouvernement de Taïwan représente la Chine au conseil de sécurité de l'O.N.U. En 1979, les Etats-Unis reconnaissent la Chine communiste et mettent fin à leurs relations diplomatiques avec Taïwan. L'île refuse l'intégration pacifique que lui propose la Chine populaire. En 1991, une détente des relations est perceptible. C'est l'abrogation par le Parlement, de l'état d'urgence et de l'état de guerre contre le communisme mis en place en 1949 par Taïwan. Alors, des contacts officieux et des rapprochements économiques sont menés avec la Chine Populaire. Les élections législatives renforcent le Kuo Ming Tang27(*). Après cela vont se succéder les personnalités suivantes aux rôles de premiers responsables dans la destinée de l'île :
1996 : Election de Lee Teng-Hui à la présidence.
1997 : Démission du Premier ministre Lien Chan.
2000 : Chen Shui-bian est Président avec Annette Lu Hsiu-lien comme Vice-présidente.
2004 : Réélection du Président taïwanais.

2008 : Ma Ying-jeou, du Kuomintang, est élu Président de la République.

Section 2 - Contexte politique actuel

1. Politique nationale

L'île de Formose ou la République Démocratique de Chine est comme le démontre l'adjectif, un Etat démocratique dont les instances gouvernementales siègent à Taipei.

L'Etat se compose de la Présidence de la République et de 5 grands corps appelés « Yuans ». Les 5 Yuans comprennent respectivement le Yuan exécutif, le Yuan législatif, le Yuan des examens, le Yuan judiciaire, le Yuan de contrôle28(*).

Le territoire est divisé en 18 districts et cinq villes autonomes qui sont placées au même niveau et deux municipalités au statut spécial. Deux gouvernements provinciaux aux fonctions très réduites existent toujours.

· La Présidence de la République et le Yuan exécutif

Le Président de la République comme dans toute démocratie digne de ce nom, est le chef suprême des forces armées, le chef de l'Etat, représentant son pays auprès des autres nations.

Le président est élu par le peuple et la législature monocamérale. Il a pour prérogatives de nommer les responsables de quatre des cinq yuans. Le président et le vice président sont élus pour un mandat de quatre ans renouvelables.

Le chef du Yuan exécutif, le premier ministre est désigné par le chef de l'Etat et peut, à son tour, désigner les responsables des huit ministères et de la trentaine de commissions et offices qui composent le Yuan exécutif. Ensemble, ils forment son conseil. Le premier ministre est chargé d'élaborer et d'exécuter la politique du gouvernement qu'il rapporte devant la législature.

· Les Yuans législatif, judiciaire, des examens et de contrôle

Ils constituent en quelque sorte un équilibre face au Yuan exécutif et à la Présidence de la République. Le chef du Yuan législatif est le seul à ne pas être désigné par le président de la république. Il est élu par et parmi les législateurs eux-mêmes, ce qui lui permet d'exercer en toute indépendance.

Le Yuan législatif a pour rôle, la rédaction, la révision et le vote des lois. Il entend les responsables en matière de politique, veille et supervise les actions des hautes institutions politiques. Le Yuan législatif est monocaméral.

La constitution, établie pour la première fois le 1er Janvier 1947, a été amendée en 1992, 1994, 1997 et 1999, 2000 et 2005 afin de mieux l'adapter à la situation actuelle de l'île. Le système légal est basé sur le système de loi civile.

Le Yuan judiciaire est l'autorité de l'appareil judiciaire et intervient pour tout ce qui concerne le droit de manière générale. Ses responsables, bien que nommés par le président, doivent recevoir l'approbation du Yuan législatif.

Le Yuan des examens, en amont, est responsable de la fonction publique. Il s'agit notamment du recrutement des fonctionnaires selon les besoins de l'Etat, de leur classement, avancement, en somme, de tout ce qui régit la bonne marche en termes de fonctionnement des institutions publiques.

Enfin, le Yuan de contrôle est chargé en aval par rapport au Yuan des examens de veiller à la bonne conduite des agents, à leur rendement, à la censure et à leur éventuel relèvement de fonction.

Actuellement, 6 partis politiques se partagent les 113 sièges du parlement. Le parti au pouvoir jusqu'au moment de rédaction de ce présent mémoire est le Kuomintang.

2. Politique extérieure

Elle peut être divisée en deux volets comprenant notamment les relations extérieures avec la soeur ennemie, la République Populaire de Chine et les relations avec les autres nations et les Institutions Internationales.

· Les relations avec la République Populaire de Chine

Ces relations sont tendues parce que la République Populaire de Chine a toujours considéré Taïwan comme une de ses provinces. Mais Taïwan a opté pour l'ouverture, le dialogue et l'acceptation mutuelle, malgré les discours radicaux en vue d'une réunification.

Dans ce cadre, la Chine continentale a adopté en mars 2005 la loi anti sécession qui donne un cadre légal à une action non pacifique contre Taïwan si jamais il ne se soumettait pas aux ultimatums en faveur de la réunification.

Somme toute, les autorités à Taïwan maintiennent leur volonté avec l'ouverture de lignes aériennes entre les deux « Chines », qui voient la progression du nombre de passagers et l'augmentation des importations en provenance de la Chine. Taïwan est l'un des plus gros investisseurs en Chine et plus de un million de Taïwanais y travaillent.29(*)

· Les relations avec les autres nations et les Institutions Internationales

L'île de Formose entretient des relations diplomatiques avec 23 pays30(*) et des liens significatifs avec 140 autres nations31(*). Mais ces relations diplomatiques varient de nature, d'un pays à l'autre, allant de coopérations économiques et sociopolitiques à de véritables relations diplomatiques. Ainsi, dans cette même optique, seulement 4 pays en Afrique et parmi les plus pauvres, dont le Burkina, reconnaissent de manière officielle la souveraineté de Taïwan. Il est membre associé de 17 organisations internationales dont l'Organisation Mondiale du Commerce32(*). Mais, malgré sa population estimée à 23 millions d'habitants, son territoire spécifique et son appareil gouvernemental fonctionnel, l'adhésion de Taïwan est toujours rejetée par l'O.N.U., ceci par l'entremise de la Chine Populaire.

Des ONG taïwanaises prennent part aux activités de plus de 2000 ONG dans le monde, dans les domaines social, économique, politique, environnemental.

2e Partie : Histoire et conjoncture des relations diplomatiques bilatérales.

Nous allons dans cette deuxième partie, aborder de manière plus spécifique la genèse et l'évolution des relations diplomatiques entre elles. Cela permettra de pouvoir cerner les enjeux politiques de la relation qui, bien entendu, vont au-delà d'une simple coopération bilatérale. Nous verrons ainsi que les rapports n'ont pas toujours été au beau fixe entre le Burkina Faso et Taïwan, et que le présent augure des lendemains assez ambigus.

Chapitre 1 - Chroniques des relations

Dans ce premier chapitre, nous tenterons de remonter le temps pour mettre en exergue la naissance de cette relation, et les différentes causes à la source de ce rapprochement. Nous survolerons ensuite les motivations qui ont conduit plus tard à une rupture puis à un rétablissement de la coopération, existant jusqu' à nos jours.

Section 1 - Etablissement des relations

Un dicton bien connu précise que : « qui se ressemblent, s'assemblent » et « les rapports des différentes nations entre elles dépendent du stade de développement où se trouve chacune d'elles en ce qui concerne les forces productives, la division du travail et les relations intérieures »33(*). Cela présuppose une recherche de complémentarité là où l'insuffisance existe. Ces assertions se vérifient dans notre analyse concernant la relation Taïwano-burkinabé, empruntant tout de même un chemin un peu plus particulier. L'histoire spécifique de chacune des nations, similaire sur bien des plans, les a conduits à établir un canevas de coopération.

Le 05 Aout 1960, après bien des péripéties, la Haute Volta accède à l'indépendance. Maurice Yaméogo en devient le premier président. Dès le 14 Décembre 1961, une relation diplomatique s'instaure entre la Haute Volta et la République de Chine. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait, mais pour cela, nous analyserons l'environnement politique interne et externe aux deux nations ayant favorisé leur rapprochement.

Comme nous l'avions évoqué précédemment, la Haute Volta a été pendant longtemps, un réservoir humain pour les plantations en Côte d'ivoire et la construction du chemin de fer devant relier le Sénégal au Niger, en passant par Bamako. Cette situation était due entre autre à l'absence de potentialités minières, principal point d'intérêt des colonisateurs, qui alors dirigeaient les populations vers les centres d'intérêt. La dénégation de nation à un ensemble de populations autochtones, était mal vue par ces dernières. Non contentes de se voir refuser le droit à l'autodétermination selon leur mode de vie et de pensée, elles se voyaient surtout s'enlever le droit de vivre ensemble. « La goutte de trop ». Au delà de l'intervention du Mogho Naba SAGA II pour la réunification de l'entité territoriale et de l'intervention du politique de l'époque, une sourde revendication de l'autonomie se faisait de plus en percevoir. Elle allait alors aboutir, à l'instar des autres nations africaines, sous domination coloniale française ou anglaise, à l'indépendance.

Il restait maintenant pour le président nouvellement élu, Maurice Yaméogo, malgré les profonds liens qui existaient entre la métropole, la France, et la colonie, de rechercher d'autres points d'appuis économiques pour un essor rapide du pays. La réalité s'était présentée de manière cinglante au politique : les ressources naturelles sont quasi inexistantes, les ressources intellectuelles sont très rares, le tissu économique est nul. Sur le plan social, c'est la priorité dans tous les secteurs.

L'indépendance n'avait pas été octroyée de plein gré par la métropole : la population l'avait pratiquement arrachée, et surtout la géopolitique divisant le monde en deux blocs et motivant le droit à l'autonomie y avait contribué. Somme toute il y'a une limite à toute chose et comme Vincent Auriol34(*) l'a si bien souligné, « On ne peut pas fonder la prospérité des uns sur la misère des autres » de manière indéfinie sans être confronté au réveil des consciences.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les deux blocs idéologiques avaient en commun d'exiger l'autodétermination pour tous les peuples. Les Etats-Unis et l'U.R.S.S. venaient de prouver à la face du monde qu'il fallait désormais compter avec eux. Ils venaient de sonner le glas de la restructuration géopolitique mondiale et de la fin de l'ère coloniale. C'est aussi le signe de la décadence de la puissance Européenne tirée par la France et le Royaume-Uni. En outre, la Haute Volta faisait partie de l'A.O.F.35(*). Les circuits de distribution et d'échange économique étaient bien déterminés et imposés. Ils vont de la France à la Côte d'Ivoire, en passant par le Sénégal et le Mali. Alors, il faut s'attendre à un durcissement de la part de la métropole pour avoir arraché l'autonomie. Il faut également compter avec les populations locales qui répugnaient à collaborer avec les ex colonisateurs.

Le politique se trouve alors dans une position des plus inconfortables : il doit composer avec ces différentes situations. C'est la nécessité d'élargir l'horizon diplomatique sans pour autant délaisser les anciens axes commerciaux.

De même, il est question de répondre à cette volonté du tiers monde de se départir de tout alignement derrière un des blocs idéologiques, les intérêts individuels étant logiquement différents. Les pays nouvellement indépendants avaient besoin de se reconstruire sur tous les plans.

Ils vont saisir alors toute opportunité d'expression publique pour se faire entendre.

La conférence de Bandung en 195536(*) allait être l'un des tous premiers cadres pour pouvoir défendre leurs intérêts communs. Par la suite, la tribune de l'O.N.U sera un tremplin de revendication plus prononcée.

Entrée en scène alors de Taïwan. Pour rappel, l'île de Formose a été pendant des siècles administrée par des colons de tous pays : les Portugais, les Espagnols et les Hollandais du 16e au 17e siècle, les Chinois du 17e au 18e siècle, les Japonais de la fin du 18e siècle à la moitié du 19e siècle. L'île revint bien plus tard de nouveau entre les mains des Chinois au lendemain de la deuxième guerre mondiale. La victoire des Communistes sur le continent en 1949 pousse 2 millions de Nationalistes vers Taïwan. Ils y établissent un gouvernement utilisant la constitution de 1947 établie pour l'ensemble de la Chine, fondant la République de Chine nationaliste. Ils s'attirent alors la sympathie des occidentaux et surtout s'assurent le soutien des Etats-Unis en lutte idéologique contre le communisme. D'où le fait que, de 1950 à 1971, le gouvernement de Taïwan représente la Chine au conseil de sécurité de l'ONU, au détriment de la Chine de Mao.

Taïwan, issu du tiers monde, a des similitudes assez marquées quant à son évolution et à sa situation antérieure d'Etat colonisé avec la Haute Volta.

Ce ferment constituera une source de rapprochement entre la Haute Volta et Taïwan aux objectifs pourtant différents. Taïwan recherche une assise internationale et va user de sa force et des opportunités qui lui sont offertes pour rechercher des relations diplomatiques, notamment avec les Etats du Tiers Monde pour s'assurer autant de voix possibles, susceptibles de dire non à l'entrée de la Chine communiste dans les instances de l'O.N.U. L'île de Formose va en profiter pour s'ériger en représentante des sans voix et faire entendre sa position sur tous les plans.

Pour la Haute Volta, c'est l'occasion rêvée pour échapper au verrou du système français et s'assurer des amitiés avantageuses sur tous les plans. Sur le volet diplomatique, l'on est certain de se faire entendre par le biais d'un Etat du Sud siégeant au Conseil de Sécurité ; sur le volet économique, on offre en échange de son soutien politique, un investissement économique massif, un savoir faire agricole dû à la connaissance élevée taïwanaise dans la culture du riz. Et enfin sur le volet social, c'est un exemple de développement à considérer pour mieux appréhender l'avenir du pays.

Tous les éléments sont réunis pour constituer la source de rapprochement et d'établissement de relations diplomatiques entre la Haute Volta et la République de Chine le 14 Décembre 1961.

Mais des événements n'allaient pas tarder à assombrir cette douce entente et à la briser par la suite.

Section 2 - Rupture et restauration des relations

Les politiques des Etats les plus faibles ou les plus pauvres sont toujours fonction de l'orientation idéologique des Etats les plus riches. Cette `real politik' s'est toujours avérée justifiée depuis les grandes conquêtes mondiales entamées dans l'antiquité jusqu'à nos jours. La Haute Volta étant un pays pauvre, nouvellement indépendant, en quête de ses marques dans un monde en pleine reconfiguration géopolitique, n'échappera pas à cette donne dans ses relations diplomatiques avec la République de Chine.

Nous l'avions dit, le pays se devait d'élargir ses horizons relationnels, ceci en vue d'échapper un temps soit peu à un système complexe afin de résoudre les problèmes qui se soulevaient à tous les niveaux, tant internes qu'externes.

L'opportunité s'offrait en Taïwan qui avait le vent en poupe, surtout auprès des occidentaux, les grands vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. La Haute Volta faisait aussi partie des Etats sous influence occidentale par le biais de la France qui n'avait pas tout à fait coupé le lien en tant que métropole.

La République Populaire de Chine alors n'était pas fréquentable.

Un dicton africain stipule que « lorsque le cours du fleuve tourne et change de direction, le caïman se doit de le suivre ». Le cours du fleuve représente alors l'idéologie occidentale à laquelle était d'office liée la Haute Volta et le caïman, cette dernière. La relation longtemps tendue, entre le bloc occidental avec pour chef de file les Etats-Unis et le bloc communiste avec comme leader l'U.R.S.S., en était arrivée à une ère de dégel, communément appelée la « coexistence pacifique » qui nécessitait de la part des capitalistes une réorientation de leur politique internationale. La reconnaissance de Taïwan comme représentante unilatérale de la Chine n'avait plus lieu d'être, ceci d'autant que la différence tant géographique que démographique avec la Chine Populaire était évidente. En plus, il fallait désormais compter avec une future puissance régionale selon les analystes politiques, qui voyaient en la Chine un dragon endormi qu'il ne fallait pas réveiller avant le moment. Alors le transfert de compétences au niveau des Nations Unies devait s'opérer afin de parfaire cette nouvelle réorientation. Cet état de fait sonnait la fin de la reconnaissance internationale de Taïwan et du même coup des relations diplomatiques entre Taïwan et la Haute Volta qui, elle, se devait de suivre ses priorités du moment. Ses priorités se résumaient à s'assurer une place dans le concert des nations tout en s'appliquant à la construction d'une nouvelle démocratie.

C'est ainsi que la géopolitique internationale allait avoir raison d'une relation diplomatique entre Taïwan et la Haute Volta le 23 Octobre 1973 et mettre fin à une idylle de douze années.

Après 21 années de divorce, le 02 Février 1994 annonce le début d'une nouvelle relation diplomatique entre les deux entités Etatiques. Plusieurs facteurs tant politiques qu'économiques expliquent cette reprise.

D'abord, sur le plan politique et économique pour le Burkina Faso, ex Haute Volta, la situation a beaucoup évolué : au plan interne, les différentes républiques n'ayant pas pu asseoir une forme type de gestion comme formule idoine à la crise sociale qui prévalait, il fallait se permettre un nouvel essai dans le champ de la coopération bilatérale afin de pallier aux nombreux manquements. Et Taïwan se présentait maintenant en tous points de vue comme un modèle de réussite, passant du statut d'Etat sous développé à celui d'Etat riche. Il fallait copier ce modèle de miracle ; ensuite sur le plan international, la géopolitique avait profondément muté avec la quasi disparition du bloc communiste, la généralisation du système capitaliste avec l'hégémonie des Etats-Unis dans un bloc aux moyennes puissances. Même si Taïwan n'est plus à l'honneur dans plusieurs Etats, son existence est tout de même implicitement reconnue et des coopérations de toutes formes voient le jour. Cette ouverture sur le champ international va également motiver le choix du Burkina Faso au renouement du fil de la relation.

Sur le plan politique, pour Taïwan, c'est une chance inestimable à saisir, car plus on a d'Etats à son compte, mieux on pèse sur les instances internationales telles que l'O.N.U. en vue de la reconnaissance internationale du statut de l'île. Autant alors permettre un échange fructueux entre les deux Etats : aider le Burkina Faso à émerger tout en s'assurant de sa reconnaissance internationale et de son appui dans les plus hautes instances de la communauté internationale.

Chapitre 2 - Etat des lieux

La postérité retiendra que le Burkina Faso et la République de Chine ont mené une relation fructueuse jusqu'à nos jours, une relation de type gagnant-gagnant. Les engagements pris par les deux nations lors du traité de reprise de leur relation ont largement été respectés et ceci peut être cité comme un exemple de coopération sud-sud, en témoignent les résultats et les actions concrètes entreprises sur le terrain.

Dans ce cadre, nous allons dans la suite analyser les tenants et les aboutissants d'une telle situation pour chacune des parties.

Section 1 - Concours Taïwanais au Burkina Faso

La déclaration liminaire du gouvernement du Burkina Faso sur la reprise des relations diplomatiques avec la République de Chine, c'est-à-dire Taïwan est assez explicite sur les objectifs et les axes d'interventions établis ainsi que les motivations majeures de tels axes. Face aux périls économiques graves qui menacent les Etats africains dans leur assise étatique, il importe alors pour ceux-ci, le Burkina Faso inclus, de rechercher des partenaires à travers le monde, prêts à soutenir de façon conséquente les propres efforts de développement37(*). L'expression est claire : « de façon conséquente ». D'où les axes suivants dans lesquels vont se traduire principalement la relation diplomatique avec Taïwan :

· L'autosuffisance alimentaire au moyen d'un programme spécial de développement de l'agriculture, notamment la production de riz et de coton ;

· La promotion du secteur informel ;

· La résorption du chômage par la relance de l'emploi des jeunes ;

· Le développement et l'amélioration du secteur de la santé ;

· Les infrastructures sportives dont la construction d'un stade omnisport à Bobo Dioulasso.

Et pour, bien sûr, laisser une porte ouverte à un éventuel renforcement ou réaménagement des axes prioritaires, il est ajouté au paraphe dans la Déclaration gouvernementale, que le programme est appelé à se poursuivre à travers des opérations de plus grande envergure dans le futur.

Nous pouvons alors dire que la volonté de lancer le Burkina Faso sur la voie du développement est ferme et évidente de la part du gouvernement à travers les réalisations sur le terrain. Il serait prétentieux de vouloir examiner au pied de la lettre tous les acquis sur le terrain, mais nous allons ensemble entrevoir certaines de ces grandes réalisations grâce à cette coopération bilatérale fructueuse.

L'objectif du Burkina Faso est de copier les éléments qui ont contribué au miracle Taïwanais pour qu'il passe d'Etat sous développé au statut d'Etat riche. Nous pouvons constater que les axes tracés par le gouvernement burkinabé répondent en tous points de vue à ce besoin fondamental de décollage économique comme le souligne si bien le Ministre des Affaires étrangères de Taïwan sur ce qui a favorisé le caractère exceptionnel de son pays. Son Excellence M. Francisco H. L. OU affirmait alors que :

Le secret du développement de Taïwan correspond au principe d'un proverbe chinois qui dit que c'est dans un état de mort que l'on a le courage de survivre. La philosophie qui a sous-tendu le succès économique de Taïwan, c'est "se développer dans une situation très difficile". Et ce développement trouve son fondement sur trois aspects principaux : le développement de l'agriculture, la formation professionnelle et la gouvernance administrative.38(*)

Dans cette optique, nous verrons que dans le cadre de l'autosuffisance alimentaire par un soutien accru en matière de développement agricole, la vallée du Sourou a vu son aire d'exploitation croître par l'aménagement de surfaces de cultures de riz. La production nationale en riz passe alors de 36 000 à 285 000 tonnes39(*). Des dons de matériels agricoles notamment de tracteurs sont venus appuyer l'effort des paysans dans leur volonté de développement ainsi qu'une expertise humaine sous forme de formation adéquate dans la jonction des moyens humains et matériels. De même dans le cadre de la culture du coton, des progrès ont été enregistrés grâce au soutien de Taïwan permettant au Burkina Faso d'être aujourd'hui le premier producteur africain de coton avec 600 000 tonnes.

Dans le cadre de la promotion du secteur informel, nous évoquerons la promotion des micros crédits par la création de banques destinées à cet effet aux conditions d'emprunts aisés. Nous citerons également l'encouragement à la création de coopératives multiformes en vue d'instaurer un cadre plus propice d'échange avec les populations cibles. Cela se traduit par la constitution d'équipes techniques, formées et financées par l'aide de Taïwan en vue de créer des missions et des cadres de concertations et de travail. C'est aussi la promotion de l'entreprenariat par une structure spéciale destinée aux jeunes désireux de s'y lancer avec un minimum de risque et l'octroi de bourses d'études à des étudiants burkinabés pour des formations à courtes , moyennes et longues durées dans des domaines divers techniques et précisément dans des centres de formations basés sur l'île.

Dans le cadre du développement et de l'amélioration de la santé, Taïwan contribue énormément à l'équipement technique des centres hospitaliers déjà existants et, à leur construction notamment par le chantier en cours du Centre Hospitalier de Ouaga 2000 qui sera le plus grand et le plus moderne de l'Afrique Subsaharienne. La République de Chine et le Burkina Faso ont signé successivement deux conventions de coopération médicale, en 1998 et en 2003, en faveur du Burkina Faso, qui, à cet effet reçoit annuellement 400 millions de francs CFA au compte du ministère de la Santé. Il s'est agi de renforcer le plateau technique de l'hôpital de l'Amitié de Koudougou, d'améliorer la qualité des soins et de renforcer les capacités techniques et professionnelles du personnel médical spécialisé au profit des autres formations sanitaires40(*). Un exemple patent est la construction d'un complexe sanitaire à Douré, village situé à une dizaine de kilomètres de Gourcy dans la province du Zondoma41(*). Il a coûté soixante (60) millions de francs CFA. Grâce à la subvention chinoise, le projet Centre de Santé et de Promotion Sociale (C.S.P.S.) a conduit et équipé entre 2002 et 2006, vingt-six (26) C.S.P.S. et infirmeries de garnison, parfaitement fonctionnels à travers tout le pays42(*).

Taïwan participe également par des dons divers aux malades démunis et aux marginaux de la société dûs à leur infirmité. Ainsi, le Ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale (M.A.S.S.N.) a reçu 927 fauteuils roulants et 300 cannes entre les années 2000 et 2004, 253 fauteuils roulants en novembre 2005, 8 conteneurs de vêtements entre février et juillet 2006. Ce don est estimé à douze millions de nos francs43(*).

Enfin, concernant le volet des infrastructures sportives, cela s'est traduit de manière concrète de la part de Taïwan par la construction du Stade Omnisport de Bobo Dioulasso et le stade couvert de Ouagadougou, l'un des joyaux sportifs de l'Afrique de l'Ouest. Il s'est agi également d'un support multiforme dans la promotion du sport universitaire et scolaire.

De manière générale, l'Ile de Formose démontre sa fidélité dans la coopération par un appui conséquent aux engagements nationaux réitérés par le président de la république lors de sa dernière investiture à l'issue des élections présidentielles de 2005, à travers son programme de développement « Le progrès continu pour une société d'espérance ».

Un cadre de concertation technique voit le jour afin de mener à bien les axes de développement s'établissant tout d'abord sur le plan juridique à travers le Fonds pour la Coopération Internationale et le Développement (I.C.D.F)44(*). Celui-ci se subdivise en cinq départements :

§ Le département de la planification et d'organisation des politiques de coopération

§ Le département de la coopération technique

§ Le département de la formation

§ Le département des opérations d'investissement

§ Le département d'administration et de gestion.

L'I.C.D.F est présidée par le ministre Taïwanais des Affaires étrangères, qui délègue un Secrétaire général pour la gestion directe, soutenu par trois secrétaires généraux adjoints, tous élus par un comité directeur.45(*)

En second lieu, ce cadre de concertation s'exécute sur le plan pratique par l'établissement des quatre axes juridiques46(*) :

§ L'accord de coopération technique agricole,

§ L'accord de coopération technique médicale,

§ L'accord de coopération commerciale,

§ Et enfin l'accord de coopération culturelle.

Section 2 - Contrepartie burkinabé à Taïwan

Nous pouvons déduire que contrairement au chapelet des volets d'investissements de Taïwan au Burkina Faso, dans le cadre de la relation diplomatique entre les deux nations sous forme de coopération économique, le Burkina Faso, quant à lui, joue sa partition au profit de l'île sur le plan politique. C'est principalement et surtout la reconnaissance du statut de Taïwan en tant qu'Etat et nation souveraine, premièrement dans la relation bilatérale et, deuxièmement, partout où besoin se fera notamment dans les instances internationales et plus précisément à la tribune de l'O.N.U. C'est ce qu'a si bien reconnu son Excellence M. Francisco H. L. OU à travers cette affirmation sans équivoque :

Nous vivons une situation difficile sur la scène internationale. Et depuis plusieurs années, le gouvernement burkinabè défend le dossier d'intégration de notre pays au sein de la communauté internationale. C'est tout ce dont Taïwan a besoin.47(*)

Taïwan, à cause de sa coexistence difficile avec la République Populaire de Chine ayant entrainé sa situation actuelle sur le plan international, a besoin de reconnaissance internationale. Et le pays use de tous les moyens dont il dispose, quitte à investir économiquement. Cette politique de l'île implique même l'idée de piquer au concurrent des Etats48(*), tel dans un jeu d'échec où c'est à celui qui damera le pion à l'adversaire. L'expression « C'est tout ce dont on a besoin » permet de déduire de l'importance du Burkina Faso.

Elle ne se résume ainsi qu'à être un « moyen de publicité » d'une nation en quête de reconnaissance internationale, alors même que les grandes nations de la planète ne lui laissent qu'une coopération dans le volet culturel, afin de ne pas provoquer le géant chinois.

Mais le Burkina Faso en choisissant la voie de la diplomatie du développement, à travers ses relations bilatérales avec la République de Chine, prouve par là la réalité d'une coopération sud - sud. Celle-ci est fondée sur des études du cadre de soutien tout en mettant en exergue la justesse de la voie de la diplomatie du développement, comme signifiée dans la déclaration du gouvernement Burkinabé sur la reprise des relations diplomatiques avec la République de Chine le 02 Février 1994.

Courant Novembre 2008, dans le cadre des relations internationales, la France, par l'entremise de son président Nicolas Sarkozy, reconnaît implicitement, ainsi que l'Union Européenne, le droit du Tibet à choisir son destin dans le cadre d'une autonomie élargie, comme réclamée par son guide spirituel, le Dalaï Lama. Mais si la grande France, une puissance mondiale, se fait sermonner à la limite par la presse Chinoise qui se montre acerbe, et le gouvernement Chinois, menaçant les intérêts économiques français en Chine et stipulant que la question Tibétaine est une affaire de politique interne, alors, à quoi peut bien rimer cette reconnaissance de Taïwan par le Burkina Faso sur le plan international ?

Aussi, après analyse de la relation bilatérale, examinée sous l'angle de coopération sud-sud sous le ticket gagnant-gagnant, pouvons-nous réellement affirmer que le ticket est gagnant pour les deux parties ?

Ceci n'implique en réalité qu'un jeu diplomatique qui n'a de diplomatique que son nom et sa mise en oeuvre qui ne porte presque pas de fruit, bien sûr pour la partie Taïwanaise, vu la liste des nations qui reconnaissent Taïwan se rétrécir.

La contrepartie burkinabé peut être très relative, sinon le fait de soutenir régulièrement dans les instances internationales, l'existence d'une nation à l'autre bout du monde. Certainement le Burkina Faso fait-il sienne cette pensée du monarque Français Louis 16 qui affirmait qu'« En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner »

Mais nous devons tout aussi souligner, qu'en matière de politique internationale, l'importance du gain diffère en fonction du but à atteindre pour chaque partie. Elle ne se résume pas à une notion économique où les avantages pécuniaires sont égaux. Alors, Taïwan, par rapport à sa situation, gagne effectivement et mise tout ce qui est possible pour un intérêt vital à la nation : son existence. Donc, le Burkina Faso joue un rôle dont la portée est vaste et qui, justement à cause de celle-ci, peut lui causer du tort, par rapport à ses propres intérêts de positionnement stratégique dans la sous-région. En effet, ce positionnement ne peut se faire en ignorant la Chine Populaire, future puissance mondiale selon les stratèges de la politique internationale.

Dans cette même lancée, nous aborderons dans la troisième partie de notre travail les véritables enjeux politiques et les retombées économiques qui se dessinent derrière cette relation diplomatique.

3e Partie : Enjeux politiques et retombées économiques

La politique étrangère se définit comme étant l'ensemble des grandes options d'un pays concernant son image, ses intérêts, ses positions sur les grandes questions internationales. La diplomatie, c'est la manière par laquelle cette politique étrangère est mise en oeuvre.

Selon l'Ambassadeur français Léon NOEL, « la politique extérieure est l'art de diriger les relations d'un Etat avec les autres Etats. C'est la manière de les diriger. Ce sont surtout les principes, les tendances générales, les objectifs essentiels de l'action d'un Etat hors de ses frontières »49(*).

Pour Jean SERRES,

la diplomatie gouverne les rapports entre Etats. C'est l'art d'attirer des sympathies à son pays et de l'entourer d'amitiés qui protègent son indépendance et aussi de régler pacifiquement les conflits internationaux. C'est en même temps la technique patiente qui préside au développement, sur le mode pacifique et conciliateur des relations internationales.50(*)

Comme on vient de le voir, politique étrangère et diplomatie ne se confondent pas mais sont bien complémentaires car,

la politique étrangère ne pourrait exister sans l'action de la diplomatie en vue de lui donner effet et de la faire comprendre par les puissances étrangères. De la même façon, on ne peut concevoir une diplomatie qui ne serait pas guidée par une politique étrangère clairement lisible.51(*)

Les rapports entre le Burkina Faso et la République de Chine répondent clairement aux objectifs que s'est fixés chaque partie et permettent de confirmer une coopération bénéfique : le Burkina Faso, à la lumière de ces définitions bien assorties au contexte, selon ses intérêts économiques et Taïwan selon le principe de s'entourer d'amitiés qui protègent son indépendance.

Ci-dessous, nous analyserons dans une première approche, les intérêts en jeu dans cette relation, c'est-à-dire leur portée réelle dans et hors du cadre bilatéral. Dans une deuxième approche, nous verrons, par rapport à la situation internationale actuelle qui préside aux relations internationales, la viabilité de la diplomatie Taïwano-burkinabé à long terme.

Chapitre 1 - Diplomatie coûteuse

« Avec son économie stagnante, Taïwan a moins de munitions que la Chine pour s'engager dans une compétition diplomatique à coup de dollars ».

Cette déclaration de M. Liu Bih-rong, professeur de Sciences Politiques à l'université Soochow de Taipei52(*), du moins réaliste aujourd'hui concernant son économie, est aussi révélatrice d'une réalité qui s'impose progressivement à la face du monde malgré le miracle de développement Taïwanais.

La diplomatie à laquelle se livrent les deux rivales chinoises est coûteuse et risque à la longue d'avoir un impact négatif sur les finances de l'île de Formose, au grand bonheur de la grande Chine, plus attractive économiquement au fil du temps et se révélant être une puissance mondiale.

En effet, l'une des stratégies reste de retirer à l'autre des pays tout en renforçant les liens déjà établis. Cela constitue pour Taïwan des millions d'investissement au delà de sa zone d'influence afin de subsister. C'est le cas pour le Burkina Faso où des milliards sont investis dans des projets de toutes sortes établis selon le panel de concertation diplomatique commun. C'est le gain maximal pour le Pays des hommes intègres.

Section 1 - Gain maximal pour le Burkina Faso ?

Le Burkina Faso, dans sa souveraineté, a opté pour une diplomatie de développement, dirigeant de ce fait ses amitiés obligatoirement vers celles qui sont les plus profitables.

Inaugurée sous la direction de Ablassé Ouédraogo53(*), « la diplomatie de développement » s'est imposée comme une méthode d'approche qui concilie à la fois la nécessité d'un positionnement stratégique sur la scène internationale, mais également, la recherche de partenaires crédibles pour la résolution des problèmes du Burkina.54(*)

C'est la règle générale en matière de relations internationales. Aucun pays n'y échappe, pas même les grandes puissances : les Etats Unis sont embourbés dans des rapports étroits avec les nations arabes à cause du pétrole malgré leur accointance avec Israël, non aimé de ces derniers ; les nations Européennes sont obligées de courtiser l'amitié Russe pour la richesse en gaz naturel qui leur permet de s'approvisionner régulièrement et de pallier à leur pauvreté dans ce domaine.

Les relations internationales sont guidées par les intérêts des nations et le Burkina Faso l'a bien compris. Taïwan est en quête de reconnaissance et le Burkina Faso peut surfer sur cet intérêt majeur de l'île de Formose.

De toutes ses relations diplomatiques avec les différents Etats dans le monde, hormis la France qui a un statut assez particulier dû au passé colonial et en vertu d'autres considérations géopolitiques et stratégiques, notamment les thèses de précarré et de néocolonialisme, Taïwan constitue un des pays avec lequel les relations diplomatiques sont des plus profitables pour le « pays des hommes intègres. »

Il ne se prive pas d'exploiter à fond ce qu'on pourrait qualifier de manne venue du ciel, cette générosité presque sans limite de Taïwan pour pouvoir conserver en contrepartie dans son giron, une nation qui le reconnait.

Pour preuve, toutes les opportunités de financement et tous les projets auxquels Taïwan souscrit sont multiples. Ils sont dirigés dans des domaines bien définis, ce qui propulse doucement mais sûrement l'économie du Burkina Faso vers une certaine croissance. Dans ce champ d'action nous pouvons citer :

· En priorité absolue, le domaine de l'agriculture notamment par un accompagnement excellent dans la production rizicole. Le but est de permettre à moyen et à long terme au Burkina Faso d'atteindre l'auto-suffisance alimentaire et d'amorcer une sortie du sous-développement, ce qui constituera également une atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) tels que souhaité par l'Organisation des Nations Unies.

· Le deuxième domaine concerné est celui de la formation. Chaque année, une trentaine de bourses est accordée à des étudiants burkinabés pour se rendre dans des universités Taïwanaises dans le but d'acquérir des connaissances diverses. De la même manière, l'accent est également mis sur la formation professionnelle sur place principalement afin de permettre un transfert de savoir faire efficace et approprié. Ceci se réalise par le biais de volontaires taïwanais qui se proposent dans cette noble tache. C'est aussi l'occasion d'inciter à la création de petites et moyennes entreprises afin de soutenir durablement l'économie nationale à l'instar du système Taïwanais à l'origine du miracle économique.

· Le troisième domaine visé est celui de la santé. Des milliers de dollars sont investis dans les infrastructures hospitalières déjà existantes. Un soutien financier accordé à l'Etat pour se procurer des vaccins à l'échelle nationale, et des prêts sont attribués aux fins de constructions d'hôpitaux modernes. C'est le cas notamment du prêt par Taïwan au Burkina en vue de la construction d'un Centre Hospitalier Universitaire (C.H.U.) à Ouaga 2000 comme dit plus haut qui sera l'un des plus modernes et des plus performants de l'Afrique subsaharienne.

· D'autres axes sont également visés. Cela va de la construction de structures sportives et de centres culturels aux relations avec certaines institutions étatiques. C'est ainsi par exemple qu'avec l'Assemblée nationale, un partenariat a vu le jour. « 125 ordinateurs portables, 80 micro-ordinateurs de bureau, 10 imprimantes réseau, 5 vidéo- projecteurs, 5 scanners, 280 clés USB, 5 graveurs »55(*), ont été remis le 11 Juillet 2007 à l'Assemblée Nationale par le ministre des Affaires étrangères de Taïwan, James Chih-Fang Huang. Ceci s'inscrit dans le cadre de la réduction de la fracture numérique que soutient fermement Taïwan à travers ces actions. Il est également prévu le renforcement des connexions réseaux et Internet.

Toutes ces actions allant des prêts financiers aux dons divers montrent l'engagement véritable de Taïwan au Burkina et surtout les retombées économiques énormes. Le Burkina Faso, à n'en pas douter, a toutes les raisons de maintenir cette relation diplomatique intacte, sinon de la renforcer car la contrepartie n'est pas si « difficile », si contrepartie il ya : il faut analyser à la lumière froide des intérêts en jeu, les gains réels de l'autre partie.

La question qui peut se poser alors est la suivante : remarque-t-on une évolution conséquente sur la scène internationale depuis la reprise des liens diplomatiques entre les deux Etats et de facto la reconnaissance internationale de Taïwan par le Burkina ou est-ce le statu quo, ce qui équivaudrait à une conclusion en défaveur de l'Ile de Formose.

La deuxième section nous permettra d'aborder cette question capitale qui constitue l'objectif majeur de notre travail.

Section 2 - Reconnaissance internationale de Taïwan en demi-teinte

La stature d'un Etat sur la scène internationale se mesure à l'aune de la prépondérance de sa voix dans le concert des nations et de sa capacité à être un meneur.

Nous pouvons alors classer les puissances et les forces en fonction de leur zone d'influence et de l'angle de considération de leur rôle :

· Des puissances planétaires ou mondiales, par exemple les Etats-Unis d'Amérique,

· Des puissances continentales, par exemple l'Afrique du Sud,

· Des puissances régionales, par exemple le Nigéria,

· Des forces sous régionales, vu sous l'angle de l'impact en matière de promotion de la paix, par exemple le Burkina Faso.

C'est ainsi qu'à priori, sans vouloir exagérer nos propos, nous pouvons dire comme ci-dessus, que le Burkina Faso est une force sous-régionale en vertu de sa présence sur la scène politique, ceci pour plusieurs raisons fondées selon nous : son activisme dans la résolution pacifique des conflits, sa présence internationale notamment dans certains domaines précis comme à l'O.M.C. en tant que porte parole des pays producteurs de coton. Nous pouvons également citer sa position géostratégique qui fait de lui un carrefour international de manifestations culturelles, scientifiques, et politiques pour la sous région et le continent africain tout entier.

Mais ce qui a le plus contribué au rayonnement politique international du Burkina Faso demeure sans nul doute l'implication directe du chef de l'Etat dans la recherche de solutions pacifiques et durables aux conflits dans la sous région et parfois hors de celle-ci. C'est essentiellement ses interventions au Togo, au Tchad, au Libéria, en Centrafrique, en Mauritanie, en Côte d'Ivoire.

Si toutes ces actions constituent des preuves tangibles de la présence effective du Burkina Faso sur la scène internationale, régionale et sous- régionale, pouvant servir aux intérêts de Taïwan en quête de reconnaissance, il n'en demeure pas moins que nous pouvons nous demander si réellement celui-ci, dans cette relation, atteint ses objectifs.

Les propos de l'ambassadeur Taïwanais résidant au Burkina Faso abondent en ce sens : « C'est le lieu de remercier une fois de plus, nos amis burkinabè, qui n'ont cessé de nous soutenir résolument et fortement au sein de la communauté internationale pour une reconnaissance des droits de notre peuple »56(*) .

Il renchérit alors en disant que malgré les difficultés budgétaires et surtout, dans un contexte économique rendu défavorable par les événements sociaux, politiques et climatiques, son gouvernement poursuit et poursuivra sa politique de coopération avec ses alliés dont le Burkina Faso est parmi les plus fidèles.57(*) Mais est-ce réellement un soutien efficace, une alliance à l'abri de toute rupture ?

Depuis la reprise des relations diplomatiques, l'impact réel de cette prise de position Burkinabé en faveur de Taïwan, réitérée à chaque session de l'Assemblée Générale à l'ONU semble rester relatif. En effet, presqu'aucune suite ne semble survenir à l'issue de ces appels incessants de la part du Burkina. La communauté internationale reste sourde à la préoccupation du Burkina concernant le statut de Taïwan.

Une analyse profonde permet d'expliquer cette situation assez complexe du jeu des relations et des enjeux politiques à l'échelle planétaire.

La communauté internationale est constituée par toutes les nations mais surtout par celles qui ont une voix prépondérante à cause de leur richesse, de leur puissance militaire, de leur population importante ou de leur position géostratégique. Il faut alors de facto compter toutes les nations occidentales européennes et américaines notamment les Etats Unis et le Canada ; l'Australie, les « dragons » asiatiques composés du Japon, de la Chine Populaire, de Singapour et de la Corée du Sud. Puis viennent l'Inde, les puissances Africaines et d'Amérique du Sud.

La plupart de ces nations, mise à part la Chine dont les rapports avec Taïwan sont des plus explicites, ont des attitudes des plus paradoxales.

Tout en acceptant des échanges économiques avec l'île, ceux ci étant dûs surtout à l'expertise Taïwanaise dans les hautes technologies dont la fabrication de microprocesseurs et dans l'optoélectronique, la majorité des nations cependant ne s'aventurent pas dans une prise de position officielle à cause de la Chine continentale. Elle représente sur l'échiquier mondial une puissance étatique, avec un marché gigantesque de presque deux milliards d'habitants, constituant les 1/5 de la population mondiale. Les intérêts pour la Chine Populaire comparativement à Taïwan sont si disproportionnés qu'il est préférable pour tous ces Etats de ne pas reconnaitre officiellement Taïwan.

Hormis toutes ces raisons, la Chine populaire dispose du droit de veto au Conseil de Sécurité à l'O.N.U. ce qui ne fait que renforcer le confinement de Taïwan au statut d'une province en attente de réunification avec la Chine continentale.

Dans ce cadre alors, la voix du Burkina Faso reste très marginale et son action, qu'elle soit à moyen ou à long terme, reste dépendante de la politique étrangère de la Chine continentale en faveur ou en défaveur du statut d'Etat souverain à Taïwan.

En somme, nous pouvons conclure que la reconnaissance internationale de Taïwan risque pour un très long moment de n'avoir pas d'écho favorable s'il faut compter sur le dynamisme Burkinabé, malgré toutes les bonnes volontés diplomatiques ; ceci surtout à cause de sa place réelle dans le concert des nations et des enjeux politiques difficilement contournables, d'où une reconnaissance toujours en demi teinte.

Chapitre 2 - Perspectives d'évolution de la relation bilatérale

Les perspectives d'évolution de la relation bilatérale semblent plaider en défaveur de Taïwan, qui voit progressivement poindre un environnement défavorable, et un cercle d'amis qui rétrécit en faveur de la rivale de toujours.

La diplomatie Burkinabé dans sa manière de mener sa politique extérieure, restera pour la majorité des cas, tributaire de la direction prise par l'ensemble de la communauté internationale sur la reconnaissance internationale du statut de Taïwan. Ceci surtout à cause de sa place réelle dans le concert des nations et de sa pauvreté qui implique une vision alignée sur celle des grandes puissances. Cette affirmation a été démentie en substance par le Président du Faso, Blaise Compaoré :

Le Burkina est un pays souverain et jouit de toutes ses libertés dans ses choix et le choix de coopérer avec Taïwan, nous l'avions fait librement. Nous pensons être sur le chemin de la justice qui servirait d'exemple pour les autres peuples. La fidélité de notre amitié ne fera jamais défaut.58(*)

Inaugurée sous la direction de Ablassé Ouédraogo, Ministre des affaires étrangères et de la Coopération Régionale, « la diplomatie de développement » s'est imposée comme une méthode d'approche qui concilie à la fois la nécessité d'un positionnement stratégique sur la scène internationale, mais également, la recherche de partenaires crédibles pour la résolution des problèmes du Burkina.

Dans une première section, nous tenterons d'analyser l'environnement externe quasi-défavorable à une évolution positive de la relation bilatérale et dans une seconde, nous expliquerons pourquoi nous pensons que cette relation est vouée à une fin précoce et n'est pas viable.

Section 1 - Environnement externe quasi-défavorable.

Seulement 23 pays59(*) dans le monde reconnaissent officiellement la République de Chine. En Afrique, seulement quatre pays reconnaissent Taïwan. Il s'agit de la Gambie, de Sao Tomé et Principe, du Royaume de Swaziland et bien sûr du Burkina Faso.

Le ratio est très faible en comparaison des Etats qui ont des liens diplomatiques officiels avec la Chine populaire. Et ce qui constitue la principale pierre d'achoppement demeure la faible prépondérance des voix de ces Etats sur la scène internationale.

Dans une démarche de compréhension, il faut relever que les quatre principales aires d'influence mondiale restent indéfiniment muettes explicitement et expressives implicitement sur la question :

· Les Etats Unis, bien entendu, restent discrets : le besoin de tempérer les passions idéologiques durant la guerre froide entre le capitalisme et le communisme a conduit à l'effectivité de concessions mutuelles qui s'est traduit par le délaissement d'une reconnaissance quelconque à Taïwan, pré carré sacré de la Chine Populaire. Ensuite, de nos jours, les politologues reconnaissent d'emblée sa place de puissance mondiale à la Chine, avec laquelle il faut compter en ce 21e siècle, la crise financière mondiale ne faisant que diminuer le fossé économique entre les deux nations, ce que n'ignorent pas les américains qui doivent se préparer à une forte concurrence et qui portera forcement un coup sur la configuration géopolitique actuelle. Enfin, c'est un marché économique de près de 2 milliards d'habitants qu'il ne faut surtout pas négliger.

· L'Union Européenne a par contre, à cet égard, eu un comportement plus complexe, c'est-à-dire une approche plus particularisée pour chaque Etat à la sortie de la deuxième guerre mondiale. De nos jours, dans un abord plus concerté, ce sont des raisons économiques qui guident leurs résolutions communes.

· La Russie, quant à elle, à cause de son passé idéologique commun à quelques égards avec la Chine continentale, avait tout intérêt à ne pas voir une île souveraine soutenue par les occidentaux, un bastion capitaliste de plus. Elle a gardé une tradition issue de l'histoire de ne reconnaitre qu'une seule Chine, constituant de ce fait, un autre handicap majeur pour Taïwan.

· Le Japon, trop proche de la Chine à son entendement, a plutôt intérêt à préserver un climat de sérénité avec une Chine qui monte vite en puissance et qui n'a pas oublié un passé où le Japon fut une force occupante violente et répressive. Aussi, il n'est pas superflu de laisser de côté une reconnaissance internationale de Taïwan malgré ses 23 millions d'habitants, qui pourrait être une raison de velléités vengeresses.

En somme, l'environnement politique extérieur ne plaide pas en faveur de Taïwan ; ce d'autant plus que la Chine Populaire fait une percée spectaculaire en Afrique en échange d'intérêts vitaux pour le milliard d'habitants chinois. Deux actions conjuguées dans lesquelles se complaisent les Etats africains en quête d'une éternelle indépendance, favorisent cette percée. Ce sont :

Ø Sur le plan politique, la non-ingérence dans la politique intérieure d'un Etat, estimant par là respecter le « modèle politique choisi par les populations africaines »60(*). Cette position conforte le sentiment d'indépendance et de respect qu'ont longtemps recherché les nations africaines à la sortie de l'ère des colonisations. Ce qui n'est pas forcément l'avis de l'ambassadeur Taïwanais résidant au Burkina Faso :

Beaucoup de gens disent que la Chine continentale est une grande puissance qui peut offrir d'énormes opportunités. Je suis d'accord, elle est une grande puissance économique et commerciale. Mais de quoi l'Afrique en général, et le Burkina en particulier peuvent bénéficier de cette puissance ? La Chine populaire vit surtout de l'exportation de ses produits : textile, équipements ménagers, pharmacopée, etc.61(*)

Ø Sur le plan économique, un investissement à coûts de milliards dans les réalisations de tous genres comme la construction d'unités industrielles, d'écoles, d'infirmeries et d'hôpitaux, de ponts, en échange de concessions sur l'exploitation de certaines ressources naturelles telles le pétrole.

Selon des statistiques officielles chinoises, le commerce entre la Chine et l'Afrique a atteint en 2008 le record de 106,84 milliards de dollars, en progression de 45,1% sur un an. Les exportations chinoises vers l'Afrique ont représenté 50,84 milliards de dollars, en hausse de 36,3% par rapport à 2007. Les importations, principalement des matières premières et, surtout, du pétrole, ont totalisé 56 milliards de dollars, soit +54% en glissement annuel.62(*)

Ce qui n'est toujours pas de l'entendement de Taïwan : « La Chine ne s'intéresse qu'aux matières premières de l'Afrique. Avant notre arrivée au Burkina en 1994, qu'est-ce que la Chine populaire a fait pour le pays ? Elle n'est même pas parvenue à produire le riz.» 63(*)

A ce titre, il faut surtout noter que si un Etat,

accroît le degré de son prélèvement sur les forces et les richesses de son peuple et parvient à faire accepter cet accroissement, il change le rapport de ses moyens à ceux de ses voisins, s'égale avec un faible fonds à de grandes puissances et si ce fonds est ample, se rend capable d'hégémonie64(*).

C'est le cas de la République Populaire de Chine, à l'encontre de la justification Taïwanaise. Tout ceci nous conduit à conclure ou du moins à prédire une relation bilatérale entre le Burkina Faso et Taïwan vouée à une fin précoce.

Section 2 - Relation bilatérale vouée à une fin précoce ?

Pour le gouvernement burkinabé, cette question de la rupture des relations avec Taïwan n'est pas à l'ordre du jour65(*), malgré toutes les allégations avancées surtout de la visite pékinoise dans le cadre d'affaires commerciales privées au Burkina Faso.

Tout de même, presque tous les signaux sont au rouge pour la relation bilatérale entre le Burkina Faso et Taïwan. Nous avons pu ainsi mesurer la réalité qui s'impose au binôme sur le plan international et qui plaide en leur défaveur.

Mais loin de vouloir pronostiquer, des signaux internes à la relation bilatérale confirment cette analyse et se résument en peu de points mais d'une importance majeure :

Ø La diplomatie burkinabé en faveur de l'île a-t-elle réellement eu un impact sur la scène internationale ?

Ø L'accueil d'une délégation « officieuse » chinoise de Pékin au Burkina Faso.

Malgré son ouverture à l'économie de marché qui arrange bien ses affaires, surtout au plan international, la Chine populaire n'a pas beaucoup changé sur le plan de son organisation politique et sociale. Celle ci a pu rencontrer au grand jour des personnalités comme le Président de la Chambre de commerce ou le Moogho Naaba et autres notabilités dans un contexte très médiatisé.66(*)

Ce qui sous entend une prospection dans un cadre plus politique qu'économique.

Cette visite, très médiatisée comme souligné ci-dessus, a eu un impact sur la relation bilatérale Burkina Faso-Taïwan. Les premiers ont été interpelés par les seconds, de manière officieuse, à expliquer cette visite, qui pour eux, n'est pas fortuite, vu notamment le contexte de visite et les personnalités rencontrées. Les seconds, ont réagi rapidement dans la presse nationale burkinabé, sur cette visite en déclarant ne pas en être inquiétés à cause de la fidélité du Burkina Faso et de la coopération positive pour les deux Etats. Il faut aussi remarquer que c'est une forme de crainte et de mise en garde exposée aux autorités burkinabé afin qu'ils sachent qu'ils sont préoccupés. Dans cette optique, l'ambassadeur taïwanais Tao Wen Lung, l'a même souligné d'une manière directe : 

Ce que les gens ignorent, c'est que chez nos cousins (les pékinois), il n'y a rien de non officiel. Il faut savoir, et on peut le vérifier, que cette association dite d'amitié avec l'étranger, fait en réalité partie de la machine d'Etat. Ces membres ont tous quasiment le statut de fonctionnaire. Je ne doute pas de la bonne foi de leur interlocuteur (le FASIB : Forum d'amitié sino-burkinabé).Certainement qu'il ignore le statut réel de la partie chinoise.67(*)

Ø Le Burkina Faso transporté par son positionnement actuel sur la scène internationale de pacificateur, est en quête d'une plus grande notoriété, ce qui doit passer nécessairement par la prise en compte, dans ses relations, de la Chine Populaire. C'est un impératif que le Burkina ne peut balayer du revers de la main. Et si cette prise en compte survient, il faut alors obligatoirement se séparer de l'ami Taïwanais. Cela constitue en général, une condition exigée par la Chine Populaire, même si Taïwan entrevoit une coexistence diplomatique possible avec sa rivale :

Nous sommes prêts à cohabiter. Je vous ai dit que nous sommes un pays démocratique et nous faisons tout ce que la loi, la Constitution permettent. Du fond du coeur, pour nous, les Chinois ne sont pas nos ennemis, ce sont nos cousins ! 68(*)

Et encore plus, pour le gouvernement burkinabé, il n'y a jamais eu de rupture diplomatique avec Pékin, c'est plutôt une suspension des relations de sa part en 1994 : pas d'incompatibilité alors à traiter avec Pékin concomitamment avec Taïwan. Ce qui laisse juger d'un langage diplomatique ambigu ou explicite sur des intentions non avouées pour le moment ou encore d'une situation future inévitable acceptée d'office par Taïwan et le Burkina Faso.

Ø Une nouvelle prise de position de l'île par rapport à la situation conflictuelle existant depuis toujours. Elle consistait en la proclamation de chaque partie comme étant la seule représentante légale de la Chine, et voulant de ce fait incorporer l'autre. Mais de nos jours, elle se traduit par l'approche pacifique de la part de Taïwan par la volonté de favoriser une coexistence pacifique sans pour autant un changement de la part de la rivale.

Ø Le désir exprimé des populations taïwanaises qui souhaitent des rapports normalisés avec la Chine, partant à l'encontre du politique, ce qui sous entend qu'il faille à long terme accepter une situation de compromission telle que souhaitée par la Chine Populaire qui consisterait à incorporer l'île comme une province autonome à l'instar de Hong Kong.

Il est évident que cette relation bilatérale voit ses jours s'égrener tout doucement vers une fin inévitable, mais pour combien de temps va-t-elle résister aux assauts de la Chine Populaire ?

S'il est vrai que l'environnement des relations internationales est très versatile et se reconfigure en fonction des intérêts du moment, peut-on alors croire en un événement majeur qui pourrait alors inverser la tendance et remettre en orbite l'objectif d'une reconnaissance internationale tant recherchée par Taïwan ?

Conclusion

L'enjeu est énorme et les moyens relatifs : difficile mariage entre la nécessité d'une diplomatie du développement et l'impératif d'une voix prépondérante dans le concert des nations pour un Etat tel que le Burkina Faso.

La question est vitale, l'implication est totale mais les avantages, même vus sous l'angle de la relativité des intérêts en jeu et variables en fonction des Etats et de leurs priorités, restent maigres pour Taïwan, malgré sa puissance économique et sa force de frappe technologique.

Le monde des Relations Internationales reste intransigeant et applique ses propres règles, n'en déplaise à ceux qui évoluent dans un sens contraire. Les rapports sont très intéressés, égoïstes, sournois. A cet effet, peut-on alors supposer une amitié durable et certaine entre deux Etats qui ne serait point influencée par les rapports de force des Nations qui fluctuent ? L'histoire pourtant se charge de nous le rappeler souvent, et demeure un témoin indélébile et muet. Un rien peut modifier la géopolitique internationale, mais ce rien ne naît pas ex nihilo. Il est la résultante d'une situation qui prévaut de manière subreptice. Elle se nourrit alors des évènements extérieurs pour se précipiter dans la réalité du moment.

A partir de 1992, la Libye n'est plus fréquentable par la Communauté Internationale69(*), orientée par les Etats Unis, la Grande Bretagne, et la France. Pour cause, sa prétendue responsabilité dans l'attentat contre deux avions de transport de passagers civils70(*). Le Burkina Faso, quelques années plus tard, amené à présider les destinées de l'OUA, en accord avec d'autres pays africains, décide de monter au créneau en faveur de ce pays en ne respectant pas l'embargo aérien imposé par la communauté internationale71(*). L'action est positive et c'est une première pour le Burkina qui vient de prouver qu'il assume ses choix souverainement. C'est la libération relative de tout un peuple qui était soumis à une dictature de la puissance occidentale. Mais ce n'est que véritablement en 2003, lorsque la Lybie accepte de compenser financièrement les familles des victimes qu'elle arrive à jouer pleinement son rôle dans la communauté internationale72(*). Les Etats Unis d'Amérique l'enlèvent de leur liste noire des « Etats terroristes ».

En comparaison, dans une même situation et à une échelle moindre, le Burkina, reconnaissant auparavant la République Arabe Sahraouie Démocratique73(*), au sud du Maroc, décide souverainement, après moult tractations de la diplomatie Marocaine de ne plus la reconnaitre comme un Etat indépendant mais comme faisant partie intégrante du Royaume du Maroc. Le Burkina souscrit alors à la solution Marocaine d'autonomie élargie74(*). Pourtant les relations du Burkina Faso avec la République Arabe Sahraouie Démocratique étaient basées sur des relations d'amitiés, de reconnaissance réciproque et de l'intérêt pour le Burkina, selon la ligne directrice de sa politique extérieure, du droit de chaque peuple à décider de son avenir et de sa situation. Les données, les priorités ou l'interprétation de la relation ont maintenant changé.75(*)

Dans les deux cas, nous voyons que l'intérêt a toujours primé sur des considérations diplomatiques classiques.

Dans le cas de la Libye, ce coup de force permettait au Burkina une entrée remarquée dans le nombre très limité des nations qui ont droit d'avis sur le continent, et au-delà dans le monde. Il fallait aussi se relever d'une situation politique intérieure contestée et ranimer la fibre patriotique et nationale autour d'une cause commune.

Dans le deuxième cas, les intérêts économiques avec le Maroc ont eu raison de sentiments humanitaires et de raisons naturelles du droit à l'autodétermination pour chaque peuple. Les « projets Saaga »76(*) parrainés par le Royaume du Maroc ne diront pas le contraire.

En somme, la relation diplomatique entre le Burkina Faso et l'Ile de Formose peut bien résister à tous les aléas et à la règle de base en matière de relations internationales. Mais, vu les enjeux réels décortiqués ci-dessus dans notre développement et ce diagnostic différentiel qui élucide bien des questions, pour combien de temps va perdurer cette défiance ? Le Burkina Faso respectera-t-il sa parole donnée au détriment des enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du statut de Taïwan, et va-t-il être le premier à instaurer une morale internationale à inscrire dans les annales de l'histoire, ce qui demeure également un regard original sur la manière de paraitre sur la scène internationale ? Ou plutôt cèdera-t-il à la dictature du plus grand nombre et des puissants, en optant pour une géopolitique internationale qui se met doucement en place, afin de ne pas rater le virage de l'histoire vers l'Asie ?

Pour notre part, le Burkina Faso dans l'atteinte de ses objectifs, à savoir une assise diplomatique internationale rayonnante, doit nécessairement considérer froidement la géopolitique mondiale, et notamment la montée fulgurante de la Chine Populaire, et recomposer en fonction ses relations diplomatiques. Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts.

* 1 Charpentier Jean, 1999. Institutions internationales (Paris : Dalloz) 14, 15

* 2 Ibid. page 15

* 3 Ibid. page 15

* 4 Rapport du PNUD 2007

* 5 Kofi Annan, Alliance des Civilisations, Le Monde diplomatique, Internet, http://www.monde diplomatique.fr/2007/02/ANNAN/14457.

* 6 Ruzié David, 2000. Droit International Public (Paris : Dalloz) 1

* 7 Ibid., page 1

* 8 Ali Traoré, Burkina/Taïwan : la consolidation d'une coopération exemplaire, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article15130&rubrique62.

* 9 M. Sanou Victor, Dr es Communication, Cours de Méthodologie de Recherche (Université Libre du Burkina : 3e année de Langues et Communication, option Relations Publiques Internationales, 2006)

* 10 Togo : Gnassingbé Eyadéma décède le 5 février 2005, mettant fin à 38 ans de présidence consécutifs. L'armée prend le pouvoir, en enfreignant la Constitution qui stipule que c'est le président de l'Assemblée nationale (à l'étranger lors du décès de Gnassingbé Eyadema) qui doit assurer l'intérim et le confie à un des fils de Gnassingbé Eyadema, Faure Gnassingbé. Sous la pression de l'opposition, de l'Union Africaine (UA) et de la communauté internationale, ce coup d'État « échoue » le 25 février 2005 avec la démission de Faure Gnassingbé. La légalité constitutionnelle est rétablie. Le 24 avril 2005, une élection présidentielle est organisée. Elle se déroule dans des conditions très controversées. Emmanuel Bob Akitani, chef de l'opposition, se déclare vainqueur avec 70% des voix alors que le gouvernement déclare Faure Gnassingbé élu. Dés l'annonce des résultats, des manifestations éclatent dans les principales villes. Elles seront violemment réprimées par l'armée, faisant 500 morts selon les estimations de la commission d'enquête nationale. De nombreux Togolais, environ 40 000, se réfugient dans les pays voisins, le Bénin et le Ghana . Le 3 mai 2005, Faure Gnassingbé prête serment. Appel est alors fait au Président Burkinabé en Août 2006 par tous les protagonistes à intervenir comme médiateur dans la crise qui perdure. Il parvient à faire signer l'Accord politique global (APG) qui a favorisé la démocratisation du pays, la tenue de législatives libres et transparentes et la reprise de l'aide internationale.

Côte d'Ivoire : Laurent GBAGO est élu président de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2000 pour un mandat de 5 ans. La Côte d'Ivoire connaît alors une grave crise politico-militaire après la tentative de coup d'Etat opérée par une rébellion armée en septembre 2002. Depuis le cessez-le-feu de 2003, la Côte d'Ivoire vit au rythme d'un processus de sortie de crise qui doit conduire à l'organisation d'élections présidentielles et législatives justes, transparentes, libres et démocratiques. Après l'échec successif des accords de Marcoussis (2003), Accra (2003-2004) et Pretoria (2004-2006), le nouveau président de la CEDEAO, le burkinabé Blaise Compaoré, avec l'accord de la plupart de ses pairs africains, décide d'organiser un dialogue direct inter-ivoirien proposé par le Président Gbagbo à la rébellion des Forces Nouvelles. Le Chef des Forces Nouvelles, Guillaume Soro, et Laurent Gbagbo signent le 4 mars 2007 à Ouagadougou un accord sur un processus de transition conduisant à des élections en principe fin 2007 ; un accord complémentaire a été conclu le 27 mars faisant de Guillaume Soro le nouveau Premier Ministre et lui interdisant de se présenter à l'élection présidentielle. Dans ce contexte, le mandat des forces impartiales a été régulièrement renouvelé en vue d'accompagner la mise en oeuvre de l'Accord politique de Ouagadougou et d'aider à l'organisation en Côte d'Ivoire d'élections libres, ouvertes, justes et transparentes. Depuis la signature de l'Accord de Ouagadougou, des avancées tangibles ont été constatées : gouvernement de réconciliation, suppression de la zone de confiance et de la ligne verte qui coupait le territoire en deux, organisation des audiences foraines qui ont permis la délivrance de plus de 600.000 jugements supplétifs de naissance, début du redéploiement de l'administration dans le Nord.

La crise du Darfour au Soudan : la guerre civile au Darfour est un conflit armé qui touche depuis 2003 la région du Darfour, située à l'ouest du Soudan. Les origines du conflit sont anciennes et sont dues aux tensions ethniques qui débouchent au premier conflit du Darfour de 1987. Bien que le gouvernement soudanais affirme que le nombre de morts se situe aux environs de 10 000, plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada, ainsi que l'Organisation des Nations unies (ONU), soupçonnent que ce conflit couvre un génocide ayant fait environ 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés dont 230 000 réfugiés au Tchad La découverte du pétrole dans cette région a suscité les convoitises. Si le conflit est décrit en termes ethniques et politiques, il s'agit aussi d'une lutte pour les ressources pétrolières situées au sud et à l'ouest. En Juillet 2008, M. Djibril Bassolé, Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, est nommé médiateur conjoint de l'ONU et de l'U.A. pour le processus politique au Darfour.

* 11 Oxfam's Cool Planet, la Géographie du Burkina Faso, Oxfam's Cool Planet, Internet, http://www.oxfam.org.uk/coolplanet/ontheline/french/journey/burkina/geography.htm.

Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Connaître le Burkina Faso, Internet, http://www.mae.gov.bf/SiteMae/infos-burkina/connaitre.html#geographie.

* 12Students of the world, Burkina Faso, Students of the world, Internet.http://www.studentsoftheworld.info/pagegeo_fr.php3?Pays=BFS.

* 13Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Connaître le Burkina Faso, Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Internet.http://www.mae.gov.bf/SiteMae/infosburkina/connaitre.html#populations.

* 14 Résultats définitifs en 2010.

* 15 Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Connaître le Burkina Faso. Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Internet, http://www.mae.gov.bf/SiteMae/infos-burkina/connaitre.html#histoire.

* 16 La Brique, Histoire du Burkina, La Brique, Internet, www.labrique.org.

Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Connaître le Burkina Faso, Ministère des Affaires Etrangères du Burkina, Internet, http://www.mae.gov.bf/SiteMae/infos-burkina/connaitre.html#histoire.

Olivier Bain, Jean-Marc Liotier, L'Etat du Monde 1981-1998 : Le Burkina de 1980 à 1997, Olivier Bain, Internet, http://afriquepluriel.ruwenzori.net/burkina-c.htm.

* 17 Organe dirigeant du pouvoir révolutionnaire installé avec le coup d'Etat de 1983.

* 18 Conférence de la Baule en 1990.

* 19 Réunis en septembre 2000 à l'occasion du sommet du Millénaire, les dirigeants politiques du monde entier ont fixé un ensemble d'objectifs mesurables et assortis de délais. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement constituent un cadre dans lequel le Système des Nations Unies tout entier collabore de façon cohérente en vue d'atteindre un même but. Les objectifs du Millénaire pour le Développement sont au nombre de huit et le PNUD en est le chef de file : Eliminer l'extrême pauvreté et la faim ; Assurer l'éducation primaire pour tous ; Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes ; Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans ; Améliorer la santé maternelle ; Combattre le VIH/Sida, le paludisme et les autres maladies ; Assurer un environnement durable ; Mettre en place un partenariat mondial pour le Développement.

* 20 Le Millennium Challenge Corporation (MCC) est une société de gouvernement des États-Unis visant à travailler avec certains des pays les plus pauvres du monde. Créé en Janvier 2004, le MCC est basée sur le principe que l'aide est plus efficace quand elle renforce la bonne gouvernance, la liberté économique et les investissements dans les personnes. Le MCC a pour mission de réduire la pauvreté dans le monde par la promotion d'une croissance économique durable.

* 21 Atlas du Monde, Taiwan (2005-2006), Atlas du Monde, Internet, www.atlas monde.net\Asie\Taiwan.html. 

Ministère de l'Information de la République de Chine, Coup d'oeil sur Taiwan 2007(Taiwan : Ministère de l'Information, 2007)3-7.

* 22 Atlas du Monde, Taiwan (2005-2006), Atlas du Monde, Internet, www.atlas monde.net\Asie\Taiwan.html. Ministère de l'Information de la République de Chine, Coup d'oeil sur Taiwan 2007(Taiwan : Ministère de l'Information, 2007)11-15,37-49. 

* 23 Forum Economique Mondial

* 24 Atlas du Monde, Taiwan (2005-2006), Atlas du Monde, Internet, www.atlas monde.net\Asie\Taiwan.html. 

* 25 Dynastie mandchoue qui régna sur la chine de 1644 à 1911.Elle a succédé à la dynastie des Ming.

* 26 Dynastie impériale chinoise qui régna sur la Chine de 1368 à 1644.Elle fut fondée par Hongwu et installa sa capitale à Pékin.

* 27 Parti nationaliste chinois( Chine Populaire) fondé en 1912 par Sun Yat-Sen. Le parti communiste l'évinça en 1949 réduisant son influence uniquement à Taïwan.

* 28 Ministère de l'Information de la République de Chine, Coup d'oeil sur Taïwan 2007(Taïwan : Ministère de

L'Information, 2007) 23-26.

* 29 Ministère de l'Information de la République de Chine, Coup d'oeil sur Taïwan 2007(Taïwan : Ministère de l'Information, 2007) 34.

* 30 Voir annexe 3

* 31 Ibid., 29

* 32 Ministère de l'Information de la République de Chine, Coup d'oeil sur Taïwan 2007(Taiwan : Ministère de l'Information, 2007) 29

* 33 Marx Karl & Engels Friederich, 1977. L'Idéologie Allemande (Paris : Editions Sociales) 44

* 34 Vincent Auriol, homme d'Etat français. Élu président de la République française le 16 janvier 1947.

* 35 Afrique Occidentale Française

* 36 MEMO, La conférence de Bandung (1955), MEMO, Internet, http://www.memo.fr/article.asp?ID=CON_DEC_004

* 37 Déclaration du gouvernement du Burkina Faso sur la Reprise des Relations Diplomatiques avec la République de Chine, Ouagadougou le 02 Février 1994.

* 38 Paul Miki Roamba, Taiwan vit une situation difficile sur la scène internationale, in le Pays, Internet, Http://www.lepays.bf/spip.php?article499.

* 39 Propos du Ministre de l'agriculture du Burkina, M. Laurent Sedego, entendus sur Radio France Internationale le Mercredi 17 Décembre 2008.

* 40Aimée Florentine Kaboré, Burkina Faso-Taïwan : Plus de 177 millions de FCFA pour le secteur de la santé, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16466&rubrique62.

* 41Philibert Nikiéma, Taïwan : Les Engagements nationaux dotent Minima-Douré d'un CSPS, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article14465&rubrique62.

* 42 Aimée Florentine Kaboré, Burkina Faso-Taïwan : Plus de 177 millions de FCFA pour le secteur de la santé, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16466&rubrique62.

* 43Cécile M. Grégoire Sirima Alassane Ouédraogo, Aide aux personnes vulnérables : Taïwan offre des pieds aux handicapés, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16447&rubrique62.

* 44 Cyr Robert Ouédraogo, La coopération entre le Burkina Faso et la République de Chine, Genèse, Réalités actuelles et Perspectives : Histoire et Archéologie (Ouagadougou : Mémoire de fin de cycle en Histoire Economique, 2005) 49.

* 45 Ibid., page 50

* 46 Ibid., page 50

* 47 Paul Miki Roamba, Taiwan vit une situation difficile sur la scène internationale, Les Editions le Pays, Internet, Http://www.lepays.bf/spip.php?article499.

* 48 Ibid.

* 49 Léon Noel, Politique extérieure et diplomatie : les affaires étrangères (Paris : PUF, 1959). Université d'Aix-Marseille, V, p.99, cité dans Dictionnaire de la diplomatie, 1998, p.21

* 50 Jean Serres, Manuel de pratique de protocole, (Belgique : éd. De la Bièvre, 1988)16

* 51 Paul Pancracio, Dictionnaire de la diplomatie, (France : éd. Micro Buss France, 1998) 128

* 52Agence France Presse, Taïwan en perte de vitesse en Afrique face au rival Chinois, Hikari Productions, Internet, http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-taiwan-en-perte-de-vitesse-en-afrique-face-au-rival-chinois-5463.asp?1=1.

* 53 Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale du Burkina Faso de mars 1994 à Janvier 1999.

* 54Juvénal Somé, Quelle place pour le Burkina dans le monde, Lefaso.net, Internet http://www.lefaso.net/spip.php?article12771.

* 55 Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana, Taïwan/Parlement burkinabé : Un député, un ordinateur portable, L'Observateur Paalga, Internet, http://www.lobservateur.bf/spip.php?page=article_archive&id_article=6626.

* 56Ali Traoré, Fête nationale de Taïwan : La coopération et la solidarité magnifiées, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16886&rubrique62.

* 57 Ibid.

* 58 Aline Verlaine Kaboré, Burkina - Taïwan : Un choix libre, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article17483&rubrique62.

* 59 Voir Annexe 3

* 60Antoaneta Bezlova, CHINE : Des accords du 'gagner-gagner' échouent sur les questions de droits, Inter Press Service News Agency, Internet, http://ipsinternational.org/fr/politique.asp.

* 61 Alain Saint-Robespierre, Burkina-Taïwan : Même si ça tangue, le tango continue, Lefaso.net, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16843&rubrique62.

* 62 RTLinfo.bg ,Visite du président chinois au Sénégal, commerce sino-africain record, RTLinfo.bg,Internet, http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/218995/visite-du-pr-sident-chinois-au-s-n-gal-commerce-sino-africain-record/

* 63 Alain Saint-Robespierre, Burkina-Taïwan : Même si ça tangue, le tango continue, Lefaso.net, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16843&rubrique62.

* 64 De Jouvenel Bertrand, 1972. Du Pouvoir (Paris : Librairie Hachette) 236

* 65 Aimé M. Kambiré, La rupture des relations avec Taïwan n'est pas à l'ordre du jour, Lefaso.net, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16887&rubrique62.

* 66 L'Observateur Paalga, Coopération : Burkina-Taïwan "Observez la direction des vents qui soufflent !, L'Observateur Paalga, Internet,http://www.lobservateur.bf/spip.php?page=article_archive&id_article=5312.

* 67Alain Saint-Robespierre, Burkina-Taïwan : Même si ça tangue, le tango continue, Lefaso.net, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16843&rubrique62.

* 68 Ali Traoré, Mon pays est prêt à cohabiter avec la Chine populaire au Burkina, Lefaso.net, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article16838&rubrique62.

* 69 Les États-Unis et la Grande Bretagne ont obtenu gain de cause au Conseil de sécurité des Nations unies qui, le 21 janvier 1992, exige que la Libye extrade deux de ses ressortissants suspectés, vers les États-Unis ou la Grande Bretagne. Le Conseil de sécurité exige également que la Libye coopère avec la France dans l'enquête sur un autre attentat contre un avion d'une compagnie Française. Suite au refus libyen d'extrader ses ressortissants, le Conseil de sécurité adopta la Résolution 748 (1992) le 31 mars 1992 prévoyant la suspension du trafic aérien vers et à partir de la Libye ainsi que l'interdiction de toute vente d'armes à ce pays. Des sanctions supplémentaires sont ajoutées dans la Résolution 883 (1993) qui est adoptée le 11 novembre 1993 : les avoirs libyens à l'étranger devraient être gelés (à l'exception des revenus pétroliers) et l'exportation vers ce pays de matériaux destinés à l'industrie pétrolière et gazière seraient interdits. De plus, les bureaux à l'étranger de la compagnie aérienne libyenne devraient également être fermés

et l'aide à l'aviation civile libyenne interrompue.

* 70 L'attentat de Lockerbie a eu lieu le 21 Décembre 1988 contre un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am, qui assurait la liaison Londres - New York. Il explosa au-dessus du village écossais de Lockerbie (Royaume-Uni) et causa le décès de 270 personnes. Un autre attentat est perpétré contre un avion de la compagnie française UTA au dessus du Niger, et provoque la mort de 170 passagers et membres d'équipage.

* 71 Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'O.U.A., au sommet de Ouagadougou (Burkina Faso) de juin 1998, votent une résolution autorisant les vols pour les activités de l'organisation, les liaisons humanitaires et les transports de pèlerins. Certains violent l'embargo pour se rendre en Libye, et pour rendre visite à M. Kadhafi après sa fracture du col du fémur, en juillet 1998. Ces événements amènent les Etats-Unis et le Royaume-Uni à accepter la proposition libyenne de juger les deux suspects libyens au Pays-Bas « devant une cour écossaise, avec des juges écossais et selon le droit écossais ».

* 72 En août 2003, la Libye reconnaît officiellement sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie et ensuite a payé 10 millions de dollars de compensation à chacune des 270 familles des victimes soit un total de 2,7 milliards de dollars. Dès le mois de septembre, les sanctions de l'ONU à son égard sont définitivement levées.

* 73 La République Arabe Sahraouie Démocratique ou R.A.S.D. est un État proclamé le 27 février 1976 par le Front Polisario, qui revendique la souveraineté sur le territoire du Sahara occidental. Ce territoire est cependant également revendiqué par le Maroc, qui en contrôle environ 80%. Le Burkina reconnaît officiellement la R.A.S.D. le 04 Mars 1984 et retire sa reconnaissance le 05 Juin 1996.

* 74 Le Burkina Faso à l'instar de plus de 30 pays, considère que la reconnaissance de la R.A.S.D. s'oppose avec le principe d'un référendum d'autodétermination sur le Sahara occidental. La R.A.S.D. est membre de l'Union africaine (alors O.U.A.) depuis 1982, ce qui a provoqué le départ du Maroc de cette organisation. Le principe de l'autodétermination du peuple sahraoui est appuyé par le mouvement des non-alignés.[6]La R.A.S.D. n'est reconnue ni par l'Organisation des Nations Unies, ni par la Ligue Arabe, ni par l'Union du Maghreb Arabe, ni par l'Organisation de la Conférence Islamique, ni par aucun pays européen ou pays membre permanent dans le conseil de sécurité des nations unies.

* 75 La politique étrangère du Burkina Faso ~~ Cadre normatif d'analyse et de conception de la politique étrangère du Burkina Faso, Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Sous régionale, http://www.mae.gov.bf/SiteMae/politique-etrangere/cadre-normatif.html.

* 76 Programme d'ensemencement des nuages du Gouvernement Burkinabé en partenariat avec le Royaume du Maroc, en vue de provoquer les pluies en période de sécheresse.






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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore