WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République de Chine (Taà»wan): enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du statut de la République de Chine (Taà»wan).

( Télécharger le fichier original )
par Delwende Samuel BANDE
Université libre du Burkina - Maitrise en relations publiques internationales 2008
  

sommaire suivant

Les relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République de Chine (Taïwan) : enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du statut de la République de Chine (Taïwan).

INTRODUCTION

La géopolitique mondiale est en pleine reconfiguration depuis la chute du mur de Berlin qui mit fin à la confrontation Est-Ouest. En effet,

deux superpuissances, les Etats Unis et l'U.R.S.S. émergent du camp des vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. Autour d'eux vont se construire deux blocs d'états opposés par leur idéologie, c'est-à-dire démocratie libérale et économie de marché pour le bloc de l'Ouest et, dictature du parti et économie planifiée pour le bloc de l'Est1(*).

Leur rivalité fluctuante va marquer durablement les relations internationales jusqu'à ce que le bloc de l'Est se désintègre2(*) pour laisser place à un Etat super puissant, des Etats puissants, des moyennes puissances, et enfin des Etats faibles. Avec cette nouvelle donne, l'O.N.U. devient une tribune d'expression pour ces derniers Etats, ceci à cause de l'égalité « de jure » dans les décisions en Assemblée Générale.

Le droit diplomatique et consulaire vient alors régler les relations entre Etats. C'est ce qu'on appelle la normalisation des relations internationales, qui se fonde également sur trois autres facteurs non moins importants : le phénomène de la multiplication du nombre des Etats, le bouleversement technique dans le domaine des progrès scientifiques de tout ordre et enfin l'apparition des intérêts communs à toute l'humanité.3(*)

L'existence de relations diplomatiques entre deux Nations est une déclaration implicite de reconnaissance réciproque de la souveraineté de chacune des parties sur un peuple, un territoire avec un appareil politique dirigeant. Elles permettent d'assainir les tensions de l'environnement politique et promeuvent le droit de participation à la communauté internationale.

Dans une même optique d'affirmation, le Burkina Faso et la République de Chine ont établi des rapports diplomatiques. Relations aujourd'hui au beau fixe entre les deux Etats, il convient de rappeler qu'il fut un moment où elles avaient été rompues.

Il faut aussi souligner le statut particulier de Taïwan dans le concert des nations, statut de reconnaissance perdant de sa valeur au fil des années, et ceci au profit du rival de toujours et frère, son géant voisin Chinois, qui lui, prend de l'envol. En effet, l'histoire moderne tumultueuse de « l'Ile de Formose » lui a permis d'être tour à tour :

o la protégée des occidentaux avec en prime le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, en tant que représentante de l'Asie,

o ensuite la délaissée et enfin l'ignorée de presque la quasi totalité de la communauté internationale.

Tout cela l'incite vivement de nos jours à ne pas laisser s'éteindre ce statut d'Etat à part entière et se laisser envahir par la République Populaire de Chine.

Alors les relations diplomatiques avec le Burkina Faso, l'un des quatre pays parmi les plus pauvres4(*) à toujours reconnaitre Taïwan comme Etat souverain et indépendant, se comprend.

La question qui peut se poser ici alors est de savoir en quoi la reconnaissance de « l'Ile de Formose », par le Burkina Faso, peut elle avoir un impact important sur l'environnement des relations internationales. Quels sont les enjeux politiques véritables à l'ornière de la science politique, que peut engendrer la position du Burkina actuellement ? Ces relations sont-elles viables à court et à long terme vu l'évolution de l'environnement diplomatique actuel ?

A. Cadre général de l'étude

1. Problématique

« Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts ». Cette affirmation du Général de Gaulle, sonne un état de fait : la « realpolitik » qui prévaut dans les rapports entre Etats souverains et égaux. Les relations internationales sont sujettes de nos jours à un rapport de force, mettant en exergue des Etats puissants, dominant des moins puissants et usant de divers moyens de persuasion allant de la négociation à l'incitation voire à la contrainte à adopter leurs points de vue. Ceci est encore plus marqué par l'existence de moyens de communication et de déplacement rendant l'impact des distances et du temps presque nuls.

Mais la plupart du temps,

loin de faire naître la compréhension et l'amitié mutuelle, le raccourcissement des distances et l'amélioration des communications ont souvent engendré la tension et la méfiance. Nombreux sont ceux, en particulier dans les pays en voie de développement, qui en sont arrivés à redouter le village planétaire, synonyme à leurs yeux d'agression culturelle et de saignée économique. La mondialisation menace autant leurs valeurs que leur porte-monnaie.5(*)

Cette affirmation de l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, M. Koffi Annan, définit assez bien l'image du monde auprès des pays du tiers monde de manière générale.

Malgré tout, dans un système où la reconnaissance par la « Société Des Nations » est un gage de sécurité, il est d'une priorité absolue pour chaque nation, d'avoir une part active dans la construction de cette hégémonie mondiale incontournable. L'ignorer ou la négliger serait mettre en péril leur survie. Et c'est de cette construction que naît progressivement l'idée d'un droit international qui vienne réglementer des rapports de plus en plus ambigus et difficiles. « Le droit international est donc l'ensemble des normes juridiques qui règlent les relations internationales, c'est- à-dire des normes prescriptives, prohibitives ou permissives. »6(*) Son but principal est de réduire l'anarchie dans ces relations en assurant la coexistence entre les Etats et satisfaire des intérêts communs.7(*)

Mais sa mise en application pose problème car les Etats sont souverains et peuvent refuser de se soumettre à des règles communes, sans oublier l'inexistence de mesures de sanctions en cas de non respect, ce qui remet en cause le concept même de droit international. D'où parfois des situations complexes où un Etat se voit léser dans son droit le plus évident et doit procéder par des méthodes détournées pour accéder à ce statut d'indépendance.

Dans ce contexte politique international, il apparaît alors justifié que Taïwan puisse, après bien des péripéties et des soubresauts diplomatiques, vouloir retrouver sa place dans le concert des nations. « L'Ile de Formose », à l'histoire assez complexe, est soumise à rude épreuve dans cette volonté, face à un voisin Chinois, aux ambitions contradictoires avec les intérêts Taïwanais.

En effet, quelle stratégie adopter pour une reconnaissance internationale, à l'instar des autres nations souveraines ? L'atteinte de cet objectif majeur passe par l'établissement de relations diplomatiques avec les Etats qui lui reconnaissent sa souveraineté. Aussi, Taïwan a-t-il établi des relations diplomatiques avec le Burkina Faso, entre autres Etats.

Dans une déclaration liminaire, le ministre des Affaires Etrangères de la République de Chine, James Chih-Fang Huang, a confié que « Le but de la visite au président du Faso est de renforcer et consolider nos relations bilatérales avec notre ami le Burkina Faso »8(*).

L'objectif principal de cette recherche est d'examiner les enjeux politiques autour de la reconnaissance internationale du Statut de Taïwan, pour chacun des acteurs de la relation bilatérale.

Les objectifs spécifiques sont :

· Le Burkina Faso peut-il réellement contribuer à la notoriété internationale du statut de Taïwan ?

· Cette relation est-elle viable, après analyse de l'environnement politique externe ?

· Taïwan est-il capable d'assurer indéfiniment son indépendance face à un voisin un peu trop entreprenant à son égard ?

Les résultats attendus nous permettront de voir sous un nouveau jour une relation, qui, bon gré mal gré, continue à mobiliser les passions et à faire des émules. Les réponses qui seront développées permettront de prévoir la direction de cette coopération à moyen et à long terme.

Les objectifs de recherche étant définis, il nous reste une méthode de recherche pour conduire à bien notre thème.

2. Méthodologie de recherche

Tout travail de recherche scientifique nécessite l'adoption de méthodes de recherches. Pour la présente étude, deux (02) méthodes de collectes de données ont été prises en compte : la recherche documentaire et l'entretien.

a. Recherche documentaire

La recherche documentaire est l'un des moyens par excellence de collecte d'informations. Elle a toujours été au centre de tout travail scientifique et se définit par la consultation de documents portant sur le même sujet ou ayant le même champ d'étude.

Dans notre cadre, il s'est agi essentiellement de la consultation de documents relatifs à l'Histoire des relations entre Taïwan et le Burkina, l'exploitation des écrits journalistiques, l'analyse de revues spécialisées.

Pour cela, nous avons eu recours aux bibliothèques de la place qui offrent la possibilité de consulter des documents historiques et politiques. Ce sont :

§ La bibliothèque centrale de l'Université de Ouagadougou ;

§ La bibliothèque du département Histoire et Géographie de l'Université de Ouagadougou ;

§ La bibliothèque de la Faculté de Sciences Juridiques et Politiques de l'Université de Ouagadougou ;

§ Le centre culturel Français Georges Méliès ;

§ La bibliothèque de l'Assemblée Nationale du Burkina.

La documentation existante à l'ambassade de Taiwan au Burkina a également été consultée.

L'environnement technologique actuel rend de plus en plus indispensable l'exploitation de données sur la toile. En effet, Internet constitue une grande bibliothèque virtuelle que l'on a à portée de main et une source intarissable de données de tous genres.

Mais il convient tout de même de rappeler que malgré ce caractère infini de données, son usage doit être minutieux, car autant les données peuvent être de sources fiables, autant elles peuvent être de sources douteuses. Cela est dû au caractère libre de l'internet ou rien n'est soumis à une quelconque loi d'édition pour le moment.

Le choix de ce moyen se justifie dans le fait qu'il englobe de plus en plus la recherche documentaire et demeure une source rapide d'informations, peu coûteuse et fiable si certaines règles de recherches spécifiques sont prises en compte.

b. L'entretien

L'entretien de manière générale, est une méthode interactive de recherche. Il met en exergue le concept de communication au sens propre.  C'est un échange mettant en action un émetteur et un récepteur en vue d'avoir des informations sur un sujet donné.

Cela nécessite une intervention minime de la part du chercheur, afin de ne pas corrompre le message initial et de ne s'en tenir qu'aux informations initiales9(*). Pour ce faire, nous avons pu nous entretenir avec certains employés techniques de l'ambassade de Taïwan et certains cadres du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération s Régionale, département Asie Caraïbe Pacifique.

Ces préoccupations, feront l'objet de notre étude. Dans une première grande partie, nous présenterons les deux Etats sous tous leurs aspects afin de mieux saisir le caractère des relations établies entre eux.

Dans une deuxième partie, nous ferons l'historique de la relation diplomatique entre le Burkina Faso et Taïwan de 1961 à nos jours.

Enfin dans une dernière partie, nous analyserons l'évolution de la relation et sa viabilité à long terme, en tenant compte des menaces externes de nature diplomatique qui tentent d'annihiler la souveraineté de l'Ile de Formose.

* 1 Charpentier Jean, 1999. Institutions internationales (Paris : Dalloz) 14, 15

* 2 Ibid. page 15

* 3 Ibid. page 15

* 4 Rapport du PNUD 2007

* 5 Kofi Annan, Alliance des Civilisations, Le Monde diplomatique, Internet, http://www.monde diplomatique.fr/2007/02/ANNAN/14457.

* 6 Ruzié David, 2000. Droit International Public (Paris : Dalloz) 1

* 7 Ibid., page 1

* 8 Ali Traoré, Burkina/Taïwan : la consolidation d'une coopération exemplaire, Sidwaya, Internet, http://www.lefaso.net/spip.php?article15130&rubrique62.

* 9 M. Sanou Victor, Dr es Communication, Cours de Méthodologie de Recherche (Université Libre du Burkina : 3e année de Langues et Communication, option Relations Publiques Internationales, 2006)

sommaire suivant