WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Notion de système formel. Prolégomènes à  une logique cognitivisme à  partir de Donald Davidson

( Télécharger le fichier original )
par Tamis MUAMBA NGUESHE
Université de Kinshasa - Licence 2010
  

précédent sommaire suivant

Chapitre deux : Limites et dépassements de grandes approches de systèmes formels

II.0. Introduction

Le deuxième chapitre du présent mémoire aborde le problème des limites et des dépassements des grandes approches des systèmes formels. Il est question pour nous de montrer que la logique, telle qu'elle a pu évoluer jusqu'à un certain temps et telle qu'elle est encore pratiquée par certains logiciens aujourd'hui, passait ou passe sous silence certains aspects importants pour la compréhension et des énoncés et de la réalité dans leur complexité.

Par souci de rigueur, nous répartissons ce chapitre en trois moments essentiels. Le premier décrit les limites des grandes approches des systèmes formels. Le deuxième propose des solutions dans le sens de leurs dépassements classiques. Et, le troisième nous présente un modèle du dépassement non classique à la manière de Daniel Vanderveken. Une petite conclusion clôturera ce chapitre.

II.1. Limites

Pour mieux cerner cette question, nous commencerons par les limites syllogistiques, ensuite syntaxiques, puis sémantiques et, enfin, d'autres ordres.

II.1.1. Du point de vue syllogistique

Du point de vue syllogistique, au-delà de ce que nous avions pu noter au chapitre précédent, nous pouvons épingler deux grandes limites, à savoir la langue à partir de laquelle une théorie syllogistique est bâtie ainsi que le paradigme naturaliste qui sous-tend tout système syllogistique.

En effet, la première limite à laquelle tout système syllogistique est exposé, c'est bien la langue à partir de laquelle elle est conçue. Ce fut la langue grecque en Antiquité et la langue latine au Moyen-âge. La plupart des principes syllogistiques, pour peu qu'on les analyse, ne valent que pour ces deux langues. Sous la plume de Julia Kristeva, nous pouvons lire l'affirmation suivante : «²ce n'est pas par hasard que les insuffisances de la logique aristotélicienne dans son application au langage ont été signalées : d'une part par le philosophe chinois chang Tung-Sun qui venait d'un autre horizon linguistique (celui des idéogrammes) où à la place de Dieu on voit se déployer le dialogue Yin - Yang, d'autre part par Bakhtine qui tentait de dépasser les formalistes par une théorisation dynamique faite dans une société révolutionnaire» (48(*)).

A titre exemplatif, nous pouvons prendre le cas des catégories logiques. Pour Aristote, il y en a dix, à savoir : la substance, la quantité, la qualité, le temps, l'espace (le lieu), la relation, l'action, la passion, la situation et la possession.

Pour Kant, il y a plutôt douze catégorie logiques reparties en quatre formes à priori de la manière suivante (49(*)):

I

QUANTITE

Unité

Pluralité

Totalité

II III

QUALITE RELATION

Réalité Substance et accident

Négation (cause et effet)

Limitation communauté

(action réciproque entre l'agent

IV et le patient)

MODALITE

Possibilité - impossibilité

Existence - non existence

Nécessité -contingence

Selon Alexis Kagame (50(*)), il y a quatre catégories logiques, à savoir :

- Le Muntu : existant d'intelligence ;

- Le Kintu : existant sans intelligence;

- Le Hantu : existant localisateur (lieu-temps);

- Et le Kantu : existant modal.

Ces différences d'appréciation des catégories logiques sont en fait dues aux différences des structures des langues gréco-latines, allemande et Bantu.

La seconde limite est le paradigme naturaliste qui sous tend la logique traditionnelle. Ce paradigme naturaliste est zoologique chez Aristote et physicaliste chez les Mégaro-stoïciens. Même la logique combinatoire de Leibsniz n'y échappe pas.

En effet, le souci majeur de Leibniz a été celui de faire ressortir automatiquement les nombres des termes simples qui entrent dans la composition d'un terme complexe. Cette manière de procéder (en dépit du projet, ô combien louable ! de construction d'une caractéristique universelle) est fondée sur le paradigme naturaliste Zoologique.

Auguste de Morgan reste également prisonnier de la syllogistique traditionnelle qu'il a d'ailleurs généralisée à partir des travaux de son compatriote William Hamilton.

* 48 Julia KRISTEVA, Sémeiôtikè, Recherches pour une sémanalyse, Paris, Seuil, 1969, p.90.

* 49 Edouard DIRVEN, Introduction aux logiques, 3ème éd. Kimwenza, Ed. Loyala, 1990, p.16.

* 50 NGOMA BINDA, La philosophie Africaine contemporaine. Analyse historico-critique, Kinshasa, FCK, 1994, p55.

précédent sommaire suivant