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Transfert des armes légères et de petit calibre et conflits armés: le cas des Philippines

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par Salamane YAMEOGO
Institut de hautes études internationales et du développement Genève - Master of Arts in Developpment Studies 2009
  

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II. L'ARMEMENT, UN FACTEUR NON NEGLIGEABLE DU CONFLIT A MINDANAO

La relation entre l'armement et les conflits armés est assez discutée au sein de la doctrine. Les armes sont une source de développement pour certains alors que d'autres les voient comme des engins conduisant aux conflits. Toutefois, si ce débat a sa place d'être, il reste que tous reconnaissent que la prolifération des armes amplifie les conflits. Particulièrement l'affluence des ALPC constitue un facteur de conflit. Cela est d'autant plus vrai car depuis un peu plus de ces deux dernières décennies, sur quarante neuf (49) conflits, quarante sept (47) sont menés au moyen d'armes légères. Sept cent (700) millions d'Armes Légères et de Petits Calibres (ALPC) circulent dans le monde, dont la moitié entre les mains de civils : si l'on ramène ce chiffre à la population mondiale, un humain sur neuf détient un engin de mort5. Chaque année, les armes tuent en moyenne plus d'un demi-million d'hommes, de femmes et

5 Laurent LÉGER, Trafics d'armes : enquête sur les marchands de mort, Flammarion, 2007 p.10

Transfert des Armes Légères et de Petit Calibre et Conflits armés : Le cas des Philippines

d'enfants. Des milliers d'autres personnes sont mutilées, torturées ou contraintes de fuir de chez elles. La prolifération, la disponibilité et l'emploi aveugle d'armes légères et de petit calibre (A.L.P.C.) ont déstabilisé les régions; alimenté et prolongé les conflits; favorisé l'émergence de nouveaux conflits; rendu les conflits plus mortels; exacerbé le déplacement de familles et de communautés; compromis la valeur et la dignité de la vie humaine; stimulé une culture de la violence; entravé les initiatives de secours et l'action humanitaire; compromis l'espoir d'une bonne gestion des affaires publiques; conduit à l'effondrement de l'État, et empêché la consolidation de la paix ainsi que le développement économique et social. Dans les pays déchirés par les conflits, les gouvernements qui consacrent aux armes de guerre des ressources déjà limitées auront, à terme, du mal à tenir leurs engagements en matière d'éducation, de soins de santé et de logements corrects - qui sont des droits économiques, sociaux et culturels reconnus au niveau international6.

Ces armes sont tellement destructrices que Koffi Annan les a qualifiés de « d'Armes des Destruction Massive >>. En un mot, elles sont au coeur des conflits armés comme celui qui a cours à Mindanao. Mais, comment les différentes factions se procurent des ALPC ? En réalité, il y a diverses sources d'approvisionnement. D'une part, la production locale et artisanale (1) et, d'autre part, les transferts internationaux tant en faveur des forces gouvernementales qu'en faveur des factions rebelles (2).

1. La circulation locale des ALPC

S'approvisionner en armes et en munitions représente une des préoccupations de taille des
groupes armés non étatiques dont les groupes armés rebelles. La régularité et la fiabilité de la
logistique sont fréquemment les points critiques de ces mouvements. Depuis la seconde

6« Droits de l'Homme »,

7

http://www.eda.admin.ch/etc/medialib/downloads/edazen/doc/publi.Par.0225.File.tmp/DroitsHommefr.pdf, consulté le samedi 3 mai 2008 à 10h 25

guerre mondiale, s'est développé un artisanat de production d'armes basé sur l'usage de pièces de plomberie. Ces fusils à un coup appelés « Slam Bang " ou « Paliuntod Gun " sont produits en grande quantité sur l'île de Luçon. Le Paliuntod engendrera le développement d'armes plus sophistiquées, utilisant des munitions de chasse, les « Paltik Guns ", généralement à un coup. Aux Philippines, dès 1972, avec l'application de la loi martiale par le président Marcos, la production artisanale d'armes s'est éteinte pour céder la place aux armes d'importation, plus puissantes et plus fiables, comme le M-16 américain, ou le FN FAL belge. Cependant, cette fabrication artisanale des ALPC n'a pas complètement cessé. Elle s'opère dans la clandestinité surtout dans les zones sous contrôle rebelles. Selon Merliza M. Makinano et Alfredo Lubang (2001), dès 1969, le MNLF en plus d'avoir été soutenu de l'étranger, notamment sous forme de livraisons d'armes et d'entraînement militaire s'approvisionne principalement à partir de sources d'armes à feu illégales à Mindanao comme les armes perdues au cours d'opérations militaires ou policières, la fabrication clandestine, la contrebande, et la fabrication par les rebelles eux-mêmes. Ainsi, ils affirment qu'en 1998, selon les chiffres publiés par la police, quelque 329 985 armes à feu se trouvaient dans le pays, entre les mains d'amateurs d'armes à feu, de chefs de guerre politiques, de bande criminelles, et même de fonctionnaires et d'agents du gouvernement. À Mindanao, les particuliers possèdent des armes à feu pour leur sécurité, pour le pouvoir et le prestige, ainsi que pour des raisons socio-économiques. On dit aussi qu'il est dans la « culture >> des musulmans de posséder des armes à feu, car les musulmans de cette région associent souvent le droit de posséder des armes à feu à leur patrimoine religieux. En outre, l'accès facile aux armes et leur bas prix contribuent à leur prolifération. La contrebande des armes est également répandue, en raison de la configuration géographique du pays, des bénéfices énormes à réaliser, de la connivence de plus en plus courante entre les syndicats criminels et les agents de police, et de la participation de familles politiquement influentes. Encore aujourd'hui,

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malgré les efforts des gouvernements, les armes à feu prolifèrent à Mindanao (Merliza M. Makinano et Alfredo Lubang 2001). Ils renchérissent en ces termes « As of June 1999, military intelligence statistics suggested that there were 11,777 firearms in the possession of the Southern Philippines Secessionist Groups alone (i.e., MILF, Abu Sayyaf, and NICC/MILO), up from 4,300 in 1976 (prior to 1996 figures include the MNLF). Its peak number of 17,800 firearms in 1995, dropped to 7,230 in 1996 but is steadily rising since then. These statistics, however, do not include the firearms in the possession of communist insurgents, criminal syndicates, political clans or individuals ».

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