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Notion de système formel. Prolégomènes à  une logique cognitiviste à  partir de Donald Davidson

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par Tamis Muamba Ngueshe
Université de Kinshasa - Licence 2010
  

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II.1.4. Autres limites

De l'avis de Léo Apostel, «D'une part, la syntaxe présuppose la pragmatique, d'autre part la sémantique présuppose, elle aussi, la pragmatique tandis que la pragmatique elle-même présuppose une théorie générale de l'action ou praxéologie ; enfin cette théorie générale de l'action peut et doit utiliser les données syntaxiques et sémantiques parce qu'elle peut et doit être structurelle »(56(*)). Pareille entreprise, c'est justement ce que Pascal Engel, à la suite de Donald Davidson, appelle théorie unifiée du langage et de l'action.

A notre humble avis, cette manière dont les logiciens ont eu à séparer la syntaxe de la sémantique n'est pas fondée, car la syntaxe appelle nécessairement la sémantique et il ne saurait y avoir de sémantique sans syntaxe. En clair, les relations des expressions entre elles en appelle à leur sens et à leur signification. Pierre Steiner note que : « Ce qu'il importe de comprendre ici, c'est que la syntaxe a une priorité sur la sémantique. L'un des slogans cognitivistes est : occupez-vous de la syntaxe et la sémantique s'occupera d'elle-même »57(*). Bref, les propositions ont des propriétés syntaxiques et sémantiques, il ne saurait en être autrement.

Aussi, la question de l'usage des modèles et des mondes possibles, nous entraine au coeur de la pragmatique. Cette pragmatique est assez explicite dans la sémantique intensionnelle. Celle-ci se propose de faire la distinction entre le sens et la signification, entre ce qui est nommé ou dénoté par un terme et ce qu'il signifie lui-même.

En effet, quand on passe à l'usage des expressions, c'est-à-dire on cherche à savoir dans quel monde possible elles sont vraies ou fausses, on est déjà dans la pragmatique, ne serait-ce que celle des propositions dites douées de sens ou des énoncés constatifs ou encore des actes illocutoires à but assertif.

Il nous devient maintenant clair que la syntaxe et la sémantique ouvrent la voie, mieux dépendent de la pragmatique. Léo Apostel souligne ce fait en ces termes : «Il en ressort que deux disciplines bien constituées sont donc, contrairement à toute bonne règle, tributaires d'une troisième discipline fort mal élaborée et qu'il est très difficile de définir : la pragmatique. Nous en tenant à la définition reçue du terme, une affirmation sur le langage sera pragmatique dans la mesure où elle mentionnera essentiellement les usagers du langage, c'est-à-dire les personnes qui communiquent les unes avec les autres à l'aide de celui-ci. »58(*)

Il sied de révéler aussi une chose très importante, à savoir : Les actes du discours ne sont possibles que parce que l'homme est capable d'actions. en clair, il n'est pas possible de développer une théorie pragmatique sans envisager l'ensemble des actions possibles d'un individu, l'ensemble des signes que l'individu peut émettre ou recevoir et le choix que le signe opère dans cet ensemble d'actions.

Par conséquent, la pragmatique présuppose toujours une théorie générale de l'action. Une fois de plus, nous tombons dans la théorie unifiée du langage et de l'action de Donald Davidson.

En ce vingt et unième siècle, siècle caractérisé par l'exigence de la complexité de la pensée, les logiciens se doivent de construire des systèmes formels qui prennent en compte cette complexité, à la manière de Daniel Vanderveken et des autres. C'est justement dans cette ligne que nous inscrivons cette logique que nous voulons, de tout notre coeur, cognitiviste.

Voyons maintenant comment dépasser toutes les limites évoquées ci-haut.

* 56 Léo APOSTEL, « syntaxe, sémantique et pragmatique » in encyclopédie de la pléiade, Paris, Gallimard, 1967, p.295

* 57 Pierre STEINER, « Introduction au cognitivisme et aux sciences cognitives » in http:// labyrinthe.revues.org/index754. html, p.7.

* 58 Léo APOSTEL, op.cit, p.303

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