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Les constructions anarchiques dans les quartiers Kimbangu I et Yolo-Nord III le long de la rivière Kalamu:étude d'impact environnemental et social

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par Joėl KYANA
Institut du bà¢timent et des travaux publics  - Gradué en urbanisme 2010
  

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SIGLES ET ABREVIATIONS

BEAU : Bureau d'Etudes d'Aménagement et d'Urbanisme

OCA : Office des Cités Africaines

POS : Plan d'Occupation de Sol

SDAU : Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme

RDC : République Démocratique du Congo

OTRACO : Office de Transport Congolais

OCC : Office Congolais de Control

OCI : l'Office des Cités Indigènes

O.M.S : Organisation Mondiale de la Santé

ONATRA : Office Nationale de Transport

ZAC : Zone d'Auto Construction

PNA : Programme National d'Aménagement

INS : Institut National de Statistique

INTRODUCTION

0.1 PROBLEMATIQUE

L'Urbanisation est un phénomène universel et a connu une accélération particulière en Afrique. Cette croissance forte s'est faite dans un contexte économique particulier marqué, ces dernières années par des politiques de rigueur.

L'Afrique présente un taux d'urbanisation faible (37% en 2000)1(*), mais c'est aussi un continent où les villes se développent le plus rapidement (+ 4,4% par an)2(*). Deux facteurs majeurs expliquent cette poussée urbaine: l'exode rural (le manque de terres, les conditions de vies difficiles ; l'absence d'encadrement médical et scolaire incitent les paysans à rejoindre les villes) et l'accroissement naturel (la population urbaine est globalement jeune, le taux de natalité élevée).

Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo n'est pas épargnée de ces facteurs. Cette dernière comptait jadis plus ou moins 400 000 habitants (1960), compte à ces jours plus de 8 042 455 habitants3(*).

Naguère, l'urbanisation de la ville répondait au plan d'aménagement régulièrement élaboré et approuvé par le service spécialisé de la colonie. Dans l'entre temps, on suivait l'évolution et la croissance démographique de la ville ; en contrôlant le mouvement de la population, pour maintenir l'équilibre. Mais après l'accession du pays à l'indépendance, un climat d'insécurité a régné dans toute la République. Ce qui a occasionné l'exode rural et la ville va connaitre une croissance rapide de la population urbaine. Cette explosion démographique a entrainé une extension considérable de la ville en dehors d'un cadre d'organisation préalablement défini.

Depuis 1975, le Bureau d'Etude d'Aménagement et d'Urbanisme (B.E.A.U.) avait élaboré des plans d'aménagement pour toutes les villes de la République et celle de la ville de Kinshasa en particulier. Ces plans avaient pour mission d'orienter et de maitriser le développement urbain. Dans ce plan, le B.E.A.U. avait déterminé les différentes zones d'implantation et leurs activités. Au cours des années, les difficultés sociales provoquées par la crise économique et politique donnent une nouvelle dimension à la question de logement pour la population dans la capitale.

Ce problème de logement dans la ville de Kinshasa se pose avec acuité, dans ce sens que ce secteur n'est pas structuré pour devenir un des secteurs clés de l'économie nationale.


En effet, l'économie nationale n'intègre pas le secteur de logement dans les structures génératrices des recettes, et capable de créer des débouchés pour des emplois nouveaux, comme dans nombre de pays à travers le monde. Les pays comme la France, le Canada, les USA, l'Espagne, I' Australie, l'Afrique du Sud et bien d'autres mobilisent plus de 50% des ressources budgétaires dans le secteur de logement. Ils ont ainsi conclu de véritables politiques d'habitation pour diriger l'action politique de leurs gouvernements et créer de grandes banques d'investissements pour soutenir les secteurs immobiliers.4(*)

Par l'absence de cette politique de logement dans la ville, la gestion de l'espace organisé et urbanisé en RDC pose problème. L'Etat congolais ne fait aucun effort pour aménager ses villes. Depuis le départ des colonisateurs, aucun changement considérable n'est enregistré dans la réhabilitation des infrastructures immobilières héritées de la colonisation. Les villes gardent leur aménagement des années 50 et 60, alors que la pyramide des âges a complètement changé. Ainsi, on voit apparaître dans nos villes et plus particulièrement dans la ville de Kinshasa un nouveau phénomène: « Les constructions anarchiques ».

Les besoins croissants en logement justifient la crise de celui-ci dans la ville de Kinshasa. La réponse partielle et inefficace à cette crise se trouve dans des constructions anarchiques sans impact réel dans le social des congolais. A cette crise s'ajoute : l'absence d'une planification concertée qui en compte la réalité socio-économique, l'absence de revenus et d'emplois, l'inexistence d'une banque d'investissement immobilier, ainsi que la concentration de la population dans un espace très renduit, avec un taux d'encombrement et de promiscuité.

Les constructions anarchiques constituent donc une réponse partielle et inefficace à la crise de logement, qui sévit plus dans les milieux des catégories des personnes ayant un pouvoir d'achat faible et limité. C'est ainsi que ces constructions anarchiques vont en s'accélérant rapidement sur tout le long des grandes routes, des chemins de fer, des lignes à hautes tensions et des abords de cours d'eau.

Cette situation va entrainer l'apparition des catastrophes naturelles comme les inondations, les érosions, les ensablements,... qui résultent d'une part, des constructions et occupations désordonnées sans tenir compte des normes urbanistiques élémentaires.

Le désengagement de l'autorité en place en distribuant les parcelles partout sans tenir compte de l'affectation prévue dans le schéma directeur, dans le but lucratif ; le manque de vulgarisation de la loi en matière d'Urbanisme et même d'accompagnement pour faire respecter la loi, rendent l'Etat congolais responsable de l'anarchie que nous déplorons tous.

Kinshasa est traversée par une série de rivières en direction Sud- Nord se jetant dans le fleuve Congo. La rivière Kalamu qui fait l'objet de l'étude, est l'unique cours d'eau qui traverse les communes du Nord et du Sud et provoque des inondations pendant des fortes pluies. De ce fait elle se trouve dans un état de vulnérabilité avancée, elle constitue une zone de concentration des eaux où il y a absence des infrastructures de canalisation et d'assainissements du milieu. Pire, l'occupation dans la berge de la rivière a été faite par des chefs des terres au mépris des toutes règles urbanistiques.

Il y a donc eu violation des servitudes de cours d'eau, qui a fait qu'on a même construit parfois à moins de 5 mètres de berge sans que l'autorité locale réagisse ou prenne des mesures prévues par la loi. Ce fut une façon d'exposer la population à des risques symbolisées parfois par la pollution, l'insalubrité, les maladies hydriques causées par les inondations. Ainsi la berge de la rivière s'est taudifiée avec des constructions non assistées, avec tous leurs corollaires.

* 1 ONU 2002

* 2 Idem

* 3 Léon de saint Moulin, 2006

* 4 Crise de logement en République Démocratique du Congo ; Digital congo.net 2009

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