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Les déterminants de l'inflation en RDC

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par Béridabaye Ndilkodje
ISSEA - Ingénieur d'application de la statistique 2007
  

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CHAPITRE 2 : ÉCONOMIE CONGOLAISE

Le Congo-Bazzaville ou république du Congo (par opposition au Congo-Kinshasa ou République démocratique du Congo) est un État d'Afrique équatoriale limité à l'ouest par l'océan Atlantique et le Gabon, au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, à l'est et au sud par l'ex-Zaïre (ou République démocratique du Congo).

L'économie congolaise est dominée par le secteur pétrolier qui a fortement supplanté la foresterie, l'agriculture et l'industrie. Déjà, dans les années 80/90, et malgré une production en régulière progression, le pays subissait les revers de la crise économique mondiale et surtout la baisse du coût du baril de pétrole et du dollar. Devant cette situation, il a fallu recourir à des réformes pouvant aider le pays à faire face à ses obligations contractuelles vis-à-vis de ses créanciers extérieurs et intérieurs et renouer avec une croissance économique annuelle d'environ 4 %. Mais dans les années 1990, ce pays replongeait dans une nouvelle phase de crise accentuée par des conflits socio-politiques qui ont débouché sur un cycle de guerres. L'économie du Congo régressa fortement, avec l'anéantissement des efforts de redressements déjà entrepris.

3.1. Évolution du PIB au prix du marché

Le graphique ci-dessous illustre l'évolution du PIB au prix du marché de la République Congolaise au cours de la période 1960-2006.

Figure 1 : Évolution du PIB au prix du marché au cours de la période : 1960-2006

Source : WDI et CNSEE

L'observation de la figure ci-dessus met en évidence une évolution assez irrégulière de la valeur du PIB durant la période 1960-2006. Nous remarquons que la croissance est assez faible durant la période allant de 1960 à 1978. Mais à partir des années 80, apparaît une forte hausse croissante du PIB, croissance qui sera interrompue en 1986 pour ne reprendre son cours que trois ans plus tard.

En effet, au cours de la première moitié des années 80, l'économie congolaise a enregistré une légère expansion économique. Cette évolution a été rendue possible grâce au contexte favorable du marché pétrolier. L'augmentation des recettes d'exportation procurées par le secteur pétrolier et la hausse correspondante des recettes budgétaires, ont conduit les autorités à lancer un vaste programme d'investissement (plan quinquennal 1982-1986) visant à jeter les bases d'un développement économique durable, axé sur le développement des infrastructures et le renforcement du potentiel productif. Le financement de ce programme a été principalement réalisé grâce à l'accroissement des recettes budgétaires et aux emprunts dont la mobilisation a été rendue possible par la capacité d'endettement procurée par les perspectives d'importantes ressources pétrolières. De nombreux projets dans divers secteurs de l'économie ont été lancés grâce à l'accroissement de ces ressources. Le taux de croissance du PIB en termes réels a atteint en moyenne annuelle 11, 5 % sur la période 1980-19855(*).

En 1985, à la suite de la basse conjoncture du secteur pétrolier, la croissance des recettes tirées de l'activité pétrolière s'est ralentie. Il est donc apparu un déséquilibre aussi bien sur le plan budgétaire que sur les transactions avec l'extérieur. Afin de réduire ce déséquilibre économique, les autorités ont alors décidé en juin 1985, la mise en oeuvre d'un programme d'ajustement structurel.

Mais, face à la baisse continue du prix du baril de pétrole qui est passé de 27,4 $ US en 1985 à moins de 12,7 $ US en 1986 conjuguée à l'effondrement du cours du dollar, les autorités ont ensuite négocié avec le FMI en 1986 un accord de confirmation assorti des mesures de stabilisation des finances publiques. Deux programmes, celui de 1986-1987 soutenu par le FMI et l'autre 1987-1988 cofinancé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Caisse Centrale de Coopération Économique (CCCE), ont tenté de réduire les déséquilibres économiques.

Afin de promouvoir l'activité du secteur privé, la stimulation portait sur la création d'un environnement propice à l'initiative privée, axée principalement sur la libéralisation du commerce, l'incitation à l'investissement, la restructuration du secteur bancaire.

La politique sectorielle avait donc comme principal objectif de jeter les bases d'une diversification de l'économie. Les actions envisagées ont porté sur l'agriculture, la filière bois, le secteur éducatif et le transport.

La première moitié de la décennie 90 avait connu la formulation du plan d'action économique et social (PAES, 1990-1994) qui n'a pas connu un début d'exécution à cause des vagues des revendications sociales de 1990.

La conférence nationale souveraine tenue au premier semestre de 1991 avait fait entre autres la recommandation sur la libéralisation de l'économie. Mais l'accord triennal signé par le gouvernement de l'époque avec les institutions de Bretton Woods et devant couvrir la période 1996-99, a dû être arrêté par le fait de n'avoir pas réuni les conditions de réalisation des critères de performances et respecté les conditionnalités assorties à ce programme. Ainsi la croissance de l'économie positive en 1991 et 1992 (respectivement +2,4 % et +2,6 %) a été négative en 1993 et 1994 (-0,8 % et -4,5 %) avant de se redresser en 1995 (+2,6 %) et de s'accélérer en 1996 (+6,4 %). Ces fluctuations sont dues, principalement, à la croissance de la production pétrolière (+13,2 %) dont, la contribution à la formation du PIB se situant à plus de 40 % ; la croissance des activités hors pétrole étant en dessous de 3 % en 1995 et 1996 ( contre -4,4 % en 1993 et -7,2 % en 1994).

En somme, de 1992 à 1997, l'économie a connu de sérieuses difficultés parmi lesquelles :

ü infrastructures de base en ruine faute d'entretien ;

ü état de délabrement avancé des entreprises publiques ;

ü dette publique explosive dont une partie gagée sur les recettes pétrolières.

En juin 1997, la guerre civile imposée par le précédent régime a détruit la quasi totalité du tissu économique et social en particulier celui de la région de Brazzaville. Les destructions ont été estimées à près de 500 milliards de FCFA pour cette région. Et, lorsque la guerre s'achève en octobre 1997, le nouveau gouvernement a mis en place un programme d'urgence de reconstruction de cent (100) jours pour restaurer l'environnement infrastructurel de base et la sécurité à Brazzaville. Afin d'améliorer l'environnement politique garantissant la relance économique, le gouvernement s'est attelé en janvier 1998 à organiser un forum national ayant permis de réconcilier les différentes sensibilités politiques du pays. En juin 1998 de la même année, un programme post conflit a été conclu avec les institutions de Bretton Woods. Mais malheureusement, l'effort d'investissement réalisé par le gouvernement à hauteur de 51,3 milliards sur fonds propres a été annihilé par la résurgence du conflit armé de décembre 1998 jusqu'au milieu de l'année 1999, retardant ainsi la poursuite des réformes et l'amorce des grands travaux de reconstruction. La croissance réelle de l'économie estimée à 3,7 % en 1998 (contre -2,4 % en 1997) s'est établie à -3,2 % en 1999. Au cours de cette dernière année, la croissance des activités du secteur non pétrolier s'est chiffrée à -9,6 %.

Depuis la stabilisation politique en 2002, l'économie congolaise a connu un ralentissement avec un taux de croissance du PIB de 2,4 % contre 3,2 % et 8,2 % en 2001 et 2000. Cette croissance a été essentiellement tirée par le secteur non pétrolier (8,5 %) notamment la sylviculture et l'exploitation forestière (27,5 %) avec l'application des nouvelles mesures fiscales dans ce secteur. Les industries manufacturières ont aussi contribué à la croissance à hauteur de 17,0 %. Les résultats du secteur pétrolier ont contribué à peser sur la croissance (-1,5 % contre-7,5 % en 2000).

L'exploitation de ses ressources naturelles, notamment le pétrole, a contribué pour plus de la moitié du PIB en 2005 et 90 % des recettes d'exportation en 2004. Cette dominance des industries extractives cache l'importance relative des autres activités dans l'économie congolaise, surtout en termes d'emploi. Par exemple, l'exploitation des ressources forestières ne contribuait que 1 % au PIB, mais occupait 11 pour cent des salariés en 20036(*). En raison des contraintes à l'offre (par exemple, le mauvais état des infrastructures de transports, la non disponibilité d'intrants tels que l'électricité, et le système financier tourné principalement vers les activités d'import-export), la contribution du secteur manufacturier à la formation du PIB reste faible.

Les services, notamment le commerce et les transports, comptaient pour environ 28 % du PIB du Congo en 2005. L'un des principaux avantages comparatifs du Congo est le Port Autonome de Pointe-Noire (PAPN). En effet, ce port en eau profonde, par où sont évacués les hydrocarbures; pourrait éventuellement permettre au pays de jouer un rôle important dans le commerce de transit de la sous région. Mais malheureusement, les infrastructures nécessaires à la pleine exploitation de cet atout, notamment le réseau routier et le chemin de fer, sont en mauvais état lorsqu'elles existent. La mise à niveau de ces infrastructures constitue un axe central de l'action de l'État, selon le Document intérimaire de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-I).7(*)

En somme, nous remarquons que la formation du PIB congolais est due à contribution des trois secteurs de l'économie d'après la classification internationale type (CIT) des Nations Unies. La figure 2 ci-dessous illustre l'évolution de la contribution annuelle de chaque secteur d'activités à la formation du PIB.

Figure 2 : Répartition du PIB au prix du marché par secteur d'activité

Source : Direction de la comptabilité nationale

Nous remarquons que la formation du PIB congolais est due essentiellement aux contributions relatives des secteurs secondaire et tertiaire. Il s'agit en effet du :

ü secteur primaire : agriculture, élevage, chasse, pêche, sylviculture et exploitation forestière ;

ü secteur secondaire : industries extractives, industries manufacturières, électricité et eau, bâtiments et travaux publics ;

ü secteur tertiaire : commerce, restaurants et hôtels, transports et communications, services marchands non déclarés ailleurs et services non marchands.

À ces activités économiques on associe les recettes fiscales qui contribuent aussi à la formation du PIB.

* 5 Ministère de l'économie, des finances et du budget

* 6 OMC (2006)

* 7 OMC, op cit P.2

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