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Politique coloniale de lutte contre le paludisme. Cas de l'ancienne province de Léopoldville (1888-1960)

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par Leslie SABAKINU LUKWIKILU
Université de Kinshasa RDC - Licence en sciences historiques 2011
  

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CHAPITRE I. NOTIONS GÉNÉRALES SUR LE PALUDISME

En vue d'avoir une connaissance plus claire sur le paludisme, nous avons jugé intéressant d'exposer certaines notions générales sur cette maladie. Notre attention portera sur l'historique de la maladie, ses causes et symptômes, les modes de transmission de la maladie ainsi que les différents traitements utilisés.

I.1. Definition

Le paludisme (du latin paludis, marais ), appelé aussi malaria (de l'italien mal'aria, mauvais air ), est une maladie parasitaire potentiellement mortelle causée par un protozoaire du genre Plasmodium, transmise { l'homme par la piqûre de certaines espèces de moustiques, les anophèles. Le paludisme touche aujourd'hui les régions tropicales et subtropicales, et il est responsable de plus d'un million de décès. Il demeure la maladie la plus importante en Afrique Subsaharienne et concerne majoritairement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes48.

I.1.1. Concepts de malaria et de paludisme a) Malaria

Malaria et paludisme sont les deux termes compris partout, et les plus communément utilisés pour désigner la maladie dont nous parlons. De ces deux vocables, le premier impose { l'esprit l'idée de mauvais air, l'autre celle des marais, c'està-dire les deux causes étiologiques invoquées depuis des siècles pour expliquer les fièvres périodiques que nous identifions aujourd'hui au paludisme. Il était naturel, étant donné la fréquence de la maladie en Italie et les nombreuses observations qui y ont été faites, que la référence au « mauvais air » ait trouvé son expression dans ce pays. Il semble que ce soit au Moyen-Age que les deux mots mala et aria ont été réunis, en un seul, malaria, qui ne désignait d'ailleurs pas la maladie mais la cause la provoquant.

48 Encyclopédie du Congo belge, tome III, Bruxelles, éd. Bieleveld, 1951, p. 86.

Le terme s'est maintenu jusqu'{ nos jours en langue anglaise. D'après les recherches de P. F. Russel (en 1955), le mot malaria aurait été écrit pour la première fois « en anglais » en 1740 par Horace Walpole à l'occasion d'un voyage en Italie et pour désigner la cause d'une « mortalité >> annuelle et c'est seulement en 1743 qu'il serait apparu dans un texte médical italien publié à Rome par F. Jacquier. Mais le Dictionary of English Language, dans son édition de 1827, ne fait pas encore figurer le mot malaria. Et c'est Macculloch (1775-1835) qui fut vraisemblablement le premier auteur médical anglais à utiliser le terme, qu'il déclare emprunter { l'italien, dans son ouvrage, écrit en 1828, intitulé Malaria ; an essay on the production and propagation of this poison49.

b) Paludisme

Le Dictionnaire de l'Académie Française par J. B. Coignard en 1694 mentionne bien marais et « marécage », mais il ne comprend ni « palus », ni « palud ». Alors que le Dictionnaire de l'ancienne langue française par Godefroy (1888) fait dater « palustreuse » de 1485, « paludeux » de 1491, « palustre » de 1528, « paludineux » de 1530. Le Dictionnaire étymologique de Dauzat (1958) indique 1505 pour « palustre ».

Il s'agit toujours pour chacune de ces expressions soit de ce qui a trait { la nature du marécage, soit encore de ce qui y vit ou croît (hommes, plantes). Il ne sera pas question avant longtemps de maladie pouvant avoir un rapport avec le « palud ».

Ce n'est qu'aux environs de 1840 que l'adjectif « paludéen >> commence { apparaître dans la littérature médicale associée { fièvre ou maladie. Ce n'est qu'en 1851 que le Nouveau Dictionnaire lexicographique et descriptif des Sciences Médicales et Vétérinaires (RaigeDelorme, Boulet, Daremberg) inclut « paludéen » avec la définition suivante :

Paludéen, adj. (de palus, marais) : qui a un rapport aux marais, qui est causé par les effluves marécageux ; miasmes paludéens ; affections, fièvres paludéennes50.

Le mot paludéen n'est admis { l'Académie Française qu'en 1878 en même temps que son synonyme « palustre >>. Quant au mot « paludisme >>, il n'apparaît toujours pas. Par exemple, il n'existe pas dans le Grand Dictionnaire Universel de Pierre Larousse de

49 DEBACKER, Paludisme: Historique, Mythes, Croyances et idées reçues, Thèse de Doctorat, Université de Paris XII Val de Marne, Créteil, 2000, p.19.

50 Idem, p. 20.

1874. En revanche, « impaludisme >> que l'on commence { lire dans les rapports médicaux et les communications à partir de 1846, est défini en 1873 comme un << état général de l'économie, avec prédisposition aux affections intermittentes de la rate, amené par les séjours dans les marais51. Il faudra attendre 1857, date à laquelle on retrouve le mot paludisme sous la plume de F. Jacquot, médecin militaire appartenant au Corps d'Occupation des Etats Romains. Mais pour lui, le terme paludisme semble toujours (comme impaludisme) se rapporter plutôt à la cause provoquant les fièvres intermittentes qu'{ la maladie elle-même. En 1867, A. Verneuil, chirurgien de l'hôpital Lariboisière, parlant au Congrès international de Médecine de Paris des patients, dit : <<...l'opéré est(...) imprégné d'un poison comme dans la syphilis, le paludisme, la diphtérie, les fièvres éruptives et typhoïdes... ». Et voici le paludisme inclus, sous ce nom, en tant que maladie parmi d'autres affections déjà reconnues52.

En 1881, toujours Verneuil, dans une série d'articles publiés dans la Revue de chirurgie, dit à propos des divers synonymes employés, (fièvre intermittente, fièvre palustre, paludisme, impaludisme, malaria, tellurisme), qu'il préfère le terme paludisme comme plus court et plus clair et parce qu'il est possible d'en tirer le mot paludique qui s'applique aux personnes et aux choses. Toutefois, en cette même année 1881, dans deux communications { l'Académie des Sciences et { l'Académie de Médecine, Alphonse Laveran continue d'employer fièvre palustre et impaludisme.

En 1884 enfin, dans son Traité des fièvres palustres avec descriptions des microbes du paludisme, Laveran écrivait dans son introduction :

<< Les mots paludisme, paludique, qui ont été adoptés par Monsieur le professeur Verneuil (...) me paraissent excellents pour désigner l'ensemble des troubles morbides produits par les microbes des fièvres palustres et les maladies qui sont sous le coup de ces troubles morbides ». En 1907, il souhaitait dans son Traité du paludisme que le mot paludisme soit employé de préférence à ses nombreux synonymes. Il écrivait : << Le mot paludisme a été préconisé par Verneuil. (...) Il est devenu familier au public médical et je l'ai inscrit sans hésiter en tête de ce livre ». De fait, à cette date, le mot paludisme était déjà entré dans l'histoire de la médecine tropicale53.

51 MBALANDA, L.W., Op. cit, p. 53.

52 DEBACKER, Op. cit, p. 20.

53 Idem, p. 21.

La date officielle, sanctionnée par les dictionnaires, de l'entrée du mot dans la langue française est fixée à l'année 1884. Il apparaît dans le Dictionnaire Encyclopédique d'A. Dechambre.

Il fallut toutefois attendre 1920 et la 7° édition du Dictionnaire des termes techniques de Médecine par M. Garnier et V. Delamare pour voir accolé au mot paludisme le nom de A. Verneuil, le chirurgien auquel revient le mérite de l'avoir préconisé et fait adopté par Laveran lui-même54.

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