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Evaluation des dégàąts causés par l'exploitation forestières sur les tiges d'Avevir: cas de l'ufa 10 060 de la SCTB, est Cameroun


par Lionel Constantin FOSSO
Université de Dschang, FASA - Ingénieur des Eaux, Forêts et Chasses/Master II Professionel 0000
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE DE DSCHANG/ UNIVERSITY OF DSCHANG

FACULTE D'AGRONOMIE ET DES SCIENCES AGRICOLES

FACULTY OF AGRONOMY AND AGRICULTURAL SCIENCES

DEPARTEMENT DE FORESTERIE/ DEPARTMENT OF FORESTRY

SCTB-SARL/ Direction/ Département Administratif/ BP 695 Yaoundé/ Tél. 22 31 29 32/ Fax 22 31 29 33/ Email secretariat@sctb-cam.com

Thème :

EVALUATION DES DEGÂTS CAUSES PAR L'EXPLOITATION FORESTIERE SUR LES TIGES D'AVENIRS : CAS DE L'UFA 10 060, AAC 2-4 DE LA SCTB, EST CAMEROUN

Protocole de recherche pour mémoire de fin d'étude d'ingénieur de conception des eaux, forêtsechasses.

Mémoire rédigé en vue de l'obtention du diplôme d'Ingénieur de Conception des Eaux, Forêts et Chasses

Soumis par :

FOSSO LIONEL CONSTANTIN

Matricule CM04-07ASA0102

15e Promotion

Superviseur : Encadreurs :

Pr. MPOAME MBIDA Mr NOUTACKDIEWOU/ Mr EMBOLO

Professeur, Faculté des Sciences Responsables Cellule d'Aménagement SCTB

Co-superviseur

Dr BOBO KADIRI Serge

Chargé de cours au DEPFOR, FASA

Février 2013

FICHE DE CERTIFICATION DE L'ORIGINALITE

Je soussigné, FOSSO Lionel Constantin, certifie que le présent mémoire est le fruit de mes propres travaux effectués dans l'Unité Forestière d'Aménagement 10 060, exploitée par la Société Camerounaise de Transformation du Bois, précisément dans l'Assiette Annuelle de Coupe 2-4, située dans le département du Haut Nyong, Arrondissement d'Abong-Mbang dans la région de l'Est-Cameroun. Cette étude s'est déroulée sous la supervision scientifique du Pr. MPOAME MBIDA, sous la co-supervision du Dr BOBO KADIRI Serge et sous le double encadrement de Mr NOUTACKDIEWOU Hilaire et de Mr NTO. Ce mémoire est authentique et n'a été l'objet d'aucune présentation antérieure pour l'acquisition de quelque grade universitaire que ce soit.

Visa de l'auteur Visa du Superviseur

Date : Date :

Visa du Co-superviseur Visa du chef de département

Date : Date :

FICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCE

Le présent mémoire a été revu et corrigé conformément aux observations du jury.

Visa du Président du jury Visa du Superviseur

Date : Date :

Visa du Co-superviseur Visa du chef de département

Date : Date :

DEDICACE

A ma famille :

- Mon père M. Kamgan Yarro Michel,

- Ma mère Mme Maténe Géneviève,

- Mes frères, soeurs, oncles et tantes,

Pour leurs efforts louables dont voici le fruit.

REMERCIEMENTS

L'occasion m'est ici donnée de remercier tous ceux qui de près ou de loin m'ont apporté leur soutien moral et matériel pour la réalisation du présent mémoire. Je pense particulièrement :

- Au Seigneur Dieu tout puissant sans qui rien de tout ceci n'aurait pu exister.

- A Prof. FOMETHE Anaclet, Recteur de l'Université de Dschang, pour m'avoir inspiré.

- A Prof. MANJELI Yacouba, Doyen de la FASA, pour l'encadrement et le soutien pendant ces cinq années.

- Aux formateurs de la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles de l'Université de Dschang, en particulier ceux du Département de Foresterie.

- Au Prof. MPOAME Mbida, Professeur en Faculté des Sciences, pour ses conseils et la supervision du présent mémoire ;

- A Pr. TCHAMBA Martin, Chef de Département de Foresterie, pour avoir innové et apporté un esprit nouveau dans notre formation.

- A Dr. BOBO Kadiri Serge, Chargé de cours au département de foresterie, pour avoir co-supervisé les travaux de ce mémoire et les multiples aides consenties à mon égard.

- A la Société Camerounaise de Transformation du Bois qui a accepté de m'accueillir et de m'encadrer dans le cadre de ces travaux.

- Plus précisément à Monsieur FOKOU BERNARD, président du groupe FOKOU, pour avoir fondé un empire économique pourvoyeur de stages et d'emplois à la jeunesse camerounaise.

- A Madame MOUSSIMA Marie, Directrice Déléguée de la SCTB.

- A Monsieur KENGNI Jean Marie, pour l'encadrement et le soutien.

- A Monsieur NOUTACKDIEWOU Hilaire, pour tout le temps que nous avons passé ensemble, l'encadrement, le soutien, les enseignements et l'initiation à la professionnalisation dans la gestion forestière. Il a été un très bon encadreur professionnel.

- A toute l'équipe du chantier d'exploitation de la forêt de Bonando qui m'a accueilli, m'a intégré et a pu me donner, chacun au gré de ses connaissances, les informations dont j'avais besoin.

- A toute l'équipe de prospection (Anicet, Mbalé, le Sénateur, l'Ancien, Papa Muchacho, et Augustin) avec laquelle tous ces travaux ont été menés.

- A tous les étudiants de la FASA, plus précisément ceux de la 15ième promotion dont j'ai été le délégué pendant toutes les cinq années passées ensemble.

TABLE DES MATIERES

Pages

DEDICACE i

REMERCIEMENTS ii

TABLE DES MATIERES iii

LISTE DES TABLEAUX viiviii

LISTE DES FIGURES viiiix

LISTE DES ANNEXES viiiix

LISTE DES ABBREVIATIONS ixx

RESUME xixii

ABSTRACT xiixiii

CHAPITRE 1: INTRODUCTION 1

1.2 Problématique 2

1.3 Objectifs et hypothèses de l'étude 3

1.3.1 Objectif principal 3

1.3.2 Objectifs spécifiques 3

1.3.3 Hypothèses 4

1.4 Importance de l'étude 4

CHAPITRE 2 : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LA LITTERATURE 6

2.1 Définition de quelques termes 6

2.1.1 Abattage contrôlé 6

2.1.2 Aménagement forestier 6

2.1.3 Aménagement durable 6

2.1.4 Arbre d'avenir (tige d'avenir) 6

2.1.5 Assiette annuelle de coupe (AAC) 6

2.1.6 Certification forestière 7

2.1.7 Concession forestière 7

2.1.9 Déforestation 8

2.1.10 Dégâts d'exploitation 8

2.1.11 Diamètre minimum d'exploitabilité (DME) : 9

2.1.12 Diamètre Minimum d'Aménagement (DMA) : 9

2.1.14 Evaluation de la récolte 9

2.1.15 Exploitation forestière à faible impact (EFI) 9

2.1.16 Exploitation forestière 10

2.1.17 Forêt 10

2.1.18 Gestion durable des forêts 10

2.1.19 Plan d'aménagement d'une UFA 11

2.1.20 Taux de reconstitution 11

2.1.21 Unité forestière d'aménagement (UFA) 11

2.2 Revue de la littérature 12

2.2.1 L'enjeu des recherches dans le domaine de l'impact de l'exploitation 12

2.2.2 Dégâts causés par l'exploitation forestière 13

2.2.3 Impact de l'exploitation forestière 15

2.2.3.1 Installation de la base vie 15

2.2.3.2 Réseau routier 15

2.2.3.3 Abattage 16

2.2.3.4 Débardage 17

2.2.3.5 Parcs à bois en forêt 17

CHAPITRE 3 : MATERIELS ET METHODES 21

3 1. Présentation de la zone d'étude 21

3.1.1 Localisation administrative et géographique 21

3.1.2 Caractéristiques biophysiques de la forêt 22

3.1.2.1 Situation géographique et limites 22

3.1.2.2 les Droits divers 23

3.2 Les facteurs écologiques 24

3.2.1 La Topographie 24

3.3.2 Le climat 24

3.2.3 Géologie et pédologie 25

3.2.4 - L'Hydrographie 26

3.2.5 La végétation 26

3.2.5.1 les formations forestières sur sol ferme 26

3.2.5.2 : Les autres formations et terrains non forestiers 27

3.2.6 : La Faune 27

3.3 L'environnement socio-économique 27

3.3.1 Caractéristiques démographiques 27

3.3.1.1 Description de la population 27

3.3.1.2 Mobilité et migration 28

3.3.2 Activités de la population 28

3.3.2.1 Activités liées à la forêt 28

3.3.2.2 Caractéristiques coutumières 29

3.3.2.3 Activités agricoles traditionnelles 30

3.3.2.4 Activités agricoles de rente 31

3.3.2.5 La pêche 31

3.3.2.6 L'élevage 31

3.3.2.7 La chasse 32

3.3.2.8 La cueillette 32

3.3.2.9 Les sociétés de développement et les GIC 33

3.3.3 Activités industrielles 34

3.3.3.1 Exploitations et industries forestières 34

3.4 Méthode 34

3.4.1. Analyse documentaire 34

3.4.2. Collecte des données du terrain 35

3.4.2.1. Choix du site d'étude 35

3.4.2.2. Inventaire pré-exploitation 35

a)- Sur les routes principales et secondaires 35

b)- Sur le reste de la placette 36

c)- Calcul du taux d'échantillonnage 36

3.4.2.3. Inventaire post exploitation 37

a)- Sur les routes principales et secondaires 37

b)- Sur les parcs à bois 37

c)- Sur les places d'abattage 37

d)- Sur les pistes de débardage 37

3.4.3 Traitement et Analyse des données 38

3.4.3.1. Traitement des données 38

3.4.3.1. Analyse des données 38

CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSIONS 39

4.1. Description du peuplement forestier échantillonné 39

4.2 Quantification des dégâts par opération d'exploitation forestière. 42

4.2.1 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des routes principales 42

4.2.2 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des routes secondaires......... 45

4.2.3 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des parcs à bois 47

4.2.4 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'abattage 48

4.2.5 Dégâts sur le peuplement résiduel dus au débardage 52

4.3 Estimation du taux des dégâts causés par l'exploitation forestière..................................................56

4.4. Pertinence de nos résultats par rapport aux résultats des études menées antérieurement 58

4.4.1 Test de comparaison entre les valeurs observées 61

4.5 Suggestion des mesures de réduction des dégâts 62

Chapitre 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 64

5.1. Conclusion 64

5.2. Recommandations 64

BIBLIOGRAPHIE 67

ANNEXES 75

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Dégâts d'abattage et de débardage en fonction du nombre d'arbres abattus par hectare 216

Tableau 2: Récapitulatif des dégâts en surface 17

Tableau 3 : Impact de l'exploitation de 6,08 m3/ha de bois d'oeuvre sur le peuplement 18

Tableau 4: Impact sur le sol de l'exploitation de 4,738 m3/ha de bois d'oeuvre 19

Tableau 5 : Récapitulatif des zones perturbées. 20

Tableau 6: Répartition des précipitations (mm) et températures (°C) mensuelles moyennes 24

Tableau 7: Répartition mensuelle de l'Humidité relative (%) et de l'Evaporation (mm) 24

Tableau 8: liste des espèces végétales les plus utilisées dans la zone d'étude 33

Tableau 9: les anciennes licences octroyées dans les UFA 10.046; 10.059 et 10.060 34

Tableau 10: Répartition du peuplement forestier échantillonné 39

Tableau 11: Répartition des tiges échantillonnées en fonction du type d'essence et par classe de diamètre 40

Tableau 12: Répartition des tiges détruites par l'ouverture de la route 42

Tableau 13: Répartition des tiges détruites par l'ouverture des routes en fonction de leurs diamètres 43

Tableau 14: Répartition des arbres détruits par l'ouverture de la route en fonction des types de dégâts 44

Tableau 15: Résultats des mesures sur la route principale 44

Tableau 16: Répartition des arbres en fonction du degré de dégât subit 45

Tableau 17: Répartition des dégâts dû à l'ouverture des pistes secondaires 46

Tableau 18: Répartition des arbres endommagés en fonction des types de dégâts 46

Tableau 19: Répartition des dégâts causés par l'ouverture des parcs sur le peuplement 47

Tableau 20: Répartition des tiges endommagées par l'ouverture des parcs en fonction du type de dégâts 48

Tableau 21: Répartition des essences exploitées par effectifs et par parcelle 49

Tableau 22: Répartition des tiges endommagées dues à l'abattage par parcelles et par classe de diamètre 50

Tableau 23: Répartition des tiges endommagées en fonction des diamètres 51

Tableau 24: répartition des tiges endommagées en fonction des types de dégâts subis 51

Tableau 25:Répartition des tiges dégradées par l'opération de débardage 53

Tableau 26: Répartition des tiges dégradées en fonction des types de dégâts et par classe de diamètre 54

Tableau 27: Classes de diamètre endommagées à l'issue de toutes les opérations d'exploitation forestière 55

Tableau 28: Répartition des dégâts par opération d'exploitation, par type et classe de dégât 55

Tableau 29: Taux et nombre d'arbres endommagés par type d'opération 56

Tableau 30: Surfaces dénudées par les opérations d'exploitation 57

Tableau 31: Comparaison des études menées sur les dégâts d'exploitation forestière 59

Tableau 32: Récapitulatif des observations à tester 61

LISTE DES FIGURES

Figure 1: Localisation de la zone d'étude dans la répartition des zones forestières du Cameroun 221

Figure 2: localisation géographique de la concession 1046 22

Figure 3: Calage géographique de l'UFA 10 060 de la SCTB 23

Figure 4: Evolution mensuelle des précipitations, des températures, 25

Figure 5: Photo des matériaux utilisés lors de la collecte des données de terrain 35

Figure 6: Photos des arbres marqués et mesure du DHP 36

Figure 7: Photo des pistes de débardage dans les parcelles d'étude 52

Figure 8 : Répartition des dommages par type d'essence 57

Figure 9: courbe de regression linéaire entre le taux de prélèvement et les dégâts d'exploitation 62

LISTE DES ANNEXES

ANNEXE 1: Fiches de collecte des données ....................................................................................75

ANNEXE 2 : Table de peuplement de toutes les essences inventoriées dans les deux parcelles.....................81

ANNEXE 3 : Liste des essences inventoriées (Nom commercial, Scientifique, et Local).............................86

ANNEXE 4 : Distribution des effectifs par classe de Diamètre de toutes les essences inventoriées.................91

ANNEXE 5 : Effectif des tiges endommagées par opération et par classe de diamètre ...............................96

LISTE DES ABBREVIATIONS

Ø AAC : Assiette Annuelle de Coupe

Ø API : Aménagement Pilote Intégré

Ø ATIBT : Association Technique International des Bois Tropicaux

Ø CIRAD : Coopération internationale de Recherche Agronomique pour le Développement

Ø COMIFAC : Commission des Forêts d'Afrique Centrale

Ø CPF : Comité Paysans Forêt

Ø DHP : Diamètre à Hauteur de Poitrine

Ø DMA : Diamètre Minimum Aménagement

Ø DME : Diamètre Minimum d'Exploitabilité

Ø EFI : Exploitation à Faible Impact

Ø ENSA : Ecole Nationale Supérieur d'Agriculture

Ø FAO : Food and Agriculture Organization

Ø FSC : Forest Stewardship Council

Ø GIC : Groupe d'Initiative Commune

Ø GPS : Global Positioning System

Ø GTZ : Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit

Ø INS : Institut National de Statistique

Ø IUCN : International Union for the Conservation of Nature

Ø MINADER: Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

Ø MINATD: Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation

Ø MINAS: Ministère des Affaires sociales

Ø MINEPIA: Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales

Ø MINEF : Ministère de l'Environnement et des Forêts

Ø MINFF : Ministère de la Femme et de la Famille

Ø MINFOF: Ministère des Forêts et de la Faune

Ø MINSANTE : Ministère de la Santé publique

Ø MINSEC : Ministère des Enseignements Secondaires

Ø OFAC : Observatoire des Forêts d'Afrique Centrale

Ø OIBT : Organisation Internationale des Bois Tropicaux

Ø ONG : Organisation Non Gouvernementale

Ø PFBC : Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo

Ø PFNL : Produit Forestier Non Ligneux

Ø PIB : Produit Intérieur Brut

Ø PNVRA : Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole

Ø RCA : République Centre Africaine

Ø RDC : République Démocratique du Congo

Ø RIL : Reduced Impact Logging

Ø SEFAC : Société d'Exploitation Forestière et Agricole du Cameroun

Ø SDIAF : Sous Direction des Inventaires et des Aménagements Forestiers

Ø SFIL : Société Forestière d'Investissement et de Développement de la Lokoundje

Ø SPIAF : Service Permanent d'Inventaire et d'Aménagement Forestier

Ø SCTB : Société Camerounaise de Transformation du Bois

Ø UFA : Unité Forestière d'Aménagement

Ø WWF : World Wide Fund for Nature

RESUME

La présente étude menée sur l'évaluation des dégâts causés par l'exploitation forestière a été initiée suite à la disponibilité insuffisante des données scientifiques fiables, relatives au calcul du taux de reconstitution des forêts de production du bassin du Congo, et suite aux menaces persistantes sur la lente régénération du couvert forestier. Cette étude s'est déroulée de mars à septembre 2012 dans l'Assiette Annuelle de Coupe 2-4 de l'Unité Forestière d'Aménagement 10 060 exploitée par la Société Camerounaise de Transformation du Bois (SCTB). Elle vise à contribuer à la gestion durable des forêts de production, au Cameroun et en Afrique Centrale, à travers une amélioration des connaissances sur les dégâts causés par l'exploitation forestière. Un inventaire en plein a été réalisé dans deux parcelles de 25 ha chacune, sur toutes les tiges de diamètre supérieur ou égale à 10 cm avant l'exploitation. Seules les tiges endommagées ont été inventoriées après l'exploitation. Avant l'exploitation, 24507 tiges ont été inventoriées sur pied contre 4715 tiges inventoriées comme ayant été endommagés après l'exploitation. Quatre opérations d'exploitation ont été prises en compte dans l'étude à savoir l'ouverture des routes, des parcs à bois, l'abattage et le débardage. Le prélèvement moyen dans les deux parcelles d'étude a été de 1,72 tiges/ha tandis que l'exploitation a endommagé 94,3 tiges/ha. Les dommages sont variables d'une opération à l'autre : le débardage (43,65%) et l'abattage (27%) ont été les opérations les plus destructrices du peuplement résiduel en exploitation forestière. Les arbres de petits diamètres subissent plus de dégâts : la classe I ([10,20[) subit 38,62% des dégâts et la classe II ([20,30[) subit 22,95% des dégâts, contre seulement 1,03% de dégâts pour les classes X [100,110] et plus. De manière générale, les dégâts causés par l'exploitation forestière sont estimés à 19,31% du peuplement résiduel et 19,24% du peuplement initial. Un test de comparaison réalisé avec le logiciel SPSS entre nos résultats et ceux des recherches antérieures a permis de faire ressortir un taux de dispersion de 78,32%. La valeur des dégâts causés par l'exploitation trouvée (19,31%) est 2,76 fois supérieure à celle (7%) utilisée dans le calcul du taux de reconstitution dans l'UFA 10 060, donc cette forêt ne pourra pas se reconstituer avant la prochaine rotation. Cette valeur de 7% utilisée pour aménager les forêts Camerounaises n'est pas bonne, et des mesures correctives doivent être adoptées avant qu'il ne soit trop tard.

Mots clés : Dégâts ; Exploitation forestière;  Peuplement résiduel; Taux de reconstitution ; Tiges d'avenir.

ABSTRACT

The present study which focuses on the assessment of forest exploitation impacts has been initiated because of the lack of reliable scientific data on the reconstitution rate of Congo Basin's forests and the persistent threat on the slow regeneration of the forest. This study was carried from March to September 2012 and was conducted in two different plots of 25 ha, in the AAC 2-4 of Forest Management Unit 10 060 being exploited by the Cameroonian Society of Timber Transformation (SCTB). It aimed at contributing to the sustainable management of timber production forests in Cameroon and Central Africa through a better understanding of forest exploitation impacts. Before exploitation, a complete inventory was carried out to identify all the trees with diameters = 10cm. After exploitation, only the trees which were damaged were surveyed. After our investigation, we found that 4715 of the 24507 trees were damaged. Four logging operations were considered in the study: forest roads opening, yarding, felling and skidding operations. According to the study, a general damage of 94.3 trees/ha with an average of 1.72 trees harvested per hectare were registered. The damages vary from one operation to another; it has been found that skidding (43.65%) followed by felling (27%) appears as the most destructive logging operation. Small diameters trees suffer more destruction than those with larger diameters. It has been found that class I [10, 20[represent 38.62% and class II [20, 30[represent 22.95% of the recorded damages as against 1.03% for classes X [100,110[and more. In general, forest exploitation impacts are 19.31% on the residual tree population and 19.24% on the initial tree population. A comparative test realized with the SPSS software between our results and the previous research has permitted to emphasize a Pearson dispersed rate of 78.32%. The value of exploitation damages founded (19.31%) is 2.76 times greater than the one used in the computation of the reconstruction rate in the FMU 10 060. So this forest will not be sufficiently reconstructed before the next rotation. The value of 7% used to manage the Cameroonian forest is lower than the real value, and corrective measures should be adopted before reaching a critical level.

Keywords : Damages ; Forest exploitation ; Reconstitution rate ; Residual population; Promissing stems.

CHAPITRE 1: INTRODUCTION

1.1 Généralités

Chaque année dans le monde, la déforestation engloutit 13 millions d'hectares de forêts dont la disparition a des effets dévastateurs sur la diversité biologique et le climat (Jennifer, 2007). En 2005, la superficie forestière totale était estimée à 30% des terres de la planète, soit un peu moins de 40 millions de km2. Selon la FAO, On estimait à 0,2% le taux de déforestation annuel dans le Bassin du Congo dans les années 1980, soit une perte de près de 2 millions d'hectares par an (Geo, 2010). Ce taux serait monté à 0,9 % dans la période 1990-2000 et atteint 1 % entre 2000 et 2005 (FAO, 2006). D'après ce même rapport, le Cameroun apparaît comme le deuxième pays du Bassin du Congo, après la RDC, ayant le taux de déforestation le plus élevé (soit un peu plus de 0,2 % des forêts camerounaises sont détruites par an) (Dkamela, 2011). Le Cameroun a subit une pression significative sur sa biodiversité et ses ressources biologiques: 27,5% de forêts sont dégradées ; le taux de déboisement de 0,9%/an est le plus élevé de l'Afrique; et la superficie de terres arables par habitant diminue sans interruption (BAD, 2009).

La forêt camerounaise couvre environ 20 millions d'hectares, soit 44% du territoire.  C'est la deuxième forêt d'Afrique après celle de la République démocratique du Congo (en superficie), et la sixième plus riche biodiversité dans le monde.  Le secteur forestier, qui contribue pour environ 6% à la formation du PIB génère actuellement environ 45 000 emplois dont près de la moitié dans le secteur informel.  Au niveau sous-régional, le Cameroun possède l'industrie de transformation la plus développée. Le bois est le deuxième produit d'exportation après le pétrole. En 2002, il représentait 15% du total des exportations en valeur, avec 290 millions d'euros (près de 190 milliards de FCFA). La production du bois d'oeuvre est actuellement estimée à 2,45 millions de m3/an, dont 1,5 millions de m3/an pour le domaine forestier permanent. A ce jour, 300 espèces sont commercialisables mais une soixantaine seulement fait l'objet d'une exploitation régulière. Cinq essences (Ayous, Sapelli, Azobe, Iroko et Frake) représentent près de 70% de la production totale. Cependant, à l'échelle de l'Afrique tropicale, le Cameroun est en tête pour les exportations de sciages (Ed Perry et A. Bidiang, 2009). Ces différentes situations n'ont pas beaucoup évolué depuis l'an 2000.

Depuis 2002, l'Office National des Forêts de France et le CIRAD- Forêt se sont engagés dans un vaste programme de recherche-développement visant à mieux quantifier les pratiques d'exploitation forestières traditionnelles et leurs impacts afin de proposer des alternatives aux techniques actuelles en s'inspirant des expériences d'Exploitation à Faible Impact (Reduced Impact Logging : RIL) déjà menées dans de nombreux pays tropicaux (Enters et al., 2002). La préservation de la biodiversité floristique est l'un des principaux objectifs de l'aménagement forestier. Cette préservation vise également la production soutenue et durable de la forêt. C'est ainsi que les résultats du Programme Tropenbos-Cameroun ont montré qu'il faut 5 à 14 ans pour que la biodiversité floristique se reconstitue dans les trouées d'abattage (Jonkers et Foahom, 2003).

Le taux de reconstitution des forêts permet d'estimer le potentiel de celle-ci après une période de rotation qui dure environ 30 ans. Ainsi, si le taux de reconstitution obtenu est de 50%, on retrouverait en deuxième rotation la moitié du volume qu'on a eu à exploiter en première rotation, en conservant les mêmes critères d'exploitabilité (essences, qualités et dimensions des produits) (Bayol et Borie, 2004). Les valeurs des paramètres utilisés dans le calcul du taux de reconstitution ont été fixées par le MINEF suite à des études menées par le projet Forêts et terroirs d'Aménagement Pilote Intégré (API) de Dimako (de 1992 à 1994). Il est présumé que ces calculs soient fondés sur trois paramètres essentiels de dynamique forestière à savoir : l'accroissement (moyen ou courant) annuel du diamètre, la mortalité naturelle annuelle et les dégâts causés par l'exploitation (Bayol et Borie, 2004). Le taux de dégâts causés par l'exploitation varie en fonction de la densité du peuplement forestier, du taux de prélèvement des arbres et du volume des essences exploitées. Il a été fixé à 7% du peuplement résiduel par la législation forestière camerounaise de 1994.

1.2 Problématique

La déforestation galopante des forêts tropicales est un danger pour la survie de l'espèce humaine, et l'enjeu de la préservation de ces forêts confronte de nombreux chercheurs à l'étude des paramètres qui pourraient aider à maîtriser les dégâts causés par l'exploitation forestière. Telle que l'on voit l'exploitation qui se veut durable se dérouler actuellement, certains chercheurs sont sceptiques de croire qu'après une rotation (30 ans), on exploiterait presque les mêmes espèces pour les mêmes volumes dans les mêmes AAC à l'instar de Kwopi (2000), De Madron (2004), Bayol et Borie (2004), Domsi (2011) et Sonkoue (2011). Tous pensent que, la valeur de 7% adoptée comme taux des dégâts causés par l'exploitation par l'administration forestière ne peut pas garantir la durabilité des ressources forestières, et proposent de mener des recherches dans l'optique d'améliorer cette valeur. Selon ces derniers, cette valeur de 7% est nettement inferieure à ce qu'elle devrait être, entrainant l'écrémage génétique de la forêt et la faible implication des exploitants forestiers dans le reboisement.

Pour contribuer à la résolution de ce problème, plusieurs études ont été conduites sur l'évaluation des dégâts causés par l'exploitation forestière, question de contribuer à sa révision. Une première étude avait été menée par le projet API de Dimako entre 1992 et 1996 dans le Sud-est du Cameroun. De cette étude, il ressort que les dégâts causés par l'exploitation forestière sur le peuplement résiduel sont variables par opération forestière, par essence et par classes de diamètre. Ces dégâts ont été évalués suivant les études réalisées dans certains pays de la sous-région Afrique Centrale (RCA, CONGO, GABON, CAMEROUN) à un taux variant de 7 à 10%. En l'absence des données de la recherche dans ce domaine, il est appliqué par défaut un taux de 7% au Cameroun (SDIAF, 2007). Mais cette valeur a été fixée sans prendre en considération le taux de prélèvement des arbres, la densité de la forêt exploitée, ainsi que les techniques utilisées dans chaque exploitation forestière. D'autres études ont été menées après celle d'API Dimako, notamment celles de de Madron et al. (1998) qui trouvent un taux de dégâts de 12,5% pour un prélèvement de 2 tiges/ha dans la forêt dense du Sud Cameroun. Kwopi et al. (2000) quant à eux trouvent un taux de dégâts de 8,63% pour un prélèvement de 0,512 tiges/ha après une étude menée dans la région de l'Est Cameroun. Domsi (2011) trouve un taux de dégâts de 24,6% pour un prélèvement de 3,2 tiges/ha après une étude menée dans les régions du Centre et du littoral du Cameroun. Sonkoué (2011) trouve un taux de dégâts de 31,4% sur les tiges d'avenir pour un prélèvement de 1,4 tiges/ha  dans la région du Sud-ouest Cameroun. Toutes ces études trouvent des taux de dégâts causés par l'exploitation forestière largement au dessus de ceux appliqués dans les concessions forestières au Cameroun.

De par l'importance que l'impact de l'exploitation forestière représente dans le processus de gestion durable des ressources écologiques, et vu le rythme de dégradation de nos forêts, il est important que d'autres études soient menées, dans le but d'améliorer la valeur allouée aux dégâts dus aux exploitations dans le calcul du taux de reconstitution des forêts Camerounaises et même de la sous région Afrique Centrale. C'est dans cette optique que notre thème d'étude a porté sur l'évaluation des dégâts causés par l'exploitation forestière sur les tiges d'avenirs dans l'UFA 10 060 de la Société Camerounaise de Transformation du Bois, engagée dans le processus de gestion durable des forêts. Au vu de l'importance desdits dégâts pour la gestion durable des forêts, et de l'insuffisance des données relatives au calcul du taux de reconstitution, on peut se poser la question suivante: Est-ce que la valeur des dégâts causés par l'exploitation utilisée dans le calcul du taux de reconstitution dans l'UFA 10 060 permet à cette forêt de se reconstituer suffisamment avant la prochaine rotation?

1.3 Objectifs et hypothèses de l'étude

1.3.1 Objectif principal

L'objectif principal de cette étude est de contribuer à la gestion durable des forêts de production, fondé sur des bases scientifiques solides au Cameroun et en Afrique Centrale, à travers une amélioration des connaissances sur les dégâts causés par l'exploitation forestière.

1.3.2 Objectifs spécifiques

Plus spécifiquement, il a été question de :

Ø Décrire le peuplement étudié selon les résultats de l'inventaire pré-exploitation ;

Ø Quantifier et classer les dégâts en fonction des différentes opérations d'exploitation forestière ;

Ø Estimer le taux des dégâts causés par l'exploitation forestière ;

Ø Apprécier la pertinence des résultats obtenus par rapport aux études antérieures ;

Ø Suggérer des mesures de réduction des dégâts causés par l'exploitation forestière.

1.3.3 Hypothèses

Il est présumé que :

Ø Les dégâts occasionnés sur le peuplement résiduel varient en fonction des différentes opérations d'exploitation forestière. Cette idée est soutenu par de Madron et al. (1998) qui affirment que l'abattage suivi du débardage sont les opérations les plus destructrices en exploitation forestière. Cette hypothèse a été confirmée par les études menées par Domsi (2011) qui trouve que les tiges détruites sont à 92% dues aux opérations d'abattage et de débardage.

Ø Le taux des dégâts le plus élevé se trouve dans la classe [10, 20[. En effet Jardin (1995) affirme que les petits diamètres semblent les plus affectés mais sont aussi les plus nombreux dans le peuplement forestier. Pour ce dernier, la classe de diamètre 20-30 cm totalise plus d'un tiers des arbres touchés pour moins d'un quart des tiges du peuplement et représente 42% des arbres perdus contre 28% des tiges abimées. On rejoint ce constat pour les dégâts liés au débardage en vue d'éviter les gros arbres. Les études menées par Domsi (2011) montrent que 70,8% des tiges dégradées appartiennent à la classe [10, 20[.

Ø La valeur de 7% des dégâts causés par l'exploitation sur le peuplement résiduel utilisé au Cameroun lors du calcul du taux de reconstitution varie en fonction du taux de prélèvement, mais reste dans tous les cas supérieur à 10%. De Madron et al. (1998) estiment que pour un prélèvement prévisible de deux tiges par hectare (si l'exploitant exploite toutes les essences proposées dans les plans d'aménagement des U.F.A.), le taux de dégâts peut être évalué à 12,5 % du peuplement résiduel. Kwopi et al. (2000) quant à lui trouve que pour un taux de prélèvement de 0,52 tiges par hectare, les dégâts sur le peuplement résiduel s'élèvent à 8,63%. Domsi trouve que pour un prélèvement de 3,2 tiges/ha, le taux des dégâts s'élève à 24,8% sur le peuplement résiduel, et Sonkoué trouve que pour un prélèvement de 1,4 tiges/ha, les dégâts sur la surface ouverte ont atteint 9,31% et la flore a été dégradée à hauteur de 31,4%.

1.4 Importance de l'étude

La présente étude est importante à plus d'un titre :

v Sur le plan théorique :

Ø Pour la recherche, cette étude contribue à enrichir la littérature sur le concept d'exploitation durable des ressources forestières, et met à la disposition des chercheurs des données supplémentaires pour davantage mieux comprendre et mieux appliquer ce concept.

v Sur le plan pratique :

Ø Pour la Société Camerounaise de Transformation du Bois, elle contribue à :

- Améliorer la valeur des dégâts causés par l'exploitation lors du calcul du taux de reconstitution de ses UFA ; ce qui est d'ailleurs prescrit par le MINFOF aux différents exploitants forestiers.

- Prévoir de façon fiable le nombre de tiges résiduelles intactes après une exploitation forestière d'une intensité donnée.

- Calculer le renouvellement du potentiel exploitable précis pour une UFA.

- Limiter le nombre de tiges exploitables par hectare pour prévenir la dégradation à long terme du peuplement.

- Ajuster avec certitude et fiabilité les DME/AME.

- Mettre en place des stratégies pour une meilleure planification des activités d'aménagement forestier.

Ø Pour le gouvernement Camerounais, cette étude permet de fournir des critères objectifs à travers lesquels il devra se référer lors de la validation des plans d'aménagement, et de fournir des données nécessaires pour la définition de certaines dispositions en matière d'aménagement forestier afin de s'assurer de donner aux forêts Camerounaises, le temps nécessaire pour leur reconstitution avant la fin de la période de rotation.

CHAPITRE 2 : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LA LITTERATURE

2.1 Définition de quelques termes

2.1.1 Abattage contrôlé

C'est une technique de travail employée pour couper un arbre sur pied, qui permet de contrôler la chute afin de garantir une sécurité maximale pour l'opérateur, d'éviter des dégâts sur les arbres voisins, de récupérer un maximum de bois d'oeuvre à la base de l'arbre, et de faciliter son extraction (FAO, 2003a ).

2.1.2 Aménagement forestier

D'après la SDIAF (2003), l'aménagement forestier est un processus de planification dans l'espace et dans le temps de toutes les activités à réaliser à l'intérieur d'un massif forestier suivant sa vocation prioritaire. C'est la démarche la plus importante de la gestion forestière ; il oriente l'évolution de la forêt de façon à ce qu'elle réponde toujours mieux aux multiples besoins des hommes. La loi forestière de 1994 quant à elle définit l'aménagement d'une forêt permanente en son article 23 comme étant la mise en oeuvre sur la base d'objectifs et d'un plan arrêtés au préalable, d'un certain nombre d'activités et d'investissements, en vue de la production soutenue de produits forestiers et de services, sans porter atteinte à la valeur intrinsèque, ni compromettre la productivité future de ladite forêt, et sans susciter d'effets indésirables sur l'environnement physique et social.

2.1.3 Aménagement durable

L'aménagement forestier durable est un mode de gestion des forêts qui permet de répondre aux besoins immédiats tout en assurant le maintien des ressources pour le futur. Cette gestion repose principalement sur un plan d'aménagement conçu à partir de connaissances fauniques et floristiques de la forêt. En plus de la faune et de la flore, l'aménagement durable des forêts intègre les gestionnaires de la forêt et ses utilisateurs (ATIBT, 2007).

2.1.4 Arbre d'avenir (tige d'avenir)

C'est un arbre d'une essence commerciale et de diamètre inférieur au DMA/DME que l'on préserve lors d'une opération de récolte, pour qu'il fasse ensuite partie du peuplement à exploiter au prochain cycle. Ces arbres jouent un rôle particulièrement important dans les systèmes de récolte polycyclique (FAO, 2003).

2.1.5 Assiette annuelle de coupe (AAC)

L'assiette annuelle de coupe est une étendue précise de la forêt qu'il est prévu de récolter pendant une année. Selon le critère sur lequel elle doit porter (surface et volume à exploiter), on distingue l'assiette par contenance, l'assiette par volume et l'assiette par contenance avec contrôle de volume (FAO, 2003).

2.1.6 Certification forestière

Pour Tadjuidje (2009), la certification forestière est l'un des nombreux instruments de marché visant à promouvoir une meilleure gestion forestière. Il pense que l'objectif de la certification est de prouver qu'il est possible de concilier le souci de préservation avec la demande accrue de bois du consommateur, c'est à dire satisfaire nos besoins en matériaux bois actuels et futurs tout en respectant l'environnement conduisant ainsi au développement durable. Dans le bassin du Congo, Tadjuidje (2009) relève huit forêts certifiées FSC dont quatre au Cameroun, deux en République du Congo et deux au Gabon. Les quatre UFA du Cameroun appartenant à quatre sociétés camerounaises dont Wijma avec 97.043 ha, SEFAC avec 320.000 ha, TRC avec 95.000 ha et Pallisco avec 341.708 ha étaient certifiées FSC en 2009, soit au total 853.751 ha de forêt.

2.1.7 Concession forestière

Selon l'article 47 de la loi n° 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche, la concession forestière est le territoire sur lequel s'exerce la convention d'exploitation forestière. Elle peut être constituée d'une ou de plusieurs unités forestières d'aménagement. Depuis 1995, les concessions forestières sont devenues les titres d'exploitation les plus importants au Cameroun. Les concessions forestières sont attribuées par appel d'offres aux sociétés forestières camerounaises agrées à l'exploitation forestière et ne doivent pas aller au delà de 200.000 ha par société (SDIAF, 2010).

2.1.8 Débardage

Opération forestière qui consiste à faire sortir les grumes de la zone d'abattage vers la zone de stockage (Parc à bois). C'est l'opération qui provoque les dégâts les plus importants en surface perturbée. Selon la fréquence de passage de l'engin, tractant ou non une grume, le sol peut être profondément perturbé et tassé. La piste de débardage a une envergure de 3,5 à 4 m environ (largeur de la lame du bouteur) et est ouverte par simple effleurement du sol par la lame du bouteur. Elle évite les obstacles importants tels que les arbres d'un certain diamètre. La partie de piste de débardage débouchant sur le parc de stockage est la plus large. Si le débardage induit l'emprise au sol la plus importante, il n'en est pas de même pour l'importance des dommages causés au peuplement rémanent, lorsque l'exploitation est de faible intensité comme c'est plus souvent le cas en Afrique. Les dégâts causés touchent plus particulièrement les bases des arbres qui sont écorchées. La piste de débardage occasionne l'ouverture d'une bande de forêt, mais contrairement à l'ouverture des routes, les plus grosses tiges sont épargnées. Le couvert n'est que peu atteint sur la plus grande partie du réseau. Les houppiers se développent et ferment rapidement d'éventuelles ouvertures. Les pistes de débardage ne sont plus décelables à partir de photographies aériennes, quelques temps après exploitation (de Madron et al., 1998a). Dans les études menées par le projet A.P.I., toujours pour un prélèvement compris entre 0,5 et 1 tige à l'hectare (5 à 15 m3/ha), 3% de la surface au sol est couverte par les pistes de débardage, soit la moitié des dégâts causés par l'exploitation (de Madron et al., 1998b).

2.1.9 Déforestation

C'est la disparition du couvert végétal forestier avec changement d'utilisation des terres. Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l'extension des terres agricoles, à l'exploitation des ressources minières du sous-sol, à l' urbanisation, voire à l' exploitation excessive ou anarchique de certaines essences forestières. La déforestation actuelle concerne essentiellement les forêts tropicales. En 2005, elle a été qualifiée d'«alarmante» par la FAO. Les causes principales sont d'origines humaines. La déforestation est tout d'abord due à la collecte de bois comme source d'énergie. Dans les forêts tropicales, chacun des deux milliards d'individus consomment en moyenne un kilo de bois de chauffage par jour. La seconde grande cause de déforestation est l'expansion des populations à la recherche de nouvelles terres agricoles, en particulier le développement de grandes cultures ou d'élevages extensifs, cas des fazendas qui sont des grandes fermes agricoles au Brésil et les pratiques ancestrales d'agriculture itinérante sur brûlis, comme dans certains pays d'Afrique. La déforestation est responsable d'un cinquième des gaz à effet de serre dans le monde (Geo, 2010). On estime à 0,2% le taux de déforestation dans le Bassin du Congo.

2.1.10 Dégâts d'exploitation

C'est la valeur qui représente les destructions occasionnées sur les tiges d'avenir en forêt pendant les opérations d'exploitation forestière.

L'évaluation des dégâts causés par l'exploitation forestière dans une forêt sous aménagement est un sujet peu traité, bien que très souvent la dégradation de la forêt soit attribuée à cette activité. Dans la littérature, certains chercheurs avertis ont un point de vue basé sur les résultats d'études appropriées. Il a été procédé à la détermination de la nature et de l'ampleur des dégâts directs, consécutifs aux opérations d'exploitation forestière réalisées dans la zone d'étude, afin de déterminer un seuil d'impact de l'exploitation qui n'hypothèque la ressource ni la pérennité de la forêt. On distingue le plus souvent les dégâts causés au sol et ceux causés au peuplement forestier. En ce qui concerne le peuplement forestier, les dégâts sont généralement classés en gravité de blessures allant jusqu'à la destruction totale des individus (déracinement ou bris à faible hauteur). On peut aussi distinguer les dégâts en fonction de la hauteur d'impact sur le tronc des arbres. Pour le couvert forestier, les dégâts s'échelonnent de la création d'ouvertures temporaires à celle d'ouvertures permanentes. Chaque opération de l'exploitation occasionne des dommages spécifiques. On distinguera ceux créés par :

- l'installation de la base (campement ou industrie),

- le réseau de routes d'évacuation (principales et secondaires),

- l'abattage,

- le débardage et son réseau de pistes,

- les emplacements de stockage des grumes.

2.1.11 Diamètre minimum d'exploitabilité (DME) :

Le DME d'une essence forestière est le diamètre en dessous duquel elle ne doit pas être exploitée. Ils ont été fixés par l'administration forestière et correspondent alors au DME Administratif.

2.1.12 Diamètre Minimum d'Aménagement (DMA) :

Lors de l'élaboration d'un plan d'aménagement, de nouveaux DME sont fixés uniquement pour les essences retenues pour le calcul de la possibilité et correspondent alors au DME Aménagement. De ce fait, selon l'article f, alinéa j de l'arrêté 0222 du MINEF, portant régime des plans d'aménagement au Cameroun, en aucun cas les DME Aménagement ne peuvent être inférieurs aux DME administratifs. Les essences non retenues pour le calcul de la possibilité et non interdites de l'exploitation ou essences complémentaires peuvent être exploitées librement au DME aménagement lors de la mise en oeuvre du plan d'aménagement. Selon l'article 6 alinéa k de l'arrêté 0222 du MINEF, les arbres de diamètre supérieur ou égale aux DME administratif plus 40 cm ou Arbres surannés sont retranchés de la table de peuplement initiale qui sert aux simulations du calcul de la possibilité. Toute fois, tous les arbres de cette catégorie font l'objet d'un inventaire technologique pour apprécier la qualité du bois et permettre la sélection des semenciers qui ne peuvent être abattus par le concessionnaire. Le mécanisme de fixation du DME/ADM tient compte du taux de reconstitution du nombre de tiges prélevées pendant la première rotation pour chaque essence retenue pour le calcul de la possibilité

2.1.13 Evaluation

C'est une vérification systématique destinée à déterminer jusqu'à quel point les opérations de récolte ont respecté le plan de récolte, et ont atteint les objectifs fixés tout en se conformant aux normes établies en matière de pratique (Anonyme, 2006). Les évaluations de l'exploitation forestière permettent d'obtenir des renseignements sur la qualité des opérations. Elles constituent un élément essentiel de toute gestion viable des forêts.

2.1.14 Evaluation de récolte

Les évaluations post-exploitation ont surtout pour objet de mesurer l'impact de la récolte sur l'environnement et de vérifier si les pratiques standardisées ont été appliquées conformément aux normes prédéfinies.

2.1.15 Exploitation forestière à faible impact (EFI)

L'EFI est l'ensemble des pratiques qui visent à optimiser l'efficience des opérations, et à minimiser leurs impacts nocifs sur l'environnement, la main d'oeuvre et les populations locales afin de maintenir la capacité productive de la forêt et ses fonctions écologiques et socio-économiques (FAO, 2003b).

2.1.16 Exploitation forestière

L'exploitation forestière entraîne l'ouverture du couvert forestier, la disparition de certains arbres ainsi que des dégâts dans le peuplement préexistant. L'introduction de l'aménagement forestier a suscité le contrôle de l'exploitation forestière. Ainsi, l'intensification et la systématisation des procédés d'exploitation forestière ont vu le jour. On est passé d'un système de coupe de quelques arbres à forte dimension à un prélèvement systématique des essences commerciales. La fréquence des passages successifs en exploitation s'est accélérée ainsi que le volume des prélèvements réalisés (Dupuy, 1998).

2.1.17 Forêt

Selon l'article 47 de la Loi n° 94/01 du 20 Janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche, on considère comme forêts, les terrains comportant une couverture végétale dans laquelle prédominent les arbres, arbustes et autres espèces susceptibles de fournir des produits autres qu'agricoles. Principal massif forestier d'Afrique, le bassin du Congo est constitué des écosystèmes extrêmement utiles et précieux pour l'humanité, les forêts du bassin du Congo jouent un rôle capital dans la régulation de l'effet de serre et dans les grands équilibres climatiques (FAO, 2007). A cette importance, s'ajoute une diversité biologique exceptionnelle et un niveau d'endémisme élevé et serait le centre d'origine d'un grand nombre considérable d'espèces de la flore et de la faune africaine (Mayet, 2007). Ainsi, de 1992 à 2010, les recettes forestières sont passées de 4 milliards à 40 milliards (MINFOF, 2010). En 2004 Le secteur forestier représentait entre 3,1% et 4,6 % (selon que l'on considère ou non le secteur informel) du PIB (Karsenty, 2006). Par ailleurs ce secteur a généré des revenus fiscaux de 62.101.631 euro en 2005 et employé près de 163.000 personnes en 2006 dont 13.000 dans le secteur industriel et 150.000 dans le secteur informel (de Wasseige et al., 2009).

2.1.18 Gestion durable des forêts

La FAO définit  la gestion durable des forêts comme étant "la gestion et l'utilisation des forêts et des terrains boisés d'une manière et d'une intensité telles qu'elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes aux niveaux local, national et mondial, et qu'elles ne causent pas de préjudices à d'autres écosystèmes ». Vers le milieu du dix-neuvième siècle, il a été reconnu que les efforts des aménagistes forestiers devaient se concentrer non seulement sur le flux du bois récolté, mais aussi sur tous les peuplements jeunes qui devaient subir des opérations d'amélioration. Au lieu du maintien d'une production continue de bois, c'est le maintien de la capacité productive de matière ligneuse qui était ainsi devenu le point focal de la gestion durable pour les forestiers (Foahom, 2001). Pour mettre en oeuvre cette gestion durable, les forestiers ont établi pour chaque forêt un plan d'aménagement qui fixe les objectifs à atteindre (ATIBT, 2007). La première modalité de gestion durable des forêts au Cameroun est la classification des forêts (Anonyme, 2009).

2.1.19 Plan d'aménagement d'une UFA

C'est un document technique élaboré par l'administration en charge des forêts ou toute personne requise et permettant de définir les objectifs d'aménagement. D'après la loi de 1994, article 29, alinéa 3, le plan d'aménagement est révisé périodiquement ou en cas de besoin.

2.1.20 Taux de reconstitution

Le taux ou indice de reconstitution (%Re) exprime la proportion en effectif, d'une essence au bout d'une rotation par rapport à l'effectif de cette même essence avant l'exploitation.

D'après de Madron et al. (1998a), le taux de reconstitution (%Re) est donné par:

%Re = {N0 (1-?) (1-á)T x 100} / Np, où :

% Re : est le pourcentage de reconstitution du nombre de tige exploitée.

v No : l'effectif reconstitué après la rotation, c'est encore l'effectif de quelques classes de diamètre immédiatement en-dessous du DME, susceptibles de passer au-dessus du DME après la rotation.

v ? : taux des dégâts d'exploitation forestière fixés à 7% du peuplement résiduel (Jahiel et al 1998).

v á: est le taux de mortalité. Elle représente la mortalité naturelle et normale des essences forestières et doit varier par classe de diamètre. En effet elle est plus élevée chez les jeunes tiges que chez les tiges surannées. Toutefois, elle a été fixé à 1% tout diamètre confondu.

v T : la durée de rotation fixée à 30 ans minimum.

v Np : l'effectif total initialement exploitable par essence.

2.1.21 Unité forestière d'aménagement (UFA)

L'UFA est une portion du domaine forestier permanent devant faire l'objet d'un aménagement (MINEF, 2001). Les UFA sont des forêts affectées à la production de la matière ligneuse divisées en Unités Forestières d'Exploitation (blocs de cinq Assiettes Annuelles de Coupe «AAC») de grande superficie dont l'exploitation est soumise à un plan d'aménagement approuvé par l'Etat. Les forêts domaniales peuvent être subdivisées par l'administration chargée des forêts en unités forestières d'aménagement. (Anonyme, 1994). Pendant le processus de classement, les limites réelles de l' UFA sont révisées et finalement fixées par un décret signé par le Premier Ministre (UFA classées). Dans la mesure où l'exploitation débute avant le classement, les surfaces des UFA peuvent changer au fil du temps (SDIAF, 2010). En 1995, 103 UFA ont été proposées dans le premier plan de zonage (UFA planifiées). D'après la même source, le Cameroun compte en 2011, 114 UFA couvrant 7.079.712 hectares reparties en 74 UFA aménagées (4.650.261 ha), 21 UFA en convention provisoire (1.010.114 ha), 5 UFA aménagées et abandonnées (338.239 ha) et 14 UFA inactives (1.081.098 ha). Parmi ces UFA, 59 ont un processus de classement déjà achevé et 55 UFA sont déclarées (SDIAF, 2010).

2.2 Revue de la littérature

2.2.1 L'enjeu des recherches dans le domaine de l'impact de l'exploitation

Les premières études s'intéressant aux dégâts d'exploitation ont été menées essentiellement dans un but sylvicole (Nicholson, 1958 ; 1962 ; Hendrison, 1989). Les principaux objectifs de ces recherches étaient de mieux connaître les conséquences de l'exploitation et de son intensité sur la production future de bois d'oeuvre dans le cadre d'une gestion durable des écosystèmes forestiers tropicaux. Ces études ont apporté de précieux résultats concernant les types et l'intensité des dégâts engendrés par l'exploitation (Vanclay, 1989 ; 1990 ; 1994) et démontrent que plus l'impact de la récolte sur le peuplement est important, plus le retour de celui-ci à un niveau de production acceptable est lent. Parallèlement à ces études d'orientation sylvicole, des recherches fondamentales, concernant l'impact de l'exploitation sur l'écologie et le fonctionnement de l'écosystème forestier (impact sur la faune, le sol, la biodiversité) se sont multipliées (White, 1994). Ces études interdisciplinaires ont permis de démontrer que l'exploitation forestière en fonction de son intensité et des techniques utilisées peut avoir des conséquences très diverses sur l'ensemble de l'écosystème dont l'intégrité dépend en premier lieu du maintien de la complexité des interactions régissant son fonctionnement. La richesse de la forêt tropicale a fait croire qu'elle était inépuisable, de même que la complexité de ses écosystèmes a parfois laissé plus d'une personne sceptique quant aux possibilités de réussite de l'aménagement des forêts (Ondoa, 1998).

Les bois tropicaux sont considérés comme une ressource renouvelable (FAO, 2011). Le bassin du Congo, principal massif forestier d'Afrique est une vaste étendue forestière d'environ 204 millions d'hectares. Les superficies attribuées à l'exploitation ont beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Pour l'ensemble de la région, elles atteignaient 49.400.000 ha en 2004, soit 36% de la superficie totale des forêts de production et 27% de la superficie totale des forêts denses humides (PFBC, 2006). La forêt dense humide tropicale joue de multiples rôles indispensables pour la satisfaction des besoins de l'homme. L'exploitation forestière représente un secteur économique très important pour les pays concernés: elle contribue pour 0,7% (en RDC) et pour 10-13% (en RCA) du produit national brut des pays, fournit près de 20% de l'emploi et se place en deuxième position après l'exploitation minière et/ou pétrolière dans ces pays. Elle génère aussi un nombre important d'emplois et d'activités économiques indirectes, notamment en rapport avec les diverses formes de transport, la maintenance des équipements, les services et les microprojets agricoles ou pastoraux.

Enfin le secteur forestier contribue dans une large mesure au développement socio économique par la construction et l'entretien de routes ou la mise en place d'infra structures de santé et d'éducation directement associées aux concessions forestières (PFBC, 2006). La sauvegarde de cette forêt dont l'importance à l'humanité n'est plus à démontrer se trouve aujourd'hui confronté à de nombreux problèmes, liés à sa pérennisation, du fait de sa dégradation croissante au fil du temps (Kwopi, 2000). Selon Tadjuidje (2009), la richesse faunique et floristique de ce massif le place dans le cadre d'un écosystème extrêmement fragile. Cette fragilité est due, surtout aux besoins socio-économiques cruciaux d'une population croissante dont une part importante de ces besoins est satisfaite par l'exploitation et la commercialisation des produits forestiers. D'après Auber (1996), cité par Tadjuidje (2009), plus de 65 millions de personnes en Afrique central vivent à l'intérieur ou à proximité des forêts tropicales et dépendent de ces forêts qui jouent un rôle pluriel : source d'énergie, d'alimentation, de médicaments, de produits et services divers (construction, artisanat, etc.). Cette forêt est ainsi soumise à une pression humaine croissante. Les causes de cette déforestation poussée du couvert végétal sont attribuées particulièrement à l'exploitation forestière.

En effet, les opinions publiques nord-américaines et européennes exigeaient dans les années 80 un boycott total des bois tropicaux sur le marché afin de sauvegarder l'avenir des forêts tropicales. Ce boycott n'avait pas produit les effets escomptés, d'où l'introduction du concept de certification forestière. Différents systèmes de certification forestière se sont établis selon la réalité des différents modes de gestion de la forêt et sont aujourd'hui reconnus. La plus répandue dans le bassin du Congo est la certification FSC (Forest Stewardship Council). L'essentiel du travail du FSC consiste à faire en sorte que les forêts, qu'il s'agisse de forêts tropicales, tempérées ou boréales, soient correctement gérées (FSC, 2009). Le label FSC permet au consommateur final d'identifier les produits du bois et du papier, de façon à ce que celui-ci puisse avoir la garantie que ces produits proviennent bel et bien des forêts gérées durablement (FSC, 2009). Les inquiétudes concernant les pratiques de gestion forestière dans cette région appellent donc l'introduction de changements dans leur application en vue d'un aménagement durable des forêts (Tadjuidje, 2009).

2.2.2 Dégâts causés par l'exploitation forestière

Ce sont les dommages causés aux arbres laissés sur pied pendant les activités d'exploitation. Au Cameroun, ils sont fixés à 7% du peuplement résiduel.

Les études initiées par le projet API Dimako (de Madron et al., 1998a) avaient pour but de mieux appréhender l'influence de l'exploitation sur les peuplements et de déterminer un seuil d'impact de l'exploitation qui n'hypothèque pas la ressource, ni la pérennité de la forêt et éventuellement les seuils maxima d'exploitation. A l'issu de ces études, de Madron et al. (1998a) estiment que pour un prélèvement prévisible de 2 tiges par hectare (si l'exploitant exploite toutes les essences proposées dans les plans d'aménagement par UFA), le taux de dégâts peut être évalué à 12,5% du peuplement résiduel. Ces derniers estiment le taux de tiges détruites en prenant une marge de sécurité à 10% du peuplement résiduel. Le modèle initial de l'API Dimako considère que les paramètres d'aménagement sont constants pour une essence donnée alors que les études menées par Bayol et al. (2004) montrent qu'ils sont variables dans l'espace et avec le temps, en fonction des classes de diamètre et en fonction du statut « social » des individus, les dominés poussant moins vite (Delegue et al., 1998). Bayol et al. (2004) pensent que la durabilité ne peut être évaluée qu'à l'échelle de la concession par le plan d'aménagement. Pour ces derniers, ce n'est que lors de la planification annuelle des travaux sur les AAC qu'il sera possible d'intervenir localement à l'échelle du peuplement. Pour le choix du seuil de reconstitution, ces mêmes auteurs proposent que l'exploitation doive à l'avenir être moins sélective en qualité comme en nombre d'espèces prélevés; les coefficients de prélèvement devraient s'améliorer au cours des années et décennies à venir. Hendrison (1990) pensait que la plupart des forêts tropicales faisaient seulement l'objet d'une légère exploitation, de l'ordre d'un demi à deux arbres à l'hectare et ainsi la forêt originelle était peu perturbée. Mais durant ces vingt dernières années, l'exploitation des forêts tropicales s'est accrue et la durabilité de cette ressource est remise en question. L'exploitation annuelle de bois (y compris de bois de feu) atteint 3.470 millions de m3. Une estimation raisonnable de la capacité de production des forêts mondiales est d'environ 1 m3/ha/an. Or, sachant que la superficie mondiale est estimée à 3.442 millions d'hectares, l'exploitation a donc désormais atteint la limite de la capacité de régénération de la forêt sur une base mondiale moyenne (FAO 1995 cité par Fréquelin, 1998). Au regard de la disparition croissante du couvert forestier, notamment du à l'intensification de l'exploitation forestière, la pression démographique, le développement urbain et rural, le défrichement, l'agriculture itinérante, l'agro-industrie, l'industrie minière, le pâturage, les feux de brousse... et sa lente reconstitution naturelle, on s'est rendu compte heureusement à temps que l'intervention humaine était nécessaire (Ondoa, 1998).

Le Cameroun est inscrit dans le processus d'aménagement de son territoire forestier; ainsi donc, les techniques d'aménagement forestier ont été définies ; elles se proposent de planifier et organiser la reconstitution, l'exploitation, l'utilisation et la conservation de l'écosystème forestier. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire de connaitre le taux de reconstitution, élément clé de l'aménagement durable des forêts, pour chaque assiette annuelle de coupe avant son exploitation. Mais l'insuffisance des données scientifique disponibles amène à faire des hypothèses ou des simplifications ce qui conduit à des seuils arbitraires. Par exemple au Cameroun la valeur des dégâts d'exploitations est de 7% alors qu'elle est de 10% au Gabon et en RCA. Il existe une étude plus fine, mais, dans une forêt donnée, avec un type d'exploitation donné (de Madron et al., 2004). Les indices de reconstitution obtenus ne chiffrent pas la reconstitution réelle entre la dernière exploitation et la prochaine, mais donnent une idée du renouvellement de la ressource, entre une exploitation qui a lieu à la date de l'inventaire d'aménagement, et une exploitation effectuée une rotation plus tard. Le calcul de l'indice de reconstitution se base sur les résultats de l'inventaire d'aménagement (distribution des effectifs par classe de diamètre et par essence de la série de production de la matière ligneuse) et sur une modélisation de l'évolution des peuplements forestiers (SPIAF, 2007).

2.2.3 Impact de l'exploitation forestière

Chaque opération d'exploitation occasionne des dommages spécifiques. On distinguera ceux créés par l'installation de la base (campement ou industrie), le réseau de routes d'évacuation (principales et secondaires), l'abattage, le débardage et son réseau de pistes, les parcs à bois.

2.2.3.1 Installation de la base vie

La base vie comprend un campement pour loger l'ensemble du personnel, des bureaux, ateliers, magasins et des constructions à caractère social (infirmerie, école, coopérative). Elle ne représente qu'un faible pourcentage de dégâts.

Estève (1983) donne le chiffre de 0,03 à 0,06% ouvert pour l'exploitation d'un massif de 50.000 à 200.000 ha, soit 1500-3000 ha à 6000-12.000 ha.

Les observations du projet A.P.I. au Cameroun concernant les implantations de la société partenaire du projet (la SFID) sont du même ordre : 117 ha pour le campement et le site industriel de Dimako dont près de 100 ha pour les bases des ouvriers. Le massif exploité avoisinant couvre 250.000 ha, soit 0,05 % ouvert (de Madron et al., 1998b). A Mbang où la SFID a dû installer une nouvelle base pour minimiser les transports suite au déplacement des zones de production lors de ce projet, le campement et l'usine couvraient 25 ha pour l'exploitation d'un massif de 60.000 ha, soit 0,04 % (de Madron et al., 1998b). Au Cameroun, Lumet et al. (1993) citent un chiffre de 0,03 à 0,1 % du couvert forestier défriché pour la base vie, en fonction des entreprises.

2.2.3.2 Réseau routier

Il s'agit ici des routes principales internes au chantier et des routes secondaires ou bretelles qui permettent l'accès à chaque zone d'exploitation. D'après la FAO (2003a), la construction des routes entraîne une disparition totale de la végétation et de la couche d'humus sur toute la route de l'assiette. Pour cela, il faut plusieurs années après la fermeture de la route pour que la nature reprenne ses droits et pour réparer les dégâts occasionnés. Cependant la route se couvre d'abord par la végétation herbacée, puis arbustive et enfin arborée. Mbolo (1994) et Jardin (1995) ont mené des études respectivement en forêt secondaire semi caducifoliée et en forêt primaire dans le cadre du projet d'aménagement pilote intégré de Dimako. De ces études, il ressort que l'importance des routes et des parcs est plus forte en forêt primaire qu'en forêt secondaire car on relève une longueur de route supérieure (7,6 m/ha contre 6 m/ha) et surtout l'emprise des routes atteint 17,45 m en moyenne contre 11,14 m en forêt secondaire, où le réseau a simplement été ré ouvert par dégagement des parassoliers. Sur une superficie de 140 ha, Mbolo (1994) relève pour une exploitation de 0,49 arbre/ha soit 6,08 m3/ha une longueur totale de 11 759,3 m de route principale contre 841 m de route secondaire avec respectivement 7,84 m et 6,55 m de largeur moyenne, soit 1,2% de 65% de surface occupée par les routes et les parcs. Kwopi (2000) enregistre plutôt 1,04% pour un prélèvement de 0,52 arbre/ha.

2.2.3.3 Abattage

L'abattage fait partie des activités qui peuvent causer des impacts sévères au peuplement restant (FAO, 2003a). Les dégâts d'abattage dépendent directement du nombre de tiges prélevées à l'hectare et naturellement de la taille de l'arbre abattu. De ce fait, les dégâts peuvent être très variables au sein d'un même massif forestier. Les études réalisées dans ce domaine démontrent dans l'ensemble qu'il est difficile de limiter de façon significative l'impact de l'abattage sur le peuplement restant. L'abattage directionnel constitue une solution pour éviter ou limiter les dégâts sur les tiges d'avenir mais cette technique ne peut pas réduire les dommages dans leur ensemble (Sist, 2000).

Une étude réalisée en RCA par de Madron et al. (2000) dans une forêt primaire riche en Méliacées a donné les résultats regroupés dans le tableau 1. Ici, l'exploitant prélève de 0,4 à 3,3 arbres/ha. Le diamètre moyen des arbres étant de 118 cm.

Tableau 1 : Dégâts d'abattage et de débardage en fonction du nombre d'arbres abattus par hectare

Nombre de tiges abattues par hectare

0,24

0,44

0,6

0,76

0,88

1,2

1,2

1,3

1,4

1,68

1,76

1,84

2,32

3,28

Surface affectée par l'abattage et le débardage

3,71

3,79

7,21

4,35

6,11

9,4

9,05

7,9

9,17

12,4

14,6

10,95

15,68

19,9

Source : de Madron et al. (2000).

De ces travaux, il ressort que le pourcentage de surface atteinte par les dégâts d'abattage et de débardage est lié, selon un modèle à un paramètre (nombre de tiges abattues). Le modèle s'exprime ainsi :

S (%) = 100 (1 - 1/[1 + 0,186 N]0,465) avec S la surface affectée par les dégâts et N le nombre de tiges abattues par hectare.

Ainsi, plus le nombre de tiges exploitées est important, plus le pourcentage de surface au sol perturbée augmente. L'allure de la courbe montre que lorsque le nombre de tiges abattues par hectare devient important, les trouées ont tendance à se recouvrir et la surface d'une trouée ramenée à chaque arbre diminue avec l'intensité de l'exploitation.

Les études menées par Jardin (1995) révèlent que pour 187 arbres exploités ayant provoqués une place d'abattage distincte, 408 autres tiges sont endommagées, soit un ratio de 2,2 tiges par arbre abattu. L'étude a dénombré 176 sites d'abattage correspondant à 187 arbres exploités. La surface moyenne des sites d'abattage est de 523,9 m2 avec une surface globale de 9,2 ha.

2.2.3.4 Débardage

Le débardage constitue la première étape du transport des bois en grumes de la souche au parc à bois en forêt. Tchouto et al. (2008) ont réalisé une étude dans 20 parcelles de 50 m×50 m le long des pistes de débardage dans deux blocs d'exploitation de l'AAC 1-4 de l'UFA 00 004 de TRC avec un taux de sondage de 4,26 %. Il ressort de cette étude que pour un taux de prélèvement d'environ un arbre par hectare, les tiges endommagées représentent 1,1% et la surface perturbée par le débardage atteint 2,3% de la superficie exploitée. Sur 1,1% des tiges affectées, 35% représentent les tiges mortes, 15% les arbres avec un tronc cassé, 10% les arbres déracinés, 30% les arbres avec les branches cassées et 10% les arbres écorcés. Kwopi (2000) trouve pour un prélèvement de 0,52 arbres par hectare que le débardage est l'opération la plus dangereuse de l'exploitation représentant à elles seules 40,91% des dégâts en nombre de tiges et 4,1% de surface perturbée. Ce même constat a été fait par Mbolo (1994) qui a relevé 50,04% des dégâts en nombre de tiges.

2.2.3.5 Parcs à bois en forêt

La construction du parc à bois s'entreprend habituellement en même temps que celle de la piste de débardage principale. Afin de réduire la surface dégagée pour l'infrastructure, il faut veiller à limiter au minimum le nombre de parcs ouverts (FAO, 2003a). Cette dernière relève une variation de la superficie moyenne des parcs à bois sur les chantiers entre 600 et 1200 m² et recommande que la superficie des parcs ne dépasse pas 1000 m².

Dans le cadre du projet API Dimako, Mbolo (1994) et Jardin (1995) ont mené des études en forêt secondaire de type semi-caducifoliée et en forêt primaire sempervirente respectivement dans la zone expérimentale du projet API sur le site des anciens permis de la SFID et dans la licence 1804 de la SFID au Sud de Mbang. L'étude de Jardin s'est opérée dans une poche d'exploitation de 586,9 ha. Les dégâts en surface sur la route, le parc, les pistes de débardage et les places d'abattage sont présentés dans le tableau 2.

Tableau 2: Récapitulatif des dégâts en surface

Forêt secondaire semi-caducifoliée

Forêt primaire sempervirente

Routes II et parcs

1,03

1,65

Pistes de débardage

3,75

2,3

Sites d'abattage

0,89

1,57

Total

5,67

5,52

Source : Jardin (1995).

De ces études, il ressort que :

· Les dégâts en surface totalisent 32,4 ha soit 5,52% de la surface étudiée en forêt primaire. Ce chiffre est similaire à celui obtenu par Mbolo (5,67%) mais pour un prélèvement à l'hectare un tiers plus faible en nombre de tiges et 1,2 fois plus fort en volume.

· Le débardage apparait comme la cause de dégât la plus importante.

· Les places d'abattage sont beaucoup plus grandes en forêt primaire sempervirente (524 m2 contre 180 m2) car les arbres exploités sont d'un volume unitaire beaucoup plus fort (20 m3 au lieu de 12 m3) et sont constitués pour une bonne part des émergents de la forêt présentant un large houppier.

Mbolo a évalué les dégâts sur le peuplement et sur la surface terrière. Les résultats sont présentés dans le tableau 3.

Tableau 3 : Impact de l'exploitation de 6,08 m3/ha de bois d'oeuvre sur le peuplement

Opération

N

N/ha

N/pied

VR(%)

ST(m2)

ST/ha

ST/pied

VR(%)

Route secondaire

240

1,71

3,48

11,78

21,33

0,15

0,31

10,37

Parcs

141

1,01

2,04

6,92

17,8

0,13

0,26

8,66

Piste de débardage

1020

7,29

14,78

50,04

91,25

0,65

1,32

44,38

Abattage

637

4,55

9,23

31,26

75,22

0,54

1,09

36,59

Total

2038

14,6

29,54

100

205,6

1,47

2,98

100

Source : Mbolo (1994).

N = Nombre de tiges ; N/ha = Nombre de tiges par hectare ; VR = Valeur relative ; ST = Surface terrière ; ST/ha = Surface terrière par hectare.

De cette étude il ressort que :

· Le débardage et l'abattage sont les opérations les plus dangereuses de l'exploitation, représentant à elles seule 81,30% de dégâts en nombre de tiges et 80,97% de dégâts en surface terrière.

· Pour 140 ha, on a au total 16.660 tiges de DHP supérieur ou égal à 20 cm.

· Dans la parcelle d'étude, il y'a eu 1124 tiges de plus de 20 cm de DHP abimées et perdues. Ainsi 6,75% de ces tiges ont été endommagées dont 3,83% d'abimées et 2,92% de perdues. Ces 1124 tiges représentant une surface terrière de 190,70 m2, soit 1.36 m/ha.

· La classe de diamètre 15 cm est la plus affectée par les dégâts et représente à elle seule 44,85 % des tiges et 7,25% en surface terrière cela peut s'expliquer par le fait qu'elle est aussi la classe de diamètre la plus représentée en nombre de tiges et que les petits arbres sont plus fragiles à la destruction que les gros.

· La répartition en valeur relative du nombre total de tiges abimées et perdues est de 5,25% d'essences principales, 7,36% d'essences complémentaires et 87,39% d'autres essences.

Kwopi (2000) a mené une étude sur l'évaluation des dégâts d'exploitation dans le cadre du projet So'o Lala. Ce projet d'une superficie de 39.728 ha couvre les arrondissements d'Akonolinga et de Bengbis dans les régions du Centre et du Sud-Cameroun. Cette étude s'est effectuée sur une surface de 1688 ha avec un taux de prélèvement de 0,518 arbre/ha et 4,73 m3/ha. L'estimation des dégâts sous forme de surface détruite et d'arbre endommagés est présentée pour chaque opération d'exploitation dans le tableau 4.

Tableau 4: Impact sur le sol de l'exploitation de 4,738 m3/ha de bois d'oeuvre

Opération

L /ha

S /ha

VR

SP(%)

N

N/ha

VR(%)

Route secondaire

7,27

104,68

14,78

1,04

1980

1,173

39,74

Parcs

 

81,46

11,52

0,8

2305

1,366

40,06

Pistes de débardage

65,1

401,17

56,8

4,01

8510

5,041

10,87

Abattage

 

119,32

16,87

1,19

8442

4,88

9,32

Total

72,4

706,63

99,97

7,04

21237

12,46

100

Source : Kwopi (2000).

L = longueur S= superficie ; VR= valeur relative ; SP= superficie perturbée ; N= nombre de tiges

De cette étude, il ressort que :

· Avec une récolte de 4,73 m3/ha, 7,04 % de la surface est perturbée et 8,63% des tiges ont été endommagées.

· Le débardage et l'abattage sont les opérations les plus préjudiciables de l'exploitation représentant à elles seules 79,38% de dégâts en nombre de tiges et 80,64% de dégâts en surface terrière.

· Le débardage est l'opération la plus préjudiciable au sol de l'exploitation avec 56,8% de responsabilité et que l'abattage et la route secondaire perturbent le sol avec presque la même ampleur.

· La surface perturbée lors de l'abattage est en réalité moindre car certaines trouées d'abattage sont superposées entre elles ou avec les pistes de débardage.

· Les dégâts graves au niveau du peuplement résiduel affectent essentiellement les petits diamètres. La classe de diamètre 15 cm représente à elle seule 36,32% de dégâts en nombre de tiges.

Outouochiwouo (2010) a mené une étude dans l'UFA 10 025 (AAC 1-5) de la SFIL située dans la région de l'Est du Cameroun. Un récapitulatif des zones perturbées par les différentes activités d'exploitation forestière et leur pourcentage par rapport à la superficie exploitée (240 ha) est présenté dans le tableau 5.

Tableau 5 : Récapitulatif des zones perturbées.

Site perturbé

Surface perturbée (m2)

Pourcentage

Route principale

18 662

0,78%

Route secondaire

28 411,5

1,90%

Parc à grumes forêt

6 037,60

0,25%

Trouée d'abattage

54 293,4

2,26%

Piste de débardage

100 490

4,20%

Total

207 894,50

9,39%

Source : Outouochiwouo (2010).

De cette étude, il ressort que :

· L'exploitation de l'AAC 1-5 a occasionné une perturbation de la surface de la forêt de l'ordre de 207 894,5 m2, soit 20,8 ha représentant 9,39 % de la surface exploitée.

· Les pistes de débardage occupent près de la moitié (48 %) de la surface perturbée dans l'AAC 1-5 par l'exploitation forestière. Elles sont suivies par les trouées d'abattage avec 26%.

· Le sol est décapé et est soumis à une forte compaction par le passage des engins et véhicules qui assurent le transport des produits alors qu'au niveau des pistes de débardage et les trouées d'abattage, le sol n'est pas entièrement mis à nu.

CHAPITRE 3 : MATERIELS ET METHODES

3 1. Présentation de la zone d'étude

3.1.1 Localisation administrative et géographique

La concession forestière dans son ensemble est située entre le 3°45' et le 4°20' de la latitude Nord, puis entre le 13° et le 14°02' de la Longitude Est. Depuis les années 2000, la Société Camerounaise de Transformation du Bois est attributaire des concessions forestières 1046 constituée de l'UFA 10.046, et de la 1059 constituée des UFA 10.059, et 10.060. Ces forêts lui ont été attribuées sous forme de convention provisoire suivant (les conventions provisoires d'exploitation N° 0460/CPE de l'an 2000 pour la concession 1046 et le numéro 0849/CPE/MINEF/CAB du 09 Octobre 2001 pour la concession 1059). La figure 1 présente la localisation géographique de cette forêt dans la carte forestière du Cameroun.

Figure 1: Localisation de la zone d'étude dans la répartition des zones forestières du Cameroun

Source : adaptée de WRI et MINEFOF (2011).

Ce massif forestier situé dans le département du haut Nyong, Arrondissement d'Abong Mbang dans la région de l'Est Cameroun, qui a été le site de notre étude avait déjà fait l'objet d'une exploitation sous forme de licence n° 1554 attribué à la société forestière EFC, puis le n°1486 attribué à la SFID en 1969 et 1971. Cette licence avait expiré en mars 1989 et en 1975 respectivement.

3.1.2 Caractéristiques biophysiques de la forêt

3.1.2.1 Situation géographique et limites

a)- Situation géographique

Globalement, le territoire de la concession 1046 est situé entre les 3°45 et 4°20 latitude Nord et entre le 13° et 14°2 de la longitude Est. La concession forestière 1046 est située d'un seul tenant dans le bloc forestier compris entre la Forêt communale de Dimako au Nord, l'UFA 10 056 à l'Est, les UFA 10 043 (Placam), 10 045 abandonnées (J. Prenant) au Sud, à l'Ouest les villages limitrophes à l'axe Abong-Mbang-Bertoua. (MEDINOF, 2004). La figure 2 montre la répartition des AAC dans les UFA de la concession forestière 1046.

Figure 2: localisation géographique de la concession 1046

La superficie de la concession forestière 1059 constituée des UFA 10 059 et 10 060 et attribuée à la SCTB en juin 2001 est de 93.174 ha. Celle de la concession 1046 attribuée à la même société en juillet 2000 et constituée de l'UFA 10 046 est de 70 283. Cela renvoie à un potentiel exploitable en surface de 163.533 ha. La figure 3 présente le calage géographique de l'UFA 10 060 qui a fait l'objet de nos investigations.

Figure 3: Calage géographique de l'UFA 10 060 de la SCTB

Cette UFA d'une superficie de 53.606 ha est situé dans le département du Haut Nyong a été classée par décret ministériel, et sa surface ne saurait subir des modifications. La révision du plan d'Aménagement de cette UFA devrait s'appesantir sur les notions de gestion de la biodiversité.

3.1.2.2 les Droits divers

A l'intérieur de l'UFA 10 060, les différentes propriétés des populations ne sont pas encore connues étant donné que son classement n'est que récent. La présence signalée de plantations ne justifie pas un point quelconque des propriétés à l'intérieur de cette forêt domaniale identifiée dans le plan d'affectation des terres du Cameroun méridional. Il faut toutefois noter que les populations riveraines continueront à conserver à l'intérieur de ce domaine forestier permanent leurs droits d'usage spécifiés dans les textes en vigueur. Ces droits d'usage portent sur la collecte des produits forestiers non ligneux, des plantes médicinales, du bois de chauffe et de service, et la chasse de subsistance. Ils seront une fois de plus précisés dans le décret de reclassement de ces UFA (MEDINOF, 2004).

3.2 Les facteurs écologiques

3.2.1 La Topographie 

Le relief de l'ensemble de ces UFA est légèrement accidenté. On y observe quelques talwegs encaissés et certaines zones d'effondrement au départ de certains cours d'eau. L'altitude de la zone varie entre 650 et 927 m point culminant de la région que constitue le mont Guimbiri à l'Est de l'UFA 10 060.

3.3.2 Le climat

Le climat est de type équatorial guinéen à quatre saisons dont deux saisons de pluies (une grande et une petite) et deux saisons sèches. Les données météorologiques de cette localité obtenues à la station d'Abong-Mbang et pour la période allant de 1992 à 2002 sont consignées dans le tableau 6:

Tableau 6: Répartition des précipitations (mm) et températures (°C) mensuelles moyennes de la station d'Abong Mbang

Mois

Jan

Fév.

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Oct.

Nov.

Déc.

Précipitation

26,4

58,9

135,0

166,8

212,5

178,0

86,9

104,1

257,1

304,7

110,6

36,2

Température

22,8

23,8

24,4

24,4

23,9

23,5

22,4

22,5

23,3

23,4

23,5

22,9

Sources : MEDINOF (2004).

On constate donc que selon Aubreville, les mois écologiquement secs sont ceux de décembre et janvier. Les mois très pluvieux par contre sont ceux de septembre et octobre, période culminante de la grande saison des pluies. Les précipitations annuelles moyennes de cette localité sont de 1677,2 mm avec une précipitation moyenne mensuelle de 139,8 mm.

La température moyenne annuelle est de 23,4°C avec une amplitude thermique annuelle de 1,6°C entre les mois les plus chauds (Mars et Avril) et le mois le plus froid (Juillet). Les données d'humidité et d'évaporation de la même période sont consignées dans le tableau 7 :

Tableau 7: Répartition mensuelle de l'Humidité relative (%) et de l'Evaporation (mm)

Mois

Jan.

Fév.

Mars

Avr.

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Oct.

Nov.

Dec.

Humidité (%)

68

65

68

74

77

79

80

80

79

78

76

72

Evaporation (mm)

23,3

25,3

25,9

25,5

25,0

24,1

23,2

23,5

23,9

24,0

24,0

23,1

Sources : MEDINOF (2004).

La figure 4 présente l'évolution comparée des précipitations, températures, humidité relative et évaporation.

Figure 4: Evolution mensuelle des précipitations, des températures, de l'humidité relative et de l'évaporation de la zone d'étude

Il est à noter que l'évolution des évaporations est couplée à celle des températures, et que l'humidité relative varie en fonction des trois paramètres associés. On constate aussi que la période propice aux activités de terrain dans cette forêt est celle qui va de mi-novembre à mi-mars et elle correspond à la grande saison sèche. La présente investigation a été réalisée de mai à juillet, période correspondant à la petite saison de pluies bien arrosées sur le temps.

3.2.3 Géologie et pédologie

- La géologie

Le département du Haut Nyong dans lequel se trouvent les trois UFA de la SCTB est constitué de roches dont les principales sont les micaschistes, les gneiss, les migmatites et les granites formant le complexe de base précambrien daté entre 2,5 et 1,8 milliards d'années (API, 1995). Dans la région de Bertoua, la géologie se présente sous forme de granites, syénites, diorites, gabbros syntectoniques associés au complexe de base précambrien (Nougier, 1979 cité par MEDINOF, 2004).

- La pédologie

Les sols sont rouges, argileux, meubles et perméables avec un peu d'humus. Dans ces sols ferralitiques de profondeur moyenne, les minéraux sont généralement hydrolysés avec une élimination des bases et de la silice. Ils sont pauvres en éléments nutritifs, acides et très fragiles. Les sols marécageux des bas fonds sont hydromorphes à Gley. En fonction de leur niveau de drainage, ils donnent la possibilité de réalisation de certaines cultures maraîchères telles que le riz et le mais de contre saison.

3.2.4 - L'Hydrographie

Les forêts de Bayong et de Guimbiri présentent trois grands sens d'écoulement des eaux imposés par les grands cours d'eau qui s'y trouvent :

Le Mpouop au Sud ; il coule dans le sens Ouest-Est et constitue une des limites Sud de l'UFA 10 046 ;

La Doumé au Nord qui coule aussi dans le sens Ouest-Est ;

Le Nyong au Sud-Est qui coule d'Est en Ouest. (MEDINOF, 2004)

3.2.5 La végétation

3.2.5.1 les formations forestières sur sol ferme

Le massif forestier est constitué en majorité de la forêt dense semi-caducifoliée sur sol ferme. Selon Letouzey (1985), c'est une forêt dense semi-caducifoliée de type guinéo-congolais qu'il qualifie de forêt à Sterculiacées et à Ulmacées. Les espèces les plus fréquentes dans cette forêt sont :

Dans la famille des Sterculiacées, on retrouve : l'Ayous (Triplochiton scleroxylon), le Bété (Mansonia altissima), le Kotibé (Nesogordonia papaverifera), le Lotofa (Sterculia rhinopelata), le Koto (Pterygota macrocarpa)...

Dans la famille des Ulmacées, on retrouve deux genres les plus représentés : le genre Celtis et le genre Holoptea. De nombreuses espèces arborescentes sont caractéristiques de ce type de forêt. On y trouve parmi les plus fréquentes l'Aningre A (Aningeria altissima), le Mukulungu (Autranella congolensis), le Iatandza (Albizia ferruginea), le Lati P (Amphimas pterocarpoides), le Tola (Gossweilerodendron balsamiferum), l'Acajou de Bassam (Khaya anthotheca), le Longhi (Gambeya lacourtiana), le Padouk Blanc (Pterocarpus mildbraedii), le Sapelli (Entandrophragma cylindricum), le Landa (Erythroxylum mannii), le panari (Parinari excelsa)...

Dans ce massif forestier, la taille des chablis est souvent trop petite pour permettre une régénération importante de l'Ayous et du Fraké. Ils ne sont favorisés alors que par des troués dues à l'exploitation forestière sous licence et aux cultures. Selon Letouzey, il doit encore exister des noyaux de forêt à affinité sempervirente au sein de la forêt semi-décidue. C'est ce qui justifie l'existence possible dans ce massif forestier de certaines espèces telles que le Bodioa ou Noudougou (Anopyxis klaineana), l'Obolo (Mammea africana). (MEDINOF, 2004)

3.2.5.2 : Les autres formations et terrains non forestiers

Il existe aussi des formations végétales sur sols hydromorphes. Elles sont constituées de forêts marécageuses inondées temporairement que l'on rencontre aux abords des rivières ainsi qu'à la périphérie des zones marécageuses. Elles sont inondées durant la saison des pluies. Mais, l'évacuation des eaux se fait rapidement permettant ainsi une période d'assèchement prolongée. C'est pour cette raison qu'elles se prêtent bien à l'exploitation forestière.

On y retrouve aussi des forêts marécageuses à raphia le long des berges boueuses de certaines rivières. Elles sont composées de différents types de raphia dont les plus rencontrés sont Raphia hookeri et Raphia monbuttorum. Il y'a aussi certains arbres caractéristiques tels que le Bahia (Mitragyna ciliata), le Rikio (Uapaca guineensis), l'Odjobi (Xylopia staudtii) et même le Nsangomo (Allanblackia floribunda). Ces forêts à raphia forment de fréquents et vastes peuplements linéaires le long de la vallée et sont engorgées d'eau en permanence, ce qui les rend impropres aux activités d'exploitation forestières.

3.2.6 : La Faune

La faune dans ce massif forestier est encore riche et diversifiée bien que l'intensification du braconnage et le niveau de perturbation du massif par les activités anthropiques soient de nature à susciter des inquiétudes pour l'avenir de ces ressources et justifient la raréfaction de certaines espèces telles que le Gorille (Gorilla gorilla), le Chimpanzé (Pan troglodytes), le Bongo (Tragelaphus euryceros), le Sitatunga (Tragelaphus spekei gratus), l'Eléphant de forêt (Loxodonta africana cyclotis), le Buffle de forêt ou Buffle nain (Syncerus caffer nanus).

On y rencontre encore les espèces suivantes qui sont très caractéristiques des zones forestières et dont certaines s'y retrouvent en migration à un moment de l'année, notamment le Potamochère (Potamochoerus porcus), le Céphalophe bleu (Cephalophus monticola), le Céphalophe à bande dorsale noire (Cephalophus callipygus), les Pangolins (Manis tricuspis et Manis gigantea), l'Athérure (Atherurus africanus), diverses espèces de primates, plusieurs espèces de reptiles dont la vipère heurtante (Bitis arietanus), le mamba vert et le mamba noir, le varan..., les oiseaux dont ceux qui présentent un intérêt cynégétique (le perroquet gris à queue rouge, le touraco...) (MEDINOF, 2004).

3.3 L'environnement socio-économique

3.3.1 Caractéristiques démographiques

3.3.1.1 Description de la population

Les populations riveraines de ce massif forestier se rencontrent en grande partie au Nord sur l'axe routier Abong-Mbang Doumé, puis Doumé-Nguélébok avec une bretelle qui entre par le carrefour Gounté et qui arrive à Kagnol. Elles se rencontrent également au Sud sur l'axe routier Nguélébok-Bimba-Kanyol I et Kouedjima. Au Sud-Est, le massif forestier bénéficie d'une protection naturelle assurée par le Nyong et ses vastes étendues marécageuses. Certains villages sur ces axes routiers sont bien éloignés de ces UFA et n'y ont de ce fait aucune emprise sur la forêt. Il faut relever qu'il existe d'autres petits hameaux qui n'ont pas été pris en compte dans ce groupement. Ils se rencontrent pour la plupart sur l'axe routier reliant Kagnol à Kouédjima et sur l'axe routier Kagnol-carrefour Gounté.

Trois grands groupes ethniques y sont représentés : les Pol qui dépendent de l'arrondissement de Dimako, les Bakoum et les Kakas qui dépendent de l'arrondissement de Batouri (MEDINOF, 2004).

3.3.1.2 Mobilité et migration

Les populations bantous qui peuplent la zone riveraine de ce massif forestier seraient arrivées dans cette région il y'a de cela très longtemps. Les Mézimés et dans une moindre mesure les Boli-Lessous sont secondaires et vivent dans des villages organisés en chefferies. Seuls les pygmées font exception car ils sont relativement mobiles.

On observe cependant des déplacements souvent temporaires et parfois définitifs des bantous pour diverses raisons dont les plus importantes sont :

- La recherche d'un emploi : les déplacements sont alors faits des villages riverains vers les scieries et les grandes villes telles que Abong-Mbang, Bertoua, Yaoundé voire Douala.

- L'éducation des jeunes enfants qui finissent le cycle primaire dans les écoles des villages riverains, poursuivant leurs études dans les établissements d'enseignement secondaire, supérieurs et professionnels dans les grandes villes.

- L'approvisionnement en produits forestiers : cet approvisionnement se fait par la chasse, la pêche, la collecte des produits forestiers non ligneux. Dans cette perspective, des campements saisonniers sont faits à l'intérieur du massif forestier.

- L'agriculture : les travaux agricoles vont de plus en plus en profondeur et les populations optent de plus en plus pour des campements de travail dans les lieux d'ouverture de leurs plantations. Les anciennes pistes d'exploitations sous licence sont pour cela très sollicitées.

3.3.2 Activités de la population

3.3.2.1 Activités liées à la forêt

La forêt est la principale source d'approvisionnement des populations. La collecte des produits forestiers est une activité pratiquée aussi bien par les hommes que par les femmes chez les bantous et constitue même une activité principale chez les Bakas. Les produits forestiers collectés sont principalement destinés à l'alimentation, à la pharmacopée, l'artisanat et aux travaux de construction.

Les différents produits récoltés sont : le bois mort ramassé le plus souvent dans les jachères, les produits stimulants, les condiments, les fruits sauvages comme ceux du Moabi très convoités et ceux de l'andok. La population locale collecte aussi du miel, du vin de raphia et du vin de palme, les chenilles, les escargots, les vers blancs...

Tous ces produits sont principalement destinés à l'autoconsommation. Ce n'est qu'une infime partie qui est vendue aux Bayam-sallams qui viennent s'approvisionner surplace auprès des populations. Cette activité de cueillette et de collecte est pratiquée de manière intense entre les mois de juin et de septembre.

Pour les travaux de construction des maisons d'habitation et pour l'artisanat, les villageois utilisent beaucoup plus les perches, rotins, raphias. Il y'en a très peu qui utilisent les débités provenant du sciage sauvage effectué avec les scies à chaîne. Le sciage sauvage est très pratiqué le long de l'axe routier reliant la scierie de la SEBC au carrefour Goumté. Les bois de coffrage sciés de l'Ayous ou Autres bois blancs sont chargés dans les grumiers qui partent pour Yaoundé.

La pharmacopée utilise presque toutes les parties de l'arbre : écorces, racines, sève, fruits, feuilles... Elle est très rependue en raison du faible pouvoir d'achat des populations et de leur éloignement des centres de santé équipés.

Le développement sans cesse croissant des bananeraies le long de l'axe routier qui sépare la scierie de la SEBC et le carrefour Gounté passant par l'UFA 10 059, fait déjà perdre des superficies élevées à ce massif forestier. Il faut aussi ajouter à cette liste l'extension du camp de la scierie SEBC dont une partie dans l'UFA 10 059 et la plus grande partie dans l'UFA 10 058.il devient donc impératif de faire un micro-zonage de ce massif forestier avant son classement en tenant compte de ces multiples utilisations. (MEDINOF, 2004).

3.3.2.2 Caractéristiques coutumières

L'organisation sociale chez les bantous est articulée autour des groupements, des chefferies et des familles. En effet, les groupements sont placés sous l'autorité des préfets et sous-préfets et sont constitués d'un certain nombre de villages. Ils sont dirigés par des chefs de groupement qui sont des chefs de second degré.

Le village quant à lui est sous l'autorité d'un chef de village qui est un chef de troisième degré. Le chef est assisté par des notables dont le nombre dépend de l'étendue du village. Chaque famille est gérée par un chef de famille. Les mariages sont interdits entre les membres d'une même famille. Par ailleurs il existe des lieux, des animaux et des arbres sacrés. Les lieux sacrés concernent surtout les anciens cimetières. (MEDINOF, 2004)

3.3.2.3 Activités agricoles traditionnelles

L'agriculture constitue la principale activité des populations. Elle est itinérante sur brûlis. Les sols ne sont pas enrichis avec les fertilisants tels que les engrais chimiques. La main d'oeuvre est familiale. Les principales cultures vivrières pratiquées par ordre d'importance sont : le manioc (Manihot esculenta) qui est très consommé sous forme de couscous, l'arachide (Arachis hypogea) et la banane plantain (Musa spp.) plus orientée vers la vente, ainsi que le macabo (Xanthosoma sagitifolium).

Les autres cultures vivrières pratiquées sont : le concombre, la canne à sucre, la mais, le piment ; la patate, le taro, le gombo, l'igname, la tomate... les ¾ de la production sont destinés à l'autoconsommation. Le reste est commercialisé sur place.

Le système cultural le plus pratiqué est l'association de plusieurs cultures sur un même espace (cultures multiples). Les différentes associations observées sont :

- Arachide, manioc, mais, macabo, banane douce, banane plantain, ignames, patate, légumes, tomates ;

- Concombre, banane plantain, banane douce, igname, macabo ;

- Arachide, manioc, macabo, mais, tabac.

Ces associations ne sont pas limitées, l'objectif étant de mettre autant que possible de cultures compatibles dans l'espace qu'on a pu dégager.

Deux champs sur trois sont travaillés chaque année par ménage en zone de jachère où semble-t-il on produit beaucoup d'arachide, et un champ sur trois en forêt dense, zone de prédilection du concombre et du plantain. Les superficies des plantations sont variables par famille et par village. Les cultures pratiquées en zone de jachère par ménage et par an occupent une superficie en moyenne évaluée à 0,5 ha. En forêt vierge, ces superficies sont plus élevées. Les plantations vont de plus en plus en profondeur (1 à 8 km environ) sur les anciennes pistes forestières exploitées pour les champs se rencontrent sur l'axe routier reliant la scierie de la SEBC au carrefour Gounté qui traverse cette UFA. La jachère dure cinq et dix ans. L'usage des produits phytosanitaires est de plus en plus adopté. La construction de la route Abong Mbang-Bertoua a encore favorisé l'extension des terres agricoles sur le domaine forestier. (MEDINOF, 2004)

3.3.2.4 Activités agricoles de rente

Les cultures de rentes pratiquées dans cette localité sont la cacaoculture et la caféiculture. La culture du cacao connait un regain d'intérêt en raison de la hausse des prix d'achat alors que celle du café est en recul. Ces deux cultures sont souvent pratiquées seules (monoculture) ou parfois en association avec quelques arbres fruitiers tels que l'avocatier, le safoutier, l'oranger, le manguier... ces associations sont lâches et les arbres fruitiers se retrouvent en pieds isolés dans les cacaoyères. On y retrouve aussi parfois quelques fruitiers sauvages laissés sur pieds pendant la mise en place de la plantation isolés dans les cacaoyères. C'est le cas du Moabi et de l'Andok ou Manguier sauvage. L'espace occupé par les cultures de rente avoisine en moyenne 2 ha par ménage.

Les cultures de rente, contrairement aux cultures vivrières, sont l'affaire des hommes qui cependant sont souvent assistés par les femmes et les enfants en période de cueillette ou de traitement phytosanitaire.

3.3.2.5 La pêche

La pêche est pratiquée autant par les hommes, les femmes que par les enfants. C'est une pêche traditionnelle et l'activité est plus intense en saison sèche, période pendant laquelle la chasse est relativement moins fructueuse. Elle est exercée principalement dans les grandes rivières telles que la Doumé, Mpouop et le Nyong et même dans tous les petits cours d'eau de ces concessions forestières. Les méthodes de pêche les plus pratiquées sont :

- La pêche à la ligne beaucoup plus pratiquée par les enfants

- La pêche au filet par les hommes ;

- La pêche à la nasse pratiquée tant par les hommes que par les femmes ;

- La pêche au barrage qui est la spécialité des femmes.

Les différentes prises effectuées concernent plus les poissons d'espèces très différentes et diversifiées. D'autres reptiles comme les crocodiles et les serpents boa (Python) sont aussi souvent capturés lors de la pêche. Les poissons et les reptiles capturés sont soit consommés localement, soit vendus. Ils sont vendus soit en paquets boucanés ou alors en morceaux et quelques fois en cuvettes pour les crevettes.

3.4.2.6 L'élevage

C'est une activité traditionnelle qui n'est pas l'affaire des pygmées plus intéressés par la chasse et la cueillette. Il porte essentiellement sur les caprins (chèvre, moutons), porcins (porcs) et la volaille. Tous ces animaux sont laissés en divagation pour leur alimentation. Ils ne bénéficient pas aussi d'un abri à l'exception de la volaille. En effet, certains poulets dorment dans les recoins des cuisines ainsi que les canards.

Les produits de cet élevage sont essentiellement destinés aux cérémonies traditionnelles (mariages, deuils, funérailles, fêtes religieuses...) et à la réception des visiteurs de marque. La vente n'intervient qu'occasionnellement.

3.3.2.7 La chasse

Les populations riveraines de l'UFA sont étroitement impliquées dans les activités de chasse, domaine de prédilection des pygmées. Ces activités s'exercent partout dans l'espace environnant les villages (les jachères agricoles, les forêts vierges et les zones marécageuses). Dans certains villages, les populations vont déjà à plus de 40 km en forêt pour chasser. Les activités de chasse sont plus intenses en période de saison pluvieuse. Les techniques de chasse utilisées sont multiples : les pièges au câble d'acier, les fusils, la chasse à courre etc. la plus pratiquée reste les pièges qui occupent plus de 75% de chasseurs. Les principales espèces chassées sont : les Céphalophes, les Athérures, les Pangolins, les Aulacodes, les Singes...

Le gibier attrapé est destiné principalement à l'autoconsommation. Cependant, il y'a une partie non moins négligeable qui est vendue aux Bayam-Sallam qui viennent des villes avoisinantes. La viande est ainsi achetée soit au village, soit auprès des campements de fortune installés en forêt. Une autre partie alimente les petits restaurants du camp de la scierie de la SEBC.

Le gibier est vendu en entier pour les petits animaux et en morceaux pour les plus gros. Les prix moyens des athérures, aulacodes et céphalophes bleu communément appelé ici lièvre, varie entre 1000 et 2500 FCFA. Les morceaux de gros animaux découpés et plus souvent fumés, coûtent entre 500 et 1500. (MEDINOF, 2004). Mais ces prix sont constamment en hausse à cause de la forte demande sur le marché local et environnant dû à l'augmentation de la population, la présence d'un marché routier sur l'axe Abong-Mbang - Bertoua, et de la rareté du gibier qui fuit les bruits de l'exploitation.

3.3.2.8 La cueillette

Les activités de cueillette sont réalisées autour des lieux d'habitation et parfois même en profondeur dans la forêt. Les écorces, les racines, les feuilles et même les fruits de certaines essences sont ainsi récoltés pour satisfaire les besoins des populations. Ces besoins portent sur l'alimentation, la pharmacopée, la matière première pour l'artisanat et les matériaux de construction.

Les espèces végétales les plus utilisées dans l'alimentation des populations sont consignées dans le tableau 8 :

Tableau 8: Liste des espèces végétales les plus utilisées dans la zone d'étude

Nom pilote

Nom scientifique

Parties utilisées

Amvout

Trichoscypha arborea

La pulpe rouge des fruits est sucrée

Andok

Irvingia gabonensis

La pulpe est sucrée et l'amande utilisée dans la préparation des sauces gluantes. Elle est aussi vendue sous forme de pate

Bilinga

Nauclea diderrichii

Les fruits sont consommés crus

Ebom

Anonidium mannii

Le fruit est consommé

Essessang

Ricinodendron heudelotii

Les amandes sont utilisées comme condiment dans la préparation des sauces

Kanda

Beilschmeidia obscura

Les fruits sont comestibles

Colatier

Cola acuminata

Les amandes sont très consommées par les hommes

Moabi

Baillonnella toscisperma

La pulpe du fruit est très consommée et l'amande utilisée dans la préparation de l'huile de Moabi

Onié

Garcinia cola

Les écorces et les racines sont utilisées comme adjuvants dans la fermentation du vin de palme et de raphia.

Onzabili

Antrocaryon micraster

Les fruits sont comestibles

Source : MEDINOF (2004).

Certains de ces fruits sont ramassés. Il s'agit notamment du Moabi, du Bilinga, de l'Essessang et le Kanda. Les fruits de colatier sont souvent ramassés. C'est à cet état qu'ils sont préférés par les consommateurs qui les croient plus mûrs. Ils sont aussi souvent cueillis avant la maturité. Les autres fruits cueillis sont ceux de l'Amvout et quelques fois l'Andok.

3.3.2.9 Les sociétés de développement et les GIC

Il existe des sociétés de développement qui opèrent dans la zone en dehors des services publics chargés de l'encadrement des populations locales tels que le MINADER, MINEPIA, MINATD, MINSANTE, MINSEC, MINFF, MINAS, MINFOF... parmi elles, nous pouvons citer entre autre :

Le PNVRA du MINADER dont l'objectif principal est l'amélioration de la production agricole et du pouvoir d'achat des populations rurales ;

L'APPEC : qui est une organisation non gouvernementale qui assure l'encadrement des Baka dans trois domaines fondamentaux que sont : l'enseignement, la santé et l'évangélisation. Ses actions portent sur la construction des écoles primaires et l'organisation des séances de formations et de sensibilisation des pygmées de la zone. On note aussi la création des comités dans chaque village chargés de gérer la quotte part des redevances forestières annuelles allouées aux populations. Il existe aussi dans la plupart des villages, des groupes de tontine et d'entre aide pour les travaux agricoles. (MEDINOF, 2004)

3.3.3 Activités industrielles

3.3.3.1 Exploitations et industries forestières

a)- Exploitations forestières

Le massif forestier de la SCTB a déjà fait l'objet d'une exploitation sous forme de licence. Les différentes licences attribuées dans ce massif forestier, leurs superficies respectives, leurs années d'attribution et d'abandon ainsi que leur attributaire sont consignés dans le tableau 9 :

Tableau 9: les anciennes licences octroyées dans les UFA 10.046; 10.059 et 10.060

Licence

Superficie (ha)

Société attributaire

Année d'attribution

Année d'abandon

Observations

1554

82 280

E.F.C

20/12/1969

20/12/1989

 

1486

23 625

S.F.I.D.

02/09/1971

19/08/1975

 

1564

1831

41 000

S.E.B.C.

20/12/1969

03/10/1977

05/04/1993

19/12/1974

02/10/1982

05/04/1998

Licence n°1564 attribuée en 69 et fermée en 74. Puis ré ouverte encore par la même société en 77 pour être de nouveau fermée en 82. Même zone ensuite ouverte sous licence 1831 en 1993 pour être fermée en 1998.

1766

24 060

S.F.I.D.

02/09/1971

19/08/1975

 

1769

63 200

S.E.B.C.

22/03/1985

13/08/1991

 

Sources : MEDINOF (2004).

Le tableau 9 montre effectivement que cette zone a déjà été exploitée de 1969 à 1998.

3.4 Méthode

3.4.1. Analyse documentaire

Elle a consisté à collecter les informations nécessaires dans les bibliothèques de l'université de Dschang, plus précisément celle du département de foresterie, à la GTZ, au Ministère des Forêts et de la Faune à Yaoundé et à la cellule d'aménagement de la SCTB pour la revue de la littérature. Nous avons exploité le rapport d'inventaire d'exploitation de l'AAC 2-4 en cours d'exploitation dans l'UFA 10 060, la carte forestière de la même UFA, son plan d'aménagement, la liste des essences les plus exploitées dans cette UFA et tout autre document sur les études d'impact de l'exploitation forestière, et sur le suivi d'exploitation dans l'UFA. Le rapport d'inventaire d'exploitation, le plan d'aménagement, le plan quinquennal de gestion de la concession forestière 1046 de la SCTB (UFA 10 046, 10 059, et 10 060) ont été utilisés.

3.4.2. Collecte des données sur le terrain

3.4.2.1. Choix du site d'étude

Pour réaliser ce travail, deux parcelles de 25 ha chacune ont été sélectionnées dans l'AAC 2-4 avant l'exploitation. Les parcelles ont été choisies en fonction de leur facilité d'accès et la possibilité d'être exploitée avant les fortes pluies. Nous nous sommes appuyés sur la fiche de suivi du chantier qui présentait les parcelles à exploiter dans les jours avenirs.

3.4.2.2. Inventaire pré-exploitation

Dans les parcelles choisies, un inventaire en plein a été réalisé avant l'exploitation et toutes les essences de diamètre supérieur ou égal à 10 cm ont été enregistrées. La fiche de collecte des données est celle utilisée dans les études précédentes qui portaient sur la thématique de l'évaluation des dégâts d'exploitation (voir annexe 1). A chaque étape de cette collecte de données pré-exploitation, nous nous sommes servis d'un GPS et d'une boussole pour garder une bonne orientation dans la forêt et mesurer les distances parcourues, d'un clisimètre pour corriger les erreurs liées à la pente sur les mesures des distance par chainage rubané, d'un ruban mètre pour mesurer les diamètres des arbres, d'un pinceau et d'un seau de peinture pour marquer tous les arbres comptés. L'équipe de prospection et le botaniste ont permis d'identifier toutes les essences présentes sur le site. Chacun des prospecteurs était équipé d'une machette pour dégager son passage et faire des entailles d'identification sur les troncs des arbres. La figure 5 présente des photos des matériaux utilisés lors de la collecte des données pré-exploitation.

GPS, boussole Clisimètre Suunto sceau de peinture, pinceau, décamètre et mètre

Figure 5: Photo des matériaux utilisés lors de la collecte des données de terrain

a)- Sur les routes principales et secondaires

Afin de quantifier l'impact de la construction des routes principales et secondaires sur les tiges d'avenirs, un inventaire systématique a été fait tout au long des routes qui traversent la parcelle avant leur ouverture. Cet inventaire a été réalisé sur une largeur de 12 m pour les routes principales et 10 m pour les routes secondaires à l'aide d'un plan du projet « tracé de route ». Au cours de cet inventaire, toutes les tiges de diamètre supérieur ou égal à 10 cm ont été identifiées et marquées à la peinture rouge. L'équipe de prospection (six prospecteurs, un compteur botaniste, un layonneur et un pointeur) a évolué groupée sur l'axe afin de relever toutes les essences sur le long de la future route et de les marquer.

b)- Sur le reste de la placette

Avant l'exploitation de chaque parcelle, un inventaire en plein y a été réalisé. Pour cela, une équipe d'inventaire constituée de six prospecteurs, un compteur botaniste, un layonneur et un pointeur a été utile. Chaque prospecteur balayait une largeur de 10 m intercalée par le compteur botaniste qui se positionnait entre les six. Le pointeur se positionnait sur le layon du parcellaire ouvert lors du découpage de la parcelle, le layonneur quant à lui se positionnait après les compteurs pour ouvrir un nouveau layon qui sera utilisé par le pointeur à la prochaine virée. Toutes les essences de DHP supérieur ou égal à 10 cm étaient identifiées et marquées à la peinture rouge. Sur la fiche de pointage étaient marqués le nom et le diamètre des essences. Les superficies des parcelles étaient de 250 m de large sur 1000 m de long, soit 25 ha, et l'équipe disposée dans le sens de la largeur évoluait dans le sens de la longueur. L'équipe couvrait donc 60 m dans le sens de la largeur, et c'est ainsi que l'inventaire a été mené dans les deux parcelles et en quatre virés pour couvrir chaque parcelle. La figure 6 montre les photos du marquage des arbres à la peinture rouge et de la mesure de DHP avec le ruban mètre de menuisiers avant l'exploitation.

Marquage des arbres à la peinture rouge et Mesure du DHP d'un arbre

Figure 6: Photos des arbres marqués et mesure du DHP

c)- Calcul du taux d'échantillonnage

Le taux d'échantillonnage T(%) est calculé par la formule suivante :

T = s/S x100

Ø La surface de sondage (s) est de 25 ha x 2 = 50 ha.

Ø La superficie totale de l'assiette annuelle de coupe (S) est de 3310 ha.

Ce qui donne 50 ha / 3310 ha x 100 = 1,51%.

3.4.2.3. Inventaire post exploitation

a)- Sur les routes principales et secondaires

Après le tracé des routes, nous y sommes retournés pour enregistrer les dégâts. Cette fois les dégâts ont été enregistrés sur une largeur de 28 m représentant l'emprise moyenne des routes principale et 26 m pour les routes secondaires. Tous les dommages ont été enregistrés en fonction des différents types de dégâts causés sur les essences. Sur les fiches ont été notés les noms, diamètres, hauteurs, types et classes de dégâts pour chaque essence (voir annexes 1 et 2). De cette façon, toutes les tiges détruites ou endommagées de diamètre supérieur ou égal à 10 cm ont été enregistrées. L'équipe de diagnostique post exploitation était la même que celle des inventaires pré-exploitation, et nous avons évolué de manière groupée.

b)- Sur les parcs à bois

Une fois les routes tracées et avec l'aide du chef d'équipe, nous avons repéré les différents endroits devant abriter les parcs. Sur chacun de ces endroits, il a été installé une placette carré de 30 m x 30 m à l'intérieur de laquelle, un inventaire en plein a été réalisé sur toutes les essences de diamètre supérieur ou égal à 10 cm au DHP et enregistrées dans la fiche de collecte des données pré-exploitation (voir annexe 1). Tous les parcs contenus dans les parcelles choisies ont été inventoriés. Après la création des parcs, nous y sommes revenus pour enregistrer toutes les tiges perdues ou abimées. De cette façon, les dégâts causés par l'installation des parcs à bois sur le peuplement résiduel ont été estimés.

c)- Sur les places d'abattage

A l'aide de la carte de sortie pieds et des pistes de débardage, tous les pieds à abattre dans les différentes parcelles ont été recensés. Nous y sommes retournés après leur abattage pour relever les tiges détruites par l'impact de l'abattage. Toutes les tiges abimées et détruites autour de l'arbre abattu ont été enregistrées selon les différents types de dégât dans la fiche abattage (voir annexe 1).

d)- Sur les pistes de débardage

Après l'ouverture des pistes de débardage, nous y sommes retournés pour suivre le tracé. Toutes les tiges de diamètre supérieur ou égal à 10 cm au DHP ont été comptées le long de toutes les pistes de débardage et enregistrées dans la fiche débardage (voir annexe 1). De même, les longueurs des pistes ont été mesurées afin de faire sortir la surface perturbée par cette opération. Ainsi les dégâts causés par le débardage ont été évalués et notés comme dans les cas précédents.

3.4.3 Traitement et Analyse des données

3.4.3.1. Traitement des données

Après la collecte des données dans la forêt de Bonando dans le Haut Nyong, nous sommes retournés en entreprise à Yaoundé afin de les traiter et analyser. Les abréviations suivantes ont été utilisées lors de la saisie et codification des données dans le logiciel Excel.

- En ce qui concerne les classes de diamètre, les chiffres I, II, III, IV... ont été utilisés pour signifier les classes :

I pour la classe [10, 20[ ; II pour la classe [20, 30[ ; III pour la classe [30, 40[ainsi de suite.

- Pour ce qui est des dégâts, les classes et les types ont été distinguées notamment :

Classes de dégât : (écorcé, ébranché, cassé, déraciné et renversé). Les codes suivants ont été attribués aux différentes classes de dégâts : 1 pour les essences écorcées, 2 pour les essences ébranchées, 3 pour les essences cassées, 4 pour les essences déracinées, 5 pour les essences renversées et 6 pour les essences écrasées.

Types de dégât : les codes attribués aux différents types de dégât ont été les suivants :

(i pour minime, ii pour grave et iii pour très grave) les dégâts minimes sont de types écorcés et ébranchés, les dégâts graves sont de type cassés, et les dégâts très graves sont de types déracinés renversés et écrasées. Puis nous avons classé les types de dégât en fonction de l'état des tiges ayant subit les dégâts à travers les codes (abi) pour abimées dans le cas des tiges d'avenir ayant subit des dégâts minimes, et (per) pour perdues dans le cas des tiges ayant subit des dégâts graves et très graves.

3.4.3.1. Analyse des données

Les données collectées sur le terrain et enregistrées dans le logiciel Excel ont été analysées à travers les fonctionnalités statistiques du logiciel Excel. Nous avons également relevé les paramètres densité et autres qui nous ont aidé à tirer des conclusions fiables. Nous avons ensuite fait ressortir, grâce aux tableaux croisés dynamiques et aux diagrammes croisés dynamiques, la catégorisation des dégâts sur le peuplement forestier. Les différentes données portant sur la densité du peuplement, le taux de prélèvement et les dégâts d'exploitation ont été introduites dans le logiciel d'analyse statistique SPSS 17, afin de faire ressortir la nuance statistique à travers un test de comparaison.

CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSIONS

4.1. Description du peuplement forestier échantillonné

La forêt de Bonando est une forêt dense à Sterculiacées et à Ulmacées selon Letouzey (1968) cité par Trochain (1980), et nos travaux ont permis de faire ressortir les caractéristiques du peuplement forestier présentées dans le tableau 10 suivant :

Tableau 10: Répartition du peuplement forestier échantillonné en fonction des classes de diamètre et par parcelle

Classe de diamètre

Nombre de tiges par parcelle

B1-218

B1-222

Total général

Pourcentage (%)

Pourcentage cumulé croissant (%)

I

4513

3652

8165

33,31

33,31

II

3240

2811

6051

24,69

58

III

1601

1292

2893

11,81

69,81

IV

1981

1500

3481

14,2

84,01

V

744

515

1259

5,14

89,15

VI

629

536

1165

4,76

93,91

VII

444

383

827

3,38

97,29

VIII

179

127

306

1,26

98,55

IX

69

45

114

0,46

99,01

X

78

38

116

0,47

99,48

XI

15

7

22

0,089

99,569

XII

28

21

49

0,2

99,769

XIII

6

7

13

0,05

99,819

XIV

11

13

24

0,09

99,909

XV

5

2

7

0,028

99,937

XVI

4

6

10

0,04

99,977

XVII

1

 

1

0,004

99,981

XVIII

3

1

4

0,016

100

Total général

13551

10956

24507

100

-

Pourcentage (%)

55,29

44,71

100

-

 

Le tableau 10 montre que sur 24507 tiges inventoriées, 55,29% ont été recensées dans la parcelle B1-218 et 44,71%, dans la parcelle B1-222. Les densités de ces tiges varient en fonction des diamètres. Il ressort du tableau 10 que 69,81% des tiges de ce peuplement forestier ont un diamètre compris entre 10 et 30 cm, et 84,01% ont un diamètre compris entre 10 et 40 cm. La forte densité des tiges d'avenir signifie la constante régénération de cette forêt, et des précautions doivent être prises lors de l'exploitation forestière pour éviter de les détruire. Par contre, 15% des tiges du peuplement forestier échantillonné ont un diamètre compris entre 50 et 90 cm, et seulement 1% ont un diamètre supérieur à 100 cm. Ces données sont équivalentes à une forte densité de peuplement (490,14 pieds/ha), ce qui correspond à l'intervalle (310-530 pieds/ha) fixé par Letouzey (1968) pour les forêts denses tropicales. Selon Letouzey (1968), dans les forêts denses tropicales, 53 à 73% des tiges inventoriées ont un diamètre compris entre 10 et 30 cm, 16 à 25% entre 40 et 100 cm et 1 à 2% de celles-ci ont un diamètre supérieur à 100 cm. La classe la plus représentée dans le tableau 10 est la classe des tiges dont les diamètres varient entre 10 et 20 cm et les effectifs vont de manière décroissante. L'effectif de la classe IV (40-50) est plus élevé que celui de la classe III (30-40) ; ceci peut s'expliquer par le fait que cette AAC entre en exploitation pour la deuxième fois et que lors de la première exploitation, les tiges de 20 à 30 cm ont été largement dégradées et le reboisement n'a pas pu combler le déficit. La table de peuplement des essences est présentée en annexe 2.

Le tableau 11 fait ressortir la répartition des essences présentes dans les parcelles échantillonnées en fonction du type d'essence (principale, secondaire et autre), et en fonction de leurs classes de diamètre.

Tableau 11: Répartition des tiges échantillonnées en fonction du type d'essence et par classe de diamètre

Classe de diamètre

Essences

principale

Secondaire

Autres

Total général

I

4175

2264

1726

8165

II

3417

1576

1058

6051

III

1817

708

368

2893

IV

2099

882

500

3481

V

815

298

146

1259

VI

688

335

142

1165

VII

465

262

100

827

VIII

185

92

29

306

IX

78

31

5

114

X

69

35

12

116

XI

13

6

3

22

XII

27

15

7

49

XIII

8

3

2

13

XIV

13

9

2

24

XV

18

3

1

22

Total général

13887

6519

4101

24507

pourcentage (%)

56,66

26,6

16,74

100

Il ressort du tableau 11 que 56,66% des tiges inventoriées sont des essences principales, 26,6% des essences secondaires, et 16,74% sont des essences d'autres types (médicinales, protégées, interdites d'exploitation, etc.). Il faut noter qu'une essence principale pour un concessionnaire peut être secondaire pour un autre, et que les essences interdites d'exploitation pour les uns peuvent être autorisées pour les autres selon les prescriptions mentionnées dans son cahier de charges et surtout dans son plan d'aménagement. Ceci dépend fortement de la densité de ces essences dans le peuplement forestier et de leur taux de reconstitution. La table de peuplement de toutes les essences inventoriées dans les parcelles échantillonnées est présentée en annexe 2. Les noms commerciaux, scientifiques et locaux des essences inventoriées sont répertoriés en annexe 3.

L'arrêté n°0443/A/MINFOF/SG/DF/SDAFF/SAG du 12 juillet 2011 portant modification de la classification des essences forestières contenues dans les annexes I et II du décret n° 99/781 du 13 octobre 1999 classe les essences forestières selon le mode de commercialisation, et l'on en distingue trois types :

- Les essences dont l'exportation est interdite sous forme de grumes ;

- Les essences d'incitation à la promotion ;

- Les essences de promotion dont l'exportation est autorisée sous forme de grume (première et deuxième catégories).

Et la SCTB essaie de se conformer à ces prescriptions.

L'allure générale de distribution des effectifs des essences inventoriées par classe de diamètre est représentée dans la figure 7.

Classes de diamètre

Effectifs

Figure 7: Répartition des essences échantillonnées en fonction des classes de diamètre

Cette distribution générale se présente sous la forme d'un « J » renversé ou sous la forme exponentielle renversée (décroissante) à pente plus ou moins forte, dénotant d'une régénération constante dans le temps. C'est la principale caractéristique d'un peuplement forestier encore en équilibre car il y'a beaucoup de tiges de petit diamètre et très peu de tiges de gros diamètre. Cette situation s'observe sur certaines essences principales prises individuellement. C'est le cas pour les essences dont le pourcentage exploitable est très faible (voir annexes 2 et 4).

4.2 Quantification des dégâts par opération d'exploitation forestière

4.2.1 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des routes principales

Dans les normes d'exploitation forestière, Les routes sont ouvertes en évitant les fortes pentes et avant toute opération d'exploitation. Dans les parcelles faisant l'objet de notre étude, les routes ont été ouvertes au fur et à mesure que les travaux avançaient. Cela nous a permis d'évaluer les dégâts dû à l'ouverture des routes comme présentés dans le tableau 12.

Tableau 12: Répartition des tiges détruites par l'ouverture de la route en fonction des types d'essences forestières

Type d'essence

B1-218

%

B1-222

%

Total général

%

Autre

119

13,48

32

3,62

151

17,10

Principale

268

30,35

229

25,93

497

56,28

Secondaire

176

19,94

59

6,68

235

26,62

Total général

563

63,77

320

36,23

883

100

Il ressort du tableau 12 que 883 tiges ont été détruites lors de l'ouverture des routes dans les deux parcelles étudiées, ce qui représente 3,60% des dégâts subits par le peuplement initial. Les essences détruites sont en majorité (56,28%) des tiges d'avenir des essences principales, 26,62% des essences secondaires et 17,10% des essences d'autres types. La route ouverte dans cette UFA suit le tracé de l'ancienne route ouverte par la S.E.B.C. qui a exploité ce massif forestier avant la S.C.T.B., d'où la différence constatée entre les routes ouvertes dans les deux parcelles. C'est ainsi que 63,77% de ces dégâts ont été commis lors de l'ouverture de la parcelle B1-218, contre 36,23% lors de l'ouverture de la route sur la parcelle B1-222, cette dernière présentant une faible densité de peuplement le long de sa route. Le tableau 13 présente la répartition des tiges détruites par l'opération d'ouverture de la route en fonction des classes de diamètre.

Tableau 13: Répartition des tiges détruites par l'ouverture des routes en fonction de leurs diamètres

Classe de diamètre

Essences

Autre

Principale

Secondaire

Total général

%

% cumulé

I

94

92

94

280

31,71

31,71

II

32

108

58

198

22,42

54,13

III

8

70

19

97

10,98

65,11

IV

7

86

20

113

12,80

77,91

V

3

45

7

55

6,23

84,14

VI

5

44

19

68

7,70

91,84

VII

2

32

13

47

5,32

97,16

VIII

0

7

2

9

1,01

98,17

IX

0

4

1

5

0,57

98,74

X

0

3

0

3

0,34

99,08

XI

0

1

0

1

0,12

99,20

XIII

0

1

0

1

0,12

99,32

XIV

0

0

2

2

0,22

99,54

XV

0

1

0

1

0,12

99,66

XVIII

0

3

0

3

0,34

100,00

Total général

151

497

235

883

100

-

%

17,10

56,28

26,62

100

-

-

Il ressort du tableau 13 que 77,91% des arbres ayant subi des dégâts ont un diamètre inférieur à 50 cm, et 54,13% de ces arbres ont un diamètre inférieur à 30 cm. Ceci peut se justifier de part la forte densité des tiges de faible diamètre. Les tiges de faible diamètre subissent ainsi plus de dégâts lors de l'ouverture des routes que d'autres arbres. Lors de l'ouverture de la route aucune précaution n'est prise pour éviter les essences ceinturées, et les essences détruites sont aussi bien des essences principales, secondaires ou autres. Le tableau 14 présente la répartition des arbres détruits en fonction des types de dégâts subis.

Tableau 14: Répartition des arbres détruits par l'ouverture de la route en fonction des types de dégâts

Type d'essence

Cassé

Déraciné

Ebranché

Ecorcé

Ecrasé

Total général

Autre

35

37

33

25

21

151

Principale

86

189

86

101

35

497

Secondaire

33

84

37

52

29

235

Total général

154

310

156

178

85

883

Pourcentage (%)

17,44

35,11

17,67

20,16

9,62

100

Il ressort du tableau 14 que 35,11% des arbres ayant subi des dégâts ont été déracinés et seulement 9,62% de ceux-ci ont été écrasés. Ceci est dû au fait que les tracteurs à chenille ou à roues qui ouvrent la route déracinent tout ce qui se trouve sur son passage et font basculer sur le coté. Les mesures effectuées sur la route principale ont données les résultats contenus dans le tableau 15.

Tableau 15: Résultats des mesures sur la route principale

Opération

Longueur (m)

Largeur (m)

Emprise moyenne. (m)

Surface perturbée (m2)

Route principale

572

8,5

18,5

4862

L'ouverture de la route s'est faite sur 572 m de long, soit 270 m traversant la parcelle B1-222 et 302 m traversant la parcelle B1-218. La largeur de 8,5 m a été donnée par le passage de deux lames des bulls ayant 4 m de largeur, et le terrassement par le tracteur à roues pour dégager la route de tout débris a contribué à l'élargir de 0,5 m d'où les 8,5 m de largeur. Compte tenu des prévisions du cahier des charges, relative à l'ouverture des routes principales et des procédures de planification et construction des routes, qui prévoient une largeur de 8 m pour les routes principales, on constate que la largeur sur le terrain de 8,5 m est presque conforme à la valeur indicative prévue malgré le retard dans l'exécution des travaux. La largeur moyenne de l'emprise est de 28,5 m car elle s'étend sur 10 m de part et d'autre de la route ouverte. La surface perturbée par la route principale a été estimée à 4862 m², soit environ 0,4862 ha, représentant 0,9724% des parcelles d'étude en termes de superficie. Le tableau 16 présente la répartition des arbres ayant subi des dégâts en fonction du degré de ceux-ci.

Tableau 16: Répartition des arbres en fonction du degré de dégât subit

OBSERVATIONS

Type d'essence

Total

%

Abi

Autre

89

10,08

 

Principale

273

30,92

 

Secondaire

122

13,81

Total abi

 

484

54,81

Per

Autre

62

7,02

 

Principale

224

25,37

 

Secondaire

113

12,80

Total per

 

399

45,19

Total général

 

883

100

N.B. : - abi : abimée pour les tiges ayant subit les dégâts de type I

- per : perdue pour les tiges ayant subit les dégâts de type II et III

Du tableau 16, il ressort que 54,81% des tiges dégradées ont été abimées (écorcés, ébranchés et/ou cassées). Certaines tiges cassées sont irrécupérables (0,46% des tiges endommagées) et 16,98% des tiges endommagées par brisures pourront se reconstituer. Les tiges endommagées ont été inventoriées dans un rayon de 10 m de part et d'autre de la route, et les dégâts subits (écorcées, ébranchées et cassées) ont été relevés sur le peuplement installé en bordure, sur l'emprise de ce rayon. Nous avons relevé 45,19% des tiges perdues, celles-ci ayant subi des dégâts de type déracinées et écrasées. C'est le cas pour toutes les tiges qui ont été délocalisées de leur emplacement d'origine, car elles se trouvaient sur le tracé de la route. Ces tiges perdues sont irrécupérables.

4.2.2 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des routes secondaires (bretelles)

Le réseau de pistes secondaires est celui qui donne directement accès à la parcelle mise en exploitation ou facilite l'évacuation de bois par les véhicules de transport. La largeur de celles-ci est de 6 m dans les parcelles mises en exploitation dans l'UFA 10 060 de la SCTB, ce qui est conforme à la norme d'exploitation, malgré le retard de son exécution. Les mesures effectuées ne nous ont pas permis d'évaluer leur longueur, mais les dégâts orchestrés sur le peuplement forestier ont été relevés et présentés dans le tableau 17.

Tableau 17: Répartition des dégâts dû à l'ouverture des pistes secondaires

Classe de diamètre

Autre

Principale

Secondaire

Total général

Pourcentage

(%)

I

16

17

17

50

42,01

II

10

20

7

37

31,09

III

3

5

0

8

6,72

IV

0

3

3

6

5,04

V

0

3

1

4

3,37

VI

1

10

1

12

10,08

VII

1

0

1

2

1,68

Total général

31

58

30

119

100

Pourcentage (%)

26,05

48,74

25,21

100

 

Il ressort du tableau 17 que 119 arbres d'avenir ont été détruits lors de l'ouverture des pistes secondaires ce qui représente un taux de 0,49% de dégâts sur le peuplement initial. De ces tiges détruites, 42,01% ont moins de 20 cm de diamètre, et 73,10% ont moins de 30 cm de diamètre; ceci confirme la vulnérabilité des tiges de faibles diamètres qui sont complètement détruits sur la surface d'ouverture des routes. Il ressort également que 48,74% de ces tiges détruites sont des essences primaires, et 51,26% de celles-ci sont des essences secondaires et autres. Le tableau 18 présente la situation des dommages en fonction du type de dégâts.

Tableau 18: Répartition des arbres endommagés en fonction des types de dégâts

Classe de diamètre

Abi

Per

Total général

Pourcentage

(%)

I

13

37

50

42,01

II

14

23

37

31,09

III

0

8

8

6,72

IV

0

6

6

5,04

V

0

4

4

3,37

VI

9

3

12

10,08

VII

0

2

2

1,68

Total général

36

83

119

100

Pourcentage (%)

30,25

69,75

100

-

N.B. : - abi : abimée pour les tiges ayant subit les dégâts de type I

- per : perdue pour les tiges ayant subit les dégâts de type II et III

Il ressort du tableau 18 que les 30,25% des tiges endommagées sont abimées et 69,75% de celles-ci sont perdues. Ici aussi, les arbres ayant moins de 30 cm de diamètre subissent plus de dégâts, et les tiges perdues sont en majorité des arbres de moins de 30 cm de diamètre. Dès lors que l'évacuation du bois dans la zone est faite, la route est abandonnée et même barrée, contrairement à la principale qui est quelques fois utilisée en permanence pour le transport du bois.

4.2.3 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'ouverture des parcs à bois

Dans les deux parcelles d'étude, nous avons recensé deux grands parcs et trois parcs sauvages, soit un grand parc ouvert en bordure de route à l'intersection des zones de fortes concentrations de bois, de forme rectangulaire de 40 m sur 30 m dans chaque parcelle, et deux parcs sauvages ouverts à l'intérieur de la parcelle numéro 218, contre un parc sauvage dans la parcelle numéro 222, près des fortes concentrations de bois abattus, de forme carré de 20 m x 20 m en moyenne. La présence de parcs sauvages est due à la répartition des tiges exploitables dans ces parcelles qui sont réparties sur des poches déconcentrées. Le tableau 19 présente les dégâts enregistrés sur les parcs dans les différentes parcelles.

Tableau 19: Répartition des dégâts causés par l'ouverture des parcs sur le peuplement forestier par classe de diamètre et par parcelle

Classe de diamètre

B1-218

Pourcentage

(%)

B1-222

Pourcentage

(%)

Total général

Pourcentage

(%)

I

162

42,41

53

13,87

215

56,28

II

64

16,75

26

6,80

90

23,56

III

30

7,85

10

2,62

40

10,47

IV

11

2,89

5

1,31

16

4,19

IX

0

0

1

0,26

1

0,26

V

9

2,36

0

0

9

2,36

VI

3

0,79

0

0

3

0,79

VII

6

1,57

1

0,26

7

1,83

X

1

0,26

0

0

1

0,26

Total général

286

74,87

96

25,13

382

100

Le tableau 19 montre que 382 tiges ont été dégradées par l'opération d'ouverture des parcs, ce qui représente 1,56% des dégâts sur le peuplement initial. Il ressort que 74,87% des tiges dégradées par l'ouverture des parcs se trouvent dans la parcelle n°218, et 25,13% des tiges dégradées dans la parcelle n°222. Trois parcs ont été ouverts dans la parcelle n°218 contre deux dans la parcelle n°222. Le ratio pourcentage de tiges dégradées en fonction du nombre de parcs ouverts est en faveur de la parcelle n°218, car 24,96% de tiges ont été dégradées en moyenne par parc dans la parcelle n°218 contre 12,57% de tiges dégradées par parc dans la parcelle n°222. Ceci dénote la forte concentration des tiges dans la parcelle n°218 et la forte densité de celles-ci au niveau des lieux d'ouverture des parcs. Il ressort également que 56,28% des tiges endommagées ont moins de 20 cm de diamètre et que 79,84% de celles-ci ont moins de 30 cm de diamètre, ce qui confirme la vulnérabilité des arbres de faible diamètre. Le tableau 20 présente la répartition des dommages en fonction des types de dégâts subits.

Tableau 20: Répartition des tiges endommagées par l'ouverture des parcs en fonction du type de dégâts

Classe de diamètre

Abi

Pourcentage

(%)

per

Pourcentage

(%)

Total général

Pourcentage

(%)

I

31

8,12

184

48,16

215

56,28

II

16

4,18

74

19,37

90

23,56

III

5

1,31

35

9,16

40

10,47

IV

5

1,31

11

2,88

16

4,19

IX

0

0

1

0,26

1

0,26

V

0

0

9

2,36

9

2,36

VI

0

0

3

0,79

3

0,79

VII

0

0

7

1,83

7

1,83

X

0

0

1

0,26

1

0,26

Total général

57

14,92

325

85,08

382

100

N.B. : - abi : abimée pour les tiges ayant subit les dégâts de type I

- per : perdue pour les tiges ayant subit les dégâts de type II et III

Le tableau 20 montre que 85,08% des tiges endommagées sont perdues contre 14,92% qui sont abimées. Les classes de diamètres I et II sont les plus affectées par ces dommages, représentant 79,84% des dégâts. Les essences endommagées se font sans distinction du type d'essence comme mentionnées dans l'analyse initiale décrivant les dégâts dus à l'ouverture de la route.

4.2.4 Dégâts sur le peuplement résiduel dus à l'abattage

Les travaux d'abattage sont conduits par une équipe d'abattage formés à cet effet. En fonction de l'état des tronçonneuses et des performances journalières, un abatteur peut faire tomber 6 à 10 pieds par jour, soit en moyenne un rendement de 8 pieds/abatteur/jour. Ce rendement pourrait nettement s'améliorer si des conditions d'entretien des engins d'abattage, ainsi que l'amélioration des conditions de vie des abatteurs sont prises en considération. Dans les parcelles d'étude, 86 pieds d'arbre ont été abattus, soit 44 pieds dans la parcelle B1-218 et 42 pieds dans la parcelle B1-222. Le taux de prélèvement total s'élève à 1,72 tiges/ha, soit 1,76 tiges/ha dans la parcelle B1-218 et 1,68 tiges/ha dans la parcelle B1-222.

Le tableau 21 présente la répartition des essences exploitées dans les parcelles par effectif de tiges exploitées.

Tableau 21: Répartition des essences exploitées par effectifs et par parcelle

Parcelle numéro B1-218

Noms commerciaux

Noms scientifiques

Familles

DME/AME

Nombre de tiges abattues

Frake

Terminalia superba

Combrétacées

60

18

Framiré

Terminalia ivorensis

Combrétacées

50

3

Tola

Gossweilerodendron balsamiferum

Césalpiniacées

100

6

Tali

Erythropheum ivorense

Césalpiniacées

70

1

Ilomba

Pycnanthus angolensis

Myristicacées

60

9

Ayous

Triplochiton scleroxylon

Sterculiacées

50

2

Koto

Pterygota macrocarpa

Sterculiacées

60

1

Lotofa

Sterculia rhinopetala

Sterculiacées

50

1

Padouk rouge

Pterocarpus soyauxii

Fabacées

60

1

Fromager

Ceiba pentandra

Césalpiniacées

80

2

Total

 
 
 

44

Parcelle numéro B1-222

Frake

Terminalia superba

Combrétacées

60

19

Tola

Gossweilerodendron balsamiferum

Césalpiniacées

100

6

Tali

Erythrophleum ivorense

Césalpiniacées

70

4

Ilomba

Pycnanthus angolensis

Myristicacées

60

1

Ayous

Triplochiton scleroxylum

Sterculiacées

50

8

Lotofa

Sterculia rhinopetala

Sterculiacées

50

3

Padouk blanc

Pterocarpus mildbraedii

Fabacées

60

2

Kapokier

Bombax buonopozense

Bombacacées

60

1

Fromager

Ceiba pentandra

Césalpiniacées

80

1

Tchitola

Oxystigma oxyphyllum

Césalpiniacées

60

1

Okan

Cylicodiscus gabonensis

Mimosacées

60

1

Aiélé

Canarium schweinfurthii

Burséracées

80

1

Total

 
 
 

42

Il ressort du tableau 21 que seulement dix essences ont été exploitées dans la parcelle B1-222 pour les 44 pieds abattus, contre 12 essences pour les 42 pieds de la parcelle B1-218. Il est à noter qu'un arbre n'est exploité que s'il remplit les critères d'exploitabilité de l'essence. Le tableau 22 présente les dégâts causés sur le peuplement résiduel par l'opération d'abattage.

Tableau 22: Répartition des tiges endommagées dues à l'abattage par parcelles et par classe de diamètre

Classe de diamètre

Parcelle

B1-218

B1-222

Total général

Pourcentage

(%)

Pourcentage

Cumulé (%)

I

444

123

567

44,54

44,54

II

226

53

279

21,92

66,46

III

141

58

199

15,63

82,09

IV

107

20

127

9,97

92,06

V

33

0

33

2,59

94,65

VI

31

0

31

2,43

97,08

VII

26

2

28

2,20

99,28

VIII

4

0

4

0,3

99,58

X

1

0

1

0,09

99,67

XI

1

0

1

0,09

99,76

XII

3

0

3

0,23

99,99

Total général

1017

256

1273

100

100

Pourcentage (%)

79,89

20,11

100

-

-

Il ressort du tableau 22 que 1273 tiges ont été endommagées par l'opération d'abattage, ce qui représente 5,19% des dégâts orchestrés sur le peuplement initial. Le tableau 22 montre que 79,89% des tiges ont été dégradées dans la parcelle B1-218, et seulement 20,11% de celles-ci ont été dégradées dans la parcelle B1-222. Cela peut s'expliquer par la forte densité des tiges dans la parcelle 218, et surtout le fait qu'autour des tiges abattues dans cette parcelle se trouve de nombreuses tiges d'avenir ; ce qui n'a pas très souvent été le cas dans la parcelle 222. On peut aussi relever que les dégâts orchestrés par un arbre abattu varient en fonction de la taille de l'arbre (de 6 à 24 m pour le Tali, 18 à 25 m pour le Fraké, de 18 à 32 m pour l'Iroko, et pouvant aller jusqu'à 40 m de hauteur en fonction de la densité du peuplement), de son diamètre (les DME variant de 50 à 150 cm, pouvant aller jusqu'à 180 cm lorsqu'on prend en compte le bonus), et de la direction de chute choisie par l'abatteur. Les techniques d'abattage orienté et contrôlé permettent de limiter l'impact de la chute d'un arbre sur le peuplement résiduel. Le tableau 22 montre que 44,54% des tiges endommagées par cette opération sont comprises dans la classe de diamètre I, et 82,09% des tiges dégradées sont comprises entre 10 et 40 cm. Ceci dénote de la fragilité des tiges de faible diamètre qui y sont fortement représentés. Le tableau 23 présente la répartition des tiges endommagées en fonction des diamètres dégradés.

Tableau 23: Répartition des tiges endommagées en fonction des diamètres

Classe de diamètre

abi

Pourcentage

(%)

per

Pourcentage

(%)

Total général

Pourcentage

(%)

I

92

7,23

475

37,31

567

44,54

II

110

8,64

169

13,28

279

21,92

III

46

3,61

153

12,02

199

15,63

IV

106

8,33

21

1,65

127

9,98

V

29

2,28

4

0,32

33

2,59

VI

20

1,57

11

0,86

31

2,43

VII

21

1,65

7

0,55

28

2,20

VIII

3

0,24

1

0,08

4

0,32

X

1

0,08

0

0

1

0,08

XI

1

0,08

0

0

1

0,08

XII

3

0,24

0

0

3

0,24

Total général

432

33,94

841

66,06

1273

100

N.B. : - abi : abimée pour les tiges ayant subit les dégâts de type I

- per : perdue pour les tiges ayant subit les dégâts de type II et III

L'abattage est l'une des opérations les plus destructrices sur le peuplement résiduel. Il ressort du tableau 23 que 66,06% des tiges endommagées sont perdues contre 33,94% de celles-ci sont abimées. Les dégâts d'abattage sont considérablement élevés par rapport aux dégâts dus aux opérations précédemment étudiés. Pour ce qui est des types de dégâts proprement dits, le tableau 24 présente la répartition des tiges endommagées en fonction des types de dégâts.

Tableau 24: répartition des tiges endommagées en fonction des types de dégâts subis

Classe de diamètre

Cassé

Déraciné

ébranché

écorcé

Renversé

Total général

Pourcentage

(%)

I

313

0

23

69

162

567

44,54

II

98

47

41

69

24

279

21,92

III

103

27

46

0

23

199

15,63

IV

13

0

67

39

8

127

9,98

V

0

0

24

5

4

33

2,59

VI

0

11

13

7

0

31

2,43

VII

0

7

5

16

0

28

2,20

VIII

0

1

2

1

0

4

0,32

X

0

0

1

0

0

1

0,08

XI

0

0

0

1

0

1

0,08

XII

0

0

3

0

0

3

0,24

Total général

527

93

225

207

221

1273

100

Pourcentage (%)

41,40

7,31

17,67

16,26

17,36

100

-

Il ressort du tableau 24 que les tiges endommagées sont à 41,40% cassées, 17,67% ébranchées, 17,36% renversées, 16,26% écorcées et 7,31% déracinées. La grande proportion des tiges cassées découle de la hauteur de chute d'un arbre abattu qui dénote une forte énergie mécanique, et l'abattage se produit avec un très grand bruit. Une fois abattus, les arbres font l'objet de l'opération du débardage.

4.2.5 Dégâts sur le peuplement résiduel dus au débardage

Le débardage est l'opération qui consiste à trainer une bille de bois de son lieu d'abattage jusqu'au parc de stockage. Les pistes de débardage sont tracées par le commis de débardage et toute l'équipe de débardage en collaboration avec l'équipe de prospection. Ces pistes sont tracées de sorte que l'engin qui y passe ne trouve pas d'obstacle à tirer le bois. Il a été observé que les pistes tracées par ces derniers ne sont pas toujours empruntées par les conducteurs d'engins, qui se frayent eux même leur chemin parfois non loin de celles du prospecteur. Par conséquent on observe des pistes très longues parfois en forme de V, de X et de Y. On compte dans les deux parcelles d'étude huit pistes de débardage. Elles ont une longueur de 2,120 km soit en moyenne 265 m par piste. La figure 8 nous montre quelques photographies des pistes de débardage dans les parcelles d'étude.

Piste principale Piste secondaire

Figure 7: Photo des pistes de débardage dans les parcelles d'étude

Le tableau 25 illustre les dégâts enregistrés sur les pistes de débardage dans les parcelles d'étude.

Tableau 25:Répartition des tiges dégradées par l'opération de débardage en fonction de leurs diamètres et par parcelle

Classe de diamètre

B1-218

Pourcentage (%)

B1-222

Pourcentage

(%)

Total général

Pourcentage

(%)

I

614

29,83

95

4,62

709

34,45

II

355

17,25

123

5,98

478

23,23

III

113

5,49

47

2,38

160

7,77

IV

149

7,24

128

6,22

277

13,46

V

107

5,20

34

1,65

141

6,85

VI

43

2,09

69

3,35

112

5,44

VII

66

3,21

49

2,38

115

5,58

VIII

23

1,12

2

0,10

25

1,21

IX

9

0,44

1

0,05

10

0,48

X

13

0,63

2

0,10

15

0,73

XI

2

0,10

2

0,10

4

0,19

XII

4

0,19

1

0,05

5

0,24

XIII

0

0

1

0,05

1

0,05

XIV

2

0,10

2

0,1

4

0,24

XVI

2

0,10

0

0

2

0,1

Total général

1502

72,98

556

27,02

2058

100

Il ressort du tableau 25 que la parcelle B1-218 a subit le plus de dégâts (72,98%) que la parcelle B1-222 (27,02%). Ceci est dû à la forte densité des tiges d'avenir dans la parcelle B1-218 qui, semblerait-il, entre en exploitation pour la première fois contrairement à la parcelle B1-222 qui aurait déjà été exploitée plus d'une fois. Les tiges dégradées sont à 57,68% des tiges de moins de 30 cm de diamètre, ce qui confirme la fragilité des tiges de faible diamètre. Nous avons pu recenser 2058 tiges dégradées par l'opération de débardage, représentant 8,40% des dégâts totaux sur le peuplement initial. Nous pouvons conclure à partir de ces chiffres que le débardage est l'opération la plus destructrice des tiges d'avenir dans l'exploitation forestière. Les plus gros arbres sont moins atteints car seulement 1,55% des tiges dégradées appartiennent à la classe de diamètre supérieur à 100 cm. Les types de dégâts subis par le peuplement résiduel sont présentés dans le tableau 26.

Tableau 26: Répartition des tiges dégradées en fonction des types de dégâts et par classe de diamètre

Classe de diamètre

Cassé

Déraciné

Ebranché

Ecorcé

Ecrasé

Renversé

Total général

I

33

92

52

72

132

328

709

II

45

40

82

63

83

165

478

III

0

6

27

63

38

26

160

IV

7

28

7

0

147

88

277

IX

0

0

1

9

0

0

10

V

5

26

12

77

10

11

141

VI

1

55

5

37

5

9

112

VII

4

60

1

37

5

8

115

VIII

1

20

2

2

0

0

25

X

0

0

0

5

0

10

15

XI

0

0

0

3

0

1

4

XII

0

0

0

3

0

2

5

XIII

0

0

0

1

0

0

1

XIV

0

0

0

4

0

0

4

XVI

0

1

0

1

0

0

2

Total général

96

328

189

377

420

648

2058

Pourcentage (%)

4,66

15,94

9,18

18,32

20,41

31,49

100

Il ressort du tableau 26 que les tiges dégradées par l'opération de débardage ont été à 31,49% renversées par le passage des engins, à 20,41% écrasées par le passage des engins, à 18,32% écorcées, 15,95% déracinées, 9,18% ébranchées et seulement 4,66% cassées. Ces données semblent normales car le débardage se passe dans le sous bois sans besoin d'ouvrir la canopée. Ainsi l'engin qui se déplace écrase tout sur son passage et les tiges en bordure de la piste sont écorcées. Les tiges écorcées, ébranchées et cassées sont abimées (soit 32,16%) et peuvent se reconstituer par la dynamique forestière naturelle, tandis que les tiges déracinées, écrasées et renversée sont perdues (soit 67,84%). On peut ainsi relever que le débardage a endommagé 41,16 tiges/ha qui sont pour la plupart perdues (67,84%). Le tableau 27 présente les classes de diamètre endommagées par toutes les opérations d'exploitation forestières.

Tableau 27: Classes de diamètre endommagées à l'issue de toutes les opérations d'exploitation forestière

Classe de diamètre

Total

Pourcentage

Pourcentage cumulé

I

1821

38,62

38,62

II

1082

22,95

61,57

III

504

10,69

72,26

IV

539

11,43

83,69

V

242

5,13

88,82

VI

226

4,79

93,61

VII

199

4,22

97,83

VIII

38

0,80

98,63

IX

16

0,34

98,97

X

20

0,42

99,39

XI

6

0,13

99,52

XII

8

0,17

99,69

XIII

2

0,04

99,73

XIV

6

0,13

99,86

XV

1

0,02

99,88

XVI

2

0,04

99,92

XVII

3

0,06

99,98

Total général

4715

100

100

Il ressort du tableau 27 que 72,26% des tiges endommagées par toutes les opérations d'exploitation forestière ont moins de 40 cm de diamètre, et que seulement 1,03% de ces arbres endommagés ont un diamètre supérieur à 100 cm.

4.3 Estimation du taux des dégâts causés par toutes les opérations d'exploitation forestière

Le tableau 28 présente la répartition des dégâts orchestrés par toutes les opérations d'exploitation forestière sur les tiges d'avenir par type et classe de dégâts.

Tableau 28: Répartition des dégâts par opération d'exploitation, par type et classe de dégât

Classes et types de dégâts

Route principale

Route secondaire

Parc à bois

Abattage

Piste de débardage

Total général

Abi

484

36

57

432

662

1671

1

178

0

0

207

377

762

2

156

0

57

225

189

627

3

150

36

0

0

96

282

Per

399

83

325

841

1396

3044

4

310

0

321

527

328

1486

5

0

0

0

93

648

741

6

89

83

4

221

420

817

Total général

883

119

382

1273

2058

4715

(%) /peuplement résiduel (24421)

3,62

0,49

1,56

5,21

8,43

19,31

(%) / peuplement initial (24507)

3,60

0,49

1,56

5,19

8,40

19,24

N.B. : - abi : abimée pour les tiges ayant subit les dégâts de type I (1= écorcé, 2= ébranché, 3= cassé), - per : perdue pour les tiges ayant subit les dégâts de type II et III (4= déraciné, 5= renversé, 6= écrasé). (Voir annexe 5 pour la répartition par parcelle et par classe de diamètre).

Du tableau 28, il ressort que le débardage est l'opération la plus destructrice en exploitation forestière. Elle dégrade à elle seule 8,40% des tiges sur le peuplement initial. L'abattage est la deuxième opération qui cause le plus de dégâts sur le peuplement résiduel. Elle compte pour 5, 19% des dégâts totaux sur le peuplement initial. Les opérations d'ouverture des routes et des parcs sont moins destructrices que celles de l'abattage et du débardage.

Le taux des dégâts causés par l'exploitation total qui ressort de cette étude est de 19,24% sur le peuplement initial et de 19, 31% sur le peuplement résiduel. Il est largement supérieur au taux des dégâts d'exploitation fixé par la législation forestière (7%).

Comme présenté dans le tableau 28, le débardage et l'abattage sont responsables de plus de 70,65% des tiges endommagées. Pour ce qui est des dégâts d'exploitation sur le peuplement résiduel, le débardage vient en tête devant l'abattage et l'ouverture des routes. Le tableau 29 présente la répartition des dégâts relative aux opérations forestières.

Tableau 29: Taux et nombre d'arbres endommagés par type d'opération

Opérations

Nombre de tige

% par rapport au nombre de tiges endommagées

% par rapport au peuplement résiduel

% par rapport au peuplement initial

Route principale

883

18,73

3,62

3,60

Route secondaire

119

2,52

0,49

0,49

Parcs à bois

382

8,10

1,56

1,56

Abattage

1273

27,00

5,21

5,19

Pistes de débardage

2058

43,65

8,43

8,40

Total général dégâts

4715

100,00

19,31

19,24

Total peuplement résiduel

24421

-

-

-

Total peuplement initial

24507

-

-

-

Les dommages causés sur le peuplement résiduel sont sans distinction du type d'essence. Les tiges de petits diamètres subissent plus de dégâts que celles de gros diamètres. Ceci est dû aux précautions accordées par les conducteurs d'engins aux arbres de gros diamètres qui représentent pour eux des tiges à exploiter dans les prochaines années. La figure 8 représente la répartition des dommages par type d'essence.

Figure 8 : Répartition des dommages par type d'essence

La figure 8, montre que 54% des arbres endommagés sont des essences principales et/ou exploitées. La table des effectifs des tiges endommagées par classe de diamètre, par opération et par parcelle, récapitule tous les résultats présentés plus haut (voir annexe 5). Les surfaces ont été dénudées sur les parcelles d'étude suite aux opérations d'exploitation telles que l'ouverture des routes, des parcs et les pistes de débardage. Il a été possible de mesurer approximativement les surfaces dénudées, et les résultats sont contenus dans le tableau 30.

Tableau 30: Surfaces dénudées par les opérations d'exploitation

Opération

Longueur

Largeur moyenne

Surface (m²)

Route principale

572

8,5

4862

Route secondaire

270

6m

1620

Pistes de débardage

2800

4

11200

Parcs à bois sauvages

20

20

400m²*3=1200

Parcs à bois bord (2)

40

30

1200m²*2=2400

TOTAL

21282 m² = 2,1282 ha, soit 4,2564% de la surface totale

Il ressort du tableau 30 que la superficie dénudée est environ 2,1 ha, ce qui représente 4,26% des deux parcelles d'étude (50 ha). Cette valeur est non négligeable quand on considère la régénération difficile sur ces surfaces. C'est ce qui explique pourquoi dans la plupart des cas, les sociétés forestières font recourt à la pose des nattes anti érosives pour faciliter la régénération naturelle.

4.4. Pertinence de nos résultats par rapport aux résultats des études menées antérieurement

De tout ce qui précède, il ressort de la synthèse des résultats que :

Le prélèvement est un paramètre très important en exploitation forestière. Dans la parcelle 218 où il y a eu un prélèvement de 1,76 tiges/ha, les dégâts sur le peuplement résiduel sont de 25,50%, tandis que dans la parcelle 222 où le prélèvement a été de 1,68 tiges/ha, le taux des dégâts enregistré est de 11,50% sur le peuplement résiduel. On peut déduire de ces observations que l'ampleur des dégâts d'exploitation varie en fonction de l'intensité du prélèvement et surtout de la densité des pieds dans la zone de prélèvement. Pour l'ensemble des deux parcelles d'étude, on a pu relever un taux de dégâts d'exploitation de 19,24% sur le peuplement initial et de 19,31% sur le peuplement résiduel pour un prélèvement de 1,72 tiges/ha; cette valeur est très différente de celle (6,7%) obtenue par Mbolo et al. (1994) dans le Sud-Est Cameroun avec le projet API de Dimako. Le prélèvement dans la zone d'étude était de 0,49 tiges/ha, ce qui peut s'avérer proportionnellement égale à nos résultats. Kwopi (2000) quant à lui avait trouvé un taux de 8,63% sur le peuplement résiduel pour un prélèvement de 0,52 tiges/ha ; il avait effectué ses travaux dans une forêt du Centre-Sud du Cameroun dans le projet So'o Lala. Domsi (2011), après avoir menée la même étude dans l'assiette 2-2 de l'UFA 00 004 de Yingui dans les régions du Centre et du littoral du Cameroun, et exploitée par la société Transformation Reef Cameroun, trouve que pour un prélèvement de 3,2 tiges/ha en moyenne, le taux des dégâts d'exploitation s'élève à 24,8% du peuplement résiduel. Sonkoué (2011), après avoir axé son étude sur les surfaces dégradées par les opérations d'exploitation forestières dans l'AAC 2-2 de l'UFA 11004 de la TRC trouve que pour un prélèvement de 1,42 tiges/ha, le taux des dégâts d'exploitation sur le peuplement résiduel pourrait être évalué à 31,4%.

Au regard de ces résultats, on peut conclure que les dégâts sont plus importants quand le prélèvement est élevé. Pour apprécier le degré de réalisme de ces résultats, une comparaison avec les résultats des études conduites antérieurement a été nécessaire. Le tableau 31 permet d'apprécier les différents résultats obtenus par d'autres études.

Tableau 31: Comparaison des études menées sur les dégâts d'exploitation forestière

Pays/Région

Source

Années

Prélèvement

Dégâts relatifs (%)

Dégâts absolus

Cameroun

Nguele

1984

 

18,33

 

Mbolo (API)

1994

0,49

14,56

6,75

Kwopi

2000

0,512

12,43

8,63

Domsi

2011

3,2

24,8

24,6

Sonkoué

2011

1,42

34,7

31,4

Fosso

2012

1,72

19,32

19,24

Afrique

FAO

2003

1-3

10-15

 

Amérique

FAO

2003

2-5

 

25-40

Asie

FAO

2003

6-20

 

50-60

RCA

CTFT

1986

3,7

 
 

FAO

2003

 
 

23,9

Suriname

Jonkers

1987

5-8

17,8

 

Hendrisson

1990

8-10

 
 

Guyane

Schmitt et Dariteau

1993

10

 
 

NB : Dégâts relatifs : C'est le taux représentant les tiges totales endommagées par rapport au peuplement initial.

Dégâts absolu : C'est le taux des dégâts d'exploitation par rapport au peuplement résiduel.

Ø Se référant aux données du tableau 31, on peut dire sans risque de se tromper que les dégâts d'exploitation varient en fonction du prélèvement adopté et du site d'étude. Après avoir exploité les documents de Mbolo (1994) et Kwopi (2000), une remarque importante a été faite. Il s'avère que ces deux études ont été basées sur les données d'inventaire national réalisé en 1989 par l'ex-CENADEFOR sur les ressources forestières. Compte tenu du fait que cet inventaire est effectué à un taux de sondage de 0,1% et que la période écoulée entre l'inventaire et les études soit grande, des doutes sont permises sur la fiabilité de ces résultats. Un inventaire réalisé en 1989 et utilisé en 1994 et en 2000 dans une étude peut induire des biais non négligeables car :

- Le taux de sondage de l'inventaire national est très faible pour une pareille étude (0,1%) ;

- Des changements sont peut être intervenus entre ces trois périodes modifiant la régénération naturelle et le peuplement forestier existant ;

- Le nombre de pied par hectare considéré dans ces études peut avoir changé sur le terrain. En somme, les données utilisées dans ces études ne sont peut être pas des donnés réelles du terrain. Ce qui remettrait en cause leurs résultats ;

Ø Les dommages causés sur les arbres sont variables en fonction des catégories d'essences. Les essences principales et/ou exploitées représentent 54% des tiges endommagées, tandis que les essences complémentaires et autres en représentent 46%. Ces valeurs sont très différentes de celles observées par Domsi (2011) qui trouvait que les essences principales et /ou exploitées représentaient 11,57% des tiges endommagées tandis que celles complémentaires et autres en représentaient 88,43%. Ces résultats sont presque semblables à ceux trouvées par Mbolo (1994) (12,63%) pour les essences principales et secondaires et Kwopi (2000) qui trouve 11,48%. Cette différence peut être dû au fait que leur inventaire ne prenait pas en compte la nature des essences, car après une exploitation, les essences principales sont en constante régénération, et constituent la majorité des essences inventoriées dans notre peuplement forestier. Toutes ces valeurs témoignent de la richesse floristique des forêts du Cameroun qui se dégrade progressivement.

Ø Les dégâts sur le peuplement résiduel varient par classe de diamètre. Il ressort des résultats obtenus que, la classe de diamètre I (10-20) soit la plus affectée, représentant 38,62% des tiges dégradées, et 72,26% des tiges endommagées ont moins de 40 cm de diamètre, contre seulement 1,48% de ces tiges qui ont plus de 100 cm de diamètre. Domsi (2011) trouve que La classe de diamètre I ({10,20{) est la plus affectée représentant 70,8% des tiges endommagées contre 13,45% pour la classe II et 7,97% pour la classe III. Les classes XII ({120,130{) jusqu'à XIV ({190,200{) sont très peu représentées avec 0,02%. Cet écart n'est pas conforme à nos résultats. Mbolo (1994) avait trouvé 44,85% pour les dégâts sur les tiges de la classe I alors que Kwopi (2000) en avait trouvé 36,22%. On remarque que les petites tiges sont plus vulnérables que les grosses.

Ø Les opérations d'exploitation causent différemment les dégâts sur le peuplement résiduel. Il ressort de nos résultats que le débardage est l'opération la plus destructrice en exploitation forestière avec plus de 44% des dégâts généraux, soit 8,43% de dégâts sur le peuplement résiduel. En second lieu vient l'abattage avec 27% des dégâts généraux, soit 5,21% de dégâts sur le peuplement résiduel. Puis vient l'ouverture des routes primaires et secondaires qui représentent 21% des dégâts généraux, soit 4,11% de dégâts sur le peuplement résiduel, répartis en 3,62% pour les routes primaires, et 0,49% pour les routes secondaire. Enfin, les opérations d'ouverture des parcs sont responsables de 8% des dégâts généraux, soit 1,56% des dégâts sur le peuplement résiduel. Le taux global de dégâts sur le peuplement résiduel s'élève alors à 19,34%, ce qui est 2,76 fois supérieur à 7% adopté comme taux des dégâts d'exploitation dans les sociétés forestières. Les travaux de Domsi (2011) révèlent que l'abattage vient en tête avec 15,32%, suivi du débardage avec 7,54%. L'ouverture des routes (0,62% pour la principale et 0,72% pour la secondaire) et des parcs (0,6%) est peu destructrice. Mbolo (1994) et Kwopi (2000) sont arrivés à la même conclusion en désignant l'abattage et le débardage comme des opérations à dégâts élevés, mais la différence dans les résultats pourrait être due à des paramètres propres à l'exploitation (densité de peuplement, taux de prélèvement et technique d'exploitation appliquée) et externes à l'exploitation (niveau d'observation, taux d'échantillonnage, etc.).

 4.4.1 Test de comparaison entre les valeurs observées

Les différentes données portant sur la densité du peuplement, le taux de prélèvement et les dégâts causés par l'exploitation ont été introduites dans le logiciel d'analyse statistique SPSS 17, afin de faire ressortir la nuance statistique à travers un test de comparaison. Le tableau 32 récapitule les observations à tester.

Tableau 32: Récapitulatif des observations à tester

Densité de peuplement (Pieds/ha)

Taux de prélèvement (Pieds/ha)

Dégâts d'exploitation

(%) sur le peuplement résiduel

(Sonkoué, 2011) 108

1,42

31,40

(Mbolo, 1994) 119

0,49

6,70

(Kwopi, 2000) 145

0,52

8,63

(Domsi, 2011) 436

3,20

24,60

(Présente etude, 438

parcelle B1-222)

1,68

11,50

(Présente étude, 542

parcelle B1-218)

1,76

25,50

(Présente étude, moyenne des deux parcelles étudiées) 490

1,72

19,31

(Moyenne) 325

1,54

18,24

Le taux de prélèvement varie en fonction de la densité spécifique de la forêt dans laquelle l'exploitation est menée, et des essences retenues pour le calcul de la possibilité forestière, et accordées dans le Plan Annuel d'Opération de chaque exploitation. La figure 9 établit la relation entre les résultats des études menées jusqu'à ce jour.

Figure 9: courbe de regression linéaire entre le taux de prélèvement et les dégâts d'exploitation

Il ressort de la figure 9 que la relation linéaire entre le taux de prélèvement et les dégâts d'exploitation est forte (r²= 0,677). La corrélation entre le taux de prélèvement et les dégâts d'exploitation est positive et forte, mais non significative (r= 0,82 ; p= 0,087).

NB : r² est le coefficient de détermination entre les deux variables

r est le coefficient de régression entre les deux variables

p est le seuil de significance

4.5 Suggestion des mesures de réduction des dégâts

Prenant en compte l'importance des dommages causés par les opérations d'exploitation forestières sur le peuplement résiduel, il est nécessaire de trouver des mesures alternatives pour les limiter malgré l'importante place que l'exploitation forestière occupe dans l'économie nationale. Cependant :

- L'importante ouverture du couvert forestier après l'abattage et le débardage est d'autant plus grande que l'on abat plusieurs arbres sur place. Cette règle s'applique aussi au niveau des routes et parcs favorisant le développement des plantes héliophiles telles que le parassolier.

- Le sol est perturbé dans sa structure et le compactage qu'il subit limite l'infiltration de l'eau dans le sol et accentue le ruissellement, ainsi la régénération naturelle n'est plus assurée et même les plants qui arrivent à se développer croissent difficilement d'où la nécessité de l'intervention humaine. Ce compactage est fortement observé sur les parcs à bois et les pistes de débardage.

- La biomasse végétale est détruite ; le houppier des arbres abattus couvre le sol et peuvent empêcher le développement des jeunes plants qui, soit meurent soit sont atteints d'un retard de croissance qui plus tard affectera la forme du fût et la qualité du bois.

- L'exploitation enlève les meilleures tiges (écrémage) et parmi celles qui sont endommagés, on compte des semenciers ; ceci compromet considérablement la régénération naturelle de certaines essences. Egalement la distance qui existe désormais entre les semenciers résiduels entraine une diminution de la variabilité génétique au sein des populations ; ceci peut entrainer une perturbation et favoriser l'auto fécondation.

- Les risques de chablis sont plus importants après une exploitation forestière à cause de l'ouverture de la canopée.

- Le passage de l'exploitation dans une forêt peut faire suite à l'installation des agriculteurs et des chasseurs, qui se serviront des routes ouvertes par l'exploitant pour s'infiltrer dans la forêt.

- Il y a réduction de la diversité biologique et spécifique car certaines espèces peuvent devenirs rares ou disparaitre du fait de leur perturbation, rendant leur potentiel de reproduction faible.

- Il y'a perturbation de l'équilibre écosystémique arbre, animaux et insectes, qui met en péril la régénération naturelle de la forêt.

- Les essences médicinales, traditionnelles et culturelles sont détruites, ce qui porte atteinte aux potentialités culturelles de la forêt.

D'une manière générale, on peut dire que les conséquences de l'exploitation forestière sur le peuplement résiduel sont d'ordre économique, écologique, social et culturel, et qu'il faudra beaucoup de temps, plus de deux à trois fois, voire quatre fois la durée de rotation de 30 ans, pour que les forêts exploitées au Cameroun se reconstituent en quantité et en qualité.

Chapitre 5 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Conclusion

Au terme de la présente étude qui a porté sur l'évaluation des dégâts causés par l'exploitation forestière sur les tiges d'avenirs, dans deux parcelles de 25 ha chacune dans l'UFA 10 060, il a été mis en évidence que:

v Le peuplement décrit présente une réduction considérable en qualité et en quantité de son couvert et de sa biodiversité au fil du temps, à cause de l'exploitation forestière.

v Le débardage suivi de l'abattage sont les opérations les plus destructrices et constituent près de 71% des tiges endommagées. L'ouverture des parcs est l'opération la moins destructrice avec pratiquement 8% des tiges endommagées ;

v Les dégâts sur le peuplement résiduel sont chiffrés à 19,31% ;

v Les tiges de petits diamètres sont les plus affectées parce qu'elles sont les plus denses ;

v Toutes les opérations d'exploitation forestière ne sont pas bien planifiées, et il arrive que des abus soient constatés lors de la pratique notamment lors du débardage, où les pistes prévues par les prospecteurs sont parfois déviées par les conducteurs ;

v Les tiges endommagées se repartissent en essences principales 54%, essences secondaire (complémentaires) et autres 46%.

v Les forêts du Cameroun mises en exploitation n'ont pas le temps de se reconstituer, car il faut 2,76 fois plus de temps pour que les parcelles B1-218 et B1-222 puissent se reconstituer, soit 82,8 ans au lieu de 30 ans fixée comme période de rotation.

5.1. Recommandations

L'analyse des pratiques de l'exploitation effectuée par la SCTB nous a permis de déterminer l'utilisation potentielle des ressources forestières et relever les faiblesses de cette activité. Compte tenu du rôle inestimable que joue la forêt dans notre pays et tous les autres pays tropicaux, il convient de trouver des voies et moyens pour une meilleure gestion de celle-ci et assurer ainsi sa durabilité. Suite aux problèmes relevés par cette étude sur le terrain et grâce à la littérature disponible sur les dégâts d'exploitation forestière, les recommandations suivantes peuvent être formulées:

Au gouvernement Camerounais à travers le MINFOF et le MINEPDD, de :

- Adopter un seuil de prélèvement adapté à chaque forêt, et veiller à son application par les exploitants forestiers contre amende ; une échèle des taux des dégâts d'exploitation peut être adoptée en fonction du taux de prélèvement et de la densité de peuplement. Pour un prélèvement inférieur à une tige par hectare, prendre un taux des dégâts d'exploitation de 10%. Pour un prélèvement d'une à deux tiges par hectare, prendre un taux des dégâts d'exploitation de 20%. Le seuil maximum de prélèvement doit être fixé à deux tiges par hectare, et une amende doit être appliquée à tout exploitant forestier qui déborde le seuil maximum de prélèvement.

- Réduire la fiscalité imposée aux exploitants forestiers, ce qui les encouragerait à rester dans les seuils de prélèvement adéquat prescrits, et par conséquent une pression moindre sur les produits ligneux ;

- Augmenter les DME/DMA des essences exploitables du « top 50 », suite à des études préalablement menées pour déterminer les diamètres exacts qu'il faudra adopter, ce qui contribuerait à réduire le prélèvement dans les forêts. Chaque exploitant forestier devrait calculer la possibilité pour chaque essence afin de déterminer leur DMA, ce qui contribuerait à préserver la diversité génétique ;

- Développer un cadre légal qui permettrait de trouver des mesures alternatives pour désintéresser les populations riveraines afin de limiter leur entrée dans les forêts pour y pratiquer les activités telles que l'agriculture, la pêche, la chasse...

- Mettre en place un processus de suivi des activités post exploitation des sociétés forestières, à travers le mandat de l'ANAFOR qui pourrait demander aux exploitants forestiers de sous traiter avec des cabinets ou bureaux d'études et ONG pour le reboisement et le suivi des autres activités post exploitation.

Aux institutions de recherche (IRAD, CIFOR, ANAFOR) et les universités

- Multiplier les études de recherche sur les dégâts d'exploitation forestière afin de réviser celle qui est utilisée aujourd'hui dans le calcul du taux de reconstitution, en se basant sur les données scientifiques fiables ;

- De mener des recherches sur la détermination des DME/DMA qu'il faudrait adopter pour maintenir un prélèvement limité dans les forêts et qui seront appliquées lors de la mise en place du « top 50 » ;

- Mettre en place une politique de reboisement en mesure de contrecarrer l'écrémage génétique des essences forestières et la perte de la biodiversité, en créant de véritables plantations forestières.

Aux exploitants forestiers en particulier la Société Camerounaise de Transformation du Bois (SCTB)

- D'éviter l'exploitation pendant la saison des pluies ou même après une forte pluie occasionnelle, car les dégâts sur les tiges et sur le sol sont plus importants après une pluie. Notamment un abattage après une pluie forte entraine facilement les tiges auxquelles il est lié parce que le sol mouillé est plus fragile ;

- Multiplier les études sur les dégâts d'exploitation et même sur d'autres paramètres de l'aménagement forestier comme les accroissements et la mortalité naturelle, pour s'assurer de la pratique d'une exploitation effectivement durables dans ses forêts. Ce qui lui permettrait d'utiliser un taux de prélèvement adapté pour chacune de ses forêts et limiter les dégâts dans la forêt ;

- Veiller au respect des procédures sur la construction des routes en se rapprochant au maximum des largeurs prévues par celles-ci et aux périodes indiquées, car plus la route est large plus elle cause des dégâts ; de plus si elle est ouverte longtemps avant le début de l'exploitation, elle a le temps de sécher avant d'être utilisée ;

- Mettre sur le chantier des engins en bon état qui faciliteraient le travail de débardage et permettraient une avancée rapide du chantier, car il est remarqué que c'est à cause de l'état piteux des engins que les travaux n'étaient pas achevés dans les délais prévus ;

- Mettre un accent sur le reboisement des zones dénudées notamment les parcs, routes et pistes de débardage où la régénération naturelle est difficile ;

- Mettre en place un système de traçabilité de son bois, et de régénération de la forêt exploitée, pour être en conformité avec l'accord FLEG d'ici le 1er Janvier 2013. Une option pourrait être prise en privatisant les opérations de suivi post exploitation pour s'assurer d'un meilleur suivi.

Aux populations riveraines

- S'impliquer massivement et activement dans le processus de gestion durable des forêts entrepris par le gouvernement et l'exploitant forestier en participant aux Comités Paysans Forêt.

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Ministère de l'Environnement et des Forêts (MINEF), 1998. Application des normes d'intervention en milieu forestier en République du Cameroun. Décision n° 0108/D/MINEF/CAB du 9 février 1998. Direction des forêts MINFOF. 9p.

Ministère de l'Environnement et des Forêts (MINEF), 1998. Normes D'intervention en Milieu Forestier. Direction des forêts MINFOF. 23p.

Ministère de l'Environnement et des Forêts (MINEF), 1994. Les modalités d'application du régime des forêts. Cameroun. Décret n°94/436 du 23 Août 1994 fixant. Direction des forêts MINFOF. 48p.

Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), 2012. Atlas forestier interactif forestier, version 12 : document de synthèse. Copyright 2012, World Ressources Institute1 et Minfof. 92p.

Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), 2010. Rapport d'activités de la Sous Direction des Inventaires et des Aménagements Forestiers (SDIAF). Octobre 2010. 72p.

Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), 2008. Suivi d'Impact de la Gestion Forestière au Cameroun, Situation de Référence Pour les UTO du Sud-ouest et de l'Est. Programme sectoriel forêts et environnement (PSFE). 38p.

Nguele T. D., 1984. Evaluation des dégâts causés sur la forêt par une exploitation forestière sélective : cas de la SOFIBEL. Mémoire de fin d'étude. ENSA, Centre Universitaire de Dschang. 83p.

Nicholson D. I., 1958. An analysis of logging damage in tropical rain forest, North Borneo. Malaysian Forester 21(4): 235-245.

Ondoa S. N., 1998. Guide d'élaboration des plans d'aménagement des forêts de production du domaine forestier permanent de la république du Cameroun, MINEF/DF/Janvier 1998. 73p.

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Service Permanent d'Inventaire et d'Aménagement Forestier (SPIAF), 2007. Modèle de calcul de la possibilité forestière. Guide opérationnel. 17p.

REPUBLIC OF CAMEROUN

Peace - Work - Fatherland

***********

MINISTRY OF HIGHER

EDUCATION

***********

THE UNIVERSITY OF DSCHANG

***********

FACULTE D'AGRONOMIE ET DES SCIENCES AGRICOLES

FACULTY OF AGRONOMY AND AGRICULTURAL SCIENCES

VALUATION DES DEGATS D'EXPLOITATIONFORESTIERE SUR LE SOL ET LA VEGETATION LIGNEUSE : CAS DE L'UFA 11 001, AAC 2-2 DE TRC AU SUD-OUEST CAMEROUN

Encadreur :

M. FOBANE Jean-Louis

Botaniste TRC

Sist, 2000. Les techniques d'exploitation à faible impact. Bois et Forêt des Tropiques 265(3): 31-43.

Sonkoué G., 2011. Evaluation des dégâts d'exploitation forestière sur le sol et la végétation ligneuse : cas de l'UFA 11 001, AAC 2-2 de TRC au Sud-ouest Cameroun. Mémoire rédigé en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur de conception des Eaux, Forêts et Chasses. FASA, Université de Dschang. 94p.

Sous Direction des Inventaires et de l'Aménagement Forestier (SDIAF), 2010. Aménagement forestier.

Sous Direction des Inventaires et de l'Aménagement Forestier (SDIAF), 2003. Fiche Technique sur les Aménagements Forestiers. MINFOF. Yaoundé, Cameroun.

Tadjuidje M. H., 2009. La certification forestière dans le bassin du Congo. www.atal.be/bib.php, consulté le 10 juillet 2012. 10p.

Tchouto P., Tchokomeni A. et Fobane J-L., 2008. Evaluation de l'impact d'abattage et du débardage sur les plantes à haute valeur de conservation et les tiges d'avenir dans l'UFA 00 004, AAC 1-4. Rapport technique Cellule d'aménagement Transformation Reef Cameroun (TRC). 18p.

Vanclay J. K., 1994. Sustainable timber harvesting: simulation studies in the tropical rainforests of north Queensland. Forest Ecology and Management 69: 299-320.

Vanclay J. K., 1990. Effects of selection logging on rainforest productivity: Forest Ecology and Management 60: 200-214.

Vanclay J. K., 1989. Modelling selection harvesting in tropical rainforest. Forest Ecology and Management 57: 280-294.

White L. J. T., 1995. Étude de la végétation. Rapport final. Bruxelles, Belgique .163 p.

ANNEXES

ANNEXE 1: Fiches de collecte des données

Fiches d'inventaire pré exploitation. Date : Parcelle N°

Essences

Diamètres

(cm)

Observation

1

 
 
 

2

 
 
 

3

 
 
 

4

 
 
 

5

 
 
 

6

 
 
 

7

 
 
 

8

 
 
 

9

 
 
 

10

 
 
 

11

 
 
 

12

 
 
 

13

 
 
 

14

 
 
 

15

 
 
 

16

 
 
 

17

 
 
 

18

 
 
 

19

 
 
 

20

 
 
 

21

 
 
 

22

 
 
 

23

 
 
 

24

 
 
 

25

 
 
 

26

 
 
 

27

 
 
 

28

 
 
 

29

 
 
 

30

 
 
 

31

 
 
 

32

 
 
 

33

 
 
 

34

 
 
 

35

 
 
 

36

 
 
 

37

 
 
 

38

 
 
 

39

 
 
 


Fiche d'inventaire post-exploitation Date

Route principale. L : l : Parcelle N°

Essences

DHP (cm)

Type de dégâts

Observations

Classes

codes

1

 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 

21

 
 
 
 
 

22

 
 
 
 
 

23

 
 
 
 
 

24

 
 
 
 
 

25

 
 
 
 
 

26

 
 
 
 
 

27

 
 
 
 
 

28

 
 
 
 
 

29

 
 
 
 
 

30

 
 
 
 
 

31

 
 
 
 
 

32

 
 
 
 
 

33

 
 
 
 
 

34

 
 
 
 
 

Fiche d'inventaire post-exploitation Date

Route secondaire. L : l : Parcelle N°

Essences

DHP (cm)

Type de dégâts

Observations

Classes

codes

1

 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 

21

 
 
 
 
 

22

 
 
 
 
 

23

 
 
 
 
 

24

 
 
 
 
 

25

 
 
 
 
 

26

 
 
 
 
 

27

 
 
 
 
 

28

 
 
 
 
 

29

 
 
 
 
 

30

 
 
 
 
 

31

 
 
 
 
 

32

 
 
 
 
 

33

 
 
 
 
 

34

 
 
 
 
 

Fiche d'inventaire post-exploitation Date

Parcs à bois N° . L : l : Parcelle N°

Essences

DHP (cm)

Hauteur (cm)

Type de dégâts

Observations

Classes

codes

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 
 

21

 
 
 
 
 
 

22

 
 
 
 
 
 

23

 
 
 
 
 
 

24

 
 
 
 
 
 

25

 
 
 
 
 
 

26

 
 
 
 
 
 

27

 
 
 
 
 
 

28

 
 
 
 
 
 

29

 
 
 
 
 
 

30

 
 
 
 
 
 

31

 
 
 
 
 
 

32

 
 
 
 
 
 

33

 
 
 
 
 
 

Fiche d'inventaire post-exploitation Date

Pieds abattus N° DF10 N° Parcelle N°

LG : LH : HH : Abatteur :

Essences

DHP (cm)

Hauteur (cm)

Type de dégâts

Observations

Classes

Codes

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 
 

21

 
 
 
 
 
 

22

 
 
 
 
 
 

23

 
 
 
 
 
 

24

 
 
 
 
 
 

25

 
 
 
 
 
 

26

 
 
 
 
 
 

27

 
 
 
 
 
 

28

 
 
 
 
 
 

29

 
 
 
 
 
 

30

 
 
 
 
 
 

31

 
 
 
 
 
 

32

 
 
 
 
 
 

33

 
 
 
 
 
 

Fiche d'inventaire post-exploitation Date

Pistes de débardage N° . Parcelle N°

Essences

DHP (cm)

Hauteur (cm)

Type de dégâts

Observations

Classes

Codes

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

8

 
 
 
 
 
 

9

 
 
 
 
 
 

10

 
 
 
 
 
 

11

 
 
 
 
 
 

12

 
 
 
 
 
 

13

 
 
 
 
 
 

14

 
 
 
 
 
 

15

 
 
 
 
 
 

16

 
 
 
 
 
 

17

 
 
 
 
 
 

18

 
 
 
 
 
 

19

 
 
 
 
 
 

20

 
 
 
 
 
 

21

 
 
 
 
 
 

22

 
 
 
 
 
 

23

 
 
 
 
 
 

24

 
 
 
 
 
 

25

 
 
 
 
 
 

26

 
 
 
 
 
 

27

 
 
 
 
 
 

28

 
 
 
 
 
 

29

 
 
 
 
 
 

30

 
 
 
 
 
 

31

 
 
 
 
 
 

32

 
 
 
 
 
 

33

 
 
 
 
 
 

34

 
 
 
 
 
 

Annexe 2: Table de peuplement de toutes les essences inventoriées dans les deux parcelles échantillon

Code

Nom commercial

DME

Tiges/ha

Total tiges

% tiges total

% tiges exploitables

Sup au DME

1301

Abalé

50

4,7

235

0,96

9,79

1101

Acajou à grandes folioles

80

0,06

3

0,01

0

1102

Acajou blanc

80

0,54

27

0,11

3,7

1103

Acajou de Bassam

80

0,3

15

0,06

0

1209

Adjemo/Avodiré

60

0,48

24

0,10

0

1201

Aiélé/Abel

60

2,14

107

0,44

14,01

1503

Akak

50

0,34

17

0,07

41,17

1506

Akpa

50

0,88

44

0,18

22,72

1202

Alep/Omang

50

28,34

1417

5,78

16,30

1310

Aloa/Ako A

60

0,14

7

0,03

14,28

1203

Alumbi

50

0,18

9

0,03

22,22

1419

Amvout/ Ekong

50

23,4

1170

4,77

13,25

1312

Andok

50

27,54

1377

5,62

12,85

1313

Andok ngoé

50

1,26

63

0,26

6,35

1489

Angongui/Onzabili K

50

1,86

93

0,38

18,28

1207

Aningré R

60

0,66

33

0,13

9,09

1117

Ary/Izombé

80

2,74

137

0,56

10,95

1508

Atom

50

0,02

1

0

0

1211

Ayous

80

25,54

1277

5,21

2,66

1105

Azobé

60

1,6

80

0,32

7,5

1336

Nga parallèle/ Belinga

60

0,04

2

0

0

1106

Bété

60

0,92

46

0,18

0,28

1111

Bibolo/Dibetou

80

17,14

857

3,50

1,63

1110

Bibunga rouge

80

12,18

609

2,48

1,8

1318

Bilinga

80

0,84

42

0,17

2,38

1212

Bodioa

50

0,34

17

0,07

17,64

1213

Bongo H

60

17,06

853

3,48

9,49

1107

Bossie Clair

80

12,28

614

2,50

1,46

1108

Bossié foncé

80

0,04

2

0

0

1405

Cérisier jaune/ Abam fruit jaune

50

0,04

2

0

0

 

Cerisier Rouge

 

0,06

3

0,01

0

1109

Boddé foncé

80

3,6

180

0,73

16,11

1319

Cordia d'Afrique/

Mukumari

60

4,06

203

0,83

33,49

 

Corossol sauvage

50

0,66

33

0,13

0

1433

Coula/Ewomé

50

0,2

10

0,04

0

1214

Dabéma

60

1,78

89

0,36

8,99

1434

Dambala

50

3,42

171

0,70

11,11

 

Diana-m

 

0,08

4

0,01

0

1323

Diana-parallèle

50

0,02

1

0

0

1322

Diana-T

50

0,12

6

0,02

16,66

1358

Diana-Z

50

1,32

66

0,27

22,72

1111

Dibetou

80

1,14

57

0,23

0

1324

Difou

60

0,04

2

0

0

1449

Djancent/ Essessang

50

0,22

11

0,04

63,63

1120

Douka/Makoré

60

0,92

46

0,19

8,7

1112

Doussié Blanc

80

0,1

5

0,02

0

1113

Doussié Rouge

80

1,3

65

0,26

0

1330

Ebalé/ Ekop GH

50

1,48

74

0,30

16,21

1331

Ebène/ Ekop lélké

50

0,82

41

0,17

12,19

1332

Ebénier d'Afrique/ Ekop tani

50

0,04

2

0

50

1215

Ebiara

50

0,3

15

0,06

13,13

1439

Efok afum

50

0,06

3

0,01

33,33

1440

Efok Ayous nkol

50

1,28

64

0,26

1,56

1216

Ekaba

60

11,36

568

2,32

14,08

1205

Ekop

60

1,14

57

0,23

10,52

1333

Ekouné

50

2

100

0,40

13

 

Elagan

 

0,04

2

0

0

1411

Elolom/ Abura

60

0,06

3

0,01

0

 

Elom

 

0,06

3

0,01

0

 

Elom A

50

2,46

123

0,50

1,62

 

Eman

 

0,06

3

0,01

0

 

Emang

 

0,04

2

0

50

1334

Emien

50

9,74

487

1,99

20,32

1320

Engang/Crabwood A

50

0,12

6

0,02

16,66

1449

Essessang

50

6,42

321

1,31

18,69

1109

Essingang/ Bibunga rose

80

0,76

38

0,15

5,26

 

Essok

50

0,6

30

0,12

26,66

1217

Etimoé

50

0,2

10

0,04

0

 

Eveuss

80

1,4

70

0,28

5,71

1452

Evoula/ Evino

50

0,14

7

0,03

14,28

1231

Eyek

50

1,22

61

0,25

22,95

1218

Eyong

50

0,06

3

0,01

0

1342

Faro

60

0,18

9

0,03

0

 

Faux Tola

50

0,2

10

0,04

10

1220

Fraké/Limba

60

17,56

878

3,58

10,70

1115

Framiré

60

11,72

286

1,16

12,93

1344

Fromager/ Ceiba

50

6,62

331

1,35

25,68

1345

Iantandza

50

2,68

134

0,54

39,55

1346

Ilomba

60

21,42

1071

4,37

8,68

1116

Iroko

100

0,52

26

0,10

0

1104

Afrormosia

90

0,36

18

0,07

11,11

1533

Kanda grandes feuilles

50

3,7

185

0,75

22,16

1348

Kapokier/Bombax

60

0,7

35

0,14

37,14

1424

Kioro/ Asila koufani

50

4,78

239

0,97

12,55

1118

Kossipo

80

3,36

168

0,68

5,95

1119

Kotibé

50

4,42

221

0,90

14,02

1226

Koto

60

0,88

44

0,17

22,72

1458

Kumbi

50

1,56

78

0,32

30

1350

Landa

50

0,12

6

0,02

16,66

1351

Lati

50

1,28

64

0,26

21,87

1227

Limbali

60

3,7

185

0,75

12,23

1353

Lo/ Esseng

60

0,42

21

0,08

0

1229

Lotofa/ Nkanang

50

2,38

119

0,48

22,69

1230

Mambodé

50

2,3

115

0,47

17,39

1423

Mango sauvage/ Andok osoé

50

0,5

25

0,10

24

 

Mebenga

50

3,74

187

0,76

18,71

1354

Miama

60

0,36

18

0,07

5,55

1121

Moabi

100

2,06

103

0,42

3,88

1467

Moambé blanc

50

11,58

579

2,36

3,80

1468

Moambé jaune

50

9,76

488

1,99

4,30

 

Mobala

50

2,6

130

0,53

21,54

1540

Moka

50

0,28

14

0,05

7,14

1122

Mukulungu

50

0,08

4

0,02

0

 

Mombin

50

0,02

1

0

0

1232

Movingui

60

0,72

36

0,15

22,22

1213

Movipgui/Olon

60

0,14

7

0,02

0

1234

Naga

50

2,8

14

0,05

0

 

Ngollon

50

0,08

4

0,02

0

1238

Niové

50

1,63

81

0,15

0

 

Nounzou

50

0,16

8

0,03

0

1365

Nsas/ Pao rosa

50

0,26

13

0,05

0

1240

Oboto

60

0,90

45

0,18

0

 

Ohia

50

0,10

5

0,02

0

1124

Okan

60

16,12

806

3,29

14,14

1125

Okoumé

80

0,20

10

0,04

10

1868

Onzambiti M

50

0,80

40

0,16

17,5

1359

Ouochi

50

0,38

19

0,07

5,26

1361

Ovoga

50

0,16

8

0,03

0

1492

Ovounga/ Kondroti

50

0,14

7

0,02

0

1363

Ozigo

50

0,26

13

0,05

7,69

1493

Ozouga

60

0,22

11

0,04

63,63

 

Pachiloba

60

2,44

122

0,49

7,37

1127

Padouk

60

10,66

533

2,17

13,32

 

Rikio

50

1,40

70

0,28

0

1129

Sapelli

100

0,96

48

0,19

0

1242

Sikong/Osanga

50

3,00

150

0,61

14,00

1130

Sipo

80

9,84

492

2,00

1,22

 

Songo

 

0,02

1

0

0

1131

Tali

50

26,14

1307

5,33

12,55

1133

Tchitola/ Dibamba

60

5,66

283

1,15

16,25

1135

TIAMA

80

0,06

3

0,01

0

 

Tikong

50

1,14

57

0,23

17,54

 

Timba

50

1,22

61

0,25

3,27

 

Timbo

50

1,12

56

0,23

1,78

1137

Tola

100

27,10

1355

5,53

1,32

 

Tombi

50

9,38

469

1,91

9,17

 

Tsany

50

4,38

219

0,89

25,11

 

Voakanga

50

0,32

16

0,06

6,25

1138

Wengue

50

0,76

36

0,15

16,66

Total

 
 

490,14

24507

100

10,68

Annexe 3 : Liste des essences inventoriées (nom commercial, Scientifique et local)

Code

Nom commercial

Nom Scientifique

Nom local

DME

/adm

1235

Naga parallèle

Brachystegia mildbreadi

Ekop événé/ Belinga

60

1206

Angueuk

Ongokea gore

Angueuk/ Cerisier Rouge

50

 

Boddé foncé

 
 

80

 

Corossol sauvage

 
 
 
 

Diana-m

Celtis

Odou

 

1237

Niangon/ Eman

Heritiera utilis

Niangon

50

1236

Nganga

Cynometra hankei

Okomlo

60

 

Essak

Albizia glaberrima

Essak

 
 

Eveuss

Klainedoxa gabonensis

Eveuss

 

1204

Andoung

Monopetalanthus microphyllus

Nounzou/ Ngang

70

 

Ohia

Celtis mildbraedii

Odou élias

 
 

Onzambili R

 
 
 
 

Pachiloba

 
 
 
 

Rikio

Uapaka guinéensis

Rikio

 
 

Songo

 
 
 
 

Tikong

 
 
 
 

Ohia

Mitragyna ciliata

Timba

 
 

Objobi

Xylopia staudiii

Timbo

 
 

Tombi/ Longhi

Gambeya africana

Abam

 
 

Tsany

Pausinystalia talbotii

Akélé

 
 

Voakanga

Voakanga africana

Voakanga

 

1101

Acajou à grandes folioles

Khaya grandifoliola

Ho mangoda/ Dain

80

1102

Acajou blanc

Khaya anthotheca

Mangona

80

1103

Acajou de Bassam

Khaya ivorensis

Ngollon

80

1104

Afrormosia

Pericopsis elata

Assamela

90

1105

Azobé

Lophira alata

Okoga/ Bongossi

60

1106

Bété

Mansonia altissima

Nkoul / Nkul

60

1107

Bossie Clair

Guarea cedrata

Ebegbbemwa

80

1108

Bossié foncé

Guarea thompsonnii

Mbollon

80

1109

Essingang/ Bibunga rose

Guibourtia tessmannii

Essingang

80

1110

Bibunga rouge

Guibourtia demeusei

Oveng ossé

80

1111

Bibolo/Dibetou

Lovoa trichilioides

Bibolo

80

1112

Doussié Blanc

Afzelia pachyloba

Mbanga afum

80

1113

Doussié Rouge

Afzelia bipindensis

Mbanga

80

1115

Framiré

Terminalia ivorensis

Lidia

60

1116

Iroko

Milicia excelsa

Abang

100

1117

Ary/Izombé

Testulea gabonensis

Izombé

80

1118

Kossipo

Entandrophragma candollei

Atom assié

80

1119

Kotibé

Nesogordonia papaverifera

Ovoé

50

1120

Douka/Makoré

Tieghemella africana

Nom adjap élang

60

1121

Moabi

Baillonnella toxisperma

Adjap

100

1122

Mukulungu

Autranella congolensis

Adjap élang

60

1124

Okan

Cylicodiscus gabonensis

Adum

60

1125

Okoumé

Aucoumea klaineana

Okoumé

80

1127

Padouk

Pterocarpus soyauxii

Mbel

60

1129

Sapelli

Entandrophragma cylindricum

Assié

100

1130

Sipo

Entandrophragma utile

Asseng assié

80

1131

Tali

Erythropleum ivorense

Elon

50

1133

Tchitola/ Dibamba

Oxystigma oxyphyllum

Tchitola dibamba

60

1135

TIAMA

Entandrophragma angolense

Ebéba

80

1137

Tola

Gossweillerodendron balsamiferum

Sidong

100

1138

Wengue

Millettia barteri

Kakoa avié

50

1201

Aiélé/Abel

Canarium schweinfurthii

Abel

60

1202

Alep/Omang

Desbordesia glaucescens

Omang

50

1203

Alumbi

Julbernardia seretii

Ekop blanc/ Man ékop

50

1205

Ekop

Didelotia africana

Ekop ngombé

60

1207

Aningré R

Aningeria robusta

Abam fusil à poils

60

1209

Adjemo/Avodiré

Turreaenthus africanus

Assama

60

1211

Ayous

Triplochiton Scleroxilon

Obeche

80

1212

Bodioa

Anopyxis klaineana

Noudougou

50

1213

Bongo H

Fagara heitzii

Olon

60

1213

Movipgui/Olon

 
 

60

1214

Dabéma

Piptadeniastrum africanum

Atui

60

1215

Ebiara

Berlinia grandiflora

Abem yoko

50

1216

Ekaba

Tetraberlinia bifoliolata

Ekop ribi

60

1217

Etimoé

Copaifera mildbraedii

Nom paka/ Nom Essingan

 

1218

Eyong

Eribroma oblongum

Eyong

50

1220

Fraké/Limba

Terminalia superba

Akom/ limba

60

1226

Koto

Pterygota macrocarpa

Efok ayous grandes feuilles

60

1227

Limbali

Gilbertiodendron dewevrei

Ekobem feuilles rouges

60

1229

Lotofa/ Nkanang

Sterculia rhinopetala

Nkanang

50

1230

Mambodé

Detarium macrocarpum

Amouk

50

1231

Eyek

Pachyelasma tessmannii

Eyek

50

1232

Movingui

Distemonanthus benthamianus

Eyen

60

1234

Naga

Brachystegia cynometrioides

Ekop naga

60

1238

Niové

Staudtia kamerunensis

M'bonda

50

1240

Oboto

Mammea africana

Abotzok

60

1242

Sikong/Osanga

Pteleopsis hylodendron

Sikong

50

1301

Abalé

Petersianthus macrocarpus

Abing

50

1310

Aloa/Ako A

Antiaris africana

Aloa tol

60

1312

Andok

Irvingia gabonensis

Boubwé/ mbouboui

50

1313

Andok ngoé

Irvingia grandifolia

Andok ngoé

50

1318

Bilinga

Nauclea diderrichii

Akondok

80

1319

Cordia d'Afrique/

Mukumari

Cordia platythyrsa

Ebé / Enée

60

1320

Engang/Crabwood A

Carapa procera

Engang

50

1322

Diana-T

Celtis tessmannii

Odou vrai

50

1323

Diana-parallèle

Celtis adolfi friderici

Nom odou

50

1324

Difou

Morus mesozygia

Ossel Abang

60

1330

Ebalé/ Ekop GH

Talbotiella batesii

Ekop GH

50

1331

Ekop léké/ Ebèn

Brachystegia zenkeri

Ekop léké

50

1332

Ebénier d'Afrique/ Ekop tani

Cryptosepalum staudtii

Ekop tani

50

1333

Ekouné

Coelocaryon preussi

Nom éteng

50

1334

Emien

Alstonia boonei

Ekouk

50

1342

Faro

Daniellia ogea

N'sou

60

1344

Fromager/ Ceiba

Ceiba pentandra

Doum

50

1345

Iantandza

Albizia ferruginea

Evouvous

50

1346

Ilomba

Pycnanthus angolensis

Eteng

60

1348

Kapokier/Bombax

Bombax buonopozense

Bombax

60

1350

Landa

Erythroxylum mannii

Landa

50

1351

Lati

Amphimas ferrugineus

Edjil

50

1353

Lo/ Esseng

Parkia bicolor

Lo

60

1354

Miama

Calpocalyx heitzii

Ekang

60

1358

Diana-Z

Celtis zenkeiri

Odou parallèle

50

1359

Ouochi

Albizia zygia

Angoyemé / Ndoya

50

1361

Ovoga

Poga oleosa

Angalé

50

1363

Ozigo

Dacryodes buettneri

Assa

50

1365

Nsas/ Pao rosa

Swartzia fistuloides

Nom nsas

50

1405

Cérisier jaune/ Abam fruit jaune

Gambeya gigantea

Abam fruit jaune

50

1411

Elolom/ Abura

Mitragyna stipulosa

Elolom

60

1419

Amvout/ Ekong

Trichoscypha acuminata

Abut/ Ekong

50

1423

Mango sauvage/ Andok osoé

Irvingia excelsa

Andok osoé

50

1424

Kioro/ Asila koufani

Maranthes chrysophylla

Asila koufani

50

1433

Coula/Ewomé

Coula edulis

Ewomé

50

1434

Dambala

Discoglypremna caloneura

Dambala

50

1439

Efok afum

Sterculia tragacantha

Poré poré

50

1440

Efok Ayous nkol

Sterculia mildbraedii

Efok ayous nkol

50

1449

Djancent/ Essessang

Ricinodendron heudelotii

Essessang

50

1449

Essessang

 
 

50

1452

Evoula/ Evino

Vitex grandifolia

Evoula

50

1458

Kumbi

Lannea welwitschii

Ekoa

50

1467

Moambé blanc

 
 

50

1468

Moambé jaune

Enantia chlorantha

Mfo

50

1489

Angongui/ Onzabili K

Anthrocaryon klaineanum

Angongui

50

1492

Ovounga/ Kondroti

Rodognaphalon brevicuspe

Ovounga

50

1493

Ozouga

Sacoglottis gabonensis

Bidou

60

1503

Akak

Duboscia macrocarpa

Akak

50

1506

Akpa

Tetrapleura tetraptera

Akpa

50

1508

Atom

Dacryodes macrophylla

Atom

50

1533

Kanda grandes feuilles

Beilschmiedia anacardioides

Kanda grandes feuilles

50

1540

Moka

Ochthocosmus calothyrsus

Moka

50

Annexe 4 : Distribution des effectifs par classe de diamètre

ESSENCES

I

II

III

IV

V

VI

VII

VIII

IX

X

XI

XII

XIII

XIV

XV

XVI

XVII

XVIII

Total

Abalé

96

54

28

29

9

9

8

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

235

Acajou

16

12

2

4

3

1

4

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

42

Acajou blanc

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Acajou de Bassam

0

1

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Adjap/Moabi

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Adjemo/Avodiré

6

11

5

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

24

Aiélé

22

25

23

10

12

4

5

1

1

2

0

0

0

1

1

0

0

0

107

Akak

1

3

2

4

1

3

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

17

Akpa

18

10

3

3

7

1

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

44

Alep

479

326

187

193

60

61

64

20

9

14

0

1

1

2

0

0

0

0

1417

Aloa

2

1

2

0

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

7

Alom

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Alumbi

6

1

0

0

0

0

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

9

Amvout

393

300

158

163

50

57

30

7

4

4

1

2

0

1

0

0

0

0

1170

Anaigré

4

13

1

6

6

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

33

Andok

507

368

124

200

56

55

38

12

3

9

1

2

0

1

0

1

0

0

1377

Andongoue/Andok ngoé

18

21

10

9

1

2

1

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

63

Angongui

25

23

10

17

2

8

3

4

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

92

Angongui/Onzabili K

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Ary

51

37

14

20

2

7

2

3

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

137

Ary/Izombé

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Ayous

416

342

209

180

48

28

21

14

8

0

1

4

1

1

0

2

0

2

1277

Azobé

14

23

20

11

6

1

1

4

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

80

Belinga

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

BETE

4

9

3

15

1

7

4

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

45

Bété

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Bibolo

269

191

109

138

60

40

36

10

2

1

0

1

0

0

0

0

0

0

857

Bibunga

180

157

68

105

37

28

23

6

2

1

1

0

0

1

0

0

0

0

609

Bilinga

14

11

6

5

1

2

2

1

0

0

0

0

0

 

0

0

0

0

42

Bodioa

9

1

2

2

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

17

Bongo

311

216

88

116

41

37

32

11

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

853

Bossié C.

190

161

71

97

21

39

26

5

2

2

0

0

0

0

0

0

0

0

614

Bossié T.

0

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Cérisier Rouge

3

1

4

2

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

13

Chata/Dambala

33

18

8

5

1

3

3

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

73

Cipré

65

46

14

26

6

8

7

6

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

180

Cordia d'Afrique

50

40

17

28

5

14

18

7

0

11

2

6

1

2

0

1

0

1

203

Corossol sauvage

11

10

4

8

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

33

Coula/Ewomé

4

1

2

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

10

Dabema

23

28

6

17

7

2

2

1

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

89

Dambala

70

49

13

20

2

8

6

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

171

Diana-m

0

1

0

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

4

Diana-p

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Diana-T

3

1

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

6

Diana-Z

15

17

3

16

5

5

3

1

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

66

Dibetou

14

11

9

7

11

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

57

Difou

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Djancent

2

2

0

0

0

1

2

0

0

0

0

2

1

1

0

0

0

0

11

Douka

19

5

6

9

3

3

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

46

Doussié Blanc

1

3

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

5

Doussié Rouge

12

14

12

9

6

9

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

65

Ebalé

14

28

13

7

2

0

6

3

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

74

Ebène

19

13

4

0

1

1

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

41

Ebénier d'Afrique

0

0

1

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Ebiara

4

2

5

2

0

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

15

Efok Ayous

22

17

15

11

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

67

Ekaba

170

143

54

87

34

22

33

9

9

2

0

4

0

1

0

0

0

0

568

Ekop

26

12

9

4

0

3

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

57

Ekouné

41

27

10

9

2

7

3

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

100

Elagan

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Elom A

75

34

10

7

1

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

129

Emang

2

1

1

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

5

Emien

151

103

61

73

21

47

17

9

2

2

1

0

0

0

0

0

0

0

487

Engang

3

1

0

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

6

Essessang

102

67

37

55

16

25

8

6

1

3

1

0

0

0

0

0

0

0

321

Essingang

10

8

4

9

0

1

4

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

38

Essok

6

9

0

7

7

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

30

Etimoé

4

3

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

10

Eveuss

15

15

10

10

5

6

5

3

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

70

Evoula

2

2

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

7

Eyek

19

13

6

10

8

0

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

61

Eyong

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

3

Faro

6

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

9

Faux Tola

1

4

0

4

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

10

Fraké

243

206

133

146

56

35

12

25

13

2

2

4

0

0

0

1

0

0

878

Framiré

72

76

23

43

37

15

12

4

1

2

0

1

0

0

0

0

0

0

286

Fromager

84

69

35

58

21

25

16

9

5

3

1

1

0

0

2

2

0

0

331

Iatanza

26

26

7

21

12

12

12

8

3

4

1

1

0

0

0

1

0

0

134

Ilomba

352

260

156

166

44

49

18

11

7

3

0

2

1

1

0

0

1

0

1071

Iroko

7

7

2

4

2

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

26

Kahah

4

5

2

2

1

1

1

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

18

Kanda

63

37

13

31

7

6

15

5

2

1

1

1

0

3

0

0

0

0

185

Kapokier

2

7

3

4

6

8

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

35

Kossipo

44

28

20

29

13

15

9

2

1

2

1

1

0

2

1

0

0

0

168

Kotibé

47

65

40

38

9

8

8

0

4

2

0

0

0

0

0

0

0

0

221

Koto

6

13

7

7

1

3

4

1

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

44

Koumbi

25

11

7

14

5

9

5

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

78

Landa

2

1

0

2

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

6

Lati

13

21

7

9

6

4

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

64

Lo

9

8

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

21

Lotofa

28

32

22

10

12

9

1

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

119

Mambodé

30

23

14

27

3

12

6

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

115

Mango sauvage

4

3

2

10

1

3

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

25

Mebenga

65

39

16

32

14

8

6

6

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

187

Miama

5

7

4

0

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

18

Moabi

34

22

11

13

6

6

4

1

1

0

2

1

1

0

0

0

0

0

102

Moabi

1

0

1

2

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

6

Moambé blanc

329

141

39

48

11

8

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

579

Moambé jaune

283

127

23

34

10

8

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

488

Mobala

26

39

11

25

7

12

7

2

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

130

Moka

2

4

3

0

2

1

1

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

14

Mokao

0

3

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

4

Mombin

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Movingui

13

8

8

5

1

4

3

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

43

Naga

7

2

2

1

0

0

1

0

1

 

0

0

0

0

0

0

0

0

14

Ngollon

0

0

1

0

0

1

1

0

1

 

0

0

0

0

0

0

0

0

4

Niébé

26

9

2

4

0

0

4

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

45

Niove

18

8

6

0

3

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

36

Nounzou

4

1

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

8

Nsas

6

6

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

13

Oboto

15

16

5

2

2

2

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

45

Ohia

1

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

5

Okan

240

196

92

113

51

43

44

6

3

11

1

2

1

2

0

0

0

1

806

Okoumé

2

4

1

2

0

0

0

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

10

Omang

55

46

26

22

10

11

9

4

0

1

0

1

0

0

0

0

0

0

185

Onzambili

14

5

4

10

3

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

40

Orikio

29

15

7

13

3

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

69

Orikio/Rikio

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Ouochi

11

6

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

19

Ovoga

5

3

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

8

Ovounga

3

1

2

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

7

Ozigo

8

2

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

13

Ozouga

0

0

2

1

1

2

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

11

Pachiloba

36

33

22

15

7

3

5

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

122

Padouk

1205

126

76

81

53

38

23

5

3

2

1

0

0

0

0

0

0

0

533

Sapeli

9

18

10

5

2

2

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

48

Shoro

87

60

35

26

6

13

8

1

1

1

0

0

0

1

0

0

0

0

239

Sikong

46

43

16

25

3

8

5

0

1

3

0

0

0

0

0

0

0

0

150

Sippo

158

127

59

73

27

23

19

2

1

1

0

0

1

0

0

1

0

0

492

Songo

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

Tali

421

341

176

205

84

41

16

12

1

2

1

4

1

2

0

0

0

0

1307

Tchitola

80

66

40

36

15

25

9

4

3

2

1

1

0

0

1

0

0

0

283

TIAMA

0

2

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

3

Tikong

17

13

9

8

2

3

3

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

57

Timba

36

17

1

3

0

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

59

Timba

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

Timbo

35

11

4

5

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

56

Tola

444

339

126

191

77

84

48

23

5

9

1

3

2

1

1

1

0

0

1355

Tombi

238

112

33

43

13

14

11

3

0

1

0

0

1

0

0

0

0

0

469

Tsany

67

53

20

24

23

15

11

4

0

0

0

0

0

1

1

0

0

0

219

Voakanga

5

3

6

1

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

16

Wengue

19

3

2

6

2

1

2

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

36

Total

8165

6051

2893

3481

1259

1165

827

306

114

116

22

49

13

24

7

10

1

4

24507

Annexe 5: Effectif des tiges endommagées par opération et par classe de diamètre

 

 

Route principale

Bretelle

Parc à bois

Abattage

Piste de débardage

Ó

P(%)

218

 

 

I

210

44

162

444

614

1474

31,26%

II

125

16

64

226

355

786

16,67%

III

69

5

30

141

113

358

7,59%

IV

57

 3

11

107

149

327

6,94%

V

25

 3

0

33

107

168

3,56%

VI

38

7

9

31

43

128

2,71%

VII

22

1

3

26

 66

118

2,50%

VIII

7

 6

 4

23

40

0,84%

IX

4

0

0

0

9

13

0,27%

X

3

0

1

1

13

18

0,38%

XI

1

0

0

1

2

4

0,08%

XII

0

0

0

3

4

7

0,15%

XIII

0

0

0

0

0

0

0%

XIV

1

0

0

0

2

3

0,06%

XV

1

0

0

0

2

3

0,06%

 

Ó

563

79

286

1017

1502

3447

73,10%

 

 

 

 

 222

 

 

 

 

I

70

6

53

123

95

347

7,36%

II

73

21

26

53

123

296

6,28%

III

28

3

10

58

47

146

3,10%

IV

56

 3

5

20

128

212

4,50%

V

1

 1

1

0

34

37

0,78%

VI

30

 5

0

0

69

104

2,21%

VII

30

1

 0

 2

49

82

1,74%

VIII

25

0

1

0

2

28

0,59%

XI

2

0

0

0

1

3

0,06%

X

0

0

0

0

2

2

0,04%

XI

0

0

0

0

2

2

0,04%

XII

1

0

0

0

1

2

0,04%

XIII

2

0

0

0

1

3

0,06%

XIV

0

0

0

0

2

2

0,04%

XV

2

0

0

0

0

2

0,04%

 

Ó

320

40

96

256

556

1268

26,89%

 

ÓÓ

883

119

382

1273

2058

4715

100,00%

 

P(%)

18,73%

2,52%

8,10%

27,00%

43,65%

100,00%