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Analyse de l'impact de l'agrégat monétaire M3 sur l'inflation en haiti de 2000 à  2010

( Télécharger le fichier original )
par Ronald Jocelyn
Université d'Etat d'Haiti - Licence 2005
  

Disponible en mode multipage

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FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES

(FDSE)

MEMOIRE DE SORTIE

MONNAIE ET INFLATION

ANALYSE DE L'IMPACT DE L'AGREGAT MONETAIRE M3 SUR L'INFLATION EN HAITI DE 2000 À 2010

PRÉSENTÉ PAR : RONALD JOCELYN
PROMOTION 2005-2009

Sous la direction du Professeur Eddy N. LABOSSIÈRE

EN VUE DE L'OBTENTION DU GRADE DE LICENCIÉ ÈS

SCIENCES ECONOMIQUES

OCTOBRE 2013

i

ii

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS V

DEDICACES VI

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES VII

LISTE DES GRAPHIQUES X

LISTE DES TABLEAUX XI

RESUME XII

INTRODUCTION 1

PROBLEMATIQUE GENERALE 2

PROBLEMATIQUES SPECIFIQUES 2

HYPOTHESE DE TRAVAIL 2

HYPOTHESES SPECIFIQUES 2

OBJECTIF DU TRAVAIL 3

LIMITE DE LA RECHERCHE 3

METHODOLOGIE DE TRAVAIL 3

SUBDIVISON DU TRAVAIL 4

CHAPITRE I : POLITIQUE MONETAIRE ET INFLATION 5

SECTION 1 : CONCEPT DE MONNAIE 5

I.1.1- Définition et fonction de la monnaie 5

I.1.2-Les formes de monnaie 6

I.1.3- Concepts liés à la monnaie 8

SECTION 2 : CONCEPT DE POLITIQUE MONETAIRE 9

I.2.1- définition 9

I.2.2- Objectifs de la politique monétaire 10

I.2.3- Les instruments de la politique monétaire 11

iii

I.2.4- Canaux de transmission de la politique monétaire 14

SECTION 3 : CONCEPT D'INFLATION 17

I.3.1- Définition et mesure de l'inflation 17

I.3.2- Concepts clés à l'inflation 18

I.3.3- Les principales formes et conséquences de l'inflation 18

CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE 24

SECTION 1 : REVUE DE LITTÉRATURE THEORIQUE 24

II.1.1- les premiers balbutiements de la politique monétaire 24

II.1.2- La pensée monétariste versus la NEC et Hayek 26

II.1.3- la position des structuralistes 27

II.1.4- le point de vue des auteurs 28

SECTION 2 : REVUE DE LITTÉRATURE EMPIRIQUE 31

II.2.1- cas des pays étrangers 31

II.2.2- cas d'Haïti 36

CHAPITRE III : ANALYSE DE LA POLITIQUE MONETAIRE CONDUITE EN HAÏTI DE 2000 A 2010 40

SECTION 1 : PRESENTATION DU CADRE MACROECONOMIQUE AU COURS DE LA DECENNIE 2000 40

III.1.1- Secteurs réel et externe 40

III.1.2- Secteur fiscal 44

III.1.3- La politique monétaire en 1999 45

SECTION 2 : LA POLITIQUE MONETAIRE AU COURS DU PREMIER QUINQUENNAT DES ANNEES 2000 47

III.2.1- La conduite de la politique monétaire en 2001 48

III.2.2- La politique monétaire en 2002 49

III.2.3- La politique monétaire en 2003 50

III.2.4- La politique monétaire en 2004 52

III.2.5- La politique monétaire en 2005 54

SECTION 3 : LA POLITIQUE MONETAIRE DURANT LE SECOND QUINQUENNAT DES ANNEES 2000 55

III.3.1- La politique monétaire en 2006 55

iv

III.3.2- La politique monétaire en 2007 57

III.3.3- La politique monétaire en 2008 58

III.3.4- La politique monétaire en 2009 59

III.3.5- La politique monétaire en 2010 61

CHAPITRE IV- VERIFICATION EMPIRIQUE DES HYPOTHESES 65

SECTION 1 : LA MODELISATION VAR 65

IV.1.1- L'introduction à la représentation VAR 65

III.4.2- différence entre le modèle VAR et les modèles structurels 66

SECTION 2: ANALYSE DES SERIES ET ESTIMATION DU VAR 66

IV.2.1- description et sources des données 66

IV.2.2- test de racine unitaire et test de causalité 67

IV.2.3- détermination du nombre de retards optimal 71

IV.2.4- écriture et spécification du VAR 72

SECTION 3 : STATIONNARITÉ DU VAR 75

IV.3.1- graphique de l'inverse des racines associées à la partie AR des variables 75

IV.3.2- Conditions mathématiques de la stabilité du VAR 76

SECTION 4 : RÉPONSE AUX QUESTIONS DE LA PROBLÉMATIQUE 76

IV.4.1- fonction de réponse 77

IV.3.2- décomposition de la variance 78

CONCLUSION 80

ANNEXES 83

BIBLIOGRAPHIE 111

v

Remerciements

Nous ne saurions réussir cette longue traversée sans l'omniprésence de cette force suprême qui nous a toujours accompagné au cours de notre étude, c'est pourquoi nous lui sommes grandement reconnaissants.

Ensuite nos remerciements vont tout droit à Haïti, un pays qui nous a offert des opportunités qu'il n'a pas offertes à bon nombre de ses fils. Bien que certains d'entre eux soient de loin plus intelligents que nous autre.

Nous tenons également à remercier notre famille particulièrement notre père François Onès et notre impeccable mère Marie Andrée pour les maints efforts qu'ils ont consentis pour faire de nous le fils de leur rêve.

Nous adressons nos remerciements au corps professoral de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE) notamment à notre encadreur M. Eddy N. LABOSSIERE pour avoir accepté de nous accompagner dans la réalisation de ce travail de recherche. Nos remerciements vont également à tout le personnel de la FDSE qui nous a été utile tout au long des quatre (4) années d'études.

Enfin, nous adressons nos profondes gratitudes :

- à M. Jean Marie CAYEMITTE qui a été une pierre angulaire dans notre formation tant à l'école secondaire qu'à l'université ;

- à Jemley JEAN-BAPTISTE et Henderson DELCY qui ont pris le soin de superviser ce travail.

Dédicaces

Je dédie ce travail :

à toute ma famille ;

à ma petite soeur Saradia JOCELYN qui, par ses dévouements pour ses affaires académiques, annonce d'ores et déjà un futur prometteur ;

à mademoiselle Viergina SEJOUR qui m'a toujours accompagné ;

à mes confrères James Heetler ANOINE, Nickson JEUNE, Emmanuel AUGUSTE, Yves Ricardo BONJEAN et Kesner JEAN-LOUIS pour leur encouragement à la rédaction de ce travail.

vi

Enfin à tous mes camarades de la promotion 2005-2009.

vii

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

ADF : Augmented Dickey-Fuller

AGD : Administration Générale des Douanes

AIC: Akaike Information Criterion

AUAC : Assistance d'Urgence Après Conflit

BM : Base Monétaire

BMprog : Base monétaire selon le programme conclu avec le fonds monétaire international

BM10R : Base monétaire selon la table 10R de la banque centrale

BRH : Banque de la République d'Haïti

CNS : Constante Non Significative

CS : Constante Significative

DGI : Direction Générale des Impôts

DLLOGIPC : Logarithme de l'indice des prix à la consommation en différence première

DLLOGM3 : Logarithme de la masse monétaire au sens large en différence première

FASR : Facilité d'Ajustement Structurel Renforcé

FMI : Fond Monétaire International

FPE: Final prediction error

HOPE : Haitian Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement

HQ : Hannan-Quinn information criterion

viii

IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique

IPC : Indice des Prix à la Consommation

LR : sequential modified LR test statistic

M1, M2, M3 : agrégats monétaires mesurant la masse monétaire de plus en plus large

MCO : Moindres Carrés Ordinaires

MD : Millions de Dollars

MEF : Ministère de l'Economie et des Finances

MG : Millions de gourdes

NEC : Nouvelle Economie Classique

PETROCARIBE : Accord de coopération énergétique entre le Venezuela et ses partenaires.

PIB : Produit Intérieur Brut

PP : Phillips-Perron

RNC : Réserves Nettes de Changes

SC: Schwarz information criterion

SMP: Staff Monitored Program (Programme financier relais)

TDF : Table statistique de Dickey-Fuller

TNS : Tendance Non Significative

TS : Tendance Significative

UEMAO : Union Economique et Monétaire des Etats d'Afrique de l'Ouest

VAR : Vecteur Autorégressif

ix

VAR(p) : Vecteur Autorégressif avec p retard VAR(1) : Vecteur Autorégressif avec 1 retard VAR(3) : Vecteur Autorégressif avec 3 retards VARS : Vecteur Autorégressif Structurel

x

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Degré d'ouverture de l'économie haïtienne de 2000 à 2010- page 41

Graphique 2 : Ratio de couverture des importations par les exportations (X/M) de 1991 à 2010-page 42

Graphique 3 : Propensions à importer et à exporter et leur équation de tendance respective 2000 à 2010- page 43

Graphique 4 : Balance commerciale d'Haïti de 2000 à 2010 (% du PIB nominal)- page 43 Graphique 5 : Déficit budgétaire en % PIB nominal de 2000 à 2010- page 44 Graphique 6 : Evolution de la variation mensuelle de l'IPC (2008/09)- page 61

Graphique 7 : Evolution simultanée des réserves nettes de change de la BRH en MD et du taux de change de fin de période- page 62

Graphique 8 : évolution des séries LOGIPC et LOGM3 en niveau et en différence première-page 71

Graphique 9 : Fonction de réponse aux impulsions- page 77

xi

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: test de racine unitaire (ADF) sur les variables des modèles 1, 2 et 3- page 68 Tableau 2 : test de racine unitaire (PP) sur les variables des modèles 1, 2 et 3- page 70 Tableau 3 : détermination du nombre de retard optimal- page 72

Tableau 4 : test de causalité de Granger- page 75

Tableau 5 : tableau des conditions mathématiques du VAR- page 76

RESUME

Cette étude se propose d'analyser l'impact de la masse monétaire au sens large de l'économie haïtienne sur le niveau des prix en Haïti au cours des années 2000. Pour ce faire, nous avons posé l'hypothèse que la masse monétaire M3 a des retombées significatives sur l'inflation en Haïti.

Ainsi, après avoir abordé la dimension théorique, nous avons analysé les grandes lignes de conduite de la politique monétaire en Haïti au cours de la période 2000-2010. Toutefois, l'exercice 1999 a été également l'objet d'analyse compte tenu de son rôle de plaque tournante dans l'explication de la politique monétaire au cours de la période sous étude.

En outre nous avons construit un modèle vectoriel autorégressif (VAR) standard pour étudier les répercussions des modifications de la masse monétaire au sens large (M3) sur le niveau des prix (IPC) en Haïti. Ceci nous a permis d'apporter des éléments de réponses aux maintes préoccupations de la présente recherche : nous avons constaté qu'une augmentation de la masse monétaire au sens large influe sur le niveau des prix en Haïti. En effet, une hausse de 10% de la masse monétaire décalée d'un mois induit une augmentation de l'inflation de 1.1% au mois succédant. De surcroit, nous avons vérifié également l'existence de retard dans la transmission des chocs de la masse monétaire sur l'inflation en Haïti. Suite à une modification de 1% de masse monétaire, l'IPC ne réagit que de 0.2% à partir du deuxième mois pour atteindre son summum puis les effets disparaissent complètement au septième mois.

xii

Mots clés : Politique monétaire, inflation et vecteur autorégressif (VAR).

1

INTRODUCTION

Préserver le pouvoir d'achat dans le temps est l'une des fonctions primordiales de toute unité monétaire (dollar, euro, peso, yen, gourdes, etc.) depuis l'époque précédant l'économie monétaire jusqu'à celle caractérisée par l'économie de crédit1. À ce sujet, les diverses réunions des différents ministres de l'économie et des finances et/ou des gouverneurs de banques centrales, que ce soit dans la région caribéenne ou au niveau de l'union européenne, sont en ce sens un probant témoignage.

En effet, la recherche de la stabilité des prix constitue l'une des préoccupations majeures des autorités monétaires notamment la Banque Centrale et le ministère de l'économie et des finances, car l'inflation est un élément rongeur du pouvoir d'achat de la monnaie. En Haïti depuis l'année 2002, l'inflation a pris sa vitesse de croisière de mai à septembre de l'année d'après (2003), l'économie haïtienne enregistre des taux d'inflation en glissement annuel supérieur à quarante pour cent (40%) sur toute la période alors que dans les économies développées, les responsables donnent au taux d'inflation une marge raisonnable de fluctuation variant de zéro à trois pourcent (0 à 3 %) en glissement annuel.

Conséquemment divers programmes financiers relais (SMP2) ont été mis sur pied durant les années 2000 entre l'Etat haïtien et le Fonds Monétaire International, joints aux programmes dénommés « Facilité Elargie de Crédit ». Ces programmes fixaient non seulement un ensemble d'objectifs que les autorités monétaires et fiscales devaient atteindre mais aussi précisaient les conduites à adopter en ce qui a trait à la bonne gestion des finances publiques.

2 De l'anglais « Staff Monitored Program ».

1 Dumas Benjamin, la monnaie et les banques dans l'économie. Page 39-44.

2

Face à cette période de pressions inflationnistes ; la Banque de la République d'Haïti, jouant un rôle fondamental dans la conduite de la politique monétaire, a pris toute une panoplie de mesures visant à agir sur la masse monétaire au sens large de l'économie pendant la période 2000-2010 en usant les principaux instruments dont elle dispose notamment les bons BRH - une nouvelle maturité de 182 jours a été mise sur le marché en mars 2008 - pour assurer la conduite de la politique monétaire.

PROBLEMATIQUE GENERALE

Fort de ces considérations, nous nous demandons : comment une variation de la masse monétaire au sens large (M3) en Haïti se répercute-t-elle sur le niveau général des prix ?

PROBLEMATIQUES SPECIFIQUES

1- La réponse du niveau général des prix suite à une variation de la masse monétaire au sens large (M3), est-elle immédiate ou à terme ?

2- Si le niveau général des prix réagit suite à une modification de la masse monétaire, cet effet s'annule-t-il après une certaine période ou se propage-t-il indéfiniment ?

HYPOTHESE DE TRAVAIL

La variation de la masse monétaire au sens large a des retombées significatives sur l'inflation en Haïti.

HYPOTHESES SPECIFIQUES

1- La réponse du niveau général des prix suite à une variation de la masse monétaire n'est pas immédiate ;

2- La réponse du niveau général des prix suite à une variation de la masse monétaire doit s'annuler après une certaine période.

3

OBJECTIF DU TRAVAIL

Cette étude se veut un travail scientifique à travers lequel nous nous proposons d'analyser l'impact de la masse monétaire au sens large de l'économie sur le niveau général des prix en Haïti. Conséquemment nous voulons savoir si la transmission d'un choc (innovation, changement, variation) de la masse monétaire au sens large (M3) sur le niveau général des prix se fait immédiatement ou à terme. En outre, nous comptons vérifier si les effets de cette innovation en question s'annulent après un certain délai ou se diffusent indéfiniment sur les périodes subséquentes.

LIMITE DE LA RECHERCHE

Cette étude se limitera à une analyse des poussées inflationnistes au regard de la masse monétaire au sens large, elle ne prend pas en considération d'autres variables qui pourraient expliquer le comportement du niveau général des prix. Une telle limitation trouve son fondement dans le fait que la présente recherche accorde une attention particulière à la dimension monétaire de l'inflation.

METHODOLOGIE DE TRAVAIL

Pour réaliser ce travail, plusieurs approches ont été utilisées : conceptuelle, théorique, descriptive, analytique et économétrique. Tout d'abord, nous clarifions un ensemble de concepts clés dont la compréhension facilite la lecture de notre recherche. Ensuite, nous faisons un relevé des différents travaux réalisés autour de la problématique de la politique monétaire eu égard à la dimension inflationniste afin d'en tirer profit malgré leurs limites : c'est donc l'approche théorique et conceptuelle.

Puis, nous analysons la politique monétaire conduite en Haïti au cours de la période sous étude : c'est l'approche descriptive et analytique. Grâce à la technique documentaire et au

4

logiciel EVIEWS 5.0, nous avons recueilli et traité les données en vue de vérifier les hypothèses formulées précédemment : c'est l'approche économétrique. Les données ont été produites et fournies tant par la BRH (masse monétaire) que par l'IHSI (l'indice des prix à la consommation).

SUBDIVISON DU TRAVAIL

Outre l'introduction et la conclusion, ce travail est réparti en quatre chapitres divisés en sections. Le premier chapitre clarifie les concepts de base de nos réflexions. Le deuxième chapitre passe en revue les différentes approches théorique et empirique faites autour de la politique monétaire dans un contexte inflationniste. Tandis que le troisième chapitre analyse la conduite de la politique monétaire en Haïti de 2000 à 2010 en mettant en évidence les mesures qui ont été prises en matière de gestion de la masse monétaire au sens large de l'économie et les résultats obtenus. Enfin, le quatrième chapitre est une approche économétrique qui permet de vérifier par le biais d'un VAR les hypothèses que nous avions formulées précédemment en l'occurrence l'existence de délai dans la réponse du niveau général des prix suite à un changement dans la masse monétaire au sens large.

5

CHAPITRE I : POLITIQUE MONETAIRE ET INFLATION

Ce chapitre identifie et définit l'ensemble des concepts jugés importants pour mieux articuler la compréhension de la politique monétaire dans une perspective inflationniste. En effet, partant de la notion de monnaie elle passe en revue la politique monétaire, ses principaux instruments et canaux de transmission. Puis, il traite la notion d'inflation, ses principales formes, ses conséquences et les concepts qui lui sont connexes.

SECTION 1 : CONCEPT DE MONNAIE

I.1.1- Définition et fonction de la monnaie

Le terme monnaie désigne l'ensemble des moyens de paiements généralement acceptés par les agents économiques dans les transactions qu'ils réalisent. Certains économistes pensent qu'elle est un terme ambigu car elle est un ensemble d'éléments complexes et non homogènes. Selon Mankiw (1999) : «la monnaie est le stock d'actifs aisément mobilisables pour procéder à des transactions »3. Elle a des fonctions particulières.

En fait, La monnaie a trois (3) fonctions principales : unité de compte, instrument d'échanges et instrument de réserve de valeur.

o Unité de compte

La monnaie est un instrument permettant de mesurer la valeur des biens et services par l'entremise d'une seule unité de mesure. Elle constitue donc un commun dénominateur des biens et services et permet de les comparer même s'ils sont de natures différentes. Ainsi, elle facilite les échanges.

3 Grégory N. MANKIW (1999), Macroéconomie, 3ème édition : De Boeck, page 169.

o 6

Instrument d'échange

La monnaie joue le rôle de lubrifiants dans les échanges pourvu vu qu'elle soit acceptée de tous. C'est la fonction première de toute unité monétaire car cette fonction résout le problème de la double coïncidence des besoins qui se posait autrefois avec le troc.

o Instrument de réserve de valeur

La monnaie permet aux agents économiques d'ajourner leur pouvoir d'achat, de se le procurer au moment opportun. Elle est donc un instrument d'épargne. Cette dernière n'est que le report de la consommation à une date ultérieure. Toutefois, il est à signaler de nos jours que les politiques monétaires n'ont de valeur que si elles permettent à la monnaie de remplir efficacement sa fonction de réserve de valeur.

Mais alors, quelles sont les différentes formes que peut revêtir la monnaie ?

I.1.2-Les formes de monnaie

Au lendemain de l'élimination du troc4, différentes formes de monnaie se sont succédées à travers l'histoire : elles sont entre autre la monnaie marchandise et la monnaie métallique qui sont des monnaies matérielles ; puis la monnaie fiduciaire, la monnaie divisionnaire ou monnaie d'appoint, la monnaie scripturale et la monnaie électronique qui sont des monnaies dématérialisées.

o la monnaie marchandise

Elle est la première forme de monnaie qui a émergé après le troc, c'était en fait une succession de biens généralement admis de tous les membres d'une communauté comme moyens de

4 Echange en nature de deux biens quelconque en supposant la double coïncidence des besoins.

7

paiements dans les échanges. Dès l'antiquité, des objets comme le thé, le sel, le bétail, le fer de hache, les pièces ou tissus commençaient à servir d'unités monétaires.

Plus tard en Afrique jusqu'au 19ème siècle, on utilisait les cauris5 comme instrument d'échanges et de réserve de valeur. Toutefois, sa portabilité servait de handicap au développement des opérations commerciales. D'où l'avènement de la monnaie métallique.

o La monnaie métallique

Eu égard au problème de la portabilité des monnaies marchandises, ces dernières se sont progressivement substituées en monnaie métallique qui était en fait l'utilisation de métaux comme le fer, le bronze, l'or et l'argent comme moyens d'échange. Cette nouvelle forme de monnaie offrait un ensemble d'avantages tels que la durabilité, la divisibilité et la réduction massive des encombrements.

o La monnaie fiduciaire

Elle se caractérise par la création de billet de banque qui n'a pas de valeur intrinsèque, elle n'a de valeur qu'à partir de la confiance qui lui est accordée ; d'où l'appellation de monnaie fiduciaire6. Elle a remplacé la monnaie métallique suite au développement des échanges. Cependant, le développement fulgurant des transactions financières a rendu le transport des billets de banque difficile. D'où l'avènement des monnaies scripturale et électronique. Toutefois nous allons aborder en premier lieu une autre auxiliaire de la monnaie fiduciaire avant de voir ensuite les formes de monnaie précitées.

5 Coquillage appartenant au groupe de porcelaines, qui servit de monnaie notamment en Afrique.

6 Dérivé du latin « fides » qui signifie confiance.

o 8

La monnaie divisionnaire ou monnaie d'appoint

Elle sert à promouvoir les petites transactions et à faire l'appoint dans les grandes transactions. C'est en ce sens qu'on dit qu'elle joue un rôle d'auxiliaire à la monnaie fiduciaire qui sert à financer généralement les grandes et moyennes transactions.

o La monnaie scripturale et la monnaie électronique

On entend par monnaie scripturale toute monnaie circulant par jeux d'écritures entre comptes, notamment le chèque. La monnaie électronique de son côté désigne tous les moyens de paiement ayant un caractère électronique, dont les cartes bancaires et les titres interbancaires de paiement, sollicités par les différents agents économiques pour effectuer leurs paiements.

I.1.3- Concepts liés à la monnaie

o Base monétaire

Appelée aussi monnaie à haute puissance ou monnaie centrale, la base monétaire regroupe les pièces et billets ajoutés aux réserves des banques commerciales à la Banque Centrale. C'est donc le passif du bilan de la Banque Centrale. Toutefois, en Haïti, la base monétaire au sens large (BM) diffère de celle au sens du programme conclu avec le Fonds Monétaire International (BMprog) et de celle qui est dans la table 10R de la Banque Centrale (BM10R).

o Masse monétaire

La masse monétaire est l'ensemble des moyens de paiement susceptibles d'être convertibles en liquidité disponible dans un pays ou dans une zone économique. C'est elle qui permet aux agents

9

économiques de régler les échanges et de faire des placements. En Haïti, elle est mesurée par des agrégats monétaires de plus en plus larges en passant de M1 à M3.

La relation existant entre la base monétaire et la masse monétaire est la suivante : la première est la partie de la seconde qui est sous le contrôle direct de la Banque Centrale.

o Multiplicateur monétaire

Le multiplicateur monétaire (M3/B) permet aux autorités monétaires d'apprécier de combien augmente la masse monétaire au sens large de l'économie (M3) suite à une augmentation de la portion de la masse monétaire qui est sous le contrôle direct des autorités monétaires. Elle mesure la capacité du système bancaire à générer des liquidités suite à une augmentation de la monnaie centrale d'une unité.

SECTION 2 : CONCEPT DE POLITIQUE MONETAIRE

Dans cette section, nous allons aborder principalement le concept de politique monétaire notamment les différents instruments utilisés pour conduire la politique monétaire et les canaux de transmission : le taux d'intérêt, le crédit, le taux de change et le cours des actions.

I.2.1- définition

On entend par politique monétaire l'ensemble des mesures destinées à agir sur les conditions de l'économie c'est-à-dire l'ensemble des décisions prises par les autorités monétaires qui ont pour effet de modifier la quantité de monnaie et les taux d'intérêt dans l'économie afin d'influer sur,

10

selon les circonstances, le niveau du revenu national ; l'investissement ; la consommation et le niveau général des prix ; et de défendre la valeur de la monnaie nationale.

I.2.2- Objectifs de la politique monétaire

L'objectif final de la politique monétaire est défini comme la contribution au maintien des conditions d'une croissance optimale (faible inflation, plein emploi). En effet, trop de crédits et de monnaies contribuent à alimenter une demande excessive de biens et de services susceptibles d'engendrer une pression sur l'appareil productif, avec des risques de hausse des prix et de déficit extérieur. Inversement, peu de crédits et de monnaies peuvent limiter le développement de la demande à un point où les capacités de production ne seraient pas pleinement utilisées et donc provoquer le sous-emploi et le chômage. C'est dans cette optique que Dumas Benjamin (2005) nous dit que : « l'objectif fondamental de toute politique monétaire est de pourvoir l'économie en quantité adéquate de moyens de paiement susceptibles de contribuer à la croissance économique sans inflation ».7

En définitif, les objectifs de la politique monétaire se trouvent résumés dans la notion de carré magique de Nicholas KALDOR : le plein emploi, la stabilité des prix, la croissance et l'équilibre externe. À ces objectifs communs à toute politique économique, s'ajoutent pour la politique monétaire, des objectifs intermédiaires appelés aussi « variables-cibles » et qui consistent à contrôler le rythme d'évolution de la masse monétaire, l'évolution des taux d'intérêt ou le niveau des taux de change, dont la maîtrise conditionne la réalisation des objectifs ultimes.

Toutefois, P. Guillot (2006)8 soutient que, selon la conception monétariste, une politique monétaire doit avoir essentiellement trois objectifs :

7 Dumas Benjamin, (2005) "la monnaie et les banques dans l'économie". Educa vision, Coconut Creek, FL. P. 170.

8 Les politiques monétaires depuis 1945 et leurs fondements théoriques, p. 27.

1.

11

La surveillance du taux d'intérêt qui a une influence sur les investissements des entreprises et leur arbitrage entre les titres et la monnaie ;

2. La libéralisation des mouvements internationaux de capitaux et la surveillance des parités entre les devises ;

3. La surveillance de la politique du crédit.

Pour atteindre ces derniers, les autorités monétaires disposent d'un ensemble d'instruments qui doivent être utilisés à bon escient. C'est-à-dire en respectant deux principes fondamentaux dans le cadre de la mise en oeuvre d'une politique économique y compris la politique monétaire : ce sont entre autre le principe d'efficience de Mundell et le principe de cohérence de Tinbergen.

I.2.3- Les instruments de la politique monétaire

Conjointement avec la Banque Centrale, le Ministère de l'Économie et des Finances définit les grandes orientations de la politique monétaire. De ce fait, pour atteindre les objectifs visés par la politique monétaire, toutes les Banques Centrales à travers le monde disposent d'un ensemble d'outils communément appelés instruments de conduite de la politique monétaire leur donnant un certain contrôle sur les dépôts des banques. Ces instruments sont dits directs - et regroupent entre autres le contrôle du crédit ; le plafonnement des taux d'intérêt et l'orientation du crédit - et indirects dont l'opération d'open market, l'opération de prêt ou de réescompte, les bons de la Banque Centrale (dénommés Bons BRH en Haïti) et les coefficients de réserves obligatoires. Toutefois, en Haïti certains de ces instruments sont tombés en désuétude.

o 12

Taux d'intérêt

Selon l'économiste Eddy Etienne9, la jonction des courbes d'offre d'épargne et de demande d'investissement détermine le taux d'intérêt d'équilibre. Cependant, pour lui en période d'inflation incontrôlée, l'ajustement devra être fait à travers une politique de taux d'intérêt adéquatement flexible. Ce constat a été fait en Haïti au cours de la première moitié des années 2000.

Dans la mesure où il y a une amélioration ou une détérioration des fondamentaux de l'économie, la BRH peut décider de modifier le loyer de l'argent (le taux d'intérêt) afin de stabiliser le fonctionnement de l'économie. De telles modifications ont des incidences non seulement sur le crédit mais aussi sur le volume des opérations financières de l'économie.

En effet, une baisse du taux d'intérêt est souvent utilisée comme moyen de relancer l'activité économique lorsque les fondamentaux donnent des signaux favorables au bon fonctionnement de l'économie afin d'attirer davantage d'investissements pour mieux soutenir la croissance.

Toutefois, la formation du taux d'intérêt est l'un des thèmes de controverses de la macroéconomie si bien qu'elle oppose les écoles keynésienne et classique. Pour la première, le taux d'intérêt est déterminé sur le marché de la monnaie alors que pour la seconde il se forme sur le marché des titres.

o Les coefficients de réserves obligatoires

Dans l'optique de garantir une partie du dépôt des épargnants ; de défendre la valeur de la monnaie nationale et surtout de lutter contre l'inflation, la BRH fait obligation à toutes les

9 Eddy V. ETIENNE, (1992) «Monnaie et banque». Port-au-Prince, Henry DESCHAMPS

13

banques de second rang du système bancaire de transférer une portion des dépôts reçus des épargnants, non productible d'intérêts, dans un compte à la Banque Centrale : cette portion est calculée à partir des coefficients de réserves obligatoires fixés par la BRH.

Quand la BRH vise à freiner le développement de la création de la monnaie scripturale par le biais du crédit, elle augmente les taux de réserves obligatoires. Dans le cas contraire, elle les diminue.

o Les bons BRH

À partir du mois de novembre 1996, la Banque Centrale a introduit les bons BRH comme nouvel instrument visant à assécher à court terme les excédents de liquidité du système bancaire. Il existe des maturités de 7, 28 et 91 jours sur les bons BRH. Cependant, le taux servi sur les maturités à échéance de 91 jours est considéré de nos jours comme le taux directeur utilisé par les banques commerciales pour leurs opérations de trésorerie.

o Les opérations d'open market

Les opérations d'open market peuvent être définies comme l'achat ou la vente d'instruments financiers par la Banque Centrale sur le marché primaire ou secondaire. Les instruments les plus couramment utilisés sont les bons du trésor et les effets émis par la Banque Centrale. En Haïti, les interventions non-routinières de la BRH sur le marché des changes sont assimilées à une opération d'« open market » puisqu'elles se réalisent sur le marché ouvert ; la BRH intervient sur le marché formel des changes (banques et agents de change agréés) pour acheter ou vendre des devises lorsqu'elle le juge nécessaire. Quand la Banque Centrale acquiert des obligations pour son portefeuille, elle fournit des liquidités aux institutions financières. Par contre, lorsqu'elle en vend, elle assèche les excédents de liquidités du marché. Les opérations d'open market, nous dit

14

le professeur Eddy ETIENNE10, constituent une technique de contrôle monétaire relativement souple, qui peut être appliquée graduellement.

o Le taux d'escompte

Le taux d'escompte constitue un autre instrument du coffre d'outils de la BRH qui est très usité dans la conduite de la politique monétaire et dans la recherche des grands objectifs macroéconomiques.

C'est le taux auquel la Banque Centrale prête de l'argent aux banques commerciales, conformément à l'environnement macroéconomique, il peut être inférieur ou supérieur au taux du marché interbancaire11. Ainsi s'avère-t-il un instrument de contrôle des banques de second rang car lorsqu'il est supérieur au taux du marché interbancaire ; le recourt de l'une des banques commerciales auprès de la BRH pour faire des prêts s'avère un indice de grave problème sur le plan financier. Car en situation normale, la BRH devrait être le prêteur en dernier ressort.

Mis à part les instruments utilisés par la Banque Centrale, la politique monétaire se transmet sur l'économie réelle à travers un circuit clairement identifiable, ce sont les canaux de transmission de la politique monétaire.

I.2.4- Canaux de transmission de la politique monétaire

Les canaux de transmission de la politique monétaire sont le parcours par lequel les impulsions de la politique monétaire se répercutent sur l'activité économique, et plus particulièrement sur le niveau des prix. Ils peuvent être illustrés par le schéma ci-après :

Instruments ? Objectifs intermédiaires (cibles ou piliers) ? Objectif(s) final(s).

10 Ibid., page 11.

11 C'est le taux d'intérêt pratiqué par les banques de second rang lorsqu'elles font des prêts entre elles.

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Les instruments peuvent varier d'un pays à l'autre car certains peuvent tomber en désuétude : c'est le cas de l'encadrement du crédit en Haïti. Toutefois, selon Mishkin12 (1996), la littérature économique identifie trois canaux essentiels de la politique monétaire : les taux d'intérêt, le crédit et le prix des autres actifs dont le taux de change et le cours des actions.

o Le canal des taux d'intérêt

Lorsqu'il est question de faire une analyse du comportement de dépenses des agents économiques (ménages, entreprises et Etat), on constate qu'une baisse non anticipée du taux d'intérêt directeur dans une perspective de court terme peut mettre en évidence trois effets :

- L'effet de substitution : les modifications de taux d'intérêt portent les agents à revoir l'arbitrage entre consommation immédiate et épargne. Une baisse de taux diminue la valeur de la consommation future et incite à consommer aujourd'hui puisque l'épargne devient moins intéressante et le crédit moins cher. Selon l'effet de substitution, une baisse des taux d'intérêt conduit à consommer davantage aujourd'hui au détriment de l'épargne dans le futur.

- L'effet de revenu : une baisse de taux entraîne une hausse de la valeur actualisée des dépenses de consommation anticipées pour des périodes futures. Donc, la consommation future est plus coûteuse, toutes choses égales par ailleurs. Ainsi, les ménages préfèrent épargner davantage et réduire leur consommation immédiate pour faire face à cette situation dans le futur.

- L'effet de richesse : une baisse de taux d'intérêt entraîne une hausse de la valeur actualisée des revenus futurs des ménages. Cette augmentation s'applique au capital humain, au capital physique et au capital financier. Ainsi, pour ce dernier, les agents peuvent décider de vendre une partie du portefeuille de titres pour obtenir davantage de biens et services. Ils consomment plus de biens et services. En ce qui a trait aux effets sur l'investissement, une baisse de taux entraîne

12 F. S. Mishkin (1996), « Les canaux de transmission monétaire : leçons pour la politique monétaire », Bulletin de la Banque de France, mars. C. Bordes, « La politique monétaire ».

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un coût d'usage du capital plus faible et donc une augmentation de la profitabilité de la production et une offre supérieure de biens ; une substitution du capital au travail. Ces deux effets impliquent une hausse de l'investissement.

o Le canal du crédit

Les banques commerciales jouent un rôle prépondérant dans le processus de financement de l'activité économique en octroyant du crédit aux agents économiques. Le crédit n'est autre que le point de suture entre les secteurs monétaire et réel. Donc, les banques de second rang s'avèrent très importantes dans la transmission de la politique monétaire. En effet, de maints instruments de conduite de la politique monétaire tendent à agir sur l'offre de crédit.

o Le canal du taux de change

Le taux de change joue rôle de plus en plus important dans la transmission de la politique monétaire dû à l'internationalisation croissante des économies. En effet, dans un régime de change flexible, la variation du taux directeur est susceptible d'induire des effets sur le taux de change. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette modification du taux de change aura un impact sur l'économie réelle car les entreprises nationales deviendront de moins en moins compétitives en cas d'appréciation de la monnaie nationale ou de plus en plus compétitives s'il s'agit d'une dépréciation de la monnaie nationale.

o Le canal du cours des actions

Deux théories sont favorables à l'idée selon laquelle le cours des actions constitue un canal de transmission de la politique monétaire sur l'économie réelle :

Tout d'abord, J. Tobin (1969)13 a montré par sa théorie, dite « q de Tobin » que la politique monétaire affecte l'économie réelle par l'entremise de ses effets sur la valorisation des actions. Le « q de Tobin » est le rapport entre la valeur boursière des entreprises et le coût de

13 J. Tobin (1969), « A general equilibrium approach to monetary theory », Journal of Money, Credit and Banking, feb. n°1, p. 15-29.

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renouvellement du capital. Un ratio élevé signifie que la valeur boursière est élevée par rapport au coût de renouvellement et les nouveaux investissements productifs sont donc peu onéreux par rapport à la valeur boursière. Les entreprises ont intérêt à émettre des actions afin d'en obtenir à un prix élevé. Ainsi ce processus conduit-il à une augmentation des dépenses d'investissement (biens d'équipement) des entreprises par l'émission de nouvelles actions. Donc, un relâchement des conditions monétaires (baisse du taux directeur) entraîne une hausse du cours des actions (valeur actualisée) ; ce qui conduit à une augmentation du coefficient « q » et donc des dépenses d'investissement et entraîne ipso facto des retombées positives sur la croissance de la production.

Puis, F. Modigliani (1971)14 a montré, dans son modèle MPS15, que le cours des actions agit par le biais des effets de richesse sur la consommation. Les actions sont une composante majeure du patrimoine financier, l'augmentation de leur cours accroît le patrimoine financier, donc les ressources globales des consommateurs pendant leur durée de vie, ce qui induit une augmentation de la consommation et donc de la production.

SECTION 3 : CONCEPT D'INFLATION

I.3.1- Définition et mesure de l'inflation

Le terme inflation vient du latin « inflatio » qui désigne une enflure, l'inflation est en fait la perte du pouvoir d'achat de la monnaie matérialisée par la hausse du niveau général des prix. En Haïti, on la mesure par le pourcentage de variation de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) de deux périodes. La compréhension du concept d'inflation nécessite la maîtrise d'autres concepts fondamentaux.

14 Franco Modigliani (1971), « Monetary policy and consumption » dans Consumer spending and monetary policy : the linkages, Boston, Federal Reserve Bank of Boston, p. 9-84.

15 Modèle économétrique construit par Franco Modigliani conjointement avec Albert Ando dont l'objectif était de faire des prévisions dans les analyses économiques.

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I.3.2- Concepts clés à l'inflation

Le fait même d'étudier l'inflation nécessite la compréhension de quelques concepts clés tels que :

o Déflation

C'est la baisse du niveau général des prix sur une période suffisamment longue (plusieurs trimestres). Elle est caractérisée par des taux d'inflation négatifs et est associée à une érosion prolongée de l'activité économique jointe à un niveau de chômage élevé.

o Désinflation

P-A. SAMUELSON et W-D. NORDHAUS (1995)16 soulignent que le terme « désinflation » est synonyme de la baisse du taux d'inflation, elle correspond à une réduction du rythme de hausse des prix.

o Stagflation

La stagflation consiste en la concomitance d'une croissance faible voire négative, avec un niveau élevé d'inflation. C'est-à-dire une stagnation de l'activité économique jointe à une situation inflationniste. Cependant les causes de l'inflation peuvent être très variées et on en retient plusieurs sources.

I.3.3- Les principales formes et conséquences de l'inflation

L'inflation a toujours été un problème macroéconomique majeur, elle a été l'objet de grands débats entre les économistes de différentes écoles. C'est à juste titre que le professeur William J.

16 Cit op, p. 760.

19

BAUMOL17 l'a taxé de l'un des deux fléaux de la macroéconomie. Ainsi John Kenneth GALBRAITH abonde-t-il dans le même sens lorsqu'il écrivait : « rien ne mine autant un gouvernement que l'inflation »18. Toutefois, les discussions relatives à son origine et à ses différentes formes sont très controversées ; on distingue plusieurs formes d'inflation si on se réfère au rythme de croissance des prix et aux origines du phénomène.

o Selon le rythme

On en distingue :

a. L'inflation galopante ou Hyperinflation

Selon le dictionnaire « Lexique d'économie »19, l'inflation galopante est caractérisée par une hausse des prix atteignant des taux annuels supérieurs à 6 % dans certains pays industrialisés.

Elle se manifeste par une augmentation du taux d'inflation dans des proportions spectaculaires occasionnant une destruction quasi totale du pouvoir d'achat de la monnaie. Selon Philip Cagan (1956), une économie est en situation d'hyperinflation lorsque les taux d'inflation atteignent un niveau plus élevé que 50% par mois pendant au moins un an.

En outre, non seulement les prix croissent rapidement mais surtout la vitesse de circulation devient extrêmement rapide ; la masse monétaire et le crédit prennent une allure exponentielle, créant ainsi des fossés significatifs entre valeur réelle et valeur nominale.

17 William J. BAUMOL et al. : William L. Baumol et al. Macroéconomie (Principes et Politiques). Page 16.

18 Cité par William J. BAUMOL

19 Ahmed SILEM, Jean-Marie ALBERTINI et al. (2006) : Lexique d'économie, 9ème édition, DALLOZ.

b. L'inflation latente ou larvée ou rampante

Selon le lexique d'économie20 de Jean-Marie ALBERTINI, l'inflation rampante se caractérise par une augmentation annuelle du taux d'inflation de manière modérée (moins de 3% l'an) et durable. L'inflation rampante ne s'avère pas une menace inquiétante pour le progrès économique et social. Parfois, elle peut même stimuler l'activité économique, en ce sens que l'investissement en usines et en équipements s'accélère car les prix augmentent plus vite que les coûts. Par ailleurs, les particuliers, entreprises et organismes publics emprunteurs se verront remboursés avec de l'argent ayant de moins en moins de pouvoir d'achat.

B. RYELANDT (1970)21 dénonce le caractère arbitraire de l''inflation rampante qui, selon lui, contraint les agents économiques à vivre sans ajustement de leur pouvoir d'achat.

c. l'inflation ouverte ou déclarée (« open inflation »)

Elle est caractérisée par des taux d'inflation variant environ de 3 à 6% l'an22. Ce phénomène inflationniste est souvent déclaré avec tous les symptômes correspondant à l'apparition des conséquences néfastes sur l'environnement économique.

20

20 Ibid., page 19.

21 RYELANDT, B., L'inflation en pays sous-développés, Mouton, Paris, 1970, p.47

22 Voir Jean-Marie ALBERTINI et Ahmed SILEM.

21

o Selon l'origine

L'inflation par les coûts

Elle est celle où la hausse des prix est issue logiquement de l'augmentation autonome de divers coûts de production tels que la hausse des salaires suite à une révision à la hausse du niveau des salaires minimum tandis que la productivité des travailleurs demeure la même.

P. A. Samuelson et W. D. Norhaus la définissent comme étant l'inflation qui apparaisse à la suite de la hausse des coûts au cours des périodes de chômages importants et d'utilisation ralentie des ressources23.

L'inflation importée

Lorsqu'une économie est considérablement dépendante de l'extérieur - à titre d'exemple la nôtre où l'absorption domestique est de loin plus élevée que le revenu national. De plus, avec un panier de la ménagère composé essentiellement de biens de consommation - les prix des biens nationaux sont fortement influencés par ceux du reste du monde ; à cause de la hausse du coût des matières premières et des biens de consommation dont la majeure partie provient de l'extérieur.

L'inflation par la demande

L'inflation par la demande est caractérisée par un déséquilibre entre l'offre de biens et services et les revenus distribués.

BEZBAKH24 (2006) avance quatre raisons majeures qui alimentent l'inflation par la demande :

23 P.A. Samuelson et W. Norhaus, Macroéconomie, 14ème éd, Nouveaux Horizons, Paris, 1995, p.840

24 . BERBAKH, P., Inflation et désinflation, La Couverte, No. 48, Paris, 2006, p. 36.

a.

22

Le stockage d'une partie importante des stocks existant par les chefs d'entreprise car ces derniers anticipent que les prix vont augmenter dans un avenir assez proche. Ce processus raréfie l'offre immédiatement disponible sur le marché ;

b. Des effets d'anticipations de hausse des prix de la part des consommateurs les portent à intensifier leur demande pour éviter d'acheter les biens à des prix plus élevé dans le futur. Et ce, même par le biais d'une désépargne, surtout si leurs dépôts génèrent très peu d'intérêt.

c. La tendance des taux d'intérêt à augmenter lorsque les consommateurs ou les entrepreneurs demandent davantage de crédit pour augmenter leur capacité productive ;

d. Des dépenses d'installation d'équipements nouveaux, qui vont accroître l'offre ultérieurement, font augmenter dans l'immédiat les revenus distribués.

L'inflation budgétaire

Selon le lexique d'économie de Jean-Marie ALBERTINI25, l'inflation budgétaire se caractérise par la croissance des dépenses publiques occasionnant des déficits budgétaires financés par la création de monnaie.

L'inflation par la monnaie

Les prémices de la théorie selon laquelle l'inflation serait d'origine monétaire remontent du XVIème siècle (au moment de l'avènement des métaux précieux en Europe) quand la question du rapport entre le niveau général des prix et la masse monétaire en circulation a été placée au coeur de la problématique économique.

Après le développement de maints travaux sur la question, le mérite revient à l'économiste et mathématicien américain Irving FISHER pour sa formulation moderne de la théorie, il l'a

25 Voir la page 434.

23

formalisée ainsi : MV = PT, M représentant la quantité de monnaie en circulation, P le niveau général des prix, T le volume de production et V, vitesse de circulation de la monnaie ou nombre de fois où une unité monétaire permet de régler les transactions.

Dans l'hypothèse qu'à court terme, le nombre de fois qu'une unité monétaire permet de régler

une transaction (V) et le volume de production (T) restent constants, c'est-à-dire et ,
Milton FRIEDMAN nous montre que toute augmentation de la masse monétaire se traduit par une augmentation du niveau général des prix. En conséquence, il a pu établir une relation causale entre inflation et émission monétaire. D'où sa fameuse conclusion : « l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». Les facteurs réels à l'origine de l'inflation des coûts ou de la demande sont à ses yeux négligeables, puisque seules les manipulations monétaires menées par les gouvernements expliquent l'augmentation du niveau général des prix et, par là même, la diminution du revenu national.

Pourquoi un tel intérêt est accordé à l'étude de l'inflation ?

Conséquences de l'inflation

En tant que phénomène macroéconomique majeur, l'inflation a des retombées sur différents aspects de la réalité économique dont une redistribution de la richesse et des revenus entre les classes sociales, des distorsions dans les prix relatifs. En effet, l'inflation pénalise les créanciers, ainsi que les détenteurs de monnaie en réduisant leur pouvoir d'achat, elle réduit la capacité du pays à exporter. En outre, Les agents économiques sont victimes d'illusion monétaire.

Par ailleurs, l'inflation favorise les débiteurs, elle profite aux créanciers qui arrivent à se surprotéger contre elle en pratiquant des taux d'intérêt variables. Elle privilégie les détenteurs d'actifs par opposition aux détenteurs de monnaie. Elle favorise les vendeurs de produits dont leur demande est inélastique.

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CHAPITRE II : REVUE DE LITTERATURE SUR LA POLITIQUE

MONETAIRE

Ce chapitre traite non seulement les fondements théoriques des premières réflexions relatives aux retombées de la monnaie sur l'inflation mais aussi il cherche à mettre dans la mesure du possible les auteurs en débat autour du thème. En outre, il présente et analyse certaines études empiriques déjà effectuées autour de la problématique de la conduite de la politique monétaire eu égard à la dimension inflationniste. Enfin, il tente d'expliquer la raison pour laquelle la majeure partie de ces travaux ont eu recours au modèle vectoriel autorégressif (VAR).

SECTION 1 : REVUE DE LITTÉRATURE THEORIQUE II.1.1- les premiers balbutiements de la politique monétaire

L'idée d'étudier l'importance de la politique monétaire dans l'économie et son impact sur le niveau général des prix ne date pas d'aujourd'hui. En effet, bien avant que l'économie politique ne se constitue en discipline autonome, ils furent l'objet des réflexions économiques. Dès la fin du XIXème et au cours du XXème siècle, certains auteurs comme Irvin Fischer et Arthur C. Pigou se posèrent des questions relatives au rôle de la monnaie dans l'économie. Ils s'intéressèrent surtout à la relation entre la monnaie et les prix.

Ce phénomène fut aussi un sujet d'étude d'un intérêt tout à fait particulier à l'école suédoise si bien que K. Wicksell26, le premier qui a eu l'idée que l'inflation pourrait s'expliquer par la variation des taux d'intérêt fixés par les banques, soulignait que dans un régime monétaire de pure économie de crédit ; le taux d'intérêt monétaire et le taux d'intérêt naturel peuvent

26 Knut Wicksell (1898): interests and prices, cité par P. Guillot.

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facilement se diverger en inflation et déflation successives. De son côté, R. Cantillon27 (1755) mentionnait, dans son essai sur la nature du commerce en général, qu'une progression de la masse monétaire peut modifier les prix relatifs. Ce phénomène est connu sous le nom d'« effet Cantillon » et a servi à F. Hayek28 de piste de réflexion lorsqu'il écrivait que toute émission monétaire excessive va provoquer des déséquilibres entre le marché de production et celui de la consommation, en dernier ressort ceci va entraîner des crises. Donc, le libéralisme autrichien s'est révélé l'un des premiers balbutiements du monétarisme de l'ère moderne.

Toutefois, le concept « monétarisme » a été prononcé pour la première fois par Brunner29 en 1968, dans un article sur la politique monétaire, pour expliquer une approche à trois dimensions : « Premièrement, les impulsions monétaires sont déterminantes dans la variation de la production, de l'emploi et des prix. Deuxièmement, l'évolution de la masse monétaire est l'indice le plus sûr pour mesurer les pulsations monétaires. Troisièmement, les autorités monétaires peuvent contrôler l'évolution de la masse monétaire au cours de cycles économiques.»30

Toutefois, il a fallu attendre les années 1970 dominées par la doctrine monétariste où Milton Friedman proférait que les causes de l'inflation sont d'origine monétaire. Aussi accusait-il les autorités monétaires comme premiers responsables des poussées inflationnistes.

En effet, cette théorie puise ses fondements de la théorie quantitative d'Irvin Fisher (1896) où il démontra que le niveau général des prix est tributaire de la quantité de monnaie en circulation. D'où la formulation de l'équation quantitative : MV = PT.

27 Richard CANTILLON (1680 ?-1734) : Economiste et financier irlandais, il est un élément clé de l'école autrichienne.

28 Friedrich hayek (1899-1992) : Economiste de l'école autrichienne et prix nobel d'économie pour ses travaux pionniers dans ans la théorie de la monnaie et des fluctuations économiques et pour son analyse de l'interdépendance des phénomènes économique, social et institutionnel.

29 Karl BRUNNER (1916-1989) : Economiste suisse

30 Cité par Yannick F. E. SIMON : Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC : une évaluation empirique en données de panel.

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Il est indéniablement évident que les premiers balbutiements de la théorie monétariste remontent longtemps avant Friedman. Comment les économistes issus d'horizons divers dont ceux de la nouvelle économie classique et F. Hayek l'ont-ils apprécié ?

II.1.2- La pensée monétariste versus la NEC et Hayek Friedman et la nouvelle économie classique

Friedman soutient l'idée que les politiques monétaires expansionnistes peuvent avoir un effet transitoire sur l'activité économique et l'emploi. Les économistes de la nouvelle économie classique (Lucas, Barro, Sargent, Wallace) reprennent les mêmes hypothèses que les monétaristes (prix flexibles, économie à l'équilibre, chômage naturel, neutralité de la monnaie) mais se proposent de démontrer que la monnaie est neutre même à court terme. Ils considèrent que les politiques monétaires expansionnistes n'ont aucun effet sur la production et ont des retombées inflationnistes immédiates parce que ces politiques sont directement anticipées par les agents (anticipations rationnelles). D'où la verticalité de la courbe de Phillips à court terme. Tandis que la version originale de la courbe de Phillips décrit une relation inverse entre le chômage et l'inflation.

Friedman et Hayek

Les divergences entre Friedman et Hayek sont plus importantes car elles portent sur deux axes fondamentales : l'analyse du rôle de la monnaie et les recommandations en matière de politique économique. Pour Friedman, la monnaie est neutre dans le long terme et donc, n'a aucun effet sur la production dans le long terme. Contrairement, Hayek est favorable à l'idée que la création monétaire peut avoir des effets directs sur la production : elle crée des distorsions en modifiant la structure des prix relatifs et conduit à une allocation sous-optimale des ressources. Donc, elle aura des effets sur l'activité économique. De ce fait, Hayek propose d'enrayer la mission de

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création monétaire à la Banque Centrale qui doit être soumise aux lois du marché et il soutient le système de change fixe. Par ailleurs, Friedman propose en matière de conduite de la politique monétaire la règle du k% c'est-à-dire la hausse de la masse monétaire doit être corrélée avec la croissance économique réelle. En outre il opte pour le système de change flexible.

II.1.3- la position des structuralistes

De nombreux auteurs - tels que Olivera (1964), Argry (1970), Urquidi et Throp (1973), puis Wachter (1976) - rejettent l'interprétation selon laquelle l'inflation serait d'origine monétaire. Selon eux, l'inflation provient des contraintes structurelles et des déséquilibres non monétaires. Ainsi les causes de l'inflation ne seraient-elles pas issues des politiques monétaires ou fiscales conduites par les autorités compétentes.

Cas de Sunkel

Sunkel31 (1971, 1973) abonde aussi dans le même sens lorsqu'il écrivait que les causes de l'inflation dans les pays en développement doivent être recherchées dans les problèmes fondamentaux de développement économique et dans les caractéristiques structurelles du système de production notamment l'agriculture, le commerce extérieur et l'administration publique. Elles sont caractérisées par des rigidités institutionnelles qui propulsent la hausse des prix.

Pour étayer sa thèse, Sunkel rappelle que l'offre des produits alimentaires est administrée dans le but de protéger les agriculteurs. Donc, elle est incapable de satisfaire des pressions sur la demande. Ensuite, les marchés ont généralement une structure oligopolistique ou monopolistique, les prix des biens et services sont donc fixés sur la base d'une marge de profit

31 Cité par Dammak et Boujelbène in déterminants de long terme et dynamique de court de l'inflation en Tunisie

28

(mark-up). En outre, le panier d'importation des pays en voie de développement se compose essentiellement de biens intermédiaires et de biens d'équipements qui croissent plus vite que les exportations : ceux-ci provoquent des déficits au niveau de la balance des paiements. Enfin, ces pays souvent font face à des problèmes de déficit d'épargne tant au niveau du secteur public qu'au niveau du secteur privé. Ce dernier facteur alimente davantage le déséquilibre de la balance des paiements.

II.1.4- le point de vue des auteurs

- Jean Bodin32 (1568) rejette l'idée selon laquelle la hausse des prix serait seulement due à la dépréciation de l'unité de compte. Pour obtenir la même quantité de biens qu'au début du siècle, il faut livrer une quantité supérieure de métal. Non seulement cet auteur explique la hausse des prix par l'afflux d'un métal que reçoit d'abord l'Espagne, mais il montre comment cette hausse se répercute en France.

- David Hume (1752) effectue une présentation mécanique des effets d'une variation du stock de monnaie sur les prix qui nous rapproche des formulations modernes de la théorie quantitative. Selon cet auteur, si en une nuit les quatre cinquièmes de la monnaie circulant en Grande-Bretagne disparaissent, les prix devraient baisser dans les mêmes proportions. Au contraire, si par miracle cette quantité de monnaie quintuplait dans la nuit, l'effet inverse se produirait.

- Selon les économistes d'obédience keynésienne, la politique monétaire rejette l'hypothèse selon laquelle la monnaie est neutre à court terme. Car pour Keynes et ses disciples la politique monétaire est un instrument de politique conjoncturelle dont le rôle est généralement présenté dans le cadre du modèle IS/LM (Investment-Saving/Liquidity-Money). La politique monétaire

32 Bodin, avocat à la cour, publie en 1568 "Une réponse aux paradoxes de M. de Malestroit touchant l'enchérissement de toutes choses"

29

dans la conception keynésienne se fixe comme objectif final l'arbitrage entre inflation et chômage, et retient comme objectif intermédiaire les taux d'intérêt : ceteris paribus, lorsque l'économie est en surchauffe, une politique monétaire restrictive, en augmentant le taux d'intérêt, permet de combattre les tensions inflationnistes. À l'inverse, en période de hausse du chômage, une politique monétaire expansionniste avec une diminution des taux d'intérêt doit permettre de relancer l'investissement et l'activité.

- Selon P. Guillot, la politique monétaire est pour les keynésiens un outil d'accompagnement de la politique budgétaire dont les effets sont plus importants sur la demande globale, donc sur l'ensemble de l'activité économique. Pour les keynésiens, en matière monétaire, il faut agir sur le taux d'intérêt car il est le déterminant de la demande de monnaie et de la demande d'investissement. Par ailleurs, pour les monétaristes, il faut privilégier la politique monétaire au détriment de la politique budgétaire qui est peu efficace à court terme. Toutefois, la politique monétaire doit être utilisée avec circonspection afin de maîtriser les effets inflationnistes. Selon la conception monétariste, la politique monétaire ne doit avoir qu'un seul objectif : lutter contre l'inflation.

Pour les classiques, la réglementation doit être le vecteur directeur de la politique monétaire en ce sens qu'elle ne doit jamais être discrétionnaire. Seules les politiques monétaires respectant la condition de cohérence inter temporelle des choix peuvent être crédibles.

- Pour Emile JAMES (1970), l'inflation est un phénomène global et non pas strictement monétaire. Global par ses causes, car étant un excès de la demande globale. Global pour ses conséquences, en ce sens qu'il affecte l'économie dans son ensemble, modifie les prix, la structure des revenus, le quantum et l'orientation de la production. Plus loin, il soutient que la monnaie est un moyen d'action. Elle n'est pas un simple "voile", ni seulement un "intermédiaire

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des échanges" et un "étalon de valeurs", mais un levier permettant de promouvoir la croissance de l'économie, de modifier la distribution des revenus et une source privilégiée de puissance. Au-delà de certains niveaux, le développement des opérations de crédits n'entraîne que la hausse des prix, et non l'essor de l'activité. Les autorités monétaires doivent donc se concerter pour rechercher quel est, parmi les taux de croissance possibles, le plus compatible avec l'équilibre monétaire.

- John Taylor (1993), dans ce même ordre d'idées, a énoncé une règle moderne de politique économique selon laquelle les autorités monétaires fixent le taux nominal en fonction des déviations de l'inflation et l'écart de production par rapport aux cibles visés en la matière. En d'autres termes, le taux d'intérêt décidé par la Banque Centrale est relié au taux d'inflation de l'économie et à l'écart entre le niveau du PIB et son niveau potentiel :

: le taux d'intérêt réel à l'instant t ;

: le taux directeur fixé par la Banque Centrale à l'instant t ;

: le taux d'inflation, la cible d'inflation de la Banque Centrale ;
et : les niveaux respectifs du PIB et du PIB potentiel ;

et sont déterminés par l'entremise de modèles économétrique formulé par les économistes
de la Banque Centrale pour la zone monétaire ou le pays concerné.

L'équation de Taylor dite règle de Taylor permet de calculer la valeur optimale à fixer pour le principal taux directeur de la Banque Centrale. La règle de Taylor suggère un taux d'intérêt élevé quand le taux d'inflation dépasse sa cible et quand l'économie semble être en surchauffe ; et un taux d'intérêt relativement bas dans des situations opposées. Ainsi cette règle propose-t-elle une

31

politique monétaire accommodante. Selon M. Zumpe (2010), l'intuition de Taylor est que les autorités monétaires tiennent compte de l'inflation et de l'écart de production lorsqu'elles prennent des décisions de politique monétaire.

SECTION 2 : REVUE DE LITTÉRATURE EMPIRIQUE

II.2.1- cas des pays étrangers

- M. Kahn et M. Knight (1991)33, dans le contexte de stabilisation macroéconomique dans les pays en développement, ont élaboré un modèle macro économétrique à partir duquel ils ont montré que le produit des déséquilibres sur le marché de la monnaie et celui des biens et services. Les résultats de leur modèle macro économétrique sont conformes à la théorie monétariste. Leur estimation montre que la valeur de l'élasticité de l'inflation au choc monétaire est de 0.33 et celle de la croissance du PIB réel à l'offre de monnaie est de 0.043, selon les coauteurs cette dernière relation est essentiellement une relation de court terme.

- Christiano. L. J., Eichenbaum M. et Evans C. (1992)34 ont recouru à la modélisation VAR pour montrer que le niveau de réserves permet d'évaluer l'impact de la politique monétaire dans les différents secteurs de l'économie dont les activités du système bancaire aux Etats Unis d'Amérique. Ils répartissent les variables en deux strates ; les premières sont celles qui sont directement affectées par les actions de la politique monétaire. En effet, selon les résultats de leur recherche, une contraction de la masse monétaire s'aligne à une augmentation du taux de réserve fédéral. La seconde strate, se composant des agrégats macroéconomiques standards, permet de déceler qu'une politique de resserrement des conditions monétaires induit un déclin persistant

33 Cité par Kako K. NUBUKPO in L'efficacité de la politique monétaire de la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest depuis la libéralisation de 1989.

34 CHRISTIANO Laurence J; EICHENBAUM Martin and EVANS Charles (1992): Liquidity effects and the monetary transmission mechanism .The American review, page 326-331.

32

des principaux variables du carré magique dont les prix des commodités, le PIB réel et l'emploi. En fait, il est à retenir que leur étude a révélé que les mesures de la politique monétaire n'ont d'effet que sur le niveau des prix (déflateur du PIB) approximativement après 12 mois35, après quoi il y a un déclin.

- Balke et Emery (1994) ont fait une étude quasi-similaire qui permet d'apprécier les changements dans la transmission de la politique monétaire au secteur réel de l'économie américaine depuis 1982. Des tests de Fisher portent à conclure que les agrégats monétaires avaient un effet significatif sur le chômage et sur l'inflation entre 1959 et 1979, ce qui n'est pas le cas sur la période allant de 1982 à 1992. Toutefois, la fonction de réponse aux impulsions montre des résultats intéressant dont :

a) les variables monétaires sont plus sensibles aux variations de l'inflation sur la période allant de 1959 à 1979 que sur celle couvrant la période 1982-1992. De l'avis de ces coauteurs, l'inflation est de moins en moins volatile sur la période récente, soit 1982-1992 ; elle peut être anticipée via les chocs sur la production. Ainsi comporte-t-elle moins de chocs non anticipés.

b) sur la période plus récente, un choc positif sur le taux d'intérêt provoquerait une baisse du chômage. Selon les chercheurs, ce résultat porte un démenti aux interprétations faisant croire que le taux des fonds fédéraux ne serait pas un bon indicateur des changements intervenus dans la politique monétaire.

- Sims C. A. et Zha T. (1996) montrent comment manipuler les erreurs bayésiennes pour les réponses aux chocs estimées à partir des modèles de vecteurs autorégressifs réduits afin d'éviter les problèmes comme la multicolinéarité. Ils mettent aussi l'accent sur le fait qu'il faut bien identifier un VAR, puisque cela peut générer des erreurs de prévision au niveau des réponses aux chocs.

35 Contrairement aux travaux de Sims qui a observé une période de 24 mois.

33

Selon ces auteurs, l'inflation répond brutalement dès le premier trimestre aux chocs de la politique monétaire. Les analyses empiriques prouvent qu'une contraction de la masse monétaire (M2) cause une hausse continue du taux d'intérêt, un déclin persistant de l'inflation et après un certain délai et une chute durable dans le PIB réel.

- Samba Mamadou O. (1998), à travers le cadre théorique du "Modèle Intégré de Projection Macro-Econométrique et de Simulation pour les Etats membres de l'UEMAO", présente les mécanismes de transmission de la politique monétaire dans les économies de l'UEMAO, notamment la relation crédit à l'économie - prix. Les conclusions de son travail ont été formulées en ces termes : le système bancaire influence l'activité économique à la fois par le biais des crédits à l'économie et à travers l'impact de la politique monétaire sur les prix.

- Bruneau et De Brandt (1998), discutant de l'intérêt et des limites de la modélisation VAR structurel, font une application à la politique monétaire de la France et trouvent qu'elle a des effets significatifs sur l'activité économique et l'inflation : l'impact d'un choc sur l'inflation est négatif et persistant tandis qu'un choc monétaire restrictif entraîne une baisse du produit réel.

- Sarr et Dingui (2000)36 ont estimé un modèle Vectoriel Auto Régressif (VAR) pour étudier la transmission de la politique monétaire sur l'économie réelle en Côte d'Ivoire. Ils ont utilisé sept variables, issues des statistiques monétaires et de l'activité réelle, sur une base annuelle telles que : la masse monétaire, l'Indice des Prix à la Consommation, le taux débiteur réel des banques commerciales, le crédit à l'économie, le taux d'escompte, le PIB réel et l'investissement privé. Les résultats obtenus ont permis de conclure que les impulsions monétaires sont transmises par

36 Mamadou Alhousseynou Sarr et Charles.J.Dingui , (2000), « Transmission de la politique monétaire : cas de la Côte d'Ivoire ».

34

l'entremise du taux débiteur des banques commerciales sur le secteur réel : un choc monétaire de 1% entraîne une hausse de 0.2% de l'activité réelle associée à une hausse de 1% du niveau des prix. En revanche, un relèvement du taux débiteur de 10% se traduit par une baisse de la croissance réelle de 1.2%, et une hausse de l'inflation de 1% entraîne une baisse de l'activité réelle de 0.01%.

- Minella (2001) examine la politique monétaire et ses relations avec d'autres variables macroéconomiques comme le PIB, le taux d'inflation, le taux d'intérêt et la monnaie au Brésil. Basé sur un modèle VAR structurel, elle a comparé trois périodes différentes : celle d'une croissance modérée de l'inflation (1975-1985), celle d'une forte inflation (1985-1994), et celle d'une inflation faible (1994-2000). Les principaux résultats qu'il a trouvés montrent que la politique monétaire a un effet significatif sur la production. La politique monétaire n'incite pas une réduction de l'inflation dans les deux premières périodes, en d'autres termes elle ne répond pas rapidement ou activement au taux d'inflation, dans les périodes assez récentes le taux d'intérêt répond intensément aux crises financières.

Pour réaliser cette étude, l'auteur a utilisé sur une base mensuelle les variables suivantes : le PIB (Y) mesuré par l'indice de la production industrielle, le niveau général des prix (P), le taux d'intérêt (INT), l'agrégat monétaire (M1). La problématique fut traitée, à l'instar de la présente étude, en usant les fonctions de réponses aux chocs qui décrivent le comportement d'une variable suite à une innovation sur une autre. Les conclusions ont été les suivantes : les chocs sur le PIB, le taux d'intérêt et le taux d'inflation sont transmis promptement aux agrégats monétaires et la politique monétaire a un impact considérable sur le niveau des prix.

35

- NUBUKPO (2002)37, voulant évaluer l'efficacité de la politique monétaire de la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest suite à la libéralisation, a construit un modèle vectoriel autorégressif (VAR) pour déterminer les délais, la persistance et l'ampleur de l'impact des variations des taux d'intérêt directeurs sur l'activité réelle. Son étude s'est réalisée sur la période allant du quatrième trimestre 1989 au quatrième trimestre 1999, les variables suivantes ont été utilisées : le taux d'inflation, le PIB réel, l'investissement réel, l'indice des prix à l'importation, le taux du marché monétaire et le taux de mise en pension. L'auteur identifie le taux d'intérêt et le taux de change comme canaux de transmission de la politique monétaire sur l'activité réelle suite à une modification du taux directeur. Son étude montre qu'une modification du taux directeur donne lieu à une variation des taux bancaires qui influent sur la demande des biens et services. Ensuite la modification du taux directeur a un impact sur le taux de change (dans les régimes de changes flexibles), ce dernier effet entraîne des changements dans les prix relatifs des biens et des actifs selon les devises. Selon l'auteur, une augmentation du taux directeur engendre une diminution de l'inflation dans tous les pays de l'UEMAO.

- Growe P. et Polan M. (2005) confirment l'existence d'une relation positive de la masse monétaire avec le taux d'inflation. En effet, ils ont démontré que cette relation est très faible pour les pays avec une faible inflation et élevée pour les pays avec une forte inflation.

- Cheng K. C. (2006) examine les impacts de la politique monétaire sur la production, les prix et le taux de change au Kenya durant la période de 1997 à 2005. Son travail a utilisé les techniques économétriques des vecteurs autorégressifs.

Ses principaux résultats peuvent se résumer ainsi : dans le court terme, une augmentation des taux d'intérêt fait suivre toujours une baisse au niveau général des prix et une appréciation du

37 Kako K. NUBUKPO (2002) : l'efficacité de la politique monétaire de la Banque Centrale des états de l'Afrique de l'Ouest depuis la libéralisation de 1989.

36

taux de change a un impact insignifiant sur la production. Les principales variables qui ont été utilisées dans le cadre de son étude sont les suivantes : l'indice de prix des marchandises (comm) calculé sur la base des exportations de Kenya , l'indice des prix du petroil (oil) et le taux de réserve fédéral des Etats Unis (Fed), le taux de change ( NEER), le PIB ( GDP), l'indice des prix à la consommation (CPI) et la masse monétaire (M) et le taux d'intérêt de court terme (S).

Les conclusions de son étude ont été formulées en ces termes : les effets de la politique monétaire sont insignifiants pour la production globale et ont un impact durable et significatif sur les prix; une augmentation dans le court terme du taux d'intérêt est suivie par une diminution au niveau général des prix; l'effet apparaît entre 9 et 12 mois après l'impact.

II.2.2- cas d'Haïti

- Orisma L. (2007)38 a porté l'attention sur les effets de politiques monétaires et les incertitudes politiques sur l'inflation en Haïti. Du point de vue de l'auteur, les incertitudes politiques et l'émission de monnaie constitueraient deux grandes sources d'inflation dans l'économie haïtienne et les politiques monétaires qui tenteraient de réduire l'inflation ne faisaient que ralentir son rythme d'accroissement. Pour réaliser l'étude, l'auteur a utilisé plusieurs variables qu'il a divisées en deux groupes, d'une part les instruments de politique monétaire comprenant les taux de réserves obligatoires des banques privées (TRBP) et les taux de réserves de la Banque Centrale (TRBC) et d'autre part les variables économiques et autres qui sont l'inflation (DPIB)39, la masse monétaire (M1), une variable dummy (D)40, et choc politique (CP). Avec toutes ces variables l'auteur a fait des analyses économétriques en mettant en évidence les changements structurels,

38 Lonège OGISMA (2007) : Politique monétaire, Crises politiques et inflation en Haïti.

39 Déflateur du PIB.

40La variable D prend la valeur de 1 sur tout le segment ou le changement structurel est observé et 0 dans le cas contraire.

37

en procédant à des analyses uni variées des séries de base, a testé d'éventuelles relations de cointégration des séries et a mené le test de causalité au sens de Granger.

Dans le cadre empirique, l'auteur est arrivé à la conclusion que durant la période considérée les politiques monétaires de la Banque Centrale (BRIT) sont caractérisées par des changements structurels qui ont eu lieu à des moments importants de la vie économique du pays. Il a divisé son travail en trois sous-périodes au cours desquelles son modèle économétrique montre que les prix augmentent suite à chaque choc politique pour ensuite stagner sur une période relativement longue. Sur la première période (janvier 1983 à octobre 1988), Il a montré que le choc politique de 1986 et l'émission de monnaie avaient fait augmenter l'inflation de 70 points et 74.4 points respectivement. Par contre, l'augmentation du TRBP avait fait baisser le niveau général des prix de 20.2 points.

Pour la deuxième période (novembre 1988 à décembre 1994), période dominée par le coup d'état du 29 septembre 1991joint au blocus commercial, l'inflation n'a fait qu'augmenter sur toute la période. Alors que les politiques monétaires ne font baisser l'inflation que sur une période de trois (3) mois et la baisse enregistrée est d'une moyenne de 1.4 point et de 0.5 point pour le TRBP et pour le TRBC respectivement.

La troisième période (janvier 1995 à mars 2006) est caractérisée par la reprise de l'aide internationale qui a été antérieurement gelée et la création de l'instrument de bons BRIT qui sont très utilisés. Alors, sur une période de moins d'un (1) an, l'inflation passe d'une moyenne de 56% à une moyenne de 13%. Cependant, les tensions politiques occasionnant l'incapacité des agents économiques à prédire l'avenir économique sur la période allant de 1994 à 2006 font augmenter l'inflation à plusieurs reprises. Globalement, les incertitudes politiques font croître l'inflation d'une moyenne de 160 points de base alors que les instruments de politiques monétaires ne la font baisser que de 10 points de base. Dans cette étude les facteurs influençant sur l'inflation sont la croissance de la masse monétaire

38

et les chocs politiques. Toutefois les chocs politiques ont un poids plus important que les instruments monétaires.

À présent, voyons s'il n'y a pas de théories économiques rejetant l'idée selon laquelle l'inflation serait issue des politiques monétaires comme le prétend la théorie monétariste et comme le démontrent les travaux empiriques précités. Ensuite nous tenterons d'expliquer pourquoi nombreux sont les auteurs ayant eu recourt à la modélisation VAR pour réaliser leur étude.

Ludmilla BUTEAU (2008), voulant étudier l'impact de l'inflation sur le taux de change, a démontré qu'un choc des prix a un incidence sur le taux de change en tenant compte de la masse monétaire M2 et du taux directeur de la Banque Centrale. Pour réaliser cette étude, L. BUTEAU a construit un modèle vectoriel à correction d'erreur sur la période 1997-2007. En outre, elle a utilisé sur une base mensuelle les variables : taux d'inflation (TXINF), masse monétaire (DMM2), taux de change (DTXCH) et taux d'intérêt directeur (TXDIR). Ses résultats indiquent qu'une hausse du taux d'inflation entraine une hausse du taux de change (dépréciation de la monnaie locale), qui dure environ 7 mois. Par la suite compte tenu de la réaction des autorités monétaires, l'effet tend à se dissiper et on observe une baisse du taux de change (appréciation de la monnaie locale).

Annick Eudes JEAN-BAPTISTE (2008), pour sa part, a utilisé un modèle vectoriel autorégressif standard en vue de déterminer si la variation des prix en Haïti dépend davantage de la variation des prix relatif ou de la dépréciation du taux de change. Pour réaliser cette étude, l'auteur a utilisé le logarithme népérien des données mensuelles de l'Indice des Prix à la Consommation en Haïti (IPCHT), aux Etats Unis (IPCUS), en République Dominicaine (IPCRD), et le taux de change (TX) sur la période allant de janvier 2001 à avril 2007. Selon les conclusions de sa recherche, le taux de change est la principale variable qui agit sur l'inflation en

39

Haïti. En effet, le taux de change explique les prix en Haïti à hauteur de 6.16% en moyenne dès la troisième période de prévision pour se stabiliser à 7.36%. Ce qui, de l'avis de l'auteur, démontre que la transmission de l'inflation s'opère à travers l'importation des biens, les anticipations de dépréciation et les spéculations continues sur le taux de change. En outre, il est constaté que les variations de prix en Haïti sont plus sensibles aux changements de prix en République Dominicaine qu'aux variations de l'IPC aux Etats Unis. Ce constat, selon l'auteur, est le reflet de la proximité de la République Dominicaine avec Haïti en matière d'échanges commerciaux.

Christine JUSTINVILLE (2008) a fait une analyse empirique sur la période s'étalant d'octobre 1996 à avril 2006 pour identifier les déterminants de la rigidité des prix à la consommation en Haïti. Dans sa recherche, l'emphase a été mise sur l'importance de la rigidité des prix dans la persistance de l'inflation en Haïti. L'idée centrale de son document est que les prix à la consommation sont rigides à la baisse. Selon l'auteur, cette rigidité serait en grande partie causée par certaines frictions du marché des biens et services (chocs sur l'offre et la demande), des facteurs structurels (asymétrie d'information, absence de régulation et de système de protection du consommateur haïtien, inexistence des marchés concurrentiels), les anticipations des agents et la consommation même du panier de consommation. Pour réaliser ce travail de recherche, C. JUSTINVILLE a construit un VAR structurel à l'aide des variables IPC, taux de change et M2. Au terme de la construction de son modèle, l'auteur a conclu que les rigidités à la baisse sont essentiellement issues des chocs monétaires, et non des fluctuations du taux de change. Toutefois, de l'avis de l'auteur, la lutte contre l'inflation ne devrait pas seulement tourner autour de la stabilisation de la monnaie en circulation par la manipulation d'instrument à court terme mais devrait s'articuler en fonction du comportement de l'IPC, et de sa propension à la rigidité.

40

CHAPITRE III : ANALYSE DE LA POLITIQUE MONETAIRE CONDUITE EN HAÏTI DE 2000 A 2010

Ce chapitre se donne un double objectif, tout d'abord elle met en relief la précarité de l'économie haïtienne au cours de la période sous étude dans une dynamique de cadrage macroéconomique : secteur réel, externe et fiscal. En effet, l'analyse du cadre macroéconomique haïtien témoigne la grande dépendance du pays vis-à-vis de l'extérieur. Ensuite, il analyse la politique monétaire conduite en Haïti durant la période sous étude.

SECTION 1 : PRESENTATION DU CADRE MACROECONOMIQUE AU COURS DE LA DECENNIE 2000

III.1.1- Secteurs réel et externe

Au cours de la période s'étendant de 2000 à 2010, l'économie haïtienne présente des tendances lourdes qui entravent de plus en plus son bon fonctionnement. À cet effet, selon les données publiées par l'IHSI, le PIB c'est-à-dire l'ensemble des richesses créées dans l'économie, a enregistré un taux de croissance moyen annuel de 0.1% alors que la consommation des ménages a crû de 2.3% en moyenne annuelle. Cette progression plus rapide des dépenses de consommation que celle du PIB - corroborée par une évolution moyenne annuelle de +0.7% des dépenses d'investissement des secteurs public et privé - a provoqué de lourdes conséquences sur l'absorption domestique haïtienne durant la période sous étude, elle part de 121 points de PIB nominal en 2000 pour atteindre 150 points de PIB nominal en 2010. Ces chiffres viennent de prouver la fragilité grandissante de l'économie haïtienne d'années en années.

41

À cause de l'évolution disparate qui se dessine entre le PIB réel et les dépenses de consommation et d'investissement, les agents économiques se sont tournés davantage vers l'extérieur pour satisfaire l'excédent de la demande intérieure (absorption domestique).

Ainsi la part du commerce international du pays joue-t-elle un rôle de plus en plus important dans son PIB, partant d'un degré d'ouverture partant de 23% en 2000 (contre 20% en 1991) pour atteindre 28% et 37% respectivement en 2009 et 2010. Le dernier pourcentage constitue des effets rémanents du tremblement de terre du 12 janvier 2010.

40.0%

35.0%

30.0%

25.0%

20.0%

Graphique 1 : Degré d'ouverture de l'économie haïtienne de

2000 à 2010

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

En outre, du côté de l'offre, au cours de la décennie 1999-2009 l'économie haïtienne a enregistré un taux de croissance annuelle moyen de 0.7%. Le secteur tertiaire a été le plus performant pendant cette période, il a crû en moyenne annuelle de 2.5% en raison de l'entrée de nouvelles compagnies pendant la période dans l'industrie de la télécommunication.

En dépit de l'évolution annuelle moyenne de 2.3% de la branche « industries extractives », le secteur primaire s'est illustré par de très mauvais résultats à cause de la branche (sous-secteur) « agriculture, sylviculture, élevage, chasse et pêche » qui a chuté en moyenne annuelle de l'ordre de 0.8%.

42

En outre, les flux générés par les exportations couvrent moins de 40% des importations pendant la période sous étude. Par ailleurs, un coup d'oeil rétrospectif nous a permis de constater qu'ils pouvaient servir à financer plus de 47% des importations en 1990 (Voir graphique 2).

40.0%

50.0%

30.0%

20.0%

10.0%

0.0%

Graphique 2 : Ratio de couverture des importations par les exportations (X/M) de 1991 à 2010

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

De surcroît, sur la période de recherche (2000-2010), les importations ont une contribution de 2% dans la progression de 2.2% de l'offre globale contre une contribution de 0.2% des exportations dans la demande globale, créant ainsi une détérioration continue au niveau de la balance commerciale en témoigne le graphique 4. Cette hausse plus rapide des importations que des exportations se traduit sur le graphique 3 par une propension à importer ayant une droite de tendance à pente plus élevée que celle de la propension à exporter41.

41 La pente de la droite de tendance de la propension à importer est de 0.0164 tandis que celle de la propension à exporter n'est que de 0.0002 traduisant ainsi le fait que les importations progressent beaucoup plus vite que les exportations qui sont en fait stationnaires.

Graphique 3: Propensions à importer et à exporter et leur équation de tendance respective 2000 à 2010

 
 

= 0.0164x

y

+ 0.3328

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

y = 0.0002x

+ 0.1339

Propension à exporter (X/PIB) Propension à importer (M/PIB)

Linear (Propension à exporter (X/PIB))

Linear (Propension à importer (M/PIB))

70.0%

60.0%

50.0%

40.0%

30.0%

20.0%

10.0%

0.0%

43

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

-10%

-20%

-30%

-40%

-50%

-60%

0%

Graphique 4 : Balance commerciale d'Haïti de 2000 à 2010 (% du PIB nominal)

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

S'il est indéniable que les secteurs réel et externe dressent un tableau sombre de l'économie haïtienne durant la période d'étude, mais alors comment les variables fiscales se comportent-elles ? et quelles sont leurs implications dans la conduite de la politique monétaire durant les différents exercices ?

44

III.1.2- Secteur fiscal

Tandis que les recettes totales ont progressé en moyenne annuelle de l'ordre de 17.5% au cours de la période d'analyse, les dépenses totales ont progressé de 16.5%. Toutefois, les déficits se sont poursuivis en raison du poids plus élevé des dépenses comparées aux recettes mais dans une plus grande proportion au premier quinquennat des années 2000.

-0.5%

-1.0%

-1.5%

-2.0%

-2.5%

-3.0%

-3.5%

-4.0%

0.0%

Graphique 5 : Déficit budgétaire en % PIB nominal de 2000

à 2010

Sources : données produites par l'IHSI, le MEF, la DGI et l'AGD, et calcul de l'auteur

Les recettes en provenance de l'AGD (22%) progressent en moyenne annuelle plus vite que celles provenant de la DGI (14%) au cours de la période sous étude, ceci serait le fruit de la part de plus en plus importante que prend le commerce international dans l'économie haïtienne.

De leur côté, comment les variables monétaires se sont-elles comportées ? o Contexte et antécédents

Suite au retour à l'ordre constitutionnel en 1994, Haïti a conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI) un accord portant sur un programme de réformes structurelles qui devrait

45

couvrir la période 1996-1999, dénommé Facilité d'Ajustement Structurel Renforcé (FASR). Cependant les difficultés d'ordre technique jointes aux tumultes politiques ont rompu le processus.

Toutefois, pour préserver les acquis économiques, les autorités haïtiennes ont décidé de suivre l'évolution de l'activité économique dans le cadre d'un programme financier-relais (Staff Monitored Program) qui devrait aboutir au décaissement de fonds de l'aide bilatéral et au prompt rétablissement de la FASR, une fois les conditions réunies.

En dépit de la ratification d'un nouveau Premier Ministre en décembre 1998, le plein rétablissement de la capacité institutionnelle de l'Etat n'était pas encore en vigueur ; puisque le corps législatif a été dissout en janvier 1999 après le constat de sa caducité. Ces remous de l'actualité politique ont conduit à la suspension des prêts déjà négociés et à une diminution considérable de l'assistance externe.

Dans un tel contexte marqué par d'autant d'incertitudes politiques, comment la Banque Centrale s'en est-elle prise pour conduire la politique monétaire ?

III.1.3- La politique monétaire en 1999

La BRH s'est fixé pour objectif pendant l'exercice fiscal 1998-1999 la baisse du taux d'inflation et la stabilité du taux de change. Conséquemment elle a utilisé deux des instruments dont elle dispose pour la gestion monétaire : les bons BRH et les interventions sur le marché des changes.

46

Les Bons BRH

Malgré la baisse des taux d'intérêt42 sur les différentes maturités au premier trimestre et au début du deuxième trimestre de l'exercice fiscal 1998-1999 ; les taux d'intérêt sont passés de 13.2% à 6.8% sur les bons à 7 jours, de 16.1% à 8.6% sur les bons à 28 jours et de 19.7% à 10.3% sur les bons à 91 jours ; les bons BRH sont de plus en plus utilisés, en témoigne la hausse de l'encours moyen sur l'exercice. Ce processus a permis à la BRH d'assécher les excédents de liquidité du système, l'encours des bons a enregistré une croissance fulgurante passant de 1 679 millions de gourdes à 3 105 millions de gourdes en septembre 1999, soit une hausse de 85%. La rémunération réduite sur les bons BRH n'a pas eu de mauvaises retombées sur les objectifs de la politique monétaire, mais plutôt les a consolidés à cause du climat non favorable à l'investissement qui prévalait à l'époque.

L'expansion de l'encours des bons résulte de la liquidité importante du système bancaire jointe à la faiblesse des activités de crédit due à la morosité de l'activité économique. On comptait vingt-neuf (29) semaines sur cinquante-deux (52) pendant lesquelles il n'y a eu aucun prêt sur le marché interbancaire. Conséquemment le taux d'intérêt sur le marché interbancaire a été réduit graduellement de moitié (passant de 15% à 7%).

Interventions sur le marché des changes

Au cours de cet exercice, la BRH a eu une présence tout à fait active43 sur le marché des changes, il n'y a pas en un seul mois au cours duquel elle n'est pas intervenue sur ce marché, que ce soit du côté de l'offre ou de la demande. En outre, la Banque Centrale a utilisé les ventes de

42 Ils sont restés quasiment stables au cours des trois derniers trimestres.

43 Pour la première fois de son histoire, la banque de premier rang du système bancaire haïtien a effectué des achats nets de l'ordre de 32.7 millions de dollars EU (achats de 46.115 millions et ventes de 13.415 millions).

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devises comme instrument d'appoint destiné à renforcer l'impact des bons tant et aussi longtemps que la nécessité d'éponger les excédents de gourdes sur le marché des changes s'avérait urgente.

Les résultats obtenus

Conformément aux objectifs qu'elle s'était fixée, la BRH a eu une stabilité relative du taux de change au cours de l'exercice 1998-1999 caractérisé par un taux de change annuel moyen de 16.9386 gourdes et un écart-moyen de variation inférieur à une gourde.

Grâce au bon usage des instruments de gestion monétaire dont elle dispose notamment les interventions sur le marché des changes et le taux d'intérêt sur les bons BRH - renforcée par une gestion saine des finances publiques - la BRH contribue grandement à maîtriser le taux d'inflation à 8.13% en 1999 contre 12.72% en 1998.

Mais alors, comment la politique monétaire s'était poursuivie au cours de la première moitié des années 2000 ?

SECTION 2 : LA POLITIQUE MONETAIRE AU COURS DU PREMIER QUINQUENNAT DES ANNEES 2000

Les incertitudes politiques amorcées dans le pays en 1999, vont perdurer voire s'amplifier durant tout le premier quinquennat des années 2000. Ainsi, à l'instar de l'exercice antérieur, les autorités ont décidé de suivre l'activité économique en 2001 dans le cadre d'un programme financier-relais non conclu formellement avec le FMI. Ce programme prévoyait que le financement monétaire ne devait pas dépasser 700 millions de gourdes pour l'exercice.

48

Cependant, l'organisation des élections présidentielles au premier trimestre (novembre 2000) jointe au ralentissement considérable de l'activité économique - et à la baisse44 du cours du pétrole sur le marché international - a fait progresser les dépenses publiques beaucoup plus vite que les recettes. En effet, dès le premier trimestre le financement du déficit budgétaire avoisinait 800 millions de gourdes contre 700 millions prévues dans le cadre du programme pour l'ensemble de l'exercice. Dans un tel contexte, comment la BRH s'en est-elle prise pour mener la politique monétaire au cours de la première moitié des années 2000 ?

III.2.1- La conduite de la politique monétaire en 2001

Au deuxième trimestre 2001, les autorités fiscales et monétaires se sont évertuées à renforcer les mécanismes susceptibles de freiner les effets inflationnistes en utilisant le cash-management et deux des instruments de reprise de liquidités dont les bons BRH et le coefficient de réserve obligatoire.

Pour assurer la continuité des services publics durant les trois derniers trimestres, un financement monétaire de 2 317.1 millions de gourdes a été consenti par la Banque Centrale. En effet, elle a maintenu les taux d'intérêt élevés sur les bons BRH de 7, 28 et 91 jours à 14.0%, 16.2% et 26.7% respectivement jusqu'à la fin de l'exercice. En conséquence, l'encours des bons BRH a crû de 27% en mars 2001 par rapport à octobre 2000 en s'établissant à 1 478 millions de gourdes, et à 2 777 millions de gourdes en fin de période.

De leur côté, les coefficients sur les réserves obligatoires ont progressé tant sur les dépôts en dollars que sur les dépôts en gourdes. Le coefficient sur les passifs en dollar a été relevé à 21% en novembre 2000 contre 20% en octobre 2000 et celui sur les passifs en gourdes a été relevé à 31% contre 30% sur la même période.

44 Elle a occasionné la chute des recettes sur les droits d'accise.

49

Pendant la première moitié des années 2000, l'encours des bons BRH a enregistré une progression annuelle moyenne de 36.2%, partant de 1.18 millions de gourdes en 2000 pour se fixer à 5.53 millions de gourdes en 2005. Cela s'explique par le fait que durant cette période la Banque Centrale émettait des bons BRH fréquemment pour éponger les surplus de liquidités découlés du financement du déficit budgétaire du gouvernement par la Banque Centrale. La masse monétaire au sens large de l'économie (M3) a connu un accroissement annuel moyen de 17.7%, tandis que M1 et M2 ont progressé de 17.1% et 14.9% respectivement en moyenne annuelle. Le taux45 de réserve effectif se situe au tour de 42% en moyenne sur le quinquennat bien que le taux de réserves obligatoires se maintienne au tour de 31% sur la période. Donc, en moyenne les banques commerciales avaient des liquidités oisives dues au climat non propice à l'investissement. À l'instar de l'offre et la demande globales (0.3% en moyenne annuelle), l'investissement global stagnait (0.5% en moyenne annuelle), le PIB et la consommation se sont contractés de 1% et de 0.02% respectivement.

III.2.2- La politique monétaire46 en 2002

Après les mauvais résultats en termes de croissance obtenus (contraction du PIB de 1.12%) en 2001, les autorités monétaires se sont évertuées de rechercher la croissance par l'entremise d'une politique de détente des taux d'intérêt sur les bons BRH qui, pendant tout l'exercice 2001 se sont maintenus à des niveaux élevés. Il fallait donc donner à la politique monétaire une nouvelle orientation pour assurer sa pleine contribution à la croissance tout étant vigilant en ce qui a trait à une nouvelle évolution des prix. Dès le début de l'exercice, le cadre de référence de la politique monétaire s'articulait autour des objectifs suivant :

45 Il était de 46% en 2004.

46 Elle s'est déroulée en absence d'un programme-relais avec le FMI.

50

- La réduction du financement du déficit budgétaire de 2.5% à 1.2% pour un accroissement prévu de 2% du PIB moyennant un taux d'inflation cible de 11% et

- une croissance de 13% de la masse monétaire en terme nominal est prévue.

De ce fait, les taux d'intérêt sur les bons à échéance de 7 jours et de 91 jours ont été réduits de 7.9% et 14.9% respectivement entre septembre 2001 et septembre 2002. Toutefois, des interventions routinières à l'achat de la BRH sur le marché des changes de l'ordre de 15.6 millions de dollars contre 1.7 millions de dollars en 2001 visaient, à l'instar de l'exercice écoulé, à permettre à la Banque Centrale d'honorer ses obligations en devises sans puiser de ses réserves.

Conséquemment, en fin d'exercice, on a observé une modification de la structure de l'encours des bons BRH dont le poids est passé de 79.5% en septembre 2001 à 90.3% en septembre 2002. En outre la BRH a absorbé davantage de liquidités à un moindre coût, 3.2 contre 2.7 milliards de gourdes l'exercice précédent. Les dépenses d'intérêt ont atteint 403.2 millions de gourdes contre 423 millions de gourdes en 2001. Au cours de la même période, le taux des improductifs du système bancaire est passé de 9.6% à 6.7%. Cependant, en dépit de l'expansion monétaire par la baisse des taux d'intérêt, en raison du climat sociopolitique non favorable à l'investissement qui prévalait à l'époque, au lieu d'avoir une croissance comme prévue, la récession débutée depuis l'exercice précédent s'est poursuivie mais dans une moindre mesure, d'où la contraction de 0.9% du PIB.

III.2.3- La politique monétaire en 2003

La politique monétaire s'est déroulée en 2003 dans le cadre d'un programme économique et financier signé en mars 2003, les objectifs visés par le dit programme sont les suivants :

- porter le déficit budgétaire de 5.5% à 2.7% du PIB au premier trimestre à partir d'un scénario tablant sur un taux de croissance nulle ;

51

- baisser le taux d'inflation à environ 10% d'avril à septembre 2003, moyennant une augmentation de la masse monétaire de 38.7% en terme nominal.

Conjointement la BRE a adopté une posture monétaire restrictive en réponse à deux chocs que l'économie a connus en début d'exercice :

- une rumeur47 non fondée a provoqué une véritable panique bancaire, elle a entraîné une diminution de 86.9 millions de dollars des comptes libellés en dollars détenus par les banques commerciales et une augmentation du taux de change à 38.77 gourdes pour un dollar soit une dépréciation de 33% en un mois.

- l'élimination des subventions à la consommation des produits pétroliers a provoqué une hausse considérable des prix.

Aussi, le taux sur les bons à 91 jours est passé de 10.20% en septembre 2002 à 15.59% en décembre et à 27.5% en mars 2003.

De surcroît, dès le premier trimestre le déficit budgétaire (1 223.6 millions de gourdes) s'est accru en raison de l'augmentation des dépenses liées aux services de la dette externe. Ce déficit a entraîné un recourt de l'ordre de 1 309.6 millions de gourdes du gouvernement central au crédit de la BRE qui a renforcé les pressions inflationnistes durant tout le trimestre. Pour stériliser les liquidités excédentaires, la BRH a décidé de relevé les taux d'intérêt sur les bons BRE de 7 et 91 jours dès le mois de novembre.

Le deuxième trimestre s'est signalé par un financement monétaire plus élevé que celui du trimestre précédent, lequel a porté le crédit octroyé à l'Etat à 2 724.6 millions de gourdes sur le premier semestre 2003. Ces évolutions ont provoqué des pressions sur le taux d'inflation en variation mensuelle et ont porté la Banque Centrale à doubler les taux d'intérêt sur les

47 Selon laquelle les autorités iraient convertir les dépôts libellés en dollars à un taux forfaitaire.

52

instruments à échéance de 7 jours et à augmenter de six (6) six points de pourcentage les taux d'intérêt sur les maturités de 91 jours.

Toutefois, au troisième trimestre 2003, le crédit au secteur public s'est contracté de 3.4% et l'exercice s'est terminé avec une progression moyenne mensuelle de 0.21% et de 21.9% en glissement annuelle. En dépit de cette expansion du crédit au secteur public, un ralentissement des pressions inflationnistes et une stabilité du taux de change moyen mensuel autour de 41.50 gourdes pendant les deux derniers mois de l'exercice ont été observés.

Malgré les taux d'intérêt élevés pratiqués en 2003, l'économie a renoué avec la croissance. Cela s'explique par le fait que 25% du budget de l'exercice était alloué aux projets de réhabilitation et de maintien des infrastructures de base ainsi qu'à l'achèvement d'équipements collectifs comme les lycées, les centres de santé, les places et les marchés publics. Ainsi, l'économie haïtienne est sortie de la récession amorcée depuis l'année 2001.

III.2.4- La politique monétaire en 2004

La conduite de la politique monétaire s'est effectuée en 2004 dans une conjoncture dominée par de profonds bouleversements sociopolitiques et des catastrophes naturelles ayant entraîné de lourdes pertes en capital.

De son côté, la BRH a maintenu pendant tout le premier trimestre la politique de resserrement des conditions monétaires avec laquelle elle a renoué depuis 2003. En effet, d'octobre 2003 à mars 2004, les taux d'intérêt sont maintenus au niveau d'avril 2003, soit respectivement à 27.83%, 24.83% et 22.10% sur les bons de 91, 28 et 7 jours afin de garantir une certaine attractivité de la gourde en minimisant les risques de transformation des dépôts en dollars en gourdes dans un contexte de dépression.

53

Ensuite, eu égard aux différents chocs enregistrés ; lesquels compromettaient l'objectif de croissance, la BRH a modulé sa politique autour d'une baisse graduelle de ses taux d'intérêt directeurs. Ceci, en vue de jouer sa partition dans la création de conditions favorables à la stabilisation macroéconomique et dans la réduction de perte de croissance. Aussi, les taux d'intérêt sur les bons de 91 jours ont été ramenés de 27.83% à 22.1% le 14 avril 2004 et ceux sur les bons de 28 jours, de 24.46% à 19.3% le 12 mai. Ensuite, en juin ils sont modifiés à 15.1%, 17.2% et 20% sur les maturités respectives de 7, 28 et 91 jours ; puis, en fin d'exercice, ils se sont établis à 3.5%, 5.5% et 7.5% pour les différentes maturités susmentionnées.

Cette position mitigée de la Banque Centrale au cours de l'exercice trouve son fondement dans le fait que dès le premier trimestre, les déficits budgétaires du gouvernement atteignaient 2.9 milliards de gourdes soit 2% du PIB. Cependant, au deuxième semestre 2004 sous les auspices d'une nouvelle administration et grâce à l'adoption de mesures drastiques visant à corriger la contre-performance des recettes, le déficit budgétaire a été ramené à 2.8 milliards de gourdes pour l'ensemble de l'exercice. Et ce, en absence de financement externe en appui au budget, hormis des dons de l'ordre de 21 millions de gourdes.

Ces efforts de redressement des comptes publics joints à une politique monétaire accommodante ont eu des effets positifs sur l'inflation qui est passée de 42.46% en septembre 2003 à 22.53% en septembre 2004. Malgré l'envolée des cours du pétrole sur le marché international et la destruction massive de la production végétale et animale dans le Nord-Ouest et dans la plaine des Gonaïves, le rythme de croissance des prix intérieurs s'est plutôt atténué pour se consolider autour de 25%, soit le niveau prévu par le programme financier-relais (SMP) conclu pour la période avril-septembre 2004. Toutefois, le PIB est passé d'un taux de croissance de 0.5% en

54

2003, inférieur au taux de croissance de (2.08%) de la population, à un taux de croissance négatif

(-3.8%).

III.2.5- La politique monétaire en 2005

Caractérisée par un policy-mix axé sur l'amélioration progressive de la position budgétaire du gouvernement et la réduction subséquente du financement monétaire du déficit, la politique économique s'est déroulée en 2005 dans un contexte sociopolitique difficile qui a paralysé le fonctionnement normal de l'activité économique au cours de trois (3) premiers trimestres et une conjoncture internationale marquée par la flambée des cours des produits pétroliers.

Conjointement les autorités fiscales ont poursuivi la politique de redressement des comptes publics entamée depuis le début du deuxième trimestre 2004, laquelle a permis au gouvernement de dégager une capacité de financement de 32 millions de gourdes en fin de septembre 2005.

De son côté, la BRH a entamé une politique de resserrement des conditions monétaires en juin 2005 en réaction à la tendance inflationniste observée depuis le mois de mai. Aussi a-t-elle relevé les taux d'intérêt sur les bons BRH qui ont été maintenus à un niveau très bas d'octobre à mai de l'exercice 2005. Par conséquent l'encours des bons BRH a progressé pour clôturer l'exercice à 5.5 milliards de gourdes contre 3.5 milliards en début de l'année fiscale. Ces relevés de taux d'intérêt s'expliquent non seulement par la nécessité d'assécher les excédents de liquidités du système bancaire, liés à un financement monétaire temporaire, mais surtout par la prise en compte de l'évolution des marchés monétaires et financiers internationaux.

Les interventions à l'achat sur le marché des changes en 2005 se sont inscrites à 40.7 millions de dollars ÉU, soit 58.1 millions de dollars de moins par rapport à 2004. Lesquelles ont permis à la Banque Centrale de constituer des réserves de devises et de faire face aux obligations du gouvernement liées, notamment, au service de la dette et à d'autres paiements internationaux.

55

Toutefois, les coefficients de réserves obligatoires n'ont guère varié depuis la publication de la circulaire 86-12A du 16 juin 2001 les fixant à 31% pour les banques créatrices de monnaie et 19.5% pour les banques d'épargne et de logement tant pour les passifs en gourdes que pour ceux en dollars.

En fin d'exercice, l'inflation s'est repliée à 14.8% (contre 21.69% en 2004), légèrement en deçà de la cible de 15% indiquée dans le programme d'Assistance d'Urgence Après Conflit (AUAC I). L'évaluation de ce dit programme a conclu en faveur de la poursuite de l'assistance du FMI en Haïti, puisque les principaux critères de performance retenu ont été respectés. En l'occurrence, le surplus budgétaire dégagé pendant l'exercice d'un trimestre à l'autre et la politique de cash-management sont autant de facteurs ayant permis aux autorités monétaires de contenir l'inflation et de stabiliser le taux de change tout en poursuivant la politique de détente des taux d'intérêt jusqu'au troisième trimestre de l'exercice, laquelle a grandement contribué au taux de croissance de +1.8% de 2005.

SECTION 3 : LA POLITIQUE MONETAIRE DURANT LE SECOND QUINQUENNAT DES ANNEES 2000

III.3.1- La politique monétaire en 2006

L'exercice fiscal 2005/2006 est caractérisé par des actes de kidnapping à Port-au-Prince et la politique monétaire s'est déroulée dans le cadre du programme d'assistance d'urgence (AUAC II) dans lequel sont définis les grands objectifs et orientations de la politique macroéconomique du gouvernement pour l'exercice.

En dépit du contexte sociopolitique défavorable qui a prévalu, le pays a bénéficié de l'assistance externe tant des partenaires bilatéraux que des institutions multilatérales. En outre, le pays a

56

intégré le programme PETROCARIBE qui lui a permis d'obtenir des crédits sur les produits pétroliers à des prix préférentiels.

Quant aux autorités monétaires, elles ont maintenu les conditions monétaires relativement serrées et ont poursuivi l'assainissement des finances publiques entamé dès la fin de 2004. Aussi, dès octobre 2005, les taux d'intérêt moyens pondérés sur les bons BRH de 7, 28 et 91 jours ont été relevés à 13.24%, 14.12% et de 18.42% contre respectivement 5.05%, 5.6% et 9.07% quatre mois plus tôt. En novembre 2005, ces différentes maturités ont été encore revues à la hausse, soient respectivement 14.03%, 16.20% et 18.86%.

Pour sa part, les coefficients de réserve obligatoires sont restés inchangés. Les interventions de la BRH sur le marché des changes se situent au niveau de l'achat des devises de l'ordre de 64.8 millions de dollars américains48 en 2006.

Toutefois, dès le premier trimestre 2006 un déficit budgétaire de 341.7 millions de gourdes a été enregistré lequel a occasionné un financement de 936 millions de gourdes par la BRH. Cependant la situation financière de l'Etat s'est redressée dès la fin du deuxième trimestre, cette tendance s'est maintenue si bien que l'exercice s'est clôturé avec une capacité de financement de l'ordre de 1.39 milliard de gourdes.

Le resserrement des conditions monétaires a eu pour résultats intermédiaires le ralentissement du rythme de croissance des agrégats monétaires ; notamment la monnaie en circulation dont le rythme de croissance était de 21.43% en 2005 s'est inscrite à 5.80% en 2006. La masse monétaire au sens large de l'économie (M3) a enregistré en 2006 une croissance annuelle de 10% contre 20.30% un an plus tôt. Conséquemment l'inflation s'est améliorée approximativement de deux points de pourcentage, elle s'est terminée à 12.40% en 2006 contre 14.84% en 2005. La

48 Soit 24.1 millions de dollars de plus comparé à 2005.

57

gourde s'est appréciée d'environ 8% en rythme annuel à la fin de l'exercice. De plus, la reprise de l'activité économique débutée en 2005 s'est raffermie en 2006 en témoigne l'évolution de +2.3% du PIB réel contre +1.8% l'année précédente.

III.3.2- La politique monétaire en 2007

L'amélioration de l'environnement macroéconomique amorcée depuis la fin de 2004 s'est renforcée au cours de l'exercice 2007. En effet, la politique monétaire a été conduite au cours de cet exercice dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC)49, laquelle a encouragé une saine gestion des finances publiques ayant permis au Trésor de rembourser partiellement les engagements du gouvernement envers la Banque Centrale qui sont passés à 19 605 millions de gourdes en septembre 2007 contre 21 090 au début de l'exercice.

En outre la politique monétaire a eu pour orientation la réduction de l'inflation par l'entremise du contrôle de la base monétaire et du crédit. En effet, la base monétaire nominale a augmenté de 14.8% alors que la base monétaire réelle n'a augmenté que de 0.5%. Tandis que, de son côté, le crédit intérieur net a reculé de 9.9% réel, avec une variation négative tant du côté des secteurs public (-16.1%) que privé (-15.7%), dans ce dernier cas le système financier a été incité par le rendement des bons BRH. Des achats nets de devises de l'ordre de 86.9 millions de dollars50 et la revue à la baisse51 des taux d'intérêt sur les bons BRH - qui sont passés de 17.8% en décembre 2006 à 13.7% en juin 2007 - ont été les instruments privilégiés au cours de l'exercice. Malheureusement, les taux d'intérêt sur les prêts n'ont pas suivi cette même tendance, en

49 Programme conclu avec le FMI fixant les principaux objectifs de la politique macroéconomique et monétaire du gouvernement -notamment en matière de croissance, augmentation du niveau de vie et la réduction de la pauvreté- pour les exercices fiscaux allant de 2006 à 2009.

50 97.4 Millions de dollars à l'achat en vue de constituer les réserves de devises et 10.5 millions de dollars à la vente dans le but d'assurer le lissage du taux de change.

51 La BRH a profité du contexte qui a été marqué par la bonne tenue des finances publiques.

58

revanche on a observé une hausse du taux sur les prêts en gourdes (33.6%) et une stabilité sur ceux libellés en dollars (13%). Par ailleurs, le ralentissement des agrégats monétaires observés en 2006 s'est poursuivi en 2007 et une tendance baissière de l'inflation a été constatée.

L'exercice 2006/2007 a été marqué par un taux d'inflation à un chiffre, soit 7.9%, pour la première fois depuis 2002 contre 12% l'exercice précédent. Grâce à la mise en place des institutions démocratique suite à la tenue des élections, Haïti a connu un meilleur climat de stabilité sociopolitique occasionnant l'amélioration de l'environnement des affaires, ceci a eu des retombées positives sur la valeur externe de la gourde (soit une amélioration de 8%) et sur les fondamentaux de l'économie (dont un taux de croissance de 3.4% du PIB). Ainsi, l'exercice 2006-2007 s'est terminé avec de bons résultats pour les autorités monétaires, notamment la Banque Centrale qui a vu réalisé ses principaux objectifs : la défense de la valeur interne (maitrise de l'inflation) et externe de la gourde (maitrise du taux de change).

III.3.3- La politique monétaire en 2008

Tablant sur les résultats favorables obtenus au cours de l'exercice 2006-2007 notamment la décélération considérable de la tendance inflationniste qui a prévalu dans l'économie depuis 2002, la BRH s'est donnée pour mission de conduire une politique monétaire accommodante à l'objectif de croissance de 4% du gouvernement tout en adoptant une attitude prudente quant à une éventuelle progression de l'indice des prix. En effet, elle a profité de la baisse du taux d'inflation pour mener une politique monétaire axée sur la baisse des taux d'intérêt sur les bons BRH - qui sont passés de 8.64% en septembre 2007 à 5.91% en novembre jusqu'à atteindre 3.89% en décembre, soit son niveau le plus bas depuis novembre 1996 - afin de mettre les investisseurs en confiance conformément à la cible fixée pour la deuxième année du programme de Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC). Malheureusement au cours

59

de l'exercice (2007-2008), cette tendance a été renversée à cause de l'envolée des prix des matières premières et des produits de base sur le marché international et l'inflation s'en est ressentie au cours du premier semestre. L'IPC gagna 9 points en mars 2008, les répercussions de ce phénomène ont affecté le taux de change qui a augmenté à 38.29 gourdes contre 36.22 gourdes pour un dollar en octobre. De ce faite, la BRH a dû en de maintes occasions intervenir sur le marché des changes du côté de l'offre totalisant 102.5 millions de dollars, a procédé au relèvement du taux directeur à trois reprises et a ouvert à partir de mars 2008 les bons BRH à certaines institutions financières non bancaires telles que les compagnies d'assurance et les coopératives d'épargne et de crédit. En outre, un bon à échéance de 182 jours a été introduit dans le système en fin d'exercice.

De plus, les avances de la Banque Centrale auprès du gouvernement ont connu une nette augmentation due à des pertes et dommages enregistrés lors du passage des cyclones au cours des mois août et septembre 2008. Le recours des autorités budgétaires au financement monétaire a eu pour conséquence une progression de 15.4% de la base monétaire au sens large pour atteindre 49 360.3 millions de gourdes, soit une hausse de 4.1% par rapport à l'exercice précédent. De surcroît, la BRH a entamé des efforts en fin d'exercice pour reconstruire ses réserves nettes de change en vue d'être plus confortable dans sa lutte pour la défense de la valeur externe de la gourde, entraînant un accroissement de 39% des avoirs extérieurs nets. Quant au PIB réel, il est resté quasiment stagnant soit une progression de +0.8%.

III.3.4- La politique monétaire en 2009

Après sa faible performance au cours de l'exercice 2007-2008, le PIB haïtien a progressé de +2.9% soit le deuxième meilleur taux de croissance de la Caraïbe pour l'année 2009. Cette croissance, réalisée dans un contexte de décélération de l'inflation au niveau interne, dépasse

60

légèrement l'objectif révisé du gouvernement haïtien dans le cadre du programme FRPC signé avec le FMI.

Au premier semestre 2009, la BRH a mené une politique monétaire restrictive en raison des résultats peu favorables à la croissance obtenus durant l'exercice précédent et compte tenu aux incertitudes liées à la conjoncture internationale. Elle s'est fixé pour objectif l'amélioration des conditions macroéconomiques.

Conséquemment le recul du prix du pétrole et la stabilité des prix des produits de base ont été l'objet des anticipations. Car ces variables ont été considérées comme atteint leur summum sur le marché international au cours de l'exercice passé. Aussi la BRH a-t-elle eu plus de latitude dans la conduite de la politique monétaire. Vu la dépendance de notre économie vis-à-vis de l'extérieur, le recul des prix sur le marché international s'est traduit sur le plan interne par un processus de déflation au cours du premier semestre de l'exercice. Heureusement la déflation était dans les limites compatibles à la croissance, la BRH se sentait de plus en plus confortable dans la conduite de la politique monétaire au cours de cet exercice. Elle en a profité pour moduler sa politique autour d'un relâchement des conditions monétaires. À en croire la note de la BRH relative à la conduite de la politique monétaire à l'époque :

« La Banque Centrale a baissé à trois reprises ses principaux taux directeurs. Ils sont passés de 5%, 6.5% et 8% à 2%, 3.5% et 5% entre le 22 avril et le 12 juin 2009, respectivement pour les maturités de 7 jours, de 28 jours et de 91 jours mais les taux d'intérêt réels sont restés élevés en raison de la poursuite et du renforcement de la déflation. »

-0.5

-1.5

-2.5

0.5

-1

-2

-3

0

1

Graphique 6 : Evolution de la variation mensuelle de l'IPC

(2008/09)

61

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

De plus, Les objectifs fixés ont été atteints, la majeure partie des agrégats macroéconomiques donnait des signaux favorables, corroborée par la croissance de +2.9% du PIB. À cet effet, la note sur la situation macroéconomique d'Haïti publiée par le MEF peut nous en convaincre :

« Celle-ci a été alimentée surtout par les dépenses publiques consenties dans le secteur agricole, les infrastructures routières et par la reprise amorcée dans le secteur de l'assemblage avec la mise en application de la loi HOPE II. En dépit de l'impact des chocs exogènes, le déficit fiscal (4,4% du PIB) a été maintenu dans les limites des objectifs macroéconomiques. Dans le même temps, l'augmentation des exportations, la diminution des prix à l'importation et les transferts de la Diaspora ont contribué à réduire le déficit des comptes courants de 4.5% en 2008 à 3.2% du PIB en 2009 facilitant un renforcement des réserves internationales qui sont passées à 3.7 mois d'importation. »

III.3.5- La politique monétaire en 2010

Après la bonne performance de 2009, l'économie haïtienne est frappée au cours de l'exercice 2010 par un choc interne (le séisme du 12 janvier 2010) qui a chambardé le sentier de la

croissance sur lequel se trouvait Haïti durant le second quinquennat des années 2000. En conséquence, le PIB réel a chuté de 5.4% soit sa plus forte contraction observée depuis 15 ans.

Au cours de l'exercice, la BRH a maintenu les taux d'intérêt sur les bons BRH inchangés, soient aux niveaux de 2%, 3.5% et 5% sur les maturités respectives de 7, 28 et 91 jours. Toutefois, la Banque Centrale a profité des flux d'aides étrangères pour intervenir sur le marché des changes. Ces interventions visaient un double objectif :

- renflouer les réserves de devises afin que la Banque Centrale soit plus apte à défendre la valeur externe de la gourde.

- épargner le pays d'un syndrome hollandais (dutch desease). En effet, Une appréciation de la gourde pourrait provoquer une baisse de compétitivité des entreprises exportatrices, notamment le secteur de la sous-traitance. Car les prix des biens nationaux deviendraient plus élevés par rapport aux prix des biens étrangers.

Sources : données produites par l'IHSI, calcul de l'auteur

62

63

Ainsi, suite à ces interventions, les réserves nettes de change de la BRH ont triplé pendant l'exercice pour atteindre 985 MD en septembre 2010 alors que les réserves nettes de change du système bancaire atteignaient plus d'un milliards de dollars. Il est à noter que, comme illustre le graphique précédent, les interventions de la Banque Centrale du côté de la demande sur le marché des changes ont permis non seulement à la gourde de se stabiliser en fin d'exercice en dépit du choc interne de janvier 2010 mais aussi ont permis à la BRH de reconstruire ses coussins de devises.

Au premier trimestre 2010, les principaux agrégats monétaires ont connu une nette décélération en terme de croissance tant en rythme trimestriel qu'annuel. La masse monétaire au sens large n'a crû que de 1.5% au trimestre précédent. Cette décélération de M3 est due à la contraction substantielle de l'encours des bons BRH au passif du bilan de la Banque Centrale. Cette diminution de l'encours52 des bons BRH a occasionné des surplus de liquidité au niveau du système bancaire, dont 372.1 millions de gourdes ont été épongées grâce aux interventions nettes à la vente sur le marché des changes.

Conclusion partielle

L'économie haïtienne présente deux tendances distinctes au cours de la décennie 2000-2010. La première tendance est observée durant le premier quinquennat (2000-2005) où la majeure partie des indicateurs macroéconomiques donnait des signaux défavorables : les déficits budgétaires se cumulaient, les recours du gouvernement central auprès de la Banque Centrale étaient de plus en plus fréquents. Ces conditions difficiles ajoutées au gel de l'assistance externe et à des tumultes politiques de toutes sortes, aggravées par des catastrophes naturelles, rendaient difficiles le bon déroulement de la politique monétaire et l'atteinte de résultats satisfaisants.

52 L'ensemble des effets qu'une banque a escomptés et qui ne sont pas encore arrivés à leur date d'échéance.

64

Néanmoins, la deuxième tendance est constatée à la deuxième moitié des années 2000 - dont le début a été marqué par de bonnes relations entre Haïti et la communauté internationale - où l'économie a enregistré quatre années de croissance successives malheureusement interrompues par le séisme dévastateur de janvier 2010. Toutefois les flux d'aides dont le pays a bénéficié au lendemain du séisme ont permis à la Banque Centrale de reconstituer ses réserves de devises qui étaient ravagés durant le premier quinquennat des années 2000.

65

CHAPITRE IV- VERIFICATION EMPIRIQUE DES HYPOTHESES

Ce chapitre se propose de vérifier empiriquement, les hypothèses que nous avions formulées dans les premières lignes de ce travail en utilisant des données recueillies dans l'économie haïtienne. Pour estimer notre modèle, nous avons eu recours à la modélisation VAR53 pour diverses raisons :

- le VAR est le modèle le mieux adapté permettant de réaliser des études d'impact ;

- il est non seulement conforme à l'hypothèse générale du présent travail mais surtout est plus apte à justifier les hypothèses spécifiques. Et ce, grâce aux fonctions de réponse aux chocs qu'il permet de construire.

SECTION 1 : LA MODELISATION VAR

IV.1.1- L'introduction à la représentation54 VAR

La modélisation économique classique à plusieurs équations structurelles a connu beaucoup de critiques (Granger, 1969 et Sims, 1980) et de défaillances face à un environnement économique très perturbé. Les prévisions élaborées à l'aide de ces modèles se sont révélées médiocres. Les critiques principales formulées à l'encontre de ces modèles structurels concernent la simultanéité des relations et la notion de variable exogène.

Les processus VAR(p) constituent une généralisation des processus autorégressifs au cas multivarié. Ils ont été introduits par Sims (1980) comme alternative aux modèles macroéconomiques structurels, c'est-à-dire au modèle à équations simultanées. La caractéristique essentielle des processus VAR est de ne plus faire la distinction entre variable

53 Il s'agit ici d'un VAR standard.

54 Le terme représentation convient mieux que le terme modélisation, car l'économiste ne spécifie pas des relations économiques en tant que telles. D'après Régis Bourbonnais, Econométrie, 8ème édition, consulter la page 273.

66

endogène et variable exogène au sens où toutes les variables figurant dans le modèle ont le même statut.

III.4.2- différence entre le modèle VAR et les modèles structurels

Le modèle VAR est différent des modèles structurels. Parce que, tout d'abord, ce modèle ne comporte que des variables endogènes ; ensuite il ne repose sur aucune théorie économique et enfin il est plus adapté quand on veut faire des analyses sur les impacts des politiques.

Cependant, pour rendre le modèle VAR plus acceptable et utile, Blanchard et Watson (1986) et Bernanke et Sims (1986) ont construit une nouvelle génération de modèles : le modèle vectoriel auto régressif structurel (VARS). Le modèle VARS est la combinaison des modèles structurels et du modèle VAR. la grande innovation du VARS est l'introduction des réponses au choc et de la décomposition de la variance de l'erreur de prévision.

SECTION 2: ANALYSE DES SERIES ET ESTIMATION DU VAR

IV.2.1- description et sources des données

Qu'on se rappelle dès la formulation de la problématique de la présente recherche, nous nous demandions comment le niveau général des prix réagirait suite à une modification de la masse monétaire au sens large de l'économie haïtienne (M3) ; pour cela nous faisons un vecteur autorégressif (VAR) à deux variables : la masse monétaire au sens large (M3) et l'Indice des Prix à la Consommation (IPC)55.

Les données relatives à la masse monétaire au sens large (M3) ont été recueillies à la Banque de la République d'Haïti (BRIT), tandis que celles relatives à l'Indice des Prix à la Consommation ont été fournies par l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI).

55 Nous n'avons pas utilisé l'IPC moyen dans le cadre de ce travail parce que l'agrégat monétaire M3 est un stock.

67

Le VAR étant un modèle de court terme, il ne peut s'appliquer que sur des variables stationnaires. Ainsi nous est-il imposé d'étudier la stationnarité des séries ou encore de déceler l'existence ou non de racine unitaire dans les séries.

IV.2.2- test de racine unitaire et test de causalité

Pour tester l'existence de racine unitaire dans les séries, nous allons utiliser deux tests statiques : le test de Dickey Fuller Augmenté et celui de Phillips Perron. Toutefois, les séries seront étudiées en logarithme népérien dans le but d'atténuer leur éventuelle volatilité.

L'analyse des séries en logarithme népérien nous a permis de déceler qu'elles ne sont pas stationnaires en niveau. Mais elles sont stationnaires en différence première comme l'illustre le tableau 1 retrouvé dans les pages ci-après. Il est à noter que la stationnarité est la condition sine qua non pour estimer un VAR.

o Test de Dickey Fuller Augmenté sur les séries LOGIPC et LOGM3

Dickey et Fuller (1979) se basent sur les transformations du modèle autorégressif AR(1) en utilisant les modèles suivants :

Le test de racine unitaire suit la logique suivante, sous l'hypothèse H0 : = , correspondant à l'existence d'une racine unitaire. On effectue le test de racine unitaire en procédant par le test t standard :

68

La statistique obéit à une distribution calculée par Dickey et Fuller.

Plus tard, le test a été élargi (d'où l'appellation de test de Dickey Fuller Augmenté) et publié en 1981. Pour construire ce test, on effectue la régression suivante :

La version élargie du test de Dickey-Fuller comporte des retards additionnels sur la variable .

Cet ajout vise à prendre en compte la présence éventuelle d'autocorrélation des résidus.

C'est donc cette version élargie que nous appliquons sur nos différentes séries dans le cadre de ce travail. Les résultats trouvés, ont été rapporté au tableau ci-après :

Tableau 1: test de racine unitaire (ADF) sur les variables des modèles 1, 2 et 3

Volet A : test ADF sur les variables prises en niveau

 

Variables

Valeur du test

Valeur critique

tendance/constante

Stationnarité

Modèle 3

LOGIPC

0.087

-3.44

TNS

Non

 

LOGM3

-1.92

-3.44

TNS

Non

Modèle 2

LOGIPC

-2.26

-2.88

CS

Non

 

LOGM3

-1.37

-2.88

CNS

Non

Modèle 1

LOGIPC

3.98

-1.94

-

Non

 

LOGM3

7.27

-1.94

-

Non

Volet B : test ADF sur les variables prises en différence première

 

Variables

Valeur du test

Valeur critique

tendance/constante

Stationnarité

Modèle 3

LOGIPC

-6.93

-3.44

TS

Oui

 

LOGM3

-11.01

-3.44

TNS

Non

Modèle 2

LOGM3

-10.98

-2.88

CS

Oui

Source : Calcul de l'auteur à partir du logiciel Eviews 5.0/ données BRH et IHSI

69

Interprétation des résultats

Aucune des séries n'est stationnaire en niveau selon le test de Dickey Fuller augmenté56 mais les séries sont stationnaires lorsqu'elles sont différenciées une fois.

La série LOGIPC est stationnaire en différence première, car non seulement la tendance est significative (d'après le modèle avec constante et tendance) mais aussi la valeur de la statistique ADF (-6.93) est inférieure à celle lue dans la table au seuil de 5%, soit -3.44.

Quant à la série LOGM3, la tendance du modèle avec constante et tendance s'est avérée non significative en dépit du fait que la valeur de la statistique ADF de ce modèle est inférieure à la valeur critique lue dans la TDF. De ce fait, nous adoptons le modèle avec constante et sans tendance pour lequel la constante s'est révélée significative et la valeur de la statistique du test de la racine unitaire est inférieure à celle lue dans la TDF au seuil de 5%, soit ADF= -10.98< -2.88.

Vu l'importance de la stationnarité des séries dans l'estimation d'un VAR, vérifions par un autre test si les séries LOGIPC et LOGM3 sont stationnaires ou non.

o Test de Phillips-Perron sur les séries LOGIPC et LOGM3

L'une des reproches adressées aux différentes versions du test de Dickey-Fuller, c'est qu'elles mettent trop de restrictions sur les termes d'erreur qui sont supposés indépendants et de distribution homogène. Ainsi Phillips et Perron (1988) ont-ils proposé une généralisation des tests de Dickey-Fuller qui impose moins de restriction sur la distribution des résidus. Le test de Phillips-Perron suppose seulement que ces derniers soient faiblement indépendants et qu'ils puissent être distribués de façon hétérogène. La régression qu'ils proposent est la suivante :

56 Une table fournira en annexe les hypothèses, la règle de décision et la stratégie du test de Dickey Fuller Augmenté.

70

Où t= 1,2, ..., T. et « t » représente la période d'observation.

Plus tard, en 1989, Perron a élargi le test de racine unitaire au cas de changements structurels. Il considère l'hypothèse d'un seul sursaut dans le niveau du processus de racine unitaire contre l'alternative d'un changement au niveau du terme constant d'un processus TS.

Nous résumons les résultats du test de Phillips-Perron sur nos différentes séries dans le tableau ci-après :

Tableau 2 : test de racine unitaire (PP) sur les variables des modèles 1, 2 et 3

Volet A : test PP sur les variables prises en niveau

Variables

Valeur du test

Valeur critique

tendance/constante

Stationnarité

Modèle 3

LOGIPC

0.22

-3.44

TS

Non

 

LOGM3

-2.02

-3.44

TNS

Non

Modèle 2

LOGIPC

-2.20

-2.88

CS

Non

 

LOGM3

-1.31

-2.88

CNS

Non

Modèle 1

LOGIPC

5.32

-1.94

-

Non

 

LOGM3

6.52

-1.94

-

Non

Volet B : test PP sur les variables prises en différence première

 
 

Variables

Valeur du test

Valeur critique

tendance/constante

Stationnarité

Modèle 3

LOGIPC

-6.90

-3.44

TS

Oui

 

LOGM3

-11.06

-3.44

TNS

Non

Modèle 2

LOGM3

-11.02

-2.88

CS

Oui

Source : Calcul de l'auteur à partir du logiciel Eviews 5.0/ données BRH et IHSI

Interprétation

Le test de Phillips-Perron conduit à la même conclusion que celui de Dickey Fuller augmenté. À cet effet, les séries présentent une tendance en niveau. Mais prises en différence première ; elles sont stationnaires. D'où la significativité de la tendance au modèle avec constante et tendance jointe à la valeur calculée de la statistique PP (-6.90) qui est inférieure à la valeur tabulée au seuil de 5%, soit (-2.88).

71

Une analyse graphique peut aussi nous permettre d'apprécier l'existence d'une tendance ou non dans les séries en niveau et en différence première.

Graphique 8 : évolution des séries LOGIPC et LOGM3 en niveau et en différence première d'octobre 1999 à septembre 2010

10 8 6 4

 

.12 .08 .04 .00 -.04 -.08

00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10

 

LOGIPC

LOGM3

 

DLLOGIPC

DLLOGM3

 
 
 
 

Source : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

En visualisant les séries, on peut constater qu'elles sont effectivement stationnaires en différence première alors qu'elles présentent une tendance en niveau. Maintenant notre préoccupation est de déterminer le nombre de retard optimal à inclure dans le vecteur autorégressif.

IV.2.3- détermination du nombre de retards optimal

Pour déterminer le nombre de retards optimal, nous allons estimer un VAR(p) auquel nous allons ultérieurement appliquer le critère d'optimalité.

« p » étant un nombre de retards choisis au hasard. Soit p=3, nous obtenons le VAR qui suit :

DLLOGIPC = C(1,1)*DLLOGIPC(-1) + C(1,2)*DLLOGIPC(-2) + C(1,3)*DLLOGIPC(-3) + C(1,4)*DLLOGM3(-1) + C(1,5)*DLLOGM3(-2) + C(1,6)*DLLOGM3(-3) + C(1,7)

72

DLLOGM3 = C(2,1)*DLLOGIPC(-1) + C(2,2)*DLLOGIPC(-2) + C(2,3)*DLLOGIPC(-3) + C(2,4)*DLLOGM3(-1) + C(2,5)*DLLOGM3(-2) + C(2,6)*DLLOGM3(-3) + C(2,7)

En estimant le VAR à partir du logiciel EVIEWS 5.0, nous obtenons les résultats suivants:

DLLOGIPC = 0.379*DLLOGIPC(-1) + 0.048*DLLOGIPC(-2) + 0.047*DLLOGIPC(-3) + 0.115*DLLOGM3(-1) + 0.087*DLLOGM3(-2) + 0.035*DLLOGM3(-3) + 0.002

DLLOGM3 = - 0.173*DLLOGIPC(-1) - 0.014*DLLOGIPC(-2) + 0.335*DLLOGIPC(-3) + 0.006*DLLOGM3(-1) + 0.073*DLLOGM3(-2) + 0.173*DLLOGM3(-3) + 0.008

En appliquant le critère d'optimalité sur ce VAR(3) à l'aide du logiciel EVIEWS 5.0, nous obtenons les résultats suivants :

Tableau 3 : détermination du nombre de retard optimal

Lag

LogL

LR

FPE

AIC

SC

HQ

0

676.4971

NA

5.92e-08

-10.96743

-10.92171

-10.94886

1

698.7850

43.48856*

4.39e-08*

-11.26480*

-11.12762*

-11.20908*

2

Endogenous variables: DLLOG

701.7793

5.745121

4.47e-08

-11.24844

-11.01981

-11.15557

3

704.8988

5.883935

4.53e-08

-11.23413

-10.91404

-11.10411

4

706.1975

2.407301

4.74e-08

-11.19020

-10.77866

-11.02304

5

707.0396

1.533694

4.99e-08

-11.13886

-10.63586

-10.93454

6

709.2753

3.998811

5.14e-08

-11.11017

-10.51572

-10.86871

7

713.0659

6.656520

5.16e-08

-11.10676

-10.42086

-10.82815

8

714.2188

1.987181

5.41e-08

-11.06047

-10.28312

-10.74471

* indicates lag order selected by the criterion

Sources : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

D'après les résultats précédents, tous les critères montrent que p=1 est le nombre de retard optimal. Maintenant il nous est possible d'estimer le VAR.

IV.2.4- écriture et spécification du VAR

La valeur du nombre de retard optimal étant déterminée, nous allons estimer à l'aide de la MCO un VAR d'ordre 1 noté VAR(1) dont l'écriture est la suivante :

73

Ainsi, on a :

Avec les coefficients des équations du modèle, . Enfin, et :

les termes d'erreur.

Après la manipulation des données sur EVIEWS 5.0, nous obtenons la valeur des coefficients :

DLLOGIPCt = 0.479296*DLLOGIPCt-1 + 0.109905*DLLOGM3t-1 + 0.004051

[6.34176] [2.59623] [3.27276]

DLLOGM3t = 0.025685*DLLOGIPCt-1 + 0.023628*DLLOGM3t-1 + 0.012537

[0.15948] [0.26192] [4.75317]

Interprétation des résultats

Nous obtenons un VAR d'ordre 1, nous remarquons cependant que les coefficients de l'équation DLLOGM3 ne sont pas significativement différents de 0 puisque la valeur du t de Student de ces coefficients est inférieure à la valeur critique lue dans la table de Student au seuil de 5% soit 1.96. Par ailleurs, tous ceux de l'équation DLLOGIPC sont significativement différents de 0. Ceci vient corroborer le test de causalité de Granger effectué préalablement qui confirmait que DLLOGM3 ne cause pas DLLOGIPC mais plutôt la relation inverse. Ainsi dans le cadre de ce travail, nous mettons l'emphase sur la première équation, soit l'équation DLLOGIPC. D'où la sensibilité de l'IPC au temps t, suite à une variation de 1% de M3 au temps (t-1), est de 0.11%. En outre, les valeurs de la statistique « t de Student » des coefficients nous permettent de conclure que l'inflation est expliquée davantage par ses valeurs passées que par celles de la masse monétaire.

74

o Test de causalité de Granger

Granger (1959) a proposé le concept de causalité. La notion de causalité joue un rôle primordial en économie dans la mesure où elle permet de mieux comprendre les relations entre les variables. Considérons deux variables Y1t et Y2t. On dit que Y1t cause Y2t au sens de Granger si la prévision de Y2t fondée sur la connaissance des passés conjoints de Y1t et Y2t est meilleure que celle fondée sur la seule connaissance du passé de Y2t.

Théoriquement, la mise en évidence de relations causales entre les variables économiques fournit des éléments de réflexion propices à une meilleure compréhension des phénomènes économiques. De manière pratique, la mise en évidence des relations causales est nécessaire à la formulation correcte des politiques économiques. En effet, connaître le sens de la causalité est aussi important que mettre en évidence une liaison entre les variables économiques.

Hypothèse du test de causalité de Granger

ne cause pas Y2t, si l'hypothèse suivante est acceptée H0 :

Y ne cause pas Y1t, si l'hypothèse suivante est acceptée H0 :

2t

Règle de décision au seuil a = 5% :

Si la p-value > 5%, alors on accepte l'hypothèse H0 Calcul et conclusion du test :

Le logiciel EVIEWS nous fournit les résultats suivants :

Tableau 4 : test de causalité de Granger

75

Source : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

L'hypothèse selon laquelle DLLOGM3 ne cause pas DLLOGIPC est rejetée, donc la variation de la masse monétaire a une influence sur la variation du niveau général des prix. Toutefois l'hypothèse selon laquelle DLLOGIPC ne cause pas DLLOGM3 est acceptée ; en témoigne la probabilité qui lui est associée (elle est supérieure à 5%, soit 87%).

SECTION 3 : STATIONNARITÉ DU VAR

IV.3.1- graphique de l'inverse des racines associées à la partie AR des variables

Il nous est possible de vérifier la stabilité du VAR par l'entremise du logiciel EVIEWS version 5 en visualisant graphiquement l'inverse des racines associées à la partie AR de chacune des variables (Voir graphique 10, en annexe).

L'inverse de la racine associée à la partie AR appartient au disque unité complexe. Le VAR est donc bien stationnaire. De même, EVIEWS nous donne les conditions mathématiques de la stationnarité, comme nous pouvons le voir au tableau ci-dessous.

IV.3.2- Conditions mathématiques de la stabilité du VAR

Tableau 5 : tableau des conditions mathématiques du VAR

76

Sources : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

Nous constatons que toutes les racines en module sont inférieures à 1, par conséquent notre VAR standard est bien stationnaire.

SECTION 4 : RÉPONSE AUX QUESTIONS DE LA PROBLÉMATIQUE

Ce travail est construit autour d'une quête de savoir : comment une modification de la masse monétaire au sens large de l'économie haïtienne (M3) se répercute-t-elle sur le niveau des prix en Haïti ?

Cette interrogation majeure suscite d'autres soucis, à savoir, nous voulons fournir également des éléments de réponses aux questions suivantes :

La réponse du niveau général des prix suite à une modification de la masse monétaire au sens large (M3), est-elle immédiate ou à terme ?

Si le niveau général des prix réagit suite à un changement dans la masse monétaire, cet effet s'annule-t-il après une certaine période ou se propage-t-il indéfiniment dans le temps ?

77

En fait, dans l'optique d'apporter une tentative d'explication à ces interrogations, nous allons procéder à deux techniques économétriques : la fonction de réponse de l'IPC suite aux impulsions de M3 et vice versa, et la décomposition de la variance de l'erreur de prévision.

IV.4.1- fonction de réponse

La fonction de réponse aux impulsions (impulsive responses function) nous permettra d'examiner comment réagit l'inflation suite à un choc sur la masse monétaire et vice versa.

Voici les résultats trouvés en utilisant le logiciel EVIEWS : Graphique 9 : Fonction de réponse aux impulsions

Sources : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

Nous avons estimé dès la formulation des hypothèses qu'il est juste de penser qu'un choc sur la masse monétaire n'a pas de répercussion immédiate sur le niveau général des prix, nous avions supposé l'existence de ce délai en raison des mécanismes de transmission de la politique monétaire sur le niveau général des prix. Ce que le graphique ci-avant a confirmé car la courbe de « réponse de DLLOGIPC » part de l'origine. En effet, une variation de 1% de la masse

78

monétaire (M3) se répercute à 0.2% sur l'IPC à partir du deuxième mois. L'influence du choc diminue jusqu'à s'annuler au cours du septième mois.

Par ailleurs, un choc de 1% sur l'indice des prix à la consommation se répercute immédiatement à hauteur de 0.4% sur la masse monétaire M3. Cet assouplissement pourrait s'expliquer par le fait que les autorités monétaires (BRH) ont tendance à adopter immédiatement des mesures visant à resserrer les conditions monétaires - par exemple en haussant les taux d'intérêt sur les bons BRH - suite à toute éventuelle progression du niveau général des prix.

IV.3.2- décomposition de la variance

La décomposition de la variance nous permet de savoir avec précision de combien de pourcentage la variation de la masse monétaire fait varier le taux d'inflation et vice versa.

Les résultats relatifs à l'étude de la décomposition de la variance ont été reportés ici à l'aide du logiciel EVIEWS version 5.

79

La variance de l'erreur de prévision de DLLOGIPC est due à 95% de ses propres innovations et à 5% des innovations de DLLOGM3. Quant à la variance de l'erreur de prévision de DLLOGM3, elle est due à 2.7% aux innovations de DLLOGIPC et à 97.3% à ses propres innovations. Du point de vue de ce test, on peut conclure qu'une modification de la masse monétaire a un impact beaucoup plus important sur le niveau général des prix qu'un choc sur le niveau général des prix n'a d'influence sur la masse monétaire. Conséquemment la masse monétaire est plus exogène que l'indice des prix à la consommation, ce qui est cohérent à l'ensemble des résultats trouvés tout au cours de cette présente recherche notamment les résultats du test de causalité de Granger.

80

CONCLUSION

Somme toute, ce travail s'est construit autour de l'intérêt de déceler comment une variation de la masse monétaire au sens large (M3) de l'économie haïtienne agit sur l'inflation en Haïti. D'entrée de jeu, nous voulions détecter si l'effet de cette variation de la masse monétaire sur les prix serait immédiat ou à terme, ou encore s'il se diffuserait indéfiniment ou non sur les périodes subséquentes.

Après avoir clarifié les concepts qui sont essentiellement utilisés tout au long de cette présente recherche dont la relation existant entre base monétaire et masse monétaire, nous avons mis les auteurs de différentes tendances en débats sur le thème et nous avons analysé la politique monétaire conduite en Haïti durant les années 2000. En fait, cette période peut être subdivisée en deux sous-périodes de deux quinquennats.

Au cours du premier quinquennat (2000-2005), la politique monétaire a été conduite dans des circonstances particulières caractérisées par des déficits budgétaires persistants joints au gel de l'assistance externe dont le poids est très significatif dans le financement du budget. Face à cette situation, les interventions du gouvernement au près de la Banque Centrale se multipliaient et les déficits budgétaires se perpétuaient : ce climat a rendu inconfortable les autorités monétaires dans la poursuite des objectifs de la politique monétaire.

Cependant au second quinquennat (2005-2010) - dont le début a été marqué par des mesures d'austérité budgétaire et de bonnes relations entre Haïti et la communauté internationale - un meilleur tableau a été dressé : les déficits budgétaires étaient de moins en moins fréquents, la BRH a reconstitué ses réserves de devises qui ont été profondément épuisées durant la première moitié des années 2000, les objectifs ont été en grande partie atteints en matière de défense de la

81

valeur interne et externe de la monnaie nationale. Il est à noter que durant cette période Haïti a enregistré quatre (4) années de croissance consécutives dont l'exercice 2008-2009 s'est révélé l'année fiscale de référence en matière de croissance économique en Haïti pour la période sous étude. Aussi, le PIB réel a crû de 2.9% en 2009, soit le deuxième meilleur taux de croissance de la Caraïbe.

Au terme de ces maintes réflexions et analyses effectuées tout au long de ce travail, nous avons démontré scientifiquement par l'entremise d'un modèle vectoriel autorégressif (VAR) que la masse monétaire au sens large (M3) de l'économie haïtienne influe sur le niveau des prix en Haïti. En effet, durant les années 2000, une hausse de 10% de la masse monétaire décalée d'un mois induit une augmentation de l'inflation de 1.1% au mois succédant. Par contre une hausse de 10% de l'inflation au mois précédent entraîne une augmentation de 4.8% de l'IPC au mois succédant. Donc, l'inflation décalée d'un mois explique davantage le comportement du niveau des prix au mois succédant que la variation de la masse monétaire au sens large de l'économie décalée d'un mois. Toutefois, nous constatons l'existence de retard dans la transmission d'un choc de la masse monétaire au sens large sur le niveau des prix telle que nous l'avions mentionnée dès la formulation de nos hypothèses : suite à un choc de 1% de la masse monétaire, l'IPC ne réagit que de 0.2% à partir du deuxième mois pour atteindre son summum puis et les effets disparaissent complètement au septième mois.

Par ailleurs, la masse monétaire réagit instantanément aux chocs sur le niveau des prix, ceci serait dû au fait que la Banque Centrale prend des mesures rapidement pour restreindre la masse monétaire au sens large de l'économie - en usant un ou plusieurs des trois instruments dont elle dispose pour conduire la politique monétaire - afin de contrecarrer toutes éventuelles fluctuations des prix.

82

À titre de recommandation, nous pensons que les poussées inflationnistes enregistrées dans l'économie haïtienne au cours des années 2000 ne sont pas essentiellement d'origine monétaire. Ainsi les autorités monétaires devraient-ils rechercher ailleurs les explications sur les causes essentielles de l'inflation en Haïti.

83

ANNEXES

a) Tableaux

Tableau 6 : Intervention de la BRH sur le marché des changes pendant l'exercice 2008/2009

Mois

Achats de devises

Ventes de devises

 

Montant en $

Montant en

gourdes

Taux moyen

Montant en $

Montant en

gourdes

Taux moyen

Oct. 98

1,700,000.00

28,447,250.00

16.7337

1,450,000.00

24,249,375.00

16.7237

Nov. 98

0.00

0.00

-

250,000.00

4,164,000.00

16.6560

Déc. 98

3,055,000.00

50,684,900.00

16.5908

1,280,000.00

21,246,600.00

16.5989

Janv. 99

1,800,000.00

30,560,000.00

16.9778

275,000.00

4,634,375.00

16.8523

Fév. 99

1,600,000.00

27,165,875.00

16.9787

100,000.00

1,705,000.00

17.0500

Mars 99

8,860,000.00

149,989,525.00

16.9288

0.00

0.00

-

Avril 99

8,150,000.00

137,347,250.00

16.8524

560,000.00

9,453,500.00

16.8813

Mai 99

8,200,000.00

138,158,975.00

16.8487

200,000.00

3,368,000.00

16.8400

Juin

8,500,000.00

143,189,000.00

16.8458

1,000,000.00

16,872,500.00

16.8725

Juil. 99

3,100,000.00

52,624,000.00

16.9755

2,750,000.00

46,735,100.00

16.9926

Août 99

1,150,000.00

19,451,150.00

16.9140

2,050,000.00

34,686,150.00

16.9201

Sept. 99

0.00

0.00

-

3,500,000.00

60,116,770.00

17.1762

Total

46,115,000.00

777,617,927.00

16.8626

13,415,000.00

227,231,370.00

16.9386

Sources : BRU

84

Tableau 7 : Evolution de la masse monétaire en millions de gourdes et de l'indice des prix à la consommation d'octobre 1999 à septembre 2010.

85

Tableau 8 : estimation des paramètres du VAR(3) à partir du logiciel EVIEWS

Vector Autoregression Estimates Date: 04/15/13 Time: 13:36

Sample (adjusted): 2000M02 2010M09

Included observations: 128 after adjustments Standard errors in ( ) & t-statistics in [ ]

 

DLLOGIPC

DLLOGM3

DLLOGIPC(-1)

DLLOGIPC(-2)

[

[

0.379259

(0.09183)

4.13017]

0.047620

(0.09756)

0.48812]

 

-0.172862 [-0.90423] -0.014161 [-0.06972] (0.19117) (0.20310)

DLLOGIPC(-3)

 

0.046905

 

0.334842

 
 

(0.08785)

 

(0.18289)

 

[

0.53393]

[

1.83084]

DLLOGM3(-1)

 

0.115169

 

0.005950

 
 

(0.04325)

 

(0.09004)

 

[

2.66291]

[

0.06608]

DLLOGM3(-2)

 

0.087284

 

0.073478

 
 

(0.04375)

 

(0.09108)

 

[

1.99508]

[

0.80672]

DLLOGM3(-3)

 

0.035182

 

0.173005

 
 

(0.04437)

 

(0.09236)

 

[

0.79299]

[

1.87308]

C

 

0.002485

 

0.007956

 
 

(0.00147)

 

(0.00305)

 

[

1.69531]

[

2.60674]

R-squared

0.328458

0.066702

Adj. R-squared

0.295159

0.020423

Sum sq. resids

0.011441

0.049589

S.E. equation

0.009724

0.020244

F-statistic

9.863739

1.441301

Log likelihood

415.0200

321.1613

Akaike AIC

-6.375312

-4.908770

Schwarz SC

-6.219342

-4.752799

Mean dependent

0.010582

0.012821

S.D. dependent 0.011582

0.020454

Determinant resid covariance (dof adj.)

3.80E-08

Determinant resid covariance

3.40E-08

Log likelihood

737.3499

Akaike information criterion

-11.30234

Schwarz criterion

-10.99040

Sources : calcul de l'auteur, EVIEWS 5.0

Tableau 9 : estimation des paramètres du VAR(1) à partir du logiciel EVIEWS

86

Sources : calcul de l'auteur, EVIEWS 5.0

Graphique 10 : Inverse de la racine associée à la partie AR

87

Sources : Calcul de l'auteur à partir de données provenant de l'IHSI et de la BRH

Modèle 3 : Ici, on commence par :

- Estimation du modèle.

- Test de Significativité du trend. H0 : â=0 et H1 :â?0. Deux possibilités : Si Tc=Ttab ou Proba>0.05, on accepte H0, donc le trend est non significatif. Dans ce cas, on passe au modèle 2. Si au contraire, Tc>Ttab ou Proba<0.05, on rejette H0, donc le trend est significatif. Dans ce cas, on garde le modèle 3 et on effectue le test de RU.

- Test de Racine Unitaire. H0 : ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire)

H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilites : Si ADF=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, ADF<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Modèle 2 : Ici, on commence par :

- Estimation du modèle.

-Test de Significativité de la constante. H0 : á=0 et H1 :á?0. Deux possibilités :. Si Tc=Ttab ou Proba>0.05, on accepte H0, donc la constante est non significative. Dans ce cas, on passe au modèle 1. Si au contraire, Tc>Ttab ou Proba<0.05, on rejette H0, donc la constante est significative. Dans ce cas, on garde le modèle 2 et on effectue le test de RU

- Test de Racine Unitaire. H0 :ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire) et H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilites : Si ADF=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, ADF<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Modèle 1 : Ici, on effectue le test :

- Test de Racine Unitaire. H0 :ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire) et H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilités : Si ADF=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, ADF<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Test ADF (3 Modèles)

Modèle 3 : Ici, on commence par :

- Estimation du modèle.

- Test de Significativité du trend. H0 : â=0 et H1 :â?0. Deux possibilités : Si Tc=Ttab ou Proba>0.05, on accepte H0, donc le trend est non significatif. Dans ce cas, on passe au modèle 2. Si au contraire, Tc>Ttab ou Proba<0.05, on rejette H0, donc le trend est significatif. Dans ce cas, on garde le modèle 3 et on effectue le test de RU.

- Test de Racine Unitaire. H0 : ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire) et H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilites : Si PP=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, PP<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Modèle 2 : Ici, on commence par :

- Estimation du modèle.

- Test de Significativité de la constante. H0 : á=0 et H1 :á?0. Deux possibilités :. Si Tc=Ttab ou Proba>0.05, on accepte H0, donc la constante est non significative. Dans ce cas, on passe au modèle 1. Si au contraire, Tc>Ttab ou Proba<0.05, on rejette H0, donc la constante est significative. Dans ce cas, on garde le modèle 2 et on effectue le test de RU

- Test de Racine Unitaire. H0 :ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire) et H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilités : Si PP=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, PP<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Modèle 1 : Ici, on effectue le test :

- Test de Racine Unitaire. H0 :ö=0 ou ñ=1 (série non stationnaire) et H1 : ö<0 ou /ñ/<1 ( série stationnaire). Deux possibilités : Si PP=Ttab, on accepte Ho, donc la série est non stationnaire. Si au contraire, PP<Ttab, on rejette H0, donc la série est stationnaire.

Test PP (3 Modèles)

88

Tableau 10 : Récapitulatif des stratégies et des règles de décision des tests de racine unitaire

89

b) Présentation des résultats des différents tests de Dickey-Fuller effectués sur les séries LOGIPC et LOGM3 (en niveau et en différence première) à partir du logiciel EVIEWS 5.0 :

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 0.087090 0.9969

Exogenous: Constant, Linear Trend

Lag Length: 1 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

Test critical values: 1% level -4.030157

10% level -3.147221

5% level -3.444756

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LOGIPC)

Method: Least Squares

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

Date: 12/10/12 Time: 13:30

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Included observations: 130 after adjustments

LOGIPC(-1) 0.000839 0.009635 0.087090 0.9307

D(LOGIPC(-1)) 0.453664 0.080975 5.602525 0.0000

C 0.006284 0.036354 0.172866 0.8630

@TREND(1999M10) -6.59E-05 0.000118 -0.557720 0.5780

R-squared 0.289434 Mean dependent var 0.010561

Adjusted R-squared 0.272516 S.D. dependent var 0.011494

S.E. of regression 0.009803 Akaike info criterion -6.381938

Sum squared resid 0.012109 Schwarz criterion -6.293706

Log likelihood 418.8260 F-statistic 17.10781

Durbin-Watson stat 2.038036 Prob(F-statistic) 0.000000

90

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

Lag Length: 1 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Test critical values: 1% level -3.481217

5% level -2.883753

10% level -2.578694

Exogenous: Constant

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.262753 0.1857

Dependent Variable: D(LOGIPC)

Method: Least Squares

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

LOGIPC(-1) -0.004422 0.001954 -2.262753 0.0253

D(LOGIPC(-1)) 0.466231 0.077565 6.010807 0.0000

C 0.025890 0.009240 2.802129 0.0059

Date: 12/10/12 Time: 13:31

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Included observations: 130 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

R-squared 0.287680 Mean dependent var 0.010561

Adjusted R-squared 0.276462 S.D. dependent var 0.011494

S.E. of regression 0.009777 Akaike info criterion -6.394857

Sum squared resid 0.012139 Schwarz criterion -6.328683

Log likelihood 418.6657 F-statistic 25.64531

Durbin-Watson stat 2.048777 Prob(F-statistic) 0.000000

91

Exogenous: None

Lag Length: 1 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

Augmented Dickey-Fuller test statistic 3.976333 1.0000

Test critical values: 1% level -2.582872

5% level -1.943304

10% level -1.615087

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:32

Dependent Variable: D(LOGIPC)

LOGIPC(-1) 0.001010 0.000254 3.976333 0.0001

D(LOGIPC(-1)) 0.538400 0.075098 7.169334 0.0000

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Included observations: 130 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

R-squared 0.243640 Mean dependent var 0.010561

Adjusted R-squared 0.237731 S.D. dependent var 0.011494

S.E. of regression 0.010035 Akaike info criterion -6.350251

Sum squared resid 0.012889 Schwarz criterion -6.306135

Log likelihood 414.7663 Durbin-Watson stat 2.089920

92

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Null Hypothesis: D(LOGIPC) has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.929208 0.0000

Test critical values: 1% level -4.030157

5% level -3.444756

10% level -3.147221

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Dependent Variable: D(LOGIPC,2)

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:32

@TREND(1999M10) -5.58E-05 2.39E-05 -2.332003 0.0213

Included observations: 130 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LOGIPC(-1)) -0.544760 0.078618 -6.929208 0.0000

C 0.009445 0.002180 4.331590 0.0000

R-squared 0.274637 Mean dependent var -4.02E-05

Adjusted R-squared 0.263214 S.D. dependent var 0.011376

S.E. of regression 0.009765 Akaike info criterion -6.397262

Sum squared resid 0.012110 Schwarz criterion -6.331088

Log likelihood 418.8220 F-statistic 24.04238

Durbin-Watson stat 2.039518 Prob(F-statistic) 0.000000

93

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.915043 0.6410

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Test critical values: 1% level -4.029595

5% level -3.444487

10% level -3.147063

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

Dependent Variable: D(LOGM3)

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:33

@TREND(1999M10) 0.000449 0.000265 1.697009 0.0921

Included observations: 131 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGM3(-1) -0.041029 0.021425 -1.915043 0.0577

C 0.432743 0.217405 1.990493 0.0487

R-squared 0.036108 Mean dependent var 0.013177

Adjusted R-squared 0.021047 S.D. dependent var 0.020487

S.E. of regression 0.020270 Akaike info criterion -4.936682

Sum squared resid 0.052593 Schwarz criterion -4.870838

Log likelihood 326.3527 F-statistic 2.397485

Durbin-Watson stat 1.930151 Prob(F-statistic) 0.095020

94

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Exogenous: Constant

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.373908 0.5933

Test critical values: 1% level -3.480818

5% level -2.883579

10% level -2.578601

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Date: 12/10/12 Time: 13:33

Dependent Variable: D(LOGM3)

Method: Least Squares

C 0.070600 0.041833 1.687642 0.0939

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

Included observations: 131 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGM3(-1) -0.005245 0.003817 -1.373908 0.1719

R-squared 0.014422 Mean dependent var 0.013177

Adjusted R-squared 0.006782 S.D. dependent var 0.020487

S.E. of regression 0.020417 Akaike info criterion -4.929700

Sum squared resid 0.053777 Schwarz criterion -4.885804

Log likelihood 324.8954 F-statistic 1.887624

Durbin-Watson stat 1.956048 Prob(F-statistic) 0.171853

95

Exogenous: None

t-Statistic Prob.*

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Test critical values: 1% level -2.582734

5% level -1.943285

10% level -1.615099

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller test statistic 7.269761 1.0000

Dependent Variable: D(LOGM3)

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

LOGM3(-1) 0.001192 0.000164 7.269761 0.0000

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:33

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

Included observations: 131 after adjustments

R-squared -0.007338 Mean dependent var 0.013177

Adjusted R-squared -0.007338 S.D. dependent var 0.020487

S.E. of regression 0.020562 Akaike info criterion -4.923129

Sum squared resid 0.054964 Schwarz criterion -4.901181

Log likelihood 323.4649 Durbin-Watson stat 1.926039

96

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -11.01484 0.0000

Null Hypothesis: D(LOGM3) has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Test critical values: 1% level -4.030157

5% level -3.444756

10% level -3.147221

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Dependent Variable: D(LOGM3,2)

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:35

@TREND(1999M10) -4.71E-05 4.85E-05 -0.971557 0.3331

Included observations: 130 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LOGM3(-1)) -0.983543 0.089292 -11.01484 0.0000

C 0.016037 0.003980 4.029042 0.0001

R-squared 0.488684 Mean dependent var 0.000117

Adjusted R-squared 0.480632 S.D. dependent var 0.028630

S.E. of regression 0.020633 Akaike info criterion -4.901081

Sum squared resid 0.054065 Schwarz criterion -4.834907

Log likelihood 321.5703 F-statistic 60.68941

Durbin-Watson stat 1.973888 Prob(F-statistic) 0.000000

97

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=12)

t-Statistic Prob.*

Null Hypothesis: D(LOGM3) has a unit root

Exogenous: Constant

Augmented Dickey-Fuller test statistic -10.97669 0.0000

Test critical values: 1% level -3.481217

5% level -2.883753

10% level -2.578694

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

Dependent Variable: D(LOGM3,2)

Date: 12/10/12 Time: 13:35

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

Method: Least Squares

Included observations: 130 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(LOGM3(-1)) -0.974104 0.088743 -10.97669 0.0000

C 0.012780 0.002146 5.956124 0.0000

R-squared 0.484884 Mean dependent var 0.000117

Adjusted R-squared 0.480860 S.D. dependent var 0.028630

S.E. of regression 0.020628 Akaike info criterion -4.909060

Sum squared resid 0.054466 Schwarz criterion -4.864945

Log likelihood 321.0889 F-statistic 120.4877

Durbin-Watson stat 1.978996 Prob(F-statistic) 0.000000

98

Présentation des résultats des différents tests de Phillips-Perron effectués sur les séries LOGIPC et LOGM3 (en niveau et en différence première) à partir du logiciel EVIEWS 5.0 :

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Adj. t-Stat Prob.*

Bandwidth: 6 (Newey-West using Bartlett kernel)

Phillips-Perron test statistic 0.218607 0.9980

Test critical values: 1% level -4.029595

5% level -3.444487

10% level -3.147063

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000116

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000279

Phillips-Perron Test Equation

Dependent Variable: D(LOGIPC)

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:22

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

Variable

Coefficient

 
 

Included observations: 131 after adjustments

LOGIPC(-1)

0.013402

0.010448 1.282712

 

C

-0.034218

0.039709 -0.861716

 

@TREND(1999M10)

-0.000252

Std. Error t-Statistic

0.000126 -1.993729

Prob.

R-squared

0.106506

Mean dependent var

0.2019

Adjusted R-squared

0.092545

 

0.3905

 

0.010918

Akaike info criterion

0.0483

Sum squared resid

0.015257

 
 

Log likelihood

407.4114

F-statistic

0.010516

S.E. of regression

Durbin-Watson stat

1.109030

S.D. dependent var

Prob(F-statistic)

0.011461

-6.174221

99

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

Exogenous: Constant

Adj. t-Stat Prob.*

Bandwidth: 6 (Newey-West using Bartlett kernel)

Phillips-Perron test statistic -2.195905 0.2088

5% level -2.883579

10% level -2.578601

Test critical values: 1% level -3.480818

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000120

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000312

Phillips-Perron Test Equation

Dependent Variable: D(LOGIPC)

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:23

Variable

Coefficient

 
 

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

LOGIPC(-1)

Included observations: 131 after adjustments

-0.007009

0.002111 -3.320918

 

C

0.042603

0.009710 4.387412

 

R-squared

0.078759

Std. Error t-Statistic

Mean dependent var

Prob.

Adjusted R-squared

0.071618

 

0.0012

 

0.011043

Akaike info criterion

0.0000

Sum squared resid

0.015731

Schwarz criterion

 

Log likelihood

405.4083

F-statistic

0.010516

Durbin-Watson stat

1.053910

S.D. dependent var

Prob(F-statistic)

0.011461

100

Bandwidth: 7 (Newey-West using Bartlett kernel)

Adj. t-Stat Prob.*

Null Hypothesis: LOGIPC has a unit root

Exogenous: None

5% level -1.943285

10% level -1.615099

Phillips-Perron test statistic 5.323932 1.0000

Test critical values: 1% level -2.582734

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000138

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000469

Variable

Coefficient

 
 

Phillips-Perron Test Equation

Dependent Variable: D(LOGIPC)

LOGIPC(-1)

0.002205

0.000224 9.846570

 

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:23

R-squared

-0.058709

Mean dependent var

 

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

Adjusted R-squared

-0.058709

 
 
 

Included observations: 131 after adjustments

0.011793

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.018078

Schwarz criterion

 

Log likelihood

396.2984

Std. Error t-Statistic

Durbin-Watson stat

Prob.

101

Adj. t-Stat Prob.*

Phillips-Perron test statistic -6.903092 0.0000

Null Hypothesis: D(LOGIPC) has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Bandwidth: 2 (Newey-West using Bartlett kernel)

10% level -3.147221

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Test critical values: 1% level -4.030157

5% level -3.444756

Residual variance (no correction) 9.32E-05

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 9.16E-05

Phillips-Perron Test Equation

Dependent Variable: D(LOGIPC,2)

Variable

Coefficient

 
 

Method: Least Squares

D(LOGIPC(-1))

-0.544760

0.078618 -6.929208

 

Date: 12/10/12 Time: 13:24

C

0.009445

0.002180 4.331590

 

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

@TREND(1999M10)

-5.58E-05

2.39E-05 -2.332003

 

Included observations: 130 after adjustments

R-squared

0.274637

Mean dependent var

 

Adjusted R-squared

0.263214

Std. Error t-Statistic

Prob.

 

0.009765

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.012110

Schwarz criterion

0.0000

Log likelihood

418.8220

F-statistic

0.0000

Durbin-Watson stat

2.039518

Prob(F-statistic)

0.0213

102

Adj. t-Stat Prob.*

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Bandwidth: 4 (Newey-West using Bartlett kernel)

Phillips-Perron test statistic -2.019091 0.5852

Test critical values: 1% level -4.029595

5% level -3.444487

10% level -3.147063

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000401

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000498

Phillips-Perron Test Equation

Variable

Coefficient

 
 

Dependent Variable: D(LOGM3)

Method: Least Squares

LOGM3(-1)

-0.041029

0.021425 -1.915043

 

Date: 12/10/12 Time: 13:25

C

0.432743

0.217405 1.990493

 

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

@TREND(1999M10)

0.000449

0.000265 1.697009

 

Included observations: 131 after adjustments

R-squared

0.036108

Mean dependent var

 

Adjusted R-squared

0.021047

Std. Error t-Statistic

Prob.

 

0.020270

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.052593

Schwarz criterion

0.0577

Log likelihood

326.3527

F-statistic

0.0487

Durbin-Watson stat

1.930151

Prob(F-statistic)

0.0921

103

Bandwidth: 3 (Newey-West using Bartlett kernel)

Adj. t-Stat Prob.*

Phillips-Perron test statistic -1.314582 0.6216

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Exogenous: Constant

5% level -2.883579

10% level -2.578601

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Test critical values: 1% level -3.480818

Residual variance (no correction) 0.000411

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000474

Phillips-Perron Test Equation

Variable

Coefficient

 
 

Dependent Variable: D(LOGM3)

LOGM3(-1)

-0.005245

0.003817 -1.373908

 

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:26

C

0.070600

0.041833 1.687642

 

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

R-squared

0.014422

Mean dependent var

 

Adjusted R-squared

Included observations: 131 after adjustments

0.006782

 
 
 

0.020417

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.053777

Std. Error t-Statistic

Schwarz criterion

Prob.

Log likelihood

324.8954

F-statistic

 

Durbin-Watson stat

1.956048

Prob(F-statistic)

0.1719

0.0939

104

Exogenous: None

Bandwidth: 4 (Newey-West using Bartlett kernel)

Adj. t-Stat Prob.*

Null Hypothesis: LOGM3 has a unit root

Test critical values: 1% level -2.582734

5% level -1.943285

10% level -1.615099

Phillips-Perron test statistic 6.520607 1.0000

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000420

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000521

Variable

Coefficient

 
 

Phillips-Perron Test Equation

Dependent Variable: D(LOGM3)

LOGM3(-1)

0.001192

0.000164 7.269761

 

Method: Least Squares

R-squared

-0.007338

Mean dependent var

 

Date: 12/10/12 Time: 13:26

Adjusted R-squared

-0.007338

 
 

Sample (adjusted): 1999M11 2010M09

0.020562

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

Included observations: 131 after adjustments

0.054964

Schwarz criterion

 

Log likelihood

323.4649

Std. Error t-Statistic

Durbin-Watson stat

Prob.

105

Bandwidth: 3 (Newey-West using Bartlett kernel)

Adj. t-Stat Prob.*

Phillips-Perron test statistic -11.06023 0.0000

Null Hypothesis: D(LOGM3) has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

10% level -3.147221

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Test critical values: 1% level -4.030157

5% level -3.444756

Residual variance (no correction) 0.000416

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000467

Phillips-Perron Test Equation

Variable

Coefficient

 
 

Dependent Variable: D(LOGM3,2)

Method: Least Squares

D(LOGM3(-1))

-0.983543

0.089292 -11.01484

 

Date: 12/10/12 Time: 13:26

C

0.016037

0.003980 4.029042

 

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

@TREND(1999M10)

-4.71E-05

4.85E-05 -0.971557

 

Included observations: 130 after adjustments

R-squared

0.488684

Mean dependent var

 

Adjusted R-squared

0.480632

Std. Error t-Statistic

Prob.

 

0.020633

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.054065

 

0.0000

Log likelihood

321.5703

F-statistic

0.0001

Durbin-Watson stat

1.973888

Prob(F-statistic)

0.3331

106

Bandwidth: 3 (Newey-West using Bartlett kernel)

Adj. t-Stat Prob.*

Phillips-Perron test statistic -11.02465 0.0000

Null Hypothesis: D(LOGM3) has a unit root

Exogenous: Constant

5% level -2.883753

10% level -2.578694

Test critical values: 1% level -3.481217

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Residual variance (no correction) 0.000419

HAC corrected variance (Bartlett kernel) 0.000472

Phillips-Perron Test Equation

Variable

Coefficient

 
 

Dependent Variable: D(LOGM3,2)

D(LOGM3(-1))

-0.974104

0.088743 -10.97669

 

Method: Least Squares

Date: 12/10/12 Time: 13:27

C

0.012780

0.002146 5.956124

 

Sample (adjusted): 1999M12 2010M09

R-squared

0.484884

Mean dependent var

 

Adjusted R-squared

Included observations: 130 after adjustments

0.480860

 
 
 

0.020628

Akaike info criterion

 

Sum squared resid

0.054466

Std. Error t-Statistic

Prob.

Log likelihood

321.0889

F-statistic

 

Durbin-Watson stat

1.978996

Prob(F-statistic)

0.0000

0.0000

107

Quelques tentatives à partir des séries M1 et M2 : a) Résultats obtenus à partir de M1

DLLOGIPCt = 0.509803*DLLOGIPCt-1 + 0.062282*DLLOGM1t-1 + 0.004418

(6.77247] (2.1136] (3.61161]

DLLOGM1t = -0.130265*DLLOGIPCt-1 - 0.130815*DLLOGM1t-1 + 0.015368

(-0.56798] (-1.45707] (4.12359]

Les résultats de l'équation « DLLOGIPCt » sont similaires aux résultats retrouvés dans le cadre de ce présent travail en représentant le VAR à partir de M3.

Pour la stabilité du VAR

Toutes les racines sont à l'intérieure du cercle, ce VAR est bien stationnaire.

108

Fonction de réponses aux impulsions

Suite à un choc de 1% sur M1, l'inflation réagit à partir de la deuxième période avec une

variation de 0.2%.

Décomposition de la variance

La variance de l'erreur de prévision de DLLOGIPC est due à 97% de ses propres innovations contre 3% de celles de DLLOGM1.

b) Résultats obtenus à partir de M2

DLLOGIPCt = 0.495975*DLLOGIPCt-1 + 0.097067*DLLOGM2t-1 + 0.004311

(6.52879] (1.86037] (3.41597]

DLLOGM2t = 0.129120*DLLOGIPCt-1 - 0.130815*DLLOGM2t-1 + 0.009473

(0.98305] (-1.45707] (4.34109]

109

La dans l'équation «DLLOGIPCt », le coefficient de DLLOGM2 n'est pas statistiquement significatif.

110

Tableau #11 : Evolution des agrégats monétaires Ml et M2 en millions de gourdes d'octobre 1999 à septembre 2010.

 

1999-2000

2000-2001

2001-2002

2002-2003

2003 2004

2004-2005

Mois

Mien ME

M2enMG

Mien ME

M2enMG

M1enMG

M2enMG

M1enMG

M2enMG

M1enMG

M2enMG

M1enMG

M2enMG

Qcta re

7,389.75

16,6fi844

8,606.70

L3,491.11

9,542.35

21,206E7

..,56455

24,45229

14,137.93

3.0,7295.

16,10951

35,05759

Novembre

7,437.0D

16,8602S

9,477.52

.3,38 20

9,5E5.24

21,27235

..,391.02

24,8fi0.75

14,783,84

31,729448

16,43429

34,99251

Décembre

8,15309

17,66633

9,052.13

20,069.47

10,31323

21,92155

13,065.3

26,191.07

15,95922

33,21561

17,361.1E

36,44561

Janvier

7,986.69

17,745.13

9,259.63

20,14762

10,247 26

21,792.73

13,07921

26,656.10

15,944.71

33,59103

17,214,83

36,537.92

Février

7,77E26

17,711.43

9,716.42

20,064.44

10,584.60

22,08234

13,728.72

27,95525

15,972.43

34,040.62

17,257.69

36,85662

Mars

7,946.11

12,116.44

9,936.71

20,539.74

10,3E4.69

21,919.12

13,53227

28,208.71

1fi,146.44

34,351.13

17,74355

37,569.64

Avril

8,022.0E

12,254,29

9,695.35

20,43357

10,30265

21,27256

14,10fi56

29,08351

15,969.42

34,034.27

:7,59E62

37,622.66

Mai

7,811.44

18,241.75

9,619.01

20,388.79

10,39E65

21,840.12

13,880,80

:3,.66.18

15,401E5

33,517.19

.7,588.49

37,53233

Juin

2,048.71

12;66E21

9,242.22

20,617.16

1441122

22,260.70

14,0E7.04

29,22726

15,010.61

33,455.E

18,227.24

32,192.65

Juillet

8,1&0.87

18,774.44

9,980.79

20/689.69

14,67490

22,71153

14,242.37

30,063E7

15,44922

34,04128

18,624.75

38,492.11

Août

8,157.01

10,79337

3,3E0.01

21,014.04

11,24625

23,251.09

14,23..s.

3.0,201.29

15,958.47

34,300.5.

18,75G.76

38,508.73

Septembre

2.527.87

19,3E721

9,303.35

21,02755

11,237.29

23,4E254

14,158,9

30.34539

15,906.0E

34,508,80

18,9990E

38,838E4

 
 
 
 
 
 
 

2005 200e

2005-2007

2007 200E

200E-2049

204E-2010

Mois

Mien ME

M2enMG

Mien ME

M2enMG

M1enMG

M2enMG

M1enMG

M2enMG

M1enMG

M2enMG

Octobre

12,91E52

35,352.24

19,253.=?

42,524.75

21,572.44

=5,235.33

25,2E7.75

50,54430

28,49E35

54,70304

Novembre

18,720.68

38,61128

=9,52.=.::

42,85fi5fi

21,805.36

=5,52L.=3

25,22521

51,029.17

28,111.45

54,2E3.42

Clkemhre

20,43E.39

40,48933

2=,03S.S2

44,625.02

23,713.29

47,2.:.SS

27,95E32

53,6E223

29,7950E

56,0E7.19

Janvier

20,448,84

44,994.43

2.0,144.fi7

44,14152

24,11950

42,253.32

27,4815.

53,04934

30,265.46

57,14653

Février

210,1E521

44,84829

.9,7G1.42

43,839.03

23,312.2fi

47,45958

27,477.03

53,715.49

31,65027

58,123.03

Mars

19,9479E

40,976.48

19,513.00

41,9859fi

24,096.0

42,37E52

27,475.07

53,33159

31,72420

59,10423

Avril

24,24357

41,35237

19,934.68

=2,28722

24,526.62

49,21050

26,373.69

52,73E68

32.795.02

60,5912fi

Mai

24,4.4.09

41,824.63

19,6133.7

42,393.07

24,72063

49,901.37

26,447.78

52,09251

::.=9420

51,285.4E

Juin

20,24823

41,64630

19,9E033

43,21E53

24,5E455

49,222.27

26,154.44

52,4E531

33,507.77

5.,581.72

Juillet

19,43E.09

40,81952

20,16923

43,753.64

24,99506

50,39955

26,14705

52,370.44

35,03537

53,21938

Août

19,511.76

40,833.67

2.O,67463

44,113.61

26,21957

51,4902

27,117.19

52,82537

34,518.25

52,892.41

Septembre

19,56153

42,E79,24

21,2E2.78

44,732.1fi

25,139.46

54,2543fi

28,959.3E

54,24621

37,45520

S6,4fi629

Source ; BRH

111

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3) Principaux Sites d'internet consultés

www.brh.net www.ihsi.ht www.imf.org www.mefhaiti.gouv.ht

www.worldbank.org






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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille